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Burundi : l’histoire d’un bateau qui a perdu le nord

L’heure n’est pas loin de sonner le glas du système éducatif burundais. De l’école primaire à l’université, personne ne sait plus où elle va. 

BateauLes étudiants burundais, des universités publiques et privées, sont en grève depuis peu. La raison : ils ne comprennent, ni ne saisissent d’où vient et va le nouveau système LMD (Licence-Master-Doctorat). Pire, ils disent ne pas savoir ce que sera l’équivalent de leurs nouveaux diplômes. Mieux : au moins eux, ils peuvent crier, réclamer, grever, et leur voix peut encore retentir dans les oreilles de nos dirigeants.

A côté, des écoliers, innocents, qui ignorent ce qu’est « grever », sans Délégué Général ni Association Machin pour défendre leur cause, dans une nouvelle moule : l’Ecole Fondamentale. Un système dont les programmes tiennent compte de la réalité de l’Afrique, oui, avec comme innovation l’entrepreneuriat. On avait longtemps tiré à boulets rouge sur ces anciens programmes qui datent de la période coloniale dont l’un des objectifs était de former des bureaucrates, qui vivent à longueur de journée moulés dans des costumes cravates. Le Burundi, pour ne pas dire l’Afrique entière, en avait visiblement assez.

Ironie du sort

Malheureusement les désapprobations fusent de partout pour dénoncer « un système qui arrive peut-être au mauvais moment et qui vient sacrifier toute une génération qui sert aujourd’hui de cobaye parce que mal pensé». Sinon que dire de ce manque criant d’enseignants, d’instituteurs qui dispensent des leçons dont ils n’ont jamais appris eux-mêmes à l’instar de l’anglais et du swahili, de ces locaux dont la qualité laisse à désirer dépourvus de tout matériel didactique ?

Bref, un système éducatif paralysé « de la tête aux pieds », avec des universitaires qui ignorent complètement la destination de ce nouveau train dans lequel on les embarque. Derrière eux, des écoliers jetés dans une machine dont le contrôle de la manette semble échapper complètement à son maître.

Voici donc un bateau qui a perdu le nord avec un capitaine qui ne sait visiblement plus quoi faire. Dire que l’heure est grave pour le système éducatif burundais n’a rien d’un scoop. Par contre, exposer la soif d’avoir un nouveau maître capable de redresser la barque peut en être un.

 


Je ne sais plus quoi dire !

L’équipe gouvernementale du Burundi est en retraite dans la province de Gitega (centre du pays) depuis ce jeudi 16 octobre 2014 pour parler, réfléchir, échanger sur « la lutte contre la corruption ».

Le gouvernement du Burundi.
Le gouvernement du Burundi.

Quelle cause ô combien noble ! A ceux qui ignorent les réalités du Burundi, il est parmi le top five des pays les plus corrompus d’Afrique. Ici je n’ai pas grand-chose à dire. Je suis Burundais. Je vis les mêmes réalités que mes compatriotes. Bref, aucune leçon à donner.

Et en guise d’ouverture des travaux, voici le tweet de la présidence, pourtant plein de bonnes intentions, mais qui risque de provoquer le tollé général : « Nous voudrions réaffirmer que la lutte contre la corruption est 1 choix irréversible &le cheval de bataille pour le gouvernement ». Un statut également présent sur Facebook. Moi-même j’ai cliqué sur « partager ».
Comme convenu, je ne commente rien. Je vous donne les réactions de ces internautes, pliées en une ou deux lignes. Et vous aurez tout le topo. J’espère.

Olivier Blessing Umugisha : « Ça fait plaisir d’entendre à l’approche de 2015 ».

2015 étant le rendez-vous pour les prochaines élections.

Alfred Burimaso : « Que la retraite soit un succès. Plusieurs bandits en cravate; des kleptocrates freinent sensiblement le développement socio-économique de notre pays. Que des mesures soient formulées et mises en pratique en vue de les combattre ».

Ok. Vu les réactions, la messe est dite. Et je n’ajoute rien sauf rappeler une belle leçon que nous donnait tout récemment Jean François Bastin, journaliste belge de renom, aujourd’hui en retraite, sur ces ateliers, séminaires, retraites… qui font les délices des hôtels burundais sans résultats palpables : « Le séminaire est la meilleure façon d’échapper à la réalité et à la responsabilité, on y parle pour ne pas agir, on y remue des mots et du vent. Si ces milliers d’ateliers avaient eu la moindre utilité, le Burundi serait aujourd’hui le pays le mieux organisé du monde et tous les Burundais seraient heureux… »

Merci Bastin, et bonne chance au gouvernement du Burundi !

 

 

 


Combien coûte Gaza ?

Ce dimanche 12 octobre 2014, plus de cinquante dirigeants du monde entier étaient réunis au Caire en Egypte. Objet : Comment reconstruire Gaza. Mais en réalité, quoi qu’on fasse, Gaza ne sera plus comme avant.

Gaza en ruine.
Gaza en ruine.

« Ce qui ne s’achète pas avec de l’argent, s’achète avec beaucoup d’argent », nous rappelaient tout récemment ces marionnettes qui, visiblement, sont plus intelligentes et plus informées que leurs maîtres. Pour le moins, leurs leçons sont bien affûtées. Les grandes puissances semblent avoir fait de la formule leur credo. C’est celui qui a plus d’argent qui juge si tel Etat est démocratique ou pas, qui a le monopole de « bombarder pour imposer la paix », qui a le droit de veto au sein des Nations unies… Et ce dimanche 12 octobre, ils étaient tous réunis au Caire, leurs dollars et euros en poche pour voir « comment reconstruire Gaza ». Après les destructions, il faut reconstruire. Quoi de plus normal ?

Sauf que « Gaza détruite» n’est pas ces gratte-ciel effondrés, ces tunnels bombardés, mais plutôt ces 1900 vies anéanties par les missiles israéliens. J’aurais aimé être au Caire afin d’assister pour la première fois comment tarifer une vie humaine. Car si ce n’était pas l’objet de la conférence, ce qui s’y tramait risque d’être flou et fluide. Et l’oisiveté de la communauté internationale face à cette guerre fratricide perdra tout son sens.

Si ces euros et dollars ne peuvent pas payer ces vies perdues, ils n’ont qu’à s’investir pour mettre un terme à ce conflit dont les pertes ne sont jamais récupérables. Et pour la première fois, les guignols de l’info ont eu tort : ce qui ne s’achète pas avec de l’argent, peut ne pas aussi s’acheter avec beaucoup d’argent.

Tout de même, elles sont fortes ces figurines françaises. Reconnaissons-le !

 


RFI…vas-y mollo avec le Burundi hein?

Ma chère RFI, ces derniers temps, je vois que tu suis de très près l’actualité burundaise. Les cadavres de Rweru, les griefs de la jeunesse du parti présidentiel (Imbonerakure),…mais fais gaffe avec Kiliba-Ondes en RDC, tu risques de ne pas faire l’exception.

PS: Note à toi, lecteur : de nombreux commentaires sur cet article m’amènent à te préciser une chose : dans ce papier se cache beaucoup d’ironie.

L’empire du Congo ? C’est vaste, très vaste, complexe, difficile à maîtriser. Surtout ce Kiliba RFIOndes qui a envoyé en tôle pendant plus de trois mois celui qui est désormais une légende vivante pour la lutte des droits humains au Burundi, Pierre Claver Mbonimpa, libéré ce lundi 29 septembre. Il fallait que vous vous taisiez monsieur Mbonimpa. Il ne fallait pas parler du Congo. Surtout pas de Kiliba Ondes ni de ses mystères sur les entrainements militaires des jeunes burundais qui s’y dérouleraient. Ce ne sont pas les sujets qui manquaient : les prisonniers qui crèvent de faim, dont leurs dossiers pourrissent dans les tiroirs des magistrats, sans avocats pour plaider leurs causes, patati patata. Mais là franchement, vous avez ouvert la boîte de pandore!

Triste

Et comme nous n’apprenons rien du passé, Radio France Internationale vous emboîte le pas monsieur Mbonimpa. Triste ! Jusque-là ce n’était que des papiers signés au conditionnel. Aujourd’hui, elle parle des faits. Elle affirme tout. « Et pourtant, ils sont bien là, dans la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu), comme RFI a pu le constater ». Qui ? « Des hommes en armes et en uniformes militaires burundais », cimente l’article paru ce 1er octobre. Tout au présent de l’indicatif comme vous monsieur Mbonimpa avant votre arrestation.

Rappel

Et moi, je rappelle à la RFI qu’il n y a pas de justice à deux vitesse au Burundi. L’infraction étant la même-avoir parlé de Kiliba Ondes et affirmer que des militaires burundais s’y trouvent-le châtiment risque d’être aussi le même. Mais bof, tu te dis peut-être : « Je suis à Paris, on ne me fera rien ». Souviens-toi, Obama est à Washington, le parlement européen en Europe, et tu n’es pas plus fort, ni plus loin qu’eux. Et pourtant ils viennent d’essuyer tous deux une sacre leçon de la géographie ayant parlé du Burundi « qu’ils ne peuvent même pas situer sur la carte », du moins d’après le porte-parole du gouvernement burundais. Pardon ! Ça c’est l’Exécutif tandis que l’affaire Mbonimpa était dans les mains de la Justice. Et chez nous, la séparation des pouvoirs est de mise. C’est moi qui allais glisser. Mea culpa !

 


Conflit libyen: France-USA, jouez aussi les pompiers !

charKadhafi est mort. Mais la Libye est restée là, tourmentée, brulée, déchirée par ses fils. Excepté ceux qui ont la mémoire courte, le monde entier se souvient de la campagne de mobilisation amorcée par les présidents américains et français, Barack Obama et Nicolas Sarkozy, en 2011 pour déchoir le « dieu » de la Libye. Qui n’a pas assisté à ce triste spectacle des drones américains s’acharnant sur les radars, les chars libyens ? Loin de moi l’idée de prendre la défense d’un dictateur qui a pris en otage le destin de tout un peuple pendant quarante ans. Mais quand l’heure des comptes sonnent, il faut savoir bien les solder.

Alors, qui n’a pas vu ces deux hommes défendre parfois l’indéfendable devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour prouver qu’en Libye grouillent des ennemis qui menacent la paix et la sécurité internationale, qu’il faut à tout prix carboniser par leurs missiles ? Ils ont allumé le feu sur les Libyens au nom de la libération des mêmes Libyens. Y’avait-il une autre alternative ? Non, me direz-vous. Je suis d’accord. Kadhafi était en train de massacrer son propre peuple et il fallait intervenir. Mais fallait-il s’en arrêter là ?

Certes les drones américains et les rafales français ne sont plus là mais les Libyens, eux, continuent à mourir, aujourd’hui comme hier, par centaines voire milliers. Et quels mots entend-t-on des discours occidentaux ? « Envisager, préconiser, analyser,… » Mais sous Kadhafi c’était « agir, frapper,… ». Il n’y avait visiblement pas le temps d’analyser, de préconiser ni d’envisager.

Le minimum aurait été de donner raison à Tiken Jah Fakoly : jouer les pompiers après avoir allumé le feu.

L’idée n’est pas panafricaniste mais mérite réflexion.


Seul Mugabe peut gouverner la France

Mal tombée. La quatrième conférence de presse du président français ce 18 septembre 2014 intervient dans un climat social lourd. Problème de François ou des Français ?

François Hollande hier devant 350 journalistes
François Hollande le 18 septembre 2014 devant 350 journalistes.

S’agit-il d’un mauvais président ou d’un peuple ingrat ? Ou tout simplement les deux ? Je suis toujours sidéré par cette France et les jérémiades de ceux qui l’habitent. Il n’y a pas plus de deux ans, ceux qui chantaient  » hosanna « à Hollande pour mettre à la porte Sarkozy, sont les mêmes qui crient aujourd’hui « crucifie-le ! ». Mais attends ! Deux ans ? Chers Français…

Ok. Je suis Africain et de toute façon de votre politique je n’y vois que des étincelles. Et d’ailleurs, chez nous en Afrique, vous aurez beau crier, pleurer, dénoncer, manifester, mais déboulonner le chef d’Etat de son fauteuil, il faut parfois d’abord lui laisser quelques décennies. Demandez aux Zimbabwéens, Camerounais, Burkinabè…

Pour tout vous dire, il vous faut une très belle leçon de patience. Car, chers Français, ne me dites que vouloir changer de président à moins de deux ans de la fin du mandat est une preuve d’incarnation des valeurs démocratiques. Et comme suggestion, Mugabe à l’Elysée, l’ayant d’abord plus que réussi chez lui, saurait bien comment vous rendre dociles ne fût-ce que pour vous apprendre comment tenir jusqu’à la fin. Sinon, François Hollande risque de larguer les amarres avant l’échéance malgré son pari d’hier devant cet essaim de journalistes qui étaient prêts à exploiter le moindre lapsus : « Je ferai mon mandat pleinement, complètement, sans même me préoccuper de ma popularité qui est dans l’état que vous connaissez ».


Pourquoi je soutiens la candidature de Pierre Buyoya à la tête de l’OIF

C’est peut-être celui qui va succéder à Abdou Diouf. L’ancien président burundais Pierre Buyoya brigue la tête de la prestigieuse Organisation internationale de la Francophonie. Mais dans son pays d’origine, l’opinion est loin d’être unanime sur le soutien de sa candidature.

Pierre Buyoya au studio de RFI
Pierre Buyoya au studio de RFI

Le débat fait rage chez nous, au Burundi depuis que Pierre Buyoya brigue la tête  de l’OIF. Alors que l’ancien chef d’Etat burundais fait le tour du monde pour défendre sa candidature, deux camps se démarquent dans son pays d’origine. Les « pour » et les « contre ». Chacun y va de son argument, défend sa position et tente de la faire avaler à ses amis. Visiblement, personne n’a totalement raison, ni tort d’ailleurs. Intéressant non ? C’est l’un des acquis du Burundi : le débat démocratique et la liberté d’expression.

Les camps

Revenons sur les positions des uns et des autres. D’abord ceux qui rejettent sa candidature. Ils sont nombreux et certains n’ont pas la langue dans leur poche. La dernière intervention qui vient de provoquer un tollé général est celle de la nommée « maman nationale », Maggy, la fondatrice de la Maison Shalom. Elle n’a pas fait de concession et y est allée tout droit : « Pierre Buyoya devrait plutôt rester au Burundi et nous expliquer comment les évènements se sont produits. Il y a eu tellement de morts, et il n’a rien dit ! », lançait récemment tout net, la dame de fer, sur Radio France Internationale. Certains sont froissés par la teneur des mots utilisés. « Elle est allée trop loin », murmurent-ils. Mais au-delà de la réserve, caractère cher aux Burundais, une question se pose : n’aurait-elle pas exprimé tout haut ce que d’autres pensent tout bas ?

Les patriotes

En face, une autre opinion. Ceux qui soutiennent la candidature de P Buyoya. En tête, le gouvernement du Burundi. Fer de lance de leurs arguments, le patriotisme. « Les chicaneries internes c’est pour la maison ! Dans le concert des nations, nous restons unis et parlons d’une même voix», justifient-ils.

Et moi ?

Quel Burundais resterait de marbre ? Un compatriote veut briguer la tête de l’une des grandes institutions internationales. Ce n’est pas fréquent. C’est peut-être une aubaine pour le Burundi de faire parler de lui, de (re)faire surface sur la scène internationale après tant d’années de guerre. En plus, le candidat vient de faire ses preuves dans différentes organisations (UA, OIF…) qu’il a servies efficacement. Il a honoré le pays. Le reste, gardons la présomption d’innocence comme garde-fou. Bref, je le soutiens fermement.

Mais il ne m’a pas totalement convaincu

Il n’y avait pas d’échappatoire possible. La question devrait et a dû lui être posée. « Monsieur le président, vous avez renversé le pouvoir deux fois, n’est-ce pas un handicap à votre candidature ? » Sa réponse, toute faite : « En Afrique, le problème n’est pas comment on accède au pouvoir, mais ce que tu en fais » Really ? Quel Africain ignore que l’un des grands problèmes majeurs du continent est le non-respect du jeu démocratique ? Faut-il encore rappeler les pertes matérielles, en vies humaines… Des pertes qui constituent les dommages collatéraux des hommes qui ont pris le pouvoir par la force.

Quoique, je reconnais ceci

Le pays garde, toutefois, un héritage en or massif de cet homme : ouverture du jeu démocratique dans les années 90, Accord de Paix d’Arusha en 2000 mettant fin à la guerre civile. Suis-je finalement en train de confirmer, sans le savoir, sa thèse selon laquelle ce qui importe est ce qu’on fait du pouvoir tout en se fichant du reste ? Non et non ! Seulement nous avons affaire à un homme le plus mystérieux de la planète. Le politique qui prend deux fois le fauteuil présidentiel par la force pour ensuite organiser les élections, accepte de négocier, et enfin céder, dans les conditions les plus démocratiques du monde, le pouvoir. Serait cela son atout majeur pour sa candidature ? Peut-être.

En tout cas, je ne peux que pour le moment lui souhaiter bonne chance. Le reste, attendons le 30 novembre.

 

 


Africains…où allez-vous comme ça ?

Je n’avais jamais évoqué ces jeunes qui périssent sur les rives occidentales à la recherche de lendemains meilleurs. Mon intervention est anachronique. J’avoue. Mais il fallait un petit recul. Un moment de réflexion. Echanger. Comprendre.

Des migrants clandestins tentent de franchir l'Europe
Des migrants clandestins tentent d’atteindre l’Europe

Dans les faits, l’Afrique reste le continent le plus touché par le chômage et le sous-emploi sur toute la planète. Mieux, ce sont les chiffres qui le disent, des chiffres de l’OIT qui font frissonner : sur les 75 millions jeunes chômeurs que comptait la planète en 2013, pas moins de 38 millions étaient Africains. Rien à redire. Sauf que le monde ne tourne pas uniquement grâce aux constats. Heureusement.

Il est des vérités qui échappent à la raison humaine et qui défient les lois de la nature. Quel Africain, jeune diplômé, ne s’est jamais heurté à cette phrase de celui en qui il voyait déjà son futur patron : « Désolé jeune homme. Ma boîte est pleine à craquer. Je pense même licencier certains de mes employés pour faire face aux charges devenues de plus en plus insupportables ». Dur à digérer n’est-ce pas ? Mais le patron a mille fois raison. Il doit protéger son entreprise et lui assurer la survie. Le jeune diplômé doit faire avec. C’est en Afrique. Il faut toquer ailleurs, implorer, persévérer, parfois reléguer aux oubliettes son diplôme et accepter n’importe quoi pour ne pas finir comme le jeune Tunisien, détonateur du « printemps arabe ».

Paradoxe

Le décor est planté. Telle est l’Afrique. Du moins, telle qu’elle nous est projetée, ou telle que nous la présentons souvent. Mais en réalité, l’Afrique n’est pas que ça. C’est aussi d’autres phénomènes parfois « troublants », défiant ces mauvais sorts qui semblent coller à la peau de la jeunesse africaine. Qui n’a jamais vu ces jeunes qui donnent l’impression d’être des aimants, qui, à la première entrevue avec le boss, ont déjà décroché leur contrat en poche ? PS : nous sommes toujours en Afrique !

Ce que j’ai compris

Sont-ils des heureux élus ? Des extra-terrestres ? Bien sûr que non ! Leur secret ? Demandez-leur un rendez-vous et échangez avec eux. En moins de cinq minutes vous aurez tout compris. Voici la grande conclusion que je tire à chaque fois que la chance me sourit de m’assoir avec ces oiseaux rares : ils ne se focalisent jamais sur les problèmes. Plutôt aux solutions. Ce sont des types qui, visiblement, sont faits pour relever les défis. Une vie normale, la routine, ne les intéresse pas. Seul un terrain hostile les attire.

Quand les autres s’empressent pour fouler Lampedusa au péril de leur vie, eux, ils savent que l’Afrique est leur terre promise. Ils ne regardent jamais la société pour pleurer avec elle, mais lui apporter des solutions. Quand ils se présentent devant un chef d’entreprise, ce n’est pas pour lui exposer leurs déboires de chômeur que personne n’a pratiquement pas envie d’écouter, mais pour amener leur pierre à l’édifice. Ils ne demandent jamais de l’emploi, ils apportent leurs services. La suite coule toute seule : aucun patron ne veut une charge de plus dans sa boîte, surtout en Afrique. Tout le monde est en quête de ces têtes qui font avancer les choses pour maximiser le rendement. Voilà où tout se joue, au niveau de la mentalité.

Facile de classifier alors : Etes-vous de ceux qui cherchent de l’emploi ou de ceux qui apportent leurs services ? Ce qui est garanti, la nature a toujours de la place pour ces derniers. Pour les premiers, pas si sûr.


Yuan…Yes we take !

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Juste après Washington le président burundais Pierre Nkurunziza, s’est rendu en Chine où il a rencontré son homologue Xi Jinping. Une visite de six jours qui s’est soldée par une série d’accords de coopération bilatérale et des promesses de financement.

Les autres Chefs d’Etat africains se seraient fait avoir en rentrant directement chez eux après le sommet Etats-Unis/Afrique? Probablement. Pierre Nkurunziza, le président burundais, peut en être témoin. Quand ses homologues se concentraient sur la séance photo avec le couple présidentiel et la dernière poignée de main avec l’homme le plus puissant du monde, le président burundais rêvait déjà de la Chine.

Il n’a pas traîné les pieds. Et il avait raison. Juste après Washington, il s’est directement envolé pour Nanjing. Il fallait récupérer le temps perdu. Il fallait trouver des yuans à la place des dollars et des euros de plus en plus exigeants, tantôt demandant de respecter les droits de l’homme, tantôt obligeant de rester dans les strictes normes de la Constitution et  patati patata. Des contraintes pour des sommes dont on n’est même pas sûr que l’on pourra jouir en cas d’impossibilité de briguer un autre mandat pour leur déblocage.

Des résultats tintants

Stratégie politique oblige, les présidents africains auraient bien fait d’aller en visite en Chine qui est, pour eux, le premier pays de la liberté. Là, personne pour leur crier dessus, personne pour leur donner des leçons de gouvernance. Là, on parle affaires et rien qu’affaires. Et les résultats sont éloquents, tintants. Le 19 août 2014 après une visite de six jours, le Pierre Nkurunziza revient avec un don de 10 milliards de francs burundais (environ 6 millions de dollars). Sans oublier 1 milliard pour financer les élections de 2015, et 30 milliards comme prêt sans intérêt. Paf ! De quoi clouer au bec les Occidentaux qui se targuaient d’être les seuls détenteurs de sa destinée.

Et le message semble être clair. Si les Etats-Unis veulent vraiment conquérir le continent noir, ils n’ont qu’à mettre suffisamment la main à la poche et exiger moins en retour.


Les gauchers, régalez-vous!

Mes amis gauchers, le saviez-vous ? Hier le 13 août c’était votre fête. Moi je viens d’apprendre l’existence de la journée alors qu’elle est célébrée depuis 1976. Dans mon pays, au Burundi, c’est visiblement un non-évènement. Et chez vous ? Laissez-moi au moins partager avec vous le châtiment que j’ai eu pour être né gaucher.

Sur terrain a récolter des témoignages avec ma main gauche
Sur le  terrain à récolter des témoignages avec ma main gauche

 

J’ai été battu. J’ai été Discriminé pour un seul crime : écrire avec la main gauche. Et moi je murmurais : « Seigneur, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Oui ! Même si j’avais fredonné à haute voix la phrase du Seigneur Jésus-Christ, j’eusse eu mille fois raison. Mon institutrice de la première année primaire voulait me voir réussir. Elle me voulait du bien. Mon père, qui passait à chaque fois en classe, bâton au creux de sa main, pour voir si je n’avais pas encore réussi à passer mon stylo de la gauche à la main droite, se souciait aussi de mon avenir. Il me surprenait et me tapait sur les doigts.

Mais moi aussi j’étais un gamin très difficile. Insaisissable. Assis sur mon banc pupitre. A la première rangée juste devant ma maîtresse, j’étais le seul qui écrivait de gauche à droite tel un Imam qui recopie les sourates du Coran. Tout le monde s’inquiétait. J’étais un fantôme. Il fallait me redresser. Sauf qu’ « en me ramenant dans le droit chemin », j’ai passé quinze ans jusqu’en deuxième année à la fac, à travailler contre ma nature, à me violer, à faire souffrir ma main droite qui avait d’autres chats à fouetter notamment saluer les gens. Il a fallu un après-midi inoubliable, en plein cours, quand un ange me traversa pour me rappeler que je suis naturellement gaucher. C’était parti ! Le challenge venait de m’être lancé. J’avais le choix : relever le défi et redevenir moi-même ou me dire : « Personne ne l’a jamais fait, pourquoi tenter le coup ? » et me résigner. J’ai pris la première option. J’y ai cru. En moins d’un mois, j’avais oublié mes quinze ans de souffrance.

Un problème culturel

Un handicap, un mal éduqué… voilà ce à quoi sont souvent assimilés les gauchers au Burundi. Culture oblige, il ne faut pas écrire avec la main gauche, il ne faut pas manger avec la main gauche, il ne faut…il ne faut pas…il ne faut. Plusieurs sont victimes de ces barrières et ne parviennent pas à décoller détenus dans les chaînes culturelles. Ayant vécu le même enfer que moi, un ami a toujours eu de mauvaises notes à cause de son écriture illisible. Vous savez quoi ? J’ai défié tout ceci et je suis désormais bien dans ma peau. Et ne l’oubliez pas, les grands hommes sont parfois gauchers : demandez à Obama !

Vivent les gauchers et le 13 août.Obama gaucher


Sommet Etats-Unis/Afrique : ne vous laissez pas impressionner mon cher président

Perdu dans l’un des coins du Burundi, voici la lettre que j’envoie à mon président Pierre Nkurunziza qui est aux Etats-Unis à l’occasion d’un sommet historique.

Pierre Nkurunziza et John Kerry
Pierre Nkurunziza et John Kerry

Quand vous êtes parti, voici ce que certains Burundais ont dit : « Certainement que Barack Obama ou tout au moins le secrétaire d’Etat américain John Kerry va glisser un mot, en coulisse, à Pierre Nkurunziza sur ses intentions de briguer un troisième mandat ». Peut-être oui, peut-être non ! Qu’importe ? De toute façon vous n’êtes pas le seul devant la tentation, Monsieur le président.

Laissez-moi plutôt vous demander ceci. N’hésitez pas à regarder en face Barack Obama. Si jamais il vous parle de respect de la Constitution, j’espère qu’il ne le fera pas, parlez-lui de Gaza. S’il évoque le rétrécissement de l’espace démocratique, sortez-lui ses derniers aveux sur les cas de torture par ses services de renseignement après le 11-Septembre.
Il se peut que vous vous trouviez en position de faiblesse, n’hésitez pas de faire appel à vos homologues africains. Kagame est là, Paul Biya le vieux dinosaure du continent est également au rendez-vous. Vous êtes plus de cinquante face à un seul homme.

Bref, faites un bloc et négociez tous ensemble surtout pour ces accords d’échanges commerciaux. Formez les Etats-Unis d’Afrique face aux Etats-Unis d’Amérique. Malheureusement Mouammar Kadhafi le grand partisan du concept n’est plus. Et qui l’a tué ? Soit.

N’oubliez pas tout au moins de passer à Boston pour faire un petit coucou à cette Burundaise Fabiola Nizigama qui vient d’être primée par Obama pour sa promotion de la culture d’amarante. Pas seulement elle. Francine Niyonsaba, notre trésor en athlétisme, portée disparue dans les amphithéâtres américains. Dites-lui qu’elle manque à ses compatriotes et surtout révélez-lui que sa concurrente, la Kényane Eunice Sum, va l’effacer si elle ne revient pas vite sur la piste.

Du reste, j’espère que vous passez un excellent séjour au pays de l’oncle Sam.

Merci, Monsieur le président


Israël vs Palestine : pour l’amour du ciel, stop killing

IMG_20140722_084928Je ne suis ni arabe, ni asiatique, encore moins un juif ni palestinien, mais un être humain. Je ne suis ni un spécialiste politologue, ni un historien, je ne sais pas quoi d’autre, mais juste une voix parmi ces milliards d’autres au travers des quatre coins du monde qui crient halte à cette boucherie.

Au conflit israélo-palestinien, je n’y vois que des étincelles. J’ignore les tenants et les aboutissants de ces chicaneries éternelles. Mais ces images des enfants sacrifiés sur l’autel de la « conquête de la terre sainte » que nous relaient les chaînes internationales me scient comme le serait toute autre âme sensible.

Certes vous me direz que la politique se fiche carrément de l’émotionnel. Voilà où tout m’échappe me demandant ce qu’est la politique au final ? Si ce massacre, parfois des innocents sans défense, peut être réduit dans un seul mot : émoi, c’est quoi et à quoi sert la politique ?

Ces vies innocentes détruites

Comme ironisait Benyamin Netanyahu, premier ministre de l’Etat hébreux : « Dans ce genre de conflit, il y a toujours des victimes. Dommage ! » Je ne défends personne. Ici je ne dis rien de ces combattants du Hamas qui sont accusés de faire des civils des boucliers humains. Je parle seulement de ces vies innocentes détruites, qui ignorent, peut-être comme moi, la raison d’être d’un si meurtrier conflit, totalement absurde pour certains.

Et comme c’est toujours de la politique avec ses raisons que la raison elle-même n’a pas, nous verrons les pays censés jouer l’apaisement souffler le chaud et le froid ne sachant pas quelle position prendre comme si c’était ambigu. Et pourtant, c’est plus simple à dire qu’à faire me direz-vous : empêchez d’abord de tuer ces innocents qui ne peuvent pas se défendre. Le reste, c’est de la politique. Et vous avez le droit d’en faire ce que vous voulez.

PS : A propos de la « photo d’illustration », je ne suis ni dessinateur, ni caricaturiste, d’où une image si fignolée.


Une leçon pour le Brésil : vaut mieux les bons que les grands joueurs

images 3Tout le monde en a parlé. Chacun a eu l’occasion de mettre son grain de sel. Les plus émotionnels ont eu le temps de pleurer leur Seleçao crucifiée. Essuyons les larmes et regardons la réalité en face pour comprendre ce qui s’est réellement passé à cette pauvre équipe du Brésil. Rien n’a vraiment pas étonné sauf ce score rocambolesque de 7-1.

Un scénario qui peut arriver, selon moi, à n’importe quelle formation, se trouvant dans les mêmes conditions que les Brésiliens. Souvenez-vous de la déconfiture vécue par les Catalans en demi-finale de la ligue des champions en 2013 devant presque les mêmes monstres allemands mais cette fois-ci du Bayern de Munich.

Quatre buts au match-aller et trois autres au retour. Quelle liaison entre le Brésil d’hier et le Barcelone de 2013 ? Le premier soufrait de l’absence de sa pépite Neymar et de son capitaine Silva tandis que les Catalans se sont jetés dans la gueule allemande sans leur bouclier Messi.

La face cachée d’avoir un grand joueur

C’est peut-être une malédiction d’avoir un grand nom dans son équipe. Pourquoi ? Simple comme explication : un joueur sort de la masse. Il se démarque. Il fait des prodiges. Toute l’attention est portée sur lui. Les supporters, les joueurs, voire le coach, savent désormais qu’il faut absolument passer par le « grand joueur » pour gagner. De facto, le jeu est construit autour de lui.

Et sans surprise, le jour où il a des problèmes pour enfin ne pas se présenter sur terrain, c’est le clash. L’équipe se perd. Et ça les coachs le savent très bien mais, bizarrement, n’y peuvent rien. C’est le foot, il faut gagner ! Le reste, on verra. C’est ce qui coûte cher à la plupart des « grandes équipes », plutôt des équipes aux grands noms.

Avec ces revers, vaut mieux une formation de bons joueurs tels l’Allemagne sans grande star qui sort du groupe, l’Algérie avec un collectif exceptionnel où tout nom est capable de marquer, de même que l’Egypte qui mettait à genou les « grandes » nations du football africain (Cameroun, Côte d’Ivoire,…) qu’une équipe de grands joueurs qui gagne en creusant sa propre tombe.


CM 2014 : Franchement, pourquoi toujours l’Afrique ?

index« Qui n’avance pas recule », ai-je l’habitude d’entendre de la bouche des sages. Mais visiblement les Africains semblent faire la tête à ce conseil pourtant si puissant. En retour, ils n’arrêtent pas d’en faire les frais au grand prix. La preuve : cette coupe du monde qui fait la joie des peuples de tous les continents sauf, malheureusement, ceux de l’Afrique. L’histoire retient les exploits du Cameroun et récemment du Ghana qui, tous, sont parvenus en quart de finale de la compétition. Très loin non ? Le terrain vient de le prouver.
Voilà que ces nations viennent de se faire éliminer toutes en huitième de finale. Faut-il les en vouloir? Sportivement non ! Aucun de ces pays n’était favori que l’Espagne qui a subi la plus grande des humiliations de l’histoire de la Coupe du monde. Mais techniquement et du point de vue organisationnelle, les Africains ont de quoi s’enrager contre ces pays. Ce n’est pas un scoop : les Lions Indomptables, les Eléphants, les Supers Eagles et les Blacks Stars ont laissé filtrer le même signal avant leur élimination tel un complot digne d’un film hollywoodien : « le gouvernement a refusé de nous donner nos primes. Alors, nous n’entrons pas sur terrain », chantaient malheureusement, toute honte bue, ces joueurs africains devant les micros. Le Cameroun a failli même rester à la maison (il aurait fait mieux d’ailleurs). Jamais je n’ai entendu un autre pays d’un autre continent se laisser entacher par une telle honte. Une spécialité pour l’Afrique donc. Pourquoi? Manque de vision des autorités qui ne donnent pas le nécessaire à temps à leurs équipes ? Des joueurs qui ne savent vraiment pas ce qu’ils cherchent car après l’argent il y a l’honneur, la dignité nationale et du continent à défendre ? Aucune réponse !
Autre élément agaçant, très agaçant. Cette phrase qu’est devenue la chanson des supporters, des journalistes, même des joueurs parfois, commentant « nos » défaites: « l’équipe avait montré un bon jeu. Elle avait dominé le match ! » Ok ! Personne ne dit le contraire. Et pourtant elle a perdu. Pourquoi c’est toujours l’Afrique ? Le football c’est n’est pas le spectacle. C’est la victoire.
De grâce, épargnez-nous de ces idées farfelues pour se tirer d’affaire et ramenez-nous la victoire. Sinon l’Afrique restera le seul endroit au monde où on peut avoir le talent, les moyens, le bon jeu et, hélas, manquer les buts.


Burundi : « Ah oui ! Vous auriez dû au moins nous informer »

IMG_20140621_110709Qui ne les a pas vus ? Des occidentaux qui faisaient le tour de Bujumbura, il n y a même pas deux mois, parfois suspendus sur les clôtures de différents établissements, à afficher des gros portraits. Tantôt : « Blandine, vendeuse des oranges », pouvait-on lire comme légende-photo. Tantôt : « Eric, le cordonnier ». Des noms et des visages qui donnaient à réfléchir, qui déterrait le vrai vécu et parfois la misère de pas mal de Burundais : nul n’ignore les souffrances de ces femmes vendeuses de fruit dans la capitale Bujumbura qui sont devenues de vraies proies que la police traque par tous les moyens.
Le geste était-ce pour honorer ces braves mamans qui se battent bec et ongles pour la survie de leurs familles? Ce fût-t-il pour une autre raison ? On ne le saura jamais ! En retour, comme par (in)gratitude, toutes ces belles images sont déchirées en moins d’un moins. Des visages déjà méconnaissables peints à la braise, sans parler de ceux qui feront les délices de ces mêmes vendeuses de fruit qui se frottent les mains d’avoir trouvé des emballages gratuits pour leur business. Comme quoi le Mahatma avait raison : « tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi ».


La coupe du monde au Burundi? Désolé moi j’y crois !

photo.phpPour une première fois, voici une publication, certes inattendue, qui a fait le tour des réseaux sociaux mais, étrangement, qui n’a suscité aucun remous : Sepp Blatter, président de la FIFA, exhibant la carte sur laquelle est marqué, noir sur blanc : « Burundi » comme pays hôte de la Coupe du monde 2022. Coup d’Etat contre le Qatar ? Non ! Disons plutôt justice pour le football. Car ce n’est plus un secret pour personne avec l’histoire d’achat des votes. Sauf que ce beau pays au cœur d’Afrique, nation du foot que le Qatar d’ailleurs, n’a pas besoin de compter sur la déchéance des corrompus et corrupteurs pour être l’heureux élu.
La photo fut absolument un montage grossier. Mais une chose me choqua : personne n’a commenté la publication ne fus ce que pour afficher son pessimisme ou dénoncer le caractère irréaliste de l’internaute qui s’est laissé traverser par une pensée pareille. Personne n’a perdu son temps, n’a gaspillé sa connexion-en Afrique elle coûte chère-pour s’exprimer là-dessus. Comme si le Burundi ne peut ou ne pourra jamais organiser un tel évènement.
Eh bien ! Aux incrédules, laissez-moi vous insulter: vous avez la mémoire courte ! Demandez aux Sud-Coréens où est-ce qu’ils en étaient il n’y a même pas un siècle. La Singapour, la Chine,…Je n’ai pas besoin de votre contre-exemple ! Il y en a plusieurs : Nous sommes en Afrique…blablabla ! So what ? Je vous dis tout simplement ceci : le Burundi est un pays comme tous les autres qui peut s’en sortir. Ce qui a marché ailleurs peut marcher chez nous.
Traitez-moi d’irréaliste, utopique, irrationnel, voire…cinglé ! Tout ce que vous voulez. I’m sorry ! Moi j’y crois !


Walaï…J’en ai marre avec les réseaux sociaux

Reso fotoFacebook, Twitter, You tube, Google +,…je n’en savais que ceux-là. Il faudra des bombardements incessants de « tel veut que vous rejoigniez son réseau » dans ma boîte mail pour apprendre que les quatre ne sont qu’une une goutte dans l’océan.
Comme si Watsapp ne suffisait pas pour concurrencer Facebook. Et Instagram s’invita. Le tout pour partager la belle vie en images. Mais les pros, plus sérieux, n’y trouvent rien qui leur convient. Il faudra que les génies du web et de l’informatique s’ensablent de nouveau dans leurs labos pour revenir à la surface avec Linkedln : un réseau des hommes d’affaires, des chefs d’entreprise, des intellos,…Il faut parler « affaires » hein ?! Quoi encore ? La liste est longue : tumblr, pinterest, Digg, Stumble Upon,…
Le plus dur : il faut avoir un mot de passe pour chacun. De quoi donner le tournis à ceux qui ont la mémoire courte, mais qui veulent être omniprésents. Certains vont jusqu’à avoir des carnets dédiés aux mots de passe. Et le plus incompréhensible : la plupart de ces outils offrent un même service. Les uns, comme si c’était une solution, préfèrent s’effacer totalement sur tous ces réseaux agacés par ce harcèlement virtuel. Ce qui pose vraiment la question de savoir si cela vaut la peine d’être présent partout. Mais ce qui est sûr, les réseaux sociaux sont d’une importance capitale. Et puis par ailleurs, n’eut été eux, certains d’entre vous ne seraient pas en train de me lire…
Après tout Vivent les réseaux sociaux !!!


Burundi : sans blague… du respect pour nos héros

Que ce soit pour le prince Louis Rwagasore, le héros de l’indépendance, ou Melchior Ndadaye, monument de l’histoire pour le combat démocratique, les bustes mal faits de nos héros n’ont pas manqué de faire parler d’eux ces derniers temps. Encore un autre…

Le buste suposé être du Prince Louis Rwagasore
Le buste supposé être du prince Louis Rwagasore

L’image est frappante. Bien positionnée. Haut placée. A la croisée de chemins. Et tout érigé au chef-lieu de la province Kayanza (au nord du Burundi). Ceux qui viennent du Rwanda, de l’Ouganda, de la Tanzanie, de la RD Congo se voient obligés de tourner un peu le regard pour contempler cette statue, aux yeux blancs comme la neige, grandement ouverts, bien chevelue, avec de ce qui peut ressembler au rouge à lèvres telle une nana bien maquillée. Même les Burundais supposés expliquer à leurs camarades de voyage quel est ce personnage historique si exhibé ne parviennent pas à démêler sa vraie identité.
Un héros certes, mais pas de notre génération. Personne ne lui ressemble des contemporains. Alors, fouillons dans l’histoire : peut-être…Mwezi Gisabo, le roi qui opposa une résistance farouche face à l’invasion allemande en 1896 ? Non ! A l’époque, les costumes n’avaient pas encore franchi la Méditerranée. Ah ! Situons-nous dans le temps pour ne plus se perdre. A l’arrivée de la civilisation occidentale où l’on jeta le tissu en ficus pour se mouler dans des costumee-cravates. Serait-il le roi Mwambutsa, intronisé à l’âge de trois ans en 1915, à la mort inattendue de son père Mutaga ? Pas du tout. Sa tête chauve le disqualifie. Ou alors son fils Charles Ndizeye, le dernier monarque du Burundi  ? Non plus ! Le type était beau gosse, teint clair, jeune, mais là, il s’agit d’un homme qui prend de plus en plus de l’âge, très black. Disons…Ntunguka : mais…lui, avec tout le respect, reconnaissant également toute sa bravoure des années 60, son combat pour que le Burundi puisse se défaire de l’emprise belge jusqu’à être surnommé le « grand pétitionnaire », il n’a pas pu accumuler assez de célébrité pour qu’un pays lui consacre tout un monument. Qui c’est alors ? Attends ! Un indice. En bas de l’édifice, lit-on une date : 1er juillet 1962 : jour de l’indépendance du Burundi. Et sans nul doute, le seul nom y relié : le prince Louis Rwagasore, qui est allé jusqu’à avoir une balle dans la tête pour que son pays retrouve la liberté. Et c’est lui que la statue représente ? Quelle raillerie !

La photo du Prince Louis Rwagasore
La photo du prince Louis Rwagasore