keitamamady

Génération consciente : le rap comme je l’aime

The Underachievers Source official Facebook
The Underachievers Source official Facebook

Ils n’ont certainement pas encore acquis la stature de Mega star comme Jay z, Kanye West ou encore Lil Wayne, pourtant leurs visions, les messages qu’ils portent haut, celui dont-ils se font porte-parole interpellent à plus d’un titre, de par la précision et la pertinence. Vous l’aurez sans doute compris je parle à une exception près de ces nouveaux venus dans l’univers assez turbulent du « Rap-Game ».

Ces rappeurs font certainement partie de ces artistes qui démontent les préjugés selon lesquels « le rap n’est rien de plus que la musique du diable, de la dérive, de Satan … » et que sais je encore ?

Et oui ces artistes inspirent à travers leur art. je vous propose cinq titres pour explorer l’univers de quelques uns de ces rappeurs qui font réfléchir; par la pertinence des thèmes qu’ils abordent dans les titres ci dessous. Êtes vous prêt pour cette nouvelle ballade musicale ? Alors c’est parti …

« The Proclamation » est le cinquième clip vidéo du groupe de rap basé à New York « The Underachievers ». Dans cette chanson que j’aime qualifier subjectivement peut être, de chef d’œuvre, Issa Dash et AK les deux membres de ce jeune groupe nous amènent dans leur univers. Il est aussi question de transformer les échecs et les douleurs quotidiennes en « énergie positive » et cela même si parfois le reste du monde se débat pour vous mettre « les bâtons dans les roues » et vous persuader que vous ne pourrez rien accomplir de grandiose dans la vie …

https://www.youtube.com/watch?list=RD02DUvFlKfEgpk&v=no0AKCKVd20

Il est certainement l’une des plus grandes révélations de ces trois dernières années dans l’univers du Rap-game américain. Celui dont je vous parle fait partie de cette courte liste de rappeurs qui n’ont pas eu besoin d’un surnom ou encore d’un nom d’artiste puisqu’à l’état civil aussi il porte le nom de Kendrick Lamar. Le jeune rappeur de 26 ans, originaire de Compton une banlieue de Los Angeles a déjà à son actif deux albums, et pas moins de six mixtapes. Le titre que je vous propose d’écouter est « No make up ». Dans cette chanson Kendrick Lamar aborde la question des produits cosmétiques qu’utilisent les femmes. Pour lui elles n’ont pas besoin de maquillages et de tous ces artifices pour être « belle » ou « sexy ».

Kendrick Lamar considère les imperfections que les femmes dissimulent à travers leurs maquillages comme une bénédiction provenant du paradis. Voici pour vous « No make up » extrait de l’excellent « Section 80 » le premier album de Kendrick Lamar.

La troisième chanson que je vous propose est « Waves ». Elle est extraite de la première mixtape « 1999 » de Joey Badass jeune MC de Brooklyn membre du collectif Pro Era. Joey nous amène dans son univers où la lutte pour gagner le pain quotidien est un véritable combat de titans. Le jeune MC de 18 ans originaire de Brooklyn (New York) a pour ambition d’améliorer les conditions de vie de sa mère qui l’a soutenue dans tout ce qu’il a entrepris jusque là. Dans cette chanson il explique ne pas vouloir voir ses futurs enfants faire les mêmes erreurs que sa future femme et lui ont commis à bas âge.

Je vous propose ensuite le titre « make my » un extrait de l’album « Undun » le onzième de the Roots. Cet album retrace la vie tragique de Redford Stevens un personnage fictif.

Finissons cette ballade musicale comme nous l’avons commencé avec le groupe de rap « The Underachievers » avec le titre « The Mahdi », Les deux jeunes rappeurs de ce groupe nous rappelle la célèbre phrase de Mahatma Gandhi selon laquelle « il faut être le changement que l’on souhaite voir dans le monde »

J’espère que cette ballade musicale vous a fait plaisir. Vos réactions et commentaires sont les bienvenus. A bientot j’espère.


Ukraine : Chronique d’une nuit animée à Dnipropetrovsk

Crédit Photo: Moulin Rouge
Crédit Photo: Moulin Rouge

Dnipropetrovsk il est 9 heures du soir . Il y a tout juste quelques heures les derniers rayons de soleil disparaissaient absorbés par une nuit tombante qui promet d’être longue, très longue. Après une journée ennuyante derrière les petits écrans de nos ordinateurs, dans notre petit studio étudiant, Lansana mon ami et moi décidions d’aller nous dégourdir les jambes.

A Dnipropetrovsk, lorsque tombe la nuit, les rues surtout ceux du centre ville, les rives du fameux fleuves le Dniepr et les nombreuses boites de nuit s’emplissent de monde venu d’un peu partout.

Pour mon ami Lansana et moi, aller en boite de nuit n’est pas pour l’instant à l’ordre du jour, alors à pas de caméléon nous prenions la direction de « Evropeski Plochade », une grande air qui abrite tous les soirs plusieurs centaines de personnes venu profiter de la brise et souvent savourer les vertus d’une bière.

Après un peu plus de trente minutes de marche, nous y sommes. Presque comme tous les soirs la place en question est pleine à craquer. Entre les jeunes filles très légèrement habillés, tous ces sons qui s’entrecroisent et se succèdent, toutes ces lumières qui scintillent il y a vraiment de quoi laisser en éveil tous nos sens.

Comme nous ne consommons pas d’alcool, Lansana et moi faisions un tour dans le super marché de la place « Evropeski Plochade » pour un cocktail histoire de se rafraichir après une journée presque caniculaire. Nous n’avons même pas le temps d’entamer pleinement une conversation que nous sommes rejoint par un homme la trentaine, à première vue sobre.

-Salut puis je m’assoir près de vous ?

Nous le faisions une place. Il a l’air un peu bavard car après les salutations, ils enchainent successivement plusieurs questions sur notre pays d’origine, les raisons de notre séjour en Ukraine, notre adresse et j’en passe, un peu comme un interrogatoire de police. Après s’être débrouillé à donner une réponse à toutes ses nombreuses questions de façon satisfaisante le jeune homme nous conseille de faire très attention dans cette ville car en tant qu’étranger nous ne seront jamais à l’abri d’escroquerie et d’intimidation avant de prendre congé de nous.

Même pas cinq minutes après son départ nous sommes rejoint par deux hommes à moitié ivres qui à peine arrivés commencent à nous importuner, à nous agacer. Pour éviter les ennuis nous décidions de quitter les lieux. Sur proposition de Lansana nous nous dirigions vers le « Moulin Rouge » l’une des boites de nuit ou discothèque les plus branchés et relativement sure de la ville.

Au « Moulin Rouge » l’ambiance est tout autre. Entre le jeux de lumières et le bruit assourdissant de la basse on a de quoi s’éclater, mais aussi une ambiance du genre celle qui vous fait oublier le reste du monde avec tous ces problèmes, toutes ces injustices, toutes ses guerres et que sais je encore ?

Crédit photo : Moulin Rouge
Petite vue d’une des pistes de danse. Crédit photo : Moulin Rouge

A l’intérieur du Moulin Rouge j’ai compté au total trois pistes de danse. Parmi elles celle qui a le plus retenu notre attention est celle ou on joue de la musique rap et quelques tubes dancehall. On y joue du rap américain, du rap russe et ukrainien essentiellement. Cette piste de danse nous a le plus intéressé car nous sommes et avons toujours été des fans de cette musique. Elle nous est plus familière et on la préfère en l’absence des tubes de coupé-décalé, de zouglou, de rumba, de zouk et de que sais je encore.

Juste quelques minutes après avoir commencé à danser, à bouger sur le tube « black and Yellow » du rappeur Wiz Khalifa, mon ami et moi sommes assiégés par deux filles une blonde et une brunette.

-Tu bouge bien hein… c’est quoi ton nom ? me souffle la brunette à l’oreille.

Pendant ce temps Lansana et la blonde était déjà au comptoir. Qu’étaient -ils entrain d’y faire me demandais je tout bas ?

La réponse je n’allais pas tarder à la connaitre. Car la brunette qui m’a dit qu’elle s’appelait Anna me demandait à son tour de faire un tour au comptoir, elle avait soif m’expliquait-elle. Sur place elle demandait au gérant deux whisky Cola.

-Quoi… un whisky Cola ? demandais je surpris, étonné.

Elle m’a expliqué que le second était toujours offert pas le « Moulin Rouge » . Elle m’expliqua qu’il fallait que je paye après qu’elle ait fini de boire les deux boissons. J’ai directement compris que Anna était le genre de fille qu’il vaut mieux ne jamais rencontré dans sa vie. Celle qui ne vous demande de payer que quand elle a finit de consommer. Celle qui ne se rappelle que son porte feuille est vide que quand elle a finit d’utiliser ou d’user la marchandise.

Peu de temps après avoir fui Anna, je revoyais mon ami Lansana revenir vers moi avec un visage inquiet. Que s’était-il donc passer ? Je n’allais pas tarder à le savoir.

-Dis donc je viens de perdre ma casquette. S’écriait-il

-Quoi ? c’est incroyable ça, comment c’est arrivé ?

-Je dansais avec une fille quand elle a prit ma casquette et à profiter d’un moment de distraction pour disparaitre …

Malgré tous ces imprévus notre virée en nightclub ne faisait que commencer car il n’était encore que deux heures du matin. Affaire à suivre.

A bientôt j’espère pour la suite de mes aventures et mésaventures.


Ukraine : Les étudiants subsahariens et le dilemme du ramadan

communauté musulmane
Communauté musulmane source Flickr.com

Il y a juste quelques jours, a débuté Le mois saint de ramadan. Une occasion pour tous les musulmans de se rapprocher un peu plus de Dieu d’implorer sa grâce mais aussi et surtout son pardon pour tous les pêchés commis. En Ukraine depuis à peu près deux ans, ce mois saint qui est certainement le plus important du calendrier musulman coïncide avec la période des vacances universitaires.

Pour les étudiants expatriés particulièrement ceux originaires d’Afrique subsaharienne la période des vacances universitaires est le seul moment où l’on peut monter une troupe artistique, décrocher un job d’ouvrier dans un chantier de construction ou une usine, ou encore pour les plus chanceux se faire embaucher comme barman ou vendeur dans un marché; des travaux à plein temps plus ou moins bien rémunérés qui permettent d’économiser des sous cela dans l’optique de la préparation de la rentrée universitaire prochaine prévue très souvent en début septembre.

Comme vous l’imaginez travailler dix heures d’affilés parfois jusqu’à six jours par semaine dans un chantier de construction, une usine, un bar ou un maquis s’avère totalement incompatible avec le jeûne qui est l’élément qui caractérise le plus le mois saint de ramadan.

Alors la période des vacances universitaires; seul moment de l’année où les étudiants peuvent travailler à plein temps qui coïncide avec le mois saint de ramadan certainement le plus sacré et le plus important du calendrier musulman pose toujours un sérieux problème aux étudiants musulmans surtout les plus défavorisés, ceux qui sont le plus dans le besoin.

Un véritable dilemme. Une situation qui offre des solutions qui ont tous la spécificité de ne pas être satisfaisante. Que faire ? Travailler, ne pas jeûner ? ou jeûner, ne pas travailler même si dans ce cas l’ouverture universitaire prévue le premier septembre prochain peut parfois être très difficile ? Quand aux conditions de travail, elles sont tellement difficiles qu’il est vraiment très pénible de travailler dans un chantier et de faire le ramadan.

Un chantier de travail Source : Mamady K.
Un chantier de travail Source : Mamady K.

Face à cette situation difficile chacun à ses priorités, Il faut dire que chaque étudiant à ses particularités. Moussa Doumbouya est originaire du Mali; interrogé cet étudiant de l’université d’architecture d’Odessa m’explique avoir choisi de faire le ramadan.

« Le jeûne fait partie des cinq piliers de l’islam. A mon avis le plus important n’est pas de crier à la face du monde que l’on est musulman mais il s’agit plutôt de s’acquitter de ses devoirs, de ses obligations parmi lesquelles figure en bonne place le jeûne. Je me suis préparé j’ai fais des économies toutes l’année scolaire, je réduis mon train de vie les onze autres mois pour être au rendez vous du mois saint de ramadan. Pendant le mois saint je reste enfermer parfois dans ma chambre toute une journée pour éviter la tentation car le mode vestimentaire exhibitionniste des gens ici n’est pas favorable aussi au jeûne. C’est cela aussi le mois de ramadan en Ukraine : beaucoup de sacrifice … » m’explique Moussa qui conclut « Quand j’étais à Bamako je faisais entièrement le ramadan malgré que ce n’est pas facile ici je veux continuer à garder cette tradition ».

Ibrahima un autre étudiant a quand à lui décrocher un job dans un chantier de construction il travaille neuf heures par jour.

 » Je ne peux pas faire le ramadan avec les conditions difficiles de travail auxquelles je suis confronté et surtout la chaleur caniculaire qui sévit ici en ce moment. Lorsque j’étais en Guinée, j’étais très enthousiaste avec l’arrivée du ramadan mais ici je ne peux pas du tout faire le jeûne. Surtout que je dois moi même me nourrir dans ce pays, payer mes études, payer mon loyer, me soigner quand je tombe malade etc …c’est pourquoi il me faut ce travail moi, c’est une question de survie » conclut t-il très émut.

Ils sont aussi quelques uns cette fois peu nombreux à résister à toutes les contraintes du travail ainsi qu’à la chaleur caniculaire pour faire le jeûne du mois de ramadan. Quoiqu’il en soit il faut faire montre d’une immense témérité pour faire partie de ce dernier groupe.

Et vous quelle est votre opinion sur ce sujet ? Vos commentaires et réactions sont les bienvenus.

A bientôt j’espère.


Législatives Guinéennes : Enfin une lueur d’espoir à l’horizon ?

July07KeitaMamadyLégislativesGuinéennesEnfinunelueurdespoiràlhorizon.
Le Palais du Peuple siège de l’Assemblée nationale Guinéenne Wikimédia Commons

Ouf ! ils l’ont enfin signé. L’accord politique global qui se faisait attendre depuis des lustres a enfin été signé le 3 juillet dernier à la satisfaction générale. Un accord qui permet au pays de respirer enfin, de mettre fin au cycle de violence qui était presque devenu quotidien dans certains quartiers de la capitale Conakry.

Cet accord qui est le fruit d’un mois de concertation et de dialogue entre pouvoir et opposition sous l’égide de la communauté internationale vient définitivement mettre fin au blocage autour de l’organisation des élections législatives. Pourtant, ce scrutin censé doter le pays d’une Assemblée Nationale devaient se tenir au cours des six premiers mois après l’investiture du président Alpha Condé le 21 décembre 2010. Faute de consensus au sujet de l’opérateur technique sud-africain Waymark, chargé de la révision du fichier électoral, et accusé de partialité par l’opposition, le scrutin a sans cesse été reporté.

Aujourd’hui les guinéens peuvent enfin soupirer et se réjouir d’avoir vu pour une fois leurs leaders politiques prendre conscience de leurs responsabilités en signant cet accord qui prévoit entre autres des élections législatives dans les 84 jours suivant la signature. Mais aussi ce document historique confirme l’opérateur sud africain Waymark pour le recensement des électeurs. Par ailleurs il est aussi prévu le vote des guinéens de l’extérieur dans les termes et même conditions que la dernière présidentielle. Quand aux deux parties (pouvoir et opposition) ils se sont engager à prendre les mesures d’apaisement nécessaires favorable à l’organisation inclusives, libres, transparentes dans le respect des règles et principes de l’état de droit.

Partout où la question a été évoqué c’est la joie, le soulagement et l’espoir de voir enfin le pays passé fièrement ce cap de ces législatives. Une joie qui ne m’empêche pas d’être prudent car le plus dure reste à venir, je pense à la phase d’application de cet accord qui a trop longtemps été attendu. C’est pourquoi je lance un appel à la responsabilité et aux respects des engagements à l’endroit de l’ensemble de la classe politique guinéenne. Non seulement notre pays vient de loin, mais il lui reste encore pas mal de chemin à parcourir, pas mal d’obstacles à franchir, pas mal de bataille à gagner. Je pense aux batailles de la démocratisation, de la lutte contre la pauvreté, de l’électrification etc … Cependant pour gagner toutes ces batailles le pays à non seulement besoin de paix, de stabilité mais aussi de tous ces fils et filles.

Quand à la communauté internationale qui s’est investit pour faciliter le dialogue entre les différents acteurs j’espère qu’elle veillera aux respects des termes de cet accord pour ne plus que le pays connaissent le cycle de violence meurtriers qui a précéder la signature de ce document historique.

A bientôt chers lecteurs et lectrices.


La Crimée, mon stage, le pacte et la tentation

Paysage de la Crimée. Crédit photo Mamady K.
Paysage de la Crimée. Crédit photo Mamady K.

J’étais il y a moins d’une semaine à Kanaka un petit village de la Crimée perdu quelque part en bordure de la mer noire dans le cadre de mon stage pratique. Pour rappel la Crimée est une petite république autonome située au sud de l’Ukraine réputée pour ses sites touristiques, ses plages en bordure de la mer noire… L’objectif de ce voyage qui a duré un peu plus de deux semaines était d’étudier les paysages assez singuliers que présentent ce petit « paradis géologiques », ainsi que l’observation des traces encore visibles de certains phénomènes tels que le volcan, la sédimentation, l’érosion et j’en passe.

Un programme certes chargé mais qui en aucune manière n’a empêcher les fêtards parfois insouciants que nous sommes de profiter du soleil, de la douce brise matinale, et pour finir des spectacles assez pimentés qu’offre les boites de nuits de ce village dans lequel trouver une connexion internet relève d’un véritable casse tête.

« Mais pourquoi te plains tu Mamady quand tu as un peu plus de deux semaines à toi loin de facebook, d’internet et de tous les problèmes du monde, je pense qu’après tout tu ne pourras pas sauver le monde, alors pense plus tôt à toi, à tous ces plages de rêves, à toutes ces beautés qu’il suffit juste d’inviter à danser, à ses paysages qu’on à toujours rêver de voir… alors qu’attends tu pour t’amuser, t’éclater; profitons en mon cher » ne cessait de me répéter mon ami Lansana. Je le trouvais un peu égoïste sur ce coup mais étrangement je savais qu’il n’avait pas totalement tord. Après tout ce n’était que deux semaines.

Un samedi soir après de longues heures de travail en compagnie de quelques amis ukrainiens Lansana et moi sommes sortis nous dégourdir les jambes dans un petit bar. Avec nos amis nous occupions une grande table, et la commande lancée arrivait très vite; de la vodka et de la bière pour nos amis ukrainiens, de la limonade au citron pour Lansana et moi.

En pleine observation sur les hauteurs de Crimée... Crédit Photo : Mamady K.
En pleine observation sur les hauteurs de Crimée… Crédit Photo : Mamady K.

Pendant que nous profitons des douces mélodies qui se succédaient les unes après les autres une jeune et belle demoiselle s’avançait vers notre table et nous faisait des avances. Elle n’hésitait même pas à nous inviter à rejoindre la table un peu plus au fond qu’elle occupait seule dans le bar. Dans son regard je pouvais facilement deviner qu’elle était très attirée par mon ami Lansana.

Lansana mon meilleur ami est du genre pas chanceux en matière de relation sentimentale. Donc cela me faisait vraiment chaud au cœur qu’une si belle fille s’intéresse à lui enfin. C’était la plus belle chose qui lui était arrivée depuis le début de ce stage pratique. Elle s’annonçait, vraiment belle et prometteuse cette soirée me disais-je tout bas.

A la table de la jeune demoiselle, je parlais très peu pour laisser Lansana et sa nouvelle conquête faire connaissance. La conversation m’avait l’air très intéressante car les sourires fusaient de toute part. J’étais vraiment très heureux pour Lansana jusqu’au moment où la jeune demoiselle était sur le point de donner de la vodka et de faire fumer du Narguilé à mon ami Lansana après le refus de ce dernier. Elle était à moitié saoule. Elle insistait tellement qu’elle était sur le point d’arriver à ses fins. Face à la jeune fille, mon ami se sentait tellement impuissant qu’il était sur le point de violer le pacte qui le liait à son père. Un pacte dont il m’avait toujours parler avec beaucoup d’émois.

En effet, il y a deux ans lorsque Lansana était prêt pour s’envoler en direction de l’Ukraine son père avait réuni toute la famille et avait prodigué des conseils à son fils, des conseils qui avaient été suivi par un pacte dans lequel Lansana jurait à la famille d’être sage dans son nouveau pays d’accueil ainsi que de s’interdire la consommation de l’alcool, du tabac etc… Pour le vieux Kourouma père de Lansana on n’a pas besoin de ses substances pour être heureux ou se sentir bien dans sa peau.

Face à cette belle demoiselle à moitié saoule, et obsédée par le désir de faire avaler de l’alcool à mon ami, je sentais ce dernier de plus en plus faible et impuissant. Je suis sure qu’il était sur le point de céder. Je le prenais par la main pour m’entretenir avec lui.

Image Keitamamady2
Crédit Photo : Mamady. K

-Tu sais qu’il n’est pas question que je te laisse faire plaisir à cette ga*ce…lançais je énervé.

-Je suis sure que si je ne bois pas et fume son narguilé, je peux dire au revoir à la première fille que j’ai séduis en Crimée …

-Tu crois que tu l’a séduis ? Tu crois qu’elle t’aime ? Franchement je crois que non. Elle est loin d’être attirée par toi; par celui que tu es. Je dirai qu’elle est plutôt attirée par le soulard qu’elle voudrait te voir devenir. Pour le moment « le Lansana » que moi je connais vaut mieux et mérite mieux que cela. Tu m’as toujours expliqué que ton père est la personne que tu admires le plus au monde. Penses tu qu’il sera fier de toi en apprenant tu n’as pas assez de force pour dire non; quand il le faut, quand on veut que tu empruntes un chemin que tu as toujours rejeté et que tu n’as pas choisi. Allez vient mon cher on va aller terminer notre Limonade.

J’ai beaucoup d’amis qui n’ont pas eu la force de dire non aux vices au moment où il le fallait. Quelques années plus tard c’est le cœur plein de chagrins qu’on apprend qu’ils sont devenus des accros à tel ou tels autres substances… Je pense que parfois il suffit simplement d’être fier, et fidèle à soi même, à ce que nous sommes. Je pense qu’il est parfois nécessaire que l’on se demande qu’est ce que nos parents qui ont parfois tous sacrifier pour que nous soyons où nous sommes penserait de tel ou tel autre décision que nous sommes amenés à prendre tout au long de nos séjour loin d’eux.

Mes amitiés. A bientôt chers amis lecteurs et lectrices.