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Appelez-moi Sonia Guiza : meilleure blogueuse de Côte d’Ivoire 2016

Oui je le sais, le titre de l’article fait très « je me la joue ». Mais, il me fallait un titre qui en jette pour conclure cette année folle que j’ai vécu. 😝

Dans jour j-4, précisément le vendredi 15 septembre à 19h en tenant compte du retard des africains je dirais à 20h, je ne serai plus la meilleure blogueuse de Côte d’Ivoire en titre.
Je ne serai plus la « reine » du blogging ivoirien. Je perdrai mon titre telle une miss.
Je devrais être triste il parait, mais bizarrement j’ai hâte ! J’ai hâte d’être à vendredi soir afin de permettre à une autre de vivre tout ce que j’ai vécu.

Vous vous demandez ce que j’ai vécu ? Eh ben prenez votre tabouret et asseyez-vous, je vous raconte mes aventures en tant que reine du blogging ivoirien 2016.

Avant je bossais mais après le prix j’ai dû bosser plus

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Ma vie depuis le titre

Etre meilleure blogueuse ce n’est pas dormir sur « ses lauriers » c’est bosser 10 fois plus. Il y a un an par exemple, je maîtrisais à peine l’histoire du cinéma ivoirien aujourd’hui je peux la conter à qui le veut.
Aujourd’hui, je lis et je me documente plus et mieux sur le cinéma en général. J’essaie vraiment de justifier ce prix.

En fait, je pense que depuis que j’ai remporté ce titre je dors beaucoup moins… Rires

Les invitations, les cadeaux… oui j’en reçois souvent

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La tête que j’avais lors de ma première invitation après le titre

Etant meilleure blogueuse, je suis invitée à presque tous les événements auxquels les blogueurs et journalistes prennent part.
J’ai parfois gracieusement été invitée à des événements hypers sélects et fermés. J’ai eu droit à des cadeaux et per diem après certains événements auxquels j’ai pris part. J’ai reçu des exclusivités  sur certaines choses.

Mais bon, je m’en suis vite lassée et j’ai commencé à décliner de plus en plus les invitations jusqu’à devenir un peu has been (je parle pour moi).
Ah, ouiiii…. j’ai eu la possibilité de demander ou de me faire habiller par des créateurs ou boutiques (ceux qui accordent du crédits aux blogueurs) quand j’assistais à certains événements grand public… J’ai encore la possibilité de le faire d’ailleurs.
Mais bon, après pour avoir tout ça on n’a pas nécessairement besoin d’être meilleure blogueuse, il suffit juste d’être un(e) blogueur(se) qui bosse bien !

Les voyages, j’ai pu en faire 

A bord du vol inaugural Abj-Lbv-Abj du A320 d’Air CI

Il y a un an, lorsque j’ai été élue meilleure blogueuse de Côte d’ivoire, je n’avais jamais pris l’avion. Je n’avais jamais vu d’autres pays que la Côte d’Ivoire.
Aujourd’hui, j’ai déjà été dans cinq pays autres que la Côte d’Ivoire et cela grâce au blogging.
La chance, j’ai quelques voyages prévus avant la fin de l’année et cela grâce encore à cette activité. Je ne suis pas encore sûre de pouvoir me déplacer à cause de mon boulot mais bon… je les ai !

Les partenaires que je souhaitais, je les ai eu

Après avoir remporté le prix, j’ai fait une refonte de ma plateforme et j’ai cherché des partenaires.
J’ai eu chacun des partenaires que je souhaitais : Majestic ivoire, l’institut français, Wikipedia…
En fait avoir le prix m’a donné la force et une confiance de malade qui m’ont donné le courage d’ « enfoncer » n’importe quelle porte.
J’ai même pu positionner « mon petit lagozi » sur des événements et des festivals où je ne pensais jamais pouvoir être.

Des conférences, j’ai refusé d’en animer mais j’ai cédé sur une…

Photo de famille après le Café numérique sur le thème: « Devenir Blogueur »

Lol… Je me suis retrouvée à recevoir des invitations pour animer des conférences.
La seule chose que ça m’inspire toujours c’est : « l’homme n’est rien oh ! ».

De la consultance et de la publicité j’ai fini par en faire

Lorsque tu es meilleure blogueuse que tu le veuilles ou pas tu es suivie plus que jamais, ton nombre d’abonnés augmente. Ton nombre de lecteurs aussi. Chacune de tes publications provoques des réactions. Ainsi les marques n’hésitent pas à te solliciter.

Du jour au lendemain, je me retrouve à relayer sur mon profil une affiche et à être payé pour… C’est assez dingue !
Je me retrouve à être consultante sur des projets où je suis super bien rémunérée. Aussi pour arrondir mes fins de mois, je peux facilement si je le souhaite faire des piges pour des médias et sites web locaux et étrangers.

J’avoue que c’est beaucoup de boulot, beaucoup de tasses de café, énormément de rigueur, des  heures de sommeil en moins… Je me suis retrouvée à dormir parfois que 2 heures par nuit sinon pas du tout alors que j’avais boulot le lendemain. Bref aujourd’hui je suis insomniaque. #TeamAkpani😊

La rançon du succès 

Qu’on le veuille ou pas avec le titre on devient « une star » pour un petit cercle de personnes donc, les choses changent.

Exposition soudaine

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Ce que je me dis pour me calmer chaque fois qu’on me parle de Personnal Branding

Après le titre, je ne pouvais plus publier tout ce que je voulais sur mon mur, au risque de me faire taper dessus ou sermonner par cinq, six personnes en inbox. Je devais construire et faire attention à mon personnal branding.

Je devais donc du jour au lendemain faire attention à mon image et à ce que je publiais. Fhummmm, sur mon propre mur !
Mon Dieu, comme cette histoire de personnal Branding m’a étouffé par moment. Mais heureusement, j’ai su trouver une bonne alternative pour que tout le monde soit content !

Les gens pensent me connaitre

Ma tête quand j’apprends certaines infos sur ma vie que j’ignore moi-même

Quand je suis devenue meilleure blogueuse, certains de ceux qui me suivent sur la toile ont estimé me connaitre. Certains n’ont pas hésité à tirer des conclusions hâtives et à propager des rumeurs sur mon compte. Certaines intox qui me sont revenues aux oreilles m’ont fait mal mais j’ai su en faire fi. Aujurd’hui, je me considère comme un cabri mort. Time is money en plus !

Les gens estiment qu’ils doivent savoir

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Moi quand on me dit « On doit tout savoir de toi »

Parce qu’ils sont amis avec toi sur facebook beaucoup estiment qu’ils doivent avoir certaines informations sur ta vie.
Par exemple, connaître ta vie privée. J’ai été confrontée à des questions assez particulières par moment. Mais in fine je me suis rendue compte qu’il ne fallait pas trop faire attention à tout ceci mais savoir garder les choses importantes pour moi. #IlyatropdesorciersaAbidjan

Aussi, quand je change de boulot, j’entends souvent la phrase « tu fais trop de mystère autour des entreprises qui t’emploient ». Ce que certains oublient, c’est que là où je bosse n’a aucun rapport avec la blogueuse, et je suis en droit de ne pas vouloir que ce soit su par tous. Ceux qui doivent le savoir le savent !

Etre meilleure blogueuse ou blogueuse n’oblige en rien à dévoiler sa vie sur les réseaux sociaux. La vie privée doit rester privée quand la vie de blogueuse doit être sur la toile. J’ai appris qu’on peut-être vraie, entière sans exposer toute son existence sur internet.
En tout cas, avec tout ce que j’ai vécu durant mon année en tant que meilleure blogueuse, je pense que je suis prête à passer mon titre.
Future meilleure blogueuse, ne te leurre pas en pensant que j’ai eu toutes ces choses seulement grâce au prix. Le prix va t’aider, c’est vrai, mais c’est ton boulot, ta tchatche, ta gnaque, ton professionnalisme, ta constance et ton envie de plus qui te feront avoir chacune des choses que tu voudras ou/et auras.

J’ai hâte d’être à vendredi pour te rencontrer meilleure blogueuse de Côte d’Ivoire 2017.


Blogueurs, on ne vous prend pas ici pour la dernière roue des médias

« Presse internet », si vous lisez ces mots sur un badge pendant ces 8ème jeux de la francophonie, pas besoin de chercher longtemps, il s’agit certainement de blogueurs.

Et oui, c’est suffisamment rare pour être souligné, les blogueurs ont été accrédités pour les jeux d’Abidjan.

Blogueurs, journalistes, mêmes accès, mêmes facilités

Wi-fi, ordinateurs, salle climatisée, café… On est aussi privilégié que nos confrères « journalistes ».
Chouchoutés et traités presque comme des rois, on a obtenu des badges qui nous permettent d’avoir un accès facilité à tous les lieux où se déroulent les compétitions sans restriction.

Les matins, arrivés dans la salle de presse, des bénévoles nous font et nous servent du café ou du chocolat chaud. Rien de mieux pour mettre en jambes et donner du peps !
Le café est d’ailleurs disponible toute la journée et on peut en reprendre autant de fois qu’on le souhaite.

De plus, pour ceux qui, comme moi, n’ont pas envie de se coltiner leur ordinateur de la maison à la salle de presse, des postes sont installés sur place 24h/24 pour nos différents travaux.

Alors, même si la connexion n’est pas terrible, on ne se plaindra pas que le comité d’organisation des jeux de la francophonie ait essayé de faire de son mieux pour nous mettre dans de bonnes conditions de travail.
Comme on le dit chez les Ivoiriens « quand c’est bon il faut le dire »
Merci d’avoir eu la délicatesse d’associer les blogueurs !


Visiter « Babi » en quatre communes

« Abidjan est le plus doux au monde », affirment et soutiennent les Ivoiriens à qui veut l’entendre. Et, ils n’ont (apparemment) pas tort, car tous les visiteurs de la capitale, ou presque, l’attestent après y avoir séjourné. Aussi, pour donner une idée à ceux et celles qui n’ont pas encore eu la chance de poser leurs valises à Babi, nous vous faisons découvrir ce qui fait d’Abidjan, le délice qu’elle est.

Babi, entendez par là Abidjan, est la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Abidjan est un district autonome et représente 60 % de l’apport du produit intérieur brut du pays. La ville compte 4.707.000 habitants, soit 20 % de la population totale ivoirienne. Babi est composée de deux parties, « Abidjan nord » et « Abidjan sud », disposées de part et d’autre de la lagune Ébrié avec à son compteur dix communes et quatre sous-préfectures.

Avec dix communes et quatre sous-préfectures, il serait difficile de faire connaitre, en un article, tous les endroits de chaque commune du district autonome d’Abidjan. Nous avons donc retenu les quatre (4) communes à visiter absolument à Abidjan.

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[toggle title= »Yopougon « la joie » » open= »yes »] Yopougon, Yop City ou encore Poy est la plus grande commune et la deuxième plus peuplée d’Abidjan. Longtemps connue pour sa « Rue Princesse* » (aujourd’hui au bord des ruines), la commune a développé bien d’autres activités et endroits pour garder son « titre » de commune la plus chaude d’Abidjan. À Poy, on vit 24h/24 et 7j/7 aux rythmes des maquis et discothèques. Sans oublier les restaurants dont certains aux noms atypiques tels que « Au Mouton » ou « Au Zoo ». Dans le premier, vous trouverez tous les animaux de la ferme cuisinés sous toutes les formes. « Au Zoo », ce sont les animaux de la brousse, tels que les singes, biches, agoutis… qui sont cuits en sauce. On y trouve même de la soupe de caïman ou de… python.

À Yopougon, les maquis** et boites de nuit se trouvent à tous les coins et recoins de rue. Certains parmi ces espaces de diversement ont même leur spécificité. C’est par exemple le cas de « L’internat », un maquis aménagé exclusivement pour la promotion de la musique Zouglou. Avec les bières, la nourriture et l’ambiance Wôyô***, impossible de vous y ennuyer. Surtout les dimanches. Si vous êtes à Yopougon, vous pouvez prendre une pirogue ou une pinasse pour vous rendre sur l’une des îles les plus célèbres d’Abidjan « L’ile Boulay ». [/toggle]

[toggle title= »Cocody « la belle » » ]La commune des « chocos », des « boss », des personnes nanties. C’est là que résident tous les gouvernants du pays, y compris le chef l’État. À Cocody, les maquis et boîtes de nuit deviennent des restaurants, lounges, cafés et bars. Si les appellations diffèrent, les menus sont pratiquement les mêmes. Ainsi, si vous avez un creux à Cocody, rendez-vous « Chez Hélène » à la Riviera Palmeraie. Vous pourrez y déguster de l’attiéké, de l’alloco, du poisson braisé, de l’escargot piqué, etc. Aussi, ce serait un péché d’arriver à Cocody sans faire un tour dans le célèbre « Allocodrome » pour y manger toutes les grillades que vous souhaitez.

Pour les discothèques et bars, nous vous conseillons le VIP et le Vogue Temple Discothèque. Le lounge où il faut aller absolument, c’est le Vista Lounge. Celui-ci étant situé au-dessus d’un immeuble, priez que l’ascenseur ne soit pas en panne. Vous risquerez de vous taper les escaliers de… sept étages. On l’a déjà tous vécu au moins une fois. Mais, comme certains aiment le dire : « Il vaut mieux être bloqué dehors que dedans ». Cependant, dès que vous aurez atteint la dalle, vous serez quelque peu soulagé d’avoir fourni tant d’effort. Car vous aurez l’impression de côtoyer les étoiles et la lune, vu votre proximité avec le ciel.[/toggle]

[toggle title= »Marcory « la coquette » » ]C’est une commune majorée de zones résidentielles avec de nombreux commerces et un grand marché. On y trouve certains des plus grands supermarchés de la capitale : Cap Sud, Prima, et le premier centre commercial PlaYce. À Marcory, il y a les quartiers de luxe comme Biétry et Zone 4, où résident de nombreux ressortissants étrangers, en majorité des expatriés occidentaux.

Là-bas, c’est « Chez Tantie Alice » et « Chez Ambroise » qu’il faut aller absolument manger. Si vous êtes férus de diversité gastronomique, faites un tour au « 37°2 ». N’oubliez pas de faire un saut chez « Jay’s » en Zone 4. Il y a de la bonne nourriture, mais ce qu’il faut y goûter, ce sont ses cocktails. Mention spéciale au métisse. Ce cocktail est magique. Si après un verre, vous ne voyez pas les anges, c’est sûr qu’avant la fin du second, c’est Michael Jackson que vous verrez faire du Moon Walk.

Marcory est la seconde commune où on fait le plus la fête à Abidjan. Et ce ne sont sûrement pas les habitués du « Pink Club, du « Saint Germain » et du « Métropolis » qui diront le contraire.

Ah, si vous avez en projet de rentrer avec des souvenirs de la Côte d’Ivoire chez vous, rendez-vous à « La Cava ». Vous trouverez tout ce qu’il faut pour vous rappeler votre séjour sur la terre d’Éburnie.[/toggle]

[toggle title= »Plateau « l’administrative » » ]C’est le centre des affaires. Les institutions de la république telles que la Présidence et l’Assemblée nationale y sont. C’est le centre administratif, commercial et financier de la Côte d’Ivoire. Toutefois, il y a de l’ambiance grâce au « Life Star » et au « 40/40 » qui se chargent de faire bouger la commune, une fois la nuit tombée et les bureaux fermés.

Par ailleurs, on retrouve au Plateau, plusieurs, sinon le plupart des restaurants chics d’Abidjan. Pour preuve, le gagnant du prix du meilleur restaurant d’Abidjan 2017, « Le Saakan », y est logé. On y trouve également le piano bar « Fijim » où la viande est maitresse.

Étant au Plateau, si vous prenez un bateau-bus, vous atterrissez directement à Treichville, une autre commune, où juste à votre descente, vous trouverez « Le Débarcadère », un magnifique restaurant fleuri avec une vue sur la lagune. Les sièges du débarcadère sont spéciaux. Ce sont des barils d’huile auxquels on a donné la forme de siège. Mais, rassurez-vous, ils sont très confortables.[/toggle] [/accordion]

Les coups de cœur de Sonia

Personnellement, les endroits que je fréquente le plus sont le « BAO Café », le « Sweet Garden », l’ « Allocodrome de Cocody » et, parfois « Le comptoir des artisans » et « Couleur café ».

J’adore chacun de ces endroits à cause de l’ambiance (« Couleur Café » est calme et super pour travailler), de la boisson qui y est servie (la limonade du « Comptoir des artisans » est mortelle et le café de « Couleur Café » est comme j’aime ), de la nourriture (les sandwichs de « Couleur Café », la nourriture de l’« Allocodrome » et du « Comptoir des artisans »), de l’accessibilité au niveau des tarifs (notamment au « BAO ») et aussi pour les activités (les soirées ‘’If got soul’’ au « BAO »).

Une autre chose que j’aime, c’est que le rez-de-chaussée du « Comptoir des artisans » est dédié à l’artisanat haut de gamme africain qui allie articles fait-main, avec des finitions parfaites et de l’originalité. Alors, après avoir mangé au premier étage, vous pouvez vous acheter un souvenir abidjanais avant de rentrer.

Une chose est sûre, c’est impossible en seulement 4 ou 10 jours de voir tout Abidjan. Si vous réussissez à visiter 1/3 des endroits cités dans l’article vous reviendrez obligatoirement à Babi.

En Attendant, nous vous disons Akwaba sur la terre de l’hospitalité.

Sonia GUIZA

[alert type= »info » dismiss= »yes »]* La rue Princesse est située dans la commune de Yopougon entre les quartiers Selmer et Wassakara. Très populaire pour le grand nombre de maquis, de buvettes, de discothèques et autres lieux de réjouissances qu’elle abrite, la Rue Princesse est devenue l’un des lieux les plus célèbres d’Abidjan. Elle fut détruite le 5 août 2011 dans le cadre des mesures de réhabilitation et d’assainissement prévues par le district d’Abidjan (Wikipédia)
** Un maquis désigne en Afrique francophone un type de restaurant, en particulier en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. En plus d’une fonction de restauration, il assure également une fonction sociale, devenant lieu de rencontre, de débat et d’échange, voire point de rassemblement. (Wikipédia)
*** Le Wôyô ou ambiance facile, est l’autre appellation du Zouglou, lorsqu’il est pratiqué en acoustique ou en live, avec comme instruments de base, des tam-tams. [/alert]

CONTACTS UTILES :

 


Ramadan : le mois de la nervosité exagérée !

« C’est parce que je suis en carême hein, sinon je n’allais pas te rater », « c’est comme ça vous faites pour gâter carême des gens », « reviens à 18h, pour le moment, je ne peux pas te répondre je suis en carême. Tchrrr » … Ce sont des phrases qu’on entend à tous les coups à Abidjan pendant le mois de carême.   Le 27 mai, quand…


Ma première fois de l’autre côté

Par Designed4Art

De parents séparés depuis ma naissance, j’ai vécu la moitié de ma vie avec ma mère. Quand j’étais en maternelle et CP1 je me rappelle que je vivais juste avec ma mère, dans de très bonnes conditions. J’étais toujours sapée quand j’allais à l’école et dans mon sac à dos, j’avais tout ce qu’il me fallait pour survivre et vivre ma journée de classe et parfois bien plus.

 

Mon CP2, je l’ai fais chez mon oncle. Entre temps ma mère se marie à un homme super gentil. Je l’adorais mon nouveau papa. Je l’appelais papa Yacint (johacinte pour les adultes). Je reviens m’installer avec eux pour la suite de mon cursus. On vivait bien, et heureux. En plus mon nouveau papa cédait à tous mes caprices, il faisait tout ce que je voulais. Même quand ma petite sœur, sa fille biologique naît, je gardais ma place de petite reine de la maison. Je n’avais besoin de rien d’autre, ma vie était belle. En CM1, je pars en vacances chez ma grand-mère, la mère de mon père (le biologique). A mon retour j’apprends (je l’avais su mais je ne réalisais pas) que mon papa Yacint n’était plus. J’étais dévastée.


Nouveau départ

 

En Afrique, quand un mari meurt sa femme est généralement dépossédée de presque tout par la famille du mari. Ma mère n’a pas été l’exception même si elle a sauvé pas mal de chose. Maman avait du mal à assumer toute seule les charges de la maison, alors, on a quitté le 2 pièces dans lequel on vivait pour rejoindre la famille de maman qui vivait dans un quartier pas trop loin. La grande sœur de ma mère avait deux cours, une mise en location, et une autre « familiale » dans un bidonville dans la commune de Port-Bouët. J’allais dans une école publique. C’est vrai que vivre en famille allégeait ses dépenses, mais maman continuait à bosser comme une dingue et à assurer. C’est une super woman ma mère.

Heureuse, je l’étais, bien que mon papa yacint n’était plus. Sauf que maintenant quand je faisais une bêtise, il n’y avait personne pour me protéger de la colère de maman. Je me faisais tabasser de malade.

Ma première rencontre avec la vie de l’autre côté

 

En CM2, on recevait la visite de la femme de papa (le biologique). Elle proposait à ma mère que je vienne m’installer avec eux (mon père, sa fille et elle) après mon entrée en 6ème. En attendant, je devais aller passer les congés de Noël avec eux. Les congés de Noël arrivé, j’allais chez mon père. L’appartement où ils vivaient n’a rien d’extra mais c’est différent d’où je viens.

 

Un jour ma nouvelle petite sœur insistait  pour manger une glace. Je me rappelle que j’étais choquée. Dans ma tête, il se passait :  » Elle veut manger une glace ? Sérieux ? Et on doit l’acheter ? Mais qu’elle ouvre le frigo et prenne des glaçons pour croquer ». Je ne savais pas ce que c’était qu’une glace. Sa mère, enfin notre mère, a fini par céder. On allait donc  dans un glacier, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je faisais tout comme Rolande qui avait 6 ans. Je me retrouve avec une glace à la vanille. Je ne sais pas si c’était vraiment la première fois que j’en mangeais mais j’ai kiffé. Mais bon, d’où je viens on a son équivalent, qui coûte 25fr au lieu de 500fr mais il est moins bon et goûteux. On ne mangeait pas que les sauces dans ma nouvelle maison, il nous arrivait de manger de la salade, des grillades… des trucs de choco quoi. Mais bon ce sont des plats que j’avais déjà mangé.

 

2 jours après, on va à Sococé, l’un des plus grand hyper marché à l’époque. J’avais pris, je me rappelle, une seule fois un ascenseur dans ma vie. A 10 ans, je voyais pour la première fois une fontaine d’eau et un escalier roulant. Mais diantre comme j’ai flippé sur l’escalier. L’ascenseur, j’avais toujours aussi peur d’être dedans, j’ai donc refusé d’y remonter. J’avais compris que de ce côté, on appelait le bon maïs, popcorn et il coûtait cher. J’avais l’impression que tout coûtait chère de ce côté.

 

Après ma nouvelle maman, nous a envoyé jouer dans la salle de jeu de la sococé. Mon Dieu, je ne savais pas qu’un univers pareil existait. Tous les jeux que je voyais à la télévision et dans mes films étaient là et en plus en géant (c’est l’impression que j’avais à l’époque). Toboggan géant, balançoire géante, piscine de boules… bref tout. Chaque fois que j’étais dans le toboggan je voyais ma vie défiler et je criais comme une malade. Les autres enfants étaient habitués et me regardaient donc comme une folle. Si, eux aussi ils criaient, mais c’était plus des cris de kiffe que de terreur comme moi. Dire que j’ai failli être recalé à la porte parce qu’il avait l’impression que j’étais trop grande pour les jeux . En plus, j’étais la plus vielle dans la salle. Les enfants dans la salle de jeu faisaient leurs sales gamins et leurs nounous ou maman ne réagissaient pas. Je pensais intérieurement à la raclée que ma mère m’aurait mise si elle m’avait vu faire ça. J’ai vécu pendant mes congés des choses dont je ne connaissais l’existence que dans des films.

 

Retour à ma vie

 

Après mes congés, je retournais dans mon bidonville chéri. Je racontais tout ce que j’y ai vécu à mes amis. J’étais contente d’être de retour parce que je pouvais recommencer à jouer aux billes avec les garçons, à allez au vidéo club ou louer les CD pour les voir à la maison, faire la cuisinière, me battre au caca sport, manger tout et n’importe quoi…Cependant, avec ce que je venais de vivre, j’ai réalisé qu’il y avait une vie, et un monde aussi beau sinon plus beau que celui dans lequel j’étais. J’ai commencé à avoir des ambitions, des vraies. J’ai commencé à rêver et à voir grand. Après mon Cèpe (entrée en sixième) je rejoins papa.

 

Ma nouvelle vie

 

J’ai commencé à fréquenter une école privée (bon il parait qu’elle est semi) l’école coûtait chère pour moi. Il y avait beaucoup d’enfant de familles huppées. Ma famille n’avait pas autant les moyens, mais on avait le nécessaire, l’indispensable et on avait même droit à des plaisirs et quelques sortie en extra.

Après la crise de 2011, les choses ont bien changé pour nous. Papa appartenait au mauvais parti politique, celui déchu. Ah, la vie n’a pas été simple encore moins pendant et après la crise. J’arrivais à gérer parce que j’avais déjà vécu tout ça.

La première crise en 2002 était beaucoup plus accentuée à Port-Bouët, pas loin d’où je vivais avec ma mère et pour les autres galères occasionnées par la crise je la vivais au quotidien là-bas. Je connais  le meilleur et le pire des 2 mondes. Grâce à ça je suis « indestructible » aujourd’hui et personne ne peut imposer de limites à mes rêves. Mais pour avoir ces rêves et croire autant qu’ils sont réalisables, il a fallu ma première fois de l’autre côté de la barrière.

 

 


Moi président : excusez-moi je suis une femme donc « PRÉSIDENTE » svp !

Hummm ! Arnaque ! Piège ! Je me suis faite avoir par Samantha, Annadjib et certains Mondoblogueurs.
Ils m’ont convaincu de postuler à The Blog Contest.

Pour vous expliquer simplement, ce sont plusieurs blogs, qui écrivent sur la même thématique et… En fait je ne sais pas ce qui se passe après. Quand je pense que Samantha m’a dit :« Ouaiiiiis (avec l’accent camer), c’est simple oh ». Conclusion je postule et le premier sujet : « C’est moi président ». Sérieux hein ? C’est ça simple là ? Ou bien c’est moi qui ne sait pas le sens du mot « SIMPLE ». Déjà, même le thème est sexiste ! « Moi président ! » genre on marginalise et minimise les femmes en compétition. Un thème comme ça déjà dans sa structuration m’exclut donc je ne me sens pas le cœur à écrire dessus ! Ah non ! Je ne le dis absolument pas parce que je ne sais pas quoi écrire. Mais le thème a vraiment un souci. Et le souci que j’ai détecté me bloque. Le thème est trop sexiste à mon goût.

 

MOI PRÉSIDENT, VOUS VOULIEZ DIRE HOLLANDE ? 


Ils ont dû nous voir en François Hollande. Genre, ils s’attendent à ce qu’on sorte des phrases comme :

« Moi, président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Elysée»

ou

« Moi, président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur»

ou mieux

« Moi, président […], je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l’avis du Conseil Supérieur de la Magistrature n’a pas été dans ce sens».

Si c’est ça c’est que je suis hors sujet. Quoique moi présidente, je dirais surement ce genre de chose pour éviter de parler des véritables problèmes de mon peuple.

 

MOI PRÉSIDENTE !

« Moi présidente » je ne l’ai jamais été. Ah, si j’ai été présidente de l’école de journalisme. Ah ah la belle époque ! J’ai remis pas mal de personnes à leur place. C’est trop bizarre. Quand tu es une femme tu dois bosser doublement pour prouver ta légitimité. C’est quand même fou. En tout cas chacun en a eu pour son grade en punchline pendant mon mandat. Mais j’ai quand même bossé, moi présidente.

Et puis, je me suis imposée présidente des mondoblogueurs à Tana aussi, je leur avais promis la joie, du rire et blagues pourries, je pense qu’ils ont été servis. Je fais une bonne présidente quand même, même si je suis venue au pouvoir de force.  Comme quoi la dictature ça marche souvent !

Ah, en plus même la Saman-machin là (c’est désormais son nom) a slamé pour monsieur « Moi Président » sur ce thème. C’était chic ! Mais je ne rappelle pas de ce qu’elle a dit. J’ai juste entendu « Moi présidente et bla bla bla, moi présidente… bla bla mais je ne suis pas présidente je ne suis que blogueuse ».
Mais plus sérieusement, même si je n’y aspire vraiment pas,  si moi je suis présidente, je ferais pendre tous les hommes infidèles ! Je demanderais que les Mojitos soient offerts aux femmes en soirée. Le sachet percé de la ménagère deviendra un seau bien rempli. Une taxe sera mise sur la bière achetée par les hommes. Les hommes devront faire la cuisine en alternance avec leurs épouses. Une femme aura le droit de briser le cœur d’un homme mais pas l’inverse.  Je rendrais l’accès à l’école (vraiment) gratuite, les premiers soins aussi. Les femmes auraient le droit de s’habiller comme elles veulent (mais décemment quand même) sans se faire traiter de p*te, sous peine d’emprisonnement et de dédommagement !

Pour un même poste et boulot les hommes et les femmes auraient le même salaire. Je mettrais l’accent sur la formation et l’emploie de la jeunesse. Et puis… bon si j’étais présidente, je pense que j’aurais un programme solide et convaincant. Donc c’est le programme que j’exécuterais.
Mais heureusement, moi,  je ne suis pas présidente. Je ne suis qu’une vingtenaire. Je ne suis qu’une jeune femme qui rêve et se bat pour pouvoir réaliser ses rêves.

Donc euh non merci « Moi présidente » ce n’est pas près d’arriver.


Fespaco 2017 : 25ème édition, mais encore des erreurs de débutant

 


Pour assister au Fespaco et se pavaner comme on veut, il faut un badge. Le 25 décembre 2016, j’ai rempli le formulaire pour avoir une accréditation en tant que média pour mon blog Lagozi.Pour être sûre que ma demande soit reçue, j’ai envoyé le mail trois fois. Ensuite, j’ai fait une demande à la personne chargée de récupérer toutes les accréditations ivoiriennes et une autre à l’Office National du Cinéma ivoirien.

Ça commence déjà mal pour moi

 

Quand j’arrive à Ouaga le 25 février 2017, il est déjà tard. J’attends le lendemain pour aller chercher mon accréditation. De toute façon, mon badge doit être déjà prêt. Reste juste à le récupérer. Bah, c’était sans compter sur l’équipe d’organisation de ce rendez-vous international dédié au cinéma africain.

 

Non seulement, le badge n’est pas prêt, mais ils n’ont « paraît-il » pas reçu ma demande. « Avez-vous fait votre demande d’accréditation dans les temps ? », me demande-t-on.Je réponds par l’affirmative. Heureusement qu’il y a encore la boîte mail pour confirmer mes dires. On me fait donc remplir à nouveau la fiche en ligne. Ensuite, j’ai dû attendre « la femme métisse en forme » (c’est comme ça ses collègues la décrive) qui s’occupe des badges. Deux heures d’attente. Sachant que j’ai déjà raté tout ce qui s’est passé la veille. Quand la dame arrive, je récupère mon badge. Il n’est pas personnalisé.

 

 

C’est parti, je peux enfin profiter du FESPACO

 

Je télécharge aussi le programme des activités et les différents endroits où il faut se rendre pendant le Fespaco. Les documents physiques du festival ne sont pas prêts. Les programmes complets et la documentation ont été finalisés deux jours avant la fin du festival, je ne sais pas trop à quoi ils allaient nous servir du coup.

 

 

L’événement est éclaté sur une dizaine d’endroits (salles de projection, Mica…). Les différents lieux sont très éloignés les uns des autres. Alors que plusieurs événements ont lieu en même temps. Du coup, difficile de faire un choix. Et quand on se décide malgré tout, une autre difficulté se présente : se déplacer à Ouaga sans moto ou voiture personnelle est un vrai casse-tête.
Il y a eu également la qualité des productions nominées. Certains films en compétition n’avaient pas vraiment leur place dans un festival aussi important. Tellement la qualité n’y était pas. Je trouve bien dommage que des films de bien meilleure qualité n’aient pas été en compétition mais aient été diffusé hors compétition. Pas besoin de parler des retards pour démarrer les événements. Africain aime trop retard !

 

 

Sérieusement? Le festival a déjà 50 ans d’existence ???

 

En outre, une scène m’a beaucoup choqué. Elle s’est déroulée lors de la cérémonie de clôture au Stade de l’amitié de Ouagadougou. Ce n’est pas une information, la Côte d’Ivoire était le pays hôte de cette édition. Le pays aurait donc dû avoir des places réservées dans les gradins. Sous prétexte que les acteurs et quelques membres sont arrivés 10 minutes avant le début de la cérémonie, ils n’ont plus eu de place. Les places qui leur étaient réservées sont désormais celle de la délégation qui viendrait avec le président de la République. Une productrice en compétition a dû « lutter » pour avoir une place assise.

 

Pendant ce temps, l’une des places réservées a été occupée par une jeune fille d’une dizaine d’années alors que certaines personnes de la délégation ivoirienne se tenaient debout.

 

 

Un autre point avec lequel j’étais tout sauf d’accord, c’est qu’on n’ait pas permis aux lauréats de s’exprimer dans le micro. Sauf deux.

 

 

J’ai trouvé que les politiques étaient bien plus privilégiés que les cinéastes. Ces personnes qui font ce festival et grâce à qui il existe.  Eh hooo le FESPACO c’est un festival de CINEMA pas de POLITIQUE !

 

 

50 années que le Fespaco est organisé. Le festival a désormais un certain standing. Ces ratés (en tout cas, ceux que j’ai pu voir) ne sont plus tolérables… Il faut que ça change !


La télé ivoirienne prise en otage par Bollywood

 

Il est 22h00 et plus aucun chat dans les rues de « lièvre rouge », un quartier de Yopougon. Surnommée Yop City, Yopougon est l’une des 13 communes du district d’Abidjan. Et cette commune qui ne dort jamais.

C’est l’heure du destin de « Zoya », feuilleton indien diffusé du lundi au vendredi. Ce feuilleton de 26 minutes, diffusé depuis bientôt un an sur RTI2, la chaîne publique ivoirienne. C’est un programme qui saoulent un grand nombre de gens (moi y compris), mais personne ne le rate (moi y compris quand j’ai du temps), encore moins les femmes de ménage et les mamans.

De Saloni au destin des Zoya, les Indiens accaparent toujours autant la télévision

Je me demande bien pourquoi les programmes bollywoodiens sont tellement omniprésents sur les antennes de la télé nationale. En tout cas, ce n’est surement pas pour la superbe  qualité des productions « Made in India ».

Je suis arrivée à la conclusion, que ces productions doivent- être plus accessibles, par rapport à leur coût d’acquisition. En plus, les contenus de Bollywood sont vraiment conséquents, ils sont longs, de quoi meubler pendant une bonne période une grille de programme. Surtout, quand on manque d’inspiration. Quand le destin de Zoya débutait sur RTI2, c’était sur les cendres de Salonie, une autre star produite par l’industrie de Bombay.

Salonie, qu’on l’aime ou qu’on la déteste : tout le monde (la majorité des ménages, même certains papas) y était accro. Pour être sûr de suivre cette fiction à 22h, certains fans s’efforçaient à faire une sieste en journée. Le plus drôle c’est que, malgré le succès de ce feuilleton, aucune des personnes qui la suivaient n’était capable de donner le vrai nom des acteurs du film.

Malgré la longueur du programme, deux ans sinon plus, les actions répétitives du film, Salonie séduisait et énervait chaque soir de plus en plus de monde. Salonie, qu’on l’aime ou qu’on la déteste, on la regardait tous pour voir quand est-ce que ça finirait ou ce qu’elle ferait demain.

Le plus drôle c’est que Zoya le nouveau feuilleton provoque les mêmes réactions. Et même si le caractère de l’actrice *gâte cœur* souvent, Zoya, tout comme Salonie, touche à tous les coups (négativement ou positivement).

Les Ivoiriens hypnotisés par Bollywood

C’est dingue, on critique tous les feuilletons indiens à causes de leur longueur sur notre antenne, mais ces feuilletons sont quand même suivis. Même si le destin de Zoya est remplacé par un autre produit de 10 ans made in Bollywood, on critiquera, mais on regardera quand même. C’est grave, mais le constat est là tant qu’il y’aura un film indien diffusé, on ne dormira pas Abidjan avant au moins 22h 30.

*Gâte cœur*: Énerver , Embêter


Abidjan perle de Lumières bien plus que des illuminations

A Abidjan pour les fêtes de fin d’année, on a des évènements ponctuels qui sont devenus en moins d’une décennie des traditions auxquelles il est hors de question de sacrifier.
Des concerts de fin d’années, en passant par Abidjan by night, sans oublier le diner en blanc ou les concepts « spéciaux fêtes » créés par les bars et les restaurants abidjanais tout est mis en place pour que personne n’ai d’excuse pour ne pas profiter des fêtes.

 

Cependant le plus grand de tous les évènements de fin d’année, celui qui réunit le plus de monde et le plus accessible (gratuit) reste incontestablement Abidjan Perles des Lumières.

 

 

C’est quoi Abidjan Perles de lumières ?


Abidjan Perles de Lumières (APL) est un évènement non gouvernemental annuel qui a pour but d’enjoliver la ville d’Abidjan avec des éclairages multiples et multicolores et la décoration des artères et places fortes de la capitale économique. Ce festival a lieu depuis 2011 grâce à Apothéoz.

 

Cette année ce sont 5 kilomètres de décor et de structures imposants et de couleurs variées ; Ce sont 59 points de décors et 9 places qui seront utilisés pour embellir Abidjan. Sans oublier le sapin animé d’APL qui fait 30 m et qui a été classé parmi les 10 plus beaux sapins au monde par la deutshe welle (DW), Reuters et Middle East News.

 

En plus de toutes ces installations, il y’a l’ile enchanté, « le paradis des enfants » sur cette « ile » les enfants retrouvent des jeux de tous sortes et des animations pour leur bonheur.

 

 

Festival de bonne humeur et d’ambiance

 

Au-delà des installations et de l’ile enchantée, il y’à l’incroyable 30UN où 4000 personnes sont réunies au palais de la culture de treichvillle de 16h (31 décembre) jusqu’au nouvel an (le lendemain) pour faire la fête. Nourriture, musique et bonne ambiance tout est réunie pour permettre aux festivaliers de patienter jusqu’à l’apothéose : Les feux d’artifices qui marquent les premiers instants de la nouvelle année.

 

 

Une bande sonore pour accompagner le spectacle

 

 

Le saviez-vous, une bande sonore avec du texte (un conte) passe pendant les feux d’artifices entre le 31 décembre et le 1er janvier? Non ? Eh bien, moi aussi et cela comme pas mal d’abidjanais. Je l’ai découvert depuis peu grâce à la vidéo du feu d’artifice de l’année (2015-2016) disponible sur youtube

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Curieuse, d’en savoir un peu plus, je rentre en contact avec les responsables d’Apothéoz, l’entreprise s’occupant du projet APL.

 

« Cela fait maintenant 5ans que nous tirons des feux d’artifice sur la lagune Ebrié. Nous sommes donc soucieux de nous développer, mais aussi de rivaliser avec les meilleures métropoles. Il s’agit donc d’offrir des émotions toujours renouvelées aux ivoiriens.

 

L’expérience a été une réussite pour la célébration des 55 ans de la CI en 2015. C’est aussi un moyen pour les abidjanais de mieux cerner et comprendre le thème de cette année, qui est une ouverture culturelle aux jeux de la Francophonie. » Explique m. Idriss Dao, Responsable Marketing Communication.

 

M. Dao précise qu’ajouter une bande sonore au spectacle des feux d’artifice est juste une opportunité de faire naitre une création unique, intense, puissante et lumineuse orchestrée autour d’un scénario simple et efficace en adéquation avec la thématique : « La féérie universelle !».

 

Curieuse moi-même d’assister en live et écouter la bande sonore de cette année. J’ai cherché à savoir d’où est-ce qu’on peut entendre l’histoire et quand ?
A cette question il m’a été répondu que : « Nous négocions actuellement avec nos partenaires radios pour la diffusion de cette bande sonore. Cependant il est possible d’entendre la bande musicale en accédant au Palais de la Culture, et à l’incroyable 30UN. Mais pour ceux qui n’ont pas de tickets ce n’est pas grave, APOTEOZ a créé la zone verte, un espace allant de la gare Sud Sotra, à la montée du Pont De Gaulle. »

 

Je ne suis pas fana des bains de foule mais mon amour des contes, de belles histoires, des beaux textes, de féerie et de magie est plus fort.
Alors je pense que J’y serai surement, j’ai envie de voir tout ça de plus près et surtout j’ai envie de passer un incroyable 31.


Mondotana : difficile retour à la réalité

crédit photo: George Attino
crédit photo: George Attino

 

Cela fait une semaine jour pour jour que je suis rentrée de Tana et pourtant j’ai toujours la nostalgie. C’est quand même bizarre ce sentiment pour quelqu’un qu’on a toujours considéré comme une insensible. Comment moi la fervente pratiquante du « je m’en foutisme » j’ai pu autant m’attacher à des inconnus? Mais pourquoi ces 10 jours ont du mal à me passer ?
Tu sais quoi ? Pour me comprendre il faut que je te raconte Tana…. Non, il faut plutôt que je te raconte ce que j’y ai vécu !

 

 

La Mondogang Vive le GirlPower

 

Mondogang

Samantha et Alexandra sans oublié Christine. En fait non Christine bien qu’elle soit plus jeune, c’est elle la plus lucide. Alexandra aussi est lucide, enfin oui, non si elle est. Euh … Bon oui c’est vrai c’est Samantha et moi les malades ! Alors, je vous explique. A nous quatre on a repeint cette formation à nos couleurs.
On a organisé et fait tout ce qu’on voulait. De Mister Mondoblog, en passant par les soirées entre filles (alcoolisées) sans oublier les Awards et le choix de la musique sur lesquels on danse en boite, bref on a été des
casses pieds. Le pire c’est que je ne regrette rien, si c’était à refaire je le ferai à nouveau.

Crédit photo: Mathias
Crédit photo: Mathias

Obligé, tous les mondoblogueurs connaissent collé la petite de Franko, la sauce de renisse …  on les a tropicalisé ou africanisé ce qui est sûr quelque chose doit avoir changé chez eux. Je pense que Simon, Manon,

Mathias, Camille… bref tous ceux qui nous ont sélectionné toutes les quatre ont dû le regretter, un peu, beaucoup ou peut-être pas. On n’est tellement pas normalement qu’on s’est créée une république dictatoriale « le bus de la joie » de laquelle on chassait les retraités « les personnes qui ne supportent pas le bruit ». A nous quatre on a fait trembler Madagascar.

 

 

Partir pour une formation pour finalement devenir une famille

 

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Des formations on apprend juste quelques nouveaux trucs et ça je le dis sans prétention aucune. Par exemple, moi j’ai appris à protéger mes comptes. J’ai également su comment remplacer le lien d’un article effacé déjà partagé par le nouveau. Ah oui, j’ai aussi appris que le naming d’une photo participait au référencement de son blog et enfin j’ai appris à mieux cadrer mes photos. En fait, j’ai appris pas mal de trucs quand même hein ! Mais bon… Bref on était parti pour ça donc passons.
A côté des cours, ce sont les rencontres les meilleures formations (avis perso). Des différents échanges, j’ai énormément appris. Des 50 jeunes venu de 16 pays différents à Tana, j’ai pu voyager. C’était jouissif pour moi d’écouter Gabriel le haïtien aka beaux yeux nous parler de la vie et de la joie dans son pays malgré les catastrophes naturelles qu’ils y’ont vécu.

 

J’adorais écouter alexandra me parler de son Cameroun natal (de la zone anglophone et francophone). Je prenais plaisir à écouter Samantha notre slameuse (internationale)  congolaise à l’accent souvent ivoirien, parfois sénégalais me parler de sa vie dakaroise. J’ai aimé partager la joie de son premier autographe également sa joie d’avoir slamé devant Mickaël Jean et François Hollande.

Manon(la boule d'energie), Crédit photo: Mathias
Manon(la boule d’energie), Crédit photo: Mathias

 

Que dire des images qui me défilait dans la tête quand Clara chant

ait la berceuse ch’ti. Combien de fois, je me suis marrée quand je voyais Christine s’égosillé à me faire correctement prononcé twitter, instagram…

 

Rinja, Guillaume, chups, André et Tanguy, notre belge préféré (oui, on l’aime plus que Stromaé), l’une des personnes les plus adorables de la formation, mon vice-président qui a réussi à casser tous les stéréotypes que j’avais sur les belges.

 

Mon meilleur ennemi Mathias, Manon la go qui à la vingtaine mais à qui on en a tous donné au moins 40. Julien, le gars ci n’est pas simple trop d’énergie dans son corps, Mariste la réservé et Camille la maman.
Ah, mais non, mais non je n’oublie pas Simon, la grosse surprise. Simon c’est le look du directeur, toujours avec sa casquette ou sans et sa clope (vrai ou fausse) serein comme jaja. Il te met très vite à l’aise. Walaye que si tu n’arrives pas à t’entendre avec Simon c’est que tu dois être interné. Le Monsieur ci est unique avec un cœur grannnnnnnnd comme ça . Mais je pense qu’il est sadomasochiste (je dis ça, je ne dis rien). Parce que je ne sais pas comment il fait pour vivre la période des départs chaque année. Vraiment il est fort !

Fatouma
Fatouma

 

 

Je me suis enfin trouvée

retrouve

 

Depuis belle lurette, je pense que j’ai été enfin moi. Je n’ai pas mis de filtre, je n’ai pas été dans la rétention de sentiments, j’ai juste vécu les choses à fond. Je n’avais pas envie d’avoir du regret.
Je me suis découverte des sentiments, une âme de poète, de protectrice, d’agaçante et de sensible. (tous ceux qui m’ont dit que je suis sans cœur aller vous faire foutre et mettre).
He oui, j’ai un cœur. Et le plus bizarre c’est que ce cœur s’est attaché à des inconnus au bout de 10 jours de cohabitation. Il fallait nous voir pleurer au moment des départs (hastag #Emotion). Je pense que la dernière fois que j’ai pleuré c’est quand j’ai échoué à mon BAC, il y’a 5 ans (ma première année oh, sinon je l’ai mon BAC D). Le plus drôle c’est que quand je vois une vidéo ou une photo de groupe de Tana, les larmes remontent toutes seules.
Zuuuuut, Mondoblog a fait de moi une fiotte.

 

 

Retour Compliqué

Photo de Mathias et d'Atome
Photo de Mathias et d’Atome

 

Depuis que je suis rentrée à Abidjan, je parle en hastag comme à Tana (hastag #Emotion, #jevaisdormir, #Stop…). Je me trompe à appeler les gens Simon, Samantha, Manon, Atome, André, Alexandra, Clara, Tanguy, Guigui et même Mathias. Bref tous les mondoblogueurs me manque.
Revoir Aminata, il y’a quelques jours n’a rien arrangé. La prendre dans mes bras m’a rappelé les câlins matinaux de George, le câlin d’aurevoir de Manon, le parfum de Sandrine…
Franchement, vous devriez penser à une cure de désintox après les mondocamp. #SuggestionsfollespourfairedurerleMondocamp
En tout cas en dehors de ma folie en devenir, Je suis heureuse des rencontres, des relations, de la famille que j’y ai eu. C’est dingue mais même mon mal de dos, de fesses et mon téléphone cassé trouvent justification quand je repense à ces 10 magnifiques jours que j’ai passé entourée de couleurs et de saveurs de 16 horizons différents.
Merci mondoblog, merci les mondoblogueurs de m’avoir permis de rentrer avec un peu de vous, merci pour mondotana et comme le dirait l’homme aux chaussettes colorés désormais renommé l’homme à la clope « ce n’est qu’un début », vous et moi on est okohi*. Je ne compte plus vous lâcher!

 

Okohi: être ensemble , être unis..


MondoTana2016 : mon périple d’Abidjan à Antananarivo

antananarivo
Ça y est, je suis à Madagascar. Depuis le temps que j’attends ce moment…. Même si ça n’a pas été simple du tout. Comme on dit à Babi, prenez votre tabouret et asseyez-vous. Je vous raconte tout.

 

Avant le voyage

 

En bonne procrastinatrice, je reporte le rangement de ma valise à la veille de mon départ. Ce jour-là, je me réveille à 7h (GMT), pour être sûre de finir à temps.

10 heures. Toujours pas de valise faite. Je décide, sur un coup de tête, d’aller faire les dernières courses du voyage. Je me rends alors au marché pour acheter des choses que j’aurais pu avoir chez le boutiquier de mon quartier.

La valise sera finalement être prête à 23h. Evidemment, je l’ai réouverte le matin du voyage pour ajouter deux escarpins et une robe. Plus de vêtements donc. Du coup, la valise a du mal à se refermer. Pas grave, je dois y aller. Le vol est dans 4 heures et je dois être à l’aéroport dans une heure. Une fois là-bas, tout se fait tranquille jusqu’à l’embarquement.

 

Abidjan–Nairobi

 

 

 

6h30 de vol. Ecrit sur un billet, ça à l’air fun, jusqu’à ce que tu te fasses entourer de deux « papys » et d’une tablette d’avion qui n’existe pas. Heureusement pour moi, il y a Warso, mon voisin de derrière, qui a bien voulu me prêter ses écouteurs pour voir un film sur mon ordinateur.

Quand on arrive à Nairobi, mon dos crie « Alléluia ». Avec Warso, on discute mieux, vu qu’il y fait aussi escale. J’apprends qu’il est Somalie, un peuple nomade qu’on retrouve en Somalie et au Soudan. Il me raconte sa vie, son histoire. On papote beaucoup. Les 5 heures d’escale passent très, très vite.

 

 

 

Nairobi-Antananarivo

 

 

C’est un peu mieux dans l’avion. Je suis près du hublot. Malheureusement, mes voisins sont certes plus jeunes que les précédents, mais ils papotent entre eux. La tablette me propose des programmes que j’ai déjà vus. La musique ne vaut pas mieux….

Je finis par discuter avec ma voisine française qui se rend elle aussi à Madagascar pour le sommet de la Francophonie. Dès qu’on atterrit, je m’empresse de descendre de l’avion. Mon dos rechante « Alléluia »… et, cette fois, mes fesses répondent « Amen » tellement elles me font mal.

 

Bienvenue à Madgascar

 

 

Je suis à Madagascar. J’ai droit à un visa de courtoisie grâce à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). A l’aéroport, je croise 3 mondoblogueurs qui ont tout aussi mal aux fesses que moi. Comme si on n’était pas assez épuisés avec nos vols respectives, les embouteillages nous font perdre plus de 3 heures en partant à l’hôtel. L’équivalent du trajet du Nairobi-Antananarivo. J’arrive à l’hôtel assommée mais heureuse de rencontrer les autres participants au camp de formation de Mondoblog.


Les telenovelas, la deuxième religion au Brésil

 

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Après le football, c’est aux telenovelas que les brésiliens vouent un culte indéfectible. La terre du roi Pélé, est l’un des grand producteur de telenovelas pour ne pas dire le plus grand.

 

Promues sous la dictature (1964-1985) dans l’optique de souder le pays, les « telenovelas » évoluent depuis leur soixante-deux ans d’existence.
Suivies de l’ensemble de la population, elles peignent une société en plein bouleversement. Ainsi trois fonctions sociales nous apparaissent comme particulièrement éclairantes : la fonction pédagogique, la fonction mémorielle et la fonction de consolidation identitaire.
La première s’adosse d’une part à l’appropriation d’un patrimoine culturel littéraire donnant lieu à nombreuses adaptations télévisuelles, d’autre part au merchandising social des telenovelas.
La deuxième fonction sociale, se manifeste notamment au travers de reconstitutions historiques et de l’insertion du réel au sein des telenovelas (par le biais d’images d’archives, de personnalités politiques, ou de faits de société) pour évoquer ou discuter de problématiques sociopolitiques brésiliennes contemporaines.
La troisième fonction sociale s’étaye sur l’imaginaire relatif à l’identité collective brésilienne, ses stéréotypes et ses problématiques raciales.

 

Elle est plus problématique car, au miroir des telenovelas la société brésilienne est majoritairement blanche. Si la visibilité des Indiens dans les telenovelas relève du pur stéréotype, celle des Noirs est plus complexe et a fait toujours débat dans la société brésilienne.

 

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Les noirs ont toujours tenu des rôles secondaires dans les telenovelas, jusqu’en 2004 où le premier rôle d’une telenovela est incarné par un Noir,ou plutôt une actrice noire, Tais Araujo dans A cor do pecado. Cependant ,cela n’a pas vrai changé grand-chose vue que dans toutes les telenovelas diffusées les acteurs noirs restent prisonniers de leur identité ethnique. Pour montrer l’importance des telenovelas dans le quotidien des brésiliens, il faut remonter au vendredi 19 octobre 2012, jour et heure du meeting de soutien du parti travailleurs par la présidente Dilma Rousseff. Pile au même moment où avait lieu le dernier épisode de la telenovela « avenida Brasil ».

 

Ce soir-là, des millions de Brésiliens assisteraient à l’affrontement final entre les deux héroïnes, Nina et Carminha, afin de savoir qui a tué Max. il était donc clair pour l’équipe de campagne de M. Fernando Haddad, qu’« il n’y aura personne ! ».

Convaincue, la présidente a repoussé le rassemblement au lendemain. Une chose est claire, seul les telenovelas arrivent à réunir et fédérer tout le brésil autant que le football.


Jagger, mon vendeur de « pain chien »

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Mercredi dernier j’étais à Cocody pour mes cours d’Anglais et j’avais une folle envie de « pain-chien » : sandwich de brochette que l’on trouve à presque tous les grands carrefours à Abidjan. Une nourriture qui doit son nom au prix bas de la viande et à la provenance douteuse de celle-ci… Mais, bref, j’en avais envie et il n’y a qu’un seul qui, selon moi, a la maîtrise de ce mets à Cocody : Jagger.

 

Tout le monde connait Jagger à Cocody. Enfin, tous les habitants de la Cité des arts et les étudiants des écoles environnantes le connaissent.
Jagger est malien, il vit en Côte d’Ivoire juste pour son commerce. Je l’ai rencontré il y a quatre ans lorsque je commençais mes cours de journalisme.

 

Avec mes copines, on allait manger dans son commerce très souvent. Surtout les fins de semaine parce que notre budget était généralement « léger » en cette période.
Avec moins de 500 Francs CFA, nous étions sûres d’être rassasiées et de régaler nos papilles. Parce que, oui, c’est peut-être du chien (on en sait rien), mais c’est bon.

Mes copines et moi apprécions également Jagger parce qu’on ne s’ennuie jamais avec lui. Il nous parle de sa vie au Mali, de ses deux femmes, de ses enfants, de ses réalisations et surtout du fait qu’il ne viendrait jamais avec l’une de ses épouses à Abidjan.
« Femme d’Abidjan est trop jolie. Je les gère, mais j’ai mes femmes au pays. Je n’ai pas l’argent pour marier femme d’Abidjan », aimait-il nous dire !
Avec Jagger, ce n’était pas que notre ventre qui était rempli entre midi et deux. Notre esprit l’était aussi, car il nous gave toujours de ses histoires et de sa bonne humeur.
Jagger a une joie contagieuse.
Retour chez Jagger
Voilà près d’un an que je n’ai pas vu Jagger. J’imaginais déjà le nombre de brochettes gratuites que j’allais lui exiger pour marquer mon retour après tout ce temps. Et, en bonne affairée, j’imaginais aussi la quantité d’histoire qu’il aurait à me raconter.
Ce mercredi donc, étant dans sa zone, je me rapprochais de la place de Jagger. Je savais déjà ce que je voulais : pain 75 Francs, brochettes 250 Francs, un œuf, de la mayonnaise, beaucoup de piment et un peu de kankankan*. Pour arrondir tout ça à 500 Francs, il me donnerait une brochette de 50 Francs à 25 Francs. Tout était déjà calé dans mon esprit.

 

J’ai très vite déchanté quand je suis arrivée devant la table de Jagger : il n’y était pas. J’ai regardé ma montre. Il était 15h20. Trop tôt pour qu’il soit absent.

Quand je pense à la distance que j’ai parcourue pour rien, ça fait mal. J’ai dû me contenter de « chips-alloco ». Un petit miracle en cette période de pénurie de banane.


Néanmoins, ce n’est que partie remise, j’ai cours d’Anglais demain. Et cette fois, je mangerai mon pain-chien.


Guimbi vivra !

 La dalle du ciné Guimbi

C’est en décembre 2015 que j’ai entendu parler du projet du Ciné Guimbi. En tant qu’amoureuse du 7ème Art, j’ai été fascinée par la générosité de ce projet. C’est donc tout naturellement que j’ai contacté les responsables pour en savoir un peu plus et faire un article.

Aujourd’hui, je décide d’en reparler pour faire l’état d’avancement du projet et surtout inciter les populations à faire parler leur cœur, car Guimbi a encore besoin de soutien.

 

Il faut sauver le ciné Guimbi

 

L’Association de Soutien du Cinéma au Burkina Faso (ASCBF) a lancé un projet de sauvetage et de réhabilitation du mythique Ciné Guimbi à Bobo-Dioulasso. L’objectif de cette association, à but non lucratif créée en 2013, est d’ouvrir un mini-plex composé de 2 salles, un café/restaurant, une salle polyvalente et des bureaux.

Bien plus qu’une salle de cinéma, il s’agit de créer un lieu de vie urbain populaire, intégré et accessible aux populations de Bobo. Un lieu d’échanges, de rencontres, de formation, d’éducation, qui pourra revêtir de multiples usages.

Ce projet « Il faut sauver le Ciné Guimbi » est important pour la ville de Bobo Dioulasso car elle est totalement dépourvue d’infrastructures culturelles de ce genre. Conçu par l’architecte Jean-Marc Lalo et construit avec des ressources, des artisans et des entrepreneurs locaux, le Ciné Guimbi sera un modèle écologique dans sa construction et dans son fonctionnement.

En plus d’une programmation cinématographique quotidienne, le Ciné Guimbi aura pour vocation d’être un lieu d’accueil, d’échange, de sensibilisation, de débat et d’action pour les populations.

 

Projet participatif

 

Le vendredi 15 janvier 2016, lorsque je publiais mon premier article sur le  Ciné Guimbi, les travaux n’étaient pas très avancés. Grâce aux différents dons et contributions, le cinéma se rapproche un peu plus de sa réouverture.

Les dons des uns et des autres a permis la réalisation des fondations, du sous-sol, du coulage de la dalle du rez-de-chaussée, des sols de la scène et du plancher de la petite salle. Il y a trois semaines la dalle du 1er étage de la petite salle a été coulée. Les travaux se poursuivent.

Le budget total du Ciné Guimbi s’élève à 2’200 000€ soit 1’444’000 000 FCFA. Il reste encore à trouver 800’000€ soit 525’000 000 FCFA ce qui correspond à 36% du budget total.

Le chantier de la petite salle du Ciné Guimbi qui a démarré le 20 juillet 2015 avance bien.Toutefois, même si les travaux de la petite salle, dont l’ouverture est prévue lors du Fespaco 2017, sont bien avancés, il reste encore pas mal de fonds à trouver. Les responsables du projet comptent sur l’aide et la participation de tous afin de réunir la somme totale et livrer l’ensemble du projet en 2017.

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Contacts et informations

 

 

Pour contribuer à la construction de ciné Guimbi, contactez l’ASCBF par téléphone au +226 78 80 69 35 ou par mail à contact@cineguimbi.org ou encore par courrier BP 415 Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Vous pourrez également suivre et voir l’évolution du projet « Il faut sauver le Ciné Guimbi » sur le site : www.cineguimbi.org.

Sur les réseaux sociaux, vous trouverez les informations de Guimbi sur :
Facebook : www.facebook.com/cine.guimbi ;
Twitter : @CineGuimbi  et  #CinéGuimbi;
Instagram : cineguimbi ;
LinkedIn : Ciné Guimbi
La newsletter juin 2016: https://eepurl.com/b4xs4f

Sur YouTube, vous pouvez également le nouveau spot du ciné Guimbi : https://youtu.be/uFNRK32_Dlk. https://youtu.be/X27nXdqCics et https://youtu.be/X27nXdqCics

« Il faut sauver le Ciné Guimbi » est un projet initié et porté par des amoureux de la culture, du cinéma et surtout de l’évolution culturelle de l’Afrique. J’insiste à nouveau sur le fait que le projet ne verra le jour que grâce à la participation de tout un chacun, aussi minime que soit-elle. N’hésitez pas et participez, car c’est grâce à vous que le « Ciné Guimbi » vivra.

 

 


Au Cinéma avec Monsieur Pockpa

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Le samedi 02 juillet, a été projeté en avant première ivoirienne le film Avant toi. C’était au cinéma Majestic du Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan.
J’ai eu la chance de remporter mon ticket d’entrée grâce à un jeu concours pour lequel j’étais le jury. Une autre amie (Sofia So Délice) qui avait un ticket en plus, l’a passé à un ami : Monsieur Pockpa (blogueur mode et lifestyle).

Lorsque j’ai proposé la place de cinéma, Pockpa a été le premier à la vouloir. J’avoue que, sur le coup, j’ai tiqué. Pourquoi ? Pockpa est à 80% malentendant. Comment pourrait-il suivre ce film ? J’étais bien curieuse de voir ça, mais j’avais également peur d’avoir à lui expliquer le déroulement du film au fur et à mesure.
C’est vrai que je l’aime beaucoup, mais il était hors de question qu’il me gâche mon plaisir (oui je trouve jouissif de voir un film).

Je suis arrivée en retard (comme toujours). Il était déjà dans la salle. Je m’installe à ses côtés. Les images se succèdent, les dialogues aussi. Mais, aucune question de sa part. OK !
On continue. Des expressions et dialogues drôles s’enchaînent ; et Pockpa rit en même temps que nous. Mais, comment fait-il ? Oui, il sait lire sur les lèvres, mais le film est en anglais (doublé en français) et pas sous-titré. Oui, il n’est pas mal en anglais, mais pas au point de comprendre tout le film.

À la fin du film, une grande partie de la salle est en larmes. Pas Pockpa. Même s’il est ému. On sort de la salle et je lui demande : « Tu as entendu ?». Il me répond : « Non ».

Surprise, j’enchaîne : « Alors, comment tu as fait ? Comment tu savais quand rire ? ». « Le jeu des acteurs était très expressif. Il me suffisait de regarder l’expression de leurs visages, – surtout celui de la fille – pour savoir l’émotion qui en découlait : tristesse, joie… Après, j’ai fait joué mon sens de la déduction ». Le plus drôle, c’est qu’il avait compris le film. Il m’avait juste demandé ce qui s’est passé à la fin, qu’il n’avait pas bien compris.

Je lui ai encore demandé : « Mais, comment tu fais avec les films ivoiriens ? Tu les comprends ? » .
« Pas tout le temps … les films ivoiriens ne sont pas aussi aboutis que certaines productions cinématographiques du continent. Donc je les regarde souvent sans trop y comprendre grand chose. Enfin, jusqu’à ce qu’on m’explique » me dit-il.

À ce moment-là, je me rends compte qu’il y’avait encore un gros effort à faire dans le cinéma de mon pays. Le problème du cinéma ivoirien ne réside pas uniquement dans le manque de financement, il est également dans la formation. Les techniciens devraient mettre de la rigueur dans leur formation autant que les acteurs. Une chose est sure : le cinéma ivoirien, j’y crois malgré tous ses défauts.

Bref, j’ai été au cinéma avec Monsieur Pockpa.


Une Bande Annonce de 3 minutes est-ce normale ?

bobine

Depuis que RTI Distribution nous a dévoilé les trailers de ses nouvelles productions, plusieurs commentaires sur la durée de ceux-ci surtout National Security sont nés.
Pour être sûre de l’information que j’ai, j’ai contacté des professionnels du métier pour confirmer ou infirmer ce que je savais.
Alors est-ce normal qu’une bande annonce(BA) fasse 3 minutes ? C’est quoi la durée normale pour une BA ? Pour faire simple c’est quoi la différence entre BA, Trailer, Teaser et Teasing?

 

 

Le Teaser ou Teasing
Le teaser est généralement court, moins d’une minute (30s à 45s), quoiqu’il n’existe pas de religion réelle.
Le teasing est une sorte d’extrait d’un programme (série,film…) diffusé sans réel montage. Il a pour objectif de dévoiler une partie du programme. Ce sont les premières images du film jamais vues ou encore jamais dévoilées.
Il est fait pour lancer le buzz. Parfois il circule alors que le tournage du film n’est pas fini. Donc c’est une accroche pour aguicher le public et l’inciter à voir la production.

 

 

La Bande Annonce ou le Trailer
La Bande Annonce est le terme français pour Trailer. La bande-annonce se compose d’une série de plans choisis dans le film annoncé.
Elle suit un fil directeur, une histoire que l’on souhaite raconter pour inciter les personnes à regarder le programme.
Ces extraits sont habituellement choisis et montés à partir des séquences les plus passionnantes, drôles, ou remarquables du film, mais sous une forme abrégée.
Une voix-off peut servir de liant et de commentaire, expliquant et résumant la production. Monter une bande annonce nécessite donc un travail d’écriture et de montage.
Le trailer contrairement au teasing peut comporter parfois des images qui ne seront en fin de compte pas dans le montage final du film car il a été conçu souvent en amont.
Concernant la durée d’une BA, il n’existe aucune règle également. Donc oui, une Bande Annonce peut faire 3 minutes, 5 minutes voir plus selon l’envie du réalisateur et la longueur de sa production.
Pour preuve, les Bandes Annonces du Millenium de David Fincher faisaient au minimum huit minutes. Même le trailer de The Amazing Spider-Man, n’affichait pas moins de 4 minutes au compteur. Tout ça pour dire qu’il n’y a pas de limite de temps par rapport à la BA.
Cependant aux Etats-Unis, après tous les excès de temps, La durée des trailles est actuellement plafonnée à 150 secondes par la Motion Picture Association of America, qui regroupe les principaux studios d’Hollywood.

 

Les normes édictées par l’Association autorisent également aux studios un seul trailer par an qui excède cette durée.
La National Association of Theater Owners (Association nationale des propriétaires de salles de cinéma), qui regroupe aussi bien les grandes chaînes que les indépendants, a proposé d’instaurer de nouvelles normes concernant la diffusion des bandes annonces de films également.
Mais pour le moment en Côte d’ivoire il n’y a aucune règle donc tout est permis.
Toutefois il est conseillé qu’une BA ne fasse pas plus de deux minutes : le temps d’attention moyen pour un teaser et surtout d’un internaute est d’une minute et demie.


ZAZIWE : Réinvente votre écoute!

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Boni Hermann ,Cofondateur du Studio Zaziwé

‘’Zaziwé’’ est une start-up née du désir de deux jeunes ivoiriens amoureux de la radio qui ont pour ambition de révolutionner le monde de l’audio en Côte d’Ivoire.

Avec leur projet mal peaufiné Zenab Zouvilla et Boni Wilfried participent au concours ‘’Jeune entrepreneur’’ organisé par le Ministre ivoirien d’Etat et de la sécurité, Hamed Bakayoko en 2014.

A 20 ans, mal préparé et dans le secret, Boni Hermann Wilfried est celui qui va défendre le projet devant le jury de circonstance et remporte le prix du meilleur jeune entrepreneur de cote d’ivoire avec à la clé 2 millions de francs CFA.

Les millions en banque les deux jeunes associés lancent leur entreprise appelée ‘’Zaziwé’’. Zaziwé qui signifie connaissant en XHOSA langue sud-africaine.

Zaziwé  est une agence de production sonore qui élabore, réalise et diffuse des solutions AUDIO pour le bien-être des populations africaines.

À travers leurs histoires sonores, ils ont la volonté de sensibiliser les populations rurales sur certaines problématiques du quotidien auxquelles elles font face, et à les amener à effectuer des changements de comportements nécessaires. Changements qui doivent être effectués  en vue d’améliorer leur bien-être.

Outre les fictions audio, la jeune entreprise propose également des services supplémentaires. A savoir des voix off, de la musique, la création d’identité sonore et de Capsules sonores (émission de courte durée).

Le succès d’un tel projet me semble tellement difficile à visualiser que j’ai été demandé à Boni Wilfried, cofondateur du projet : En quoi son projet peut impacter sur la population ?  .

Il m’a répondu : « 85% des foyers africains ont accès à un poste de radio qui fonctionne. Également accessible sur internet et via application mobile, la radio est également prisée sur ces canaux.En Juin 2013, le taux de pénétration des smartphones en Afrique est estimé à 25%. Dans les pays africains les plus développés, près de 90% des consommateurs ont accès à un téléphone mobile, et 87% possèdent une radio. La radio est le média que les populations africaines se sont le plus appropriées, du fait de son accessibilité, y compris pour les analphabètes. Alors c’est par ce moyen « accessible » à tous que nous comptons passer pour sensibiliser, informer et éduquer la population à travers nos fictions ».

Bien que ce projet semble bien grand et lourd à porter pour cette jeune équipe de huit membres ; les jeunes pachydermes de la ‘’Team Zaziwé’’ semblent prêts à s’affirmer et s’imposer. Ils ont eu l’occasion de faire leur preuve en faisant l’habillage sonore de la série humoristique « COLETTE» de Mac production.

Et d’après ce qu’ils m’ont laissé entendre, ce n’est que « le début du commencement », comme on le dit dans le jargon ivoirien.