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L’hospitalité légendaire d’Afrique n’est pas un mythe

Ndi nami (bonjour en langue éwé). Il y a longtemps qu’on ne s’est plus vus ici. Comment allez vous ? Je vais bien. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, dit l’adage. (Faudrait que je cherche en éwé l’équivalent de cet adage). Je vous épargne les sarcasmes. Le français, quoi qu’on en dise, nous a réunis. Bloguer est aussi livrer un peu sur soi-même. À croire que cet exercice nous sert d’exutoire. Bref, je ferai un autre article sur mes états d’âme. Aujourd’hui je viens vous parler de l’hospitalité africaine.

Par un heureux hasard, je me suis retrouvé après le blog camp de cette année dans une localité du milieu du Togo, un dimanche soir. Installé avec quelques frères dans un de ces châteaux inhabités, construits sur le recel de deniers publics. Belle architecture, beaux meubles, belle cuisine… mais pas de bouffe. Pourtant mon ventre, pour ceux qui me connaissent, est légendaire. J’ai malgré tout quelques amis encore plus soucieux que moi de l’utilisation du verre adéquat pour boire du sodabi que de la pertinence du mouvement.

Donc en l’absence de bouffe, mes compères et moi sommes sortis dans cette bourgade de quelques 1 000 habitants à la recherche de quoi se remplir le gosier. Peine perdue. Résignés à rentrer le ventre vide et appréhendant la faim de la nuit avec stoïcisme, les ancêtres (village oblige) nous ont faim, enfin fait un clin d’œil. Une cafétéria s’est retrouvée sur notre route de retour.

Ventre affamé n’a point d’oreilles. Je dirai plutôt que ventre affamé améliore la vision. Je laisse à la postérité le soin d’enquêter sur ce qui relève d’un ventre repu ou d’une question existentielle dans cette assertion. Rebelote à la cafétéria, il n’y avait que du thé et des omelettes. Quel Africain normal ne souffrant ni de diabète, ni d’obésité et d’hypertension prend seulement du thé même si c’est accompagné de dix œufs, et s’endort la nuit ? Je vous vous vois venir bande de classe moyenne.
Quelle ne fut alors notre surprise quand du fond de notre déception, une voix suggéra à la tenancière de nous faire une pâte maison accompagnée de tomates, de poisson et de piment (ebessesi) et qu’elle accepta sans sourciller ! Un trublion s’est même permis de faire une mauvaise blague, demandant si son mari serait d’accord ou pas. On a retenu notre souffle pour qu’elle ne réponde pas par la négative ! La jalousie des mecs de nos bourgades est légendaire.

Quinze à vingt minutes plus tard, repas prêt. Apéritif au rendez-vous. Il y a longtemps que je n’ai pas mangé d’aussi bonne pâte. Sauce tomate sans additifs, ni bouillon. Préparée à la poêle de nos ancêtres. Sur du feu de bois.  Le goût, exquis. Un litre de sodabi passé à travers nos gorges. Et tout ceci accompagné d’un sourire non artificiel.
Ce soir là, j’ai recommencé à croire en l’Afrique. Et son hospitalité. Pas pour subir naïvement une fois encore la colonisation, l’esclavage et autres agressions, mais pour le partage de nos valeurs. Le vivre ensemble. Etc. Je sais, je sais. Depuis quand je commence à croire en ces valeurs ?

Pour éduquer la génération suivante et leur transmettre une certaine bonté du cœur dans un monde de plus en plus obscur et plein d’animosité, vivons simples. Profitons d’un bon repas. D’une bonne compagnie. D’un sourire. Allez où subsiste encore des traces d’africanité. Jetez votre condescendance au dehors et profitez de la vie. Pour vous même.


Portraits – Le prêt d’Action

Beaugard Assion, 37 ans, gendarme de son état. Action pour les intimes. Déployé dans une de ces nouvelles brigades, dans un de ces nouveaux arrondissements du pays. Un bide de bonne taille qui débordait de partout son treillis. La guenon, même habillée en veste demeure une guenon disait mon grand père, et les dix ans de service militaire n’avaient en rien entamé sa soif de boire.

Du regret de ne pas être policier et soutirer des petits billets aux chauffards et autres motards pas en règle ou simplement imprudents, à celui de ne pas être douanier pour se faire de gros billets sur des marchandises devenues illicites au gré des humeurs, il s’est fait une raison, et vit entre les paris de loterie, la bière et le tchouck. La bière du 1er au 6, le tchouck le reste du mois. Où  vont se nicher les complexes ? À quand alors la valorisation des produits locaux? Cette question est ancrée très loin dans l’inconscient de notre ami.

Ses soucis se résumaient à la bonne pâte qu’Akouwa, sa femme du moment, lui préparait chaque soir, accompagnée de l’apéritif Sodabi – au fil du temps, et surtout de la mauvaise qualité de la nourriture, cela l’empêchait d’avoir fière allure du moins au niveau du ventre -, et au bonheur qui s’estompait toujours vers dix-neuf heures, quand la jolie dame annonçait les numéros gagnants du jour à la télé. Télé qu’il n’aurait d’ailleurs jamais achetée si ce n’était pour avoir la primeur du résultat du tiercé. Pour enfin, journalièrement contempler les heureux gagnants. Le bonheur est contagieux, et pour vivre heureux, il faut avoir des plaisirs simples. En tout cas, c’est l’une des principales leçons de vie qu’il a retenues de son passage chez les missionnaires catholiques, dans son enfance. La chicote qui était d’usage en est pour beaucoup.

‘‘Pouah » disait-il alors en voyant les résultats :  »Même au village on n’a plus de bon Sodabi« . Et cela, surtout quand il n’arrivait pas à accrocher un seul numéro sur les cinq du tiercé. Donc malheur le lendemain aux trafiquants de méthanol et de ‘boudè » qui se faisaient prendre par lui au détour de chemins sinueux. En plus de leur soutirer ce qu’il avait perdu la veille et prendre un peu de ce qu’il aurait du gagner, il prenait plaisir à sortir de son esprit ou d’ailleurs on ne saurait jamais, une de ces insultes:  »batardeau », ‘’zouave’’ etc. Toujours les plaisirs simples.

Malgré sa relativement longue carrière, ce n’est que récemment, avec l’autorisation de ses supérieurs, qu’Assion a pu bénéficier d’un prêt. À rembourser sur cinq ans. Faut-il s’en réjouir ? Vu le montant ?
Dans l’immédiat, il s’est quand même décidé à en jouir, à fond, de ces 1 millions volubiles. Allez, c’était décidé :  un (01) mois sans loterie. Sans Tchouk ni Sodabi. Apres un rapide tour chez lui, sans un regard pour sa femme, (faudrait même penser à la changer celle là) où il s’est délesté avec une once de regret de quelques dizaines de billets, il a naturellement pris le chemin du bar de Dame Akouvi. Tout joyeux. Après avoir payé ses dettes de bière, la fierté retrouvée, Assion lança tout de go une de ces remarques dont il avait le secret : « Quand ton salaire ne te permet pas de construire, il faut boire. Apportez moi deux Awooyo et frappez moi la musique militaire: l’argent appelle l’argent. »

Quand on paye on a le choix. De la musique. Privilège inouï dont il avait rarement joui jusqu’ici… Alors qu’Action avait le ventre repu, l’humeur alcoolisée et joyeuse, les trafiquants et autres avaient aussi un peu de répit. Du moins pendant un mois.

Mais vint ce fameux jour où il voulu encore enlever un billet doux de dix mille de l’étagère sur laquelle, le premier jour, il avait déposé sa dette de cinq ans. Sa main ne rencontra que le toucher rugueux et froid du bois.

Jour fameux, autant pour lui que pour sa femme. Pauvre Dame. Elle n’oubliera pas de sitôt la bastonnade de sa vie. Action, tout furieux de s’être fait voler son argent, par sa propre femme en plus, aura tabassé cette dernière devant leurs enfants tout tristes mais heureux d’échapper pour une fois aux furies mémorables de leur géniteur. Merci au bénéfice de la courte taille. Quelques centimètres de plus et ils devenaient aussi suspects que leur mère. Toute personne dépassant un mètre cinquante était considérée comme voleur d’argent. De toutes les façons, ce ne fut qu’au soir, après les excuses de notre gendarme devant sa belle famille (pas trop de remontrances quand même, Monsieur a encore le pouvoir de faire recruter le fils, le cousin et le beau frère dans l’armée), que Madame apprendra que depuis un mois, son mari avait bénéficié d’un prêt.

Partis en fumée, les rêves de pagne et de nouveaux tissages. Une lycéenne en a bénéficié. Ceci est une autre histoire.
Finis les beaux jours, vive les découverts bancaires. Un peu de baume au cœur cependant : la petite dernière de la fratrie, Adjoa, a eu l’intelligence de se faire enceinter par un employé de banque. Et en avant la cérémonie de demande de pardon. Les tours de garde devant le bureau du gendre – pardon, futur gendre – sanctionnés par les doux billets à la fin de la journée.

Naturellement, la femme du gendarme est (re)devenue la plus belle femme du monde. Ses repas, les plus succulents. Les boissons locales, les meilleures beuveries. Nos ancêtres savaient à nouveau distiller. Bande de colonialistes… Les diatribes toujours sarcastiques et moins drôles : « le mouton broute là où il est attaché ». En attendant la prochaine mission de maintien de la paix (?) de l’ONU ou encore le lointain et incertain gain au tiercé.

 

 

Petit Rappel: Les lignes qui précédent ne sont que pure fiction et toute ressemblance avec tout individu ne serait que pure coïncidence.


Racisme 2.0. Un ami qui vous veut du bien.

Je pars de la déferlante médiatique de ces derniers jours due aux très sinon trop nombreux histoires (scandales ??) racistes qui ont trouvé un formidable tremplin dans notre monde post internet pour affirmer sans ambages que c’est con (j’ai pesé mon mot) le racisme, qu’il faut le condamner mais surtout agir pour empêcher la chienlit de se propager.
Petit rappel des événements

Un footeux (qu’a t-il déjà gagné en tant que joueur ?) Griezmann s’est déguisé en noir, euh joueur de basket des années 70. Le fameux blackface. Soit disant pour lui rendre hommage. Des gens, des amis parfois, noirs de surcroit se sont précipités pour dire qu’il n’était pas raciste dans le fond. Je me demande quelle est la définition du racisme ? Faudrait-on prendre un laser infrarouge ou un séparateur de particules pour aller au fin fond du cœur de l’homme voir s’il est anti-noir ?
Le racisme à ce que je sache s’exprime visuellement, verbalement, violemment au vu et au su de la planète. Merci réseaux sociaux. Je rappelle que son Club l’Athletico aurait été propriété d’un businessman noir ou d’une famille royale noire (ce qui n’existe plus) ce genre d’histoire aurait connu une autre fin. Décidément l’année dernière était noire. Jusque dans l’empire du milieu, une exposition nous a carrément comparés à des animaux. Le yuan a fermé les bouches sur le continent. Une publicité de Dove et d’une machine à laver se sont contenté de tweets d’excuses et un retrait pur et simple des pubs incriminées. Entre temps le buzz a pris et de nouveaux clients (extrême droite). Ça c’est chez nos amis jaunes qui nous veulent du bien.
En Europe, les footballeurs même les meilleurs (arguments de ceux qui croient à la toute puissance de l’argent) se font singer. Récemment Blaise Matuidi en a fait les frais. Griezmann son coéquipier a-t-il parlé ? Je n’en sais rien. Suivez mon regard. Tout nos ressortissants qui subissent des bavures policières en occident et pas que, les insultes et les comportements barbares et très souvent muettes car ne touchant pas de célébrités. Aux States un président moitié noir n’a fait que ressurgir les tensions. Je ne vais plus trop rappeler XX et son comportement sorcier comme nous le disons en Afrique pour ne pas leur faire de la pub gratis et malvenue.
Eh oui on vend du noir en Lybie et en Mauritanie.
Du buzz et de l’absence de réponses appropriées.
Le dernier scandale en date révèle du pur marketing et de cette tendance sournoise et générale que les grandes marques ont adoptée à faire parler d’eux en bien comme en mal. Plus on parle de vous, plus vous avez d’audience pour faire passer votre message. Mes amis communicateurs ne diront pas le contraire. Pour parer l’omniprésence chinoise dans le textile en Europe un peu du bruit ne ferait que du bien à XXX. Tant pis pour un ou quelques singes charmants de la jungle. Ne vous y trompez pas, les juristes de cette compagnie auront à priori calculé le risque au millième près de cet acte. Les communicants, l’impact sur les réseaux sociaux ; les financiers le profit etc.
Au lieu de demander le retrait du compte Twitter de ce groupe ainsi que la censure du hashtag (#hm), bah tout le monde s’en est donné à cœur joie. À la fin, on ne retiendra que XXX et pas le geste raciste.
Au lieu de boycotter la marque, ce que j’avoue n’est pas chose aisée vu le nombre de Noirs qui font leur emplette chez cette dernière à part peut-être aux States, (on se demande pourquoi les meilleures ripostes viennent toujours des noirs américains ?) nous nous contenterons d’excuses avant la prochaine connerie.
Au lieu de surfer sur cette vague, aussi raciste soit elle et lancer une revanche commerciale et se faire de l’argent par fibre raciale, on se contentera de changer de marque jusqu’à ce que cette dernière aussi nous déboute.
Au lieu d’instruire nos enfants sur la réelle jungle économique et politique ainsi que le long processus d’émancipation culturelle qui les attend on se contentera du doudouisme tropical et continuer par attendre des excuses. Oui Oui, tous les blancs et toutes les compagnies ne sont pas racistes. Est-ce que le Noir l’est ?
Des réponses appropriées.
J’ai deux approches différentes de solution résultantes de deux discussions avec deux amis noirs installés l’un en Europe, l’autre aux Usa. Le premier a rapidement dénoncé ma très vive critique du footballeur   en m’expliquant qu’il faut prendre le temps d’expliquer au raciste par A plus B sa débilité mentale et son ignorance etc. Qu’à vrai dire certains ne savent pas. Que certains changent à condition de les amener patiemment à la raison. J’avoue avoir dormi cinq minutes après le début de notre conversation. Le lendemain nous avions recausé, les esprits calmes. On s’est trouvé un terrain d’attente.
Le second me dit que la solution est l’argent. Plus on se fait un max de fric, moins on ressent ce genre d’agression. Patiemment je lui ai donné raison et ensuite je lui ai demandé pourquoi Lebron James a vu sa couteuse maison de Beverly Hill taguée d’insultes racistes et reconnu que vivre en Amérique était difficile ? Enfin je lui ai rappelé l’article de presse que nous avions lu ensemble quand il était encore à Lomé et qu’au collège nous devions faire ensemble un exposé sur l’apartheid en Afrique du Sud. Jeune Afrique (merci si le quotidien peut me fournir le numéro en date) rappelait la mésaventure de commerçants fortunés nigérians dans les années 80 qui ont eu la malchance d’être en première classe sur un vol vers l’Asie avec des dirigeants sud africains. N’eut été la patience de l’équipage, nos chers commerçants auraient été jetés au dessus de la mer sur insistance de Pik Botha et de son entourage. Bref.
En Afrique, je me suis vu refusé l’accès à un hôtel en Sierra Leone en 2015 et un autre refus basé sur le faciès dans un restaurant au Ghana l’année dernière. De cette expérience j’en suis arrivé à la conclusion qu’il ne sert à rien de discuter. Il faut des moyens coercitifs. Un code pénal efficace dans nos pays….africains. Une jurisprudence dans ces pays étrangers où sont obligés d’habiter ou de travailler des Noirs. Au delà de tout, le soft power économique et géopolitique se doit d’être efficace. Prenons un exemple simple. Je vois mal, tres mal un supporteur de Chelsea se moquer des yeux bridés d’un joueur japonais ou encore de l’anglais chaotique d’un joueur russe. Entre temps des Noirs se permettent de rire de l’anglais approximatif de Weah au Liberia.
C’est évident, louable à souhait que les décideurs de ces pays s’occupent rapidement des comportements déviationnistes de certains qu’ils qualifient de marginaux quand les intérêts économiques et géostratégiques sont en jeu. Ou quand la pression médiatique est trop grande. Déjà en arrêtant de faire le pan avec le dernier hermes ou gucci on serait moins atteint. Jamais le faso danfani ne ferait un tissu à connotation raciste. Ou une blague de mauvais goût. Pour le Noir en tout cas ! Rappel très important le coton utilisé pour fabriquer ces chemises est cultivé en Afrique et transformé par nos amis sud asiatiques. Quand nos présidents se voient saisis leurs villas en hexagone on se demande qu’est ce qui ne va pas ? Et parfois que nous méritons un tantinet de ce qui nous arrive. À moins de changer la donne. J’attends le jour où un individu refusera de monter dans un avion parce que c’est un Noir qui aura fabriqué le système de ventilation ou qui aura construit le moteur. La tête qu’il fera quand il ne se fera pas rembourser. J’attends le jour où Trump refusera de dormir à la maison Blanche parce que des esclaves ont contribuée à sa construction. J’attends le jour où un chinois refusera d’utiliser le dernier I phone parce que le cobalt se transformerait désormais en Afrique. Au mondial de foot de 2010 en Afrique du Sud, curieusement aucun scandale raciste (??).
Du reste, rien ne me justifiera la bande de nègres (je suis noir et j’ai le droit d’appeler mes compatriotes négros) qui essaient de justifier et d’excuser le comportement de certains. Mes amis blancs savent à quoi s’en tenir, d’ailleurs on l’est (amis) parce qu’on se respecte à partir de nos valeurs intrinsèques, pas sur la couleur du cristallin. Pour nous, qui en l’an 2090 ne serons plus de ce monde et nos enfants qui eux seront présents, revoyons nos critères et nos ambitions hégémoniques afin de vivre dans un monde plus harmonieux ou chacun trouve sa place.
Note : XXX est mis pour hm et vous remarqueriez l’absence de liens dans cet article. C’est principalement pour éviter la mauvaise audience et faire l’apologie de ceux qui surfent sur la vague émotionnelle de ces situations pour se faire un nom. Vous m’excuserez aussi mon langage inhabituellement vert. À sournois, sournois et demi.


Au revoir 2017.

Au plaisir de vous retrouver et de dire ensemble adieu à cette année que nous avions passée si loin et si proches, je viens vous livrer aujourd’hui un peu de moi. De ce qui m’a fait rire, réfléchir, laissé perplexe ou fait lâcher une larme.

Sur le plan personnel.

Des hauts et des bas. Des talons hauts et des bas effilés aussi. De belles séparations et des rencontres imprévues. Un peu de tout ce qui fait la beauté de ce monde. De beaux livres, j’en ai lu. Un petit tour sur ma page Facebook et vous serez servi. De jeunes auteurs, j’en ai rencontré. Ils m’ont beaucoup aidé à prendre de la hauteur. Souvent accompagnés de bonnes bouteilles. Une pensée morne quand même pour ces bouquins, surement passionnants mais qui de ma part n’ont vu que les mains épousseter leur poussière sans pour autant les lire. Le plaisir d’être en famille.  De vivre les fous rires ensemble. De commencer par dire et écrire ‘’lol’’.

Pour une année supplémentaire, j’ai réussi à avoir moins de mille amis sur Facebook. Je mets un point d’honneur à être amis avec ceux que j’ai au moins une  fois ‘’vu’’. En espérant rencontrer l’année prochaine, la douzaine d’amis virtuels qui reste et qui au travers de nos discussions se révèlent être des personnes forts intéressantes. Toujours pas de duplex. Tant qu’il y a du Durex. Pas de 6 zéros sur le compte et pas de découvert non plus. Tant que l’on a été le héros d’au moins une personne dans l’année, on peut avoir le sourire et le garder. Je me suis mis à la pêche. Ça développe la patience. J’ai même fait une semaine sans internet.

De ces amis perdus en cours de route. De nos moments devenus souvenirs. Des nouveaux visages, innocents et mignons qui t’appellent tonton, qui gargouillent et qui te font oublier le temps d’un instant les laideurs d’ici bas.

Dans ma bande d’amis de quatre depuis l’université (ils se reconnaitront), je demeure le seul à ne s’être toujours pas marié (2018 ??). Pas d’enfants non plus. Ils m’ont quelque peu trahi. Sauf un. Un bébé l’y a contraint. Heureux ménage à lui. À croire que je suis aussi très réfractaire aux reformes. Quoique les effets secondaires sont connus dans ce cas. Venons-en au pays.

Le pays en cette année.

‘’Reformes’’ est bien évidement le mot de l’année. De part et d’autre. Des coups par ci, des coupures par là. Des dialogues et des incompréhensions à n’en plus finir. De la bastonnade. Des réfugiés numériques et des réfugiés tout court. Des grèves, pas de sexe. Vu le nombre de nouveaux nés dans nos hôpitaux dont on ne cesse pourtant de crier l’état de délabrement, à raison. Les drames de la circulation qui nous ont arraché des acteurs chers de la culture togolaise. Et qui sont à jamais  gravés dans nos mémoires.

Toujours plus de 4*4 de diplomates dans nos rues et devant les boites de nuit. Allez chercher le rapport. Et puis il y a eu notre #balancetonporc version locale qui s’est transformé en balance ton poulet de 22 heures. Telegram et autres ne garantissent pas la confidentialité de leurs utilisateurs. Le rappel à l’ordre aura été douloureux pour certains. La Can, ah la Can. Un problème sempiternel avec les comptes. Qu’à cela ne tienne, on n’aime ou on n’aime pas les éperviers du Togo. La prise de la pierre sacrée et les Evalas ont répondu présents au rendez vous. Et oui, les mots peuvent êtres formés d’autres mots. 2017 aura révélé que le Togolais est complètement intolérant même envers son président ou envers le pantalon premier ministériel, surtout sur les réseaux sociaux. Enfin nous avons (re)goûté aux joies du cinéma avec Canal Olympia, et aux joies du boycott des étrangers, une fois n’est pas coutume avec le concert des #Magiciens. 20 ans c’est peu, comparé aux……

La TVT ( télévision nationale) continue d’employer ‘’le compte rendu de’’ dans son journal pour désigner ses reportages.

En Afrique et ailleurs dans le monde

Les couguars ont la côte. Moins d’enfants pour la femme africaine. Tel est le vœu du président français. Pour faire simple, prenons pour femme des ménopausées. Et pourtant aux dernières nouvelles notre espace géographique est sous peuplée.

Des présidents peuvent dès l’année prochaine, ajouter réparateurs de clim à leur CV. Le chômage allant crescendo. On peut désormais aussi faire appel à l’armée pour un divorce présidentiel. Ce n’est pas Mugabe qui dira le contraire. Un jeune continent, des vieux dirigeants. Les chinois cognent (au sens propre comme au figuré) de plus en plus en toute impunité sur le continent. Zuma tient la barre en Afrique du Sud et a (de son vivant) une statue grandeur nature au Nigeria. Les droits de l’homme demeurent un concept aux contours flous. Une affectueuse attention pour Tonton Kim loin là-bas qui tient tête ( à qui ?) avec ses ogives nucléaires. Et une larme pour toutes ces innocentes victimes tombées au nom du terrorisme. (mot dangereux, à prendre avec des pincettes)

Il n’y a pas que le politique qui a compté en cette année. Serey Die, l’ivoirien nous a tenu en haleine pendant une semaine entre ses deux femmes. Pendant que son ancien collègue Eboué va moins bien. Il y a toujours une femme dans l’histoire. Les footeux ont écrit de belles pages et de vilaines aussi cette année. Certains se sont mêlés de politique avec diverses fortunes. Et puis le CFA. Ce fut la monnaie de l’année. Une pensée pour ces billets brulés qui auraient fait le bonheur de certains dans ces périodes de fête. On meurt encore de dysenterie sous les tropiques et les friquets se soignent de plus en plus à l’étranger.

J’ai commencé des portraits que j’ai laissés en sourdine sur ce blog. J’espère vivement vous décrire un peu plus souvent ces personnages charmants d’ici et d’ailleurs au cours de l’année prochaine. La route avec vous révèle d’agréables surprises. Une drogue douce apparemment. Nul risque d’overdose. Comme ces jeunes qui à force de vouloir s’envoler atterrissent au paradis ou ailleurs. Les opiacées font des ravages. Même ici.

Une once de regrets ? Non. Plutôt des reflets. Des taches inachevées, des histoires inachevées. Des pages qui méritent  d’être tournées ou retournées. Des souvenirs indélébiles. Des leçons apprises de la dure des manières. Des certitudes devenues douteuses.  Des rêves devenus réalités ou réalisables.

Sur ce je nous souhaite une bonne année qui dépendra pour moitié de nos efforts et pour moitié de la providence.

 


Les coupures inégalitaires d’internet au Togo

 – Ne coupons pas la connexion mobile, pour que nos clients ne partent pas pour un autre opérateur…
– Pour aller où ? Ils seront là pour nous attendre.

Tel est, je l’imagine, le compte-rendu des réunions des sociétés de téléphonie mobile.

Effectivement, on est là à attendre. Rythmer notre vie quotidienne entre deux coupures. Pourquoi couper la connexion mobile de nous autres et laisser l’internet pour les entreprises, les administrations ? Comment garder ouvert l’accès aux sociétés et juger unilatéralement que nous autres ne le méritons pas ? Ne sommes-nous tous pas des citoyens ? Hypocrites, s’il faut couper la connexion, alors faites-le entièrement. Si c’est pour la paix, que tout le monde, oui tout le monde, soit privé de connexion.

Ne fermez plus. Ne coupez plus. Ne gardez pas les bons débits pour quelques-uns, de peur qu’ils ne fassent une overdose de connexion. Ne la coupez point de peur que le troisième opérateur ne s’enfuie par retard de dépôt des dossiers dû au manque de connexion.

Marchez et on vous laissera. Criez et on vous trouvera une solution. Car, quiconque marche régulièrement entretient sa santé, celui qui crie améliore son timbre vocal. Et surtout, on coupe à celui qui veut se connecter. Tout ce que vous faites avec votre connexion, nous aussi on le fait. Communiquer. Étudier. Payer des dettes. Prendre rendez-vous. Télécharger illégalement. Voir du x, etc. Car c’est la loi et l’objectif même de l’internet.
Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous coupez sans nous avertir le débit mobile, mais vous le gardez pour certains, combien de fois nos amis, copines, ex-copines, nos occupations, en sont dépendants ? Combien de fichiers téléchargés à 90% ne sont jamais finis et partis en fumée ? Combien de mégas ou de gigas de connexion disparus et comptabilisés dans les bénéfices des entreprises de téléphonie mobile ? Autant de frustration pour les clients ! Pas un mot d’excuse au nom de la paix, mais un juste retour de leur forfait ?

Je vais vous raconter les histoires de gens directement touchés par ce phénomène. Tout ce qu’Adoté voulait, c’était suivre son match en streaming illégal. Amélé, elle, voulait lire le bonjour de son Jules virtuel de Paris qui lui promettait des vacances pour l’été 2017, et surtout voir s’il a fait le money gram. Anasco, lui, est devenu teigneux pour avoir manqué pendant deux jours de naviguer sur des sites douteux pour adultes, malgré son âge mineur. Tchitchao n’a pas pu envoyer à temps l’argent à son vieux père au village pour ses médicaments. Même les gnadoé*ont pris un sacré coup.

Méfiez-vous des connexions bloquées

Gardez-vous des mauvaises connexions. Celles qui sont là, mais vous empêchent d’aller sur vos sites préférés. Celles qui pendant un temps vous donnent accès à certains liens que vous, informaticien de pacotille, cherchiez à contourner par des réseaux privés virtuels. La réalité amère et dure vous frappera et le réveil sera toujours douloureux. Ceux qui disent : « Mais non, je suis apolitique ! », ceux-là n’auront pas de traitement de faveur, mais ceux qui ont la chance d’avoir le bon code wifi ou le bon câble disponible, oui.

Plusieurs diront en ces jours-là : « Connexion, Connexion, n’avons-nous pas fraternisé avec des inconnus par ton nom ? Et n’avons-nous pas rendu riches des sociétés de téléphonie mobile par ton nom ? Ne t’avons-nous pas choisi au détriment d’un bon plat de watchè* (du riz mélangé avec des haricots) ?

Alors, elle vous dira ouvertement : je ne vous ai jamais connu. Je me retire de vos téléphones. Vous qui n’êtes pas du bon coté de la connexion. Vous qui êtes susceptibles de partager des informations non vérifiées. Vous qui n’avez pas le bon code wifi. Vous qui n’êtes pas proche de la frontière ghanéenne ou béninoise. Vous qui menacez la paix.
C’est pourquoi quiconque entend ces paroles se doit d’acheter un forfait limité au début des journées de marche coïncidant avec la coupure d’internet. Il sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. Ainsi parle le Coupeur, pardon le Saigneur, pardon le Seigneur. Il sera semblable à un étudiant qui squatte le wifi du voisin. Qui connait les meilleures applications capables de télécharger et de poursuivre sans perte de données quand la connexion sera coupée et rétablie.
Mais quiconque écoute ces paroles et ne les met pas en pratique sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les fichiers torrents par contre, non. Sa connexion étant absente. Ses mégas, disparus à jamais. La jolie Guinéenne rencontrée lors d’un séminaire a rompu. Virtuellement bien sûr. Plus de contact. Un malheur ne venant jamais seul, certaines applis dont on repoussait la mise à jour sont devenues obsolètes. Perdus, les précieux messages. Après que le coupeur ait terminé, la connexion a été rétablie et mon téléphone a été frappé de frénésie du téléchargement. La coupure et la perte des forfaits m’ont enseigné l’approche imminente des prochaines manifestations.

Comme je ne suis ni scribe, ni pharisien, mais jeune togolais ne comprenant pas le pourquoi ni le comment des coupures internet, je dirais juste que cet article est inspiré de l’Évangile de Mathieu, chapitre 7 dans la Bible.

 

* gnadoé : signifie en éwé ( langue parlée entre le sud du Togo, Bénin et Ghana) l’action de radoter.

* watchè : plat de riz mélangé avec du haricot.


Ma semaine sans Internet.

Tout est parti d’un téléphone volé, d’un autre gâté et d’un pari surprenant, un peu con au début, mais qui en fin de compte s’est avéré une bonne expérience. Ne dit-on pas souvent que la fin justifie les moyens ? Un collègue et moi, suite aux mésaventures diverses de nos téléphones respectifs avons décidé, de voir qui pourrait tenir le plus longtemps possible sans ces petits gadgets qui finalement, contrôlent nos vies. Alors en route pour une semaine sans internet. Je me suis, lors de cette semaine, rendu compte que nos Smartphones ne nous servaient à rien sans connexion internet. Passé le temps de la douleur ressentie suite à la perte d’un être téléphone cher et la recherche d’une solution de rechange, je me suis, enfin mon collègue et moi tout penauds nous étions rendus compte de l’incongruité de la situation. Et si nous devions réellement vivre sans internet ? Et s’il y avait un blackout ? Quel impact ? Sur nous ? Nos proches ? Notre état d’esprit ? Notre productivité au bureau ? Etc…

Jour 1

On faisait semblant, comme si rien n’avait changé. Je me suis rappelé d’un vieux Samsung à clapet qui trainait dans un tiroir et qui  méritait d’être dépoussiéré. Histoire de passer des appels dans des cas urgents. Cas urgents qui ne feront que se multiplier au cours de la semaine. Dur dur d’envoyer alors des sms, moi qui il y a encore quelques années cherchais à battre mon record d’envoi d’sms tellement c’était passionnant et facile, sur mon clavier à 12 boutons. Sur les coups de midi j’ai redécouvert la radio stéréo. Quel soulagement,vite dissipé ! Car aussitôt les nouvelles écoutées, l’envie pressente d’aller sur Yahoo et Cie confirmer voir les images de ces dires surgit. Première difficulté facilement surmontable. Le soir au lieu de chatter sur les réseaux sociaux, j’ai discuté physiquement avec deux nouveaux collègues et fraternisé avec l’un, car l’autre comme vous pouvez aisément l’imaginer suivait difficilement le cours de nos conversations, trop occupé à envoyer deux petits textos entre une phrase. Je le surprenais souvent en train de rire bêtement à une blague ou autre chose venant de son écran. Ô petit écran exerçant une si grande emprise sur nous autres humains.

 

Jour 2

Premiers bénéfices. Dès le réveil, rupture avec la monotonie. Plus besoin de voir qui m’a laissé des messages. Plus besoin de voir dans quel sens la planète a tourné pendant mon sommeil : si le soleil par un heureux hasard ne s’est pas pour une fois levé à l’ouest pour se coucher à l’est. Que faire alors du temps disponible avant le boulot ? Je me suis remis pour une fois depuis une demi-douzaine d’années aux exercices d’abdominaux. J’avoue qu’en ayant le téléphone et internet à portée de main, je n’aurais pu résister à l’envie de faire un tour de quelques sites, en quelques clics. J’ai trouvé une autre motivation dans le désir de ne pas perdre mon pari et vice versa pour mon collègue. Pour tenir quand l’envie était pressante, (beaucoup diront que c’est assez exagéré de dire que l’envie de se connecter puisse être pressante et pourtant c’est parce qu’on y succombe facilement qu’on ne se rend pas compte de l’addiction) une petite marche me faisait du bien. Le coup de ma communication parallèlement s’en allait crescendo. Normal car obligé d’appeler là où, avant je me contentais d’un cc, ça va, oui et toi ? bien bonne journée; merci a toi aussi.

 

Jour 3

Vraies difficultés. Avec les premières énigmes. Et si je me connectais sur pc pour les mails professionnels ? Aurais-je perdu mon pari ? Résisterais-je à l’envie de voir des notifications Twitter etc ??? Comment faire mon boulot là où jetais dépendant d’Internet pour le courriel, les informations des livraisons etc ? Certains collègues, partenaires ont compris quand je leur expliquais le pourquoi du retard de leur mail et pourquoi ils ne l’auront pour certains que dans 5 jours. ça été plus limite avec les supérieurs. J’avais une excuse toute trouvée ‘’ la connexion internet est mauvaise’’. Un ou deux amis sont venus aux nouvelles par appels ou sms. Une ou deux par des visites. Des amies surtout. Des mecs, aucun. J’ai redécouvert les jeux de carte et d’Awalé, l’art de parler sans émoticônes. De ne pas dire lol et mdr à longueur de journée. Mes nouveaux interlocuteurs (d’un certain âge bien sur) ne comprendraient pas. Un ami senior qui s’est récemment mis aux réseaux sociaux a trouvé ma démarche intéressante et m’a surtout conseillé d’utiliser internet à des fins utiles. Ça te rapporte combien une heure de connexion, en argent, en relation, en bien-être ? La nuit m’a apporté quelques pistes de réflexions et de réponses.

 

Jours 4 et 5 

 

Vive le jogging et honte aux amis qui ne nous sont loyaux que sur Internet. Qui peuvent chaque matin que Dieu fait continuer par envoyer des ça va, tu es ou ? sur nos messageries même quand nous ne répondons pas. Mais ne peuvent prendre la peine d’un appel, d’un sms, d’une visite pour avoir de vos nouvelles. Vivent les secrétaires qui prennent soin de nous pendant ces moments aux travers de belles tenues, de beaux sourires, de beaux jeux de société , des petits plats et honte à celles qui s’empressent de venir nous montrer des vidéos fraichement téléchargés ou la dernière blague en ligne. J’ai même eu droit à un appel surprenant qui me demandait de me connecter express et quand j’ai demandé le pourquoi ? Bah c’est pour discuter et avoir de tes nouvelles.
Moins de contrainte, moins d’envie d’acheter. Plus d’attention aux détails. Plus d’attention à la famille. En y pensant j’ai terminé plus de bouquins en papier en une semaine que sur mon téléphone, en faisant au passage une belle économie sur l’argent prévue pour acheter une liseuse électronique. Au cinquième soir, sous prétexte d’une facture et d’une marchandise à livrer, mon collègue et moi avons pu profiter de vingt minutes sur Messenger et Gmail pour envoyer certains dossiers et petit crime, dire bonjour à un ami qui envoyait un coucou juste au moment où je me connectais.

 

Jour 6

 

Fort de ces jours sans internet, je me suis mis à observer les autres pendant une journée, accros à leur téléphone. Ces professionnels du radotage sur le net. Ceux qui ne veulent pas sortir des sentiers battus. Ceux qui sont devenus irrécupérables. Ceux qui carburent à l’internet. Combien de fois manquons-nous des moments uniques de la vie ? En préférant une photo à un sourire, un émoticône au profit d’une embrassade… une malbouffe au dépend d’une activité sportive, une réalité virtuelle au lieu d’une interaction physique ? Toutes ces sensations que certains ne connaitrons même pas, je pense aux prochaines générations. Nous qui pensons êtres civilisés en dépendant exclusivement du net, pour la bouffe, commander nos habits tout ça au nom d’une certaine rapidité entre autres. Au dépend de l’artisanat, de la relation et la chaleur humaine. Le cas particulier de cet ami qui ne partait pas en pause à midi juste pour profiter du bon débit du bureau m’a laissé perplexe. J’ai arrêté de me plaindre que 24 heures n’étaient pas suffisantes. J’avais finalement du temps et rien à faire, ce qui était le contraire quand je trainais sur Facebook et autres à guetter des histoires ou à la recherche des fringues à bas prix etc. J’ai aussi appris à mettre moins de liens dans mes articles pour permettre a vous chers lecteurs de passer moins de temps sur le net.

 
Jour 7

Mon poids sur la balance m’a donné tellement de satisfaction. J’ai finalement trouvé quelque chose à faire de mes nouvelles heures creuses. Des activités enrichissantes. Ma relation qui s’est améliorée avec les seniors à qui j’ai promis de faire plus attention. J’ai vraiment profité de la plage et de l’eau. Du paysage, j’ai pris de belles photos que je ne partagerais pas ici. En tout cas pas aujourd’hui. Pas occupé à envoyer des fichiers multimédia par ici et là. Soit on se repose ou on envoie sa photo en train de se reposer aux gens. Soit on mange ou on se filme en mangeant. Soit on ne poursuit pas deux lièvres à la fois, soit on ne se filme pas en poursuivant deux lièvres à la fois etc.
J’ai aussi raté deux brunchs dont les invitations tout comme les plaintes suite à mon absence sont tombées dans ma boite mail. J’ai appris à mieux gérer ma connexion aujourd’hui ce qui me fait des économies sur les forfaits. À me débarrasser des fioritures, à savoir sur qui compter vraiment. Autres avantages, un mode de vie plus sain, de nouvelles amitiés etc. Pour vous qui seriez tentés par l’aventure, faites. Pas besoin de se préparer. Vivez l’aventure, et si subitement Internet venait à disparaitre, vous serez aguerris.


La vie des togolais : Portraits Da Amélé.

Difficile de lui donner un âge. Les mauvaises langues la disent sur le mauvais versant de la trentaine. Elle est l’exception qui confirme la règle selon laquelle les filles, après 25 ans ne cherchent qu’à se caser. Casée, elle l’est. Ce qui dépend de ce que vous mettez dans casée. Un petit garçon de sept ans, fruit des ses amours sauvages d’étudiante. Qu’elle élève seule. La faute à sa demi-douzaine de petits copains d’université qui ont décliné un à un la paternité de cet adorable garçon. Entre celui qui avait peur de se faire couper les vivres par son père, celui qui dit n’avoir fait qu’un seul coup, ou encore celui qui était devenu inaccessible du jour au lendemain, elle s’est résignée à son sort. Les hommes sont mauvais est devenue son éternelle rengaine. Da Amélé en consommait pourtant sans modération. Plus besoin d’être à la solde d’un mec disait-elle . 

Une éducation d’église évangélique qui n’a pas empêché le petit copain vers 13 ans.

 « Féministe » diront certains. Un mot qui l’énerve au plus haut point. Elle se définit juste comme une femme, forte et qui s’assume. Dans tous les sens du terme. Pas besoin d’étiquette. C’est comme si on était consciente d’être faible et qu’il fallait transcender cet état pour aspirer à une certaine grandeur. Non non, Da Amélé n’aimait pas du tout ce terme qu’elle définissait d’ailleurs en termes crus que ma bonne éducation ne me permet pas de décrire ici. En regardant dans le miroir de son passé elle se sentait fière du chemin parcouru. Des parents plus ou moins aisés. Une éducation d’église évangélique qui n’a pas empêché le petit copain vers 13 ans. L’université sanctionnée par une licence en économie et son petit Hervé. Avant que le LMD ne vienne allonger les années pour les étudiants moyens ou sans repères. Ensuite malgré les relations de ses parents, elle dû rester pendant un an à la maison. Surtout avec sa haine envers la promotion canapé. Pas qu’elle eut froid aux yeux mais par pur principe.
Aussi quand un nouveau directeur, libanais, fit valoir son droit de cuissage sur Amélé au bout de trois ans de bons et loyaux services, celle-ci après une belle paire de gifles s’en alla ouvrir sa petite affaire de ventes d’accessoires de cuisine au marché d’Adawlato. Dieu merci les affaires allaient bien. Et elle pouvait enfin vivre selon ses désirs. Et en liberté. Employant trois jeunes qui autrement seraient encore dans les méandres pour l’un d’un village sans eau ni électricité, l’autre avec un beau père violent et une autre encore à la rue. Mais ceci est une autre histoire. Depuis bientôt deux ans, elle s’était offerte une mini villa vers un de ces nouveaux quartiers d’Adidogomé. Le rêve de tout jeune normalement constitué. On peut dire qu’Amélé gagnait bien sa vie et qu’elle avait cette indépendance financière qui reste pour beaucoup un mirage ici.

Avec ce niveau, vient toute une panoplie de distractions à condition d’être observateur et assez créatif dans ce Lomé pour trouver ses petits plaisirs de la vie. Laissez vos rêves de cinéma, de princesse etc. Amélé a su, elle dénicher les bons coins dont regorge la capitale et en profite. Ça fait longtemps qu’elle ne va plus à La Cour des Grands le weekend. Un endroit pour les petits joueurs, disait elle. Maintenant c’est les lounge bars, certains casinos et les bars des meilleurs hôtels de la ville. Les weekends, pas besoin de sortir. Son frigo à la maison étant toujours plein. Les bons plans du grand marché où on pouvait dénicher à un prix défiant toutes les publicités anti-alcool, les meilleures marques de vin ou de spiritueux. Une bonne femme loméene se doit de savoir où trouver les bons, whiskys pour son mari, les bons pagnes, les produits de beauté à l’origine parfois douteuse et surtout aux bons prix.

Les commerçants étrangers, principalement indiens, chinois et libanais, l’ayant appris de nos mamans comme Da Amélé l’ayant appris de sa mère à elle, fixaient toujours le prix d’une marchandise à vingt pour cent au dessus de sa réelle valeur. Habitude qui a finit par déteindre sur les comportements d’Amélé. Ce dans les autres aspects de sa vie. La frime. Elle était toujours la plus chèrement habillée de son groupe de filles. Selon ses dires. Ses amants, les plus beaux. Ses soirées, les plus belles etc. Mais comme vous le savez la vie des togolais est un masque perpétuel. Même pour ceux qui ont les moyens. Amélé à défaut des vrais Gucci, Channel et autres était toujours à la page « Sawui » de nos tontons du Sahel d’Assigamé.

La vie ce n’est pas Super Mario, où on possède deux ou trois vies.

En bonne mère elle passait toujours ses weekends avec son garçon pour ne pas en faire plus tard un ‘’mauvais’’. Vous voyez le genre .Encore heureux que quelques parcs d’attractions s’ouvrent ci et la en ville… Dans cette même philosophie, pas d’amants à la maison. Ce qui finalement faisait souvent ou parfois fuir les rares qui auraient voulu être sérieux avec elle. Il y a certaines blessures qui ne cicatrisent pas vite ou jamais. Un de ces sérieux prétendants, Soumaila, l’avait vraiment accrochée jusqu’à ce quelle sache que ce dernier avait la mauvaise tendance à être sérieux avec toutes les femmes et ce déjà avec deux avant elle, d’autant plus que sa religion le lui permettait. Evidemment Da Amélé a pris ses jambes à son cou et quand le petit Hervé, qui ne recevait plus ses dernières consoles, a eu les explications de sa maman celui s’est écriée Tonton Soumaila kpayé .

 

Sur le coup, Da Amélé n’avait rien compris, mais sidérée que son gosse puisse connaître des expressions à la mode qu’elle, pourtant au fait des nouveautés ne connaissait pas. Donc Dieu étant fort mais Youtube n’étant pas petit (déjà dix ans), le lendemain elle a su ce que donnait la chanson « Mkpayé » et s’en est fait un principe de vie. Ainsi c’est elle qui terminait avec ses copines, ses fringues, son style, ses virées dans les clubs chics de la capitale. Le must fut quand lors des ses vacances annuels à Abidjan, dans un club de cette ville la célèbre chanson est venue raffermir sa foi. La belle vie de Lomé se vendait bien à l’extérieur. Elle s’est vue du jour au lendemain une amie dans Adjoa, la nouvelle assistante de la banque où elle faisait régulièrement ses opérations, attirée justement par la même chanson qui était la sonnerie de téléphone de l’assistante.

La vie n’étant pas un long fleuve tranquille ici, un soir où au restaurant Les Petits Fours, Da Amélé attendait sa nouvelle amie (aussi originaire du même village qu’elle), celle ci se fait déposer par une Citroën qui repartit aussitôt en laissant la moitié de ses roues sur la chaussé. Ravie de trouver sa grande amie et sœur, Adjoa ne laissa pas Amélé s’épancher longuement sur la conduite agressive du chauffeur de la Citroën. Mais on ne la lui fait pas. Ainsi commençât-elle en commandant les plats à 500 francs de la maison:

 »Ma chérie, la vie ce n’est pas Super Mario, où on possède deux ou trois vies. Racontes moi tout et surtout pas de salades…. »

À suivre.


La vie des togolais : Portraits

Cette série de portraits fictifs d’habitants ou originaires de ces 56 600 km carrés que nous appelons Togo se permet de décrire le quotidien tel que nous le vivons ici. Avec ses peines, ses scandales, ses tragédies; ses défaites mais aussi ses joies, ses succès, ses heureux dénouements et ses particularités. Si  dans cette partie de l’Afrique bien de préjugés fusent çà et là, la réalité n’est pas souvent fidèlement dépeinte. Car ici ce sont les petits plaisirs qui permettent de tenir le coup et le togolais stoïque qu’il est a bien adopté l’attitude de « la vie c’est un masque .

 Je m’en vais vous présenter aujourd’hui Fo Djo alias Tonton la vie c’est les moyens. 29  ans. Ne lui dites jamais qu’il est proche de la trentaine. Caissier dans une banque de la place, coureur de jupons devant l’eternel, lundi matin tu ne le verras jamais d’aplomb. Pas qu’il a eu  assez des responsabilités spirituelles le dimanche. Jamais au grand jamais il ne va à l’église malgré les supplications de sa maman. Mais il     connait un an à l’avance tous les jours fériés surtout chrétiens. Des dizaines de bouteilles de bière du weekend il ne lui reste qu’une humeur         mauvaise et une profonde haine envers le système capitaliste. Aussi ne commence t-il à « émerger » un de ses mots favoris que vers mardi soir     ou mercredi matin. Depuis qu’un certain soir de l’année dernière avec quelques compagnons de beuverie il a écoutée le morceau des Toofan il ne fait que répéter à qui veut bien l’entendre que la vie c’est les moyens. Moyens qu’il a forcement. « C’est quoi la vie ? C’est quoi les moyens ? Ainsi déblatère-t-il à longueur de ses rares journées de clairvoyance. Journées qui finissent toujours au bar ou en boite de nuit.

 ‘‘Il faut avoir les moyens de ses ambitions. »

Fo Djo, troisième d’une fratrie de sept enfants que son retraité de père a essayé  de pousser aussi loin qu’il le pouvait,  a vu ses rêves de bourse d’études au canada mourir et se transformer en BTS il y a quatre ans de cela. Qu’à cela ne tienne, il réussit à décrocher un long stage et un poste de caissier dans une de ces banques marocaines de la place. Le temps de l’euphorie passé, comme tout jeune qui se respecte et ayant surtout des moyens il déménagea. Se trouvant un deux-chambres- salon et une petite Citroën. En avant la vida loca ou le agbekoko comme on dit ici. En fait de belle vie c’est surtout une routine bien huilée au millimètre près qu’est devenue sa vie. Il faut avoir les moyens de ses ambitions disait-il. Et pour Fo Djo les ambitions se résument à trois nuits en boite par semaine. « Miami », « Château » et autres. Un weekend par mois à Kpalimé ou Aného (au début de son boulot, le rythme ayant diminué depuis). Et surtout une nouvelle fille chaque semaine.

Dieu merci aux chinois, il arrive à tenir son ratio d’une nouvelle veste par mois. Le style c’est important. Le 28 du mois, peu importe le jour, à midi tu le verras dans le prêt -à- porter de Moussa. À la recherche de son costume. Et surtout pour voir la belle Salamatou, la petite sœur de Moussa qui gère la boutique en l’absence de ce dernier. Les belles rondeurs jusqu’ici inaccessibles  de Salamatou occupaient une place essentielle dans la vie de Fo Djo. Et comme la vie c’est les moyens, il n’arrive jamais à la boutique sans du bon chawarma et du yaourt. Fan du détail, Fo Djo a même mis ces à-côtés dans son budget mensuel.

Mais depuis un certain moment, Fo Djo n’a plus cette joie de vivre. Il est même devenu démographe avec des théories du genre un pain que tu mangeais seul, qui te suffisait à peine se voit réduit de moitié si tu as une femme, de tiers si tu as un gosse ainsi de suite. Car entre temps il a trop fait pompette avec la jeune Adjoa et depuis bientôt un mois la stagiaire d’un jour de la banque aspire à un CDIE (contrat a durée indéterminé avec enfant) dans le deux-pièces de Fo Djo. Deux pièces dont le bail d’un an arrive bientôt à terme. En bon viveur, ce dernier voyant ses moyens réduits à court et long termes et ne sachant plus à quel saint se vouer s’est rabattu depuis un certain temps sur Facebook avec des posts quotidiens genre : « c’est la fin qui justifie les moyens ».

Devenu bigot, virtuellement du moins, les moyens devenant de plus en plus rares mais assez suffisants pour se payer les forfaits internet, il ne fait plus que partager les posts des pages à connotation religieuse, les pages « citations du jour », ou encore « comment réussir sa vie en trois leçons », etc.. Et au détour dune bière grignotée sur le temps qu’il n’a plus il te dira toujours avec un sourire lointain « la vie c’est les moyens à condition que les moyens durent sinon tu fais avec ».


Reglée comme Elle

Lycée de B… Années 2000. Josée*, la plus mignonne fille du lycée venait d’avoir ses règles à la sortie des classes. Elle ne relèvera plus la tête ni ne parlera plus la voix haute jusqu’à la fin de l’année scolaire. Elle a même du changer d’établissement l’année suivante. Pourquoi ? Entre les moqueries, les olalas, oh la pauvre (venant aussi des filles) quand sa jupe s’est tacheté de sang, elle n’a pas pu résister et son trop plein de larmes a commencé par couler. Une année gâchée : Et pourtant ? Les événements auraient pu tourner autrement si elle (d’abord), nous autres ses camarades (ensuite) et la société (enfin) savaient.

Que les règles sont avant tout naturelles. Que leurs absences devraient plutôt inquiéter hommes compris. Car étant maris, frères, fils c’est notre souci premier de savoir nos femmes, sœurs et mamans en bonne santé. Pour moi les règles sont aussi simples que le fait d’uriner ou de se brosser régulièrement les dents. C’est pas le moment de jeter la pierre sur nous autres hommes, de telle ou telle religion ou courant de pensée qui rejettent les femmes en leur période. Je nous vois mal dans notre fierté de male d’être rejetée chaque fois que nous avons une érection. Il en va juste de la santé des femmes. Et la santé, l’identité le fonctionnement normal des organes ne sont pas des sujets tabous.

Que les règles sont une partie essentielle de la vie. De cette vie qui est donnée par les femmes. Femmes qui sont nos mamans et qui portent le monde. Monde qui nous rend cruels et cruelles envers cet aspect essentiel du processus de création de la vie. C’est souvent injuste. Car croyez le, mesdames il y a ces moments d’irresponsabilité je l’avoue où nous autres hommes souhaitons vivement l’arrivée de ces règles. Et qu’on n’en dort même pas la nuit. Si vous ne voyez toujours pas entretenez vous avec un jeune (irresponsable) qui vient d’être informer par sa copine que ses règles tardent à venir depuis déjà une semaine. Le pauvre.
À toutes ces reines à qui il arrive parfois de douter je vous dis soyez fières, assumez vous car je sais en moi le rôle que joue une maman dans un foyer, une sœur dans l’adversité, une cousine dans les moments de doutes. Je sais aussi ce que sera ma peine quand une proche serait victime de ce silence tueur. Elle qui aurait subi milles peines pour être juste femme telle qu’elle a été crée. Vivement qu’on en parle pour éviter des situations dramatiques pas seulement affectives mais aussi sanitaires. Pour éviter des infections par manque d’hygiène ou d’ignorance. Je ne vais pas aller loin jusqu’à nous pousser à acheter des serviettes hygiéniques pour nos compagnes. Mais quel papa digne de ce nom ne le ferait pas pour sa fille? Ou demander de laide ?

De ces histoires glanées ici et là qui parlent de la première fois, de ne pas savoir quoi faire, d’être troublée, de ces qu’est ce qui m’arrive ? D’être sujettes aux railleries, il en résulte un manque de communication et d’éducation criard dans nos sociétés, à propos de ce truc sale dont on ne parle pas devant les gens. De ces va vite caches ça. Le premier pas est d’en parler, en famille, en milieu scolaire, en cercles associatifs afin de préparer nos sœurs et nos sensibilités. Et ne pas oublier d’initier dans les politiques de santé publique une meilleure vulgarisation des serviettes hygiéniques a défaut de ces bouts de pagne séculiers qui parait-il se transmettraient de mère en filles. Vive ces règles qui sont comme elles sont. Aimons les telles quelle. Pour vous qui portez le monde.

 

*Le nom a été changé pour préserver l’anonymat.


Comment meurt-on au Togo?

En l’espace d’un mois, j’ai pu juger à mes détriments ‘’l’état de santé’’ de la santé dans mon pays ? Á défaut de guérir des maladies ici, on en meurt. A croire que le pays tout entier est malade.

Vendredi après-midi, soleil au zénith, un de mes collègues manutentionnaires perd connaissance au boulot. Après 25 km de course folle sur des chemins caillouteux, nous voilà arrivés à l’hôpital.  Surprise, aucun panneau de signalisation des urgences. Obligés de se débrouiller seuls, mon collègue dans nos bras, afin d’héler un infirmier (ou un passant) histoire de nous montrer le bureau d’admission. De surprise en surprise, l’humain chargé de s’occuper de l’admission après avoir passé une éternité à prendre l’état civil, pas les constantes, du patient qui entre temps s’est retrouvé dans un fauteuil roulant( si si on met dans ce pays quelqu’un qui a perdu connaissance dans un fauteuil roulant sans sangles et non sur un lit ou encore un brancard,) grâce à la magnificence d’un portier censé s’occuper des cas urgents qui vraisemblablement préférait suivre la télé loin de son poste, daigne nous indiquer la caisse avec une moue sarcastique, pendant que sa collègue et une autre en train de manger piaillaient tranquillement, pour s’acquérir des frais d’admission.Sans compter l’aller-retour caisse-service d’admission.

Ici ce n’est pas rare d’accompagner un malade à l’hôpital et de se retrouver admis soi-même en cardiologie, faute d’avoir subi pleins d’émotions, pas dûs à votre malade, non non, mais plus aux traitements préhistoriques et inhumains, que subissent votre parent, ami, collègue etc. Comment imaginer qu’après des minutes, qui en matière d’urgence médicale valent leur pesant d’or (quoique tout l’or du monde ne vaut une vie humaine), perdues en admission et non en premiers soins, les infirmiers puissent encore se tromper de service d’admission, et le trimballer de gauche en droite dans des couloirs hôpitaux dignes des ruelles du marché d’Agbadahonou?Des malades ne trouvant pas de place, où pensez-vous que se retrouvent leurs accompagnants? Car ici on peut très bien avoir comme symptômes : fièvre et céphalées et  se retrouver en chirurgie, quand encore chanceux ces départements existent. Ne vous étonnez surtout pas quand un monsieur pansu et saoul se retrouve à la maternité. « C’est des choses qui arrivent », « c’est le Togo’ » vous diront le personnel soignant.

Prenez votre mal en patience si après deux heures aucun médecin ne se pointe pour s’occuper de votre malade. Adoptez la zen attitude si deux ou trois jours après vous ne savez toujours pas de quelle pathologie souffre votre parent , malgré que vous payez des ordonnances à chaque instant. Car ici ça peut être encore pire. Vous au moins avez eu la chance d’avoir trouvé un lit pour y caser votre malade. La salle de réanimation peut parfois ou souvent servir de salle de réunion pour certaines familles, de salle à manger, de lieux de querelle. Comble de l’ignominie, vous pouvez tomber sur des infirmières en train de chanter pas des berceuses mais des airs joyeux en souvenir de leurs dernières nuits au karaoké et oh combien impolies seront-elles, pas toutes évidemment, de vous insulter si ça vous prend de montrer votre gueule. Respirez un bon coup lorsque pour certains « actes médicaux » l’infirmier ou le médecin vous demande du cash en liquide au chevet immédiat de votre malade. Jouez pas au malin en se demandant si ces comportements sont dignes de personnes ayant juré protéger la vie humaine.

C’est à se demander si c’était volontairement que les malades se plaignaient, si c’était de gaieté de cœur que leurs accompagnants s’impatientaient ou perdaient leurs repères ? Un malade et sa famille s’attendent à de la sympathie, de l’écoute à de l’attention en venant à l’hôpital. Mais que recevons-nous ici ? Je me demande si l’environnement dans lequel ce personnel soignant évolue  ne déteint pas souvent sur eux. Sale, non entretenu, salaires insuffisants etc. Certains membres de ce corps médical vous confieront le manque de personnel, de matériel etc. Heureusement j’ai pu aussi constater qu’il y en a qui font du mieux qu’ils peuvent avec les moyens de bord dont ils disposent. Qui vous traitent avec respect. Essaient d’apporter un peu de réconfort. Ce qui me fait penser à ces nombreux diplômés de la santé comme dans bien d’autres domaines ici qui cherchent un travail, mais qui ne le trouvent pas. A ceux qui l’ont, ce travail mais qui le font pas bien, qui en profitent pour racketter, mépriser et ce dans le total irrespect de la vie humaine. C’est eux qui vous diront que ça ne va pas, que le pays est foutu. Mais font-ils leur part ? Entre inconscience, sournoiserie, cupidité et  lenteur administrative. Lenteur justement qui me fait penser à ma  seconde mésaventure avec le monde (in)hospitalier d’ici. Pas n’ importe où. Dans ce qui est censé être le plus grand hôpital du pays.

Dimanche, de la semaine d’avant, entre une heure et deux heures du matin. Plus ou moins émoussés. Que dis-je? Bien émoussés. Les nerfs à fleur de peau, un ami malgré nos tentatives de l’en dissuader enfourcha sa moto et partit. C’est le moment de rappeler á tout un chacun  de s’abstenir de conduire motos ou voitures après ne serait-ce qu’un verre d’alcool. De ne même pas monter sur un zemidjan à l’haleine chargé. Cette mauvaise habitude qu’ils ont de se shooter au sodabi et autres tramadol espérant tenir toute la nuit. N’y montez pas. Parce qu’à défaut de vous soigner l’hôpital vous aidera à mourir, à devenir handicapé, à trainer des séquelles toute la vie, quoique vous l’auriez un peu cherché. Ce qui n’est pas toujours forcément le cas. Bon nombre de patients ne choisissant pas volontairement de se retrouver à l’hosto. Ainsi à peine deux kilomètres devant, mon compagnon de beuverie se retrouva en train de signer des autographes au goudron. Ç’aura été drôle s’il n’était pas plus ou moins inconscient et recouvert de sang et de blessures.

Le temps pour nous autres d’arriver sur les lieux, une fois n’est pas coutume, une ambulance garée, des sapeurs-pompiers s’occupaient déjà de mon ami. J’aurais voulu qu’on l’amène dans une de ses cliniques privées pour qu’il puisse bénéficier de meilleurs soins, comme je le suggérai tout en redoutant la facture salée, aux ambulanciers. Refus catégorique de la part de ces derniers. Nous traitons avec le public. Direction le CHU. L’espoir suscité par la vue des murs dudit centre sera vite anéantie dès l’entrée des urgences. Tout un magma d’êtres humains aux  maux divers. Des accidentés, des brulés etc…On se croirait plus devant le fleuve, dans la Bible, où le premier malade à se jeter dans l’eau guérissait. Chanceux avons-nous été car devant repartir l’ambulancier a fait passer notre cas devant et signer ses documents. A croire que nous avons réussi a sauter dans l’eau avant les autres. Notre joie a été de si courte durée. Un infirmier de service, ma dit ne pouvoir lever le doigt qu’après accomplissement des formalités d’entrée. Mes supplications pour qu’ils s’occupent déjà de mon ami le temps que je cours payer les frais d’admission, à peine deux ou quatre milles,à la caisse qui curieusement se trouve à plus de 500 m des urgences, malgré que je lui ai montrer des liasses, mettant même ma carte d’identité en garantie, pendant que l’autre gémissait ( il m’avouer après avoir cru mourir de douleur), ils ont refusé net.

Fallait me voir courir, évidement avec au moins un litre de bière dans le ventre, me perdre deux fois de direction, arriver enfin à la caisse et découvrir que le caissier de garde( un seul pour un si grand hôpital) ne faisait rien de moins que ronfler à l’arrière caisse. Deux minutes pour lui permettre d’émerger de son tranquille sommeil, et remplir la fiche sur un logiciel informatisé d’un seul doigt. Imaginez la lenteur. Une minute pour insérer le nom, une autre minute pour l’âge, une pour le sexe, deux pour imprimer ; pour enfin se rendre compte que la date était restée sur  celle de la veille alors qu’il était déjà deux heures du matin. Donc corbeille et reprise de tout ce qui vient de précéder. On essaie de compter de un jusqu’à dix car parler retarderait encore plus le service et compliquerait l’état du blessé. Quand enfin on émerge aux urgences et c’est maintenant que l’infirmier trouve le temps de vous demander de lui raconter ce qui s’est passé alors qu’il y avait un troisième ami reste près du blessé, on a juste envie de faire passer l’infirmier des urgences à la morgue. Où se trouve la conscience professionnelle, la conscience tout court? Et quand il vous écrit une succession kilométrique de médicaments, tout en vous invitant, tenez-vous bien daller « demander les prix à la pharmacie et de revenir »et que novices que vous êtes, vous faites cinq minutes aller-retour avec les prix et qu’il vous demande de lui donner le montant écrit, car il a ces médicaments à sa disposition et veut en faire tranquille son  petit commerce, personne ne peut vous empêcher de gifler quelqu’un. Des médicaments censés secourir d’URGENCE des patients qui se retrouvent objet de commerce de la part de ces ‘‘tontons macoutes’’ pendant que des individus souffrent. Loin, loin le temps où je trouvais juste la grève du personnel du CHU.

Trop facile de critiquer le gouvernement pour le manque de personnel, de matériel, des mauvais conditions de travail quand le peu, le minimum qu’on est censé faire arrive à ne pas être assumé. Quand  on prend son service et qu’on voit un accidenté devant sa porte pendant une semaine, que ses plaies suent, mais qu’on le laisse mourir à petit feu. Où se trouve la charité ? Ces ONG ? Les petites monnaies que nous versons dans les caisses d’aide dans les banques, les hôpitaux servent à quoi ? Ailleurs on s’accorde à dire que c’est le lot de nous autres petit peuple. Mais ici ce qui sidère encore plus, c’est quand,même avec des  moyens on ne peut s’octroyer des soins décents. Absence d’infrastructures, de matériel, d’incompétence etc… et que faisons-nous ? Nous construisons des temples. Prenons des maitresses. Les enceintons toujours plus sans penser aux soins que recevrons ces mamans ; en se disant c’est Dieu qui a donné, il en prendra soin. Nul besoin de préciser que la recherche médicale est inexistante dans ce pays. Normal que nous soyons encore la à attendre les recommandations de l’OMS en matière de santé. . Rien n’a été retenu de l’épidémie Ebola. Prochainement nous redeviendrons de fervents chrétiens, de fervents adeptes animistes, le temps pour cette maladie de tuer des milliers de gens et voyons le bon côté des choses le temps pour les animaux de brousse de s’engraisser et régaler nos palais quelques mois plus tard.

En écrivant ces lignes je ne pus m’empêcher de penser à tous ces malades qui attendent d’être soignés, ces accompagnants qui deviendront malades fautes de s’être fait piqués dans les cours d’hôpitaux par les moustiques, à ceux qui n’ont pas les moyens pour espérer obtenir des soins, à ces riches qui meurent souvent pour n’avoir pas embarqué à temps pour se faire soigner à l’étranger, à tout un chacun de nous qui risque un jour de se retrouver dans la même situation, à tous ces braves, ces bras qui auraient pu contribuer au développement de ce pays mais qui sont partis.. La santé est un bien précieux. Prenons en soin. Gouvernement, personnel soignant, population etc… Pour nous. Pour l’avenir de ce pays. J’espère pouvoir relire cet article dans quelques années et en remplacer le titre par ‘’ La santé avant au Togo’’.


Vœux…. Et ça continue.

Traditionnels vœux, et traditionnels vœux réciproques débouchant sur les traditionnelles bêtises. Le monde ne va pas bien et c’est pas nos voeux même les plus sincères qui y changeront quelque chose. Pour autant nous espérons naviguer sur de meilleures vagues pour arriver à bon port, ne pas chavirer comme plus de ces 5000 personnes que la méditerranée nous as pris l’année dernière.

C’est un chiffre effarant et effrayant car pendant que nous faisons la fête, comptons nos économies, detournons fiscalement, se saoulant à qui mieux mieux, 20 personnes décèdent par jour en mer dans une indifférence certaine. Leur faute, fuir des situations qu’ils (et de plus en plus d’elles) ne maîtrisent pas ou plus. Car bien évidemment ce chiffre augmente. Pour une année de record celui ci est de trop.

Triste que dans ce siècle, des gens munis de rien que leur rêve, à la recherche de »  leur » bohneur puissent ne rencontrer que de la désolation. Le moment n’est pas à rejeter la faute sur tel ou tel mais à essayer d’améliorer le quotidien de ces chers migrants qui fuient une guerre, une famine, un régime politique, une injustice ou simplement à la recherche de mieux pour qu’ils restent chez eux mais en vivant mieux , en ayant des rêves, en les réalisant et en construisant notre mère Afrique.

Que 2017 voit moins de gens périr en mer. Pas par le simple fait de changer d’année mais parceque nous arrêterons ces guerres inutiles, nous travaillerons mieux, nous auront un respect accru de l’autre, que les frontières seront plus accessibles, qu’il y aura moins d’injustice, que nous seront plus instruits, comprenant mieux les choses, répandant plus d’amour autour de nous et évitant ces rapports de force ubuesques qui ne nous amènent nulle part.

N’avons nous pas en commun l’air que nous respirons, ne ressentons nous pas les mêmes douleurs pour regarder des vies partir en « liquide » sans plus d’actions que de repêcher, de décompter, de fermer, de séparer, de juger, de condamner, de construire des barrières ?Allons régler ces problèmes à la source plutôt que de leur trouver des solutions maquillées. Que 2017 voit baisser ces hécatombes humaines.

Plus de solidarité cette année. Plus d’amour. Plus de fraternité. Plus de projets réussis. Moins de gabégies. Moins de frictions. Moins de guerres. Moins de morts en Méditerranée. Moins de détournements. Moins de barbaries au nom de Dieu.  Pour l’humanité, Pour les migrants, pour les réfugiés. Pour l’Afrique.


#FaisonsLesComptes

Quand des individus sournois prennent en otage la vie en général et les finances en particulier d’un peuple, on assiste à des dérapages dignes des autres scandales fiscaux – et ils sont nombreux – qui ont jalonné cette année 2016. Comme à chaque fin d’année, faisons le bilan, histoire de déterminer le bon du mauvais. Il s’agit de prendre des dispositions pour faire en sorte que les mêmes erreurs ne se répètent pas, et nous devons ici demander des comptes à nos dirigeants (même si cela équivaut à un coup d’épée dans l’eau). Qu’en est-il de leur vol, leur gestion, leur digestion… avec notre argent, nos sous, soit disant pour soutenir les Eperviers (l’équipe nationale togolaise) à la CAN 2013 !

Pourquoi avons-nous attendus trois ans me diriez vous ? Non pas que nous soyons devenus plus matures aujourd’hui. Mais juste qu’on risque de vivre la même arnaque sous peu. Or la sagesse populaire de ce bout de terre de 56.600 km2 nous incite à fuir le ver de terre quand on a une fois été mordu par un serpent. Morsure qui nous a coûté la peau des fesses il y a trois ans ! Fesses de cette vieille à Amou oblo, qui s’est vu subitement enlever des dizaines de francs sur son compte et qui n’a pu qu’accuser son petit dernier de lui avoir volé son crédit. Fesses de ce taxi man qui n’a pas pu jouer au loto ce jour là car il s’est vu entendre en plein appel « votre crédit est insuffisant pour effectuer cet appel ». Il est ainsi passé à côté de ce « two sure » dont il communiquait justement les numéros par téléphone à son ami. Ou encore fesses du jeune Moussa qui a perdu la bandante Akouvi du quartier parce qu’il n’a pas pu lui envoyer un sms qu’il avait pourtant promis d’écrire, faute d’argent : il n’avait que 19 francs au lieu des 20 francs nécessaires sur compte.

Bref, comme moi, des milliers de personnes se sont faits délester de millions de francs contre leur volonté, c’est vraiment sidérant (j’avance ce chiffre parce qu’on a pas les chiffres officiels justement). Et ce pour soutenir nos « chers » Eperviers à la CAN 2013 . Non seulement la situation est scandaleuse, mais la manière de faire l’est aussi. Foot et argent public font deux. Les opérateurs et les autorités (curieusement les mêmes) ne devraient pas imposer, c’est à dire VOLER systématiquement, mais proposer. Ils devraient donner la possibilité à ceux qui le VEULENT (par exemple par une souscription VOLONTAIRE) de participer aux dépenses de la CAN. Dans les grands clubs européens (normal, vu qu’ils nous vendent la démocratie) les supporters qui sont actionnaires ont le droit de vote, ils participent aux congrès, ils votent le budget, ils choisissent les dirigeants qui leurs rendent des comptes à la fin des exercices etc.
Bah au Togo non !

Si on avait gagné la CAN la pilule aurait été moins amère à avaler. C’est vrai, le foot va mal en Afrique, mais la moindre des choses est de nous présenter des chiffres,  même fallacieux (par exemple : riz et akpan à 6 millions/jour, champagne de l’attaquant 10 millions, boeufs du marabout de l’équipe « x » millions, impôts sur les fautes « y » millions etc.) ! Et ceci pour la simple raison que c’est de l’argent public. Mais on attend toujours…

C’est vrai, la graine de maïs n’a pas raison devant la poule (l’Epervier), mais que ta poule aille picorer les graines de quelqu’un d’autre et il y a un pas vite franchi. Surtout que tu n’ ailles pas t’excuser auprès du voisin, ni pour proposer de le dédommager, ni – encore plus sadique – pour vendre cette poule, à perte ou à profit, d’autant plus si tu ne le mets pas au courant, c’est franchement pas bienséant. Et ici c’est de la mauvaise gouvernance.

Pour le Togo, pour les Eperviers, pour qu’ils aillent loin dans cette prochaine CAN, pour nos pauvres sous, pour le taxi man, Moussa , la vielle… et enfin pour nous tous #FaisonsLesComptes.


Bonne rentrée

Adieu vacances si tard finies…. c’est l’école qui recommence. Donc dans des tenues pimpantes pour les plus chanceux, les anciennes pour les moins lôtis ; chacun fait sa rentrée. Mais quelle rentrée?

Avec de nombreux absents

Pas ceux dont les parents sont irresponsables. Ni ceux dont l’écolage n’a pas été trouvée. Mais ceux, triste départ, tués dans de nombreux accidents de véhicules de retour de boîte. Celles qui attendent de donner la vie. Involontairement pour la plupart. Pour avoir trop fêté les vacances. Les futurs jeunes géniteurs étant aussi pour une partie aux abonnés absents ayant souvent été obligés de se trouver un job pour subvenir aux besoins de leurs futures familles.  Sans oublier les découragés d’avoir échoué une énième fois et ceux partis à l’extérieur.

 

Vivement plus de protection sexuelle lors des prochaines vacances. Et plus d’éducation sexuelle lors des cours. Plus de prudence de la part des parents. Une prise de responsabilité dans l achat de fournitures et du payement d’écolage. J’allais oublier ces demoiselles victimes de scandales nudiques et ludiques (photos nues) sur les réseaux sociaux et qui ont aussi abandonné les classes.

Après le sommet, le sommeil

Pour des vacances si longues, ne nous étonnons pas des tares que nous allons découvrir dès la rentrée. Quid de ceux qui oublieront leur table de multiplication, des profs qui viendront à demi bourrés et fatigués dèss le matin. Quid de celles qui prendront un mois avant de rentrer dans le bain jusqu’à ceux qui perdent même leur écriture. Depuis quand Facebook et autres développent l’écrit ? Le sommeil sera évidement au rendez vous.  Du coté prof comme élève. Et comme quand on dort le temps passe vite, ils se réveilleront très tard pour les examens pour certains et pour d’autres dans la course à la fin du programme. Mais qu’à cela ne tienne quelque soit la durée du sommet la rentrée aura lieu.

Nombreux ont espéré un report. Yoah ! Fin de non recevoir. Voulez vous que ces profs vacataires meurent ? Ces vendeuses d’ayimolou ? Les étudiants répétiteurs ? Les zeds ? Nos pauvres parents fatigués des bêtises etc.  Certains doivent revoir leur petites copines avec parfois des surprises. Leurs pôtes. Des champs de prof qui attendent d’être sarclés.  Bref la rentrée est là.

Des vœux de bonne rentrée s’imposent

De santé avant tout. Aux élèves, enseignants, et leurs chefs en haut loin là-bas  D’attention, de régularité et surtout de réussite. Plus de gratuité de l’école. Un taux de réussite plus élevé pas en contradiction avec la baisse de niveau. Un remodelage de l’éducation nationale. Et surtout moins de grossesses élèves profs ou vice versa. Moins de grèves forcement suivi de l’amélioration des conditions de travail des profs. Plus de bourses d’études atteignant les vrais destinataires. Moins de temps sur les réseaux sociaux car jeunes vous êtes l’avenir de notre espèce et une tête bien faite est toujours mieux qu’une tête connectée.  Bonne rentrée. Pour tous.


Prix nobel ou label?

Casques vissés sur les oreilles. Musique à fond. Un peu de beuh. Pourquoi pas ? Essayons de trouver un digne successeur à la biélorusse Svetlana Alexievitch  qui  a été couronnée  je cite pour son « œuvre polyphonique,… et du courage à notre époque » l’année dernière .  Ce doit être l’état d’esprit des académiciens suédois lors de leur choix du labelliste, pardon nobeliste 2016 de littérature. Faisons pareil. Un tour sur Youtube. Écouteurs branchés pour ne surtout pas déranger le vieux qui ne comprends rien à ce que raconte ces chansons, et célébrons ce que Bob pas Marley a apporté a la Musi….  Oups littérature.

Les suédois sont champions de la contradiction

Ces honorables académiciens ont surement dragué leurs premiers conjoints sur du « Like a Rolling stone » ou du « Blowin in the Wind ».  Et à cause de ça ils imposent à plus de 7 milliards de personnes leur goût musical. Mr Bob n’a toujours pas réagi pendant que j’écris ses lignes à son titre. Je parie qu’il a un(e) auteur(e) de littérature préféré qu’il aurait aimé voir couronner. Mais non, au nom de la pseudoneutralité suédoise et de la super puissance américaine on alterne entre une (bielo) russe et un américain et on continue. Nobel Alfred doit se retourner là où il est. Cest quand même de la poudre de dynamite qu’ils ont injectée là.

En gros nous avons pris acte. Qu’ils ne cherchent pas en plus a nous faire avaler la pilule avec de la cigüe. Il « parle aux oreilles ». Les Grammy sont faits pour quoi alors ? Il partage des émotions. Lebon James ou Adebayor en font pareil. Pourquoi ne sont ils pas récompensés ? Fallait juste créer un Nobel de musique et le tour est joué. Ces têtes bien dansantes, pensantes ont fait du gros n’importe quoi. Ils n’ont pas bien joué leur partition. Ils ont mis le do à la place du mi etc. Ils ont « zlatanné » comme disent les français. Je comprends mieux alors certaines choses. Comme inventer la dynamite pour se faire après chantre de la paix. Il fallait y penser.

N’importe qui peut devenir Nobel de littérature.

Même si Bob Dylan n’est pas n’importe qui. La charité bien ordonnée commençant par soi, je commence par nous. Les blogueurs peuvent devenir nobels.  Mon frère Kpelly trouve que Kim kardashian aussi peut y accéder.  Elle a les potentiels pour. Pareil pour une dame du nom de Rigogo qui fait des post vidéos sur Whatsapp et célèbre au pays. C’est tous des gens qui parlent à nos oreilles, certaines mêmes font plus, elles parlent à nos entrejambes. Suivez le regard. Aussi allaient-ils prendre Beyonce et Chimamanda Ngozi Adichie j’aurais applaudi ; qu’ils sont sortis des sentiers battus. Là ils m’ont juste abattu.

Mais enfin pourquoi Dr house n’est pas encore Nobel de médecine ?

J’espère pour eux qu’ils se réveilleront vite de leur anesthésie et feront des meilleurs choix prochainement. Sinon qu’ils démissionnent et laissent la place à d’autres. C’est censé être un prix littéraire ou quoi ? Imaginez un peu Dj Arafat Prix littéraire de Cote d’ivoire. Je leur propose encore un prix Nobel d’honneur pour récompenser n’importe quelle stripteaseuse, videur de boîte, pape, joueur de foot, narcotrafiquant, griot, dictateur, braconnier etc. qui aura fait quelque chose de louable à leurs yeux. Aussi vois-je sérieusement Toofan au prix Goncourt.

Et l’Afrique dans tout ca ? Nos littéraires écrivent ils pour nous ou pour des papis suédois ?

Ne comptez pas sur moi pour lire des pleurs sur le continent qui n’est pas ou peu représenté. « Aménto yé yo na ébe akple coin bé akplé  kon ». C’est toi-même qui appelle ton petit morceau de pâte grand morceau. En gros la valeur se confère à soi par soi même. Plus que jamais un GRAND prix littéraire est vivement souhaité sur le continent. Et arrêtons de crier que Soyinka est le premier noir Nobel de littérature en 86 et soyons plutôt fier de nos prix littéraires nationaux et interafricain. Plus attachons nous de la valeur à ce Nobel plus avons-nous mal de ne pas l’avoir. Demandes à un jeune auteur son rêve, il te parlera du prix Renaudot, du Nobel etc. La musique est intervenue donc parlons en. Un mtv award est plus intéressant à nos yeux qu’un Kora. Rappelons que tous ces nombreux prix ont atteint le niveau qui est le leur par leur sérieux, leur régularité et le niveau des concurrents. Et que aujourd’hui plus que jamais pour nous la culture littéraire ou non est un enjeu d’hégémonie.


Les bonnes manières étaient africaines. Ma réponse.

Pour comprendre ce titre et se retrouver dans les lignes qui suivent, il se doit au prime abord d’aller lire mon con de pair, compère , Laurier lorsqu’il nous parle des bonnes manières  au travers d’anecdotes croustillantes et d’observations assez intéressantes. Fallait  vraiment y penser. autant ai-je pensé que certains tirs méritent d’être redressés.

 

Un proverbe de chez nous dit

« si tu vas dans un pays où les gens marchent avec la tête, fais pareil ».

Dire tout de go que l’africain n’a ou n’avait pas de bonnes manières, c’est aussi aberrant que les propos de Sarko ou de la candidate à Miss RDC. Les manières sont bonnes ou mauvaises à l’égard des considérations purement culturelles des peuples. Une limite est vite franchie quand on prend quelques exemples et qu’on les utilise pour expliquer un fait général. Faisons le distinguo entre les bonnes manières et les règles basiques d’hygiène.

Aujourd’hui nous ne vivons plus dans des arbres contrairement à ce que beaucoup peuvent encore penser. Manger avec la main fait partie intégrante de nos cultures. Mais avec le développement de la science, les campagnes pour se laver les mains pullulent sur le continent. Et c’est tant mieux pour nous. Aller jusqu’à parler d’absence de bonnes manières franchement c’est trop dit. Imaginez un peu une table de convives avec des plats devant chacun et un plat central ou tout le monde plonge ses baguettes, l’enfonce dans leurs bouches respectives et le replongent dans le plat. Drôle d’échange.

L’homme de CroMagnon s’enroulait avec un pagne. Ses descendants portent des costumes trois pièces de nos jours.

 

L’africain n’a aucunement attendu le colonisateur avant de confectionner les tenues que nous jugeons « traditionnelles ». Nos métiers à tisser existaient avant eux. J’en veux pour preuve quelques tenues du Cameroun et du Burkina. Car au-delà de ce pagne enroulé autour de la taille, les tenues ont évoluées en fonction des climats et du milieu dans lequel les gens ont vécu. Et de grâce les africains sont la race qui mange le moins vite. Fastfood, etc. ….

Se servir d’un seul verre pour faire boire vingt personnes est totalement anti-hygiénique. Loin, vraiment loin cette époque ou on voulait faire croire que ça empêchait les empoisonnements. Avant les lingettes, qu’utilisaient les femmes……occidentales ? Le dévergondage s’accentue plus de nos jours. L’époque victorienne ne nous a pas attendus pour ça. Croiser quelqu’un et ne pas le saluer est signe d’extrême impolitesse en Afrique, du moins l’était. Le contact humain est important. Et pourtant combien de nos frères souffre de cloisonnement et de stress en  Occident ?

Les bonnes manières auraient été introduites en Afrique selon mon ami.

 

Autrement dit avec la colonisation, l’esclavagisme, le mépris de nos cultures, le pillage de nos biens. Si c’est à ça que rime bonne manières alors je n’en veux pas. Utiliser des cure-dents n’a rien de mauvais en soi.  Pas plus qu’utiliser des pâtes dentifrices chimiques. Les bonnes manières n’ayant rien à voir avec notre mode de vie. Aller au village et refusez de saluer tout bas les chefs traditionnels. C’est aussi déplacé que de refuser de baiser la main du pape.

Est-ce une bonne chose dans nos pays, que l’homosexualité ? Non ce n’est pas dans notre culture. Et pourtant les pays européens nous donnent des leçons sur ce phénomène. Je suis comme bon nombre de mes co-africains contre.  Pareil pour certaines pratiques sexuelles que beaucoup ont trouvé comme ‘’ déviantes’’. Mais après tout chacun fait ce qu’il veut. On ne les juge pas. Le sachet de « pure water »  n’est pas fait à la base pour être servi dans un verre. Donc, qu’une seule personne la fait avec sa bouche ne veut pas dire  que tous les Africains sont dépourvus de bonnes manières, je dis non.

Au risque de froisser certains, nos modèles politiques anciens d’avant colonisation, hormis sa barbarie fonctionnaient mieux que nos présidences et autres aujourd’hui. C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle et pour ça, faisons attention avant de juger tel ou tel acte. L’Africain ne connaissait pas les boites de conserve et n’avait aucun mal en ne pas en utiliser. De la même manière que nous écoutons de la valse ne jugeons pas que l’Agbadja soit lié au vaudou et que ce soit de surcroît mauvais. J’ai adoré voir Davido ou encore Wizkid manger à la main dans leur clips respectifs.

Pour celui qui veut vivre chez nous, qu’il se prépare à faire comme nous.

 

Au risque de voir des gens mangers des avocats avec des fourchettes. Les autres ont réussi à élever leurs manières aussi mauvaises soit elles au rang de standard. Faisons pareil. Portons du kente, du pagne etc., pas forcément au détriment des Armani et autres. Tuer un poulet est une vue insoutenable, les abattre en masse c’est mieux. Et j’ai remarqué souvent aussi que les bonnes manières riment souvent avec l’absence de manières tout court.

Évidemment que c’est impoli de répondre aux anciens mais Laurier est un jeune comme moi donc on se taquine. Ce n’est pas pour autant qu’il faut garder nos mauvaises habitudes et refuser de changer certaines choses qui ne vont pas bien. Car dans ce rendez-vous du donner et du recevoir on a autant a donner qu’autant à recevoir. Surtout en tant qu’africains. Pour éviter aux futures générations de se perdre et d’oublier qui ils sont et d’où ils viennent. Au risque de voir le continent devenir un bateau qui flotte au gré des bonnes manières des autres cultures. Pour l’Afrique.


Lomé-Abidjan en bus, la désillusion

Si déjà, un départ prévu à 14 heures 30 ne s’opère finalement qu’à 19 heures. Et qu’on est fatigué du voyage avant de l’entreprendre il faut s’attendre a des soubresauts. Pas de sobres sauts. Et pourtant, armé de mon courage, d’un pain de cinq cents, d’un powerbank (outil du voyageur moderne), je me suis assis dans ce bus direction Abidjan à 700 km et provenance de Lomé. Je mentirai si je vous disais que c’est pour l’expérience de la route que j’avais décidé de prendre un bus. C’était beaucoup plus par souci d’économiser une centaine de mille francs CFA, de quoi passer un bon week-end à Babi. Et entre temps essayer de voir du paysage et rencontrer des personnes intéressantes.

Si je jouais au malin en croyant à l’unité de l’Afrique, mes convictions vont être mises à rude épreuve lors de ce trajet et ce dès la gare. Un Ivoirien, commerçant, venu acheter des chaussures à Lomé et a eu du mal à s’intégrer pendant les trois jours de son séjour, ne disposant pas d’assez d’informations en plus  de moyens plus ou moins limités. Il a dû dormir à la gare, s’est fait littéralement racketter à la plage (qu’est-ce qui lui a pris d’uriner à la plage?) par des brigands. Ainsi me parlait-il déjà de ses malheurs laissant augurer un voyage riche en rebondissements. Mon frère tout hilare au lieu de me souhaiter bon voyage a plutôt laissé entendre « Du courage ».

En retard sur le départ de deux heures
En retard sur le départ de deux heures

Si j’ai traversé avec une relative facilité la frontière  togolo-ghanéenne, mes voisins ivoiriens, n’ont pas eu la même chance. Descente en plus de présentation des pièces d’identité que tout le monde a déjà fait et racket de 500 francs chacun. Le tout dans une mauvaise organisation qui nous a coûté une heure, trente minutes de chaque côté. Ce qui démontre un manque criard de confiance entre les différents services douaniers. Patienter, assis dans un bus sans climatisation avec presque pas de fenêtres dans un poste de douane bondé. Avec un jeune qui écoutait tout haut sa musique.  J’avais presque envie de descendre et retourner tranquillement chez moi.

Si tout le monde était soulagé au premier ronronnement du bus, la dame derrière moi avec son marmot a trouvé que c’était le bon moment pour crier tout go : « chauffeur moi je veux pisser hein ». Le grognement collectif qui s’en est suivi a vite fait changé d’avis à sa vessie. Aussi avons-nous vite fait de plonger dans un silence  ou seuls les changements brusques de vitesse du bus déjà en voie de disparition venaient troubler notre tranquillité. Partir à 14h30 était un bon départ, histoire de voir du paysage, de se reposer à la tombée de la nuit et d’arriver tout frais le lendemain matin à Abidjan. C’était sans compter sur la cupidité, le retard et la police ghanéenne.

Si nous, moi en tout cas, avions pensé rouler dans le Ghana sereinement, la compagnie de transport a préféré nous mettre  vite dans l’ambiance. Au lieu de proposer un divertissement neutre vu la diversité des voyageurs (genre, âge, nationalité….), on s’est vu plongé dans de la tauromachie. Si si. Rien de plus que des individus en  train de se faire chasser et de se faire cogner par des taureaux sur les écrans. En termes de traumatisme les jeunes et les plus âgés ont été servis. Plus que des Oh oh, et des petits cris partout dans le bus. Ils ont cru faire du sensationnel. C’est raté et ça laisse une image de ce que ce c’est les transports et les services en Afrique. Ça ne respecte pas et surtout ça laisse à désirer.

Si les murmures ont été lents à venir, ils ont eu finalement raison de la programmation spéciale. Vive la musique ivoirienne… exclusivement  pour 24 heures. A défaut de paysage, nous avons assisté à un ballet des policiers de la route ghanéenne. Chaque cinquante kilomètres, le bus ralentissait. Des billets changeaient de main. Avec une rapidité et régularité déconcertante. Dans le sens du chauffeur vers l’agent sur la route. À certains endroits, un policier zélé, avec des bribes de français (carte d’identité, 1000 francs, 500 francs), montait et se faisait remplir les poches. Vive le panafricanisme. Vive la CEDEAO. Mort à la libre circulation des biens et des personnes.

Si la résignation, la frustration, les muscles ankylosés ont eu raison de notre volonté à scruter le noir essayant d’apercevoir les lueurs d’Accra, l’air refusait toujours de rentrer. Pourquoi ? Les deux ou trois rares fenêtres laissaient passer assez suffisamment d’air pour nous aérer mais assez aussi pour geler les passagers assis juste à côté. La dame derrière n’a jamais cessé de piailler. Tantôt « chauffeur moi j’ai chaud, » tantôt « mon enfant veut aller aux chiottes »  avec son drôle d’accent  (éternel problème d’accent) qui faisait qu’on avait envie de rire. Le summum fut quand elle a commencé à changer les couches de son marmot. J’en étais presque arrivé à détester les gosses.

Si vous pensez que nous étions arrivés au bout de nos peines, vous vous trompez. Un bus qui fait marche arrière sur une autoroute. Des odeurs de  nourritures emballées la veille. Et les pannes. Les fameuses pannes. Sèches. Croire qu’on est au 21 e siècle. Imaginez ces pannes dans les airs. Hum… en plus  des rackets de policiers, il y a  eu le racket interne. Et pourtant, j’ai pris la peine de demander au départ si j’aurais à payer en plus des deux milles dont ils m’ont déjà soulagé pour ma petite valise. À ce que j’ai compris les frais de voyage n’incluent pas la valise (même avec une limite de poids) en Afrique. C’est trop scientifique pour eux apparemment.

Si se soulager en route était en soi un chemin de croix. S’il faut le faire en brousse. S’il faut être sur ses gardes. Ne pas se faire braquer. Ne pas se faire mordre par un petit animal quelconque. Le faire au poste douanier d’Ilebo (frontière Ghana Cote d’Ivoire) n’est pas aisé non plus. Il faut payer 50 francs pour aller uriner et 100 francs pour l’autre. On se lave pour cinquante francs de plus. Toutes les devises sont acceptées. C’est au moins ça l’intégration africaine. Moi qui pensais jusqu’ici que les policiers ou douaniers (de la route)  guinéens et sierraléonais juste avant les ghanéens et nigérians  étaient les pires au monde, j’allais être bientôt servi.

Poste de douanes d'ILEBO
Poste de douanes d’ILEBO

Si vous avez l’habitude des aéroports, vous vous attendiez toujours à la fouille de vos bagages. Le poste de douane de Noé dès l’entrée en terre ivoirienne n’échappe pas à la règle. Mieux elle fait la fouille avec ses propres règles. Avec la même sensation d’inconfort que l’autre règle. Imaginez le décor. Cinq ou six bus ayant attendu toute la nuit pour cause de frontière fermée débarquent en même temps au poste de douane. Entre cinquante et quatre-vingt personnes chacun. Nombre de valises fois deux ou trois. Contrôle de pièces et des marchandises. Pas assez de douaniers  et surtout pas de scanners. Deux à trois heures de temps ainsi perdus. De quoi assommer définitivement notre résistance.

Si vous êtes assez impolis pour demander des explications. On vous répondra que la frontière ivoirienne est poreuse et que les autorités craignent le trafic d’armes en provenance d’éléments ayant fui le pays suite à la crise de 2010 -2011. Je dirai moi que c’est plus pour se faire des sous, sur les bagages, les marchandises et autres taxations en tout genre. Ne dites pas le contraire. Vivement qu’il n’y ait pas de trafic illicite. Il en va de notre sécurité. Si c’est vraiment le cas, l’installation de scanners est vivement recommandée à la place de ces douaniers véreux et corruptibles. Mon voisin ivoirien ne s’est pas retrouvé dans tout ce brouhaha et on a dû partir sans lui.

Si c’était à refaire, je ne le referai  pas. Quoique ce fut une belle, pas bonne, expérience. A l’heure du bilan, le résultat est largement négatif. Sur le plan du voyage. Zéro confort, total inconfort. Pas de magnifique paysage. Ni de magnifiques femmes. Elles se trouvent toutes sur les vols. Comme j’ai pu le constater à mon retour. Par le vol évidement. Sur le plan de l’unité de l’Afrique. Zéro avancée. Pas d’égards pour les ressortissants. Aucune effectivité de la libre circulation des personnes et des biens. Le discours des chefs d’états n’est pas suivi. À moins que ce soient eux qui ne donnent pas des instructions fermes  à leur administration respective. Il faut que ça change. Pour l’Afrique.


La miss, les blancs et nous (1ère partie)

Un nouveau tollé ébranle le continent africain, francophone du moins. Un de ces innombrables concours de Miss, dont celui de la RDC qui a vu récemment la naissance d’un scandale sur la supériorité intelligentique (dès que 2 auteurs l’auront employé, l’académie française l’ homologuera) des blancs sur les noirs. Cela a au moins eu le mérite de susciter de bons débats dans certains des groupes WhatsApp dont je fais partie. Quelques unes des réactions :

 Voici le lien qui  créé la polémique:

https://www.jeuneafrique.com/354666/societe/lhomme-blanc-plus-intelligent-lhomme-noir-propos-dune-candidate-concours-miss-rdc-provoquent-tolle/

Aussitôt Mr Will Fonkam réagit :

C’est une inculte complexée. Je ne sas pas quoi dire d’autre… En fait, un bon produit du système éducatif colonial qu’on nous a imposé en Afrique

Je n’allais pas me taire…

Voilà, au delà de sa réponse, le débat reste grand ouvert. Le blanc n’est pas plus intelligent que le noir. Mais à l’arrivée des courses tout porte à croire que si… repensons l’éducation ! J’ai lu un de ces arguments selon lequel l’Afrique est en retard, on a été colonisé, et tout le lot de malheurs…. Et cela serait dû au fait que nous serions moins intelligents.

-Bah les arguments que celle-là a avancés, faut-il y accorder du temps?

-Non mais il faut en parler. Les moins jeunes risquent de s’embrouiller…ça fait le jeu de certains.

-Tu penses qu’elle a écouté qui pour avoir cette opinion ? Tout, dans nos différents pays en Afrique (TV, programmes scolaires, etc) tend à nous faire penser pareil. C’est à dessein

Quand, au Cameroun, dans les programmes d’Histoire, sur 164 chapitres au secondaire (6e – Terminale), moins de 30 parlent du Cameroun, tu veux quoi ?

Quand au programme de littérature, on étudie en majorité des oeuvres françaises, pourtant il y en a plein qui sont écrites par des Camerounais, tu t’attends à quoi ? Pour moi c’est tout à fait normal. J’ai déjà discuté avec des gens qui m’ont effectivement dit que le blanc est supérieur au noir en tout. Cette Miss a juste eu le malheur de le dire en public, mais elle traduit la pensée de beaucoup d’entre nous

Et ça se répercute dans la société : décapage, mèches brésiliennes, imitation de l’accent européen etc. Ce sont autant de façons de dire que le blanc est supérieur, plus intelligent.

Axel y est allé de son commentaire :

C’est bien nos pays ça…Tout est dit. A croire que nos pays, nos civilisations et nos sociétés sont sans Histoire !

Justement, j’ai dit « beaucoup d’entre nous ». Nous sommes encore trop peu à savoir qu’au départ le blanc était encore primitif alors que le noir était déjà civilisé.Il faut également poser des actes sur le terrain pour essayer de résorber certains phénomènes. En tant qu’enseignant je le fais parfois dans mes classes, mais ce n’est pas suffisant

– Le pire au sujet de nos programmes scolaires, c’est que j’en connais tellement sur les pays des blancs… mais sur des villes et des villages situés à moins d’une centaine de kilomètres de chez moi, je ne sais rien sur eux. Je n’en ai d’ailleurs même jamais vu un aperçu sur une photo.Dire qu’il me fallait potasser des cours sur la France, l’Allemagne, la Chine, le Japon, les États-Unis, et que sais-je encore afin de pouvoir réussir mes différents examens.C’est dommage.Même le cours sur l’éducation morale et civique a été relégué au second rang. Et pourtant je me souviens à quel point j’étais fier d’en apprendre toujours un peu plus sur mon pays quand j’étais au cours primaire.

 Prenons un exemple simple (pour abonder dans ton sens, Axel), un élève au Cameroun peut facilement expliquer les systèmes politiques en Europe, en Asie et aux USA ; mais demande-lui ce qui est écrit dans la Constitution de son pays, il n’en sait rien. Parle-lui du code pénal, zéro macabo, il ne peut rien te dire. Et ne crois pas que son enseignant en saura plus.

« C’est comme si en Afrique on forme les gens pour qu’ils aillent vivre en Europe. »

Là c’est sûr ils ont réussi. La persuasion de masse. Ils sont arrivés à nous faire croire que notre cerveau ne servait à rien du tout sinon à oublier nos origines.

Les deux monopolisaient la parole. Alors je suis intervenu.

-Ce sujet me révolte. Je le sens juste au battement de mon cœur (le même que quand on est amoureux). Vivement que le système change. Plus de Togo, Ghana et Cameroun au programme. Moins de Benelux, de Cotton Belt etc. Et avec le temps il y aura moins de personnes pour faire le malin ou la maline en pensant bien penser quand elle dit qu’une race est plus intelligente qu’une autre.

Bon ,ils ont continué quand même.

Les politiques qui manipulent tout et n’importe quoi, en faisant de nos programmes scolaires une sorte d’allégeance aux pays occidentaux, j’espère qu’ils comprendront

Deudjui est venu dire « yep » et est reparti lire

Évolution du débat dans un autre groupe. Vous excuserez leurs (mes) nombreuses fautes d’orthographe.

 Maurice : Moi je soutiens cette fille. Oui les blancs sont plus rusés que nous et ils continuent de l’être jusqu’à l’heure où je parle…Nos présidents sont leurs majordomes.La France continue de coloniser ses anciennes colonies…..jusqu’à aujourd’hui vrai ou faux❓

Djobo : Vrai momo xai a cause du franc cfa. Relation France Afrique, la monnaie cfa, les différentes coopératives…..

Et il (béninois)  nous a citer les:

LES  10 CHOSES À RETENIR SUR LE FRANC CFA :

1. Le Franc CFA a été créé par décret du Général de Gaulle le 25 décembre 1945

2. Le sigle Franc CFA signifie « Franc des Colonies Françaises d’Afrique ».

3. Le Franc CFA est une monnaie coloniale française imprimée à Chamalières en France.

4. Ce système met en esclavage 15 pays d’Afrique (Comores inclus) et constitue le seul système monétaire colonial au monde encore en activité.

5. Cette monnaie étant arrimée à l’Euro, les pays africains sont dès lors inscrits en 2ème division de la zone euro. A ce titre, il ne bénéficie d’aucune aide la Banque Centrale Européenne (BCE).

6. Le Franc CFA est un système qui enrichie la France, en transférant systématiquement au Trésor Français les devises étrangères (dollars, euro, yen).

7. Plus de 12 milliards d’euros venant des banques

8. La France place cet argent dans des placements financiers juteux générant ainsi des intérêts (plusieurs centaines de millions d’euros)

9. A chaque fois que l’Etat français prête de l’argent à un pays africain, c’est avec les intérêts générés par ce compte d’opération. Comble de l’ironie, l’Etat français demande aux pays africains de le rembourser plus tard.

10. Dans les 3 banques centrales de la zone franc, des administrateurs français siègent aux Conseils d’Administration (CA) et possèdent un droit de veto garantissant ainsi la mise en œuvre des intérêts stratégiques de la France en Afrique.

 

Bon après, on est des hommes (macho à souhait) et quelqu’un a trouvé que la fille était jolie…comme ça

Pour moi la fille a raison et elle est très jolie aussi. En plus c’est triste et sadique

Je lui ai ensuite fait comprendre que :

-l’intelligence c’est inné, et comment l’utiliser c’est acquis.

je suis d’accord.Il faut qu’on l’utilise maintenant.Prions

Un éléphant est rentré dans la cuisine et ça a donné ceci. .

+228 91 XX XX XX : Pour qui ? Sur quoi ?

– Oui avant de travailler il faut avoir la bonne santé, c’est Dieu seul qui donne la santé et peut nous guider pour réussir.

Belizem : Le genre de choses qui nous ont amené là : le paludisme nous tue encore alors que nous prions toujours. Dieu est déjà pour nous, maintenant bossons.

– La Bible a dit de travailler et elle dit aussi de prier sans cesse.Moi je suis pour la prière et le travail. Pas pour le travail uniquement.Quand Dieu te demande ton souffle de vie ce soir, tu feras comment ❓On doit mettre la prière devant toutes nos opérations.

-Jeune africain est limité pas’kon dit : nous on na pas les moyens mais dieu blanc comme noir, de la même maniere, j’dirai même plus loin, k l noir est bien conçu plus k l blancs*

Je vous laisse ici sur ces mots qui ont fait l’effet dune bombe.

À chacun d’apprécier. Mais le débat reste ouvert. Pour notre éducation faudrait la fermer. Aussi certains de mes amis blogueurs ont décidé de faire un peu de bruit autour de cette histoire avec une serie darticles.

 

 

*Le jeune africain est limité parce qu’on se dit: Nous on a pas les moyens, alors que Dieu est blanc comme il est noir. je dirai même plus loin que le Noir est mieux conçu que le Blanc.


L’Africain respecte son heure

Se donner mutuellement et de façon consensuelle l’heure pour finalement ne pas la respecter. Arriver en retard au travail, aux rendez-vous amoureux, à la messe, au restau, aux funérailles au parlement. Même les nouveaux nés ont pris la sale habitude de venir en retard. On lui paye une bière aussi il vient en retard. Loin Liverpool où Sakho se fait renvoyer pour retard à l’entrainement et manque d’assiduité horaire  à la cantine. Oui oui, il faut une heure pour manger. Décidément les habitudes ont la peau dure sur ce cher continent. « On se voit à dix heures? Pas l’heure africaine hein! » Djo à demain 8 heures, heure blanche stp. Et pourtant?  On est toujours sur la mauvaise pente. Et les aiguilles tournent.

Rien ne sert de courir. .
Rien ne sert de courir. .

Samedi soir, banlieue nord de Lomé, deux générations de personnes se sont donnes rendez-vous autour de plats fumants et de boissons pour célébrer  entres autres réussites au Bac et satisfaire leur soif de liquides alcoolisées. Histoire de s’enjailler un peu et de bien passer le weekend. De même que les résultats du bac venus très en retard, les invites bien évidemment n’ont pas voulu être du reste.  Aussi sont-ils venus des plus âgés aux plus jeunes avec respectivement trente minutes à trois heures de retard. Avec des écarts irréguliers. Ce qui est sur personne n’est venu à l’heure. Il y a eu le plus jeune qui est venu une heure  avant. Et celui qui vient deux heures après la fête. Il a eu le vin de palme du retard. A défaut de la palme tout court.

Disséquons un peu ces comportements. La vielle génération s’en tire le mieux. Je suis totalement d’accord qu’elle était et qu’elle est  plus disciplinée que celle-ci. Malveillants et hommes de peu de fois vous êtes ou vous serez si vous pensez un tout petit peu que la rigueur coloniale ou des dictatures en Afrique y sont pour quelque chose. Ils sont venus en retard de trente minutes et chose très importante ont prévenus du « léger retard ». « Léger retard », voilà un terme qui cause tant de dégâts. Finalement tout se prend à la légère. A cette allure, faudra juste prévenir la banque  d’un léger retard dans le payement du crédit et basta.

Ou  accuser un léger retard sur nos émergences respectives à l’horizon 2030. Léger retard sur les élections, les menstrues,  sur la mort, hein, le dernier c’est une bêtise Aussi bien que le léger retard est une légèreté pour l’ancienne génération, aussi la nouvelle en est dépourvue… Pire nous sommes le mauvais élève. Allez écouter les arguments. Je n’ai pas vite trouve le zem. Il y a eu coupure de courant,  c’est la faute à ma femme. Je me suis perdu (pourtant il vient là depuis un an). Ceci démontre un malaise profond. Une éducation en  panne. Malgré toutes les fessées reçues quand on était en retard au cours primaire me diriez-vous ?

Retard sur les menstrues.
Retard sur les menstrues.

C’est devenu tellement une habitude qu’on se permet d’arriver en retard à un entretien d’embauche. Dépassé la peur des fessées, qu’est ce qui peut motiver à ne pas venir en retard à son travail ou à être juste ponctuel dans sa vie ? Voilà la problématique de ce malaise. Le résultat ? La récompense ? Les sanctions ? Je penche pour cette dernière option. En 2014, Mamane était à Lomé pour un show commençant à 19 heures. Les tickets allant de 5 à 10 milles. Juste un tiers de ceux ayant acheté les tickets ont assisté au show, les autres l’ont vu partir aux alentours de 20 h 30. Dix mille francs CFA de tickets partis en fumée. J’en avais fait cadeau à une amie. Holà j’ai suivi le show moi … avec dix minutes de retard.

Le respect de son heure par l’africain a un cout, des conséquences. Baisse de la productivité, Baisse du pourcentage aux examens,  grossesses non désirées,  ralentissement économique etc… Tout ceci faisant rouler l’Afrique a son heure. Aussi quand d’autres viennent ici avec leur rythme ils nous dépassent forcement ou parfois se perdent. Ils nous dépassent le plus souvent. Ou nous tentons de les suivre.  Cette génération au contraire de l’ancienne court trop après le consumérisme. Sans avoir le temps de profiter des plaisirs simples. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point » dit le dicton. Détrompez-vous, toutes les boissons et plats fumés ont été réduits ironie du sort, en un temps record.

Même si arriver tard, n’est pas arriver en retard ou l’inverse, et que dans plein de domaines l’endurance est préférable à la vitesse, le but reste le même : arriver à l’heure. L’africain d’aujourd’hui se doit de changer et ce radicalement.  Sinon que de choses  risquons-nous de rater?  À commencer par le développement de ce pays, de ce continent. Déjà qu’ici on donne rendez-vous à 2 ou 3 personnes à 8 heures sachant très bien qu’on ne les qu’à recevra à 9 heures. Et vive la pagaille si pour une fois (souvent maintenant) tout le monde vient à l’heure.  A cette allure nous risquons d’avoir un léger retard à renouveler la vie sur terre. Pour les enfants africains, leur futur, soyons à l’heure.