Gaïus Kowene

En République démocratique du Congo, cinq informations sur le procès Vodacom Congo

Vodacom Congo est devant la justice avec un jugement qui sera prononcé le 13 Octobre 2017 à la court d’appel de Kinshasa/ Gombe. Malheureusement, les medias ne sont pas autorisés à couvrir ce procès, sur requette de la compagnie de télécommunication. Je vous explique ici en 5 points ce qui se passe vraiment.

Par Gaïus KOWENE

Vodacom
Image d’un shop Vodacom Congo en 2003 (Photos droits tiers sur flickr)

1. LE PROCES : Vodacom – RDC, l’une des plus grandes compagnies de télécommunication de la RDC est comme une sous-branche de Vodacom South Africa. Installée en RDC depuis 2002, cette compagnie a plus de 8.5 millions d’abonnés, avec une large couverture dans les coins reculés de la RDC, soit 800 milieux ruraux. Dans ce procès, Vodacom RDC est au banc des accusés. Le plaignant, Congo Wireless Network, CWN, anciennement connu comme GSM, détient 49% des parts dans Vodacom RDC.

2. L’ACCUSATION : Des sources judiciaires ont indiqué à la radio Onusienne, Radio Okapi, que Congo Wireless Network accuse son partenaire Vodacom International de «gestion opaque» ayant entrainé un déficit de 600 millions de dollars américains depuis 2005. C’etait en début novembre 2016. La plainte a été déposée à la court d’appel de Kinshasa/ Gombe.


3. AUCUN BENEFICE EN 15 ANS : Depuis 15 ans, CWN dit n’avoir jamais reçu ses dividendes. Pourquoi? Eh bien, parce que, selon les gestionnaires de Vodacom Congo, la compagnie n’a jamais enregistré de bénéfice depuis 2005 jusqu’à ce jour. Okay! Mais, je me demande, comment fonctionne une entreprise qui n’a jamais enregistré de bénéfice en 15 ans? Comment continue-t-elle à payer ses employés et entretenir son équipement? Moi, en tout cas, je ne sais pas. J’espère seulement qu’ils ont eu des investisseurs qui restaient pendant toutes ces années sans jamais rien recevoir en retour sur leur investissement.

4. LE VRAI-FAUX ARRET DE LA COURT : A maintes reprises, CWN a essayé d’accéder aux rapports financiers de Vodacom, mais en vain. D’où, la nécessité d’engager une procédure judiciaire qui a abouti à un arrêt de la court autorisant un audit externe indépendant à conclure dans 3 mois. Informé de la décision de la justice, Vodacom a sorti un autre arrêt de la même court, signé par le même juge exprimant exactement le contraire de l’arrêt précédent. Qui dit vrai, qui dit faux?

5 UN PROCES POUR FAUX ET USAGE DE FAUX: C’est ainsi qu’une autre procédure judiciaire a été lancée le 25 Août 2017 pour faux et usage de faux, à la court d’appel de Kinshasa/Gombe. Les accusés sont: Chantal Losembe Yoweli, Directeur juridique de Vodacom Congo; Claude Mpisomi Botike juge au Tribunal de Commerce de la Gombe et Jean Marie Mbuyi Kabeya, Avocat-conseil de Vodacom Congo. Le jugement sera rendu d’ici le 13 Octobre.

Comme je finis ce billet de blog, deux questions restent dans ma tête:

si c’est vrai que Vodacom RDC n’a jamais enregistré de bénéfice depuis 2005 et qu’il n’a rien à cacher, pourquoi alors essayer de bloquer l’audit et même empêcher les journalistes de couvrir le procès? Qui est derrière Vodacom RDC pour qu’il ait le courage de falsifier un arrêt de la court d’appel de Kinshasa/ Gombe, tout en sachant que ça serait facile de le vérifier?

Si vous avez une idée de réponse, merci de me le laisser en commentaire.

 

 


RDC : comment rapprocher les médias des personnes marginalisées afin qu’elles aient enfin une place dans la presse ?

En RDC, les médias traditionnels ne parlent pas des personnes marginalisées, ils évoquent uniquement ce qui concerne les nantis, l’élite. Obliger les personnes marginalisées à payer pour avoir bonne presse ? Difficilement acceptable… Autrement, elles se voient obligées de se taire, mais cela revient à restreindre leur liberté d’expression et à quasiment annuler leur visibilité dans la société. Comment faire pour changer la donne?

Par Gaïus KOWENE

Media
Conversation de la campagne #TogetherWeSpeak à Goma, dans l’est de la RDC (Crédit photo: Bernadette Vivuya)

En marge de la campagne #TogetherWeSpeak – lancée par l’Alliance Mondiale pour la participation citoyenne (CIVICUS)- les blogueurs congolais (réunis au sein de la blogosphère Gomatracienne, #BloGoma), ont organisé une conversation afin de rassembler des personnes dont le point commun est d’être toutes très rarement interviewées par les médias. Des membres de la division provinciale de l’association Compassion Albinos et du comité provincial paralympique ont pris part à la rencontre.


Les discussions ont permis d’aborder deux questions : pourquoi les médias « oublient »  les groupes marginalisés et pourquoi ces groupes n’approchent pas d’eux-mêmes les médias ?


Comme toujours, la question de l’argent est revenue sur la table. L’argent, le nerf de la guerre…  Les médias n’ont pas d’argent, ils doivent donc marchander leurs sujets pour pouvoir survivre. Doit-on comprendre qu’en RDC la liberté d’expression est avant tout économique ?

Et ce n’est pas tout ! John Kalala, le directeur de la Radio locale Shekinah FM, a soulevé un autre point important : le complexe d’infériorité qui empêche certaines personnes marginalisées d’approcher les médias. Cela peut paraître étonnant, mais, parfois, ces personnes refusent de parler aux journalistes. Cela s’explique par le fait elles n’ont pas assez confiance en elles, elles n’osent pas prendre la parole et trouvent des excuses pour éviter de s’exprimer dans les médias. Pourquoi cette peur ? C’est surtout dû à l’image que les gens ont des journalistes : un journaliste est considéré comme un « super-homme », les gens ordinaires ont cette image parce-qu’ils voient que les journalistes ont « du réseau » et passent beaucoup de temps avec des personnes influentes. Les personnes ordinaires s’autocensurent parce-qu’elles ne se sentent  pas à la hauteur, quel dommage !


Voici une vidéo qui résume bien la conversation qui a eu lieu, avec comme sujet :
“La Majorité oubliée: comment aider la masse à occuper l’espace civique”

D’où, la nécessité d’organiser des activités de rapprochement entre les medias et ces groupes marginalisés, tout en initiant les médias l’entreprenariat grâce aux activités génératrices de recette. A cela s’ajoute aussi le processus de création des médias et le contrôle de l’autorité de régulation.

Face à ce constat, il est important de réagir. D’où l’envie d’organiser des activités de rapprochement entre les médias et les groupes marginalisés. Et, comme le problème est aussi économique, nous organisons des ateliers pour initier les médias à l’entreprenariat, ainsi, grâce à des activités génératrices de recette, nous espérons changer la donne. A cela s’ajoute aussi le processus de création de médias et le contrôle de l’autorité de régulation.

Dernier point, ces rencontres permettent aussi  aux personnes qui vivent avec albinisme de profiter des réseaux sociaux, elles peuvent ainsi attirer l’attention des médias traditionnels sur leur situation.En RDC, pays où moins de 7% de la population a accès à internet, les médias traditionnels gardent aujourd’hui encore un grand pouvoir.

Que pensez-vous de ce sujet ? Comment multiplier les échanges avec les groupes marginalisés et comment arriver à renforcer l’accès aux médias pour des groupes ? Donnez-moi votre avis en commentaires ci-dessous.


RDC : de l’aluminium pour amplifier son Internet

L’Afrique est réputée pour sa lente connexion Internet. Mais parfois certains gouvernements ordonnent la réduction du débit pour pénaliser les web-activistes. Du papier d’aluminium ou une cannette vous suffisent pour l’amplifier.

Par Gaïus Kowene

Le blogueur Gaius Kowene utilise un ordinateur
Le blogueur Gaius Kowene utilise un ordinateur

En ce 19 décembre, la RDC vit une ambiance de guerre. Les militaires, armés jusqu’aux dents, patrouillent les rues de la plupart des grandes agglomérations. Des manifestations de jeunes sont empêchées et beaucoup préfèrent rester à la maison.

Pourquoi amplifier votre Internet?

Les médias traditionnels étant sous haute surveillance et souvent muselés, Internet reste le premier moyen par lequel la population s’informe et informe le monde, en temps réel, de tout ce qui se passe.

Malheureusement, le gouvernement, qui avait promit de couper Internet, a plutôt opté pour une option qui consiste à réduire sa vitesse et empêcher ainsi les gens de publier des fichiers lourds comme des photos ou des vidéos.

Comment contourner cette restriction ?

La première technique est la plus simple : si vous avez du papier d’aluminium à la maison, prenez un plat et couvrez la partie sur laquelle vous mangez avec ce papier. Placez ce plat contre un mur. De préférence, le plat doit se trouver face à une fenêtre ouverte, un peu comme une antenne parabolique. Placez les antennes de votre router (modem) près du papier d’aluminium et c’est parti ! Regardez comment votre connexion va s’amplifier.

Si vous n’avez pas de papier d’aluminium, vous pouvez en acheter dans une boutique au quartier.

Pas de papier d’aluminium ? Les boîtes de nourriture à emporter servent aussi !

Vous pouvez acheter les boîtes qu’utilisent les restaurants pour emballer la nourriture à emporter. Ces boîtes contiennent souvent de l’aluminium, pour garder la nourriture chaude. Il suffit de placer la boîte contre le mur, face à une fenêtre, et y mettre votre router (modem). Ça devrait aller.

Je mets ici une vidéo Youtube pour vous faciliter la tache.

De la bière ou du soda. Ça vous dit?

La deuxième technique consiste à prendre une cannette de bière ou de soda. Pour ceci, vous avez besoin d’une paire de ciseaux ou un couteau.

Après avoir vidé la cannette de son contenu, couchez la sur son tronc (si on peut l’appeler ainsi). A l’aide de votre paire des ciseaux ou de votre couteau, détachez le disque rond sous la cannette. Résultat : l’ouverture créera un gros trou qui vous permettra de voir l’intérieur de la cannette.

Ensuite, commencez par couper l’autre disque qui referme cannette à l’autre bout.  Sauf qu’ici, ne coupez pas complètement. Laissez une petite partie du disque attachée au tronc de la cannette.

A présent, attaquez-vous au tronc de la cannette. Replacez votre canette en position verticale. Coupez le tronc du haut vers le bas, ce qui vous donnera la possibilité d’étaler la cannette en position plate sur le sol. Comme pour le plat en aluminium, placez la cannette contre mur, si possible face à la fenêtre. Le coté extérieur de la cannette doit toucher le mur pendant que l’antenne de votre router est en contact avec le coté intérieur.

Voici un autre tutoriel:


Nous avons marché sur Bangkok, non, plutôt Abidjan! (Partie 2)

Ce billet la suite d’un premier publié sur ce blog. Vous pouvez le lire ici.

Ville d'Abidjan bue depuis l'Université Félix Houphouet Boigny (Crédit photo: Gaius Kowene)
Ville d’Abidjan bue depuis l’Université Félix Houphouet Boigny (Crédit photo: Gaius Kowene)

Par Gaïus Kowene

Abidjan c’est Bangkok

Cette journée là, nous nous sommes pilonnés la tête avec des termes de sécurité numérique un peu complexe et des exercices qui cassent les nerfs (mais, formidables, au finish). Avec Salma, nous avions décidé de sortir, aller manger dehors, question d’aérer son cerveau et découvrir Abidjan.

Heureusement pour nous, nous avions la bonne adresse : Riviera 2. Il suffisait d’une dizaine des minutes de marche pour sortir de l’enclos de l’Université Félix Houphouet Boigny, un taxi jaune ou rouge (la différence entre les deux est que les jaunes ne quittent une commune et coûtent moins par rapport au rouge) et nous y voilà !

Sur place, l’ambiance rappelait les descriptions des villes dans des romans Africains. En faisant un tour dans le coin, nous découvrons Bangkok. Ah…. Oui, le Bangkok qui ne se trouve pas en Thaïlande. Sur quoi se sont-ils basés pour l’appeler ainsi, je ne sais pas. Coup d’œil à l’intérieur, des filles Ivoiriennes (je présume) à la peau dépigmentée et aux mèches brésiliennes y attendaient, visiblement, des potentiels clients en quête de quelques minutes de plaisir. Comme la musique était trop basse et ne nous a pas plus, nous sommes sortis pour commander notre nourriture : Aloco (frites des bananes plantains), poissons et viande de mouton appelée localement Shukuya.

« Ne mettez pas de piment dans notre nourriture » – Salama instruisait la vendeuse qui s’est empressée de répondre :

« Oui, je vais seulement mettre un peu. »

« Non ! Pas question ! N’y mets pas même ce peu là. »

La vendeuse ne comprenait pas pourquoi nous insistions sur « pas de piment. »

C’est là qu’intervient l’histoire au tout début de cette série d’articles.

Un bon Dimanche, nous sommes sortis manger à endroit appelé Maroc, à Youpougon. C’est l’un des quartiers chauds d’Abidjan. Comme nous avions déjà l’expérience du piment ivoirien, nous avions demandé que notre cuisinier n’en mette pas dans notre poulet. Il a promit de mettre « juste un peu. »

Haaaaa !!!!! Si je vous dis que c’est ce « juste un peu » la qui m’a fait couler des larmes, de la morve et m’a fait pleurer comme un idiot. Eugène et Salma qui étaient avec moi ce jour là se souviennent bien de ce qui s’était passé. Depuis, nous avions juré d’exiger une nourriture sans piment. Pas même le « juste un peu » en tout cas, plus jamais !

Voila ce qui justifie pourquoi Salma insistait chez cette vendeuse de ne pas mettre de piment, pas même un peu.

Nous irons donc patienter notre commande a l’étage pour avoir une vue sur la route principale. Nous traversons un hangar en bas ou des tables sont entassées, on dirait des abeilles dans une ruche. Et….. Comme par surprise….. un asiatique y mange la nourriture locale !

Voilà ! Il ne manquait plus que ça pour confirmer que nous sommes bel et bien à Bangkok. Et j’ai choisi ça comme thème parce que pour beaucoup, tout le monde à l’apparence asiatique est forcement « Chinois. » Selon un livre que j’ai lu récemment, certains (qui ne sont pas chinois) se sentent frustrés d’être identifié ainsi. Donc, il existe aussi des Cambodgiens, des Malaisiens, des Birmans, des Thaïlandais, etc… Tous ne sont pas chinois !!!!

Nous avons donc marché sur Bangkok à Abidjan, parce que sur la lune c’était déjà fait (pas par nous, bien sur).

La marche ne s’arrête pas ici. Je suis parti nager à la plage de Grand Bassam dont j’ai tant entendu parlé et admiré des photos des mondoblogueurs venus ici l’année précédente. L’expérience était superbe et le jus frais des coco aussi succulent. Et… en voyant des déchets à coté de la plage, j’ai eu l’idée folle de créer (a l’avenir) une entreprise qui se chargerait de récolter ces déchets pour fabriquer des objets d’art a vendre aux touristes qui viennent a la plage. Je ne suis pas sur de pouvoir le faire, mais, j’encourage quiconque connais quelqu’un qui a les moyens et le courage de s’engager !

Que des bons souvenirs d’Abidjan !!!!!

>>>>>>>>>>> (re) Lire la première partie de ce billet


Comment combattre la corruption ?

Dans ce billet de blog, je partage avec vous les 4 choses qui ont attiré mon attention en parlant corruption pendant le Forum de la société civile organisé à Abidjan par la BAD.

Par Gaïus Kowene

Crédit photo: Gaïus Kowene
Crédit photo: Gaïus Kowene

Le 28 Mai dernier, j’ai pris part au Forum de la société civile Africaine à Abidjan. C’était en marge des assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement.

Dans ce billet, je vais donc partager avec vous 4 choses importantes qu’il faut absolument savoir sur la corruption pour bien la combattre. Bien sûr, j’y ai ajouté un peu de ma réflexion personnelle aussi (juste un peu).

Comme toujours, ceci n’est pas la parole d’évangile. Sentez-vous libre de dire ce que vous en pensez de façon constructive ici en commentaires.

1. La perception de la corruption est aussi importante que la corruption elle-même

Certaines personnes pensent que la corruption fait partie intégrante de la culture Africaine et que ce n’est pas si grave. « Nous avons toujours vécu ainsi et ça nous va » disent certains. « C’est la règle. Ça marche comme ça ici » diront d’autres.

Donc, avant même que la corruption ne soit là, notre perception d’elle détermine ce que sera notre attitude quand elle sera là. Si vous voulez lutter contre la corruption, c’est mieux de commencer par changer la perception que les gens ont de la corruption. Qu’ils arrêtent de la considérer comme un mode de vie ou comme une sorte d’identité culturelle ou de particularité de leur région.

2. Au-delà des chiffres, la corruption affecte des êtres humains

Je revois encore la blogueuse Ghanéenne qui a soulevé ce point. Certains dans l’audience parlaient beaucoup du scandale de la corruption au sein de la FIFA qui a fait intervenir des gros montants. Mais, sa question était :

« Pensez au malade qui ne peut être soigné a temps parce qu’il n’a pas d’argent pour corrompre. (Silence dans la salle). Pensez à cet élève qui ne peut passer ses examens seulement parce qu’il n’a pas corrompu. Pensez à cette mère de famille qui ne peut exercer son petit commerce car coincée par des gens qui exigent la corruption. »

Cet exercice mental a fait pris conscience au public que parler corruption n’est pas seulement parler des chiffres abstraits. C’est parler d’êtres humains dont le quotidien est sans cesse bouleversé par cette pratique.

3. Des OSC exigent la transparence dont elles ne font pas preuve

Même si ce point a fait rigoler beaucoup de gens dans la salle, c’est une des vérités qu’on ne se dit pas souvent. Il y a des organisations de la société civile qui critiquent le manque de transparence de leurs gouvernements ou de certains acteurs économiques. Mais, si on voit de près, ces organisations font exactement ce qu’elles reprochent aux gouvernements.

Participants au #CSOForumAbidjan (crédit photo: Cheikh Fall )
Participants au #CSOForumAbidjan (crédit photo: Cheikh Fall )

Donc, avant d’essayer d’endiguer le manque de transparence dans la gestion de la chose publique ou dans les transactions entre gouvernement et partenaires, commençons par le faire dans nos organisations respectives. Jouer au malin n’aidera pas à régler le problème.

4. Avoir une information, oui, et après ?

Nous sommes tous d’accord sur l’importance pour la population d’être informée de tout ce qui se passe, et plus particulièrement en matière de corruption. Mais, ça ne suffit pas. Il faut aussi développer la capacité de cette population à agir. Avoir une information qu’on n’utilise pas c’est comme pire que n’avoir aucune information. Et c’est ici que revient la question qu’un des panelistes avait posé : « Dénoncer la corruption et autres vices peut vous couter votre boulot. Etes-vous prêt à le perdre ? »

Nous sommes tous dans le même bateau. Soit nous mourrons tous, ou nous nous en sortons tous. Ne pensez pas que vous pouvez vous sauver seul en taisant des telles pratiques. Tôt ou tard, ça vous coutera cher. Quand on a des informations avérées et des preuves de la corruption, n’hésitons pas à en parler ouvertement et… si prudence s’exige, filer les documents a un site web de whistle blowing.

Et vous ??? Pensez-vous qu’il y a autre chose d’important qu’il faut savoir sur la corruption ? Sentez-vous libre de partager en commentaire ici. Tweetez aussi avec le hashtag #CSOForumAbidjan


5 erreurs graves des fous amoureux

Ce billet explique aux actuels ou futurs fous amoureux quels erreurs éviter pour une vie épanouie, peu importe la suite de sa situation.

Par Gaïus Kowene

Les amoureux de Saint Mathieu

 

Il y a quelques semaines, pour la première fois de ma vie, je suis tombé fous amoureux d’une fille. Bien que gardant toutes mes facultés mentales en marche, je ne me suis pas reconnu. J’avais l’impression de vivre dans un chaos organisé que personne autour de moi ne pouvait comprendre. Comme mon amour pour cette fille était plus fort que moi, j’ai fourni des efforts impossibles pour lui exprimer ce que je ressentais.

C’est vrai que ça n’a pas marché, mais, je crois avoir beaucoup appris de cette première experience. Raison pour laquelle j’aimerais partager des leçons apprises avec tous ceux qui sont ou pourront tomber fous amoureux un jour.

Je ne cesserais de le dire : mes billets de blog ne sont pas des paroles d’évangiles à avaler sans mâcher. Je ne fais que parler de mon expérience et aimerai bien avoir votre avis aussi sur le sujet.

Alors, pour aller droit au but, voici les 5 erreurs graves que j’ai commises pendant la recherche de ma moitié perdue, ou âme-sœur, comme le disent certains. Et, vous savez, si quelqu’un a appris de ses erreurs, ce ne sont plus des erreurs. Mais, plutôt, des expériences nécessaires pour mieux avancer.

1. Sortir de sa fréquence (agir par la peur)

Personnellement, je crois que tout l’univers fonctionne sur base des fréquences, un peu comme la radio ou la télévision. Si je veux avoir une certaine personne dans ma vie, je n’ai pas à courir le monde entier pour l’avoir. Il me suffit de me connecter sur sa fréquence et automatiquement, cette personne sera là (Vous n’êtes pas obligé à croire la même chose).

Malheureusement, quand j’ai vu que mon rêve commençait à se réaliser, j’ai paniqué. Une réaction tout à fait normale pour un humain. J’ai commencé à avoir peur de perdre cette personne. Poussé par cette peur, je me suis précipité à l’avouer mes sentiments tout en sachant que c’était précoce et qu’à ce stade, j’avais zéro chance de réussir.

Pour tirer une leçon de cette erreur, je me suis posé un certain nombre des questions :

 »Cette personne m’a dit qu’elle n’était pas sur de vouloir rester au Congo. Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’elle décide de revenir et plus précisément dans ma ville? Rien. Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’elle soit exactement là où je suis et qu’elle me fasse un peu confiance ? Rien. Alors, pourquoi essayer de faire quelque chose maintenant alors que je n’ai rien fait dès le début ? »

Je n’avais pas compris qu’en ne faisant rien, je faisais en fait quelque chose de très puissant. J’utilisais le pouvoir de l’imagination. Et ça marchait déjà, parce qu’elle etait la, devant moi. Mais, seulement parce que j’avais peur de la perdre, je ne me suis pas rendu compte que je sortais de ma fréquence ou elle s’était déjà connectée. Donc, je la perdais volontairement, mais inconsciemment.

2. Confondre l’amour à l’attachement

En parlant de cette partie, je me souviens qu’elle m’a une fois dit :

« Gaïus, j’ai comme impression que tu es très formel et aime beaucoup mettre les chose sur une ligne droite. »

En fait, oui, elle avait raison, sauf que je ne m’étais pas encore rendu compte. J’ai oublié qu’aimer quelqu’un n’est pas synonyme de s’attacher à cette personne. Selon l’auteur Américain Deepak Chopra, aimer quelqu’un c’est le laisser libre de ne pas ressentir ce que vous ressentez pour elle.

En d’autres termes, je n’ai pas besoin de l’autorisation de quelqu’un pour l’aimer. Elle peut être d’accord ou pas, mais, je suis le seul à décider de ce que j’aime ou pas. Tandis que pour s’attacher à quelqu’un, on a besoin de l’accord de cette personne. Un pari perdu d’avance parce qu’on a aucun pouvoir sur la personne. Elle est la seule à décider avec qui elle veut ou ne veut pas être.

Interview de l’auteur Americain Deepak Chopra sur l’âme-sœur

Autre chose, si vous vous attachez à quelqu’un, c’est comme si vous braquez votre torche droit dans ses yeux. Comment voulez-vous qu’elle regarde votre visage ? Comme le soleil, laissez votre lumière briller et éclairer tout le monde. C’est comme ça qu’elle vous verra (peut être plus facilement).

3. Trop réfléchir au lieu ressentir

Ça, ça arrive souvent quand on est seul, dans son moment d’intimité avec soi-même. Là, tu commences à philosopher, à disséquer toutes les phrases qu’elle a dites et essayer de deviner ce qu’elle pensait en le disant. Le problème ici c’est que toutes tes conclusions seront basées sur des expériences passées d’autres personnes et non sur ce cas spécifique. Pour mon cas, chaque fois que je méditais le soir, je sortais toujours avec des hypothèses bizarres du genre :

« Soit cette fille ne m’aime pas et elle veut juste être gentille parce qu’elle a peur de me blesser ou c’est une fille qui m’aime bien, a de l’expérience, mais, ne veut pas seulement répéter ses erreurs du passé. »

J’ai commencé à planifier mes actions sur base de mes réflexions tout en sachant que je ne savais pas grand-chose sur ce qu’elle pensait. Pourtant, si on ferme un peu la bouche de son cerveau et qu’on laisse nos émotions nous dire ce qu’aucun mot ne peut exprimer, nous comprendrons beaucoup plus qu’en argumentant des blah blah blah.

Quand je l’avais compris, je me suis promis de trop ressentir et peu réfléchir. Et je me souviens même le jour où elle m’a dit qu’elle préférait qu’on reste amis, je lui ai fait faire la même promesse. Qu’elle le respecte ou pas, je voulais seulement qu’elle y pense un peu. Parce que notre société actuelle nous encourage à faire usage de la « raison » et ignorer notre « intuition ».

Ne pensez à rien ! Juste ressentez ce que vous ressentez pour la personne, peu importe les circonstances. Laissez vos sentiments vous dire ce qui se cache au fin fond de vous au lieu d’essayer de vous consoler par des raisonnements qui ne tiennent pas debout.

4. Se mettre inutilement la pression

J’écris ceci en riant, parce que je la revois encore en train de me demander :

 « Gaius, tu me dis que tu as bien compris que je veux seulement rester ton amie. Pourquoi alors tu insistes ? »

Comme moi pendant ce temps, beaucoup des fous amoureux se mettent d’abord trop de pression sur eux même. Et quand ils voient que ça ne marche pas, ils commencent à mettre pression sur l’autre.

J’ai appris qu’en vous mettant trop de pression pour rien, vous pensez que vous êtes obligés à faire ceci ou cela. Vous pensez que si elle ne dit pas oui, c’est que vous avez échoué. Vous pensez que c’est anormal qu’un humain ne comprenne pas votre situation.

Oui, d’accord ! Mais, en vous mettant trop de pression, vous n’améliorez rien. Vous fatiguez vos nerfs inutilement et gaspillez une énergie qui pouvait vous aider à faire autre chose.

Laissez la rivière couler ! Si vous avez de la matière pure, elle résistera à l’épreuve du feu. Vous mettre trop de pression ou essayer de la mettre trop de pression en insistant ou en la menaçant ne vous aidera à rien. Je me répète, laissez la vie vous amener vers ce qui vous appartient. Et pour ça, vous devez être prêt à accepter de laisser tomber ce qui n’est pas à vous (même si vous pensez que c’est exactement ce que vous vouliez).

5. Dire non à sa propre vie

Cette situation m’est arrivée quand j’étais dans la phase ou j’attendais la réponse de la fille et commençais à pressentir que ça ne marcherait pas. Effectivement, après, elle est venue me dire que ça ne marchait pas.

Tout en acceptant sa décision, à un moment je commençais à croire naïvement qu’elle était en train de tester ma patience. J’ai compris que ce n’était pas le cas. Si elle dit non, ça signifie tout simplement non et rien de plus.

D’où, je ne peux pas m’empêcher de vivre ma vie seulement parce que j’espère qu’un jour elle changera d’avis. J’ai compris que je ne dois pas dire non à ma vie à cause d’une personne qui a dit oui à la sienne.

J’ai compris que ma vie est trop courte et surtout précieuse. Je devais la passer à profiter de chaque seconde plutôt que de la gaspiller en attendant un oui qui n’arrivera jamais.

Je me rappelle les paroles de Lisa Nichols qui a dit que dans cette vie, chacun dispose d’un cahier ou il écrit ce qu’il désire vivre. Cette fille a le droit d’écrire dans son cahier tout ce qu’elle veut. Le simple fait qu’elle me montre ce qu’elle a écrit dans son cahier ne m’oblige pas à copier la même phrase dans le mien.

J’ai encore mon cahier, j’ai encore mon stylo. C’est à moi de décider ce que je veux écrire ou pas dans mon cahier. Comme elle est libre de décider de ce qu’elle veut vivre, je suis aussi libre de décider de ce que je veux faire de ma vie.

Donc, chers fous amoureux, ne vous empêchez pas de profiter de chaque seconde de la vie parce que vous attendez que quelqu’un ai pitié de vous et change d’avis (un jour). Ça n’arrivera jamais. Le seul moyen sûr d’être heureux, c’est de se donner ce bonheur au lieu de l’attendre de qui que ce soit.

Interview de Lilou Mace, coach en développement personnel, sur l’importance de se donner autant d’amour que possible.

Et vous ? Avez des leçons apprises comme ça de la vie que vous aimeriez partager avec nous ? Laissez-nous un commentaire.


5 cadeaux pour s’assurer une année réussie

Nature

Par Gaius Kowene

En cette période de fin d’année, je vois beaucoup de personnes faire le bilan des 12 mois passés. Dans tous les cas, il y a des hauts et des bas, des réussites et des échecs.

C’est surtout le moment de faire des résolutions pour l’année qui va commencer. Ce moment où l’on se promet de changer, de s’améliorer, bref, de passer à la vitesse supérieur. Malheureusement, les études montrent que 88% de ces résolutions échouent.

Bon, là n’est pas mon problème !

Que vous réussissez ces résolutions où pas, vous pouvez toujours vous assurer une année réussie, pleine de bonheur et surtout des miracles.

Des miracles ? Oui, des miracles ! Je ne veux pas parler de religion ou quelque chose de pareil. Je veux plutôt parler de ces occasions ou l’univers entier agira de façon inattendue en votre faveur, pour rendre vos désirs les plus fous réels.

Donc, déjà pour commencer, voici les 5 cadeaux que je vous propose d’offrir des maintenant et pour le restant de votre vie. C’est gratuit, mais vous rembourse au centuple.

1. Donnez l’amour

Je ne veux pas rentrer dans des définitions livresques expliquant ce qu’est l’Amour. Je comprends l’Amour comme un sentiment profond, je veux dire qui va au delà de l’affection et de l’attachement à un être ou un objet. C’est le plus beau, grand et meilleur cadeaux que vous puissiez donner en cette période et tout au long de votre vie restant !

Je vous invite donc à être Amoureux (avec A majuscule). Une question me traverse la tête : pourquoi limiter votre amour à un individu, un groupe d’individu ou des choses alors que vous pouvez l’offrir à tout l’univers ? J’ai bien dit l’Univers hein ! Pas seulement à la planète terre. Aimez la vie, aimez sincèrement les gens sans préjugés. Je veux dire, ressentez cet amour au plus profond de vous et relâchez-le !

Offrez votre Amour régulièrement et vous recevrez autant ! Vous vous imaginez ce dont un homme est capable pour une femme qu’elle aime vraiment ? Eh bien l’univers, je répète bien l’univers et non la terre, est capable de beaucoup plus pour vous si vous abondez en Amour !

Allez, donnez l’amour, le vrai amour sans préjugé ni arrière pensée ! Sans rien attendre de retour ! Aimez tout, même vos bêtises, vos échecs, vos insuffisances, vos ennemis ! Juste, aimez ! Et l’univers sera votre complice ! Les gens autour de vous diront que vous avez de la chance et d’autres que vous êtes devenu sorciers. Ne croyez pas en ce que je viens de vous dire ! Testez et vous m’en direz des nouvelles !

Choisir entre la peur et l’amour. Une vidéo de Lilou Macé

2. Donnez l’attention

Quand je parle de l’attention, je me souviens du roman La solitude du Vainqueur de Paulo Coelho, où l’un des personnages assassine une fille innocente en pleine rue. Mais, comme c’est chacun dans son chacun, personne ne l’a vu. Les gens étaient occupés à faire leurs affaires sans accorder l’attention à leur environnement. Un garçon était concentré à écouter de la musique sur son ipod avec écouteur, un couple des vieillards étaient trop occupés à se faire des témoignages d’affections, etc… et quelqu’un mourait juste a coté !

Si vous ne le saviez pas, vous ne faites pas partie d’un environnement quelconque ! Vous êtes cet environnement ! Si vous vous permettez de l’ignorer, vous serez surpris par tous les coups bas que vous recevrez de lui !

The real you, qui êtes vous réellement? Un vidéo d’Alan Watts

Donc, l’autre cadeau que vous pouvez offrir en cette période et le restant de votre vie est bel et bien l’attention !

Accordez de l’attention à toutes ces personnes qui en ont besoin autour de vous ! Pas seulement aux personnes bien sapés ! Même à ces personnes que tout le monde évite, offrez-leur de l’attention au delà du nécessaire ! Mettez-vous à leur place ! Qu’est-ce que vous aimeriez que quelqu’un qui vous regarde dans cette situation fasse pour vous ? Je vous assure, vous agirez de façon automatique, sans que quelqu’un n’ait à vous dire quoi faire.

Allez, je sais que vous êtes très occupés, vous avez beaucoup de choses à faire, mais, offrez de l’attention à ceux qui en ont besoin et même à ceux qui pensent ne pas en avoir besoin ! Ça changera votre vie !

 3. Envoyez une pensée

C’est ici que certains me trouveront un peu fou peut-être ! Mais, je me demandé : est-ce que votre objectif est de donner ou bien que la personne sache que vous avez donné ?

Ici, c’est quand vous êtes seul dans votre moment d’intimité avec vous-même (si vous en avez au moins). Alors, pendant ce temps précieux que vous vous donnez, envoyez une pensée a une personne précise ! Visualisez cette personne très heureuse, en forme, pleine de self confidence, souriante et tout ! Ressentez ça et accrochez-vous à cette pensée pendant un moment !

Je sais qu’au debout ca ne sera pas facile parce que l’homme a près de soixante milles pensées par jour ! Alors, si je vous demande d’en offrir un seul, ce n’est quand même pas grand-chose ! Pourtant, ca vous rapportera beaucoup ! Testez ce qu’on appelle Le pouvoir de la compassion ! Je peux vous garantir que vous aurez une vie miraculeuse, pour ne pas dire magique !

 4. Donnez un regard !

Dans ce monde où les gens sont occupés, peu sont ceux qui pensent à donner un regard gentil à leur entourage ! Mettez votre ordinateur de coté ou éteignez carrément votre Smartphone pendant ces 15 minutes ! Offrir un simple regard doux à toute personne qui vous rencontre changera et la personne et vous-même ! Mais, attention, je ne parle pas ici d’un regard suggestif, avec des arrière-pensées ! Je parle d’un regard franc, honnête, ouvert et ouvre le cœur au monde ! Si vous ne le saviez pas, offrir un regard à une personne est un moyen de se connecter à la personne, être dans une harmonie impossible avec elle. Je ne parle pas de regard menaçant ! Un regard doux, le genre de regard qui berce, qui noie !

C’est gratuit ! Offrez un regard en cette période et tout le restant de votre vie a votre entourage ! Ca fait du bien !

 5. Offrez un sourire

Ça, tout le monde qui m’a déjà rencontré sait que je suis champion en ça ! Commencez même maintenant ! Souriez ! Oui, juste pour rien comme ça ! Offrir un sourire chaud créé une ambiance unique ou vous êtes ! Les gens voudront rester avec vous longtemps et ne vous oublieront jamais !

Souriez à tout moment, peu importe les circonstances ! Juste, souriez ! C’est une clé magique pour vous ouvrir toutes les portes sans aucun effort ! Souriez à tout le monde et à tout temps !


Paix, un business qui rapporte beaucoup

Que pensent vraiment les habitants de Goma du concert de Akon ce 21 Septembre 2014 à l’occasion de la journée internationale de la paix?

Par Gaius Kowene

Affiche du concert de Akon à Goma ce 21 Septembre 2014, journée mondiale de la paix (Crédit photo: www.peaceoneday.org
Affiche du concert de Akon à Goma ce 21 Septembre 2014, journée mondiale de la paix (Crédit photo: www.peaceoneday.org

La RDC est célèbre pour ses deux décennies de guerre et la mafia internationale de pillage de ses ressources naturelles.

Depuis un moment, de plus en plus d’initiatives naissent « au nom de la paix ». Ces initiatives sont l’œuvre soit des Congolais, soit des étrangers. Pourtant, sur le terrain, peu ou presque pas de résultat concret. La paix est devenue une sorte de business pour justifier beaucoup d’argent qu’on reçoit d’un bailleur x, sans construire la communauté locale. Il suffit de faire juste quelque chose, même du n’importe quoi ! Mais, tant qu’on a collé le nom « paix » ou « Amani » en Kiswahili [Le kiswahili est une langue d’origine Arabe parlé en Afrique de l’Est], le bailleur ne posera plus de question. Et c’est le même discours partout dans ces endroits !

D’ailleurs, je crois que le business de la paix rapporte beaucoup, surtout pour son cousin, le business de la guerre.

C’est-à-dire on crée une guerre qu’on entretient soigneusement pendant des années, en profitant du chaos pour piller les ressources de la région et affaiblir les organisations locales sensées épauler l’Etat. Au finish, on parle d’un Etat fragile, irresponsable et on justifie sa présence dans le pays. De la même façon, on connait qui créé la guerre ici, comment et avec qui. Mais, on décide sciemment de ne pas lui parler(régler les causes du problème) et on vient amuser les gens avec un concert gratuit et des visites touristiques (passer du temps a s’atteler sur des connaissances).

Je ne m’attaque à personne ! Je n’ai rien contre l’organisation Peace One Day. D’ailleurs, j’ai beaucoup d’amis qui travaillent pour eux.

Mais, parlons un peu du concert qu’elle organise ce Dimanche 21 Septembre à Goma ! La star américaine Akon va livrer un méga concert gratos en présence de Jude Law et d’autres artistes locaux. Mais, la question que je me pose : est-ce que Akon et ces artistes Congolais participent à ce concert parce qu’ils sont convaincu que ça rapportera la paix ou bien c’est juste parce qu’il y a un bon cachet  avec avantages connexes qui leur est garanti ?

Je ne répondrais pas à leur place, mais, je laisse la voix aux habitants de Goma qui se sont exprimés sur les médias sociaux. Certains Congolais ont même dit ce qu’ils pensent devrait être fait pour consolider la paix dans leur pays.

 


Fête : Kit de survie d’un invité à une soirée dansante

Cet article vous propose quoi faire (ou éviter) avant, pendant et après une fête. Sentez-vous libre de partager avec nous vos idées en commentaire.

Par Gaïus Kowene

Soirée dansante du Salsa à San Francisco (Crédit photo: www.yelp.com )
Soirée dansante du Salsa à San Francisco (Crédit photo: www.yelp.com )

Le web regorge d’articles sur la manière de préparer et réussir une fête. La plupart de ces articles s’adressent aux organisateurs des soirées. Pour ma part, j’ai bien voulu partager quelques propositions avec ceux qui espèrent un jour être invités à une soirée où coulera beaucoup d’alcool.

AVANT LA FÊTE

1. Pas de rendez-vous le lendemain

Si vous savez que vous irez à une soirée le samedi, alors, ne prenez aucun rendez-vous pour le dimanche. Vous n’êtes pas obligé d’expliquer pourquoi ! Juste un simple « Mon programme de dimanche est déjà full et je n’aurai pas de temps libre » suffit. Mais pourquoi ?

Parce que vous ne savez pas quand la fête va finir (peut-être au petit matin) ni quand vous allez vous réveiller.  Et parfois, vous vous réveillez à temps, mais avec des maux de tête terribles ! Alors, au lieu de prendre un rendez-vous que vous avez déjà manqué d’avance, évitez-le et programmez un autre jour.

2. Apportez votre boisson

Certains Africains (je parle de ceux que j’ai côtoyés) confondent générosité avec le fait d’être raisonnable. Il y en a qui partent dans des fêtes mains vides, se préparant à aller gonfler leur ventre et s’enivrer dans la poche du voisin. C’est vrai, on est en Afrique, mais ça ne justifie pas un comportement inhumain ! Le voisin a bien voulu passer du temps avec vous, mais, comprenez qu’il a aussi des factures à payer et d’autres obligations financières à régler !

Bon, après tout, c’est aussi bien pour vous de contribuer à la réussite de la fête, non ? (Une ou deux bouteilles suffisent !)

En plus, quand vous apportez votre propre boisson (la quantité que vous boirez et/ou partagerez avec les autres) vous avez plus de chance de vous contrôler. Si c’est dans un bar, payez votre facture juste quand vous commandez. Comme ça le tenancier du bar ne le mélangera pas avec celui de votre gentil hôte.

3. Mangez lourd

Ça, c’est un sérieux problème avec ceux qui partent dans des fêtes ! Tout en sachant que parfois le travail ne permet pas de sortir pour manger, je n’oublie pas qu’il y en a qui quittent (expressément) chez eux le ventre creux « par ce qu’ils partent à une fête » ! Ce n’est pas une bonne idée, mes chers ! Dans les fêtes d’aujourd’hui, il y a plus de boisson que de la nourriture. Alors, considérez le fait d’aller manger au restaurant ou même à la maison comme faisant partie entière de votre fête !

Comme ça vous boirez sans crainte ! Mais, attention, si vous buvez l’alcool, ne mangez pas du riz le soir de la fête ! Ça accélère et amplifie l’effet de l’alcool dans votre corps !

4. N’y allez pas trop tôt

Ici, il est question d’être raisonnable ! Une fête n’est pas une réunion de business ! Pas besoin de venir deux heures avant ! Parce que quand vous êtes là avant le temps, vous commencez déjà à boire ! Et quand les autres seront là, vous serez déjà chaos et risquez de perdre contrôle pendant que les autres sont encore sobres !

Alors, prenez votre temps ! Pas besoin de se précipiter! A moins d’aider dans des préparatifs et donner un coup de main aux organisateurs!

PENDANT LA FÊTE

5. Cherchez d’abord les toilettes

Beaucoup ne pensent qu’aux toilettes quand ils ont du mal à se retenir pour seulement 5 minutes ! Donc, avant même de commencer à boire, faites le tour de la parcelle et repérez où se trouve « le lieu d’aisance » ! Cette information vous aidera quand vous serez dans une urgence sans frein !

6. Ne mélangez pas les boissons

Quand on arrive dans une fête, on n’a tendance à essayer une boisson qu’on a jamais goûtée (seulement par ce que ce n’est pas vous qui payez la facture). C’est mieux de boire un seul type de boisson (de préférable la bouteille que tu as apportée) pour éviter des complications inutiles le lendemain. Tu ne sais même pas quel mélange produit quoi ! Voilà pourquoi mélanger le vin, la bière et la boisson traditionnelle peut vous faire regretter ce moment supposé être de réjouissance ! Si le bar n’a plus votre goût, alors, contentez-vous de l’eau ! Mais, sinon vous m’en direz des nouvelles !

7. Parle moins de toi

Quand on a bu un peu, on a souvent tendance à montrer qu’on est « aussi quelqu’un » ! Et le plus souvent, on parle beaucoup de soi, d’où l’on a déjà été, avec qui, et bla-bla-bla ! Mais, écoute, ce que vous êtes ne me donnera pas forcement envie de vous parler ! Surtout que vous êtes ivre ! (C’est comme ça que beaucoup qualifient ceux dont l’haleine sent l’alcool, même s’ils ne sont pas forcement ivres).

Alors, laissez la personne en face de vous parler d’elle, son origine, ses réalisations, ses difficultés, ses rêves, etc.

Je vous assure, vous serez fasciné par le parcours des gens que vous croyez connaître ! C’est aussi bon pour construire votre carrière !

8. Mange plus, bois peu (de bière)

Parfois, dans la fête, les gens passent beaucoup de temps à chercher la boisson et oublient la nourriture ! Je sais bien que vous avez déjà mangé chez vous avant de venir ! Mais, s’il y a un peu de grillade, un peu de pâtisserie, faites-en votre target numéro 1 ! Après tout, vous pouvez boire et manger en même temps ! Il faut, donc, manger plus et boire un peu !

9. Ne promets rien

Quand on a bu, on a tendance à devenir celui qui réalise le vœu de toute la terre ! Attention ! Il y en a qui profiteront de cette occasion pour vous demander un service ou une faveur ! Ne promettez rien ! Proposez d’en rediscuter à une autre occasion ! Même si la personne insiste, soyez franc en montrant que vous n’êtes ni dans l’endroit, ni dans les conditions propices pour en parler ! Soyez vraiment catégorique (mais, gentil) et ne prenez pas de rendez-vous pour le lendemain ! (Pas même au téléphone ou sur Skype.)

10. Encourage sans critiquer

Et si par hasard quelqu’un vous pose une question sur une personne que vous connaissez, évitez d’émettre des critiques négatives ! Reconnaissez que tout le monde a ses défauts, mais surtout que vous appréciez tel ou tel autre point de l’autre ! Soyez aussi franc, en montrant que la personne peut s’améliorer encore plus en faisant ceci ou cela ! Mais, s’il vous plaît, ne dites rien de négatif sur qui que ce soit ! Si votre interlocuteur parle en mal de la personne, respectez son point de vue, tout en restant positif.

11. Prends immédiatement les contacts

Dans une fête, c’est conseillé de partir avec des copies de sa carte de visite (ça ne coûte pas une fortune d’en produire) ! Comme ça sonne trop archaïque de se promener avec un agenda et un stylo pour prendre les contacts des gens, alors, servez-vous de votre téléphone ! Soit enregistrez le nom, le numéro de téléphone, l’adresse mail et ce que fait la personne comme message brouillon, ou utilisez l’option Agenda de votre portable.

12. Rentre comme venu

Si tu es venu seul à la fête, fais tout pour rentrer seul ! Ne cherche pas à faire comme les autres en voulant coûte que coûte ramener une jolie demoiselle ou un beau gosse a la maison ! Tu risques de gâcher ta réputation et tes relations !

APRES LA FÊTE

13. Téléphone sous silencieux

Je sais que c’est très difficile, mais dites-le à votre subconscient ! Avant de fermer les yeux, mettez votre téléphone sous silencieux ! Je ne dis pas de l’éteindre, non ! Parce qu’une fois réveillé, vous avez besoin de savoir qui a essayé de vous appeler ! Je le dis parce qu’il y en a qui se sont couchés 12 heures avant toi et t’appelleront à ta première heure de sommeil ! Alors, pardon, reposez-vous!

14. Dormez comme l’exige le corps

Alors, ici, c’est quand on se réveille et qu’on sente que le corps ne veut pas sortir du lit ! Dans ce cas, donnez à César ce qui lui est dû ! Votre corps n’est pas une machine et n’a pas un magasin de pièces de rechange ! Moins encore un garage !

Ne vous reprochez pas de trop dormir après une soirée dansante ! Le corps le mérite pour se remettre en forme !

15. Prenez un bain froid

Une fois réveillé, vous vous sentirez trop fatigué, je dirais, déclassé même ! Prenez un bain froid et exposez-vous au courant d’air ! Ouvrez toutes les fenêtres de la maison et celles de votre chambre. Prenez une chaise ou une natte et mettez-vous dehors, de préférence dans un endroit ouvert à la nature (jardin, au bord du lac, etc.) ! Ne faites rien ! Juste, prenez votre temps, respirez l’air frais et sentez-vous bien !

16. Buvez beaucoup d’eau

Boire beaucoup d’eau n’est pas synonyme de finir 20 litres en heure ! Buvez beaucoup d’eau signifie boire très lentement, des petites gorgées, mais, à un débit régulier ! Prendre de l’eau vous revitalise et vous donne un peu de force.

Comprendre la gueule de bois

17. Manger des bananes

Les bananes réhydratent et donnent de l’énergie au corps après une gueule de bois. En plus, ça permet à l’estomac de faire une transition avant de manger de la nourriture lourde ! Je recommande vivement ceci !

Et quand vous aurez mangé léger, ne prenez pas d’alcool ce même jour ! Buvez plutôt du Tonic ou du jus à base des fruits ! Ça aide aussi !

Et vous ? Avez-vous d’autres astuces à proposer ?

N’hésitez pas à nous le faire savoir en commentaire ici-bas !


#Yezzi: Signez pour la dignité de la femme Tunisienne

Depuis un moment, je m’intéresse au Maghreb. Bon, le Maghreb, oui, mais plus particulièrement a la Tunisie ?

Pourquoi la Tunisie ? Ben, parce que c’est là que se trouve le bureau régional du desk Francophone de l’Agence de Presse Turque, première agence à publier mes articles.

Mais, il n’y a pas que ça ! J’ai aussi beaucoup d’amis en Tunisie. Et un jour, une de mes amies en Tunisie a publié ce message.

Témoignage Harcelèmenet sexuel en Tunisie #Yezzi
Témoignage Harcelèmenet sexuel en Tunisie #Yezzi

 

Vu les commentaires, les Tunisiennes ont marre de ces scènes de Harcèlement sexuel. Malheureusement, la société trouve ça normal et donc… ne réagit pas ! Le gouvernement fait de même.

C’est des commentaires que l’idée de créer une pétition est venue ! Mais, attention ! On ne veut pas rééditer le printemps arabe ! (Je dirais l’invasion de la France et de la CIA au Maghreb).

On commence en ligne, ou la police ne peut pas tirer sur les signataires. C’est comme ça qu’a commencé ma première collaboration avec Baki Youssoufou, fondateur de wesign.it , une plateforme en ligne pour les pétitions.

Apres une discussion sur Skype, la décision de se lancer avec les autres web activistes Tunisiens est prise !

Le travail du texte en groupe des personnes vivant sur différents continents au même moment m’a rappelé l’édition du script de l’émission Atelier des Medias Spécial #MondoblogDakar.

Bon, assez parlé, comme ça!

On passe à l’essentiel !

La pétition s’appelle #Yezzi, mot arabe qui signifie « Assez ». L’objectif est d’inciter le gouvernement Tunisien à sanctionner de façon exemplaire les auteurs du Harcèlement sexuel.

Je vous invite donc à signer avec moi cette pétition et la faire signer par vos proches.

Dénoncez ces genres de débordement sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Yezzi !

Allez, à vos claviers !

Merci !


Racisme : « Si vous êtes singes, pas moi! »

Par Gaius Kowene

Le web est pourri d’images de « Noirs » ou de personnes qui prétendent « compatir avec les Noirs » victimes du racisme. La règle consiste à se faire photographier en train de manger une banane, se référant à l’acte d’un footballeur (c’est qui même?) quand un spectateur lui a jeté une banane en plein match de football. Un acte que beaucoup ont considéré comme raciste.

La philosophie derrière est de dire « Oui, je suis un singe. Ça change quoi ? »

Mon frère Serge Katembera n’a pas traîné pour s’insurger contre. Il a rapidement publié un article court expliquant pourquoi il ne soutient pas ce mouvement spontané derrière lequel se cache une grosse mafia publicitaire !

Là, n’est pas mon problème !

Moi, je veux mettre un peu plus d’accent sur le « suivisme » et l’image naïve de l’homme noir que cette campagne promeut !

Pour être clair, vous croyez combattre le racisme en faisant sa publicité ! Paradoxal, non ?

Personnellement, je n’encourage pas les gens à nier leurs origines au nom de l’unité. J’aime bien l’unité dans la diversité. J’ai réfléchi à une question que le lyriciste français (d’origine haïtienne) Kery James a posé dans sa chanson Post Scriptum :

« On m’a dit que l’union fait la force. Mais qui fera l’union dans ce pays où les moutons se comptent par millions ? »

Je souligne les moutons, ce qui, à mon avis, symbolise tous ces gens qui ne sont là que pour suivre des choses sans y réfléchir. Franchement, pour qu’une lutte aboutisse, elle doit être pensée.

Mais, là, aucun objectif, aucune stratégie, aucun indicateur pour mesurer l’impact : bref, tel a fait ça, j’imite bêtement. Ça s’appelle le mimétisme social.

Ça me révolte souvent de voir les gens justifier leurs conneries par des causes pour lesquelles d’autres ont versé leur sang !

Pensez-vous, vraiment, que Harriet Tubman, passerait son temps à se prendre en photo avec des bananes au lieu de penser à une stratégie de lutte concrètement réaliste?

Petite parenthèse : le révolutionnaire sénégalais Didier Awadi a dit « Ce n’est pas parce que tout le monde se lève contre le « mur de la honte » que je devais faire autant. Nous avons des problèmes beaucoup plus importants. » Fermez la parenthèse.

Quelqu’un qui est dans une lutte sait ce qu’il fait et ce qu’il veut (pour répéter le chant des partisans en France). Je crois que nous devrions passer plus de temps à réfléchir sur notre responsabilité sociale collective que de nous mêler  de conneries sans queue ni tête. Plus vous vous photographiez en disant je suis singe, plus vous devenez naïf et ne combattez pas au vrai sens du mot ! Vous acceptez, au contraire, une certaine domination mentale des racistes.

C’est quand même bête que ce soit des racistes qui vous commandent dans votre lutte contre le racisme. Ne vous laissez pas coloniser, mes frères !

Je parlais aussi de l’image du Noir. Cette image d’un faiblard,qui ne sait même pas se battre pour ses droits et qui se montre « gentil » en suivant docilement les ordres de son maître.

C’est exactement cette image que vous véhiculez !

Pourtant, je connais l’histoire du peuple noir ! C’est un peuple qui a toujours sût organiser ses résistances. Pas des fainéants experts en Selfie !

Je vous ai tantôt parlé de Harriet Tubman, vous connaissez peut-être Patrice Lumumba, Thomas Sankara et les autres !

Ce ne sont pas des naïfs, quand même !

Pourquoi lancer au monde entier un message qui sabote leur sacrifice?

Je ne veux pas être un prophète du malheur, mais je voudrais bien que vous me disiez un jour l’impact de vos photos avec bananes.

Je n’ai rien contre Davi et je ne lui reproche pas d’avoir mangé cette banane. Ça n’engage que lui !

Mais, je ne tolère pas qu’on puisse salir l’image d’un peuple courageux en se laissant avoir dans des pièges racistes.

Au lieu de parler « Unité », tout le monde parle maintenant racisme ! Au lieu d’entreprendre des actions concrètes à double impact, on fait le con avec une banane.

Si vous, vous êtes singes, c’est votre choix. Mais, moi, en tout cas, je ne le suis pas !

Je vais continuer à manger des bananes comme je les ai toujours mangées, sans tapage. Après tout, manger une banane n’a jamais été synonyme de devenir singe. A moins que vous ne vouliez que ça le devienne. Dans ce cas, inventez votre dictionnaire !

Mon appel aux jeunes leaders de demain est de puiser leurs inspirations des personnes qui ont lutté valablement et ont apporté quelque chose de nouveau. Pas en excellant en suivisme comme des moutons, oubliant ainsi d’entreprendre des actions concrètes !

C’est mon avis, mais, si vous voulez aussi exprimer le vôtre, sentez-vous libre de le faire en commentaire.


10 astuces pour briller dans Mondoformation

Chaque année, les meilleurs blogueurs motivés sont sélectionnés parmi les participants au concours Mondoblog. Ces blogueurs suivent une formation à résidence d’une dizaine des jours pour perfectionner leur contribution au contenu Francophone de qualité sur internet. Ce billet s’adresse à ceux qui suivront cette formation cette année ou rêvent de la suivre un jour.

Par Gaïus Kowene

 

“Moi? Lauréat du concours Mondoblog ? Ce n’est pas possible ! »

C’est la réaction que j’ai eu en lisant le mail demandant ma disponibilité pour participer à une formation pour la 2ème édition du concours Mondoblog, organisé par l’Atelier des Medias de Radio France Internationale, RFI.

A l’instant même, un adage que me répètent souvent mes mentors de Yole!Africa m’est arrivé en tête :

« Devenir grand n’est pas un problème. Mais, rester grand, c’est ça le problème ! »

Par grand, je sous-entends quelqu’un qui est respecté par ses pairs pour l’impact de ses actions dans la communauté. Donc, faut pas jubiler parce qu’on part en formation, mais, faut plutôt se demander quel impact on aura après la formation.

Je compte partager avec vous ici quelques astuces qui vous aideront (peut-être ?) à gagner et conserver pendant longtemps le respect des autres Mondoblogueurs.

AVANT DE PARTIR

1. Connaitre les autres

La première impression est toujours la meilleure, dit-on. L’une des personnes qui a su en profiter, c’est le Guineen évoluant en Ukraine Mamady Keita.

Quand il est arrivé, il connaissait presque tout le monde : nom complet, quelques sujets traités dans des blogs, le pays d’origine, etc…

Pour y arriver, pas trop compliqué. Prenez le temps de bien lire les meilleurs blogs sur la Home de Mondoblog, son fil Twitter ou d’autres groupes sur Facebook.

Quand vous lisez un billet, veillez à regarder aussi le profil de celui qui l’a rédigé. Sa photo, son pays, ses préférences, etc…

Vous savez, ça fait un effet du genre : « Wow ! Comment se fait-il que ce blogueur me connait ? Il s’intéresse aux autres ! Il n’est pas fermé sur lui ! » Et on devient donc des amis.

2. Carnet du voyageur

N’hésitez pas à raconter sur votre blog comment vous préparez le voyage, quelles sont les faits intéressants ou stressants tout au long de votre parcours, vos attentes, vos craintes, etc….

Quand vous mettez à jour vos lecteurs, ils seront impatients de lire les épisodes qui suivront.

Faites comme le Camerounais William Bahiya. Il a presque fait du Camaralay à son arrivé à Dakar, ce qui lui a valu le passage dans l’émission l’Afrique enchantée de Radio France.

 

SUR PLACE

3. Soyez cool

Rien ne plait aux gens que d’être avec quelqu’un qui vous met à l’aise. Bon, sur ce point, chacun a son don. Il y a par exemple les grands David Kpelly et Florian Ngimbis qui ont un sens particulier de l’humour, le malgache Rija qui se débrouille bien dans des discussions plutôt posées, la Française évoluant en Egypte Pascaline Breuil qui sait bien taquiner quand il le faut, et la liste continue.

4. Soyez Créatif

Quand je dis créatif, je pense être un peu fort en termes de proposition. C’est-à-dire qu’il faut toujours avoir une proposition, tout en respectant bien sur l’opinion des autres.

Je pense par exemple au Mauricien Stéphane Huet qui nous a proposé d’aller faire du Shoping au marché de Grand Yoff. A l’occasion, on a pris la première photo des Mondoblogueurs de notre saison sur place à être publié sur internet !

Il y a la Française évoluant à Berlin Manon Heugel qui n’oubliait jamais de me proposer d’aller prendre un Café Touba et la Camerounaise Salma Amadore qui m’a aidé à choisir un magnifique chapeau souvenir que tout le monde convoite.

5. Travaillez en groupe

Rien n’est aussi mal qu’un Mondoblogueur qui aime s’isoler. S’isoler ne signifie pas seulement s’enfermer dans sa chambre. Vous êtes la avec les autres, mais, toi tu restes bloqué a ton Smartphone ! C’est impoli !

Fais comme la Caribéenne Mylène Colmar qui était toujours prête à participer à la rédaction d’un billet commun. Tout comme l’Ivoirien Cyriac Gbogou qui a pensé offrir un cadeau à l’équipe des formateurs en associant d’autres Mondoblogueurs.

Ah, j’allais oublier Axelle Kaulanjon et Wilney Taris qui n’hésitaient pas à joindre leurs voix aux animations de Kahofi Suy dans le chalumeau pour l’ile de la Gorée.

6. Creez des relations interpersonnelles

C’est vrai qu’on est tous blogueurs, mais, on n’est pas tous proche l’un de l’autre au même degré. Essayez de créer des amitiés qui dureront comme l’a fait Danielle Ibohn. Que ce soit avec des membres de l’équipe, leurs partenaires ou même d’autres Mondoblogueurs. Vous ne savez pas comment ce réseau des contacts vous aidera dans l’avenir.

7. Soyez Actif

Je vous demande déjà de créer un compte Twitter, si vous n’en avez pas. Faites le Live Tweet de la formation et bien sur des accotés.

Utilisez le HashTag convenu et ne manquez pas de demander aux autres Mondoblogueurs que vous voulez citer leur nom d’utilisateur pour les citer directement !

Comme ça, ils peuvent ReTweeter et tous ceux qui veulent suivre l’atelier sur internet seront obligé de passer aussi par vous.

APRES LA FORMATION

8. Consolidez vos liens

Assurez-vous d’avoir envoyé des demandes d’amitiés Facebook avec le maximum des blogueurs. Et pourquoi ne pas imiter le Centre Africain Baba Mahamat qui a initié un document qui collectait les noms, pays, emails et téléphone de tous les Mondoblogueurs ?

Ça vous permet de partager des opportunités, vous rendre des services et pourquoi pas travailler sur des projets communs ?

Personnellement, ça m’a aidé à initier le projet Ouvre un livre avec la complicité d’autres blogueurs. Cette vision s’est agrandie aujourd’hui à Radio Tshukudu que je compte lancer le mois prochain sur internet et en FM les années qui suivent.

N’oubliez pas aussi de commenter régulièrement les billets comme mon frère Congo-Brésilien Serge Katembera.

9. Gardez contact

Ecrivez-vous régulièrement ! Vous êtes déjà une famille ! Je n’oublierais jamais ces appels Skype du Malien Boubacar Sangare qui me parlait de l’organisation de la blogosphère au Mali et aussi de la vie !

Franchement, ça fait du bien !

10. Et vous, que propose-vous ?

Je n’ai pas l’intention d’être un gourou de Mondoblogdakar. Je serais heureux de lire ce que vous pensez pourrait aider des blogueurs lauréats de la 3ème édition de Mondoblog ?

>>>> Liste des blogueurs sélectionnés pour la formation #MondoblogAbijan 2014 <<<<<

Vos commentaires sont les bienvenus !


Procédure de divorce entre journaliste et coupage

Dans certains pays du Sud, il est courant de voir des journalistes accepter de l’argent ou cadeaux de leurs sources. En RDC, ça s’appelle « coupage ». C’est l’une des causes de la misère éternelle des chevaliers de plume. Voici comment en finir.

Par Gaïus Kowene

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo
La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Crédit photo: Gaius Kowene)

En RDC (et un peu partout en Afrique aussi), il est courant de voir des journalistes travailler en clics. Quand je parle des clics je fais allusions aux groupuscules des amis.

C’est comme ça qu’ils s’invitent aussi à couvrir des événements et manifestations.

Le calcul est donc simple : vous ne faites pas partie de mon clic, je ne vous invite pas ! (parce que j’ai des amis influents au pouvoir ou dans le comité organisateur).

Ces clics sont souvent formés sur la base des intérêts. Qui dit intérêts voit aussi l’argent !

Eh oui ! Le coupage ! Cet argent appelé « transport, crédit téléphonique, dernier mot ou communiqué final » que ces journalistes exigent de leurs sources pour diffuser une information.

Des blogueurs comme Feza Umande en ont parlé sur leurs blogs. D’ailleurs, le Documentaire Kinshasa FM en parle aussi.

Et nous qui refusons de la prendre somme vu comme des traîtres. Voilà pourquoi c’est très difficile de se faire inviter à couvrir une manifestation (surtout officielle) par les adeptes de cette pratique, souvent proche des organisateurs.

Certains vont même jusqu’à nier leurs confrères, disant qu’ils ne sont pas journalistes pour prendre le montant qui leur revenait !

Ah, chers amis ! Comment voulez-vous qu’on vous respecte dans des conditions pareilles ?

Quand on devient un « journaliste domestique », c’est normal que même vos maisons de presse ne pensent jamais à votre salaire !

Non pas qu’ils manquent l’argent, mais parce qu’ils savent que vous allez en gagner « suffisamment » sur terrain !

Et alors ? Faut-il encore condamner l’Etat Congolais qui donne des autorisations de fonctionnement à des personnes qui n’ont qu’un émetteur et rien de plus ?

Faut-il condamner ces propriétaires des radios et télévisions qui ont déjà effacé dans leur dictionnaire le mot « salaire » ?

Je ne cesserais de le répéter: c’est de leur faute que beaucoup des journalistes ne sont pas payés correctement !

A mon humble avis, parce que ça ne m’engage que moi, chassez le coupage et il ira loin de vous !

Qu’est-ce que j’attends par la ?

Vous êtes devant un problème. Au lieu d’affronter le problème, vous décidez de vous accommoder. Et finalement ? Vous vivotez à votre manière, mais, le problème ne disparait pas non plus !

Ici, je veux demander à tous les journalistes Congolais d’arrêter de se plaindre sur leurs conditions de travail !

Le principe est simple : Ne demandez pas le salaire à une personne qui ne vous a pas embauché ! A l’occurrence votre source d’information !

Exigez un salaire plutôt à votre maison de presse! Et si elle n’a pas de moyen, vous ne pouvez pas faire un miracle!

Expliquez clairement à votre boss que les conditions de travail ne sont pas réunies et démissionnez !

Mais, attention, restez toujours respectueux ! Apres tout, c’est votre boss ! Evitez aussi d’aller raconter des problèmes internes ou des commérages sur la maison !

« Tu nous demande de démissionner, mais comment nos enfants vont vivre ? » me diront certains.

C’est bien d’y penser, mais, c’est beaucoup mieux de voir loin !

Si vous maitrisez votre travail, vous pouvez travailler en indépendant et gagner votre vie honnêtement.

Vous garderez le respect que les gens ont pour vous et prouverez qu’être journaliste Congolais n’est pas forcément synonyme d’être mendiant.

Mais, tant que vous continuerez à chercher à vous accommoder au problème en acceptant le coupage, vous continuerez à pérenniser cette image du journaliste misérable et encourager les responsables des médias à ne jamais penser au salaire.

Autre chose : ce problème de coupage est aussi un problème de morale. J’ai vu des journalistes bien payés (par rapport aux autres) mais, qui se battaient aussi pour avoir le 5 $ de leur source ! Quelle honte!!!

Donc, ici, les responsables des médias devraient être strictes avec leurs journalistes : quiconque prend le coupage perd son boulot !

Hahhahahaha !!! Cette menace n’a de sens que si ce boulot lui permet de vivre. C’est-à-dire avant de menacer, pensez à leur remettre dans leur droit! Pour être direct: Payez leur salaire!

Et si vous n’en avez pas les moyens, fermez tout simplement votre maison de presse. Investissez votre argent ailleurs !

Il y a tellement des domaines d’interventions qui rapporteront beaucoup plus d’argent sans autant d’embrouille. Après tout, tout le monde n’est pas obligé d’être journaliste ou responsable d’un média pour vivre, hein!

Chassez le coupage et il fuira loin de vous !

 

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Regards sur le quotidien des journalistes Africains

Libérez-vous de la prise en otage systématique


Yobloco 2014: Pourquoi voter Tunaweza (Nous pouvons)

Logo Yobloco 2014
Logo Yobloco 2014

Fiston Mahamba, journaliste et blogueur de la ville de Beni, dans l’Est de la RD Congo sollicite vos votes pour espérer figurer parmi les 30 premiers dans le Concours international des blogs Yobloco Award.

C’est la première fois que son blog soit sélectionné dans une compétition internationale.

Je lui ai proposé de vous donner 10 raisons pour soutenir son blog.

Allez, on compte sur vous !

1. Unique dans la région

L’agriculture est la principale activité de la région de Beni où je vis et mon blog est le seul portail citoyen en ligne qui publie des articles relatifs à cette activité dans cette partie du pays.

2. Élargissement de l’impact aux non connectés

Etant donné qu’internet n’est pas à la portée de tous, notre blog a bénéficié des émissions radiophoniques sur trois radios communautaires locales. Ceci nous permet d’approcher les agriculteurs qui, pour la plupart n’utilisent pas internet, et partager avec eux les meilleurs contenus.

3. Plus proche de la réalité des agriculteurs

Le terrain est notre laboratoire : grâce aux clubs d’écoute de ces radios communautaires avec lesquelles nous collaborons, nous recueillons à partir de la base, les problèmes d’ordre économiques, production et du marché auxquels les agriculteurs sont confrontés.

4. Le pont entre experts et paysans

Nous invitons les experts locaux et internationaux (que nous retrouvons grâce aux réseaux sociaux). Ces derniers apportent des solutions aux problèmes énumérés par les agricultures. Ces solutions constituent l’essentiel du contenu de nos émissions et parfois de nos billets.

5. L’innovation en action

Devant la faible intégration des outils des nouvelles technologies dans l’agriculture dans notre région, nous sommes en pleine expérimentation de l’utilisation du téléphone mobile dans la régulation des prix sur le marché de ravitaillements en produits vivriers.C’est un projet de l’ONG « Amis de la nature » auquel nous avons apporté notre connaissance en nouvelle technologie.

Dix agents habitants dix centres de ravitaillement ont été formés sur l’utilisation d’internet sur téléphone mobile. Ces agents se communiquent chaque semaine les prix de tous les produits affichés aux entrées principales de leurs marchés respectifs.

Cela permet un équilibre des prix et permet aux agriculteurs de vendre leurs produits à un prix presque uniforme dans tous les marchés établi de commun avec les acheteurs. Seuls les trajets sont à la base de différence de prix.

6. Partage de connaissance et projets de grande envergure

Ce blog est une sorte de centre de formation : Après avoir appris quelques notions du blogging (auto-formation, tutoriels en ligne, des plateformes comme Atelier des Médias de la RFI, Blogosphère Gomatracienne, DW-Akademie), nous nous sommes lancés dans la formation de nos paires en nouveau média.

Le blog TUNAWEZA a déjà organisé deux formations d’initiation pour blogueurs débutants en ville de Beni et projette de créer un réseau des blogueurs agricoles des Grands-Lacs, avec le soutien de l’association Reporters Solidaires de la France.

7. L’actualité de la province a sa place

Une fenêtre ouverte aux actualités de la région : TUNAWEZA c’est aussi une vitrine de l’actualité de la région du Nord-Kivu. Vue sous un œil du changement, les news sont ici traités sous forme d’articles de fond, des reportages photos, des interviews avec ceux qui font bouger cette région…

8. Une porte pour des contacts importants

Ce blog est pour moi une porte pour les opportunités et m’a ouvert au journalisme international. Des recruteurs ont toujours visité ce blog et en cas d’urgence pour un travail dans ma région, si il n’y a pas moyen d’y dépêcher un reporter, je suis contacté pour réaliser ce travail, donc c’est blog est en quelques sorte une source de revenus pour moi.

9. Outil d’activisme pour les droits humains

Des oubliés sont aujourd’hui sortis au publics : Tout ne se dit pas au micro d’une station radio dans ma région, grâce à ce blog, je développe ma casquette d’activiste pour la liberté d’expression.

Des alertes sur les menaces que subissent les confrères journalistes et défenseurs de droits humains sont publiées via nos pages Facebook, Twitter et autres pour que les organisations intervenants dans ce domaine soient mis au courant de ces violations de la liberté d’expression.

10. Mondoblog, c’est la famille

Votre voix compte : Mondoblog est une plateforme avec une grande visibilité et visant l’émergence de la blogosphère surtout dans des régions reculées comme Beni où je réside.

Ainsi la voix de chaque Mondoblogueur est un pas de mon blog vers ce prix du Yobloco Awards 2014.

Comment voter?

Allez sur la page  https://www.yobloco.info/soumission?filter=individual

1.Sélectionnez le blog TUNAWEZA sur la liste des blogs en compétition (ou sélectionnez  par classement pays, CONGO KINSHASA)  puis  un autre blog de votre choix car on ne peut voter que pour deux blogs en cochant la case « Vote » (en orange); il est impératif de sélectionner deux blogs.

2. Entrez votre adresse e-mail (dans la fenêtre pop-up qui s’affiche)

3. Cliquez sur << Vote! >>

4. Allez dans votre boîte email. Confirmez votre vote en cliquant
sur le lien de confirmation qui sera envoyé à votre adresse e-mail
juste après votre vote (cela peut parfois prendre quelques petites
minutes).
Si vous ne cliquez pas sur le lien de confirmation dans votre
mail, votre vote ne sera pas pris en compte.

Votre clic de confirmation a contribué à l’élévation de la voix pour l’émergence de l’agriculture.

Votre clic a nourri plus d’une personne qui était en train de vouloir mourir de faim.

>>>>>> A LIRE AUSSI:

– 10 conseils aux blogueurs

– Secrets des Mondoblogueurs‏


RDC : ces victimes de la guerre assoiffée de justice

Accusé d’avoir commis 3 chefs des crimes contre l’humanité et 7 des crimes de guerre en Ituri, Germain Katanga saura Vendredi s’il est coupable ou non. Au pays, des victimes réclament justice.

Germain Katanga à la CPI en 2007 (Crédit photo: flickr CPI)
Germain Katanga à la CPI en 2007 (Crédit photo: flickr CPI)

Par Gaius Kowene

La cours pénale internationale, CPI, prononcera ce Vendredi son jugement contre Germain Katanga, ancien commandant de la milice FRPI (Forces de Résistance Patriotiques en Ituri), dans l’Est de la RDC. La justice internationale le soupçonne d’avoir commandité le massacre d’environs 200 personnes à Bogoro, l’utilisation des enfants soldats, la réduction en esclavage sexuel, etc… pendant les conflits inter-ethniques de 2003 en district de l’Ituri.

Des survivants de ces tueries disent attendre avec impatience ce jugement.

Princesse Bendela, la vingtaine, a perdu sa grand-mère dans cette guerre. Au vu de sa morphologie, des miliciens l’ont abattu, croyant qu’elle appartenait à l’une des tribus sur leur liste noire. Cette image est restée gravée dans sa tête. « Je n’avais que 9 ans à l’époque, se souvient-elle. Je regardais à partir de la fenêtre quand le milicien a coupé la nuque de grand-mère avec une machette. C’était horrible ! Je n’oublierais jamais ça ! »

Mais Serge Mirembe, qui a aussi vécu cette guerre, a une crainte. « Certains politiciens au pouvoir étaient derrière ces milices et sont à l’aise dans la capitale Kinshasa, explique-t-il. J’ai peur que le gouvernement ne les protège dans l’impunité pour toujours. »

Au fil des années, le gouvernement Congolais a gratifié des seigneurs de guerre au nom de la paix et de la cohésion nationale. Il leur accordait ainsi l’amnistie totale, l’intégration dans l’armée, la reconnaissance des grades et même des postes dans le gouvernement. Une pratique qui a favorisé la prolifération des groupes armés dans l’Est de la RDC.

En janvier dernier, la RDC a signé des déclarations de Nairobi (Kenya) pour officialiser la fin de la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23).

Dans ces déclarations, le gouvernement est resté catégorique sur son refus d’accorder une amnistie générale à tous les membres de ces groupes armés. « Les chefs rebelles auteurs des crimes graves devront en répondre devant la justice Congolaise ou internationale » a insisté François Mwamba, chargé de suivi de l’Accord Cadre d’Adis Abeba.

Les artistes Congolais n’en sont pas du reste. Mack El Sambo, l’une des grandes figures du reggae au Nord Kivu, prépare un album sur ce sujet. « Plus jamais par les armes» c’est le titre de la chanson qui appelle le gouvernement à ne pas refaire les erreurs du passé.

« Quand des gens font des bonnes choses, le gouvernement ne les récompense pas, regrette-t-il. Alors pourquoi récompenser quelqu’un qui a tué ses frères, violés ses mères et détourné les minutions de l’armée ? »

Au total, 5 Congolais ont été accusés crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cours Pénale Internationale.

Le tout premier condamné de la CPI, Thomas Lubanga, purge sa peine pendant que Mathieu Ngudjolo a été acquitté. Le procès de l’ancien vice-président Jean Pierre Bemba et celui du « Terminator » Bosco Ntaganda se poursuivent à la Haye, siège de la CPI.


RDC: 3 clés pour combattre l’ impunité

Comment lutter efficacement contre l’impunité en RDC?

Par Gaïus Kowene

Ida Sawyer, dans le bureau de Human Rights Watch à Goma, RDC (Crédit photo: Gaius Kowene)
Ida Sawyer, dans le bureau de Human Rights Watch à Goma, RDC (Crédit photo: Gaius Kowene)

Ida Sawyer, chercheuse Senior de Human Rights Watch au Congo, parle des défis que la RDC doit relever pour lutter contre l’impunité. Il s’agit du budget insuffisant accordé à la justice, la Couverture dont bénéficient certains proches du pouvoir et l’installation des chambres mixtes spécialisées.

Ida Sawyer devant la caméra de Gaïus Kowene

Selon vous, quoi d’autre devrait être fait pour mettre fin à l’impunité en RDC?

>>>> A lire aussi:

RDC: l’armée, en toute impunité

RDC: le combat d’une Congolaise contre l’impunité

Suggestion des ONGs Congolaises sur les chambres specialisées


RDC : comment fabriquer un rebelle ?

La République démocratique du Congo compte plus de 50 groupes armés qui se livrent à de graves violations des droits de l’homme.

Mais, attention, ces groupes armés sont aussi un moyen pour beaucoup de citoyens de survivre. Certains me diront : « Mais… garçon, tu as perdu la tête ? »

En vrai, pas du tout ! Les grandes entreprises internationales et le gouvernement confisquent tous les revenus. Le Gondwanais « lambda » n’apprend qu’à l’école que son pays est riche en sol et sous-sol ! Pour se retrouver, certains décident de rejoindre des groupes armés à caractère tribaloethnique.

Alors, je ne donne ici qu’un bref aperçu sur comment on arrive à créer un groupe armé influent.

Petite précision : Je ne suis pas membre d’un groupe armé ! Cet article vient du temps que j’ai passé à effectuer des reportages sur des groupes armés comme la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23), l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) et différents groupes Maï Maï dans le Grand Nord (Nord du Nord-Kivu).

Règle 1 : Apprenez votre histoire

Connaitre l’histoire de votre tribu vous permettra de la manipuler pour vos intérêts. Consultez les vieux sages et ils ne manqueront pas de trouver une mésentente avec les voisins (ce qui est normal).

Règle 2 : Victimisez-vous !

Se victimiser marche souvent ! Ça permet de montrer aux « notables » de la communauté que votre tribu est une espèce en voie d’extinction. Vous avez automatiquement leur soutien.

Se victimiser tente aussi des personnes qui ne sont pas de votre tribu de se joindre à vous pour « contre carrer un plan dévastateur des voisins. »

C’est quoi ce plan même ? Il n’existe que dans les mythes.

Règle 3 : Préparez vos futurs cadres

Si vous démarrez une rébellion, vous ne devez pas y être vu, ni de près, ni de loin !

Voilà pourquoi vous devez convaincre les notables de votre communauté et ceux de la diaspora d’octroyer des bourses d’études à l’étranger aux jeunes de votre village. Que doivent-ils étudier ? Tout ce qui a trait à la politique, à l’armée, à la balistique, l’aéronautique, la programmation informatique, etc.

Au départ, ne dites rien ! Dites tout simplement qu’ils ont mérité ! Comme ça, vous créez une dette morale en eux. Ils n’hésiteront pas à utiliser ces connaissances pour « sauver » la tribu qui a fait d’eux ce qu’ils sont.

Veillez à rester dans l’ombre. Mettez ces jeunes à l’avant-plan.

Règle 4 : Excellez en évangélisation

Cette viellie technique utilisée par des Européens en Afrique marche encore aujourd’hui. Devenez un grand révérend pasteur. Les Africains croient beaucoup en « Dieu ». Il suffit de trouver quelques versets dans la Bible ou le Coran pour le convaincre. Après tout, il a appris depuis sa naissance à ne pas blaguer avec « Dieu ».

Formez aussi des « enfants » spirituels. Même Nicholas Machiavel l’a dit : la religion permet de gagner gratuitement un certain pouvoir, une certaine autorité, une bonne crédibilité.

Quand vous êtes évangéliste, même de grands décideurs du pays ou du monde n’hésiteront pas à  vous recevoir facilement.

Du coup, vous gagnez en contacts et relations !

Règle 5 : Prenez le contrôle de l’économie de votre région

Soit vous contrôlez des carrières de minerais ou vous influencez les grands commerçants de la région. Ce n’est pas impossible même si vous ne venez de nulle part.

S’ils reconnaissent en vous une bibliothèque de l’histoire, donc un sage (voir règle 1) et/ou un guide spirituel (règle 4), ils feront sûrement tout ce que vous leur direz !

Il suffit de se trouver un argument, convaincant ou pas, montrez-leur que votre tribu est en danger. Comme leurs intérêts en dépendent, ils vous rejoindront !

Et quand vous avez l’économie, la politique ne peut que venir vers vous.


RDC: la victoire militaire kidnappée!

Des politiciens congolais ont kidnappé la victoire militaire des forces armées de la RDC, FARDC sur les rebelles du M23. Ils en profitent pour leurs intérêts personnels.

Par Gaius Kowene

L'armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23
L’armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

« Nous demandons aux populations des zones occupés de se préparer déjà à nous accueillir et hisser le drapeau du Congo. » – Colonel Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC

« J’ai rencontré des militaires sur la route de Bunagana. Ils m’ont promis d’en finir avec la rébellion du M23. » – un habitant de Rutshuru

Quelques jours après ces messages, l’armée Congolaise appuyée par la brigade d’intervention de l’ONU chasse les rebelles du M23 de leurs derniers bastions, Chanzu et Runyoni.

 

Ce coup attire les medias qui couvrent cette guerre depuis deux décennies. A côté d’eux, des politiciens.

D’abord, les députés nationaux, « fils du terroir. » Juste après les élections législatives, ils sont partis à l’hémicycle pour y apprendre la vie de luxe : concerts musicaux, voiture qui coutent chers, grosses dépenses inutiles, etc…

Jamais ils ne sont venus consulter leurs bases avant de prendre la corruption pour voter une motion. Jamais ils ne sont venus encourager les militaires au front, ni leur apporter une assistance.

D’ailleurs, certains de ces politiciens sont derrière des groupes armés qui écument l’Est de la RDC, comme le témoigne l’un d’eux.

Maintenant que l’armée a gagné, c’est le moment pour eux de se bousculer et d’organiser des visites à la base, voler un peu du succès des FARDC.

Autre chose qui me tique, même le président Joseph Kabila tombe dans le piège.

Avant son arrivée, des ministres visitent la région, des « missions » de travail qui ont couté beaucoup des millions. Pourquoi ne pas rester dans la capitale Kinshasa et ajouter cet argent comme prime d’encouragement à ces militaires et à leurs familles ?

Vient ensuite une méga délégation du chef de l’Etat pour préparer sa visite. Que des dépenses !

Je croyais même qu’après sa visite les militaires pourront sourire. Mais, croyez-moi, ça n’a pas été le cas !

J’étais un soir à la rédaction de la radio Mutaani FM, quand un militaire vient demander qu’on parle de leurs arriérées de solde comme les festivités de fin d’année approchent !

Pourtant, ce sont ces gens qui se sont battu, essuyant des tirs des rebelles et souffrant des éclats des explosifs sur la ligne de front ! Pourquoi ceux qui étaient bonnement dans leurs bureaux climatisés se sont fait autant d’argent, mais, pas les acteurs même de cette victoire ?

Les politiciens devraient plutôt annuler ces missions et visites touristiques inutiles et donner cet argent à l’armée !

Bon, sur ce point-là, je reste quand même prudent. Il y a armée et armée. Qui sait si l’argent envoyé aux militaires est tombé en venant de Kinshasa parce que l’avion était troué ?