Hadson Archange ALBERT

Pas question que la canaille monte!

Photo: Le Nouvelliste
Photo: Le Nouvelliste

Pas question que la canaille monte à Pétion-ville. La machine répressive est automatiquement activée dès qu’elle aborde l’entrée de la cité. C’est du moins ce que démontrent les faits. Les autorités montent souvent la garde afin que les récurrentes manifestations de l’opposition n’atteignent pas la ville. Matraques. Tirs mortels. Gaz lacrymogènes. Arrestations. Seule la violence leur parait possible pour dévier une telle intention.

Malgré le triste et flagrant contraste de son environnement, Pétion-ville reste le berceau des nantis. C’est ici qu’ils coffrent leurs richesses. C’est un peu comme on le prétend : la ville commerciale. Donc, qu’Ali baba se tienne loin de la caverne ! Surtout, que nos entrepreneurs gardent encore le cauchemar des soulèvements populaires de 2006 et 2008.

Pourtant la canaille veut toujours monter. Inconfortable dans ses conditions déshumanisantes, elle veut toujours grimper la barre sociale. Du coup, elle devient une menace aux yeux de la minorité dominante  qui lui rappelle- de quelconque manière-sa petite limite marginale.

La canaille veut monter parce qu’elle saisit tout en bloc. La disharmonieuse classique Liberté, Egalité, Fraternité que lui braillent ses prétendants le plonge dans un fantasme dégénératif. Leurs cacophonies délirantes lui font confondre sa désillusion avec son illusion. Le problème c’est que tous veulent mener la baguette. Tous veulent diriger l’orchestre politique. L’on a vu pourtant que même un musicien de carrière n’est pas à la hauteur de cette tâche.

Partant de ce contexte, la victime n’est pas si innocente de sa fatalité. Ne vous y trompez pas : Vox Dei, Vox Populi, Vox Satani ! C’est dans ses droits et devoirs de sélectionner ses dirigeants qu’on soupçonne un trait de sadomasochisme. Elle prend goût dans son mal. Elle vivote dans son état. Elle choisit des ogres les plus malveillants pour mener son destin.

La canaille est souffrante. Elle est schizophrène. Elle est confuse dans sa démarche vers l’ascendance sociale. Ses courtisans en profitent bien. Ils forment, déforment, transforment des groupes à son bonheur et à son malheur. C’est un suspens effrayant que l’on vit à se questionner sur ce que nous réserve la fin de ce film.

Le destin dépend toujours de nos choix dans le présent. La canaille sait très bien que la façon qu’on fait son lit détermine comment l’on se couche. Son futur ne sera que par de fermes décisions et non des risques que des ignorants le mèneront au sommet.

 


Ce pays et son avenir

Haitian Times

 

Crédit: The Haitian Times

Quels mots peuvent décrire l’épaisse brume qui aveugle l’avenir de ce pays ?  Nous venons de franchir le seuil du vide et tout ce qui nous entoure n’est que vanité. Quel peine d’entendre ce funeste crescendo qui nous entrainent à la déshumanisation ! Combien d’entre nous ressentent le froid du fond qui frôle  notre dos ?

Il est dommage qu’il n’existe encore que des fabulistes impudents qui s’intéressent au sort de ce pays. Alors que si nous méprisons le son du glas de notre conscience nous chuterons collectivement vers le suicide. Que reste-t-il à extraire dans cette mamelle de peau pour que nous remettions la charge de notre destin à des gourous qui ne réfléchissent qu’au biais de leur intestin ?

En mandatant ces rébarbatifs, nous avons touché au paroxysme de l’ignominie qui nous exposent à la honte. Aujourd’hui, Haïti doit se rendre compte qu’il est bien plus noble qu’une République de banana. Ce dénominatif ne reflète guère notre identité.

L’hystérie collective qui nous embrase nous débarrasse de notre fier scrupule et nous encloue dans des salissures instinctives. L’issue que nous abordons sereinement propage une odeur pestilentielle d’hécatombe. Nous y échapperons non sans réveiller notre ego social.

Notre devoir est de ne pas négocier ce que nous sommes contre des offres venimeuses. L’humanisme doit broyer  l’inertie cérébrale, sinon il est inutile de pousser notre imagination sur le futur.

Il n’est du devoir des saints logeant ni les hauteurs, ni les profondeurs. Encore moins de circonstances fortuites ou de l’intervention politique du bon voisinage. Jamais, il n’est que du devoir des arbres de la forêt de ne plus fournir de manche à la hache.

 


Haïti ou le pays de la survivance !

youphil

 

Crédit: Youphil.com

Deux heures passées devant mon téléviseur à regarder ce documentaire me suffiront pour apprendre l’essentiel sur les rats et leur mode vie. La vie de ce pauvre animal inoffensif dépend totalement de la survivance. Sa nature s’adapte automatiquement aux saletés repoussantes, aux lieux immondes et aux conditions malsaines dans lesquelles vit ce malheureux petit être.  Au péril de sa vie, le rat se maintient en vie.

La société haïtienne actuelle s’identifie, malheureusement, à une colonie de rats. Impossible de changer sa situation, elle se laisse fatalement emporter par le courant. Par le refus de continuer à se battre, cette société semble quotidiennement perdre certains sentiments d’homme. Le Titanic s’écroule et l’on danse sur le pont sans se soucier des flots qui envahissent le vaisseau.

En attendant la fin on se résigne à la situation, s’adapte à l’environnement, accepte n’importe quoi de n’importe qui. Dans nos marchés, c’est dans un bourbier puant, décoré de monceaux d’immondices que nous échangeons nos produits. C’est avec crainte de se faire froidement abattre que nous côtoyons les rues, les banques. Dans un pays où nos droits soient ou un risque ou un luxe.

Mais, c’est surtout avec fierté que nos politiciens nous humilient par leur ignominie dans les affaires internationales. Ils sont plutôt adroits à nous assommer à coup de crosses de révolver quand nos questions se révèlent trop pertinentes. Des chefs imprégnés par la volupté, le syndrome de grouiller en tout et partout. Sous nos yeux, sans remords ni regrets.

Nous vivotons dans une crise alimentaire accrue. Plusieurs régions du pays sont frappées de sécheresse et le déboisement continue sans inquiéter. Aucune stricte mesure n’est prise. Les paysans se plaignent à des responsables dont la conscience est deux fois morte. C’est avec dédain que nos autorités abordent les questions vitales à cette société. Aveuglés par leur insatiabilité et leur soif de gagner encore, toujours et beaucoup plus.

Nos valeurs s’effritent. Notre jeunesse est aux abois. Bref, nous nous perdons dans une crise d’identité sans précédent. Nous restons au niveau inférieur dans les classements mondiaux. Ces derniers temps Haïti n’est représentatif que sur la scène littéraire mondiale. Vogue la galère ! Il suffit que nous soyons en vie.

Notre passé et notre présent nous alertent que le futur s’annonce funeste. Cependant, comme des rats nous acceptons notre situation telle qu’elle se présente. Notre vie s’assure par la survie sans prévision, ni responsabilité face à ce don. La vie humaine ne peut ainsi se définir.  La nature de l’homme le responsabilise face à l’environnement pour améliorer ses conditions. Vivre a un prix !

 

 


Quelle issue pour la jeunesse haïtienne ?

jeune

 

Crédit : Fokal

Tranquillement assis au fond du bus qui m’emmènera au centre-ville, j’écoute cette dispute entre ce passager sexagénaire et un jeune ”Bèf chenn ”.  Pour finir avec l’affaire, ce dernier crie : ”Sale génération de 1986 !”. Ce juron exprime la rage de toute une génération désappointé par un système politico-social depuis plus de 25 ans. La jeunesse haïtienne.

C’est une majorité sociale en verve qui subit les retombées de la gérontocratie et de la dérive politique. L’espoir de croire en un futur meilleur se décline tant la crise sociopolitique n’en finit plus de frapper la jeunesse. Haïti n’investit plus dans l’avenir. Les valeurs s’effritent, l’éducation touche le fond du précipice, le chômage s’intensifie, etc.

Certains, sans résister, se laissent emporter par le courant ravageur. Ils sont sciemment contrôlés et abusés par la dérive systémique. La réussite est trop souvent le prix d’un sacrifice qui expie la moralité et la dignité. C’est au prix de leur chair que des jeunes obtiennent un travail qui assure à peine leur survie.

Des programmes de l’Etat prétextant être conçus à encadrer les jeunes ne servent qu’à leur ruine. A plusieurs coins de rues, des jeunes portant la tunique du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) brandissent une bannière pour assurer la circulation piétonne. Ne méritent-ils que ce traitement de faveur ?

Difficile de circuler dans les rues de la capitale sans rencontrer un ”Baz”. Du football à la politique, du sexe à la musique, leurs sujets de discussions tournent en bouclent. Toujours les mêmes redondances. Cette oisiveté critique est la cause de nos plus grands maux sociaux : grossesse précoce, insécurité sociale, prostitution déguisée, ”zokikisme”, etc.

La musique que chantent ces jeunes est l’expression du dégout pour la vie qu’ils mènent. Le rythme ainsi que les mots décrivent la résignation à leur désillusion. Ces temps-ci les jeunes se dévoilent comme des néologistes fatalistes. Les noms ”Ti Mamoun, Bredjenn”, etc. sont des figures représentatives de leurs remarques quotidiennes. Ils préfèrent considérer le superflu, car la pente est trop raide pour pouvoir y remonter et atteindre le sommet.

Parallèlement, les conditions de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH)- lieu culte de l’intelligencia haïtien-deviennent de plus en plus lamentables et les chances d’y accéder s’amenuisent. Chaque année des dizaines de milliers de jeunes échouent au concours d’admission après une étude classique fort souvent bâclée.

Fatigués d’accumuler les échecs, l’unique espoir pour beaucoup d’entre eux serait de fouler une terre étrangère. Et, pour arriver à Rome, tous les moyens sont bons. Certains ne pensent jamais refouler cette terre maudite.

Haïti doit incontestablement repenser sa politique pour la jeunesse pour sauver le faible reste. L’administration publique doit réduire les postes de l’ancienne génération afin de permettre aux jeunes de prendre le relais. Celle-ci est d’autant plus urgente dans la société moderne où la nouvelle génération se révèle toujours comme la force motrice sociale.

*Bèf chenn : En Haïti, gens qui attirent les passagers vers les transports publics.

*Sale génération de 1986 : Se dit de la génération qui a éjecté François Duvalier du pouvoir et implantée la démocratie en Haïti.

 

*Baz : Groupe de personnes oisives et passives se réunissant généralement.

 

*Zokikisme ou Zokiki: Terme récent dans le créole haitien désignant le phénomène de la pédophilie rageuse.

 

*Ti Mamoune : Titre musicale portant le nom d’une jeune fille et raconte sa réalité de survie.

 

Bredjenn : Mouvement social de la jeunesse, surtout anticonformiste véhiculé dans certaines musiques.

 

 


Une pensée spéciale pour le Népal !

bougie Nepal

 

Crédit photo : divinatix.com

Mes prières s’adressent au peuple népalais en ce moment tragique. Je sais reconnaître quand la terre gronde, qu’elle veut avaler ses fils, et  je ne sais pour quelle raison. Ces torrents de larmes et de désespoir, je les connais parce que je les ai vécus.

Quand tout s’ébranle autour de vous instantanément, que des infrastructures s’écroulent avec votre âme… Quand les cadavres se multiplient, que les corps de nos proches sont entassés sous nos yeux…

Quand nous alertent les cris désespérés de nos frères enfouis sous des cubes de bétons… Quand des familles entières recherchent des membres disparus et que les lueurs d’espoir de les retrouver s’assombrissent… Qu’on se demande quel mal a-t-on fait aux dieux ?

Je ne pourrais rester indifférent face à votre situation.Je partage votre peine.

Quelle amertume ! Quand quelques secondes suffisent pour faire disparaître des siècles de travail, de vie l. Je ne sais pas pourquoi notre mère, la terre nous attriste autant. Je sais qu’après avoir surmonté ces peines, votre courage redoublera..

Toute ma sympathie et affection ! Seul votre courage vous aidera à traverser cette épreuve. Je suis de tout coeur avec vous.


Le Réseau des Blogueurs d’Haiti atterit la blogosphère sur l’île !

WP_000713Photo : Fofana Baba Idriss

Le Réseau de Blogueurs d’Haïti (RBH) a introduit la blogosphère en Haïti le samedi 29 mars 2015 sur la terrasse du Centre Pen à Thomassin 32. Gotson Pierre, journaliste et membre du groupe Média Alternatif, Amélie Baron, correspondante de la RFI, Fofana Baba Idriss, membre de l’OIF, Eric Bernard des Médias Sociaux pour le Développement (MESODEV) et Wilney Taris pour le RBH ont intervenu à tour de rôle à cette première.

C’est à Thomassin 32, zone située en haut de Pétion Ville que le Réseau des Blogueurs d’Haïti (RBH) a introduit la blogosphère au public Haïtien. L’évènement s’est passé le samedi 29 mars dernier. Gotson Pierre, Amélie Baron, Fofana Baba Idriss, Eric Bernard et Wilney Taris intervenait alternativement autour du thème de ladite journée « Blogosphère et liberté d’expression en Haïti ».

Le RBH entend créer une plateforme de blogueurs où les haïtiens peuvent s’exprimer librement. Une initiative prometteuse et pleine d’ambition.

Ce projet s’organise en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie et le Centre Pen Haïti. Le directeur régional de l’OIF en Haïti, M. David Bonga a exprimé sa satisfaction et sa détermination à accompagner le projet. De son coté, Wilney Taris parle de son enthousiasme et garde sa positivité pour l’avenir.

L’auditoire, composé majoritairement de jeunes, écoutaient attentivement et réagissaient vivement au moment opportun. Les jeunes participants ont manifesté leur intérêt à avoir participé à l’initiative. Beaucoup se disent prêt à s’engager de plain-pied dans ce mouvement.

Au rappel, le Réseau de Blogueurs d’Haïti est une association majoritairement composé de Mondoblogueurs haïtiens.


Paris a gagné le pari !!!

 

Ce mercredi 11 mars 2015 marquait les huitièmes de finale retour de la Ligue des champions. Le Paris Saint-Germain se déplaçait à Londres pour affronter les Blues de Chelsea qui étaient en ballottage favorable après le résultat du match aller [1-1]. Réduits à dix depuis la 25e minute, les Parisiens ont arraché un nul [2-2] au terme d’un match sensationnel et filent aux quarts de finale de la Ligue des champions.

 

Ils sont les héros incontestés des huitièmes de finale aller de la C1. Les joueurs du PSG se sont prouvés et ont pris leur vengeance sur les Blues de Chelsea dans l’antre du Stamford Bridge. Jusqu’à la 25e minute, tout allait bien pour les hommes de Laurent Blanc qui voyaient leur effectif réduit à dix. En effet, Zlatan a écopé d’un carton rouge et retrouvé rapidement les vestiaires après un tacle apparemment violent sur le milieu londonien Oscar. Une décision très contestée dans les rangs français, mais qui ne permettrait pas aux Anglais de prendre l’avantage.

Le score final restait vierge jusqu’à la mi-temps. Les joueurs de José Mourinho ne prenaient que rarement l’avantage face à un PSG plus que motivé et des joueurs doués. A la 70e minute, Gary Cahill profitait d’une mauvaise lancée de la défense parisienne après un cafouillage pour surclasser Sirigu avec une frappe puissante. 1-0 pour Chelsea !

Mais, cela ne diminuait en rien à la motivation parisienne. Deux changements revigoraient l’énergie des natifs du Parc des Princes. Ezequiel Lavezzi et Adrian Rabiot remplaçaient respectivement Blaise Matuidi et Marco Verrati. A la 80e minute, David Luiz scorait de la tête suite à un corner et renvoyait le match à la prolongation.

Dès l’entame des prolongations, Chelsea obtenait un penalty après une touche de balle à la main de Thiaggo Silva dans la surface. Eden Hazard transformait l’offrande et les Blues avaient de nouveau l’avantage [2-1]. Mais, suite à un coup de pied de coin, Thiaggo Silva se repêchait par cette tête qui longeait l’équerre de Thibaut Courtois et envoyait Paris aux quarts [113e].

Et Mourinho ?

mourinho

 

 

Le jeu s’arrêtera là, mais c’était plus qu’un match pour le PSG. Les critiques médiatiques attendaient sans doute le coach parisien, Laurent Blanc, qui n’avait pas pu conserver l’avantage malgré une large victoire à domicile lors du match aller [3-1] la saison passée.

La honte à Mourinho qui s’enivrait du tirage du PSG comme le tirage idéal. Il a bien avoué sa déception, mais tacle quand même audacieusement l’arbitrage qui pourtant paraissait en sa faveur. De surcroît, le premier buteur du club français, David Luiz promettait de démontrer que Mou n’était pas le Special One dont il se vante. Les deux hommes ont eu des antécédents et se regardent en ennemis depuis.

Par ailleurs les quarts de finale de la Coupe d’Europe s’annoncent comme un duel de la Ligue 1 face à la Premier League anglaise. En effet, les cadors des deux championnats s’affrontent dans cette phase. Attendons voir, les résultats de la semaine prochaine avec surtout un Monaco-Arsenal. Les Français mènent déjà par trois buts à un et gardent un large avantage pour ce match.


Dix croyances superstitieuses pour reconnaître un Haïtien

 

La superstition est un fait déterminant dans la culture haïtienne. Un Haïtien observe scrupuleusement des pratiques superstitieuses acquises dès l’enfance. Des routines parfois bizarres qui définissent l’identité de ce peuple. Parmi ces pratiques superstitieuses, en voici dix (10) fortement observées qui vous permettront de détecter un Haïtien.

  1. L’Haïtien n’enjambera pas les offrandes placées dans un carrefour

Haïti est un pays où la religion vaudou est très pratiquée. Généralement, les adeptes de cette dernière posent des sacrifices dédiés à leurs dieux en plein carrefour. Même s’il est un opposant farouche à ce dogme, un Haïtien contournera prudemment l’offrande. Si le fait oblige, il serait même prêt à faire demi-tour. Le tout pour éviter les foudres des dieux vaudou.

  1. Le crachat après l’urine

En Haïti, on crache après avoir uriné. Ceci est tout d’abord une règle chez les petits enfants. Les plus grands racontent aux plus petits qu’il ne faut jamais oublier de cracher après le pipi. Pourquoi ? Pour empêcher aux autres copains d’accaparer sa vigueur. Si cela paraît être une argutie pour vous, croyez-moi ou non, il est difficile de voir un Haïtien uriner sans avoir fait ce geste.

  1. Baiser la paume quand ça gratte

Si c’est un réflexe dans les autres cultures de se gratter la paume, chez les Haïtiens l’interprétation est différente.On raconte que les paumes qui grattent, cela signifie une rentrée d’argent sous peu. Plus ça gratte, plus vous aurez d’argent. De fait, ne vous frottez pas les mains, appliquez plutôt vos lèvres là-dessus par un saint baiser. Un moyen sûr d’attraper un microbe ?

  1. Ne jamais frapper un Haïtien avec un balai

Attention, ceci n’est pas un jeu ! Vous resterez célibataire toute votre vie si vous vous faites frapper par un balai. C’est du moins l’interprétation haïtienne du fait. C’est un accident à éviter vu que le mariage est une institution honorifique (surtout pour les femmes).

  1. Ne pas balayer la nuit, ça porte malheur 

Passé le balai est un acte de nettoyage qui se fait en plein jour. Dans la soirée pourront, surtout pas afin d’éviter les malheurs.Le ramassis ne doit pas dépasser le seuil de la porte.

  1. Interdiction de parler ce qu’on a vu la nuit

Nous sommes un peuple nyctophobe, il faut le reconnaître ! De ce fait, la tradition interdit que l’on dévoile tout événement ayant une portée mystique que l’on a vu ou vécu la nuit avant trois (3) jours. Une révélation qui porterait malheur selon les dires.

  1.  Que veut dire se mordre la langue en Haïti ?

Si les dents ont tendance à entailler la langue à cause de leur proximité, en Haïti le fait est irrationnellement interprété. Une personne qui se mord la langue croit généralement qu’elle se fait calomnier au moment même. Du coup, elle se met à imaginer toutes les personnes dont elle pourrait être victime.

  1. Se heurter contre une pierre

C’est une chose que l’on ne peut éviter ! Se cogner le pied est énervant. La colère s’amplifie selon la marque de la chaussure portée. En Haïti, c’est aussi un signe que vous allez rencontrer une connaissance au cours de votre itinéraire. Si c’est le pied gauche, c’est un homme et vice-versa.

  1. Ne pas se faire visiter par un papillon noir

Si le papillon noir est un composant de la nature, dans l’île il n’est pas ainsi perçu. Un papillon noir qui rend visite cela peut avoir beaucoup de signification. Il peut être vu comme l’ange de la mort. Une autre interprétation est qu’il représente un ancien membre de la famille décédé venant rendre visite.

10- Faites-vous laver les mains si vous vous rendez visite à la famille du défunt après les obsèques

Une pratique très en vogue, surtout dans les campagnes. Généralement, un récipient d’eau avec des feuilles d’oranger est mis à l’entrée de la maison du défunt après son enterrement pour que les visiteurs puissent se laver les mains. L’on ne sait pas trop pourquoi, mais en Haïti des rites sont très observés pour détourner toute éventuelle attaque du défunt.

 


Je dénonce le racisme dominicain!

stop racisme

 

Pour dénoncer le racisme et le barbarisme de la République Dominicaine contre nos compatriotes Haitiens vivant à l’est de l’ile, le Réseau des Blogueurs Haitiens manifestent virtuellement leur opposition face à ce phénomène grandissant et inquiétant ce 27 février, jour de l’indépendance de la République Dominicaine. #StopRacismRépDom.

NO to racism in the Dominican Republic
NO al racismo en la República Dominicana
ABA rasis nan Sendomeng
NON au racisme en République dominicaine
لا للعنصرية في جمهورية الدومينيكان
NEIN zu Rassismus in der Dominikanischen Republik
NO al racismo en la República Dominicana
NO al razzismo nella Repubblica Dominicana
NEJ till rasism i Dominikanska republiken
Нет расизму в Доминиканской Республике
Não ao racismo na República Dominicana
NEE tegen racisme in de Dominicaanse Republiek
도미니카공화국의인종차별주의에없음
没有种族主义在多明尼加共和国
ドミニカ共和国での人種差別にノー


Le carnaval haïtien tourne au drame

Le groupe à tendance rap haïtien Barikad Crew (BC) a été victime d’un grave accident à Port-au-Prince, au deuxième jour du carnaval. Pas loin du palais présidentiel, le char du groupe a été touché par un câble électrique à haute tension. Un bilan non confirmé fait état de 15 morts et de 87 blessés, dont des membres du groupe. Le comité organisateur a mis met un terme au carnaval après ce drame .

  

C’est la nouvelle qui fait couler beaucoup d’encre en Haïti. Le carnaval a été annulé à son deuxième jour après un grave accident. Dans la nuit du 16 au 17 février, sur un char, le groupe Barikad Crew participait au défilé quand le char a été percuté par un câble électrique à haute tension. Il était 2 h 48 heure locale. Un bilan partiel et contesté indique 15 morts et  87 blessés. Parmi les blessés, le rappeur Daniel Darius dit Fantom qui a été rapidement transporté à l’hôpital. Il est pour le moment dans un état stable d’après les dernières nouvelles.

Des vidéos amateurs tournant en boucle sur les réseaux sociaux montrent des scènes particulièrement choquantes. Selon certains témoins, l’ambiance était chaude. Un des artistes sur le char a décidé d’allumer un spray fumigène en dessous d’un câble électrique. D’autres témoins affirment que ce serait le micro de Fantom qui a attiré la tension électrique. Ce dernier, effectivement, se tenait très près du câble (toujours ce que l’on peut voir sur les vidéos).

Du coup, la panique s’est propagée aux abords du char entrainant une vague de personnes sous ce dernier. Les dommages collatéraux sont considérables. Des services ambulanciers ont vite été dépêchés sur les lieux et ont porté secours aux victimes. Le comité organisateur a vite annulé les festivités.

Ces évènements dramatiques se produisent couramment dans les carnavals haïtiens. Un incident similaire était survenu en 1998 au moment du passage du groupe racine « RAM ». Mais, le bilan n’a jamais été aussi important selon le quotidien de la capitale, Le Nouvelliste.

C’est la deuxième fois que Barikad Crew a connu un drame. Le le 8 juin 2008,  quatre chanteurs du groupe se sont tués dans un terrible accident de la route.


Haiti- On s’en fout des fous !

moun fou

 

Difficile de parcourir dix (10) kilomètres dans les rues des villes d’Haïti sans rencontrer un malade mental. La situation invraisemblable de ces derniers porterait à croire qu’ils n’existent pas en tant qu’être humain et élément social. Ils se sustentent dans les détritus et s’abreuvent dans les marécages. Encrassés de partout, abandonnés à leur schizophrénie, ils sont généralement de vrais humoristes pour les passants. Quelle autorité s’en charge-t-elle de ces pauvres gens ? Quelle association les encadre-t-elle ? Tout le monde s’en fout !

Les rues d’Haïti pullulent de déséquilibrés mentaux. C’est sans surprise, car la situation quotidienne de ce pays exigent un mental d’acier pour ceux qui y vivent. Par ailleurs, ce serait une folie de tenter de décrire les abjectes conditions de ces pauvres gens. Aussitôt qu’on est psychologiquement désorienté, on est tout aussi socialement éjecter. Les fous sont vertement dénoncés de subir le mal divin à cause de leurs actes précédents ou d’être possédés par des esprit démoniaques. Certains diront qu’ils font semblant d’agir de la sorte.

Ô combien ils sont méprisés ces pauvres êtres ! La crasse les enduise de partout. Ils se nourrissent dans les poubelles publiques, boivent la mare puante des canaux.  Ils sont trainés dans des temples de prière pour être débarrasser de ses esprits malins. Là, ils subiront des sévices corporels de la part de certains prêtres. Mais, leur état s’empirera sûrement !

En Haïti, les fous ne sont remarquables dans les rues que lorsqu’ils offrent leurs petits numéros schizophréniques. Certains d’entre eux se mettent nus comme un ver pour agrémenter les spectacles. Ils sont l’objet de toutes sortes de moqueries de la part de leurs spectateurs. A une époque, un groupe rap de la capitale prononçait ironiquement le nom d’un certain « Jean Kany » dans la plupart de ses tubes. Interrogé sur l’origine de ce nom, ses membres répondaient qu’il s’agirait d’un déséquilibré de la zone de Carrefour-Feuilles-bastion du groupe. Aujourd’hui, « Jan Kany » est un juron très utilisé dans le créole haïtien.

S’ils sont des victimes socialement, cette situation ne sera pas tolérée inversement. Autrement, ils s’attireront la colère foudroyante de la foule. Plusieurs d’entre eux sont maltraités, massacrés, lapidés pour s’être trop laissés emportés par leur folie. Un mythe fait croire par ailleurs que certains organes d’un fou porteraient chance de gagner à la loterie. N’essayez pas de compter le nombre de fous victimes de ce mythe insensé et déraisonné.

Souvent je me questionne sur la responsabilité de l’instance qui devrait s’occuper de ces gens. Que fait-elle vraiment pour les réintégrer dans la société ? Tout ce qu’on sait, c’est qu’en Haïti tout le monde s’en fout des fous !


Crise HaiTitanic- le gouvernement veut ignorer l’iceberg.

Haiti crise

 

Les syndicats des chauffeurs de transports publics haïtiens ont observé une grève le 2 février dernier. Ces derniers réclament la baisse du prix de l’essence qui a été maintenu par le gouvernement malgré sa baisse sur le marché international. Cette grève a paralysé les activités de la capitale et de quelques zones avoisinantes. Des scènes de violences isolées ont été aussi remarquées à certains endroits. Ces revendications viennent aggraver la conjoncture sociopolitique et économique du pays qui frôle déjà le chaos.

Le gouvernement haïtien a maintenu le prix de l’essence à la hausse malgré sa baisse sur le marché international. Les syndicats de chauffeurs ont ainsi décidé de protester cette décision par un appel à la grève pour le lundi et mardi 2 et 3 février. L’anticipation précipitée du gouvernement de réduire de dix (10) gourdes (0.18 euros) le prix du carburant s’est révélée insuffisante à cette grève lundi.

Dès le matin, toutes les activités  de Port-au-Prince ont été paralysées, car les moyens de transport étaient dysfonctionnels. Des barricades ont été dressés par les chauffeurs partout dans la capitale empêchant même les voitures privées de circuler, des écoliers et des employés ont été obligés de revenir sur leurs pas. Le gouvernement devait prendre une décision illico. Les négociations ont été engagées entre les deux partis et ont abouti de très tôt mardi matin. De fait, elles ont abouti à une baisse provisoire de 20 gourdes du produit (0.37 euros).

Une justification injustifiée ?

Haiti crise 2

 

 

 

 

Dans le débat qui est lancé sur le sujet, deux (2) camps s’opposent chez les économistes. Le premier appuie l’argutie du gouvernement prétextant que c’est en raison de la dette  PétroCaribe et de l’insolvabilité économique d’Haïti que le prix a été maintenu. Cette position rejette la priorité de réduire l’inflation, car le prix de l’essence définit le prix de tout les autres produits en Haïti. De plus, si le gouvernement a décidé de revoir à la hausse le prix de l’essence relativement au prix du marché international, pourquoi ne pas aussi prendre cette décision à l’inverse ?

L’autre camp soutient que les responsables ont vraiment intérêt à réduire le prix du carburant. Pour eux, c’est une opportunité qu’à ce gouvernement de soulager la population qui est bousculé quotidiennement par le prix des taxes. Michel Martelly a effectivement décidé d’augmenter les taxes depuis son mandat. Mais, les raisons qui ont menée à cette décision sont inobservables dans la réalité. Les taxes prélevées sur les appels internationaux par exemple, n’ont pas réussi à intégrer les un million d’enfants dans le système scolaire. Au contraire, les syndicats des professeurs sont actuellement en grève. Les salles de cours des écoles publiques sont désertes. Abandonnés à eux-mêmes, les écoliers expriment violemment leurs frustrations dans les rues quotidiennement.

Le monde à l’envers…

Les dirigeants haïtiens semblent concevoir le monde différemment. Les activités économiques du pays sont quotidiennement affectées par différentes revendications de différents secteurs. Parmi ces derniers on peut citer : l’aile dure de l’opposition qui réclame le départ du gouvernement par ses mobilisations de rues, les syndicats des professeurs qui grèvent pour réclamer une augmentation de la grille salariale, les écoliers qui manifestent quotidiennement revendiquant le retour des professeurs. Tout ceci c’est sans compter les actes de rébellions qui font surface de très souvent pour des raisons factionnaires[1].

Par ailleurs, des postes déterminants de l’administration publique sont actuellement vacants. Outre son parlement qui est caduc, Haïti n’a pas de juge de cour de cassation. Or, c’est ce dernier qui devrait remplacer le président constitutionnellement en cas de démission ou d’exil.

Il n’y a que  les activités carnavalesques qui réussissent dans ce pays. Depuis le deuxième dimanche de janvier jusqu’au troisième dimanche de février, on se donne rendez-vous tous les week-ends pour une ambiance extatique. Les tubes carnavalesques fracassent les oreilles sur les ondes médiatiques. Je ne m’oppose pas au carnaval. Mais, dans un moment pareil il n’est pour les politiciens qu’une piqure amnésique à la population.

Haïti est mûr pour un soulèvement populaire contre l’actuel gouvernement. Ce dernier cherche à faire flèche de tout bois pour dissiper toute forme d’insurrection. L’organisation du carnaval en est une bonne. De l’autre coté, l’opposition est dans la cuisine, s’efforçant à trouver la recette magique du levain qui fera lever toute la pâte.

 

[1]On entend souvent des soulèvements provoqués pour des raisons d’électricité ou autres.

 


Mais, c’est le carnaval !

Les festivités pré-carnavalesques sont lancées depuis trois semaines en Haïti. Le gouvernement haïtien a décidé d’organiser la traditionnelle fête malgré la crise sociopolitique du pays. Une occasion pour ce dernier de désintéresser le peuple de ses innombrables soucis quotidiens. A l’inverse, les Haïtiens n’en profitent que temporairement de cette amnésie. Pourquoi n’en profiteraient-ils pas ? C’est le carnaval !

Ni la caducité du Parlement, ni la hausse des prix de l’essence, ni l’inflation, ni l’insécurité chronique n’empêcheront les Haïtiens de célébrer le carnaval. Nous sommes caribéens, il faut le reconnaitre. Quand on regarde le calendrier, il n’y a que trois mois de l’année sans jour de congé. Un tel constat peut inciter à penser que nous passons plus de temps à bambocher qu’à nous préoccuper de choses sérieuses.

Durant son mandat, Michel Martelly s’est révélé être un maître en la matière. Le président a organisé huit carnavals en moins de quatre ans. Croyez-moi ce n’est pas son dernier. Il est musicien notre président, il fallait s’y attendre. Pendant plus de vingt ans, les hanches de Sweet Micky se tournaient et se retournaient sur les chars comme une toupie électrique. Un simple statut de président n’allait rien changer du jour au lendemain. D’ailleurs, le président nous gratifie toujours de ses prestations nostalgiques en ces occasions.

En regardant la situation politique actuelle, il vient à se demander s’il ne serait pas insensé de parler de festivités carnavalesques. Les professeurs des écoles publiques sont en grève, les écoliers manifestent quotidiennement pour exiger le retour des enseignants dans les salles de classe, le Parlement est caduc depuis début janvier faute d’élections, le prix de l’essence est en hausse uniquement en Haïti. De surcroit, une grève des chauffeurs des transports publics est annoncée pour les 2 et 3 février. Quoiqu’il arrive, la conjoncture politique exige des élections à la fin de l’année. Autant de problèmes qui nécessitent des solutions auxquelles nous devrions réfléchir. Mais, c’est le carnaval, il faut danser, chanter, grouiller même dans la dèche !

Nous bambochons au beau milieu de la galère comme des cinglés au péril de notre vie. Nous sommes animés du syndrome de grouiller. Pire, nous nous bernons en pensant être sur la bonne voie, la voie du développement.


Lettre d’un jeune haïtien à ses dirigeants politiques

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Je suis navré si ces lignes se différent des habituelles lettres qui occupent vos tiroirs et dans lesquelles le destinateur encense votre cynisme politique. Mon objectif est tout aussi différent de la leurs. Car, il ne consiste pas à lécher des parties nettement intimes pour des intérêts à des fins personnelles. Mon objectif épistolaire concerne plutôt l’intérêt de ce peuple qui par votre faute se vautre dans le bourbier puant de la précarité.

Ne vous étonnez pas si je vous traite avec autant de rigueur. Que ce soit vous qui occupez nos postes publiques au nom du gouvernement ou vous autres qui êtes à l’affut du pouvoir au nom de l’opposition ; votre cynisme est palpable. Il est en tout et après tout.

Votre cynisme est après les ignobles images qu’Haïti projette vers l’extérieur. Il est après l’occupation de notre territoire par les casques bleus après 211 années d’indépendance. Il est après vos inutiles guerres politiques. Après l’analphabétisme de mon peuple. Il est responsable du fardeau d’identité que subit les nôtres en terre voisine. C’est votre cynisme, messieurs qui est la cause de la famine et de l’inflation en Haïti.

Votre impudeur est palpable politiciens. Je la vois dans l’enfant armé de nos cités. C’est elle que je remarque à chaque fois qu’un jeune qualifié doit se prostituer pour un emploi. Quand un père de famille se fait tuer à la sortie de banque après un emprunt. Sa présence brille chez ses enfants de rue, fruits du hasard et de la prostitution dont la société s’en moque tant. C’est à cause d’elle que tant d’innocent sont victimes de votre justice injustifiée. Votre cynisme ? Il est chez chaque mouche qui survole les insalubres coins et recoins de nos rues.

Trop de gens se plaignent de vous. C’est à vous que s’adressent le message : « #BayAyitiyonchans » qui circulent ces derniers temps sur nos réseaux sociaux. Vous avez préféré faire de lui le slogan carnavalesque de 2015. Il n’est plus le cri du peuple, mais une opportunité lucrative guidée par votre soif d’avoir.

Mon ultime désir serait que cette lettre parvienne sur le bureau de chaque acteur politique. Elle ne serait pas non plus trop utile, car elle se révèle infime face à la décriant réalité haïtienne. Malgré tout les politiciens restent indifférents. Le syndrome du cynisme semble les animer depuis l’âme. Haïti doit savoir produire des politiciens forgés avec l’ADN patriotique.

Bay Ayiti yon chans: Donnez une chance à Haïti


Haïti n’a pas pas que ça à vous offrir !

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Haïti. Vous avez déjà sans doute entendu ou lu quelque part les imputations répréhensibles de cette île caribéenne. Je sais, les nouvelles en politique ne sont pas toujours bonnes. La corruption, l’insécurité et la précarité des habitants font de bons débats. Notre situation est une nette occasion pour les médias de masses qui en profitent pour disséminer la propagande. Je suis haïtien et je vous dis que nous n’avons pas que ça à vous offrir.

La conjoncture politique d’Haïti, depuis des lustres fait couler beaucoup d’encre. En effet, depuis sa naissance ce peuple feint à trouver la jouissance de sa pleine liberté. La lutte s’acharne et on est encore loin du port. Tantôt  nous sommes victorieux. Trop de fois nous sommes victimes des discours antinomiques de nos ”amis”. Notre situation laisse des doutes illogiques sur l’improbabilité de nous unir en tant que peuple autour d’un idéal. Qu’une telle conception soit anathème ! Que ceux qui la prônent reconnaissent dument que l’ascension vers le progrès est chose lente et laborieuse[1].

Les haïtiens sont un peuple noble qui plane au-delà de toute critique. Culturellement, nous avons beaucoup à offrir au monde. Bélo, Jean Jean-Roosevelt, Roosevelt Saillant (BIC), Luc Mervil, Wyclef Jean… ont posés leur empreinte vocale sur la scène musicale internationale. Par ailleurs, nous possédons un amalgame de genres musicaux. Nos groupes « Kompas » sillonnent et font chanter le monde. Tabou Combo (42 ans) marque les esprits tellement que le monde a fredonné son tube « Madanm ».

Les plumes haïtiennes ont vomi une encre faramineuse sur le monde. A tel point qu’il faut s’attendre qu’un écrivain haïtien remporte l’un des grands prix littéraires mondiaux chaque année. La liste serait trop longue si je les évoquerais. Mais, que ce soit Dany Laferrière, FrankEtienne, Edwidge Danticat, Kettly Mars ou autres, ils concurrencent toutes ces colonnes de journaux qui détruisent notre image comme peuple.

Je ne saurais également résumer notre culture à la musique et à la littérature. Les éléments qui contribuent à notre culture sont en effet innombrables. Par ailleurs, le paysage d’Haïti est l’un des plus visités de la caraïbe. Nous figurons parmi les dix pays à visiter en 2015 selon les blogueurs de Yahoo.com[2]. Marriott l’un des plus grandes chaines hôtelières mondiales s’investit actuellement dans le pays. Il retrouve entre autres Oasis et Best Western qui se sont installés paisiblement depuis trois (3) ans.

Comme beaucoup d’autres pays, Haïti résout ses problèmes. Après 200 ans années d’indépendance, nous restons un peuple jeune qui se bat pour notre liberté de conscience. Nous avons de bonnes représentations autant que les mauvaises !

 

 

[1]  Joseph Jolibois Fils, La doctrine de Monroe et autres textes, C3 éditions

[2] www.hpnhaiti.com, 5 janvier 2015


Cristiano Ronaldo, ballon d’or mérité !

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Cristiano Ronaldo a été sans véritable surprise élu ballon d’or 2014. Le Portugais recevait ce prix pour la troisième fois lundi dernier lors du traditionnel gala de la FIFA à Zurich. Il a ainsi devancé son éternel rival Lionel Messi et Manuel Neuer, portier de la Mannshaft. Du coup, il rejoint le podium des triples ballons d’or composés de Michel Platini, Marco Van Basten et Johan Cruyff.

Les remarquables performances en 2014 de l’attaquant madrilène Cristiano Ronaldo lui ont valu le ballon d’or. CR7 récidive pour la seconde année consécutive et devance Lionel Messi. En effet, le lusitanien et l’argentin se livrent dans un bras de fer pour ce prix depuis tantôt sept (7) ans. S’il a toujours été le dauphin, le natif de Madère a totalement renversée la vapeur durant l’année écroulée.

Sur la saison 2013-2014, Cristiano devient le joueur ayant marqué le plus de buts sur une saison en coupe d’Europe. Avec la bagatelle de 17 buts, il dépasse ainsi Lionel Messi (15 buts) qui a longtemps tenu ce record. Il est aussi le meilleur buteur du championnat espagnol de cette saison soit avec 31 buts. Collectivement, il a remporté avec le Réal Madrid : La ligue des Champions, la Coupe espagnol, la Supercoupe d’Espagne et le Mondial des Clubs Champions.

Malgré sa transparence au mondial brésilien, CR7 n’a laissé aucune chance à Messi. Il a raflé les meilleurs titres de l’année. Que ce soit le maillot, le soulier ou le ballon d’or européen, tout lui a été attribué. Outre ces prix, il a été nommé : meilleur joueur de la liga espagnol et a marqué le plus beau but de cette compétition,  meilleur joueur de la Supercoupe d’Espagne et deuxième meilleur joueur du mondial des clubs. De plus, ces mêmes prix lui ont été quasiment attribués par un comité sportif à Quatar en décembre dernier. En somme, la saison a été fantastique tout comme le joueur l’est.

S’il rejoint le podium des triples ballons d’or, c’est surtout grâce à sa combattivité. Ronaldo est un joueur perspicace et un modèle à imiter. Car, durant quatre années consécutives ce dernier a été relégué par Lionel Messi sur le banc des dauphins. Aujourd’hui, il prouve au monde entier qu’il est un crack autant que Messi. D’ailleurs, il a clairement déclaré lors de sa remise du prix vouloir rattraper son rival avec son titre de quadruple ballon d’or.

Le meilleur joueur du monde a bien démarré son compteur pour la nouvelle saison. Il domine déjà le classement des tops buteurs et passeurs européens. Mais, il est encore tôt, même trop tôt pour ces pronostics. Donnons du temps au temps !   

  


12 janvier 2010, rétrospectives amères!

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Le 12 janvier 2010, quelle date glaçante pour Haïti ! Au début de l’année,  les souhaits et vœux de bonne année se multipliaient. Mais, le malheur qui s’accaparait sur le pays 12 jours après… Putain !

C’était un mardi. Ce serait mon premier jour à l’université pour l’année. Une occasion de faire mes vœux à mes condisciples. A midi, j’étais déjà là pour assister à l’exposé du professeur qui débutait à 13 heures.

13 heures 30- Le professeur ne s’est pas toujours présenté. Des questions commençaient à se poser vu que ce dernier n’a pas l’habitude d’être absent. Mais, je restais calme car j’ai rendez-vous avec un autre professeur à 16 heures pour un exposé de trois (3) heures. Tout était planifié et devrait aller pour le mieux.

13 heures 45- Le professeur se présente enfin, mais pas pour l’élaboration de son cours. Il est venu tristement nous annoncé la nouvelle de la mort du professeur Anil     LOUIS-JUSTE. Je venais de rencontrer ce dernier, juste avant de grimper les escaliers qui me conduisent dans ma salle de cours. Anil s’est fait attaqué et a succombé sous les projectiles des bandits. Du coup, les étudiants  se rassemblent et sortaient furieusement pour dénoncer le crime. L’avenir de l’année académique inquiète déjà.

14 heures- Je me faufile dans la foule pour regagner la maison. Mais, l’idée de visiter certains amis à Pétion-Ville surgit en cours de route. Dans à peu près une heure et demie, j’étais déjà là à discuter avec ces bonnes vieilles connaissances. Par hasard, j’ai rencontré mon petit frère au même endroit. L’ambiance était de taille.

16 heures- On sortait pour s’acheter à manger. A notre retour, les bonnes blagues reprenaient. Mais, sans mon frère qui s’excusait pour aller régler une commission de quinze (15) minutes.

16 heures 53- L’ambiance était encore à son charme. Aussitôt, surgit un bruit abasourdissant accompagné de cris de détresse. Tout bougeait autour de nous. On pouvait entendre le pliement et le craquement des immeubles. Pendant ce temps là, je prenais la fuite. Mais, où puis-je me rendre dans pareille circonstance ? Je décidais tout à coup de rester là, figer au beau milieu de la rue à attendre ce que déciderait le destin.

16 heures 54- La ville est recouvert d’une nuée noir-grisâtre. C’est alors que je prends conscience qu’il s’agissait d’un tremblement de terre. Inutile de rejoindre ses proches, la communication téléphonique ne passait plus. Des cris de détresse partaient dans tous les sens. La plupart des grands immeubles étaient effondrés autour de moi. En dessous, des gens imploraient le secours du dehors alors qu’à l’inverse on implorait le secours divin.

A travers les funestes nuées mon frère me revenait, les larmes aux yeux. Chacun de notre coté n’espérait ne plus se revoir. Dans les deux (2) heures qu’on mettra à regagner la maison, l’image était terrifiante. Huit (8) millions de mètres cubes de bétons recouvraient des chairs humaines. Des morts gisaient dans leur sang tout au long de la route. La route de Delmas est bondée de gens qui se rendent à l’hôpital. Ils oublient déjà que même en temps normal les services des hôpitaux laissaient à désirer.  Je me souviens encore de cette femme que j’ai rencontrée, torse nue, les cheveux ébouriffés. Elle tenait dans son bras un bébé dans un drap blanc recouvert de sang.

13 janvier 2015- Le lendemain 1.5 millions d’haïtiens sont sous les tentes occupant le moindre interstice des rues. N’en parlons pas des places publiques. La plupart des administrations publiques, le palais national y compris n’y sont plus. Des familles entières sont décimées.

Cinq (5) ans après chaque haïtien comme moi aurait une histoire à raconter. Mais la grande question à leur poser : Qu’avons-nous appris du séisme de 2010 ?


Les surprenantes décisions de M. Martelly

 

caricature_12_jANVIER-webCrédit photo: Le Nouvelliste

Les dernières décisions de Michel Martelly ont apaisé la tempête politique qui s’annonçait sur Haïti. Ce dernier a réussi à faire de sages concessions à ces opposants politiques. Des décisions qui surprennent, car c’est l’ingérence politique même du président qui a conduit le pays au bord du chaos. 2015 s’annonçait comme une année mouvementée pour Haïti. Les mandats des parlementaires arriveraient à leur terme le 12 janvier sans aucune élection en vue. A la fin de l’an dernier, l’amplification des récurrentes manifestations de l’opposition suscitaient de vives inquiétudes. Cette dernière réclamait le départ sans compromis de Michel Martelly et consorts. Cependant, le président haïtien a réussi à calmer le jeu en faisant profil bas dans ses prises de décisions. En un mois, Martelly s’est fait obligé d’accepter la démission de son bon ami et premier ministre ; de son parrain naturel et fantoche président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) ainsi que son Conseil Electoral Provisoire (CEP). Il a aussi nommé un premier ministre avec qu’il ne souhaiterait jamais diriger sans doute. Pour que ce dernier soit ratifié, les parlementaires exigeaient dûment la prorogation de leur mandat. Cette demande s’est matérialisée le 29 décembre dernier avec l’accord des trois pouvoirs. Les mandats des députés ont été prolongé jusqu’en avril et ceux des sénateurs en septembre. Il est de toute évidence que les contrecoups politiques ont assagi le président. Certes, ses dernières décisions l’ont défavorisé. Aujourd’hui, il ne détient plus autant de ficelles qu’auparavant. Evans Paul, le premier ministre nommé, est connu comme un homme modéré et apparait être l’homme de la situation. Mais, que Martelly ne s’attend pas avoir un premier ministre fantoche. Néanmoins, c’est ce qu’on espère. Autre chose, le président devra digérer ces véritables provocateurs politiques que sont les parlementaires. Ses actions politiques passées ont plutôt démontré sa velléité de gouverner par décret. Les pouvoirs législatifs et exécutifs ont déclenché une guerre politique dès l’entame du mandat de Michel Martelly. Celle-ci dure encore. Enfin, Marthelly devra refaire ce qu’il pensait avoir achevé. La reconstitution du CEP. Pour s’y faire, il devra accepter les conditions que requièrent la constitution et la loi électorale. Tout ceci devra se faire illico, car les élections devront s’organiser inéluctablement cette année. La prorogation du mandat des députés n’a été que pour trois mois. Difficile de dire que la crise ne refera pas surface. Pendant ce temps-là, la majorité des haïtiens encaissent les conséquences de la crise. Les haïtiens viennent de traverser l’année en s’interférant des souhaits utopiques. Mais, la réalité est là. Nous nous enfonçons chaque jour de plus dans la boue de la pauvreté sans que personne ne s’en soucie.