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Politique ivoirienne ou la mort de la jeunesse

Selon une étude menée par l’institut de sondage Afrobaromètre et publiée sur le site de Radio France Internationale (RFI), « les jeunes sont intéressés par les débats publics mais ne sont pas pleinement engagés dans les processus politiques ». Cela se vérifie d’autant plus en Côte d’Ivoire où on oserait dire même que la jeunesse ne s’intéresse pas à la chose politique.

Depuis son indépendance, la politique ivoirienne est dominée par une même génération : la génération des collaborateurs et opposants au père fondateur. La nouvelle génération, celle qui n’a pas connu Nanan Houphouët.

Où est la jeunesse ? La nouvelle génération ? Pourquoi ce vide ?

La politique des beaux discours

Le Président de la République ivoirienne affirmait : « Nous devons travailler pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération de manière démocratique en 2020 ». Cela m’a emmené à me poser une question : dans la politique ivoirienne, c’est quoi la « nouvelle génération  » ? La question mérite vraiment d’être posée dans la mesure où dans les faits, la jeunesse est loin d’être engagée en politique. On prépare tellement la jeunesse à prendre la relève que parmi les 33 sénateurs nommés tout dernièrement par le Président de république, aucun n’est jeune. Tous sont des gens qui « mangent depuis longtemps ».

Les responsables des partis politiques ivoiriens sont, dans leur très grande majorité, au moins sexagénaires. Et quand on entend des jeunes dire de quelqu’un qui a 80 ans qu’il est le garant de l’avenir du pays, il est temps de se poser les questions.

Mais c’est quoi le problème ?

Un sondage a été lancé sur plusieurs fora célèbres en Côte d’Ivoire tels que ODCI (Observatoire Démocratique en Côte d’Ivoire), OLCI (Observatoire Libre de Côte d’Ivoire) et Le Café d’Eburnie. Ces fora revendiquent, dans leur totalité, plus de 300.000 membres dont une majorité jeune. Sur deux semaines, un cinquante de personne a participé au sondage. Oui le nombre est faible mais le simple fait de dire que c’est un sondage « sur la politique » a participé à repousser les jeunes. De cette étude, il ressort 100 % des sondés n’est pas membre d’un parti politique pendant que 66 % n’est pas membre d’une quelconque association, fusse-t-elle locale et n’est pas prête à s’y engager.

A la question de savoir pourquoi ce désengagement, on reçoit, de la part de jeunes des réponses telles que : « pas intéressé » ou encore « La politique sous nos cieux est un monde sans pitié ou il faut avoir de bons parrains sinon tu deviens une chair à canon ». Quand certains osent donner leur avis sur les hommes et femmes politiques ivoiriens, il ne faut pas s’étonner de lire des choses tels que « Tous opportunistes et malhonnêtes mais c’est cela même la définition de politique je pense ».

Et pourtant !

La totalité des jeunes sondés ont déjà voté. Ils ont pris part aux élections présidentielles de 2010 pour les plus anciens et 2015 pour les jeunes. Ils voteront bien en 2020 mais ne feront pas plus que cela. Un jeune interrogé a bien voulu donner son avis sur ces prochaines élections présidentielles de 2020. Il dit ceci : « Je souhaiterais d’abord que cette CEI (la commission électorale Indépendante, chargé de l’organisation des élections) actuelle soit dissoute, que le nouveau président soit de la société civile. Qu’on refasse le découpage électoral, un nouveau listing électoral, que la population en majorité la jeunesse aille voter massivement et que le respect des règles du jeu soit observé pour la paix ». Donc, il est conscient de la situation politique du pays et sais que si rien n’est fait, le pays n’est pas à l’abris d’une prochaine situation de crise.

Des révolutionnaires du salon ?

Quand on est un habitué des réseaux sociaux ivoiriens, on a forcement remarqué que les jeunes ivoiriens sont très virulents, très tranchants et prêts à tous pour leur candidat, leur camp politique. Ainsi, ils se livrent très régulièrement à des publications, analyses et commentaires à faire passer Gauthier RYBINSKI (célèbre analyste politique de France24) pour un amateur. On peut citer entre autres Kyria Doukouré, Lassina Dosso, et bien d’autres avatars comme Arête de poisson et Adjovan Agni. Sur Facebook ils sont maîtres des claviers, experts en arguments et spécialistes en justifications mais dans la vie réelle, très peu sont présents, très peu sont engagés.

Ils sont bons pour critiquer mais n’osent jamais s’engager pour appliquer, prendre leur part dans l’arène.

Les hommes du sale boulot

Malgré son absence dans les instances de décision et d’actions positives, cette jeunesse est pourtant le bras armé des hommes et femmes politiques, quand il s’agit de faire les sales besognes. C’est ainsi qu’on verra les jeunes dans les actes de violences, les attaques et autres actes de vandalisme… pour quelques billets de banque. Voilà à quoi elle est réduite.

Ceux qui ne sont pas violents et qui s’engagent ne sont pas mieux lotis. En effet, ils sont bien pour arborer les tee-shirts de campagnes, applaudir sous le soleil et faire le bourrage des salles pour que les photos puissent montrer la force mobilisation du parrain. En réalité, très peu dans ces salles sont là par conviction. Il y a un slogan bien connu dans les rues d’Abidjan qui dit « Lui il a donné, on a criée pour lui wouhooooo, l’autre est venu on a criée pour lui aussi whouhooooo. Tant qu’il donne, nous on prend et on  crie wouhooo pour lui ».

A l’heure de la mondialisation, la jeunesse doit prendre ses responsabilités. On ne devrait pas accepter d’être dirigés par les ancêtres qui sont très souvent déconnectés des réalités du moment. Avec le pouvoir qu’offrent les réseaux sociaux, les médias et surtout vu la vitesse à laquelle va le monde, le vieux, les doyens ont vraiment du mal à suivre. Les fils ont échoué à bâtir l’éléphant d’Afrique, les refondateurs n’ont pas pu refonder le pays et les commerçants ne nous donneront pas l’émergence qu’ils nous ont promis pour 2020.

Jeune, lève-toi et prends ton destin en main.


Malparlage ivoirien, doit-on en rire ou en pleurer?

Malparlage, de quoi on parle ?

Pour ceux qui ne sont pas du coin, commençons par un petit glossaire pour toute de suite vous mettre dans le bain. C’est quoi le malparlage ? Selon le dictionnaire classique abidjanais (pas la peine de chercher le dictionnaire dans une librairie, vous ne le trouverez pas), le malparlage tire son origine de deux mots : « mal » et « parler ». Ainsi, le malparlage est l’art de parler mal, de répondre par la meilleure invective, quitte à être grossier ou vulgaire, afin d’avoir le maximum de réaction (like, d’autres commentaires) sur les réseaux sociaux.

Maintenant que vous savez ce que c’est, à nous aller !

Le phénomène existe sur les réseaux sociaux ivoiriens depuis des années. Bon nombre d’internautes de pays africains francophones (Burkina Faso, Mali, Guinée et Cameroun surtout) savent depuis longtemps qu’il ne faut pas avoir affaire aux ivoiriens car « si c’est buzz vous chercher, on va vous donner », comme on dit à Abidjan. Ce phénomène a pris une autre tournure depuis le boom des pages et groupe ivoiriens sur facebook. Des pages telles que « frist magazine et frist mag », « rumeurs d’abidjan », etc ou bien des groupes commes « ODCI » ou « OLCI ». Pages et groupes qui sont suivis par des milliers d’ivoiriens mais surtout par beaucoup de facebooker africains francophones.

Au début c’était amusant…

Au début c’était bien amusant de remarquer les publications et commentaires ivoiriens. Comme on dit ici à Abidjan, « quand c’est ivoirien qui a écrit, on sait ». Cela dénotait d’une originalité bien de chez nous et amusait la galerie. Nos frères Kamers (Camerounais) en savent quelque chose.

Mais là, on ne rigole plus…

Depuis quelque temps, l’art de répondre de façon circonstanciée a laissé place à l’art de chercher le buzz par tous les moyens. L’ivoirien est celui qui ris de tout, qui tourne tout à la dérision, qui se moque de tout, dans le but de se faire des likes.

Vos postez votre sujet sérieux dans l’optique d’avoir soit une solution ou tout au moins des orientations ou retours d’expérience, vous verrez un malparleur venir vous sortir une tirade tout droit sortie de son cerveaux tordu à la recherche de buzz.Ensuite quelqu’un viendra le rappeler à l’ordre en sous commentaire, un autre viendra traiter ce dernier de donneur de leçon, ainsi de suite…

malparlage225
Juste pour un rien
source: malparlage225

A la fin, le « chercheur de buzz » aura eu raison de votre publication car au lieu de se concentrer sur la publication qui peut s’avérer importante, les regards sont tournés vers les commentaires les plus ironiques, les plus virulents. C’est tellement devenu un fait coutumier des réseaux sociaux « chez nous ici » que des pages sont crées pour recenser les meilleures « frappes ». Des pages comme « malparlage225 ».

malparlage225
l’art d’être le plus virulent
Source: malparlage225

Et les administrateur de ces groupes?

Avec l’arrivée des smartphones et l’internet portable, tout le monde peut créer une page ou un groupe facebook. Cependant, ce que tout le monde ignore, c’est la responsabilité qu’incombe la création de cette page ou de ce groupe. Et pourtant, « le rôle de d’administrateur manager est notamment caractérisé par des droits et des obligations. Il est chargé de veiller à ce qu’aucune violation des droits des individus, d’auteur ou liée à la marque ne soit portée. Donc, ils sont aussi responsables si des délits effectués dans le cadre de la liberté d’expression se produisent sur la page (incitation à la haine, racisme, homophobie, etc.). Fondamentalement, un administrateur gestionnaire Facebook est le responsable principal de la page, notamment au niveau légal ». Source : fr.ryte.com

Les commentateurs ne sont pas pour autant épargnés. En effet, tenir des propos haineux ou s’attaquer à des personnes sur les réseaux sociaux peuvent vous valoir la prison. Et dans ce domaine, il existe déjà une jurisprudence en Côte d’Ivoire. Un individu a déjà été condamné pour avoir tenu des propos haineux sur Facebook comme le relate africanews.fr

Sans considération politique aucune, une député de la république a fait une peine de prison pour des propos tenus sur tweeter. Cela démontre bien de l’importance ou de la responsabilité de chaque publication, chaque commentaire et même chaque like sur les réseaux sociaux; ce que semble ignorer la plupart des internautes.

Il est vrai qu’on milite tous pour la liberté d’expression mais il est aussi vrai que chacun doit se sentir responsable de ce qu’il publie, ce qu’il commente et ce qu’il partage.

La liberté d’expression via les médias doit se faire dans le respect de l’article 3 de la Loi n° 2017-868 du 27 décembre 2017 portant régime juridique de la communication audiovisuelle.


À ma fille : père apeuré mais père heureux

À toi ma fille,

Je sais que tu ne liras pas ces lignes avant bon nombre d’années, mais il fallait que j’écrive. J’écris quand je n’en peux plus, j’écris quand je suis heureux, j’écris pour passer le temps mais j’écris pour transmettre… Alors ma fille, tu liras quand tu pourras. Je ne sais pas chanter comme Soprano à Inaya mais je te garde ces lignes qui sont miennes, qui sont mes émotions…

Je n’ai pas programmé ta naissance pour maintenant mais j’ai ce que je mérite. J’ai le mérite de t’avoir, j’ai la chance de t’avoir. La joie de te voir sourire pour rien n’a d’égale que la panique de la nouvelle de ta conception.

Ce jour-là, cette fille, cette dame, bébé maman, toute aussi paniquée, a bouleversé ma vie. Une tonne d’idées m’est passée par la tête, je t’en fais l’économie. Je sais que tu seras amenée à comprendre un jour.

Que faire ?

Passé le temps de la panique, j’ai fait ce que je fais quand je ne sais que faire : je parle à ton homonyme, ta grand-mère, cette dame qui était, qui est et qui sera là pour moi et depuis peu, pour toi aussi.

J‘ai fait le tour de tous les sites pour savoir quoi faire. Mais au fond, je savais ce que j’avais à faire : préparer et attendre ta naissance.

Puis enfin !

Ce lundi-là, de toute la journée, j’avais la peur et la panique pendant que ta mère avait peur, panique plus douleur ! Enfin, j’ai entendu ce son, le son de ta voix, le son de tes pleurs : oui j’étais soulagé ! Nous étions soulagés ! Ta grand-mère, ton grand-père, ta tante, tous réunis dans cet hôpital !

Je sais que tu ne liras pas ces lignes avant longtemps, mais sache que tes prénoms ne sont pas dus au hasard ! De ta grand-mère et homonyme tu apprendras détermination, gentillesse, disponibilité et courage. Avec ton deuxième prénom, tu rejoindras les powergirls ! Ces filles qui ont fait le choix de ne pas être comme les autres, qui ont décidé d’en faire qu’à leur tête mais surtout qui en ont dans la tête ! Bien avant que tu ne puisses lire ces lignes, ma fille, tu auras rejoins la bande !

Demain n’est pas loin…

Oui, demain n’est pas loin ! Il te faudra savoir lire avant d’aller à l’école, pouvoir dire NON là où tout le monde dit oui, dire et assumer, faire et justifier, ne pas suivre pour suivre mais accepter d’être seule par principe ! Heureusement, tu seras à la bonne école !

Bienvenue maman…


POLICE SECOURS, un groupe Facebook d’utilité publique en Côte d’Ivoire

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui incontournables dans tous les domaines de la vie quotidienne. Les Ivoiriens ne sont pas en reste de ce monde de publications, de commentaires, de likes et de partages. Tout comme le groupe « avant-avant »POLICE SECOURS (urgences : 100/111. 20250040), se révèle être l’un des meilleurs groupes ivoiriens. A mon avis, il est le meilleur en matière d’utilité publique.

POLICE SECOURS (urgences : 100/111. 20250040), suivez le guide

Créé le 28 août 2015 et comptant à ce jour 330 101 membres, le principe de fonctionnement de ce groupe interactif est très simple. Il est expliqué dans une charte. En quelques mots, la description du groupe se veut explicite : « Ce GROUPE POLICE SECOURS à été créé dans le but de battre en brèche tous les préjugés, toutes les méfiances, et déception des citoyens vis-à-vis de la police et plus largement des forces de l’ordre. »

L’objectif est de répondre aux urgences et de mettre en relation citoyens et unités d’intervention sécuritaire et sanitaire. Tout individu, témoin ou victime de scènes de corruption, de racket, d’abus de pouvoir, d’accident de circulation, d’incendie, d’embouteillage, de corps abandonnés ou de n’importe quel type de dysfonctionnements semblables à ceux cités plus haut, pourra le signaler sur ce forum. En outre, les membres sont invités à faire des publications dans le but de s’informer, de former, mieux, de susciter le débat autour d’un thème en rapport avec la sécurité. 

Ainsi, toutes les publications sont d’utilité publique. Contrairement à d’autres groupes, les publications de Police Secours, ne visent pas le maximum de likes ou de commentaires. Elles visent juste à régler une situation ou  informer sur un sujet ou problème précis.

Des conseils utiles
Capture d’écran: Aubin Krah

Une bonne organisation

A travers un système de hashtags (ou mots-clés en français) comme: #Cie, #Sodeci, #Embout, #Infos, etc., chaque publication est codifiée et une fois le problème pris en charge par un des administrateur ou l’organe adéquat, les commentaires peuvent être désactivés. Bien qu’il se veut groupe sérieux, les publications sur POLICE SECOURS ne sont pas envoyées à un administrateur pour approbation avant parution. On pourrait être surpris par cette méthode mais on part sur le principe de l’urgence et de la bonne foi ou la responsabilité de l’auteur. En effet, vu qu’il peut y avoir des urgences, une publication non approuvée à temps peut être préjudiciable. Donc libre à chacun de publier tout en respectant la charte du groupe.

Des conseils utiles
Capture d’écran: Aubin Krah

Et pourtant, malgré son caractère utile, POLICE SECOURS (urgences : 100/111. 20250040) ne manque pas de recevoir des publications hors contextes. Le monde serait parfait si ce n’était pas le cas. Heureusement, ces publications qui ne respectent pas la charte sont très vite signalées, modifiées ou supprimées par un administrateur ou un modérateur.

Une question de bonne volonté

En dehors de certaines pages officielles de forces de l’ordre, le groupe est administré par des bénévoles qui abattent un formidable boulot. Ce travail est reconnu à travers certaines distinctions et même un article sur le portail officiel du gouvernement. Donc, c‘est le moment de reconnaître la valeur qu’on peut créer avec les réseaux sociaux. Ainsi, au lieu de passer notre temps à nous invectiver sur ODCI (un autre célèbre groupe ivoirien), rendons-nous vraiment utiles sur POLICE SECOURS (urgences : 100/111. 20250040).

Une publication Police secours
Capture d’écran: Aubin Krah


En pleine nature : chronique d’une fête simple et bien vécue

Le pourquoi du comment

Fatigué de faire toujours les mêmes choses lors des fêtes dans la ville d’Abidjan, je me décide à vivre une nouvelle expérience : une fête au campement. Loin de toute ville et même de tout village, en pleine forêt, en pleine plantation.

Le départ

Tout commence par le départ de la ville d’Abidjan. D’abord, après quelques achats nécessaires (articles de cuisine mais surtout quelques vins), nous voilà en route pour Brofodoumé. Chez nous, il ne peut y avoir de bonne fête sans bon vin. Brofodoumé est un grand village au nord d’Abidjan, sur l’axe Abidjan-Alépé. Il est surtout connu pour son complexe hôtelier dénommé Green-Valley. Après une trentaine de minutes dans un gbaka, nous y voilà.

En route pour l’aventure

Après quelques heures à flâner, à boire quelques bières et à visiter le village, nous nous mettons en marche pour notre destination. Ici, il n’est pas question de véhicule car la voie à emprunter n’est pas accessible en voiture, ni même à moto… Vous allez comprendre pourquoi.

Deux heures de marche plus tard, nous voilà face à la Mé, rivière qui traverse la région du même nom. Impossible de traverser à pied car il n’existe pas de pont. Impossible aussi d’y accéder à moto… Nous devons continuer en pirogue. Moi qui voulais vivre une autre expérience, c’est ma première fois en pirogue. Pas besoin de vous en faire une description : jugez-en par vous même à travers la vidéo de ma traversée.

Encore trois heures de march, à travers les plantations de café, cacao, hévéa et divers campements, et nous arrivons à destination. Une maison faite en banco, perdue au milieu de nulle part, dans une plantation de cacao. C’est déjà la tombée de la nuit. Le campement le plus proche est à vingt minutes de marche.

Au campement

Viva la fiesta !

A peine arrivés et juste après l’échange de quelques civilités (protocole oblige), nous sommes devenus des habitués du coin. La fête peut commencer. Avec un bidon de bandji (boisson extraite du palmier bien connue des ivoiriens). Après le bandji, place au koutoukou (boisson obtenue à partie de la fermentation puis distillation du bandji). Et bien sûr, nous n’en sommes qu’au début. Avant même d’avoir mis le pied dans la chambre qui nous a été réservée, j’avais déjà pris ma dose. J’avais le tournis. Les journées pendant cette fête se ressemblent toutes : on se reveille en bandji, on mange, on boit, on mange et boit encore. Tout cela dans une ambiance de fou !

Bidon de bandji
Crédit Photo: Aubin Krah

Loin de tout plaisir exagéré, loin du luxe qu’on s’efforçait d’avoir ou de désirer, je découvre le goût des choses simples. Je découvre la valeur d’un litre de koutoukou de 1000 F CFA, là où nous nous efforcions d’acheter un champoupou (champagne) à 20 000 l’unité. Je découvre le rituel, la cérémonie qu’il peut y avoir autour d’un bidon de bandji. Un poulet tué et dégusté à 1 heure du matin, le partage de tout, même d’un bout de pain qu’on aurait négligé en ville.

Tout se partage
Crédit Photo: Aubin Krah

Pour se laver, je ne vous en dis pas plus, voyez par vous-même :

Une photo avant le bain
Crédit photo: Aubin Krah

Toute bonne chose a une fin

Après 3 jours à dormir à peine 3 heures par nuit, à faire le fou avec des gens que, quelque jours auparavant, je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve, il est temps de faire le chemin du retour. Bien sûr avec une pincée de regret du temps qui passe très (trop) vite.

La leçon d’une fête réussie

Ce que je retiens de cette expérience, c’est le plaisir et le bonheur que peuvent procurer les choses simples. Le plus remarquable, ce sont des gens qui vous accueillent comme si vous étiez des leurs depuis votre naissance. Ce qu’il faut savoir c’est que le bonheur ne se mesure pas à la qualité des moments qu’on passe, mais à la qualité des gens avec qui on les passe, ces moments.

Rendez-vous est pris pour une autre expérience bientôt, mais cette fois, ailleurs.

Belle fut la fête
La photo de famille Crédit photo : Aubin Krah

 

 


Que faire de ma vie ? Chronique d’un égaré

Je me demande s’il y a une question dont la réponse est plus difficile à trouver que celle-là ! Que faire de ma vie ?

Une vie à reculons

On en arrive tous à un point de la vie où on a l’impression que tout s’est arrêté. A défaut de reculer, on fait du surplace. Une chose est sûre, on n’avance pas. Et comme tout bouge et que celui qui n’avance pas recule, alors, oui, je recule. Ma vie va à reculons !

L’école arrêtée à un niveau que je ne souhaitais pas… Des brouillons de livre jamais osé faire éditer… Sympathisant de nombreux groupes politique, mais membre d’aucun… Entreprendre ? J’ai bien essayé mais jamais fini la rédaction de mon projet… Créé des groupes Facebook, Whatsapp, mais abandonnés ensuite… Commencé des formations en ligne mais jamais terminées…

Créer un blog ! Ah oui j’ai réussi à me faire prendre par Mondoblog, mais en panne d’inspiration depuis presque une année, avec une dizaine de bouillons d’articles non mis en ligne.

Écrire cet article : trois pauses de plusieurs journées chacune.

Chrétien, athée, franc-maçon, animiste, j’ai eu des difficultés avec tous les prophètes à qui j’ai toujours trouvé la panne !

Des sites de psychologie, j’en ai essayé !

Où habite Dieu en Côte d’Ivoire?

Et pourtant…

Et pourtant je suis brillant d’esprit. Où du moins je pense être brillant. Alors que m’arrive-t-il ?

Que faire de ma vie ?

On a tous traversé cet instant de désarroi où on a l’impression que rien ne nous réussit. Manque de satisfaction face aux acquis ou réel manque d’acquis ?

Ne vous attendez pas à ce que je vous réponde car je ne sais pas où j’en suis dans la vie !

Heureusement dans ce genre de moment, j’écris un article grâce à mon blog à 1 heure du matin, je ferme les yeux et m’endors.

Demain est un autre jour avec ses challenges. Il faut que je sois prêt.

 


Mondial de foot, comment suivre sans télé chez soi?

Le monde entier est en ébullition depuis le 14 juin dernier et ce jusqu’au 15 juillet prochain: c’est l’heure du mondial, la coupe de monde de foot, qui se déroule cette année en Russie. Toutes les chaines de télé mondiales diffusent cet évènement planétaire. Mais comment suivre ce mondial si l’on n’a pas de télévision chez soi? Quelques conseils…

Les télévisions communes:

Depuis le lancement officiel du mondial, un tour dans les rues d’Abidjan vous fera forcement voir cette scène:

Prêt à tout pour le mondial

Il s’agit de petit (ou grand) attroupement devant un kiosque à café ou devant un atelier de réparation ou un magasin de vente de télévision. Ce genre d’endroit dispose de télévision « publique », que tout le monde peut regarder, sans frais. Cela nécessite d’avoir le muscle des jambes bien solide. En effet, en général il n’y pas de place assise. Aussi, vous serez à la merci du soleil comme de la pluie puisque vous êtes à découvert.

J’ai

En outre, si vous êtes prêts à dépenser quelques francs CFA, vous pouvez suivre les matchs de votre équipe favorite du mondial, assis bien confortablement dans un maquis, tout en partageant des bières avec des amis. Plusieurs espaces sont ainsi aménagées dans la vie d’Abidjan.

Espace aménagée spécial mondial

Au delà de la télévision, plusieurs option vous restent pour ne rien louper de cet évènement planétaire.

La télévision du voisin

En Afrique, on a le sens du partage. Le Mondial 2018 est encore un moment pour vivre cette solidarité à l’africaine. Votre télé est en panne ou n’en possédez pas du tout ? Inutile de s’alarmer. Priez pour que votre voisin ait sa télévision. Sa maison peut vous accueillir le temps d’un match de foot. Avec votre « voiz », comme on dit à Abidjan, vous pourrez pousser les équipes africaines à la victoire. Mais attention, pour cela, il faut qu’avant le début du Mondial, le voisin et vous ayez de bonnes relations et surtout que sa femme soit de bonne humeur sinon dites adieu à la Russie !

La bonne vielle radio

La radio reste le moyen le plus pratique pour suivre ce mondial. En effet, pour tous ceux qui sont mobiles ou trop occupés pour s’asseoir devant la télévision, toutes les chaines de radio font de la retransmission avec des commentaires à couper le souffle. RFI, BBC AFRIQUE, NRJI, VOA AFRIQUE et bien d’autres, le choix ne manque pas. Et étant donné que tous les téléphones disposent de radio, pas besoin de dépenser un seul franc.

MONDIAL 2.0

Pour tous ceux qui sont de la génération TIC, suivre  le mondial est un jeu d’enfant. En effet, presque toutes chaines de télévision (la radio télédiffusion ivoirienne) font de la diffusion en direct sur leurs sites internet donc l’on peut toujours suivre les dribles de Christiano Ronaldo, les débordements de la Pulga et voir les belles chemises blanches d’Hervé Renard sur son ordinateur au bureau. D’autres sites comme www.stream-foot.fr sont spécialisées dans la diffusion en streaming et vous feront voir tous les matchs ou presque.

En plus plus, vous pouvez avoir toutes les informations sur le mondial en temps réels à travers les nombreuses applications mises en ligne sur playstore pour Android ou sur Appstore pour les autres.

Les appli du mondial

La plus connue est « Coupe du Monde de la Fifa, Russies 2018 », application mise en ligne par la FIFA.

Avec tous ces moyens dont vous disposez dès à présent, vous n’avez pas d’excuses pour louper la coupe de monde de foot qui se déroule dans le pays des Tsars!

 

Article publié par Krah Aubin en collaboration Avec Konan Richard Kouassi


Réconciliation ou guerre des tranchées en Côte d’Ivoire

Depuis la crise post-électorale de 2010 en Côte d’Ivoire, beaucoup a été fait pour la réconciliation en Côte d’Ivoire (CDVR, retour des réfugiés, procès, etc.). Pourtant, fort est de reconnaître que la réconciliation est loin d’être acquise; du moins sur les réseaux sociaux. La virulence des propos, des injures, la carence d’idée et d’arguments, les attaques verbales, le manque de respect et de courtoisie, voici le vrai visage de la réconciliation (sur les réseaux sociaux) en Côte d’Ivoire.

Et pourtant c’est vrai

GOR et ADOrateurs, impossible réconciliation

Pour les ivoiriens, « GOR » (Gbagbo Ou Rien) et « ADOrateurs » (partisans du parti au pouvoir) ne sont pas une découverte. Partout sur les réseaux sociaux, l’on rencontre ces termes qui défissent clairement les positions de chacun. Avoir un parti-pris dans la politique de son pays n’est que normal mais ne pas savoir l’exprimer, voilà le mal! Pendant que les langues officielles prêchent la réconciliation, la guerre des tranchées est ouverte. Ce dossier du site Abidjan.net nous montre clairement les actions posées pour la réconciliation. Toute opinion contraire à celle de l’autre attire tout de suite la foudre. Les injures ont pignon sur rue et l’argumentation, la guerre des idées, non merci!

Et s’il nous expliquait?

Pour chacun, leur mentor serait un dieu qu’il ne faut absolument pas critiquer. L’expression des opinions politique ne se font plus à l’aide d’argument ou d’idée mais à travers des propos injurieux. Le bon sens a foutu le camp. Le groupe Facebook REPUBLIQUE-PATRIE-NATION est un exemple même de ce besoin de désarmer les cœurs, d’élever le niveau du débat et d’aller à la vraie réconciliation. On ne débat pas sur Facebook, on s’insulte. Cela montre le niveau très bas de la culture politique.

Où allons nous?

Uniquement le peuple?

Il ne faut pas croire que le niveau très bas du débat politique ivoirien soit l’apanage du « petit peuple ». Non monsieur! Des leaders politique, qui auraient du être les premiers à élever le débat, descendent souvent dans la boue. Ces articles de L’infodrome, de Ivoiresoir.net démontrent qu’on n’est pas sorti de l’auberge! Des journaux même se permettent de mettre de tels propos à la UNE et sans que rien n’y fit!

Mettre une UNE pareille ailleurs serait un motif de procédure judiciaire.
En pleine UNE

Réconciliation est-elle encore possible?

Heureusement oui! Dorénavant, de plus en plus des voix s’élèvent pour dénoncer cette bassesse du niveau politique. Les ivoiriens comprennent au fur et à mesure que le temps passe mais le pays demeure. L’on doit apprendre à faire la politique autrement, à proposer des idées, à débattre sans abattre, à convaincre sans vaincre. Certains comme Andre Silver Konan à travers ses articles, invitent effectivement à élever le niveau du débat. Nous y avons tous quelque chose à gagner.

Pour la réconciliation
Helas!

HÉLAS !


Y a pas monnaie! Ou la guerre des jetons!

Mais où sont les jetons?

Les ivoiriens ont eu vite fait de s’habituer à une pénurie pas comme les autres: les jetons, la petite monnaie. Effectuer des achats qui nécessitent la petite monnaie est devenu un vrai supplice.

Montez avec la monnaie!

Les gbakas et les problèmes de monnaie
Montez avec la monnaie

Si vous êtes usager des taxis communaux et autres gbakas (mini-car de transport urbains), vous avez déjà entendu cette phrase. Vous en avez sûrement déjà été victime. « Y a pas monnaie »! Voilà une des phrase les plus entendues quand vous faites les courses à Abidjan. En effet, une fois dans un gbaka, vous avez intérêt à avoir le montant exact de votre course. Autrement, vous risquez que l’apprenti parte avec votre argent, ou, dans le meilleur des cas, qu’il vous associe. Vous associez, c’est vous remettre un billet équivalent à la monnaie de tous et à vous de vous débrouillez! Souvent, cela finit en bagarre comme le montre cette vidéo du très sérieux site d’information koaci.com.

Et ils ne sont pas les seuls!

En 2017, une décision avait créé un tollé général auprès des usagers du pont Henry Konan Bedié, communément appelé 3ème pont. En effet, le gestionnaire de ce pont avait décidé que les usagers devraient arriver au point à paiement, comme le montrer cet article de Linfodrome, avec le montant exact de monnaie. Encore une affaire de jetons! Ce n’est qu’après la décision de boycott par les usagers que cette mesure a été retirée.

Dans les marchés, dans les transports (même la société de transport abidjanais Sotra), dans les pharmacies (on vous donne toujours des bonbons à la place de vos pièces d’argent), partout on vous dit la même chose : préparez la monnaie. Alors question:

MAIS OU SONT LES PIÈCES?

L’on est bien en droit de se poser la question. D’après les indiscrétions de la rue d’Abidjan, la monnaie ferait l’objet d’un trafic de « mafieux ». Ceux-ci créeraient un manque pour ensuite revendre la même monnaie. Infos ou intox, on ne saurait le dire.

Cependant, nombreux sont ceux qui ont vu, dans les gares d’Abidjan, ces vendeuses d’eau en sachet (bien que le sachet soit interdit) et autre papier Lotus, qui pour un achat de 100 F cfa, vous font la monnaie de 5 000 F CFA. Où trouvent-elles cette monnaie qui fait tant défaut?

Question : n’est-ce-pas cette même monnaie qu’on nous oblige à donner dans les gbakas qui se retrouve là? Ce n’est peut-être pas la mafia, mais un circuit simple: l’apprenti gbaka vous oblige à donner la monnaie, il le revend ensuite à une vendeuse qui, vous oblige à faire des achats afin d’avoir cette même monnaie pour vous déplacer!

Qu’est ce qui est fait?

Comme d’habitude, l’Etat ne sait pas ce qu’il se passe ou du moins, fait semblant de ne pas savoir ce qu’il se passe. Car, dans ce monde de « préparez la monnaie », le seul perdant, c’est le consommateur. Quant aux associations de consommateurs ou la banque centrale, je pense qu’elles ne sont pas encore informée de ce problème car rien n’est fait!

 


Le transport en Côte d’ivoire, le désordre volontaire.

Je l’ai dit, l’ivoirien a un problème avec les règles, la loi! Et le secteur du transport ne déroge pas à cette règle.  Le secteur du transport ivoirien est l’un des secteurs les plus désordonnes et les plus incompréhensibles qu’il soit. Les ministres se succèdent au gré des alliances et régimes mais le problème demeure. Même pipe même tabac.

Le Guide du transport ivoirien

« Gnanbro », « Syndicat », « faire mon gué », « donne mon chargement », « chef de gare »,  « chef de gare », « ici là c’est mon territoire« , etc.  Vous n’y comprenez rien n’est ce pas? Normal! Vous n’êtes pas du secteur du transport ivoirien. Vous ne pouvez pas comprendre. Sauf si… Suivez le guide.

Gnanbro

individu présent dans les « gares », coins de rues et de carrefour qui crie à tue-tête pour attirer les clients pour remplir les véficules. Une fois le plein du véhicule fait, le chauffeur doit le payer, que dis-je, le chauffeur doit « faire son gué ou donner son chargement« . Cela parait juste vous pensez? Eh bien pas tant que ça. En effet, les clients ou passagers connaissent déjà les « gares » où se trouvent les véhicules. Donc avec ou sans « gnanbro », le véhicule ferait son plein. Alors à quoi sert ce racket vu et su de tous? Même quand le passager monte dans le véhicule à l’insu du « chargeur ou gnanbro », le chauffeur doit le payer sinon… Il aura affaire au « syndicat »

Syndicat

Larousse défini le syndicat comme « organisation destinée à représenter les intérêts d’un groupe de personnes… ». Un chauffeur de « gbaka » (véhicule de transport en commun bien connu à Abidjan), interrogé sur le rôle des syndicats me réponds: petit moi même je ne sais pas trop! Chacun fait ce qu’il veut. Les syndicats dans notre cas ici, ne servent qu’à rançonner (et je pèse mes mots). Les seuls face auxquels les syndicats peuvent vous défendre, ce sont les syndicats eux-mêmes. En un mot vous payez pour être protégé d’eux.

Chef de gare

Chef des syndicats, il a pouvoir sur tout le monde dans la « gare » ou point de chargement. Capable de vider un véhicule de ses passager ou même d’interdire à un passager de monter dans le véhicule de son choix. Régulateur ou fauteur de trouble? Je penche pour la deuxième option.

Territoire

Comme dans la mafia, chaque « syndicat » a son territoire qui ne sont pas clairement défini mais que vous avez intérêt à connaitre. Les parkings sont tellement bien partagés qu’un véhicule vide refusera de stopper et prendre qui l’arrête sur le territoire du syndicat auquel il n’est pas affilié. Et quand un chef de territoire décide de l’étendre, comme à la mafia, c’est la guerre ouverte comme en témoignent ces articles de Koaci.com et Fratmat.info.

Ai-je dis qu’aucune de ces organisations n’est étatique? Ni encadrée par la loi?

Le désordre volontaire: l’Etat aux abonnées absents!

Si aucune de ces organisations ni actions n’est fondée sur un base légale, l’on est en droit de se demander: mais où est l’Etat! Une fois encore, l’Etat laisse faire.Le problème ne date pas d’hier donc nul ne peut dire qu’il l’ignore. D’ailleurs, si l’Etat ignore ce qui se passe dans l’Etat, on a un problème. Manque de volonté car je ne peux pas dire manque de moyen.

L’Etat acteur de ce désordre.

Quand l’on observe l’état des gbakas et autres véhicules de transport en commun, la question qui revient le plus c’est: mais où font-ils la visite technique.

l’intérieur d’un gbaka
(crédit photo: Aubin Krah)

D’après un article d’Abidjan.net, qui cite le Directeur Général de la société chargé de ces visites techniques, en 2014, la moitié des véhicules en circulation dans le pays n’est pas soumise à cette visite! A qui la faute? L’Etat est pourtant sensé faire respecter la loi!

Quand des individus s’organisent en bande armée (ce n’est pas fort de le dire), sur un territoire nationale, rançonne des citoyens et font leur loi au dos de la Loi, si ce n’est pas illégal, je ne sais pas ce que sait! Et si c’est illégal et que le sachant l’Etat ne fait rien pour l’assainissement du secteur… que dire? Complicité ou silence coupable?

Juste pour dire…

L’individu est de nature à ne pas vouloir respecter la loi. Etant donné que nous vivons dans un Etat et que cet Etat dispose de la force publique, je pense qu’il est grand temps qu’il s’en serve. Si nul n’est sensé ignoré la Loi, je pense que ceux qui les votent doivent aussi les faire respecter. Quand un désordre est vu et tolérer, il est du coup cautionner et dans là, on quitte l’Etat pour se retrouver à l’état de nature!

Nous aimons notre pays. Nous critiquons pour qu'on améliore. Silence=complicité.

 

 


Les utilisateurs zombies de smartphones en Côte d’Ivoire

Affaire de smartphone ou le retour des zombies

Depuis l’explosion du phénomène des smartphones, on assiste à un nouveau phénomène: le retour des zombies. C’est simple à comprendre. Dans la rue, les transports en commun, les salles d’attente et autres espaces publique, plus aucun moyen de parler à son voisin, tout le monde à  la tête baissée, comme un zombie. En réalité, chacun est face à son petit écran, entrain de discuter avec des gens à mille lieux de là, au lieu de communiquer avec le voisin immédiat. Ainsi, fin de la communauté, vive la singularité.

Vision générale

Un tour dans la ville vous fera forcement voir quelqu’un comme ça:

Il est vraiment ailleurs (crédit photo Aubin Krah)

Ainsi, concentré qu’il est sur son petit écran, il est sérieusement occupé à converser avec des gens qui sont très loin de sa position actuelle. Cependant, il ignore totalement son voisin immédiat. C’est fini le temps où les salles d’attente et autres endroits publics étaient fait pour faire des rencontres et converser; au contraire, chacun se promène avec sa communauté. 

Un phénomène uniquement ivoirien?

A priori, ce phénomène n’est pas uniquement ivoirien. Cependant, la société ivoirienne en est réputée facile de conversation: chez nous c’est le « vivre ensemble ». En occident, il n’est pas rare que des voisins qui passent des années sans jamais s’adresser la parole; ce qui n’était pas le cas en Côte d’Ivoire.

Fin de la communauté, vive la singularité!

Généralement, la société ivoirienne c’est la communauté, les bonjours à gauche et à droite, les fous rires entre inconnus qui viennent juste de se rencontrer dans la salle d’attente d’une banque ou des conseils de santé partagés dans la salle d’attente d’un hôpital! Alors face à ce nouveau Lalé (comme on appelle les smartphones chez nous), c’est toute une caractéristique de la société qui disparaît: le communautarisme.

fin de la communauté
fini le temps des conversations (crédit photo Aubin Krah)

En occurrence, je ne vous dis pas par quel moyen j’ai pris ces photos… je suis moi-même devenu un zombi.

Prendre les devants

Quand on pense aux conséquences que peuvent avoir les smartphones (manque de conversation, nomophobie, etc.), je pense qu’il est temps pour chacun de se poser la question suivante: suis-je dépendant de mon téléphone? Ne sommes-nous pas entrain de nos dénaturer au profit d’un simple écran? Pour une fois, réfléchissons aux conséquences pendant qu’il est encore temps! En ce qui concerne l’Afrique, malheureusement, presque aucune recherche n’est faite sur la population africaine, comme j’ai pu le constater sur les moteurs de recherches.

Photos d’illustration

Il ne pense pas aux conséquences, même sur sa santé (Crédit photo Aubin Krah)
Partout avec ma télé

 

 


Le phénomène « Avant avant » sur Facebook, quand notre passé nous unit

AVANT AVANT, le groupe Facebook

Le phénomène a pris de l’ampleur depuis son lancement il y a quelques mois seulement sur Facebook : le groupe « Avant avant ». Un autre regard permet de voir qu’au delà d’un simple groupe Facebook, « Avant avant » participe à la réconciliation des cœurs (par le rire), à l’unité (au moins des Facebookeurs ivoiriens) de la Côte d’Ivoire!

Principe du groupe

D’après la description de son initiatrice, Biche Royale, « Que tu aies 25 ou 60 ans, tu fais partie des meilleurs. De 1970 à 2000, nous avons vécu les bonnes années et nous savons de quoi parle le groupe. Venez vous remémorer les plus beaux souvenirs. »  En un mot, chacun publie ses souvenirs d’enfance et les partage avec les autres membres du groupe, qui pour après avoir vu, doivent « pointer » (mettre des points en commentaire).

Et ça prend !

En quelques mois d’existence, le groupe revendique aujourd’hui plus de 400.000 membres. Au point de rivaliser voire dépasser des pages bien célèbres en Côte d’Ivoire comme First Magazine, Son2baby, etc. Tout le monde en parle ! Du matin au soir et même toute la nuit, il y a de l’animation, du monde, des commentaires, des souvenirs… un vrai village ivoirien.

Pourquoi Avant avant est si intéressant ?

Les publications sont libres, donc tout le monde peut publier en respectant juste le principe du groupe : amuser par les souvenirs. Une publication intéressante donne lieu à des anecdotes partagées, des fous rires… en un mot, une belle ambiance.

Au-delà d’un simple groupe Facebook ?

Dans ce pays où chaque publication sur les réseaux sociaux donne lieu a une interprétation politique, « Avant avant » marque la différence. Le principe des souvenirs a  le don de rapprocher tout le monde. Le groupe se veut apolitique, donc rien ne nous divise.

Par les publications et les commentaires dans le groupe, on découvre un autre visage de Facebook. Loin des clashs et autres propos injurieux causés par la politique. Les ivoiriens de Facebook (en particulier) se retrouvent, enfin, pour un sujet qui les unit : leur passé ! En ce moment où ce pays prône la réconciliation, Avant avant est un acteur majeur.

Avant avant, le nouveau Toukpè ?

La Côte d’Ivoire était régie par le système d’alliance à plaisanterie inter-ethniques, appelé Toukpè. Alliances qui unissaient ce pays du nord au sud, de l’est à l’ouest. Par « Avant avant », les Kone répondent aux commentaires des Digbeu, les Coulibaly commentent les publications des Assi, pendant que les Konan éclatent de rire face aux anecdotes des Soro. Et fini les palabres, vive la réconciliation par notre passé pour, ensemble, voir notre avenir !

Jugez-en par vous-mêmes : le groupe Facebook Avant avant.

C’est bon pour la réconciliation
Que du rire
Quel enfant, ivoirien, pourra dire n'avoir jamais jouer sous la pluie? J'en ai encore envie souvent. hum avant avant quoi!
Chacun revis son enfance


Où habite Dieu en Côte d’Ivoire?

Préambule

Tout d’abord, il est important de préciser que mon billet n’a aucun caractère anti-religieux, il est ni discriminatoire ni négatif envers les religions ! Il part juste d’un constat que tout le monde peut faire ici à Abidjan, un constat d’ « anarchie religieuse » : des « maisons de dieu » en voici, en voilà… Comment comprendre ce phénomène que les abidjanais constatent depuis quelques années ? Je ne juge pas le fond, j’interroge la forme. Alors sachez d’avance que toute mauvaise interprétation de ce billet n’engagera que son auteur !

Venons-en aux faits !

Où habite Dieu ? La question peut sembler ridicule ou incompréhensible mais je vous répondrais qu’à Abidjan Dieu habite dans sa « maison » ! Et où se trouve la maison de Dieu ? A l’église ! (que les musulmans m’excusent, je n’ai rien contre eux). Alors vous me demanderez : mais si tu sais où habite Dieu, pourquoi cet article ? Ce n’est pas si simple, vous allez comprendre…

Essayons donc de comprendre ! Il y a du nouveau…

Ici à Abidjan, il y a tant de « maisons de Dieu » que l’on se demande : où réside-t-il vraiment ? Faites un tour dans la ville, vous ne ferez pas 500 mètres sans rencontrer une « maison de Dieu » ! Il y en a à chaque coin de rue !

Ici à Abidjan, au tout début, Dieu était catholique ; puis nous l’avons rendu protestant-méthodiste (ou protestant d’abord puis méthodiste ensuite, à vous de voir). Ensuite… « boom », en très peu de temps nous avons rendu Dieu évangélique. Je vous avoue qu’il y a de quoi avoir le tournis, c’est l’anarchie totale ! En réalité on ne sait plus où donner de la tête !

L’anarchie totale. Traditionnellement, les groupes chrétiens englobaient les Catholiques romains, les Témoins de Jéhovah, les Adventistes du septième jour, les Méthodistes, les Presbytériens, les Harristes, les membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (les Mormons), les Baptistes du Sud, les Coptes, les fidèles de l’Eglise du Christianisme céleste et les membres de l’Eglise des Assemblées de Dieu, et depuis peu il faut ajouter ceux qu’on a coutume d’appeler « les évangéliques ». Ca fait beaucoup !

D’après un article de la revue des sciences religieuses, la Côte-d’Ivoire abrite plus de 120 groupes religieux reconnus, issus uniquement du protestantisme (groupes qui se sont implantés de 1942 à nos jours). S’il y a plus de 120 groupes issus du protestantisme, imaginez donc le nombre d’autres groupes religieux reconnus, sans oublier ceux qui ne sont pas officiellement reconnus ! On y perd vraiment son nord dans tout ça !

Un recensement des différentes associations cultuelles officiellement déclarées à la Direction Générale des Cultes révèle qu’elles sont au nombre de trois cent soixante-sept (recensement qui date de 2012, d’après un article de l’International Center for Law and Religion Studies).

Que dit la loi en Côte d’Ivoire ?

L’Etat ivoirien est laïc mais la loi requiert à toute communauté religieuse de se faire enregistrer auprès du gouvernement. Les communautés religieuses doivent soumettre une demande à la Direction des Cultes du Ministère de l’Intérieur. La demande doit comprendre les statuts et règlements intérieurs de la communauté, les noms des membres fondateurs et des membres du conseil d’administration, la date de création et le procès-verbal de l’assemblée générale. Tous ces éléments existent-ils dans votre confession à vous ?

La Direction des Cultes mène une enquête pour s’assurer que le groupe n’a pas en son sein des membres ou n’a pas d’objectifs qu’elle juge subversifs du point de vue politique. Mais la loi ne prescrit pas de sanctions pour les communautés qui ne s’enregistrent pas, ni d’avantages particuliers pour celles qui le font. Donc là aussi c’est un peu l’anarchie, rien n’est vraiment organisé.

Alors où va-t-on ? Anarchie…

Les bords des plages, les rues, les cours d’écoles, les villas d’habitation, les cours communes, les cinémas … tout y passe ! Tout espace disponible est bon pour servir de « maison de Dieu », au mépris de la loi sur l’environnement et le bruit de voisinage !

Quant aux dérives, elles sont nombreuses. On assiste à des situations dont on peut douter du bien fondé. Des scènes d’exorcisme à couper le souffle, des escroqueries en tout genre, la poursuite de miracles et la promesse du « paradis » sur terre comme aux cieux, tout y passe… Mais comme je l’ai déjà dit, il ne s’agit pas ici de parler du fond, juste de la forme.

L’Etat ivoirien est non confessionnel. Il ne professe aucune foi, il n’adhère à aucune religion, il ne donne investiture et privilège particulier à aucune communauté de croyants.
Mais doit-il pour autant laisser faire ? Tout laisser faire? Laisser l’anarchie s’installer ?
Il ne faudrait pas que la liberté devienne libertinage et anarchie. On a déjà vu ici le cas de l’agrobusiness ou l’on a laissé faire pour ensuite venir réprimer… Il faudrait quand même penser à réguler !


Abidjan, Côte d’Ivoire Le top 10 des lois les plus violées.

L’ivoirien à un problème avec les règles, les lois!

Il existe des top-listes dans tous les domaines. Les meilleurs ceci, les pires cela, les plus ceci, les moins cela, etc.

Faisant un tour dans les rues d’Abidjan, je me suis amusé à constater, ce que je qualifie (sans être un expert en droit) de violation de la loi. J’en ai tellement eu ma dose que j’ai décidé d’en faire un top : Le Top 10 des lois les plus violées en Côte d’Ivoire.

Mon intention ici est de montrer comment les citoyens, les ivoiriens et habitants de ce pays, foulent au pied les lois, réglementations et interdictions au vu et au su de l’Etat et cela n’émeut personne. L’ivoirien a un problème avec les règles.

L’incivisme de la population fait face au mutisme de l’autorité étatique qui a troqué son droit à la « violence », à la coercition contre du verbiage creux. Comme on le dit dans mon quartier, « l’Etat c’est comme un tailleur, toujours prêt à prendre des mesures mais jamais à coudre (appliquer)». Ceux qui ont trouvé la devise de ce pays (Union-Discipline-Travail) doivent aujourd’hui retourner dans leurs tombes car la nouvelle devise semble être : Union-Indiscipline-Travail (pour le premier et dernier mot, nous y reviendront prochainement).

Trêve de bavardages, allons à l’essentiel…

1- Le code de la route

A ce niveau, ai-je vraiment besoin d’expliquer ? Rendez-vous au carrefour liberté (carrefour très connu d’Adjamé, dans le centre d’Abidjan), ou la SIPOREX (Yopougon, Nord d’Abidjan) ou simplement prenez l’autoroute de Bassam (ancienne capitale de la Côte d’Ivoire, à quelque Kilomètre au Sud d’Abidjan). Les infractions se font la concurrence devant l’amateurisme, le manque d’équipement, la complicité (je n’ose dire la corruption) des agents de la circulation. Dépassement et parking hasardeux (la course aux clients), les queux de poissons, le mauvais état des véhicules (où font-ils leur visites techniques ceux-là), surcharge, etc. bref ! Allez-y. et si vous ne vous êtes pas fait renverser, revenez qu’on en discute…

2- L’interdiction des sachets plastiques

Le décret N°2013-327 du 22 mai 2013 portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation, de la détention et de l’utilisation du sachet plastique est pourtant clair mais bon, chacun fait ce qu’il veut (crédit photo: Le club de la raison)

Grand carrefour de Koumassi, 21 oct 2017 (photo Le Club de la raison)
VGE au niveau d’ancien Koumassi, 21 oct 2017 (photo le club de la raison)

3- L’occupation anarchique des espaces publiques

Je vous renvoie à mon article. La rue, chacun y fait ce qu’il veut. D’ailleurs ne dit-on pas « espaces publics » ? Alors c’est pour nous, c’est pour tout le monde. Chacun peut y faire ce dont il a envie !!!

4- Les klaxons abusifs !

Je ne sais pas si le klaxon est réglementé par le code de la route mais je sais qu’est passible d’une amende de 10.000 francs à 500.000 francs quiconque fait usage dans les agglomérations et aux environs des hôpitaux et des écoles, d’avertissement sonores en dehors des cas de danger immédiat, d’après la loi n° 96-766 du 13 octobre 1996 portant code de l’environnement, à son article 103, alinéa 1er .

A moins que circuler dans les rues d’Abidjan soit « danger immédiat », je ne comprends pas cet amour pour le klaxon. Gare à vos tympans si vous vous retrouvez surtout dans les carrefours cités au TOP 1.

5- Les nuisances sonores.

Les articles 11 et 12 du décret N°2016-791 du 12 octobre 2016 portant règlementation des bruits de voisinages stipule que

« Article 11- Aucun bruit ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité et sa vibration, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme, dans un lieu public ou privé, qu’une personne en soit elle-même à l’origine ou que ce soit par l’intermédiaire d’une personne ou d’une chose dont elle a la garde ou d’un animal placé sous sa responsabilité.

Article 12- Toute manifestation bruyante susceptible de produire des émissions sonores de niveau supérieur aux normes indiquées à l’article 5 du présent décret est an préalable soumise à autorisation de l’autorité administrative compétente de la zone d’accueil dudit événement… »

Tous ces maquis, ces mosquées, ces églises, ces fêtes d’anniversaire, de baptêmes et autres, qui nous empêchent de dormir sont-ils autorisés ? D’ailleurs qui contrôle les autorisations ? Personne ! Absence de contrôle et égale à Absence de contrainte donc : on s’en fout.

6- L’abandon des véhicules dans les rues

La rue ou l’espace public n’est pas un parking ! Combien de fois dont-on le dire ? L’article 39 du décret N°64-212 du 26 mai 1964, portant réglementation de l’usage de la voies routières ouvertes à la circulation stipule « il est interdit de laisser abusivement un véhicule ou un animal stationner sur une route ». Alors tous ces véhicules laissés à l’abandon dans les rues d’Abidjan, ce n’est pas abuser ? Ou bien personne ne voit ? Ou les rues ne sont pas des voies routières ouvertes à la circulation ? Je ne suis pas un expert mais je suppose qu’il y a quelqu’un, une autorité, une entité, chargé du suivi sauf si l’Etat encore une fois ne voit rien !

7- Les ordures ménagères

Les articles 100 et 102 de la loi N°96-766 du 03 octobre 1996 portant code de l’environnement sont très clairs. Je ne vous donne pas le contenu de ces articles car au-delà de toute loi, tout le monde devait savoir que LA RUE N’EST PAS UNE POUBELLE. Mais bon, l’ivoirien a un problème avec les règles de toutes manières.

Faites un tour dans les rues d’Abidjan, vous verrez ! Les opérations grand-ménages comme celui dont parle l’article RFI, lancées à chaque fois en disent long sur le phénomène.

8- Les plaques d’immatriculation fantaisistes

Il y a les uns, les autres et les etc. dans ce pays. Il y a ceux qui font la loi (les uns), ceux à qui la loi ne s’appliquent pas (les autres) et les millions de etc. à qui la loi s’applique. Parce que je suis chanteur et j’ai pour ami le ministre « de la pluie et du beau temps), j’ai une plaque à mon nom tout seul ! Rien que ça. Et ils ne s’en cachent pas ! Ils sont partout sur facebook et dans nos rues.

9- Les montants des cautions et avances pour la location des maisons

L’article du site connectionivoirienne.net qui date du 12 juillet 2017 est très explicite sur ce sujet. Et c’est tout le contraire qui s’applique sur le terrain. Mais bon, personne ne voit une fois encore ! D’ailleurs, qui contrôle ? Donc on s’en fout !

10- L’affichage illégal.

L’article 104 de  loi n° 96-766 du 13 octobre 1996 portant code de l’environnement puni d’une amende tout affichage sur un immeuble sans l’autorisation du propriétaire. Alors les propriétaires d’immeuble à Abidjan doivent se remplir les poches à mon avis.

Je termine ce top 10 en passant sous silence certaines infractions comme le code minier avec les orpailleurs clandestins, la piraterie avec les CD partout en vente libre, certains individus qui prennent les rues pour des toilettes (interdit de pisser, amende coup de poing) l’interdiction de fumer dans les espaces publics et le téléphone au volant même si pour ce dernier élément, il faut reconnaître l’attention particulière de nos autorités. Ce n’est qu’un classement parmi tant d’autres que chacun peut faire et ce n’est basé que sur mon sentiment personnel, rien de scientifiquement prouvé !

 

L’intention ici n’est pas d’accuser l’Etat ni qui que ce soit mais d’attirer l’attention. Si la discipline fait partie de notre devise dans ce pays, il est temps de le montrer car l’ivoirien a vraiment un problème avec les règles, la loi. Il est temps aussi que l’Etat fasse son travail car s’il est seul dépositaire de la force, c’est qu’il a donc les moyens de faire respecter la loi.

En bonus, je vous laisse cette vidéo. Juste à côté d’un pont piéton, au dessus d’une autoroute à très grande circulation, voilà ce que font les ivoiriens… Et même au péril de sa vie, l’ivoirien a un problème avec les règles!

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Le boulevard Nangui Abrogoua d’Abidjan, un exemple du désordre ivoirien !

Faites un tour en Côte d’Ivoire, à Abidjan et surtout à Adjamé, boulevard Nangui Abrogoua. C’est une invitation et je vous assure que vous allez retenir votre passage ici. Vous allez le sentir passer ! Les odeurs, le désordre, l’insalubrité font concurrence avec l’Abidjanais.

Au delà de cette insalubrité, nous faisons face, en Côte d’Ivoire et surtout à Adjamé, à un phénomène habituel : l’occupation anarchique des trottoirs et maintenant de la chaussée ! Les marchés sont délaissés pour les trottoirs et pire… pour la chaussée ! Dans cette vidéo que j’ai faite, assis dans un bus de la Société de transports d’Abidjan (SOTRA), vous pouvez clairement voir de quoi il s’agit. Ce sont des pères et mères de famille qui quittent leur maison chaque jour pour exposer ainsi leur vie entre les roues des bus et la mégarde des gbakamans (chauffeurs de transport en commun bien connus à Abidjan). Entre la chaussée et le marché, je pensais que les parkings étaient partagés !

Le risque est quotidien et les accidents habituels. La question que l’on pourrait se poser et que je me pose d’ailleurs c’est : à qui la faute ? La mairie ? Le district ? Le ministère ? L’Etat ? Le gouvernement a initié plusieurs campagnes de déguerpissement, comme le montre cette vidéo de ivoirtv.net ou encore cet article pris sur le site de la Chambre de Commerce Libanaise en Côte d’Ivoire (CCLCI) et consacré au même boulevard que j’ai filmé. Cette situation est tenace, au point d’interroger le quotidien officiel de l’Etat de Côte d’Ivoire, Fraternité Matin.

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Qui peut sauver Adjamé ? Mais allez voir le maire !

Toutes les opérations de déguerpissement se sont soldées, des mois après, par une recolonisation au vu et au su de tous.  Aveu d’impuissance de la part de l’Etat face à l’incivisme des Ivoiriens ? Complicité ou passivité de la mairie ? Les questions restent sans réponses.

Ce que l’on pourrait retenir, c’est que si nous les Ivoiriens, et à notre tête le chef de l’Etat, visons l’émergence, il est urgent d’agir et non d’abandonner comme nous le faisons. Même si des solutions viables ne sont pas envisageables pour certaines situations (voir ce communiqué du conseil des ministres du 21 juin 2017 cité par Rumeurs d’Abidjan), je pense qu’empêcher des gens d’occuper la chaussée est faisable. Chacun a son rôle à jouer.


CITES A L’ABANDON

Côte d’Ivoire, Abidjan, Laissez les cités pourrir, nous aimons bien dormir dehors!

Abidjan, en Côte d’ivoire, est la ville qui concentre la plupart des universités et grandes écoles du pays. Pour tout étudiant ayant le BAC, la plus forte probabilité c’est qu’il soit orienté à Abidjan. D’où se pose le problème de logements pour ces étudiants, en général, qui on quitté villages et hameaux pour se retrouver dans la ville d’Abidjan, sans forcement y connaitre quelqu’un chez qui se loger.

Les cités universitaires sont pour eux, pour nous, un salut pour ne pas connaitre cette situation publiée dans cette vidéo sur YouTube par les Observateurs france 24. Mais quand ces cités sont laissées à l’abandon, nous nous posons des questions. C’est le cas de la cité universitaire de Port Bouët2, au Nord d’Abidjan, sur la voix expresse de Grand Bassam, ville touristique du pays. Le spectacle est désolant comme le montre la vidéo sur ma chaîne YouTube. Des centaines de chambres qui auraient pu loger des milliers d’étudiants mais non, l’on préfère les laisser ainsi! D’ailleurs, elle n’est pas cachée, cette cité. Elle est juste sur cette voix internationale en partance pour la cité balnéaire d’Assinie, très prisée par nos autorités, à quelques centaines de mettre du 43ème BIMA, le camp français. Donc elles ne peuvent pas prétendre ne pas savoir!

A l’orée de cette émergence dont-on nous parle chaque jour, l’on est en droit de se demander si l’émergence passe par les lettres, par l’apprentissage mais surtout par la qualité des infrastructures de formation.

La cité de Port Bouët n’est qu’un exemple parmi d’autres comme le montre bien cet article de l’Observateur de France24.

Comme j’aime bien le dire, ce n’est pas une question de moyen, mais de volonté! Car si nous avons pu organiser les jeux de la francophonie, et réhabilité un immeuble à 43 milliards de F CFA (Abidjan.net),nous pouvons aussi réhabiliter nos cités estudiantines, qui, à mon sens, sont plus importantes.

 


Et si seulement on acceptait d’en parler!

La Côte d’Ivoire vis depuis quelques jours des « remous militaires » (Quand ce ne sont pas les remous sociaux). Avant « les mouvements d’humeur des militaires (pour prendre l’expression de la première chaîne de télé nationale), c’était la grève des fonctionnaires en passant par les infirmiers pendant que les enseignants refusaient de surveiller la soutenance des étudiants du BTS pour des raisons financières. Et si le mal était plus profond qu’il ne le paraît? Dirigeant comme population, et si le mal était plus profond? Et si on acceptait de se parler dès maintenant afin d’éviter certaines choses qu’on a déjà vécues? A trop jouer les autruches, on fini par se retrouver en dindons! Les imams ont essayé (comme le souligne l’article de koaci.com) mais que fait la Conférence des Évêques? C’est le moment d’éveiller les consciences et non venir se jouer les consolateurs! On voit la CENCO en RDC, alors Messieurs les Évêques, il est temps de vous lever. A tous les gens qui le peuvent, il est temps de se lever pour empêcher que le torchons brûle car comme on le dit chez nous, « il n’y a jamais de fumée sans feu »; or la fumée, nous en avons déjà vu. Que la Raison nous habite.