lama


Les embouteillages et nous

Les embouteillages, un véritable calvaire pour les usagers de la route à Abidjan. Malgré de nombreuses infrastructures routières, force est de constater de nombreux bouchons sur les principales artères du district d’Abidjan. Ce qui impacte négativement l’économie du pays. D’ailleurs, les embouteillages font perdre à la Côte d’Ivoire près de 12 milliards de francs CFA, par an, selon les experts. A qui la faute ?

Pour nous rendre compte de l’ampleur du phénomène, nous avons sillonné quelques artères du district d’Abidjan. A Bingerville, carrefour Abatta, aux environs de 09H, des dizaines de véhicules roulent au ralenti.

Les agents de circulation accusent les mini cars appelés « gbakas » et les taxis communaux appelés « wôrô wôrô ».

L’autre agent de police, en tant que femme, subit des injures sexistes au quotidien dans la régulation de la circulation….

Les embouteillages sont généralement causés par les accidents, le mauvais état de la route qui ralentit la circulation, mais aussi la défaillance des feux tricolores. Pour éviter les sanctions, la société civile a décidé de monter au créneau pour prévenir les embouteillages à travers la sensibilisation des automobilistes. Toutefois, l’Office de la Sécurité Routière (OSER) insiste sur la formation des automobilistes.

Espérons qu’avec tous ces travaux entrepris par le gouvernement bientôt les embouteillages seront de lointains souvenirs pour les usagers de la route à Abidjan.

Kanaté Kassoum


Dr Alfred Dan Moussa, le manager rigoureux

Il fait partie des rares personnes qui ont tant de qualités : rigueur, ponctualité, travailleur, bosseur, affectif. Lui c’est Dr Alfred Dan Moussa, Directeur général de l’ISTC Polytechnique, depuis 2012.

Premier ivoirien docteur en journaliste, obtenu à l’université Paris-Sorbonne, il rentre au bercail pour se mettre au service de son pays la Côte d’Ivoire.

Son parcours en tant que journaliste sera marqué dans le quotidien gouvernemental Fraternité Matin, pendant une vingtaine d’années.

Ayant pris sa retraite, il est nommé en 2012, nouveau directeur de l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication (ISTC), qui devient trois ans plus tard Polytechnique de renommée internationale.

Une action à mettre à l’actif du manager, qui est connu pour son esprit d’ouverture.

Dr Alfred Dan Moussa a été président de l’Union de la Presse Francophone (UPF) en 2007. Ses collaborateurs à l’ISTC retiennent de lui, un homme rigoureux et affectueux.

La 16ème édition des Journées du Communicateur (J’com) et de la 6ème  édition du forum de renforcement des capacités du public et du privé sont prévues les 28 et 29 juin 2019 à l’ISTC Polytechnique.

Kanaté Kassoum

 

 


Football – N’Djomon Privat, la pépite ivoirienne de Thaïlande

N’Djomon Privat Valéry est un  footballeur ivoirien, né en 1991 à Agboville, évoluant depuis 2010 en 2e division du championnat thaïlandais. La saison dernière, il a inscrit 13 buts avec le club Ayutthaya FC, en tant qu’ailier droit et polyvalent. A quelques jours de l’ouverture de la saison, il s’exprime sur son ambition et surtout ses rêves avec les Éléphants de Côte d’Ivoire.

N’Djomon Privat Valéry, footballeur ivoirien, évoluant en 2è division en Thaïlande (avec son aimable autorisation)
Bonjour Privat, quelle est votre actualité en ce moment ?
C’est la reprise. Je suis en pleine préparation avec mon club, Ayutthaya FC, pour commencer le championnat de 2e division le mois prochain. Ça me fait deux saisons maintenant avec eux. Nous avons raté la montée en 1ère division l’année passée.

 

Justement quels sont vos rapports avec la direction de ce club ? Sont-ils satisfaits de vos prestations ?

La direction est très satisfaite du boulot que je fais. Le coach me donne beaucoup de responsabilité. Ce qui m’encourage à fournir beaucoup d’efforts.

N’Djomon Privat Valéry, ailier droit d’Ayutthaya FC (avec son aimable autorisation)

Pour la prochaine saison, quels sont les points sur lesquels vous comptez mettre l’accent ?

L’objectif c’est la montée en Première Division, rien  que ça !

Vous reconnaissez quand même que le football est un sport très récent en Thaïlande !

Oui effectivement c’est un sport récent ici. Mais il faut reconnaître que le championnat a un bon niveau.

Justement, comment le public accueille ce sport ?

Il aime bien le foot. Les stades font le plein à chaque rencontre !

Et pour vous africain, on imagine que l’intégration dans ce pays asiatique est parfois difficile, vu la différence de langue et de culture….

Très difficile ! La langue est franchement dure à parler. Tout est difficile. Mais nous sommes des professionnels. On est déjà préparé à ce genre de situation. Cela fait partie des préparations mentales du sportif.

N’Djomon Privat Valéry, rêve de jouer avec les Eléphants de Côte d’Ivoire (avec son aimable autorisation

Le rêve de tout footballeur est de jouer aux championnats européens. Dans quel club vous imaginez votre futur ?

Arsenal FC est mon club de rêve parce que j’aime le bon football. Je cherche toujours à quitter la Thaïlande pour l’Europe parce que le vrai football se trouve en Europe. Et je reste disponible pour tout agent qui souhaiterait collaborer avec moi.

Parlons maintenant de votre parcours en Côte d’Ivoire, notamment à Abidjan….

C’est par le biais d’une connaissance que j’ai rejoins la Thaïlande, en passant par l’Inde, car je n’ai pas obtenu un visa direct. Une fois en Inde, j’ai entamé les démarches pour le visa thaïlandais. C’est ainsi que je suis arrivé ici. Pour intégrer un club, j’ai passé un test avec d’autres ivoiriens. Dieu merci j’ai été retenu. Au début c’était très difficile, mais par la grâce de Dieu les choses ont commencé à rentrer dans l’ordre. J’ai pu m’adapter à la langue et à la nourriture. Je me suis d’ailleurs fait de nouveaux amis ! En 2010 j’ai passé 4 saisons avec Gulf Saraburi. Ensuite je suis allé à Al Seeb Club à Oman où j’ai fait une saison. Je suis revenu en Thaïlande l’année dernière avec Ayutthaya pour deux saisons.

La Fédération Ivoirienne de Football (FIF) traverse une crise à la suite des multiples échecs des Eléphants de Côte d’Ivoire sur l’échiquier international. Quelle est votre regard sur cette situation ?

Je pense qu’il faut mettre l’accent sur la formation des joueurs notamment dans les académies à l’image de l’Asec Mimosa. Il faut également faire confiance aux autres footballeurs évoluant sur d’autres continents tels que l’Asie. Je reste disponible pour apporter ma contribution au football ivoirien. C’est aussi un rêve de jouer pour mon pays ! »

Lama


[Radio] Etre femme et entreprendre en Côte d’Ivoire

L’entreuprenariat féminin est en plein essor en Côte d’Ivoire.
Pour y arriver, les jeunes femmes se battent, surtout dans un pays comme la Côte d’Ivoire où la gente féminine reste peu représentée dans le monde des affaires.
Autour d’un micro, quatre jeunes femmes ivoiriennes qui sont parties de rien racontent leurs parcours, elles ont finalement réussi à s’imposer et font aujourd’hui autorité  dans le domaine de l’entreuprenaria privé dans notre pays. Récit avec Fatims Coulibaly, Marie Joseph Koutouan, Sarah Ramatoulaye et Maria-Laureine Aboké. Bonne écoute !

Lama


Cissé Djiguiba, l’Imam qui lutte contre l’excision en Côte d’Ivoire

Cissé Djiguiba, l’une des grandes figures de l’islam en Côte d’Ivoire. Il n’est pas seulement connu dans la sphère religieuse, mais aussi pour sa lutte contre l’excision et les Mutilations Génitales Féminines (MGF).

Certains pourraient avoir du mal à comprendre qu’un religieux, surtout musulman, se batte contre l’excision, tant les préjugés à propos de la position de l’islam sur l’excision est confuse.

La prise de position de Cissé Djiguiba, ce leader religieux charismatique a surpris beaucoup de personnes et même parmi ses pairs Imams au sein du Conseil Supérieur des Imams de Côte d’Ivoire (COSIM). Grâce à sa patience et une lutte acharnée, il a fini par s’imposer à tous, et à convaincre du bien fondé de son combat.

Cissé Djiguiba sensibilise depuis des années sur les Mutilations Génitales Féminines (MGF)

Ce combat remonte aux années 2000 lorsque Cissé Djiguiba participe à une conférence internationale à Abidjan sur les conséquences de l’excision de la petite fille. Terrifiée par les méfaits des mutilations génitales féminines, le guide religieux décide de s’engager.

« Même s’il s’agit d’un tabou, il faut briser le mur pour mettre à nu ce que les gens pensent normal alors qu’en dessous il se passe beaucoup de choses, de drames parfois, de mort d’hommes. C’est de là que tout est parti », avoue-t-il.

« En vérité, l’excision n’a aucun bénéfice ni sur le plan médical, encore moins psychologique. On ne tire que souffrance et malheur. La pratique se fait sur un organe qui est sensible, fragile. Une fois coupé, le sang gicle comme un animal immolé. Ensuite, la pratique n’est pas anesthésiée. Enfin, il faut attraper les quatre membres et la tête de la petite fille pour lui couper le clitoris. Beaucoup y perdent la vie dans ces conditions », regrette Imam Cissé.

Le guide religieux sensibilise également au cours du sermon du vendredi à la Mosquée

Pour lui, l’excision a été longtemps confondue avec les pratiques religieuses.

« Des personnes prétendent que c’est religieux. Je réponds que ceux qui ont vu et ceux qui n’ont pas vu la pratique de l’excision ne sont pas pareils. Moi j’ai une somme d’expérience de cette pratique. Je me suis entretenu avec les exciseuses. J’en ai vu les conséquences à court, moyen et long terme. Et je sais également qu’il y a mort d’homme. Par conséquent, l’Islam ne peut cautionner une telle pratique qui cause des pertes en vies humaines et qui enlève à la femme une grande partie de sa féminité. L’Islam est pur, alors il ne faudrait pas souiller le nom de notre belle religion », martèle le guide religieux.

En 2001, il créé la fondation Djigui La Grande Espérance, consacrée à la prise en charge des personnes vulnérables, et notamment les filles excisées. En 16 ans d’existence, la fondation a parcouru les différentes régions de la Côte d’Ivoire. Le nord et l’ouest du pays constituent le terreau fertile des mutilations génitales. Mais grâce aux sensibilisations, les exciseuses ont pris l’engagement de ranger le couteau dans les placards et se reconvertir dans d’autres activités. « Reconversion de 5 exciseuses dans la région du Kabadougou en tant agent de sensibilisation ; en 2005, 8506 personnes (65% femmes) touchées et sensibilisées sur les pratiques traditionnelles néfastes et les MGF/Excision dans le Département d’Odienné ; en 2006, 6541 personnes (56% femmes) touchées et sensibilisées sur les MGF/Excision (MGF) dans le District d’Abidjan ; en 2006, 15682 personnes (66% femmes) sensibilisées et touchées dans les départements de Seguéla, Odienné et Danané etc. » peut-on lire dans le rapport d’activités de la Fondation située à Marcory Résidentiel, l’une des communes huppées d’Abidjan.

Imam Cissé, Dg de radio Albayane, met l’accent sur la communication pour le changement de comportement

Selon l’imam Cissé Djiguiba, le phénomène des mutilations génitales est en perte de vitesse aujourd’hui. « Il finira par mourir de sa belle mort ! »

Rappelons que la loi ivoirienne n°98/757 promulguée le 23 décembre 1998 prévoit que toute atteinte à l’intégrité des organes génitaux d’une femme, par voie de mutilation totale ou partielle, excision, désensibilisation ou tout autre pratique, si elle s’avère sanitairement néfaste, est passible d’une peine d’emprisonnement de un à cinq ans et d’une forte amende (de 360 000 à 2 millions de FCFA, soit environ de 550 à 3 060 euros). La peine est portée de cinq à vingt ans d’emprisonnement si la victime meurt des suites de son opération.

Lama


[Radio] Les médicaments en vente dans les rues en Côte d’Ivoire, attention danger !

Le phénomène de médicaments de la rue en Côte d’Ivoire, appelé encore pharmacie par terre fait perdre au secteur pharmaceutique entre 40 à 50 milliards de francs CFA dont plus de 5 milliards destinés à l’Etat. A Adjamé, le quartier Roxy abrite le plus grand marché de médicaments de rue d’Afrique de l’Ouest et représentant 30% des ventes de médicaments en Côte d’Ivoire ».

Suivons le reportage de Lama…


Présidentielle 2020, que le meilleur gagne

Guillaume Soro ne participe pas au congrès du RDR (Rassemblement des Républicains) d’Alassane Ouattara, du samedi 09 au dimanche 10 septembre 2017. Cela vient confirmer l’information qui circulait partout ; à savoir le conflit interne dans ce parti présidentiel.En effet, l’élection présidentielle de 2020 a rendu le climat sociopolitique ivoirien très tendu cette année. La grande alliance au pouvoir (RHDP) est entrain de s’effriter à mesure qu’on avance aux échéances futures. Tout commence avec l’allié Mabri Toikeusse, président de l’Udpci lors des législatives en décembre 2016. Celui-ci s’entête à présenter des candidats dans des circonscriptions où se présentent également des candidats du parti présidentiel. Les heures qui suivent, Alassane Ouattara débarque de son poste de ministre des Affaires étrangères Mabri Toikeusse.

Le Rhdp à l’épreuve de la présidentielle de 2020

Dès le premier trimestre de 2017, la Côte d’Ivoire est frappée par une série de mutinerie de soldats issus de l’ex rébellion, dirigée par Guillaume Soro, et intégrée dans l’armée régulière. Certains n’hésitent pas à pointer du doigt la responsabilité de Guillaume Soro dans ses remous au sein de la grande muette. L’affaire des caches d’armes découvertes au domicile d’un de ses proches va éloigner davantage M. Ouattara et M. Soro. Les partisans du premier estiment que le second veut déstabiliser le régime actuel. Le premier ministre actuel, Amadou Gon Coulibaly, ne va pas non plus favoriser le rapprochement entre les deux camps. S’ensuit une cascade de limogeage des proches de l’ancien Sg de la rébellion, dont Méité Sindou, Issiaka Fofana.

Pour sa part, l’autre grand allié du Rhdp, le Pdci se met en ordre de bataille pour les futures échéances. Dans une interview fleuve accordée à l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, Henri Konan Bédié annonce la candidature de son parti pour l’élection présidentielle de 2020. Une annonce qui a choqué Alassane Ouattara. Qui, pendant le discours à la Nation à la veille de la fête de l’Indépendance, répond à mots voilés à son allié ; en déclarant que tout Ivoirien pourra se présenter.

Échec des alliances politiques

Justement, depuis la disparition du premier président ivoirien Félix Houphouët Boigny en 1993, la Côte d’Ivoire est à la recherche d’une maturité démocratique. Au début, des analystes ont estimé que, pour gagner l’élection présidentielle, il fallait nouer des alliances entre partis politiques. Cependant 20 ans après l’adoption de cette stratégie politique, le bilan reste toujours mitigé. L’alliance entre le Rdr et le Fpi à travers le « Front Républicain », en 1995 s’est avéré inefficace. Aujourd’hui le Rhdp bat de l’aile. va-t-il avoir une autre alliance pour vaincre le parti présidentiel, le Rdr ? Rien n’est moins sûr.

La Cei doit être véritablement indépendante

A ce jour, les alliances politiques ont montré leurs limites avec son lot de trahison, de guerre intestine. Une alliance Pdci-Guillaume Soro serait donc moins fructueuse. Que faire dans ce cas ? Le véritable enjeu de l’élection présidentielle de 2020, c’est l’ouverture démocratique. En effet, comme l’a si bien dit le président Ouattara, chaque Ivoirien pourra se présenter.

En revanche, pour cette compétition qui s’annonce rude, il faudra un bon arbitre, à la hauteur des attentes. En l’occurrence la CEI, Commission Electorale Indépendante, dont la gestion lors des dernières élections a été fortement critiquée. En Côte d’Ivoire, cette institution est présidée par des hommes issus des formations politiques. Et à chaque fois, la CEI est dans le viseur des critiques. Ainsi pour une élection crédible, elle doit être débarrassée de tout parti politique. Et que le meilleur gagne !

Lama


La politique ivoirienne ou la « mangecratie »

La « mangecratie », un terme utilisé pour la première fois par l’artiste reggae ivoirien Tiken Jah Fakoly en 1999 dans son premier album. Elle désigne en effet le comportement des nouveaux politiciens africains dont le seul but est de conquérir le pouvoir et « manger » avec ses amis, alliés, son clan, sa famille.
Le RHDP et ses mangeurs
En un mot, c’est lorsque la politique devient un marché où chacun vient se servir au détriment de la population. La récente sortie d’un proche d’Alassane Ouattara vient corroborer cette thèse. Il s’agit de Cissé Bacongo au cours d’un meeting avec ses militants. Voici en substance ce qu’il dit : «Les gens se lèvent matin midi et soir ils parlent d’alternance en 2020. C’est-à-dire toi il faut te lever moi je vais m’asseoir. (…) On est tous les deux assis, on est assis ensemble, on mange ensemble, toi-même tu manges plus que moi, tu es devenu clair, tu es devenu rond, tu brilles, tu n’as aucune charge, on te donne seulement tu manges, tu manges, tu manges, tu n’arrives même pas à respirer correctement et pendant qu’on mange tu dis : lèves toi. Pourquoi je vais me lever ? Dis-moi pourquoi je vais me lever ? ça veut dire que tu veux manger seul ! Donc comme tu veux manger seul, ça veut dire comme moi je suis là pour le moment je vais manger seul. C’est ça non ?….. »

La pomme de discorde : 2020
En tant qu’apprenti sorcier en communication politique, l’analyse de ce discours montre la face cachée des alliances politiques en Côte d’Ivoire. Cissé Bacongo faisait référence à l’alternance au pouvoir avec l’allié du PDCI. Pour rappel, « l’appel de Daoukro » prononcé par Henri Konan Bédié, en 2014, a permis à Alassane Ouattara d’aller en roue libre à l’élection présidentielle de 2015. Cet accord stipulait l’alternance en 2020 au profit du PDCI. Mais depuis quelques temps, les deux grands partis alliés (RDR & PDCI) se mènent une guerre de tranchée marquée par des rhétoriques audacieux, comme celles de Cissé Bacongo.

L’histoire des alliances politiques en Côte d’Ivoire
Justement, comme je le disais, l’histoire des alliances politiques commencent entre le FPI, parti de Laurent Gbagbo et le RDR d’Alassane Ouattara de 1994 à 1998. Une coalition qui sera dénommée « le front républicain ». Objectif : fragiliser le parti au pouvoir d’alors, le PDCI et faire tomber Henri Konan Bédié, chef d’État à cette époque. La suite, on la connait. Bédié fait face à cette adversité et perd en fin de compte le pouvoir suite à un coup d’État. Quelques mois plus tard, le divorce est consommé entre le RDR et le FPI. La pomme de discorde : la gestion du pouvoir post Bédié où chacun veut aller en roue libre. Avec l’arrivée au pouvoir du FPI de Laurent Gbagbo, le RDR à son tour tisse alliance avec le PDCI, son ennemi d’hier. Objectif : conquérir le pouvoir d’Etat en fragilisant Laurent Gbagbo. Coup réussi en 2010. Le RDR et le PDCI parviennent au pouvoir, en évinçant le FPI. Après quelques années de co-gestion du pouvoir, revoilà les hostilités qui reprennent de plus belle. La pomme de discorde : la présidentielle de 2020.

Manque de maturité politique
A l’analyse, la politique ivoirienne ainsi que ses « politiciens » manquent de maturité. Chaque parti cherche à conquérir ou se maintenir au pouvoir, souvent au prix d’alliances contre productives. Il est vrai que les idéologies politiques, telles le communisme, le libéralisme, le socialisme, sont en perte de vitesse. N’empêche que chaque camp reste attaché à ses fondamentaux. C’est le cas en France, avec la droite, la gauche, le centre. Ou même aux Etats-Unis avec les Républicains et les Démocrates. Chez nous en Côte d’Ivoire, l’essentiel est de parvenir au pouvoir pour « manger », seul ou avec quelqu’un.
C’est sans doute qui explique le désintérêt des populations pour la chose politique. Dans l’imaginaire ivoirien, la politique rime avec mensonge, coup bas, crime, hypocrisie, trahison, méchanceté, et surtout l’égoïsme.

Revenir aux valeurs de la politique
Pourtant la politique c’est la gestion de la Cité pour le bonheur des populations. Il est vrai qu’on ne peut pas tous partager le même point de vue sur un sujet. En revanche, notre différence loin d’être source de conflit doit être une richesse à cultiver. L’intérêt de la nation nous pousse à faire des concessions et à trouver un minimum de consensus pour le bonheur des populations.
A quand une nouvelle génération de politiciens en Côte d’Ivoire ?

Lama


Hadj 2017 – des pèlerins ivoiriens bloqués à Abidjan

Quelques 295 candidats pèlerins ivoiriens ne pourront plus effectuer le Hadj cette année, pour faute de visas. Les responsables des deux agences privées, impliquées dans l’affaire, ont été arrêtées par la Police. Le Directeur général des Cultes, Messamba Bamba, rassure que les dispositions seront prises pour rembourser les frais engagés par les pèlerins. Ceux-ci, s’ils le souhaitent, seront inscrits prioritairement sur la liste du contingent étatique l’année prochaine.

Quelles sont les raisons de leur blocage à Abidjan ?

Départ des pèlerins ivoiriens pour la Mecque, depuis l’aéroport d’Abidjan

Les faits remontent au vendredi 25 août lorsqu’un groupe de pèlerins mécontents se lève pour manifester bruyamment dans la commune de Treichville. La raison : ils réclament leur départ pour le Hadj. Mais l’horizon semble de plus en plus sombre. Mécontents, ils mettent le cap sur la direction générale des cultes à Cocody afin d’obtenir gain de cause. Après renseignement, la DGC se rend compte d’une grosse magouille. « Le quota de la Côte d’Ivoire qui était de 5 600 pèlerins, a été revu à la hausse pour passer à 5 820 à notre demande ; soit 4 200 pour le contingent étatique et 1 620 pour les opérateurs privés au nombre de 14. Il est à relever que 12 de ces agences ont transporté normalement tous leurs pèlerins en Arabie Saoudite. Cependant, les agences privées dénommées Méridien Hadj & Oumra d’une part et EIMPC d’autre part, n’ont pu mettre à disposition les documents de voyage de 295 pèlerins sont 263 inscrits illégalement » a indiqué le directeur général des Cultes.

A l’intérieur de l’avion malaisien affrété par la Côte d’Ivoire

Toutefois Messamba Bamba rassure : « Les responsables des dites agences de voyage ont été interpelés par la police pour répondre de leurs actes. La Direction générale des Cultes rassure les pèlerins concernés et leurs parents que toutes les dispositions sont entrain d’être prises afin de procéder au remboursement des frais engagés par leurs soins. Par ailleurs, ces pèlerins, s’ils le souhaitent, seront inscrits prioritairement sur la liste du contingent étatique de l’édition 2018 du Hadj ».

Rappelons que tous les pèlerins du contingent étatique, au nombre de 4 200 sont déjà en Arabie saoudite où ils effectuent en ce moment les différents rites du Hadj.

Lama


Tabaski, les consommateurs dénoncent le prix du mouton

Cette année, près de 120 000 bêtes seront présentes sur le marché ivoirien. Ces bêtes sont pour la plupart en provenance du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Il existe certes des parcs à bétails à travers la ville d’Abidjan dont le plus grand se trouve dans la commune de Port Bouët. Les moutons arrivent soit par train, soit sur la route. A ce niveau, l’Etat de Côte d’Ivoire a supprimé tous les faux frais liés au transport des bêtes. Le seul contrôle existant est au niveau des frontières afin de s’assurer l’état de santé des ruminants. Cela veut dire également qu’il est mis fin aux escortes des remorques. Pour me résumer, tous les frais d’installations et de contrôle sanitaire, s’élèvent  à 180 000 F CFA.

Malgré cet effort du gouvernement, comment comprendre la cherté du mouton sur le marché ivoirien ? Voici quelques raisons que nous avons décelées.

D’abord, les multiples intermédiaires entre acheteurs et vendeurs occasionnent la hausse du prix du mouton. En effet, dans le jargon des vendeurs, on parle de tutorat. Il s’agit de commerçants étrangers qui hébergent leurs bétails sur les parcs de tuteurs. Ceux-ci ont leurs mots à dire pendant les négociations avec le client. Parfois leurs décisions sont celles qui priment, puisque les commerçants ne connaissent visiblement pas le terrain. Alors ils subissent le dictat de leurs tuteurs, en un mot.

La 2è raison qui pourrait expliquer le coût excessif du mouton, c’est l’existence des courtiers, appelés dans le jargon Cocseurs. A la place des véritables vendeurs, ils prennent la responsabilité de plusieurs bêtes qu’ils promènent aux abords des marchés juste à l’entrée. Pour les clients qui ne souhaitent pas entrer à l’intérieur, ils se bornent à négocier avec leurs premiers interlocuteurs. Et parfois, on assiste à la surenchère.

La 3è raison qu’évoquent les vendeurs, ce sont les différentes dépenses engagées pour l’entretien des moutons dans les enclos. En effet, à l’approche de la tabaski, les aliments des bêtes subissent une hausse des prix. Pour les aliments qu’on achète en période ordinaire à 500F le jour, cette somme passe au triple voire même est quadruplée.

La 4è raison que nous avons identifié également c’est que le secteur du bétail n’est pas réglementé. Chaque vendeur fixe le prix qu’il veut, et comme il veut, en fonction de la loi du marché, c’est-à-dire la loi de l’offre et de la demande. Lorsqu’il y a suffisamment de moutons sur le marché, on assiste à une baisse générale du prix. Toutefois quand il y a pénurie de bête sur le marché, les prix s’envolent. A ajouter que la Côte d’Ivoire est une économie ultra libérale. L’un des inconvénients, c’est la montée en puissance des cartels. Les vendeurs peuvent décider entre eux de fixer le prix, même s’il n’y a pas de pénurie. Les trois dernières années, nous avons assisté à cette situation au point où des vendeurs se sont retournés avec leurs moutons après la Tabaski. Tout simplement parce qu’ils ont fait de la rétention, afin de créer une situation de pénurie.

La dernière raison qui expliquerait la cherté du prix du mouton, c’est le manque d’intérêt des ivoiriens pour l’élevage du mouton. Comme on le voit, le secteur bétail et viande a le vent en poupe. C’est une activité qui nourrit son homme. Cependant les ivoiriens ne sont pas nombreux à investir dans ce domaine, pour des raisons que nous ne sommes pas en mesure d’expliquer ici.

Par ailleurs, voici quelques propositions pertinentes recueillies. En effet, il faut plus d’implication de l’Etat de Côte d’Ivoire dans la filière du bétail. En d’autres termes, il faut passer à la phase répressive pour réduire sensiblement les faux frais de transport, de parking des moutons et des frais liés à l’entretien. Ensuite, il faut la fixation d’un prix homologué des moutons, en fonction des critères qui seront rendus publics. Mieux d’autres estiment qu’il faut fixer le prix du mouton en fonction de son poids. Par exemple, un mouton de 30 kg correspond à 60 000F, 40 kg 70 0000F ; 60 kg à 150 000F etc.

Enfin l’ivoirien doit investir davantage dans ce secteur d’activité générateur de revenu, et surtout professionnaliser cette activité en attirant des investissements via les banques nationales et investisseurs de l’étranger.

Lama

 

 


Côte d’Ivoire, la guerre de succession fait rage (1)

Depuis son accession à l’indépendance le 07 Août 1960, la Côte d’Ivoire n’avait jamais connu un climat aussi tendu et plein de suspicion ses derniers temps. Et pour cause ! La succession du chef de l’Etat actuel Alassane Ouattara dont le mandat arrive à terme dès 2020. 2020, cette date fatidique est l’objet de toute convoitise, même des plus inimaginables. D’abord les faits….
L’appel de Daoukro en 2014

Au cours d’une visite d’Etat, le président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié (allié d’Alassane au sein du RHDP), lance un appel depuis Daoukro, son village natal, pour soutenir la candidature unique de M. Ouattara lors de l’échéance électorale de 2015. « L’objectif d’une telle candidature est double : assurer le succès du RHDP aux élections de 2015 et aboutir à un parti unifié dénommé PDCI-RDR pour gouverner la Côte d’Ivoire, étant entendu que ces deux partis sauront établir entre eux l’alternance au pouvoir dès 2020 », a dit Henri Konan Bédié.
Seulement voilà à l’approche de 2020, l’allié du PDCI semble faire volte-face. Alassane Ouattara fait perdurer le suspens en maintenant un silence radio sur sa succession. Pire, au cours du traditionnel discours à la Nation, lors de la célébration de la fête de l’indépendance, ADO déclarait ceci : « (…) je voudrais rappeler que nous avons eu l’élection présidentielle il y a à peine deux ans, précisément en octobre 2015.
La prochaine élection présidentielle prévue par la Constitution, est dans plus de trois ans et elle mobilise déjà beaucoup d’énergie. De tels comportements attisent les tensions au sein de l’alliance au pouvoir alors que nous devons nous concentrer sur la mise en œuvre de notre programme commun, approuvé massivement par nos compatriotes. (…)Je veux dire aux uns et aux autres que pour la prochaine élection présidentielle, tous pourront se porter candidat, selon les dispositions de notre loi fondamentale qui garantit des élections démocratiques et transparentes ».

L’appel à la Nation en 2017

De cette déclaration, deux principales analyses. Alassane Ouattara reconnait en effet un malaise profond au sein de l’alliance RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour le Développement et la Paix) qui est née en 2005 aux bords des Seines en France. Au départ, il comptait cinq partis politiques dont le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, le Rassemblement Des Républicains, l’Union Pour la Démocratie en Côte d’Ivoire, le Mouvement des Forces d’Avenir, et l’Union Pour la Côte d’Ivoire. A ce jour, l’alliance est pratiquée vidée de son contenu. Il ne reste plus que les deux grands partis (PDCI et RDR). D’ailleurs, il a toujours été ainsi. Les trois autres partis, compte tenu de leur petite taille, ont un faible poids vis-à-vis des deux autres. La suite, on la connait.
Aujourd’hui la guéguerre entre le PDCI et le RDR va dans la suite logique des choses. L’objectif de tout parti politique est de conquérir le pouvoir ou de s’y maintenir. Mais pour ce qui est d’une alliance, cela est inconcevable. D’autant plus que l’accord stipulait « étant entendu que ces deux partis sauront établir entre eux l’alternance au pouvoir dès 2020 ». D’aucuns pourraient donc évoquer la trahison de la part du RDR, après la sortie du chef de l’Etat, en ce qui concerne sa succession. Pour Alassane Ouattara, l’élection présidentielle de 2020 est ouverte à tous et à chacun. En clair le RDR n’est pas disposé à lâcher de sitôt l’exécutif ivoirien. Et pendant ce temps, Guillaume Soro, l’ex-patron de la rébellion ivoirienne, se prépare pour 2020….
A suivre

Lama


Le phénomène « Kadidja » chez les musulmans

Depuis quelques années, un phénomène appelé « Kadidja » bat son plein au cœur de la communauté musulmane ivoirienne. Il consiste pour un homme désargenté ou moins fortuné d’épouser une femme relativement aisée à l’image de Kadidja, la première épouse du prophète de l’Islam, Mahomet.

En effet, Kadidja Koubra était une richissime femme d’affaire arabe. Elle faisait le commerce dans la péninsule bien avant sa rencontre avec Mahomet. Celui-ci avant de recevoir la prophétie avait bâti sa réputation autour de son intégrité morale. De bouche à oreille, Kadidja entendit parler de Mahomet ainsi que de sa bonne moralité. Elle décida alors de l’embaucher parmi ses agents commerciaux. A travers plusieurs expériences, Kadidja s’aperçu effectivement de la qualité morale de Mahomet ; quitte à lui faire des avances pour l’épouser. Chose faite, Kadidja décida de mettre toute sa fortune à la disposition de Mahomet pour promouvoir l’Islam, qui venait à peine de naitre dans un environnement encore traditionnaliste marqué par le culte des castes. En un mot, on retient que Kadidja a été d’un soutien indéniable (financier) pour la propagande islamiste.

Mauvaise compréhension du rôle de Kadidja

Contrairement à Mahomet, les musulmans considèrent « Kadidja » comme un « fruit juteux » dont on tire le maximum de profit financier. En plus, « Kadidja » est une femme mature, la quarantaine révolue, à l’abri du besoin. Elle est divorcée, veuve ou même célibataire ; à la recherche d’un homme pieux, gentil, beau. En Afrique, les avances amoureuses venant d’une femme pour un homme sont encore mal perçues. Pour contourner ce tabou social, les nouvelles générations s’orientent vers les groupes de discussion sur internet ainsi que les réseaux sociaux. D’autres femmes préfèrent se confier aux guides religieux. Ces derniers se chargent donc de trouver des connexions. Et le mariage est contracté.

En revanche, une autre catégorie préfère se confier à des proches ou amies. De bouche à oreille, les informations sont partagées. Et on finit par trouver un candidat. Pour sa part, les candidats sont de plus en plus entreprenants. La foi ne constitue plus le seul critère d’union entre deux personnes. La situation financière de la conjointe est scrutée de très près : biens, profession, lignée, fréquentation etc.

Les plus en vogue dans ce phénomène, ce sont les hommes de Dieu : les Imams. Ils sont nombreux ceux qui possèdent une « Kadidja » parmi leurs épouses. Elles constituent en quelque sorte leur source de « financement » pour mener à bien leurs activités communautaires.

Les guides religieux abonnés au phénomène « Kadidja »

Si des personnes dénoncent cette situation, d’autres par contre tentent de comprendre les Imams dont la vie est parfois miséreuse malgré le travail abattu pour la communauté. En effet, la plupart d’entre eux travaillent de façon bénévole, sans percevoir de salaire. Mener une vie professionnelle en étant guide religieux est une équation parfois difficile, car il faut du temps. Cette exigence amène la plupart à se consacrer essentiellement à la vie communautaire. Mais que de difficulté financière. Alors épouser une « Kadidja » vient combler un vide. Et d’autant plus que l’Islam autorise la polygamie.

Si le mariage est un acte sacré, fortement recommandé dans les religions, il n’en demeure pas moins que le contenu doit être passé au crible. Se marier par amour et non par nécessité ; voilà la conduite à tenir.

Lama

 


Mon enfant, mon « café-cacao »

« Mon enfant, c’est mon café-cacao, ne le touchez pas ». Qui n’a jamais entendu cette phrase sous nos tropiques en Côte d’Ivoire ? On comprend mieux quand on connait la place du binôme café-cacao dans le pays. En effet, l’économie ivoirienne repose sur ces fèves dont l’argent entretient la plupart des ivoiriens. Cette image est utilisée par les parents pour désigner leurs enfants sur qui ils comptent pour leur retraite.

L’Afrique en général, et la Côte d’Ivoire en particulier vit sous cette pression psychologique exercée par les parents sur leurs enfants. Des enfants, voyant les conditions de vie misérables de leurs parents, sont prêts à tout pour devenir « quelqu’un ». Ainsi on assiste à toute sorte de risques et de vices pour atteindre son but entretenu depuis le bas âge par les géniteurs. L’immigration clandestine tire également son origine de ce fait. Quand on demande à un aventurier, il vous dira qu’il veut sortir sa pauvre mère de la misère. Quand on demande à la prostituée du trottoir, elle vous répondra qu’elle veut subvenir aux besoins de sa maman abandonnée par son mari. Quand on demande au jeune « brouteur » (cybercriminel), il vous dira qu’il souhaite aider sa mère à joindre les deux bouts…Voyez comment le problème est profond.

« Tout le monde sait comment faire des bébés, mais personne ne sait comment faire des papas », dixit le chanteur belge Stromae. Il dit tellement vrai…En effet, il a toujours été facile de planter le « café-cacao » puisque beaucoup de terres fertiles existent. Cependant malgré la fertilité du sol, on remarque que l’entretien de ces fèves est un véritable « casse-tête chinois » pour des parents. On croise les bras, on ne fait rien pour entretenir son champ. On fuit sa responsabilité. Et une fois à la retraite, on se met à exercer une certaine pression sur l’enfant. Celui-ci vulnérable qu’il est, ne voit d’autres issus que de braver coûte que coûte tous les obstacles pour devenir « un café-cacao » rentable. Après la pluie le beau temps, dit-on. Lorsque l’enfant réussit, c’est grâce au père. Mais lorsque c’est le contraire, c’est la faute à la mère.

Mais je vais vous raconter une histoire qui s’est déroulée en Arabie saoudite, dans la période du pèlerinage (Hadj). Un candidat au pèlerinage, sous l’anonymat, voulait se rendre à Arafat pour le Hadj (car le Hadj c’est la station de Arafat). Mais il a été empêché par un mal de ventre, qui l’a retenu à l’hôtel. Il s’endort sur ces faits et dans un songe, le vieillard voit des pratiques peu honorables que son fils a dû faire pour obtenir les moyens du voyage spirituel. Une fois de retour au bercail, il renia son fils à jamais. Mais est-ce vraiment sa faute ? Est-ce sa faute s’il entend de jour comme de nuit le rêve de son père ? Est-ce sa faute s’il est gavé à tout bout de champ par ce désir de son géniteur ? Si les maux les plus ignobles continuent jusqu’à ce jour, les parents ne sont pas à exclure des bancs des accusés.

Lama


En Côte d’Ivoire, les ex-combattants de Bouaké sont laissés pour compte

Les récents événements survenus à Bouaké, ex-capitale de la rébellion ivoirienne, entretiennent doute et espoir au sein de la population quant au sort réservé aux anciens combattants.

Bouaké sort peu à peu de sa léthargie depuis la fin de la crise en 2011. La ville qui servait de base aux « forces nouvelles » est rentrée effectivement dans la république depuis 2011, après la chute et l’arrestation de Laurent Gbagbo.

Depuis 2002, Bouaké, à elle seule, revendique près de 20 000 ex-combattants sur un total national estimé à 74 000.

Que deviennent ces anciens combattants ? Ont-ils bénéficié des programmes de l’ADDR (Autorité pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion) ? Quel est le suivi des différents projets ? Ceux-ci sont-ils adaptés aux besoins ? Y-a-t-il des risques de déstabilisation par les frustrés à l’approche des élections présidentielles d’octobre prochain ?

Les oubliés de la guerre

Vendredi 15 mai 2015. 10 h passées de 35 minutes. Sur un taxi-moto (principal moyen de transport à Bouaké), nous allons à la rencontre de Ouedraogo Souleymane, président des blessés de guerre de Bouaké. Il habite dans un bidonville appelé Gbêtou dans le quartier Kôkô. Âgé de 36 ans, M. Ouédrago est père d’un enfant. Son épouse est décédée lors de la crise de 2002. C’est avec douleur qu’il jette un regard sur ce passé noir.

Avant 2002, Ouedraogo Souleymane vivait du commerce entre Bouaké et Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pays frontalier à la Côte d’Ivoire. Selon lui, c’est l’injustice que subissaient ses parents qui l’a poussé à prendre les armes. Car tous ceux qui avaient des noms à consonance nordique ou sous-régionale comme lui, était immédiatement mis dans le panier des étrangers. Alors que, poursuit-il, son père s’est installé en 1646 avant les indépendances. Ce qui fait de lui inéluctablement un ivoirien comme tout autre.

Après son enrôlement dans la rébellion, il est pris en embuscade par un obus entre Ferké et Katiola, où il prend 7 balles dans le corps. Il reçoit les soins d’urgence. Sa vie est hors de danger, mais il va y laisser son pied gauche. Il marche aujourd’hui à l’aide d’une canne, et des cicatrices sont visibles sur sa lèvre supérieure. Il est pris en charge par l’Autorité pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion dans la région du Gbêkê. Il a bénéficié de la somme de 800 mille Francs Cfa, reconnaît-il.

Toutefois, cette somme, pour lui, n’est pas suffisante, car ayant servi au frais de soins. Son temps, il l’occupe également à redonner de l’espoir à plus de 86 blessés de guerre à Bouaké. Selon lui, tous se sentent abandonner par le pouvoir pour qui ils ont combattu. Leurs doléances, c’est d’être prise en charge au plan médical et de bénéficier du statut de caporal afin d’avoir des indemnités liées audit poste. En revanche, il ne cache pas son soutien infaillible et indéfectible au chef de l’Etat Alassane Ouattara, à qui il place sa confiance pour une prise en compte de leur aspiration.

« Commandant Chocho », de la rébellion à la création d’agence de sécurité

Si Ouédraogo Souleymane est sur le carreau, ce n’est pas le cas pour Bassori Barro, ex-combattant. Mais aujourd’hui patron d’une agence de sécurité à Bouaké depuis 2013. Son agence encadre 82 salariés, payés par semaine. La plupart sont des ex-combattants comme lui.

Quartier Gonfreville. Il est presque 10h. Nous sommes au siège de SBB Sécurité. Un bâtiment peint en jaune avec une légère moisissure. La cour de l’entreprise est transformée en un véritable camp d’entraînement militaire. Notre entrée coïncide avec l’exercice d’un stagiaire, Béréma Amadou. Il s’apprête à effectuer le parcours du combattant. Dans le jargon militaire, cela consiste à se frotter aux réalités du terrain par des exercices pratiques. Après le sport, il faut grimper à la corde de 100 mètres. Ensuite, ramper à travers la barrique et le grillage, pour terminer par des épreuves de musculature.

Toutes ces manœuvres militaires ont pour objectif de mieux outiller l’agent de sécurité en cas d’intervention, nous fait savoir Bassori Barro, appelé communément « commandant Chocho ». Ce surnom lui a été donné à cause de son tempérament énergique dans l’accomplissement d’une tâche. C’est un homme assez corpulent, âgé de 54 ans, et père de 9 enfants. Avant la rébellion, il était chef maçon. Sa fougue plaidait en sa faveur. Du coup il était adulé par les clients.

Enrolé pendant la crise de 2002, Bassori Barro va gravir les échelons jusqu’à occuper le poste de responsable de la sécurité du commandant Ousmane Chérif, un chef de guerre. Après une dizaine d’années, leur collaboration va prendre fin. Chérif Ousmane s’installe à Abidjan quand « Chocho » décide de rester à Bouaké, pour n’avoir pas été enrôlé dans l’armée. Depuis 2013, sa société existe de façon légale grâce à l’aide du commandant de la gendarmerie de Bouaké.

Celui-ci voyant sa bonne connaissance de l’environnement, n’hésite pas à lui confier les missions dont les forces légales sont incapables de résoudre. Son entreprise se porte bien. Il est sollicité aussi bien par les sociétés publiques et privées pour assurer la sécurité des biens et des personnes. Ex-combattant lui-même, il n’a pas oublié ses pairs. Soro Niyoli, chef de patrouille à Sbb sécurité, 36 ans et père de 4 enfants en fait partie. Il a combattu auprès de “Chocho” lors de la crise post-électorale de 2011. Malheureusement, il n’a pas pu intégrer l’armée. Pour éviter l’oisiveté, il se retourne auprès de son ancien chef, qui est Bassori Barro. Celui-ci n’hésite pas à lui donner sa chance. Aujourd’hui il estime gagner honorablement sa vie grâce à Sbb sécurité.

La situation des anciens combattants est mitigée dans l’ex-quartier général des rebelles. Même si le bruit des armes ne se fait plus attendre dans les rues de Bouaké, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur l’état des lieux des armes récupérées dans le cadre du DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion).

L’ADCI, la gardienne des armes des ex-combattants

De l’agence Sbb Sécurité, nous mettons le cap sur le siège social de l’Association des Démobilisés de Côte d’Ivoire (ADCI), situé dans le quartier N’gattakro. C’est une chaussée complètement délabrée qui nous ouvre les bras. A l’intérieur, une maison presque abandonnée dont les séquelles des balles de la période de crise restent visibles comme le soleil de midi. Dans les bureaux, pas de courant ni d’eau potable. C’est dans cette ambiance de chaleur épouvantable que nous prenons place dans le bureau du président de ladite association, Kaba Mory, qui encadre depuis 2007, les ex-combattants. Sans transition aucune, il s’ouvre à nous pour parler de long en large de cette organisation qui vient, selon lui, épauler l’ADDR dans sa mission.

Ainsi, au cours de la période de 6 mois que dure leur contrat avec l’Etat, l’ADCI a pu retirer plus de 80 armes dans les familles d’ex-combattants. Un objectif presque atteint, à l’en croire, car le contrat stipule l’enrôlement de 90 anciens combattants sur une période de 6 mois. Pour Kaba Mory, contrairement à Ouedraogo Souleymane, l’ADDR de Bouaké, a mis en place tous les dispositifs pour permettre une meilleure prise en charge des ex-combattants. Par ailleurs, il invite ceux qui n’ont pas encore déposé les armes, à se bousculer à leur porte afin de bénéficier des mesures d’accompagnement. Aussi, poursuit-il, parce que la détention illégale d’une arme est un danger pour la personne ainsi que pour les membres de sa famille.

Tout comme Ouédraogo Souleymane, M. Kaba appelle le gouvernement à poursuivre les efforts en faveur des ex-combattants qui se sont engagés à soutenir le pouvoir pour un climat de sécurité apaisé, tant à Bouaké qu’à travers tout le pays, et surtout à l’approche du scrutin d’octobre.

L’ADDR Bouaké, bilan mi-figue mi-raisin

Notre investigation va se poursuivre au bureau régional de l’ADDR (Autorité pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion) Bouaké, situé dans le quartier huppé de Kennedy. C’est le directeur adjoint de la structure locale, Sékou Traoré dit « Leguen », qui nous reçoit à son bureau. Il nous informe que son institution a mis en place 5 programmes de réinsertion pour les 15 000 ex-combattants déjà enrôlés dans la région du Gbêkê, à savoir l’énergie solaire, les Bâtiments et Travaux Publics (BTP), l’agro-pastorale, le transport de moto-tricycle, le commerce dont la vente des pièces détachées. Ces formations totalement prises en charge par l’Addr, sont sanctionnées par la délivrance d’un Certificat d’Aptitude Professionnel (CAP) ainsi que la remise de la somme de 800 mille F Cfa. Cette somme, poursuit-il, est plus élevée que celle réclamée par les ex-combattants au cours de l’Accord Politique de Ouagadougou (APO) en 2007 ; qui était estimée à 500 mille F Cfa. En plus, des cabinets sont chargés de suivre la mise en œuvre effective des projets de réinsertion. Toutefois, Traoré Leguen estime que nombreux sont ceux qui ne tiennent pas compte de l’environnement économique de la ville avant d’installer leur commerce. Par ailleurs, il a fait des précisions quant aux mutilés de guerre qui ne sont pas pris en compte par le processus DDR mais plutôt par le ministère de la Solidarité.

Depuis le 30 juin 2015, l’ADDR a achevé sa mission. En revanche, les soulèvements des ex-combattants à Bouaké posent encore des questions sur la réussite de cette opération.

(J’ai écrit cet article il y a deux ans. Cependant il demeure encore d’actualité d’où sa republication).


Diaby Almamy, le « papa des microbes »

Yopougon. Wassakara. Un des sous-quartiers les plus pauvres de la commune la plus vaste d’Abidjan. Dans cette bourgade comme dans tout autre, le constat semble le même : l’anarchie règne en maître. Par-ci des badauds, torses nues, jouent à même le sol, sans se soucier de leur santé. Par-là, des jeunes gens assis autour du thé, parlant à bâtons rompus. Parfois des éclats de rire surgissent au cœur du « grin ». C’est dans ce climat que nous arrivons au siège de l’Ong Nouvelle Vision contre la Pauvreté (NVCP) situé à Wassakara.

Au fait, cette situation géographique n’est pas le fruit du hasard. En effet, Wassakara fait partie des bastions des enfants appelés « microbes ». Ces « microbes » pourchassés de toute part depuis un certain temps, ont retrouvé refuge dans ce quartier. Mais à beau chasser le naturel il revient au galop. Ces jeunes n’ont pas réussi à s’adapter au quartier que l’artiste rappeur ivoirien Billy Billy chante avec humour ; où la pauvreté est la chose la mieux partagée,…et le vice aussi.

Cet espace autrefois paisible, s’est transformé peu à peu en un nid de violences avec la naissance de fumoirs. Car le phénomène des enfants microbes est inéluctablement lié au trafic de drogues. Puisque l’oisiveté est la mère de tous les maux. Par ailleurs, il faut reconnaître la cause liée à la crise post électorale où ces jeunes gens servaient d’indic aux groupes armés opposés les uns aux autres. Une fois la crise terminée, ces adolescents pour la plupart se sont retrouvés abandonnés, sans issue. C’est ainsi que la violence est devenue un moyen pour eux de s’exprimer, et surtout d’avoir leur part du « gâteau ».

Revenons à notre sujet, l’Ong Nouvelle Vision contre la Pauvreté. Elle est forte d’une dizaine de personnes sous la coupole de Diaby Almamy, imam adjoint de la mosquée de l’AEEMCI (Association des Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d’Ivoire) dans la commune du Plateau.

Diaby Almamy, « papa microbe »

S’il y a une personne qui connait bien ces jeunes appelés « microbes » pour leurs actions néfastes, c’est bel et bien Diaby Almamy. C’est un homme barbu, fidèle à ses lunettes qu’il ne quitte jamais…sauf pour dormir, bien sûr ! Le siège de l’Ong est de deux pièces. A l’entrée une secrétaire nous accueille. Tout juste derrière la secrétaire, un tableau qui relate en images les différentes activités menées depuis son existence en 2009. C’est vrai que l’association a plusieurs champs d’action. Mais son combat pour la réinsertion des « microbes » remonte à 2012. Nous sommes à un an de la crise post électorale. Pendant que les populations sont sous le choc de la guerre, voici un autre phénomène qui va couper le sommeil à plus d’un dans les communes populaires : la montée en puissance des attaques à l’arme blanche pour les uns, ou à la machette pour les autres. Les femmes qui étaient matinales auparavant, n’arrivent plus à obéir à ce rituel à cause de ces adolescents qui les dépouillent de toute leur bourse. C’est ainsi que Diaby Almamy prend son bâton de pèlerin pour répondre aux cris de souffrance de la population surtout celle de son quartier natal : Wassakara. Quartier qui l’a vu naître.

Cela fait plus de 03 ans que le phénomène perdure. Même après un moment d’accalmie grâce notamment aux campagnes de sensibilisation menées de main de maître par l’Ong Nouvelle Vision contre la Pauvreté. Qui a pu encadrer près de 200 enfants. Certains sont arrivés à sortir de cette ornière, et d’ailleurs d’autres ont été pris en charge par le centre de réinsertion des mineurs situé à Dabou. L’imam refuse le terme de « microbes », car selon lui, cela vient en rajouter à leurs maux, surtout que cette « étiquette » n’encourage pas au repentir.

Ainsi l’objectif de l’Ong peut être jugé positif en ce qui concerne la prise en charge des « microbes ». C’est du moins ce que l’on puisse dire. Mais la nature a horreur du vide. Il entend donc poursuivre des actions pour « tuer dans l’œuf ». Et depuis lors, des activités mensuelles et annuelles meublent la vie des jeunes du quartier wassakara.

Quel avenir pour la jeunesse ?

Du chemin a été parcouru. Notamment l’organisation en juillet 2013 avec le concours de l’ONUCI du séminaire de sensibilisation des populations et forces de sécurité sur l’effet dévastateur des enfants « microbes ». Plusieurs jeunes issus des communes d’Abobo, Adjamé, Attécoubé ont reçu des bons de permis de conduire. Objectif : freiner l’évolution de ce fléau et installer un climat de tranquillité dans les quartiers, par l’insertion de ces enfants ainsi que les ex-combattants, à travers le financement de projets emploi-jeune et mener des campagnes de sensibilisation dans les lieux de cultes.

Mais il reste beaucoup à faire, à en croire l’imam Diaby Almamy. Pour qui, il faut des actions conjuguées pour lutter contre le chômage, le désœuvrement de la jeunesse. Même s’il reconnait que l’Etat de Côte d’Ivoire mène depuis quelques temps une chasse aux microbes, le guide religieux estime que cela n’est pas la panacée. C’est pourquoi, il propose surtout l’expertise des leaders religieux, qui au lieu de rester percher sur le minbar, doivent « descendre dans la rue pour impacter véritablement la population ». Car « le plus souvent leurs sermons sont en déphasage avec la réalité présente, surtout les maux qui minent la société », martèle-t-il.

Lama


Le « real politik » à l’ivoirienne

Depuis près de 20 ans, après l’avènement du multipartisme en Côte d’Ivoire, un phénomène a pris de l’ampleur, au grand dam de la communauté internationale : « la montée du tribalisme ». En effet, la Côte d’Ivoire est un pays comptant plus d’une soixantaine d’ethnies. Le multipartisme certes a beaucoup d’avantages tel que la liberté d’expression.

Mais ici en lieu et place, c’est l’expression de chaque ethnie de vouloir briguer la magistrature suprême. Le baoulé a gouverné le pays pendant 30 ans, depuis les indépendances. Il est temps qu’un autre peuple fasse ses preuves, dit-on. Ainsi après des dissensions mineures, c’est un bon prétexte pour créer sa formation politique teintée d’ethnicisme. Les trois grands partis du pays représentent cette forte division sociale : le PDCI, Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, est à forte dominance baoulé, ethnie au centre du pays. Le RDR, Rassemblement des Républicains, a son bastion au nord où on retrouve le peuple dioula. Le sud est dominé par le FPI, Front Populaire Ivoirien, dominé par les krous. Selon des analystes, les crises ivoiriennes sont la faute de ces trois partis politiques, qui n’ont pas su garder l’intérêt supérieur de la nation ivoirienne. La crise post électorale de 2011 a été le plus illustratif de cette guéguerre. Certaines personnes ont été tuées tout simplement à cause de leur patronyme, qu’on croyait à tord ou à raison de soutenir un adversaire politique. Au plus fort de la crise, un dioula ou un baoulé pouvait se balader dans les rues d’Abobo sans être inquiété par une mouche. Mais être un bété suffisait pour être égorgé. A Yopougon, il suffisait d’avoir un patronyme à résonance nordiste ou centriste pour être brûlé vif sous le regard des populations.

Vingt ans après le multipartisme ou le début du tribalisme, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Nous sommes en 2005. Des partis politiques décident de faire une alliance pour les futures échéances électorales. Le RHDP ( Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix) fort du PDCI, du RDR, de l’UDPCI et du MFA. Ce groupement politique va finir par remporter les élections de 2010. Confirmant ceci : aucun parti, seul, ne peut remporter une élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Le FPI l’a appris à ses dépends.

Si aucun parti ne peut remporter la magistrature suprême, est-ce à dire qu’il faut un retour au parti unique ? Ne serait-ce pas un recul à la démocratie après une lutte farouche pour le multipartisme ?

Lama


Allaitement maternel exclusif, un remède contre la malnutrition enfantile

En Côte d’Ivoire, un enfant sur trois souffre de la malnutrition chronique, selon l’Unicef. Et un enfant sur 10 naît en dessous du poids normal. L’une des raisons principales de cette situation, est le sevrage prématuré de l’enfant dès le bas âge. En revanche, les initiatives se multiplient pour encourager les femmes à l’allaitement maternel exclusif pour la bonne croissance de l’enfant. C’est le cas de l’Ong MIBEF, Mouvement Ivoirien pour le Bien-Etre Familial, situé dans la commune d’Abobo, précisément à Avocatier.

Jeudi 10 décembre 2015. Aux environs de 10H, nous arrivons au siège du MIBEF, situé en plein cœur d’Avocatier, un des grands quartiers précaires de la commune d’Abobo. C’est dans une ambiance bon enfant que nous sommes accueillis. Membres du MIBEF, femmes enceintes, mères porteuses et chefs coutumiers du quartier, personne ne voulait se faire conter l’événement du jour. La joie, en tout cas, se lisait à travers les visages. Après les cérémonies de bienvenue, sans transition, la présidente du MIBEF, Mme Bah Madeleine procède à une démonstration des conseils prodigués aux femmes enceintes et mères porteuses. Les démos portent essentiellement sur l’allaitement maternel exclusif de l’enfant pendant les 6 premiers mois après l’accouchement. Les bonnes pratiques à adopter au cours de la grossesse, dont les quatre (04) consultations prénatales. Les compléments d’aliments à donner à l’enfant après 6 mois d’allaitement etc. Des conseils qui sont bien perçus par les femmes concernées. Celles-ci ont, sur-le-champ, procédé à une mise en scène pour une meilleure assimilation des enseignements.

Comment les femmes sont-elles sensibilisées ?

L’approche communautaire est celle adoptée par le MIBEF. Cela consiste en des visites inopinées dans des foyers, des maisons identifiées afin d’apporter le message de l’allaitement maternel et surtout les bienfaits que cela procure non seulement à l’enfant et aux deux parents. Comme en témoignent des dames. Boman Félicité est une jeune mère. « ma fille, Anne Oulotto a aujourd’hui 02 ans. Avant sa naissance, Mme Bah m’a prodigué des conseils sur les bienfaits de l’allaitement maternel. Depuis que je suis ses conseils, ma fille n’est jamais tombée malade ». Une autre dame, Coulibaly Awa, abonde dans le même sens : « mon fils, Koné Cheick Oumar a 1 an et 6 mois. Pendant l’accouchement, la sage-femme m’a dit de lui donner uniquement que le sein jusqu’à l’âge de 6 mois. Effectivement quand j’ai suivi ses conseils, l’enfant n’est jamais tombé malade. C’est pourquoi j’exhorte toutes les femmes à donner le sein à leur enfant pour éviter la malnutrition », conseille-t-elle.

Comme on le constate, des femmes d’Avocatier semblent sensibles aux messages du MIBEF. Cependant ce n’est toujours pas évident que les mères se soumettent aux recommandations, avoue Mme Bah. C’est pourquoi elle associe les hommes, et surtout les têtes couronnées du quartier pour un fort impact. « Il faut toujours s’adresser aux chefs communautaires, car ceux-ci sont mieux écoutés, leurs voix portent. Une fois impliqués, ils peuvent nous aider à atteindre notre but », argumente-t-elle. En témoigne la présence de Nanan Aka, chef central des communautés Agni d’Abobo. Pour lui, chacun a sa place dans la sensibilisation sur les bienfaits du lait maternel exclusif. « Tous les chefs doivent informer leurs communautés à donner le lait maternel aux enfants. Car ce lait est instructif, il soigne et rend intelligent l’enfant », exhorte-t-il, non sans oublier de saluer l’engagement du MIBEF, et surtout de Mme Bah. Justement qui est cette dame ? D’où vient l’idée de créer une Ong pour le bien-être familial ?

Bah Madeleine, « la maman gentille »

Aka Madeleine, à l’état civil, est commerçante au marché d’Avocatier. Son engagement pour la femme remonte à 2003, pendant l’hospitalisation de sa mère. A la vue d’une dame à terme, elle s’empressa de l’aider à accoucher à même le sol, sans soutien de sage-femme occupée à autre chose. Depuis lors, elle s’est fait la promesse de se battre pour une meilleure condition de vie des femmes et des enfants.

12 ans après, ses efforts sont reconnus au plus haut niveau. Le 04 juin 2015, le ministère de la Santé et de la Lutte contre le VIH/SIDA lui décerne un certificat d’encouragement à Grand-Bassam. Bien avant cela, le 28 mai 2015, elle reçoit le prix Hellen Keller International pour ses actions communautaires pour l’allaitement. Aujourd’hui, elle se dit déterminer plus que jamais à poursuivre cette œuvre avec une vingtaine de membres actives, travaillant toutes dans le bénévolat. Toutefois, le manque de matériels informatiques et de moyen de déplacement constitue la principale difficulté. C’est pourquoi elle appelle à toute bonne volonté à doter l’Ong MIBEF d’ordinateurs, d’imprimantes et de véhicules pour mener à bien leurs activités auprès des communautés.

Lama