Osman

4 heures de coupure d’électricité à New York, une éternité

Coupure d'électricité à New-York © Osman
Coupure d’électricité à New York © Osman

New York, dimanche 21 juillet 2019. Une semaine après les incidents de Manhattan, certains quartiers de Brooklyn, dont Canarsie en particulier, ont connu une situation pour le moins inhabituelle. Des foyers ont dû passer environ 4 heures sans électricité. Et pour beaucoup d’usagers, c’était une éternité.

Entre 19h et 23h, plus de 50 000 clients de Con Edison, structure qui s’occupe de la gestion et la distribution d’électricité à New York, ont été touchés par une coupure de courant. Une déconvenue qui n’a pas manqué d’agacer beaucoup de résidents de Brooklyn, très acides dans leurs commentaires, notamment sur les réseaux sociaux.

Entre les irrégularités dans le trafic, le ralentissement du transport en commun, la fermeture prématurée des magasins et supermarchés, cette situation a touché presque toutes les activités des zones affectées. Entretemps, dans certains quartiers peu habitués à de pareil manque d’approvisionnement, cela a été vécu comme un événement insolite.

Dans mon voisinage immédiat par exemple, cette coupure temporaire d’électricité a pris l’allure d’une veillée de nuit. Car pour se défendre contre la chaleur, boostée par une température qui tourne autour des 35 degrés, bon nombre de gens préfèrent se réfugier sous les galeries de leurs appartements. Le temps de s’offrir une bouffée d’air frais contre la canicule, qui calcine les chambres à coucher.

Au fil des minutes, l’impatience commence à gagner certains individus de mon environnement. Surtout que les batteries des téléphones commencent à être épuisées. Qui plus est, des informations font croire que certaines zones ne verront de l’électricité qu’aux premières heures du lundi 22 juillet. Il est mieux de vous épargner des coups de sang de certains voisins qui ne s’imaginent pas passer une nuit sans leur climatiseur et frigo connectés.

Il est déjà 22h30, les ampoules électriques sont toujours éteintes. De ma galerie, je peux observer combien il est affreux et dangereux de circuler dans le noir à New York, notamment à Brooklyn, où certains coins n’ont pas une réputation de sainteté. À cet effet, beaucoup de messages de prudence ont été lancés sur Twitter par des internautes.

Ce n’est qu’à 23h, dans la foulée des discussions entre voisins à bout d’attente plus cocasses les unes que les autres, que le courant électrique a finalement été rétabli dans mon quartier. Je ne vous le cache pas, c’est avec des grands cris que le retour de la précieuse énergie a été accueilli.

Et voilà comment, après environ 4h d’attente dans le noir, tout le monde est rentré dans sa chambre, non sans quelques flèches à l’encontre des employés de Con Edison qui, selon des témoignages, ont été un peu lents dans leurs boulots. En tout cas, tout est rentré dans l’ordre… en attendant le nouvel épisode. Car les coupures d’électricité commencent à devenir courantes.


Trois activités très courantes dans le métro à New York

Dans les métros à New-York
Dans le métro à New York / © Osman

Avec ses 9 millions d’âmes et ses dizaines de millions de visiteurs par an, New York est l’une des plus grandes mégalopoles des États-Unis d’Amérique. On parle même de la capitale du monde. Pour se déplacer d’une zone à l’autre, au-delà bien évidemment de l’usage des voitures privées, les transports en commun sont très utilisés dans la Big Apple. Entre les trains, les autobus et le métro, le passager a donc le choix, suivant sa destination, son urgence ou sa préférence.

À l’instar de la ville elle-même, à New York les trains et les autobus fonctionnent 7/7 et 24/24. Ces moyens de déplacement sont très prisés par les résidents de New York et ceux qui y sont de passage. Au point qu’on peut même se demander quelle est l’utilité d’avoir son propre véhicule à New York.

En effet, comme un habitué, dans un prochain billet, je vous parlerai des avantages des transports en communs à New York, mais pour aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur trois activités devenues de plus en plus courantes dans les métros new-yorkais.

1- Dormir

Ce n’est pas grâce à ce billet que vous allez l’apprendre, New York est une ville qui ne dort pas.  Et cette insomnie touche évidemment les gens qui y habitent. Entre le boulot ou les boulots et autres occupations personnelles comme les études, je connais des gens qui n’ont jamais suffisamment de temps pour se reposer, voire avoir un cycle de sommeil plus ou moins régulier. Ainsi, emportés par la fatigue, peu importe l’heure de la journée ou de la nuit, de retour au travail ou d’ailleurs, une fois assis dans le train, certains passagers ne font que profiter pour s’offrir un petit instant de sommeil. Cependant, peu importe la profondeur du sommeil, ne vous inquiétez pas, ils savent quand se réveiller pour ne pas manquer leur arrêt de descente. Une seconde nature.

2- Lire

Dans le métro à New York / Osman

D’un point à un autre, certains trajets peuvent prendre une heure, et même plus. Pour ne pas ennuyer du temps à passer assis, beaucoup de passagers s’accrochent à leurs bouquins, ou dévorent les pages des journaux, souvent distribués gratuitement dans les stations de métro.

Ce qui m’intrigue dans tout ça, c’est la faculté de concentration de ces gens. L’environnement parfois bouillant du métro ne les déragent pas dans leur lecture, qui exige parfois une certaine tranquillité.

3- Demander l’aumône

Vivre dans le pays le plus riche au monde n’est pas souvent une garantie économique. Oui, même ici aux États-Unis d’Amérique, à New York, en particulier il y des pauvres, des SDF et surtout des mendiants, dont la survie dépend du bon cœur des autres. À Brooklyn, à Manhattan, ils sont presque partout dans les rues de la Grosse Pomme.

Si certains mendiants s’installent dans des endroits fixes, d’autres préfèrent arpenter les métros, guettant la sensibilité des passagers. Si parfois, grâce à la générosité de bons samaritains, la recette est assurée, plus souvent les mendiants repartent bredouille. Mais sans perdre évidemment leur sourire et leur gentillesse ; ce qui fait d’ailleurs tout le charme de la chose.

Et ce n’est pas tout. D’un jour à un autre, d’une saison de l’année à une autre, il y a plein d’autres trucs qui peuvent capter votre attention lors d’un trajet dans les métros de New York. Mais attendant votre propre expérience,  si vous ne l’avez pas encore faite, je tenais à partager avec vous ce billet qui servira de prétexte à piquer votre curiosité lors de votre prochain passage dans la Big Apple.

Osman Jérôme


Mémorial du 11 septembre : lieu de recueillement à New-York

Les noms des disparus des attentats du 11 septembre 2001 à New-York écrits sur du bronze. © Osman
Les noms des disparus des attentats du 11 septembre 2001 à New-York écrits sur du bronze. © Osman

L’affluence des salles d’embarquement de l’aéroport JFK, les gratte-ciel de Manhattan, les boites de nuit de Long Island, les embouteillages de Times Square, la verdure du Central Park, l’histoire de la Statue de la Liberté… Depuis bientôt vingt ans, non sans de grandes amertumes, New-York c’est aussi le 11 septembre 2001, date tristement célèbre dans les annales historiques des Américains et celles du monde entier.

Presque dix-huit ans après les attentats du 11 septembre 2001, les lugubres images de l’effondrement des Tours Jumelles de World Trade Center, hantent encore la mémoire des survivants, ou de tous ceux qui ont perdu un proche dans cette sanglante tragédie. Un événement qui a marqué et changé à jamais la vie à New-York, surtout sur le plan sécuritaire.

Les attentats du 11 septembre marqueront à jamais l’histoire récente du monde. L’Amérique prendra du temps à cicatriser les plaies causées par ces attaques meurtrières, qui ont coûté la vie à environ 3000 âmes et fait plusieurs milliers de blessés. Un lourd bilan, dont le poids émotionnel se ressent encore sur le dos de la Big Apple, fréquentée plus que jamais par les touristes du monde entier.

Peu importe les efforts consentis, ce n’est pas toujours facile de se remettre de telles tragédies. Surtout quand la peur psychologique, engendrée par les événements n’aura pas totalement disparu. Dans de telles situations, ce n’est pas la construction du Mémorial du 11 septembre, érigé sur les lieux des attentats, qui apaisera la souffrance collective des gens, touchés de près ou de loin par ces tristes attaques terroristes.

Poussé par une subite motivation, après plusieurs planifications annulées, un matin d’hiver, bravant le froid d’une température de -10 degrés Celsius, j’ai été finalement voir le Mémorial du 11 septembre, construit en mémoire des victimes des attaques sanglantes de 2001. Entre observations, conversations et témoignages, retour sur une expérience émouvante, et riche en émotions.

Officiellement ouvert au grand public depuis le 11 septembre 2011, soit exactement une décennie après ce drame, le Mémorial du 11 septembre devient entre-temps une destination très prisée à New-York, à Manhattan pour être plus précis. Chaque jour, des centaines de visiteurs, dont des proches des victimes, y viennent en mémoire des disparus.

Ce mercredi, il était presque déjà dix heures quand je suis arrivé sur les lieux. La sobriété du décor saute rapidement aux yeux de l’observateur. Une pierre tombale par-ci, une gerbe de fleurs par-là. Ce matin-là, et comme presque toujours selon certains témoignages recueillis sur place, le Mémorial du 11 septembre épouse l’allure d’un lieu de recueillement, où des tristes souvenirs s’entrechoquent encore dans la mémoire des New-Yorkais.

La place ouverte à 7h30 était déjà bondée de visiteurs, formés d’adultes, de jeunes et aussi de moins jeunes, tous protégés de gros manteaux contre le froid, de plus en plus insupportable. Au fil des minutes, la foule devient de plus en plus nombreuse. Cependant, ici, en vertu de la solennité du milieu, les gens se montrent peu bavards. D’ailleurs, même sans un mot, mais sur le regard de chaque personne croisée, les émotions sont palpables.

Des va-et-vient, des échanges, et même des prises de photos, tout se fait dans un respect commémoratif. Tout juste à proximité de l’un des deux gros bassins, sur lesquels sont inscrits sur du bronze, tous les noms des disparus des attentats du 11 septembre 2001, un homme, dont le portrait fait penser au physique de Mike Tyson, tente vainement de consoler une femme en pleurs. La jeune dame, apparemment dans la vingtaine, vient de tomber sur le nom de son père, décédé dans la tragédie, en voulant sauver d’autres vies. L’histoire donne froid dans le dos.

Un peu plus loin, accompagnée d’une gerbe et du portrait d’un homme imprimé en noir et blanc, autour d’un cercle, une famille de cinq personnes s’offre une petite cérémonie en toute discrétion, en mémoire d’un proche, lui aussi tué lors des attentats.

Entre-temps, au milieu de la propagation de toutes ces intenses émotions, devenues de plus en plus contagieuses, avec une mine au sourire totalement absent, un agent de sécurité intime l’ordre à un groupe de visiteurs de ne pas trop s’approcher du périmètre de sécurité, seulement réservé aux employés de la place. Tout est sous contrôle.

Il est bientôt 1h de l’après-midi, le Mémorial du 11 septembre commence à être vidé de ses premiers occupants, pendant que de nouveaux visiteurs ne cessent d’arriver. Entre-temps, les agents occupés du nettoyage du site, partent en guerre contre tout ce qui serait susceptible d’entraver à la propreté de l’espace.

En environ trois heures de temps d’exploration, je crois avoir beaucoup vu, et même trop vu, notamment en termes de matériels émotionnels. Car une fois sur les lieux, en tant qu’humains, difficile de ne pas ressentir les plaies et les douleurs psychologiques, engendrées par les attentats du 11 septembre 2001.

En tout cas, pour répondre de manière favorable à une demande de mon corps et de mon esprit, accusés d’une grande fatigue, je rentre chez moi. Avec la tête remplie de scènes et d’images, que les mots et les verbes n’ont pas toujours la force significative d’exprimer.

Oman Jérôme


Les 7 mauvaises habitudes à bannir sur Twitter en 2019

Twitter via Pixabay
Twitter via Pixabay

Avec ses 335 millions utilisateurs actifs, Twitter confirme de plus en plus sa place de géant des réseaux sociaux sur la toile. Du simple citoyen lambda aux professionnels, en passant par les artistes et les hommes politiques, on retrouve presque toutes les couches de la société sur les ailes numériques du petit oiseau bleu.

Un fait est certain, tout le monde n’est pas sur le micro-blogging pour la même cause. Se créer des relations, partager ses contenus, promouvoir ses entreprises ou même régler ses comptes personnels… à chacun sa raison d’être sur le réseau aux fameux 280 caractères. En fait, loin de vouloir imposer aux gens leur manière d’être sur la plateforme, mais pour une meilleure utilisation du réseau en 2019, voici donc les sept pratiques à éviter :

  • Pas de photo de profil : commençons tout d’abord par les basiques. Twitter est une communauté virtuelle. Ceux qui te suivent ou ceux que tu suis, ne sont pas forcément des gens que tu connais dans la vraie vie. À cet effet, dans beaucoup de cas, la première chose qui attire en premier certains internautes, c’est le visage qui se cache derrière le compte en question. Car pour garantir une certaine ouverture dans les communications, il serait mieux au moins d’avoir une idée du visage de la personne avec qui on échange. On est un peu dans la subjectivité, mais c’est pourtant bien réel. D’ailleurs, aujourd’hui à l’ère du numérique, la qualité de la photo de profil sur Internet est une excellente forme de communication. Et dans mon cas personnel, je me suis abonné rarement à une personne, qui n’a pas au moins une photo à son profil. Et, je ne suis pas le seul à avoir pris une telle résolution.
  • Négliger sa biographie : pour les plus branchés, les réseaux sociaux, dont Twitter notamment, ont de plus en plus la valeur représentative d’un CV. Ce n’est pas sans raisons que certains prennent toujours le temps de soigner les contenus à publier sur ces plateformes digitales. Sur Twitter, les informations indiquées dans votre petit espace de biographie sont fondamentales pour plusieurs raisons : attirer de nouveaux followers, créer un réseau avec les mêmes centres d’intérêt que toi, ou être même contacté pour un possible emploi. On ne sait jamais !
  • Confondre la grivoiserie à l’humour : pour gagner des followers ou se faire un nom, certains utilisateurs de Twitter ne ménagent pas leurs efforts. Dans la plupart du temps, les stratégies utilisées sont souvent proche de l’indécence. Dans la communauté haïtienne par exemple, où le concept d’ « influenceur » devient de plus en plus vulgaire, chacun essaye à sa manière de se faire une popularité, même si ce n’est pas toujours dans le bon sens. En tout cas, dans cette quête effrénée de « likes » et d’audience, beaucoup de twittos sont carrément tombés dans le piège de l’impolitesse, confondant grossièrement la grivoiserie à l’humour. Et cela devient de plus en plus marrant.
  • Tout partager : l’une des vertus des réseaux sociaux, est la consommation rapide de l’information. Et c’est là aussi que le bât blesse. Car avec cet accès facile aux contenus, il devient de plus en plus difficile à certains de distinguer l’ivraie du bon grain, la bonne information de l’intox. Si par ignorance avouée, certains ne se posent pas de question au moment de relayer tout ce qui tombe sous leurs yeux, d’autres au contraire le font par méchanceté. C’est l’effet du buzz. À cet effet, mon ami Nelson a eu raison de parler de l’Internet comme l’autre couloir de la désinformation. Maintenant, c’est aux twittos d’être plus intelligents, afin de ne pas retweeter n’importe quel lien.
  • Nier la propriété intellectuelle: malheureusement, c’est une pratique de plus en plus rependue sur Internet, dont Twitter n’est pas exempt : certains internautes refusent toujours d’attribuer le crédit aux vrais auteurs des citations. Avec une audace presque sans nom, des gens utilisent les citations tirées dans des livres ou copiées dans la publication d’autres utilisateurs de Twitter, sans penser au moins à mentionner le nom du principal auteur. Où est donc passée alors la notion de propriété intellectuelle dans tout ça ? La prochaine fois, soyez beaucoup plus sympa mes amis.
  • Apologie de la violence : aujourd’hui, jamais comme avant, sans distinction de classe ni de race, les plateformes digitales offrent une liberté d’expression presque sans limite à monsieur tout le monde et madame la foule. Sauf, dans beaucoup de cas, certains en font un usage contraire à la morale. Derrière les écrans de leurs appareils, nombreux utilisateurs de Twitter se lancent depuis quelques temps dans une apologie de violence sous toutes ses formes. Quand ce n’est pas pour envenimer la problématique du racisme, c’est pour insulter des gens sur leurs appartenances religieuses, politiques, ou même sur leur orientation sexuelle. L’intolérance quand tu nous tiens !
  • Intolérance : comme dans un domaine ou dans un autre, l’expansion des réseaux sociaux a créé pas mal d’experts improvisés, notamment sur le plan « intellectuel ». Aujourd’hui à l’ère du numérique, derrière l’écran de son appareil, chacun est capable de donner son opinion sur un sujet donné. Si certains le font avec une certaine bienséance propre à l’homme éduqué, d’autres préfèrent plutôt se comporter comme « Dieu », possédant la science infuse. Car seules leurs points de vue valent. Ils sont allergiques aux idées contraires. Ainsi, sur un sujet ou sur un autre, ils sont toujours en clash sur Twitter, créant souvent des polémiques inutiles. Soyez plus sages les amis.

Cette liste est loin d’être exhaustive. Car l’utilisation du Twitter varie d’un groupe à un autre. Par conséquent, vous aussi, vous pouvez lister en commentaires certains comportements à éradiquer sur Twitter en 2019.

Osman Jérôme

 


Toni Kroos ou le miracle allemand

Ce week-end la Russie a connu de nouvelles grandes émotions, notamment au Fisht Stadium, où Allemands et Suédois se sont affrontés dans un duel de haute intensité.

Toni Kroos via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UEFA_Euro_2012_qualifying_-_Austria_vs_Germany_2011-06-03_(06).jpg
Toni Kroos via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UEFA_Euro_2012_qualifying_-_Austria_vs_Germany_2011-06-03_(06).jpg

Une énorme pression reposait sur les dos des Allemands, qui ont été extrêmement décevants pour leur entrée dans la compétition, les champions du monde en titre ont en effet chuté face aux Mexicains (1-0) le 17 juin. Après cette défaite initiale, il fallait donc se ressaisir face aux suédois.

Les champions du monde sont de retour. Même si ce n’est pas avec les éclats attendus… la rencontre avec les suédois fut un vrai match à suspens, hautement disputé jusque dans les dernières secondes du temps additionnel. L’équipe allemande est finalement arrivée à s’imposer face à la Suède sur le fil par  un score de 2-1. Un « ouf » de soulagement, notamment pour le sélectionneur Joachim Löw, dont les choix tactiques ont été décriés ces derniers jours.

La possession allemande

Déjà en mauvaise posture dans le groupe F après leur défaite face au Mexique, les Allemands savaient  qu’ils n’avaient pas le droit à l’erreur dans cette confrontation avec la Suède. L’équipe suédoise était assez en forme, forte de sa victoire après sa première sortie face à la Corée du Sud (score 1-0). Mais samedi, dès le coup d’envoi de la rencontre, la Mannschaft manifestait son envie de monopoliser le jeu. Pendant les premières minutes de la partie, les Kroos, Reus, Müller, Draxler et Werner ne faisaient que mener des assauts offensifs contre des Suédois, qui se contentaient de bien défendre et d’opérer en contre.

Au fil des minutes, comme une évidence, l’Allemagne garde la possession de balle. Mais l’équipe adverse fait face : les suédois sont intelligemment regroupés sur le plan défensif et ne sont pas vraiment dérangés par l’attaque allemand. Ainsi, au milieu de la domination allemande, après une trentaine minute de jeu, la tactique suédoise se révéle payante. Car, pendant que les attaques allemandes répétées restaient sans succès, les Suédois, par l’intermédiaire d’Ola Toivonen, réussirent à ouvrir le score à la trente-deuxième minute. Jusqu’alors inefficaces à l’attaque, les Allemands ont pris comme un coup sur la tête.

L’avantage est donc aux Suédois dans la première période du match. Les champions du monde en titre sont virtuellement éliminés ! Un scénario impensable quelques jours auparavant, l’équipe de Joachim Löw avait même été donnée favorite à sa propre succession.

Une victoire méritée

Après maintes considérations, nous serons finalement tous d’accord pour dire que le résultat final de la rencontre en faveur de l’Allemagne n’est pas injuste. Même si on doit reconnaître que les Suédois ont tout fait pour arracher le point du nul. Mais, c’était sans compter avec la détermination des Allemands. Dans la douleur, ils n’ont jamais douté au succès, à l’image d’un Jérôme Boateng monstrueux dans toutes les parties du terrain. Au point même de se faire expulser à quelques minutes de la fin de la bataille !

L’égalisation est vite trouvée au début du second acte par Reus. Les Allemands n’ont jamais arrêté de mettre le pied sur l’accélérateur. Même si dans cette folle précipitation, ils ont failli se faire punir à plusieurs reprises par des Suédois souvent dangereux dans les contres. Heureusement, Manuel Neur a gardé des mains salvatrices : à plusieurs occasions, le portier munichois a dû sortir le grand jeu pour repousser les tentatives suédoises.

Le coup de génie

Dans ce genre de matchs où l’enjeu est important, les minutes passent comme des secondes. Entre les attaques allemandes et les défenses suédoises, les contre-attaques suédoises et les défenses allemandes, certains instants de la seconde mi-temps  ont été de toutes les émotions. Et, dans un battement de paupières, on s’est retrouvés à la 90e minute de jeu. Déjà ! Le score inchangé (1-1) qui persiste dans le tableau d’affichage élimine les Allemands du reste de la compétition, tandis qu’avec 4 points, la Suède se sent plus confortable pour aller chercher sa place de qualification pour les huitièmes de finale lors de son prochain rendez-vous face au Mexique.

Mais, les cinq minutes du temps additionnel ont tout fait basculé du côté des Allemands, portés à la victoire par un coup franc magistral  de son meneur de jeu Toni Kroos. Les allemands ont  évités le pire in extremis.

Malgré des statistiques flatteuses, le joueur du Real Madrid n’était pas dans un grand soir jusqu’à cette frappe victorieuse. Mais, les grands joueurs savent faire la différence, notamment dans les moments difficiles. Sans craquer, la tête sur les épaules, la magie dans les pieds, Toni Kroos a répondu comme il le fallait : un but à la 95e minute, qui permet à son équipe d’espérer un billet pour les huitièmes de finale.
Bien qu’aujourd’hui rien ne soit encore assuré.

Osman Jérôme


Toni Kroos ou le miracle allemand

Toni Kroos via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UEFA_Euro_2012_qualifying_-_Austria_vs_Germany_2011-06-03_(06).jpg
Toni Kroos via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UEFA_Euro_2012_qualifying_-_Austria_vs_Germany_2011-06-03_(06).jpg

Ce week-end la Russie a connu de nouvelles grandes émotions, notamment au Fisht Stadium, où Allemands et Suédois se sont affrontés dans un duel de haute intensité.


Une énorme pression reposait sur les dos des Allemands, qui ont été extrêmement décevants pour leur entrée dans la compétition, les champions du monde en titre ont en effet chuté face aux Mexicains (1-0) le 17 juin. Après cette défaite initiale, il fallait donc se ressaisir face aux suédois.

Les champions du monde sont de retour. Même si ce n’est pas avec les éclats attendus… la rencontre avec les suédois fut un vrai match à suspens, hautement disputé jusque dans les dernières secondes du temps additionnel. L’équipe allemande est finalement arrivée à s’imposer face à la Suède sur le fil par  un score de 2-1. Un « ouf » de soulagement, notamment pour le sélectionneur Joachim Löw, dont les choix tactiques ont été décriés ces derniers jours.

La possession allemande

Déjà en mauvaise posture dans le groupe F après leur défaite face au Mexique, les Allemands savaient  qu’ils n’avaient pas le droit à l’erreur dans cette confrontation avec la Suède. L’équipe suédoise était assez en forme, forte de sa victoire après sa première sortie face à la Corée du Sud (score 1-0). Mais samedi, dès le coup d’envoi de la rencontre, la Mannschaft manifestait son envie de monopoliser le jeu. Pendant les premières minutes de la partie, les Kroos, Reus, Müller, Draxler et Werner ne faisaient que mener des assauts offensifs contre des Suédois, qui se contentaient de bien défendre et d’opérer en contre.

Au fil des minutes, comme une évidence, l’Allemagne garde la possession de balle. Mais l’équipe adverse fait face : les suédois sont intelligemment regroupés sur le plan défensif et ne sont pas vraiment dérangés par l’attaque allemand. Ainsi, au milieu de la domination allemande, après une trentaine minute de jeu, la tactique suédoise s’est révélée payante. Car, pendant que les attaques allemandes répétées restaient sans succès, les Suédois, par l’intermédiaire d’Ola Toivonen, réussirent à ouvrir le score à la trente-deuxième minute. Jusqu’alors inefficaces à l’attaque, les Allemands ont pris comme un coup sur la tête.

L’avantage est donc aux Suédois dans la première période du match. Les champions du monde en titre sont virtuellement éliminés ! Un scénario impensable quelques jours auparavant, l’équipe de Joachim Löw avait même été donnée favorite à sa propre succession.

Une victoire méritée

Après maintes considérations, nous serons finalement tous d’accord pour dire que le résultat final de la rencontre en faveur de l’Allemagne n’est pas injuste. Même si on doit reconnaître que les Suédois ont tout fait pour arracher le point du nul. Mais, c’était sans compter avec la détermination des Allemands. Dans la douleur, ils n’ont jamais douté au succès, à l’image d’un Jérôme Boateng monstrueux dans toutes les parties du terrain. Au point même de se faire expulser à quelques minutes de la fin de la bataille !

L’égalisation est vite trouvée au début du second acte par Reus. Les Allemands n’ont jamais arrêté de mettre le pied sur l’accélérateur. Même si dans cette folle précipitation, ils ont failli se faire punir à plusieurs reprises par des Suédois souvent dangereux dans les contres. Heureusement, Manuel Neur a gardé des mains salvatrices : à plusieurs occasions, le portier munichois a dû sortir le grand jeu pour repousser les tentatives suédoises.

Le coup de génie

Dans ce genre de matchs où l’enjeu est important, les minutes passent comme des secondes. Entre les attaques allemandes et les défenses suédoises, les contre-attaques suédoises et les défenses allemandes, certains instants de la seconde mi-temps  ont été de toutes les émotions. Et, dans un battement de paupières, on s’est retrouvés à la 90e minute de jeu. Déjà ! Le score inchangé (1-1) qui persiste dans le tableau d’affichage élimine les Allemands du reste de la compétition, tandis qu’avec 4 points, la Suède se sent plus confortable pour aller chercher sa place de qualification pour les huitièmes de finale lors de son prochain rendez-vous face au Mexique.

Mais, les cinq minutes du temps additionnel ont tout fait basculer du côté des Allemands, portés à la victoire par un coup franc magistral  de son meneur de jeu Toni Kroos. Les allemands ont  évité le pire in extremis.

Malgré des statistiques flatteuses, le joueur du Real Madrid n’était pas dans un grand soir jusqu’à cette frappe victorieuse. Mais, les grands joueurs savent faire la différence, notamment dans les moments difficiles. Sans craquer, la tête sur les épaules, la magie dans les pieds, Toni Kroos a répondu comme il le fallait : un but à la 95e minute, qui permet à son équipe d’espérer un billet pour les huitièmes de finale.
Bien qu’aujourd’hui rien ne soit encore assuré.

Osman Jérôme


L’Argentine et Messi dans la tourmente

Sélection d’Argentine de football via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ECUADOR_VS_ARGENTINA_(36916460184).jpg
Sélection d’Argentine de football via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ECUADOR_VS_ARGENTINA_(36916460184).jpg

Jeudi 21 juin 2018. Cela fait exactement huit jours, depuis que la Coupe du monde de football a débuté en Russie. Et depuis, entre la victoire des uns et la défaite des autres, en si peu de temps, on a eu droit à des rebondissements, semblables parfois à des petits tremblements de terre. D’ailleurs, ce sont souvent ces genres d’émotions, qui font tout le charme du football, dont l’incertitude dans les résultats est une part de beauté.

Après un début de compétition mitigé, ponctué tout d’abord par un nul face à la modeste équipe islandaise, pour leur deuxième sortie dans le groupe D, l’entraineur argentin Jorge Sampaoli et ses hommes ont été donc condamnés à un exploit face à la Croatie. Cependant, loin de toutes les attentes, on a plutôt vu une sélection d’Argentine sans un réel engagement, dépassée au bout du compte par les évènements. Le support moral de Diego Maradona dans les tribunes du stade Nijni Novgorod, n’a pas pu rien contre une nouvelle contre-performance d’une équipe d’Argentine sans inspiration, à l’image de son portier Willy Caballero, auteur d’une grosse boulette sur l’ouverture du score des Croates par Rebić.

En effet, au-delà de la bévue monumentale du gardien, qui a certes précipité la dégringolade de l’Albiceleste, durant presque toute la rencontre, Messi et sa troupe n’ont jamais trouvé le bon tempo. D’une partie du terrain à l’autre, ils étaient incapables de se mettre sur un bon rythme de jeu. Presqu’aucun effort pour faire la différence à l’équipe croate, bien meilleure sur le plan tactique. Et à ce sujet justement, à un moment du match, scotché devant mon écran, j’avais comme l’impression que les Argentins jouaient en infériorité numérique, tant que les Croates occupaient tous les espaces du rectangle vert.

Considéré comme une machine à confusion dans ses choix tactiques, le sélectionneur argentin Jorge Sampaoli est d’une part le principal responsable de la débâcle de son équipe. Il l’a d’ailleurs assumé après la rencontre. D’autre part cependant, il n’a pas été du tout aidé par ses joueurs, qui n’ont jamais fait preuve d’orgueil et de caractère. Un sens d’irresponsabilité justifié entre autres par le manque de leadership du capitaine Messi, sans une réelle influence et dans le jeu et sur ses compagnons sur le terrain.

Ainsi, pour certains supporters argentins, évidemment très déçus de cette nouvelle piètre prestation de leur équipe, l’amertume est beaucoup plus dans la forme que dans la défaite elle-même. Car tactiquement, les Croates ont été largement supérieurs aux joueurs argentins. Dans cette partie, les poulains de l’ancien entraineur sévillan n’ont jamais eu le contrôle de la situation. Sans âme et sans armes, ils se font tabasser avec un accent d’humiliation inacceptable.

En tout cas, s’il faut évidemment remonter les bretelles des joueurs argentins, dépassés par les événements, on doit justement féliciter les Croates qui, durant toute la rencontre ont montré une détermination inébranlable. Une rage de vaincre notamment justifiée par la performance de Luka Modrić, élu d’ailleurs l’homme du match. Le milieu de terrain du Real Madrid nous a gratifiés d’une prestation digne de sa réputation de joueur de classe. Et cerise sur le gâteau, c’est lui qui a tué tous les espoirs argentins, en marquant le deuxième but de son équipe, d’une belle frappe depuis l’extérieur de la surface. Maestro.

Higuaín, Dybala appelés en renfort n’ont pas pu aider à sauver les meubles, dans une maison déjà pratiquement consumée. Avec un but de Rakitić dans les dernières minutes, ça fait 3-0 au coup de sifflet final en faveur des Croates, qualifiés du même coup avec 6/6 pour le tour suivant du tournoi. Entre-temps, le séjour de leur adversaire du jour, risque déjà de se limiter en Russie au premier tour de la Coupe du monde. Catastrophe.

Osman Jérôme


Brésil : les premières inquiétudes du grand favori

Après des éliminatoires survolés avec matière et manière, il est évident que le Brésil débarque chez Poutine avec un statut de grandissime favori de la Coupe du monde.

Cet article a initialement été publié sur lautrehaiti.mondoblog.org.

Avant même le début de la compétition, en vertu des succès des matchs de préparation, on sentait déjà une réelle envie des Brésiliens de se passer du traumatisme de la débâcle de 2014, dont les images hantent aujourd’hui encore l’esprit des supporters. Maintenant, attendons de voir si la Seleção sera bel et bien à la hauteur de l’exploit attendu. En attendant la réponse définitive, la première sortie du Brésil n’a pas été très convaincante, loin de là … 

CC: Brazil_men's_football_team_2016_Olympics
CC: Brazil_men’s_football_team_2016_Olympics

Ces dernières années les observateurs du football se sont de plus en plus plantés dans les pronostics. On a eu droit à des surprises inédites. Le monde a évolué et la pratique du football n’est pas en reste. Les pays concernés consentissent à de nombreux efforts pour être à la hauteur des événements, et, c’est une bonne chose pour ceux qui regardent le foot en prenant en compte son côté esthétique. Car il faut reconnaître que ce n’est pas toujours intéressant d’assister à un match de football où la nette supériorité de l’une des deux équipes a tendance à réduire la beauté de la chose. Certes, il y aura toujours des différences de niveau, mais c’est quand même mieux quand c’est équilibré. Ça donne plus de sens au jeu. Bref.

Au regard de la somme des individualités des Brésiliens – avec notamment une armada offensive constituée des éléments parmi les plus dangereux actuellement dans les plus grands championnats européens – cette deuxième rencontre du groupe E entre le Brésil et la Suisse dimanche 17 juin à Rostov aurait dû être une simple formalité pour les partenaires de Neymar. Certainement, quand c’est sur le papier c’est même trop facile de le dire ! Mais, on le sait, la réalité du terrain en a souvent décidé autrement, surtout dans une compétition de grande envergure comme la Coupe du monde. Et c’était justement le cas dans ce « Brésil-Suisse ». Peu importe son statut, jamais une équipe n’acceptera de vendre sa peau à bon marché.

On ne cesse de le répéter : « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Tite et sa belle sélection brésilienne viennent d’en faire la dure expérience face à l’équipe suisse de football. Pour son entrée en lice au Mondial, la Seleção, véritable favorite au succès final du tournoi,  s’est fait freiner par les Suisses. Lichtsteiner et ses coéquipiers se sont montrés très intelligents dans le jeu au moment de mettre en déroute le plan de jeu des Brésiliens.

Avec la qualité technique qu’on leur connait, les Brésiliens avaient pourtant bien démarré l’affaire. Les Marcelo, Neymar, Coutinho et Willian n’ont en effet pas pris trop de temps à monopoliser le cuir, ce qui obligeait les Suisses à commettre pas mal de fautes. Ainsi, à la vingtième minute de jeu, dans la foulée de cette domination, Philippe Coutinho a fait jaillir toute la clarté de sa technique, offrant l’ouverture du score au Brésil avec l’amour de la frappe comme on ne la voit pas tous les jours à la télévision. Une œuvre de toute beauté.

Neymar ou l’offensive brésilienne inefficace 

L’avantage du score au profit des Brésiliens dans le premier acte de la partie n’a pas du tout découragé les Suisses. Au contraire. Au retour des vestiaires, ils ont montré un visage beaucoup plus conquérant. Ainsi, cinq minutes seulement après le coup d’envoi de la deuxième période, ils ont trouvé leur égalisation grâce à Zuber. Le score de parité (1-1) restera donc inchangé jusqu’au coup de sifflet final de la partie.

On peut ne pas être d’accord, mais le Brésil aurait pu remporter le match s’il n’y avait pas eu ce manque de transmission, qui a caractérisé son attaque pendant presque toute la seconde mi-temps. Une inefficacité offensive, due en grande partie au style de jeu bling-bling de Neymar. Car l’attaquant parisien, bien que souffrant de pépins physiques, n’entend pas simplifier sa manière de jouer. D’une manière ou d’une autre, son côté one-man-show a eu des préjudices considérables sur l’épanouissement collectif du jeu brésilien.

Ce match nul, ce n’était que la première sortie, pour ne pas répéter ce même couac dans les prochaines confrontations, l’équipe du Brésil a intérêt à être beaucoup plus fluide dans la construction de son jeu, notamment au niveau de l’animation offensive.

Le tweet de la prudence

Quelques minutes avant le coup d’envoi de la rencontre, les fanatiques les plus zélés de la Seleção prévoyaient déjà une facile démonstration de leur équipe face à la Suisse. Toujours avec un peu de retenue dans mes observations, j’ai eu l’intelligence de faire ce tweet, en signe d’objectivité que requiert ce sport qu’est le football.
Rien n’est jamais totalement joué d’avance.

Osman Jérôme


Ronaldo, puissance 3

Cristiano Ronaldo via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:New_Zealand-Portugal_(14).jpg

Les nostalgiques du beau jeun’ont pas vraiment eu tort dans leurs prévisions, eux qui, nourris par leur sens de l’humour, avaient annoncé le « vrai début » de la Coupe du monde 2018 pour cet après-midi du 15 juin. Car, comparé aux trois précédentes rencontres de la compétition organisée cette année en Russie, le duel qui a opposé le Portugal à l’Espagne a été d’un niveau supérieur sur toute la ligne.

Le jeu, la technique, la tactique, l’intensité […], tous les ingrédients étaient donc disponibles pour un match de football mémorable Et comme on pouvait s’y attendre, de la première minute jusqu’au coup de sifflet final, la quatrième rencontre de la vingt-et-unième édition de la Coupe du monde de football a tenu toutes ses promesses. Les amateurs du foot se sont bien régalés. En effet, si les vingt-deux acteurs ont été à la hauteur de ce choc ibérique entre Portugais et Espagnols (David De Gea à un degré moindre), il y a évidemment un nom qui attirait beaucoup plus les projecteurs à la fin de la partie. L’homme de la soirée s’appelle Cristiano Ronaldo, auteur d’un « Hat-trick » dont un somptueux coup franc venu d’une autre planète, qui a laissé De Gea presque sans mouvement. Magique.

Décidément, au-delà de l’art, CR7 a aussi la manière de surprendre. Et depuis quelques temps, cela commence par devenir une bonne habitude. Le crack portugais a le don de sortir le grand jeu, de s’élever au-dessus de tous quand on s’y attend peut-être le moins. On se souvient tous de son exceptionnel retourné acrobatique face à la Juventus en avril dernier, au moment où certains étaient vraiment pessimistes quant à sa forme. Et voilà qu’aujourd’hui encore, grâce à son génie, son sens aiguisé du but, son charisme dans l’influence du jeu, Cristiano Ronaldo récolte les louanges du monde entier. Il vient d’estampiller un autre grand match de football de son empreinte technique et de son sens de leadership. Ce 15 juin 2018 a été une autre soirée de gloire pour l’homme aux cinq ballons d’or, dont le talent a permis au Portugal d’arracher le précieux point du match nul face une équipe espagnole tellement prometteuse.

Entre-temps, avec ce nouveau triplé, l’attaquant du Real Madrid a rejoint Seeler, Pelé et Klose dans le petit cercle très fermé des joueurs qui ont marqué dans quatre Coupes du monde. À trente-trois ans, pendant que certains le voient plutôt au seuil du déclin, CR7 ne fait qu’ajouter d’autres chefs-d’œuvre à son palmarès individuel, déjà long comme le bras d’un mendiant. En tout cas, si on lui a souvent reproché de ne pas marquer contre les grandes équipes avec sa sélection nationale, l’ancien joueur de Manchester United a fait avec ces trois buts contre la Roja un match qui resteront pendant longtemps dans les archives du football mondial.

Osman Jérôme


Brésil : les premières inquiétudes du grand favori

CC: Brazil_men's_football_team_2016_Olympics
CC: Brazil_men’s_football_team_2016_Olympics

Après des éliminatoires survolés avec matière et manière, il est évident que le Brésil débarque chez Poutine avec un statut de grandissime favori de la Coupe du monde. D’ailleurs, avant même le début de la compétition, en vertu des succès des matchs de préparation, on sentait déjà une réelle envie des Brésiliens de se passer du traumatisme de la débâcle de 2014, dont les images hantent aujourd’hui encore l’esprit des supporters. Maintenant, attendons de voir si la Seleção sera bel et bien à la hauteur de l’exploit attendu.
En attendant la réponse définitive, la première sortie du Brésil n’a pas été très convaincante, loin de là … 

Ces dernières années les observateurs du football se sont de plus en plus plantés dans les pronostics. On a eu droit à des surprises inédites. Le monde a évolué et la pratique du football n’est pas en reste. Les pays concernés consentissent à de nombreux efforts pour être à la hauteur des événements, et, c’est une bonne chose pour ceux qui regardent le foot en prenant en compte son côté esthétique. Car il faut reconnaître que ce n’est pas toujours intéressant d’assister à un match de football où la nette supériorité de l’une des deux équipes a tendance à réduire la beauté de la chose. Certes, il y aura toujours des différences de niveau, mais c’est quand même mieux quand c’est équilibré. Ça donne plus de sens au jeu. Bref.

Au regard de la somme des individualités des Brésiliens – avec notamment une armada offensive constituée des éléments parmi les plus dangereux actuellement dans les plus grands championnats européens – cette deuxième rencontre du groupe E entre le Brésil et la Suisse dimanche 17 juin à Rostov aurait dû être une simple formalité pour les partenaires de Neymar. Certainement, quand c’est sur le papier c’est même trop facile de le dire ! Mais, on le sait, la réalité du terrain en a souvent décidé autrement, surtout dans une compétition de grande envergure comme la Coupe du monde. Et c’était justement le cas dans ce « Brésil-Suisse ». Peu importe son statut, jamais une équipe n’acceptera de vendre sa peau à bon marché.

On ne cesse de le répéter : « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Tite et sa belle sélection brésilienne viennent d’en faire la dure expérience face à l’équipe suisse de football. Pour son entrée en lice au Mondial, la Seleção, véritable favorite au succès final du tournoi,  s’est fait freiner par les Suisses. Lichtsteiner et ses coéquipiers se sont montrés très intelligents dans le jeu au moment de mettre en déroute le plan de jeu des Brésiliens.

Avec la qualité technique qu’on leur connait, les Brésiliens avaient pourtant bien démarré l’affaire. Les Marcelo, Neymar, Coutinho et Willian n’ont en effet pas pris trop de temps à monopoliser le cuir, ce qui obligeait les Suisses à commettre pas mal de fautes. Ainsi, à la vingtième minute de jeu, dans la foulée de cette domination, Philippe Coutinho a fait jaillir toute la clarté de sa technique, offrant l’ouverture du score au Brésil avec l’amour de la frappe comme on ne la voit pas tous les jours à la télévision. Une œuvre de toute beauté.

Neymar ou l’offensive brésilienne inefficace 

L’avantage du score au profit des Brésiliens dans le premier acte de la partie n’a pas du tout découragé les Suisses. Au contraire. Au retour des vestiaires, ils ont montré un visage beaucoup plus conquérant. Ainsi, cinq minutes seulement après le coup d’envoi de la deuxième période, ils ont trouvé leur égalisation grâce à Zuber. Le score de parité (1-1) restera donc inchangé jusqu’au coup de sifflet final de la partie.

On peut ne pas être d’accord, mais le Brésil aurait pu remporter le match s’il n’y avait pas eu ce manque de transmission, qui a caractérisé son attaque pendant presque toute la seconde mi-temps. Une inefficacité offensive, due en grande partie au style de jeu bling-bling de Neymar. Car l’attaquant parisien, bien que souffrant de pépins physiques, n’entend pas simplifier sa manière de jouer. D’une manière ou d’une autre, son côté one-man-show a eu des préjudices considérables sur l’épanouissement collectif du jeu brésilien.

Ce match nul, ce n’était que la première sortie, pour ne pas répéter ce même couac dans les prochaines confrontations, l’équipe du Brésil a intérêt à être beaucoup plus fluide dans la construction de son jeu, notamment au niveau de l’animation offensive.

Le tweet de la prudence

Quelques minutes avant le coup d’envoi de la rencontre, les fanatiques les plus zélés de la Seleção prévoyaient déjà une facile démonstration de leur équipe face à la Suisse. Toujours avec un peu de retenue dans mes observations, j’ai eu l’intelligence de faire ce tweet, en signe d’objectivité que requiert ce sport qu’est le football.
Rien n’est jamais totalement joué d’avance.

Osman Jérôme


Messi n’a pas répondu à l’appel

Lionel Messi via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lionel_Messi_in_tears_after_the_final.jpg
Lionel Messi via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lionel_Messi_in_tears_after_the_final.jpg

Être l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, jouer dans l’un des plus grands clubs de football de la planète, avoir cinq ballons d’or… Ce ne sont pas des garanties pour ne pas rater son premier match dans une Coupe du monde de football. Si vous ne me croyez pas, allez donc demander à Lionel Messi, il vous donnera beaucoup plus de précisions.

En effet, ce samedi 16 juin 2018, pour cette première sortie de la sélection d’Argentine dans le Mondial, comme il est souvent d’habitude, Messi a été très attendu face à l’Islande. La pression sur ses épaules était énorme, surtout après les résultats de Ronaldo la veille. La Pulga devait donc se montrer à la hauteur. Mais, contrairement aux attentes et aux prévisions flatteuses des supporters, l’attaquant barcelonais est resté à côté de la plaque. Il s’est même offert le luxe de rater le penalty qui aurait pu donner la victoire à l’Argentine. Cela a encore un peu terni sa prestation, pourtant loin d’avoir été ridicule, en vérité. Mais pour un génie de la trempe de LM10, c’est une partie à oublier rapidement.

Au-delà de son manque de réussite face aux Islandais, c’est l’attitude nonchalante de Messi qui inquiète certains observateurs. Ils voient dans le comportement du 10 argentin un mec psychologiquement fragile, qui a souvent du mal à se relever dans des situations difficiles. Et ceci, que ce soit avec l’Argentine ou le Barça. Un comportement indigne d’un grand footballeur qui devrait incarner le leadership de sa troupe.

Sur un terrain de football, Messi est un extraterrestre, une sorte d’artiste capable de faire ce qui lui plait avec le ballon rond. On n’en a aucun doute. Que celui qui n’est jamais tombé sous son charme lève le petit doigt. Cependant, contrairement à ce qu’il fait souvent en club, les prestations du natif de Rosario sont parfois très critiquées en équipe nationale. On lui reproche de ne pas être toujours assez décisif, quand il s’agit de mener son pays au sommet de la gloire dans les grandes compétions internationales.

Et voilà que cette année encore, Messi est malheureusement rattrapé par ses vieux démons en début de ce tournoi mondial. Il a manqué son premier rendez-vous face aux Islandais avec un match nul. Il aurait pu lui-même offrir la victoire aux siens s’il avait été décisif dans son jeu. Ça c’est déjà du passé. Maintenant, Leo et ses coéquipiers doivent rapidement se reprendre, notamment dans les deux prochaines rencontres de l’Albicéleste face à la Croatie et au Nigéria, afin d’espérer en finir avec cette malédiction. Sinon, malgré toutes ses prouesses individuelles et collectives avec le Barça, Messi n’aura jamais le respect total de certains admirateurs. Même pas celle des supporters de l’Argentine, à bout de patience dans l’attente d’un nouveau titre majeur de leur équipe de football favorite.

Osman Jérôme


Une petite victoire pour les Bleus

Coupe du monde 2018, France-Australie/Crédit : Twitter de l’Equipe de Franc football
Coupe du monde 2018, France-Australie/Crédit : Twitter de l’Equipe de Franc football

Peu importe la piètre prestation du vainqueur, mais toujours est-il en football, c’est les trois points qui comptent finalement. Car ce n’est que dans le succès que tout le monde s’en réjouit. Le reste c’est pour l’appréciation des observateurs qui, eux aussi ont droit aux commentaires et aux critiques.  Bref. Partant justement de ce principe, qui est loin d’être unanime en tout cas, Didier Deschamps et sa troupe ont pu partir tranquillement heureux aujourd’hui, après cette difficile victoire remportée contre une vaillante équipe australienne, d’ailleurs indexée à priori comme le maillon faible du groupe C de la Coupe du monde Russie 2018.

Avec tout le potentiel offensif qu’on reconnait cette équipe de France depuis quelques temps, les Bleus étaient donc partis largement favoris face à des Australiens, techniquement limités dans le jeu. Mais, probablement conscients de ce déficit, dans cette première confrontation dans la compétition, les Socceroos ont été d’une rigueur tactique à féliciter. Surtout sur le plan défensif, où ils ont souvent mis en échec les attaques françaises.

Sans trop grande surprise, les Français ont eu une bonne entame de match.  D’ailleurs, les quinze premières minutes de la rencontre annonçaient déjà un long chemin de croix pour leur adversaire du jour qui, au début, ne subissait que les vagues offensives des Bleus, avec surtout la triplette Griezmann, Mbappé et Dembélé, alignée dès le départ. Ce qui fut un petit coup de nouveauté par le sélectionneur, souvent critiqué pour son esprit de conservatisme reconnu. Cette fois, les détracteurs ne pourront dire que Deschamps a fait la sourde oreille aux exigences populaires. Car selon les observateurs, en temps normal, Olivier Giroud devrait conserver sa place de titulaire dans le onze du départ. Bon, ça c’est une autre histoire, revenons donc dans le match.

Des Australiens laborieux, des Français chanceux

Depuis déjà une bonne partie de la première période, malgré une légère possession pour les Français, au fil des minutes, l’équipe australienne gagne de plus en plus en confiance. Et face à l’inefficacité des attaquants adverses, visiblement en panne de connexion, les représentants de l’Asie reviennent petit à petit dans la partie, en créant quelques occasions dangereuses dans le camp français. Cependant, les attaquant n’ont pas été assez adroits pour faire la différence contre l’équipe française, qui a été très médiocre, s’il faut bien faire le rappel.

En effet, malgré un travail laborieux des poulains de Bert van Marwijk, c’est finalement la France, grâce à notamment l’assistance de la VAR et la goal-line technology, qui a remporté le duel (2-1) face à des Australiens, qui auront quand même des regrets au regard de la physionomie globale de la rencontre. Car n’étaient-ce pas leurs maladresses dans les dernières actions offensives, ils auraient pu même sauver le point du nul, avant d’aller défier le Danemark et le Pérou, leurs deux prochains adversaires. Par ailleurs, pour ce qui est de l’équipe française, elle reste encore beaucoup à prouver pour justifier toutes les attentes placées en elle.

Osman Jérôme


Puerto Plata, les cinq raisons d’une belle preuve d’amour

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

La distance imposée par les circonstances n’a rien enlevé de mon affection pour Puerto Plata, cette ville touristique située au Nord de la République dominicaine. Au contraire, enveloppé depuis quelques jours dans la trame de ma nostalgie, il a fallu me remettre aux bienfaits des beaux souvenirs, pour ne pas sombrer dans un chagrin susceptible d’être pathologique. Je reste toujours attaché à la ville, comme le chant à la danse. 

Entre Puerto Plata et moi, c’est une longue et belle histoire d’amour. Une espèce d’aventure jalonnée d’expériences et d’anecdotes, capables de faire un roman. Car depuis octobre 2009 que j’habite la ville, entre les études, le travail et les relations, la ville aussi n’a cessé de m’habiter. Et ceci, même dans mes voyages et dans mes rêves. Puerto Plata m’a gâté, au point qu’aujourd’hui, loin de la chaleur de ses matins ensoleillés et l’odeur de ses nuits sans sommeil, je lui dédie ce billet en signe d’amour et de reconnaissance.

Au départ, ça n’a pas été trop facile. Nouvelle culture, nouvelle langue, il m’a fallu un peu de temps pour une adaptation adéquate à ce nouvel environnement. Détaché de ma famille et de mes proches, je devais apprendre à me débrouiller tout seul sur cette terre étrangère. L’école, l’église, de nouveaux amis, au fil du temps, j’ai fini par m’adapter avec le mode de vie de cette province, affectueusement appelée « La Novia del Atlántico ».

Au-delà de mes études et de mes expériences de travail, pour ce qui est de la maturité, Puerto Plata est d’une grande importance dans mon développement personnel. J’y ai côtoyé des gens extraordinaires qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à faire de moi une meilleure personne. J’ai goûté aux plaisirs de cette ville, réputée d’ailleurs d’être une destination pour les viveurs. Je garde de cette ville des souvenirs, dont même les secousses de l’Alzheimer ne peuvent pas enlever du sol de ma mémoire. Et voici entre autres, cinq raisons qui expliquent mon amour pour Puerto Plata.

La propreté

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

Une ville propre et attractive est souvent une destination privilégiée par les touristes. À Puerto Plata, les gens le savent très bien. D’ailleurs, les poumons économiques de la province ne respirent qu’en grande partie du tourisme. Entre le style et la construction des maisons, et la propreté des rues, certains quartiers à Puerto Plata sont d’une organisation de toute beauté. Au-delà de la volonté politique, il y a aussi la conscience collective de la population, se montrant tout aussi impliquer quant à la protection de son environnement. Alors, dans les campagnes éducatives contre l’insalubrité, le message est clair : « Une ville propre, c’est la responsabilité de tous ».

La vie nocturne

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

Entre les sorties aux restaurants, le son et la lumière des discothèques, l’ambiance des bars, le commerce sexuel sur les trottoirs, la nuit à Puerto Plata est d’un dynamisme extraordinaire. Et en parlant justement de divertissements nocturnes, Puerto Plata est une référence sur la carte géographique de la République dominicaine. En semaine comme en week-end, la ville vibre au rythme de toutes sortes de divertissements : danse, musique, plages, excursions. Le tout sur le fond d’une ambiance tropicale, qui fait les délices des résidents et des visiteurs de passage. Ici, peu importe les soucis du quotidien, les gens ont toujours tendance à croquer la vie à pleines dents.

Le Street art


Fresque à Puerto Plata © Osman Jérôme

Comme je l’ai mentionné dans un précédent billet, le Street art connait une expansion de plus en plus fulgurante dans certaines rues à Puerto Plata. D’un quartier à l’autre, difficile de ne pas tomber sur des murs tagués pour rendre hommage à un personnage public ou pour faire passer certaines revendications sociales ou politiques. Face au charme de cette expression artistique, je me régale toujours de photographier ces fresques, souvent réalisées avec la plus grande des créativités.

Les stations balnéaires 

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

Pour beaucoup de Dominicains, Puerto Plata est une destination privilégiée pour les rendez-vous au bord de la mer, notamment en week-end et les jours fériés. Ainsi, non sans une grande fierté, les habitants de Puerto Plala estiment que leur ville possède les plus belles plages du pays. Pour vouloir garder une certaine objectivité dans mes idées, je ne vais pas réellement affirmer de tel discours, parfois teinté de propagande régionaliste.  Cependant, celui qui a déjà séjourné au moins une fois à Puerto Plata retiendra quand même la beauté de sa côte littorale, où les vagues des plages projettent une vue extraordinaire.

Par ailleurs, si Puerto Plata est aujourd’hui l’un des principaux pôles touristiques de la République dominicaine, voire même de la région caribéenne, c’est en partie grâce à la beauté de ses belles plages et de ses stations balnéaires, de plus en plus courtisées par les vacanciers du monde entier.

 Les traditions culturelles

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

On reconnait souvent un peuple par sa culture. En dépit d’un phénomène d’acculturation de plus en plus envahissant, la République dominicaine a quand même conservé des symbolismes de ses traditions culturelles. À Puerto Plata, le constat est évident. Des maisons victoriennes, la musique et les danses locales, les croyances, les fêtes patronales, le carnaval… Entre son, saveur et couleurs, les hanches de la ville bougent au rythme des anciennes traditions, toujours présentes dans la vie des habitants.

Pour traduire certains sentiments d’amour, les mots et les verbes ont parfois tendance à faillir à leurs responsabilités sémantiques. Heureusement, tout ne s’explique pas par la beauté des expressions. Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, Puerto Plata je t’aime. Partout où je suis, je te porte avec moi dans mon cœur, sans cesse attachée à la beauté de ton paysage, à l’odeur de ta terre mouillée, à la verdure de tes montagnes, aux vagues de tes mers attendrissantes, à la chaleur de tes nuits torrides. Comme mon ombre qui me suit à chaque pas, les souvenirs de toi habitent mon quotidien.

Osman Jérôme


Chronique de ma cinquième opération chirurgicale

Opération chirurgicale © pixabay
Opération chirurgicale © pixabay

À mon grand dam, après quatre premières expériences (2005, 2008, 2010, 2012), mon aventure dans les salles d’opération a dû continuer. Car en dépit de toutes les stratégies utilisées, de toutes les dispositions prises par les chirurgiens consultés jusqu’ici, un problème persiste encore à mon pied gauche. Il m’a donc fallu une énième intervention chirurgicale pour tester une nouvelle alternative.

Après quatre premières interventions chirurgicales subies en Haïti et en République dominicaine, le vendredi 26 janvier 2018 dernier, dans un hôpital à New-York, j’ai été une nouvelle fois soumis au contact des bistouris, des pinces et des ciseaux des salles d’opération. Toujours pour un problème de chéloïde qui m’a beaucoup retardé dans l’accomplissement de certains projets.

Peu importe le nombre de visites, on ne s’habitue jamais aux espaces climatisés des salles d’opération chirurgicale. Encore moins aux bistouris, dont la simple évocation peut entraîner une véritable psychose chez beaucoup de patients. Après cinq expériences, je crois avoir assez vu et vécu pour en parler ainsi. Il y a toujours ce stress qui vient s’emparer de votre organisme, peu de temps avant les interventions.

Il est déjà dix heures du matin quand j’arrive au quatrième étage de ce centre hospitalier de Brooklyn. Difficile d’offrir d’autres occupations à ma pensée, déjà colonisée par les images désagréables des interventions chirurgicales antérieures. Du coup, mes nerfs deviennent incontrôlables. Et cela empire quand des membres du personnel de l’unité de soins commencent à s’approcher de moi pour les prises en charge préliminaires.

La tête plongée dans un livre, les yeux rivés sur l’écran d’un téléphone, je vois d’autres patients plus ou moins détendus dans le couloir. À chacun sa manière de réduire le stress préopératoire. Dans mon cas, durant les heures d’attente, j’épuise pratiquement la batterie de mon téléphone. Celui-ci me sert notamment de distraction. Entre la voix du conteur et l’humoriste haïtien Maurice Sixto et celle du chanteur engagé Manno Charlemagne, récemment décédé, j’ai cru pouvoir mieux préparer mon corps et mon esprit, visiblement ennuyés par cette nouvelle expérience.

Cependant, vers les seize heures, une fois entré dans le bloc opératoire,une grande anxiété me prend. Elle fait trembler mon corps, comme un patient atteint du Parkinson. Se rendant compte de mon inconfort émotionnel face à la situation, le médecin anesthésiste a quelques mots pour tenter vainement de me mettre à l’aise. Heureusement, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour être endormi pour la suite du processus.

Vers les dix-huit heures, je sors de la salle d’opération. Avec une amabilité très remarquable, un brancardier me transporte vers une autre salle pour des soins postopératoires Toujours sous les effets analgésiques de l’anesthésie, je ne ressens aucune sensation réelle de douleur. Mais je me sens un peu bizarre dans mon corps, je suis pris d’une certaine fébrilité. Cela fait déjà presqu’une journée que j’ai été interdit de tout contact avec les aliments. Et d’ailleurs, je dois attendre encore avant de pouvoir goûter à quelque chose.

Entre-temps, allongé sur le lit, la tête légèrement soulevée, je peux placer et recevoir des appels, répondre aux messages de certains amis et proches, soucieux d’avoir de mes nouvelles après cette nouvelle chirurgie. Ils ont eu raison de se faire du souci, car j’ai perdu beaucoup de sang. C’est d’ailleurs pour cela qu’on m’a gardé à l’hôpital après l’intervention chirurgicale : le temps de m’offrir les attentions nécessaires à mon cas.

Opération chirurgicale © Osman
Opération chirurgicale © Osman

On s’approche des huit heures du soir, je commence à ressentir les premières douleurs. Au rythme des minutes qui s’écoulent dans le cadran de cette horloge en plastique placée à ma droite, l’intensité de la douleur ne cesse d’augmenter. Au point qu’elle devient insupportable. C’est alors qu’une jolie infirmière s’approche de moi, me disant dans un anglais que je comprends à peine (d’ailleurs, je ne parle vraiment pas l’anglais) que selon les indications du chirurgien, je dois attendre au moins deux heures avant d’avoir accès aux analgésiques. Comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà menaçant, cette information ne fait qu’augmenter ma souffrance. J’ai l’impression d’être à l’agonie.

Je souffre. Et je souffre encore. Je me mets à compter les minutes. Elles sont d’une mauvaise lenteur dans ces circonstances. Finalement, il est dix heures. L’infirmière de service est de retour, cette fois-ci avec un air un peu fatigué. Elle a beaucoup de travail, car elle ne s’occupe pas seulement de moi. Elle m’a fait avaler un médicament dont la simple odeur a failli me faire évanouir. Les effets de soulagement ont mis du temps. Et je continue à gémir. Avant de me laisser, la soignante m’a promis de revenir à deux heures du matin pour une autre dose de médicament, soit quatre heures plus tard.

Permettez-moi de vous épargner de tous les détails concernant les douleurs qui s’en sont suivies au cours de la nuit. Car même en évoquant ces souvenirs, je suis pris de sensations fort désagréables. La nuit a été longue et lamentable. Mais le nouveau jour est quand même apparu, m’offrant une atmosphère de soulagement. Mon pied reste toujours immobile. Mais la douleur a perdu en intensité. Au point que j’ai dormi pendant quelques heures avant de rentrer chez moi, dans l’après-midi de ce samedi 27 janvier 2018.

Pour l’instant, alité depuis quelques jours, entre les rendez-vous à l’hôpital et la lecture de certains ouvrages intéressants, dont « Le parfum de Nour » de la romancière québécoise d’origine palestinienne Yara El-Ghadban, je récupère lentement, mais sûrement.

Osman Jérôme


Tu n’as jamais quitté mon cœur

Crédit photo : pixabay.com
Crédit photo : pixabay.com

L’amertume qui a préfacé l’arrivée de l’aurore

A plongé ma chambre dans un triste décor

La petite pièce faiblement éclairée

Est muette de toute gaieté.

 

Dehors, comme dans mon cœur en deuil

Ce matin, il n’y avait point de soleil

D’ailleurs, le jour avait du mal à se lever

Comme si la nuit ne voulait pas s’en aller.

 

Dans la lenteur du temps somnolent

Je pense à toi, jamais comme avant

Et tout ce qui faisait ta beauté

Défile sur l’écran de ma pensée.

 

Les tristes souvenirs de ton départ

Viennent encombrer ma mémoire

Entre-temps, dans mon cœur endolori

Résonne le tam-tam de la nostalgie.

 

Delly Benson et toutes ses belles chansons

Ne pouvaient rien contre ma consternation

Les claviers et l’écran de mon ordinateur

Ont été témoins de mes yeux en pleurs.

 

Entre les douleurs de ton absence

Et le vide laissé par ta présence

C’est avec un sentiment de regret

Que je vis ma vie depuis ton décès.

 

Ton corps allongé dans un cercueil

Et depuis, tu n’es plus sous le soleil

Tu es donc partie sans même récolter

Ce que tu as courageusement semé.

 

Tu es partie pour ne jamais revenir

Aucun espoir de te revoir sourire

Sur ma joue accablante

Toujours des larmes brûlantes.

 

Aujourd’hui, onze ans après ta disparation

Penser à toi est toujours une obsession

Comme l’amour est plus fort que la mort

Dans mon cœur, je te porte comme un trésor.

 

En mémoire de ma mère Osina Cajuste, décédée en octobre 2006.

Osman Jérôme


Des fresques et des personnages

Fresque de Biggie (C) Osman
Fresque de Biggie (C) Osman

Dans certaines grandes villes du monde, le street art devient une tendance de plus en plus à la mode. Les rues se transforment en un lieu privilégié par les graffiteurs. Ils y voient une espace de liberté d’expression, soutenue par la créativité artistique. En effet, ce qui est surtout intéressant dans cette démarche, c’est qu’au-delà de l’appréciation esthétique du travail, ce sont surtout des œuvres à haute dimension sociale et politique dans la majorité des cas. L’art ne fait rien pour rien.

Ma passion pour la photographie aidant, je suis toujours fasciné par des espaces jalonnés des fresques. Coïncidence plutôt heureuse, je suis souvent tombé sur des portraits les uns plus beaux que les autres. Aujourd’hui, dans ce nouveau billet consacré à la peinture murale, je vous propose un angle particulier avec la tête de certains personnages mis à l’honneur par les artistes.

George Latore Wallace

Fresque de Biggie (C) Osman
Fresque de Biggie (C) Osman

Consommateur du rap ou pas, dans les magazines ou dans les documentaires, vous avez sûrement déjà entendu parler de Christopher George Latore Wallace dit Biggie. Un nom vénéré comme une légende dans la culture du hip-hop. D’ailleurs, le nom de Biggie et celui de Tupac Shakur (autre figure emblématique du rap américain) sont attribués au plus grand clash jamais connu dans le milieu du hip-hop. Aujourd’hui, vingt ans après son assassinat, le chef de file du rap east coast vit dans la mémoire de ses admirateurs. À Brooklyn où The Notorious B.I.G. est né, plusieurs fresques sont érigées en son honneur.

Donald Trump 

Fresque de Donald Trump (C) Osman
Fresque de Donald Trump (C) Osman

Campagne électorale bouleversante, président controversé, entre ses tweets acerbes et ses sorties provocatrices, Donald Trump représente à lui seul tout un monde. En si peu de temps comme premier citoyen à la tête des Etats-Unis, le milliardaire a changé l’ordre et la tradition des choses établies. Au point que sa conduite à la tête de la première puissance économique mondiale fait l’objet de grands doutes chez les observateurs. Ce serait donc étonnant que les artistes urbains n’aient pas été intéressés par ce type de profil. Un artiste du collectif Bushwick à New York y est allé de son petit travail. À vous donc d’apprécier.

Jean-Jacques Dessalines

Fresque de Jean Jacque Dessalines (C) Osman
Fresque de Jean-Jacques Dessalines (C) Osman

L’histoire politique du monde est jalonnée de grandes révolutions, de soulèvements les uns plus sanglants que les autres. Ces révoltes ont donné naissance à des leaders et des révolutionnaires qui, d’une manière ou d’une autre, ont marqué les grandes pages de l’histoire. Au panthéon de ces hommes qui ont donné leur vie pour l’émancipation des opprimés, se trouve évidemment le nom de Jean-Jacques Dessalines, visionnaire de son état. Par sa fougue et sa détermination, l’ancien esclave a conduit la Révolution haïtienne jusqu’à l’indépendance du pays en 1804. Premier Empereur d’Haïti sous le nom de Jacques 1er, le père fondateur de la nation a été lâchement assassiné le 17 octobre 1806. Il est mort sans réellement concrétiser son rêve d’un pays socialement équilibré. Ainsi, 213 ans après l’indépendance nationale, l’idéal dessalinien reste une utopie pour la Première République noire du monde. À Saint-Marc, un artiste urbain a voulu rendre hommage au père de la nation haïtienne avec cette peinture murale, dessinée sur la façade d’une maison privée.

Ernesto Che Guevara

Fresque de Che Guevara (C) Osman
Fresque de Che Guevara (C) Osman

Une lutte sociopolitique très mouvementée, une capture et une exécution spectaculaire, entre sa vie de rebelle et sa mort, Ernesto Che Guevara représente à lui seul l’incarnation d’un mythe difficile à pénétrer. Révolutionnaire marxiste ayant passé presque toute sa vie à combattre les inégalités et les injustices sociales, le guérillero cubano-argentin a laissé son empreinte sur divers mouvements de révolution dans le monde, en Amérique Latine en particulier. Les historiens et ceux qui ont côtoyé l’icône de la Révolution cubaine sont divisés quant à la vraie personnalité du natif de Rosario (Argentine). N’empêche que cinquante ans après sa mort, le Che suscite encore beaucoup d’admiration comme leader et révolutionnaire historique, ayant mené une lutte acharnée contre l’impérialisme. Aujourd’hui, son idéologie est reprise par ceux qui s’identifient au combat pour une société juste et équitable. Peut-être que pour aider à l’immortalité du Che, ce jeune artiste a dessiné son portrait sur un mur à Saint-Marc. Modeste contribution.

Martin Luther King Jr

Fresque de Martin Luther King (C) Osman
Fresque de Martin Luther King (C) Osman

Dans la lutte pour l’émancipation des Noirs aux Etats-Unis d’Amérique, Martin Luther King Jr fait figure de référence. Ce pasteur afro-américain est plutôt connu pour ses approches non-violentes dans ses batailles pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis. En effet, parallèlement à ses luttes contre la ségrégation raciale dans son pays, le leader pacifique était aussi engagé pour la paix et contre la pauvreté dans le monde. Ce qui lui a valu entre autres, le prix Nobel de la paix 1964. À Brooklyn, rue Junius, je suis tombé sur cette fresque, rendant un hommage mérité à l’homme de « I Have A Dream ».

Virginia Elena Ortea

Fresque de Virginia Ortea (C) Osman
Fresque de Virginia Ortea (C) Osman

Refermons ce petit classement sur une note littéraire, avec surtout un visage féminin. L’historienne Virginia Elena Ortea (1866-1903) est l’une des figures emblématiques de la littérature et de la presse dominicaine du XXe siècle. Féministe, l’originaire de Puerto Plata se faisait surtout apprécier de ses paires par sa libre pensée, ses préoccupations pour le destin de la femme, trop souvent identifiée à un être destiné aux travaux domestiques. Reconnaissance oblige, à Puerto Plata, il y a une école qui porte le nom de l’auteure de Risas y Lágrimas. Et cerise sur le gâteau, sur la façade principale de l’établissement scolaire, situé à l’avenue Pedro Clisante, une fresque de Virginia Elena Ortea est dressée en toute beauté.

Je sais. Pour les plus gourmands d’entre vous, cette sélection de sept images est trop petite. Mais ne vous inquiétez surtout pas. Je vous promets d’y revenir avec d’autres fresques, et surtout d’autres thématiques. Les artistes sont polyvalents et je suis un chasseur de belles images. En attendant, si cela vous tente, laissez un commentaire pour dire quelle est votre portrait favori de la petite collection du jour.

À bientôt.

Osman Jérôme


Je t’écris donc je t’aime

Ecrire à la main © pixabay.com
Ecrire à la main © pixabay.com

Chère Fabie,

À l’arrivée de ce nouveau matin d’automne, une joie ineffable s’est installée dans mon cœur. Dans la douceur infinie de cette nouvelle journée, préfacée par une fraicheur inhabituelle, je suis heureux de te parler par cette nouvelle correspondance. L’abondance des mots ne sera pas suffisante à décrire le bien-être émotionnel, que me procure cette occasion. Contrairement à la dernière fois, aujourd’hui je t’écris dans l’intimité de ma chambre, encore imprégnée de l’élégance de ta dernière visite.

Par la fenêtre entr’ouverte, les premiers rayons du soleil s’invitent timidement dans ma chambre. L’espace épouse un silence peu particulier. On y écoute seulement le tic-tac de la vieille horloge. Cette atmosphère aidant, les images de ton regard ont colonisé ma mémoire, saturée de nos beaux souvenirs.

À nouveau face à l’écran fissuré de mon ordinateur, je suis parti à ta rencontre. Ma pensée a pris la forme d’un grand boulevard en plein embouteillage. Les mots, les verbes et les phrases se discutent une place dans les paragraphes. Car il suffit de penser à toi, l’inspiration devient abondante. Ce qui a stimulé mon inspiration, déjà en pleine érection. Alors, emparé par cette envie de te rejoindre dans la sémantique et la syntaxe de ce billet, parfois tout devient gai et confus dans mon esprit, comme pour un jour de première communion.

Cela peut paraître insolite. Tout ce temps après le début de notre relation, marqué justement par cette première lettre, dans laquelle je t’avouai mon sentiment ; aujourd’hui c’est quelque chose qui émotionne encore. J’éprouve le même plaisir à te communiquer par des lettres. D’ailleurs, ces correspondances partagées deviennent l’ADN même de cette aventure, de plus en plus semblable à un conte de fées. Merci beaucoup ma chérie d’avoir fait grandir en moi ce goût démesuré pour l’écriture. Cela a donné une sécurité à mes sentiments pour toi. Ce que ma bouche ne peut pas exprimer, ma main te l’écrira.

Mon amour, nous ne sommes pas maîtres du destin. Nos capacités humaines sont limitées. Nous savons peu de choses de ce qui pourra réellement nous rendre heureux de manière durable à l’avenir. Par conséquent, aujourd’hui même, je t’invite à te joindre à moi dans chaque bout de ces phrases. Partageons ensembles tout le bonheur que nous apportent ces morceaux de texte, traduisant le contenu de nos belles amours partagées.

Fabie, je n’ai pas l’intention d’implorer ta pitié. Mais, je le sais et je l’avoue : je n’ai pas souvent la dextérité nécessaire pour bien exprimer tout ce que je ressens pour toi, surtout quand je suis en ta compagnie. Cependant, c’est toujours avec une émotion de bienfaisance, de te parler par ces textes, dont le ton varie parfois entre la joie de ta présence et la nostalgie de ton absence.

Pour finir. Sache que cette passion de t’écrire me procure toujours une espèce de bonheur intérieur, bénéfique à mon épanouissement émotionnel. C’est entre autres une manière de t’aimer encore plus au-delà de mes phrases, souffrant quelquefois d’un certain esthétisme syntaxique et sémantique.

Ton chéri qui t’aime.

Osman Jérôme


Haïti : transports en commun ou suicide collectif

Transport en commun en Haïti (C) Osman
Transport en commun en Haïti (C) Osman

L’impraticabilité des routes, le mauvais état des véhicules, la résilience des passagers, l’irresponsabilité des autorités, autant de variables dont il faut tenir en compte dans la problématique du transport terrestre en Haïti. Certains efforts ont été déployés ces dernières années par le secteur privé pour améliorer la situation, mais les inquiétudes persistent. Il faut bien dire que les autorités compétentes n’ont quasiment pas montré d’intérêt à l’idée d’assurer un service de transport en commun de qualité. En attendant, on ne cesse de compter de nouvelles victimes sur les différents réseaux routiers du pays, à cause des nombreux accidents de circulation.

Je reviens de la République dominicaine. C’était un vendredi de marché binational. Comme à pareille occasion, Ouanaminthe (ville frontalière entre Haïti et la République dominicaine) est en effervescence. Les rues connaissent une allure agitée : le commerce informel s’approprie le trottoir, sans oublier le klaxon des camions, l’agressivité des chauffeurs, la dextérité des détrousseurs, la courtoisie des rançonneurs…

Midi approchait. Les gens étaient de plus en plus pressés. Pour atteindre la gare principale, je fis appel à une motocyclette. Comme tant d’autres, le jeune conducteur fit preuve de peu de prudence sur la route, on a failli être renversés par un poids lourd rempli de marchandises !

Ce petit instant de panique passé, nous sommes finalement bien arrivés jusque l’avenue Soleil. Ici, sur une portion de terre inoccupée, on trouve ce que les gens appellent « gare » par abus de langage. Car, il n’y a vraiment aucune structure digne de ce nom. Ce matin encore, la station projetait le même visage de toujours : beaucoup de minibus éparpillés çà et là, des motos anarchiquement stationnées, des restaurants à ciel ouvert, des marchands de sucreries, de breuvages, de recharges téléphoniques, des cambistes aux discours monotones, etc. Une véritable agitation, une sorte de folie collective.

Avec un front plissé d’irritation, d’un geste de la main, un homme indique aux passagers le minibus à bord duquel nous pouvons monter. Dans un désordre généralisé, des passagers se bousculent et se piétinent. On veut tous avoir une « bonne place » à bord du véhicule, qui ressemble plutôt à une carcasse à moteur.

En un court instant, le minibus, conçu pour une dizaine de passagers, est presque rempli d’une vingtaine de personnes. Mais le conducteur n’est pas encore prêt à démarrer. La chaleur devient de plus en plus épuisante. Entassés comme des sardines, les uns contre les autres, certains passagers commencent à gronder. Alors que certains en ont franchement marre de  devoir s’accommoder de situations inacceptables, d’autres en revanche ne trouvent pas  incommode de voyager dans de telles conditions, lesquelles conditions mettent pourtant en danger la vie des transportés.

Après quelques injures lancées par des passagers à bout de patience, le conducteur s’apprête enfin à démarrer. Mais à l’extérieur une dame avec deux sacs remplis à ras bord lui fait signe de s’arrêter. Avec une insolence sans nom, le conducteur demande aux passagers de se pousser un peu plus. On doit absolument faire une place à la passagère, car c’est sa cliente. Un monsieur, venant de la République dominicaine, visiblement inconfortable dans son siège tente de riposter. Dans un créole mélangé de certaines expressions espagnoles, il qualifie l’attitude du chauffeur d’un manque de respect à l’égard des passagers, transportés comme des troupeaux.

Il arrive souvent que l’on reproche aux chauffeurs haïtiens des transport urbain d’être avares. Même si le véhicule est rempli au point d’être renversé à tout moment, ils refusent de laisser un passager au profit d’un autre. Évidemment, les passagers se laissent souvent prendre au piège, au péril de leur vie. Bref, revenons à notre récit.

Déjà une trentaine de minutes que nous sommes en route. On s’approche de Terrier Rouge. Au milieu de ma rangée, une dame porte difficilement un bébé sur ses genoux. Coincé au point d’être asphyxié, l’enfant n’arrête pas de pleurer. Sa respiration devient de plus en plus difficile, finalement il s’évanouit quelques minutes plus tard. Je ne sais pas par quelle magie, certaines interventions ont heureusement permis à l’innocent de se reprendre. Et, entre les gags des uns, les conneries des autres, le trajet continua, comme si rien n’était.

Après un moment, un jeune homme à l’apparence suspecte, après avoir ingurgité un dernier coup de son flacon de rhum, se mit à reprocher au chauffeur d’être trop lent au volant du véhicule. Ainsi, au grand dam de la prudence, sur ce minuscule espace de la route nationale #6, le chauffeur se lança dans une course contre une autre camionnette, dont on distinguait mal si elle transportait des humains ou des marchandises. Si cette action « malhonnête » a été encouragée par beaucoup de passagers en manque de bon sens, mais elle a aussi soulevé la colère de beaucoup d’autres, dont cette dame enceinte, qui traitait le conducteur de toutes les insultes du Petit Robert.

Transport en commun en Haïti- © Osman Jérôme

Je ne voudrais pas être cynique dans mes propos. Mais pour des Haïtiens, habitués au petit confort de leurs voitures privées, l’évocation des transports publics renvoie directement au dégoût, au stress, au chaos. Parce-que, dans la majorité des cas, les trajets sont faits dans des conditions inhumaines.

Qui contrôle l’état des véhicules ? Y-a-t-il des syndicats pour régulariser le secteur des transports en commun ? Les chauffeurs ne roulent-ils pas au gré de leur humeur ? Entre l’irresponsabilité des directeurs, l’imprudence des passagers, l’amateurisme des conducteurs, les transports en commun sont comparables à un suicide collectif en Haïti.

Osman Jérôme