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COUPE DU MONDE 2014: MUITO OBRIGADO AUX VOLONTAIRES

La 20ème édition de coupe du monde de football touche à sa fin. L’organiser en terres brésiliennes fut un défi. Au final, c’est globalement une réussite autant pour la Fifa, le Comité organisation local que pour les millions de fans. Cependant, le mérite revient également à ces milliers de personnes, venues des quatre coins du monde et tous unis dans un seul rythme (All in one rythm). Réparties à travers les douze villes hôtes du Brésil, volontairement, elles ont donné de leurs temps, énergies et intelligences pour faire de ce tournoi un grand succès. Oui, il s’agit des volontaires, identifiables par l’uniforme bleu-noir, par contre, rarement visibles sur les écrans de télévisions.

Vue d'ensemble d'un groupe de volontaires au stade
Vue d’ensemble d’un groupe de volontaires au stade

A l’instar de leurs camarades, les bénévoles du centre des médias du stade national Mané Garrincha (SMC) de la ville de Brasilia, capitale fédérale du Brésil, étaient, chaque jour, à pied d’oeuvre pour permettre aux journalistes et photographes de travailler dans les meilleures conditions. Durant 31 jours, voire un peu plus, ces volontraires étaient à la tâche, comme des soldats, en amont comme en aval avec passion et motivation sous la houlette de Vinicius et Pollyana.

(A gauche) Vinicius et Pollyana entrain d'observer  quelques activites des volontaire dans l'enceinte du stade
(A gauche) Vinicius et Pollyana entrain d’observer quelques activités des volontaire dans l’enceinte du stade

Rien n’était fait au hasard. Toute activité était minutieusement préparée la veille, répétée une à deux fois jusqu’à la perfection. Du stand des tickets à la tribune de presse, en passant par la conférence de presse, la mixte zone et la salle de presse, les volontaires du centre des médias ont été formidables et excellents à l’intérieur comme à l’extérieur du stade.

Des volotaires en pleine repetition de la haie des potographes
Des volontaires en pleine répétition de la haie des photographes

Satisfaits de leur dévouement et leur professionnalisme, les représentants de la Fifa n’ont pas manqué d’adresser, à l’endroit des volontaires, leurs vives félicitations pour le travail accompli.

Les volontaires du Smc avec les membres de la Fifa et du Comité local d'organisation
Les volontaires du Smc avec les membres de la Fifa et du Comité local d’organisation

Aujourd’hui, c’est l’heure des adieux. Les séparations sont toujours difficiles pour des personnes qui ont appris à vivre ensemble pendant un mois. Hélas, c’est avec un pincement au cœur que chacun retourne dans son pays, sa ville, sa famille. De cette expérience enrichissante et unique, les bénévoles de la coupe monde 2014 en gardent de bons souvenirs. Ce sont eux les vrais vainqueurs de l’organisation de la coupe du monde.

Des volontaires du SMC posant avec une réplique de la Coupe du Monde
Des volontaires du SMC posant avec une réplique de la Coupe du Monde

MUITO OBRIGADO! FÉLICITATION!!!!!!!!!!!!!


APRÈS SON ÉCRASANTE VICTOIRE, L’ALLEMAGNE, ENNEMIE NUMÉRO 1 DU BRÉSIL

 

Tristesses et pleurs des supporters brésiliens après l'écrasante victoire de l'Allemagne
Tristesses et pleurs des supporters brésiliens après l’écrasante victoire de l’Allemagne

Il y’a un adage qui dit qu’on n’humilie pas son hôte devant ses voisins.  Contrairement, c’est ce qu’a fait l’Allemagne qui a écrasé l’équipe du Brésil 7 buts à 1. Pourtant, l’Allemagne a bien été adoptée par le Brésil au point de se construire dans le village de Santo André, son propre camp de base fait de douze bâtiments en bordure de mer, baptisé Campo de Bahia, dans l’Etat de Bahia.

La rivalité du Brésil d’avec ses pays voisins est forte et remonte à bien des années. Peu importe les circonstances, sans Thiago Silva suspendu et Neymar blessé, out pour le reste de la compétition, l’équipe du Brésil a pris une fessée, une vraie gifle sur ses terres. Le Brésil a tant voulu faire plaisir au à son public. Fiasco, en l’espace de 30 mn de jeu, le rêve de toute une nation s’est transformé en un cauchemar. Allemagne, le bourreau d’un soir, devient l’ennemie numéro 1 des brésiliens. 

David Luiz consolé par Thiago Silva
David Luiz consolé par Thiago Silva

Le football est né, certes, en Angleterre, mais ses racines sont au Brésil. Ici, on vit pour le foot et par le foot, comme me disait un ami brésilien. La preuve, les révolutions tant annoncées à la veille du mondial n’ont été qu’un vieux souvenir. Face à la passion du ballon rond, la politique s’est rangée, le temps d’un mois de foot, dans les tiroirs.

Ce match de demie-finale sera inoubliable, à jamais gravé dans la mémoire de millions de brésiliens comme une catastrophe après la défaite historique de la Seleçao (2-1)  de Rio de Janeiro contre l’Uruguay et devant la passion dévorante  de 150 000 supporters. Une telle humiliation à la barbe de ses voisins ne restera pas sans suite. Quelque soit le nombre d’années, les prochains matchs Brésil-Allemagne seront des duels.


Le bébé aryen préféré d’Hitler était juif

Hessy Haft n'avait que six mois lorsque son image exploitée par la propagande Nazie
Hessy Haft n’avait que six mois lorsque son image est exploitée par la propagande nazie

La propagande nazie a fait du visage de Hessy Haft, alors qu’elle n’avait que 6 mois, le prototype parfait de ce que serait la race aryenne, une race dite supérieure inventée par Adolf Hitler. Par un concours de circonstances, sa figure de bébé était à la « Une » de certains tabloïds nazis et s’affichait sur les cartes postales.

Ironie du sort, Hessy Haft avait beau être blonde aux yeux bleus, elle n’était, pour autant pas allemande. Hessy était juive; c’est ce que révèle le quotidien allemand Bild. Les faits remontent à 80 ans. En 1935, la propagande nazie bât son plein lorsque Pauline Levinson, la mère de la petite Hessy, se rendit chez un célèbre photographe de Berlin du nom de Hans Ballin, pour faire une photo de son enfant.

Quelques mois plus tard, elle aperçoit l’image de sa fille en couverture du magazine « Sonne ins Haus » aux ordres d’un certain Hermann Goering très proche d’Hitler. Surprise, elle se réfère à son photographe qui admet avoir soumis la photo de son nourrisson au casting lancé par le parti nazi pour trouver le « parfait bébé aryen », et ce, dans le seul but de ridiculiser les nazis.

Craignant pour leur vie, Pauline Levinson s’enfuit de l’Allemagne avec sa fille pour la Lettonie, puis Paris avant de s’installer définitivement aux États-Unis en 1949. Aujourd’hui, professeur de chimie à New York, Hessy Haft est une femme satisfaite de sa revanche et libérée de ce lourd secret.


APRES LES INONDATIONS, ABIDJAN LA PERLE EST SOUS LES EAUX

Le visage d'Abidjan après les inondations
Le visage d’Abidjan après les inondations

Juin terrible. Les pluies diluviennes qui se sont abattues, un mois durant, sur la ville d’Abidjan, sans la moindre reculade, ont entraîné de fortes inondations et glissements de terrains. Bilan provisoire: 23 morts, de nombreux dégâts materiels, et plusieurs familles sans abris. La capitale ėconomique est devenue meconnaissable. Abidjan, la perle est noyée, immergée et même sinistrée. Aucun secteur n’y a échappé à la colère des pluies. Des quartiers précaires de Mossikro aux quartiers chics de Cocody, c’est le même constat. Des habitations sont inondées à environ deux mètres de hauteur, les routes et chaussées sont impraticables face à la densité des courants d’eaux. On ne devrait, cependant, pas être suppris par l’ampleur des dégats car chaque année, à cette même période c’est le spectacle auquel on assiste.

Routes et chaussées impratiquables après la pluie
Routes et chaussées impraticables après la pluie

C’est plutôt l’immobilisme du gouvernement à trouver une solution appropriée à ces inondations répétées dont la cause majeur semble être connue qui étonne plus d’un. Le château de l’artiste Alpha Blondy au quartier de la Riviera 2 est perpétuellement pointé du doigt car construit sur une voie d’évacuation des eaux de pluies. La mégastar ivoirienne, acceptant la demande du gouvernement, prendrait en charge la destruction d’un pan de sa demeure obstruant les canalisations.

Le château à polémique de la mégastar
Le château à polémique de la mégastar

Médecins après la mort.

Face à cette catastrophe, le gouvernement ivoirien, vient de prendre ce premier juillet, une série de mesures dont les importantes sont: sauvetage des personnes sinistrées, prise en charge médicale des blessés, prise en charge des frais funéraires, curage et drainage des caniveaux, réactivation du comité de crise, réactivation du plan de protection et de secours  ORSEC dans chaque département et mobilisation des forces armées. Des mesures jugées tardives par la population.


Coupe du monde 2014: Avec les éléphants, le rêve n’est pas permis

La défaite des éléphants brise le rêve de nombreux supporters ivoiriens
La défaite des éléphants brise le rêve de nombreux supporters ivoiriens

Huitième de finale de la coupe du monde 2014, la Côte d’Ivoire n’y sera pas une fois de plus, un rendez-vous historique manqué pour génération « dorée » qui tire à sa fin. Le rêve d’une qualification au tour suivant, suscité après le tirage des poules, qui a vu la Côte d’Ivoire hérité d’un groupe jouable (Colombie, Grèce et Japon) contrairement aux précédantes éditions, s’est transformé en un véritable cauchemar que les supporters ivoiriens n’oublieront pas de si tôt. Et ce, malgré un médicament « Masoline » qu’ils ont inventé de toute pièce pour se prémunir ou « s’auto-anesthésier » des déboires des éléphants. L’espoir entretenu après la belle entame des ivoiriens face au Japon (2-1) s’est dissipé soudainement pour faire place à la déceptionn et à l’amertune. Le dernier match de poule contre la Grèce était si capital. Ni la mort du cadet des frères Touré, ni la double prime du gouvernement n’ont pu fouetter leur orgueil. Hélas, rien n’y fit, la Côte d’Ivoire s’est écroulée, tel un château de cartes, au moment où l’on s’attendait le moins. A la dernière seconde du match, la Grèce transformait,du coup, un pénalty suite à une faute concédée par les éléphants, qui avaient ,pourtant, entretenu, 90 minutes durant, dans le coeurs de nombreux supporters ivoiriens et africains, l’exploit d’une qualification historique. Après le Cameroun où le sort était déjà connu, la Côte d’Ivoire rentre au bercail la tête basse. Comme aux différentes CAN 2006, 2008, 2010, 2012, 2013 et mondiaux 2006, 2010, la Côte d’Ivoire, par sa prestation, vient de donner raison à tous ses détracteurs. L’on se souvient qu’à la veille du mondial brésilien la star togolaise Emmanuel Adebayor avait sévèrement critiqué la sélection ivoirienne  » je n’ai jamais cru en eux. C’est le pays qui va toujour vous décevoir. Ils ont eu le meilleur attaquant d’Europe avec Didier Drogba, le meilleur  milieu de terrain avec Yaya Touré…mais il n’y a pas de solidarité. Ils vont parler, rire ensemble mais, le moment venu, ils oublieront de faire leur travail » dixit Adebayor en connaisseur bien averti de cette équipe remplie de stars. Cruelle fin, tragique destin pour une génération dite « dorée » et « maudite » qui a échoué à tous ses grands rendez-vous. Quel gâchis.


En Côte d’Ivoire, au nom de la dette coloniale on broute

Cybercriminel

« …J’ai une vidéo porno de toi, si tu ne me donnes pas 200 euros, je vais détruire ta vie… » C’est cette phrase, qui a été fatale pour Gauthier, jeune Français de 18 ans, qui s’est pendu à son domicile. Le jeune Breton, victime d’arnaque et de chantage de la part d’un cybercriminel a préféré se donner la mort plutôt que de satisfaire les exigences du cybercriminel. Comme lui, chaque jour, des milliers de personnes sont des victimes, résignées, touchées dans leur amour-propre et elles n’osent pas parler.

La cybercriminalité, appelée encore, l’escroquerie sur la Toile atteint aujourd’hui une proportion sans précédent. Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, le groupe Symantec, société spécialisée dans la sécurité sur Internet estime avoir bloqué environ 8 millions de courriels frauduleux, des spams, par jour durant le second semestre de 2006. Pire, chaque seconde dans le monde 18 personnes sont victimes de l’escroquerie sur le net. En fin 2013, pas moins de 550 millions de personnes ont été victimes et ont perdu la bagatelle somme de 110 milliards de dollars, comme ce fut le cas les années antérieures, soit 83,3 milliards d’euros ou encore 54 145 milliards de F Cfa, montant qui dépasse largement le budget cumulé de plusieurs pays africains subsahariens. L’Afrique n’est pas en marge de ce phénomène même si le taux de pénétration de l’Internet sur le vieux continent demeure jusqu’à ce jour très bas. Bien que très en retard en termes de connexion internet et d’utilisation des tics, le continent africain est cependant pointé du doigt par les plus grands services de renseignement, notamment le FBI qui a placé en 2010, plusieurs pays africains parmi les dix premières sources de la cyber-anarque.

Depuis quelques années, précisément en 2000, la Côte d’Ivoire est devenue le lieu de refuge préféré des grands cyber-escrocs qui viennent en majorité du Nigeria où la lutte s’intensifie. En toute tranquillité, ils, les « Ibos » opéraient, à Abidjan, loin des regards, dans des cybercafés pendant des heures devant un ordinateur connecté à Internet. L’initiation des jeunes Ivoiriens à cette pratique était, à cette époque, très sélective. Le phénomène était encore méconnu des Ivoiriens, il y a quelques années, seuls les adeptes et leurs victimes en avaient connaissance. Ce n’est qu’en 2002 que la population a découvert cette pratique avec l’avènement du « coupé-décalé », à l’origine « décalé-coupé ». Un concept musical promu par de jeunes Ivoiriens venus d’Europe et soupçonnés d’être des cybers-escrocs et ensuite récupéré par les Disc jockey ou DJ qui en ont fait un objet marchand à travers des chansons. Douk Saga de son vrai nom Doucouré Stéphane, est toujours considéré comme le père de ce concept, même après sa mort survenue en octobre 2006. A la tête du groupe la « Jet Set parisienne » composé également de Molare, Boro Sangy, Solo Béton, Chacoolé, Lino Versace, Kuyo Junior et Serge Defalet, celui qui se faisait appeler le « président », le « héros national » sort un album baptisé « sagacité » en 2003, en pleine crise politico-militaire. Un opus, où il fait la promotion du coupé-décalé avec tous les styles qui l’accompagnent, le « farot », le « boucan », le « travaillement » qui, selon ses termes, apporteront un peu de joie et de bonheur aux Ivoiriens désemparés par le conflit armé. Aujourd’hui, la cybercriminalité, est perçue par la jeunesse, en manque de repère, comme une noble activité génératrice de revenus. Les arnaqueurs sont, quant à eux, adulés et courtisés par une tranche de la population. Ces bourreaux sont perçus inconsciemment ou consciemment comme des héros. En Côte d’Ivoire, les cybercriminels se font appeler « brouteurs » et pratiquent ce qu’ils ont baptisé, eux-mêmes, le « broutage » à savoir la cybercriminalité. Ils sont jeunes, adolescents et élèves de surcroît pour certains. Âgés de 11 à 35 ans, ils investissent les cybercafés d’Abidjan et des grandes villes de l’intérieur du pays où ils passent plus de temps que dans les salles de cours. Si jeunes, ils traînent déjà plusieurs années d’expérience dans ce domaine. Il fallait trouver un alibi, une légitimation, c’est de là qu’est venue l’expression  la « dette coloniale », en référence à la colonisation. Selon eux, l’Afrique a été longtemps victime de l’exploitation de ses ressources par les Occidentaux sous le couvert de la colonisation. Il existerait donc une sorte de dette, de dommages financiers dont devrait s’acquitter l’Europe vis-à-vis de l’Afrique. Soutirer de l’argent aux Européens n’est rien d’autre qu’une partie du remboursement de cette « fameuse dette ». Ainsi, grâce à des mots doux, des photos truquées et des déclarations enflammées dont ils détiennent le secret, les brouteurs appâtent leurs proies, les séduisent puis les arnaquent à travers des gros transferts d’argent qu’ils reçoivent. Dans leur jargon ça s’appelle un « west », allusion faite à Western Union. 

Le stratagème reste identique que les cybercriminels soient de Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Ghana, du Bénin, du Togo, du Sénégal ou du Burkina Faso. Du bout des doigts, derrière leurs ordinateurs, les pseudo arnaqueurs envahissent les réseaux sociaux : Facebook, Badoo, 123 love, Netlog, MSN…et également les messageries électroniques : Yahoo, Hotmail, Gmail, etc. De loin, Facebook, qui revendique environ 1 milliard d’utilisateurs, est le terrain de chasse rêvé des escrocs du web qui ont l’occasion de se fabriquer une vie, plusieurs profils en usurpant les identités, les photos de personnes innocentes et de repérer également des potentiels victimes, en majorité des Occidentaux en mal d’amour. La création d’identité est le point de départ de toutes les activités cybercriminelles, c’est à partir de celle-ci que les brouteurs sévissent, déciment, et anéantissent financièrement et psychologiquement leurs victimes. Pour y parvenir, les brouteurs ont recours à plusieurs arnaques. L’une des plus anciennes, l’arnaque à la nigériane, spécialité locale et célèbre a permis au Nigeria de se faire un nom dans le milieu de la cybercriminalité. Encore appelée « héritage », cette pratique se présente généralement sous la forme d’un email dans lequel une personne affirme posséder une importante somme d’argent, en général plusieurs millions de dollars, sous forme d’héritage ou de fonds à placer à l’étranger. Prétextant des problèmes politiques, l’arnaqueur demande alors de l’aide pour effectuer un transfert d’argent. En échange, ils offrent un pourcentage sur la somme en question. Un « partenariat gagnant-gagnant », qui pousse la victime à accepter d’avancer les montants destinés à couvrir les frais imaginaires de notaire avant que le transfert ne soit effectif, lequel, bien entendu, ne le sera jamais.

Il y a aussi, la loterie, proche de la première technique, parce que à base de messagerie électronique. Les brouteurs envoient des spams, des emails affirmant aux destinataires que ces derniers ont gagné à la loterie avec des gains très importants. Nombreux sont ceux qui n’ont jamais participé à des jeux mais qui se font avoir par la promesse de gains alléchants. La victime s’engage alors dans processus sans fin où elle est confrontée à des exigences financières notamment des soit-disant frais de dossiers ou autres. Après avoir soutiré des fortes sommes à leurs victimes, les brouteurs s’éclipsent dans la nature sans laisser la moindre trace. A partir de cette arnaque, les brouteurs mettent en place un système de restitution des fonds extorqués à la victime. Cette stratégie est connue sous le nom de l’arnaque aux remboursements. Ainsi, des personnes malveillantes se font passer pour des services officiels de l’Etat par usurpation d’identité (commissaire, trésor, ou procureur) et créent l’illusion d’un remboursement ou dédommagement, pour des préjudices qu’auraient subis d’innocentes victimes. Il s’agit en réalité des mêmes escrocs qui après avoir arnaqué leurs victimes, se font passer pour des services de dédommagement dans l’intention de leur soutirer à nouveau de l’argent à travers des soit-disant frais de remboursement.

Enfin, l’une des pratiques les plus prisées par les cyber-escros ivoiriens, reste l’arnaque aux faux sentiments, elle est devenue une spécialité ivoirienne. Ce système se nomme « love chat ». Alors que la victime pense parler à une jeune femme africaine, de l’autre côté de la Méditerranée, un homme lui tape des mots d’amour, lui envoie des photos truquées. Si la victime désire allumer les webcams, les arnaqueurs diffusent alors une vidéo enregistrée de l’être aimé. Puis, cette femme imaginaire tombe malade, manque d’argent ou aimerait venir en Europe, la victime doit alors lui verser de l’argent pour l’aider. Aveuglé par son amour, l’amoureux lui transfert la somme sans réticence,  le west pour faire allusion à un transfert « Western Union ». Une fois qu’elle a cédé à cette demande, elle devient alors un « mugu » pour les arnaqueurs, qu’on peut traduire littéralement par un « pigeon ». Il faut noter qu’il arrive que la pseudo relation amoureuse tourne au chantage, une fois que la prétendue jeune fille qui est en réalité un brouteur obtient des enregistrements compromettants de son amoureux. Du coup ce dernier se sent pris au piège et est ainsi obligé de céder aux caprices du cybercriminel. La victime idéale du chantage à la vidéo est le plus souvent un fervent adepte des réseaux. En mal de relations (de toute sorte), elle est de préférence prête à exposer des éléments de sa vie privée. Photos, vidéos de strip-tease, les victimes peuvent aller très loin. Chose qui les pousse, une fois soumises au chantage, à certaines extrémités.

Pour célébrer leur « Kassa », sous-entendu « leurs exploits », les brouteurs organisent des soirées entre eux à Abidjan et font le « boucan », c’est-à-dire faire le beau, se faire voir dans des soirées, étaler sa richesse et forcer le respect, dépensent sans compter en alcool et en vêtements. Les cybers-escrocs font la joie de nombreux artistes DJ et les managers de bars, sur qui, ils déversent sans compter des liasses de billets. C’est le « travaillement ». En retour ces derniers spotent (citent) leurs noms dans leurs compositions musicales. Ils s’exhibent fièrement sur les réseaux sociaux avec leur butin. Ils sont de plus en plus jeunes, mais ne reculent devant rien pourvu qu’ils arrivent à s’en mettre plein les poches et en mettre plein la vue de leurs proches. Les « brouteurs » gagnent tellement d’argent qu’ils sont la deuxième proie des femmes, après les footballeurs ivoiriens. Certaines belles jeunes demoiselles se font appeler « porclé » parce qu’elles ne s’intéressent qu’aux brouteurs fortunés, parfois, elles sont plus âgées, mais pour de l’argent, elles sont prêtes à toutes sortes de relations.

Assoiffés d’argent et de gain facile, les cybercriminels, malgré toutes les alertes aux arnaques ici et ailleurs en Europe, n’hésitent pas à déplacer leur pratique sur le terrain des sciences occultes afin d’accroître considérablement leur richesse. Les arnaqueurs ont recours pour cela au marabout ou féticheur pour envoûter leurs victimes, les Européens, afin que ces derniers se plient à leurs exigences sans mot dire. Des amulettes, des gris-gris de toutes sortes, tout y passe pourvu que ça marche. Certains d’entre eux ont été poussés aux sacrifices suprêmes c’est-à-dire un être humain en offrande aux génies pourvoyeurs de richesses et de puissance. L’on a encore en mémoire la cruauté de Bonoua, petite ville paisible du sud de la Côte d’Ivoire située à une quarantaine de kilomètres d’Abidjan. Jeudi 13 septembre 2012, une grande clameur ébranle la quiétude de ses habitants : une scène cruelle, atroce que celle de la décapitation d’un enfant de 5 ans par un brouteur ivoirien à peine âgé de 18 ans. Frappé à l’arrière du crâne, le petit garçon de 5 ans a été éventré vif, éviscéré pour lui trancher ses organes vitaux et sexuels à l’aide d’un couteau de cuisine élimé et d’une paire de ciseaux à usage scolaire. Bonoua est loin d’être un fait isolé. Il n’est pas non plus, l’œuvre de la sorcellerie ou d’un criminel solitaire Il s’agit plutôt de la pratique d’un nouveau modèle économique effectué en réseau qui connaît son âge d’or sous l’empire du fameux « Coupé décalé ». Du coup, envoûter un Blanc ou le « Zamou » comme il le nomme dans leur jargon est devenu l’une des conditions à toute activité de broutage réussie. Pour cela, les pays comme le Burkina, le Bénin et le Ghana sont visités par les brouteurs pour parvenir à leurs fins. Outre les marabouts et les féticheurs, les complices sont nombreux et apparaissent à différents niveaux. Il y a, en premier, les agents de transfert de fonds appelés « Zoko ». Ceux-ci sont, de loin, les complices les plus directs des brouteurs car ils facilitent les opérations de retrait à ces derniers sans carte d’identité comme exigé pour des manœuvres de ce genre. En retour, ils perçoivent un pourcentage allant de 10 à 15 % du montant. En plus des agents de transfert de fonds, il existe les policiers qui tirent profit de cette arnaque virtuelle. Plusieurs brouteurs affirment opérer dans des cybercafés appartenant à des policiers afin d’être à l’abri de toute surprise désagréable. S’il arrive qu’ils soient épinglés par la police, ils sont trimbalés dans un endroit isolé afin de faire un deal, et, s’ils coopèrent moyennant de l’argent ils sont aussitôt relâchés.

Les brouteurs sont de plus en plus nombreux, impossible de dresser un chiffre exact, ils se baladent au volant de bolides que d’honnêtes travailleurs ne pourraient s’offrir même après 30 ans de service. L’argent acquis frauduleusement est blanchi dans plusieurs secteurs d’activités où il n’existe pratiquement pas de contrôle. Il s’agit de la mode, de la musique et des night-clubs ou bars. Aujourd’hui, certains brouteurs plus futés sont devenus artistes, producteurs d’artistes coupé-décalé, propriétaires ou copropriétaires de magasins de vêtements et de nombreuses discothèques de la place. Il n’est de secret pour personne que des cybercriminels utilisent l’industrie de la musique pour blanchir des richesses mal acquises, s’acheter une image respectable et une reconnaissance sociale. L’une des particularités de ces brouteurs sans loi,c’est la solidarité développée entre eux. Pour cela ils sont divisés en gouvernements bien structurés et s’entraide en cas de maladie, de problèmes et même de décès d’un brouteur ou d’un de ses proches.

Les conséquences de ce phénomène sont incalculables à tel point que la crédibilité la Côte d’Ivoire est mise en doute. Le rapport d’activités 2012 de la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité indique 3, 3 milliards F Cfa arnaqués par les brouteurs ivoiriens. En 2013, c’est plus de 3, 6 milliards F Cfa. Soit une nette progression malgré la politique d’identification des abonnés cellulaires mise en place par le gouvernement ivoirien et les législations en la matière en vue de stopper la cybercriminalité. Ce fléau a créé une jeunesse ivoirienne tournée vers le gain facile, de même qu’il a favorisé la détérioration des valeurs morales et sociales. Le silence coupable des parents, de la société et de l’Etat n’a fait qu’empirer la situation. En effet, pour lutter contre la cybercriminalité, de nombreux pays se sont permis tout d’abord de mettre en vigueur des projets de lois appropriées. Pour traquer les escrocs du net appelés communément « brouteurs », le gouvernement ivoirien a mis en place une plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) qui est fonctionnelle depuis 2011 avec un effectif réduit à 22 agents, en face des milliers de brouteurs et de milliers en devenir. En partenariat avec l’ex- Atci et placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, la PLCC a effectué de nombreuses interpellations et arrestations de cybercriminels. Sur le site Internet de la plateforme, on peut voir les photos d’une centaine de brouteurs recherchés pour avoir escroqué financièrement des personnes via le net. Selon ce rapport d’activité  de cette plateforme, dans 70 % des cas d’interpellations, les arnaqueurs sont jugés et condamnés à des peines lourdes. Même si dans certains cas le juge a parfois du mal à qualifier l’infraction du cybercriminel en raison de l’ambigüité de la loi.

Malgré tous ces efforts réalisés pour freiner ce fléau, la cybercriminalité ne cesse de croître et de faire de nouveaux adeptes. Comme pour dire dans leur jargon « tant qu’il aura des gaous (ignorants) sur Internet, le broutage vivra, vivra. Et, si l’on ne prend garde, la Côte d’Ivoire sera, certes, émergente en 2020, mais, elle aura aussi réussi à créer l’émergence des cybercriminels. 

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FORUM ICI. L’AIRBUS A380, LE GEANT DU CIEL ATTERIT POUR LA TOUTE PREMIERE FOIS A ABIDJAN

L'AIRBUS A380 S'EST  POSE POUR LA PREMIERE FOIS A ABIDJAN AVEC A SON BORD PLUSIEURS HOMMES D'AFFAIRES FRANCAIS VENUS PARTICIPER AU FORUM ICI 2014
L’AIRBUS A380 S’EST POSE POUR LA PREMIERE FOIS A ABIDJAN AVEC A SON BORD PLUSIEURS HOMMES D’AFFAIRES FRANCAIS VENUS PARTICIPER AU FORUM ICI 2014

A l’occasion du Forum ICI 2014 qui s’ouvre demain, L’Airbus A380 de la compagnie Air France, le plus gros avion commercial au monde, en provenance de Paris, s’est posé ce mardi, sous le coup de 18h50 sur le tarmac de l’aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan.  Une première dans l’espace aérien de l’Afrique de l’ouest et francophone pour ce géant des airs, conçût à deux niveaux avec quatre réacteurs et une capacité d’environ 500 passagers. A son bord, la première dame, Dominique Ouattara, marraine de ce rendez-vous économique et plusieurs hommes d’affaires français venus participer à ce forum, où, sont également attendues d’autres délégations étrangères.

La présence de cet impressionnant appareil, de longueur 72.72 m et de largeur 24.1 m, sur le sol ivoirien signe le retour de la Cote d’Ivoire sur la scène africaine et internationale, trois ans, après la crise postélectorale qu’a traversée ce pays.


Côte d’Ivoire : les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara vers une possible réconciliation

POIGNEE DE MAINS ENTRE AMADOU SOUMAHORO, SECRETAIRE GENERAL DU RDR ET PASCAL AFFI N'GUESSAN PRESIDENT DU FPI
Poignée de main entre Amadou Soumahoro, secrétaire général du RDR et Pascal Affi N’Guessan, président du FPI

La rencontre entre des membres du RDR (Rassemblement des républicains) et du FPI (Front populaire ivoirien) paraissait incroyable, tant il était devenu impossible de s’imaginer un tel scénario. Pour la première fois, les pro-Ouattara et les pro-Gbagbo se sont parlés à la même table, sans l’aide d’un facilitateur.  Cela ne s’était plus produit depuis une décennie, particulièrement, après la crise postélectorale qui a fait des milliers de victimes. Cette crise avait aussi entraîné, le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye et l’emprisonnement de plusieurs cadres du FPI. Pascal Affi N’guessan, président du FPI, à la tête du forte délégation s’est rendu, hier au siège du RDR où il a été accueilli par Amadou Soumahoro, secrétaire général du RDRaccompagné de plusieurs cadres du parti , Amadou Gon Coulibaly, Henriette Dagri et Joel N’guessan.

Rencontre Rdr et Fpi
Les membres des deux partis autour de la table de discussion

A la demande du FPI, les échanges entre les anciens alliés du Front républicain se sont déroulés dans un climat apaisé et ont porté sur deux propositions chères au parti de l’ex-président Laurent Gbagbo à savoir le dialogue direct et l’organisation des états généraux de la République. « Nous considérons ces deux propositions comme étant les deux piliers, les deux pieds de la réconciliation nationale, a expliqué Pascal Affi, qui a, longuement, insisté sur ces termes lors de ses multiples tournées à l’intérieur du pays, il y a de cela quelques semaines.

Le parti de M. Ouattara qui a félicité le FPI pour cette initiative a réitéré son refus pour l’organisation des états généraux. Il estime qu’en l’état actuel des débats, l’organisation de ces assises ne pouvait pas apporter de solutions aux problèmes de la nation. L’on se souvient que le président Ouattara avait, lui-même, décliné cette proposition au cours de sa visite dans la région du Gbêkê, affirmant que c’était une perte de temps. Cependant, le RDR a dit être ouvert au dialogue politique et a souhaité que les échanges se poursuivent au niveau du cadre permanent de dialogue.

Il faut le dire, même si, la rencontre s’est achevée sur un désaccord, pour beaucoup d’ivoiriens, elle ouvre, enfin, la voie à une possible réconciliation. Et oui, à l’image des présidents Barack Obama et François Hollande qui ont décidé d’assister aux obsèques de Mandela avec respectivement leurs anciens adversaires politiques George Bush et Nicolas Sarkozy.

 


Côte d’Ivoire: l’autoroute du Nord ou l’axe de la mort

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Une collision entre deux véhicules sur l’autoroute du nord fait de nombreuses victimes

38 morts et 68 blessés, c’est le triste bilan des accidents de circulation survenus ces derniers jours sur  l’autoroute du nord Abidjan-Yamoussoukro à la veille de son inauguration par le président Alassane Ouattara. 

En l’espace trois jours, trois accidents d’une extrême violence se sont produits sur ce trajet. Samedi 7 décembre au PK 70 dans les environs d’Elibou, une collision entre deux autobus fait 24 morts et 44 blessés. Dimanche 8 décembre au PK 30, au niveau du village Attinguié, même scène, un croisement entre un mini car et un grumier occasionne 10 morts et 7 blessés. Lundi 9 décembre, au PK 70, toujours dans les mêmes circonstances, une autre collision entre un autobus et un camion-remorque  cause  4 morts et 17 blessés.

L’imprudence des chauffeurs, l’excès de vitesse, les mauvaises conditions de la route, l’absence de panneaux de signalisation et la fermeture de l’autoroute suite à des travaux constituent, entre autres, les sources de plusieurs accidents qui endeuillent, chaque jour, de nombreuses familles, et ce, à l’approche des fête de fin d’année où la circulation demeure particulièrement dense. Aujourd’hui, il règne une grande psychose au sein de la population. Traverser l’autoroute du nord hante, davantage, des milliers de voyageurs qui désirent se rendre à Abidjan ou à l’intérieur du pays. Cette multiplication d’accidents a attiré l’attention du gouvernement ivoirien qui n’a pas hésité à exhorter l’ensemble des  usagers de la route  à faire preuve de prudence.

 


Afrique du Sud : Nelson Mandela, Héros de la lutte noire s’est éteint

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Ce jour du 5 décembre 2013 restera à jamais vivace dans la conscience populaire de  l’humanité comme un jour un d’hommage à Nelson Mandela, Madiba, le Héros qui a porté haut l’étendard de la cause africaine contre le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. Le lit, le champ de son existence est comme une source d’inspirations, de modèles pour ce qui reste de l’humain. Opprimé, oppressé, Madiba a su se démarquer, se distinguer. Chaque discours, chaque phrase chaque mots, chaque lettre était porteur de messages de combat, de liberté, de courage, de solidarité, d’amour et de paix. C’est l’arme forte, la parole  de Mandela, premier président noir de l’Afrique du Sud démocratique qui a  bouleversé la terre toute entière pour triompher de l’apartheid. A l’heure où  le monde lui rend hommage, en voici quelques citations qui résument la vie d’engagement, le sens du devoir accompli du soldat qu’ a été Madiba.

« En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant. »

 » Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux depossedés de leur humanité. »

 » Etre libre, ce n’est pas seulement se debarrasser  de ses chaines; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »

 » Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé. »

« Nous ne sommes pas encore libres, nous avons seulement atteint la liberté d’être libres. »

 » J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur mais la capacité de la vaincre. »

 » Les hommes qui prennent de grands risques doivent s’attendre à en supporter souvent les lourdes consequences. »

 » Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à  la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique  dans laquelle tous vivaient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis pret à mourir. »

 » Je n’étais pas un messie, mais un homme ordinaire qui était devenu leader en raison de circonstances extraordinaires. »

 » Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s’est couché sur la réalisation humaine plus glorieuse. »

En effet, le soleil ne se couchera jamais  sur tes oeuvres. Et comme disait Birago Diop ‘’les morts ne sont pas morts‘’. Madiba au soir de tes 95 ans, tu retournes à la terre de tes ancêtres, certes, mais tu demeureras à jamais une légende vivante pour l’Afrique et pour le monde.

Vive Mandela,

Vive Madiba

 

 


50 ans après son assassinat, les Etats-Unis rendent hommage à John F. Kennedy

Dernière image du président John F. Kennedy le jour de son assassinat à Dealey Plaza (Dallas, EU) le 22 novembre 1963.
Dernière image du président John F. Kennedy le jour de son assassinat à Dealey Plaza (Dallas, EU) le 22 novembre 1963

Dallas, TEXAS – C’est à la même date, vendredi 22 novembre, à la même heure, 12h30 et au même endroit, Dealey Plaza que l’Amérique a rendu un vibrant hommage à John F. Kennedy assassiné, il y à 50 ans.
Cest sous une fine pluie, que des milliers de personnes rassemblées pour la circonstance, ce vendredi, ont observé quelques moments de silence, exactement, à 12h30 et les cloches des églises de la ville de Dallas ont retenti en mémoire du plus jeune président américain, abattu sur Dealey Plaza le 22 novembre 1963.

Des milliers de personnes, rassemblées sur Dealey Plaza, rendant hommage   à John Kennedy ce vendredi 22 novembre 2013
Des milliers de personnes, rassemblées sur Dealey Plaza, rendant hommage à John Kennedy ce vendredi 22 novembre 2013

Aux Etats-Unis, tous les drapeaux ont été mis en berne, des messes et des festivités se sont déroulées dans le recueillement et la sobriété pour célébrer la mémoire du 35e président des Etats-Unis, un président charismatique, mythique mais résolument tourné vers la modernité. Le président Barack Obama, peu avant, a donné le ton de cette commémoration, proclamant la journée du 22 novembre « jour du souvenir du président John F. Kennedy », avant d’exhorter ses concitoyens en ses propres termes : ‘’Faisons fructifier son héritage, aujourd’hui et dans les décennies à venir’’.

Les couples Obama et Clinton Se sont recuellis sur la tombe de J.F.K au cimetière militaire d’Arlington, près de Washington
Les couples Obama et Clinton Se sont recuellis sur la tombe de J.F.K au cimetière militaire d’Arlington, près de Washington

Quelques heures auparavant, Barack Obama et son épouse, accompagnés de Bill et Hillary Clinton sont allés dans le cimetière militaire d’Arlington, près de Washington pour se recueillir sur la tombe de John F. Kennedy et y poser une gerbe de fleurs près de la flamme éternelle symbolisant l’emplacement de la dépouille du défunt président, flamme qui avait été allumée par son épouse Jackie en 1963.

Un demi-siècle plus tard, John F. Kennedy a laissé dans l’esprit bien conscient des siens les traces de son remarquable parcours à la tête des Etats-Unis d’Amérique.


Capitaine Thomas Sankara ou la révolution inachevée

Capitaine Thomas Sankara , Chef d'Etat du Burkina Faso 1983-1987
Capitaine Thomas Sankara , Chef d’Etat du Burkina Faso 1983-1987

De son vrai nom, Thomas Isidore Noël Sankara est né le 21 décembre 1949 à Yako, une ville située au centre-nord du Burkina Faso. Fils d’un ancien combattant et issu d’une famille musulmane il fait l’école primaire à Gaoua puis se convertit au christianisme. Prédestiné à porter la soutane, c’est plutôt l’armée qui l’accueille dans ses rangs. Très jeune, Thomas Sankara intègre l’école militaire de Kadiogo à Ouagadougou. Après le Bac, il suit une formation d’officiers à l’académie militaire d’Antsirabé à Madagascar. De retour au pays, Thomas Sankara, le jeune officier au visage dessiné bouillonne d’idées, de changement, en un mot de révolution…

Sa rencontre avec Blaise…

Une fois au pays, il monte une organisation de la nouvelle génération de jeunes officiers formés à l’étranger dont-il prend les rênes. C’est au cours d’un stage militaire au Maroc qu’il fait la connaissance de Blaise Compaoré, avec qui, il partagera des années plus tard une fraternité familiale. Thomas Sankara facilite son intégration au sein de l’organisation au mépris des procédures à suivre pour l’intégration des nouveaux membres. Blaise Compaoré est même adopté par le père du jeune Thomas comme son fils. D’ailleurs, Blaise ne manque pas de déjeuner avec son père adoptif quand celui-ci est de passage à Ouagadougou.

Thomas Sankara et Blaise Compaoré
Thomas Sankara et Blaise Compaoré

Les germes de la révolution …

 Avec l’organisation des jeunes officiers mise en place, Thomas Sankara et ses camarades revendiquent des meilleures conditions et créent dans la clandestinité des structures civiles proches des théories marxistes et communistes dans un pays en ébullition. Le capitaine Sankara, aux arguments convaincants, obtient, en 1976, la création du centre d’entrainement commando situé à Pô, dans la province de Nahouri, à 170 km au sud de la capitale dont il prend le commandement. La côte de popularité de Thomas Sankara grimpe et ses idées progressistes et révolutionnaires gagnent du terrain.

Son entrée sur la scène politique…

Thomas Sankara devient, de plus en plus, incontournable face aux différents régimes militaire qui se succèdent à la tête de la Haute Volta. En septembre 1981, il devient Secrétaire d’Etat à l’information dans le gouvernement du Colonel Saye Zerbo. Six mois plus tard, avril 1982, il annonce sa démission en direct à la télé en déclarant ce bout de phrase « malheur à ceux qui bâillonnent le peuple », phrase qui sonne comme un avertissement. Septembre, nouveau coup de théâtre, nouveau coup d’Etat portant au pouvoir le médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo. Certains y voient l’ombre du capitaine Sankara, mais en réalité les auteurs de coup de force cherchaient à exploiter sa popularité grandissante. Des luttes et des divergences internes au sein de la junte emmènent le pouvoir en place à nommer, en janvier 1983, Thomas Sankara au poste de Premier ministre. Deuxième personnalité du pays, il entreprend, à ce titre, des voyages à l’étranger et se lie d’amitié avec le guide libyen Kadhafi. Ce rapprochement avec les régimes fascistes dans cette période de bipolarisation du monde est très mal apprécié par le Chef de l’Etat d’alors. C’est fort logiquement que Thomas Sankara est limogé et mis aux arrêts sous la pression de certaines puissances coloniales. Une arrestation qui coïncida avec l’arrivée en terre voltaïque de monsieur Afrique, Guy Penne, conseiller du Président François Mitterrand.

4 août 1983, la révolution…

Arrêté et emprisonné, des manifestations sont organisées pour réclamer sa libération, Thomas Sankara est ramené à Ouagadougou et placé en résidence surveillée, où il bénéficie, tout de même, de complicités au sein de l’armée. Le capitaine Sankara et ses camarades organisent des réunions secrètes et mettent en place des associations clandestines pour la prise du pouvoir. Ouagadougou vit une instabilité politique due aux coups d’états à répétition, la société civile est en ébullition, l’armée est divisée. C’est dans cette atmosphère tendue depuis quelques jours que vint la journée du 3 août jour initialement prévue pour révolution. Tout y était préparé minutieusement, les plans étaient établis au sein des garnisons et des différents syndicats acquis à la cause des jeunes officiers. Face aux hésitations du pouvoir en place, les sankaristes décident de passer, finalement, à l’offensive ce jour du 4 août malgré les négociations qui se déroulaient entre Jean-Baptiste Ouédraogo et Thomas Sankara. La machine était lancée depuis Pô, ville garnison acquis à la cause des jeunes révolutionnaires. Tous les points névralgiques ont été maîtrisés : la garde républicaine et les autres bataillons, la télé, la radio, etc. Avec une certaine facilité, le pouvoir est cueilli. Thomas Sankara et ses camarades sont les nouveaux rois du palais. Une fois à la tête de la haute volta, le capitaine Thomas Sankara met en place le Conseil National de la Révolution (CNR). Dès lors Thomas Sankara entame sa politique révolutionnaire dans tous les secteurs : l’éducation, la santé, le civisme, le travail, l’économie, etc. Sankara inculque à son Peuple l’amour de la patrie, l’espoir, l’emblème de la probité, la lutte contre toutes oppressions. Pour marquer son engagement de rupture, un an après Thomas change le nom de son pays, la Haute Volta devient le Burkina Faso (Pays des hommes intègres). Sankara parle comme Lumumba et Nkrumah, d’indépendance économique, de liberté des peuples, d’unité africaine…, il était profondément attaché à la fois à son pays et à l’Afrique : « Je ne parle pas seulement au nom de mon Burkina tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part (…) Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples« . Sankara s’est mué en défenseur des causes perdues, des peuples opprimés. Les résultats de la Révolution sont révélateurs dans tous les domaines, à titre d’exemples : 2,5 millions d’enfants sont vaccinées, la polio, la rougeole et la méningite sont éradiquées. Au niveau du logement le CNR impose des coûts de loyers très bas et facilite l’accès aux logements. Sous Sankara, le taux de scolarisation s’accroît, il atteint 24% en 1986 contrairement au taux de 1% les années d’avant la révolution.

Au plan international Sankara adopte une politique : celle ne pas s’aligner derrière un des deux blocs (communiste et anticommunistes) en cette période de guerre froide. Pour le jeune Chef d’Etat, le Burkina Faso n’est ni la chasse-gardée ni l’esclave d’une quelconque puissance. Il opère un changement profond pour se défaire de la France-Afrique et du joug colonial.

La ligne rouge à ne pas franchir…

capitaine Thomas Sankara decore par Fidel castro
capitaine Thomas Sankara decore par Fidel castro

Thomas Sankara par ses prises de position bouleverse inconsciemment ou consciemment la géopolitique mondiale. Ces nombreux voyages vers les pays dits « réfractaires », le Ghana, le Zimbabwé, l’Angola, la Chine, la Roumanie, Cuba, l’Algerie, le Nicaragua, l’Union Soviétique, la Corée du nord …où il entretient des relations étroites avec Jerry Rawlings et Yoweri Museveni, Eduardo Dos Santos et Fidel Castro ennemi numéro 1 des Etats-Unis qui l’a même décoré. L’alignement systématique de Thomas Sankara derrière la Russie, lors des assemblées générales des Nations-Unies pour les votes sur la nouvelle Calédonie et l’Afghanistan, finit par convaincre le président français François Mitterrand et Félix Houphouët Boigny, têtes de file de la « France-Afrique », des intentions séparatistes de Thomas Sankara qui brille par son absence aux sommets de la France-Afrique. Il apporte son soutien inconditionnel à l’ANC de Mandela qui mène une lutte féroce contre l’apartheid et à la création d’un Etat palestinien chère à Yasser Arafat. Dès lors, le jeune capitaine attire l’attention des grandes puissances, les agences de renseignements sont à ses trousses. Cependant, Sankara n’est guère ébranlé, il ne manque pas d’apporter, le 24 septembre 1986, son appui au coup d’état manqué contre le pouvoir d’Eyadema du Togo qui jure avoir sa peau. Les relations entre d’une part Ouaga et d’autres parts Paris, Abidjan et Lomé se détériorent. La de médiation initiée par François Mitterrand en terre togolaise est avortée. Sankara, de plus en plus esseulé et incompris ne s’y rendra pas. La guerre contre le Mali sur une portion du territoire, les représailles contre la Côte d’Ivoire par l’arrestation de militaires ivoiriens à la frontière sont autant d’évènements qui vont jouer en sa défaveur. En interne, la politique de Thomas est contestée par ses plus proches collaborateurs, en occurrence son ami Blaise Compaoré et plusieurs autres mouvements syndicaux. C’est dans cette période trouble, de réorientation du CNR que François Mitterrand effectue une visite au Burkina Faso, une rencontre qui devrait rapprocher les deux peuples. Mais hélas, Mitterrand, le père de la »France-Afrique », Sankara le fils se sont livrées à une joute oratoire digne d’une véritable scène de théâtre classique à la « je t’aime moi non plus ». Les divergences se sont, considérablement, accentuées à la fin de l’entretien entre les deux hommes d’Etat. En voici quelques extraits de leurs échanges verbaux. Thomas sankara : Monsieur le président, lorsqu’il y a de cela quelques années, vous passiez par ici, ce pays s’appelait la Haute-Volta. Depuis, bien des choses ont changé et nous nous sommes proclamés Burkina Faso…Au contraire, ces détours risquent d’avoir la lourde conséquence d’endormir la conscience des peuples qui doivent lutter pour s’affranchir de cette domination, de ces formes de domination. Vous-même avez écrit quelque part dans les nombreuses pages que vous avez offertes à la littérature française que tout prisonnier aspire à la liberté, que seul le combat libère…En ce sens, la France sera toujours la bienvenue chez nous. Elle sera toujours la bienvenue dans des formes qu’il nous convient d’imaginer plus souples et qui rapprocheront davantage Français et Burkinabè. Nous ne demandons pas une aide qui éloignerait les Burkinabè des Français, ci serait une condamnation face à l’Histoire. Nous ne demandons pas, comme cela a été le cas déjà, que des autorités françaises viennent s’acoquiner avec des autorités burkinabè, africaines, et que seulement quelques années plus tard, l’opinion française, à travers sa presse se répande en condamnations de ce qui s’appelait aide, mais qui n’était que calvaire, supplice pour les peuples… Monsieur le président, vous avez écrit quelque part qu’à l’heure actuelle, l’aide de la France baisse. Et que, hélas, ajoutiez-vous, cette aide évolue au gré des ambitions politiques de la France et comble de malheur « pour le comble », pardon, avez-vous dit et souligné ce sont les capitalistes qui en profitent. Eh bien, nous croyons que cela est également juste. Vous l’auriez écrit, je crois, dans cet ouvrage ma part de vérité. Cette parcelle de vérité est une vérité. Ce sont effectivement les capitalistes qui en profitent, et nous sommes prêts pour qu’ensemble nous luttions contre eux... En réponse, Mitterrand a mis de côté son discours pour se lancer dans une improvisation. …Je saisirai au vol les derniers propos du Président SANKARA qui me demandait la raison principale de mon voyage en BURKINA FASO. Je répondrai d’emblée : nous sommes venus ici par amitié pour ce peuple ; nous sommes venus ici par fidélité à l’histoire ; nous sommes venus ici par intérêt pour ce qui s’y déroule…Quant au débat sur le capitalisme, vous me contraignez, mon cher Président, à reprendre une explication qui pourrait paraître un peu fastidieuse à cette heure-ci, et en ces lieux. Mais le problème est celui de la nature même du « pacte colonial » que je dénonce et que j’ai toujours dénoncé. Le « pacte colonial », cela consiste à laisser des pays, comme ceux d’Afrique, se spécialiser dans la vente de leurs matières premières et de transformer ces matières premières dans d’autres pays. Vous savez très bien que la richesse se trouve dans la valeur ajoutée !… Votre valeur brute, c’était vos matières premières : le bois de vos forêts, l’or, le diamant, le charbon, le manganèse, le nickel de votre sous-sol ; le cas échéant le pétrole ; c’était le cuir, la peau de vos bêtes, votre élevage. Et toutes ces matières premières étaient traitées, transformées ailleurs. Je ne m’esquive pas devant la responsabilité historique de mon pays : c’est à Marseille ou à Bordeaux que se trouvaient les grandes industries de transformation. Regardez, c’est à Marseille qu’était naguère traitée la bauxite de Guinée, et heureusement, c’est en Guinée même que sont installées, aujourd’hui, certaines usines de transformation. Pendant des siècles, on vous a exploités humainement : on a volé vos hommes, vos femmes, vos enfants. On s’est servi de vous. Je comprends votre refus, votre révolte et j’épouse votre combat. Finalement on ne pourra plus rien vendre, à personne, alors qu’il y a plus de 2 milliards de consommateurs qui pourraient être des producteurs et des transformateurs. C’est une folie ! C’est se retourner contre soi-même ! Ou alors, c’est que le goût de la domination est imbécile ! Ceux qui ont le goût de la domination immédiate ne perçoivent pas qu’à travers du temps qui passera, cela se retournera contre eux qui se sont servi abusivement de leurs forces. … Et je n’ai pas à me mêler de votre politique intérieure : si j’étais ce soir devant un autre Chef d’Etat que le Président SANKARA, devant une autre équipe, s’il n’y avait pas eu de révolution, je n’aurai sans doute pas eu à répondre à toutes les questions qu’il m’a posées, mais la disposition de la France à l’aider serait la même ! Retenez bien ce que je vous dis : ce n’est pas parce qu’il y a une équipe jeune, dérangeante, quelquefois un peu insolente, au verbe libre, ce n’est pas parce qu’elle est là que nous devons faire moins et nous retirer sur la pointe des pieds. C’est parce qu’elle est là que nous devons nous parler les yeux dans les yeux, …c’est le langage que je veux tenir pour conclure. Qu’est-ce que l’on peut faire pour que cela marche ? Vous avez besoin de nous, eh bien ! Vous nous le direz. Vous n’avez pas besoin de nous ? Eh bien ! dans ce cas là, on s’en passera.

Francois Mitterrand et Thomas Sankara
Francois Mitterrand et Thomas Sankara

Son arrêt de mort…

Après cette sérié de questions-réponses houleuse entre les Présidents Burkinabé et Français, Mitterrand retourne à Paris avec une idée un peu plus claire de la vision de Sankara, un jeune révolutionnaire récalcitrant et dangereux pour les intérêts français en Afrique de l’ouest. Le triangle de « Bermudes » se met en place : Paris – Abidjan- Lomé avec pour cible numéro un le capitaine Sankara. Plusieurs plans sont élaborés pour mettre fin à la révolution tant à Ouagadougou que dans les autres capitales notamment Abidjan et Lomé. C’est ainsi, qu’en février 1985. Une bombe explosa la suite de l’hôtel président que devrait occuper, à Yamoussoukro, Sankara durant le sommet du Conseil de l’Entente. Est-ce un avertissement ou une tentative, on n’en saurait pas plus. Une stratégie dite la « trappe à miel » est planifiée avec pour but d’infiltrer et de diviser les leaders authentiques de la révolution. Félix Houphouët Boigny s’est chargé de trouver le miel : Chantal Terrasson que le président ivoirien présenta, en début de janvier 1985, à Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire. Miss Terrasson est une jeune élève, particulièrement séduisante, du lycée de jeunes filles de Yamoussoukro. Elle est formée spécialement pour participer au protocole d’accueil des présidents. Est-ce une simple coïncidence car Chantal est la fille du docteur Terrasson, une figure de la Côte d’Ivoire, proche d’Houphouët-Boigny. Dès lors, naît une idylle entre Chantal et Blaise, une histoire d’amour qui aboutir au mariage entre les deux tourtereaux. La France-Afrique venait de réaliser un grand coup, un pas vient d’être franchi. Compaoré, numéro deux du CNR est l’élément actif. Les nombreux allers-retours de Chantal à Ouagagadougou serviraient à échanger des courriers entre le père Boigny et son beau fils Blaise qui profitait de certains déplacements à l’extérieur pour tisser son propre réseau à lui. Il fallait passer à la deuxième étape : les tracts. Dans tous le pays des tracts circulent sur une prétendue relation de Sankara d’avec la copine d’un de ses camarades de lutte, sur sa famille et sur sa personne. L’année 1987, sera marquée par des soubresauts. La lutte interne va s’exacerber. Les Syndicats se réorganisent contre les reformes du capitaine Sankara qui affiche clairement son intention de faire une pause pour réajuster les principes révolutionnaires. Mais celui-ci se heurte à une fronde interne parmi des membres du conseil national de la révolution qui s’organisent avec la bénédiction de Blaise Compaoré. Alors que dans l’entourage de Sankara, on ne cesse de le mettre en garde contre les complots dont-il serait la victime, il se refusa d’intervenir puis interdit à ses amis de neutraliser Blaise Compaoré sur qui pèsent tous les soupçons. Ainsi, au soir du 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné avec certains de ses camarades par un commando alors qu’ils étaient en pleine réunion. Après quatre ans à la tête du Burkina Faso, Sankara, celui qui aimait tant à dire à la fin de ses discours « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! » part, certes sans achever la révolution mais y laisse des traces remarquables de son brillant parcours dans la conscience populaire des siens et de l’Afrique.


le Gouvernement Ivoirien interdit le téléphone portable au volant

 

Téléphone au volant

 

C’est chose désormais faite. Le gouvernement ivoirien vient d’adopter en conseil de ministre extraordinaire  une loi interdisant l’usage du matériel téléphonique au volant afin de réduire considérablement les accidents de circulation. Le décret prend effet ce jour. Le non respect de cette disposition sera puni par le paiement d’une amende de 10 000 fcfa. Aucune disposition légale en la matière n’était en vigueur jusqu’çà ce jour, date de sa signature. Pour rappel, le 17 mai dernier, le gouvernement avait attiré, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la télécommunication et des sociétés de l’information, l’attention des conducteurs sur la nécessité d’être prudent et de veiller à utiliser de manière responsable les matériels téléphoniques et autres équipements TIC à leur disposition. Six mois, jour pour jour, L’Etat Ivoirien passe à l’offensive en interdisant systématiquement l’utilisation du téléphone portable et Kit mains-libres au volant. Selon le gouvernement les accidents de la route sont en partie dus au mauvais comportement des conducteurs qui appellent et rédigent des sms ou qui sont distraits par les systèmes de navigation. « En effet, nul n’ignore les risques liés à l’utilisation du téléphone portable au volant. A ce jour, des études dans d’autres pays ont démontré que les utilisateurs du téléphone portable au volant ont démontré que les utilisateurs du téléphone portable au volant font en moyennes 38% »,  a justifié mme Affoussiata Bamba-Lamine,  porte-parole ajointe du gouvernement et ministre de la communication. L’évolution rapide des Ntic impose que des mesures vigoureuses prises pour renforcer la sécurité routière. Reste donc l’application de cette loi comme tant d’autres restées sans suite.


Innovation. L’Université F.H.B accueille les premières navettes électriques de Bolloré

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Alassane Ouattara inaugure la première ligne électrique en Afrique à l’Université F.H.B

L’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan dispose, depuis ce mercredi 16 octobre, de deux bus 100% électriques flambants neufs fonctionnant à l’aide des batteries rechargeables à partir d’un système solaire. Un projet innovant, une grande première en Afrique qui a coûté la bagatelle somme de 1,2 milliards de F CFA au groupe Bolloré principal donateur. Un investissement qui vient s’ajouter aux 120 milliards de F CFA de l’Etat Ivoirien utilisés pour la rénovation de l’ensemble de ses universités après la crise politico-militaire. La Côte d’Ivoire devient ainsi le premier pays africain à bénéficier de cette technologie. L’inauguration de cette ligne électrique s’est faite en présence du président Alassane Ouattara et du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique qui se sont réjouis de cette marque de confiance qui hisse davantage la Côte d’Ivoire vers l’émergence à l’horizon 2020. Ces deux bus électriques (en attendant les 4 autres) d’une capacité de 22 places facilitent, certes, le déplacement des 60 000 étudiants au sein du campus universitaire, cependant, ceux-ci ne résolvent pas vraiment le problème des étudiants qui éprouvent un véritable calvaire pour rallier, chaque matin, l’université. Une situation due à l’irrégularité datant des bus de la Sotra, la seule compagnie publique de transport à Abidjan, la capitale économique.


L’île de Lampedusa ou le nouveau cimetière africain

Une vue de plusieurs corps de clandestins africains
Une vue de plusieurs corps de clandestins africains

Lampedusa début juillet, pour son premier voyage hors de Rome, le pape François avait fustigé l’indifférence du monde face aux pauvres et au drame des clandestins. A peine trois mois, Lampedusa, petite île sur les côtes de l’Italie, où se rencontrent l’Afrique et l’Europe, est à nouveau sous le coup des projecteurs. La vague des flux migratoires, comme à son habitude, a, davantage, repris. Jeudi 03 octobre, la péninsule assiste impuissante au naufrage d’un bateau surpeuplé d’environ 500 à 550 immigrés à majorité d’origine africaine. On enregistre 302 morts dont 210 hommes, 80 femmes et 9 enfants. Seul 155 personnes ont été sauvées, énième drame qui a juste suscité l’émoi, et rien de plus, de l’Europe, en particulier l’Italie.  Alors que les recherches de corps sans vie se poursuivaient un second bateau a chaviré au sud de l’île faisant près de 50 morts et quelques 200 passagers ont eu la vie sauve grâce aux secours arrivés très rapidement d’Italie et de Malte. Bilan de cette tragédie plus de 350 morts en une semaine. Ces morts de ce type, on en compte par millier depuis une vingtaine d’années. Lampedusa d’une superficie de 20 km² avec un peu moins de 10 000 habitants est devenu, par la force des choses, à la fois, l’eldorado et le nouveau cimetière des candidats à l’immigration prêts à se sacrifier. Selon le HCR qui dresse un bilan partiel des six premiers mois de 2013. Sur près de 7913 migrants qui ont débarqué sur les îles italiennes, près de la moitié est arrivée à Lampedusa, soit 3648 clandestins tandis que 1500 à 2000 personnes périssent en mer chaque année sans compter les disparus. L’image que l’on retient de ce drame est celle de quelqu’un, qui, fuyant la misère, la pauvreté et parfois la mort, fini sa course dans le cimetière de Lampedusa où il n’y a presque plus de place. Face à cette catastrophe humanitaire, le silence et l’impuissance de l’Afrique, où il a fallu plusieurs jours aux dirigeants africains pour marquer leurs désarrois lors d’un sommet extraordinaire de l’Union Africaine, préoccupée par la menace de retrait du continent noir de la Cour Pénal International. A quand le prochain bateau en provenance d’Afrique!


L’île de Lampedusa ou le nouveau cimetière africain

Une vue des corps des immigrés repêchés après le naufrage de Lampedusa
Une vue des corps des immigrés repêchés après le naufrage de Lampedusa

Lampedusa début juillet, pour son premier voyage hors de Rome, le pape François avait fustigé l’indifférence du monde face aux pauvres et au drame des clandestins. A peine trois mois, Lampedusa, petite île sur les côtes de l’Italie, où se rencontrent l’Afrique et l’Europe, est à nouveau sous le coup des projecteurs. La vague des flux migratoires, comme à son habitude, a, davantage, repris. Jeudi 03 octobre, la péninsule assiste impuissante au naufrage d’un bateau surpeuplé d’environ 500 à 550 immigrés à majorité d’origine africaine. On enregistre 302 morts dont 210 hommes, 80 femmes, et 9 enfants. Seul 155 personnes ont été sauvées, énième drame qui a juste suscité l’émoi, et rien de plus, de l’Europe, en particulier l’Italie.  Alors que les recherches de corps sans vie se poursuivaient un second bateau a chaviré au sud de l’île faisant près de 50 morts et quelques 200 passagers ont eu la vie sauve grâce aux secours arrivés très rapidement d’Italie et de Malte. Bilan de cette tragédie plus de 350 morts en une semaine. Ces morts de ce type, on en compte par millier depuis une vingtaine d’années. Lampedusa d’une superficie de 20 km² avec un peu moins de 10 000 habitants est devenu, par la force des choses, à la fois, l’eldorado et le nouveau cimetière des candidats à l’immigration prêts à se sacrifier. Selon le HCR qui dresse un bilan partiel des six premiers mois de 2013. Sur près de 7913 migrants qui ont débarqué sur les îles italiennes, près de la moitié est arrivée à Lampedusa, soit 3648 clandestins tandis que 1500 à 2000 personnes périssent en mer chaque année sans compter les disparus. L’image que l’on retient de ce drame est celle de quelqu’un, qui, fuyant la misère, la pauvreté et parfois la mort, fini sa course dans le cimetière de Lampedusa où il n’y a presque plus de place. Face à cette catastrophe humanitaire, le silence et l’impuissance de l’Afrique, où il a fallu plusieurs jours aux dirigeants africains pour marquer leurs désarrois lors d’un sommet extraordinaire de l’Union Africaine, préoccupée par la menace de retrait du continent noir de la Cour Pénal International.  A quand le prochain bateau !


Mondial 2014 : CIV – SEN UN MATCH SOUS LE SIGNE DU RACHAT

 

 

civ vs sen

Côte d’Ivoie-Sénégal, c’est l’affiche la plus relevée des barrages de la zone Afrique pour le mondial 2014. Ce samedi, 12 octobre à Abidjan, sous le coup de 17h Gmt, les éléphants affrontent les lions de la Téranga au stade Félix Houphouêt Boigny. Pour mémoire, un soir du 13 octobre 2012, à Dakar, la Côte d’Ivoire bâtait le Sénégal sur le score de 2 buts à 0 lors du match retour comptant pour les éliminatoires de la Can 2013. Une rencontre interrompue à la 76 mn suite aux violences orchestrées par les supporters sénégalais. Au finish, le Sénégal est éliminé et pire, le stade Léopold Sedar Senghor est suspendu pour 12 mois par la CAF. Un an plus tard, Ivoiriens et Sénégalais se retrouvent. Les lions ont à cœur de se racheter. Depuis leur dernier mondial en 2002 où, elle a atteint l’étape de ¼ final, l’équipe sénégalaise est en perpétuelle reconstruction. Pour passer le cap ivoirien, Alain Giresse mise sur sa jeune garde comme lors du match contre l’Ouganda (victoire 1-0). Seul changement notable, le retour en attaque de Papiss Cissé (Newcastle/Ang). Face à cette jeunesse sénégalaise, une muraille, les éléphants, première équipe africaine au classement FIFA avec ses multiples stars : Didier Drogba (Galatassaray/Turquie), Gervinho (AS Rome/Italie), Yaya Touré (Man.City/Ang). La Côte d’Ivoire a une réputation à préserver. On s’imagine difficilement une coupe du monde sans la séléfanto qui traine sur ses épaules, comme à son habitude, le statut de favoris sans trophée. Le sélectionneur des éléphants, Sabri Lamouchi, décrié par le public ivoirien aux regards de ses performances, a battu le rappel de certains cadres à l’image de Kolo Touré (Liverpoul/Ang) pour stabiliser la défense. Qui, du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire sortira vainqueur de cette double confrontation, verra le Brésil. Rendez-vous le 16 novembre 2013 à Casablanca.