Arielle

Je pars en Inde

« Je pars en Inde ». Cette phrase, je pourrais la prononcer moi-même. En effet, mon prochain voyage a pour destination l’Inde. C’est la raison pour laquelle quelqu’un m’a conseillé de lire un carnet de voyage bien particulier qui porte ce titre. « Je pars en Inde » a été publié en 2017 et a été écrit par son héroïne, Véronique Daudelin, une comédienne québécoise devenue écrivaine. Je vous propose ici mon avis sur ce livre.

Il y a peu de temps, Véronique Daudelin décide de quitter le Québec pour un périple de quatre mois en Inde. Elle espère s’y ressourcer, s’y retrouver et répondre à tous les points d’interrogation qui la tourmentent. C’est à son retour au Québec qu’elle écrit « Je pars en Inde », un livre qui documente toutes les étapes ce que qui se révelera être un voyage intérieur dans ce pays aux milles paysages et visages différents.

À travers son récit, on rencontre de nombreux personnages, qui, chacun, lui apprendront quelque chose : une chamane, un chien, des réfugiés tibétains… Au fil des chapitres, on vit des expériences uniques : la traversée de l’Himalaya, un mariage traditionnel indien, un séminaire de yoga intense, un rituel chamanique…

Lors de sa description d’un mariage indien (auquel elle fut invitée à la dernière minute), on comprend rapidement que Véronique y est mal à l’aise. Tout d’abord, elle n’est pas habillée convenablement puisqu’elle n’avait pas prévu d’y assister. Ensuite, elle se fait parader comme une mascotte auprès des autres invités. Elle est la Canadienne de service ! Bien qu’elle aurait pu y répondre de façon humoristique, elle est plutôt frustrée de la situation et ne profite pas de cette unique occasion de s’immerger dans la culture indienne. Cette frustration la suit tout le long du récit et on s’aperçoit qu’il est symptomatique d’un mal de vivre persistant.

Cette fameuse Inde s’avère dure, exigeante, intrigante, mais aussi si touchante, humaine et vibrante. En plus du choc culturel qui l’y attend inévitablement, il y a tant d’éléments imprévisibles qui se présentent. Ses attentes se confrontent à une réalité désarmante. Car l’Inde, qu’on se le dise, représente le monde à l’envers pour qui ne s’y connaît pas. Bien que je n’y sois pas encore allée, je sais déjà à quoi  m’attendre avec ce pays : on ne peut pas réellement avoir d’attentes !

Véronique va-t-elle parvenir à la fin de cette quête de sens ? Va-t-elle réussir à ce sentir mieux ? Comment va-elle appréhender son retour au bercail qui pointe son nez ? Vous aurez réponse à toutes ces questions en lisant ce livre que je recommande fortement !

Composé de 284 pages, ce carnet se lit d’un seul trait ou presque. J’ai pris le temps de prendre des notes et de rechercher tous les lieux décrits pour préparer mon propre voyage qui fera lui aussi l’objet de prochains articles de blogs.

 


Indonésie, partie 2 : Jogyakarta, au cœur de la culture javanaise

Que le temps passe rapidement ! Cela fait déjà sept mois que je suis revenue de mon périple en Indonésie, et pourtant, je n’avais pas encore eu le temps de continuer le récit sur mon blogue. En voici donc la deuxième étape : Yogyakarta (qui s’écrit aussi Jogyakarta).

Ancienne colonie hollandaise, Jogyakarta est située au centre de l’île de Java, non loin du volcan actif Merapi. Autrefois le cœur du royaume Medang (7e siècle), cette région a conservé de nombreux vestiges de la culture javanaise hindou-bouddhiste traditionnelle.

Le calme de Jogyakarta s’oppose clairement au désordre de Jakarta. Dès mes premiers pas dans la ville, je constate qu’il y a moins de bouchons de circulation (même s’il y en a encore !), beaucoup moins de pollution et de lointains paysages montagneux. Cela n’en fait pas une région moins dynamique. Au moindre coin de rue, on peut découvrir des murales rappelant l’art batik, des petites boutiques d’artisans et de savoureux warung, les fameux boui boui indonésiens.

Parlant de gastronomie, Jogyakarta regorge de restaurants offrant des « repas des rois » (Raos en indonésien). J’en ai essayé deux, et bien qu’on y sente un peu l’attrape touriste, on ne peut que s’amuser à l’idée de déguster les spécialités préférées des empereurs javanais !

Temples indou
Temples de Prambanan Crédit photo : Arielle Rakoto

Amatrice de danse et de théâtre, j’ai bien été servie : les spectacles de danse javanaise sont un incontournable dans la région ! Bien que je n’ai rien compris à la représentation à laquelle j’ai assisté, ne parlant pas l’indonésien, j’ai vraiment apprécié les décors, les costumes et la musique envoûtante. Je ne saurai décrire l’expérience de façon précise : on parle de rituels de magie, de rites liés à la vie des villages, de cérémonies et de protocoles royaux. Le tout me fait penser un tout petit peu à la danse polynésienne, bien que la danse javanaise ne s’en rapproche pas tant que ça.

Gastronomie javanaise
Satay de poulet Crédit photo : Arielle Rakoto

On fait rapidement le tour de la ville en quelques jours, mais il faut absolument en sortir pour y voir les joyaux de la région. On peut visiter plusieurs candi, des temples hindous ou bouddhistes indonésiens datant de l’époque d’« indianisation » de l’Indonésie qui a eu lieu entre les 4e et 15e siècles. Borobudur et Prambanan sont deux sites incontournables faisant partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Et puis finalement, le clou du séjour : la montée du Merapi ! Rassurez-vous, je ne me suis pas rendue jusqu’au sommet du volcan le plus actif d’Indonésie. Toutefois, j’ai pu y voir un lever du soleil mémorable et une vue aérienne des temples de Borobudur.

Je crois qu’on ne peut pas passer à côté d’un passage à Yogyakarta en Indonésie. Si je devais y retourner, je retournerai aux warung où j’avais commencé à faire ma marque et je prendrais le temps de visiter tous les musées de la ville. Mais tout ça, c’est pour une autre fois.


Le Canada et la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine

À la veille du début du mois de l’histoire des noirs, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a annoncé que le Canada soulignera la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine.

De quoi s’agit-il ?

Cette décennie est une résolution de l’ONU qui proclame la période s’écoulant entre 2015 et 2024 comme « Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, citant la nécessité de renforcer les mesures et activités de coopération nationales, régionales et internationales pour garantir le plein exercice des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques des personnes d’ascendance africaine ainsi que leur pleine et égale participation à la société sous tous ses aspects ».

Pourquoi le Canada a-t-il décidé d’y adhérer ?

Le gouvernement canadien célèbre le mois de l’histoire des noirs depuis 1926. Toutefois, le racisme et les biais inconscients envers les noirs sont toujours bel et bien présents dans la société canadienne. En écoutant les préoccupations de citoyens et d’organisations à travers le pays, notamment celles de la Fédération des Canadiens noirs, le gouvernement a finalement décidé de tenter d’en faire davantage pour freiner ces problématiques et pour soutenir les Canadiens d’ascendance africaine.

Justin Trudeau
Le premier ministre du Canada Justin Trudeau, lors de la proclamation le 30 janvier 2018 – Crédit photo : Premier ministre du Canada CC via pm.gc.ca

Comment cette initiative va-t-elle se concrétiser ?

On retrouve peu d’informations pour le moment sur la manière dont le gouvernement compte célébrer concrètement cette Décennie. Selon Radio Canada International, celle-ci va « fournir un cadre de reconnaissance, de justice et de développement pour lutter contre le racisme, la discrimination et les inégalités persistantes auxquelles sont confrontés les Canadiens d’ascendance africaine ».

Qu’est-ce que j’en pense ?

Je me réjouis de toute initiative favorisant et célébrant la diversité. Je suis curieuse de voir comment se manifestera le déploiement des activités reliées à la Décennie. Je me ferai très certainement un devoir de me tenir informée des développements de cette initiative.

  • Cliquez ici pour en savoir plus sur l’historique du mois de l’histoire des noirs au Canada
  • Cliquez ici pour découvrir le portrait de personnes remarquables qui ont contribué à façonner l’histoire des Noirs au Canada


Éducation, passion et compromis : les 3 leçons de Michelle Obama à Montréal

Le 5 février dernier, Michelle Obama était de passage à Montréal pour donner une conférence à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Fervente admiratrice des anciens occupants de la Maison-Blanche, je me suis fait un devoir d’y assister afin d’en savoir plus sur la nouvelle vie de l’ancienne première dame des États-Unis.

Plus de 10 000 personnes étaient présentes dans la salle. On sentait une certaine frénésie, beaucoup de curiosité, et comme un sentiment que de la magie allait s’opérer cette soirée-là. Et bien, ce fut le cas ! Il faut dire que Mme Obama a un charisme fou, une élocution remarquable et un sens de l’humour surprenant ! Son public, déjà conquis suite au passage de son mari dans la métropole en juin 2017, était attentif, comme suspendu à chacun des mots qu’elle prononçait. Du moins, ce fut mon cas !

Le format de la présentation, une discussion menée par Sévrine Labelle, présidente-directrice générale de Femmesor, était tout indiqué, permettant à Mme Obama de s’exprimer dans un cadre somme toute décontracté. Entre quelques petites piques subtiles à l’égard de Donald Trump, Mme Obama s’est prononcée sur les cinq sujets suivants :

1) L’éducation

« Prenez l’école au sérieux (…) Tout commence avec l’éducation ». Mme Obama a martelé maintes fois que l’éducation est primordiale.

2) Le racisme

« La question n’est pas de savoir ce qui ne va pas avec la personne en face de nous, mais de savoir ce qui se passe à l’intérieur de nous. »

3) L’égalité des genres

« Le pouvoir existe. Mais est-ce que la volonté est là ? » Selon Mme Obama, les femmes qui possèdent du pouvoir doivent défendre la cause de toutes les autres femmes.

4) La responsabilité sociale

Mme Obama donne trois conseils à toute personne souhaitant être un acteur de changement :

« L’éducation : il faut savoir quelque chose avant de changer quoi que ce soit.

La passion : il faut savoir ce que l’on veut changer et ce que l’on ressent vis-à-vis cela.

Les compromis : il faut être prêt à faire des compromis ».

5) Les femmes et le leadership

« Le défi de plusieurs femmes, et particulièrement celles issues de minorités, se résume à ceci : elles mettent la barre trop bas et elles pensent que leurs voix ne comptent pas. » Mme Obama rappelle qu’il faut valoriser les femmes dès leur plus jeune âge.

Puis, pour conclure la soirée, l’animatrice s’est adonnée à un petit jeu de questions ludiques. On y a appris plusieurs faits cocasses qui n’ont qu’ajouté du charme à la personnalité de Mme Obama :

– Une chose sans laquelle elle ne pourrait pas vivre : les frites.

– Une personne avec qui elle échangerait son cerveau : absolument personne.

– L’endroit qu’elle choisirait avec une machine à remonter dans le temps : « Puisque je suis noire, je n’irai certainement pas en arrière ! » Elle affirme que le temps présent est bien, avec tous les progrès qui ont déjà été faits et qui seront faits dans le futur.

– La dernière chanson qui lui est restée dans la tête : un air de la comédie musicale « The Sound of Music ». Par la même occasion, elle a glissé à la blague que le Canada serait son échappatoire, advenant le cas où elle devrait quitter les États-Unis un jour…

Bref, bien que je n’aie pas appris beaucoup de nouvelles choses durant cet entretien, je suis tout de même repartie avec quelques onces d’espoir de plus dans la tête et le cœur. Non, cette femme de conviction ne se présentera pas aux prochaines élections américaines, la politique n’étant pas sa passion. Avec raison, son ancrage dans la communauté me semble beaucoup plus opportun pour des causes tout aussi nobles comme le philantropisme. Je compte maintenant sur le lancement prochain de son mémoire qui promet bien d’autres citations inspirantes et des anecdotes croustillantes…


Chronique d’une erreur informatique

Au mois d’août 2017, Statistique Canada, l’agence du gouvernement fédéral canadien qui a pour mandat de faire la collecte et la compilation de statistiques sur le Canada et ses habitants, a annoncé que l’utilisation du français à Montréal était en baisse. En effet, on apprenait que la proportion de montréalais parlant uniquement le français aurait diminué de 1,2 %.

Cette nouvelle a créé une commotion dans la sphère publique. Tous les médias en parlaient et plusieurs politiciens y avaient réagi. Les gens semblaient à la fois scandalisés et effrayé par ces données.

Voici quelques exemples de titres qui ont fait la manchette :

Le français perdu encore du terrain

Langue d’usage: de recul en recul, selon la SSJB

Le français poursuit son recul à Montréal

Puis, coup de théâtre, une semaine après, on apprend qu’elles étaient erronées. Statistique Canada avait fait une bourde en classifiant inadéquatement la langue parlée de quelque 61 000 personnes dans les données de recensement. Le recul du français avait été surestimé, mais tout de même confirmé par les données corrigées. On parlerait plutôt d’une diminution de 1%.

Le mal avait déjà été fait, allant jusqu’à raviver les tensions entre anglophones et francophones au Québec.

 «L’erreur est importante parce que non seulement il y a l’erreur, mais il y a aussi les conséquences de l’erreur. Ça donne une paranoïa par rapport à la présence de l’anglais.» Sylvia Martin-Lafarge, directrice générale du Quebec Community Group Network.

Cette situation a surtout mis en lumière l’aspect épineux de la question linguistique à Montréal. Avec les changements démographiques, l’immigration et la précarité de la francophonie en Amérique du Nord, la langue française à Montréal et au Québec fait face à plusieurs défis.

En quoi sont-ils si différents des autres pays francophones ? C’est ce dont je voudrais bien que l’on discute tous à la fin de ce billet.

C’est toute une histoire qui montre qu’une erreur informatique peut créer bien des dommages et susciter d’importantes réflexions…

 

Sources :
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1048404/francais-recul-montreal-portrait-langue-anglais-recensement
https://www.lapresse.ca/actualites/national/201708/11/01-5123785-statistique-canada-une-erreur-a-fait-bondir-lusage-de-langlais-au-quebec.php
https://www.lesoleil.com/actualite/le-recul-du-francais-confirme-mais-surestime-d2a7b3a417615dadbacf3c0f1cb0c58f
https://www.spl.gouv.qc.ca/documentation/rapportssondagesstatistiques/lesdefisdelalangue/

 

 


Indonésie, première partie : Jakarta, la ville qui ne dort jamais

Pourquoi visiter Jakarta ? La question s’impose puisqu’à priori, cette ville ne se démarque pas par le charme évident dont Hanoi, Kuala Lampur ou encore Bangkok peuvent se vanter.

Mon arrivée à Jakarta en juillet dernier représentait ma première immersion dans une vraie métropole asiatique. Ses quelques 9,6 millions d’habitants s’y font bien sentir, avec la circulation monstre à laquelle on assiste quotidiennement et dans laquelle piétons, charrettes, motocyclistes et automobilistes essaient de se frayer un chemin.

Centre-ville de Jakarta
Centre-ville de Jakarta, cc Arielle Rakoto

Première réflexion : on se croirait à Madagascar, c’est à s’y méprendre ! Les similarités avec Antananarivo sont évidentes. Les marchés avec les étals de fruits, légumes, viandes et poissons rappellent un parfum très familier. Le désordre omniprésent est somme toute « ordonné » : comme dans plusieurs capitales africaines et asiatiques, on s’y retrouve assez rapidement dans les dédales tentaculaires des rues sans noms.

États de bananes à Jakarta
Marché situé dans le quartier chinois de Jakarta, cc Arielle Rakoto

Qu’y a-t-il à faire à Jakarta ? Pour ma part, l’intérêt principal de cet arrêt résidait dans la présence du Musée national d’Indonésie et de la Galerie nationale d’Indonésie, deux sanctuaires de la culture et de l’histoire de l’Indonésie. Étant une amatrice de musées, ceux-ci m’ont bien plu et m’ont permis de commencer tranquillement à comprendre les ramifications de l’héritage indonésien à Madagascar. Mon premier article sur le sujet en faisait état, les artefacts indonésiens tels que la pirogue démontrent bien les liens qui existent entre les deux pays. Les nombreuses toiles d’artistes indonésiens et européens m’ont aussi donné un avant goût des prochaines étapes de mon périple, soit la région de Jogjakarta et Bali.

Murale à Jakarta
Murale à Jakarta, cc Arielle Rakoto

Je ne pourrais pas passer outre la diversité culturelle qui règne à Jakarta. On y mange aussi bien indonésien que thaïlandais, chinois ou vietnamien. Parmi les plats indonésiens incontournables, on retrouve le « nasi goreng », le plat préféré de Barack Obama, et le « mi goreng », que l’on peut consommer dans toutes les gargotes de la ville.

Bref, on ne tombe pas amoureux de Jakarta, du moins ce ne fut pas le cas pour ma part ! On peut tout de même y faire de belles découvertes et surtout se préparer aux autres surprises qui nous attendent sur l’île de Java…

 


Singapour en 5 coups de cœur

Pardonnez ma longue absence du blog, je reviens tout juste d’un petit périple en Asie dont le premier stop était Singapour. J’en avais si souvent entendu parler et voilà que ma première occasion de visiter le continent asiatique se présentait. Pourquoi Singapour ? Pour son charme intriguant ! Singapour a su m’émerveiller et me surprendre alors que je ne m’y attendais pas. Il y a un dynamisme palpable qui y fourmille, quelque chose d’unique et familier en même temps !

Pour toutes ses raisons, je vous offre mes cinq coups de cœur de cette cité-état que l’on surnomme souvent « La Suisse d’Asie ».

Une ville gastronomique

Les amateurs de cuisine fusion sont bien servis à Singapour. C’est l’endroit idéal pour goûter aux spécialités de chaque coin de l’Asie à un seul endroit ! Le secret réside dans les hawkers, ces food court où l’on trouve de tout pour tout le monde. J’y ai rarement payé l’équivalent de plus de 4-5$US pour chacun de mes repas et certains restaurant se targuent même d’offrir des soupes à  1-2 $US.

Mon plat de prédilection durant mon immersion singapourienne. CC Arielle Rakoto

Une ville cosmopolite

Dans les rues de Singapour, on entend parler le malais, le mandarin, le tamoul et l’anglais. Presque tous les panneaux de signalisation ainsi que les annonces dans le métro sont quadrilingues ! Multiculturelle et multiconfessionnelle, Singapour surprend par son ouverture sur le monde, bien qu’on ne doive pas oublier son autoritarisme

Mon quartier préféré : je me dois de mettre ex aequo Little India et Arab Street ! Tous les deux m’ont enchantée avec  leurs parfums d’exotisme qui se fait sentir à chaque coin de rue. Plus spécifiquement, Little India pour ses magnifiques temples et Arab Street pour ses nombreuses fresques murales.

Murale à Arab Street, CC Arielle Rakoto

Une ville futuriste

Singapour, c’est aussi le reflet d’une vision bien claire de l’urbanisme : des lignes  à la fois pures et audacieuses. Les grattes ciel pullulent dans les centre-villes. Le point positif : ils rivalisent par leurs traits architecturaux différents et par la présence de jardins suspendus dans certains d’entre eux !

Mention spéciale pour Garden by the Bay : un parc aux arbres métalliques gigantesques (50 mètres, il faut le faire!) étalé sur 101 hectares en plein cœur du centre-ville.

La fameuse forêt artificielle mais si époustouflante ! CC Arielle

 

Une ville verdoyante

Singapour regorge de plusieurs havres de nature. Tous plus beaux que naturels, ce qui est assez pour nous faire oublier que la plupart sont artificiels. Sentosa en est l’exemple parfait. Cette station touristique est en fait une île construite de toutes pièces et qui a été entièrement aménagée pour y abriter des attractions et surtout une plage au sable blanc ahurissante.

Dans le district financier CC Arielle Rakoto

Une ville intelligente

Développement durable et innovation vont de pair à Singapour. Tous les points principaux de l’île sont reliés par un réseau de métro fiable, propre et moderne. De plus, tous les services ou presque sont digitalisés. Ici, on commande des taxis depuis belle lurette avec des applications mobiles et les habitants sont presque tous connectés à internet.

Bien qu’un peu tape-à-l’œil, Singapour demeure une destination qui a su me marquer et me faire découvrir  une facette de l’Asie assez unique.

 


Romans insulaires : des îles et des lettres

Les îles m’ont toujours fasciné, d’aussi loin que je puisse me souvenir. Il y a quelque chose de mystérieux par rapport à ces terres entourées d’eau, souvent isolées et empreintes d’un certain exotisme. L’imaginaire de l’insularité est ancré dans la littérature depuis le début des temps. Il existe même un Salon international du Livre insulaire qui se déroule sur l’île d’Ouessant en Bretagne depuis 1999. Au travers de mes propres lectures, je suis souvent tombée sur des livres insulaires qui m’ont permis de découvrir et d’explorer des destinations qui m’étaient inconnues. Je vous propose ici un premier billet d’une série qui portera sur des romans insulaires et des îles qui m’ont marqués.

Nikolski

Nicolas Dickner, Alto, 2005

Aux premiers abords, la couverture du livre peut paraître peu attractive. Est-ce que le livre va parler de poisson ? De pêche en ligne ? Heureusement, il ne faut pas s’attarder aux apparences ! On découvre une histoire d’une simplicité et d’une douceur étonnante.

Nikolsi, c’est le récit de trois protagonistes dont les destins vont se croiser sur l’île de Montréal. Ces personnages sont tous reliés par un lien de parenté insoupçonné.

Au fil des pages, on a l’impression d’entendre les vagues se fracasser, de sentir l’air marin et de se laisser emporter dans les dédales du nomadisme…

Je recommande fortement ce livre si les histoires qui portent sur les liens familiaux, l’immigration et le territorialisme vous intéressent !

L’Odeur du café

Dany Lafferière, Boréal, 2009

Haïti, douce Haïti. J’ai l’impression d’y avoir fait de nombreux voyages bien que je n’y ai jamais mis les pieds grâce à la plume d’un de mes auteurs préférés, Dany Lafferière.

Haïti, c’est l’enfance de Dany Lafferière. C’est sa grand-mère Da qui l’a élevé, la chaleur de Petit-Goâve, l’effervescence de ses habitants.

Le récit de Dany Laferrière, ce sont ses anecdotes qui dépeignent une société, des situations cocasses qui profilent une personnalité attachante, des rêves qui laissent apercevoir un espoir certain.

Et tout ça, c’est L’Odeur du café.

 

 


À la quête des origines du peuple malgache

La question de l’origine du peuplement malgache intéresse autant les scientifiques que les voyageurs depuis plusieurs décennies, voir des siècles. C’est aussi une question que l’on m’a posée maintes fois et à laquelle je n’ai pas toujours su répondre de façon satisfaisante. Ironiquement, ce ne sont pas mes voyages à Madagascar qui m’ont aidée à éclaircir le mystère, mais plutôt quelques clics sur Internet… Alors que je m’apprête à effectuer mon premier périple vers l’Indonésie, un des morceaux de ce puzzle, je vous présente un compte-rendu de ma recherche !

Les origines du peuple malgache : deux questions primordiales se posent

Selon un article de la revue Études océan indien, deux questions sous-tendent la problématique du peuplement malgache :

1) Quelle est l’origine des populations qui composent le peuple de Madagascar ?

2) Quand et où le premier peuplement s’est-il installé ?

Dès le début du XXe siècle, plusieurs théories basées sur le plan de la culture matérielle sont présentées par différents auteurs.  Cependant, c’est plus récemment, grâce à l’analyse génétique entre autres, qu’on a déterminé que le peuplement malgache résulte de plusieurs vagues de migrations successives de l’Asie du Sud-Est, de la côte orientale de l’Afrique et de la péninsule arabique. Un premier peuplement dans le nord et le nord-ouest de la Grande Ile vers le Ve siècle après J.C. aurait aussi été déterminé par des prospections et fouilles archéologiques.

La continuité culturelle : un héritage africain et austronésien

À l’écoute de la langue malgache, on peut la trouver un peu étrange du fait qu’il n’y ait aucune consonance francophone. C’est parce qu’elle est issue d’un métissage bien particulier. En effet, on a décelé une parenté du malgache avec des mots du vocabulaire bantu (1), du swahili, du maanyan (2), du malais, du javanais et du sulawesi du Sud (3).

Au niveau ethnographique, on a pu observer des techniques malgaches similaires à celles pratiquées en Indonésie : le défrichement par le feu, l’élevage du chien, du porc noir, et des volailles, l’importance de la pêche en sont quelques exemples. De plus, d’autres correspondances avec l’Asie du Sud-Est ont été notées, notamment les systèmes de parenté, les habitats de forme quadrangulaire et les pirogues à balancier d’origine malayo-polynésienne. Ce sont surtout ces détails que je trouve vraiment fascinants ! Il n’y a pas d’indice plus concret que la culture pour démontrer les liens étroits entre les Malgaches et les pays dont ils descendent !

Les analyses génétiques ont, quant à elles, permis de souligner la diversité génétique des Malgaches. Chez les Mikea et les Vezo, établis au sud-ouest de Madagascar, et les Merina des hautes-terres (4) on a même découvert un gène qui n’a été identifié qu’au sein d’un nombre limité de groupes africains et d’Asie du Sud-Est, et son origine serait à rechercher dans la région qui couvre l’Arabie et le nord-ouest de l’Océan indien.

Et c’est sans compter toutes les évidences anthropologiques et botaniques qui mériteraient à elles seules plusieurs heures de lecture !

Pourquoi est-ce si important de connaître ses origines ?

Cela pourrait paraître un peu cliché, mais je crois qu’il est nécessaire de connaître un tant soit peu ses origines et d’avoir des notions d’histoire afin de forger son identité. J’ai grandi au Québec et il ne s’agit pas d’un sujet que l’on étudie dans le cursus scolaire. C’est donc par pure curiosité que je lis des articles sur le sujet depuis plusieurs années. J’avais déjà quelques connaissances sur la matière transmises par mes parents alors je n’ai pas été surprise par tout ce que j’ai trouvé en ligne. Reste que je trouve que c’est confortant de voir qu’il y a des sources scientifiques qui appuient le tout !

De plus, comme je l’ai mentionné, je ferai bientôt mon premier voyage en Asie avec un arrêt en Indonésie. J’ai très hâte de vous en parler, restez à l’affut d’un prochain billet de blogue à ce sujet 🙂

Je pourrais m’étendre sur plusieurs autres pages sur ce sujet passionnant, mais je vous inviterai plutôt à lire les liens que j’ai mis en référence plus bas.

Sur ce, je souhaite à tous mes compatriotes malgaches, une très bonne fête de l’Indépendance !

Lectures :

https://oceanindien.revues.org/1309

https://madagascar-tribune.com/Une-trentaine-d-Indonesiennes-a-l,18476.html

https://couleursdumonde.org/IMG/pdf/MadaPosterHistoire.pdf

Notes :

(1) «La famille des langues bantoues est un ensemble de langues africaines qui regroupe environ 400 langues parlées dans une vingtaine de pays de la moitié sud de l’Afrique. » Wikipédia

(2) On parle du maanyan, une langue qui est parlée dans la région de la rivière Barito, au sud-ouest de Bornéo.

(3) On parle de la langue sulawesi qui est parlée en Sulawesi, une île de l’Indonésie.

(4) Le peuple de Madagascar est issu de différentes ethnies. Vous pouvez consulter l’article suivant pour plus de détails.

 

 


Le Québec et la météo, une histoire un peu compliquée

Lorsque le temps est venu de choisir le sujet de mon premier article pour Mondoblog, je n’ai eu qu’à regarder par la fenêtre pour trouver ma source d’inspiration, la météo. J’assistais en effet ce jour-même à la pire tempête de neige des dernières années au Québec ! D’ailleurs, je vous invite à lire cet article si ce n’est pas déjà fait. 🙂

La météo n’est pas sujet un banal au Québec. On en parle tout le temps, peu importe la saison. Il fait toujours trop froid, trop chaud, trop humide ou trop venteux. C’est à se demander si les Québécois ne sont pas obsédés par la météo !

Paysage de Montréal sous la brume

Selon Diane Pacom, professeure titulaire à l’École d’études sociologiques et anthropologiques de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, ce phénomène est bien courant dans les pays où les conditions météorologiques sont problématiques. En Floride ou en Espagne, où l’hiver est quasi inexistant, cette tendance n’existe pas vraiment. C’est tout le contraire au Québec, où le mercure peut descendre jusqu’à -40 degrés Celsius en hiver et atteindre les 40 degrés par les journées de canicule estivales. Vous comprendrez donc pourquoi le sujet fait très souvent la une des grands quotidiens !

« Au Québec, mais aussi au Canada, on est obsédé par la météo. (…) Les gens sont traumatisés par l’hiver. Même en août, les gens s’inquiètent déjà et disent que l’été a été trop court ! » – Diane Pacom, professeure titulaire à l’École d’études sociologiques et anthropologiques de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa.

De mon propre aveu, je me préoccupe moi aussi de ce sujet intarissable. Je me réjouis dès les premiers soupçons de chaleur en mai, si la chance est au rendez-vous, et m’émerveille aussi à la tombée des premiers flocons. Il n’y pas une seule journée que je démarre sans consulter ma chaîne météo de prédilection, Météomédia. D’ailleurs, sans grande surprise, cette chaîne télévisée serait l’une des plus regardées au Canada !

Avec les changements climatiques qui n’augurent rien de bon, on assistera très probablement dans les prochaines années à une recrudescence de phénomènes météorologiques imprévisibles et extrêmes.

Et chez vous, est-ce que l’on parle beaucoup de la météo ?





 


Neige, éternelle neige

Souvenirs d’une tempête de neige mémorable

Ce n’était pas un mercredi de mars comme les autres. La veille on annonçait déjà le pire, une accumulation de plus de 30 centimètres de neige blanche au sol, un cadeau provenant de nos voisins américains.

Je venais à peine d’ouvrir les yeux que je me suis ruée sur mon téléphone. Le fil d’actualité de mon compte Facebook me confronta à l’inévitable. Les mots-dièse pullulaient déjà : #TempeteQc, #Neige ou encore #MeteoQc.

Intriguée, je me suis levée pour regarder par la fenêtre, j’aperçus alors l’étendue de la tourmente. Il n’y avait que du blanc à perte de vue. Les voitures et les arbres ensevelis, les rues désertes, mais surtout ce calme plat qui planait, comme un air de banquise urbaine.

Visibilité quasi nulle lors de la tempête de neige qui a frappé le Québec le 14 mars 2017.

Visibilité quasi nulle lors de la tempête de neige qui a frappé le Québec le 14 mars 2017. Chris AToute petite, j’anticipais avec joie les journées de tempêtes de neige. Avec la fermeture des écoles, elles se transformaient en journées de congé inattendues. On en profitait pour jouer sous les flocons avec les voisins. Le froid ne nous faisait pas peur.

À l’âge adulte, cela est devenu une histoire différente. Le réseau routier complètement paralysé nous empêche de vaquer à nos activités habituelles. Le pelletage de neige est la seule option viable pour pouvoir sortir de chez soi. C’est donc en ce mercredi matin que je me posais des questions sur le déroulement de ma journée. Allais-je pouvoir me rendre au boulot ? En avais-je envie surtout ?

La météo, sujet de prédilection au Québec

Il n’y a qu’au Québec que les conditions météorologiques peuvent causer une telle commotion. Nous y sommes habitués et pourtant la neige nous surprend à tout coup. Elle nous inspire aussi…

« Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver », avait fredonné il y a 52 ans le poète québécois Gilles Vigneault.

Et bien, je crois bien que nous sommes prêts pour un remix en 2017.