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Urgences… enfin, je crois !

Depuis peu, à cause de la santé de mon frère, je fréquente très souvent les urgences de l’hôpital Fann. Le premier jour, j’ai été frappée et choquée de constater que les urgences de cet établissement sanitaire ressemblent à s’y méprendre à un dispensaire ou à un centre de santé de je ne sais quel trou perdu. N’y voyez rien d’insultant ! Je trouve juste qu’un certain nombre de points ne sont pas réunis pour prétendre à une certification ISO (savent-ils seulement ce que c’est?).

Je m’appelle Leyopar et je voudrais partager avec vous mon expérience aux urgences du Centre National Hospitalier Universitaire de Fann- Dakar Sénégal.

La propreté

Quand on arrive dans un hôpital, et surtout aux urgences, on s’attend à un minimum de salubrité. Mais non ! Aux urgences de Fann, que ce soit en consultation ou en salle d’observation, j’ai été surprise à chaque fois (au moins 4 fois) de constater que le caractère « aseptisé » de l’hôpital est en fin de peloton, au profit des soins des patients. Si vous vous demandez où je veux en venir, prenez votre mal en patience.

J’ai vu des aiguilles de seringues, du matériel usager sur le bureau du médecin assurant les gardes et du coton imbibé de sang.

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Vous ai-je parlé de la poubelle qui déborde au point que le sol en reçoit l’excédent ?

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Dans mes allers-retours fréquents, j’ai eu le malheur d’utiliser l’unique WC qui se trouve dans la salle d’observation. Ô malheur ! J’ai vu des patients couchés sur les lits qui ne disposaient pas de draps. Ces patients devaient être très malades car ils semblaient incontinents, je laisse imaginer dans quel état ils étaient.

Au cas où vous n’imaginez pas l’étape suivante, permettez-moi de vous préciser que ces « lits » de fortune ne font l’objet d’aucun nettoyage. Voyez-vous les répercussions possibles maintenant?

Dans la salle de consultations, il vaut mieux éviter de marcher pieds nus ou encore d’avoir une blessure sous la plante des pieds.

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Si, comme moi, vous avez des allergies respiratoires, je vous laisse deviner ce qui vous attend sous ce plafonnier.

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Mais où est donc la permanence?

Je suis arrivée à 3h30 du matin aux urgences. Premier fait marquant: aucun personnel du corps médical n’est visible. Je cogne aux portes, j’entends quelqu’un maugréer mais personne ne sort. Après le soutien de la garde de nuit  des vigiles, une infirmière légèrement endormie sort visiblement énervée que son sommeil ai été interrompu. Ensuite, le médecin arrive… Mon petit frère est pris en charge.

Quelle capacité d’accueil?

Plus j’y passe du temps, plus je me dis qu’à Fann, les cas d’urgence ne doivent pas être très nombreux. Il n’y a que trois lits en salle d’observation, deux en consultation et un dans le bureau du docteur, qui sert de poste d’examen. Vous conviendrez avec moi : il vaut mieux espérer qu’il n’y ait pas de monde au portillon. « Encore heureux », me direz vous, car personne ne veut atterrir là-bas. Je ne peux m’empêcher d’y penser tout de même.

Il ne faut pas croire que cet article est un réquisitoire cinglant contre cette structure santitaire. Non ! Ce n’est pas tout le temps ainsi, Dieu merci. De plus, le personnel est professionnel. Mais, à mon humble avis, les urgences, comme tous les autres services d’un hôpital, doivent être propres. Il serait dommage d’y entrer avec une maladie et d’en sortir avec une autre. Nous avons l’habitude de dire « Yallah leu » (c’est la volonté de Dieu) mais dans bien des cas, c’est la bêtise de l’homme qui est en cause.


L’homme est un animal comme les autres…

source: Google
source: Google

J’ai rêvé d’une Humanité où l’Homme aurait une place de choix. Régnant en bon père de famille dans le respect et l’équité. Oui! Très longtemps, j’ai rêvé d’un monde où nous aurions en partage les valeurs universelles, des valeurs que l’homme s’évertuerait à répandre de par le monde… Plutôt que le faire, il préfère répandre intolérance, peur, injustice.

« Plus je connais regarde  les hHommes, plus j’aime mon chien »

Notez que la citation originale est « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ». Madame de Staël à qui cette citation est attribuée n’avait sûrement pas la même vision des choses que moi; étant entendu que c’est certainement par déception qu’elle a lâché cette vérité que j’imputerais à l’Humanité entière. En effet, la cruauté n’est pas le fait seul fait de l’homme; même les femmes ont su démontrer qu’elles aussi pouvaient être dépouillées de TOUTE HUMANITÉ… Et on en vient à aimer son chien, son chat… Pourquoi? Les animaux vous remettent l’amour que vous leur donnez. Ils ne réagissent de façon défensive que quand ils sont en danger… J’en vois me dire que les animaux sont aussi cruels: Eux au moins,  ne sont pas dotés d’un esprit critique, de conscience ou de la possibilité de juger de ce qui est bien ou mal.

L’homme est le seul être vivant doté d’une conscience avec la notion du bien et du mal en bonus… Mais cela suffit-il pour qu’il fasse ce qui est bon et juste? Pour consacrer les différences déjà évidentes entre les hommes, nous nous sommes retrouvés avec des castes, des races, des infirmités, des religions avec à chaque fois une grosse stigmatisation pour justifier l’injustifiable.

Aujourd’hui comme hier,  on tue pour rien, les barbares des siècles passés sont revenus d’entre les morts pour terroriser et hanter les vivants. Ils n’ont appris de leurs erreurs passées. Rien appris! Les victimes d’hier sont les bourreaux d’aujourd’hui. Les opprimés piétinent le monde par leur oppression. Et non, l’homme n’a toujours rien appris…

Comment un être humain peut-il tuer son semblable? Peut-on tout mettre sur la psychologie des foules? Et les cas isolés alors? Ils seraient sous influence de drogues?

Comment justifier la lâcheté des hommes qui tuent leurs semblables dans leur sommeil? Comment qualifier ceux qui tuent des enfants, des femmes enceintes? Au nom de quoi? D’un Dieu qui quelque soit la religion véhicule le même message: TU NE TUERAS POINT! Des crimes horribles! Comment un être humain normal peut non seulement violer, ôter la vie et au passage comme s’il n’en avait pas fait assez crève les yeux ?  L’homme pourtant doté de valeurs que tous les êtres vivants n’ont pas se plaît tel un porc à patauger dans la boue que représente « ses instincts primaires d’animaux » et y a très souvent recours de manière inexplicable…

#Fokotol, #Garissa, #Tripoli, #Tunis, #inquisition,  l’agression pour un téléphone portable qui se transforme en meurtre… à vous de compléter… L’homme capable d’excellentes choses sait aussi se rendre coupable du pire.

Moi : « L’Homme est le pire des animaux »

Elle : « … A ce stade le comparer à un animal c’est une insulte pour les animaux »

C’est en ces termes que ma « potesse » tchadienne a réagi quand je lui ai parlé de mon projet d’article. « Sont-ils capables de se sentir coupables, peuvent-ils regretter leurs actes? Si oui pourquoi reproduisent-ils les mêmes schémas »

« L’homme est un animal social »

Aristote gloire lui soit rendue, pensait qu’il en était ainsi car l’homme serait le seul et cela a été aussi remis en question dont la vie en communauté est régie par des codes propres à sa condition d’être humain.

Les philosophes se sont évertués à chercher la frontière entre l’Homme et animal. Moi, sans vouloir mettre tout le monde dans le même sac,  je me demande qui de l’Homme ou de l’animal est vraiment l’animal?

« L’Homme est un Loup pour l’Homme » disait Hobbes…


Fraternité universelle*

A la barbarie des hommes
La générosité de l’âme

A la violence des armes
La tendresse des mots

A la cruauté des mots
La délicatesse des gestes

A l’atrocité des gestes
La pureté du cœur

A l’opacité des cœurs
L’espoir d’un monde meilleur

Par ces temps obscurs, daignons-nous réunir autour de valeurs universelles : paix, amour, tolérance

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* J’ai rédigé ce poème quand j’avais 14 ans…. Le temps a passé et je trouve qu’il est d’actualité.


Albinisme, une histoire de survie

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La plupart des grandes histoires cachent d’immenses tragédies.

Le 17 novembre dernier, une expo somme toute banale était présentée à Dakar : « Les visages de l’albinisme « . Pour avoir vu des photos sur Facebook, il était plus qu’évident pour moi d’y aller. Je ne pouvais pas manquer cette exposition. Les photos étaient superbes, la mise en scène du photographe SUBLIME, les couleurs, juste sublimes, et les visages avec l’expression qu’il faut pour véhiculer le message et l’émotion qu’il faut.

Jugez par vous-même :

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Cette photo au-dessus est de loin celle qui m’a le plus parlé. La symbolique que représente l’enfant est poignante. Le futur, les lendemains, l’espoir, l’avenir, un monde qui continue son émouvante histoire ?

L’expression innocente d’un regard apeuré et plein d’espoir.

Oui, j’ai pu lire tout ça! J’ai vu un enfant, l’expression innocente d’une personne qui espère et attend tout du monde. Pas une couleur de peau, mais un enfant. Peut-être parce que je viens d’Afrique centrale et j’entends parler d’histoires…

« Les visages de l’albinisme », un titre poétique qui cache une insoutenable réalité.

« Les visages de l’albinisme », Comme pour rappeler qu’il s’agit d’êtres humains, comme vous et moi, des hommes, des femmes et des enfants.

Alors que je lisais les affiches et brochures je me suis sentie de plus en plus en mal à l’aise, ça devenait malsain… Comment peuvent-ils?

 

Rejetés par la chair de ma chair…

L’ignorance n’explique pas le rejet, elle n’est pas non plus la porte ouverte au reniement de soi. Rejeter son enfant ne revient pas t-il en des mots simples à se remettre en question soi-même. L’ignorance ne peut justifier l’acte d’horreur posé par les familles, car les campagnes de sensibilisation sont légion. Les croyances, l’appartenance à un groupe social, les religions ne peuvent justifier l’abandon par un papa et une maman de leur enfant.

L’ignorance faisant et le mystère de la génétique aidant, beaucoup de parents pensent que seuls albinos mettent au monde des albinos. Je sais, vous êtes allés à l’école, connaissez les gènes récessifs qui à la rencontre d’autres gènes récessifs peuvent se  dévoiler et se révéler dominants. Pour vous, c’est évident; mais pour d’autres c’est par une opération mystique et mystérieuse que cela est possible. En résumé, vous êtes porteurs sans faire la maladie et transmettre les gènes à votre descendance qui peut la manifester. Les caprices du jeu de l’hérédité faisant, des parents « normaux » se retrouvent à avoir pour enfant des albinos; qu’ils renient et abandonnent pour des raisons aussi fallacieuses qu’incongrues. Des parents vont même parfois jusqu’à commettre des infanticides pour « corriger le don de Dieu ».

 

Personnellement, je n’ai jamais compris comment on peut abandonner ou faire du mal à un enfant parce qu’il est différent….

 

Des pratiques d’un autre temps…

L’homme, est un loup pour l’homme disait Hobbes. Par ces temps incertains où l’on parle des droits de l’homme à tout bout de champ, le sort des minorités est plus que préoccupant.

Revenons à l’albinisme, je ne vais pas aborder le comment du pourquoi de cette insuffisance de mélanine, NON, je préfère crier ma rage et ma honte d’appartenir à la race humaine. La différence attire, effraie et fascine, elle ouvre la porte à la connaissance, l’amour du prochain et la tolérance. Les albinos font l’objet de pratiques rétrogrades, sauvages et barbares. Ils servent d’ingrédient principal aux sacrifices rituels, et quand ils ne le sont pas, ils sont décapités tels des animaux. Le vice va si loin que même le repos dans la tombe est un luxe. Les albinos auraient des pouvoirs magiques, selon les apprentis sorciers et autres praticiens de sciences occultes. Cela justifierait le fait qu’ils soient pourchassés, massacrés et déshumanisés!

Les signes des temps s’amoncellent, que Dieu nous vienne en aide!

Victimes rangées dans la rubrique faits divers, voilà ce à quoi sont confrontés les albinos 

« En février 2008, Mariam Emmanuel, cinq ans, fut massacrée dans sa chambre. « En pleine nuit, trois hommes sont arrivés avec des torches. Ils l’ont empoignée et l’un d’entre eux a sorti un grand couteau. Un homme l’a égorgée tandis qu’un autre la maintenait. Elle se débattait », raconte sa soeur Mindi, 12 ans, alors cachée sous ses draps.

« Ils ont recueilli son sang dans un pot, l’ont bu, puis ont coupé ses deux jambes au niveau du genou et ont coupé sa langue. Ils ont mis tout ça dans un sac et sont partis », poursuit la fillette terrorisée. » La scène se passe en Tanzanie et  d’autres crimes sont relatés ici.

 

Les chiffres qui font froid dans le dos…

La photo qui suit illustre le business de l’argent pour les uns, l’ignorance et les croyances malsaines pour les autres et l’abandon criminel pour ceux qui savent, mais se taisent.

No COMMENT
No COMMENT

Adrienne Ntankeu, présidente militante de l’association Anida (Association nationale et internationale de défenses des Albinos)  qui co-organisait au Nubi-Arts restaurant africain galerie d’art l’exposition de photos nous révélait que cette démarche avait pour principal objectif de « Démystifier la maladie et sensibiliser la population africaine« .

 


Je ne vous parlerai pas d’Elle

Source: https://goo.gl/W1B2p2
Source: https://goo.gl/W1B2p2

Elle se tait, elle le cache, elle souffre et elle sourit

Elle est jolie

Non, je ne vous parlerai pas d’Elle.

Hier, Elle s’est confiée à moi,

Dans ses yeux, j’ai lu colère et fiel.

Elle voulait comprendre, comment et pourquoi.

Un jour, Il a commencé par les insultes,

Ensuite, une gifle, c’était comme ça,

Il n’avait fait pas exprès; Elle pensait.

Le lendemain et tous les jours c’est devenu une routine.

Avant c’était là où on ne peut pas voir.

Aujourd’hui, son visage est sa nouvelle aire de jeu

Non, je ne vous parlerai pas d’Elle.

Se faire tabasser en Afrique quand on est une femme, c’est normal; « Elle l’a bien cherché » disent-ils

Quand tu vas porter plainte « de grâce, vas respecter ton mari, c’est ta vie, faut pas que ça me regarde »

Se faire défigurer par son mari, par un homme, pour qu’Il en soit est un de vrai;

C’est le rite de passage : il faut dompter la bête et asseoir sa suprématie!

Hier, Elle s’est confiée à moi

Sur les photos, je n’ai pu la reconnaître, Elle, une femme belle comme la lune, Elle, rayonnante tel le soleil.

Hier, Elle s’est confiée à moi,

le regard hagard, perdu, dérouté, ravagé

« Je lui faisais confiance, j’aurais donné ma vie pour lui, quelques mois de mariage, et paf, je suis devenue la serpillière, celle sur laquelle on marche, un punching-ball pour son plaisir, un objet sexuel pour ses fantasmes » […] Toujours la même rengaine, qui pourrait bien vouloir de toi? je t’arrange, car moins que rien que tu es qui pourrait faire de la traî**** que tu es sa femme » Le pire est que j’y ai cru! Moi, moins que rien, Moi, rien du tout, Moi six pieds sous terre »

Et je pense à Malala et à son combat, un arbre qui cache la forêt.

Les réflexions, les conventions, les résolutions, les dispositions n’ont rien changé.

Les discours, les journées internationales et autres initiatives stériles n’ont pas fait bouger les lignes.

Non, je ne vois parlerai pas d’Elle

Hier encore sur notre chère planète, Elle s’est faite stériliser telle une « chienne », un « animal » qui n’a pas le choix,

Hier encore sur notre chère planète, pour 20 euros, Elle s’est faite charcuter

Sa « carcasse » dans un couloir, sur un brancard abandonnée.

Quelques heures après décédée,

Son histoire est devenue un fait divers,

Banale et banalisée,

Qui fait vendre quand on veut être bien noté!

Non, je ne parlerai pas d’ELLES


Moi, Président

Affaire….

source : https://blogs.mediapart.fr/blog/oluwatu/211213/moi-president
source : https://blogs.mediapart.fr/blog/oluwatu/211213/moi-president

Ntap! L’histoire là que quand un Mbom tcha le pouvoir il jure que sa part est arrivée jusqu’à il cale. Il incarne tellement le pouvoir  que même avant d’entrer dans ses arcades, il a déjà fini de prendre la stature du 1er citoyen de son Pays. Voilà Hollande qui chantait « MOI, Président »? 15 fois qu’il l’a dit durant son interview avec la journaliste là. Comme si lui-même voulait se convaincre que ça peut! Vous pensez même que l’affaire là laisse qui? Les Occidentaux adorent souvent dire que les présidents Africains aiment que sauf caler et coller la dalle à la présidence comme si eux-mêmes restaient parce qu’ils ne se sont pas laissés corrompre. Voilà alors que l’autre dit qu’il est un « président normal », ça veut dire quoi encore? Tout ça là pour se faire remarquer, il prend le métro tel Monsieur et Madame tout le monde comme si le traitement pouvait être pareil. Tsuip!

Un grand me disait une fois que « qui ne serait pas tenté d’améliorer son style de vie avec son accession au trône présidentiel? » Nessa voilà Sarkozy  qui, à peine arrivé à l’Elysée  a augmenté son salaire en même temps? On appelle ça « indice d’ascension sociale » Qui est fou? Ha oui! Il y a bien José Mujica, président Uruguayen mieux de lui, président le plus pauvre du monde. Ou les gens veulent même souvent entendre que quoi? OH OH!

Sérieusement l’affaire là peut être sucrée hin…. Hum

Voilà le grand frère Blaise Compaoré à qui ça a calé au cou! Massa! 1 million de burkinabés bat  le pavé pour lui faire comprendre que son affaire de lifter la constitution ne passe pas et le père s’entête.

 source : https://goo.gl/pS2Hcq
source : https://goo.gl/pS2Hcq

Maintenant que ça a cuit sur lui, il a fui pour aller se cacher on ne sait même pas où. Qu’aurait-il eu avec un mandat supplémentaire de 5 ans qu’il n’a pas eu avec les 27 ans là? Le voilà à présent couvert de honte sorti par la petite porte! Pourtant les présidents Ouest Africains ont toujours voulu montrer un désintéressement vis à vis du pouvoir. Un donneur de leçons comme ça! Médiateur hin? Yako. Si on lui avait dit sa part allait terminer dans de pareilles conditions, il allait jurer que non! C’est à croire qu’il n’a pas eu vent de l’affaire Abdoulaye WADE. Nessa, lui aussi a tiré le diable par la queue? Franchement le pouvoir là donne même quoi? Voilà un autre donneur de leçon WADE qui aimait se targuer d’être un sage hum! Certes à bien des égards il était un président aux idées fortes, aux concepts novateurs, mais parce qu’il un mais lui même abusait il était de toutes  les manifestations, et il savait tout sur tout. Cette omniprésence m’agace. Je pensais que seul Gorgui avait le monopole en la matière, mais j’ai constaté que même Macky SALL s’adonne à cet exercice. Le président s’affiche partout sur les panneaux: la francophonie ohhhh, la réhablitation de je ne sais plus quoi ohhhh, il est là omnipotent, omniprésent comme s’il nous lorgnait…Lui là même c’est un cas! Il dit qu’il veut faire  réviser le mandat et le faire passer de 7 à 5 ans? Hum! c’est simple? Si c’est vraiment sincère je vais lui donner les mains! Un Président Africain qui raccourcit son mandat? Du jamais vu!

Si seulement Popol aka Pô Biya, le 1er des Camerounais, le Grand-frère a fêté les 32 ans du renouveau en grande pompe, renouveau de quoi on ne sait même pas! L’homme Courage, l’homme Lion, qui nous a fait miroiter la fin d’un tunnel dont on a jamais vu le bout, pouvait en prendre de la graine. Si seulement! c’est comme si on ne vit pas dans le même pays rien ne marche, pas de courant, pas d’eau , climat des affaires néant; notre part là n’est pas le plus pire mais vraiment les camerounais méritent mieux. Les grandes ambitions, ensuite les grandes réalisations, maintenant c’est horizon 2035 pour l’émergence…. que des paroles dis donc. On l’appelle même Popol Ebola çaaaa, les gens sont mauvais! en même  temps il nous a fait vivre les « 7 plaies d’Egypte »  et peut-être que c’est seulement le Ciel qui va nous sauver comme les Présidents là pensent souvent que la tombe c’est pour les autres…. Lui au moins ne s’est pas autoproclamé Empereur.

En tout cas, on est en Afrique, un grand disait qu’il y a 3 règles:  » respecter le chef, respecter le chef, respecter le chef car ils détiennent les « appareils répressifs de l’Etat »

Pour ceux qui ne comprendraient pas le style de cette article, il s’inscrit dans la catégorie « Topo du bar« 


Petit lexique: la plupart des mots et expressions utilisés sont issus du langage camerounais…

Ntap : son émis par le claquement de la langue sur le palais

Mbom: gars

Tcha : prendre

Comme si lui-même voulait se convaincre que ça peut (que c’est possible)

Nessa : n’est ce pas ?

Maintenant que ça a cuit sur lui : Quand ça a chauffé

 Yako : je compatis ( Côte d’Ivoire)

Si on lui avait dit sa part allait terminer : Si on lui avait que ça se terminerait

Gorgui: vieux en Wolof


From Bissau with love

En vous parlant de mes retrouvailles avec la Guinée-Bissau Ici, j’ai dû vous refroidir. Si tel est le cas, je m’en excuse grandement.

Épave
Épave

En général, on se laisse griser par les points négatifs et on tombe de haut. C’est ce qui m’est arrivé; après 5 ans, je m’attendais à voir du changement, des routes, des immeubles, quelque chose qui témoigne que la Guinée-Bissau a quitté un point A pour un point B. J’ai eu le cœur meurtri car non rien n’a changé. Cela, ne m’a pas empêchée de vivre intensément… La guinée-Bissau  regorge de bijoux  qui ne demandent qu’à être apprivoisés.

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Bissau à genoux mais fière…Bissau en toute simplicité.

Les comportements du BAR
Vu à Cacheu, Bissau

II y a la vie, il y a la joie: Voila un peuple qui dégage une joie de vivre sans nulle autre pareille. Alfredo, Nelson, Fernando et bien d’autres m’ont toujours impressionnée: ils sont bosseurs mais quand il s’agit de s’éclater, ils ne demandent pas leur reste . Lol. Non je ne suis pas folle quoique très légèrement « pompon » hihi. Les indicateurs de joie et d’insouciance universelle (bars), bureaux devant les lieux de service s’improvisent sous les arbres et sont ouverts dès 15h. II y a la joie je vous dis! En plus, la bière portugaise en TOP; je me suis laissée tenter, j’ai trouvé qu’elle ne coûte pas cher mais c’est relatif.C’est surement mieux ainsi. Corneille chantait  » […] on vit chaque jour  comme le dernier, et vous feriez pareil si seulement vous saviez. Combien de fois la fin du monde nous a frôlés. […]Parce qu’on vient de loin. Est-ce du a l’instabilité politique ou la nature du Bissau Guinéen? Je ne sais pas vous, mais moi j’opte pour la 2ème option.

Je goutais sauf.... les haineux merci de CIRCULER
Je goutais sauf…. les haineux merci de CIRCULER

Plus sérieusement à Cacheu, j’ai été très surprise par la joie de vivre des gens. Les gens dégagent quelque chose de vrai et d’authentique. Une joie de vie primaire qui ne triche pas, qui n’est pas intéressée. Une joie de vivre tout court. Et j’ai appris!!! Beaucoup appris et en toute humilité.

Règle d’or:

Le bonheur c’est savoir apprécié et profité du peu qu’on a: Non pas se complaire! Quand une femme transformatrice vous dit qu’elle veut juste qu’on améliore ses conditions de travail car elle veut rester chez elle et ne pense pas à partir, ça force le respect. Elle n’a pas l’eau courante, le câble et je ne parle pas même pas de la lumière. Mais elle est joyeuse d’une joie contagieuse, d’une joie qui transcende, une joie VRAIE.

Un bijou de biodiversité:

Saviez vous que la Guinée-Bissau possède un des plus grands réseaux de mangrove en Afrique de l’Ouest? La mangrove est réputée servir de nurserie et de nourricerie pour les certaines espèces halieutiques. En français ça veut que certaines espèces marines viennent s’y nourrir et s’y reproduire. 😉

Des tortues en veux-tu? En voilà, un réseau d’eau immense, des forêts restées vierges et surprises à n’en plus finir.

Une halte aux chutes de Sintcha Sambel me rappelle à quel point l’Homme est trop peu de chose. L’eau par endroit est si calme et paisible et un peu plus loin se déchaîne. Calme et apaisante, reposante et terrifiante!

Sintcha Sambel
Sintcha Sambel

Petite note personnelle: pendant cette pause, je suis restée très admirative et Humble. Un décor paradisiaque, les arbres, l’eau calme mais qui se déchaîne à la fois. Un faux pas, une glissade et la vie n’est plus. Vanité des vanités!

Posé la pose
Poser la pose

je suis asthmatique, c’est CONFIRME: très longtemps, j’ai rejeté cette idée. Ma sœur l’est, mon fils aussi, et après avoir vu les manifestations de cette maladie,j’ai toujours refusé l’évidence. Mais voilà, quand à vous piquez une violente crise, vous êtes bien content quand on vous propose un calmant et que « prise la main dans le sac », que le Dr ignorant votre refoulement vous annonce l’air grave par interprète interposé que vous êtes ASTHMATIQUE. Yako pour moi, mais vous vous dotez bien que là n’est pas la teneur de cette section.

Alors que je m’apprête à aller en visite sur le terrain, je suis prise d’une violente crise avec ce que ça peut avoir d’impressionnant. « Armelle viens on t’amène à l’hopital »! Hum! Ceux qui me connaissent (ici) savent que je suis à mes heures perdues la plus part du temps septique, limite « Thomas » sur les bords, je doute de presque tout; bref…mais comme je suis en détresse respiratoire je ne pose pas de questions. Intérieurement, je me demande à quelle sauce je vais être mangée. Loin de tout, au fin fond de nulle part, se faire calmer une crise d’ASTHME, Seigneur au secours!

Et me voici qui arrive à l’hôpital, comme la honte ne m’a pas achevé ce jour, je crois qu’elle peut plus rien contre moi! Une injection plus tard, me voici retapée. L’hôpital de campagne a des allures d’hôpital tout court. Les bâtiments sont neufs, propres et le personnel est professionnel. (même si j’aurai pu  parce qu’il fallait que je respecte le rang)

La Guinée-Bissau, c’est fini pour le moment

A bientôt , sous le soleil d’autres cieux!

Sous le soleil couchant de BISSAU
Sous le soleil couchant de BISSAU


Le bar vs l’afterwork

Affaire….

Les comportements du BAR
Les comportements du BAR

Il n’ y a pas si longtemps que ça,  quand un valeureux salarié voulait déstresser, il se dirigeait vers le premier bar du coin. D’ailleurs même, la pratique était devenu une institution. Après une rude journée de travail, beaucoup de chefs de famille y allaient déstresser. Au Cameroun c’est un incontournable, à tel point que ceux qui dérogent à la règle deviennent, sont considérés  et traités tels des pestiférés. Combien de pater ont laissé leurs salaire soit dans les bibines soit dans les caniveaux à la sortie d’un bar? Je n’ose pas répondre à la question…

Hum! Vas savoir pourquoi, le concept de after work est né un jour en Europe et comme nous sommes consommateur de 1er ordre on a sauf entrepris de suivre le mouvement. Voilà donc comme le Bar ouaaaaa, une institution, un point de ralliement s’est vu ravir et voler la vedette. Pourtant à la base, le bar  et l’after ont le même principe actif : déstresser après une longue journée au boulot. Je crois qu’un gérant ou propriétaire de bar en a eu assez de voir défiler la « racaille » et s’est pris à rêver d’un concept épuré et aseptisé: c’est ainsi que l’after work est né.

Tout ça là c’est pour mieux plumer les gens. Là où les prix sont raisonnables dans un bar, en after work ça peut voler très haut… J’en vois qui ouvre les yeux pour me faire remarquer que le bar  et l’after c’est le même combat: sauf que de vous à moi, qui entre encore dans un bar en costard cravate pour taper les divers en parlant comme s’il était dans son salon? Donc vraiment accepter que même si les activités qu’on y exercent sont les mêmes, la réalité est que la rupture est consommée d’un point à l’autre. NTAP, je disais donc que qui va entrer dans un bar pour dire : « la bière c’est combien ici? » les prix au bar sont fixes quelque soit le bar dans lequel tu entres le prix est le même hin mais

L’after work c’est tout un concept: prenez un bien immobilier dans lequel vous investissez en déco, et autre vaisselle, déplacez-le du quartier populaire au centre ville ou même dans une banlieue CHIC… Soyons francs vous êtes bien d’accord avec moi que  cela justifie que les prix grimpent… Car ils nous vendent un cadre.

Même les divers changent là là là; bah oui quand on part en after work il est INTERDIT de rire et de parler « pata pata » il faut se comporter. Mon ami Le petit écolier qui gueule trop m’a fait remarquer que dans le bar les sons qu’on écoute et la puissance des décibels ça fait 4. Après avoir cogité sur la réflexion, je réalise qu’il n’a pas tort. On connait tous les chansons de bar avec le volume si haut qu »il vous ferait EXPLOSER LES TYMPANS. A l’opposé, dans un after work, la musique est à peine audible… Comportement je vous dis!

Et puis l’affaire de comportement la je pense même que c’est ça qui fait toute la différence. Tu oses attaquer le poulet avec les mains lors d’un after? Je suis bête! Au cours de l’after s’il y a manger, ce sont des bouchées riquiqui comme ça et chères YEUCH remboursez!

Affairohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh est ce que tu peux aller « dormir » en afterwork? Jamais! comme on se comporte là-bas, à l’afterwork ne s’éternise pas! Et c’est comme quoi que tu ne peux pas njong jusqu’à ton coude cale en l’air si tu veux. NTAP au bar, l’unité de mesure des beuveries c’est la CASIER,ça fait quoi? Voilà que dans certains afterwork tu cherches les alcools et tu ne vois pas (je parle pour DAKAR)? Arnaque VRAIE VRAIE

Na djé? même les attractions ne sont pas les mêmes. Ici c’est le damier ou les cartes, la bas c’est le billard, esseu on connaissait l’autre là avant Tsuip…

Vous êtes plutôt BAR ou « AfterWork »

Ps les comportements ne sont pas autorisés hin parler seulement, moi quoi su ça


Bissau, figée dans le temps?

Toca Toca
Toca Toca

Rien n’a changé. C’est comme si le temps s’est arrêté ici. Ma première fois à Bissau c’était en 2009; à l’époque déjà, je trouvais que la Guinée- Bissau avait refusé de monter dans raté    le train du développement. Cette impression s’est renforcée pour mon plus grand désarroi lors de mon récent séjour. C’est le drame des pays traumatisés par la guerre. C’est comme si la vie s’arrête. Comme si les uns et les autres vivent dans la crainte que le K.O se réinstalle… Triste histoire!

Palais présidentiel Bissau Guinnéen rennové
Palais présidentiel Bissau Guinnéen rennové

Petite note personnelle :

Mon grand frère Thierry m’a demandé si Bissau s’est finalement décidé à investir dans le développement  des infrastructures; je n’ai pas osé lui donner une réponse… de toutes les façons, je crois qu’il la connaît. Thierry, le palais présidentiel a été réhabilité. C’est déjà en soi une bonne nouvelle. En 2009, en plein centre ville, le bâtiment portait les traces d’un coup d’Etat.

Grand frère, le courant ici est un luxe, la plupart des endroits où sont alimentés par des groupes électrogènes, et la connexion internet quand elle existe est mauvaise voire limitée…

ECOMIB
ECOMIB

Une paix fragile:

Au bout d’un moment, le temps de quelques sorties, je finis par prêter attention à des véhicules. Rien d’extraordinaire me direz vous! Sauf qu’en fait de véhicules banals, il s’agit de blindés militaires stationnés près de l’hôtel. Après renseignements, j’apprends que c’est un contingent nigérian de la CEDEAO, du maintien de la Paix détaché en Guinée- Bissau pour -s’assurer que Ie pays reste et demeure stable. Ça rassure, ça vous calme.

Petite note personnelle: lors de mon précédent séjour, deux jours plus tard après mon départ, les militaires décidaient que  « la recréation est terminée » et qu’eux, garants de la loi et de I’ordre, ils devaient réinstaurer le cours normal des choses.

Dans ces conditions, voir ECOMIB (La mission de la CEDEAO en Guinée-Bissau) vous apaise le cœur, et vous rappelle qu’à n’importe quel moment ça peut péter! Même a « Fongolémi* », Buba qui se situe à plus de 300 km, recevait une visite de la mission ECOMIB. HUM! Les soulèvements commencent souvent dans le maquis. Il vaut mieux avoir l’œil partout, du moins, tant que c’est possible.

C’est dire qu’en Guinée-Bissau, on est  assis sur une poudrière…..

Un pays sous perfusion: presque tous les pays africains bénéficient d’appui de toute sortes; l’aide au développement; c’est un fait! Certains ont même  souscrit à l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endetté) pour pouvoir grappiller des sous. -Peut être c’est mon ignorance qui parle et si c’est le cas, merci de m’en excuser. En Guinée Bissau, sur  les 1000 km de route que j’ai eu faire, il me semble avoir vu plus de tableaux valorisant les appuis des bailleurs ici qu’ailleurs. Croyez-moi , je travaille dans le développement durable depuis 7 ans et franchement le pays comptabilise trop de « MOl; bailleur je t’ai appuyé. » On aime dire que la Guinée-Bissau est peut être un pays, mais pas un Etat! Cela serait un début d’explication. Un Etat nécessite des institutions fortes et crédibles pour rassurer les bailleurs. Je sais ce que vous me direz, avec les coups d’Etat, le temps a suspendu son envol; résultat des courses, Bissau a un train de retard. Aussi, qui s’intéresse aux trains à l’heure?

Et si je veux shopper?  Les choses que tu entends ailleurs et puis tu jures que ça ne peut pas être vrai. Après une semaine passée dans le Bissau profond, me voici dans la capitale. Hum! La fille que je suis décide de faire les boutiques. Les boutiques, elle dit. Maéva m’avait pourtant annoncée les couleurs :  » Moi je ne fais pas mes courses ici. Ça coûte cher et il n’y a rien à acheter ici. Je fais mes courses au Portugal ». Je pensais que c’était une façon de parler! Hum! je croyais! Point de grande enseigne genre Casino ou autre chaînes de supermarché, point de prêt à porter comme on peut en voir dans les grandes Capitales! Sériously? Je vous assure que jusqu’à présent je refuse de croire que cela puisse être vrai! Je m’en vais de ce pas au bureau des réclamations: Sieur, mon guide ne m’a pas amené aux bons endroits!

La suite sous peu….


Amanda sans famille

Il y a peu je vous parlais d’Amanda, une petite soeur à moi d’origine sierra-léonaise mais camerounaise de corps, d’âme et d’esprit. Quelques jours après sa confidence sur les raisons pour lesquelles le « Cameroun c’est chez elle« , elle a tenu à me parler. Elle était au bord des larmes. J’en ai encore les frissons tellement la réalité qu’elle m’a décrite était au antipode de l’image que je me faisais. Oui, je suis comme ça par pudeur je n’aime pas « fouiller les poubelles des gens »; la mienne déborde donc vraiment moins j’en sais, mieux je me porte.

Mais voilà, Amanda, est si attachante que je me suis dit que ça devait être important, elle n’est pas du genre à se confier; NON!

Après notre première VRAIE discussion, je réalise que son attitude « je m’en foutiste » cache une réelle souffrance. Sa joie de vivre est un exutoire comme pour faire un pied de nez à son histoire (pour le très peu que je savais).

Un coup de fil plus tard, nous voici à un after work entre filles. Vous vous imaginez que je me suis demandé ce qu’on faisait là?

– « Sérieux Amanda, tu veux discuter ou juste t’éclater »?

– Non , Armelle, si on était go chez toi ou chez moi, j’aurais coulé un torrent de larmes!

– Miss, je dois m’inquiéter?

– Laisse, comme ça!

Après quelques verres de Juicy Pussy (cocktail à base de bailey’s +schnapps à la pêche +jus d’ananas ) Amanda est si volubile que je n’arrive pas à la suivre…

« Un orphelin ou un enfant adopté même s’il a perdu ses géniteurs sait au moins d’où il vient ». J’ai quitté mon pays  quand j’avais 6 ans. Mes parents ont tout laissé derrière eux. Je n’ai pas d’acte de naissance, rien qui témoigne de qui je suis. C’est ce qui arrive quand vous sortez de chez vous aux aurores, vêtus de pyjamas, essayant de rester en vie. Et on arrive au Cameroun. 20 ans plus tard, mon pays d’acceuil, mon pays que je chéris tant, me fait savoir que mes papiers de réfugiés ont expiré et ne sont plus renouvelables. Le pire c’est que  notre président a cessé la clause de réfugiés, le Cameroun qui  ne nous accorde pas la citoyenneté et me voici 26 ans plus tard, rejetée par MON pays tel un mauvais greffon. »

Elle se tait et c’est pour moi l’occasion de boire une gorgée et de partir couler des larmes dans les W.C.

Quand je reviens, j’espère qu’elle m’en dise pas plus. Derrière les mots, je vois la souffrance et la plaie béante… Je devine ce par quoi elle est passée et je me demande si  vraiment j’ai envie d’en savoir plus…. Juicy pussy est en train de faire son travail hum, la voilà qui danse et se secoue façon Lady Ponce…. Je m’assois et fais mine de devoir m’en aller! Comme si elle lisait ma gène, elle me fait me rasseoir et tente de me réconforter. « C’est le monde à l’envers me suis-je dis! »

« Pas plus tard que ce matin, je suis allée au Western Union pour prendre les do* et comme à la fin de chaque mois, mon passeport me rappelle que je suis une RÉFUGIÉE. Oui, tu ne le sais surement pas, le passeport d’un réfugié est un « titre de voyage » . C’est comme un  gros  carnet de vaccination réservé à une catégorie de personnes! Je me suis déjà vue refuser des sous à cause de cela: à tel point que maintenant je suis tenue de marcher avec un document qui explique c’est qu’est un passeport de réfugié. Quand je voyage aussi, le stigmate est là comme une lettre écarlate marquée à chaud sur mon front. Je ne compte plus le nombre de fois où à l’aéroport les flics m’ont fait sortir de la file me demandant des explications et interpellant leurs supérieurs. Réfugié c’est aussi être un phénomène de foire: on fascine et on est marginalisé à la fois…..

Bref même quand tu as fait la paix avec ta condition de réfugié, elle réussit tout de même à faire naître chez toi un sentiment d’insécurité.

26 ans et je me demande ce que je suis, aujourd’hui je me demande même ce que je fuis ou après quoi je cours. Aucune patrie n’est vraiment la mienne. Qui suis -je ? Sans transition, je suis passée de Citoyenne à réfugiée et aujourd’hui je suis APATRIDE. Personne ne veut de moi en Afrique.

Toute une vie passée à se justifier, les gens ne se rendent pas compte qu’en parler est dur… Tout à l’heure, je suis allée en fac pour me réinscrire; et  vu que je ne suis ni camerounaise, ni sierra léonaise, ni quoique ce soit, je ne pourrais pas y prétendre cette année… VDM*

Pour ne pas remuer le couteau, on a discuté de choses et d’autres de la pluie, du beau temps, des garçons… Amanda, avec la facilité que je lui connais, a retrouvé sa bonne humeur; et je n’ose pas imaginer ce qu’elle endure au quotidien. Stigmatisée et marginalisée par une société qui en apparence t’ouvre les bras, mais dans laquelle tout est fait pour te rappeler que tu es un mouton noir. Je comprends pourquoi toutes ces années elle s’est attachée à sa famille d’accueil et à sa famille nucléaire, ce sont les seules choses VRAIES dans sa vie.

Quelques jours plus tard, Amanda m’appelle pour me dire qu’ils partent (elle et sa famille restée au Cameroun) au Canada, je devine que c’est une autre page de sa vie qui s’ouvre. J’ai pleuré, mais de joie espérant que le meilleur lui soit accordé, j’en suis sûre.

02 mois se sont écoulés et je ne sais pas comment ça se passe pour elle mais c’est surement le début d’une nouvelle histoire.

les do= l’argent

VDM= Vie De Merde


Malala YOUSAFZAI, modèle pour les femmes

Malala, Source: Reuters
Malala, Source: Reuters

Star malgré elle, Malala la petite pakistanaise mène un combat pour la dignité des jeunes filles en particulier et pour celle de l’HOMME en général.

Elle  qui voulait juste aller à l’école, s’est vue auréolée de la récompense très convoitée par les puissants de ce monde :  le Prix Nobel de la Paix. Si vous ne le saviez pas, sachez qu’elle est en la plus jeune récipiendaire.

Pourquoi, lui dédier un article ? La demoiselle  a un courage et un charisme qui m’impressionnent. Au delà du combat, la jeune fille du haut de ses 17 ans est un modèle pour de nombreuses femmes et ce n’est pas Le petit écolier qui me démentira. Il y a quelques mois de cela, il nous a servi une « belle » diatribe sur la Femme Camerounaise qui ne semble pas vouloir s’émanciper.

Voici en quelques points, les raisons qui lui valent mon total respect:

Les petits ne sont pas les plus faibles: Quand les talibans s’en sont pris à elle il y a deux ans, ils ne s’imaginaient sans doute pas  qu’ils la rendraient aussi célèbre. Loin de se sentir oppressée ou persécutée, la jeune fille s’est aguerrie. Elle déclarait peu de temps après l’attentat : « la peur […] m’a quitté; la force et le courage sont nés « . A juste titre, son histoire me fait penser à « David et Goliath »

Ne jamais baisser les bras: Vous et moi aurions certainement changé de fusil d’épaule! Qui aurait accepté d’être une cible mouvante? On dit chez moi que « il vaut mieux un lâche vivant qu’un héros mort »; Au péril de sa propre vie, elle avance et elle ne s’arrêtera pas avant d’avoir vu le sort de ceux et celles qui la soutiennent s’améliorer, de voir ceux et celles qui ont eu le courage de se rebeller avec elle et pour finir rester debout pour ceux qui l’aident à être MALALA au quotidien.

Accepter d’être un porte voix: Comme si, cet attentat l’avait dopée, elle a décidé de porter plus haut un combat qu’elle menait déjà tout bas. Elle accepte de parler pour celles et ceux qui ne peuvent le faire.

« Etre un canard » : l’eau sur les ailes du canard reste au dessus, et ne le touche pas. Il suffit qu’il les agite pour qu’elles retrouvent leur aspect initial. En d’autres termes, elle nous montre que si on veut réussir, il vaut mieux ignorer les  mauvaises ondes et les sublimer par l’amour… Je vois du Mandela et vous?

Malala, une féministe? : je crois que Le petit écolier sera TRÈS CONTENT. Malala estime que :  » une fille n’est pas supposée être une esclave […]  elle n’est pas seulement une mère, une sœur ou une épouse ». Que vous le preniez au 1er ou au 2nd degré, cette citation est LOURDE de sens.  Si vous me vibrez et puis quoi? La femme n’est plus celle qui reste à la maison pour « surveiller les casseroles » et pondre les enfants.  Je sais, c’est une façon bien péjorative de peindre les choses mais pour d’hommes, les femmes sont encore ces objets de décoration. Au Pakistan c’est grave; on aime à se plaindre en Afrique, mais je pense que sous leurs cieux, être une femme, ce n’est pas être un être humain avec des droits.

17ans et fermement engagée: Mon frère et ami Thierry Bokally, lors d’un échange sur la question que Malala « est une adolescente qui  a accepté de porter la douleur de ces milliers de filles réduites à la plus simple expression d’esclave par des pratiques d’un autre âge ».  Il faut savoir que son sacerdoce date de bien avant  l’attentat en 2012. De quoi vraiment forcer le respect!

Leader qui maîtrise son sujet et l’espace: Quand je la regarde, je ne cesse que de me demander comment elle fait? Elle a de la prestance, parle avec force et conviction sans jamais trembler. L’on devine aisément qu’elle est surement encadrée et qu’elle doit faire l’objet de « légères » pressions de la part de ses proches. Mais rien ne transparaît. Malgré les menaces de mort, elle rassure et assure…

Voilà ce que je retiens de MALALA, une source d’inspiration pour moi et j’espère aussi pour vous!


Tu parles français, Ze parle toubab

Source: https://www.leplaisirdapprendre.com/
Source: https://www.leplaisirdapprendre.com/

Le Français   est une langue indo-européenne de la famille des langues romanes. Le français s’est formé en France (variété de la « langue d’oïl ») et est aujourd’hui parlé sur tous les continents par environ 220 millions de personnes dont 115 millions de locuteurs natifs, auxquels s’ajoutent 72 millions de locuteurs partiels (évaluation Organisation internationale de la francophonie : 2010). Elle est une des six langues officielles et une des deux langues de travail (avec l’anglais) de l’Organisation des Nations Unies, et langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales ou régionales, dont l’Union Européenne. Source Wikipédia

Dans le Monde, le français pointe à la 5ème place et en Afrique il est sans doute la 1ère langue (enfin je crois).

Vous vous demandez surement où je veux en venir, je suis arrivée au Sénégal ça fait 10 ans. Et, à ma grande satisfaction, après avoir échangé les civilités d’usage, j’ai appris que la Niak que je suis à un fort accent! Un accent dites vous? Oui! un accent. Hum! Déjà, pour vous dire la vérité, j’ai été TRES choquée. Au Cameroun, ma chère Patrie, mes compatriotes avaient de la peine à me géocaliser à cause d’un français aux intonations épurées et voilà que dans le Pays de la Téranga je me fais verbaliser pour une histoire d’accent. Comme je suis une femme Stoïque, j’ai accusé le coup. J’ai moi avalé mon macabo car vraiment, si l’autre ci n’est pas chercher les poux sur une tête de chauve, je ne vois pas ce que c’est. Je disais donc que j’ai avalé mon macabo car je les attendais au tournant.

Le Sénégalais, ancien citoyen « Français » se vante de parler un français limpide, correct, impeccable, que dis-je académique! Na so* Plus pédant, tu meurs. Les gens là aiment entendre que Molière était leur frère. Le temps passe et je me rends compte que « leur » français n’est pas si nickel que ça! Ou c’est parce que Léopold Sédar Senghor était un Immortel qu’il l’a été pour tous les Sénégalais, ou c’est le français qu’il maîtrisait qui leur a été inoculé à la naissance; je ne saurai vous dire ce qui justifie tant de prétention…

Voici un citoyen du monde supposé francophone et francophile, dont la langue officielle est le Français. La réalité est tout autre. Au Sénégal, la langue officielle est le Français Wolof.

Tu viens d’arriver, tu n’as même pas 1 semaine? « Tu ne parles pas encore Wolof »; « Il faut parler dèh, tu es au Sénégal » hum!

Tu entres dans le taxi si tu ne connais pas les us et coutumes dans la négociation de taxi c’est ton problème.

Tu vas au marché, si là-bas tu ne connais pas les usages en matière de négociation de prix, c’est encore ton problème. Chut! le Français est la langue officielle.

Au Cameroun, on aime souvent se moquer de l’Ivoirien qui omet les articles dans ses phrases, mais croyez- moi ce n’est rien à côté du Français Sénégalais.

Je m’en vais vous faire une dictée à la façon d’un enseignant sorti fraîchement de l’école de formation.

Petite note personnelle: pour une bonne immersion, souffrez que je devienne « ingénieur de son » avec en filigrane des néologismes phonétiques.

Exemple: on écrit gens mais on lit gence ok?

Ainsi donc: prenez cahier, marquez dictée!

La vie est une bastonnade*

Ce n’est un secret pour personne, si tu veux réussir dans la vie, il faut te lever tôt. Ceusse (ceux) qui te diront le contraire t’induiront en erreur. En effet, ça est là (c’est là) le secret; se lever tôt pour travailler dur. Les gences (gens) dont cette façon de voir les choses est le eslogan (slogan) réussissent plus aisément que les autres. Ils ne sont pas espéciaux (spéciaux), ils sont juste bosseurs. Ousmane est un homme doucksse (doux), bon et bosseur qui réussit tout ce qu’il entreprend. Il ne ménage aucun effort et n’arrête jamais de travailler tant qu’il n’a pas une solution à un problème.  Il l’ (lui) arrive même de ne pas dormir pour ne pas traîner du travail en retard.  Si tu le (lui) demandes quant est ce (quand est ce que ) tu as dormi la dernière fois ? Il y a fort à parier qu’il ne sache vous (te) répondre.

Voilà pour l’aperçu. A cela, rajoutez un débit « monosyllabique »; oui, l’individu « sénégalensis » parle « comme s’il apprend à lire » dixit Elsa Raphaëlle.  Si cette façon de parler peut se justifier chez les apprentis de car rapide, comment cela se justifie t-il chez des étudiants, des « intellectuels », journalistes et autres leaders d’opinion?

Pense -bête personnel: Dans mon Pays, le Cameroun, même la mémé qui n’a jamais vu la capitale et qui n’est jamais sortie de son trou de village te parle un français CORRECT. Non mais allô quoi!

Je cherche la réponse et je vous reviens.

Na so: nest ce pas en pidgin

La vie est une bastonnade : célèbre citation de Mme Foning au Cameroun

 


Que serai je demain?

source https://urlz.fr/GpO
source https://urlz.fr/GpO

Il est 05h du matin et vas savoir pourquoi, je suis face à mon ordinateur entrain de travailler sur un dossier pour mon boss. Non, je n’ai pas de deadline courts à respecter, non je ne fais l’objet d’aucune pression et je ne suis pas sous l’emprise d’un linemanager tyranique. Non, il n’en est rien, car je suis comme ça, accro au boulot, adepte de l’anticipation.

Et puis, à  mesure que j’avance, je me sens irrémédiablement attirée par une chanson, j’ai beau  essayé de me concentrer et de faire abstraction, mais rien n’y fait… Je ferme les fenêtres word excel et autre, je ferme les yeux. Je me revois 13 ans plus tôt. Alors que ce son fait fureur sur CFI en Mai 2001, j’absorbe les paroles sans vraiment comprendre leur portée. Que serai-je demain? « Tsuip »* J’étais tellement pleine d’espoir que je n’imaginais pas que la situation de notre planète déjà chaotique (à cette époque) puisse s’empirer.

Que serai je demain?

Si je trouve que je m’en suis bien sortie, je m’interroge grandement sur le « demain » des autres.

A tout point de vue, cette chanson a plus de sens aujourd’hui. Que serai-je demain? C’est surement la question que des centaines d’êtres humains par ces temps incertains se posent.

Les mamans déplacées traînants de camps en camps, sans jamais pouvoir se poser longtemps, dévastées parce que leur mari leur a été arrachées!

Que seras-tu demain? Déjà que l’on se pose la question en temps de paix quand tout va bien, et que malgré le confort et la « normalité » de nos vies, la réponse à cette question « évidente » est souvent un mystère! Que seras-tu demain? Enfant né dans un camp! Que seras tu demain? Enfant déplacé! Tous dans le viseur de rapaces.

Que serons-nous demain? Par ces temps de catastrophes naturelles? de changements et de dérèglement climatique?

Que serai-je demain? s’il y a un lendemain….

Quand je regarde autour de moi, près ou loin de mes frontières, je ne regarde plus ma vie comme une existence individuelle et singulière et j’apprends au delà de la mienne. Je vis au jour le jour, car je réalise à présent que le « confort » de ma vie et la futilité de mes problèmes soit disant existentiels deviennent insignifiants devant la souffrance de l’autre…

Par ces temps où décapitations et guerres et maladies font ravage, si on se retrouve au moment endroit au mauvais moment…

Que serai-je demain? s’il y a un lendemain…

Vidéo à voir  absolument Que serai-je demain?

* Camerounaiserie qui désigne l’agacement.


Chez moi, c’est le Cameroun

Parce que grâce à cet article j’ai été retenu pour le Mondoblog 2014, je vous le présente! Il est le parcours d’une amie et « petite soeur »; j’espère que je n’ai pas trop romancé ton histoire.

Ce n’est écrit nulle part. Visible d’aucune façon. Il n’existe pas de signes distinctifs. Et pourtant, ils sont comme vous et moi ; mais ils ont dû renoncer à leur patrie. Oui ils ont fui pour sauver leur vie!


La première fois que j’en ai vu, j’avais 7ans. C’était en 1987, nous vivions à Poumpoum Rey, un quartier de Garoua dans la région Nord du Cameroun. Alors que le Tchad était à feu et à sang, il y avait dans l’enceinte de l’école publique un camp de réfugiés.
L’enfant que j’étais n’y comprenait rien. Tout ce que je voyais, c’était une concentration d’hommes, de femmes et d’enfants vivant dans des conditions innommables. Et puis, de toute façon, à 7 ans ça ne vous émeut pas plus que ça!
C’est bien plus tard que j’ai appris que c’était des « réfugiés ». Et qu’être réfugié n’est pas forcément vivre dans un camp ou en marge de la société d’accueil. Et oui! Un réfugié est un être humain qui a aussi des droits.
Quelques années plus tard, j’ai fait la connaissance d’Amanda*, une Sierra-Léonaise ; 20 ans, élancée ; noire ébène et outrageusement spontanée, belle à couper le souffle. Quand j’y repense, elle me faisait penser à Sylvie après sa chirurgie esthétique dans le roman « l’insolence de sa beauté » de Guy des CARS. Elle a débarqué un jour dans ma vie tout à fait par hasard. Faculté de droit à l’Université de Douala, Décembre 2001, nous étions voisines au fond de la classe et très vite, nous sommes, devenues copines.
Maintenant que j’y pense, de prime abord, personne ne pouvait l’étiqueter « réfugiée » ; par son français à l’anglo-saxonne on l’aurait placée du côté de Buea ou de Bamenda et son camfranglais* était IMPECCABLE ! Seigneur! Son pidgin* limpide même les mamans du marché à New Bell ne l’atteignaient pas! Tout ça pour dire qu’Amanda était la Camerounaise bon teint. 
C’est au détour d’une conversation que j’ai appris que son pays d’origine était la Sierra -Léone (un pays déchiré par la guerre à l’époque) et que dans l’urgence elle avait dû TOUT abandonner ; et elle s’en est arrêtée là ! Par pudeur ou par insouciance, je n’ai pas creusé.
Sept ans plus tard, nous nous retrouvons à Dakar au Sénégal et Amanda n’a pas changé d’un iota ! Elle est toujours le même boute-en -train que j’ai rencontré un jour au pays. Quand elle m’a proposé de venir chez elle, je n’ai pas HÉSITÉ. Mon étonnement du Cameroun a rejailli. Moi la camerounaise 100% je n’ai pas tout cet attirail hum ! Des chocolats, des épices, des bonbons alcoolisés, sans compter sa collection impressionnante de kabas* pour ne parler que de cela. Nostalgiques toutes les deux, nous avons ri tout en parlant de notre pays. Je n’oublierai jamais cette lueur dans ses yeux ; c’était celle d’un enfant en manque de son pays natal. Je n’ai pas cessé de la contempler ce jour-là, admirative et émerveillée. Amanda représente le modèle d’intégration que certains politiques rêvent de voir. . N’allez pas croire qu’elle a totalement gommé ses origines ; le drapeau Sierra- Léonais trône fièrement sur sa table comme pour n e pas « oublier ».Mais Le Cameroun n’est jamais bien loin ! Elle peut en parler des heures durant !
Pour anecdote, elle m’a fait le récit de ses aventures à Bondjock, un village Bassa dans le département du Nyong et Kellé. « Ma grand-mère (adoptive) était une femme brave, malgré ses béquilles, elle était d’un dynamisme à vous donner des complexes. Un jour, elle m’a commissionnée à la boutique et a craché par terre en me sommant de rentrer avant que ces crachats ne s’évaporent ». Elle sourit, la larme à l’œil ! « Ses gâteaux de maïs me manquent tant! » finit-elle par lâcher.
N’en pouvant plus, j’ai fini par lui demander pourquoi cet attachement viscéral. Voici ce qu’elle m’a répondu : « Au delà de m’offrir l’ « hospitalité » et un nouveau départ, le Cameroun m’a redonné une estime de moi que j’avais perdue là-bas. Jamais je n’ai été considérée comme une attraction de foire ; mais plutôt comme un être humain avec une histoire qu’elle refuse de mettre en avant. Oui ! Vois-tu, tout le monde a respecté ce pan de ma vie que je n’aime pas revivre. J’ai été reçue comme une fille, une sœur, une amie qu’on n’a pas revue après de nombreuses années. J’ai été accueillie parce que je suis MOI, tout simplement. Tu vois Armelle, peu importe d’où tu viens, peu importe ton histoire, chez toi c’est où tu as décidé de t’établir, là où tu te sens chez toi et en sécurité.

C’est simple : Chez moi, c’est le Cameroun ! »

* Le prénom original a été changé pour le respect de la vie privée de mon amie; merci de votre compréhension


Tu seras bienvenue chez moi

Il y a quelques jours encore, je scrutais mon mail tel un enfant attendant ses parents après une journée passée à l’école.

Et puis la nouvelle est tombée:

mondoblog

Je puis vous assurer que jeudi dernier je suis passée par tous les états de la matière je me demande encore comment j’ai fait pour ne pas crier au monde ma joie. Ça doit être l’âge enfin, je crois. Mondoblog, je ne cesse de répéter ce mot des heures durant; « et ça continue encore et encore, c’est que le début d’accord, d’accord »  pour qu’en fin de journée, je réalise que oui, c’est bien MOI et MOI seule à qui ce mail s’adresse. Et je repense à tous ceux et celles qui m’ont soutenu et qui y ont cru. Lefedaro m’avait dit que « ce n’est qu’une formalité », je ne sais pas si c’était aussi évident pour les recruteurs mais quoiqu’il en soit: MERCI, MERCI, MERCI.

Vous m’avez déjà surement croisée sous d’autres cieux, et vous vous demandez ce que je viens chercher ici. Dans mon amélioration continue, c’était une évidence, intégrer une plateforme dynamique et pro. Il faut dire que j’ai pour modèles les meilleurs appréciation totalement subjective, mais si j’ai décidé de me lancer, c’est parce qu’ils ont balisé le chemin. Ce sont Dani et Téclaire, deux amis, deux blogueurs/ mondoblogueurs, deux plumes et deux styles qui je trouve à plusieurs égards m’ont donné l’envie de faire comme eux. C’est aussi Elieko et Tchoupinov qui m’ont déléguée pour les « REPRÉSENTER », ce sont deux amis également blogueurs  qui ont préféré me mettre au choc et que je suis fière de représenter ici ;).

Ainsi Intheeyesofleyopar version Mondoblog, sera la voix des sans voix, sans prétention aucune, pour reprendre les désirata de Elieko et Tchoupinov, je « représenterai » ceux qui qui n’ont pas de tribune, ceux qui passent inaperçus et/ou  que l’on méprise parce qu’ils « ne sont pas du groupe », ou parce qu’ils ne sont classables dans une société où le politiquement correct a fini d’enterrer la réalité VRAIE, une société qui à défaut de se soigner, préfère sauver les apparences et peindre un monde qui n’existe dans que l’utopie et dans les méandres de la réalités selon eux.

J’espère que vous aimerez, Peace

PS:

Merci à vous amis blogueurs cette aventure c’est aussi la votre.