Fouda Fabrice

Antoine Griezmann : Messi a encore frappé

La sélection française ne va pas bien. En ce temps délicat des qualifications pour l’Euro 2020, les Bleus ne sont pas au top. Hugo Lloris, Kylian Mbappé, Lucas Hernandez, Samuel Umtiti et Paul Pogba, blessés. Giroud qui ne joue pas, ce sont de véritables cadres de l’effectif de Didier Deschamps qui clopinent pour défendre leur patrie. Une équipe dont l’une des valeurs offensives les plus sûres, Griezmann, semble en réelle difficulté dans son nouveau club : le FC Barcelone.

Khalife à la place du khalife ?

Griezmann en spectateur n°1 du football Blaugrana, c’est une image qui n’a échappé à aucun fan de football. Grizou a passé, avec le sourire, tout le dernier match de son équipe sur la touche. Il semblait heureux de voir ses coéquipiers étriller le FC Séville 4-0 en son absence. Jusqu’à quand ? Telle est la question.

Iznogoud

Le compétiteur qu’il est a sûrement dû remarquer que son collectif fonctionnait mieux sans lui. Possédant le même profil que la Pulga, acceptera-t-il de rester sur la touche toute la saison ? Pas si sûr. Encore que les passages de grands joueurs comme lui au club du roi Léo, ne devrait pas le rassurer. Après Samuel Eto’o, David Villa, Zlatan Ibrahimovic, Neymar ou encore Coutinho, le champion du monde est bien parti pour être la nouvelle victime de Lionel Messi. Qu’allait-il faire en « territoire ennemi » ? On se le demandera certainement toute l’année.


Le football africain et ses techniciens : deux poids, deux mesures, une réalité

« Le tigre ne réclame pas sa Tigritude, il bondit sur sa proie », disait Wole Soyinka. Le Prix Nobel nigérian de Littérature répondait alors à la Négritude de feux Léopold Cedar Senghor, Aimé Césaire et Léon Gontran Damas. Sans oublier évidemment de laisser des traces pour qui veut l’entendre. Il est temps de donner aux africains leur chance. Semble-t-on suivre ces derniers temps. Dans les footballs européen et africain, des voix s’élèvent pour exiger une reconnaissance de l’intelligence africaine : balle aux pieds. Un appel au secours qui ne fait que conforter ces pensées qui définissent l’Afrique dans son historique. C’est-à-dire un monde qui ne se définit qu’à travers les yeux des européens. Et se projette difficilement dans ceux de ses frères.

Mal aimé FC

Le football est indissociable de la société dans laquelle il se joue. Le manque criant de reconnaissance de la qualité noire n’est pas que liée à l’esclavage et à la colonisation. Ces chocs violents subis par son humanité, se sont greffés en arrivant à des difficultés communes aux terres noires. Celles liées aux valeurs mises en avant au sein de leur collectivité. Et qui dit valeurs, dit surement famille. Frère ! Les techniciens africains sont coincés entre l’irrespect des autres et la défiance des leurs. Frère ! Parce qu’il ne peut pas rentrer chez lui, l’homme noir est dédaigné. Frère ! La familiarité engendre le mépris. Frère !

Un entraîneur africain dans son pays n’est pas considéré comme un spécialiste mais comme un membre de la famille. Frère ! Il peut donc attendre, comprendre, puisqu’on est ensemble. Frère ! Et quand il est recruté, on le paie comme un frère et pas comme un spécialiste. Frère ! On lui donne peu, on lui demande plus : c’est la famille. Frère ! Et dans nombre de familles en Afrique vous trouverez l’histoire de l’enfant qu’on a aimé plus que les autres. Frère ! Donc d’un groupe d’individus qu’on a sacrifié aux dépens d’un seul. Frère ! Le récit d’un ensemble de frustrations devenue communauté. Frère !

Versus

Aussi, l’amour que ce frère n’a pas eu, il le gagne en se construisant un royaume où il sera le seul roi. Quitte à laisser des frères innocents dans le désarroi. L’objectif est de s’éloigner au maximum de cette éducation qui l’a écarté de sa famille. Il veut être au-dessus d’eux pour leur prouver qu’il peut réussir sans eux. Et pour ça, il est prêt à tout. Et souvent à trahir, si c’est le seul moyen de garder sa place élevée. A privilégier un étranger aux dépens de sa personne. Qu’elle soit compétente ou non.

En Afrique, deux types de personnes s’affrontent donc régulièrement. Ceux à qui on a tout donné et ceux à qui on a rien donné. Ce qui signifie qu’un africain devant un autre, c’est potentiellement un homme face à son rival ou devant un prétendant à sa place.

Plus jamais ça

On assiste ainsi à un défilé d’individualismes changé en concurrence farouche. La preuve que si l’Afrique était solidaire, ses enfants ne se plaindraient pas autant. Ce n’est pas qu’elle n’y existe pas, la solidarité. C’est qu’on parle d’une pierre précieuse qu’il faut trouver en creusant profondément. L’histoire du football africain c’est l’histoire de l’Afrique. Celle d’une grande famille éclatée. Maintenant c’est à chacun de ses fils de savoir s’il veut reprendre les erreurs de ses parents. Ou les corriger pour le bien de ses enfants.


Cameroun : Sans façons !

Après son élimination en huitièmes de finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, le Cameroun a décidé de changer d’entraîneur. Clarence Seedorf est parti et Toni Conceicao est arrivé. Au grand dam de Patrick Mboma ou de Rigobert Song, le technicien portugais sera le 3e entraineur des Lions Indomptables en deux ans. Un choix qui intrigue, sans remettre en doute la capacité du quintuple champion d’Afrique à trôner sur son continent.

Jamais à l’heure

Le choix d’un ancien footballeur camerounais aurait été une option judicieuse. Quand on voit le travail de Djamel Belmadi ou d’Aliou Cissé, on est en droit de réclamer un Lion Indomptable à la tête des Lions Indomptables. On attendait de voir cet insigne ambassadeur de l’Afritude se laisser porter par le vent identitaire qui souffle sur ses terres. Encore hélas ! Cette façon de concevoir le football est trop rationnelle pour évoquer le football camerounais. À l’instar d’un lion véritablement indomptable, le Cameroun n’est jamais où on l’attend.

Un esprit 5 étoiles

En effet, les camerounais sont tellement conscients de la supériorité de leur sélection en Afrique, qu’ils savent qu’il suffit d’un homme pour les mener à ce succès. Ils ont l’ADN de la CAN. Et ils n’en doutent pas le moins du monde. Peu importe l’équipe qui sera édifiée, le pays de Roger Milla sera porté par l’esprit de ces incorrigibles rois.

En outre, le Cameroun a gagné 5 CAN avec 5 entraîneurs européens différents. Des techniciens n’ayant eu avant le Cameroun, aucune expérience notoire en Afrique et en dehors.

  • Radivoje Ognjanović : sélectionneur serbe vainqueur en 1984 de la première CAN du Cameroun, la première équipe qu’il a entraînée.
  • Claude Le Roy : le tacticien français était entraîneur d’Amiens en National et de Grenoble en D2, avant de remporter la CAN avec le Cameroun en 1988.
  • Pierre Lechantre : l’ancien joueur de l’OM fût entraîneur du Paris FC en National et de l’AS Le Perreux avant d’offrir au Cameroun sa 3e étoile continentale en 2000.
  • Winfried Schäfer : le surnommé Winnie, est le premier entraîneur vainqueur d’une CAN avec le Cameroun ayant eu une grande expérience avant. Sa plus grande performance restait jusque-là une finale de Coupe d’Allemagne perdue en 1996 avec le club de Karlsruher. Collectif qu’il a dirigé pendant 9 ans en Bundesliga. Avant de signer à Stuttgart et au Tennis Borussia Berlin.
  • Et Hugo Broos : le vainqueur de la Coupe de l’UEFA et de 2 Coupes des Coupes en tant que joueur d’Anderlecht, est le plus grand palmarès des techniciens victorieux de la CAN avec le Cameroun. Le Belge avait déjà entraîné 10 clubs avant de venir au Cameroun. Une dizaine de 27 ans d’expérience faite de 2 clubs algériens : la JS Kabylie et le NA Hussein Dey. De 3 titres de champions de Belgique et 2 Coupes de Belgique avec le FC Bruges et Anderlecht. Les seules couleurs qu’il a arborées sur une pelouse. Lorsqu’il n’était pas convoqué en sélection.

De ce fait, l’ancien Diable Rouge conclut une liste que pourrait bien compléter sans rougir le très décrié Toni. Il sera le seul avec Hugo Broos qui aura remporté des titres avant d’arriver au Cameroun. 2 Coupes et une Supercoupe de Roumanie avec le FC Cluj (un habitué des compétitions européennes) ce n’est pas rien en 17 ans et 13 clubs de carrière. Ce n’est pas ce que le public espérait, mais ce n’est pas la mer à boire non plus. Les anciens joueurs devront être patients. Leur tour est imminent. Il faudra certainement revoir cette manière instinctive de fonctionner à une échelle plus grande. Mais en ce qui concerne la prochaine fête du football africain, ça devrait encore aller.

Un Lion ne meurt pas, il dort

Une équipe qui affronte le Cameroun ne sait jamais à quoi s’attendre. Cette propriété incohérente du foot camerounais est d’ailleurs l’une des raisons des nombreux échecs des clubs camerounais dans les compétitions africaines. La réussite en club est fonction d’un suivi cartésien. Pour y réussir, il faut se projeter dans le temps.

Sauf que dans la tanière, on vit au jour le jour. Les équipes camerounaises ont eu leur heure de gloire : elles attendent leur retour. Pour quand ? Personne ne le sait. Encore moins les camerounais. Ce dont ils sont sûrs cependant, c’est qu’il ne faut jamais enterrer le cœur d’un champion. Et la force de ce champion olympique est celle du plus dangereux des félins : l’effet de surprise. Une équipe sans botte secrète est un collectif voué à l’échec. Les grandes équipes sont celles qui savent entretenir leur caractère imprévisible. Celui-là même dont la qualité principale se trouve dans sa définition.


Olivier Giroud : Le Benzema de Chelsea

Le football est un sport juste. Et à juste titre, on se demande encore pourquoi Moussa Dembélé n’est pas toujours titulaire à Lyon. 6 buts en 8 rencontres : ça devrait suffire pour satisfaire son coach. Que non ! Il y a comme un arrière-gout d’injustice. L’avant-centre des Gones mérite bien d’être en Équipe de France. Et pourtant c’est Giroud, qui ne joue plus qui l’est encore. Si cette situation perdure, sa mise à l’écart ne devrait plus tarder : à entendre son sélectionneur. Quand on sait que ça ne date pas de ce week-end que le Gunner d’antan n’évolue plus pour Chelsea.

Un Bleu, des Bleus

Ça fait longtemps que Franck Lampard a pris la décision de ne pas compter sur son attaquant français cette saison :

« J’ai accordé ma confiance à Tammy au début de saison. J’ai senti que le moment était venu pour lui de revenir à Chelsea. Je sais que les gens évoquent les circonstances mais il est en concurrence avec Olivier Giroud, un champion du monde, et Michy Batshuayi, qui est à mon avis lui aussi un excellent attaquant de Premier League. Il a gagné sa place en peu de temps. Nous aurons besoin de tout le monde au cours de la saison et il mérite ce bon début de saison. Je vais continuer à le suivre car je veux plus »

Malgré sa bonne prestation contre Liverpool notamment, il n’entre pas dans les plans du « Baby Blues Father ». Même en Coupe de la Ligue, on préfère lancer Batshuayi que de lui donner la chance de booster la concurrence. Histoire de ne pas soulever une polémique, si celui-ci venait à faire d’excellentes prestations. Un Giroud qui prouve, c’est un Tammy Abraham en danger : une légende des Bleus de Londres soupçonnée de partialité.

Blues Brothers

Cependant, quoiqu’on dise. Malgré le fait que le jeune attaquant des Blues soit en pleine forme, il n’a pas le niveau de Giroud. Une belle carrière, de l’expérience, des trophées, des buts, le meilleur buteur de la dernière Europa League est bien supérieur à son jeune frère. Ce dernier devrait apprendre de lui et pas l’inverse.

Olivier Giroud est déprécié et ce n’est pas normal. Il n’a jamais été testé pour être déclaré incapable. Il n’est qu’une nouvelle victime de ce sport roi moderne. Celui au sein duquel on peut être l’un des meilleurs attaquants de l’histoire du Real Madrid, le meilleur attaquant de son pays, et ne pas être appelé en sélection. Comme on peut être champion du monde en titre et être le remplaçant d’un ancien joueur de Championship.


Sylvinho et le crédit lyonnais

L’OL vient encore de perdre un match. Lol ? Pas vraiment. Il n’y a plus rien de risible dans cette histoire. La crise est officielle du côté des Gones et ça ne fait marrer « personne ». Devant le Classico PSG – OM, le plus grand derby de France a choisi son camp. 3 victoires, 4 nuls, 3 défaites, Sylvinho n’est plus à la tête de Lyon. Il laisse derrière lui un club à un point de la relégation. Et une pléthore de critiques à son endroit.

A juste titre

Un entraîneur qui ne gagne pas devrait être remercié. Ce sont les résultats qui comptent dans le football professionnel : rien d’autres. Si votre équipe ne parvient pas à faire la différence, il est indéniablement normal que le coach soit limogé. Si Lyon était une équipe appelée à jouer la relégation, 9 points en 8 journées serait l’idéal. Sauf qu’on parle de l’une des plus grande équipe de l’histoire du football français. D’une ancienne bête noire du Real Madrid décidée à revenir au premier plan. Ce qui est loin d’être le cas.

Victime de la mode

Toutefois, il est important de rappeler que la dernière fois que Lyon a remporté un trophée c’était en 2012 : le Trophée des champions. 7 années de disette clairsemée d’exploits grandioses à trois points. Les Lyonnais ont battu Paris, Manchester City, sans jamais retrouver le chemin des trophées. Il y a donc une certaine continuité dans la défaite. Un enchaînement de déceptions qui connaît son apogée désormais. Sylvinho n’est peut-être que le mûr contre lequel s’écrase une voiture mal conduite. Un football où le joueur est roi, comme l’entraîneur victime : un sport où la performance compte de moins en moins.

Si un footballeur aujourd’hui fait mal son travail, ce sera parce que son entraîneur n’est pas bon. Sachant qu’il ne sera pas viré, l’acteur sur la pelouse se penche ainsi sur quelqu’un d’autre pour faire son boulot. Il compte sur son agent pour lui trouver un autre manager : et non sur ses prestations. Comment expliquer qu’une tactique qui a si bien marché lors des deux premières journées, éclate aussi vite ? Encore un qui a voulu apporter de la discipline et qui a mordu la poussière.

Constats

La génération Juni a connu 4 entraîneurs différents de 2002 à 2008 : Jacques Santini, Paul Le Guen, Gérard Houllier et Alain Perrin. Tous ont été champions. Soit un total de 7 titres de champions, 6 Trophées des champions et une Coupe de France. Cris, Caçapa, Edmilson et les autres ne s’entendaient pas forcément avec leurs coaches. Mais ils faisaient le job. La réelle valeur de Sylvinho se saura maintenant qu’il n’est plus à Lyon. Lorsqu’on personnifie le débat, on s’éloigne de la vérité.


Ligue des champions : Le football européen démystifié ?

Au-delà du sensationnel 2-7 infligé par les allemands du Bayern aux anglais de Tottenham. Non loin de ce naufrage qui ranime la défaite 1-7 du Brésil devant les Adlers* en 2014, la Ligue des Champions nous a encore offert un délice lors de sa dernière journée. Le match nul du Réal Madrid face au FC Bruges à domicile 2-2. Le Napoli tenu en échec à l’extérieur par des Genkois entreprenants 0-0. La Remontada du RB Salzbourg à Anfield – bien que battu 4-3. Ce mets bien assaisonné par la folie du football, laisse transparaître un point d’interrogation au-dessus de nos têtes. Existe-t-il un football supérieur à un autre ?

Mine d’or

Certains parlent souvent de championnats mineurs. Mais qu’est-ce qu’un championnat mineur au fond ? Ils jouent tous la même balle. Quand on voit avec quelle facilité l’Ajax a battu Valence à Mestalla 0-3, on se demande vraiment ce que ça peut vouloir dire. Passés par les tours préliminaires, les héritiers de Johann Cruyff n’ont fait qu’une bouchée du récent 4e de Liga. Histoire de rappeler qu’ils sont quand même champions des Pays-Bas. Un trophée qu’on néglige malgré le passé mythique de ce club. Mais qui démontre peu à peu que le football n’est ni plus ni moins un sport universel.

Red Bull donne du zèle

Une discipline où les taureaux ont aussi leur place. Olé ! Les champions d’Autriche en titre, emmenés par l’entraîneur américain Jesse Marsch, ont fait ce que le Barça de Messi n’a pas pu faire. Remonter 3 buts aux Reds de Klopp avec une telle facilité, relève de l’incroyablement vrai. Il ne s’agit pas là de buts forcés, marqués à l’arrache. Mais d’actions remarquablement bien construites par l’ancienne écurie de Sadio Mané. Non pas grâce à des joueurs qui n’ont pas pu s’imposer dans le 5 Majeur européen. Mais bien par des talents issus d’autres continents. Des techniciens supérieurs tels que le coréen Hwang bourreau de Van Dijk, buteur et passeur. Et le japonais Minamino, buteur et passeur.

Et bien d’autres encore…

Les natifs de Chuncheon et d’Izumisano ne sont pas les seuls talents à avoir impressionné l’Europe mercredi passé. Le club qui a permis les éclosions de Kevin De Bruyne, Kalidou Koulibaly ou encore Milinković-Savić, en a aussi dévoilé un autre : Junya Ito. L’ailier droit nippon du RKC Genk a également fait montre d’une virtuosité remarquable en milieu de semaine.

Pour sa première saison en Champions League, le N°7 des champions de Belgique en titre a fait le boulot face aux hommes de Carlo Ancelotti. Aux côtés de son capitaine, le serial buteur tanzanien Mbwana Aly Samatta, l’ancien du Kashiwa Reysol a encore prouvé qu’il n’existe pas de football exotique. Sa prestation n’est que la suite logique d’un jeu qui ne saurait se contenter d’une seule définition. Un tableau mêmement dessiné par l’iranien Sardar Azmoun du Zenit Saint-Saint-Pétersbourg. Et le sud-africain Percy Tau.

Jouer son premier match de C1 à Santiago Bernabeu face à l’immense Maison Blanche, n’a pas fait trembler le Brésilien* d’un seul cheveu. Passeur décisif sur le premier but de Bruges. Déclencheur du pressing sur le second, le champion d’Afrique 2016 n’a jamais été impressionné par Sergio Ramos et les autres. Il est resté fidèle au Kasi Flava des townships et son équipe en a bénéficié. Une insouciance qui rappelle à juste titre les propos de son compatriote Reggie Moloi. Lequel organisateur du tournoi de Soweto de Kasi Flava, déclarait dans les colonnes du numéro So Foot de Juillet-Août 2019 :

« Le football direct, comme vous le pratiquez en Europe, on trouve ça chiant. OK, c’est plus efficace, les résultats parlent pour vous, mais on préfère épicer les débats ! »

*Surnom des joueurs de la sélection allemande
*Surnom des joueurs du club sud-africain des Mamelodi Sundowns


Mara’CAN 2019 : l’Afrique maillot jaune

Savoir que le football compte énormément pour les Africains est un secret de Polichinelle. L’Afrique a trouvé en ce sport la pratique de sa paix la plus émérite. Une vertu aujourd’hui mise en évidence par la naissance d’une de ses variantes : le Maracanã.

Le temple du football

Le mot Maracanã est pour un fan de football, l’expression d’un lieu sacré. L’encre des quintuples champions du monde Brésiliens depuis 1950 : le plus grand stade de l’histoire du football. Cette enceinte anciennement capable d’accueillir près de 200.000 spectateurs, a naturellement donné des idées aux étudiants d’Afrique de l’Ouest, passionnés du ballon rond. Au point où ils lui donnèrent le nom d’un quartier de la zone nord de la ville de Rio de Janeiro.

Désormais on ne joue plus au foot durant les heures libres. On joue au Maracanã. Nous sommes dans les années 60 et ce soccer qui se pratique à 7 contre 7 (1 gardien + 6 joueurs de champ) est loin de s’imaginer quel grand avenir l’attend. Une compétition rien que pour sa partition…

Mara’CAN

Pour faire simple, le Mara’CAN est à sa 8e édition. Après le Mali en 2017, c’est au tour de la Guinée-Conakry d’héberger ce roi des sports sur sa cour. Tapis rouge qui pour la seconde fois de son histoire accueillera des équipes venues des autres continents. A savoir : la France, les Etats-Unis et la Chine. Elles seront opposées au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, au Togo, au Niger, au Bénin, à la RD Congo, au Gabon, au Tchad et à la Côte d’Ivoire, tenante du titre.

Un seul mot : solidarité

Dans ce tournoi aux valeurs fraternelles. Sur ce bitume unissant toutes les classes sociales et professionnelles, tous ceux qui se sentent capables de jouer peuvent y participer. Le but n’est pas d’être le meilleur joueur du monde. Mais de rendre l’homme encore plus heureux. Peu importe sa situation ou son âge. Cette année on aura même droit à l’éclosion des catégories Seniors (35-45 ans) et Super Seniors (45 ans et plus). Et comme le dit si bien l’ivoirien Bleu Charlemagne au micro de Patrick Juillard de football365.fr :

« Après le football professionnel, les gens poursuivent avec le Maracana. Les joueurs sont aussi des cadres, des enseignants, des employés. Ils peuvent s’exposer leurs problèmes. Il y aura toujours un maracanier pour vous aider. »

Le MARACAN 2019 se déroule du 27 au 29 Septembre. Pour plus d’informations, Rendez-vous sur Mondoblog.org.


L’Amérique Latine et ses gardiens de but modernes

En 2014 le monde a redécouvert Manuel Neuer au Brésil. Ce gardien de but capable de quitter son « bureau » pour utiliser sa tête. D’opérer cette sortie hasardeuse qui l’emmènera plus loin 4 ans plus tard en Russie. Notamment face à la Corée du Sud où l’allemand jouait carrément dans la moitié de terrain adverse. Son pays était mené 1-0 et il fallait égaliser. Sauf que les coréens ne sont pas dupes. Les Tigres de Daegu savaient bien qu’un gardien loin de sa cage : c’est une occasion en or de marquer. Et Heung-Min Son a tué le match. Score final 2-0.

Un héritage venu d’ailleurs

Toutefois, le problème n’est pas le résultat. Mais l’attitude du gardien : le gardien moderne. C’est le terme qu’on utilise aujourd’hui pour qualifier cette nouvelle génération de gardiens de buts. Ces remparts dotés d’un précieux jeu aux pieds, capables d’apporter leur aide aux joueurs de champ. Pep Guardiola adore ! Et c’est surement pour cette raison qu’il joue avec un sud-américain dans ces filets. Le brésilien Ederson est l’héritier d’une pléthore de gardiens modernes issus de ces Amériques. Des génies que le football européen a recalés. Prétextant qu’ils étaient fantasques…

Tel est pris qui croyait prendre

Les plus avisés se souviennent certainement de René Higuita et de sa fameuse crinière frisée noire. De ce geste incroyable qu’il a réinventé à Wembley en amical face à l’Angleterre : le coup du scorpion. Un arrêt irrationnel durant lequel El Loco laisse passer le ballon au-dessus de sa tête pour le reprendre en arrière avec la semelle de ses godasses : la plante de ses pieds. Une parade invraisemblable, fille d’une action toute aussi cocasse. Un but que le colombien a pris contre le Cameroun en 1990 au mondial italien.

Sa sélection menée 1-0. Positionné non loin de la ligne médiane, le coéquipier de Carlos Valderama allait tenter d’enrhumer Roger Milla. D’éliminer ses adversaires comme à son habitude pour prêter main forte à son attaque. En vain ! On n’apprend pas au Vieux Lion à sortir ses griffes. Le double Ballon d’or Africain récupère la balle. Passe devant son vis-à-vis. Accélère et déclenche une course poursuite entre le portier et lui. Sprint qui se terminera par un petit plat du pied de l’avant-centre camerounais dans les filets vides du natif de Medellin. Score final de ce huitième de finale 2-1. Les Cafétéros réduiront la marque en fin de matches.

Goleador

Toutefois, le problème n’est pas le résultat. Mais l’attitude du gardien : le gardien moderne. C’est le terme qu’on utilise aujourd’hui pour qualifier cette nouvelle génération de gardiens de buts. Ces goalkeepers qui font du Jorge Campos. Mais en moins bon. Du haut de son mètre 68, le légendaire gardien mexicain ne se contentait pas d’être excellent balle au pied. Drapé dans ses maillots enluminés, cet ancien attaquant faisait bien plus que jouer haut. Il dribblait et marquait énormément de buts (46 au total).

Une capacité qu’il partageait avec un célèbre autre gardien latino-américain. Celui qui attendait la France en 1998 dans un piège tendu par ses coéquipiers. On est au second tour de la Coupe du Monde. Le Paraguay joue le 0-0 à fond pour attirer les français aux tirs aux buts. Et les battre grâce à leur atout majeur, spécialiste des pénaltys et des coups francs : José Luis Chilavert. Mais le tour n’a pas fonctionné et la lumière est venue de Laurent Blanc. Victoire 1-0 des Bleus sur les Rojiblancos.

Numéros 1

Le poste de gardien de but est le seul avec lequel aucun compromis tactique n’est possible. Leur tenue remarquable définit un domaine élitiste. Équilibriste sur sa ligne, sa prestation ne tient qu’à un fil. Celui de ce temps qui tend à le dissimuler. A l’heure où un Ballon d’or pour les gardiens a été créé par France Football, il est important de le souligner encore. De rappeler à quel point le gardien est indissociable du sport roi. Y-a-t-il un Ballon d’or pour les attaquants ? Pour les milieux ? Ou pour les défenseurs ? Non. Les N°1 doivent pouvoir concourir au même titre que les N°9, 10 et autres. Une équipe de foot sans gardien de but est une défaite ambulante.

En avance sur son temps, l’Amérique Latine l’a compris depuis : le gardien est un footballeur complet. La cour du roi des sports n’est pas une cour de récréation. Ce n’est pas celui qui ne sait pas jouer qui va au goal. C’est une erreur… Oui, c’est injuste que Lev Yachine soit le seul gardien Ballon d’or à ce jour. Et ce sera le cas encore plus, dès la première remise de cette médaille.

Les gardiens ont besoin de plus de reconnaissance : pas d’un désaveu. Ce titre ne leur rend pas service. Dans ce monde qui pense les changer en libéro, il les exclut. C’est le Ballon d’or même qui devrait porter le nom de Lev Yachine, d’Higuita, de Campos ou de Neuer. Vu qu’il récompense les numéros 1 du football.


Choupo – Moting : Celui qui a relevé Paris

Le 14 Septembre dernier sur le plateau du Canal Football Club, l’inusable Pierre Ménès déclarait :

« Faut quand même noter qu’il y a eu deux ou trois ballons en profondeur vers Choupo-Moting qui auraient été certainement plus dangereux si Mbappé avait été à sa place, mais ChoupoMoting c’est Choupo-Moting… Il a déjà mis trois buts, on peut déjà le mettre dans le formol »

On rappelle tout de même que le formol est un produit utilisé « comme fixateur et conservateur de cadavres ». Que certains ont trouvé cette sortie drôle. Et que Choupo – Moting a une famille qui regarde ses matches. Qui a certainement été touchée par cette énième attaque gratuite à son endroit. Lui qui n’a jamais demandé à signer à Paris. Ce dimanche-là, le débat était porté sur la victoire 1-0 du PSG sur Strasbourg. Et le magnifique but de Neymar montrait bien que ces critiques n’avaient pas lieu d’être.

Un contexte difficile

J1. Une victoire 3-0 sur Nîmes, et Paris retrouve les sommets de la Ligue 1. Un moment de joie rapidement abrégé par le Stade Rennais la journée d’après. Les récents bourreaux des Parisiens en finale de Coupe de France viennent encore à bout de l’escouade de Tuchel (2-1). Et plonge le PSG dans l’ambiguïté. Les champions de France semblent avoir perdu leur superbe. Au point où l’infortune s’en mêle et emporte Cavani et Mbappé sur une « civière » lors du même match. Contre Toulouse, le C et le M de la MCN rejoignent le N hors des terrains. ECM17 entre en jeu. Et le PSG change de visage.

Sans moi Paris serait pris

A juste titre, on parle beaucoup de l’apport de Gana Gueye dans cet effectif. Ce qu’on on oublie cependant c’est qu’il est plus facile pour un joueur de s’intégrer dans un collectif en confiance. Que de s’imposer dans une équipe en plein doute. Lorsque le milieu de terrain sénégalais arrive à Metz, Paris a retrouvé du poil de la bête.

Un sourire redessiné par la performance de grande classe de Choupo – Moting une semaine auparavant. 0-0 à la mi-temps, le Lion Indomptable permettra à son équipe de l’emporter 4-0. Notamment grâce à un but génial couronné par un doublé. Pour le plus grand plaisir d’un Parc des Princes scandant son nom avec entrain. Une performance qu’il récidive en Lorraine en marquant le but du K.O. Succès 0-2, 9 points sur 12 et la trêve hivernale peut arriver dans les meilleures conditions relancer un club en proie au doute.

Un bilan régénérateur

Paris – Toulouse et Metz – Paris sont ces rencontres qui ont revigoré la saison du PSG. 0 but encaissé. 6 buts marqués dans lesquels Choupo – Moting est impliqué à chaque fois. Face au Téfécé, le camerounais marque le premier. Influence le second sur une talonnade. Marque le troisième. Et grâce à une frappe déviée en corner, est à l’origine du quatrième. Quand face à Metz, il dévie d’une Madjer le ballon sur Bernat, qui cause le pénalty transformé par Di Maria. Et marque le deuxième.

En somme, le jeu proposé par Choupo – Moting permet à ses coéquipiers de mieux s’exprimer. Bien que ceux-ci continuent de l’ignorer sur le terrain, sa sortie contre Reims démontre encore l’importance de sa présence. Sa blessure n’a fait que ressortir les défauts de Paris : des individualités solistes qui cherchent à briller aux dépens du collectif. Le PSG aurait perdu avec Choupo qu’on lui aurait collé cette mésaventure sur la tête. Aussi, on peut penser ce qu’on veut de ce joueur, il reste un footballeur de classe mondiale. Il suffit de lui faire confiance.

Un Paris gagnant

Bounedjah a donné la Coupe d’Afrique à l’Algérie. Le Portugal a été champion d’Europe grâce à Eder. La France a gagné la Coupe du Monde avec un attaquant titulaire qui n’a pas marqué. Olivier Giroud a permis à Chelsea de glaner son seul titre l’an passé, un trophée européen. Et le Liverpool d’Origi a battu le Barça de Messi 4-0. Avant d’aller remporter la Ligue des champions 2-0 contre le Tottenham d’Harry Kane.

Le football nous parle et on refuse de l’écouter. De constater que les statistiques de Choupo Moting lors de ses deux premières apparitions cette année ressemblent à celle de Divock Origi lors de ses deux premières apparitions en Ligue des Champions l’année passée. C’est-à-dire 3 buts en 2 matches. 6 buts marqués, 0 encaissés, les contextes sont surement différents. Mais la réalité c’est qu’il y a un entraîneur allemand qui a osé. Et un autre qui a battu le Real Madrid 3-0 avec Choupo Moting sur le terrain…


Ligue 1 : Le football français face aux entraîneurs étrangers

Il y a quelques années, Juninho en direct du Canal Football Club, regrettait que les étrangers soient toujours montrés du doigt en France après un échec. Aujourd’hui qu’il est le directeur sportif de Lyon. Qu’il a choisi Sylvinho pour pérenniser sa légende sur le banc de l’OL, son avis ne devrait sans doute pas évoluer. Son club vient d’enchaîner un 6e match sans victoires. 5 nuls et une défaite qui ne cessent de faire parler dans l’Hexagone. Le technicien Carioca est implicitement montré du doigt et on regrette déjà Bruno Génésio. Une attitude qui interroge. Sachant que l’actuel manager du Beijing Guang n’a rien gagné avec les Gones de 2015 à 2019. Quelle place occupe les entraîneurs étrangers dans le paysage médiatique français ? On se le demande vraiment…

And the winner is…

« Lyon n’est pas prêt ». Estimait-on à la fin de la préparation des Lyonnais. Bien que ces matches ne furent qu’amicaux, le doute a été installé. On a oublié tout ce que les Brésiliens ont apporté à cette ville, à ce pays, au football et on a déclaré l’état d’urgence. Des sirènes qui vont vite ravaler leurs mots derrière les deux premières journées de Ligue 1. Deux victoires probantes à Monaco 0-3 et face à Angers 6-0 qui enlèveront les gyrophares sur le toit de l’ambulance de l’OL. Avant d’y remonter devant ce sextuplé d’insuccès.

Aussi, les remarques ne tardent pas à resurgir. Les latéraux ne montent pas. Le jeu manque de folie. Pourquoi ci ? Pourquoi pas ça ? Bref le problème est la personne en chemise blanche assise sur la touche. Si le septuple champion de France, dernier de sa poule, a été éliminé en Ligue des Champions par La Gantoise en 2015 ; a été logiquement sorti de la Ligue Europa par l’Ajax en 2017 et le CSKA Moscou en 2018, respectivement en demi et en huitièmes. Si ce fabuleux Lyon de Pep Génésio a été incapable de remporter la moindre coupe en 4 ans à l’inverse de Guingamp et Strasbourg, c’est surement à cause Sylvinho.

Comparses

Toutefois, le second entraîneur étranger de l’histoire de l’ancien LOU ; le premier depuis Vladimir Kovačevic parti en 1982, n’est pas le seul à subir les foudres des médias. On a également douté de la valeur d’André Villas-Boas, vainqueur de l’Europa League. Mais aussi et surtout de celle de l’autre tête de turc des spécialistes : Leonardo Jardim. Geoffroy Garétier, sur le plateau du Late Football Club : « Il faut bien que Monaco gagne une fois »

Une victoire, 6 points sur 21, le portugais ne bénéficie toujours pas des honneurs liés à son passé glorieux. Champion de France. Demi-finaliste de la C1 (le seul en France depuis 2010). L’homme qui a relancé Falcao et propulsé Kylian Mbappé et Bernado Silva, se fait sévèrement titiller. Des gestes durs sur l’homme qu’il regrettait déjà sous ses meilleurs jours :

« J’ai l’impression qu’en France, les gens sont nationalistes : ils défendent beaucoup leurs compatriotes, moins les étrangers»

La réaction de Pierre Ménès ne se fera pas attendre(évidemment)  :

« Et puis, il y a évidemment LE contre-exemple : Marcelo Bielsa, qui est arrivé comme une star et qui démontre tout son talent sur le banc de l’OM. Parce qu’on ne le juge que sur le jeu, pas sur son éternel survêtement, ses conférences de presse glaciales ou sa satanée glacière. Lui n’a pas critiqué les jeunes Français : il les a mis au boulot. Benjamin Mendy, Giannelli Imbula, Dimitri Payet, ou encore Florian Thauvin, souvent montrés du doigt pour leur comportement ou leur indolence, sont tous au diapason. Bref, cette histoire de corporatisme, avec ses sous-entendus de racisme, est une escroquerie. Mais ça a le mérite de faire parler les bavards. Et d’exciter les idiots. »

Besognes

Lorsqu’on relit la réaction de Pierre Ménès aux propos de Jardim, on peut noter toute l’affection qu’il a pour Marcelo Bielsa : éternel survêtement, conférence glaciale, satanée glacière. De l’art pur quoi ! Une poésie dantesque qui n’oublie pas de pareillement sanctionner le tacle appuyé du coach monégasque sur les jeunes français. Lequel déplorait en 2014 leur manque de professionnalisme.

La flemme du football français est ainsi remise au goût du jour. Sans qu’on puisse cependant contredire l’ancien handballeur. Quand on sait que des joueurs français tels que Blaise Matuidi ou Christopher Nkunku semblent aller dans ce sens depuis qu’ils ont signé à l’étranger, comment le faire ? Comment dédire les propos du Parisien Leonardo qui déclara jadis :

« Le niveau de préparation des joueurs et des entraîneurs est vraiment bas. La base de travail n’est pas là. Si la France perd une place à l’indice UEFA, c’est que cela ne marche pas. »

De Joey Barton l’ancien Marseillais :

« En France, quand tu travailles dur, on sous-entend que tu n’as pas de talent. Ils ne croient pas au travail, à l’effort. J’ai l’impression qu’il faut qu’ils soient en colère pour qu’ils se bougent vraiment. »

Ou encore Phillipe Montanier :

«J’ai envie de parler de la France en général. N’est-ce pas plus un problème d’état d’esprit général que du seul footballeur ? Quand vous discutez avec des gens de secteurs différents du foot, on n’a pas la réputation d’être des grands travailleurs. Ainsi, beaucoup d’entraîneurs étrangers sont un peu surpris de l’implication et de l’investissement en France. Ça ne concerne pas tous les joueurs évidemment, mais je parle là d’une bonne moyenne. Parler de faignants, je trouve ça excessif, c’est plutôt qu’il y a moins d’implication, moins d’intensité.»

Fausse route

A l’ombre de ce débat volcanique se susurre une phrase : « Il n’y a aucun entraîneur français à la tête des plus grandes équipes françaises. » Paris, Lyon, Monaco, Marseille, un constat qui soulève les foules mais ne date que de cette année. L’OM et l’OL étant dirigés par des français les 3 dernières années. Sans oublier Laurent Blanc au PSG de 2013 à 2016.

De plus, si on compare les championnats anglais et français, on remarque qu’en Premier League 8 clubs sur 20 sont dirigés par des anglais : Crystal Palace, Burnley, Brighton, Chelsea, Bournemouth, Sheffield United, Aston Villa et Newcastle. Un octogone composé d’une seule grande écurie : celle des Blues de Lampard. Quand en France 14 équipes sur 20 sont sous les ordres de tacticiens français.

Une belle bagatelle qui depuis l’arrivée des qataris à Paris, déploie au moins deux entraîneurs français sur la scène européenne chaque année. Ligue des Champions – Europa League confondues. Cette saison on a Christophe Galtier avec Lille en C1 et Ghislain Printant avec Saint-Etienne en C3. Un ratio de 2/4 qui contraste fortement avec le 1/6 de l’Angleterre. Et démontre bien qu’en Europe les techniciens de la Gaule sont très bien représentés. Man City, Liverpool, Chelsea (excepté cette année), Arsenal, Tottenham, Manchester United ont tous des étrangers à leur tête depuis au moins 5 ans. Et ce sont eux qui symbolisent la puissance de la première ligue du monde.

Conclusions

Bref, le football français devrait respecter les techniciens étrangers comme on respecte les techniciens français à l’étranger. Zinedine Zidane (Real Madrid), Arsène Wenger (plus de 20 ans à Arsenal), Gerrard Houllier (Liverpool), Luis Fernandez (Athletic Bilbao), Didier Deschamps (Juventus), Rudi Garcia (AS Roma) et que dire de ces sélectionneurs qui inondent l’Afrique voire l’Asie. Si ce n’est que les médias bleus, blancs et rouges, n’ont pas à se plaindre d’une minime présence extérieure sur leurs tapis verts. Un entraîneur en France doit être viré pour la mauvaise qualité de ses résultats. Pas pour être remplacé par un collègue français. Jean-Michel Aulas :

« Sylvinho et Juninho ont toute ma confiance mais il faut avoir des résultats. C’est la loi du foot. »


Paris a-t-il vraiment besoin de Neymar ?

OL – PSG. Le Dimanche 22 Septembre au Parc OL, Neymar a encore marqué les esprits. Un enchaînement de grande classe au milieu de 4 joueurs. Un Joga Bonito ponctué par une frappe en rupture du gauche dans le petit filet d’Anthony Lopes : le seul but du match. Un digne successeur du renversant retourné de l’Auriverde au Parc des Princes face à Strasbourg une semaine avant. Réalisation superbe qui vient conclure un Lumico jusque-là fermé. Frustré par un Lyon qui n’avance pas et un Paris qui dévore tout sur son passage. Ou presque…

Ultra présent

Malgré ses prouesses vertigineuses, Neymar ne fait toujours pas l’unanimité. Aux grognements des sifflets des ultras de Paris, succède des statistiques qui forcément ne plaident pas en faveur d’un PSG Ney – dépendant. Le Paris SG avec Neymar c’est 3 victoires par un but à zéro et une défaite à domcile (0-2) face à Reims. Des buts tardifs, une désillusion : la preuve que la présence du Peixe* oblige ses coéquipiers à jouer moins collectif.

Le solitaire contre le solidaire

On ne pense plus qu’à lui et pourtant sans lui, Paris a battu Nîmes 3-0 ; Toulouse 4-0, Metz 0-2, le Real Madrid 3-0 (sans la MCN au complet) et Galatasaray 0-1. On aurait pu dire qu’il a manqué lors de la défaite face à Rennes 2-1. Sauf que sur les trois dernières confrontations contre les Rennais, Paris a gagné une fois, sans le Brésilien. Et perdu 2 fois, avec et sans le Brésilien.

Sa présence n’est donc plus si indispensable que ça. D’autant plus que lorsqu’elle est effective, la performance de son équipe dépend de sa forme. Ce qui est dangereux pour l’équilibre de son groupe sur la pelouse. Loin d’être un leader à la CR7, le soliste qu’il fait rend son équipe plus prévisible. C’est sûr Paris est plus fort avec Neymar. Mais le collectif Parisien s’exprime bien mieux en son absence. Et le Brésil nous l’a encore rappelé. En remportant la Copa América haut la main sans sa star Parisienne.

*Surnom des joueurs du Santos FC


Percy Tau : La Premier League peut attendre, je suis en Champions League

Recalé pour une histoire de permis de travail, Percy Tau ne peut toujours pas jouer pour l’équipe qui l’a enrôlé. Voilà bientôt deux ans que le Bafana Bafana a quitté les Mamelodi Sundowns pour Brighton & Hove Albion : sans arriver à destination. La raison : pas assez de matches dans les jambes pour mériter la Premier League. « Heureusement », on va dire. Sinon le talentueux gaucher n’aurait pas signé dans un club européen un peu plus digne de son standing : une équipe qui jouera la Champions League.

Paradoxes

Percy Tau a quitté l’Afrique du Sud en 2018. Auréolé d’un titre de champion d’Afrique 2016, le vainqueur de la Supercoupe de la CAF 2017 gagne l’Europe après 5 ans passés sur le Continent Noir. Le but est de prouver qu’il a le niveau pour évoluer dans le Vieux Monde. Un choix guidé par un défi qui commence en D2 Belge pour le double vainqueur de la ABSA Premiership.

Aussi, Brighton le prête au RU Saint-Gilloise. Le meilleur buteur du championnat sud-africain en 2018 s’y impose facilement. Inscrit 12 buts en 35 rencontres. Et est logiquement élu meilleur joueur du championnat. Une performance jugée insuffisante pour les autorités compétentes. Le mondial des clubs auquel il a participé ne suffit pas. L’ancien des Spurs (de Witbank) devait prendre part à la finale de la CAN 2019 pour jouir de ce plaisir. En outre, malgré une Coupe d’Afrique aboutie, le Brésilien ne pratiquera pas le football au pays du football. Le fait que sa sélection ait sorti celle de Salah en huitièmes (et à domicile), ne lui concède pas encore ce droit.

Bien mieux que rien

Le FC Bruges saute alors sur l’occasion et attire l’attaquant sous forme de prêt. Une transaction judicieuse. Un transfert qui permet au géant belge d’occuper la première place de la Jupiter League. Mais aussi et surtout de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions. Prouesse que les brugeois doivent en grande partie à la technique de leur recrue estivale. Auteur de 2 buts en championnat, le natif de Witbank sera le facteur X de cette double confrontation victorieuse contre les autrichiens de Linz. Son impact sur le jeu étant à l’origine des deux dernières réalisations de son écurie.

South Africa Fans Celebration at Soccer City par Celso FLORES – Wikipedia CC BY 2.0

Enfin chez moi

Le finaliste de la C1 1978, passe ainsi d’un dangereux 1-1 à une nette victoire 3-1. L’attaquant de 25 ans causera le corner du but de la délivrance. Et sera passeur sur le but du K.O. Dans la poule A du PSG, du Real Madrid et de Galatasaray, il retrouve de ce pas les premières loges. Les sensations d’une compétition qu’il a gagnée chez lui en Afrique. Sera-t-il capable de réitérer son exploit ? Nul ne le sait. S’il y a une certitude cependant, c’est que jouer les premiers rôles en Belgique, c’est mieux que lutter contre la relégation en Angleterre. Le niveau du football africain d’élite n’équivaut pas à celui de la seconde division européenne.

*Surnom des joueurs du Mamelodi Sundowns


Petit rappel à Pierre Menes, en passant…

 » La mentalité du monde du foot est-elle mauvaise ? « , a demandé un journaliste du Corriere dello Sport à Lilian Thuram. Et lui de répondre :

 » Quand  on  parle  de racisme,  il  est  nécessaire  d’avoir  conscience  que  le  monde  du  foot n’est  pas  raciste  mais  qu’il  y  a  du  racisme  dans  la  culture  italienne, française et  européenne  et  plus  généralement  dans  la  culture blanche.  Les  Blancs  ont  décidé  qu’ils  étaient  supérieurs  aux  Noirs […] »

Une réponse sortie de son contexte… si on s’en tient à son auteur :

 » Je  parle  des  supporters  racistes.  Ces  personnes ont  un  complexe  de  supériorité.  Cette  supériorité  vient  d’une histoire.  […]  Nous  vivons  dans  une  société  où  il  y  a  des  hiérarchies. Les  personnes  racistes  sont  encore  dans  la  hiérarchie  du  passé  et pensent  que  cette  hiérarchie  est  juste.  Beaucoup  de  personnes défendent  l’idée  que  les  Blancs  sont  supérieurs. »

Une réplique qui ne tardera pas à causer beaucoup de remous. Pierre Menes lui a répondu :

 » Je n’ai pas envie de parler de ça avec lui. Parce que moi je vais vous dire ce que je vais vous dire là : le vrai problème en France, dans le football en tout cas, c’est le racisme anti-blanc. J’invite les gens à prendre leur voiture et aller faire le tour des matchs en région parisienne le week-end. […] Allez voir ces matches là et comptez les blancs sur le terrain en général il y a le gardien de but et l’arrière droit. »

Peut-être qu’il a raison. Le racisme s’applique à toutes les races. Un homme peut être traité en étranger dans son propre pays. Cependant, il faut rappeler à tous ceux qui supportent Pierre Menes, qui traitent Lilian Thuram de raciste « anti-blancs » et ont certainement défendu l’idée selon laquelle Sagnol et Blanc ne sont pas racistes, que :

1 – Thuram n’a jamais choisi d’être français. Ses ancêtres ont été enlevés à leurs terres, transportés pendant des mois comme des sardines pour finir esclaves pendant trois siècles. Par conséquent, il est le mieux placé pour parler de racisme. Il est l’un de ses nombreux fruits.

2 – Le Code Noir n’a pas été écrit en banlieue.

3 – Un jeune blanc n’a jamais été pendu en banlieue par une foule de noirs qui le soupçonnent d’avoir regardé une blanche.

4 – Un jeune blanc n’a jamais été fouetté à mort par son maître noir pour avoir commis une erreur.

5 – Une femme blanche n’a jamais vu son enfant lui être enlevé pour être vendu comme du bétail.

6 – Un footballeur blanc n’a jamais été victime de cris de singes.

Etc. Etc. On va s’arrêter là, la liste étant longue. À chacun de se faire son film sur cette histoire. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas deux vérités. Il n’y en a qu’une et chacun de nous la connaît.

A lire aussi : Pierre Menes s’excuse pour ses propos


Mourinho n’a pas voulu de Van Dijk et puis quoi ?

Alors que Manchester connaît un début de saison compliqué. Au moment qu’ils se rendent compte qu’ils ont longtemps menti, les médias essaient une fois de plus de détourner les regards. De protéger le protégé de Sir Alex Ferguson en rejetant la faute sur Mourinho. Quelle honte ! La nouvelle qui bat de l’aile dorénavant. L’information qui circule avec éclat depuis, se résume en cette phrase : José Mourinho ne voulait pas de Van Dijk.

 » Un mensonge répété 1000 fois, reste un mensonge  » : José Mourinho

The Independent est l’auteur de cette anecdote loin d’être vérifiée. Ce mythe qui daterait de la saison 2017/2018. Un conte qui ne changera rien à ce qui s’est réellement passé. La vérité c’est qu’en 2017, Manchester n’avait vraiment pas besoin de Van Dijk. Le défenseur hollandais est logiquement allé dans un club nécessiteux de ses services. En cet hiver 2018, Mourinho  avait encore fait les bons choix.

Pourquoi changer ? Il a préféré le duo Bailly – Lindelof à Van Dijk et ça a marché. Le journal anglais a juste oublié d’ajouter que Man U cette année a fini second avec la seconde meilleure défense du championnat et 19 clean sheets. 28 buts encaissés seulement (soit un de moins que Man City). Contre 38 pris par Liverpool. Les Reds terminaient alors à la 4e place. Preuve que si Mourinho a demandé de nouveaux défenseurs c’est parce que son arrière garde avait baissé en régime. Notamment à cause des blessures de l’ivoirien et du suédois. Ce qui est assez normal dans ce sport de contact. C’est le haut niveau. Celui qui ne répond pas présent doit pouvoir être remplacé.

Sauf que quand tu t’appelles José Mourinho, tu n’as pas droit à l’erreur. Tu dois gagner tous tes matches 8-0. Tes joueurs doivent sauter dans tes bras à chaque but, toujours être au top et ne doivent jamais se blesser. Une exigence particulière qui dénote un constat triste. Celui  qui démontre  à quel point le monde médiatique est versatile. Ses vérités s’écrivent au faciès. Et la face du Special One est celle qu’il préfère le moins. Aussi, ce retour en force sur le dos du portugais signifie une chose : il arrive. Le sabotage de son oeuvre a commencé.


Ole Gunnar Solskjaer : De Cardiff à Manchester

Il y a quelques jours, José Mourinho affirmait avec beaucoup d’émotion  que le football lui manque. Ses détracteurs sautaient alors sur l’occasion pour l’humilier. Qu’est-ce qu’il y a de mal à couler des larmes ? Existe-t-il une personne qui ne l’a jamais fait ? On ne se le demande pas. Le problème c’est Mourinho. Il fallait qu’il parte de Manchester et c’est tout. Au lieu de penser à construire une équipe, on a combattu un homme. Un manager remplacé par un autre : le début d’un regret inavoué…

Sir Alex par nbostanova – Pixabay CC0

Nostalgies…

Qui regrette cependant ? Solskjaer ? Manchester ? Les deux ? On ne le saura certainement jamais. Faire ce cadeau à une personne qu’on a mise à la porte de façon méprisante : non ! 4 matches, une victoire, une défaite, 2 matches nuls : Solskjaer nous rappelle l’ère Ferguson cette saison. Non pas celles où les Red Devils avaient fini deux fois 11e (1987 et 1989) et 13e (1990). Mais bien celle où ils enchaînaient les victoires avec classe.

Les supporters sont contents de revivre cette belle époque. Cet instant magique où derrière le mauvais travail de José, le Zidane de Manchester a enchaîné 9 victoires sur ses 10 premiers matches. Avant de « rejoindre Cardiff ».

City of Cardiff

Cardiff – Manchester United (1-5), c’était l’affiche du premier match de Solskjaer à la tête de United. L’ancien pensionnaire du Molde FK punissait ainsi la première équipe qu’il a entraînée en Premier League. Un club où il n’a pas laissé des traces mémorables. Pourtant son arrivée en 2014 a suscité un réel engouement. Double champion de Norvège, le remplaçant de Malky Mackay semblait avoir les épaules solides pour supporter la pression. Le club joue la relégation et compte sur son Super Sub pour éviter la Championship. Bilan : 18 matches, 3 victoires, 3 matches nuls, 12 défaites. Position 20e.

Quoique, ce n’est toujours pas de sa faute. Cardiff de retour en D2 Anglaise, il est naturellement conforté à la tête du club. Une reconduction qui lui permet d’améliorer son ratio. Bilan : 7 matches, 3 défaites, 2 nuls, 2 victoires. « Baby-face killer » est saqué en septembre 2014 laissant l’écurie galloise à la 17e place de la ligue (sur 24).

Il retourne à Molde FK. Remporte la Coupe de Norvège. Et revient à Manchester United substituer Mourinho. Molde, Premier League, seconde partie de saison, engouement, dégringolade : le cycle semble reprendre. Depuis la fin de sa bonne série. Depuis la défaite à Old Trafford 0-2 contre le PSG, Solskjaer a joué 24 matches officiels. Soient 9 victoires, 5 matches nuls et 10 défaites. Son équipe est actuellement 8e de Premier League.

Attention au cauchemar

Meilleur entraîneur de l’après Ferguson, Mourinho était considéré comme indigne du Théâtre des Rêves. Limogé, les louanges ont vite couvert son successeur norvégien. Heureusement car personne ne pourra plus dire que c’est à cause de lui que Manchester ne gagne plus. On se rend même compte aujourd’hui que tout ce qu’il disait était vrai. Notamment sur Pogba. Le champion du monde qui a tout fait pour mettre José sur la touche, ne fait rien pour conforter Olé. Il met toujours autant son équipe en difficulté et fragilise un effectif plus que diminué.

On a l’impression que le mercato de Manchester a été fait pour blesser le Happy One. Les départs de Fellaini, Herrera, Smalling et Lukaku ; Matic sur le banc. L’arrivée de Maguire (réclamé par Mourinho) et le « pouvoir » aux jeunes sont des signes qui montrent bien que le lusophone semble visé. Sauf que ce n’est pas contre lui que Man U va jouer. C’est contre des équipes du meilleur championnat au monde. Des clubs qui se sont très bien renforcés durant ce marché des transferts. Everton, Wolverhampton, Leicester, West Ham, Newcastle ne joueront pas le titre avec Man City, Liverpool, Tottenham voire Arsenal. Mais risquent de ne pas trembler devant le Manchester de Daniel James. Ce collectif que le natif de Kristiansund a édifié, est bien parti pour jouer la relégation.


Ballon d’or : le dilemme

L’histoire entre l’Europe et l’Afrique n’a pas encore fini de se croiser. Le football en est l’exemple parfait. Le sport roi continue d’illustrer cette rencontre de plus en plus problématique. Le souci étant lié à la reconnaissance de l’apport du footballeur africain dans le football européen. Les successeurs de George Weah, qui a reçu le ballon d’or en 1995, tardent à arriver. Pourtant ses remplaçants se sont vite révélés derrière lui. Parmi eux : Drogba, Eto’o, Aubameyang, Salah et surtout Sadio Mané. Le vainqueur de la dernière Ligue des Champions vient encore de marquer les esprits, en inscrivant un doublé qui a permis à Liverpool de remporter la Supercoupe d’Europe face à Chelsea (2-2/5-4 aux t-ab). Ainsi, la saison européenne commence comme elle s’était terminée, c’est-à-dire avec un footballeur africain meilleur joueur d’Europe.

Meilleur joueur africain ?

Alors Sadio Mané est-il le meilleur joueur d’Europe ou le meilleur joueur africain ? La question est d’autant plus intéressante qu’il n’a encore rien gagné sur le sol africain. Contrairement à l’Algérien Youcef Belaili qui a remporté la Ligue des Champions, avec l’Espérance de Tunis et la CAN avec l’Algérie. À l’inverse aussi du capitaine algérien Riyad Mahrez, Mané n’est toujours pas un champion d’Afrique. Son talent attend encore de dominer un football considéré comme inférieur par certains spécialistes. C’est comme si un docteur en mathématiques n’arrivait pas à faire une simple addition, après plusieurs tentatives.

Meilleur joueur évoluant en Europe ?

Sadio Mané est sans aucun doute le meilleur joueur d’Europe aujourd’hui. Son début de saison ne fait que le réaffirmer. Mais sera-t-il confirmé ? Pas si sûr. Le Lion de la Terranga n’a même pas été nommé parmi les trois joueurs qui pourront prétendre au titre de Footballeur UEFA de l’année. Derrière Cristiano Ronaldo, Van Dijk et Messi, Mané est 5e. Une place aux pieds du podium dévoilée le lendemain de sa remarquable prestation en Supercoupe d’Europe.

Qu’en sera-t-il du Ballon d’or ? Probablement pareil. Son issue reste dépendante de la subjectivité d’un scrutin. Ici on crie, on saute, on vote pour celui qu’on aime. Qu’il soit le meilleur ne compte que trop peu. Un footballeur africain soumis à un suffrage européen part donc forcément désavantagé. La seule façon pour lui d’être sûr de triompher, c’est de réaliser des perfomances du niveau de Cristiano Ronaldo. Le portugais d’origine capverdienne subit les mêmes critiques que ses demi-frères. Une remise en question permanente de son génie qu’il conteste par des performances incontestables. En somme, être superieur ne suffit pas. Le footballeur africain evoluant en Europe doit être stratosphérique. 


Messi, Ronaldo : quelle saison à venir ?

Mercredi le 14 août à Istanbul se jouera la Supercoupe d’Europe entre Liverpool et Chelsea. Illustre affiche 100 % anglaise qui lancera la nouvelle saison européenne : une autre course entre Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Une année où les deux superstars du ballon rond auront encore énormément à donner…

Lionel Messi : Déjà vu ?

Messi vient encore de rater l’occasion de remporter un titre avec sa sélection. Il se retrouve ainsi dans une posture similaire à celle de l’année passée. Situation embarrassante où il devait alors laver l’affront d’une Remontada et d’un autre raté sous le maillot de l’Argentine. Cette fois la Roma a été remplacée par Liverpool, la France par le Brésil et le mondial par la Copa América.

Malgré des statistiques individuelles stratosphériques. En dépit de son statut d’intouchable, le Blaugrana sera obligé de remporter un trophée international pour redorer son blason de quintuple Ballon d’or. C’est ça ou le vrai début de la chute. D’autant plus qu’il n’est plus vraiment jeune à presque 33 ans. Et qu’un champion du monde vient d’arriver en Catalogne. Quand on sait que les joueurs de l’Atlético Madrid possèdent souvent un tempérament fort, on peut véritablement craindre le pire entre Antoine Griezmann et le roi Léo : les deux gauchers…

Cristiano Ronaldo : Un nouveau challenge

En signant à la Juventus, Cristiano Ronaldo s’est trouvé une nouvelle jouvence. Bien qu’il ne soit plus tout jeune lui aussi, le Turinois semble encore tout à fait capable de relever ce défi. Un impératif, étant donné qu’il a été acheté pour ça… : remporter la Ligue des Champions avec la Vieille Dame.

L’an passé Max Allegri avait trop compté sur sa qualité individuelle pour aller au bout. Après son triplé salvateur en huitièmes retour face à l’Atlético, le coach italien a pensé que l’Ajax devenait une évidence. Il s’est trompé. Il a laissé Douglas Costa sur le banc et les quadruples champions d’Europe ont logiquement pris le dessus sur les triples. Cuisant échec qui a précipité le départ de l’ancien technicien du Milan AC.

Maurizio Sarri est donc arrivé de Chelsea, accompagné du hollandais De Ligt, du gallois Ramsey et du français Rabiot. Un recrutement turinois. Des choix sobres et très efficaces qui devraient aider les Zèbres à tenir tête aux Britanniques. Et pour cela, il faudra que CR7 soit au rendez-vous. Sa victoire en Ligue des Nations semble lui avoir redonné le sourire derrière une saison en demi-teinte en club.


Lionel Messi et ses buts qui ne servent à rien

Le 2 juillet, l’Argentine est tombée dans le dernier carré de la Copa America. Les Albiceleste ont été défaits 2-0 par leur meilleur ennemi brésilien. Un nouvel échec qui n’a pas laissé le monde du football indifférent. Pourquoi ? Leur icône Lionel Messi n’a toujours pas mené sa nation vers un succès international majeur. Avec 671 buts en carrière, comment est-ce possible ? Comment un joueur titulaire d’une moyenne de quasiment 40 buts par saison est-il incapable d’en marquer un au moment où il est le plus attendu ?

Messi en 2007 à la Copa América par nica* from Caracas, Venezuela – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Paroles de sage

Il y a quelques jours, l’entraîneur retraité Louis Van Gaal accusait Messi d’être à l’origine des récents échecs du FC Barcelone. Le technicien qui a lancé Andrès Iniesta déclarait alors :

« Je pense qu’il n’y a rien de plus important qu’un joueur d’équipe. Le Barça souffre de ça. Je pense que Messi devrait se demander comment il est possible qu’il soit resté si longtemps sans gagner une Ligue des Champions. Regardez Barcelone. Combien de Ligues des champions ont-ils gagnées avec celui que tout le monde estime comme le meilleur joueur du monde ? Regardez Neymar au PSG, combien de Ligues des champions a-t-il gagné ? »

Le hollandais ajoutait :

« C’est le meilleur joueur individuel au monde parce que ses statistiques sont incroyables. Mais pourquoi n’a-t-il pas remporté de Ligue des champions depuis cinq ans ? En tant que capitaine, vous devez vous demander pourquoi l’équipe ne gagne plus en Europe. Je pense que Messi est également responsable de ce qui se passe à Barcelone, pas seulement l’entraîneur. Ils ont une équipe de 30 joueurs et je pense que Messi devrait s’adapter à l’équipe, et non l’inverse. »

Mots pour maux

Cette réalité est partagée par l’équipe nationale d’Argentine. Plus attristé que celui du Barça, le peuple de Maradona ne sait plus quoi penser de son capitaine. On leur dit tout le temps que c’est le meilleur joueur de tous les temps et jamais ils ne l’ont ressenti. Projeté au-dessus de Diego : on le compare à Pelé…

On parle de la quantité de ses buts, omettant que la légende de Pelé n’est nullement liée à ses 1000 buts et plus. S’il reste le meilleur de l’histoire, c’est plus pour l’importance de ses buts que pour le nombre. Grâce à eux, il a remporté 3 coupes du monde (sur 4 jouées) avant l’âge de 30 ans. Messi en a 32 aujourd’hui et toujours rien…

1958, Brésil – Pays de Galles, le premier but que Pelé marque en coupe du monde est le but unique d’un quart de finale. Il enchaîne avec un triplé en demi-finale contre la France. Score final 5-2. Puis un doublé en finale contre la Suède, encore et toujours cette année du premier sacre jaune et vert à un mondial. Score final 5-2. Bilan : 6 buts pour les trois premiers matches d’un joueur de 17 ans en coupe du monde. Messi en a joué 4, il n’a jamais marqué au second tour…

Pelé par Panini – Wikipedia (Domaine Public)

Inutilement vôtre

C’est bien d’être ovationné par le public du Bétis de Séville pour un triplé. Toutefois, lorsqu’on est propriétaire de 5 Ballons d’or et 6 Souliers d’or, c’est insuffisant. Cristiano Ronaldo a remporté l’Euro 2016 et la Ligue des nations 2019 avec la sélection portugaise. Lui aussi n’a pas encore marqué après la phase de poules d’un mondial, sans cependant regretter quoique ce soit.

Un grand joueur est attendu lors des grands matches. Les deux dernières compétitions internationales jouées par le meilleur buteur de l’histoire de la Liga l’ont vu marquer à deux reprises. En Russie (2018) contre le Nigeria et au Brésil (2019) contre le Paraguay. La seule fois où Messi a marqué au second tour d’une compétition internationale avec l’Argentine, c’était lors du Centenario. Tournoi improvisé par la CONMEBOL, célébrant le centenaire de la Copa América. « Champ de bataille » où le meilleur buteur argentin de l’histoire devait tomber en finale contre le Chili, ratant son tir au but.

Ce jour-là, ses larmes n’avaient échappé à personne. Le malheureux finaliste du Mondial 2014 se heurtait à une équipe que ses coéquipiers avait battue au premier tour sans lui, laissé au repos. Que dire ? Ça fait trois finales perdues d’affilée. N’allons surtout pas penser tel que lui en disant que l’arbitrage est la cause de cet échec. Lionel Messi :

« Je crois que nous avons fait un grand match, de gros efforts. On ne méritait pas ce résultat-là, ils n’ont jamais été supérieurs à nous. Ils ont de la réussite sur le premier but. Ils inscrivent le deuxième sur un contre (…) Ce but intervient alors qu’on nous a oublié un penalty au début de l’action. Il y a aussi le penalty sur Nicolas Otamendi (…) Ils se sont fatigués pour siffler des penaltys discutables. Et aujourd’hui, ils n’ont même pas été voir la VAR. C’est incroyable. Ça a été comme ça pendant tout le match. Au moindre contact, il y avait faute pour eux. On a pris des cartons, eux non. Ça te sort un peu du match. Tu te dis que l’arbitre n’est pas juste, tu sors du match (…) Ce n’est pas une excuse. J’espère que la COMNEBOL fera quelque chose pour ce genre d’arbitrage parce qu’on a tout donné pour gagner. Mais je pense que c’est compliqué parce que le Brésil contrôle tout. On n’a rien à se reprocher »

On rappelle quand même que s’il y a un joueur qui « ne doit pas » se plaindre des coups de sifflets, c’est bien Messi. Il oublie qu’avant la récente coupe du monde, il a écopé de 4 matches de suspension… disparus aussitôt. Que pendant cette phase finale, son équipe fût sauvée du naufrage par un penalty refusé au Nigeria. Le natif de Rosario sait pertinemment que cette place en demi-finale, il la doit aux invités qataris qu’ils ont battu 2-0. Et à un Venezuela méconnaissable en quart, éliminé sur le même score. Après la déconvenue d’entrée face à la Colombie 2-0 et le nul chanceux contre le Paraguay 1-1 où (le portier Armani stoppe un penalty) plus personne n’attendait les Bleus et Ciel à ce niveau. Le problème de Messi et de l’Argentine n’a rien à voir avec le football. C’est l’histoire d’un joueur au-dessus d’une institution…