Fiston Mahamba Larousse

Joseph Kabila Wumela!!!

Caricature de Joseph Kabila, devenu président du sénat Congolais. Crédit: Edizon Musavuli
Caricature de Joseph Kabila, devenu président du sénat Congolais. Crédit: Edizon Musavuli

Par Fiston Mahamba Larousse (texte) et Edizon Musavuli (caricature)

Joseph Kabila est à la tête de la magistrature suprême depuis 15 ans. Il a succédé à son père en 2001, a été élue en 2006 puis réélu en 2011. À 10 mois de la fin de son mandat, il est accusé de vouloir se maintenir au pouvoir en retardant l’organisation des futures élections,

Ces opposants ont lancé le slogan «Yebela » [Soit clairvoyant] en Lingala. Les pro Kabila ont tout de suite répliqué avec «Wumela » [Règne pour toujours].

À la fin de son mandat, le président deviendra sénateur à vie, ce qui implique un salaire décent et une garantie d’immunité. Si Kabila quitte le pouvoir, il permettra à la RDC de connaître sa première alternance démocratique. Son image changerait

1. Présidentiable au sénat congolais

En tant que sénateur, Joseph Kabila sera l’un des candidats favoris à la présidence de la chambre haute du parlement Congolais. Après son départ démocratique du sommet de l’Etat, Joseph Kabila restera mieux positionné car il pourra diriger l’une de deux présidences que compte le parlement Congolais, la deuxième institution du pays. En plus d’un graal comme salaire, il aura droits à plusieurs immunités parlementaires, lui protégeant des poursuites judiciaires sauf pour certains crimes pour lesquels le parlement peut être sollicité en vue de lever les immunités de certains de ses membres.

2. Un protégé de la nation contre les poursuites de la justice internationale

Plusieurs poursuites sont possibles après un règne à la présidence. L’expérience démontre que la majorité d’infractions commis par les hauts fonctionnaires de l’Etat sont souvent dévoilés après que ces dirigeants aient quitté le pouvoir. Ce qui ouvre la porte à la justice tant nationale qu’internationale à pouvoir enquêter sur ces allégations voire condamner ces anciens gestionnaires de l’Etat. Mais il faut noter que l’ampleur de ces poursuites judiciaires dépend de la manière dont ces hauts fonctionnaires finissent leur règne à la tête des hautes institutions de la nation. Un président qui a pacifiquement passé le flambeau à son successeur enfin d’éviter le chaos dans son pays aura une certaine dose du soutien populaire s’il se butait à d’éventuelles poursuites avec la justice tant de son pays qu’étrangère.

3. Potentiel médiateur dans la sous-région

La RDC partage ses frontières avec neuf pays Africains ; ce qui fait de ce pays un Etat stratégique en Afrique. Cette puissance géostratégique a permis à la RDC de devenir membre des organisations sous régionales de l’Afrique centrale, orientale et australe. Entre 2017 et 2020, plusieurs nations seront appelées à tenir des élections. En Afrique, où la démocratie est encore fragile, l’organisation des scrutins au niveau national a toujours été accompagnée des tensions qui mènent souvent à des crises nationales. Solidaires, les institutions sous régionales Africaines ont souvent l’habitude d’opter pour l’intervention diplomatique en vue de trouver l’issue à ces crises. Et pour mener en bon la médiation entre les protagonistes, ces institutions puisent dans le passé des anciens dirigeants pour en designer un médiateur. En quittant pacifiquement le haut sommet du Congo-Kinshasa à la fin de son mandat, Joseph Kabila Kabange aura automatiquement inscrit son nom sur la liste de potentiels médiateurs des institutions panafricaines lors de leur tentative de résolution des différentes crises qui secoueront éventuellement ce continent.

4. Lauréat de plusieurs récompenses intercontinentales 

Plusieurs institutions internationales récompenses les anciens chefs d’Etats, dirigeants des hautes institutions planétaires qui se sont illustrés par leur militantisme pour l’émergence de la bonne gouvernance. Ces récompenses internationales, régionales, sous régionales voire nationales couronnent les efforts qu’ont réalisés ces anciens hauts cadres d’institutions hautement placées et ont pour autre objectif d’interpeller les dirigeants actuels de mettre en profit leur règne pour donner aux populations un espoir d’un futur garanti, caractérisé par la bonne gouvernance et ses multiples bienfaits pour le développement du continent Africain dont la majeure partie des pays reste encore sous-développés.

5. Père de la démocratie en RDC

Depuis son accession à l’indépendance à 1960, la République Démocratique du Congo, ex République du Zaïre a connu le règne de quatre présidents. Les trois premiers chefs d’Etat ont en commun la fin de leur règne. Aucun de ceux anciens présidents de la RDC n’a remis pacifiquement la gestion du pays à son successeur. Joseph Kasavubu, président de la RDC lors de son accession à sa souveraineté face à la Belgique à 1960 fut évincé de la présidence en 1965 par un coup d’Etat mené par François Joseph Mobutu Sese Seko.  Après 32 ans de règne sans partage et d’une dictature endurcie le maréchal François Joseph Mobutu Sese Seko verra son règne être stopper en 1997 par une rébellion conduite par Laurent Désiré Kabila, soutenu par les pays voisins de la RDC dont le Rwanda et l’Ouganda. Victime d’un assassinat en 2001 par les éléments de sa garde rapprochée, Laurent Désiré Kabila sera remplacé par son fils Joseph Kabila, chef d’état-major de l’armée Congolaise à l’époque, et qui dirigera le pays jusqu’au 19 décembre 2016, date prévue pour la prestation du serment du cinquième président Congolais selon ce que recommande l’actuelle loi fondamentale du pays. Je lance ici mon appel à Joseph Kabila de passer le bâton de commandement de la nation Congolaise à son successeur, Cela fera de lui le premier président de la RDC à pouvoir assurer un transfert démocratique du pouvoir. Je suis convaincu que ceci lui vaudra le titre de «Père de la démocratie » en RDC et ainsi marquer  son nom sur la liste des héros nationaux de la République en lieu et place d’un forcing qui pourra l’amener à avoir rejoindre la liste de trois premiers présidents Congolais qui ont connu une fin de règne tragique.


Nkuruziza a interpreté, Kagame et Sassou vont modifié, Kabila va-t-il glissé?

Un opposant à Kabila exhibe une constitution verrouillée en signe de contestation contre sa modification. Photo: www.sangoyacongo.com
Un manifestant exhibe une constitution verrouillée en signe de contestation contre sa modification. Photo: www.sangoyacongo.com

Par Fiston Mahamba Larousse à Kinshasa

Depuis un certain temps, l’Afrique Centrale vibre sous différentes tendances de chefs d’Etats voulant se maintenir au pouvoir au-delà de mandats que leur accordent les constitutions de leurs pays respectifs.

Et pour réussir leurs coups, certains ont recouru à certaines stratégies. Au Burundi par exemple, le président Pierre Nkuruziza a usé de l’interprétation pour se dire en droit de postuler car ayant déjà épuisé un seul mandat du suffrage direct alors que le premier lui
avait été accordé par le parlement. Ceci, lui a permis de se dire éligible et l’a emmené à se porté candidat aux élections présidentielles desquelles il est sorti victorieux malgré la
contestation de la population Burundaise.

De son coté, Paul Kagame, le président du Rwanda, un pays souvent accusé de non-respect de liberté d’opinion et que certains observateurs qualifient de dictature, va modifier la constitution en vue de pouvoir poser une candidature à la présidence en 2017. Ceci grâce à une pétition initiée par certains Rwandais, qui voulaient voir irremplaçable Kagame continué à gérer le pays des mille collines, vu son bilan économique très remarquable. Une certaine opinion, met en cause la vraie volonté du peuple Rwandais derrière l’initiative de cette pétition vue l’offuscation de libertés au Rwanda. Même formule emprunté par l’éternel Denis Sassou Ngouessou, qui va lui de son côté passé par un référendum populaire en vue de la modification de la constitution de la République du Congo. Dans ce pays où la corruption
gangrène les institutions, les résultats de cette consultation populaire sont déjà mis en doute par l’homme de la rue.

De l’autre côté du fleuve Congo à Kinshasa, aucune formule n’a été officiellement annoncé. Après plusieurs tentatives ratées de modification de la constitution voire de la loi électorale, un nouveau stratagème se profile devant Joseph Kabila, président de la RDC. Ce dernier pourra passer par le glissement pour se maintenir au pouvoir au-delà du délai constitutionnel. En effet, dans cette République très Démocratique du Congo, le glissement consiste à retarder par tout le moyen les élections en vue de permettre aux institutions en place de gérer jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit élu. Du coup, les doigts pointeurs accusent le gouvernement actuel de la RDC d’être sur la voie du glissement. En une année des élections présidentielles, la machine électorale semble s’arrêter. Sur deux scrutins qui devraient
s’organiser avant octobre 2015, aucune ne l’a été, le gouvernement accusant un manque de moyens et l’opposition réclamant un calendrier électoral consensuel d’une part et d’autre part un dialogue préalable avant toute marche vers les élections.

 


L’art et la culture pour aider les populations meurtries de Beni

Roselyne Mbiya s'est alliée aux jeunes talents locaux pour la réussite de la soirée. Photo: Roselyne Mbiya
Roselyne Mbiya s’est alliée aux jeunes talents locaux pour la réussite de la soirée. Photo: Roselyne Mbiya

Une jeune ressortissante du territoire de Beni a initié un projet culturel sur six mois afin de venir en aide aux populations locales.

AA/Beni/Fiston Mahamba Larousse

Roselyne Mbiya, jeune étudiante originaire de Beni partie, en 2012 en Ouganda pour poursuivre ses études a regagné sa ville natale. Elle y a trouvé un peuple meurtri, encore sous le choc de violences subies pendant plus de neuf mois. C’est ce qui l’a  décidé à créer un projet culturel pour aider ces populations.

L’initiative consiste selon Mbiya à organiser une série d’activités culturelles qui visent d’une part à divertir les habitants de cette ville et à financer d’autre part l’assistance des victimes : la plus grande part des recettes des spectacles organisés étant destinée à cette fin.

Cette initiative qui démarré au début du mois de juillet se poursuivra sur une durée de six mois. Mbiya prévoit entre autres, l’organisation d’un festival de danse traditionnelle, de concours de musique, de chant, de poésie et de dessin…

La ville et le territoire de Beni, situés dans la partie orientale de la RDC, ont connu des massacres sanglants depuis octobre dernier. Des massacres perpétrés par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) contre les populations civiles.Accalmies, reprises des attaques, assauts nocturnes contre les positions de l’armée et embuscades contre les casques bleus de la Mission onusienne, voilà le quotidien de la population de cette région du Nord-Kivu.

Ceux qui ont échappé aux massacres demeurent marqués par les images. Ils sont sans aucune assistance psychologique, les ONG œuvrant dans ce domaine s’étant tournées vers l’assistance d’urgence aux personnes déplacées.

« Les nouvelles qui me parvenaient de Beni lorsque j’étais à l’étranger, laissaient imaginer une ville déserte… se souvient la jeune fille.  A mon retour, j’ai trouvé un peuple, qui n’a pas encore perdu tout espoir malgré la souffrance dans laquelle il vit. Et c’est pour aider cette population à mieux remonter la pente que j’ai pensé à ce projet culturel. J’ai voulu aussi accompagner cet espoir d’un retour à la paix et renforcer la solidarité au sein de la communauté de Beni ».

Bon nombre d’habitants de la ville apprécient ces événements culturels. Pour Victoire, 25 ans, c’est une diversion. Mais certains se disent sceptiques : « l’initiative pourrait servir des intérêts personnels, car une telle organisation de manifestations permet de brasser de l’argent ».

Roselyne a organisé au début du mois de juillet une soirée dédiée à la mode qui a mis à l’honneur la créativité locale.

Musique moderne et traditionnelle ont été au rendez-vous dans cette soirée à laquelle ont pris part des mannequins, des stylistes de mode, des responsables d’entreprises publiques et privées et bien d’autres figures de la scène politique, culturelle et médiatique locale. Les participants ont notamment échangé autour de la solidarité et de la situation à Beni et ont appelé à un retour de la paix.

Arsène Mapathi, jeune artiste musicien, a estimé dans une déclaration à Anadolu : « Lorsque les massacres ont atteint leur extrême violence, les différentes tribus locales, les politiciens de l’opposition et du pouvoir, les notables de la région, les militaires tant ceux de l’armée congolaise que de la Monusco (Mission onusienne) ont été accusés par les uns et les autres (sans preuve) d’entretenir l’insécurité dans la région pour leurs propres intérêts. Et c’est ce qui a généré une division sociale, favorisant ainsi, l’instauration par l’ennemi d’un climat de terreur. Mais grâce à de pareils événements, les gens réussissent à se parler et échanger des points de vue  sur d’éventuelles sorties de crise ».

Des habits traditionnels ont été vendus aux enchères lors de cette soirée inaugurale. Les recettes de la vente ainsi que l’argent récolté grâce aux droits d’entrée ont été consacrés aux orphelinats locaux.

Au-delà de sa dimension solidaire, la soirée a, surtout, été une occasion pour prouver que la population de Beni est une population qui garde espoir et qui s’accroche à la vie  en dépit  et contre tout.

Un article de l’agence de presse Anadolu.

 


« 3e mandat », le tube en voie de détrôner We’re Happy en Afrique

Manifestant opposé au 3eme mandat du président Pierre Nkurunziza à Bujumbura. Crédit: francais.rt.com
Manifestant opposé au 3 mandat de Pierre Nkurunziza à Bujumbura. Crédit: francais.rt.com

Dans l’industrie musicale, une chanson qui fait un grand buzz a toujours connu plusieurs reprises. Tel a été le cas du morceau « We’re Happy » sorti en 2014 par l’artiste américain Pharrel Williams.

La chanson « We’re Happy » de l’artiste musicien américain Pharrel Williams a connu des reprises en audio et vidéo dans les quatre coins du monde. De la grande ville de New York aux Etats-Unis à la petite ville de Beni au Nord-Kivu, les habitants voulaient tous reprendre cette chanson.

« 3e mandat », c’est ce titre dont la première version est sortie à Bujumbura. Une chanson interprétée par la super star Pierre Nkurunziza sous la production du label CNDD-FDD. A quelques jours de sa sortie sur le marché, le tube a été le plus célèbre au Burundi. Cette notoriété a vite traversé la frontière burundaise. Elle a été le son from Burundi le plus diffusé.

Selon les observateurs de l’industrie musicale en Afrique, ce succès en fait le tube de l’année en Afrique, car plusieurs autres artistes célèbres du continent (présidents) voudraient remixer ce morceau. Ils ont sollicité et gagné des contrats au sein de labels sous lesquels ils évoluent pour une éventuelle production et promotion.

Si dans l’industrie musicale, le problème de la piraterie est évoqué par les auteurs et compositeurs qui sont souvent victimes de la piraterie et ne vivent pas de leurs droits d’auteur. De même le véritable auteur de la chanson « 3e mandat » (le peuple) qui a fixé à travers la Constitution les principes et règles pour la reprise de cette chanson n’a pas seulement été victime de la piraterie. Voulant réclamer son droit violé, il a été réprimé et la justice en laquelle il pouvait en principe recourir pour sa protection l’a abandonné à son triste sort. Celle-ci se voyant obligée de protéger le plus haut placé alors que le peuple lui continue à dénombrer ses victimes.


El!kkya Team, le vent d’espoir de la culture au Kivu Nord

ELIKYATEAM

Le label Elikya Team ndlr l’équipe d’espoir se veut une plate-forme de promotion de la culture, du web activisme et de formation des jeunes des villes de Beni et de Butembo au nord de la province du Nord-Kivu à l’est de la RDC.

L’échange interculturel est l’une des activités envisagée par ce centre culturel en gestation dans cette zone en conflit et qui met les arts et la culture au centre du rassemblement des peuples malgré leur divergence.

Avec des contacts bien assis au pays comme à l’etranger, Elikya Team vise une mise en connexion entre talent locaux (culture, musique, médias,…) et des sommités internationales.

 

Partenaires

Elikya Team travaille avec plusieurs partenaires pour avancer dans son projet:

OASIS CONGO: Radio locale basée en ville de Beni, reconnu pour son engagement à la promotion des talents locaux

KC2CONGO: Centre d’échange entre artistes Africains et Americains basé à Kansas aux Etats-Unis


RDC : La Commission Electorale a rendu public le calendrier global des élections

Ceni

 

La commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, a rendu public ce jeudi à Kinshasa le calendrier global des prochaines élections en RDC. L’élection présidentielle mixée aux législatives se tiendront le 27 Novembre 2016 a indiqué le bureau de la CENI qui a publié ce calendrier devant plusieurs représentants des institutions publiques congolaises et de la communauté internationale.

Les élections locales, municipales, urbaines et provinciales se tiendront le 25 octobre 2015 et les résultats seront annoncés le 10 décembre. Elles seront suivies des élections sénatoriales qui auront lieu le 17 janvier 2016.

Quant au vote des gouverneurs et vice-gouverneurs, ce dernier se tiendra en date du 31 janvier 2016.

La Ceni a aussi annoncé que ces élections auront pour coût 1 milliards 145 millions 408 680 dollars Américains.

Peu avant la publication de ce calendrier, le président de la RDC, Joseph Kabila a promulgué la loi électorale tel que modifiée par le Parlement après des vives contestations par l’opposition et la société civile de la première version de cette loi qui conditionnait la tenue des élections présidentielles au recensement général de la population.

Au lendemain de la modification de la loi électorale contestée, la communauté internationale avait souhaité voir la Ceni publier le calendrier global des élections prochaines en RDC. Ceci pour lever l’équivoque quant à la tentative du président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de 2016 en repoussant l’organisation de l’élection présidentielle.

 


BlackoutInternet en RDC, le gouvernement avait tort!

Internet_Matatizo

Au lendemain des manifestations contre la révision de la loi électorale en RDC, le gouvernement Congolais avait décide de couper le signal internet sur toute l’étendue du pays. Ceci pour éviter la propagation des rumeurs et des fausses informations via les réseaux sociaux estimaient les autorités Congolaise. Mais cette coupure d’internet tardive n’avait empêche aux internautes de s’échanger des images réelles des manifestations. Bien que les fausses images avaient aussi fait le buzz sur la toile.

« Internet coupé le lendemain, nous avions deja fait l’essentiel »se réjouissait un manifestant faisant allusion à ses publications en direct depuis la marche.

Un autre point faible de cette mesure est que les maisons diplomatiques étrangères et les cybercafés utilisant des prestataires étrangers n’ont pas été touchés. Des journalistes et des curieux n’ont donc pas été victime du #BlackoutInternet en RDC.

Un journaliste ne s’est-il pas exclamé: « La connexion internet est tellement puissante que je n’y crois pas en RDC. J’ai toute la bande passante de 10 million d’habitants de Kinshasa à moi seul. »

Seuls les utilisateurs des connexions locales ont subi la forte mesure du gouvernement de Kinshasa. Ce qui a causé d’énormes conséquences sur les plan économique que social des citoyens Congolais vivant au taux du jour. Et une semaine après les manifestations, ces mêmes citoyens continuent à se poser la question si internet et les SMS reviendront bientôt comme l’avait annoncé Jésus Christ.


Trouver un emploi en RDC, le parcours du combattant

Des chômeurs se réunissent en Ouganda. Photo: Joseph Elunya/Waza
Des chômeurs se réunissent en Ouganda. Photo: Joseph Elunya/Waza

C’est à la fin de mes études l’année dernière que je découvre la dure réalité de l’emploi en République Démocratique du Congo (RDC). Entre rareté d’entreprises privées, clientélisme au sein de l’administration publique et grandes exigences des organisations internationales, il ne reste plus que le secteur informel et la débrouille pour survivre.

Par Fiston Mahamba Larousse à Beni-RDC

Culte du diplôme

À Beni (350 Km au nord de Goma) et partout en RDC, les jeunes diplômés débarquent sur le marché de l’emploi diplôme en poche et cerveau rempli de théorie. Ici, on ne fait pas forcément des études pour apprendre un métier. Le prestige avant tout. Conséquence: les établissements d’enseignement supérieur déversent des milliers de jeunes théoriciens, très peu opérationnels dans le monde de l’entreprise.

Si le secteur informel absorbe une partie des chômeurs, la majorité de cette main d’œuvre jeune se retrouve sur le carreau. Une cible privilégiée pour les groupes armés dans cette région minée par des conflits armés depuis près de deux décennies.

Fonction publique: l’incontournable piston

Je ne suis sans doute pas le seul à ne pas savoir comment faire pour se faire embaucher au sein de la fonction publique. Je n’ai jamais entendu parler de concours. Le recrutement pour devenir fonctionnaire se fait dans la plus grande opacité. C’est la famille qui prime. Il est en effet fréquent de retrouver des membres de famille d’un haut fonctionnaire à tous les postes clefs d’une administration publique.

Le militantisme politique est l’autre voie royale pour accéder à un poste de fonctionnaire. Je l’ai appris à mes dépens en me rendant il y a quelques jours dans les locaux de l’Office National de l’Emploi (ONEM) pour solliciter des chiffres relatifs à l’emploi en RDC. J’y croise par hasard un voisin qui me proposait quelques mois plus tôt d’adhérer à son parti politique. « C’est le chef de mon parti qui m’a pistonné à ce poste. Tu aurais mieux fait d’accepter mon offre », m’a-t-il lancé, d’un air suffisant.

La fonction publique est loin de faire rêver mais c’est mieux que rien. Si les salaires de misère et les irrégularités dans leur versement peuvent décourager, on peut toujours compléter par les « avantages liés à la profession » qu’on désigne sous d’autres cieux par le mot corruption. On comprend mieux pourquoi l’administration congolaise est souvent pointée du doigt pour son inefficacité.

Secteur privé, quand l’informel prime

Avec environ deux cent employés, la Brasimba est la plus grande entreprise locale. Une goûte d’eau dans la mer, pour une ville qui compte plus de 100 000 habitants. Le secteur du bois et les savonneries locales ne font guerre mieux.

Difficile à court et moyen-terme d’envisager l’implantation de nouvelles entreprises dans un contexte d’insécurité provoquée par la présence de groupes armés dans la région.

C’est là qu’entre en scène la débrouille. Petit commerce ou exploitation artisanale de minerais chacun s’occupe comme il peut.

Organisations internationales, l’expérience avant tout

Lueur d’espoir au mois d’août dernier lorsque la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) publie une dizaine d’offres d’emploi, dans le cadre de sa relocalisation dans l’Est du pays.

Je m’empresse alors de soumettre mon dossier de candidature. On peut toujours rêver. Et si c’était ma chance de toucher le graal? Contrairement à la fonction publique, un emploi au sein d’une organisation internationale de cette envergure, c’est la garantie d’un salaire décent, versé régulièrement.

Aucune nouvelle de la part de la MONUSCO jusqu’à ce jour. L’organisation a sans doute privilégié un candidat plus expérimenté. C’est le problème des postes au sein d’organisations internationales qui requièrent en moyenne cinq années de pratique professionnelle. Une exigence qui décourage les jeunes candidats qui ne se donnent plus la peine de postuler.

Ce marché de l’emploi si particulier crée des frustrations. Faute de perspectives et de débouchés, de nombreux jeunes se retrouvent en marge de la société. Ils deviennent alors les proies privilégiées des groupes armés.

Quand j’y pense, je me dis qu’il est utopique de rêver d’une paix durable dans ma région sans la prise en compte des besoins légitimes de ces jeunes laissés pour compte.


Faites-vous connaître, nous vous exploitons

Peu avant le regain de l’insécurité en ville de Beni, à l’est de la RDC, des opérateurs culturels y avaient initié des festivals et concours pour la promotion de la culture et des arts. Mais pas pour le bonheur des artistes.

Exploitation ou promotion

Sur la dizaine de festivals et de concours d’arts organisés en ville de Beni la plupart n’ont pas connu de phase finale. Ceux qui y sont parvenus n’ont jamais remis les prix promis aux artistes. Or dans leur phase préparatoire, les organisateurs de ces événements culturels prônent la promotion de la culture. Chris Ison, un jeune artiste évoluant dans la world music à Beni jure de ne jamais perdre son temps en prenant part à un festival organisé localement.

« Nous artistes, avons toujours été exploité par ces organisateurs d’événements musicoculturels. En premier lieu ils nous convainquent de nous affilier moyennant l’argent (Exploitation) tout en nous promettant en retour une visibilité et un soutien important (Promotion) pouvant booster notre carrière artistique. Au finish, c’est la déception totale. Après avoir amassé nos frais d’inscription et l’argent récolté auprès des spectateurs et des sponsors, certains organisateurs s’éclipsent sans que l’objectif du festival soit atteint » témoigne très furieux, Chris Ison, auteur de la célèbre chanson My Number One.

Improvisation et imitation

Les organisateurs de ces festivals et concours sont pour la plupart des profanes en matière d’événementiel. Aussi la majorité des ces opérateurs culturels n’a même pas les fonds nécessaires pour l’organisation de ces événements. Ce qui explique le caractère payant de l’inscription des artistes à ces festivals. Ce sont ces fonds récoltés auprès des candidats qui sont souvent alloués aux différentes dépenses lors du lancement de ces activités (réservation de lieux de spectacle, support publicitaire, logistique…). Les autres coûts pouvant être supportés par les frais d’entrée payés par les spectateurs.

« J’ai démissionné de la direction artistique d’un festival, car la veille du démarrage, l’organisateur n’avait même pas encore réservé la salle censée abriter l’événement. », affirme Nicolas Ekila, chroniqueur de musique dans une radio locale.

Imitant ce qu’ils ont vécu dans d’autres villes ou ce qu’ils ont vu à la télé, ces mécènes improvisés ne prennent pas en compte plusieurs aspects cruciaux : public ciblé, situation sécuritaire, partenariat… pouvant mener à bien leurs activités culturelles. Conséquence, aucun festival ou concours artistique n’a connu de deuxième édition à Beni ces dernières années.

Crise de crédibilité et corruption

Au delà de ces failles organisationnelles, ces festivals connaissent une crise de crédibilité. Les décisions d’équipes de jury chapeautant ces différentes manifestations sont remises en cause par les festivaliers, voire les spectateurs. Amateurisme, fanatisme, favoritisme, corruption… voilà autant d’accusations dont font l’objet les membres de ces jurys habilités à départager les candidats. Chose grave tout ceci se passe avec la bénédiction du service étatique de la culture et des arts qui autorise le déroulement de ces activités à la seule condition de payer la taxe due.

 


Non, la nationalité congolaise n’est pas exclusive!

Carte d’électeur de la RDC, tenant lieu de pièce d’identité. Photo : Fiston Mahamba
Carte d’électeur de la RDC, tenant lieu de pièce d’identité. Photo : Fiston Mahamba

Par Fiston Mahamba Larousse à Beni-RDC

La constitution de février 2006 est claire: « la nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre ». Pourtant à l’est du pays dans la région de Beni, la double nationalité est de mise. Ils sont nombreux, les habitants de Kasindi, la ville congolaise la plus proche de la frontière congolo-ougandaise, à travailler de l’autre côté de la frontière et vice-versa en jouissant de la double identité. Pour Bruno Kasonga qui a pendant longtemps analysé cette question la nationalité congolaise est une et exclusive selon la loi fondamentale. Mais en pratique, elle ne l’est pas

« Une bonne partie des députés, sénateurs et ministres ont une double nationalité. La plupart des citoyens des régions limitrophes ont une double nationalité. A Aru, à Mahagi, A Pweto, à Ndu, à Libenge, à Mobayi-Mbongo, à Soyo, Kasangulu, Zongo, à Matadi, Kahemba, Cikapa, Kipushi, Kasumbalesa, ont deux nationalités. Ils errent à travers la frontière. D’ailleurs, le Mant Yav congolais, chef de Rund (Lunda) règne sur tous les Rund du Congo, de l’Angola et de la Zambie. Qu’est-ce une nationalité pour lui? Son cas est le prototype de l’ambiguïté de la pratique des lois. A qui la faute? Les lois ne correspondent pas à notre environnement. »

Être là au moment opportun

Les échéances électorales de tous côtés constituent une opportunité pour acquérir la nationalité de son choix. La procédure est simple. Les administrations procédant à l’identification des électeurs à la veille des élections, il suffit de se pointer devant un agent et parler la langue du coin pour avoir sa carte d’électeur et pouvoir voter en tant qu’originaire du pays. Là-bas, les origines sont floues. On a les aïeux de part et d’autre de la frontière.

« Il nous est difficile de différencier l’Ougandais au Congolais ici. En plus de la langue commune, la morphologie est pareille », s’inquiète Paluku Kamuke, agent commis à la Direction Générale de Migration (DGM) au poste frontalier de Kasindi en RDCongo.

Le statut de réfugié salutaire

Les commerçants ou les travailleurs ne sont pas les seuls qui profitent de ce désordre. Les étudiants congolais profitent également de la qualité de l’enseignement à Kampala, la capitale ougandaise. L’Ouganda est aussi un bon tremplin pour ceux qui rêvent de l’Occident. Dans le pire des cas, quand on n’est pas originaire de la région et qu’on ne peut pas parler la langue locale, le statut de réfugié est salutaire. Gloire Ilunga, étudiant congolais à Kampala International University (KIU) en est conscient:

« Avec ma carte de réfugié je vis en Ouganda sans problème, d’ailleurs mes collègues pensent que je suis Ougandais, J’ai aussi introduit mon dossier pour la demande d’asile au Canada. Plusieurs parmi mes amis sont partis ainsi, je sais que la procédure sera longue, mais  j’y arriverai. »

Ce mouvement de migrants est aussi observé dans l’autre sens. Cette-fois, les motifs sont différents. Plusieurs hommes d’affaire ougandais voulant se sauver de la concurrence acharnée ou des impôts, préfèrent investir dans les villes congolaises comme Butembo, Bunia, Beni, etc. Une fois au Congo, avec leur seconde nationalité, ils agissent comme des Congolais à part entière.

Ainsi va la vie au Congo. Des lois votées et promulguées mais rarement appliquées. Alors, sérieusement, à quoi servent-elles?

 


RDC : Les offres d’emploi, une formalité?

 

Caricature des armoiries de la RDC par Fiston Mahamba Larousse
Caricature des armoiries de la RDC par Fiston Mahamba Larousse

Le taux de chômage officiel en RDC est de 96%. Or dans ce pays Africain pullulent plusieurs entreprises publiques et privées, des organismes tant nationaux qu’internationaux. Une certaine opinion attribue ce taux de chômage élevé au système de recrutement établi au sein de ces entreprises.

Par Fiston Mahamba Larousse à Beni

Recruter selon la face, non pas selon la compétence

Bienvenu Silu a 19 ans lorsqu’il décroche son diplôme d’État en 2010. Il se décide d’évoluer avec les études universitaires enfin de mieux intéresser les recruteurs. En 2013, il obtient son diplôme de grade en environnement et développement durable. Quelques mois après, en quête d’emploi, il tombe sur une offre pour un poste d’environnementaliste dans une ONG locale.

Très vite, il apprête son dossier et postule. Depuis lors il n’a eu aucune suite. Il sera surpris un jour quand cet ONG pour laquelle il avait postulé organisa une conférence sur l’exploitation du pétrole dans le parc des Virunga. Sa surprise était qu’un de ses anciens collègues avec qui ils ont terminé les études aux humanités littéraire et qui n’avait pas eu la chance de poursuivre avec les études supérieures était en train d’exposer dans cette conférence en tant qu’environnementaliste de cet ONG. La séance terminée, les gens se côtoyaient dans la cour du cadre d’accueil. Les deux anciens collègues d’école secondaire se retrouvent et engagent une discussion autour des souvenirs scolaires. Avant de se quitter, Bienvenu Silu se voit glisser quelques billets de banque par son ami qui lui dit vouloir poursuivre avec les études universitaires.

« Après que mon oncle, un poids lourd dans cet ONG m’ait recommandé à ce poste, je compte maintenant aller à l’université pour affronter la faculté cadrant avec mon poste pour bien maîtriser ce que je fais maintenant » a-t-il chuchoté à son ami chômeur qui avait postulé pour ce poste, mais sans suite malgré ses compétences dans le domaine de l’environnement.

Ici on recrute les gens de son cercle. Ceci pour diverses raisons : protéger son poste, faire émerger sa famille, son clan, sa tribu ou sa région d’origine.

«Les offres d’emploi s’affichent alors qu’on connait déjà dans la boite interne de l’entreprise qui recrute celui qui occupera ce poste. L’affichage de ces offres d’emploi est juste une formalité face à l’Office National de l’Emploi qui l’exige des entreprises avant tout recrutement», souligne Sammy Kalemberwa, gradué en Développement, au chômage depuis 5 ans.

Le secteur informel, un refuge

Cette situation amène une majeure partie des nouveaux diplômés à vivre sans emplois. Et pour survivre, ils n’ont d’autres choix que entrepreneuriat. Le chômage déguisé est devenu leur refuge. Un nombre élevé de ces licenciés, gradués, docteurs,… en dehors du circuit officiel d’emploi dans leurs domaines de formation sont devenus commerçants, commissionnaires, taxateurs, motards, cambistes,…

Les services Étatiques, un mystère ?

Mamy assume la fonction de secrétaire dans une entreprise publique. Recrutée à Kinshasa, la capitale de la RDC, elle se fait mutée dans l’Est du pays pour assumer la même fonction au sein de la même entreprise. Au bout de trois ans, dix nouveaux agents se sont ajoutés sur la liste de paie de l’entreprise. Mais au courant de ces mêmes trois années, l’entreprise n’a jamais organisé un processus officiel de recrutement. Mamy se pose la question de savoir par quel mystère ces nouveaux employés accèdent à ces postes. Aussi ces nouvelles unités dans cette entreprise n’ont pas tardé avec ce statut. Au bout d’une année, elles avaient déjà leurs numéros matricules dans la fonction publique.

«Ne vous étonnez pas de voir le nom de famille du directeur ou celui du directeur adjoint figuré deux, trois ou quatre fois sur le listing de paie. Ici on gère l’entreprise comme un petit royaume. Ces nouveaux recrus dans notre entreprise sont fils, cousins, neveux, beaux-frères,…à nos dirigeants » murmure-t-elle, les deux mains sur le clavier de son ordinateur bureau.


Fidele Bwirhonde, une vitrine de la Blogosphère Lushoise

Le journaliste et blogueur Congolais Fidèle Bwirhonde. Photo: Fidèle Bwirhonde
Le journaliste et blogueur Congolais Fidèle Bwirhonde. Photo: Fidèle Bwirhonde

Le blogging semble jusqu’à présent être l’un des outils des NTIC le moins connu et le moins exploité en RDC. Nonobstant, certaines gens font parler d’eux dans diverses zones de la RDC suite à leur activisme sur la toile via le blog.

Par Fiston Mahamba Larousse à Beni

    Autodidacte

Fidèle Bwirhonde, vit à Lubumbashi, capitale économique de la RDC. Licencié en sciences de l’information et de la communication, en département de journalisme, il n’a pas appris le blog à l’université. Après ses études, il s’initie de lui-même à créer et à publier sur un blog. Journaliste à la Radio Don Bosco, il profite de cette profession lui permettant d’avoir une vue d’ensemble sur l’actualité de sa province, le Katanga ; de son pays la RDC et de son continent, l’Afrique pour approfondir ses points de vue. Sa passion pour le blogging l’amène à être sélectionner en 2014 pour suivre la formation Wazablog modérée par Waza, la rédaction Afrique de la Radio Netherlands Worldwide. Pour lui, cette sélection vient couronner les efforts de sa longue carrière d’autodidacte en blog.

 Un magazine généraliste

Hébergé sur canalblog, FidelBlog, nom donné à son domaine, est une vitrine qui permet de jeter un regard curieux sur la province minière du Shaba et la grande République Démocratique du Congo. Les articles de fond allant du sport à la politique en passant par la culture, l’économie, la littérature, … inondent cette plaque tournante de la Blogosphère Lushoise. Une apparence rappelant celui d’un site web d’un magazine mis en ligne par un ingénieur en réseau, avec des sous-catégories vous accueille en atterrissant sur le tarmac de la Lwano (Oh !!! je voulais dire en atterrissant sur le tarmac du blog de Fidèle Bwirhonde.)

Accro aux connections

Fidele Bwirhonde aka Lenoir est de ces gens qui croient au pouvoir des relations. Sur son compte Facebook, il a plus d’un millier d’amis. Les réseaux sociaux sont pour lui non un espace de passe-temps mais plutôt un lieu où se tissent des relations en brisant le mythe des frontières. Il est présent sur la plupart des réseaux sociaux en vogue.

Membre de la Blogosphère Gomatracienne, plateforme des blogueurs la plus active en RDC, il rêve de réseauter les blogueurs de sa ville, Lubumbashi, en vue d’unir leurs efforts pour faire du Katanga aussi une richesse de la RDC en termes de Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.


Le président Joseph Kabila envisage des mesures spécifiques pour arrêter la crise en territoire de Beni

Joseph Kabila accueilli au pied de l'avion par Julien Paluku. Photo: Magloire Paluku
Joseph Kabila accueilli au pied de l’avion par Julien Paluku. Photo: Magloire Paluku

Arrivé à Beni depuis mercredi après-midi, le chef de l’Etat Congolais, a rencontré tout le commandement des Forces Armées de la RDC en vue de mettre en place des stratégies en vue de vaincre la crise d’insécurité montée depuis deux semaines dans ce territoire de la province du Nord-Kivu.

Par Fiston Mahamba Larousse

Ce jeudi, Joseph Kabila s’est encore une fois réuni avec les membres du comite de sécurité de la ville et du territoire de Beni en vue de s’imprégner profondément de la situation. Puis suivra les consultations avec les représentants de la population dont la société civile, les mouvements de jeunes,…Ceci dans le cadre de recevoir de leur part des propositions sur les alternatives à mettre en place pour stopper l’insécurité dans la région.

Le programme de Joseph Kabila prévoit aussi une adresse à la population en vue de lui adresser un message de compassion et de réconfort durant ces moments difficiles que traverse le territoire de Beni avec la montée des actes de terrorisme des assaillants assimilés aux rebelles ADF.

Des sources proches de l’administration locale soulignent qu’à la fin de ces consultations du chef de l’Etat avec la base, quelques changements pourront intervenir dans les chaines locales de commandement de l’armée Congolaise et de la police nationale vue les complicités observées entre quelques militaires de l’armée loyaliste et les rebelles ADF.

 


Les écoles occupées par les déplacés à Oicha

Intérieur d'une salle de classe devenu dortoir. Photo: Aurélie Fontaine
Intérieur d’une salle de classe devenu dortoir. Photo: Aurélie Fontaine

Les cours ont cessé dans plusieurs écoles de la cité d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. A la base, l’occupation des salles de classe par les déplacés ayant fui les récents massacres perpétrés par les rebelles ADF en territoire de Beni et qui ont fait plus de 80 morts.

Par Fiston Mahamba Larousse

« Lors de l’arrivée des premières vagues des déplacés, ceux-ci quittaient les salles de classe le matin en vue de permettre aux élèves de suivre cours. Mais depuis l’augmentation du nombre des déplacés suite à la succession des massacres, les enseignants ont demandé aux élèves de ne plus venir à l’école », témoigne un déplacé trouvé à l’école primaire Mbimbi. Ces déplacés venus des villages de Mukoko, Mayimoya, Linzosisene, Kiaskivi et Eringeti vivent dans des conditions déplorables sans aucune assistance humanitaires.

L’administrateur du territoire de Beni, Bernard Amisi Kalonda déplore cet arrêt des cours. Il indique que les dispositions sont en cours en vue de trouver un autre endroit pouvant héberger ces familles déplacées. « Nous sommes en pleine concertation avec le comité de déplacés en vue de parachever d’abord l’identification de ces personnes. Après cela, il sera question de trouver un endroit pouvant les accueillir en cité d’Oicha en attendant le rétablissement de la situation sécuritaire dans leurs milieux d’origine » a-t-il déclaré.

Pour rappel, le bureau local du Comité d’Aide aux Déplacés, CAD, a dénombré depuis le 09 octobre dernier plus de 604 ménages déplacés dans plusieurs écoles de la cité d’Oicha. « Ces ménages représentent plus de 2512 personnes qui occupent les salles de classe. Ce chiffre ne prend pas en compte, les déplacés venus récemment d’Eringeti car l’identification n’a pas encore été clôturé » ont indiqué des agents recenseurs de déplacés du CAD.


Déplacement massive des populations au nord du territoire de Beni

L’entrée de Mayimoya en territoire de Beni
L’entrée de Mayimoya en territoire de Beni

Les villages de Mayimoya, Mukoko, Linzosisene au nord de la ville de Beni se vident de leurs habitants. Ceci fait suite aux attaques successives des rebelles ADF dimanche et lundi derniers dans ces localités du territoire de Beni. Les populations civiles fuient vers la cité d’Oicha et le village de Samboko. Selon un habitant de Mayimoya la population craint les représailles des rebelles ADF qui se sont attaqués aux civiles les accusant d’avoir collaboré avec les Forces Armées de la RDC lors des opérations Sokola1 lancées par l’armée Congolaise contre cette rébellion Ougandaise.

Ces informations sont confirmées par les sources administratives et de la société civile locales qui confirment que les déplacées sont hébergés dans les familles locales. Bernard Amisi Kalonda, administrateur du territoire de Beni confirme avoir reçu une demande des déplacés cantonnés au village de Samboko, qui sollicite le déploiement des militaires Congolais dans ce village pour sécuriser les déplacés. « Nous avons déjà contacté le commandement du premier secteur des Fardc sur place en vue de prendre des mesures conséquentes pour sécuriser les déplacés. Aussi, l’armée est en cours d’organisation en vue de restaurer leur présence dans tous les villages déjà conquis par les FARDC de mains des rebelles ADF» a renchéri Bernard Amisi Kalonda.

Pour Vickos Isesomo, président de la société civile du secteur de Beni-Mbau, ces déplacés ne sont pas encore identifiés par les services administratifs locaux. Il déplore les conditions de précarité dans lesquelles ils vivent. « Ces déplacés ne venaient que de regagner leurs villages après la libération de ces derniers par les FARDC. Maintenant ils sont encore obligés à se déplacer pour sauvegarder leur vie » a-t-il déclaré à Xinhua.

Pour rappel, les rebelles ADF ont lancé des assauts contre les villages de Linzosisene, Mukoko et Mayimoya en territoire de Beni le dimanche et lundi derniers. Ces attaques sporadiques se sont soldées par la mort d’une vingtaine des civils et le kidnapping de plus de cinquante personnes. Celles-ci ont été les premières attaques de cette rébellion contre les villages déjà récupérés par l’armée Congolaise depuis le lancement des opérations Sokola1 contre les ADF en territoire de Beni en janvier 2014.


50 chutes potentielles ; Zéro Ville éclairée

Riviere Semuliki. Credit photo: salamablog.over-blog.com
Riviere Semuliki. Credit photo: salamablog.over-blog.com

La division provincial du plan de la province du Nord-Kivu a localisé et identifié 50 chutes pouvant fournir de l’électricité à cette province et à d’autres coins tant de l’intérieur que de l’extérieur de la RDC. Ces sources d’énergie électrique une fois mises en marche peuvent produire 217,50 mégawatts précise la même source. Et si on y ajoutait le gaz méthane contenu dans le lac Kivu, il ressort que seul ce secteur énergétique peut booster l’essor économique du Grand Kivu.

Par Fiston Mahamba Larousse WA BIONDI

Aucune ville de la province du Nord-Kivu ne consomme l’énergie électrique produite par l’une de ces 50 chutes. La ville de Goma, capitale de cette province, est dépendante du courant produit par la centrale hydroélectrique de Ruzizi au Sud-Kivu. Ceux qui vivent ou ont déjà séjourné à Goma sont témoins de la cadence du délestage des lignes de la Société Nationale d’Electricité alors que Gisenyi, ville Rwandaise voisine à Goma, aussi connectée à la centrale hydroélectrique de Ruzizi brille jusqu’au petit matin.

Direction Kasindi-Lubirihya, agglomération frontalière avec l’Ouganda en territoire de Beni. Cette cité en pleine expansion est entourée de plusieurs rivières avec des chutes potentielles pour l’hydroélectricité. Il s’agit de Semuliki I, II ; Rwenzori I, II ; Kivuwe et Karuruma. Ces sources peuvent produire une énergie estimée à 70 mégawatts. Aussi faut-il rappeler que la rivière Semuliki est l’une d’importantes sources du fleuve Nil, qui lui avec ses barrages fait du Soudan, de l’Ethiopie et de l’Egypte des pays les mieux cotés en terme de consommation du courant électrique par habitant.

Hélas Kasindi-Lubirihya importe son courant de l’Ouganda voisin. Et ici la fourniture de cette denrée semble-t-il dépend des humeurs que Kinshasa affiche vis-à-vis de Kampala. Il suffit que Lambert Mende, porte-parole du gouvernement Congolais indexe l’Ouganda dans telle ou telle autre affaire pour que cette cité se voie dans les noirs ou subisse des menaces de coupure d’électricité.

Les réseaux lacustres sur le Lac Kivu et Edouard non balisés, la non émergence du secteur industriel dans cette région tirent leur origine au manque du courant électrique.

La conséquence majeure de cette situation est qu’aujourd’hui 98% des habitants du Nord-Kivu utilisent le bois de chauffe et 2% du pétrole, des groupes électrogènes privés et récemment des panneaux solaires. « Ceci a une très grande répercussion sur l’environnement » souligne Aimé Mateso, enseignant à l’Institut Supérieur de Développement Rural de Beni. Il pense que le gouvernement tant provincial que national devra solliciter auprès de leurs bailleurs la construction de ces centrales hydroélectriques. « Ces projets réduiront sensiblement la déforestation et offriront des emplois aux habitants du Kivu » conclu-t-il.

 


Beni, ces casques devenus masques

Le port des casques est nécessaire pour la protection des motocyclistes. Crédit photo: www.frerebenoit.net
Le port des casques est nécessaire pour la protection des motocyclistes. Crédit photo: www.frerebenoit.net

Il y a à peine un mois, le port des casques est devenu obligatoire tant pour les motards que pour les clients en ville de Beni, 350 Kilomètres de Goma au Nord-Kivu. Les habitants n’ayant pas adhéré à ce projet dès le début se disent que ces dispositifs de protection sont devenus aujourd’hui un objet des tracasseries.

Par Fiston Mahamba Larousse à Beni

Un projet conçu sans les concernés

Lors du lancement de l’opération exigeant le port des casques par Nyonyi Bwanakawa, maire de la ville de Beni, plusieurs voix se sont levées pour dénoncer ce projet qui a été lancer sans le consensus des taximen. Ceux-ci ont grevé pendant une semaine pour s’opposer à la hausse des prix des casques dans les magasins à l’annonce de cette mesure par l’administration locale.  Un délai supplémentaire leur fut accordé pour se procurer ce dispositif. Une semaine après il a été demander à  ces motocyclistes de se procurer un deuxième casque pour leurs clients. Sans résistance, ceux-ci ont obtempéré à cette mesure. Mais la résistance a été observée de la part des clients usant ce moyen de transport.

Casque ou masque?

Les malfrats en profitent pour mener leurs opérations. Désormais ils peuvent prendre un taxi et se voiler la face. Ce qui le faciliterai la non défection par les services de sécurité ou toute personne pouvant les identifier.Les taximen étant voilés profitent aussi de ces casques devenus masques pour détourner des colis leur confiés pour acheminement. Les femmes commerçantes sont les plus touchées par ces actes malicieuses des motards.

Et la menace Ebola?

A l’annonce de la résurgence de l’épidémie d’Ebola en RDC par le territoire de Boende en Équateur, plusieurs messages de sensibilisation pour s’épargner de cette maladie à virus ont été lancé par les organisations sanitaires. Parmi les sources de contagion figure la sueur qui probablement s’échange entre les différents clients qui portent les casques que leurs disponibilisent les motards. La population émet un S.O.S et demande aux autorités de suspendre la mesure de port des casques en attendant que cette menace soit complètement éradiquer du pays.

 

 

 

 

 


La journée de la paix sans pain

L'acces à l'eau potable est encore une peine à l'est de la RDC. Credit photo: Jeunes Reporters de l'Ituri
L’accès à l’eau potable est encore une peine à l’est de la RDC. Crédit photo: Jeunes Reporters de l’Ituri

Alors que le monde célèbre la journée internationale de la paix sous le signe d’une paix recouverte sur l’étendue du Nord-Kivu, une certaine opinion se dit que la paix est loin d’être restaurée dans cette partie de la RDC.

La paix c’est aussi la sécurité alimentaire

Les territoires de Beni, Lubero, Rutshuru au Nord-Kivu sont considérés  comme des pôles de ravitaillement des grandes villes du pays. Les produits agricoles produits dans ces zones par les agriculteurs familiaux sont commercialisés jusque dans la capitale de la RDC. Depuis 2010, plusieurs agriculteurs ont été poussé à fuir leurs villages, abandonnant derrière eux leurs champs suite à l’insécurité devenue récurrente dans ces territoires. La majorité vivent aujourd’hui dans des camps des réfugiés dans les pays voisins (le Rwanda, la Tanzanie,l’Ouganda,…); d’autres dans des camps pour déplacés internes au pays et dans des familles d’accueil aussi démunies.

Ces familles, jadis unités de production sont devenues dépendantes de l’aide humanitaire aussi insuffisante pour répondre à une grande demande des personnes en besoin. Pour des analystes de cette région, il serait encore tôt de parler de la paix dans le Kivu alors que la famine vient s’ajouter au malheur( viol, violences sexuelles, meurtre, assassinat, vol, pillage,non scolarisation…) déjà causé par plus de deux décennies de guerre. Cette même opinion pense que la paix ne signifie pas absence de la guerre( bien que celle-ci n’est pas encore complètement finie au Kivu). La sécurité alimentaire préalable pour une autosuffisance locale des communautés, passe par la sécurité des agriculture, l’appui au secteur agricole, la réglementation du marché sont autant d’aspect qui devraient accompagner ce retour de la paix chanté dans la sphère internationale suite à la neutralisation du Mouvement du 23 Mars dans le Nyiragongo et Rutshuru et l’actuelle traque contre les rebelles ADF en territoire de Beni.

#NousVousGuidons, un exemple à suivre

En marge du sommet du Sommet des Nations Unies sur le Climat à New York le 23 Septembre, plusieurs ONG environnementales Africaines ont lancé la campagne Nous Vous Guidons pour demander aux dirigeants d’exiger des comptes aux pays riches qui sont à l’ origine du changement climatique et d’intensifier la lutte contre les combustibles fossiles en RDC. LAfrique du Sud, la Jordanie, l’Égypte, la RDC, le Ghana, le Kenya, le Burundi et le Nigéria organisent des manifestations dans le cadre de la Mobilisation Populaire massive pour le Climat. Cette campagne qui constitue une initiative continentale à la veille du sommet de ce mois-ci, comprendra un appel à la prise de consciences à la problématique du développement des combustibles fossiles en RDC. C’est une campagne de mobilisation et de plaidoyer qui se mènera essentiellement sur les médias traditionnels et réseaux sociaux avant de culminer avec un rassemblement des acteurs climatiques. A Kinshasa, une marche populaire avec les cyclistes et les rollers a marqué le soutien à cette mobilisation. Voilà une action à soutenir nous a laissé entendre un internaute qui commentait l’événement sur le réseau social facebook.

Une action, pas des mots

Au moment du lancement de la campagne #NousVousGuidons, à Kinshasa, André Moliro de l’équipe Congo Power Shift a déclaré: « L’heure est à l’action, pas des mots. L’Afrique sera la plus durement touchée par le changement climatique et nous voyons déjà les effets avec plus de sécheresses, d’inondations et plus de phénomènes météo extrêmes un peu partout. Grâce à la campagne #NousVousGuidons, nous nous réunissons en solidarité avec les gens à travers le continent : de l’Égypte au Nigeria en passant par l’Afrique du Sud, le Kenya et le Ghana pour montrer à nos présidents comment lutter contre le changement climatique. »

Les militants climatiques d’Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo, du Kenya, du Nigéria, du Ghana ,du Burundi, d’Égypte et de la Jordanie se préparent à organiser des marches, concerts acoustiques, des rassemblements à vélo et des événements avec les communautés touchées par les impacts du changement climatique à la veille du sommet, mettant une pression massive sur les dirigeants à faire de réels progrès dans les discussions.