Le Petit Kettinois

DJ Arafat, victime des réseaux sociaux?

Le 12 août 2019, la Côte d’Ivoire apprenait incrédule la mort de sa star du coupé-décalé. Ange Didier Houon, dit « DJ Arafat », tirait sa révérence à la suite d’un tragique accident de moto. Dans la foulée d’un hommage national, des actes de vandalisme et de profanation de la tombe de l’artiste seront commis. Quelle est la responsabilité des réseaux sociaux ?


Que vive le cinéma ambulant en Afrique !

En Afrique, le cinéma ambulant a longtemps joué un important rôle de promotion du film noir, et pas seulement. Aujourd’hui, ce beau projet, en grande partie porté par les missionnaires religieux et l’Association Cinéma Numérique Ambulant, tend à disparaître. Au travers de mon souvenir d’enfance, je démontre toute la nécessité de continuer à faire vivre ce projet humaniste.

« La solution », une projection du cinéma ambulant

Des fois, des détails de mon jeune passé refont surface de manière assez curieuse. Cette fois, a surgi de nulle part le souvenir heureux d’un film de mon enfance. Il s’agit du film d’évangélisation intitulé « La Solution ». Je précise, il n’a carrément rien à voir avec le prétentieux slogan de campagne d’un personnage politique ivoirien.

Ce film, tous les gamins des années 2000 de mon quartier d’alors de Bouaké – ville de Côte d’Ivoire – le connaissent très bien. La nuit tombée, dans l’une des nombreuses ruelles sombres du quartier, il avait été projeté sur un vulgaire tissu blanc.

Mon esprit d’enfant avait été marqué par deux choses. D’abord, l’excellent jeu de rôle d’un personnage du film appelé « Nato ». Pourquoi ? Prenant très au sérieux son rôle de féticheur-épouvantail, « Nato » avait contribué à me donner un esprit fertile et alerte à chaque fois que je devais m’engager dans une pénombre. Lol, pauvre enfant que j’étais !

La seconde chose est que j’avais été admiratif de ces gens qui assemblaient le matériel de projection du cinéma ambulant. J’avais été marqué par le fait qu’ils offraient, à ciel ouvert, un spectacle cinématographique entièrement gratuit. Un rare spectacle qui avait permis à de nombreux autres enfants et leurs parents de bénéficier, le temps d’une soirée, d’une des grâces de la télé. Car pour ne rien manquer de l’événement annoncé, plusieurs habitants des villages périphériques non électrifiés avaient spécialement fait le déplacement.

Que d’émotions et de spiritualités partagées ce soir-là !

Quel est le sort du cinéma ambulant aujourd’hui ?

A l’heure de ces souvenirs qui m’ont arraché de fous sourires, j’ai eu l’envie de revisiter la production. Quelques clics vite fait sur Youtube m’ont permis de savourer le nectar cinématographique de mon enfance.

La solution, un film de production ivoirienne. Ici traduit pour les besoins du public Haïtien

Au fil des séquences du film, mon esprit d’antan, seulement vieilli de quelques années, ne pouvait s’empêcher de s’interroger. Qu’est devenu le cinéma ambulant diffuseur de belles émotions ? Pourquoi ce film m’avait-il autant marqué ? Pourquoi bon nombre des récentes productions n’ont pas le même effet de séduction sur moi ?  Autant de questions auxquelles je crois maintenant avoir un soupçon de réponse.

Premièrement, le développement du numérique et la facilité d’accès aux contenus vidéos fait croire en l’inutilité du cinéma ambulant. Mais en réalité, c’est à tort que cette pensée se développe et empêche ce genre d’initiatives. Parlant de l’Afrique, malgré l’essor du digital, il ne faut pas oublier que le continent reste encore sous éclairé. Environ 640 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, à fortiori aux grâces des productions cinématographiques. Ainsi, il faut reconnaître que le cinéma ambulant a toute sa place. Car il est aussi un outil de promotion des films locaux, notamment africains. Et, même si toute l’Afrique venait à être électrifiée, rien ne remplace ces moments collectifs de partage d’émotions, en dehors des salles payantes de cinéma.

Deuxièmement, si cette expérience de cinéma ambulant m’avait autant marqué, c’est sûrement à cause de l’excellente qualité du film projeté. Bien qu’aujourd’hui vieux de plusieurs décennies, le film de mon enfance est comme intemporel. Il n’a rien perdu de son charme, de son actualité et de sa profondeur en instruction. Richesse proverbiale, mise en avant de la culture, discours structuré et bien articulé des acteurs démontrent clairement le sérieux et le professionnalisme de l’équipe de réalisation. Un exemple à copier pour les jeunes générations africaines de réalisateurs. La plupart des récentes productions, certes belles visuellement, manquent cruellement de scénarios cohérents.

Clin d’œil au cinéma ivoirien

Ce souvenir des pages de mon enfance me permet de rendre hommage à de belles productions cinématographiques de Côte d’Ivoire. De mon avis, elles sont comme le bon vin qui se bonifie avec le temps. Cela me permet d’évoquer l’année 1968, considérée par beaucoup comme l’année de naissance du cinéma ivoirien. Cette année-là a vu le jour « Sur la Dune de la Solitude », un film écrit et réalisé par Timité Bassori, jeune ivoirien à l’époque.

Depuis lors, de fabuleuses productions rythment et influencent encore aujourd’hui le quotidien de plusieurs milliers d’ivoiriens. Qui ne se rappelle pas du film série dénommé « SIDA dans la cité » ? Un film de sensibilisation sur la maladie de l’immunodéficience. Qui d’autre n’a pas le souvenir du film « Bal poussière, 1989 », « Au nom du Christ, 1993 », « Le sixième doigt, 1990 », « Run, 2014 », « Caramel, 2005 », « Adanggaman, 2000 », « Roues libres, 2002 », « Bronx Barbès, 2000 »,  et j’en passe. Personne ! Ils sont comme faisant partir de l’identité même de l’ivoirien, tant leur renommée demeure grande.

En somme, retenons que le cinéma ambulant doit continuer d’apporter sa pierre à la promotion cultuelle, surtout en Afrique. Quand l’on sait toute l’influence que le cinéma a sur les masses, il faut encourager ce genre d’initiatives et la diffusion de films africains. Car, mine de rien, la production cinématographique est le fruit de la conception spirituelle et philosophique d’un peuple, d’un continent. Sinon quoi, nous peuples africains, très ouverts au monde (ce qui n’est pas mauvais en soi), risquons l’acculturation totale.

Tout ce que je souhaite au travers de ce billet, c’est que brille davantage le cinéma africain ! Et que vive le cinéma ambulant ! Avec peut-être un meilleur modèle de diffusion, qui contribue à la rémunération des ayants droits des films. Comme le fait si bien l’Association Cinéma Numérique Ambulant (CNA).

Trêve de bavardage, merci de m’avoir écouté ! J’ai bien fait mon cinéma !

« Le cinéma n’est pas un spectacle, c’est une écriture. » Robert Bresson


Dix (10) qualités qui font le grand leader, selon Thierry Tanoh

Pour le gala marquant ses 30 années d’existence, la JCI Abidjan Ivoire a vu grand. L’homme politique, l’économiste et ex-étudiant d’Harvard, Thierry Tanoh, a été invité à prononcer un discours sur le leadership. J’ai suivi l’élégant exposé de cet exceptionnel leader. Je vous fais le résumé.

Samedi 06 avril 2019, il est 21h45 en Côte d’Ivoire, à Abidjan, où se tient le gala. Thierry Tanoh, modeste dans son allure, malgré son parcours professionnel et politique exceptionnel, s’installe humblement au pupitre. Après de brefs mots d’usage, il entame son speech.

Dix (10) qualités d’un grand leader

Pour l’orateur, « le leadership, ça ne court pas les rues ! Etre un leader nécessite d’avoir certaines qualités qui ne se trouvent pas chez certaines personnes.». Il les décline en dix (10) points qu’il explique comme suit :

1- L’honnêteté et l’intégrité

Etre honnête et intègre est une qualité indispensable du leader. Un leader est en général une personne à qui les autres veulent ressembler. C’est pourquoi, dit-il, il est très rare que l’on veuille ressembler à quelqu’un qui n’est ni honnête, ni intègre. Et, précise-t-il, personne n’a envie de suivre dans une aventure quelqu’un de malhonnête.

2- La confiance en soi

Pour l’ex-ministre, les grands leaders sont des gens qui affichent une confiance en eux. Une confiance en soi sans que cette confiance ne devienne une arrogance vis-à-vis des autres. Ainsi, en général, les gens préfèrent suivre quelqu’un qui démontre une certaine assurance dans ce qu’il dit et ce qu’il fait.

3- Une source d’inspiration

Un leader est une personne qui arrive à inspirer. Dans les situations critiques, quand la tension monte, le leader est celui dont tout le monde a besoin.  En fait, selon l’orateur , c’est quelqu’un qui met en confiance et qui pousse à se surpasser.

« Si vos actions inspirent les autres à rêver plus, apprendre plus, faire plus et devenir plus, vous êtes un leader », John Quincy Adams.

4- L’engagement et la passion

Un leader est une personne qui montre l’exemple en donnant le meilleur de lui-même et en travaillant avec conviction. Il montre de l’engagement et de la passion dans ce qu’il fait. Il transmet ainsi sa passion aux autres et les pousse à donner le meilleur d’eux-mêmes.

5- La communication efficace

Selon Thierry Tanoh, le leader est un grand communiquant. Il doit arriver à clairement communiquer sa vision à ses collaborateurs. Car, il serait extrêmement difficile aux personnes de suivre s’ils ne comprennent pas le but poursuivi. Aussi, aujourd’hui, le leader doit tirer avantages des TICs et des médias sociaux.

6- La prise de décision

Un leader, c’est une personne qui sait prendre des décisions. Suivant l’expérience de l’orateur, « il y a les bonnes décisions et les mauvaises décisions. Mais, il n’y a rien de pire que pas de décision ». Un leader, c’est quelqu’un qui arrivera toujours à prendre une décision en ne tergiversant pas.

7- La responsabilité

Un bon leader, est une personne qui est comptable de ce qu’elle fait. Le leader assume donc la responsabilité de ses actes. En général, il accepte de prendre un peu plus de responsabilités quand les choses vont mal et un peu moins quand tout va bien. Ceci, pour ainsi faire la part belle à ses collaborateurs en temps favorable.

« Un bon leader, prend un peu plus que sa part de responsabilité, un peu moins que sa part de crédit », Arnold H. Glasow.

8- L’aptitude à déléguer

« On a souvent tendance à nous-même tout contrôler », affirme Thierry Tanoh. Arriver à déléguer, c’est donner une partie de ses responsabilités à d’autres personnes. C’est une chose qui se travaille et qui n’est pas instinctif. Il faut encourager les collaborateurs à prendre des responsabilités et les soutenir afin qu’ils les réussissent.

9- La créativité, l’innovation et la prise de risques

Comme une parfaite explication de ce point, l’ex pensionnaire d’Harvard cite l’égérie de Apple,  sans plus rien y ajouter.

« L’innovation est ce qui distingue un meneur d’un suiveur ». Steve Jobs

10- L’empathie

Le leader doit montrer à son équipe une certaine proximité et une certaine compréhension quant à leurs préoccupations. Ainsi, il doit témoigner aux autres du respect et de la considération dans leur entité humaine.

Si vous réunissez tous ces dix (10) ingrédients, pour Thierry Tanoh, vous avez toutes les qualités pour être un grand leader.

Cependant, en guise de conclusion, ajoute-t-il, le bon leader est nécessairement placé à une position de leadership. A cette position, il produit des résultats car il sait installer les bonnes personnes aux bonnes places. Ainsi, le bon leader continuera aussi d’inspirer admiration et respect.


La calebasse du boss ou l’obésité abdominale masculine : signe d’aisance ou alerte de santé ?

Bien souvent, l’embonpoint masculin fait apparaître une bien curieuse forme à l’abdomen. En Côte d’Ivoire, on l’appelle « la calebasse du boss ». Mais contrairement aux idées reçues dans le pays, avoir la calebasse ou être obèse n’est pas toujours d’un bon présage.

Le boss et la calebasse

En Côte d’Ivoire, l’emploi du terme « boss » est monnaie courante. Du débrouillard des villages ou des villes au haut cadre de l’administration, tous aiment à adopter ce terme. La raison est simple. Dans le pays, on lui accorde une compréhension bien particulière.

Dans le milieu professionnel, bien entendu, le terme « boss(e) » désigne le/la chef(fe) ou le/la supérieur(e) hiérarchique. Cependant, dans le langage usuel ivoirien, on appelle « boss », l’individu mâle supposé appartenir à la classe moyenne émergente.

En clair, quand on t’appelle « boss » en Côte d’Ivoire, c’est que tu sembles avoir dépassé le stade de l’extrême galère. Tu sembles satisfaire tes besoins primaires. Tu t’habilles mieux, tu te loge mieux et tu manges mieux. En fait, cela signifie que tu travailles, tu gagnes de l’argent et que tu peux résoudre bien des problèmes de la grande famille et de tes amis.

Et pour le citoyen lambda, le signe apparent et évident du changement de statut social, ce sont les rondeurs qu’affiche le boss. Il a les joues bien arrondies et luisantes au soleil. Surtout, à la place du ventre, comme avec fierté, le boss arbore une belle et grosse calebasse qu’il apprécie caresser.

La calebasse, en Afrique de l’Ouest, c’est un fruit épais vidé et séché qui sert de récipient ou même d’instrument de musique. Elle a la forme concave ou ovale. La calebasse permet de caricaturer le ventre bedonnant du boss.

Une calebasse à problèmes…

Parce qu’un individu affiche des joues et un ventre joyeux, on le range dans la classe sociale des gens aisés. Et ainsi, autour de cette personne, la société construit un château de sable.

Pourvu qu’il porte des vêtements propres et soignés, on accordera au boss respect et considération. Ceci, pour le transformer en une vache à lait. Presque à chaque fois qu’il sera appelé « boss », il devra sortir les feuilles de banque pour maintenir le statut social (réel ou apparent) qu’on lui prête. Alors qu’en clair, « la calebasse du boss » peut être le signe évident d’un malaise de santé chez l’homme : l’obésité.

L’obésité, on le sait tous, est la prise d’un surplus de poids dû à une surabondance de graisses corporelles. Alors que chez les femmes, la graisse est de répartition gynoïde (hanches, cuisses essentiellement), chez l’homme l’embonpoint se manifeste autrement. La prise de graisse s’accumule le plus souvent au niveau de l’abdomen. Ainsi, apparaît et se développe la calebasse du boss. Et, avec la prolifération des fast-foods, en Côte d’Ivoire comme ailleurs, il est a craindre une augmentation exponentielle d’obèses.

Aux dires des spécialistes de la santé, un ventre bedonnant augmenterait le risque de maladies cardio-vasculaires et de diabète de type 2. Car pour eux, la répartition des kilos définit le risque cardiovasculaire. Une obésité abdominale multiplierait par deux le risque d’avoir une maladie cardiaque dans les dix ans. Selon de nombreuses études, l’élévation du tour de taille augmente le risque d’infarctus du myocarde.

En fin de compte, la fameuse calebasse du boss n’est pas tant que ça le signe d’une aisance sociale. Elle témoigne généralement de mauvaises habitudes alimentaires et d’une hygiène de vie négligée. Des moyens de lutte contre l’obésité abdominale existent. Il suffit juste de les connaître et de se les approprier.

Brisons la calebasse !

Casser la fameuse calebasse du boss n’est pas une mince affaire. Car perdre a toujours quelque chose de particulièrement difficile. Mais avant d’en arriver à sueur et sang, lutter contre l’obésité abdominale doit provenir d’un déclic psychologique. Dans le contexte ivoirien, il faut d’abord se rendre compte qu’un ventre bedonnant n’est pas le symbole d’une bénédiction matérielle. Ensuite, il faut savoir que l’enjeu n’est pas réellement esthétique. C’est une question de santé.

Cela étant acquis, suivant les conseils des spécialistes de la santé, il faut pratiquer une activité physique régulière. À cela, il faut bien se nourrir, sans trop se nourrir. C’est-à-dire avoir une alimentation adaptée, ajouter à ses deux repas des fruits et des légumes. Tout ceci observé sans excès, car on le sait maintenant fort bien que tout excès nuit.

Ces conseils suivis, vous pourrez dire : au revoir la calebasse du boss et bienvenues les tablettes de chocolat !

Bonus pour vous, de courtes vidéos super instructives…

Pourquoi y’a-t-il de plus en plus de gens obèses dans le monde ? 

Comment lutter et prévenir l’obésité ?


Médias sociaux, bons ou mauvais pour la démocratie?

Depuis le printemps arabe et les révolutions populaires au Sénégal et au Burkina Faso, les médias sociaux sont apparus comme des outils de pouvoir. A eux seuls, ils peuvent chambouler la vie sociale et politique d’un Etat. En Côte d’Ivoire, à l’occasion d’une expérience professionnelle au sein de la Friedrich-Ebert-Stiftung, je me suis posé une question sur le sujet. Celle de savoir quelles sont les influences des médias sociaux sur la démocratie.

De mon modeste travail de recherche, j’en ai tiré des réponses aussi bien positives que négatives. Je pense que les conclusions et les recommandations de ce travail peuvent être utiles au-delà de la Côte d’Ivoire.

Pour rappel, dans le pays, le taux officiel de pénétration de l’internet s’élève à 21,96%. Taux à contrebalancer quand l’on sait que le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile est de 27 451 250 abonnés. Soit un taux de 115,26% pour 17 083 416 utilisateurs de l’internet mobile. Et selon l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire, « l’activité régulière des internautes ivoiriens est la consultation des réseaux sociaux à 81%. ».[1]

Influences positives des médias sociaux sur la démocratie

Depuis leur apparition, les médias sociaux ont eu des effets bénéfiques sur l’expression de la démocratie en général. En Côte d’Ivoire, cet impact positif sur le jeu démocratique est à observer à plusieurs niveaux.

  • La facilité d’accès du citoyen à l’information

Ce n’est plus un secret. Les médias sociaux sont devenus une source privilégiée d’information pour les internautes. Et, l’on peut aisément observer que Facebook, Twitter et YouTube sont le trio de tête de la nouvelle information sur l’actualité au détriment des médias traditionnels. Car ceux-ci offrent une solution nouvelle pour toucher le citoyen.

Ainsi, par le moyen du smartphone, les médias sociaux se montrent plus performants que les médias traditionnels pour amener les utilisateurs vers des contenus d’information. En plus, l’accès à l’information est simple et gratuit. Sans attendre, les utilisateurs peuvent avoir accès aux contenus 24H/24.[2]

  • La démocratisation de la parole et la participation au débat public

Les médias sociaux ont libéré la parole. Ils ont permis au citoyen, quelle que soit sa position géographique ou son rang social de participer au débat public, de partager son opinion, d’exprimer ses idées au-delà des clivages partisans et ainsi aider au jeu démocratique dans son pays. Dans tous les domaines de la vie de la Nation, le citoyen a la possibilité de faire entendre sa voix et qu’elle soit prise en compte. Il peut ainsi se prononcer sur les conditions de vie sociale, la gouvernance locale, l’alternance démocratique, etc.

  • Le rôle d’éveil des consciences et de mobilisation sociale

Les médias sociaux de par leur utilisation de plus en plus répandue et de leur dimension planétaire, participent à l’éveil de la conscience démocratique. Les groupes marginalisés ou opprimés peuvent par le biais de ce canal comparer leur situation socio-politique avec celle d’autres peuples et réagir en conséquence. Le printemps arabe et la révolution burkinabé sont des exemples qui viennent à propos. En Côte d’Ivoire, la bastonnade du journaliste-blogueur Daouda Coulibaly a suscité la colère des internautes ivoiriens. Ceux-ci qui n’ont pas hésité en masse à rappeler au gouvernement que la liberté de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes dits démocratiques.

  • L’interaction avec les politiques

Les médias sociaux offrent aux acteurs et aux institutions politiques, ainsi qu’à la population, des possibilités d’interaction novatrice. Grâce aux médias sociaux, la communication n’est plus uniquement verticale. C’est-à-dire de l’institution ou du politique au citoyen. Désormais, la communication est horizontale. Elle permet donc au citoyen de réagir directement à l’information ou au point de vue du politique. Ainsi, pour les politiciens, c’est un moyen privilégié de diffusion de leurs messages politiques. Mais aussi, de découvrir les domaines d’intérêt, les besoins des populations et de constituer des réseaux de soutien.

  • Une réponse à la crise de la représentation

En Côte d’Ivoire, il faut l’avouer, la politisation des débats même sociaux économiques, a conduit les populations à se rebeller contre les autorités publiques en qui ils ont perdu confiance. Désormais, les populations ou les personnes cherchent de plus en plus à se faire entendre par elles-mêmes. Elles outrepassent ainsi les élus et autres autorités administratives pour se faire entendre. Les médias sociaux servent désormais de canal pour remonter directement leurs préoccupations aux hauts gouvernants. Des maternités ont été rénovées, des couveuses pour bébé prématuré ont été obtenues, des travaux de réparation et d’assainissement ont été effectués grâce à l’action interpellatrice directe des populations via les médias sociaux.

A noter tous ces aspects positifs, il ne faut surtout pas penser que les médias sociaux sont la panacée à tout. Et bien au contraire, ils peuvent être eux-même sources de problèmes quand ils sont mal utilisés.

Influences négatives des médias sociaux sur la démocratie

Avec la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011, l’on a observé que les médias sociaux pouvaient servir de bien lugubres desseins. Desseins ayant pour finalité la mise à mal du système démocratique du pays. Divers indicateurs révèlent cette influence négative.

  • Les fausses informations

Le phénomène des « fake news » ou « fausses informations » n’est pas nouveau. Sous la forme de folles rumeurs ou d’informations montées de toute pièce, il a toujours existé dans l’horizon socio-politique ivoirien. Avec les médias sociaux, le phénomène s’est simplement aggravé par la diffusion virale et large qu’elle offre. De plus en plus, la lutte contre les fausses nouvelles s’organise. Car, c’est aujourd’hui un enjeu crucial pour la démocratie.

Les fausses informations peuvent ainsi influer sur l’issue d’une élection par exemple. Le cas de l’implication supposée de la Russie dans l’élection américaine est parlant. Selon Facebook, près de 80 000 messages politiques créés par des acteurs russes ont été vus par quelque 126 millions d’Américains à l’occasion de la campagne électorale de 2016.

  • Le buzz et la viralité de l’information

Sur les médias sociaux, un phénomène nouveau a cours en ce moment. Il s’agit du buzz, c’est-à-dire la course au partage d’une information inédite. Cette technique a le bénéfice de toucher en un laps de temps un nombre important de personnes et susciter une réaction. Mais cette technique à un revers désastreux. Il permet le relais d’informations erronées ou manipulatrices non-vérifiées. Celles-ci peuvent avoir des conséquences irrémédiables.

Twitter puis Facebook sont les champions en la matière. Grâce aux hashtags, retweets et partages, l’information non-vérifiée se répand comme une traînée de poudre. Surtout, qu’à l’ère des médias sociaux, on lit très peu. Les titres et les textes descriptifs sont retenus comme l’information elle-même. En témoigne la chute des ventes des journaux en Côte d’Ivoire[3]. Tout ceci n’est pas sans conséquence sur la vérification des faits et la responsabilité qui caractérise le journalisme de qualité.

  • La manipulation politique et les débats stériles

Sur les médias sociaux en Côte d’Ivoire, il n’est pas rare de voir une information vraie détournée pour servir une cause politique malsaine. De banals faits divers sont commentés pour servir des intérêts politiques au détriment de la paix et de la cohésion sociale. L’irrévérence vis-à-vis des personnalités de l’Etat, les injures gratuites et les attaques personnelles polluent les débats. Elles sont rares les plateformes offrant des débats d’opinions construits et utiles pour la démocratie.

Bien souvent, aidé par les algorithmes des réseaux sociaux, l’internaute demeure dans une sorte de bulle de confort (filter bubble)[4]. Il ne reçoit que les informations proches de ses propres convictions. Ainsi, il ne participe pas vraiment à un débat d’opinion contradictoire. Car, rien ou presque ne le met en face d’un contradicteur, surtout si ce dernier ne veut pas débattre. Or, en démocratie, la discussion libre et le respect de l’opinion de l’autre (même si on ne la partage pas) est fondamental.

  • Les discours haineux, ethnicisés et xénophobes

Presque des conséquences absolues du débat stérile, les discours haineux, ethnicisés et xénophobes sont observables sur la toile ivoirienne. Ils sont de toute évidence liés à un manque criard d’arguments pour défendre les positions. Et, l’anonymat au travers notamment des faux profils encouragent la pauvreté des discussions en ligne. Pire, il favorise une parole plus violente ou davantage d’écarts de conduite sur le web.[5]

On a pu le voir dans la crise post-électorale ivoirienne. Les réseaux sociaux ont servi à exacerber les tensions. Avant, les gens n’avaient pas le courage de dire leur haine en public contre tel groupe ethnique ou tel autre groupe de non-nationaux. Mais avec l’usage des réseaux sociaux, les gens se sont tout permis sans plus se fixer de limites. Ils ont bénéficié d’une large audience de diffusion de leurs messages abjects. Dans une certaine mesure, l’on pourrait dire que les médias sociaux ont joué le rôle de la tristement célèbre « Radio mille collines » au Rwanda. Le résultat, on le connaît fort bien. Plus de 3 000 morts officiellement dénombrés.

  • L’incitation au fanatisme religieux, au crime et à la révolte

Avec l’émergence de l’idéologie religieuse totalitaire en Afrique, de nouvelles menaces à la démocratie ont fait leur apparition sur les médias sociaux. Ces derniers sont utilisés pour promouvoir des idées extrémistes contraires aux valeurs et principes de la démocratie, notamment la liberté de religion. Aussi, des appels au crime et à la révolte pour des convictions politiques ou personnelles sont relayés via les réseaux sociaux. Le cas de l’interpellation par la police criminelle ivoirienne d’un internaute ivoirien appelant « au meurtre des enfants de gendarme » est évocateur.

Les arguments sus évoqués témoignent bien des différentes influences que peuvent avoir l’utilisation des médias sociaux sur la démocratie en Côte d’Ivoire. Elles sont tantôt positives, tantôt négatives.

Quelques recommandations pour améliorer l’usage des médias sociaux

Dans l’intérêt de la société, il convient de faire des recommandations pour profiter des aspects positifs mais aussi juguler les effets négatifs que peuvent avoir les médias sociaux. Je me permets donc de partager mes quelques recommandations.

Aux gouvernants
  1. Veiller à la prise de mesures législatives spéciales liées aux médias sociaux et veiller à leur application effective ;
  2. Renforcer la communication institutionnelle sur les médias sociaux en accordant davantage d’attention aux préoccupations des administrés ;
  3. Impliquer les acteurs clés des médias sociaux dans les activités de communication ;
  4. Prévoir un régime de promotion transitoire de la presse en ligne ;
  5. Eviter la censure gratuite des opinions et la traque des cyber-activistes ;
  6. Eviter de céder à la facilité intellectuelle en taxant l’utilisation d’internet et les médias sociaux ;
  7. Insérer dans les programmes académiques des modules sur l’éducation aux nouveaux médias et à l’information.
Aux organisations de la société civile
  1. Davantage renforcer leur présence sur les médias sociaux ;
  2. Faire l’observation régulière des médias sociaux et rédiger des rapports en ce sens ;
  3. Contribuer à la sensibilisation et à l’information pour une utilisation positive des médias sociaux.
Aux acteurs des médias traditionnels et des nouveaux médias
  1. S’adapter au changement en renforçant la présence des médias traditionnels sur les médias sociaux ;
  2. Résister à la tentation du buzz sans vérification préalable des informations à diffuser ;
  3. Faire preuve d’éthique et de responsabilité lors de la diffusion de contenus ;
  4. Assurer une réelle modération et l’administration des pages et forums en supprimant les commentaires contraires aux principes démocratiques ;
  5. Donner au cyber citoyen les moyens de vérifier les informations reçues ;
  6. Rédiger un manuel d’éthique et de responsabilité du communicateur des nouveaux médias.
Aux internautes
  1. S’auto-réguler en évitant les pratiques contraires à la démocratie ;
  2. S’exprimer librement en respectant les droits des autres ;
  3. Participer utilement aux débats en avançant des arguments construits ;
  4. Signaler les contenus qui paraissent contraires aux principes et valeurs de la démocratie ;
  5. Vérifier les informations reçues avant de les diffuser ou d’en faire l’écho et bien qu’utiles, évitons d’être accros aux médias sociaux.

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Références : 

Pour plus d’infos, retrouvez l’intégralité de notre étude (pages 20 à 29) en cliquant ICI.

[1] Les chiffres clés de l’Internet en Côte d’Ivoire : 22% de la population connectée en 2016, novembre 2016 https://urlz.fr/6R4D

[2] Les réseaux sociaux : un accès à l’information, Offre Digitale, février 2018 https://urlz.fr/6R45

[3] Médias : la vente des journaux a chuté de 17 % en 2017 en Côte d’Ivoire (CNP), Abidjan.net, avril 2018 https://urlz.fr/6T8E

[4] Bulles de filtre et démocratie, Christelle CURCIO, janvier 2017

[5] https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Numerique/Application-Sarahah-dangers-messages-anonymes-2017-08-24-1200871555


Côte d’Ivoire : qui veut être élu(e) ménage sa communication

En Côte d’Ivoire, la campagne électorale pour les élections régionales et municipales est lancée depuis le 28 septembre 2018. Overte pour 14 jours, elle ne laisse presque personne indifférent tant les dieux de la communication se sont invités dans l’arène politique. Promesses mirobolantes, affiches et vidéos séduisantes, bains de foule abracadabrantesques, etc. Autant de faits et d’astuces pour recueillir le suffrage des reines et des rois d’un seul jour : les électeurs.

Ce n’est absolument pas insolite de constater des duels entre des candidats en campagne. Cela s’inscrit dans l’ordre naturel des choses en politique. Ainsi, les élections locales en Côte d’Ivoire ne dérogent pas à cette règle.

Les duels de communication entre candidats

Et comme pour bien faire les choses, certains candidats ou du moins certaines zones électorales en Côte d’Ivoire se sont démarquées plus que d’autres. Les élections pour deux zones stratégiques de la ville d’Abidjan, la capitale économique, déchaînent toutes les passions. Tout d’abord celle de la commune du Plateau et ensuite celle de la commune d’Abobo.

  • L’élection du maire de la commune du Plateau

Pour ceux qui ne le savent pas, la commune du plateau à Abidjan est le centre des affaires. Elle abrite la plupart des institutions nationales, les sièges des banques, des grandes entreprises, mais aussi les sièges de plusieurs institutions internationales. Cette commune est donc d’une grande importance stratégique et économique. Et, pour les élections dans cette zone, deux candidats titanesques s’affrontent.

Le premier est Fabrice Sawegnon, patron du groupe Voodoo communication. Il entend envoûter les électeurs avec ses talents de communicateur. Talents qui lui ont valu son surnom de « faiseurs de rois ». En effet, il a assuré la communication de la campagne présidentielle de personnalités comme Ali Bongo, Patrice Talon, Alassane Ouattara et j’en passe. Son slogan de campagne #AgirAvecLeCoeur est évocateur. Il promet l’assurance-maladie à chaque habitant, des emplois à chaque jeune et de hisser le Plateau au rang de labels comme Paris ou New-York. Pour parvenir à ses fins, il n’hésite pas à sortir le grand jeu. Dans la commune, ses affiches démesurément grandes font de très loin écran à celles de son challenger. Sur internet, il n’hésite pas à se mettre en scène pour séduire.

Fabrice Sawegnon, #AgirAvecLeCoeur

Le second, Jacques Ehouo, est présenté comme le candidat de l’espoir face à celui qualifié de « candidat du pouvoir ». En effet, Jacques Ehouo, jeune député, a été propulsé par son parti dans la campagne après la destitution de l’ancien maire. Ce dernier, juste quelques semaines avant le début de la campagne électorale, a été poursuivi pour une affaire de détournement de fonds. En contre-attaque à la politique de son adversaire, Jacques Ehouo rétorque que les actions qui viennent véritablement du cœur ne font pas trop de bruits. Son slogan et son hashtag sont ainsi trouvés #SansBruit. Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, des habitants de la commune témoignent des actions de leur champion.

Jacques Ehouo, #SansBruit
  • L’élection du maire de lacommune d’Abobo

Abobo est de loin la commune la plus atypique d’Abidjan voire de Côte d’Ivoire. Deuxième commune la plus peuplée après Yopougon, Abobo est qualifiée de commune des « bramôgôs », des « grouilleurs ». Bref, des personnes qui luttent chaque jour pour exister et s’en sortir dans la vie. Dans cette commune, la campagne électorale doit nécessairement se faire autrement. A cet exercice, deux poids lourds se font face. Derrière chaque candidat, c’est une formation politique en scission qui mesure ses forces.

Le premier candidat à présenter n’est nul autre que le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko ou « Hambak » de son surnom. Militant convaincu et officiellement soutenu par le parti au pouvoir, Hambak n’a pas attendu le début de la campagne pour faire parler le lui. En fin stratège, il s’est lancé quelques semaines avant dans la cause dite humanitaire et sociale. Il a commencé par offrir des véhicules aux communautés, des centaines de machines à coudre, des denrées alimentaires, etc. Plusieurs personnes ont également reçu des sommes d’argent pour, dit-on, financer leurs projets. Lui aussi ne reste pas en marge du monde de la communication. Ses affiches, ses vidéos et autres supports démontrent son envie de gagner.

Une vidéo de campagne du candidat Hamed Bakayoko.

Le second candidat, plus modeste dans sa prestance, est un inconnu aux yeux du grand public. Mais à Abobo, il semble être une pop star. On l’appelle Koné Tehfour. Il est qualifié de Soroïste, référence faite à son soutien indéfectible à son mentor Soro Kibafori Guillaume, président de l’Assemblée nationale, ex chef de la rébellion armée et probable candidat aux élections présidentielles de 2020. A entendre ses partisans, Koné Tehfour est leur sauveur. Car semble-t-il, il n’a pas attendu qu’il y ait des élections pour s’intéresser aux populations dites pauvres. Son slogan tiré du langage de rue pratiqué à Abobo et devenu viral traduit justement cette dernière idée : #OnTchounPasAbobo.

Koné Tehfour, #OnTchounPasAbobo.

Elections, ce n’est pas palabre !

Comme dit le proverbe africain, « Même si tu n’aimes pas le lièvre, reconnais au moins qu’il court vite. » Ces jeux de duels de communication entre candidats ont le don de booster la participation des populations à l’action publique. Cela est à saluer.

Cependant, il convient d’alerter sur les fortes passions que déchaînent ces stratégies de communication. On le sait trop bien en Côte d’Ivoire, les passions restent difficiles et peuvent parfois conduire à des actes regrettables si elles ne sont pas vite maîtrisées.

Ainsi, à l’approche du 13 octobre 2018, journée de scrutin, il faut insister sur le fait que les élections ne doivent pas être des sources de violences. C’est pourquoi, les candidats doivent s’abstenir de propos et d’actes de violence comme on a déjà pu le constater.

le duel de communication

Il y a donc lieu d’en appeler à la conscience et à la responsabilité des candidats. Car ils ont la charge d’éduquer leurs partisans à accepter les résultats des urnes. Et à tout le moins, de recourir aux moyens légaux pour se faire entendre en cas de suspicion de fraude.

Car il faut le rappeler, la Commission électorale (CEI) actuelle a été déclarée illégitime et illégale par une décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Sa réforme avait même été présentée comme une condition sine qua non de participation de la plateforme des partis de l’opposition.

Ceci dit, tout de même, nous souhaitons un franc succès à tous les candidats ! Que le meilleur gagne, démocratiquement !


Un concours Génies en Herbe pour promouvoir la lutter contre l’impunité

Le vendredi 20 juillet 2018, a eu lieu à Abidjan la finale du concours génies en herbe sur la justice internationale et les Droits de l’Homme dénommé Open Rights. Il s’agit d’un projet du Centre d’Education pour une Société Durable (Centre ESD) soutenu par la fondation Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) et son partenaire la Représentation de la Cour Pénale Internationale (CPI) à Abidjan. L’objectif affiché du projet était de développer chez les étudiants la culture du Droit pour une promotion durable de la lutte contre l’impunité.

Le concours Génies en Herbe pour sensibiliser les jeunes

Au cours du siècle dernier, ont été commis des crimes qui comptent parmi les pires atrocités de toute l’histoire de l’humanité. La majeure partie de ces crimes est malheureusement restée impunie. Pour prévenir et réprimer de tels actes à l’avenir, plusieurs Etats du monde se sont réunis et ont décidé de la mise sur pied d’une Cour pénale internationale permanente et indépendante. Sa vocation, juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre.

Pour mieux faire connaître cette dernière institution, ses missions et les raisons objectives de sa présence en Côte d’Ivoire aux jeunes étudiants, le Centre ESD et ses partenaires ont tenu à organiser le concours dénommé Génies en Herbe. Il s’agit en fait d’un jeu de questions-réponses sur les thématiques liées au Droit International Humanitaire, aux Droits de l’Homme et à la Cour Pénale Internationale. Une journée de formation sur ces thématiques a été préalablement organisée en vue de renforcer les capacités des équipes participantes.

14 équipes composées chacune de trois personnes dont 2 équipes venues de la ville de Daloa (une ville de l’intérieur du pays) se sont affrontées pour les places en finale. Par une succession de phases éliminatoires, deux équipes se sont magistralement démarquées du lot. Il s’agit de l’équipe « Assemblée des Etats parties » et de l’équipe « ESK », toutes deux venues de la ville des antilopes – Daloa.

Plus qu’un trophée, gagner le prix de la réconciliation nationale

Organisée le jour de la commémoration des 20 ans du Statut de Rome, la finale du concours a vu la présence de M. Nouhoun Sangaré, Représentant/chef de bureaux de la Cour Pénale Internationale en Côte d’Ivoire et au Mali. Cette activité a été pour lui l’occasion de féliciter le Centre ESD pour l’initiative prise et souhaiter un partenariat durable pour toucher un grand nombre de jeunes dans le milieu universitaire.

A l’issue d’un match âprement disputé, l’équipe dénommée « Assemblée des Etats parties » s’est vue couronnée du sacre de champion du concours pour l’édition 2018. Elle a eu droit à un trophée, trois ordinateurs portables, des livres, des t-shirt et 3 mois de stage au Centre ESD.

Mais bien plus que des récompenses, comme l’a rappelé au terme du concours et en guise de conclusion M. Arsène Konan, Directeur Exécutif du Centre ESD, « le concours génies en herbe dénommé Open Rights est aussi une occasion d’aborder les questions de justice internationale afin de décrisper l’atmosphère autour des procès qui se tiennent à la Haye et contribuer à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire ».

Pour rappel, l’ex Président Ivoirien Laurent Gbagbo et son Ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé comparaissent à la CPI. Ils sont accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité perpétrés dans le contexte des violences post-électorales de 2010-2011 en Côte d’Ivoire.

Le résumé des activités du projet en Image. Félicitations à tous les participant(e)s !


Côte d’Ivoire au Mondial 2006 : jouer collectif dans un pays divisé ou comment le football unit

En Côte d’Ivoire, qui ne se souvient pas de la mémorable qualification des Éléphants au mondial 2006 ? Pour la première fois de son histoire, la bande à Didier Drogba obtenait son ticket pour la coupe du monde de football ! Retour sur cet événement qui restera dans l’Histoire ivoirienne non seulement sur le plan sportif mais aussi politique.

Ce billet a initialement été publié sur lepetitkettinois.mondoblog.org.

4 septembre 2005 : avant-dernière journée des éliminatoires, la Côte d’Ivoire accueille à Abidjan le Cameroun en match retour. Si l’équipe ivoirienne remporte le match, elle est qualifiée d’office pour la coupe du monde en Allemagne. Tous les pronostics sont en sa faveur. Malgré cela, quelques illuminés appellent à la méfiance vis-à-vis de l’équipe Camerounaise, expérimentée et non sans talents.

Dans le pays tout entier, c’est la fête avant l’heure. Du nord au sud, malgré la rébellion armée qui divise le pays, on s’unit autour du drapeau ivoirien. À la télévision nationale, Didier Drogba et ses compagnons promettent de ‘’mouiller le maillot’’. Samuel Eto’o, leur affectueux beau-frère, garantit que les Ivoiriens dormiront à 17 heures, allusion faite à une victoire Camerounaise.

15 heures, le coup d’envoi du match est donné. Galvanisée par un stade Félix Houphouët-Boigny archi-comble, l’équipe ivoirienne se sent pousser des ailes et se met à découvert. Les Lions indomptables du Cameroun, maîtrisant assez bien la pression de ce genre de rencontre, en profitent pour ouvrir le score. Dès lors, les Eléphants de la Côte d’Ivoire ne cesseront plus de tenter de rattraper leur retard.

Malgré un Didier Drogba survolté par la présence de José Mourinho (son entraîneur à Chelsea) dans les tribunes, ses deux épileptiques buts seront insuffisants. Le match s’achèvera sur le score de 3 à 2 pour les visiteurs. Et le pays s’endormira bien trop tôt ce jour-là.

Mais tout n’était pas encore perdu. Pour acter la qualification de l’équipe ivoirienne au Mondial, il fallait qu’une difficile probabilité se réalise. A la dernière journée des éliminatoires, le Cameroun fait face à L’Egypte et doit être tenu en échec sur sa pelouse. La Côte d’Ivoire, elle, doit remporter à l’extérieur sa confrontation.

Et bien, aussi improbable que cela puisse paraître, c’est ce qui arriva trait pour trait. Le Cameroun a été tenu en échec par les Pharaons et ne verra jamais l’Allemagne (pays organisateur en 2006). La Côte d’Ivoire toute entière est aux anges. Elle se permettra même de rêver à la paix.

Le sport, un vecteur de la paix

Du sport à la paix, il n’y a qu’un pas. Devant la liesse générale en Côte d’Ivoire, l’équipe ivoirienne a fait une chose inattendue : dans une vidéo, les joueurs se sont tous mis à genoux et ont appelé à la réconciliation et à la paix en Côte d’Ivoire.


Le jour où la Côte d’Ivoire s’est qualifiée pour le Mondial 2006, Téléfoot

 

A cette époque-là, les tensions politiques étaient encore très vives. Une année plus tôt, une tentative de reconquête du territoire national par l’armée régulière avait échouée. Le pays restait donc coupé en deux : le sud tenu par les Forces armées nationales de la Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces armées des Forces nouvelles (FAFN)

Novembre 2004 marque un changement net de ton dans le conflit ivoirien. La mission des soldats français consistait à faire respecter le cessez-le-feu en application des accords de paix. Mais le 4 novembre, les bombardiers Sukhoï de l’armée ivoirienne (Fanci) bombardent les positions françaises de l’opération Licorne à Bouaké. Quelques heures plus tard les autorités ivoiriennes expriment leurs regrets en affirmant que les bombardements ont atteint par erreur les cibles françaises. Quelques heures plus tard, les deux avions bombardiers Sukhoï 25 revenus au sol à l’aéroport de Yamoussoukro après leurs attaques, sont immédiatement détruits par les forces françaises.


Bombardement de Bouaké. Vidéo de « Jeune Afrique » sur Dailymotion

Dans la ville d’Abidjan la tension monte. Le 9 novembre, l’armée française, force impartiale en Côte d’Ivoire, s’était sentie contrainte à intervenir en plaidant la « légitime défense élargie » dans le cadre de la protection et de l’évacuation des ressortissants français de Côte d’Ivoire. A Abidjan, encerclée par des milliers d’Ivoiriens en colère, les soldats français ouvrent le feu sur la foule. Plusieurs dizaines de morts et de blessés seront enregistrés. Dès lors, une ambiance de quasi-guerre règne dans tout le pays, les tensions sont extrêmes.

Dans cette atmosphère délétère, le football a réussi l’exploit de redonner de l’espoir à tout le pays, au sud comme au nord, dépassant tous les conflits. Autour du ballon rond, les Ivoiriens oubliaient la réalité quotidienne et commentaient chaleureusement chaque sortie des Eléphants. L’Ivoirien du Nord et celui du Sud regardait ensemble la télévision. Le Français et l’Ivoirien se chahutaient de nouveau à l’issue d’un match amical France – Côte d’Ivoire.

Tous ces événements attestent que le sport est fédérateur, c’est un moyen extraordinaire de promotion de la paix. Il abaisse tensions et conflits et lève les barrières géographiques et sociales. C’est un puissant outil de partage des idéaux de fraternité, de solidarité, de non-violence, de tolérance et de justice. En témoigne la récente détente politique entre la Corée du Sud et la Corée du Nord lors des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang.

Ainsi, pour le Mondial de football qui s’ouvre le 14 juin 2018 en Russie, je souhaite une chose en particulier : que cette fête du football mondial apporte les prémices de la réconciliation et de la paix dans les pays divisés. Particulièrement au Sénégal, au Nigéria et dans tous les pays qualifiés qui vivent une situation similaire à celle qu’a connue la Côte d’Ivoire.

Football, unité et réconciliation !


Au football, trop d’enjeux tuent le jeu

Dans les dictatures, l’enjeu fait le jeu. Car le sport est détourné pour servir comme un outil de propagande. Une simple compétition sportive telle que la coupe du monde de football 2018 en Russie peut devenir une véritable affaire d’Etat. Le retour à la maison sans l’ombre du prestigieux trophée peut être interprété comme une grande trahison. À grande trahison, terribles châtiments exemplaires. Quelle honte !

Cet article a été publié sur lepetitkettinois.mondoblog.org.

Le football, outil de propagande des dictatures

Dans les régimes autocratiques, tout est pris ‘’très très très’’ sérieusement. Il faut tout et bien faire, comme si sa propre vie en dépendait. Et ce n’est pas qu’une métaphore. Se faire éliminer à la phase de poules du mondial 2018 en Russie, par exemple, peut déclencher le courroux des dieux.

Les dieux, ce sont ces hommes d’Etat autoritaires dont la passion pour le sport n’a d’égal que leur folie narcissique, totalitaire et leur rêve d’hégémonie mondiale. Pour eux, l’occasion d’une compétition sportive nationale ou internationale a un intérêt politique démesurément grand. C’est une tribune pouvant servir la cause de diffusion de l’infecte philosophie de leurs régimes haineux vis-à-vis des droits humains. Voilà un exemple concret, lu sur Vice Sports :

« (…) La dictature [espagnole de l’ère Franco] s’est assurée d’estomper les valeurs propres au sport pour les substituer par celles du régime. L’éducation physique est ainsi devenue une méthode de propagande en plus, un moyen d’atteindre le fameux citoyen « parfait » de la philosophie fasciste classique – « l’homme fonctionnel » de Mussolini ou le « surhomme » hitlérien, avec toujours dans le tas la composante ethnique. Au moyen d’outils comme le Front de la Jeunesse, la Section Féminine et le Syndicat Espagnol Universitaire, le sport s’est plus orienté vers la préparation de potentiels membres de l’armée ou de la Phalange que vers la formation d’individus sains. »

Les joueurs punis, humiliés, torturés

Quand les enjeux sont hyper élevés, la désillusion est comme un coup de poignard de Judas. Alors, forcément, voir ces athlètes ou son équipe nationale de football rentrer prématurément et sans la récompense suprême fâche. Ainsi, comme souvent, quand un autocrate est mécontent, les conséquences se ressentent dans la chair du ou des concerné(e)s. En effet, les exemples foisonnent, même dans l’histoire récente.

    • Deux jours et deux nuits à la caserne : en Côte d’Ivoire, les joueurs de l’équipe nationale de football ont été mis au pas à la suite de l’élimination en phase de poules à la CAN 2000. Le général aura ces mots durs : « La prochaine fois, vous resterez pendant la durée de votre service militaire, c’est-à-dire dix-huit mois, et nous allons vous mettre en treillis. (…) A bon entendeur, salut !». A lire dans Libération
    • Goulags ou travaux forcés : en 2010, en Corée du Nord, l’élimination de l’équipe nationale de football au premier tour du mondial a fait des victimes. Convoqués au Palais du dirigeant de l’époque Kim Jong-Il, les joueurs auraient été humiliés. L’entraîneur, lui, aurait eu moins de chance. On le dit transféré dans un camp de travail forcé pour « trahison de la confiance de Kim Jong-Il », rapporte le Parisien.
    • Torture de sportifs : Dans les années 1990, Uday Hussein, le fils aîné de Saddam Hussein, est en charge de l’équipe nationale d’Irak de football. A chaque contre-performance, l’équipe et son staff sont emmenés en séjour à Al Radwaniyah, une prison tristement réputée. En effet, la torture de prisonniers y était pratiquée. Uday Hussein en personne aurait participé à certaines de ces séances. Plus d’infos dans The Guardian.

Au Burundi, le président Pierre Nkurunziza fait arrêter des immigrants congolais après un match de football. Reportage de RFI.

Le sport doit être au service d’un but positif

Cette année, la plus haute compétition du football mondial se tient en Russie. Sur cette terre, plusieurs sportifs ont aussi ‘’bavé’’. En effet, dans les années soviétiques, les frères Starostine, footballeurs du Spartak Moscou, ont été envoyés au Goulag.

L’affaire du dopage d’athlètes russes aux Jeux olympiques ne finit pas non plus de faire jaser et d’inquiéter. Certains spécialistes dénoncent un vaste système de dopage institutionnalisé tandis que d’autres y voient une similitude avec les pratiques fascistes.

Alors, vu la qualification au mondial d’équipes dirigées par des gouvernements autoritaires et les suspicions de retour aux périodes sombres du sport, il y a lieu d’interpeller. Que les dirigeants du monde sachent que le sport est avant tout à considérer comme un jeu. Il doit être tenu loin des guéguerres politiques, car les compétitions sportives sont une occasion de célébrer l’amitié et la fraternité entre les peuples. C’est un moyen de démontrer notre humanité. Tout au plus, le sport pourrait servir la cause d’un but politique positif : celui d’unir et de contribuer à la paix entre les Hommes.

Vive le sport, vive la fraternité, vive l’esprit fair-play !

« Dans la considération dont [les peuples] jouissent à l’étranger, les performances sportives entrent pour une proportion non-négligeable. » Léopold Senghor, 1961.

« Nous devons construire la nation… Je prendrai un soin jaloux à faire en sorte que tout parte du sport. » Joachim Bony, ministre ivoirien de la Jeunesse et des Sports, mars 1966.


Au football, trop d’enjeux tuent le jeu

Dans les dictatures, l’enjeu fait le jeu. Car le sport est détourné pour servir comme un outil de propagande. Une simple compétition sportive telle que la coupe du monde de football 2018 en Russie peut devenir une véritable affaire d’Etat. Le retour à la maison sans l’ombre du prestigieux trophée peut être interprété comme une grande trahison. À grande trahison, terribles châtiments exemplaires. Quelle honte !

Le football, outil de propagande des dictatures

Dans les régimes autocratiques, tout est pris ‘’très très très’’ sérieusement. Il faut tout et bien faire, comme si sa propre vie en dépendait. Et ce n’est pas qu’une métaphore. Se faire éliminer à la phase de poules du mondial 2018 en Russie, par exemple, peut déclencher le courroux des dieux.

Les dieux, ce sont ces hommes d’Etat autoritaires dont la passion pour le sport n’a d’égal que leur folie narcissique, totalitaire et leur rêve d’hégémonie mondiale. Pour eux, l’occasion d’une compétition sportive nationale ou internationale a un intérêt politique démesurément grand. C’est une tribune pouvant servir la cause de diffusion de l’infecte philosophie de leurs régimes haineux vis-à-vis des droits humains. Voilà un exemple concret, lu sur Vice Sports :

« (…) La dictature [espagnole de l’ère Franco] s’est assurée d’estomper les valeurs propres au sport pour les substituer par celles du régime. L’éducation physique est ainsi devenue une méthode de propagande en plus, un moyen d’atteindre le fameux citoyen « parfait » de la philosophie fasciste classique – « l’homme fonctionnel » de Mussolini ou le « surhomme » hitlérien, avec toujours dans le tas la composante ethnique. Au moyen d’outils comme le Front de la Jeunesse, la Section Féminine et le Syndicat Espagnol Universitaire, le sport s’est plus orienté vers la préparation de potentiels membres de l’armée ou de la Phalange que vers la formation d’individus sains. »

Les joueurs punis, humiliés, torturés

Quand les enjeux sont hyper élevés, la désillusion est comme un coup de poignard de Judas. Alors, forcément, voir ces athlètes ou son équipe nationale de football rentrer prématurément et sans la récompense suprême fâche. Ainsi, comme souvent, quand un autocrate est mécontent, les conséquences se ressentent dans la chair du ou des concerné(e)s. En effet, les exemples foisonnent, même dans l’histoire récente.

    • Deux jours et deux nuits à la caserne : en Côte d’Ivoire, les joueurs de l’équipe nationale de football ont été mis au pas à la suite de l’élimination en phase de poules à la CAN 2000. Le général aura ces mots durs : « La prochaine fois, vous resterez pendant la durée de votre service militaire, c’est-à-dire dix-huit mois, et nous allons vous mettre en treillis. (…) A bon entendeur, salut !». A lire dans Libération
    • Goulags ou travaux forcés : en 2010, en Corée du Nord, l’élimination de l’équipe nationale de football au premier tour du mondial a fait des victimes. Convoqués au Palais du dirigeant de l’époque Kim Jong-Il, les joueurs auraient été humiliés. L’entraîneur, lui, aurait eu moins de chance. On le dit transféré dans un camp de travail forcé pour « trahison de la confiance de Kim Jong-Il », rapporte le Parisien.
    • Torture de sportifs : Dans les années 1990, Uday Hussein, le fils aîné de Saddam Hussein, est en charge de l’équipe nationale d’Irak de football. A chaque contre-performance, l’équipe et son staff sont emmenés en séjour à Al Radwaniyah, une prison tristement réputée. En effet, la torture de prisonniers y était pratiquée. Uday Hussein en personne aurait participé à certaines de ces séances. Plus d’infos dans The Guardian.

Au Burundi, le président Pierre Nkurunziza fait arrêter des immigrants congolais après un match de football. Reportage de RFI.

Le sport doit être au service d’un but positif

Cette année, la plus haute compétition du football mondial se tient en Russie. Sur cette terre, plusieurs sportifs ont aussi ‘’bavé’’. En effet, dans les années soviétiques, les frères Starostine, footballeurs du Spartak Moscou, ont été envoyés au Goulag.

L’affaire du dopage d’athlètes russes aux Jeux olympiques ne finit pas non plus de faire jaser et d’inquiéter. Certains spécialistes dénoncent un vaste système de dopage institutionnalisé tandis que d’autres y voient une similitude avec les pratiques fascistes.

Alors, vu la qualification au mondial d’équipes dirigées par des gouvernements autoritaires et les suspicions de retour aux périodes sombres du sport, il y a lieu d’interpeller. Que les dirigeants du monde sachent que le sport est avant tout à considérer comme un jeu. Il doit être tenu loin des guéguerres politiques, car les compétitions sportives sont une occasion de célébrer l’amitié et la fraternité entre les peuples. C’est un moyen de démontrer notre humanité. Tout au plus, le sport pourrait servir la cause d’un but politique positif : celui d’unir et de contribuer à la paix entre les Hommes.

Vive le sport, vive la fraternité, vive l’esprit fair-play !

« Dans la considération dont [les peuples] jouissent à l’étranger, les performances sportives entrent pour une proportion non-négligeable. » Léopold Senghor, 1961.

« Nous devons construire la nation… Je prendrai un soin jaloux à faire en sorte que tout parte du sport. » Joachim Bony, ministre ivoirien de la Jeunesse et des Sports, mars 1966.


Côte d’Ivoire au Mondial 2006 : jouer collectif dans un pays divisé ou comment le football unit

En Côte d’Ivoire, qui ne se souvient pas de la mémorable qualification des Eléphants au mondial 2006 ? Pour la première fois de son histoire, la bande à Didier Drogba obtenait son ticket pour la coupe du monde de football ! La Côte d’Ivoire vivait alors une grave crise politique mais le sport est fédérateur et cette qualification a rassemblé le peuple ivoirien malgré les graves tensions entre le nord et le sud du pays. Retour sur cet événement qui restera dans l’Histoire ivoirienne non seulement sur le plan sportif mais aussi le plan politique.

Une qualification au mondial de football mémorable

4 septembre 2005 : avant-dernière journée des éliminatoires, la Côte d’Ivoire accueille à Abidjan le Cameroun en match retour. Si l’équipe ivoirienne remporte le match, elle est qualifiée d’office pour la coupe du monde en Allemagne. Tous les pronostics sont en sa faveur. Malgré cela, quelques illuminés appellent à la méfiance vis-à-vis de l’équipe Camerounaise, expérimentée et non sans talents.

Dans le pays tout entier, c’est la fête avant l’heure. Du nord au sud, malgré la rébellion armée qui divise le pays, on s’unit autour du drapeau ivoirien. À la télévision nationale, Didier Drogba et ses compagnons promettent de ‘’mouiller le maillot’’. Samuel Eto’o, leur affectueux beau-frère, garantit que les Ivoiriens dormiront à 17 heures, allusion faite à une victoire Camerounaise.

15 heures, le coup d’envoi du match est donné. Galvanisée par un stade Félix Houphouët-Boigny archi-comble, l’équipe ivoirienne se sent pousser des ailes et se met à découvert. Les Lions indomptables du Cameroun, maîtrisant assez bien la pression de ce genre de rencontre, en profitent pour ouvrir le score. Dès lors, les Eléphants de la Côte d’Ivoire ne cesseront plus de tenter de rattraper leur retard.

Malgré un Didier Drogba survolté par la présence de José Mourinho (son entraîneur à Chelsea) dans les tribunes, ses deux épileptiques buts seront insuffisants. Le match s’achèvera sur le score de 3 à 2 pour les visiteurs. Et le pays s’endormira bien trop tôt ce jour-là.

Mais tout n’était pas encore perdu. Pour acter la qualification de l’équipe ivoirienne au Mondial, il fallait qu’une difficile probabilité se réalise. A la dernière journée des éliminatoires, le Cameroun fait face à L’Egypte et doit être tenu en échec sur sa pelouse. La Côte d’Ivoire, elle, doit remporter à l’extérieur sa confrontation.

Et bien, aussi improbable que cela puisse paraître, c’est ce qui arriva trait pour trait. Le Cameroun a été tenu en échec par les Pharaons et ne verra jamais l’Allemagne (pays organisateur en 2006). La Côte d’Ivoire toute entière est aux anges. Elle se permettra même de rêver à la paix.

Le sport, un vecteur de la paix

Du sport à la paix, il n’y a qu’un pas. Devant la liesse générale en Côte d’Ivoire, l’équipe ivoirienne a fait une chose inattendue : dans une vidéo, les joueurs se sont tous mis à genoux et ont appelé à la réconciliation et à la paix en Côte d’Ivoire.


Le jour où la Côte d’Ivoire s’est qualifiée pour le Mondial 2006, Téléfoot

 

A cette époque-là, les tensions politiques étaient encore très vives. Une année plus tôt, une tentative de reconquête du territoire national par l’armée régulière avait échouée. Le pays restait donc coupé en deux : le sud tenu par les Forces armées nationales de la Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces armées des Forces nouvelles (FAFN)

Novembre 2004 marque un changement net de ton dans le conflit ivoirien. La mission des soldats français consistait à faire respecter le cessez-le-feu en application des accords de paix. Mais le 4 novembre, les bombardiers Sukhoï de l’armée ivoirienne (Fanci) bombardent les positions françaises de l’opération Licorne à Bouaké. Quelques heures plus tard les autorités ivoiriennes expriment leurs regrets en affirmant que les bombardements ont atteint par erreur les cibles françaises. Quelques heures plus tard, les deux avions bombardiers Sukhoï 25 revenus au sol à l’aéroport de Yamoussoukro après leurs attaques, sont immédiatement détruits par les forces françaises.


Bombardement de Bouaké. Vidéo de « Jeune Afrique » sur Dailymotion

Dans la ville d’Abidjan la tension monte. Le 9 novembre, l’armée française, force impartiale en Côte d’Ivoire, s’était sentie contrainte à intervenir en plaidant la « légitime défense élargie » dans le cadre de la protection et de l’évacuation des ressortissants français de Côte d’Ivoire. A Abidjan, encerclée par des milliers d’Ivoiriens en colère, les soldats français ouvrent le feu sur la foule. Plusieurs dizaines de morts et de blessés seront enregistrés. Dès lors, une ambiance de quasi-guerre règne dans tout le pays, les tensions sont extrêmes.

Dans cette atmosphère délétère, le football a réussi l’exploit de redonner de l’espoir à tout le pays, au sud comme au nord, dépassant tous les conflits. Autour du ballon rond, les Ivoiriens oubliaient la réalité quotidienne et commentaient chaleureusement chaque sortie des Eléphants. L’Ivoirien du Nord et celui du Sud regardait ensemble la télévision. Le Français et l’Ivoirien se chahutaient de nouveau à l’issue d’un match amical France – Côte d’Ivoire.

Tous ces événements attestent que le sport est fédérateur, c’est un moyen extraordinaire de promotion de la paix. Il abaisse tensions et conflits et lève les barrières géographiques et sociales. C’est un puissant outil de partage des idéaux de fraternité, de solidarité, de non-violence, de tolérance et de justice. En témoigne la récente détente politique entre la Corée du Sud et la Corée du Nord lors des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang.

Ainsi, pour le Mondial de football qui s’ouvre le 14 juin 2018 en Russie, je souhaite une chose en particulier : que cette fête du football mondial apporte les prémices de la réconciliation et de la paix dans les pays divisés. Particulièrement au Sénégal, au Nigéria et dans tous les pays qualifiés qui vivent une situation similaire à celle qu’a connue la Côte d’Ivoire.

Football, unité et réconciliation !


Comment vous réconcilier avec votre collègue de travail à la suite d’un conflit

Si vous vous êtes amouraché de votre sympathique collègue de bureau, et si vous n’avez d’yeux que pour cette belle personne, alors là désolé, je risque de vous décevoir assez vite.

Mon présent article ne va pas traiter de « comment conquérir l’amour de votre collègue de travail », non. Il va aborder la question complexe des conflits entre collègues. Ainsi, après un couac, une discussion houleuse sur des questions professionnelles, voire un vrai conflit, il est très souvent difficile de se rapprocher à nouveau de ce/cette collège sympa que l’on porte en estime mais qui est désormais en froid avec vous.

Je propose des clés simples pour résoudre le problème en prenant comme base mon expérience personnelle et mes lectures ici et là. Un peu comme un expert en cœurs blessés, j‘ai dressé 5 clés infaillibles pour reconquérir sa/son collègue de travail !
Bon, vous l’aurez deviné, je ne fais qu’une adaptation des techniques utilisées pour les relations amoureuses, mais bien adapté, ça peut vraiment marcher !

  1. Silence radio : prenez de la distance

Après une grosse dispute professionnelle avec une personne que vous respectez comme collègue, il est bien de faire silence. Il s’agit de prendre de la distance avec la personne pour lui laisser le temps de digérer sa colère. Et vous aussi, profitez de ce moment pour réfléchir à votre part de responsabilité dans la cause de la dispute. Car la responsabilité dans un tel cas de figure est toujours partagée. Trois jours de silence radio seraient un temps raisonnable avant de passer à la phase 2.

  1. Technique de la lettre manuscrite

Ici, il ne s’agit pas de rédiger une si longue lettre pour se faire comprendre et justifier chacune de ses positions. Il s’agit de faire intervenir, avec comme moyen la lettre, une tierce personne pour la résolution du problème. Cette personne doit être respectée et appréciée autant de vous que de votre collègue.

Elle doit avoir la capacité de recul vis-à-vis du problème et une nature à rechercher la conciliation. Généralement, on recommande de vous adresser à votre supérieur hiérarchique. Cependant, je préconise de régler le problème comme des grands sans l’implication d’un supérieur. Cela montre davantage votre volonté de résolution pacifique du problème sans que vous ou votre collègue ne soit négativement touché.

  1. La résurrection : revenez avec une meilleure version de vous

Cette étape suppose qu’un intermédiaire a réussi à désamorcer les tensions entre votre collègue et vous. Généralement, le médiateur expose clairement les attitudes qui ont créé des tension et des frustrations de part et d’autre. Cette médiation vous conduira à plus de recule vis-à-vis de ce genre de situations.

Ensuite, il s’agira pour vous de reprendre contact (tout en douceur) avec votre collègue. Soyez simple, sérieux, calme et ayez un timbre de voix qui témoigne une volonté de ne plus frustrer quiconque. Adressez-lui la parole uniquement pour des questions strictement nécessaires dans le cadre du travail. Ne vous irritez plus si votre collègue semble persister dans son énervement. Soyez conciliant ! Affichez une meilleure version de vous : vous mais mieux que ce que vous étiez auparavant !

  1. L’arme fatale : faites sourire votre collègue

« Un sourire est la plus courte distance entre deux personnes » Victor Borge.

Pour définitivement tourner la page des frictions, il vous faut impérativement obtenir un petit sourire de votre collègue. Bien sûr, cela est d’autant plus important si vous aviez toujours eu une relation proche avec votre collègue. Mais je pense que faire sourire n’importe qui apporte du bonheur dans les relations. Mais attention, n’en faites pas trop, et pas tout le temps.

Essayez d’obtenir le sourire de votre collègue de manière indirecte, c’est plus facile pour commencer. Racontez par exemple une bonne blague à un(e) autre personne en présence de ce collègue. S’il / elle sourit, même retenu, vous avez été pardonné ! On peut alors passer à la dernière étape.

  1. Pensez à votre développement personnel

Eh, oui, on revient à ce thème d’actualité. Pensez à développer vos relations interpersonnelles. Parce qu’avant de transformer son environnement, il faut d’abord opérer une transformation intérieure.

Votre collègue n’est pas forcément la seule personne affectée par votre agissement. Il se peut que bien d’autres personnes en aient été, de loin ou de près, des victimes. Elles pourraient avoir des idées préconçues sur vous et vous ‘’pourrir’’ les relations professionnelles.

Apprenez donc la maîtrise de soi et la tempérance. Privilégiez le tête-à-tête pacifique dans un cadre paisible. Essayez de trouver le meilleur moment, où votre collègue sera détendu. Un moment de relaxation morale et intellectuelle sera plus facile pour aborder la situation fâcheuse. Pensez à réviser les techniques de gestion de conflit en équipe. Tout cela vous aidera à mieux gérer ce genre de situations à l’avenir.

Voilà donc mes cinq clés supposées infaillibles que je me suis dressées intérieurement. Reste maintenant à les appliquer : demain, dès les premières heures de ma reprise de service !

GESTION DES CONFLITS : La gestion de la colère par l’Institut François Bocquet


Aïcha, la Lara Croft noire : passion pour l’archéologie

Le sujet de l’archéologie que je m’apprête à aborder me trottait dans la tête depuis longtemps. Et à dire vrai, mon intérêt pour cette discipline n’est pas un fait anodin. Il part de ma rencontre avec une jeune demoiselle lors d’une illustre formation organisée par la fondation allemande Friedrich-Ebert-Stiftung.

Aïcha Touré, la Lara Croft Africaine

Avant de parler de mon héroïne du jour, faisons un constat. En Côte d’Ivoire, l’archéologie est une discipline très peu connue. Dans les choix de carrière, quasiment personne n’a à l’esprit d’en faire sa profession future. On préfère se tourner vers les métiers les plus en vue de la société. Et, dans les médias, on ne traite presque jamais du sujet de l’archéologie. Ce qui évidemment n’aide pas à susciter plus d’intérêt pour la discipline.

Moi aussi, j’ignorais que l’archéologie était enseignée dans mon pays et que des fouilles étaient régulièrement menées par des équipes ivoiriennes. Mais ça, c’était avant que je ne côtoie celle que j’ai nommé la Lara Croft Africaine.

Aïcha Touré, du haut de ses 1 mètre 69, me faisais penser à l’héroïne du jeu vidéo de mon enfance : Tomb Raider. Cela, autant pour sa silhouette athlétique et sa beauté africaine sempiternelle que pour son intelligence, sa détermination et sa passion pour l’archéologie. Un peu comme Lara Croft, elle parcourt le pays et l’Afrique subsaharienne en quête des précieuses reliques du passé. Car selon elle, « pour comprendre le présent et mieux appréhender l’avenir, il faut d’abord connaître le passé ».

Son accoutrement sur ses terrains de recherches est typique de l’archéologue des fictions : chapeau, chaussures fermée, gants et vêtements couleur sombre. Sa besace est, elle aussi, spéciale. Elle est remplie de petits outils de fouille: pinceaux, sécateurs, mètre, matériel de dessin, sachets zippés, etc.

Le 16 Avril 2018, devant ses pairs, Aïcha exposait le résultat de ses fouilles sur le thème de « L’art de la terre cuite à Korhogo/Côte d’Ivoire du XVIIIe siècle à nos jours ». Son brillant travail a été sanctionné du doctorat d’Etat. Elle est une fierté pour l’archéologie en Côte d’Ivoire.

l'archéologie une passion pour Aïcha
Crédit photo : Kra Ferdinand

L’archéologie, une discipline à pertinence sociale indéniable

La passion d’Aïcha interroge pour moi l’importance réelle de l’archéologie dans une société, surtout africaine. Souvent négligée et reléguée au second plan, l’archéologie permet de reconstituer l’origine, le développement et les activités de l’homme. Ainsi, par la découverte des traces d’un passé enfoui, elle permet d’éviter de répéter les erreurs d’antan.

Une autre utilité de l’archéologie, particulièrement intéressante pour l’Afrique, est qu’elle permet le rétablissement de la vérité historique. On le sait, de multiples idées fausses ont été injectées dans l’histoire contemporaine pour satisfaire des ambitions racistes et impérialistes. Au moyen donc de découvertes archéologiques et plus encore, l’on a pu ainsi faire taire les détracteurs d’une Afrique civilisée. Les travaux de Cheikh Anta Diop sur l’antériorité des civilisations nègres est un exemple éloquent.

Extraits de discours de Cheikh Anta Diop, un afrocentriste de la première heure.

Enfin, en passant, notons que les découvertes archéologiques peuvent avoir des retombées économiques importantes. Aujourd’hui, nul n’ignore que chaque site de découverte ou d’exposition archéologique devient systématiquement un lieu de pèlerinage pour touristes. Partant de ce fait, de multiples emplois peuvent se créer.

Les quelques raisons ainsi dressées démontrent toute la nécessité de protéger les découvertes et les sites archéologiques. Car, ils constituent une richesse culturelle pour l’humanité entière.

De la nécessité de protéger notre patrimoine culturel

Ces dernières années, plusieurs sites historiques ont été victimes de graves détériorations par des groupes armés. Il en est ainsi, du site de Palmyre en Syrie ou des mausolées à Tombouctou au Mali. Heureusement, d’ambitieux projets de restauration sont achevés ou en cours de réalisation, une fois les insurgés chassés.

Ces incidents doivent donc obliger à la prise de mesures strictes de protection. Au plan international, il faut arrêter et juger les hauts commanditaires des actes de destruction. A ce sujet, la condamnation par la CPI d’Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi est un signal fort et une initiative à rééditer. Il faut en outre, penser à définir un seuil critique autorisant de facto une intervention préventive de l’altération des sites historiques.

Au plan national, les Etats africains comme la Côte d’Ivoire devraient prendre des mesures spécifiques pour encourager les recherches archéologiques. Il faut penser à insérer des études archéologiques complémentaires à l’étude d’impact environnemental et social avant tout grands travaux. Egalement, il faut penser à la création de laboratoire archéologique pouvant servir de musée spécialisé. Il faut enfin prendre des lois spéciales protégeant les sites archéologiques et leurs découvertes. Ceci, sans toutefois oublier de promouvoir dans les médias les travaux scientifiques locaux.

Le 17 août 2017, la CPI prononçait ainsi une ordonnance de réparation et au dédommagement des victimes de la destruction des mausolées de Tombouctou. Le montant de la réparation s’élève à 2,7 millions d’euros.


Petites astuces de geek pour assurer sa cyber sécurité

Vendredi 4 mai, à Abidjan / Côte d’Ivoire, la Friedrich Nauman Stiftung a réuni une vingtaine d’acteurs du web ivoirien. Objectif de la rencontre : apporter les outils nécessaires à l’optimisation de blogs et à l’écriture web. A cette même occasion, on a pu découvrir des petites astuces permettant de renforcer sa cyber sécurité.

Ce dernier thème a particulièrement attiré mon attention, en effet, les conseils donnés sont utiles à connaître, notamment si l’on veut faire face à un Etat dont la préoccupation essentielle est de restreindre la liberté d’expression de ses citoyens (voire bien d’autres droits encore).

Astuces de geek pour assurer sa cyber sécurité

Cyriac Gbogou, influenceur du Web ivoirien a animé l’une des deux formations de la journée. En tant que professionnel du domaine de la sécurité web, son intervention a été des plus pratiques. Je retiens et je partage ici quelques astuces pour mieux se protéger.

De nos jours encore, très rares sont les personnes qui sont sur internet sans avoir de compte email. Et bien souvent, ces comptes sont la première chose piratée en vue de recueillir le maximum d’informations. Elles sont donc la cible privilégiée des attaques des pirates informatiques.

Le site hacked-emails.com vous permet de savoir en un clic si vous avez déjà été victime de piratage ou d’une tentative de piratage. Deux cas de figure sont possibles, soit vous n’avez jamais été piraté et le site affichera « Congratulations! We found no entries… », soit vous avez été victime de piratage ou d’une tentative de piratage, le site indiquera alors le nombre de fois et les sources du problème dans un tableau.

Selon le formateur, pour chacune de ses plateformes web (notamment emails et comptes sur les réseaux sociaux), il est utile d’avoir une clé de sécurité. La clé de sécurité ne doit pas être facilement envisageable et doit être changée régulièrement. Il faut aussi avoir recours à différentes clés de sécurité pour chacune de ses plateformes.

Par exemple pour les mots de passe, il est préférable qu’ils contiennent des lettres minuscule, des lettres majuscule, des chiffres et des caractères spéciaux (?, !, @, #, …). Mais devant la complexité de son mot de passe, on pourrait l’oublier. Dans ce cas, il est aussi recommandé d’utiliser son numéro de téléphone pour la récupération d’une clé d’accès éventuels.

Une fois créé, testez sa fiabilité avec le site proposé : il évalue en temps (secondes, minutes, heures…) la difficulté pour un pirate à cracker votre mot de passe !

  • Cryptez certaines de vos conversations en ligne

Dans certains pays africains, il est difficile de s’exprimer librement sur les sujets d’intérêt national. Le risque est en effet élevé de se faire écrouer pour des incriminations fourre-tout, comme par exemple l’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Face à cela, il existe des moyens connus pour échanger librement et de manière fiable en ligne. Notre formateur a proposé l’utilisation de certains outils. En premier lieu, il est possible d’utiliser www.mailvelope.com pour crypter ses courriels. Whatsapp permet de sécuriser vos conversations dans ses paramètres. Telegram et Signal Private Messenger sont quant à eux des outils dédiés à la conversation privée sécurisée.

Mais ce qu’il faut retenir, rappelons-le, c’est que la sécurité à 100% n’existe pas, et encore moins concernant les questions numériques. La meilleure sécurité est tout simplement de faire preuve de vigilance et de responsabilité en ligne. Ainsi, je pourrais penser comme Lucrece : « Plutôt que de choisir l’application la plus sécurisée, il est préférable de faire attention à ce qu’on échange en ligne ». Mais, la facilité de communication qu’offrent les médias sociaux nous oblige souvent à partager des informations sensibles.  Il est donc toujours utile de connaître de petites astuces permettant de garantir un minimum de sécurité de nos données.

Et n’oublions pas que la violation du droit à la sécurité est une porte ouverte à la violation de nombreux droits humains. Connaître les astuces pour protéger sa sphère privée, c’est proclamer et défendre le respect de ses droits. Parce que, pour moi, tout le monde a le droit de communiquer librement et en toute sécurité.

Vidéo éditée par l’Agence Tunisienne (ANSI).


Le défi en eau potable à Bouaké, un casse-tête chinois ?

A en croire les nombreux titres peu élogieux de l’actualité sur Bouaké, on pourrait se laisser convaincre que la ville est damnée. Rébellion armée, mutineries, grèves sauvages, incivisme et aujourd’hui pénurie d’eau paraissent confirmer cette folle idée. Mais à la réalité, il n’en est rien.

La ville mythique du centre de la Côte d’Ivoire est seulement victime des erreurs et de la négligence humaine. La pénurie d’eau potable actuelle n’est en rien un phénomène des dieux. Le fait que les populations soient obligées de se tourner vers les marigots aux abords de la ville, avec tous les risques de crise sanitaire, a des raisons humaines bien simples.

Les causes de la pénurie en eau

L’origine du problème rapidement brandie par les autorités est sans surprise l’assèchement du lac du barrage hydraulique de la Loka. En effet, le lac qui fournissait 70% de l’eau de Bouaké a aujourd’hui carrément disparu. La faute, dit-on dans les hautes sphères de l’Etat, au changement climatique qu’on personnifie. Cependant, ce qu’on prend le soin d’éviter de confesser, c’est la faillite de l’Etat à mener une politique efficace de gestion de ses ressources naturelles.

On le sait, les forêts aident à reconstituer les nappes phréatiques et les cours d’eau si cruciaux pour l’eau potable. Mais en Côte d’Ivoire, la négligence des gouvernements successifs a entraîné la disparition de plus de 80% des forêts. Les conséquences sur l’environnement ne pouvaient qu’être trop prévisibles. Le cas de l’assèchement du lac de la Loka ne devrait donc pas surprendre. Ce n’est qu’un retour de bâton des actions de l’homme.

A côté de cela, notons comme autre source du problème le détournement des eaux du lac pour le bénéfice d’activités anarchiques. En effet, aux abords du lac, s’est développée au vu et au su des autorités l’exploitation de carrières de sable et de gravier.

Aussi, il est à relever que le barrage de Loka construit en 1964 pour une population d’alors de près de 65 000 habitants a été surexploité. En plus de 50 ans, la population de Bouaké a explosé et est aujourd’hui estimée à plus de 542.000 habitants. Il s’est ainsi progressivement avéré difficile d’assurer la consommation annuelle de 10 millions de m3 d’eau de la ville.

Les réflexions pour sortir de la crise de l’eau

Face à la difficile situation que vivent les résidents de la zone de Bouaké, des actions sont entreprises mais d’autres restent à mener. Ainsi, pour pallier le problème, le gouvernement ivoirien a réquisitionné plusieurs citernes d’eau pour desservir les populations en situation d’urgence humanitaire. Une telle mesure est à saluer. Cependant, elle est provisoire et ne pourra soulager qu’une petite minorité d’individus.

C’est pourquoi, dans les perspectives à moyen et long terme, bien d’autres mesures sont en cours de réalisation. L’une des plus en vue du moment est la construction de plusieurs forages hydrauliques modernes dans la ville. C’est en effet une solution qui s’inscrit davantage dans la durée. Mais il faut le dire, elle n’est pas sans risque.

Selon l’avis de certains spécialistes de l’eau, notamment Mathieu Guérin, expert international sur la question de l’eau et président de l’ONG Urgence eau, la création de nombreux forages est à éviter car un nombre accru de ces forages serait destructeur de la nappe phréatique déjà difficile à renouveler.

En attendant, la solution la mieux partagée reste le ralliement hydraulique de Bouaké au fleuve Bandama. En effet, couvrant une superficie de près de 97 500 km2 et s’étendant du nord au sud du pays, le Bandama offre une solution durable au problème.

Toutefois, des recommandations sont à faire. L’Etat ivoirien devrait mettre au centre de sa politique la préservation de ses ressources biologiques. Car, quand la biodiversité est mise en péril, l’existence humaine se trouve par ricochet menacée. Aussi, les populations, ivoiriennes en particulier, devraient davantage s’engager en faveur des questions écologiques. Par exemple, dans la gestion domestique de l’eau, nous devons tous faire preuve de plus de responsabilités. Suivant des gestes simples, notre planète se portera mieux, et l’humanité aussi.

L’accès à l’eau potable, un droit humain 

Au terme de notre exposé, nous ne saurions terminer sans évoquer cette avancée majeure dans les droits humains. Depuis juillet 2010, l’Assemblée générale de l’ONU a officiellement reconnu comme un droit humain l’accès à une eau de qualité et à des installations sanitaires. Ceci parce que l’accès à une eau saine fait partie intégrante du droit à un niveau de vie suffisant. Et, il est étroitement lié à la dignité humaine.

La minute éco-citoyenne – Eau de Est Ensemble


« La peine de mort, ce n’est pas de la justice. C’est de la vengeance ! »

Avec le soutien de nombreuses organisations nationales et internationales, s’est tenu les 9 et 10 avril 2018, à Abidjan le Congrès régional africain contre la peine de mort. C’était une occasion de plus pour l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) d’inviter les 55 Etats restant à poser des actions concrètes pour une abolition totale de la condamnation à mort dans le monde.

À cet événement, j’avoue que j’y participais sans trouver un réel intérêt pour mon pays la Côte d’Ivoire. En effet, depuis son accession à l’indépendance en 1960, aucune condamnation à la peine capitale n’a été prononcée. Et mieux, ses deux dernières Constitutions ont sorti de l’ordonnancement juridique le recours à la peine de mort.

Mais au fur et à mesure du déroulé de l’activité, mon point de vue a évolué. Les divers récits d’ex-condamnés à mort et les arguments contre la peine capitale m’ont aidé à saisir tout l’enjeu.

‘’Peine de mort, pleine de tort‘’ : récits…

  • Dans les années 1980, une Chinoise a été cruellement assassinée. Son corps démembré sera retrouvé dans une rivière. Selon des enquêteurs, il s’agirait de Shi Xiaorong déclarée disparue à la même époque. Pour la police, le meurtre est l’œuvre d’un professionnel de la découpe. Teng Xingshan, boucher de profession est alors arrêté et présenté comme l’assassin. Il aurait « confessé son crime de sa propre initiative et ses aveux étaient conformes à l’enquête scientifique et à l’identification ». En 1989, Teng est exécuté d’une balle dans la tête. En 2005, Shi Xiaorong, donnée pour morte, réapparaît vivante dans une autre région de la Chine. La justice chinoise est alors contrainte de disculper à titre posthume Teng. ( Lire The Telegraph )

  • Suzan Kigula, à 20 ans, était une jeune mariée et mère d’un enfant. À sa fille, comme tout parent, elle rêvait offrir tout le lait et le miel du monde. Mais une nuit qu’on dirait ordinaire, sa vie prit une tournure pathétique. Son domicile conjugal fut cambriolé. Elle fut violentée et son époux égorgé vif. Malgré les blessures qu’elle affichait sur le corps, personne ne voulut croire son témoignage. On lui attribua la responsabilité du crime. Suzan fut livrée à l’enfer par beaucoup. Et la justice de son pays la condamna à mort. (Lire l’entretien de Suzan)

La peine de mort, une bêtise humaine…

La question suscite beaucoup d’intérêt, et malheureusement, il existe encore des gouvernants et des individus pour défendre son application. En fait, les arguments avancés par ces derniers sont simplistes, comme le rapporte revoltes.org.

On montre la peine de mort comme le moyen le plus efficace pour « rendre justice ». Il est présenté comme l’expression de la réprobation des populations pour des faits tels que les crimes de sang, le terrorisme, la pédophilie, le viol, l’homosexualité, l’incitation à la guerre, les coups d’Etat, le trafic de drogue, le piratage, l’avortement, l’adultère, le blasphème, l’apostasie, etc. On y voit de la dissuasion à la commission de crimes graves et la prévention au retour des dangereux criminels dans la société. Pour ceux-ci donc, les personnes qui commettent ces crimes qualifiés de graves ne méritent pas de vivre.

Mais à l’opposé de ces sombres arguments, il y a d’innombrables raisons d’abolir la peine de mort. D’emblée, il faut relever que la peine de mort viole le droit à la vie. Ce droit est fondamental, sacré et inviolable selon l’article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La peine de mort est cruelle, inhumaine et dégradante autant pour le condamné que pour ses proches.

De plus, la peine de mort tue des innocents. L’exemple prouvé de Teng et de plusieurs autres suffit à justifier cet argument. Et il ne faut pas se le cacher, sous couvert de vindicte populaire, la peine de mort sert souvent à éliminer des adversaires politiques. Ou à servir de pression politique contre un autre Etat.

Clairement, la peine de mort n’est pas dissuasive et ne rend pas la société plus sûre. Bien au contraire, elle duplique la violence qu’on prétend combattre. Dans l’Etat américain du Texas, le taux de criminalité a augmenté de 400 % depuis la réinstallation de la peine de mort en 1976, selon l’association ECPM.

Aussi, la commission d’une infraction grave n’empêche en rien la réussite de la réinsertion sociale. C’est pourquoi, il faut s’engager contre la peine de mort sous toutes ces formes.

Les exécutions sommaires, une forme d’application de la peine de mort ?

Durant le déroulé de l’activité, je ne m’arrêtais plus de penser aux faits banals de l’actualité ivoirienne. Un certain Zama, chef supposé d’un groupe de microbes, exécuté sous les jets de pierres de badauds. Un gendarme malencontreusement lynché par une population en colère. Un jeune homme à terre désarmé et abattu à bout portant par un policier. On pourrait à juste titre y voir de l’incivisme des populations ou des bavures policières. Mais, la récurrence et la banalité des faits m’imposent à y voir de fait une application de la peine de mort.

Et des questions me restent. A-t-on tous conscience qu’une vie humaine est sacrée ? Si la peine de mort est détestable, cela ne l’est-il pas en raison du fait qu’elle ôte la vie humaine ? Pour ma part, je suis contre la peine de mort. Je suis contre le fait d’arracher une vie humaine quelles qu’en soient les raisons. Car comme le dit si bien Paul Angaman, président de la FIACAT, « La peine de mort, ce n’est pas de la justice. C’est plutôt de la vengeance. ».

En réfléchissant à ma journée, j’ai finalement compris que le terrible acte d’ôter la vie doit nous obliger à regarder au-delà de notre seul nombril. Car la peine de mort ne fait pas que du tort au condamné et ses proches. Elle fait du tort à toute l’humanité en ce qu’elle promeut l’inhumanité.

Concernant la Côte d’Ivoire, d’autres efforts sont à faire. Elle doit notamment tout mettre en oeuvre pour la ratification du Deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort.

Pour la petite histoire, l’Ougandaise Susan Kigula, après plus de 15 ans passés à attendre une exécution, a bénéficié d’un réexamen de peine. Elle est aujourd’hui libre. Pendant sa détention, elle a décroché son diplôme de droit par correspondance et est à présent avocate au barreau de son pays. Elle partage aussi son expérience en slam aux jeunes filles détenues.

Voir pour comprendre #1 : La peine de mort, une production de Amnesty France.


Lutter pour les droits des femmes d’aujourd’hui et de demain, la responsabilité de tous !

Depuis longtemps, les femmes ont été discriminées. Mais aujourd’hui, le monde semble avoir réalisé son tort et tente d’équilibrer la balance. Cette situation, bien qu’à encourager, fait malheureusement de petits jaloux.

28 novembre 2017, depuis l’Université de Ouagadougou, le Président français, Emmanuel Macron s’adresse à la jeunesse africaine. Sur le sujet de l’éducation, il  invite les ambassades françaises en Afrique à proposer des bourses d’études vers l’Hexagone en priorité aux filles.

Mais dans la salle, une clameur d’agacement se fait entendre. Macron rassure immédiatement. « N’ayez pas peur. Je n’ai pas dit qu’il n’y en aurait que pour les jeunes filles. J’entendais cette mâle réaction visant à protester … ».

Etre une fille c’est s’ouvrir les portes du paradis…

Dans l’Afrique même éduquée d’aujourd’hui, la perception masculine à l’égard des filles est bien triste. On s’imagine souvent qu’être une fille ouvre les portes du paradis. Et pour fustiger les initiatives en faveur de la gente féminine, des arguments peu honorables sont avancés.

Tout d’abord, on entend dire que les initiatives tendant à la promotion de la fille et de la femme foisonnent. Et qu’ainsi, presque tous les programmes de leadership leurs sont dédiés.

Dans les offres d’emploi, on relève nerveusement que la fameuse phrase « candidature féminine vivement encouragée » ne manque quasiment jamais. Pour les séminaires et autres, on s’indigne que leur soit assuré presque immédiatement un quota de places.

Ensuite, en plus de ces initiatives à rendre jaloux, les filles semblent effectivement mettre le monde sous leurs talons. Dans de nombreux domaines, les filles dament le pion aux garçons et elles excellent.

Pour exemple, en Côte d’ Ivoire, dans le domaine des TICs et bien plus, les filles ne sont que sur les plus hautes marches. Quelles que soient les générations, elles mènent la danse. Au pif, je peux citer Yehni Djidji, Edith Brou, Raïssa BANHORO, Orphelie ThalmasMaria de Jésus, Tchonté Silué, etc.

Ainsi, devant leur charme intellectuel qui les met en lumière, plusieurs garçons ont jalousement émis le vœu d’être une fille. Mais à la vérité, le traitement spécial accordé aux filles qui fait tant d’envieux n’est pas fortuit. Il vise à corriger une bien triste réalité.

… et pourtant, que d’enfers elles vivent

Les projets pour filles et les modèles de réussite féminine font presque oublier leur dure réalité. En effet, aujourd’hui encore, la situation de la gente féminine dans le monde reste exécrable. Ceci, bien qu’il y ait une prise de conscience mondiale sur le sujet.

Pour une énième fois, et au risque d’être long dans notre exposé, il s’avère important de rappeler quelques enfers que vivent les femmes. Cela en espérant que cesse définitivement l’égoïsme et la méchanceté gratuite de certains messieurs.

  • Les violences faites aux femmes

Le terme englobe l’ensemble des comportements violents, individuels et collectifs dirigés contre les femmes. Ces violences sont exercées dans tous les domaines de la vie : au travail, en couple, en famille, à l’école, dans la rue, dans les transports, etc. Elles prennent presque toutes les formes imaginables.

Pour donner une idée du problème, la Banque Mondiale révèle que « le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour les femmes entre 15 et 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis. ».

Comme pour renchérir, Care France avance que : « Aujourd’hui encore : 1 femme sur 3 est victime de violences au cours de sa vie (coups, viol, abus), soit 1 milliard de femmes à travers le monde. 1 fille mineure est mariée de force toutes les 2 secondes, soit plus de 40 000 par jour. Plus d’1 pays sur 2 ne condamne pas le viol conjugal, soit 127 pays au total. Près de 5 000 femmes sont victimes de crimes d’honneur chaque année. 1,36 millions de filles et de femmes sont victimes d’exploitation sexuelle dans le monde. Plus de 125 millions de filles et de femmes vivent avec les séquelles de mutilations génitales. ».

  • Le difficile accès à l’éducation et à la santé

Dans le domaine de l’éducation, selon l’ONG ONE, on enregistre plus de « 130 millions de filles qui ne vont toujours pas à l’école aujourd’hui – pas parce qu’elles ne le veulent pas, mais parce qu’elles n’en ont pas la possibilité ! ». Et les raisons évoquées sont évidemment bêtes.

On évoque les traditions culturelles, la pauvreté, les violences à l’école et sur le chemin de l’école, les menstruations, les mariages précoces et forcés, les grossesses précoces, l’absence de certificat de naissance, les instabilités sociopolitiques, etc.

Dans le domaine de la santé, un pareil sombre tableau peu être dressé. « L’accès aux soins et à la santé fait partie des droits auxquels des millions de femmes sont privées dans le monde, notamment en ce qui concerne leur santé sexuelle et reproductive. ». Plan International

Selon l’OMS (2015), 830 femmes décèdent chaque jour de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement et 99% de ces décès surviennent dans un pays en développement.

  • Les discriminations et le sexisme au travail

On le sait tous, quand bien même une petite proportion de filles parvient à bénéficier de l’éducation, une fois devenue des adultes, l’accès et les conditions du travail sont encore sujets de problèmes pour elles.

Selon une étude de la Banque Mondiale, « dans un certain nombre de pays africains, les femmes ont presque deux fois plus de chances que les hommes de se retrouver dans le secteur informel, et environ deux fois moins de chances d’obtenir un emploi formel que ce soit dans le secteur public ou privé. Bien qu’élevé, l’écart salarial entre les hommes et les femmes varie grandement d’un pays à l’autre. ».

Quant au sexisme, pas besoin d’une enquête spécifique pour le constater. Avec un minimum d’attention, l’on peut aisément relever de nombreux comportements sexistes dans nos attitudes ou dans ceux des autres.

Nous devrions tous être des féministes*…

A ces trois points sus-évoquées, on pourrait ajouter de multiples autres points tels que le difficile accès à la terre, les droits successoraux des femmes bafouées, etc. et nous nous éterniserions à commenter les droits violés des femmes.

En  s’étalant ainsi dans les détails, l’objectif recherché est de faire prendre conscience d’un fait : les filles et les femmes méritent plutôt notre soutien. Car c’est envers et contre tout qu’elles parviennent à se faire une place de choix dans la société actuelle.

Et, pour une société plus juste pour tous, nous devons absolument soutenir et défendre les droits des femmes. Outre la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, à notre sens, la raison est simple. Elle devrait s’appuyer sur deux belles citations.

« Je me considère comme féministe… Ce n’est pas le mot pour désigner une personne qui se bat pour les droits des femmes ? ». Dalai Lama

« J’ai toujours été convaincue qu’en éduquant une fille, vous donnez du pouvoir à toute une nation. » — Reine Rania de Jordanie, militante pour l’éducation des filles


Un best-seller que je recommande :

*Nous sommes tous des féministes, paru le 26 février 2015 de Chimamanda Ngozi Adichie 


Feux d’artillerie en début d’année, la Côte d’Ivoire doit rompre avec la violence !

Avec les feux d’artifice de l’an 2018, on souhaitait définitivement tourner la page des démons de l’instabilité politique. Mais hélas, de nouveaux événements nous interdissent de rêver plus longtemps.

Après les feux d’artifice, les feux d’artillerie

Depuis maintenant cinq ans, Abidjan, vitrine de la Côte d’Ivoire, est connue pour une chose : elle s’affiche chaque fin d’année comme une ville magique et féerique au travers d’un événement particulier : Abidjan, perle des lumières.

En effet, à cette occasion, les bâtiments publics et privés se parent de toutes sortes d’objets lumineux. Les grandes voies et les ruelles sont étincelantes et rivalisent de brillance. Même les citoyens participent à cette grande messe de la lumière, les tirs de feux d’artifice donnent le clou au spectacle.

Magnifique, splendide, époustouflant, abracadabrant, etc. les Ivoiriens ne tarissent pas d’éloges. Et, sous les feux d’artifice, de jeunes tourtereaux roucoulent à l’unisson. Quel spectacle extraordinaire !

Mais, comme le dit l’adage, « les bonnes choses ne durent jamais », et, malheureusement, dans le cas de la Côte d’Ivoire, c’est incontestable. En effet, depuis le quinquennat dernier, aux feux d’artifice succèdent presque toujours les feux d’artillerie.

Ainsi, pour apporter preuve à cette affirmation, il n’est pas besoin de trop loin voyager dans le temps. En 2017 donc, le mois de janvier a été celui de tous les dangers. Ultima Ratio, le blog du Centre des études de sécurité de l’Institut Français des Relations Internationales (Ifri) le relève bien.

« Dans la nuit du 5 au 6 janvier, des tirs ont été entendus à Bouaké : des soldats démobilisés et d’anciens rebelles réinsérés au sein de l’armée ivoirienne ont attaqué la Préfecture de Police et deux commissariats et pris position aux abords de la ville. »

Pour ce début 2018, c’est une situation similaire qui semble se profiler : « Côte d’Ivoire : nouveaux échanges de tirs dans des bases militaires à Bouaké » signale le Monde Afrique. « Côte d’Ivoire: à Bouaké, les dangereuses querelles interarmées » titre RFI Afrique.

Capture d’écran, tweets de Nicolas Pinault du 10 janvier 2018

L’échec des réformes du secteur de la sécurité (RSS) ?

Devant ces scènes de quasi-guerre, qui semblent aujourd’hui devenues ordinaires, on a envie de s’interroger : sachant le traumatisme permanent  des populations, on se demande bien à quoi servent les reformes du secteur de la sécurité. À rien, a-t-on envie de répondre.

On se rappelle qu’à l’époque de la mission de l’ONUCI, une division spéciale était affectée à la RSS. Le rôle de cette division était assez bien connu. Il s’agissait d’appuyer le Gouvernement ivoirien dans la mise en place d’une Stratégie Nationale de la RSS, axée sur six piliers.

Ainsi, avec l’appui de l’ONUCI et de la Force Licorne dans ce domaine, on croyait le problème résolu. Mais que d’illusions !

Capture d’écran du site RFI, réaction de l’ancien Général Français Bruno Clément-Bollée

Peut-être avions nous ignoré une notice telle que celle d’Aline Lebœuf.

« Toutefois, ce sont les Ivoiriens qui doivent eux-mêmes, aujourd’hui, proposer des réformes qui leur conviennent. Un expert étranger ne peut servir que de poil à gratter, de stimulant pour aider à mettre en mots des enjeux qui restent souvent tabous et non exprimés parce qu’ils sont jugés trop sensibles. ».

C’est pourquoi, aujourd’hui, il faut arrêter de se beurrer les yeux. Car, le sentiment de sécurité des populations ivoiriennes est à mille lieux de celui des New-yorkais et des Genevois. De ce fait, il faut donc prêter une attention particulière aux recommandations en vue de « mettre en place des relations civilo-militaires constructives et non crisogènes ».

À cet effet, il semble utile d’énumérer certaines pistes de solutions proposées par l’IFRI. Il s’agit dans un premier temps de construire une armée nation, de définir des missions et des engagements clairs pour les forces. Dans un second temps, il faut repenser la formation et la sélection des militaires. Et enfin, il faut aussi réaliser des investissements pour la formation et l’équipement de la gendarmerie et de la police.