Ianjatiana

Étudier à Andafy n’est pas arriver au paradis

Dans l’imaginaire de certains Malgaches, pouvoir étudier à Andafy* signifie avoir franchi une étape qui ne peut qu’aboutir au succès et à un avenir riche et brillant. Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas… je vais vous raconter certains aspects qui ne sont pas souvent évoqués quand on parle de partir faire des études hors de Madagascar.

*Andafy est le nom générique que les Malgaches donnent à l’Europe et plus particulièrement à la France.

Partir étudier ailleurs c’est changer d’environnement familial, culturel et social.

Quand on part de Madagascar pour étudier en France, il y a un assez important décalage entre ce qu’on a vécu dans le cocon familial et ce qu’on va devoir vivre tout seul (ou presque). A Madagascar, il est encore assez rare de quitter la maison familiale à la majorité ou après le bac. Souvent, on y constate que les enfants ne quittent le cocon que lorsque leur mariage est prévu. Imaginez donc le changement!

A l’étranger, on doit désormais apprendre à vivre, à s’assumer et à se débrouiller seul(e) sans les parents ni la famille. On part d’un environnement où on pouvait atterrir chez la grande famille sans prévenir et juste parce qu’on passait dans le coin, pour arriver dans un autre où tout est codé (les heures pour appeler, les coups de fils pour connaître la disponibilité des gens pour passer les voir). On n’a plus Papa ou Maman pour s’occuper des paperasses administratives et pour se nourrir, il faut s’occuper d’être en règle sur tous les plans avec l’administration tout seul (les impôts, la préfecture, la sécurité sociale…). Et il en est de même pour tout ce qui concerne le quotidien. On doit penser à payer les factures à temps, à organiser le quotidien, tout en poursuivant ses études.  C’est déstabilisant!

Partir étudier ailleurs c’est avoir un autre moyen d’accès à la connaissance

Ce n’est pas une généralisation mais à Madagascar, même dans le cadre des études supérieures, nous sommes considérés comme les « élèves », par conséquent, on nous donne tout ce qu’il y a à savoir. Il y trop peu d’autres moyens d’accéder à la connaissance que ce qui est donné par les enseignants. Le manque de bibliothèques n’aide pas non plus. Une fois à Andafy, on se rend compte qu’il y a autant de façon d’apprendre une matière que d’ouvrages écrits en la matière. Et même parfois, l’enseignant nous donne juste les bases, c’est à nous de rechercher en bibliothèque, de nous mettre à jour et de suivre les actualités sur la matière. Quand cette nouvelle méthode de travail n’a pas été inculquée dès le départ, on se retrouve perdu devant les rayonnages dans les bibliothèques ou les librairies (où il y a une dizaine d’ouvrages qui traitent de la même matière quand on n’étudiait que sur un seul auparavant). On peut avoir été parmi les meilleurs au pays, et se retrouver mal classé à Andafy, tout simplement parce que la méthode de travail et de notation ne se ressemblent pas. Ce point peut ébranler de manière significative sa confiance en soi et faire douter de ses capacités.

Partir étudier ailleurs c’est accéder à la Liberté

Il ne faut pas se voiler la face, quand on part du cocon familial, on devient plus libre qu’avant. Cette sensation de liberté vient d’abord du fait qu’on travaille et donc qu’on gagne sa vie comme un grand. Ensuite, l’absence du sentiment d’insécurité fait qu’on se sente libre de sortir n’importe quel jour, à toute heure, même la nuit. Cette liberté peut vite devenir enivrante et nous faire perdre de vue la raison de notre venue à Andafy, c’est à dire les études. Et enfin, pouvoir vivre librement sans avoir la tantine ou la voisine qui rapporte tout ce qu’on fait aux parents…. croyez-moi c’est un poids en moins qui fait qu’on profite vraiment de la vie. Mais profiter de cette vie peut aussi s’avérer néfaste pour la suite. Combien de jeunes a t’on vu motivés par les études au début, puis se retrouvent embourbés dans les sorties ou dans le travail, pour finir par abandonner les études parce que gagner sa vie est devenue plus importante et vitale que de finir ses études. Et quand ce n’est pas cet accès à la liberté qui fait trébucher, ce sera la peur de décevoir.

Partir étudier ailleurs c’est ne pas avoir le droit d’échouer

Quand on part à l’étranger, on nous fait comprendre qu’on a de la chance d’y aller et on sous-entend souvent qu’on n’a donc pas le droit d’échouer. La famille et l’entourage s’attendent souvent à ce que l’on réussisse, sans tenir compte de toutes les difficultés qu’on éprouve en étant seul, dans un monde qui ne ressemble pas vraiment à celui dans lequel on a toujours vécu. Devant ces espoirs, souvent, on n’ose pas leur dire tout ce qui se passe réellement dans nos quotidiens, on leur cache les bobos, les coups de blues et tous les faits pour lesquels on estime qu’ils ne peuvent rien faire pour les changer, et donc qu’il est inutile de les alarmer pour rien, à 8000 km. C’est ainsi qu’il y a plusieurs non-dits entre ceux qui sont restés et ceux qui partent : on parle de ce qui est banal, on hésite à se confier pour ce qui est plus important, et on finit par être très vague sur ce qu’on fait réellement ici, au loin, et ceux qui sont là-bas finissent par ne plus poser de vraies questions non plus. On a ce sentiment de devoir à tout prix réussir et de ne jamais décevoir les espoirs qui ont été placé en nous. Étant entendu que le plus grand échec aux yeux de ceux qui sont restés c’est d’entendre que celui qui est parti va revenir… (mais ça c’est une autre histoire!)

 

Après un tableau aussi peu clair, vous allez finir par dire qu’il vaut mieux ne pas aller à Andafy. Le débat n’est pas aussi tranché ni manichéen. La Liberté, l’accès aux connaissances, à la culture et aux loisirs, le fait de se prendre en charge sont autant d’éléments qui permettent de profiter de ce passage. Il s’agit de trouver un équilibre. Il faut savoir bien s’entourer, avoir des amis (et pas forcément des compatriotes), ouvrir son cœur et sa tête à ce qui est nouveau, écouter celles et ceux qui sont déjà passés par là (ils ne sont pas nécessairement mal intentionnés quand ils donnent des conseils) mais aussi et surtout de ne jamais perdre de vue l’objectif fixé au début.

 

Andotiana Andriamampianina était une jeune malgache, qui suivait des études en sociologie à l’Université de Nanterre. Elle était arrivée en France en 2016. Disparue le 9 janvier 2019, son corps a été retrouvé le 12 février 2019. Qu’elle repose en paix! Veloma Andotiana!

Après sa disparition, j’en ai lu des bêtises et des fantasmes sur le fait d’aller étudier en France sur les réseaux sociaux. Sans savoir ce qui lui est réellement arrivé, je voulais juste témoigner du fait que pouvoir continuer ses études ailleurs n’est pas une sinécure. Pensez-y la prochaine fois que vous entendez un(e) de vos proches vous annoncer qu’il (elle) part à l’étranger. C’est une épreuve, un chemin de vie que l’on traverse chacun à sa manière et non, aller à Andafy ne signifie pas forcément arriver au paradis.

 


Le blues du blogueur

Le 31 août dernier était la journée internationale du blog. J’ai bien projeté de marquer le coup mais à la fin de la journée, je dois avouer avec honte que je n’ai pas réussi à écrire l’article que je voulais pour rendre hommage à tous ces blogs qui m’ont inspirée, à tous ces blogs que j’ai écris et enfin à tous ces articles que j’aurai voulu écrire.

(J’ai marqué le coup par un Tweet!)

Mes blogs

J’ai eu 3 blogs et cela fait bien plus que les 4 ans que j’ai au compteur Mondoblog (oui 4 ans depuis septembre 2014) que je blogue. Mon tout premier était sur une plateforme qui a disparu depuis. Non, pas sur Skyblog, ni sur Myspage, ni sur Hi5. Le premier blog que j’ai ouvert était sur Tsenagasy, une plateforme malgache. Je n’avais pas de ligne éditoriale et j’écrivais assez librement, j’exprimais même des sentiments intimes. À l’époque, je cherchais une chanson qui correspondait à ce que j’écrivais, et ma foi c’était enthousiasmant de faire des efforts pour offrir à la fois du texte et du son aux lecteurs.

Puis, j’ai commencé à me sentir un peu à l’étroit dans le format de la plateforme. J’ai alors appris à manier WordPress et ai décidé de créer un autre blog : Tsiahy sy Zara. Comme son nom l’indique, c’était un blog qui se voulait être un milieu de partage (Zara veut dire partage en malgache) et un album photos (Tsiahy veut dire souvenirs). Je l’ai gardé jusqu’à ce que je perde mon mot de passe en route (et que je ne me souvienne plus quel identifiant j’avais mis).

Ensuite, j’avais un blog que j’ai tenu pendant une certaine période de ma vie, quand j’étais en thèse. C’était un exutoire et j’y consignais les conseils que j’aurais aimé recevoir de mes aînés et de celles et ceux qui sont passés par ce chemin. Il y a tellement de choses à savoir avant de se jeter dans cette aventure, tellement d’écueils à éviter. J’ai essayé de les publier au fur et à mesure, comme un partage d’expérience. Malheureusement, la plateforme sur laquelle il était n’existe plus non plus et moi-même j’ai fini ma thèse. Mais avec le recul, il y avait des choses précieuses que j’y ai écris. J’aurai peut-être dû les mettre à l’écrit pour en sortir un livre plus tard!

Et enfin, sans être vraiment un blog, j’ai écrit pas mal d’articles dans le module « Notes » de Facebook. Ils auraient pu être des articles de blog… sans compter ces paragraphes, ces plans d’écriture, ces débuts de phrases que j’ai grattés ici et là dans mes carnets (papier ou numérique). Il y a même dans mes brouillons de courrier électronique des débuts d’articles que j’écris quand une idée me vient et que je n’ai rien pour noter…

Le point commun de tous ces blogs c’est le manque de régularité, je n’arrivais pas (et je n’arrive toujours pas) à m’astreindre à une publication périodique, il faut que j’y remédie!

Au final, j’aime bien écrire spontanément, mais quand je commence à écouter ma tête, cela devient compliqué et pénible, je me pose des questions, je me trouve des problèmes, j’hésite et à la fin j’abandonne l’idée de publier. (Cet article par exemple, je l’ai écris d’une traite, sans me poser de questions…j’espère jusqu’à la fin que ce sera le cas!)

(Type it up… Old school way by Addie D. sur reshot.com)

Les blogs que j’aim(ais)e bien

J’aime bien écrire mais j’aime bien aussi lire. Je vais essayer de faire une mini-liste des blogs que j’aim(ais)e bien. C’est très difficile et j’espère que les autres (mondo)blogueurs/(mondo)blogueuses (que je lis aussi pourtant) ne m’en voudront pas même si elles/ils n’y sont pas!

Fierté nationale oblige, ce sont uniquement les blogs qui parlent de Madagascar et/ou qui sont tenus par des blogueuses/blogueurs malgaches.

Le 1er c’était L’odyssée de Tattum. C’était le 1er blog que j’ai suivi et lu, il y a plusieurs années de cela. J’adorais lire les articles fournis et illustrés de Tattum, qui parlait d’ici et d’ailleurs, de Madagascar.

Ensuite, il y a Une goutte d’eau dans l’océan de Soahary. Elle a une écriture sensible et touchante. Elle nous emmène dans son monde, nous raconte des histoires et nous fait vivre les périples de sa vie. Elle nous fait découvrir aussi des choses sur la vie quotidienne et la culture des Malgaches.

Il y a aussi le Blog de Rasamy. C’est un blog qui nous montre les coins à voir et à visiter à Madagascar. Ce ne sont pas les coins qui sont vendus et sur-vendus, il nous montre souvent des endroits dont on ne parle pas beaucoup mais qui valent leur pesant de vanille.

Et enfin il y a Vahatra sy elatra de Mialisoa. Elle est assez tranchante. J’aime son côté franc et direct qui contraste souvent avec le caractère réservé et parfois arrangeant des malgaches. Elle nous livre aussi parfois les fruits de ses recherches sur l’histoire de Madagascar.

La liste des blogs inspirant est encore longue… très longue…mais je crois que je vais m’arrêter là!

Stop ou encore le blog ?

J’ai commencé l’article en me posant la question de savoir si j’allais encore continuer d’alimenter mon blog après ces mois d’absence. Après tout, personne n’a vraiment remarqué ni m’a demandé où est-ce que le blog et moi sommes passés.

Et puis, je me suis dis que ce serait dommage de laisser cet espace en friche. J’avais déjà constaté lors d’une précédente crise existentielle que le blog était une bulle d’air frais, un lieu de liberté. Et puis, il y a tellement d’articles à écrire, d’idées à exprimer, de questions à poser. C’est ainsi que j’ai décidé de reprendre le blog, et peut être finalement de lui donner un certain axe, une ligne éditoriale comme conseillé ici.

Je crois que je vais continuer ce blog, mais (parce qu’il y a un mais) je pense que ce sera sans pression et sans trop de questions existentielles. J’ai une ligne éditoriale en tête, je me mets une périodicité à tenir et j’espère vraiment, 4 ans après, que je m’y tiendrais!

Stop ou encore le blog? ENCORE!!

 

 

 

 

 


Madagascar, le rêve inachevé…

Madagascar restera un rêve…

Photo utilisée avec la très aimable autorisation de Rijasolo dont vous pouvez admirer les portfolios ici

Madagascar restera un rêve, elle ne sera plus « le paradis rêvé des naturalistes »…

Ses forêts primaires sont découpées, ses bois précieux surexploités, ses lémuriens exportés et ses tortues trafiquées. De jour en jour, la déforestation grignote les nuances de vert et une palette de rouges commence à envahir les vastes étendues de l’île. Mais on se plaît toujours à ressasser que Madagascar a une très grande biodiversité, qui pourtant disparaît…

Madagascar restera un rêve, elle n’aura jamais ses millions de touristes…

Les infrastructures hôtelières ne sont pas conformes. Il n’y a pas que les aventuriers qui aiment le bivouac qui voyagent. Il n’y a pas non plus que les super-riches qui peuvent louer des îlots privés qui nous font des visites. Il y a aussi les familles avec enfants, les curieux qui veulent découvrir d’autres horizons mais qui ne veulent pas sacrifier un minimum de confort. L’insécurité et la corruption à tous les niveaux n’attirent pas les touristes. Pour le même prix ils ont, ailleurs, l’avion, l’hôtel, les circuits et surtout la sérénité. Et pourtant on n’arrête pas de s’enorgueillir de la beauté du pays, une beauté éphémère gravée seulement sur des cartes postales et de beaux montages vidéo.

Madagascar restera un rêve, elle ne sera jamais une démocratie…

Tous les bords politiques parlent de démocratie et d’État de droit mais ils oublient à chaque fois et quand ça les arrange que ce sont les élections qui sont la base de toute démocratie. Alors chacun complote, élabore des stratégies pour éviter les élections ou pour les trafiquer. Aucun n’œuvre réellement pour mettre en place des élections libres et sans tricheries.

Madagascar restera un rêve, sa vie politique ne sera jamais renouvelée…

Ce sont toujours les même politiciens qui gouvernent. Aujourd’hui bourreaux, demain ils se diront victimes. Aujourd’hui tyrans et dictateurs, demain ils s’autoproclameront les porte-paroles de la liberté bafouée. Et ce sera toujours le même scénario, le peuple qui souffre et qui verse son sang, le peuple qui perd sa vie pour que le tricheur d’hier, blanchi par quelques années sans pouvoir, redevienne aussi vierge et innocent que l’agneau qui vient de naître aujourd’hui.

Madagascar restera un rêve, elle ne sera jamais le grenier de l’Ocean Indien…

Elle peine à nourrir ses propres enfants et ne se consacre pas à chérir et honorer ses paysans. Elle continuera à importer une grande partie de ce que ses enfants mangent. Et pourtant, on se vante d’avoir de beaux paysages de rivières et des troupeaux de zébus partout sur l’île.

Madagascar restera un rêve, elle restera la Grande Île sombre de l’Ocean Indien…

Elle a du soleil, du vent et sûrement beaucoup de marées, mais elle continue à s’éclairer et à fonctionner au pétrole et au carburant.

Madagascar devient un cauchemar…

Un point d’interrogation pour ses multitudes de jeunes qui se posent des questions sur leur avenir… Un cruel dilemme pour celles et ceux qui veulent revenir après des études et/ou des expériences à l’extérieur… Une amère déception pour celles et ceux qui ont espéré y construire un futur.

Mais Madagascar peut devenir ce rêve et une autre réalité si on œuvrait réellement dans ce sens, si on ne se laissait pas emporter par la cupidité et si on remettait un peu d’honnêteté dans ce qu’on fait… Autant celles et ceux qui ont de l’autorité et du pouvoir que celles et ceux qui se considèrent simple citoyen(ne).

Madagascar connaîtrait une autre réalité si on arrêtait de palabrer, de l’imaginer en rêve et de discuter sur des théories (sur les réseaux sociaux ou ailleurs). Madagascar serait tellement mieux si on ouvrait les yeux en nous mettant au travail et au service du seul pays qu’on nous a donné.

 

Resaka sy kabary be dia be, vina tsy tambo isaina, fanatanterahana tsy misy !
(Beaucoup de discours, pléthore de projets, aucune réalisation concrète !)


Blogueuse sur Mondoblog, et alors ? #MondoChallenge

Depuis que je suis sur Mondoblog, je me sens moins seule…

Moins seule dans mon désir d’écriture et dans mon amour des mots.

Quand on prend la décision de tenir un blog, c’est souvent parce qu’on a ce plaisir d’écrire, de lire et d’avoir des retours de lecteurs qui ne se trouvent pas forcément dans le même pays que nous, ni même sous les mêmes tropiques. Mais ce plaisir est souvent solitaire. On couche nos mots, on lance l’article dans l’océan de la Toile et on attend le(s) commentaire(s) d’éventuels lecteurs. On peut même parfois se demander si c’est bien raisonnable de lancer nos pensées, nos mots comme cela, sans balise, à vue…

En ayant intégré Mondoblog, je me suis sentie moins seule. J’ai trouvé mes compères dans ce vaste monde du blogging. J’ai appris à lire leurs articles, à découvrir leurs différents styles d’écriture mais aussi à sentir cet amour des mots qui anime chacun(e) des mondoblogueurs(euses). J’ai constaté par la suite, en voyant ces blogueurs qui publiaient romans et recueils de poèmes, qu’on pouvait même coucher sur papier, dans un livre, ces mots. Ajouté à tout cela, le fait de les connaître un peu plus qu’à travers les blogs, grâce notamment à la formation Mondoblog à Tanà, est un délice. Comme lorsqu’on intègre un groupe secret au lycée.

Depuis que je suis sur Mondoblog, je me sens moins unique…

Moins unique dans mes préoccupations et problèmes, moins exceptionnelle dans mes réalisations.

Quand on commence à lire et à s’abonner aux articles des uns et des autres, on se rend compte que l’on a à peu près toutes et tous les mêmes préoccupations et les mêmes problèmes. Les histoires et déceptions amoureuses, les attentes et les espoirs. Que l’on soit à Tana, à Montpellier, à Dakar ou ailleurs, nous avons toutes et tous les mêmes questions et attendons les mêmes réponses. Au niveau politique, on remarque qu’on a toutes et tous cette petite flamme : celle qui nous pousse à être acteur du changement (du moins virtuellement).

Si je n’avais pas eu un blog, j’aurai sûrement pris une machine à écrire – Pixabay

Depuis que je suis sur Mondoblog, je me pose de sérieuses questions sur ce que je fais et sur l’impact réel que j’ai sur la vie des autres… sur le monde (oui oui). Il y a une telle diversité de talents, de projets que l’on se remet constamment en question et que l’on est dans l’admiration sans pour autant sombrer dans l’envie ni la jalousie.

Pour conclure, depuis que je suis sur Mondoblog, je vis une aventure que je n’aurai jamais pu vivre autrement. Je rencontre des jeunes du monde entier avec qui je suis souvent en contact. Je vis pleinement la mondialisation.

Mais même si je suis sur Mondoblog, je n’ai pas changé pour autant.

J’ai du mal quand on corrige mes articles et quand on change mes mots. Je n’ai pas toujours saisi le moyen le plus efficace de tourner les feux rouges en feux verts dans l’analyse SEO. J’ai toujours un pincement quand mon article n’est pas à la une. J’ai depuis longtemps le projet de rafraîchir le blog et de lui donner un nouveau souffle, mais cela n’arrive jamais. Et même sur Mondoblog, je me pose toujours des questions existentielles sur ma qualité d’écriture quand mes articles ne sont ni partagés ni commentés.

Cet article a été publié dans le cadre du #Mondochallenge du moment sur le sujet « Depuis que je suis sur Mondoblog… », vous pouvez apprécier ceux des deux autres mondoblogueuses qui ont accepté de relever le challenge :


Ce matin-là, dans la Ville-Lumière…

Elle posa une journée de congés… «Tu as bien raison», lui disaient ses collègues, «cela te fera une bonne coupure à côté de cette montagne de travail.» Mais ils ne savaient rien. Ils ne pouvaient imaginer l’Himalaya qu’elle devait affronter, année après année à la même période, quand les matins étaient frais et sombres.
Elle prépara ses affaires la veille, se coucha encore plus tôt que d’habitude parce que, d’après les infos, cela empirait : arriver tôt, c’est-à-dire avant 7h, ne suffisait plus. Elle refusa pourtant d’y passer la nuit. Après tout, elle s’acquittait avec devoir de tous ses impôts et toutes les taxes et cotisations sociales étaient prélevées sur son salaire, comme pour tout le monde.
Quelques heures seulement après avoir fermé les yeux, elle les rouvrit. Elle se prépara rapidement parce que les places étaient rares et chères. Elle ne prit pas de petit-déjeuner consistant : ce n’était pas un matin comme les autres. Il fallait prendre toutes les précautions et éviter de se mettre dans une position inconfortable.

Elle sortit dans la rue et trouva cette ville, si bruyante et vivante le jour, endormie et vide en cette fin de nuit. Cela lui aurait paru magique en temps normal, mais ce n’était pas un jour comme les autres. Seules les personnes concernées sortaient à cette heure du jour pour aller là où elle allait. À cette heure-ci, les transports en commun de jour ne circulaient pas encore et ceux de la nuit finissaient leur travail. Elle fit donc le trajet à pied parce que malgré tout, il fallait arriver tôt.

Elle vit pointer de loin le bâtiment et espéra secrètement que ces échos dans la presse n’étaient que des rumeurs ou que les autres n’avaient pas eu le courage de se lever aussi tôt. Espoir aussitôt envolé quand elle commença à distinguer des silhouettes debout, assises, seules, en groupe, toutes devant ces portes fermées. On distingua des gens qui dormaient par terre, dans des sacs de couchage, en rang… comme s’ils étaient en vacances ou en randonnée et avaient décidé de camper à la belle étoile. Certains avaient apporté des chaises pliables, en osier, ou des chaises de jardin. Toute sorte de chaise qui pouvait servir à alléger l’attente. Un groupe de personnes bourdonnait autour d’une femme assise, le bonnet vissé, bien emmitouflée: elle faisait office de distributeur de boissons chaudes et de tartines. Des individus, semblables aux commerciaux dans les magasins, évaluèrent la nouvelle venue mais, bien vite, s’en désintéressèrent : ils ne lui firent pas LA proposition, celle qui rendait effective et réelle l’expression « les places sont chères ».

Elle détourna pudiquement les yeux et essaya de se convaincre qu’elle n’était pas comme eux, comme ceux qui s’accommodaient et/ou profitaient de cette situation kafkaïenne. Elle chercha le bout de cette queue, de cette file où des destins si semblables et si différents se joignaient. Et elle ne pût s’empêcher de penser que ces gens devaient se serrer un peu plus dans les rangs : une place vide, un rang non compact c’est autant de possibilités pour les resquilleurs et ceux qui ne se s’étaient pas réveillés tôt de prendre des places.

Après deux heures, l’attente se fit plus difficile. Les paupières commencèrent à se refaire lourdes, le ventre à gargouiller, les jambes et le dos à être raides. Les formes qu’elle avait distingué en arrivant prirent des apparences et des visages humains. La jeune fille derrière elle se balançait doucement sans s’arrêter, elle chantait. Le jeune homme, à côté, les casques vissés aux oreilles écoutait de la musique tout en tapotant frénétiquement sur son ordinateur portable. Il semblait vouloir terminer de rédiger un rapport. Un vieux couple se relayait pour profiter de la chaise pliante qu’ils avaient apportée.

L’air ambiant commença à devenir plus froid et plus humide. Le jour se leva petit à petit. Certains automobilistes eurent l’air étonnés de voir cet attroupement. Les piétons ne jetaient même plus un coup d’œil, ils semblaient habitués à cette situation. Puis, il commença à crachiner. Tout ce monde chercha à s’abriter sous le court paravent qui ne pouvait guère abriter plus du tiers des gens qui étaient là à l’aube.

Maintenant qu’il faisait complètement jour, une agitation commença à atteindre les rangs. Les sacs de couchage furent remballés, les chaises repliées, la file resserrée. Chacun reprit sa place dans les rangs. Des ordres furent aboyés quelque part et d’un coup, les rangs se firent encore plus compacts et une certaine tension gagna chacune et chacun. Ça y est, la file bougea lentement. On passa devant le « campement » de ceux qui étaient couchés plus tôt. D’autres ordres furent aboyés, des éclats de voix s’amplifièrent ici et là. Il a fallu entrer par groupes, des jeunes du Service civique firent le tri. Un tri qui pouvait décider de la suite. Cette première queue finie, une autre se forma à l’intérieur. Encore des ordres aboyés, toujours l’attente. Quand arriva son tour, elle formula sa demande en espérant qu’à cette énième étape de tri on ne lui adressa une réponse négative. On lui donna un ticket. Encore l’attente, des bips électroniques, des murmures. Quand enfin elle fut appelée, cela ne dura que quelques minutes. Elle fut soulagée et repartit, son précieux sésame annuel dans le sac : le renouvellement de son titre de séjour en France.

En retournant se coucher, après cette courte nuit et cette épuisante matinée, elle se demanda comment étaient traités celles et ceux qui étaient moins bien lotis et qui cherchaient ici un avenir ou un refuge…

Et elle se promit de trouver une solution pour que, d’une manière ou d’une autre, elle n’ait plus à sortir de chez elle, au milieu de la nuit, pour faire la queue devant la préfecture de ce pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

 

En ce moment, on parle beaucoup de chiffres et de statistiques, on adopte des discours et des postures, on agite des épouvantails. Mais on oublie souvent l’Homme et son histoire derrière chaque dossier et on oublie que nous sommes tous l’étranger de quelqu’un.


Justice, confiance et violence à Madagascar

« Je fais confiance en la justice de mon pays« , on entend cette phrase assez régulièrement partout, aucun Malgache réaliste ne l’a jamais prononcé. La plus communément prononcée sera plutôt « Qui est ce qu’on connaît au tribunal? »

La méconnaissance de ses droits et du Droit, la corruption, la peur… sont autant d’éléments qui font que l’accès à la justice n’est pas chose évidente à Madagascar. Il ne s’agit pas ici de couvrir d’opprobre tous les magistrats et les personnels travaillant pour la justice à Madagascar : comme dans tout corps de métier, partout dans le monde, en tout temps, il y a toujours des brebis galeuses et des électrons libres… mais le citoyen lambda malgache a plus l’impression que ce sont les brebis vertueuses qui y sont rares dans cette grande famille de la justice.

Vietnam (cc: pixabay)

Le meilleur moyen de ne pas avoir de problème c’est de ne pas avoir affaire à la justice… ni au magistrat!

Il y a quelques semaines, plusieurs magistrats par le biais d’un syndicat ont lancé un appel à la grève pour, disent-ils, interpeller le pouvoir en place sur leur besoin d’indépendance dans les décisions de justice. Cet appel à la grève s’est mué en une grève illimitée actuellement. Bien que la grève ait été observée, elle n’a pas pour autant susciter une réaction ou un soutien passionné du justiciable de base. En effet, il peut sembler incongru de supporter la grève de ces magistrats qui réclament à cor et à cri l’indépendance et un vrai respect de leur travail de juge quand soi-même peut risquer de devenir la victime de ces bourreaux ayant (déjà?) les pleins pouvoirs. Comme dit auparavant, le monde judiciaire, les tribunaux et le passage devant les magistrats n’augurent jamais de rien de bon et suscitent plutôt inquiétude et peur, même à celui qui est dans son bon droit. Au lieu d’être une figure rassurante, la justice inspire crainte et méfiance dans l’imaginaire collectif .

La justice n’inspire pas plus confiance à cause de la figure du magistrat dans la société malgache d’une part et des cas concrets de décisions de justice récemment rendues d’autre part.

La dégradation de l’image du magistrat dans la société malgache

Le magistrat est perçu, d’une manière générale comme une personne ayant beaucoup de pouvoir et qui peut vous mettre en prison pour un oui ou pour un non. D’ailleurs, si vous ne le savez pas, il vous le fait savoir. Un petit exemple tiré de la réalité. Il est d’usage de garer les voitures le long de la route dans les quartiers à Tananarive et on appelle cela « parking », même si c’est sur la voie publique. Et bien voyez-vous, dans notre ancien quartier Q de la ville, depuis que la fille du commerçant est devenue magistrate, la famille exige d’avoir 3 places de parking devant leur habitation et gare à celui qui a eu la maladresse de mettre sa voiture sur ces emplacements. C’est passé le temps où chacun garait sa voiture là où il y avait de la place, maintenant, il faut chercher ailleurs sinon « bedin’ny magistrat eo! » (« la magistrate va vous punir! ») Un autre exemple tiré d’un cas réel : le magistrat exigeait des justiciables qu’il puisse utiliser les véhicules tout terrain de ces derniers, sans contrat de location ni lien d’amitié ni lien de famille particulier, il le voulait et il est magistrat donc il le pouvait. Il n’est pas besoin ici de faire une liste exhaustive (et le pourrait on? on peut consulter le Recueil des décisions disciplinaires du Conseil supérieur de la magistrature pour voir des cas aussi aberrants les uns que les autres ou même juste entendre les anecdotes qui se partagent ici et là sur le sujet) des actes et attitudes des magistrats malgaches qui font que le citoyen lambda a peur et évite le plus possible d’avoir affaire à la justice. Et quand c’est le cas, on ne compte pas vraiment sur son bon droit ni même sur sa chance, tout le monde se mobilise pour chercher par tous les moyens à savoir si on ne connaît pas le cousin de l’amie d’une tante du frère de quelqu’un dans le tribunal pour que la douloureuse ne le soit pas trop.

La relativité des décisions rendues par les tribunaux

Le monde du droit en général et le fonctionnement des tribunaux en particulier constituent souvent des mystères pour le citoyen lambda. Tout le système devient encore plus nébuleux suite aux récentes décisions rendues par les tribunaux. La voiture d’un particulier a provoqué un grave accident avec des victimes mortes sur le coup et d’autres qui sont gravement blessées. Il s’en suivra que la sanction prononcée par le tribunal sera un emprisonnement de trois mois avec sursis. Le parquet aurait fait appel de cette décision, mais toujours est-il que la première décision prise a déjà marqué l’opinion publique (l’on se demande même ce qu’il en serait s’il n’y avait pas eu la médiatisation autour de l’accident). Dans un autre dossier, une sanction de cinq ans de prison avec sursis et d’une amende d’environ 15 000 euros pour « incitation à la rébellion et destruction de biens et documents publics » est prononcée à l’encontre de Clovis R. Il s’avère que ce monsieur est un militant écologiste qui voulait alerter sur les trafics de bois de rose. Il aura déjà subi 10 mois de détention préventive avant l’énoncé de ce verdict. Dans un tout autre domaine, l’administrateur d’un groupe facebook a été condamné à un an de prison ferme pour divers motifs. S’il n’y a pas un minimum de hiérarchisation dans les sanctions prononcées pour les crimes et les délits comment voudrait on que le citoyen lambda ait confiance en la justice. Comment peut on comprendre le fonctionnement de la justice quand on entend ici et là des décisions aussi disproportionnées et ne suivant aucune logique… parce que parfois tout est affaire de ouï-dire, certaines décisions ne sortent pas à l’écrit ou ne sont pas disponibles avant plusieurs mois… parce que oui c’est aussi un autre parcours du combattant d’avoir accès aux décisions de justice.

Justitia (cc: pixabay)

La meilleure façon d’être sûr d’avoir justice finalement c’est d’agir soi-même…

On a vu que les magistrats et l’appareil judiciaire inspirent méfiance aux justiciables et citoyens. Cette méfiance vis-à-vis de la justice entraine une énorme perte de confiance et engrange la violence, qui éloigne plus qu’autre chose d’une paix sociale.

Le retour à la loi du Talion et de la justice dite populaire

Parce que certains citoyens et justiciables ne supportent plus de voir une justice rendue selon le réseau, la puissance et les connaissances de personnes en présence, ils ont décidé de se faire justice eux-mêmes. C’est ainsi que l’on entend ici et là, et sans que les autorités nationales ne réagissent réellement, qu’un « fitsarambahoaka » est intervenu. Fitsarambahoaka vient des mots fitsarana (jugement) et vahoaka (peuple)… c’est un lynchage public : souvent quand un ou plusieurs individus sont surpris en train de faire un acte malveillant, il n’est plus d’usage de les emmener au commissariat ou à la caserne des gendarmes, le peuple préfère se faire justice soi-même et gare à celui ou ceux qui sont pris… la violence est inouïe, cela peut même se terminer par la mort ou un bûcher pour le(s) coupable(s). Il arrive même que ce soit les bureaux des dépositaires de la force publique qui soient pris à parti quand les personnes y sont en attente d’un transfert au niveau du tribunal. Mais tout cela n’est que le résultat de cette perte de confiance en l’institution de la justice.

Le vindict populaire virtuel

Cette marque de manque de confiance ne se traduit pas seulement par les coups et la violence physique. On aura la prétention de dire que nous ne faisons pas partie de ces personnes qui s’adonnent à la violence gratuite ou qui se déchainent sur d’autres en public, dans la rue, les mains recouvertes de sang… Et pourtant un autre aspect marque cette défiance en la justice et cette volonté de se faire justice soi-même…. cela se passe sur les réseaux sociaux. Combien de fois, de simples particuliers diffusent des posts faits par d’autres particuliers sur des personnes qui auraient prétendument volé, arnaqué (avec photo, noms et photocopie de pièces d’identité à l’appui). Ce n’est pas pire que la violence physique mais dans ces posts là, les individus se substituent aussi à la justice. Et bien souvent, on ne sait pas si les faits sont avérés, s’ils ont été supposés ou s’il s’agit d’un règlement de compte ou d’une autre histoire dont les dessous ne sont pas connus de tous. Or, sur les réseaux sociaux un post d’une telle nature devient assez rapidement viral, tout le monde partage : après tout, il suffit d’un seul clic pour « rendre justice »…  à part les violences des commentaires, ces situations ne permettent pas non plus à la personne mise en cause de se défendre, tous les « partageurs » ayant la conviction que le post accusateur initial est vrai.

Mais il faut admettre que parfois, seuls les réseaux sociaux peuvent arriver à quelque chose. Une fois, un post facebook a révélé les pratiques violentes d’une institutrice dans une école privée, si le post n’avait pas été viral, le ministère de l’éducation n’aurait rien fait (suspension de l’autorisation administrative de l’école et tribunal pour l’institutrice). Mais faut-il encore que la situation soit mise en lumière ou que les responsables se sentent concernés. En effet, plusieurs autres cas qui ont été massivement relayés sur les réseaux sociaux et concernent les problèmes rencontrés par les personnes qui n’ont pas assez d’argent pour payer l’hôpital public et qui en meurent, n’ont pas conduit les autorités à prendre des décisions ou du moins à diligenter des enquêtes.

Comme dit plus haut, ce ne sont pas tous les magistrats qui sont mis en cause ici. Il y a sûrement ceux qui étudient vraiment leurs dossiers, rendent les décisions, à temps, et sans qu’on ait besoin de leur donner des arguments et des « aides sonnantes et trébuchantes à la décision »…

Il y en a sûrement, mais ils semblent si minoritaires que c’est toute l’institution de la justice qui fait l’objet de la méfiance. Mais paradoxalement, cette institution fait aussi l’objet de l’envie des citoyens lambdas. Oui, à voir la proportion entre les candidats aux fonctions de magistrat et le nombre de postes mis au concours, on se pose la question (vraiment?) de savoir ce qui attire tant de monde dans la magistrature? rendre la justice? protéger la veuve et l’orphelin?
En effet, à chaque ouverture du concours, il y a plus d’appelés que d’élus : plus d’un millier de candidats (qu’elles aient suivi des cours de droit ou non d’ailleurs) pour une cinquantaine de postes au total.

Au final, au vu de ces grèves des magistrats, qui demandent leur indépendance, l’on veut leur poser la question si les justiciables pourraient aussi faire grève ou bénéficier d’une vraie justice, celle qui est juste et équitable. Ne disait on pas dès 1881 à Madagascar que « les juges doivent (…) rétablir l’équité, le juste (le juste se superposant et s’intégrant par ailleurs au vrai), afin que l’ordre, c’est à dire la paix sociale profite au peuple« *.

« Ny mpitsara (…) manao izay hahavitana tsara ny Fitsarana araky ny marina, hahameloka ny meloka, ary hahamarina ny marina ho marina, tsy ho azon’olona havilivily hanova ny rariny, na hanitsy ny meloka, mba hiadanan’ny Vahoaka amy ny ananany »*

* Tiré de « Ny Lalan’ny Fanjakana. Kabary nataon-dRanavalomanjaka 29 mars 1881 », cité dans l’ouvrage d’Ignace Rakoto, Recueil des jugements et arrêts rendus par les tribunaux à Madagascar (1841-1896).


Séparations, familles recomposées, amours forcés, amours possibles ?

Nous voilà arrivés au terme de cette saison de défi d’écriture avec The blog contest. Le thème choisi pour cette der des der, c’est séparation et familles recomposées. Pour ne pas changer, c’est un aspect de vie dont je n’ai aucune idée et en ayant lu la lettre d’Alain Guy E. je suis encore plus perplexe. Il ne faut peut-être pas avoir une nature un peu « carrée » et un côté « je n’écoute pas mon cœur, c’est la raison qui est la meilleure conseillère » ? Cela paraît inimaginable mais je n’arrive pas, telle Jay D. E, à être prête à faire le pas si c’était nécessaire.

La conception de la vie de famille y joue peut-être un rôle important. C’est vrai qu’on ne choisit pas sa famille, mais d’une manière générale on s’accommode d’être ensemble et parfois on réussit même à s’aimer, à se préoccuper des uns et des autres et à se protéger autour d’un cocon tout le long de la vie.

Mais qu’en est-il quand la famille n’est pas unie ? Dans ces cas, c’est déjà assez difficile de s’entendre avec les propres membres de sa famille, pour quelle raison devrait-on en plus supporter les pièces rapportées, trouver cela normal, appeler ces personnes co-papa ou co-maman?

Comment deux personnes adultes qui ont décidé de se séparer à cause de différends qui ne regardent qu’elles peuvent demander à des enfants qui n’ont strictement aucun lien (sauf le fait de devoir vivre ensemble et avoir au moins un parent dénominateur commun) de s’accommoder de la présence de nouvelles personnes qui sont arrivées là parce que séparation faite, le père ou la mère a décidé de trouver quelqu’un d’autre?

Est-ce que le nouveau compagnon (la nouvelle compagne) accepte la situation et se montre affectueux-euse avec les enfants de sa propre volonté ou avec une arrière-pensée ?

L’intérêt de l’enfant est-il de grandir dans une famille monoparentale avec un parent qui ne se sent pas heureux ou d’être dans une famille recomposée avec un parent heureux mais aussi d’autres vies en plus dont il faut tenir compte et avec lesquelles il faut « composer » ?

D’un côté, il ne faut pas faire souffrir les enfants, ils ont besoin qu’on les aime et qu’on s’occupe d’eux, que cela soit fait par ses parents ou par les amoureux d’un de leurs parents…

Mais de l’autre côté, il faut une sacrée dose d’amour, beaucoup de tolérance et d’abnégation pour réussir à vivre et à expérimenter cette vie faite de recomposition et d’adaptation… et quand on ne se laisse pas emporter par des sentiments, qui sont après tout éphémères, ce n’est pas gagné !

 


Le libertinage… trop de liberté tue t’elle la liberté?

Avant de traiter ce sujet qui nous a été donné dans le cadre de l’épisode 5 de la saison 5 de The blog contest, j’ai du consulter des dictionnaires pour savoir ce qu’il en était. Et ainsi, le fameux Larousse nous définit le libertin en deux temps. Il s’agit en premier lieu de celui qui mène une vie qualifiée de dissolue et a des mœurs très libres, en tout temps donc. Et ensuite, au XVIIème siècle, était qualifié de libertin, « celui qui manifestait son indépendance d’esprit par rapport aux enseignements du christianisme et qui refusait toute soumission à l’Église ». L’Encyclopédie Larousse nous donne aussi un long texte expliquant le mouvement lié au libertinage au XVIIème et XVIIIème siècle

Mais une fois ces définitions et explications lues, je me suis rendue compte que j’ai fais plusieurs erreurs. Tout d’abord, j’ai fais l’erreur de penser que m’imprégner du terme le jour même où il faut rendre les copies c’était possible. Ensuite, j’ai mal évalué le fait qu’évoquer Dorian Gray Christian Grey et ses fouets et séances allait de soi, alors que je n’ai pas lu les livres qui évoquent ce monsieur ni vu les films qui ont été tirés des premiers! Et enfin, ma dernière erreur était de croire que les sites qui pullulent sur internet qui parle de rencontres libertines allait expliquer ce qu’il en était.

Mask (Eyes wide shut) Marcel Oosterwijk (cc)

Ainsi, il me reste quelques heures avant que le 20 du mois ne finisse et dans le règlement c’était écrit que les textes devaient être rendus le 20 donc… je me retrouve un peu bête à chercher et à m’inspirer d’un monde que je ne connais pas et d’un comportement que je ne maîtrise pas. Et puis, je me suis dite « ne décevons pas les lecteurs qui n’attendaient que le 20 pour se délecter de nos écrits, même si peu faisaient des retours sur les miens en particulier« .

Notre époque actuelle a besoin de libertins, des vrais. Je ne parle pas de ces dames et messieurs qui se proclament libertins parce que c’est le terme à la mode et qu’il fait bon de jouir lors de ces moments volés dans les « love hotel » et à l’insu du conjoint ou de la conjointe officiel(le). Je ne parle pas non plus de ces prédateurs sexuels qui cherchent dans les sites de rencontres des proies faciles et naïves qui espèrent rencontrer un certain Dorian Christian.

Non, je parle des gens qui ont vraiment cette mode de vie d’être libres et qui ne se conforment pas à la marche considérée comme normale de la « vie d’adulte ». Je parle de ces personnes qui ne se marient pas sitôt les études finies ou sitôt les quelques mois de flirt avec untel célébrés. Je parle de ces personnes qui osent dire non à la pression sociale et qui ne rentrent pas dans les rangs sous prétexte que le compteur de petits copains ou de petites copines est déjà particulièrement long. Je parle de ces couples qui ne font pas de bébés ni la première, ni la troisième année de mariage mais apprennent à se connaître, à profiter de la vie à deux, à se profiter au maximum avant de rajouter une ou plusieurs vies en plus à leurs vies. Je parle aussi de ces personnes qui ont suffisamment de foi pour ne pas se sentir obligés de suivre aveuglément et à la lettre ce que dit l’église et ses préposés. De ces personnes qui se sentent libres de vivre leur vie sans cette épée de Damoclès faite de chaleur, d’enfer et de damnation. On a besoin de ces personnes qui nous laissent vivre notre vie sans essayer de nous convertir, de nous dire qu’il nous faut nous ranger et « grandir ».

En définitive, le libertin, dans son sens premier n’est ce pas celui qui vit pleinement sa vie selon ses propres règles et ses propres désirs ? Quel mal y a t’il alors à vouloir jouir de sa liberté de toutes ses forces, selon son bon vouloir et avec tout son corps ?

Freedom – There is a time for everything and everything has a place Lauren McKinnon (cc)

 


Accidents, destin et Vie à Madagascar

Ils étaient partis joyeux… ils ne sont jamais arrivés à destination à cause d’un accident!

Il y a quelques jours, un accident de car faisait plusieurs morts à Ankazobe, à quelques kilomètres de la capitale, sur la RN4 à Madagascar. Le car surchargé et pas vraiment en état de faire le long voyage prévu (la destination se trouvait à 550 km) s’est trouvé en difficulté au niveau d’une montée, a fait plusieurs tonneaux avant de s’embraser fauchant plusieurs vies, ravageant des centaines de vie de familles, brisant l’avenir de jeunes et blessant l’âme de tout un pays. Un dernier bilan fait état d’une trentaine de morts et d’une centaine de blessés.

Cet accident n’était malheureusement pas unique. Ce même jour, un taxi-brousse (un mode de transport en commun inter-urbain ou régional) transportant des voyageurs a fait un autre accident, sur une autre route nationale malgache, plus de peur que de mal. Et dans la capitale, toujours ce même jour, un taxi-be (un mode de transport en commun urbain) n’avait plus de frein et avait dû se servir de la voiture qui le précédait pour s’arrêter dans sa course. Il n’y a pas eu de vie perdue…

Plusieurs accidents, avec plus ou moins de gravité le même jour, à se demander si ce jour n’était pas frappé du sceau de la malédiction. A dire vrai, le constat ne peut s’arrêter juste à ce jour-là. En effet, il y a plusieurs mois, des accidents graves et tout aussi mortels se sont aussi produits. Un camion de transport de marchandises a été utilisé pour convoyer les invités à un mariage. Il s’est renversé, le bilan est terrible : une quarantaine de morts, dont les jeunes mariés… Une autre fois, une école avait organisé une sortie pour ses élèves, les chauffeurs des cars de transport ont fait la course sur le retour, il y a eu un problème, un ravin et là encore, plusieurs jeunes vies fauchées…

Chacune des personnes qui étaient au départ de ces excursions, ballades, voyages étaient joyeux (les Malgaches aiment particulièrement ces sorties organisées)… mais elles n’ont jamais atteint leur destination finale!

Au-delà du fatalisme ambiant, ces accidents devraient alerter aussi bien les dirigeants du pays mais aussi et surtout les citoyens, chaque citoyen.

Campagne de prévention routière – 2016

Avant d’évoquer une quelconque intervention divine, occupons nous d’abord d’analyser nos erreurs humaines dans cet accident!

Madagascar a toujours été un pays avec une population ayant une forte spiritualité et de profondes croyances. A la survenance de l’accident à Ankazobe, grand a été mon étonnement de  constater la résignation et le fatalisme d’une grande partie des personnes sur les réseaux sociaux. Plusieurs appels à la prière mais aussi et surtout plusieurs déclarations « se contentant » de conclure que c’était le Destin et que Dieu donnant la Vie, il pouvait aussi la reprendre à tout moment, selon ses propres desseins. Loin de moi l’idée de questionner la croyance des uns et des autres et sans connaître la volonté divine (qui peut se targuer de la connaître au final?) je me demande si le respect des normes de sécurité « élémentaires » et une prise de responsabilité plus « aiguë » n’auraient pas permis, non pas d’éviter l’accident (si c’était vraiment le destin de ces personnes d’avoir un accident?) au moins d’en limiter les dégâts. En effet, l’intervention télévisuelle d’une des personnes ayant organisé le voyage amène à penser que la probabilité que l’accident se produise était quand même assez haute, destin ou pas. Sans revenir en détails sur cette intervention, quelques éléments que l’on pouvait en tirer laissent pantois. Le jour du départ, le car aurait déjà été admis au garage pour faire « quelques réparations ». Dans le car, il y aurait eu autant les passagers (le double du nombre limite de passagers admis pour le véhicule selon le Ministère des transports par la suite) que leurs bagages pour un séjour de 10 jours. Le chauffeur n’aurait pas vraiment l’habitude de conduire le véhicule qui aurait eu quelques soucis au niveau du frein et les pneus auraient été sous-gonflés…autant d’éléments qui auraient dû alerter aussi bien les organisateurs que les passagers. On peut arguer du fait que le propriétaire du véhicule l’avait donné à disposition par charité chrétienne ou qu’il était difficile pour le groupe d’affréter des moyens de transport plus adaptés, mais après coup, la bonne volonté et le manque de moyens sont ils réellement dissociables de l’eixgence de sécurité?

Une meilleure préparation logistique, un contrôle technique strict de l’état du car, une prise de responsabilité des organisateurs auraient pu, dans une certaine mesure, nous éviter cette tragédie.

Au lieu de trouver des solutions temporaires après chaque accident les dirigeants ne devraient ils pas opter pour la prévention?

Bien entendu, année électorale 2018 oblige, plusieurs dirigeants ont « accouru » au  chevet des victimes. La mine grave, les costumes sombres de circonstance, ils sont allés, avec les photographes et les médias, sur les lieux de l’accident puis à l’hôpital vers lequel ont été évacués les blessés. Ils ont demandé à ce que des enquêtes soient ouvertes, que des prises en charge soient faites

Les larmes de crocodile, les grands gestes et les discours ils peuvent faire. Mais, ils ne peuvent pas prendre la décision stricte d’interdire l’importation de véhicules dont les dimensions ne conviennent manifestement pas aux infrastructures routières malgaches existantes. Ils ne peuvent pas mettre en place un système de contrôle technique qui assure que les véhicules qui circulent sont réellement aptes parce qu’ils ont réussi à passer le test et non parce que les dessous de table ont fermé les yeux du contrôleur qui a validé le contrôle. Ils ne peuvent pas mettre en place un vrai projet pour élargir, améliorer ces routes qui auraient près d’un siècle d’existence. Ils ne peuvent pas, dans un mouvement de fierté nationale, créer des infrastructures qui soient distinctes de celles mises en place du temps de la colonisation. Ils doivent juste se contenter de réparer l’existant, au gré des financements extérieurs… nos routes nationales ont des ponts Bailey, ponts qui selon les ingénieurs n’ont normalement qu’une vocation provisoire!!!).

La liste de ce que les dirigeants peuvent faire pour préserver la vie des usagers des transports publics, c’est à dire les citoyens, est longue, mais sont ils seulement à l’écoute?

Usager, voyageur, chauffeur, il faut prendre une part de responsabilité pour éviter les accidents!

Je me souviens d’une excursion qu’on avait eu à la fin de l’année scolaire quand j’étais au lycée. Au moment de repartir, un de nos camarades de classe, Tafika, avait refusé de monter dans le car, il avait mis en cause l’état d’ébriété du chauffeur du car dans lequel il devait monter. Tout le monde voulait rentrer et lui disait de ne pas en faire tout un plat. Mais il a résisté et vaillamment (lors de nos rencontres plusieurs années après tout le monde se souvient encore de ce qu’il a fait ce jour là!). Parce qu’il en a fait toute une scène, une de nos professeurs responsables, Mme Florence, a effectivement cherché à vérifier l’état réel de ceux qui devaient se charger de nous faire revenir à la maison.

Avant chaque voyage ou pique-nique qu’on fait, mon père, Mr le Cascadeur, consacre toujours ses préparatifs à la voiture, nous on est là pour les bagages, les victuailles etc., lui toujours s’affairait à propos de la voiture… je dois avouer qu’à l’époque je ne comprenais pas vraiment ce qu’il avait à se préoccuper de ce que je pensais comme relevant du détail…

Il nous faudrait plus de Tafika, plus de Mme Florence, plus de Mr le Cascadeur pour chaque voyage, chaque sortie organisée…

Et plus généralement, les citoyens devraient œuvrer, chacun à son niveau pour que les risques d’accident s’amenuisent… Respecter les normes (les vazaha ne sont pas fous, si leurs ingénieurs ont calculé qu’une voiture ne doit pas peser plus de x tonnes en transportant x personnes avec x bagages, c’est qu’il y a une raison), suivre le Code de la route (c’est respecter aussi la loi), passer réellement le permis (…), entretenir les véhicules (et pas seulement quand ils sont en mauvais état), exiger des visites techniques propres, ne pas céder à la tentation de la corruption…

Et quand les accidents surviennent, malgré la douleur, malgré le fatalisme, le fait de demander l’établissement de toutes les responsabilités devant la justice pourrait aussi constituer un signal fort, une résistance contre le fatalisme ambiant et l’insouciance de ceux qui ont nos vies entre leurs mains…

C’est de cet accès à la justice dont on va parler dans notre prochain article! 😉 (restez connectés!)


Si seulement on me l’avait dit…

Elle ouvrit la porte de la chambre et la découvrit sur le lit…endormie, paisible. Cette scène lui arracha un sourire, elle soupira, renferma la porte et s’en alla dans la cuisine pour chercher un « quelque chose à grignoter ». Elle chantonna tout en inspectant les rayons du réfrigérateur et regretta que A. ne soit pas debout pour qu’elle lui raconte cette merveilleuse soirée qu’elle venait de passer avec le plus merveilleux des hommes, son homme, il était romantique en plus (avant de se quitter, il lui avait donné une lettre !) … elle avait hâte d’être au prochain rendez-vous!

Elle était encore dans ses rêveries quand soudain, elle avait constaté que quelque chose n’allait pas bien, elle ne savait pas quoi… Ce n’était pas lié à la soirée, son homme était parfait, poli et prévenant, il l’avait raccompagné jusqu’en bas de l’immeuble et n’avait même pas insisté pour entrer dans l’appart. Elle s’empressa alors de vérifier le contenu de son sac, tout y était, son portefeuille, ses papiers, ses clés…la lettre. Puis, définitivement dégrisée et à la limite de la panique, elle a finalement identifié l’origine de son malaise…tout était en ordre dans cet appartement…

La vaisselle était propre et rangée, le réfrigérateur rempli, le bac à linge sale vide, une petite odeur de propre flottait dans tout l’appartement. C’était inattendu de la part de A. … Puis elle se rendait compte qu’il y avait quelque chose de bizarre dans l’attitude de A. sur le lit. Elle alla dans la chambre, inquiète…et là aussi, le ménage a été fait, tout était en ordre. Il y avait un bloc de papier à lettres sur le bureau et l’ordinateur portable de A. qui était resté ouvert avec plusieurs fenêtres, ronronnait dans la chambre. Ce silence sourd, pesant… ce silence l’inquiétait. Et là, elle identifia ce qui la rendait mal à l’aise… A. était allongée bizarrement, étrangement pâle et A. ne respirait plus!!!! Elle la secoua puis la gifla mais cela n’avait aucun effet. Et avec le silence vint le froid…la froideur de ses membres, celle de la chambre. Elle savait que c’était trop tard mais il fallait quand même appeler les secours…Ils ont assuré qu’ils arriveraient d’ici peu.

Elle les attendit, tremblant, nauséeuse, et mal …si mal… « comment est ce que cela a pu se passer? pourquoi A.?«  Elle regarda le bloc de papier à lettres sur la table et vit cette si jolie écriture de A. Il n’y avait que cette phrase sur le papier « j’aurai aimé que tu me dise … j’aurai aimé que l’on me prévienne ». Puis elle a vu les boîtes de cachet, la bouteille presque vide… Elle avait remarqué que la webcam marchait et filmait toujours, et les fenêtres restées ouvertes étaient actives. Elle découvrit avec stupeur des photos dénudées de A., ces fenêtres de tchat qui n’étaient pas fermées et qui étaient remplies d’expressions graveleuses de ces correspondants, ce profil de la si gentille A. avec un autre nom et des photos tout aussi licencieuses sur ce fameux réseau social… Les larmes commençaient à couler silencieusement, un cri sourd puis animal résonna dans la nuit…elle ne se rendit pas compte que ce cri de détresse venait d’elle, de son être profond… elle cria « A. !!!! A. !!!! » « Pourquoi??!!!«  …puis elle s’effondra.

Quand elle s’éveilla, c’était déjà le matin, elle était dans un lit, pas le sien. Une bonne odeur de café flottait dans l’air. Cet air de musique qu’elle avait entendu hier soir passait… puis tout était revenu dans son esprit, le jeune homme, A. … elle était en train de chercher des explications quand le jeune homme arriva avec un plateau de petit-déjeuner. Ses yeux lui posèrent des questions, des dizaines de question…il ne dit rien, ses yeux étaient gonflés, il n’avait pas l’air d’avoir fermé l’oeil de la nuit et il sortit juste. Elle chercha du regard son sac qu’elle fouilla et retrouva le papier qu’il lui avait donné la veille et qu’elle ne devait lire que le lendemain… sur le haut c’était écrit « désolé M. mais cette lettre est destinée à A. , j’espère que tu ne m’en voudra pas… on se voit comme convenu ce samedi 😉 »

« A., Internet peut être ton meilleur ami…ou ton pire cauchemar

Je t’écris cette lettre pour te mettre en garde contre cette Toile planétaire dont tu ne semble mesurer ni l’ampleur ni le danger. Je m’adresse surtout à toi parce que tu aime poster tes photos sur les réseaux sociaux, et voudrait paraître libérée, ouverte à toute proposition! (…) Internet est une boîte aux lettres qui ne rend jamais ce que l’on y poste. (…) Une fois mis sur la Toile, il est difficile voire impossible de retirer ces photos, infos, commentaires. Internet est une porte ouverte sur le monde entier: celui des Bisounours comme celui des Méchants. Ne t’imagine pas que la Toile se limite à tes amis, à ta famille ou juste au site que tu fréquentes et sur lequel tu as publié ta photo. Non, elle est tentaculaire et toute personne pouvant avoir une connexion peut accéder à tes photos. Internet n’oublie jamais. Chère A. je ne te conseillerai jamais assez d’être prudente sur Internet. Sois prudente sur Internet, mais aussi et surtout, penses-y à plusieurs fois avant d’accepter de faire des séances photos avec des poses dénudées et/ou osées. Pour conclure et ne pas m’appesantir, je sais c’est flatteur, c’est étourdissant, c’est rassurant, mais quand tu auras tout montré et tout partagé avec tout le monde, qu’est ce qui te restera, qu’est ce qui lui restera?…et même si tu le fais, méfie toi Internet est un ami qui ne nous veut pas toujours de bien!

Ps : et dit à M. que je l’aime! « 

M. laissa tomber la lettre…ses larmes recommençaient à couler silencieusement…

 

Cet article a été écrit dans le cadre du concours The blog contest! 🙂


L’hypocrisie est nécessaire pour la paix sociale…

Que celle ou celui qui n’a jamais été hypocrite, même une fois dans sa vie, me jette la première pierre ! … et que celle ou celui qui pense qu’être hypocrite c’est vilain lise cet article jusqu’au bout, et admette vers la fin que oui l’hypocrisie est un élément essentiel, bien que détestable, pour la paix dans le monde ! (oui, carrément!!) Vous avez compris, on va aujourd’hui parler d’hypocrisie, de l’hypocrisie sociale.

Très difficile de parler de ce sujet, sans prendre des gants, sous peine de passer soi même pour hypocrite! Mais comme il a été décidé par le CEL que le sujet qui sera traité ce mois-ci pour The blog contest c’est l’hypocrisie sociale, soit, parlons-on et libérons ces réflexions qui nous brûlent mais que l’on se retient d’exprimer…pour préserver la paix sociale!

Sans hypocrisie point de paix !

Malgré les cris d’orfraie et les protestations pudiques de certains, l’hypocrisie est un élément nécessaire au bon fonctionnement de la société. Si les gens ne s’entretuent pas pour un oui ou pour un non, si le monde n’est pas à feu et à sang, c’est parce qu’il y a une bonne dose d’hypocrisie dans nos relations sociales et même dans les relations qu’ont les États entre eux. On ne va pas refaire le match et revoir tous ces épisodes de nos vies où on a dû habiller nos visages de sourires et nos bouches de jolies paroles pour ne pas avouer ce que l’on pense franchement d’une situation et/ou d’une personne.

Combien de fois avions nous dû rassurer une personne de notre connaissance que sa tenue était parfaitement réussie et adaptée à cette fête alors qu’à son apparition on avait juste envie de lui demander « pourquoi?? » Combien de fois avions nous envie de dire à notre amie qu’elle devait éviter de sortir avec ce mec qui ne faisait que profiter de sa personne, mais on n’a pas réussi à être franc avec elle parce qu’on ne voulait point la voir sombrer dans la dépression? Combien de fois avions nous envie de dire non à une invitation parce qu’on s’était promis la dernière fois qu’on n’allait plus jamais y allé et fréquenté ces personnes mais on y va quand même ?

Autant de fois que nécessaires, par amitié, par connivence, par complaisance, par pitié… nous adoptons tous une attitude assez hypocrite les uns envers les autres.

Parce que la vie en société implique que l’on vive sur des compromis, arrondir les angles et se retenir d’exprimer le fond de nos pensées peuvent se révéler salvateurs.

Parce que la vie est pleine de surprises (mauvaises ou bonnes), la franchise qu’on a adopté ne peut pas toujours nous aider à nous sortir d’une mauvaise passe plus tard. L’ami à qui tu as avoué franchement dit qu’il avait un goût douteux et était radin rechignera sans doute à te nourrir le jour où tu aura le désert de Gobi dans ton réfrigérateur.

Parce qu’on ne sait jamais dans quelle direction le vent peut tourner, il vaut mieux préserver la paix sociale et ne pas avoir trop de positions tranchées…

Et cela, les États l’ont compris depuis assez longtemps! Croyez vous que la diplomatie et tout ce qu’elle implique servent à quoi? La diplomatie sert à instaurer la paix entre les États et les peuples du monde. Les us et manières de faire du monde diplomatique ne servent qu’à habiller dans des termes recherchés et polis ce que la franchise empêche les dirigeants de déclarer crûment. Imaginez vous un monde dans lequel les dirigeants disent franchement et réellement ce qu’ils pensent des autres dirigeants et peuples? Le président d’un pays A dirait d’un pays B qu’il est arriéré ou sans grâce, le peuple du pays B resterai-t’il les bras croisés et le sourire aux lèvres? Par pure hypocrisie, et assez souvent ces derniers temps, le concert des Nations pleure et condamne une tragédie qui arrive dans une région du monde mais ne lèvera pas le petit doigt pour résoudre définitivement le problème.

Ouvrez les yeux et constatez de vous mêmes qu’une dose d’hypocrisie est nécessaire à la vie en société et aux relations internationales pour qu’une relative paix règne….c’est peu cher payé, non?

Il ne faut néanmoins pas tomber dans l’extrême inverse, celui qui s’invite de plus en plus dans nos sociétés connectées et digitales, où les « like » se donnent en un clic!

Trop d’hypocrisie …point de salut !

A l’heure des réseaux sociaux et surtout du « like », cette hypocrisie sociale arrive à son point culminant, c’est ce que j’appelle le « like social ».

On fait du « like social » quand on n’aime pas vraiment ou quand on ne prête pas attention à ce qui est publié ou ce qui se dit mais qu’on se sente obligé de cliquer sur « like » parce que c’est un membre de la famille, un(e) ami (e), une connaissance… On fait du « like social » quand on « like » une réponse qui nous est faite pour ne plus avoir à continuer à discuter avec cette personne, même si on trouve que son argument n’est pas valable, mais alors pas du tout. On fait du « like social » quand on fait semblant de compatir aux statuts qui parlent des malheurs des uns et des autres, quand notre seule envie est de connaître l’histoire en détails. On fait du « like social » quand on met « amen » ou on partage un post qui parle de la famine, d’une personne malade alors qu’on ne fait rien d’autre de concret pour renverser la situation.

A côté de ces « like social », il y a aussi l’hypocrisie des commentaires et des appréciations sur les réseaux sociaux. On est face à un dilemme permanent à cause des réseaux sociaux, on ne peut pas dire franchement ce que l’on pense même si on le pense très haut (et qu’on le dise à haute voix aussi!!) (« mais qu’est ce qui t’a pris de te maquiller comme une belle de nuit?’, « il est moche ce gosse avec ses morves qui dégoulinent » « était ce vraiment utile de se vanter d’être aller dans cette ville quand on ne voit que ta tête sur les photos? » « les photos de nourriture et de boisson c’est pour se vanter d’avoir assez pour gaspiller tout cela ou c’est parce que ça n’arrive pas tous les jours et qu’il y avait besoin de se vanter? » « vous vous aimez et vous aviez besoin de le dire sur vos murs en prenant le monde entier en témoin alors qu’a priori vous êtes sous le même toit? »…et tant d’autres remarques que certains posts sur les réseaux sociaux suscitent…mais que les « contacts » n’osent jamais écrire… Du coup, les réseaux sociaux deviennent le milieu du tout « j’aime », « j’adore », le monde des Bisounours.  De plus en plus rares sont les personnes qui osent vraiment exprimer réellement le fond de leur pensée ou de couper réellement les ponts sur les réseaux sociaux. On a plus de scrupules à enlever quelqu’un de notre liste de contacts Facebook que de décider de ne plus lui envoyer de sms, de mail ou de ne plus lui passer un coup de téléphone.

Vous avez pu vous mêmes arrivés à la conclusion, l’hypocrisie, à petite dose, aide les gens à se supporter les uns et les autres, et à vivre en plus ou moins bonne harmonie. Tandis que vécue à plus haute dose et dopée à coup de clics et de like, elle fausse les relations humaines et nous conduit tout droit vers cette société de l’apparence où tout le monde est beau, et aime tout le monde mais où chacun n’attend qu’une chose : pouvoir jeter sincèrement à la face de l’autre ses quatre vérités.

(Par exemple: pouvoir dire non c’est moche, ça se voit que ce ne sont pas tes cheveux, qui sont frisés, mais pourquoi tu insiste pour les mettre ma sœur?)

Imaginez vous une société dans laquelle on ne peut rien cacher?

N’hésitez pas à mettre en commentaire ce que vous pensez réellement de cet article sur « l’hypocrisie sociale », promis je vous répondrai aussi franchement…et passez aussi lire ceux des autres challengers de The blog contest!

Lae Loe : Hypocrisie sociale – Quand les métastases attaquent les âmes

Andeve : Hypocrisie quand tu nous tiens

Jay Dee Ibock : Tartuferies

Alain Guy E. : Hypocrisie sociale : I am Hypocrite

Elijah d’Arcy

 


Moi président… vous électeurs…

« Moi président… » la légende dit que c’est sur cette anaphore déclamée lors du débat avant le second tour des élections présidentielles françaises en 2012 que François Hollande aurait gagné les élections et imprimé sa « stature présidentielle ». Un peu comme Ravalomanana Marc, l’ancien président malgache, avait réussi à convaincre en son temps, une partie des Malgaches avec son « ne craignez rien, croyez juste » (en malgache : aza matahotra, minoa fotsiny ihany). Ou quand Barack Obama a lancé son « Yes we can« . Ils ne sont pas les premiers et ne seront pas les derniers à carburer la machine électorale avec les bons mots.

Quand on y regarde de près, les élections ressemblent souvent à une pièce de théâtre dans laquelle les candidats jouent leurs scènes et où les électeurs suivent les intrigues sans forcément en apprécier le dénouement.

Moi président…vous allez vivre au pays de vos rêves!

Aucune élection n’a jamais été gagnée sur un programme, une vision de la société. Les élections s’apparentent souvent à une vaste campagne de publicité. Le camp qui gagne est celui qui a réussi à vendre du rêve aux électeurs en trouvant le bon slogan, en plaçant le bon mot et en utilisant à bon escient la multitude de moyens de communication actuels.

Il n’y a jamais eu de candidat(e) à aucune élection qui s’est présenté(e) sans un slogan que souvent les analystes politiques décortiquent et comparent aux slogans des anciens candidats et/ou à la réalité du pays. L’évolution des réseaux sociaux rapproche encore plus les candidats des électeurs et multiplie les « illusions » d’interaction entre eux. Sous d’autres cieux,gagne les élections celui qui a réussi à distribuer le plus de t-shirts et de produits de première nécessité, et qui a réalisé un concert avec tous les artistes en vue du moment.

L’instrument ultime de séduction lors d’une élection c’est le discours du (de la) candidat(e) en question. Il n’est jamais trop réaliste ni alarmiste. Le discours est là pour projeter des vœux pieux et des rêves. Le (la) candidat(e) qui veut gagner avouera rarement que tout ne pourra pas être fait, il (elle) trouvera les bonnes phrases, les jolies tournures, les improbables mais alléchantes propositions. Les plus malins diront que rien ne pourra se faire sans les électeurs, que la tâche est immense mais qu’elle pourra être réalisée…à la seule condition de leur élection!

Moi élu…nous allons tous revenir dans la réalité du pays!

L’expérience montre cependant que c’est une chose de faire une longue liste de promesses pendant la période de propagande, et que c’en est une autre de les réaliser. Une fois la courte lune de miel entre l’élu(e) et les électeurs finie, il est temps de se rendre compte de la réalité des choses.

Une fois élu(e), le (la) candidat(e) semble avoir oublié tout ce qui était dit juste quelques semaines auparavant. Soit l’accès au pouvoir annihile la volonté, soit il permet de constater qu’il ne suffit pas de vouloir, il faut aussi et surtout pouvoir. Toujours est-il qu’au fil du temps, les élus deviennent souvent moins velléitaires, temporisent leurs discours…et enfin rentrent dans les rangs. Il y en a même qui commencent à remplir leurs poches, celles de leurs proches et à prendre le pli de ceux qui, hier encore, étaient dénoncés pour leur népotisme et leur corruption.

Un exemple contemporain vient cependant contredire ce cycle de vie observé du candidat devenu élu. Donald Trump, le nouveau président des États-Unis a, jusqu’à maintenant, essayé de tenir une grande partie de ses promesses mais vu la zizanie qui en découle on ne sait pas s’il va pouvoir tenir longtemps.

Malgré tout ce qui a été dit, le but n’est pas de décourager les citoyens d’exercer leur droit/devoir principal : le vote. Celui qui proclame que lui président nous vivrons une vie meilleure et loin de tout souci, il ne faut pas le suivre aveuglément de manière fanatique. Il faut ouvrir les yeux, voir comment il s’est débrouillé dans des positions de pouvoir plus modestes. Il faut décortiquer son programme et voir par quels moyens réalistes il propose de le réaliser.

En politique, comme pour les histoires d’amour qu’on veut voir durer, il ne faut pas juste écouter son cœur, il faut aussi emmener sa tête avec soi.

Ps : et si le choix était vraiment difficile, il ne faut pas s’abstenir de voter, les extrêmes gagnent toujours lorsqu’il y a l’abstention ou le vote blanc parce que leurs électeurs votent « sans état d’âme ». Il faut aller voter et choisir le moins bonimenteur ou le plus réaliste dans ses rêveries.

Cet article vous a été proposé dans le cadre du défi proposé par The Blog contest qui en est à sa 5ème saison! Selon les règles, les lecteurs auront 3 jours pour désigner 6 candidat(e)s comme challengers. Je peux compter sur vos votes?

Moi challenger… 😉

 



Pour rejoindre Mondoblog, c’est maintenant…

Le concours pour faire partie de la 6ème saison de Mondoblog est ouvert depuis le 1er mars et si vous voulez « prendre la parole« , n’hésitez pas une seconde, participez! Pourquoi tenir un blog ? Vous trouvez qu’exprimer une idée en 140 caractères n’est pas suffisant ? qu’un statut Facebook n’est pas assez pérenne ni spacieux pour argumenter ? qu’une discussion entre potes ne porte pas assez loin ? Pourquoi pas…


Maman, tu peux maintenant me donner ta nationalité malgache

Pour certains d’entre nous, avoir un passeport va de soi parce que la nationalité nous a été attribuée à notre naissance sans problème ni procédure particulière. On ne se pose pas forcément la question de la difficulté éprouvée par certains de nos proches pour l’avoir et des injustices que notre réglementation relative à la nationalité fait subir à certaines personnes. En l’occurrence, il est ici question des conditions pour avoir…


« Monsieur le président, apprenez-nous « l’esprit bâtisseur » avec nos réalités quotidiennes »

Comment faire des plans d’avenir lorsqu’il est difficile d’affronter le quotidien ? Pourquoi bâtir, rêver grand, quand on n’a même pas assez pour faire les fondations ?
Il y a des discours à la fin desquels on a envie de conquérir le monde et d’autres qu’on a vraiment du mal à écouter jusqu’à la fin…

Dans son discours, lors de la cérémonie de présentation des voeux au Palais présidentiel, ce vendredi 6 janvier 2017, le président malgache a demandé aux Malgaches d’avoir un «esprit bâtisseur». Il a avancé deux raisons pour cela : d’abord, selon lui, « lorsque les malgaches le veulent, ils le peuvent, et bien au-delà de ce que l’on est en droit d’attendre ». Ensuite, il a même fait le constat que « Madagascar, à aucun moment de son histoire, n’a réuni autant de conditions favorables, comme aujourd’hui, pour se mettre sur l’orbite de l’émergence ».

Soit, mais encore faut il que cet état d’esprit bâtisseur puisse prendre place face aux réalités quotidiennes de la majorité des Malgaches.

Comment devenir bâtisseur quand on n’a aucune visibilité pour l’avenir de ses enfants ?

Parce qu’ici l’éducation n’a aucune politique sur le long terme : tout passe par les dons et les aides. Des kits scolaires par-ci, des tablettes par-là, des écoles (avec ou sans autorisations et respect des normes) qui poussent comme des champignons partout ! Mais le programme scolaire, il vise quoi exactement ? L’enfant malgache doit-il maîtriser le français ou le malgache à la fin de sa scolarité ? Connaîtra-t-il l’histoire de son pays ou celle d’un pays loin là-bas parce qu’il y aura eu des dons de livres faits ? Est-il assuré d’avoir un emploi s’il a passé son baccalauréat ?

Comment bâtir pour plus tard quand on n’est pas assuré de survivre aux maladies et aux hospitalisations ?

Le système de santé est tel que le mieux c’est de ne jamais tomber malade ! Plusieurs hôpitaux dits « manara-penitra » (c’est à dire aux normes), ont été inaugurés mais, sitôt coupé le ruban, ils ne servent pas vraiment à grand chose… Ils n’ont de manara-penitra et d’hôpital que le nom. Ils n’ont ni les appareils, ni le personnel nécessaires. Gare à celui qui doit faire des examens ou une consultation d’urgence mais qui ne connaît personne dans le corps médical ou qui n’a pas d’argent.

Comment développer son gagne-pain quand l’électricité (et l’eau) font souvent défaut ?

Inutile de s’étaler sur ce problème de délestage qui devait être résolu « trois mois seulement après la prise de fonction » du président mais qui perdure maintenant depuis plus de trois ans, et pour lequel la compagnie nationale d’électricité n’a pas cessé d’émettre des factures toujours à la hausse. Quel business, quelle société, peuvent connaître la croissance quand les outils de travail et de production s’arrêtent souvent et ce, pendant des heures ?

Comment construire un rêve quand on vit le cauchemar de l’insécurité?

Ainsi M. le président, nous venons vers vous…

… nous qui n’avons pas une demi-douzaine de garde de corps pour nous accompagner partout tous les jours,

… nous qui n’avons pas les moyens de mettre nos enfants dans des écoles françaises ou américaines, ni de les envoyer à l’extérieur pour qu’ils puissent poursuivre leurs études supérieures,

… nous qui ne pouvons pas envoyer nos familles et nos proches à l’extérieur pour se faire soigner ou se faire opérer par évacuation sanitaire,

… nous qui n’avons pas de groupes électrogènes,

… nous qui n’avons pas les sirènes et les cortèges hurlants pour se faufiler à travers les embouteillages,

… nous qui ne pouvons pas passer des vacances à plus de 500km de là où nous habitons,

… nous qui ne pouvons pas faire des provisions sur un mois dans un réfrigérateur, ni inviter 1400 personnes à un banquet…

Dites-nous, apprenez-nous, M. le président, comment avoir « l’esprit bâtisseur » avec notre quotidien ?

90% des Malgaches

 


Je vous souhaite d’oser et de jouir de la vie en 2017

En cette période, il est d’usage de faire le bilan de l’année passée et de formuler des souhaits et des voeux pour l’année à venir. Je n’aime pô les vœux collectifs ! Comme je le disais auparavant, je n’aime pas les vœux insipides, que l’on formule et que l’on ressort à tout le monde. Le summum je crois, ce sont les vœux collectifs envoyés à un mailing list, à tout…


Admirer Tananarive grâce à MondoTana

Ce fut un voyage riche de mille échanges, émaillé de mille histoires et déclarations dans le bus de la joie, parfumé de mille senteurs, teinté de mille couleurs…dans la Ville des milles*! *Antananarivo signifie latéralement la Ville des milles (arivo = mille, tanana = ville). Sa devise c’est « ny arivo lahy tsy maty indray andro » = un millier d’hommes ne meurent pas en un seul jour. Vous pouvez même connaître…