Mikaïla ISSA

Halte à l’exode précoce des enfants d’Afrique !

Fatoumata Mariko est une jeune malienne engagée dans le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT) depuis 2009.
Fatoumata Mariko, une jeune Malienne
active du  (MAEJT)  Crédit Photo : C. Ligan

Engagée dans le Mouvement africain des enfants et jeunes travailleurs (MAEJT) depuis 2009, Fatoumata Mariko a représenté l’Association nationale des enfants et jeunes travailleurs du Mali lors d’un atelier de lancement d’études sur la protection des enfants mobiles d’Afrique précédé d’une réunion avec la Cédéao à Dakar du 14 au 16 juillet 2014. Rencontrée au bureau de l’Unicef, elle s’est pr̂etée aux questions de Charles Ligan. Pour elle, l’avenir des enfants d’Afrique est certain si l’éducation et leur participation à la prise de décision sont garanties au niveau national et continental.

Comment êtes-vous devenue membre de l’organisation des enfants d’Afrique ?

Ma mère est restauratrice et, au retour de l’école, je l’aidais dans ses tâches. Les enfants et jeunes travailleurs de l’association , EJT, venaient manger chez elle; je m’intéressais aux documents qu’ils apportaient, je les lisais sans rien comprendre jusqu’au moment où ils m’ont expliqué le contenu des documents de capitalisation. J’ai alors compris comment les enfants s’organisent pour prendre des décisions ou pour faire des activités. Plus tard, j’ai eu ma première formation sur la photographie grâce à l’Unicef; j’ai appris beaucoup de choses sur l’Association des enfants et jeunes travailleurs, puis j’ai intégré le cours d’alphabétisation qui m’a permis d’évoluer jusqu’à obtenir le diplôme d’études fondamentales et aujourd’hui je suis au lycée.

Quelle est la situation des enfants travailleurs et migrants au Mali aujourd’hui ?

Ces enfants sont confrontés à beaucoup de problèmes surtout avec la crise. Il y a beaucoup de déplacements d’enfants du nord vers le sud; on essaie de les tranquilliser, de leur expliquer qu’ils sont aussi en famille au sud où ils ont trouvé refuge. Avec la collaboration de NDA, on leur offre de la nourriture. Il y a aussi beaucoup d’enfants qui viennent du Burkina-Faso et de la Côte d’Ivoire; grâce au partenariat avec les coordinations de leurs pays d’origine, on essaie de suivre leur parcours depuis le départ jusqu’à destination. Ils sont protégés et pris en charge pour leurs activités. En fait, le Mouvement des enfants et jeunes travailleurs est installé dans 26 pays, donc nous suivons le parcours des enfants et leur garantissons une protection en cours de route comme à l’arrivée.

Quelle est la contribution de votre mouvement dans la protection des enfants contre les pires formes du travail et les risques liés à la mobilité?

Effectivement, les EJT qui sont dans les zones frontalières sont confrontés à des problèmes de mobilité, notre association agit directement sur le terrain avec l’appui des autorités et de nos partenaires. Les membres de notre association se déplacent beaucoup sur le terrain pour régler les problèmes des enfants migrants.

Est-ce qu’on peut considérer aujourd’hui que Fatoumata est une transfuge réussie de la situation malheureuse d’enfants en Afrique?

Quand on observe de près, on constate que la participation des enfants est un aspect important. Quand les enfants participent, cela permet d’améliorer les prises de décision. Le statut d’observateur auprès de l’Union africaine a été obtenu au prix de longs combats. Donc le combat du MAEJT est une réussite parce que nous sommes représentés dans les instances de prise de décision en Afrique.

Quels sont les avantages pour les enfants de participer directement à la prise de décisions qui les concernent directement?

C’est plus facile pour un enfant d’échanger avec son camarade qu’avec un adulte. Le système de formation par les pairs institué au sein de notre organisation joue un grand rôle dans le développement de l’Afrique. L’Afrique a, en fait, besoin aujourd’hui des enfants qui participent à leur propre développement, à la préparation de leur avenir.

Quel a été ton message aux responsables de la Cédéao lors de votre réunion ?

Avec la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) nous sommes membres d’une plateforme régionale pour la lutte contre l’exode précoce des enfants et pour prévenir les risques liés à la mobilité des enfants. Le message clé que nous leur avons adressé c’est d’accorder une place à la participation des enfants aux prises de décision au sein de nos Etats en Afrique. Il y a des responsables politiques qui ne comprennent pas encore le travail fait par le Mouvement des enfants et jeunes travailleurs. Nous avons donc  présenté un plaidoyer pour que les Etats prennent en compte l’avis des institutions d’enfants lors des réunions gouvernementales notamment sur les questions liées aux enfants en vue de décisions utiles pour leur avenir.

Le grand problème de l’Afrique, c’est l’éducation des enfants. Nous avons demandé des améliorations des classes d’alphabétisation, des équipements, des appuis matériels, financiers et techniques. Car l’éducation donnée dans les classes d’alphabétisation est de qualité; la preuve, les enfants qu’on a présentés aux examens ont réussi. Les cours d’alphabétisation qu’ils reçoivent sont au même niveau que les cours donnés à l’école formelle. Il y a donc nécessité de renforcer les cours d’alphabétisation au profit des enfants et jeunes travailleurs.

Par rapport à la mobilité des enfants, quels sont les souhaits que vous avez exprimés ?

On a remarqué que lorsque les enfants se déplacent, c’est les rapatriements qui s’en suivent souvent. Au niveau des pays, la question de la mobilité n’est donc pas prise positivement. Or, il y a des mobilités d’enfants qui sont positives. C’est pourquoi nous estimons qu’avant de prendre une décision concernant l’enfant, il convient d’examiner d’abord son problème. Alors qu’on se rendait à Dakar, une de nos amies venant du Cameroun a été rapatriée dès son arrivée au Bénin. Sans chercher à comprendre, on l’a amenée directement sur la piste. Il faut donc mettre les gens au même niveau d’information afin d’éviter de pareils traitements.

Un mot à l’endroit des autres enfants en situation de mobilité?

Quand on est en mobilité, il faut se faire des parents, s’autoprotéger avant l’apport des autres acteurs; il faut surtout se rapprocher des structures existantes pour des dispositions à prendre et pour la prise en charge.

Comment voyez-vous l’avenir des enfants en Afrique ?

Dans le millénaire à venir, les enfants seront acteurs de leur situation. Le développement d’un pays commence par l’éducation et avec les efforts du MAEJT et des partenaires, je vois venir l’image d’une nouvelle Afrique.


Nouveau regard sur les enfants migrants d’Afrique

Le rapport de l’étude sur l’accompagnement protecteur de l’enfant (APE) et la méta-analyse sur les pratiques endogènes de protection des enfants sont désormais disponibles. L’atelier qui consacre leur publication officielle s’est tenu mercredi 16 juillet à Dakar dans les locaux de l’Unicef. Une quarantaine de personnes ont participé à cette rencontre dont une délégation de la Cédéao, les membres du groupe régional pour la protection de l’Enfance, le staff de Terre des Hommes, les partenaires stratégiques au niveau régional. Une douzaine de  journalistes*y ont aussi été conviés.

https://tchadonline.com/
https://tchadonline.com/

L’accompagnement protecteur des enfants (APE) est une approche, développée par Terre des Hommes, qui vise à protéger les enfants contre l’exploitation, la traite et la maltraitance en mettant l’accent sur la compréhension des réalités que vivent les enfants et leurs familles afin de rendre leur environnement communautaire et institutionnel plus protecteur. L’étude sur l’APE a fait des constats illustratifs de l’échec des politiques traditionnelles de protection de l’enfance. Il s’agit notamment de la répression des auteurs de traite, l’interception des enfants présumés victimes de traite, la concentration des dispositifs aux frontières et sur les routes, le manque de discernement entre la traite et la mobilité volontaire, la désapprobation des retours forcés occasionnant les nouveaux départs dans des conditions plus dangereuses et l’absence d’alternatives conséquentes pour les enfants retournés, rapatriés ou candidats au départ. La présente étude permet d’avoir une compréhension plus fine sur la mobilité des enfants, les acteurs impliqués, les risques encourus, mais aussi les opportunités en lien avec la mobilité. Le document révèle que les enfants concernés par la mobilité ne sont pas tous victimes de traite d’une part et que la participation des enfants et de leur proche entourage est nécessaire dans la résolution des problèmes relatifs à leur protection, comme le recommande l’article 12 de la Convention des Nations unies relatives aux droits de l’enfant, CDE. L’étude met également l’accent sur le caractère holistique de la protection des enfants, les stratégies, outils, méthodes et normes à privilégier depuis la prévention jusqu’à la réhabilitation en passant par la protection sans oublier l’intérêt supérieur de l’enfant et la liberté d’expression de ses propres besoins.

Les limites mises en exergue par l’étude sont surtout l’absence de données fiables sur les enfants mobiles, l’insuffisance de positionnement institutionnel en raison de la confusion persistante entre traite et mobilité d’enfants au niveau de certains acteurs, les insuffisances du cadre légal , les difficultés d’appropriation au niveau interne et de l’adhésion des acteurs étatiques. La méta-analyse, quant à elle, est une description suivie de l’analyse des pratiques endogènes de protection à partir des expériences du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée-Conakry, du Mali et du Togo en plus des exemples d’autres pays de la région. Elle met en relief les pratiques que les populations inventent et développent elles-mêmes à l’intérieur de leur communauté sans aucune influence extérieure pour protéger les enfants. Le document montre qu’en Afrique il existe des mesures endogènes de prévention de toute négligence, violence, abus et exploitation et toute autre action préjudiciable aux droits de l’enfant conformément à la CDE. Ces mécanismes communautaires de protection, largement développés en Afrique de l’Ouest, apportent une rupture nette avec les pratiques classiques jusque-là adoptées et qui sont calquées sur des modèles étrangers. Cette publication poursuit des objectifs tels que partager les expériences, mesurer leur importance et leur limite en vue de se positionner sur l’intérêt et les moyens de les intégrer aux mécanismes institutionnels de protection de l’enfance en Afrique. C’est un document finalisé par Mike Dottridge dans le cadre du projet régional UE/mobilité et financé par l’Union européenne. Il montre que les pratiques endogènes de protection sont intégrantes et constituent une réponse adaptée aux besoins de protection des enfants.

À l’opposé de l’application systématique du statut de victime aux enfants en situation de mobilité, les deux études mettent en avant des raisons solides pour positiver leur situation afin qu’ils cessent d’être toujours considérés comme des victimes. Il convient de souligner que des efforts de clarification sont encore nécessaires pour convaincre la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest)  sur la nécessité d’adoption d’un nouveau mécanisme de protection des enfants basé sur l’approche mobilité.

 

*Des journalistes du Bénin, du Togo, du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée-Conakry et du Sénégal

Contribution: Charles Dossou LIGAN (depuis Dakar)


Nouveau regard sur les enfants migrants: Terre des hommes lance deux études

Le rapport de l’étude sur l’accompagnement protecteur de l’enfant (APE) et la méta-analyse sur les pratiques endogènes de protection des enfants sont désormais disponibles. L’atelier qui consacre leur publication officielle s’est tenu ce mercredi 16 juillet à Dakar dans les locaux de l’Unicef. Une quarantaine de participants dont une délégation de la Cedeao, les membres du groupe régional pour la protection de l’Enfance, le staff de Terre des Hommes, les partenaires stratégiques au niveau régional et une douze journalistes du Bénin, du Togo, du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée Conakry et du Sénégal y sont conviés…

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L’accompagnement protecteur des enfants (APE) est une approche, développée par Terre des Hommes, qui vise à protéger les enfants contre l’exploitation, la traite et la maltraitance en mettant l’accent sur la compréhension des réalités que vivent les enfants et leurs familles afin de rendre leur environnement communautaire et institutionnel plus protecteur. L’étude sur  l’APE a fait des constats illustratifs de l’échec des politiques traditionnels de protection de l’enfance. Il s’agit notamment de la répression des auteurs de traite, l’interception des enfants présumés victimes de traite, la concentration des dispositifs aux frontières et sur les routes, le manque de discernement entre la traite et la mobilité volontaire, la désapprobation des retours forcés occasionnant les nouveaux départs dans des conditions plus dangereuses et l’absence d’alternatives conséquentes pour les enfants retournés, rapatriés ou candidats au départ. La présenté étude permet d’avoir une compréhension plus fine sur la mobilité des enfants, les acteurs impliqués, les risques encourus, mais aussi les opportunités en lien avec la mobilité. Le document révèle que les enfants concernés par la mobilité ne sont pas tous victimes de traite d’une part et que la participation des enfants et de leur proche entourage est nécessaire dans la résolution des problèmes relatifs à leur protection, comme le recommande l’article 12 de la Convention des nations unies relatives aux droits de l’enfant, CDE. L’étude met également l’accent sur le caractère holistique de la protection des enfants, les stratégies, outils, méthodes et normes à privilégier depuis la prévention jusqu’à la réhabilitation en passant par la protection sans oublier l’intérêt supérieur de l’enfant et la liberté d’expression de ses propres besoins.

Les limites mis en exergue par  l’étude sont surtout l’absence de données fiables sur les enfants mobiles, l’insuffisance de positionnement institutionnel en raison de la confusion persistante entre traite et mobilité d’enfants au niveau de certains acteurs, les insuffisances du cadre légal , les difficultés d’appropriation au niveau interne et de l’adhésion des acteurs étatiques. La méta-analyse, quant à elle, est une description suivie de l’analyse des pratiques endogènes de protection à partir des expériences du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée Conakry, du Mali et du Togo en plus des exemples d’autres pays de la région. Elle met en relief les pratiques que les populations inventent et développent elles-mêmes à l’intérieur de leur communauté sans aucune influence extérieure pour protéger les enfants. Le document montre qu’en Afrique il existe des mesures endogènes de prévention de toute négligence, violence, abus et exploitation et toute  autre action préjudiciable aux droits de l’enfant conformément à la CDE. Ces mécanismes communautaires de protection, largement développés en Afrique de l’Ouest, apportent une rupture nette avec les pratiques classiques jusque-là adoptées et qui sont calquées sur des modèles étrangers. Cette publication poursuit des objectifs tels que partager les expériences, mesurer leur importance et leur limite en vue de se positionner sur l’intérêt et les moyens de les intégrer aux mécanismes institutionnels de protection de l’enfance en Afrique. C’est un document finalisé par Mike Dottridge dans le cadre du projet régional UE/mobilité et financé par l’Union européenne. Il montre que les pratiques endogènes de protection sont intégrantes et constituent une réponse adaptée aux besoins de protection des enfants.

À l’opposé de l’application systématique du statut de victime aux enfants en situation de mobilité, les deux études mettent en avant des raisons solides pour positiver leur situation afin qu’ils cessent d’être toujours considérés comme des victimes. Il convient de souligner que des efforts de clarification sont encore nécessaires pour convaincre la CEDEAO sur la nécessité d’adoption d’un nouveau mécanisme de protection des enfants basé sur l’approche mobilité.

Contribution: Charles Dossou LIGAN (depuis Dakar)

 


Benoit Lecomte, chargé de programme à Grad Ong: « … d’ici 10 ans tous les paysans ouest-africains auront un Smartphone solaire connecté depuis leur champ »

L’Organisation non gouvernementale franco-suisse Groupe de réalisation et d’accompagnement pour le développement (Grad) basée à Genève en Suisse, s’active depuis plus d’une trentaine d’années à promouvoir les organisations paysannes en Afrique de l’Ouest. En plein boom technologique avec Facebook et les smartphones, Benoit Lecomte, chargé de programme à Grad n’imagine pas que 66% de la population africaine que représentent les paysans soient du reste.

Benoit Lecomte, Chargé de programme à l'Ong Grad lors de sa visite au Bénin (17 mai 2014)

Benoit Lecomte, Chargé de programme à l’Ong Grad lors de sa visite au Bénin (17 mai 2014)

Présentez-nous brièvement l’Ong Grad.

Depuis 1978 que notre Ong Groupe de Réalisation et d’Accompagnement pour le Développement (Grad) existe, nous travaillons sur deux principaux axes. Notre premier axe c’est la publication et l’édition de matériels pédagogique et ludique sur la solidarité internationale et le développement durable. Il s’agit des livres de contes, des bandes dessinées, de tous les âges surtout centrés sur la sensibilisation, la formation aux enjeux de solidarité internationale et de développement durable. Notre deuxième axe s’articule autour de l’écoute et l’appui à la communication pour le développement au profit des Organisations paysannes. A ce niveau, nous nous intéressons à stimuler, de faire réfléchir pour voir comment ces organisations petites ou grandes peuvent utiliser les moyens de communication en vue de renforcer les compétences de leurs membres. Notre motivation est donc de promouvoir les Organisations paysannes en Afrique de l’ouest.

 Dans quel cadre se situe votre visite au Bénin ?

Avec le Réseau des organisations et producteurs paysans d’Afrique (Roppa), notre partenaire privilégié en Afrique subsaharienne, nous avons initié une tournée d’information, de sensibilisation, et d’initiation des plates formes nationales et leurs fédérations membres sur l’arrivée d’un nouveau support de communication assez révolutionnaire pour l’Afrique de l’ouest. Ce support c’est la jointure entre les Smartphones qui commencent à envahir l’Afrique et l’utilisation de Facebook comme un outil de bureau, de facilitation de la communication. Notre vision c’est que d’ici 10 ans tous les paysans ouest-africains auront un Smartphone solaire connecté depuis leur champ.

 Mais en quoi Facebook peut-il vraiment révolutionner le développement rural ?

Nous avons repéré il y a 4 ou 5 ans que Facebook est un outil intéressant très pratique pour communiquer entre paysans. Les gens se sont rendu compte qu’effectivement Facebook était un puissant outil de travail et non juste réservé pour faire la tchatche ou s’amuser entre amis. Grâce à la puissance de Facebook, les paysans peuvent partager des informations, des expériences et échanger sur les innovations. Avec un Smartphone connecté à Facebook vous avez tout le savoir moderne du monde chez vous. Les paysans peuvent même produire leur propre contenu en enregistrant de l’audio, en publiant des photos, des vidéos ou du texte pour partager des réalités paysannes à l’endroit de l’Afrique et du monde entier. Et puis il y a tout un contexte qui évolue dans ce sens de paysan connecté dans son champ. Il est un fait aujourd’hui que Facebook et le Smartphone sont à la mode et s’imposent progressivement presque à tout le monde à commencer par les élites en ville et les populations rurales. On constate aussi que les prix des équipements pour faire Facebook deviennent vraiment très abordables mais aussi le prix de la connexion internet baisse de plus en plus en Afrique. Par exemple au Nigéria, 81% des communications effectuées sur internet sont faites à partir de téléphone mobile comme les Smartphones.

 Alors sur quel(s) levier (s) doit-on appuyer pour que la connectivité à Internet en milieu rural s’accélère ?

Je pense que grâce à l’engagement économique et financier très fort des opérateurs de téléphonie mobile qui se battent vraiment pour essayer de développer leur marché, d’atteindre de nouvelles zones géographiques et même de couvrir l’Afrique, la connectivité à internet avance bien. Il y a aussi que de part les évolutions technologiques, on pense que la vision d’un paysan connecté en Afrique de l’ouest a changé. Par exemple, par la volonté d’avoir un Smartphone, cela peut amener de la lumière dans une zone. Car on voit maintenant de plus en plus que c’est le besoin pour le paysan de charger la bactérie de son téléphone portable qu’il fait amener de la lumière chez lui avec les chargeurs solaires mixtes. Maintenant c’est à nous les communicateurs pour le développement rural de avoir comment faire approprier cet outil aux paysans. Car il ne suffit d’avoir accès à la culture pour être cultivé ; il faut se l’approprier. A cet effet, il faut qu’on trouve les moyens pour amener ces paysans à produire aussi du contenu et non seulement consommer du savoir.

 Mais comment faire face aux difficultés linguistiques d’utilisation de Facebook par des paysans analphabètes ?

Facebook n’a jamais été fait pour parler uniquement en Français ou en Anglais. Il existe des groupes sur Facebook qui communiquent en fulfulbé, en Wolof, etc. Je pense qu’il pourrait avoir aussi des sites ou groupes Facebook dans les langues nationales du Bénin. Il faut savoir que le moteur pour les paysans va être économique ; soit pour connaître les prix sur le marché, soit pour contacter les clients ou joindre leur famille. Le plus important c’est le contenu que les paysans veulent partager et c’est à eux de décider de la ou des langues qui s’y adaptent. C’est un défi intéressant qui fait suite aux gros efforts déjà accomplis en matière d’alphabétisation en Afrique.

Propos recueillis par Mikaïla ISSA


Benoit Lecomte, chargé de programme à Grad Ong: « … d’ici 10 ans tous les paysans ouest-africains auront un Smartphone solaire connecté depuis leur champ »

L’Organisation non gouvernementale franco-suisse Groupe de réalisation et d’accompagnement pour le développement (Grad) basée à Genève en Suisse, s’active depuis plus d’une trentaine d’années à promouvoir les organisations paysannes en Afrique de l’Ouest. En plein boom technologique avec Facebook et les smartphones, Benoit Lecomte, chargé de programme à Grad n’imagine pas que 66% de la population africaine que représentent les paysans soient du reste.

Benoit Lecomte, Chargé de programme à l'Ong Grad lors de sa visite au Bénin

Benoit Lecomte, lors de sa visite au Bénin (17 mai 2014)

Présentez-nous brièvement l’Ong Grad.

Depuis 1978 que notre Ong Groupe de Réalisation et d’Accompagnement pour le Développement (Grad) existe, nous travaillons sur deux principaux axes. Notre premier axe c’est la publication et l’édition de matériels pédagogique et ludique sur la solidarité internationale et le développement durable. Il s’agit des livres de contes, des bandes dessinées, de tous les âges surtout centrés sur la sensibilisation, la formation aux enjeux de solidarité internationale et de développement durable. Notre deuxième axe s’articule autour de l’écoute et l’appui à la communication pour le développement au profit des Organisations paysannes. A ce niveau, nous nous intéressons à stimuler, de faire réfléchir pour voir comment ces organisations petites ou grandes peuvent utiliser les moyens de communication en vue de renforcer les compétences de leurs membres. Notre motivation est donc de promouvoir les Organisations paysannes en Afrique de l’ouest.

 Dans quel cadre se situe votre visite au Bénin ?

Avec le Réseau des organisations et producteurs paysans d’Afrique (Roppa), notre partenaire privilégié en Afrique subsaharienne, nous avons initié une tournée d’information, de sensibilisation, et d’initiation des plates formes nationales et leurs fédérations membres sur l’arrivée d’un nouveau support de communication assez révolutionnaire pour l’Afrique de l’ouest. Ce support c’est la jointure entre les Smartphones qui commencent à envahir l’Afrique et l’utilisation de Facebook comme un outil de bureau, de facilitation de la communication. Notre vision c’est que d’ici 10 ans tous les paysans ouest-africains auront un Smartphone solaire connecté depuis leur champ.

 Mais en quoi Facebook peut-il vraiment révolutionner le développement rural ?

Nous avons repéré il y a 4 ou 5 ans que Facebook est un outil intéressant très pratique pour communiquer entre paysans. Les gens se sont rendu compte qu’effectivement Facebook était un puissant outil de travail et non juste réservé pour faire la tchatche ou s’amuser entre amis. Grâce à la puissance de Facebook, les paysans peuvent partager des informations, des expériences et échanger sur les innovations. Avec un Smartphone connecté à Facebook vous avez tout le savoir moderne du monde chez vous. Les paysans peuvent même produire leur propre contenu en enregistrant de l’audio, en publiant des photos, des vidéos ou du texte pour partager des réalités paysannes à l’endroit de l’Afrique et du monde entier. Et puis il y a tout un contexte qui évolue dans ce sens de paysan connecté dans son champ. Il est un fait aujourd’hui que Facebook et le Smartphone sont à la mode et s’imposent progressivement presque à tout le monde à commencer par les élites en ville et les populations rurales. On constate aussi que les prix des équipements pour faire Facebook deviennent vraiment très abordables mais aussi le prix de la connexion internet baisse de plus en plus en Afrique. Par exemple au Nigéria, 81% des communications effectuées sur internet sont faites à partir de téléphone mobile comme les Smartphones.

 Alors sur quel levier doit-on appuyer pour que la connectivité à Internet en milieu rural s’accélère ?

Je pense que grâce à l’engagement économique et financier très fort des opérateurs de téléphonie mobile qui se battent vraiment pour essayer de développer leur marché, d’atteindre de nouvelles zones géographiques et même de couvrir l’Afrique, la connectivité à internet avance bien. Il y a aussi que de part les évolutions technologiques, on pense que la vision d’un paysan connecté en Afrique de l’ouest a changé. Par exemple, par la volonté d’avoir un Smartphone, cela peut amener de la lumière dans une zone. Car on voit maintenant de plus en plus que c’est le besoin pour le paysan de charger la bactérie de son téléphone portable qu’il fait amener de la lumière chez lui avec les chargeurs solaires mixtes. Maintenant c’est à nous les communicateurs pour le développement rural de avoir comment faire approprier cet outil aux paysans. Car il ne suffit d’avoir accès à la culture pour être cultivé ; il faut se l’approprier. A cet effet, il faut qu’on trouve les moyens pour amener ces paysans à produire aussi du contenu et non seulement consommer du savoir.

 Mais comment faire face aux difficultés linguistiques d’utilisation de Facebook par des paysans analphabètes ?

Facebook n’a jamais été fait pour parler uniquement en Français ou en Anglais. Il existe des groupes sur Facebook qui communiquent en fulfulbé, en Wolof, etc. Je pense qu’il pourrait avoir aussi des sites ou groupes Facebook dans les langues nationales du Bénin. Il faut savoir que le moteur pour les paysans va être économique ; soit pour connaître les prix sur le marché, soit pour contacter les clients ou joindre leur famille. Le plus important c’est le contenu que les paysans veulent partager et c’est à eux de décider de la ou des langues qui s’y adaptent. C’est un défi intéressant qui fait suite aux gros efforts déjà accomplis en matière d’alphabétisation en Afrique.

Propos recueillis par Mikaïla ISSA


#BENIN: Délestage énergétique, Y’EN A MARRE !

Le Benin plongé dans le noir (SOURCE): https://koaci.com/articles-89576

Le Bénin plongé dans le noir (SOURCE): https://koaci.com/

Quand ce n’est pas le Nigeria, c’est le Ghana. On s’en souvient, il y a quelques années, Olusegun Obasanjo avait fait fermer la frontière bénino-nigérianne pour une affaire de recel de voitures. Aujourd’hui, c’est le Ghana et toujours le Ghana, qui sans le vouloir, plonge les masses laborieuses du Bénin dans le noir. Et les Béninois ne peuvent pas s’en plaindre à haute voix. Comme le dit un célèbre proverbe du pays « qui attend le voisin pour faire sa cuisine mangera toujours en retard. »

Une situation bien inconcevable. Inconcevable que depuis 1972 où le premier kilowattheure est venu du Ghana, que le Bénin n’ait pas prévu des solutions alternatives pour assurer à la population, et de façon durable, l’autonomie énergétique. Le délestage est légion dans l’ensemble du pays et de nombreuses localités passent des heures, voire la journée, sans électricité.

L’obscurité dicte sa loi avec acuité face à l’impuissance des citoyens et la passivité des autorités. La coupure intempestive du courant règne en toute quiétude. Au milieu des affaires aussi tonitruantes les unes et rocambolesques que les autres, le Bénin s’illustre encore depuis et particulièrement en ce début d’année 2014 par des coupures de courant tous azimuts qui peignent le pays en noir. Le tableau béninois sur le plan énergétique est bien plus sombre qu’il apparaît. Le Bénin produit en ce moment seulement 11% de sa consommation en électricité. Du coup, il dépend à 89% de l’énergie importée la plupart du temps du Ghana et du Nigéria.

 

Et le délestage revient de fort belle

Avant de s’attaquer aux «petits», Boni Yayi doit d’abord «bondir» sur le délestage (Source: https://www.lanouvelletribune.info/index.php/politique14/17916-lutte-contre-la-crise-energetique-le-gouvernement-continue-ses-incantations-steriles)
Avant de s’attaquer aux «petits», Boni Yayi doit d’abord «bondir» sur le délestage (SOURCE): www.lanouvelletribune.info

Lors de sa dernière descente, le 30 janvier dernier sur le site de Maria Gléta, Barthélémy Kassa, ministre en charge de l’Energie, a expliqué que les difficultés énergétiques du Ghana constituent les raisons fondamentales du délestage en cours au Bénin. En effet, explique-t-il, le Ghana qui fournissait 200 mgwtts vient de perdre 400 mgwtts de sa capacité énergétique à Tacoradi avec à la clé 4 heures de délestage par jour.  Ce qui l’a amené à réviser à la baisse, sa fourniture énergétique à l’Etat béninois qui revient entre 0 et 50 mgwtts.

Malgré les nombreuses mesures annoncées à grand tapage médiatique par le gouvernement béninois, à savoir installer une centrale thermique de 25 mégawatts à Cotonou, construire des barrages sur les fleuves,… sans oublier la mise en service de la « fameuse » centrale électrique de Maria Gléta, qui devait apporter une solution pour ce délestage, l’énergie électrique demeure toujours un luxe.

Après les qualificatifs de « Pays Moins Avancés » (PMA), de « Pays Pauvres Très Endettés » (PPTE), de « Pays Sous Développés » (PSD), de « Pays en Voie de Développement » (PVD), le Bénin connait actuellement un autre qualificatif particulier de « Pays Très Dépendant en Energie Electrique » (PTD2E).

 

Le profil béninois anti-délestage

Une cliente de la SBBE impatiente du retour du courant (SOURCE): https://yedafou.afrikblog.com/archives/2013/04/24/27001970.html
Une cliente de la SBBE impatiente du retour du courant (SOURCE): https://yedafou.afrikblog.com/

Pour peu qu’il retrouve son nom sur un compteur électrique, le béninois se croit propriétaire de l’énergie. Il en dispose comme guise lui plait ; se prélassant sur le sofa en compagnie de Jack Bauer, Marimar ou Rubi pendant que la machine lui lave son linge ; écoute Claudy Siar ou plus merveilleux encore, accueille Morphée sous Split.

Cependant, c’est comme le vizir qui veut être plus calife que le calife, tout a des limites. Un matin, ou un soir par surprise, tout s’arrête. Point d’énergie, point de climatiseur, point de télévision, point de …, etc. Bref un retour à la plus simple expression, délestage oblige.

Et le propriétaire d’énergie se rend alors à l’évidence qu’il n’est que locataire d’une chose que son propre pays a du mal à posséder.

Dorénavant c’est comme ça chez nous.

Avis à vous qui souhaiteriez faire un tour par ici, ayez sur vous vos torches ou des lampes rechargeables de préférence de source solaire.

A bon entendeur … !

 


 


L’internet et l’économie : le rapport de force ?

E-revolution by Youth in Africa (Erebya-Bénin)

E-revolution by Youth in Africa (Erebya-Bénin)

Savez-vous que 70% des consommateurs recherchent un produit en ligne avant de l’acheter dans un magasin même se trouvant à proximité ? (Source : Forrester). Attirez de nouveaux clients qu’ils se trouvent au coin de la rue ou à l’autre bout du monde c’est possible grâce aux stratégies de marketing en ligne. Cela représente une formidable opportunité commerciale qu’Erebya a fait connaître ce samedi 26 octobre au Chant d’oiseau de Cotonou (Bénin). C’était devant un public d’hommes d’affaires et de développeurs web, autour du thème : Comment trouver de nouveaux clients sur Internet ?

Le concept de l’internet dans le développement des affaires au Bénin n’est pas très développé. L’habitude du e-business n’est pas encore entrée dans la culture marketing de beaucoup d’entreprises et sociétés béninoises. Malgré l’avancée rapide des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), force est de constater que la pratique de l’internet est quasi absente dans les milieux d’affaires dans le pays. C’est donc dans le souci d’induire de nouveaux changements e-business que la communauté erebya (e-revolution by Youth in Africa) a pris l’initiative de diffuser la culture de l’internet dans le milieu des affaires au Bénin. A cet effet, précise Vivien Dovi, le directeur d’erebya : « Notre vision à www.erebya.com est d’encourager et de développer le réflexe de faire des recherches précises sur internet auprès des hommes d’affaires, chefs d’entreprises, opérateurs économiques et même particuliers. » Le tour de webmarketing .

Ce samedi matin, quatre modules d’information ont été présentés par de jeunes experts TIC autour du thème : Comment trouver des clients sur Internet ?

Le premier module intitulé : Pourquoi est-il si important d’être présent sur le web? a été animé par Hyppoline DJO. A travers sa présentation, elle a montré l’importance de la présence sur le web pour trouver de nouveaux clients et même sans dépenser de l’argent. Pour la communicante, « le web est une niche oubliée par bon nombre d’entreprises or il représente le marché le plus vaste de la planète. » Internet est devenu un enjeu majeur pour toute entreprise qui veut promouvoir la qualité de ses produits ou toute personnalité qui veut vendre ses services à une très grande échelle. Comme outil de fidélisation, internet permet de maintenir le contact permanent avec les clients et d’avoir surtout instantanément leur feedback sur divers produits et prestations. D’où les nouveaux métiers de community manager pour une bonne gestion de l’image de l’entreprise ou de la personnalité.

Le deuxième module présenté par Vivien Dovi s’est intéressé aux 5 moyens pour promouvoir les produits sur internet. Il s’agit du référencement gratuit sur les moteurs de recherche (google.com/addurl), du positionnement de l’adresse des sites (google.com/adword), des fiches d’entreprises (google.com/adresses), du marketing par e-mail et des réseaux sociaux (google+) pour promouvoir et partager des offres et informations exclusives.

Le module 3 qui porte sur comment et pourquoi être présent sur Google? a permis au public de comprendre qu’aujourd’hui nos produits, nos marques et nos services ne sont pas ce que nous disons mais ce que Google dit. Il est donc important, selon Hyppoline Djo, pour les entreprises de fournir des contenus de qualité et de concevoir une bonne publicité personnalisée.

Le module 4 présenté par Vivien Dovi et intitulé « Google Apps, relever de nouveaux défis commerciaux » a, quant à lui, montré les nombreux avantages du service Cloud (google.com/a) pour l’archivage des données et le networking à distance. « Ce n’est pas quand l’accessibilité sur internet deviendra large que les entreprises doivent aller sur internet. », prévient le communicateur. A cœur ouvert sur le web Lors des séances d’échanges entre participants et communicateurs, il n’y a pas eu la moindre place pour faire la langue de bois. Et à raison. « La plupart des entreprises béninoises n’ont pas l’initiative d’internationaliser leurs activités hors du pays ni ne développent une vision d’élargir leur clientèle grâce aux outils qu’offre pourtant gratuitement internet. », déplore un développeur web.

Comme pour soutenir ces propos, un autre participant dit : « Il est grand temps de développer cette philosophie hors de son pays en visant la clientèle extérieure. Tout le monde connaît la force de ces outils. » Quant à Igor Sèmèvo Koucoï, web entrepreneur et CEO à AfriqueBuzz , il affirme: « Beaucoup ne se rendent pas encore compte de la force de l’internet dans les affaires. Aujourd’hui, on n’a pas besoin d’avoir une boutique avant de faire des affaires. ». Au regard de son expertise dans le domaine, Il prophétise que « d’ici 10 ans, cette nouvelle approche de marketing économique envahira toute l’Afrique. Le terrain sera tellement saturé que ceux qui viendront plus tard n’auront plus grand chose. »

Patrick Ahoyo, Pdg de ATALYS Nettoyage & Services a laissé entendre ce témoignage : « Grâce à mon site web www.atalys-services.com , je puis vous assurer jusqu’à Paris aujourd’hui, on me demande des commandes. Rien que par ce canal, j’ai décroché assez de contrats. Depuis que j’ai mon site, il n’y a pas ce jour où je ne me connecte pas sur internet et j’ai beaucoup de visiteurs. ».

Pour la plupart des participants à cette séance d’échanges et d’informations, les développeurs et webmasters doivent faire davantage de vulgarisation pour intéresser les gens à l’outil internet. « Aujourd’hui, on n’utilise pas très bien internet. Seulement 300.000 béninois sont connectés régulièrement sur internet. Or Google a développé des produits innovants et c’est à nous de nous les approprier et en tirer le meilleur profit. », regrette le directeur de erebya au Bénin, Vivien Dovi.


« Vidomègon » : halte-là !

Mon coup de gueule à l’occasion de la célébration du Blog action Day 2013 va à l’endroit des violateurs des droits de l’enfant. Stop ! C’est fini !

lebeninois.netLes droits universellement reconnus à tous les enfants se trouvent bafoués au niveau des « enfants placés » dits « vidomègon » en langue locale fon (Bénin). La traite des enfants a toujours été dénoncée et notamment le phénomène «vidomègon» qui sévit dans notre pays se présente à cet effet comme une violation des droits des enfants. Ces droits sont : « Ceux de tous les enfants dans le monde …ceux de nos propres enfants que nous aimons beaucoup et pour lesquels nous sommes prêts à tous les sacrifices … ».

 Les vacances scolaires sont le moment par excellence où de nombreux enfants, sous prétexte qu’ils vont en vacances, sont déportés vers diverses destinations pour être exploités. Ils  traversent frauduleusement les frontières nationales pour se faire exploiter par leurs tuteurs dans les pays voisins.

 Les faits qui témoignent de la violation des droits des enfants « vidomègon » sont légion au Bénin.

Il ressort des enquêtes réalisées par les ONG Plan-Bénin et Africare que les enfants dits « vidomègon » ne jouissent pas d’une scolarisation bien suivie. Les maltraitances sous toutes leurs formes constituent le lot quotidien de ces âmes innocentes. Ils n’ont pratiquement pas de temps pour se reposer ni pour les loisirs.

Les enfants « vidomègon » ne bénéficient pas du droit de connaître et de vivre avec leurs parents, car ils sont élevés par des tierces personnes. La plupart connaissent souvent des retards de croissance et traînent des tares qui les handicapent toute leur vie.

 Face à une telle situation, il importe donc qu’une action de lobbying soit faite à l’endroit des autorités compétentes à plus de vigilance pour veiller à l’application de la Loi 2006-04 du 10 avril 2006 en vigueur dans notre pays qui l’interdit de façon formelle et fait encourir à ceux qui s’en rendraient coupables une peine de vingt ans de réclusion criminelle.

 Il est grand temps que cette violation massive des droits des enfants prenne fin dans notre société. Et Il faudra aussi organiser une campagne nationale d’information sur le respect des droits des enfants et du Code de l’enfant au Bénin, et de sensibilisation des parents et tuteurs sur les conséquences graves de la traite de leurs enfants vers d’autres destinations.

 Mikaïla Issa