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Les agriculteurs tanzaniens exploitent le vent tout en préservant l’environnement

Les agriculteurs tanzaniens sur les rives méridionales du Lac Victoria se préparent à capturer l’énergie éolienne et solaire, une énergie propre qui alimentera les pompes servant à irriguer leurs cultures.

Avec l’aide du Volontaire népalais des Nations Unies Prashanna Shrestha, les agriculteurs de la région se tournent vers Mère nature pour pomper l’eau dont ils ont besoin pour irriguer leurs terres. Au lieu d’utiliser des pompes à eau à moteur diesel, Prashanna a conçu huit projets d’irrigation générateurs d’énergie solaire et éolienne dans quatre districts.

Les pompes d’irrigation prennent l’eau du Lac Victoria et la canalisent vers un réservoir central, puis vers plusieurs réservoirs d’approvisionnement, d’où elle s’écoulera à travers des canaux vers les champs des agriculteurs.  » Les pompes permettront aux agriculteurs d’obtenir des récoltes de meilleure qualité et certains projets leur permettront de produire des cultures totalement nouvelles  » affirme Prashanna.  » Les champs qui étaient jadis partiellement cultivés disposeront désormais de suffisamment d’eau pour être exploités dans leur totalité « .

Il estime que 400 agriculteurs seront les bénéficiaires de ce projet. Une pompe pilote éolienne pompe déjà de l’eau pour le réservoir d’approvisionnement. Les travailleurs se sont mis à construire de nouveaux canaux de distribution d’eau pour achever le travail.

Prashanna a commencé à travailler en Tanzanie grâce au programme TICAD-Volontaires des Nations Unies en juillet 2001. Avant de se rendre en Afrique, il travaillait au Népal en tant que spécialiste de l’irrigation en collaboration avec le Département national de l’irrigation, et était précédemment stationné au Cambodge en tant que Volontaire des Nations Unies, œuvrant avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation internationale du travail (OIT) sur un projet d’irrigation conjoint. Il est présentement chargé de superviser et d’aider à la construction des projets d’irrigation générateurs d’énergie solaire et éolienne.

Outre le fait de fournir aux agriculteurs une source d’énergie propre et renouvelable, le projet forme les agriculteurs afin que ces derniers puissent activement participer à l’entretien des pompes, bien après le départ de Prashanna et des autres spécialistes. Il travaille, ainsi que quatre coordonnateurs de district avec plusieurs organisations communautaires afin de leur communiquer les informations nécessaires à propos du système pour qu’il continue d’être opérationnel. Jusqu’à présent, dit-il, le programme de formation se déroule sans heurts et les agriculteurs se familiarisent de plus en plus avec la technologie.

 » La grande contribution de Prashanna se reflète de deux manières « , d’après Nehemiah Murusuri, qui supervise les Volontaires des Nations Unies dans le cadre du projet du PNUD.  » Premièrement, il a aidé les agriculteurs à concevoir des systèmes d’irrigation à faible coût. La plupart des projets d’irrigation ont un coût élevé et sont inabordables pour les pauvres. Deuxièmement, il a pris des initiatives en matière de renforcement de capacités pour les agriculteurs et les techniciens de l’irrigation. Les agriculteurs sont très satisfaits des systèmes d’irrigation qui utilisent des technologies d’énergie renouvelable. Elles leur plaisent car leurs coûts de fonctionnement et d’entretien sont pratiquement voisins de zéro. Elles n’entraînent pas non plus de dégâts pour l’environnement « .

Source : Ticad.net


Les grands de la Silicon Valley se penchent sur le sort des mineurs congolais

L’entreprise américaine Intel, acteur majeur du secteur, s’engage à offrir à ses clients des microprocesseurs éthiques dont les matériaux ne proviennent pas des zones de conflit en Afrique. Une décision qui devrait faire des émules.

À l’instar des géants du textile, les entreprises du secteur des technologies n’échappent pas aux scandales liés aux violations des droits de l’Homme par leurs sous-traitants dans les pays en développement. Et ce n’est pas Apple ou Sony qui diront le contraire. Mais certains veulent tirer leur épingle du jeu et l’un d’entre eux – Intel – a choisi le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas pour le faire savoir. À l’occasion de cette grand-messe des leaders de l’Internet et de l’informatique, la firme américaine a annoncé qu’elle s’engageait, à partir de 2014, à ne plus vendre de microprocesseurs produits à partir des minéraux issus des zones de conflit en Afrique.

C’est la première fois qu’un acteur de cette envergure prend une telle disposition. Pourtant, l’enjeu est de taille car la plupart des outils électroniques du quotidien – smartphones, ordinateurs, etc. – sont conçus à partir de ces minéraux extraits dans la région des Grands lacs, déchirée par les guerres civiles et ethniques.

Économie de guerre

C’est notamment le cas en République démocratique du Congo (RDC) où des milices armées et des groupes rebelles ont pris le contrôle de nombreuses mines, s’accaparant ainsi les millions de dollars de profits générés. Dans la province du Kivu, on extrait 60 à 80 % du coltan, un minerai stratégique dans la fabrication des composants électroniques. Exploités et maltraités, les travailleurs congolais de ces mines et leurs familles subissent la violence de plein fouet chaque jour. Contactée par FRANCE 24, l’ONG américaine Enough Project, spécialiste de la question, affirme que seules 10% des mines de RDC ne sont actuellement pas sous la coupe des milices. “C’est peu mais il y a encore deux ans, nous étions à 0% ! Passer d’une économie de guerre à une économie de paix ne se réalise pas en une nuit”, explique Sasha Lezhnev, analyste chez Enough Project.

Marcus Bleasdale, du magazine “National Geographic”, a passé ces dix dernières années à photographier ces conflits afin de leur donner une plus grande visibilité. “Intel est l’un des plus importants fabricants de processeur au monde. Ce qu’il vient d’annoncer est énorme ! Je ne m’attendais pas à une action aussi significative”, se réjouit ce fin connaisseur de la région, dans une interview accordée à son magazine le 9 janvier.

Il a fallu des années aux équipes d’Intel pour identifier et enquêter sur leurs fournisseurs congolais. Car avant d’obtenir des produits high tech, les minerais utilisés passent par autant de sous-traitants qu’il y a d’étapes dans le complexe processus de transformation des matières premières. Qu’il s’agisse de l’étain, du tantale (présent dans le coltan dont Intel est le plus gros consommateur au monde), du tungstène ou de l’or, beaucoup d’acteurs de l’industrie des technologies s’accordent à reconnaître que leur propre chaîne d’approvisionnement est très complexe. Ce qui explique bien souvent que les entreprises ne savent pas (ou préfèrent ne pas savoir) ce qu’il se passe derrière les portes des usines de leurs sous-traitants dans les pays en développement.

D’autres bons élèves

Mais Intel n’est pas la seule entreprise à faire preuve de bonne volonté et de transparence quant à ces minéraux, selon Enough Project qui travaille sur ces zones de conflit en Afrique. “Les firmes HP, Sandisk, Blackberry ou encore Apple se sont mises à faire des efforts conséquents sur le terrain, affirme à FRANCE 24 Sasha Lezhnev. Elles sont d’ailleurs présentes dans notre classement des meilleures entreprises en la matière. Pour y figurer, nous nous assurons qu’elles tracent leur chaîne d’approvisionnement ou encore qu’elles vérifient les affirmations de leurs sous-traitants.”

Reste que devant l’absence de sanctions ou même de mesures gouvernementales pour dissuader les entreprises de faire appel à des fournisseurs véreux, peu se donnent les moyens d’agir. “Contrairement aux diamants, les minéraux des zones de conflit sont beaucoup plus difficiles à sourcer car il y a énormément d’acteurs. Nous avons véritablement besoin d’un système de traçage efficace”, plaide Marcus Bleasdale. Aux États-Unis, la loi baptisée Dodd-Frank apporte un premier cadre législatif pour répondre à ce problème. Les entreprises américaines ont jusqu’au 31 mai 2014 pour indiquer publiquement si elles utilisent des minéraux extraits en RDC ou ses pays voisins. Aucune sanction n’est toutefois prévue pour ceux qui exploitent aveuglément les mines en zones de conflit. L’Europe, de son côté, semble totalement à la traîne, même si “des discussions actives sont en cours à Bruxelles”, affirme Sasha Lezhnev.

Cibler les futurs consommateurs

Intel, pour sa part, promet de surveiller régulièrement ses fournisseurs et espère ainsi montrer l’exemple à d’autres entreprises. Mais pour Carolyn Duran, la directrice de la chaîne d’approvisionnement d’Intel, la pression la plus efficace viendra du consommateur. “C’est lui qui détermine et dénonce ceux qui font de bonnes actions et ceux qui leur tournent le dos”, a-t-elle déclaré à la radio américaine NPR.

C’est également l’avis d’Enough Project qui met un point d’honneur à travailler avec un public jeune, “parce qu’il incarne les consommateurs de demain”, explique Sasha Lezhnev qui se félicite de voir que, selon une récente étude de l’institut KPMG, 70 % des Américains de moins de 30 ans considèrent l’aspect éthique et social d’un produit avant de l’acheter. “Nous faisons beaucoup de sensibilisation auprès des étudiants, et ce à travers 150 campus américains, canadiens et britanniques, car ils consomment d’ores et déjà énormément de produits technologiques et peuvent donc influer sur le secteur”, conclut-il.

Source : France24.com


Le Secrétaire Général des Nations Unies mise sur les énergies durables au Burkina Faso

Visite des installations de la Société Nationale d’Électricité du Burkina Faso par la délégation des Nations Unies.

« Energie durable pour tous » en anglais « Sustainable Energie for All » (SE4ALL) est une initiative du Secrétaire Général des Nations Unies, suite à la proclamation de l’année 2012 comme année internationale de l’énergie durable.

Cette initiative a trois objectifs principaux : (i) L’accès universel aux services énergétiques modernes, (ii) le doublement du taux d’amélioration de l’efficacité énergétique et (iii) le dédoublement de la part de l’énergie renouvelable dans le bouquet énergétique.

Une dizaine de pays, dont le Burkina Faso, ont, de ce fait, été sélectionnés comme pays pilotes pour la mise en œuvre de cette initiative. Il s’agit pour le Burkina Faso de partir des services énergétiques existants et d’un changement de mentalité pour l’atteinte des objectifs de l’initiative. L’énergie durable pour tous est un objectif ambitieux mais réalisable et qui est ouvert à tous les pays du monde.

La mission SE4ALL a été reçue au Burkina Faso en juin 2012. Elle était composée de représentants des Nations Unies (Secrétariat Général, ONUDI, PNUD), de l’Union Européenne, de la Banque Mondiale et du Département d’Etat Américain.

La mission a rencontré les départements ministériels (Ministère de l’Economie et des Finances, Ministère chargé de l’Energie et Ministère de l’Industrie , du Commerce et de l’Artisanat) les acteurs des Organisations de la Société Civile (OSC), des partenaires techniques et financiers (BM, BAD, BOAD, ONUDI, AFD, KFW/GIZ, DANIDA, SUEDE, UEMOA, CILSS), le secteur privé, la Maison de l’Entreprise, la SONABEL et le Fonds de Développement de l’Electrification.

Une sortie terrain a été effectuée à Zagtouli sur un site de la Société Nationale d’Electricité (SONABEL). Il s’agit de la future centrale solaire car le Burkina Faso s’est engagé à la promotion des énergies renouvelables. C’est une centrale de 20 méga watts (MW) sur une superficie de 40 hectares dont le coût prévisionnel s’élève à 63 millions de dollars. L’UE contribue à ce financement de l’ordre de 25 millions de dollars. Le financement  de ce projet est bouclé et le Directeur Général de la SONABEL estime que une fois les conventions signées, les travaux démarreront en 2013 et la centrale solaire sera fonctionnelle en 2014.

Il est essentiel que l’on intègre le fait qu’il n’y a pas de développement sans énergie. En effet, le développement économique et humain est basé sur des ressources énergétiques. Malheureusement, ces ressources que sont le pétrole, le gaz, le charbon, entre autres, sont épuisables et à cause de leur combustion, contribuent au réchauffement climatique. Il faut donc apporter de l’énergie moderne à tous ceux qui n’en ont pas car il y va de la survie de la terre. Cette énergie moderne qui est constituée des énergies renouvelables que sont le soleil, le vent, la biomasse et l’hydraulique est disponible; il faut simplement créer les conditions pour que les investisseurs et les opérateurs viennent investir dans le domaine de ces énergies dites propres. »

Au terme de visite  au Burkina Faso, la mission sur l’initiative « Energie durable pour tous » (SE4ALL), a rencontré la presse au cours d’une conférence pour  informer l’opinion nationale sur les enjeux énergétiques d’une part, et le choix du Burkina Faso à développer un plan d’actions pour la mise en œuvre de cette initiative, d’autre part.

Source : Site du PNUD


Une nappe phréatique géante a été découverte au Kenya.

Quelque deux cents milliards de mètres cubes. Dans la zone très aride du nord du Kenya, la découverte d’un gigantesque gisement d’eau (l’un des plus grands d’Afrique) est une aubaine exceptionnelle. La nappe souterraine, qui s’étend sur une centaine de kilomètres, va permettre d’augmenter les réserves stratégiques en eau du pays: plus d’un tiers des 41 millions d’habitants n’a pas accès à de l’eau salubre. Mais dans un premier temps elle va alimenter les camps de réfugiés. Quelque 160.000 personnes vivent dans cette région déshéritée.

Cette exploration, menée sous l’égide de l’Unesco et de l’État kényan avec des financements japonais, ne doit absolument rien au hasard. Derrière ce travail se trouve un Français qui a mis au point un outil de détection quasi unique en son genre. Il permet de trouver l’eau des sous-sols, presque partout où il y en a. Rebaptisé par certains «sourcier des temps modernes», Alain Gachet vole aujourd’hui de mission en mission, tout particulièrement en Afrique, à la recherche de l’or bleu.

Les premiers pas professionnels de cet ingénieur des mines l’avaient tout naturellement dirigé vers la recherche de ­gisements de matière première, et très rapidement de pétrole, au profit des grandes compagnies mondiales. Elf est l’une d’entre elles. Alain Gachet fera de la prospection pour la société française durant une vingtaine d’années.

En 1990, la chute du mur de Berlin va donner une tout autre tournure à sa carrière. «Les données satellitaires de la Nasa» sont alors déclassifiées, raconte-t-il, et notamment les milliers d’images cartographiant la planète. Les Américains cherchaient à repérer des arsenaux militaires, mais ces photos vont surtout aider Alain Gachet, devenu consultant indépendant, dans sa recherche de pétrole. Avant de lui servir à trouver de l’eau. «En regardant des images de Tripoli, je me suis aperçu que l’on pouvait repérer des fuites d’eau dans les systèmes souterrains», raconte l’ingénieur. En 2002, sa religion est faite: il abandonne le pétrole et s’intéresse définitivement à l’eau.

«Les rayons des radars sont sensibles à l’humidité», explique-t-il. Des zones de brillance apparaissent sur les cartes, le seul inconvénient est que l’on peine à différencier l’eau de la roche. Et c’est là qu’intervient la technique particulière mise au point par Alain Gachet. Son système, qui répond au nom de Watex (water exploration), «intègre quatre types de mesures: des données de télédétection spatiale, de géologie, des données climatiques et sismiques. De la géophysique au sens large, dont on extrait une grille de probabilités sur l’existence ou non d’une nappe et la profondeur à laquelle elle se trouve».

«On va pouvoir trouver de l’eau partout dans le monde», assure le spécia­liste. Désormais au Kenya se pose la question de la gestion de cette ressource. Il ne s’agit pas d’une nappe fossile mais bien d’un aquifère alimenté par les pluies annuelles, importantes mais de très courtes durées, laissant la terre se craqueler tout le reste de l’année. «Nous devons nous employer à exploiter ces ressources d’une manière responsable et à assurer leur pérennité pour les générations futures», assure Judi Wakhungu au ministère de l’Environnement kényan.

Alain Gachet, pour sa part, est déjà parti pour un autre pays. L’Éthiopie, voisine du Kenya, «où nous sommes à deux doigts d’annoncer quasiment la même découverte», lance-t-il, enthousiaste.

Source : Lefigaro.fr


Des arbres et des moutons pour améliorer la bourse familiale

Source : Maliweb.net


WAAPP : Aider les agriculteurs et redonner du souffle à l’intégration régionale ouest-africaine

L’Afrique Subsaharienne continue d’afficher des performances macroéconomiques intéressantes avec une croissance économique réelle 4,9% en 2012 (FMI) malgré la récession qui frappe actuellement l’économie mondiale. Cependant, le niveau de vie demeure encore assez faible. En effet,  le PIB/habitant y est le plus faible dans le monde même s’il a augmenté de 3,9% en 2012 pour se situer à 2365,9 Dollars US (PPA internationaux courants).

Les ressources extractives et minières, les services ainsi que l’agriculture comptent parmi les moteurs de cette croissance économique. Cette dernière a contribué à hauteur de 12% du PIB de l’Afrique Subsaharienne en 2012 et se pratique notamment dans les zones rurales qui concentrent près de 63,2% de la population. Seulement 43,8% des terres arables  sont destinées à la pratique de l’agriculture (Banque Mondiale, WDI 2012). Les conditions de vie des populations rurales en Afrique Subsaharienne ne sont pas les meilleures. Il faut dire que l’agriculture en Afrique est encore rudimentaire et loin du niveau technologique observé en occident. Ce qui limite les performances de ce secteur. A cela, il faut ajouter les facteurs climatiques comme les inondations, la sécheresse, une pluviométrie capricieuse et des sols parfois surexploités et un déficit en matière de techniques culturales modernes.

Décidés à ne pas laisser perdurer cet état de chose, les Etats ouest africains ont pris l’initiative de soutenir le secteur en mettant en œuvre une réponse à l’échelle régionale en vue de rendre l’agriculture plus productive et pérenne en Afrique de l’Ouest. A cet effet, un programme conjoint entre les pays de la CEDEAO, le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO ou WAAPP-West Africa Agricultural Productivity Program) avec l’appui financier de la Banque Mondiale et d’un coût total de 51 millions de Dollar US, a été mis en place.

Cet  article se propose de présenter et d’analyser les enjeux du  WAAPP à travers ses objectifs et ses composantes. Il met en exergue ses particularités par rapport à d’autres programmes déjà en cours initiés dans la sous-région ouest-africaine en vue de rendre le secteur agricole plus performant.

WAAPP/PPAAO : un prolongement par continuité !

Le WAAPP met l’accent sur les filières prioritaires de la région notamment les racines et tubercules au Ghana, le bétail, le riz au Mali, les céréales au Sénégal, la banane plantain en Côte d’Ivoire, le maïs au Togo, ainsi que fruits et légumes, oléagineux et les principales spéculations d’exportations comme le coton, le café, le cacao. Il vise à contribuer à l’atteinte des objectifs du PDDAA du NEPAD à travers une croissance importante du PNB agricole mais également à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Chaque pays constitue une unité indépendante et sera donc chargé de gérer les activités du programme sur son territoire en fonction des spéculations cultivées dans le pays et entrant dans le cadre du WAAPP avec des bilans périodiques en collaboration avec toutes les institutions partenaires.

Le WAAPP n’est pas la première réponse sous régionale apportée aux problèmes que connait le secteur agricole ouest-africain. On peut évoquer le Cadre stratégique de sécurité alimentaire porté par le CILSS, Programme d’action sous régional de lutte contre la désertification mis en place depuis 1973, la Politique Agricole de  l’UEMOA (PAU) lancée en 2001. En 2005, les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la CEDEAO ont adopté  la politique agricole régionale, l’ECOWAP dans le but de créer un cadre régional de politique agricole et dont les objectifs sont entre autres la sécurité alimentaire, l’intégration des producteurs aux marchés, la création d’emplois garantissant des revenus à même d’améliorer les conditions de vie des populations rurales ainsi que les services en milieu rural, l’intensification durable des systèmes de production ou encore l’adoption de mécanismes de financement appropriés.

Un nouveau souffle pour l’intégration régionale

Si le WAAPP ne diffère pas fondamentalement des projets existant déjà dans la sous-région ouest-africaine en ce qui concerne ses objectifs, c’est plutôt l’approche adoptée et les composantes du WAAPP qui font la différence. En effet, le projet est axé sur quatre composantes à savoir : la création de conditions propices à la coopération régionale en matière de développement et de diffusion de technologies, le développement de Centres Nationaux de Spécialisation (CNS), le financement de la création et l’adoption de technologies axées sur la demande en vue de renforcer et de rendre plus transparents les mécanismes de financement des activités prioritaires de R&D agricole axées sur la demande dans les pays participants et enfin la Coordination, Gestion et Suivi-Evaluation du programme.

Dans le cadre du WAAPP, des filières sont considérées comme prioritaires au niveau de chaque pays dans le but de mettre sur pied des Centres Nationaux de Spécialisation. Mais l’étude des autres filières n’est pas pour autant négligée. Par la suite, les résultats obtenus, concernant les filières non prioritaires dans chaque pays, seront diffusés et partagés avec les autres centres nationaux. Ceci dans le but de favoriser une circulation de l’information et une meilleure coopération au niveau sous régional.

Cet aspect du programme vise à pallier au manque de collaboration constatée entre les chercheurs, les services d’appui-conseils et universitaires, afin de leur permettre de travailler en partenariat avec les producteurs agricoles, le secteur privé et la société civile ; ceci en vue de mieux répondre aux besoins et aux opportunités d’innovation dans le secteur. La réhabilitation des équipements essentiels des CNS retenus,  le renforcement des capacités des chercheurs, l’Appui des programmes de R&D des CNS sont également au programme. A cela, il faut ajouter, une accélération du processus de mise en place d’un cadre commun des règles et législations sur les semences et les pesticides, la mise en place d’un cadre commun en matière de Droits de Propriété Intellectuelle (DPI) et autres comme les droits des paysans et l’Indication Géographique (IG) ainsi que la révision des procédures nationales afin de les aligner aux directives régionales.

L’approche retenue pour le WAAPP se base donc d’une part, sur l’intégration et l’harmonisation des politiques agricoles nationales et d’autre part, sur l’établissement de liens étroits entre la recherche, la vulgarisation, les producteurs et les opérateurs privés.

 Une aubaine pour les agriculteurs et les filières ciblées

Les agriculteurs sont les premiers bénéficiaires de ce programme. En effet, il sera établi un diagnostic sur les performances des exploitations agricoles et des filières retenues sur la base d’indicateurs bien précis qui seront calculés comme le rendement, la production agricole, les superficies emblavées ainsi que le revenu moyen des ménages, le type de financement des exploitations agricoles. Ensuite seront mise en place, des actions bien ciblées afin de mieux accompagner les exploitants agricoles dans leurs activités de production en mettant à leur disposition plus de moyens techniques et financiers, ce qui leur permettra d’améliorer leur productivité et leur compétitivité ainsi que leurs revenus et leurs conditions de vie. En effet, dans un contexte international instable marquée par l’insécurité alimentaire, la volatilité des prix, la récession et la baisse de la demande de certains produits comme le coton, les aléas climatiques, les agriculteurs sont de plus en plus tournés vers les cultures pouvant leur assurer des revenus réguliers comme l’hévéa, dont la saignée peut se faire durant toute l’année aux détriments de la culture du cacao dont la récolte est ponctuelle. Ce projet est donc salutaire pour peu qu’il puisse redynamiser le secteur agricole ouest-africain. Il faut dire que l’agriculture est l’un des principaux moyens de subsistance dans la région ouest-africaine, employant 60% de la population active d’après l’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI).

Le WAAPP en mettant l’accent sur la recherche, apporte un plus et  offre de nouvelles perspectives au secteur agricole ouest-africain. Cependant, il montre que l’intégration régionale totale a encore du chemin devant elle et se trouve confronter à un manque de coordination apparent et un fédéralisme encore poussif conjugué à un paysage institutionnel dense marqué par une multiplication de programmes et de propositions de politiques, dont la cohérence et l’efficacité globales sont limitées. Ce qui suppose que le WAAPP, ainsi que les autres programmes ne seront efficaces que s’il y a une meilleure collaboration entre les États et moins de barrières à l’application des réglementations sous régionales.

Source : Terangaweb.com


Le génie végétal : un espoir pour des espaces miniers plus durables

L’Afrique, terre de ressources naturelles inexploitées

L’Afrique regorge de matériaux précieux pour confectionner puces électroniques et téléphones portables ou encore pour faire rouler automobiles et avions. De nouveaux gisements sont régulièrement découverts sur le continent ou au large de ses côtes. La fameuse « malédiction des ressources » exprime bien que celles-ci peuvent se transformer en véritables moteurs économiques tout comme elles peuvent devenir des éléments aliénants et de paupérisation. Au-delà des aspects social et sociétal des économies basées sur l’exportation de matières premières non renouvelables, leur extraction est génératrice de multiples bouleversements environnementaux. Comment atténuer ces effets et valoriser les espaces miniers ?

Une pratique inspirante

Il n’y a pas de recette miracle, mettons-nous d’accord là-dessus. Une carrière restera un gros trou dans le paysage, et l’écosystème après une extraction, a peu de chance de recouvrer sa diversité initiale. Il est cependant possible de limiter un tant soit peu les dégâts, notamment l’érosion des sols, la pollution des nappes souterraines et la disparition de la végétation.

Le génie végétal recoupe un ensemble de pratiques peu connues du grand public. Vous ignorez peut-être leur fonction mais vous les connaissez, ces buissons plantés au bord des autoroutes ou sur les pentes accidentées. Dans le domaine des mines, les technologies du génie végétal sont encore peu utilisées sur le continent africain. De « vieux » pays miniers tels que la Nouvelle-Calédonie ou le Canada en font usage depuis longtemps, et travaillent déjà à stabiliser leurs sols et limiter la diffusion des polluants. Un couvert végétal draine en effet plus efficacement l’eau des pluies et diminue ainsi les risques de mouvements de terrain, d’inondations et de poussières dans l’air.

Prévenir et réparer : deux techniques différentes

Les techniques utilisées dépendent bien évidemment du climat et de la topographie du terrain, mais aussi du moment d’intervention dans l’exploitation minière.

La phyto-remédiation

Il est possible de limiter une pollution, liée à l’accumulation de matériaux toxiques sur un terrain, ou du rejet d’un polluant à un moment donné de l’extraction. Cette situation pourrait être qualifiée « d’urgente », car bien souvent elle fait suite à une mauvaise prise en compte des impacts environnementaux. La technique employée, la phyto-remédiation, consiste alors à planter dans la zone dégradée des végétaux, choisis pour leurs propriétés, afin d’absorber les polluants. Soit les substances polluantes sont dans l’air et elles sont absorbées par les feuilles, soit elles ont pénétré les sols et sont alors extraites par les racines. Selon le type de végétaux, les polluants peuvent être atténués, détruits ou stockés. A la fin du chantier, les plants sont brûlés dans un cadre industriel avec un filtre, pour éviter le rejet des substances toxiques à l’incinération.

Pour comprendre en image

La revégétalisation

Dans une optique de long-terme, la revégétalisation offre une plus grande amplitude pour agir sur les externalités négatives de l’extraction minière sur l’environnement. Comme son nom le fait penser, la revégétalisation consiste en la plantation de végétaux, technique qui vise principalement à lutter contre l’érosion des sols, conséquence majeure d’une extraction.

L’instabilité des sols constitue non seulement un danger pour l’environnement, mais également pour les installations de l’entreprise et les populations environnantes. La revégétalisation est une intervention globale, qui se décline sur toutes les infrastructures du chantier d’extraction (bases-vie, pistes, chantiers…), et qui intervient à toutes les phases du projet : en amont lors des études d’impacts, lors des phases d’exploration (forages), pendant la construction, durant l’exploitation et à la fin de l’exploitation pour réhabiliter le site. Plus l’exploitant démarre ces activités de réhabilitation tôt, plus les résultats seront bons, et plus les coûts pourront être amortis dans la durée.

En matière de revégétalisation minière, différentes techniques sont possibles. Pour les petites surfaces ou techniques, les plantations d’herbacées sur un mode traditionnel sont largement à privilégier. C’est d’ailleurs la solution la plus répandue en Afrique, comme au Congo Brazzaville par Planetic pour le compte du pétrolier italien Eni. Lorsque les surfaces à planter tendent à s’étaler sur plusieurs hectares, le recours à des techniques plus complexes s’impose. L’hydroseeding, principalement utilisé pour les grandes surfaces faciles d’accès, consiste à projeter, à l’aide d’un camion hydroseeder, un mélange d’eau, de graines et fixateurs, pour permettre le développement rapide d’un couvert végétal. L’hydromulching, destiné à de zones plus vulnérables à l’érosion, procède également par projection mais est suivi d’une protection de ces sols sensibles et des semences par la projection de géotextiles à très petites mailles pour renforcer les chances de pousse.

L’avenir du génie végétal

Les coûts d’une telle opération sont relativement bien amortis dans la durée, et permettent surtout une plus grande stabilité pendant l’extraction. L’image de marque de l’entreprise est bien sûr en jeu : laisser un site pollué et mettre en danger la vie des populations après la période d’extraction ne fait pas bonne presse.

Ces techniques de génie végétal, et notamment la revégétalisation, sont des sources d’emploi et de savoir-faire très intéressantes pour le développement. En Nouvelle-Calédonie, un site minier peut disposer d’un service entier dédié à la revégétalisation, employant huit personnes et faisant travailler trois à quatre sous-traitants (pépinières, récolte de semences, ouvriers et techniciens agricoles, ingénieur agronome, etc.). Un opérateur comme Planetic engage ses ouvriers dans les villages avoisinant le site, sans qualification pré-requise, et les forme à cette technologie toute nouvelle pour eux. L’impact est ainsi local et direct.

Le génie végétal s’impose comme une technologie d’avenir, en adéquation avec les principes du développement durable. D’innovation, il doit devenir pratique courante. Pour ce faire, les pays miniers doivent s’intéresser plus assidûment à l’inscription de la revégétalisation et de la dépollution des sols dans les cahiers des charges des exploitations minières. Aller vers une gestion durable des espaces miniers, nécessite par ailleurs d’instaurer des mesures complémentaires telles que la transparence des comptes (voir l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives), la redistribution des ressources issues de ces industries extractives ou encore la sécurité des sites et les garanties sociales accessibles aux ouvriers. Tous ces critères me semblent la base d’une responsabilité sociétale des entreprises minières. Aujourd’hui, la démarche de fabriquer un téléphone portable équitable, qui garantisse les conditions d’extraction et de production des composants par exemple, reste marginale. Imaginez les retombées si les choix des consommateurs commencent à peser sur le marché du mobile ! C’est aux dirigeants des pays miniers, aux jeunes d’Afrique et d’ailleurs, aux amateurs de haute-technologie et autres, tels que nous, de prendre des décisions pour la planète et le développement.

 

Pour en savoir plus sur la phyto-remédiation (en anglais) :

 

 

Source : Terangaweb.com


SOL, le premier ordinateur portable qui fonctionne à l’énergie solaire.

Les rayons lumineux peuvent générer de l’énergie électrique, comme l’ont démontré de nombreux travaux scientifiques. L’application de ceux-ci a ouvert de nouveaux horizons, notamment dans la production d’énergie électrique en se servant de notre étoile mère, le Soleil.
Bien que de nombreux périphériques fonctionnent à l’énergie solaire, jusqu’ici, on n’avait pas eu encore droit à un ordinateur fonctionnant exclusivement à l’énergie solaire. Eh bien, c’est chose faite aujourd’hui. Une firme du nom de Wewi vient de développer le premier laptop baptisé SOL.
Destiné aux marchés des pays en développement, aux fervents adeptes de l’écologie ainsi qu’aux explorateurs, SOL embarque, selon le modèle, 2 à 4 Go de mémoire DDR3 signée Kingston, un processeur Intel Atom D2500 core duo cadencé à 1,8 Ghz et un disque dur de marque Seagate de format 2,5 pouces ayant une capacité de stockage de 320 Go. Le laptop est doté d’une puce graphique Intel GMA 3600 capable d’afficher en haute définition (1080 dpi). L’autonomie de la batterie est de 8 à 10 heures.
Côté connectique, SOL est doté d’un modem 3G/4G ainsi que du GPS. Les normes 802,11 b, g et n sont utilisées pour la connexion WiFi. Le système d’exploitation livré avec ce produit est Ubuntu Linux.

SOL est décliné en deux versions. Une version submersible de prix 400 dollars US, ainsi qu’une autre non submersible livrée à 350 dollars.

Source : Développez.com


Une start-up kényane crée un boîtier qui permet de se connecter à internet partout

La «brique» BRCK, développée par la start-up de Nairobi Ushahidi, permet de se connecter à internet depuis n'importe où.

La start-up kényane Ushahidi a présenté le projet BRCK, un outil qui permet de se connecter à internet depuis n’importe quel endroit.

« Si ça marche en Afrique, alors ça marchera partout dans le monde ». Telle est la devise des fondateurs d’Ushahidi, une start-up basée à Nairobi. Ils l’ont démontré dès 2008 avec leur logiciel open-source de cartographie interactive utilisé notamment par l’ONU et les plus grands médias du monde.

Après le logiciel (software), ces créateurs de solutions innovantes et utiles au continent, s’essaient à la création de matériel informatique (hardware). A l’occasion de la conférence TEDGlobal à Edinburgh, l’équipe d’Ushahidi a quitté la Silicon Savannah de Nairobi pour présenter son dernier projet. Nom de code : BRCK. Il s’agit d’un petit cube de plastique au design soigné permettant de se connecter à internet n’importe où car il « aspire » le Wi-Fi, la 3G et la 4G . Une démarche qui puise sa source dans le quotidien d’entrepreneurs et de geeks innovants en Afrique. Las d’être déconnectés d’internet à la moindre coupure d’électricité ou de chercher péniblement du réseau pour accéder au web, ils ont décidé de développer une solution appropriée à cette réalité africaine.

Ce petit boîtier BRCK, qui est en phase de développement, est équipée d’une batterie d’une autonomie de huit heures et est développé en open-source, ce qui signifie que la communauté de développeurs d’Afrique et d’ailleurs pourra librement accéder au code source et enrichir le système d’applications qui fonctionneront sur le terminal. De plus, l’utilisateur pourra insérer une carte SIM dans la « brique » pour créer son réseau sur lequel vingt appareils seront connectables. « C’est l’équivalent d’un générateur pour internet, un modem GSM conçu pour que vos sessions de coding ne s’achèvent pas lorsque le courant électrique est interrompu », explique Ethan Zuckerman, directeur du « Center for civic media » du MIT.

Dans sa présentation, Ushahidi a expliqué comment les habitants des zones rurales reculées pourront se connecter à internet en ajoutant une antenne sur le BRCK pour augmenter la connectivité. Et l’équipe essaie de trouver une solution bon marché pour accéder aux coûteux réseaux de connexions à internet par satellite. « Aujourd’hui, toute activité nécessite une connexion à internet. Nous avons voulu réinventer une manière de se connecter à internet en Afrique en prenant en compte les nouveaux usages résolument mobiles. Nous avons conçu BRCK comme un outil approprié à ces usages, des cafés de San Francisco aux codeurs de Nairobi », explique-t-on chez Ushahidi. Cet appareil devrait être en vente en novembre au prix de 199 dollars. La start-up a récolté plus de 170 000 dollars pour ce projet via le site de financement participatif Kickstarter.

Source : Rfi.fr


Au Soudan du Sud, une renaissance pour les zones protégées

Un garde forestier patrouille le Parc national du sud.

Le Soudan du Sud vient de franchir un jalon important dans ses efforts de préservation de l’environnement, des centaines de gardes forestiers patrouillant désormais le plus grand parc national du pays.

Moins de deux ans après le début d’un programme novateur financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), les autorités ont pris des mesures de lutte contre le braconnage dans le Parc national du sud, un vaste territoire de deux millions d’hectares de savane et de fleuves couvrant quatre États du Soudan du Sud.

Vieux de 70 ans, ce parc n’était guère plus qu’un nom jusqu’à ce que le gouvernement de ce qui allait devenir le Soudan du Sud s’y intéresse, peu avant l’Indépendance, et mobilise des fonds auprès d’organisations comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et la Wildlife Conservation Society des États-Unis.

Le parc a une faune riche et variée, avec des élands de Derby, des antilopes et de petites bandes d’éléphants, en dépit des dégâts causés par les braconniers qui chassent les animaux pour leur viande et échangent l’ivoire contre des armes à feu.

Avec pour toute infrastructure des routes en terre, la gestion et la mise en valeur du parc devraient permettre aux populations animales de se développer et raviver l’économie locale.

« Avec un service de la faune dont les effectifs se montent à 15 000 personnes, la formation permettra de professionnaliser nos activités et de faire en sorte que la gestion des parcs du Soudan du Sud soient de tout premier plan », a déclaré Gabriel Changson Chang, ministre sud-soudanais de la Protection de la faune et du tourisme.

Le programme, géré par le PNUD et la Wildlife Conservation Society avec un budget de 8,2 millions de dollars, devrait faire connaître tous les aspects d’une gestion professionnelle des parcs aux autorités chargées de leur préservation. Dans le Parc national du sud, 46 gardes forestiers (dont six femmes) apprennent à repérer les animaux sauvages, à cartographier les activités humaines et à gérer un réseau de stations et de patrouilles tournantes. On leur apprend aussi à faire appliquer les mesures anti-braconnage.

Les gardes forestiers ont reçu un matériel indispensable, comme des radios fonctionnant à l’énergie solaire, des voitures Land Cruisers, des GPS et des outils pour le camping.

« Le projet a déjà permis de former une équipe de base dans le parc. En plus de la fourniture de matériel, nous avons commencé des patrouilles coordonnées pour la première fois depuis la guerre », explique le lieutenant-colonel John Maper, responsable du Parc national du sud.

Non seulement le programme apporte un appui direct au parc, mais il aide aussi le ministère sud-soudanais de la Préservation de la faune à planifier des initiatives nationales de protection de la nature. Un relevé aérien complet des écosystèmes et espèces du pays est en préparation, de même qu’il est prévu de baguer des éléphants, des élands et autres grands mammifères pour les suivre par satellite.

En outre, un Réseau de zones protégées comprenant une modification des frontières du parc devrait être discuté au niveau ministériel.

« Notre objectif est qu’un grand nombre de Sud-Soudanais aident à préserver ces merveilles de la nature. Ainsi, les femmes et les hommes pourront gagner un peu plus d’argent, acquérir de nouvelles compétences, envoyer leurs enfants à l’école et obtenir des soins de santé de qualité », explique Balázs Horváth, Directeur de pays du PNUD au Soudan du Sud.

Au bout du compte, les revenus générés par les activités du parc devraient profiter aux communautés. À cette fin, la Wildlife Conservation Society et le ministère ont récemment organisé une série de réunions et de consultations avec des groupes locaux pour les sensibiliser aux effets de la protection de la nature sur leurs moyens de subsistance et les inciter à faire de l’écotourisme.

« Les trois piliers du projet (renforcer les capacités du ministère de la Préservation de la faune et du tourisme, améliorer la protection d’importants parcs nationaux et financer durablement les initiatives écologiques) permettront de préserver la faune exceptionnelle du pays et les modes de vie ruraux », estime Paul Elkan, directeur de la Wildlife Conservation Society au Soudan du Sud.

Source : Site du PNUD


Ushahidi, un logiciel africain au service du peuple

Les membres d’Ushahidi souhaitent avant tout que leur outil se propage dans le monde entier et serve les sans-voix.

Au Kenya est née en 2008 une plate-forme qui se répand désormais dans le monde entier. Ushahidi, qui veut dire « témoignage » en swahili, est un logiciel mis en place pendant les violences post-électorales de 2008, et qui permet à tout le monde d’envoyer des informations par sms ou courriels sur des crises, des catastrophes naturelles, ou durant des périodes électorales. Les informations sont rassemblées sur des cartes accessibles sur le site, qui a gagné ses lettres de noblesse lors du tremblement de terre en Haïti.

Ils déambulent entre les chemins marécageux du bidonville de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. GPS dans une main et questionnaire dans l’autre, ils s’arrêtent à chaque clinique privée, point d’eau ou dépôt d’ordures du quartier Soweto ouest. « Là, nous sommes près du chemin de fer, explique Douglas Namale. C’est important de relever les points d’ordures pour informer la population sur les dangers sanitaires. En se référant à notre carte, ils savent que ces endroits sont à éviter ».

Cette jeune équipe de volontaires récoltent depuis plusieurs mois des données sur la santé, l’éducation ou la sécurité et, via le logiciel Ushahidi, rassemblent toutes ces informations sur des cartes, accessibles sur le site, mapkibera. Leur organisation, « Voice of Kibera  » (voix de Kibera) est un des exemples nombreux d’utilisation de ce logiciel, créé en 2008, par une avocate kenyane, Ory Okolloh vivant en Afrique du sud.

A l’origine, il s’agissait de cartographier en temps réel les incidents qui avaient lieu durant les violences post-électorales de 2008 au Kenya, via des informations envoyées par sms ou courriels par les citoyens. Depuis, l’initiative s’est répandue et a provoqué l’intérêt de nombreuses organisations, des médias (Al Jazeera) et des ONG dans tous les coins du monde, Afrique du Sud, Gaza, et dernièrement, le tremblement de terre en Haïti où les ONG se sont beaucoup référées aux cartes d’Ushahidi pour venir en aide aux victimes.

« Nous voulons faire participer les habitants de Kibera, qui sont trop mis de côté dans la vie citoyenne, explique Regynnah Awino, volontaire comme Douglas. Si de nouvelles violences surgissent, nous serons capables d’informer la population grâce au réseau que nous mettons en place actuellement. Si des maisons brûlent à Laisanaba (quartier de Kibera), nous pourrons mettre en ligne l’information après l’avoir vérifiée grâce à nos contacts sur le terrain ».

Dans un immeuble moderne de la rue Ngong, l’équipe d’Ushahidi organise de plus en plus souvent des rencontres avec des ONG ou des consultants qui ont entendu parler de l’initiative et qui réfléchissent à la manière de l’utiliser. « C’est révolutionnaire, admet Alun Mac Donald, porte-parole d’Oxfam. Cependant, nous nous interrogeons pour l’instant sur la vérification de toutes les informations qui pourraient nous parvenir. En temps de crise, il ne faudrait pas que l’aide se dirige prioritairement vers les zones où les gens ont accès à internet et donc ont les moyens d’alerter sur la situation. D’autres zones moins couvertes peuvent avoir besoin d’une aide plus urgente ».

Pour Erik Hersman, cofondateur d’Ushahidi, le logiciel doit pouvoir être utilisé librement par tous ceux qui le souhaitent, car « c’est un moyen de contourner les canaux traditionnels, médias, gouvernement ou agences humanitaires qui parfois font de la rétention d’information ».

Les membres d’Ushahidi ne cherchent pas à s’étendre, à devenir une grosse entreprise, ils souhaitent avant tout que l’outil puisse se propager dans le monde entier et servir les sans voix. « Bien sûr, je me sens fière que cette idée soit née au Kenya, en Afrique, explique Rebecca Wanjiku membre de la plate-forme. Même s’il a fallu une grave crise dans mon pays pour qu’elle puisse surgir, j’espère qu’elle servira à d’autres pays, et pourra s’étendre à des problématiques de temps de paix, comme l’accès aux médicaments ».

Source : Rfi.fr