Makaveli

Trois Maliennes qui ont tenté le pari d’entreprendre dans le numérique

Le taux de pénétration de l’internet au Mali est encore loin d’avoir atteint son paroxysme. Pourtant certaines jeunes dames voient dans les technologies de l’information et de la communication TIC une aubaine d’accroissement économique et de facilitation du quotidien du malien. Entre défis et ambitions voici trois femmes qui ont tenté le défi d’entreprendre dans le numérique. 

Etre entrepreneuse est une des tâches les plus ardues au Mali, défavorisée à plus d’un égard par de nombreux stéréotypes, souvent surmenée par les devoirs familiaux ou limitée par les contraintes du mariage, l’absence de soutien et d’accompagnement sont des bâtons dans les roues de l’éclosion de l’entreprenariat féminin.

Nonobstant les contraintes, certaines jeunes dames arrivent à se frayer élégamment un chemin avec courage, envie et détermination. Elles travaillent avec la noble ambition et avant toute considération pécuniaire, à améliorer via les TIC le quotidien des maliens, promouvoir nos talents, elles sont un modèle pour cette nouvelle génération de jeunes hyper connectés.

AGANSI Faire connaitre le savoir-faire artistique malien

Massira Touré
Massira Touré Photo: Massira Touré

Agansi est la première plateforme web orientée sur l’art au Mali, il a vu le jour pour répondre au besoin et à l’envie de faire connaitre les talentueux artistes maliens. Son initiatrice Massira TOURE est artiste peintre, Woman Tech Maker consciente des nombreux défis que connait le monde de l’art plastique malien en terme de visibilité, elle a vu dans les TIC un moyen de booster et de donner un coup de pub.

« Etre femme ou homme il faut se donner le moyen de vivre ses rêves. »

Ambitieuse et courageuse, elle projette de faire de sa plateforme une référence africaine en matière d’art plastique. A la pointe de la technologie Agansi vous offre la possibilité de visiter des galléries en 3D. Vous pouvez vous renseigner sur l’art malien, les artistes, et surtout faire des achats.

ANKAFINI coup de projecteur sur les tissus africains

F. Tangara Photo: F. Tangara

Imaginez depuis votre téléphone, tablette ou laptop choisir le tissu de vos rêves, sélectionner un modèle qui vous sied et vous faire livrer dans quelques jours votre habit. Oui c’est possible et même de choisir les accessoires.

« Nous nous devons de réussir, d’être des exemples pour les autres. »

Née de la double volonté de donner un coup de visibilité aux artisans textiles africains, et de permettre à tout un chacun de faire un gain de temps quant à la confection de ses habits. ANKAFINI est initiée par Fatoumata TANGARA une Woman Tech Maker.

Entre démarcher les vendeurs de tissus et les tailleurs elle est la seule à s’occuper de sa plateforme et à faire son boulot de community manager. Fatoumata TANGARA se veut être un exemple pour les femmes un modèle pour dire que les femmes peuvent et doivent être sur tous les terrains selon ses mots.

Ankafini sera disponible début janvier 2018

BAARA 2.0 mettre en relation les artisans du Bâtiment et les particuliers maliens

P. Sogoba
P. Sogoba Photo: P. Sogoba

Membre de la communauté Woman Tech Maker du Mali, initiatrice du blog MUSODEV un blog dédié aux maliennes évoluant dans l’informatique. Porcho Marguerite SOGOBA a un dada les TICs. Douée avec les codes, son rêve était de mettre son savoir-faire au service de sa communauté.  Elle voit dans le numérique la possibilité de créer de l’emploi pour les jeunes, de créer de la richesse.

« Je veux être utile à ma communauté. »

Baara 2.0 est une plateforme dédiée à la construction, les orfèvres, maçons, plombiers, architectes, électriciens et autres y sont répertoriés, vous pouvez les contacter selon votre localité, les choisir selon leurs compétences en fonction de vos besoins de construction ou de maintenance. Vous pouvez aussi vous inscrire pour mettre sur le marché vos compétences.

Baara2.0 sera disponible début janvier 2018

Avec le taux de pénétration de l’internet qui s’accroit peu à peu, nous pouvons sans doute dire que l’avenir des TICs a de beaux jours devant lui au Mali. Surtout avec nos jeunes dames 2.0 a l’envie féroce et l’imagination débordante.  


En finir avec les coupures d’électricité au Mali, oui c’est possible

Il n’y a pas ce Malien qui est satisfait des services d’EDM SA (Energie du Mali), le principal fournisseur d’électricité du pays. Les délestages* couplés au coût élevé de l’électricité ainsi que la couverture qui ne s’étend qu’aux grandes villes harassent les citoyens, ralentissent l’émergence économique, technologique et industrielle. D’où l’appellation « Énergie du Mal ». Mais il y a une solution pour assurer l’accès à l’électricité sans coupure à tous les maliens.

Une entreprise qui fonctionne à perte

L’Etat malien est le principal actionnaire d’ EDM, chaque année il injecte des milliards de francs CFA afin d’assurer son fonctionnement, pourtant la boîte ne réalise pas de bénéfices. L’EDM est toujours incapable de produire suffisamment d’électricité pour répondre aux besoins croissants de sa clientèle, en plus des 60 000 nouveaux demandeurs d’énergie chaque année. Sans les subventions du gouvernement les factures d’électricité seront hors de portée de la bourse du citoyen.

Depuis des années, l’entreprise semble s’enfoncer inextricablement dans un bourbier. Elle produit de l’électricité avec seulement du pétrole importé, ce qui a une incidence sur le coût de l’électricité. La corruption au sein d’EDM, le vol d’électricité par les citoyens et le gaspillage dans les services publics et les camps militaires, la vétusté et l’insuffisance des centrales thermiques font de l’électricité une denrée rare du Mali. Alors que la démographie galopante, l’urbanisation effrénée et la révolution technologique rendent le pays énergivore.

La fin des délestages, l’énergie pour tous

Afin d’en finir avec les délestages, une transition progressive vers l’énergie solaire me semble indispensable. L’EDM, à défaut de fournir directement de l’électricité, doit doter ses clients en kits solaires (panneaux solaire, batteries). Les clients, au lieu de payer les factures d’électricité, remboursent les frais de payement d’installation et d’entretien des kits. Le montant sera échelonné sur une période donnée, et à la fin du remboursement, les clients deviennent propriétaires.

Le coût de l’électricité au Mali est cher et fluctuant. Mais avec un tel système chaque famille pourra contrôler sa consommation en électricité et ainsi faire des économies. Chaque foyer pourra en bénéficier car le payement sera flexible.

Avec ce système, où les foyers sont autonomes en énergie, l’EDM pourra ainsi consacrer la plupart de sa production aux usines et augmenter son chiffre d’affaire avec la réduction de sa dépendance au pétrole.

Objectiver un tel projet permet de réaliser une transition vers les énergies vertes, donc de préserver l’environnement. Aussi d’assurer l’accès à l’électricité à tous, tout en favorisant la croissance économique.

L’exemple de M Kopa au Kenya

N’allez pas dire qu’un tel projet est impossible ou demande des sommes astronomiques. Une startup kényane « M Kopa » a réussi à connecter 500 000 maisons à l’électricité en six ans seulement. Le secret de M Kopa est de fournir le kit solaire avec un mode de payement simple et flexible par téléphone pour les populations rurales.

Nous pouvons sortir du noir

La startup malienne Yeelen Solar depuis 2016 s’est fixée comme mission d’aider les zones rurales à accéder à électricité, grâce au solaire. Elle propose, elle aussi des kits adaptés aux besoins de consommation des foyers. La preuve que la transition vers l’énergie solaire est déjà en marche et reste une solution viable et écologique.

Si au Kenya une startup arrive à fournir de l’électricité a 500 000 maisons imaginons ce que peut faire un Etat, une grande entreprise. Oui, nous pouvons sortir du noir, assurer l’électricité à tous les Maliens, il nous suffit de regarder vers le ciel.

*Le délestage électrique consiste à supprimer l’alimentation d’un groupe d’appareils ou de clients afin d’éviter la saturation de l’alimentation électrique.


Tous les jeunes Maliens doivent avoir un blog

Oui c’est vrai, nous sommes d’une tradition de l’oralité. Au nom d’une certaine gérontocratie, les jeunes n’ont que peu accès à la parole. Mais aujourd’hui, le monde des technologies s’offre à nous avec de nouvelles possibilités comme les blogs. Les blogs pour nous sortir du mutisme, mettre fin à la léthargie et ouvrir les champs du possible.

Parce que nous avons une histoire à écrire

Des chapitres de notre histoire et des pages de nos savoirs ancestraux ont été inhumés avec le décès des personnes ressources, des vieux, des griots dépositaires de nos richesses immatérielles. Brisant ainsi la chaîne de transmission parce que nous n’avons pas écrit. Ne commettons pas la même erreur consignons par écrit le Mali d’aujourd’hui nos valeurs, nos cultures, nos rêves, ça sera notre héritage pour la postérité.

Nous devons écrire pour préserver nos valeurs, nos richesses immatérielles contre l’emprise assassine du temps. Pour immortaliser cette belle époque de revolution que nous vivons.

Parce que nous devons nous faire entendre

Personne ne détient le monopole de l’intelligence pour avoir les idées révolutionnaires qui changent un pays. C’est pourquoi, il est important de partager ses idées pour relever les défis saisir les opportunités. Tous, autant que nous sommes, nos avis comptent et doivent participer à la bonne marche de notre beau pays.

Le blog nous engage dans le débat politique nous donne le pouvoir d’influencer positivement les prises de décisions. Nous ne devons pas nous taire alors que la patrie croule sous le poids de la mauvaise gouvernance et la crise de citoyenneté.

Nous devons être la voix de ceux qui n’en ont pas. Nos blogs sont des remparts contre la mauvaise gouvernance et l’injustice.

Pour Abdoulaye Guindo, le président de la communauté des blogueurs du Mali le blog a une utilité sociale et constitue un contre-pouvoir « Face à la capitulation des médias traditionnels devant les politiques, les médias sociaux, notamment les blogs sont utilisés pour combattre une série d’abus tels que détentions abusives, corruption des gouvernements, dégradation de l’environnement et atteintes aux droits de l’Homme. J’appelle les jeunes Maliens à venir vers le bloguing, s’ils ont pour ambition de jouer un rôle dans le changement positif du pays. »

Parce que le blog participe à la de citoyenneté

Le blog est un outil qui participe à la de citoyenneté active. Bloguer c’est s’engager pour des causes nobles et justes, c’est protester contre l’injustice et contre tout ce qui nuit à notre bien-être collectif, c’est écrire pour notre bonheur commun. A travers le blog nous avons le pouvoir de toucher des milliers de personnes par nos idées, rêves. Alors d’espérer un changement positif.

Auteur de nombreux ouvrages un des blogueurs les plus prolifiques Fousseni Togola est convaincu que « le blogging rehausse notre façon habituelle d’agir avec le monde en nous amenant à mieux réfléchir sur notre environnement politique sociale économique et éducatif ».

Tenir un blog c’est s’élever au-dessus du charivari qui inonde et répugne à s’informer plus d’un a s’informer sur internet, c’est aussi mener des réflexions véhiculer des idées constructives et bénéfiques pour le pays.

Parce que blog renforce la cohésion sociale

Le blog est un outil de dialogue, de communication, de partage, d’échange, d’amour et participe a la consolidation de la paix et de la cohésion. Les idées qu’on y véhicule nous permettent de mener une révolution sociale pacifique.

Bloguer nous permet de contrer l’ignorance et la précarité. Nous devons écrire pour réveiller les espoirs endormis, libérer les potentialités, faire vibrer les cœurs engourdis par le désespoir et surtout rapprocher les cœurs dans ce climat de crise multiforme.

Parce que nous avons des idées parce que l’éducation et la culture sont nos armes pour construire le Mali dans une démarche pacifiste.

Parce que bloguer c’est s’ouvrir au monde

Etre blogueur, c’est s’ouvrir au monde apprendre de soi-même des autres et ainsi être utile à la société. Bloguer c’est allumer une ampoule contre les méfaits de l’ignorance les dangers du repli sur soi. Nous devons partager avec les autres ce que nous savons et ce que nous avons, c’est en cela que nous sommes grands.

« Dans le contexte comme le nôtre, ou tout est à faire, écrire et agir procèdent du même besoin vital de résister… »



Si je ne réussis pas, c’est parce que je n’en fais pas assez

Le plus difficile ce n’est pas de trouver la vérité, mais d’être capable de l’accepter. Il m’a fallu du chemin et beaucoup de courage pour arriver à cette vérité.

« L’enfer ce n’est pas les autres »

Ce n’est pas le gouvernement qui est responsable de mon infortune. Si j’ai raté un concours c’est parce que je n’avais pas le niveau. Ce ne sont pas les imprécations des envieux qui me rendent poisseux.  Ce n’est pas Dieu ou une destinée qui me conditionne à la médiocrité et à la précarité. Ce ne sont ni les maraboutages, ni les mauvais sorts qui m’ont été lancés par des jaloux qui m’empêchent de réussir ma vie. Ce n’est pas non plus mon environnent qui réduit mes possibilités.

« Ton pire ennemi est parfois dans ton miroir »

C’est dur à admettre, mais en réalité nous sommes responsables et nous méritons tout ce qui nous arrive dans notre vie.

J’ai longtemps empoissonné ma propre vie avec des idées lugubres et pessimistes. Alors que j’aurais dû voir les défis comme des opportunités, comme une chance d’apprentissage, une occasion de faire les choses autrement.  Mais au lieu de cela, je n’ai vu que des murs, des impasses, aveuglé par ma propre négativité.

Fataliste et veule j’ai perdu mon temps à attendre une intervention divine, un miracle… j’ai prié pour que des interventions extérieures puissent construire ma vie.

Photo Iwaria

Mais en vérité, je suis le seul responsable de mon incapacité à trouver le bonheur et à m’épanouir dans ma vie.

La bonne nouvelle c’est que j’ai trouvé  « L’homme que le ciel a envoyé pour me sauver, pour améliorer ma vie. Je l’ai rencontré, il était dans mon miroir ».

Si je n’ai pas la vie que je veux, c’est simplement parce que je ne fais pas ce qu’il faut pour l’obtenir. Il faut donc que j’arrête de m’inventer des excuses et de compter toujours sur l’aide des autres. Je n’attendrai plus que les opportunités se présentent pour agir, au contraire : j’agirai pour créer mes opportunités ! Parce qu’attendre c’est essayer les méthodes, changer de stratégie avant de trouver le fil d’Ariane.

Les limites qui m’entravent n’existent que dans ma tête, les forces dont j’ai besoin pour m’affranchir de ces limites sont en moi-même.

Maintenant, je vois les obstacles comme une bénédiction, les échecs comme des étapes, comme les signalétiques qui indiquent que je suis sur la voie de la réussite.

La réussite est à la portée de tous, il faut juste investir les efforts nécessaires à sa réalisation.



Élections : comment choisir le bon candidat

Si voter est acte civique, une obligation morale pour la bonne marche de la démocratie, le choix du candidat est déterminant. Ce choix doit être basé sur des critères objectifs et impersonnels. Le vote et le choix du candidat sont la promesse d’une bonne gouvernance à venir. Le choix par affinité, suivisme ou opportunisme sont des pratiques inciviques qui peuvent sceller le destin du pays en portant la mauvaise personne à la tête du pays.

Je souhaite partager ici avec vous quelques réflexions qui vous permettront peut-être de faire tri entre les candidats lors de prochaines élections.

Bien connaitre son candidat

Tout d’abord, sachez qu’un bon candidat n’attend pas les élections pour approcher sa communauté. Il n’attend pas d’être élu pour entreprendre des actions de développement. Alors questionnez les aspirants à la présidence sur leurs réalisations antérieures.

Le meilleur des candidats est un homme de valeur et de principe. Examinez vos candidats sur différents points : comment se comportent-ils en société ? Sont-ils des modèles de vertu ? Ont-ils été mêlés à des affaires illégales dans le passé ? Est-ce que, dans leurs rapports sociaux et professionnels, ils font preuve d’intégrité et d’humanisme ?

Expérience et culture générale sont également les traits de caractère d’un bon président. Ainsi, il faut pouvoir connaitre le parcours scolaire et professionnel des candidats, cela nous renseigne sur leur aptitude à pouvoir diriger le pays. Un bon candidat se démarque par ses connaissances et ses compétences. Comment vouloir diriger le pays si on est pas compétent ?

Comment se finance la campagne électorale ?

Il est primordial de savoir comment un candidat finance sa campagne électorale. Une campagne électorale financée illicitement transforme le mandat d’un élu en un champ propice à la corruption, au favoritisme et par conséquent au sous-développement.

Le bon candidat fait montre de transparence sur les fonds destinés à sa campagne électorale. Des fonds qui doivent être acquis dans le cadre des dispositions légales. Il déclare évidemment ses biens et paye ses impôts. Le bon candidat doit être exemplaire.

Le déroulement de la campagne électorale

Abstenez-vous de choisir le candidat qui, pendant sa campagne, diabolise ses concurrents pour se magnifier, le candidat qui se prête à des tentatives d’achat de conscience ou de corruption… ce ne sont pas des arguments pour vous convaincre. Le bon candidat vous convainc par ses actions précédentes et par la pertinence de son programme, c’est ça l’essentiel, le reste n’a pas de place dans une campagne électorale. Le mauvais candidat tentera de vous manipuler par des promesses mielleuses, creuses, et des discours grandiloquents.
Le déroulement d’une campagne nous renseigne sur la personnalité du candidat et sa capacité à prendre de la hauteur.

Un grand projet de société 

N’oubliez pas qu’un président sans grande vision amènera le pays nulle part. Le bon candidat est celui qui peut exploiter et valoriser les ressources du pays pour répondre à nos besoins pressants, tout en prévoyant des initiatives pour répondre aux défis de l’avenir.

Par ailleurs un programme de société n’est pas une litanie de promesses enchanteresses mais un projet réaliste, ambitieux et viable. Tachez de comprendre comment le candidat compte réaliser le dit projet. Est-ce qu’il endettera le pays avec les fonds étrangers, ou créera-t-il de la richesse avec nos propres ressources ?

Un patriotisme à tout épreuve

Le bon candidat se sent investi d’une mission, une mission qui dépasse sa petite personne. Il a conscience qu’il est au service d’un peuple et que c’est l’espoir de toute une nation qui pèse sur ses épaules. Il a les compétences de Thomas Sankara et les qualités de Nelson Mandela.

Le destin du pays est entre nos mains. Votons responsable, utile.
Et quand nous aurons élu le futur président, aidons-le à nous aider. Notre responsabilité ne se limite pas à la porte des centres de vote.


Réussir une campagne électorale en cinq points

« Trois choses amènent les hommes à nous témoigner leur préférence et à apporter leur soutien dans les élections : les services qu’on leur a rendus, les espérances qu’ils conçoivent et le fait qu’ils se sentent proches de nous et nous apprécient. »*

Une campagne se prépare des années en avance

Avant les élections prenez le temps d’implanter votre parti politique, travaillez à construire une base solide au sein de la population. Nouez des relations avec des personnes ressources et influentes dont l’apport est indispensable à votre parti.

La course aux élections est un marathon, préparez-vous mentalement et financièrement.  Employez-vous à apprendre davantage sur votre pays, vos adversaires, cela vous donnera un avantage pour convaincre le peuple et vous démarquer de vos concurrents.

Emmanuel Macron President France Pinterest CC

L’homme du peuple

Engagez-vous le plus possible pour répondre aux besoins de votre communauté. Votre engagement ne doit pas être que matériel ou financier, votre présence aussi compte. Par vos comportements les gens doivent voir en vous un modèle de moralité. Adopter des comportements qui reflètent les valeurs sociétales et votre philosophie.

Trouvez l’astuce pour mettre l’énergie et l’intelligence collective au service de votre idéologie pour le bien commun.  Soyez à l’écoute et parlez aux citoyens dans un langage qu’ils comprennent. Les gens doivent se reconnaître en vous. Vous devez incarner la solution que vous proposez.

Nelson Mandela
Nelson Mandela Pixabay CC

La communication est la clé

La politique est un jeu de séduction où les médias sont une arme indispensable. Faites des médias vos alliés, ils porteront haut et fort l’écho de vos actions. Ils vulgariseront votre idéologie et même, si nécessaire, étoufferont les mauvaises publicités.

Dans ce flot ininterrompu d’informations et d’actualité, votre plus grand défi sera d’occuper constamment l’espace médiatique. Vous pouvez briller par vos interventions médiatiques comme par vos absences, à vous de déceler les embellies pour vous exprimer.

Dans vos propos privilégiez la clarté et la simplicité, multipliez les canaux de communications traditionnelles comme modernes. Parlez de vous, et faites parler de vous.

N’oubliez pas : si l’élégance, la sympathie, l’éloquence vous font défaut, vous pouvez oublier la politique.

Obama
Obama ancien President USA Wikimedias

Une vision d’avenir

Démarquez-vous par la politique que vous proposez, elle doit être à la fois originale, innovante et ambitieuse. Chaque citoyen doit se l’approprier, indépendamment de son statut social. Vos propositions doivent tenir compte des besoins de votre pays.

Soyez plus qu’un humain, devenez un modèle, un qui illustre sa propre idéologie. Soyez une personne de solution, de vision. La beauté et la pertinence de votre projet séduiront les électeurs, vos actions antérieures les convaincront.

Paul Kagame President Rwanda Pinterest CC

Les actes parlent plus fort que les mots

La méthode la plus efficace pour séduire son électorat c’est de poser des actions. Un politicien est écouté mais jugé pour ses actes. Par vos actions, les gens auront un aperçu de vos capacités.

N’attendez pas d’être élu ou le moment des campagnes pour agir. Ce sont vos réalisations antérieures qui vous garantiront la confiance des électeurs.

 

*PROST (FRANÇOIS), Quintus Cicéron : le petit manuel de la campagne électorale (Commentariolum petitionis), 2009, TULLIANA.EU
 https://www.tulliana.eu/documenti/BindercommentariolumProst.pdf


Le Mali a plus de constructivistes que d’activistes

Il y a lieu de s’interroger sur les activistes qui pullulent sur les réseaux sociaux. Sont-ils présents pour stimuler un changement sociétal ? Ou pour assouvir des besoins pécuniaires égoïstes ? Ce qui est sûr, c’est que le Mali a plus besoin de constructivistes que d’activistes. Internet est une aubaine pour l’émergence du Mali, mais pour y parvenir, il faut une utilisation objective, dans un élan constructiviste.

Dénoncer pour dénoncer

En suivant les activistes web on se rend compte qu’ils se limitent uniquement à des propos délateurs. Ils véhiculent des discours descriptifs d’une situation connue de tous, sans une analyse profonde des événements. Enfermés dans les critiques infécondes, ils oublient de proposer des solutions viables ou même d’entreprendre des actions concrètes.

Activisme mercantile

Pour d’autres, le militantisme en ligne est un moyen de s’enrichir. Ils dénoncent et critiquent pour s’assurer les largesses des politiques dont ils véhiculent les propagandes. Pour eux la notoriété numérique n’est qu’un gagne pain. Ils se livrent au service des plus offrants.

Quand un activiste est à la solde des politiciens, il devient une marionnette d’un jeu politique où il ne sert qu’à alimenter des débats stériles et à véhiculer des idéologies dangereuses.

Le tableau n’est pas totalement noir

L’activisme n’est pas du négationnisme. Etre activiste ce n’est pas se contenter de publier les immondices de son pays, de poster uniquement les messages négatifs, les scandales politiques. C’est aussi produire et vulgariser du contenu utile et éducatif.

C’est aussi à travers des messages positifs que l’on peut inciter, exhorter au changement de comportement à l’évolution des mentalités. C’est apprécier promouvoir ce qui se passe de bien dans le pays, valoriser les ressources et les talents.

Impossible de s’unir

Le Mali a besoin d’une armada d’activistes qui se soutiennent dans les luttes, qui partagent les savoirs pour créer ou proposer des solutions viables.

Les efforts sont lézardés car beaucoup d’activistes évoluent individuellement, ce qui réduit la portée et l’impact des luttes entreprises. L’absence de solidiarité fait que les web activistes ne constituent pas une force pouvant influencer les politiques ni mener une vraie révolution sociétale.

Prêcher par l’exemple

Nos activistes doivent prêcher par l’exemple, adopter les bons comportements qu’ils espèrent chez les politiciens, comme le travail, l’honnêteté et la transparence. Protester sans proposer une alternative ne sert à rien. Se plaindre sans adopter les comportements que nous voulons ne reste que de vaines jérémiades. Rien ne sert de vouloir le changement si nous-mêmes nous ne sommes pas prêts pour faire l’effort de changer.

Être activiste c’est agir

Le meilleur moyen pour nos militants c’est d’initier des actions concrètes qui peuvent résoudre les problèmes du Mali, sans se limiter aux critiques. Etre activiste c’est aussi entreprendre avec ses propres moyens.

Faire de l’activisme en ligne pour la réputation et les opportunités, cela ne reste que l’opportunisme déguisé. Le Mali a besoin de plus que des activistes, il a besoin de constructivistes. Des gens capables d’apporter des solutions d’initier des actions concrètes de développement.

Les activistes dont le Mali a besoin sont ceux qui font des start-ups des labs, des applications innovantes qui répondent aux besoins du peuple… C’est cela le constructivisme.

Etre activiste c’est initier des projets web qui facilitent l’éducation, aident à la promotion de la culture, implémenter des initiatives qui appuient le secteur de la santé, l’agriculture, construire des start-ups qui créent de l’emploi génèrent de la richesse…

Nous avons déjà des initiatives à féliciter qui montre déjà la voie  : Doxtic , Kouloubametre, Ankafini, agansi, dionadiona etc.


La crise malienne, une opportunité de renaissance

Le coup d’état en 2012, comme un vent effroyable, mît à nue les faiblesses de l’Etat malien : l’indigence des citoyens, la facticité de la démocratie, la fragilité des liens sociétaux, et l’adynamie de l’armée.

Six ans après, les crises s’enveniment et s’enchevêtrent, terrorisme du Nord, violences communautaires au Centre, querelles politiques, précarité, grèves récurrentes et risque de violence lors de l’élection présidentielle. Le pays dans un imbroglio est assené par cette crise à la fois multidimensionnelle et protéiforme.

La vulgate dépeint un tableau sombre. Certains vaticinent la malemort pour le Mali. Mais n’oublions pas que c’est à travers les crises que les grandes nations se construisent. Derrière l’impasse de la crise et les linéaments d’un sombre future, se cache une aubaine de renaissance.

C’est l’appel du destin qui met au défi, qui éprouve le Mali pour qu’il reparte sur des bases nouvelles et saines. Cette phase inédite de l’histoire que le Mali aborde est une chance pour lui d’apprendre du passé en faisant le contrefactuel de 60 ans d’Independence, de comprendre que le système actuel ne nous sied pas, qu’il est vital de se réinventer, de faire tabula rasa du passé et ne garder que l’utile et le constructif.

C’est le moment pour nous d’aller vers une vraie entente nationale de regrouper les fils et filles du pays pour un nouveau Kurukan fuga, pour rêver ensemble l’avenir du pays, pour mobiliser les forces et les intelligences nécessaires à sa construction. Pour établir un nouveau pacte social qui tiendra place et lieu à la Constitution. Un pacte d’honneur et de sang.

C’est l’opportunité de penser un nouveau type de société basée sur les valeurs de l’humanisme, du travail et du courage. Redéfinir la citoyenneté au-delà des appartenances ethniques. Améliorer notre démocratie en y incorporant nos systèmes de gestion traditionnelle nos règles et valeurs sociétales. Ressuscité notre patrimoine culturel pour consolider la cohésion sociale.

Objectiver une telle réalité n’est possible que par une justice réparatrice. Nous devons nous pardonner tout en punissant les fautifs pour soixante année où la corruption, l’impunité, le favoritisme et le laxisme ont régné. Tourner le dos à cette classe politique qui s’est avéré être en dessous de l’honneur, de la mission patriotique.

Il nous faut le courage de dire non à l’aide internationale qui n’est que tunique de Nessus. Le courage de dire non aux partenariats qui nous desservent, nous essorent. Il nous faut le courage pour marcher seul, de défricher le chemin de notre destin car la solution ne vient jamais de l’extérieur.

Reconnaissons que nous avons fait banqueroute, responsabilisons-nous pour activer et mettre à profit nos potentiels, nos ressources humaines et matérielles.

C’est notre meilleure chance de démontrer notre patriotisme. Mettre notre citoyenneté au-delà de nos communautarismes. Mettre l’intérêt général sur le personnel.

Nous avons bu le calice de la honte et de l’humiliation jusqu’à la lie. Mettons l’honneur qui nous reste dans l’édification de ce pays. Le Mali peut toujours flamboyer, ça ne dépend que de nous. Le Mali en gestation peut accoucher d’une nouvelle société juste, humaniste, et prospère.

Plus que jamais l’histoire lui offre une aubaine de renaitre, par témérité il peut devenir un pays nouveau ou par pusillanimité rester dans la prostration.


Au Mali, la révolution passera par la culture

Le militantisme à l’ère du numérique se fait à coup de hashtags. L’impact réel de ces actions cybernétiques reste volatil et discutable, leur portée virtuelle ne dure que le temps d’un buzz. Le cyberactivisme peut conduire à des soulèvements, mais pour une transformation profonde de la société, la culture est la voie incontournable.

L’accès à Internet a ouvert un espace de liberté d’expression. Très vite, les réseaux sociaux, en plus de rapprocher les gens, sont devenus un outil de suivi, de contestation et de dénonciation de la vie politique. Les web activistes se sont multipliés, de nombreux médias en ligne qui informent les citoyens sur l’action gouvernementale sont nés. Ces informations rendent les citoyens plus alertes sur les questions politiques.

L’activisme web, s’il peut conduire à des soulèvements, est à lui seul inefficace pour une transformation profonde du Malien tant le mal est profond. L’incivisme, l’impunité, la corruption, la perte des valeurs, la précarité etc. se sont profondément enracinés dans les habitudes.

La révolution dont le Mali a besoin est humaine et n’est possible que par la culture. La culture permet une transformation profonde, durable et pacifique de l’homme. L’art et la culture touchent à l’essence même de l’homme à travers la beauté et la subtilité des messages qu’ils véhiculent, alors que l’activisme se borne à des discours contestateurs et descriptifs. La culture, par son riche contenu ludique et éducatif, peut participer à l’éclosion d’un Malien intègre, courageux et patriote.

Alors que la sexualité était un sujet tabou, en 1990 le groupe de théâtre Nyogolon, avec le spectacle kulu si diala a su faire comprendre subtilement aux Maliens les méfaits du SIDA tout en les sensibilisant aux moyens de prévention. Les films comme Bah ni Batrou, Baara ont décrié les tares et les dérives du Mali d’après l’indépendance et incité à la révolution.

Notre culture délaissée est riche d’outils nécessaires à l’éducation et la transformation sociale. En voici quelques-uns :

Le nyogolon : il passe par l’humour pour traiter des questions brûlantes de la société, le nyogolon permet de dire, dénoncer, valoriser les choses sans offenser et toucher à la sensibilité des personnes.

Le koteba : ou théâtre, met en scène des faits sociaux. Sensibilise et informe sur les marches à suivre dans la société. Dénonce et rejette les manquements des politiques ou des citoyens. Tout comme le Nyogonlon le koteba est une invitation à réflexion, l’introspection et à l’action.

Zirin : Mana pour les plus âgées, sont des histoires réelles ou imaginaires qui contiennent des leçons de morale. Les récits amènent la réflexion, sur soi, sur le monde, le bien, le mal, la vie en société, le travail, les questions existentielles etc. il transmettait notre philosophie de la vie, notre sagesse ancestrale.

La musique : au-delà de sa fonction distractive, elle incite à l’intégrité, l’honnêteté. Les chants exaltent les hauts faits, les actes de bravoure. Dépeint les personnalités comme des modèles dans la société. Elle fait rêver et remplit de nobles ambitions les cœurs des jeunes, tout en prodiguant de bons conseils.

Il y a aussi les danses, les n’talé ou devinette, le poé ou poésie, les masques, ils sont notre héritage culturel à mettre à profit dans l’édification du nouveau Mali. Les griots, les koroduga ou les bouffons, les personnes âgées, sont des ressources inépuisables pour harmoniser et pacifier notre société.

Ces ressources culturelles sont efficaces car ils rassemblent le peuple au-delà des différences ethniques, religieuses etc. La culture et l’art ne connaissent pas de frontières, ils sont l’expression de l’unité dans la diversité.

La culture touche à l’imago, au subconscient, au cœur, pour réveiller la volonté d’agir. Elles poussent les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes avec enthousiasme. L’art et la culture parlent aux plus jeunes comme aux personnes âgées. Elles touchent aux hommes instruits qu’aux non instruits.

L’union de la culture et de la technologie permet de conserver et de perpétuer ce qu’il y a d’instructif et de précieux dans notre culture. Elle permet aux jeunes de connaitre leurs histoires et d’assimiler les valeurs ancestrales qui font le Malien : intégrité, travail, honnêteté.

Nous devons trouver l’astuce pour conjuguer Internet avec notre culture pour éduquer, conscientiser la population, pour créer le Mali dont nous rêvons. Vivement des médias à la fois éducatifs et culturels pour un nouveau Mali.


Chez moi on ne lit pas

Nous avons besoin de lecture pour décadenasser les esprits, pour déchainer l’intelligence collective et mobiliser les forces actives du peuple.

Chez moi on ne lisait pas. Nous sommes le peuple de l’oralité. La parole est le savoir, les vieillards, les griots en sont les dépositaires. De bouche à oreille on véhiculait les connaissances.

Chez moi on n’a pas écrit. À la mort de chaque vieillard, c’était une bibliothèque qui se carbonisait. Nous avons perdu nos savoirs, car nous n’avons pas confié leurs pérennités à la mémoire des livres.

Chez moi on ne lit pas. Quoique tous les savoirs de l’humanité soient consignés dans les livres. Chez nous les livres sont aussi éludés que nos totems. Comme si feuilleter un bouquin apportait une malédiction. Nous sommes dans l’inconscience des mirobolantes richesses enfouies dans les livres.

Livre
Livre Pixabay Image

Chez moi on ne lit pas, car on n’écrit toujours pas de livres. Écrire c’est prêcher dans le désert, parce que mes frères et sœurs abhorrent les plaisirs livresques. On n’écrit pas car les livres ne sont pas rentables. Aussi parce que l’anonymat et le piratage ont assassiné nos auteurs.

Chez moi on ne lit pas parce qu’on ne rêve plus. La précarité et les dogmes ont écourté notre vision de la vie. Un petit boulot, un mariage, une maison et une voiture sont la finalité de notre existence. Lire nous semble superflu.

Chez moi on ne lit parce que nous ne voyons personne le faire. Nos bibliothèques ont toujours été désertiques. Nous sommes une génération de philistins, infectée par la bibliophobie, condamné à être en marge de l’histoire universelle.

Lecture
Lecture Pixabay Image

Chez moi on ne lit pas car nous sommes très pauvres. Mais ce n’est pas parce qu’on est pauvre que nous ne lisons pas, nous sommes pauvres parce qu’on ne lit pas.

Chez moi nous ne lisons pas parce que nous sommes perdus. Telles des brebis égarées, on ne sait plus où aller. Nous souffrons de l’ignorance, la mère de tous les maux. Et notre salut se trouve entre les lignes.

Chez moi nous sommes riches en ressources naturelles mais nos populations sont dans l’indigence. Parce que les vraies richesses sont les cerveaux qui transforment nos ressources matérielles pour le bien général.

Chez moi on est dépendant des oboles de l’aide étrangère. Nous sommes condamnés à être remorqué et spolié par les autres, car ils lisent plus que nous.

Aucun pays ne s’élève sans les livres. Individuellement comme collectivement, on ne grandit vraiment que par le nombre de livres que nous lisons.

Lecture
Lecture Pixabay Image

Chez moi nous sommes pauvres car les riches ont des bibliothèques que nous ne fréquentons point. Parce que le pouvoir est le savoir, et les savoirs sont dans des livres.

Chez moi c’est la nuit de l’ignorance, ou souffle les vents de la précarité. Le cerveau atrophié par la paresse intellectuelle. Le ventre ballonné par la sous-culture, à force de s’ingurgiter les couleuvres qui passent sur les écrans.

Chez moi on a besoin de livre parce que nous ne souffrons ni de la corruption, ni de la guerre, ni de la mauvaise gouvernance, ni la famine, mais de la précarité intellectuelle et de l’acculturation.

Nous avons besoin de lecture pour décadenasser les esprits, pour déchainer l’intelligence collective et mobiliser les forces actives du peuple.


Mali : la guerre des politiques n’aura pas lieu

Depuis 2012 le Mali est assis sur la margelle d’un puits, obligé de renaître et ou de disparaître dans le gouffre. Le Nord sous l’emprise des bandits armés, le centre embrasé par le feu d’un conflit communautaire qui menace de calciner tout le pays. Au Sud les tiraillements, et rivalités puériles d’égoïstes politiciens précipitent le pays dans le schisme et le précipice.

 

« À deux mois des élections, les débats politiques étaient détournés de l’essentiel, et les germes d’une crise électorale étaient semés en plus de l’insécurité et des problèmes économiques qui régnaient dans le pays. A ce moment-là, la jeunesse malienne fut appelée d’une seule voix à une concertation nationale avec toutes les forces vives de la nation pour décider du sort du Maliba. Pour retrouver notre unité perdue.

Ils étaient tous là, les politiciens de l’opposition comme ceux du parti au pouvoir, les leaders religieux, la société civile, les chefs coutumiers, bref… Tous les représentants de la mosaïque cultuelle, religieuse et ethnique du Mali. Tous réunis au carré des martyrs a Niarela, pour la grande concertation nationale.

Je crois que l’esprit de Modibo Keita planait dans les airs. Le Mali a écrit un nouveau kurukan fuga, une charte qui redéfinit la citoyenneté, qui promeut les valeurs de la solidarité, du respect, de la citoyenneté, de l’unité. Chacun a reconnu ses torts, ses responsabilités, dans cette crise que connait le pays. Mais l’heure n’était pas aux récriminations. Ensemble ils avaient tous décidé de regarder devant, de penser à demain. Tous étaient résolus à dépasser les considérations personnelles pour la patrie.

Les Maliens comprirent que la paix, la prospérité et la stabilité du pays comptaient plus que tout. On décida de reporter les élections. Pour la première fois fut porté à la tête du pays un Mah kôrô, le chef coutumier de la région de Kidal. Il avait été choisi à l’unanimité par l’ensemble des autorités coutumières pour assurer la transition jusqu’au retour de paix.

Les milliards détournés selon le rapport du vérificateur général en 2017 furent retrouvés. On vendit aux enchères les biens des coupables pour contribuer à l’effort de guerre. Nos généraux sortirent de leur torpeur. Un fort contingent de vaillants militaires lourdement armés par ce qu’il y a de meilleur en matière d’armement et assistés par des drones nettoyèrent le nord de tout ce que nous appelons terroristes, bandits armés, ou rebelles.

Tous les partis politiques mirent leurs fonds de campagne électorale dans l’agriculture. Le but : soutenir nos cultivateurs en cette période hivernale, afin d’assurer notre sécurité alimentaire. Il n’y aura plus jamais de riz asiatique dans les assiettes des Maliens.

Pour financer l’éducation, les salaires du président des ministres magistrats fut réduit de 5%. Des bibliothèques ont été construites dans chaque quartier, ainsi que des centres éducatifs et culturels pour chaque commune.

Le Mali demanda à toute la diaspora de rentrer pour apporter son savoir à l’édifice national. Des startups, des entreprises, des labs furent crées. Des grands projets ambitieux furent initiés pour transformer 50 % de la production nationale du coton. Dorénavant les bazins et les wax made in Mali étaient disponibles. Le Mali devint le premier pays au monde producteur d’énergie solaire.

En trois mois, les FAMAs prirent le contrôle définitif du Nord et sans l’aide de la MINUSMA. De nombreux camps militaires furent créés du Centre au Nord du pays. C’est grâce à cette accalmie que les élections s’organisèrent, sur la base du « horonya » et du « Dambé » et sans la participation des anciens acteurs politiques.

C’est comme ça que le Mali devint un modèle de paix et de démocratie pour le monde, par les forces de notre traditionnel « sigi ka kuma », concertation. Des efforts ont été entrepris pour améliorer le secteur de l’éducation, la santé, la justice.

Les Maliens, au-delà de leurs divergences, ont su déjouer les entourloupes des politiciens, et relever les défis du destin. Tous ont compris que nous avons un destin commun, et que c’est à nous de le construire ensemble. Maintenant nous savons que l’intérêt général fait le bonheur de tous. Le Mali ne peut être que ce que nous en ferons. Nous pouvons, devons tous quelque chose à ce pays.

Aujourd’hui, à l’appel de la patrie, nous répondons présent. Aujourd’hui « les cœurs vibrent de confiance, les champs fleurissent de confiance ». Aujourd’hui nous sommes « un peuple, un but, une foi ». »

 

Bamako, 03 juin 2018. Les hallucinations d’un blogueur névrosé.


Mali : La numérisation des services publics

Avez- vous déjà dépensé plus de temps que nécessaire pour un papier dans un service public ? Il vous est arrivé de ne pas savoir ou aller faute d’information pour des documents administratifs ? Il est aussi probable que l’on vous a réclamé des pots de vin, pour hâter le traitement de vos dossiers ? Afin d’éviter tous ces désagréments, la transition vers la e-gouvernance est incontournable. Internet peut insuffler la rapidité et le dynamisme nécessaires à l’amélioration du service public malien, au grand bonheur des citoyens.

3 trois mots caractérisent les services publics au Mali : lourdeur, lenteur, corruption. Mais avec la magie d’ internet, nous pouvons permettre aux citoyens d’accéder aux services administratifs en ligne, à travers leurs téléphones, ordinateurs ou tablettes, n’importe quand et n’importe où.

Oui payer ses impôts et taxes, refaire sa carte d’identité, demander un certificat de nationalité, c’est possible en ligne. La numérisation a l’avantage d’apporter simplicité, rapidité, accessibilité et économie.

Aujourd’hui avec les services de paiement mobile, nous réglons nos factures d’eau et d’électricité avec nos téléphones : plus besoin de faire de longues files d’attente. La même chose est possible pour les services de l’Etat, qui de nos jours prennent un coup de vieux : ils sont surpassés par l’accroissement démographique et à des années lumières des avancées technologiques.

Opter pour la numérisation des services publics aura pour avantage de rendre:

Les services accessibles a tous 

La numérisation de l’administration sera un pas de plus pour la décentralisation. Plus besoin de se déplacer, même dans les régions reculées, elle rendra les services publics accessibles. Les citoyens auront également directement accès aux informations nécessaires pour leurs démarches administratives, ce qui permettra un gain de temps et d’argent.

Rapidité, productivité et efficacité  

Plus de longues files d’attente, plus de retard dans les délais. Le gros du travail sera effectué par des machines, ce qui réduira le volume de travail des fonctionnaires, leur permettant ainsi de s’atteler à d’autres occupations, d’être plus productifs et efficaces.

Lutter contre la corruption

Avec les services en ligne, toutes les transactions financières seront tracées et suivies. La traçabilité réduit toute possibilité de détournements de fonds, ou de demande de pots de vins. Numériser l’administration public, c’est aussi freiner la corruption qui est l’obstacle majeur à notre émergence. En 2017, 70 milliards avaient été détournés des caisses de l’Etat, selon le rapport du vérificateur général.

Suivre le travail des fonctionnaires

Les retards et les absences sont fréquents dans les lieux de travail, car les mécanismes de suivi sont inefficaces. Avec le numérique, il est plus simple de suivre et d’évaluer le travail des agents. Cela permettra de récompenser ceux qui travaillent le plus et de prendre des mesures dissuasives contre ceux qui font moins.

Faire des économies

L’Etat fera des économies sur les tonnes de papier utilisé chaque année. Internet facilitera le partage d’information et les communications entre les services, par visioconférence, par exemple. Avec la réduction de la corruption, l’Etat observera une hausse de ses recettes. D’ici 2020 le Maroc mettra 50% des démarches administratives en lignes pour ses citoyens. Ça reste possible pour nous aussi au Mali.

La numérisation de l’administration créera de l’emploi pour les jeunes, les inciteront à développer des start-ups pour innover et mieux répondre aux besoins des populations.

Interconnectivité entre les services

Internet facilite l’archivage et la sauvegarde des données avec les stockages sur le cloud. Mais il permet aussi à des services d’échanger facilement les informations, de construire et d’avoir accès à des bases données utilisables dans les domaines de la sécurité, de la santé, de l’éducation publique etc. Exploitées, ces données permettront des progrès dans chacun de ces secteurs.

Réduire le coût, améliorer la qualité et étendre le couverture d’internet dans tout le Mali doit être au cœur de toute politique de développement, même si des sujets comme l’éducation, l’emploi, la santé, l’énergie ou le terrorisme peuvent sembler prioritaires sur les questions de transition vers le numérique.

A noter que, ces dernières années, à l’instar des autres pays africains, le Mali connaît des avancées en matières des TIC. Devenu incontournable aujourd’hui, le numérique peut stimuler et propulser l’essor économique et humain du pays, et faciliter la vie des milliers de citoyens.

 


Mali : le pays des petits arrangements


Au Mali, tous les problèmes et infractions se règlent à l’amiable… soit par l’intervention d’une personne importante, soit par des dessous de table etc. On se demande alors à quoi cela sert d’avoir des lois ! La loi, elle est faite pour qui ? Si tous, par nos statuts sociaux et nos relations, nous outrepassons les lois censées assurer la cohésion sociale, la justice, et l’égalité dans notre pays… alors à quoi servent les règles ?

On peut dire que le Mali est une grande famille, une société qui, dans ses traditions, brise les barrières des différences et rejette au loin l’individualisme. Que ce soit par le cousinage à plaisanterie, ou la charte du Mande, tout est fait pour unifier et consolider le peuple.

La solidarité et la communication sont un des principaux traits du peuple malien. Cela a donné naissance a cette particularité que les Maliens ont d’arriver à résoudre leurs différends et leurs litiges, avec les seules forces du sigi ka fô (ou la concertation). Peu importe les malentendus ou les problèmes, avec l’intervention des personnes âgées, des autorités coutumières ou religieuses, on trouvera toujours une solution à l’amiable.

Avant la colonisation, les griots, mais aussi les autorités coutumières et religieuses, jouaient le rôle de « cadi », de régulateur de la société. Leurs verdicts ou leurs décisions au sujet des querelles étaient respectées, à défaut de s’attirer l’ostracisme de toute la communauté.

Avec l’indépendance et l’avènement de la démocratie, les coutumes, les règles sociétales et les autorités coutumières ont été supplantées par des juges, la Constitution et l’Etat. Avec cette nouvelle configuration l’application stricte de la loi reste la condition sine qua non d’une société juste et égalitaire.

Malheureusement les interventions de personnes influentes pour résoudre des différends est devenu un moyen pour déroger à la loi, qui n’est ainsi plus respectée. L’application de la loi est problématique au Mali : tous cas d’infractions, d’écart de conduite, se règlent par des solutions à l’amiable, des petits arrangements, qui nous prémunissent des décisions judicaires. C’est ça la réalité de la justice malienne.

Tout se négocie au nom des affinités. Les exemples sont nombreux, un parent qui intervient pour négocier l’admission de son fils à un concours, un accident de la route que l’on règle par l’argent,sans passer par la justice, ou encore le fonctionnaire qui détourne les fonds de l’Etat sans aucun risque de poursuite, et aussi l’automobiliste qui ne se met pas en règle car il connait des personnes influentes, et pour d’autres ce sera la même chose en cas de vols, de violences ou même de viols. L’intercession de personnes influentes, d’une autorité, ou même de quelques billets suffisent à freiner l’application de la loi.

Cette formule qui existait auparavant pour résoudre les querelles sociales, héritée de notre tradition, est devenue aujourd’hui anachronique. Même si cette forme de médiation était positive, car elle avait l’avantage de pacifier la société en incitant à la communication et en encourageant l’indulgence, le Mali ne peut plus fonctionner ainsi. Les temps ont changé, la société n’est plus la même. Cette formule autrefois positive s’est transformée en une incitation à déroger aux règles et à la loi et donc à créer des inégalités et de l’injustice. Elle favorise l’impunité, obstrue l’application de la loi, et sape l’autorité de l’Etat. En 2017 selon rapport de vérificateur général, 70 milliards, ont été détourné des caisses de l’Etat !

Autrefois la population respectait les cadres de la société, le décorum : personne ne voulait être la risée de la communauté ou entacher le nom de sa famille d’une quelconque vilénie. La plus grande richesse de chacun c’était son honneur. Mais les temps ont changé, sans une application effective et impartiale de la loi, point de société juste et prospère.

Les plus grands maux du Mali sont la corruption et l’impunité. Il est temps de faire la part des choses : suivre les traditions tout en respectant la loi et veiller à son application. Cette utilisation erronée de nos coutumes ne nous ressemble en rien. L’application de loi doit prévaloir sur les traditions, elle doit s’appliquer à tout le monde, sans différence de considération.


Apprendre à apprendre avec Hubert Petit l’homme, aux 33 diplômes

Progressivement la salle se remplit, les gens s’installent, tous portés par la curiosité de découvrir et d’apprendre de l’homme aux 33 diplômes.

Une conférence initiée par l’institut français de Bamako, a l’occasion des journées culturelles européennes, le 10 mai.

Quelques minutes plus tard, un monsieur habillé en veste, d’une élégance modeste s’avance sur la scène. Tous le regardent avec admiration et un certain hébétement. C’est Hubert Petit, médecin, juriste, diplomate, auditeur financier, professeur d’études européennes, inscrit aux Livres Guinness Mondial des records de diplômes universitaires.

Il commença la conférence avec ces deux anecdotes :

Lors d’une rencontre, une dame s’avança vers moi, me demanda mon aval pour me toucher le bras. Elle voulait savoir si j’étais vraiment un humain.

Par contre une autre femme me reçut dans son bureau pour un travail, et après discussion, au moment de me congédier elle me dit : c’est vous l’homme aux 33 diplômes ? puis s’exclama, mais vous être normal comme tout le monde. Ces propos m’ont fait du bien, oui je suis homme comme les autres.

Je suis humain comme vous. Nous pouvons tous apprendre et obtenir des résultats mirobolants avec la volonté, la persévérance, et l’organisation. « Le seul décret de la réussite, c’est le travail ».

L’apprentissage est une question de préparation, un investissement sur soi, pour cela il faut travailler à se développer personnellement.

  • Travailler sa mémoire
  • Apprendre des exercices de relaxation
  • Apprendre l’auto-motivation
  • Apprendre à communiquer
  • Vaincre son trac et la timidité
  • Un esprit positif
  • Avoir une hygiène de vie
  • Savoir bien gérer son temps

Une fois ces qualités acquises il faut observer ces quelques recommandations.

L’appétit vient en changeant

Il faut sortir de notre cadre habituel explorer d’autres domaines de savoir, cela nous donne envie de faire plus de découvrir et apprendre plus.

Un apprentissage quotidien

Chaque jour est une chance d’apprendre, c’est à nous de mettre à profit notre temps pour découvrir apprendre et nous améliorer.

Un effort personnel

Ne compter que sur soi-même, croire en ses capacités. Sans effort nous n’arrivons à rien. C’est le prix de la réussite.

Apprendre à désapprendre

C’est se défaire de nos dogmes, et nos fausses certitudes, et les croyances limitantes. Rejeter tout ce qui nous empêche de croire en nous. Apprendre à désapprendre c’est ouvrir son esprit au changement, a la contradiction et à l’évolution.

Une curiosité à toute épreuve

Sans curiosité il n’y a pas de science. L’étonnement et le questionnement sont le début du savoir. Nous devons interroger sur nos certitudes, les évidences. S’étonner et se poser des questions sur toutes choses.

La chasse a l’information

Nous devons constamment nous informer, pour ne pas être dépassée par le temps. L’information est une richesse qui nous permet de nous guider, forger ses opinions et convictions. Comprendre pour pouvoir impacter le monde.

Peaufiner sa méthode

Consiste à trouver la bonne combinaison, un équilibre entre notre disponibilité de temps, et nos gouts pour trouver les cours qui nous convient. Cours du soir, cours en ligne etc.

Chercher des raccourcis d’apprentissage c’est a dire des astuces mnémotechniques, aides mémoires pour faciliter l’apprentissage. Trouver les meilleurs livres.

Faire appel à l’imagination

Laisser divaguer son imagination pour découvrir de nouveaux horizons, découvrir d’autres méthodes. C’est comme cela que nous pouvons apporter du nouveau dans le monde.

Savoir se comparer

Se comparer aux autres, peut à la fois être constructif que destructif. Nous ne devons-nous comparer aux autres que dans l’esprit de nous améliorer, sans porter un jugement dépréciatif et sévère sur soi.

Être soi-même et l’écoute des autres

La connaissance de soi est primordiale pour qui veut aller loin. Elle passe par une connaissance de ses forces et faiblesses, ses aspirations et ses valeurs.

Il faut être présent pour les autres, développer le social. Cela passe par la communication, savoir communiquer c’est savoir écouter, l’écoute de l’autre est la base du vivre ensemble.

Cultiver l’amitié

Avoir des amis à qui se confronter, partager, s’entraider et se soutenir est indispensable dans chaque chose que nous faisons cela permet de donner une excellente orientation notre vie. Notre entourage a une influence sur nous, il n’y a pas de réussite sans un bon cercle d’amis.

Savoir être, et s’adapter sans perdre son âme

S’adapter aux avancées et à la vitesse de notre époque, tout en gardant ses valeurs. Faire la différence entre l’essentiel et le superflu. Tous les moyens ne sont pas bons pour réussir, il n’y a de réussite qu’au bout d’un effort personnel et honnête.

Mettre la chance de son côté

Toujours croire en soi, travailler avec acharnement à l’amélioration de soi, et avoir le courage de se relever après une banqueroute. Comprendre que l’échec une opportunité d’apprentissage, il nous permet de nous remettre en question, et de redoubler d’efforts.

L’humilité, la modestie, et l’ouverture d’esprit sont indispensables pour tout apprentissage. Les rencontres et les voyages sont aussi enrichissants que les études universitaires. Selon Hubert il faut sortir et aller a la découverte monde.

Hubert Petit nous invite à trouver la corrélation entre nos études et nos choix de carrière. Et le plus important c’est de trouver ce qui nous épanouies, nous rend heureux.


Témoignage : les dangers de la mutilation génitale

J’ai l’espoir que ce récit dissuadera tous ceux qui voudraient exciser leurs filles. Cette histoire, assez personnelle, troublante, m’a été racontée par une amie courageuse. Elle a souffert dans sa chair et, aujourd’hui, elle défend de la cause féminine. Elle raconte donc son histoire…

Je venais d’avoir mes premières règles quand ma maman, avec des larmes aux yeux, me raconta d’une voix triste et lugubre mon histoire. Soucieuse de ma vie sexuelle, redoutant la délicatesse de ma situation à cause des opérations que j’avais subies dans ma tendre enfance, elle tenait à me dire ce qui était arrivé alors que je n’étais encore qu’un bébé, son bébé.

J’avais juste une semaine d’existence quand c’est arrivé. Il a fallu le faire, et ce, malgré la réticence et l’appréhension de mes parents. Mais que pouvaient-ils devant l’injonction catégorique de ma grand-mère ? Je devais passer par le même chemin que toutes les filles de notre famille avaient déjà pris. Le chemin de la mutilation. Par tradition.

J’avais une semaine, et, juste après mon baptême on m’amena au centre de santé non loin de chez moi. Une vieille dame au regard impavide, tenait dans ses mains ridées et sûres, une lame. Elle se pencha sur moi avec sa lame. Une autre femme tenait mon corps de bébé si fragile, en écartant mes petites jambes.

Toute petite, je n’avais pas conscience de ce qui allait arriver, j’étais innocente et sans défenses. J’éclatais en sanglot, sentant probablement une ambiance peu rassurante : ces visages et ces regards posés sur moi m’étaient totalement étrangers, les regards étaient sardoniques. Mais j’étais impuissance à faire quoi que ce soit. Pour 6 000 F CFA j’allais me faire tailler le clitoris. Pour ma famille j’allais enfin devenir une femme.

J’eue une insupportable douleur entre les jambes. Une douleur infligée comme si on me punissait d’un crime, comme si j’étais coupable de toute la misère du monde. Je suis  coupable d’être née femme. A peine arrivée au monde, je goûtais malgré moi au sort que l’on réserve aux femmes dans une société phallocrate. Un monde où les femmes sont condamnées à un destin de strapontin.

La main qui tenait la lame avait effectué ce crime maintes fois. D’un geste sûr la lame trancha et fit saigner l’organe génital. Mais les mains de cette exciseuse chevronnée avaient déchiré de trop le clitoris. Survient une hémorragie. La vieille commença a paniquer, on pouvait lire le désarroi sur son visage. Elle ne su pas quoi faire face à un petit ange révolté, apeuré, en larmes et qui perdait tout son sang. Illico presto il a fallu faire appel à d’autres personnes. L’hémorragie s’arrêta avec l’intervention d’un chirurgien pour recoudre la plaie et les bons soins d’un gynécologue.

Une blessure dans la chair, un affront dans l’âme, une insulte à la féminité, une diminution de l’être.
Aujourd’hui la plaie est à peine visible, mais les marques demeurent à jamais dans mon être.

Les conséquences de l’excision m’accompagneront toute ma vie. Je ne pourrai jamais accoucher par voie normale, uniquement par césarienne et cela limite mes possibilités de grossesse a trois.

La société, les traditions, m’ont enlevé mon droit de jouir de mon corps, mon de droit d’être une femme libre, complète et épanouie.

Les traditions et les coutumes ne doivent pas être suivies à l’aveuglette. Ils possèdent autant de bonnes que de nos mauvaises pratiques. A nous de faire le tri, de ne garder que ce qui aide notre société. L’abstinence et la pudeur tiennent de l’éducation sexuelle des enfants plutôt que de l’excision.

Avec ma voix, mon histoire, je rejoins toute ces femmes dont les parties génitales ont été mutilées. Je les rejoins pour dire « NON » à cette pratique qui crée une blessure physique mais aussi psychologique, à vie. Pensez à la santé de vos filles, pensez à leur avenir en tant que femme. Pensez à vos filles comme de futures femmes libres, épanouïes et responsables. Arrêtez de les mutiler.

Aidez-nous a vaincre cette pratique en partageant cet article.


Qui finance la campagne électorale décide de la politique à suivre

L’avantage de la démocratie c’est que le changement est toujours possible avec les élections. Malheureusement il ne suffit pas d’une élection et d’un nouveau président pour que les choses s’améliorent forcément. La question du financement des campagnes électorales, très souvent escamotée, est primordiale et déterminante sur le mandat des élus. Une campagne électorale financée illicitement transforme le mandat des élus en un champ propice à la corruption, au favoritisme et par conséquent au sous-développement.

Les élections sont la quintessence de la démocratie. Elles donnent la latitude aux citoyens d’élire librement leurs représentants et leurs dirigeants. Le respect du calendrier électoral, en plus de permettre l’alternance politique, est un moyen précieux pour les citoyens d’approuver ou de désapprouver leurs élus, voire même d’espérer un air nouveau en changeant de dirigeants.

Malheureusement, les élections sont une course où ceux qui ont le plus gros portefeuille gagnent. Avoir un parti politique c’est avoir une entreprise, on investit l’argent pour acheter des voix, une fois élu on tire profit de nos privilèges. Tant que l’argent sera le moteur des élections, la préservation des intérêts d’une minorité de privilégiés sera le but ultime de la politique. Nos ambitions d’émergence resteront à jamais des rêves.

De pseudos partis politiques

Un parti politique est avant tout un groupe des personnes qui souhaitent servir un idéal de société, en général dans le sens du progrès. Ils militent avec des moyens démocratiques pour réaliser leur projet de société avec le dessein du bien-être général. Sa gestion doit être démocratique pour permettre l’alternance au sein du parti. Ses finances doivent être transparentes et saines, elles sont en général basées sur la contribution de ses membres et autres voies légales de financements de partis politiques.

Mais nous voyons plutôt des partis politiques qui reposent uniquement sur une seule personne, qui finance seule, de sa poche, la vie de l’organisation. Les autres membres sont présents dans le groupe par affinité ou espèrent des privilèges une fois des postes gagnés.

Cette carence démocratique des partis est une fissure dans notre système politique. A défaut de pouvoir compter sur une base électorale solide, les candidats sont obligés de se livrer à des stratégies antidémocratiques pour obtenir des voix pendant les élections. C’est aussi le signe d’une incapacité à gagner la confiance des électeurs, le signe d’un manque de leadership pour regrouper l’ensemble d’une population derrière un idéal une vision.

Le financement des campagnes électorales

Vu l’insuffisance des subventions de l’Etat et ne pouvant pas compter sur les contributions des membres de leur parti, les candidats ont recours à des moyens illicites pour financer les élections.

Si un candidat emprunte de l’argent pour faire sa campagne il sera obligé de rembourser, avec intérêts, ses créanciers (ou sinon de les favoriser dans l’octroi de certains marchés au cas où il est élu). Ce système pousse à la corruption et au favoritisme.
Si le candidat finance sa campagne électorale de sa poche, avec sa propre fortune, il sera tenté de récupérer l’argent injecté dans sa campagne, une fois élu. De ce fait il priorisera sa poche avant le développement du pays.
Dans les deux cas le pays est perdant vis à vis de la démocratie et du développement.

C’est celui qui paye l’orchestre qui choisit la musique qu’il faut jouer, de la même façon, celui qui finance la campagne électorale décide de la politique à suivre. Autrement dit, comment tu finances ta campagne électorale, détermine comment tu gouverneras.

Tant que nous n’arrivons pas à faire la lumière sur le financement des campagnes électorales, les élections apporteront de nouveaux élus mais jamais le changement ou l’émergence dont nous rêvons. Le système actuel favorise les candidats qui ont des moyens financiers, et défavorise ceux qui ont les compétences, la vision, et l’éthique. Pour ces derniers, il n’y a que très peu de chances de remporter les élections, leur défaite est jouée d’avance.

Pour des élections transparentes et crédibles, et pour que les élus soient légitimes et soient les dignes représentants des aspirations et des intérêts de la population, nous devons repenser le concept des élections et revoir les règles qui régissent les partis politiques. Sans cela, ce sera un éternel recommencement, sans espoir d’évolution et de progrès.