mamadouben

Confession nocturne

Alexandrie, 28 septembre 2018. Il est exactement minuit passé de 37 minutes  quand je me lance dans l’écriture de ces lignes de confession. Je ne sais pas exactement à quoi ressemblera ce texte à la fin. Je sais juste une chose c’est que j’ai qu’une envie: écrire. Mais quoi écrire, que dire, je ne sais pas vraiment. Me confesser peut être… Mais que confesser ?

Les idées se bousculent, mais rien de vraiment structurer n’y sort…Parler de moi, de ma vie, de mes défis…Je crains que cela n’intéresse grand monde. Peut être que je devrais plutôt parler du monde, dire ce que j’y trouve d’intéressants et ce qui me révolte mais je risque d’ennuyer bien de personnes.

Parler d’amour serait intéressant, enfin je crois… Plus d’amours dans ce monde feraient du bien à tout le monde. De ce jeune qui en manque d’amours prête son corps comme une bombe humaine à une bande d’idiots radicaux, à cette jeune femme qui a fait couler une rivière de larmes, un soir à Paris parce que son copain venait de mettre fin à leur relation ou encore ce jeune dont l’amour pour lui-même, mis en mal par une précarité sans précédent, se jette par désespoir sur les routes de la mort se portant ainsi candidat au suicide dans la quête d’un ailleurs meilleur … Bref, sur l’amour il y a beaucoup de choses à dire et je pense que là, personne ne s’ennuiera. Mais franchement suis-je vraiment habilité à vous parler d’amours ? Moi qui aime tellement que j’ai peur d’aimer ? Je sais, c’est du charabia. Vous n’y comprenez rien. Moi non plus d’ailleurs…

Je vous propose de titrer ce texte :confession nocturne. J’espère que vous êtes d’accord ?

Je suis arrivée à Alexandrie, il y a trois jours déjà. Vous savez, il y a un an que j’ai mis ma petite vie de journaliste entre parenthèse pour reprendre le chemin de l’école…Non je ne vous parlerez pas à nouveau de ma vie, j’ai pas du tout envie de vous saouler. Par contre je vous dirai, que j’ai revu la belle corniche d’Alexandrie, j’ai même été prendre un jus de citron et fumer une chicha en compagnie de Ibrahima et Jamal. Oui, il peut arriver, bien qu’il soit très rare que je m’essaie à certaines pratiques que ma génération considère comme délice bien que dangereux pour la santé.

Il faut que je marque une pause. Mon frère vient de m’écrire, pour prendre de mes nouvelles. J’avais pensé le faire dans la journée puis je suis passé à autre chose. On me reproche souvent que je n’aime pas appeler. Pour certains c’est de l’arrogance. D’ailleurs même cette timidité que je traîne et que je fais l’effort de simuler est souvent considérée par certains comme une forme d’arrogance aussi. Mais je puis vous assurez que ce n’est pas fait exprès et que je suis très loin d’être quelqu’un d’arrogant. Mes proches le savent et ils m’acceptent comme tel.

J’ai dit à mon frère que je me porte bien et que j’ai réussi mon grand oral, il m’avait vu un peu stressé avant mon départ car je n’avais pas eu le temps nécessaire pour le préparer. Il m’a félicité et m’a laissé entendre que mon neveu, le plus beau au monde, demande après moi. C’est mon complice. Je ne vous cache pas qu’il me manque terriblement.

Je me sens exténué. Je ne fais que bâiller. J’ai bien envie de bosser toute la nuit. Mais le corps et la tête s’y refusent. Je vais devoir marquer une pause dans l’espoir de ne vous avoir pas trop ennuyé avec mon «PPRD », entendez par là « Parler Pour Ne Rien Dit »

Bon allez je reprends mon livre de chevet, Afrotopia de Felwine SARR , il vous faut le lire, je vous le conseille vivement.

Peut être prochainement, s’il vous vient l’envie de relire des charabias made in Mamadou Ben Moussa, vous trouverez mes confessions sur ce chef d’œuvre que m’a offert une personne FORMIDABLE.

Il est 2h10, je vous souhaite bonne nuit ou bonjour cela dépendra de l’heure à laquelle vous découvrirez ce billet !!!


Le malien a sa logique que la logique ignore

La course pour l’ascension de la plus illustre des collines du Mali  connaîtra son épilogue dans les prochaines heures avec la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle.

Au premier tour, 24 candidats étaient en liste pour briguer la magistrature suprême. Parmi eux, il y avait des caciques de l’arène politique malienne et quelques néophytes. Si l’on s’en tient à tous ce qui se racontait dans les « grins », les salons et sur les réseaux sociaux tant à Bamako que dans certaines grandes agglomérations du pays, une alternance était évidente.

Même si les plus avertis savaient que cela n’était pas possible dans un pays où la victoire aux élections est tributaire de la quantité de la somme investie pour acheter des voix et que le président sortant en disposait en quantité.
Le rêve était permis tant pour certains électeurs qui croyaient dur comme fer qu’une petite révolution des mentalités était possible, que pour certains candidats qui se croyant investis d’une mission divine, démissionnaient de leurs fonctions avec tout le privilège y afférant pour se porter candidats.

De cet économiste chevronné à la tête d’une banque panafricaine qui démissionne, ce général major de sa promotion dans une des meilleures écoles de guerre française et à la tête d’un prestigieux institut de maintien de la paix de renommée internationale en passant par ce ‘’marsien ‘’ ancien de la Nasa ou cet homme d’affaire multi millionnaire qui a voulu rééditer l’exploit d’un certain Patrice Talon du Bénin et même ce marabout charmeur…Il faut dire que cette année, en matière de casting, les maliens étaient bien servis.

Ce ne sont pas les profils qui manquaient pour faire une véritable alternance. Mais le malien a sa propre logique que même ‘’la plus logique des logiques’’ ignore.

En lieu et place d’un soutien massif aux candidats qui incarnaient le changement, la majorité des électeurs soit plus de 41 % accordaient leurs suffrage au président sortant lorsque quelques 17% choisissaient eux de soutenir le chef de fil de l’opposition.
Pourquoi un aussi grand nombre d’électeurs ont-ils opté pour l’ancien président au premier ?

Si pour les opposants, c’est parce qu’il y a eu bourrage d’urnes, il faut, je crois regarder également, du coté de l’avidité des électeurs maliens.
Une frange partie de l’électorat malien s’est malheureusement convertit en bétail électoral. Comme le musulman avec le mouton à l’approche de la fête de tabaski, les candidats s’adjugent les voix des électeurs lors des élections en distribuant des billets de banques.

La nouveauté avec ces élections, c’est que ce bétail électoral a fini par comprendre qu’il pouvait mieux monnayer son vote. Si de par le passé, il fallait juste débourser la modique somme de 2000 frs CFA désormais les voix des électeurs maliens se marchandent autour de 20.000 Fr CFA.

Tu rentres dans l’isoloir avec ton téléphone, tu prends en photo le candidat que tu as choisi et tu viens le montrer aux représentants de son parti dans la cour du centre de vote et tu récupères ton argent. L’autre méthode consistait à poser la main sur le coran et jurer de voter tel candidat et on te remettait alors les 20. 000 Fr CFA.

Ces pratiques que nous continuons de voir chez les électeurs au Mali et qu’on retrouve dans bien de pays d’Afrique mais en péril le jeu démocratique et à tendance à donner raison à ces personnes qui pensent que le continent n’est pas prêt pour la démocratie. Heureusement que la situation dans certains pays apporte un démenti à cette thèse.

Devrons-nous en vouloir aux politiques ou à cette population, qui maintenue dans la précarité se soucie plus de sa survie que d’élection ?
Difficile de donner une réponse tranchée à ces interrogations, mais une chose est claire, nous avons du chemin à faire.


Formons-nous!

“​Ben, tu ne veux plus revenir ?
Mamadou, tu cherches à être savant ou quoi ?  C’est quoi cette formation qui ne finit pas?
Djo, tu fais quoi même en Égypte ?” 

Voilà en substance, les questions auxquelles je dois répondre tous les jours. Généralement, ma réponse,  après un sourire est celle-ci:

« Si je veux revenir, d’ailleurs vous me manquez,  mais il me faut renforcer mes capacités d’abord  » 

Malgré cette réponse aussi claire, si certains m’encouragent à ne pas lâcher prise et vont jusqu’à me citer en modèle,  d’autres trouvent le courage de me lancer :

 » Djo, il n’y a rien dans tout ça, tu perds ton temps et tu vas aussi perdre les opportunités et la visibilité que tu avais ici. Les relations valent mieux que diplôme…  » 

En réalité, cette attitude me fait sourire, d’autant plus qu’ils sont loin d’imaginer ce que je vis en ce moment.
Peut-être qu’ils  ont raison et que momentanément, je perdrai le peu des privilèges que je m’étais construit. Mais cela,  j’en suis convaincu, ne sera que de courte durée, l’avenir est tellement prometteur…

Le drame de ma génération, c’est qu’on aime moisir dans notre confort, sans bouger le moindre petit  doigt. Et si on le bouge, c’est pour taper sur les touches de notre clavier pour accuser à tort et souvent à raison des politiques qui ne feraient aucun effort pour la jeunesse. D’ailleurs, de nos jours en Afrique, et plus particulièrement au Mali, s’il y a un terme qui est galvaudé, vidé de toute sa substance, c’est bien le mot « activiste » .

Rien qu’en défilant mon fil d’actualité sur les réseaux sociaux,  j’en découvre un nouveau tous les jours.

Longtemps je m’étais aussi défini comme « activiste« . D’ailleurs, depuis 2012 et pendant les heures chaudes de la crise que le Mali a connu, je me suis engagé dans la plupart des initiatives pour sensibiliser au vivre-ensemble et à la tolérance. Je travaillais aussi pour dénoncer certaines situations ambiguës, quand je n’utilisais pas mon blog pour dénoncer la mal gouvernance, le chômage des jeunes, la condition des femmes…

Lors d’une manifestation pour le retour de la paix et de la sécurité au Mali en 2015

D’ailleurs, cet engagement, je le revendique et je continuerai sur cette même lancé . Cependant,  je préfère désormais me définir comme un “citoyen engagé” , que d’être confondu avec ces « activistes » de type nouveau qui induisent leurs « suiveurs » en erreur.

Il est bien de dénoncer,  de revendiquer, mais pour cela, il faut être informé,  formé, avoir l’esprit critique et NON  l’esprit de critique, avoir une moralité irréprochable afin de ne pas pervertir la lutte pour laquelle l’on s’est engagé. Mais hélas, c’est pas ce que nous voyons de nos jours …

À mes contemporains , à cette jeunesse si magnifique qui aujourd’hui semble désespérée et prompte à suivre n’importe quel charlatan se faisant passer pour un défenseur de leur cause, laissez moi vous dire que tout ce qui brille n’est pas de l’Or. Ne suivez pas avant de comprendre le pourquoi et le comment. Ne laissez pas certains, se faire une place au soleil en profitant de vos malheurs. Mieux, arrêtez de les suivre et utilisez vos datas internet pour vous FORMER !

FORMEZ-VOUS !

Les étudiants de l’Université SENGHOR à Alexandrie lors de la rentrée solennelle/ octobre 2017

On me dira que le système éducatif est mauvais, que les bourses sont données qu’aux enfants de riches. C’est un fait, mais dans le monde qui est nôtre, il existe une multitude d’opportunités de formation qui peuvent vous permettre de contourner ces difficultés grâce à l’essor du numérique. Fouillez, bêchez internet, soyez à l’affût de toutes les opportunités d’études, d’ateliers internationaux, de MOOC, de programmes de bourse, soyez membres de réseaux à l’international, faites tout ce que vous pouvez mais FORMEZ-VOUS!

Je vous promets que les enjeux ne se limitent plus aux frontières d’un seul pays. Dans cette mondialisation fulgurante, nous nous devons d’être compétitifs. Nous ne le serons jamais en suivant seulement un quelconque Malcolm X des réseaux sociaux, mais plutôt en nous FORMANT .

« Un vieillard en Afrique, c’est celui qui a la connaissance. C’est pourquoi on dit chez nous qu’il y a des vieillards de 17, 18 ans et des jeunes de 70 ans ». Amadou Hampâthé Bâ

Refusons donc  d’être ces vieillards de 17, 18 ans en donnant à cette citation tout son sens. FORMONS-NOUS!


Je viens de lire le livre de Mamadou Igor Diarra, « C’est possible au Mali »

Je viens de terminer la lecture de mon premier livre de l’année 2018. Depuis quelques jours un livre fait le buzz au Mali, au point qu’il y a rupture de stock dans les librairies de Bamako.Ce succès étonne quand on sait que nous lisons généralement peu. Qu’est ce qui explique ce soudain engouement des maliens pour la lecture ? Effet de mode, couverture incitative, titre accrocheur ou  campagne réussie ?

J’ai donc parcouru le livre autobiographique de Mamadou Igor Diarra, intitulé C’est possible au Mali paru chez l’éditeur cherche midi. Une fois ouvert, il est difficile de s’arrêter, on veut tout de suite dévorer les 192 pages de ce livre tant le style est empreint à la fois de clarté et d’émotions. L’auteur se livre, parle de lui sans faux-fuyant, assume ses choix. Rarement on a vu un haut responsable malien lever tant de voiles sur sa vie, son parcours et son expériences dans la gestion des affaires étatiques.

Je crois que ce livre doit être lu et relu non seulement parce qu’il lève le voile sur certaines pratiques qui expliquent le pilotage à vu auquel nous assistons dans la gestion du pays, mais aussi parce qu’il contient de quoi motiver plus d’un jeune au sérieux, à l’abnégation dans les études et dans la vie professionnelle.

Né en Ukraine, d’une mère Ukrainienne et d’un père malien, Mamadou Igor Diarra découvre le Mali en 1974, à l’âge de 9 ans.

L’enthousiasme de connaître le pays de son père – ainsi que la chaleur humaine dont les maliens ont le secret – fera vite place à la dure réalité du bouleversement climatique et alimentaire auquel il fera face.

Une éducation imprégnée des valeurs maliennes d’antan

À Markala, dans le centre du Mali, le jeune  » Ukrainien »  apprend  à manier la daba, à monter sur l’âne, à manger le « Tô »(*) et à boire la bouillie de mille. Dans ce livre, Igor revient sur une caractéristique qui faisait la particularité de l’éducation au Mali et qui a contribué à faire de lui l’homme qu’il est devenu :

« le sérieux et la discipline était la marque de mon éducation (…) tous les adultes du quartier veillaient sur notre bonne tenue (…) ils nous enseignaient et dans le même temps nous éduquaient » [P26]

Brillant élève, Mamadou Igor Diarra décroche, après le baccalauréat, une bourse pour la très sélective école des Hautes Études Commerciales (HEC) à Liège, en Belgique. Dans cette école, Igor se voit transformé en  « bûcheur forcené», obligé de bosser des heures afin de relever le défi et rendre ainsi honneur à son pays. Après l’obtention du précieux sésame, alors qu’il n’a que 26 ans, l’homme revient au Mali dans les années 90 et entame une carrière dans le secteur bancaire, en passant par la case chômage.

Début d’une carrière bancaire

Il dépose alors ses bagages à la Banque de Développement du Mali (BDM SA). Face à des collaborateurs jaloux de leur droit d’aînesse, Igor fera preuve de tact afin d’imposer sa marque et dans le but de prouver à ses supérieurs tout ce qu’il vaut. Cela lui vaudra d’être nommé représentant de la banque à Paris en 1993, avant d’être remercié  « brutalement » en 1997, alors qu’il avait enchaîné des succès. On lui attribuait, à tort, l’intention de vouloir profiter de sa proximité avec des clients potentiels pour renforcer un parti politique naissant… De cet épisode, notre auteur dira retenir deux leçons :

« la réussite par le travail est souvent vécue comme une menace par ceux à qui la routine suffit. Et l’indifférence est la meilleure réponse à ces petites tempêtes.»[P38]

De retour à Bamako, muté au service de la Direction des Ressources Humaines, Igor Diarra erre dans les couloirs de la banque, sans bureau ni dossier à traiter. Au lieu de se laisser aller par le découragement, il va se consacrer à la rédaction d’un plan stratégique de développement de la banque.

« Ce travail solitaire finit par convaincre et fit apparaître à une partie de la hiérarchie l’absurdité de mon isolement forcé  » [p40]

Il est alors nommé Directeur du réseau des agences, une autre expérience couronnée de succès. En 2005, il se voit confier la mission de création d’une nouvelle banque en Guinée-Bissau, un pays qui venait à peine de quitter la guerre et qui ne comptait alors qu’une seule banque.

En 2006 la carrière de notre banquier connaît un nouveau tournant. Il est appelé par le président malien, Amadou Toumani Touré, pour venir redresser la Banque Internationale pour le Mali (BIM), deuxième banque du pays.

« Le message téléphonique du président fut bref, concis, clair et sans appel : « Madou, viens me redresser cette banque rapidement. Bon courage. » [P44].

Monsieur le ministre

À travers C’est possible au Mali,  nous pouvons constater que la carrière de Mamadou Igor Diarra n’a pas été un long fleuve tranquille. Mais, à chaque fois, il a su rebondir et tirer son épingle du jeu. Le travail bien fait payant toujours, l’homme deviendra par deux fois ministre, sous deux gouvernements différents.
D’abord ministre de l’Énergie, des Mines et de l’eau de 2008 à 2011, dans le gouvernement de Modibe Sidibé sous la présidence d’Amadou Toumani Touré. Puis ministre de l’Economie et des Finances en 2015 dans le gouvernement de Modibo Keita, sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, l’actuel président du Mali. Autre président, autre coup de téléphone :

« C’était un vendredi,  la sonnerie de mon téléphone avait retenti, il était 14 heures et je prenais le thé avec ma mère. Cet appel-là restera lui aussi, à tout jamais, gravé dans ma mémoire.
-Fiston, c’est le président IBK, ton tonton.
-Bonjour monsieur le président.
-Voilà ! Je voudrais te nommer ministre de l’Économie et des Finances dans le gouvernement que nous sommes sur le point de finaliser. J’ai besoin de toi, mon fils. Il s’agit d’une mission pour sauver le Mali.

Ma perplexité, devant une telle proposition,  me fit marquer une pause (…) Je lui indiquais que ma situation actuelle était très confortable, que je jouissais d’avantages rares et surtout que je m’étais engagé, comme c’est le cas avec tous les groupes bancaires internationaux, à ne pas faire de politique.

Le président se montra surpris, presque fâché, manifestant même le désir de raccrocher :
-C’est bon ! C’est bon ! J’ai compris. Je t’ai demandé de venir m’aider à sauver le Mali et toi tu me parles de ton groupe bancaire. Merci !
-Tonton, là, j’échangeais avec un père, pas avec le président de la République. Je n’ai pas dit non. Je voudrais seulement que vous m’accordiez un moment de réflexion et d’échanges avec ceux avec qui je viens de contracter.
-D’accord, je te laisse trente minutes !
Il avait raccroché brusquement, me laissant totalement abasourdi !  » [P85]

Si son premier passage à la tête d’un ministère, en 2011, s’est plus ou moins bien terminé, on ne peut pas en dire autant pour le second. Après des résultats positifs et des encouragements au niveau international alors qu’il travaillait dans le gouvernement de Modibo Keita, Mamadou Igor Diarra se voit proposer une nouvelle fonction, celle de ministre du Développement industriel (en lieu et place de celui de l’Économie et des Finances),mais il refusera cette nouvelle proposition. Il faut dire que les mesures drastiques qu’il avait prises pour redresser l’économie d’un pays désormais en guerre n’ont pas été appréciées par certains collègues. L’auteur ne manque pas de mettre en lumière bon nombre de mauvaises pratiques qui plombent l’économie du pays.  

« J’ai étudié les dossiers (…) On y découvre tellement d’aberrations et d’incohérences qu’il y a lieu de se demander si, pour un pays pauvre, nous sommes sur la bonne voie „ [P90]

Ainsi, on découvre, toujours à la page 90 que :

« l’État et ses démembrements dépensent 15 à  20 milliards de francs en carburant et frais de déplacement, de quoi faire plusieurs fois le tour du monde  »

L’espoir d’un Mali meilleur

Face à toutes ces révélations, on serait tenté d’être pessimiste quant à l’avenir du Mali, mais ce n’est pas l’état d’esprit de l’auteur. Ce qui est intéressant dans cet ouvrage, c’est que, dans la dernière partie du livre, Mamadou Igor Diarra évoque l’Histoire du Mali, sa propre éducation, son expérience de banquier, mais aussi celle d’hommes d’État ;  il évoque donc toutes ses expériences, à la fois personnelles et professionnelles, pour faire des propositions concrètes, afin de sortir le Mali du précipice. Au final il lance un appel à la jeunesse qu’il pense salutaire pour le pays. Il préconise ainsi d’écouter la jeunesse et de prendre ses aspirations en compte.

« Il faut agir pour notre jeunesse, en commençant par lui garantir le pouvoir de faire face à ses besoins immédiats, tout en anticipant ses attentes. Le seul besoin d’un enfant, n’est pas d’aller à l’école, un jeune doit pouvoir s’épanouir, s’ouvrir sur le monde (…) P160-161.

(*) To : pâte à base de farine de mil


Oui, on peut dompter le désert

Dompter le désert,  est-ce possible ? Les plus sceptiques me diront non mais ceux qui ont fait l’axe Alexandrie-Caire en Égypte diront tout le contraire.

Ce ma​tin j’ai refait le trajet Alexandrie-Caire. C’est la deuxième fois que j’emprunte cette route depuis mon arrivée en Égypte , il y a un peu plus d’une semaine. 

Moi, au départ pour le Caire
Dimanche, 24septembre 2017.

À chaque fois que je me suis retrouvé sur cet axe routier,  je n’ai cessé de penser à la route Mopti-Tombouctou.

Je ne connais pas trop la géographie de l’Égypte,  mais un coup d’oeil suffit pour constater que nous sommes en plein désert,  bien que les infrastructures peuvent nous faire penser autrement.

En 2015,  avec des amis,  nous avons embarqué pour une aventure à Tombouctou à bord de véhicules 4×4. Le voyage était  fabuleux,  je découvrais pour la première fois, la cité mystérieuse.  Mais malheureusement,  ce fut un voyage périlleux.

L’état de la route était défectueux,  que dis-je,  il n’y avait pas de route.

Une fois la localité de  Douentza,  traversée,  nous avons commencé, une lutte sans merci avec le sable qui s’était juré de nous maintenant là contre vents et marrées.

Avec des amis en train de défoncer notre véhicule englué dans le sable sur la route de Tombouctou en 2015

Pour échapper à cette furie  du désert saharien ,  nous avons,  dû parfois, retrousser nos manches pour défoncer les roues de  nos robustes véhicules   4×4 pourtant réputés être adaptés à de telles situations.

À l’époque,  je me souviens avoir laissé entendre que même si l’État voulait construire des routes dans cette zone,  ça sera peine perdue car le Sahara l’engloutirait.

Un échangeur sur l’autoroute reliant le Caire à Alexandrie

Aujourd’hui, avec ce que je vois entre le Caire et Alexandrie : le sable déblayé pour construire une autoroute, deux fois, quatre voies avec une passerelle à côté pour les gros porteurs. De l’eau drainée pour arroser au bords de l’autoroute,  les vastes champs de blé… Je me dis, en réalité au Mali,  les autorités manquent soit de volontés pour en faire pareil entre Mopti  et Tombouctou  voir Kidal ,  soit elles n’ont aucune notion de la planification. Alors que gouverner,  c’est prévoir.

J’en vois déjà dire que comparaison n’est pas raison.  À ceux là je veux répondre qu’après  57 ans d’indépendance,  on ne peut plus continuer à vivre comme dans l’antiquité.

C’est l’enfant qui n’a jamais mangé chez sa voisine qui croit que sa mère est là meilleure cuisinière au  monde…


Le Mali, 57 ans d’indépendance ou de dépendance ?

Le Mali célèbre aujourd’hui les 57 ans de son indépendance. Si pendant longtemps, cette journée a été célébrée avec faste, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la dépendance.

Modibo KEITA, premier président du Mali en défile devant les troupes de l’armée le 20 janvier 1961 ©crédit : maliweb.net

 

Ne serait-ce que pour rendre hommage à toutes ces personnes qui se sont battues corps et âme pour que le Soudan Français devienne la République du Mali, nous nous devons de célébrer cette journée. Célébrer pour moi ne veut pas dire danser, chanter, défiler, manger ou s’auto-satisfaire avec des légendes (du passé), mais faire une rétrospection.

Bilan de l’indépendance 

En 1960, les cœurs vibraient de confiance et les champs fleurissaient d’expérience, aujourd’hui, 57 ans après, pouvons-nous en dire autant ?

La souveraineté est depuis 2012 mise en branle, l’éthique et l’intégrité chez nos hommes politiques une utopie, l’éducation nationale a foutu le camp, l’éducation familiale s’est autant détériorée, l’accès aux services de base est pour beaucoup de maliens un mirage.

La jeunesse, ma génération, parfois complexée, désorientée, non seulement par les politiques, mais surtout par elle-même.

La « sorcellerie moderne » étant aussi liée au fait qu’après que tes parents aient investi dans ta formation depuis le bas âge, tu ne sois pas capable, après obtention au minimum d’une licence, de faire ta libre opinion sur des questions essentielles et de te laisser guider par des « Guides » de seconde zone.

Les 57 ans d’indépendance devaient aussi être le symbole de la maturité de la jeunesse, mais hélas, beaucoup restent à la traîne…

Restons optimistes 

Je ne veux pas être rabat-joie, car au-delà de ces constats, l’optimisme reste de mise. Pourquoi ne pas l’être, avec toutes ces potentialités que nous avons ?

La culture malienne rayonne comme jamais.

Certains jeunes comprennent de plus en plus que le Salut ne viendra pas des politiques.

D’autres jeunes pour changer la donne sont devenus des sentinelles de la bonne gouvernance…

Oui, le rêve est permis ! Je célèbre donc cette journée en rêvant de pouvoir véritablement la célébrer un jour !


Mali : le numérique, l’espoir pour la mise en oeuvre d’un contrôle citoyen efficace ?

Ayant passé plus de 23 ans sous le joug militaire, l’insurrection populaire de mars 1991 devait être l’ère d’une nouvelle forme de gouvernance au Mali. Tout portait à croire que la redevabilité et le contrôle citoyen auraient tous leur sens. Mais hélas, l’espoir né, va se muer en désespoir. Au fil des années, cette société civile va se vider de sa quintessence au profit de l’État qui se débarrasse ainsi d’un contrôle bien embarrassant. Cependant depuis le coup d’état de 2012, certaines revendications montrent une prise de conscience des populations. Elles exigent de plus en plus, leur implication dans les prises et exécutions de décisions les concernant. Est-ce là, le début de l’institution d’un véritable contrôle de l’action publique ?

 

Des médias traditionnels au numérique, l’espoir ?

Bien qu’avec l’ouverture démocratique de 1991, on ait assisté à une floraison de médias, ces instruments qui devaient aider à asseoir une veille citoyenne efficace n’ont pas véritablement répondu à l’attente. Les 500 radios Fm et les 120 journaux écrits (Baromètres des Médias Africains) n’ont pas pu apporter un changement notable dans la gestion du pouvoir. Cependant, avec l’ère du numérique, une nouvelle tendance est en train de naitre. Sur les réseaux sociaux on assiste de plus en plus à une certaine veille citoyenne. Des campagnes sont organisées à partir de ces nouveaux médias qui souvent aboutissent sur des actions de terrains. A titre illustratif, nous avons la plateforme Malilink qui depuis quelques temps fait un travail de veille assez remarquable. Nous avons aussi Benkansenben une application mobile de type Androïde développée par la Fondation Tuwindi pour permettre aux populations de suivre la mise en œuvre de l’accord de paix. Dans la veille citoyenne au Mali,  les réseaux sociaux aujourd’hui occupent une place de choix. Toutes les actions gouvernementales sont passées au peigne fin. 

Affiche de comptage des déplacements du président à l’extérieur du Mali par https://malilink.net/

Des nombreux déplacements du président souvent jugés inutiles au cas de rackets des policiers,  les maliens ont trouvé un espace nouveau d’expression qui échappe à tout contrôle de l’État. On assiste de plus en plus à une floraison de blogueurs,  de youtubeurs et d’influenceurs qui assurent la veille et lancent des alertes,  souvent sur des problèmes de gouvernance ou souvent pour juste apporter de l’assistance à des personnes démunies où en danger. C’est le cas de l’association Kisal, une association de la jeunesse peulh. À travers sa page Facebook,  Kisal alerte sur les cas de violation des droits humains dans la région de Mopti qui est en proie à des conflits communautaires.

Pour mieux cerner le retard dans la mise en place  de ce  contrôle citoyen qui pourtant avait été bien  amorcé, revenons sur le processus démocratique au Mali.

Confusion  société civile et pouvoir

image archive des manifestants en mars 1991/ Crédit: MaliActu/https://maliactu.net/wp-content/uploads/2016/03/26-mars.jpg

Après l’avènement de la démocratie, les organisations de la Société Civile qui avaient fonctionné comme un véritable contre-pouvoir, vont se transformer en partis politiques. Ainsi, les associations telles que le Comité National d’Initiative Démocratique(CNID) et l’Association pour la Démocratie au Mali (ADEMA) vont devenir des partis politiques. Les leaders des autres mouvements notamment l’Association des Élèves et Étudiants du Mali vont pour la plupart se fondre dans l’appareil Étatique. Ces organisations qui ont pourtant été les fers de lance de la chute du régime Moussa Traoré, auraient pu être les bases d’une société civile forte. Cette société civile qui devait servir de contre-pouvoir afin d’inciter l’État à instaurer une bonne gouvernance sera donc affaiblir. Si pendant la présidence d’Alpha Oumar Konaré (1992 à 2002), on a assisté à une multiplication des associations, force est de reconnaitre que ces organisations étaient peu structurées pour mener un contrôle efficace de l’action gouvernementale. L’arrivée au pouvoir d’Amadou Toumani Touré (ATT) en 2002, n’arrangera rien à cette situation. Pire, avec le sensualisme instauré à cette époque, il était difficile de distinguer le pouvoir de la société Civile. L’imbrication entre les syndicats, la presse, les associations et l’État avait atteint un tel niveau que l’émergence d’un contrôle citoyen était devenu impossible. Ces groupes étaient devenus pour la plupart dépendants du pouvoir. L’Association des Élèves et Étudiants du Mali(AEEM) et Le Conseil National de la Jeunesse(CNJ) devient ainsi, des instruments au service du pouvoir. Des organisations de la société civile sont créées à la solde du dirigeants politiques. Ce manque d’intérêt de la population pour la chose publique entrainera une corruption généralisée, une mauvaise gouvernance qui conduira à l’effondrement de l’État en 2012.
Avec une rébellion au nord et après un coup d’État au sud, un fort engouement des populations pour la chose publique sera perceptible lors des élections de 2013. De mémoire de maliens, on n’avait pas vu un taux de participations aussi élevé. Plus de 45% de maliens prendront part à cette élection. Ibrahim Boubacar Keita sera plébiscité avec de 77%. Mais très vite, on se rendra compte que l’un des problèmes majeurs de la société civile est sa capacité à analyser les décisions politiques, les programmes de gouvernement…
De 2013 à nos jours le Mali n’a pas connu d’améliorations notables en ce qui concerne sa gouvernance. Des cas de mauvaises gestions des fonds publiques sont relatés régulièrement par la presse. Le front social est en ébullition mais la réaction de la société civile « traditionnelle »  est restée  timide .

Le contrôle religieux

Le president du Haut Conseil Islamique du Mali lors d’un meeting organisé au stade du 26 mars de Bamako . Crédit : aBamako / https://news.abamako.com/p/2269.html

Le vide laissé par la société civile en matière de contrôle de l’action gouvernementale sera occupé partiellement par les leaders religieux à leur avantage. En effet si la société civile n’arrive pas à peser dans les choix et décisions politiques, les leaders religieux y parviennent. On assiste même à une montée en puissance du lobby religieux. Déjà en 2009, ils donnaient un signal fort en faisant reculer l’État sur son projet de code des personnes et de la famille. Depuis cette date, ils n’hésitent pas à chaque fois qu’ils ne sont pas d’accords avec des  décisions gouvernementales de peser de tout leur poids pour faire échec.

Désormais sur les réseaux sociaux,  les initiatives se multiplient mais pouvons-nous pour autant espérer un véritable décollage du contrôle citoyen au Mali?  

L’avenir nous le dira .

 


Réseaux sociaux : ces “drogués” qui gênent. 

Avec l’essor des réseaux sociaux, force est de reconnaître que l’information s’est démocratisée. Il n’est plus possible de censurer une information en fermant ou en mettant pression sur les chaînes de télévisions, les radios et les  journaux.

Aujourd’hui, Facebook, Twitter, Youtube sont devenus des canaux de communication à part entière. Ils sont en passe de rivaliser avec les médias traditionnels. Désormais, on les  utilise comme moyen d’expression  pour dénoncer la mal gouvernance et les pratiques peu orthodoxes des gouvernants .

faciles  d’accès, ces nouveaux médias échappent souvent au contrôle de l’État . Ayant du mal à s’accommoder avec cette évolution majeure, nos dirigeants ont  tendance à   censurer internet ou à employer toutes sortes de superlatifs péjoratifs parfois grossiers pour qualifier les web-activistes .

L’avènement de la censure

Le 17 août 2016, suite à une manifestation pour exiger la libération d’un animateur de radio controversé, critique envers le pouvoir, le Mali connaissait sa toute première suspension des réseaux sociaux. L’animateur Ras Bath, avait à la veille de sa comparution, appelé  à la mobilisation sur Facebook. Minimisant les conséquences d’une telle action, les autorités ont été surprises par l’ampleur de la mobilisation. Une foule déchaînée tente alors d’accéder de force au tribunal pour empêcher le procès. Un affrontement éclate  entre la foule et la police  causant au moins un mort. Pris de panique, le soir, les autorités suspendent  les réseaux sociaux. Une première ! Ce qui n’empêchera pas les utilisateurs de se reconnecter en utilisant des applications libres (Snap VPN, ORBOT…). Des haschtags (#MaliOffline…) sont alors créés pour dénoncer cette censure.

Sommet Afrique France, ‘’Trop sérieux’’ pour impliquer les blogueurs

La méconnaissance du pouvoir des médias sociaux par les autorités maliennes s’est encore manifestée lors du Sommet Afrique-France tenu le mois dernier .

En effet à la veille de ce rendez-vous, un membre de la sous commission communication avait laissé entendre que le sommet était ‘’trop sérieux ‘’pour impliquer les blogueurs. Mais ce qu’il oubliait, c’est que le Mali compte, selon les statistiques 2016 du Internet World Stats, plus de 2 millions d’utilisateurs d’Internet.  Parmi eux,  plus de 1 million se connectent sur Facebook.

Chaque utilisateur  de ce réseau social constitue un canal de transmission d’informations auprès de ses proches, ce qui crée une audience non négligeable. Donc au même titre que les journalistes, les blogueurs avaient un rôle assez important à jouer. Ils  pouvaient  transmettre en temps réel l’information et faire des billets sur leurs blogs.

Sur la toile, peu d’informations concrètes ont  circulé sur le déroulement du sommet. À lire les publications,  beaucoup de maliens le trouvaient  inutile. D’ailleurs, les réactions sur les réseaux sociaux, portaient généralement sur les désagréments causés et les couacs dans l’organisation (les embouteillages, les problèmes d’accréditations, les pancartes avec des noms de président écorchés…). Tout cela a fini par créer un ‘’bad buzz’’  autour de ce sommet.

Les web-activistes traités de tous les noms

A chaque fois que des critiques sont émises  sur  leur gestion du pays, les dirigeants  ne manquent pas d’imagination pour  trouver des termes inappropriés pour qualifier leurs détracteurs.  Vu que, sur les médias publics, une forme de censure existe, les débats sur la gouvernance se font généralement sur les réseaux sociaux. Ce qui fait que leurs utilisateurs ne sont pas épargnés.

Si au départ le terme fréquemment usité  était  ‘’Fassodewn Jugu’’ autrement dit, les ennemis de la nation, aujourd’hui, le lexique s’est enrichi. À tel point qu’il est difficile d’envisager un débat contradictoire sain, équilibré, empreint de respect et de courtoisie.

En août  2014, à travers  un tweet, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, avait  traité   d’  ‘’Aigris ‘’ ceux qui demandaient  des comptes sur l’acquisition d’un nouvel avion présidentiel. L’achat de cet avion selon  la presse avait été entaché d’irrégularité.

Cette attitude du ministre Mahamadou Camara avait soulevé un tollé sur le net avec le haschtag #TeamAigri.

Qui pouvais alors croire que deux ans après ce forfait,  son prédécesseur  allait commettre la même erreur? En effet, à la suite d’une polémique sur une prétendue signature d’un accord de réadmission des migrants maliens, Mountaga Tall qualifiait la réaction des internautes de ‘’débats de caniveau’’.

La colère des internautes avec le hashtag #DébatDeCaniveau ne s’était pas faite attendre.

Le ministre Mountaga Tall, finira alors par s’expliquer à travers un tweet.

 

Aujourd’hui, des ‘’Drogués’’

N’ayant toujours pas tiré les leçons du passé, le mépris des dirigeants envers les acteurs du web continue. Cela a  atteint son paroxysme la semaine dernière. En effet, lors  d’un sit-in organisé par une association de secrétaires, le  1er vice-président de l’Assemblée Nationale s’en est pris vertement aux web-activistes. Cette association était venue apporter son soutien au président de l’Assemblée Nationale. Selon le journal “Le Figaro  du Mali” , ce dernier aurait été surpris avec une secrétaire  dans son bureau en situation compromettante. Comme une traînée de poudre cette information a parcouru la capitale. Depuis, la polémique s’est emparée des réseaux sociaux, et tout le monde y allait de son commentaire.

C’est cette situation qui a fini par faire dire à le vice-président de l’institution:

‘’On a assez de ces drogués cachés derrière les réseaux sociaux’’.


Il n’en fallait pas moins pour assister à une levée de bouclier des web activistes. Depuis ce dimanche 19 février, les publications accompagnées du hashtag ‘’#Timbinerie’’ et ‘’#LesDrogués ne cessent d’inonder la toile malienne. Les internautes sont cette fois-ci décidés à se faire respecter en exigeants des dirigeants un minimum de considération.

C’est vrai que certains comportements sur les réseaux sociaux s’écartent de tout bon sens. Il  est aussi vrai que  la violence verbale a tendance à y être banalisée. Mais, il faut aussi reconnaître que certains propos ne doivent pas être prononcés par un responsable qui plus est vice président de l’Assemblée Nationale.

Au lieu de continuer à ne voir que le diable sur les réseaux sociaux, nos hommes politiques gagneraient mieux à s’y investir.  Désormais,  ils doivent les  intégrer dans leur stratégie de communication. Ailleurs ça réussi bien, pourquoi pas au Mali ?


Quel rôle joue la jeunesse pour le renouveau de l’Afrique ?

Depuis quelques années, un vent de renouveau souffle sur l’Afrique grâce au dynamisme de sa jeunesse

En effet,  si dans la partie nord du continent, ce vent de renouveau s’est manifesté par le printemps Arabe, qui a entraîné la chute de plusieurs dictateurs, notamment le Tunisien Ben Ali, l’Egyptien Hosni Mubarak, le Lybien Mouammar Al Kadafi pour ne citer que ces trois, de façon générale, on assiste de plus en plus à une certaine prise de conscience de la jeunesse africaine quant au rôle qu’elle doit jouer pour mettre le continent sur les rails du développement. Il n’est plus  rare de rencontrer, en Afrique, des jeunes décomplexés qui prennent toute la part qui leur revient de droit dans la conversation mondiale que ce soit à travers l’entrepreneuriat, la culture, le sport ou par le biais de mouvements exigeant redevabilité de la part des gouvernants et le respect des principes démocratiques. De « Y-en-a-marre » au Sénégal en passant par le balai Citoyen au Burkina Faso et Filimbi au Congo, les jeunes africains sont désormais décidés à jouer un rôle prépondérant dans le renouveau. Ils entendent ainsi être moteur de cette nouvelle Afrique qui désormais se présente fièrement comme fer de lance du monde.

Mais comment cette jeunesse contribue-t-elle au renouveau du continent ? Cette implication des jeunes conduira-t-elle le continent vers le développement tant attendu ?

Une société civile jeune de plus en plus forte

Le renouveau en Afrique passe nécessairement par la jeunesse qui selon des statistiques de la Banque mondiale constitue environ 60 % de la population. Longtemps instrumentalisée et marginalisée, cette jeunesse s’exprime désormais et s’organise pour faire respecter sa volonté et rétablir un nouvel ordre. Elle ne jure plus que par le respect des règles du jeu démocratique dans lequel elle voit une source de stabilité et d’opportunités de création d’emplois. Pour avoir plus d’impact, les jeunes s’organisent selon les pays à travers des mouvements de revendication qui dans certains pays ont pu conduire à la chute de dictateurs. Qui ne se rappelle pas de la chute surprise en janvier 2011 du président Tunisien Zine El-Abidine Ben Ali à la suite de soulèvement d’abord des jeunes pour rendre justice au vendeur ambulant Mouhamed Bouazizi. Comme une traînée de poudre, le même mouvement se reproduisait en Egypte et en Lybie avant d’atteindre d’autres pays arabe. Le mouvement est alors appelé ‘’ Printemps Arabe ‘’.

A l’ouest du continent, au Sénégal, c’est le mouvement « Y-en-a-marre », né en 2011 composé de journalistes et d’artistes , qui engage la lutte, au départ contre les coupures intempestives de courant et après pour inciter les sénégalais à participer massivement aux élections  pour renouveler le personnel politique, lutter contre la corruption et promouvoir le civisme.

Au Burkina Faso, les jeunes s’organisent et portent sur les fonts baptismaux en 2013 ‘’le Balai Citoyen’’. Le mouvement finira par balayer un 31 octobre 2016 Blaise Compaore après 27 ans de règne sans partage.

Le retour des jeunes cadres de la diaspora

Depuis quelques années, nous assistons au retour de nombreux jeunes cadres de la diaspora africaine. Si avant, ils étaient nombreux à choisir de rester en Europe ou aux Etats-Unis après leurs  études, aujourd’hui, la donne a changé. De plus en plus de jeunes font le choix de revenir afin de saisir les opportunités qu’offrent désormais le continent. Se faisant avec l’expérience acquise en occident, ils viennent jouer un rôle important dans le processus de développement du continent. De Bamako à Dakar en passant par Abidjan, les jeunes entreprises des cadres de la diaspora prospèrent et sont citées en exemple. 

L’entrepreneuriat comme rempart contre le chômage 

La jeunesse africaine a compris que son salut ne viendra plus de la fonction publique. Elle ne jure plus que par l’entrepreneuriat. Pour cela, les jeunes sont prêts à parcourir le monde pour faire prospérer leurs entreprises. Les jeunes n’hésitent plus à tirer profit des opportunités qu’offrent le numérique pour innover et proposer des solutions nouvelles aux populations. C’est le cas de Cheikh Diagana, CEO fondateur de l’entreprise de communication digitale ‘’Cat Digitale’’ qui a d’ailleurs quitté amis et famille pour s’installer à Bamako afin d’y proposer ses services.

 

 

Cheikh Diagana et un de ses clients à son bureau /Jeunesse

 

A l’incubateur CREATEAM sis, à Badalabougou (Bamako) où nous lui avons rendu visite, Cheikh ne cesse d’enchaîner les rendez-vous. Quand on lui pose la question de savoir, comment la jeunesse africaine contribue au renouveau du continent, sa réponse est on ne peut plus claire :

‘’Contrairement à ce que beaucoup pensent, la plus grande richesse de l’Afrique, c’est sa jeunesse.

Elle est souvent taxée des pires superlatifs : nulle, immature j’en passe.

Mais faisons un voyage dans le temps, cette jeunesse d’aujourd’hui a tiré un trait sur les problèmes des anciens. Elle a brisé les frontières. Elle est connectée, elle vote, elle voyage et est très curieuse, mais surtout elle a changé d’attitude: elle rêve.

Nous assistons à ce que j’appelle la connexion des grands esprits, en effet la jeunesse africaine crée son entreprise, elle exige des Etats un environnement sain pour faire des affaires.

Le discours a changé, nous ne courons plus derrière la fonction publique, nous créons des emplois ! 

Par ailleurs elle n’est pas parfaite cette jeunesse, il faut la polir. Elle doit se former davantage, elle doit créer des communautés fortes et organisées dans tous les secteurs d’activités. Elle doit se soutenir et être empathique. Elle doit s’engager dans le social, la politique (la politique saine et vertueuse), investir dans l’agriculture, l’élevage et le numérique. Cette jeunesse-là aura de la voix et s’offrira des lendemains meilleurs. ‘’

 


Et si c’était parce qu’on avait tous faim ? 

Et si c’était parce qu’on avait tous faim ?

Le “Fari” beignet fait à base de farine de haricots, beaucoup prisé au Mali


Au Mali aujourd’hui, on peut conjuguer le verbe faim à toutes les personnes tant au singulier qu’au pluriel du présent de l’indicatif. 

On a tous faim. 

Même si nous n’avons pas forcément le même degré de faim et que nous n’avons pas faim de la même chose,  la vérité  c’est qu’on a faim quand même. 

Notre faim a atteint son paroxysme à tel point que le citoyen malien intègre,  honnête se fait rare.

Ne dit-on pas que ventre affamé n’a point d’oreilles ?

Alors que vaut l’honneur et l’intégrité d’une personne qui a faim ? 

1500fr, 3000 fr,  5000fr, 10.000 frcfa ,  un pagne ou encore un sac de riz ?

Cela fait un moment que tout le monde ou presque se plaint de l’état actuel du pays .

Le réseau de Mark Zuckerberg est devenu le  mur de lamentation par excellence du million de maliens présent sur cette plateforme.

Des comptes personnels, aux groupes publics et privés créés pour débattre des questions concernant le pays,  c’est toujours les mêmes thèmes abordés: la mauvaise gouvernance,  la corruption, l’erreur d’avoir porté à la tête du pays l’actuel Président et comme proposition généralement on appelle au changement.

 

Jamais, on ne parle de la faim.

 

Alors qu’on a tous faim et que c’est ça le vrai problème du pays.

Les élections municipales qui viennent de se dérouler ont encore démontré qu’en réalité, la population malienne ne cherche qu’à fuir cette faim.
Avec tout ce qui est reproché à la gouvernance actuelle,  avec tout ce qui se dit et se chante:

“yabé 2012 (¹), on regrette, on a compris, ça va plus se reproduire, il nous a eu, vive le changement…”

Cette prise de conscience des maliens devait normalement se manifester lors de ces élections à travers une rupture avec les pratiques d’antan.
Mais hélas,  le dimanche 20 novembre, que n’avons nous pas vu ?

Des affiches des candidats à l’élection municipale dans une rue de Bamako (image RFI)

Distribution par les partis politique tant de la majorité que de l’opposition de 1500fcfa aux électeurs dans la matinée, au fur à mesure que le temps avançait, comme dans une vente aux enchères, l’offre montait 3000, 5000, 7500, 10.000 pour clôturer sur 12500fcfa .

Des Sotrama (minibus) remplis déversaient devant les centres de votes des électeurs corrompus qui ont préféré vendre leur voix au plus offrant.

Mais faut-il en vouloir à cette population qui ne cherche qu’à se défaire de sa faim?

D’ailleurs est elle la seule qui cherche à fuir la faim?

La population a faim, les politiciens ont faim

Si la faim de la population se manifeste par une soif d’argent, la faim des politiciens est une faim de pouvoir. Pour assouvir cette faim, ils n’hésitent pas à mettre le paquet pour acheter des voix lors des élections, ils font souvent des alliances contre nature et utilisent parfois la violence pour s’infiltrer dans les organisations de la société civile notamment jeune (élection du président du  CNJ en commune IV).

La faim de la jeunesse 

Abrutis pendant des décennies, les jeunes aussi ont faim. S’ils ont tous faim d’emplois, on assiste aussi depuis un certain temps à l’émergence d’une catégorie qui a faim d’intelligence et qui ne s’expriment que par la violence. Leurs neurones ont été remplacés par les machettes et les armes n’hésitant plus à se tirer dessus.

Nos Sœurs ont faim 

Nos sœurs ont également faim. Certaines d’entre elles pour s’en sortir,  s’inspirent désormais de l’une des leurs, anti-valeurs, qui aujourd’hui leur sert de modèle : La Kim Kardashian du Mali.

Elles iraient  jusqu’à brader leur dignité en s’adonnant à un commerce transatlantique, j’allais dire “transdessertique”  peu noble. Leur destination favorite serait Dubaï où des pétroliers, le temps d’un week-end mettraient fin à leur faim avec des pétrodollars qu’elles viendront  ensuite exhiber sur les réseaux sociaux.

Les journalistes ont faim 

Même la famille professionnelle à laquelle j’appartiens à faim. Sous payé et souvent pas payé du tout,  les journalistes pour s’en sortir, vivent de per diem. Ils font souvent des articles sous forme d’appât pour pousser leur cible à leur verser de l’argent quand ils ne font pas des articles sur commande pour défendre l’indéfendable.

Les intellectuels ont faim 

Les intellectuels maliens, réputés être des techniciens et censés à même de sortir le pays de cette situation ont eux aussi faim. Ils ont faim de conforts. Ils préfèrent s’éclipser,  moisir dans leur confort et laisser des politicards, théoriciens, parleurs de latin démodé et archaïque nous enfoncer dans le désespoir.

Les militaires ont faim 

Nos militaires au front ont faim. Ils ont faim de paix et d’amour de leur proche et ont marre de voir leurs collègues tombés à chaque fois comme des mouches.

Même les terroristes ont faim

Même les terroristes ont faim. Ils ont faim de source d’approvisionnement et malheureusement les différents camp de l’armée sont devenus leur plat favori pour sortir de cette faim.

Photo du matériel récupéré par le groupe terroriste Ansar Dine lors des attaques des casernes et convois de l’armée

 

Les ex-rebelles ont aussi faim

Les ex rebelles ont aussi faim. Ils ont faim de territoire pour continuer leur trafic de drogue.

Tout le corps social a faim 

Les policiers ont faim…

Les médecins ont faim…

Les enseignants ont faim…

Les commerçants détaillants ont faim…

Les paysans ont faim…

Même certains guides religieux ont…(j’ai rien dit)

Conseil… 

Un petit conseil pour les futurs candidats à la présidentielle 2018,  nous sommes 17 millions de maliens,  alors vous voulez remporter les élections ?

Pas la peine de battre campagne ou d’investir dans la confection de gadgets.

C’est simple,  acheter 17 millions de sacs de riz et partager à chaque maliens.

Si vous n’avez pas les moyens pour le faire, alors, c’est que  vous êtes un plaisantin et vraiment, merci de vous abstenir pour ne pas après venir fatiguer nos oreilles avec vos lamentations.

 

 

(¹)Yabe 2012=  marqué contre son camp,  pour certains,  leur vote en faveur de l’actuel chef d’état est une erreur qui s’assimile à un but contre leur camp. Cette situation a été mise en évidence dans chanson de l’artiste rappeurs Mylmo  intitulée Yabe 2012


Les héritiers de la révolution


 LES HÉRITIERS  DE  LA  RÉVOLUTION 

Crédit photo: Google image
Crédit photo: Google image

Si l’indignation prônée par Stéphane Hessel dans son essai « Indignez-vous  » avait un visage humain, pour la jeunesse africaine, ce visage serait bien évidemment celui du camarade capitaine Thomas Isidore Noël Sankara.

 

Né le 21 décembre 1949, l’anti-impérialiste et panafricaniste convaincu qu’il était, s’est forgé une réputation d’homme intègre au-delà des frontières de sa Haute-Volta natale et même de l’Afrique, tant pendant sa carrière militaire que pendant les quatre petites années passées à la tête de ce pays qu’il a rebaptisé Burkina Faso, le “Pays des Hommes intègres”.

Cette réputation, Thomas Sankara l’a bâti en s’indignant.

Thomas Sankara en meeting Crédit photo :Google image
Thomas Sankara en meeting
Crédit photo :Google image

 

Dès l’école primaire,  Sankara, prend conscience de l’injustice coloniale et s’en indigne.

Devenu militaire, il s’indigne de la mauvaise gestion de l’armée par les anciens officiers de l’armée coloniale, et rassemble les jeunes officiers sur la base de revendications d’amélioration de leurs conditions.

Ensuite,  nommé Secrétaire d’État à l’information dans le gouvernement de Saye Zerbo en 1981,  le jeune capitaine s’indigne et claque la porte en signe de protestation contre les atteintes flagrantes aux libertés individuelles. Il  déclare alors, à la radio et à la télévision :

“Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple”

Premier ministre, puis Président à la suite d’un putsch et après un bref séjour en prison, le capitaine Thomas Sankara s’indigne de la politique françafricaine.

Il prend parti pour les plus faibles, prêche les vertus de l’économie locale et rejette les prêts de la banque mondiale. En outre, il met sur les rails l’autosuffisance alimentaire et la production du textile.

Thomas Sankara accorde également plus d’autonomie pour les femmes. Par ailleurs,  il abolit le travail obligatoire frappant les petits paysans et promeut l’égalité des sexes.

 

En quatre années seulement,  l’homme opère au delà d’une rupture politique,  une véritable révolution avant d’être trahi et assassiné par ses compagnons d’armes le 15 octobre 1987.

 

Comme le chante le célèbre guitariste malien Boubacar Traore dit Kar Kar dans  « Sa Golo » ,

 « l’homme meurt mais sa renommée ne meurt pas »

Le capitaine Thomas Sankara est certes mort le 15octobre 1987 mais sa renommée et mieux ses idées sont restées à jamais gravées dans  la conscience collective africaine et même mondiale et  se sont transmises de génération en génération.

Proclamé modèle par la jeunesse africaine au Forum Social Africain de Bamako en 2006 puis au Forum Mondial de Nairobi, Thomas Sankara est aujourd’hui, avec Nelson Mandela, un des héros les plus plébiscités par la jeunesse africaine.

 

Qui eut cru que 27 ans après sa mort, des jeunes, se réclamant des idées Sankaristes réussiraient à faire partir, les mains nues, l’auteur du coup d’État au cours duquel le capitaine fut assassiné (Blaise Compaore) ?

 

L’étoile de Sankara brille toujours au firmament

C’est pour donner encore plus d’éclat, d’aura solaire à l’oeuvre du Capitaine béret rouge,  que plus de 2000 jeunes héritiers de la révolution, venant du Mali,  du Sénégal, du Ghana, du Togo, du Bénin, du Burkina Faso, du Gabon, de la Côte-d’Ivoire, du Cameroun, du Niger ont pris d’assaut Ouagadougou, la capitale Burkinabè ce dimanche 02 octobre 2016 pour le lancement des travaux de la construction du mémorial Thomas Sankara.

 

2016-1-7
Regroupement des différentes délégations au palais du peuple

 

Cette journée exceptionnelle fut  marquée par trois grandes étapes.

D’abord,  le symposium International intitulé  « Transmission du flambeau de la révolution à la jeunesse ». L’objectif de ce Symposium, était de tracer les grandes lignes pour la conception et la rédaction d’une pensée politique  « Sankariste».

 

Une vue de l'intérieur du palais du peuple avec les participants au symposium
Une vue de l’intérieur du palais du peuple avec les participants au symposium

 

Deux sous thématiques,  à savoir :  « Qu’est-ce que l’idéal Sankara  » et  « Sankara et l’indépendance économique de l’Afrique »  ont été animés par huit panélistes devant plus de 2000 jeunes au palais du peuple vêtus de tee-shirts rouge, vert, Jaune et blanc à l’effigie du Capitaine.

 

2016-1-20
Début de la marche populaire avec l’arrivée de Tiken Jah Fakoly

 

À la suite du Symposium, les participants ont pris part à une marche populaire pour exiger justice pour Thomas Sankara et toutes les victimes du 15 octobre 1987. La marche avait pour itinéraire,  la maison du peuple vers la place de la révolution.

 

2016-1-13
La marche populaire vers la place de la révolution

 

Enfin, la journée à pris fin par un concert musical qui a vu la participation  du Président d’honneur du Comité de construction du mémorial. L’ancien Président ghanéen Jerry John Rawlings et de nombreux artistes étaient présents, parmi lesquels Nahawa Doumbia, Didier Awadi, Tiken Jah Fakoly, Sam’s K le Jah qui ont, tour à tour rendu hommage à Thomas Sankara et appeler ses héritiers à un éveil de conscience.

 

2016-1-8
Le concert musical

 

Lors de ce concert,  un appel a été lancé par Fadel Barro,  journaliste et l’un des  leaders  du mouvement ‘“Y’ en a marre”  du Sénégal aux héritiers de Sankara afin qu’ils s’engagent dans une vaste campagne de mobilisation populaire pour la réalisation de ce projet.

 

2016-1-5
Les représentants des différentes délégations avec les trophées symbolisant le flambeau. Crédit Photo : le Faso en image

 

Les héritiers de Thomas Sankara ont quitté le pays des hommes intègres,  plus décidés à faire rayonner le flambeau qui leur a été remis.

La Patrie ou la mort,  nous vaincrons


Blogueur, à ne pas confondre avec bluffeur

Journée mondiale du blogging
Le blogging plus qu’une passion

 



Qu’est-ce  qu’ un blog ? À quoi consiste l’activité de blogueur ? Un blogueur est il un bluffeur ? 

Alors, et si on faisait une immersion dans la blogosphère…


Je suis blogueur.

Humquel esthétisme !

C’est vrai que ça fait beau et chic de dire dans une assemblée en vous présentant : 

Euh je me nomme  M…  et  je suis blogueur’’. 

L’anglicisme qui entoure le nom  ‘’Blogueur’’ rend encore cette présentation extraordinaire aux yeux des profanes.

C’est un peu comme  ces nouveaux entrepreneurs 2.0. Ils sont toujours bien habillés, bien coiffés et emploient pour se présenter des termes du genre: ‘’CEO and Founder, Philanthropist, startup, entrepreneur social, motivateur, influenceur… ‘

Hum !

Ainsi,  le  pauvre profane qui se trouvera en face d’une telle présentation verra  cet interlocuteur comme un démiurge.  Alors que, souvent, ce soi disant entrepreneur qui n’a rien entrepris  à part la création de comptes sur les réseaux sociaux, dort encore dans le salon de son oncle et partage avec ses 14 cousins et frères le petit plat de riz qui ne peut même pas rassasier deux jeunes filles qui ont passé toute la nuit en boite à danser sans dîner.

Ma contribution lors d'une formation
Ma contribution lors d’une formation

Je me rappelle cette fois où j’ai pris le micro lors d’une formation pour une contribution. Bien évidemment je devais me présenter d’abord. Alors, à peine mention faite de mon activité professionnelle : ‘’Journaliste-blogueur’’, les questions fusaient et certains amis dans la salle  ne manquaient pas de me traiter de ‘’bluffer’’.

Journée internationale du blogging
Journée internationale du blogging

Ce 31 août, journée internationale du blogging, j’imagine déjà leur réaction, quant ils l’apprendront. Certains diront, ‘’eh ben, donc les bluffeurs aussi ont une journée quoi ?’’

 Mais et si on mettait cette journée à profit pour expliquer ce que c’est qu’un blog ?

Définition de Blog dans le petit Robert
Définition de Blog dans le petit Robert

Un petit tour sur Wikipédia nous permet de dégager la définition suivante : le blog ou carnet web ou encore cyber carnet est un type de site web ou une partie d’un site web utilisée  pour la publication périodique et régulière d’articles, généralement succincts, et rendant compte d’une profession à  la manière d’un journal intime.  Ces articles ou ‘’Billets’’ sont typiquement datés, signés et se succèdent dans un ordre chronologique inverse.

Issu d’un mélange entre ‘’Web’’ et ‘’Log’’ c’est-à-dire carnet de bord, les blogs  sont apparus à la fin des années 1990. Cependant, il faudra attendre  l’énorme bond de la connectivité internet dans le monde entier pour que les blogs connaissent un succès.

Nouveaux moyens d’expression sur le net, ils ont l’avantage, à la différence des sites web, de pouvoir être créés facilement.

Coups de gueules, coups de cœurs, journaux intimes, albums photos, vies privées, successions de liens… on trouve de tout dans la planète blog appelée aussi  ‘’Blogosphère’’.

Maintenant, qu’est-ce qu’un blogueur ?

D’abord, retenons  qu’un blogueur est une personne qui sait lire et écrire, qui a quelque chose à dire aux autres, qui est social, qui aime partager, qui a une valeur ajoutée et qui bien évidemment a un blog.

En outre, un blogueur est dans la plupart des cas un passionné qui écrit parce que ça lui plait d’écrire. Cette passion se transforme en activité professionnelle depuis laquelle un blogueur tire des revenus.

Par ailleurs, certains vont même jusqu’à s’y consacrer à plein temps et transforme ainsi leur passion de blogging en un business rentable.

Alors voyez vous, un blogueur n’est pas un bluffeur hein, encore moins un blagueur.

Capture d'écran de l'interface d'un Blog sur Skyblog
Capture d’écran de l’interface d’un Blog sur Skyblog

En ce qui me concerne , mon premier blog, je l’ai créé sur ‘’Skyblog’’  vers 2008. Je ne me rappelle  même plus des identifiants. A l’époque c’était juste pour la frime, puisque tout le monde partait au cyber, il fallait en faire pareil pour paraître intéressant aux yeux des autres.  Etre sur  ‘’Skyrock’’  était à la mode à ce moment-là. Ça coïncidait avec l’époque où l’on portait des  pantalons baggy, on jouait au basket et on écoutait que du RNB pour être tendance ; sans quoi les filles ne nous accepteraient pas.

Après, Facebook a volé la vedette à Skyrock. On a alors oublié les blogs pour être accro à la plateforme de Mark Zuckerberg. Il faudra attendre 2014 pour que j’effectue mon come-back dans la blogosphère, cette fois-ci sur Blogspot, avant de rejoindre en 2016 la plateforme Mondoblog de RFI.

Hum !!! Mondoblog, un réseau, une famille de ouf  sans commune mesure. Toute la crème de la blogosphère francophone s’y trouve. C’est une expérience unique qui se vit et qui se raconte bien sur, nous y reviendrons certainement.

De tout ce qui précède, on doit retenir que le blogging est un travail sérieux et assez passionnant. Malheureusement, dans certaines contrées, l’activité est peu connue et peu valorisée alors qu’elle peut aussi être un palliatif au chômage des jeunes.

Au Mali, par exemple, bien que le nombre de blogueurs augmente de plus en plus, le secteur demeure peu structuré. On rencontre peu de blogs spécialisés, la plupart sont des blogs  d’actualité. Cependant, avec le travail que l’Association des Blogueurs du Mali (ABM) et la Communauté des Blogueurs du Mali (CBM) sont en train d’abattre, on espère avoir bientôt des photoblogs, vidéoblogs…

Voilà maintenant que vous savez ce que c’est qu’un blogueur, j’espère qu’on n’entendra plus bluffeur

Enfin, souhaitons une excellente célébration de la journée  internationale du blogging à tous les passionnés  !!!

 


A Bamako, j’ai pris place dans une Sotrama, une véritable aventure !

Dans une SOTRAMA,  j’ai pris place.

Avez-vous déjà visité Bamako,  la ville des trois caïmans ?

Si oui,  vous connaissez sûrement les SOTRAMA.

Si non,  alors venez embarquer avec moi dans l’un de ces mini bus qui servent de moyens de transports en commun dans la capitale malienne.

À Bamako,  il n’y a pas de bus à proprement parler comme dans d’autres capitales. Mais il y a des taxis de couleur jaune, leurs tarifs sont un peu élevés, variant généralement entre 1000 francs  et  6000 francs CFA. Mais il y a aussi les SOTRAMA, le moyen de transport le plus prisé par la population, majoritairement moins aisée, leur coût varie entre 150 et 175 francs CFA.Ces véhicules se caractérisent d’abord par leur couleur verdâtre et par l’aménagement de leur  intérieur, où l’on trouve des bancs à la place de sièges.

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L’intérieur d’une SOTRAMA

Il y a quelques années, nouvellement débarqué dans la ville,  je me souviens que je passais mon temps à contempler ces voitures avec des bancs à l’intérieur…

Grâce aux SOTRAMA tous les quartiers de Bamako sont ralliés au coeur de la capitale appelé « Railda  ».

La voie principale de "Railda" (image Google)
La voie principale de « Railda »

Toujours pressées,  les SOTRAMA roulent à toute allure se faisant souvent la concurrence à travers une course digne d’une course de rallye, et ce en pleine ville, ceci n’ est pas sans conséquences, il arrive qu’il y ait des accidents !

Accident entre une SOTRAMA et une voiture personnelle (image Google)
Accident entre une SOTRAMA et une voiture personnelle

Pour prendre un client,  les chauffeurs de SOTRAMA  n’hésitent pas à violer toutes les règles de stationnement.

 Les apprentis,  les rois des SOTRAMA 

Pour attirer la clientèle,  les apprentis pointés généralement à la porte du véhicule scandent toute la journée à vive voix le nom du quartier de départ et celui de la destination finale. Ne soyez donc pas étonnés d’entendre dans les rues de Bamako : « Railda Railda Railda é bé ta wa  »(*) .  Il  s’agit sans doute d’un apprenti de SOTRAMA  appelant la clientèle.

Un apprenti dans une SOTRAMA vide (image Google)
Un apprenti dans une SOTRAMA vide

 

Ah les  » LAMAGALÉ (**)  », toujours surexcités !! Entre eux et les  passagers, c’est une question de  »je t’aime moi non plus  ».

Si, selon l’ adage,  le client est roi, pour l’apprenti de SOTRAMA , c’est plutôt lui le roi, et le client doit exécuter ses directives.

Leur insolence n’a de limite que leur degré d’excitation. Ils se gavent de toutes sortes d’excitants pour pouvoir tenir le rythme.

Ils entassent les passagers les uns sur les autres et le premier qui se plaint, l’apprenti de SOTRAMA  l’invitera à descendre et à prendre un taxi car on fait pas le boss dans son véhicule.

Entre eux et les mémés, c’est une guerre déclarée qui frôle souvent la  comédie. Impossible de se retenir de rire quand un apprenti se met à chahuter les vielles personnes .

Ils ont inventé tout un lexique pour désigner les vielles dames :  » Korokara,  Korobale,  tchaidjougouni (***) …  ».

Certaines mémés jouent le jeu en les chahutant en retour, d’autres par contre se mettent sur la défensive face à ces plaisanteries de mauvais goût.

Pour répondre aux provocations des apprentis de SOTRAMA,  les femmes les ont surnommé  »Dala rido » autrement dit « les rideaux » parce qu’il sont toujours pointés aux portes des véhicules comme un rideau à une porte.

Apprenti à la porte d'une SOTRAMA
Apprenti à la porte d’une SOTRAMA

 

Le  » pacte »  Sotrama-policiers

Il est difficile de trouver des SOTRAMA en bon état…  à tel point que l’on serait tenté de se poser la question de savoir comment font-elles pour réussir le contrôle technique?
Généralement, les SOTRAMA  sont de vieux véhicules. Les plus neufs sont des véhicules d’occasions importés de France, appelés  » France au revoir  ».

Une vielle SOTRAMA )(image Google)
Une vielle SOTRAMA

Bien souvent elles excèdent  le nombre de passagers autorisés (18 personnes). Ce ne sont pas les nombreux points de contrôles de police de Bamako qui les dissuaderont d’abandonner de telles pratiques. Entre les chauffeurs de Sotrama et les policiers,  il existe « un pacte ». À chaque fois qu’ils se font arrêter par ces derniers,  il leur suffit de glisser un billet de 500 francs CFA pour reprendre de plus belle leur trajet.

Policier prenant un billet avec un chauffeur (image Google)
Policier prenant un billet avec un chauffeur

 

Les SOTRAMA et moi 

Mamadou Ben dans une SOTRAMA
Mamadou Ben dans une SOTRAMA

À mon arrivée à Bamako, je ne m’imaginais pas emprunter ce type de véhicule. Peut-être parce que j’avais le choix entre les motos assez nombreuses à la maison et les taxis (je ne connaissais pas à l’époque la puissance de la galère bamakoise).
Les jours passent mais ne se ressemblent pas. Mes économies se sont envolées et n’ayant plus de chauffeur pour me conduire à moto, et ne sachant pas bien conduire, par nécessité je me suis mis en mode SOTRAMA .

Au fil des années j’ai développé une passion pour ces mini bus. Aujourd’hui,  il m’arrive encore de l’emprunter quand le temps me le permet. Ces  véhicules m’ont d’ailleurs permis d’améliorer mon bambara !

 

La SOTRAMA,  source d’information non fiable

Une SOTRAMA remplie de passagers (image Google)
Une SOTRAMA remplie de passagers

Dans la SOTRAMA , il y a souvent des débats assez passionnants, ainsi, pour être au parfum de l’actualité dans le pays, emprunte donc une SOTRAMA ! Toutes les rumeurs y trouvent leur place, aucun sujet n’est tabou.

« Apprenti ã Gossi, ã Gossi  » (****)

Nous voilà enfin arrivé à « Railda » ! A bientôt pour une nouvelle destination !

 

(*)  Une manière pour les apprentis d’appeler la clientèle,  signifie littéralement  » Est ce que vous voulez partir à Railda ?   »

(**) Lamagale: surnom donné aux apprentis

(***)- Korokara : Torture

-korobale : vielle (péjoratif)

-Tchaidjougouni : Vilaine

(****) Lorsqu’un passager veut descendre,  par cette phrase,  il demande à l’apprenti de taper la cabine de la voiture afin que le chauffeur s’arrête.


Demain c’est maintenant !


Demain c’est maintenant !

jeunes,  Demain vous appartient… ,

Vous représentez l’avenir…

Notre combat c’est pour vous construire un meilleur avenir…

L’avenir de ce pays c’est  vous…

 Vous êtes le futur…  »  

Tels sont entre autres les slogans que nous  entendons,  bien souvent,  nos dirigeants chantés  quand l’occasion leur est donnée de rencontrer les jeunes ou à l’approche des élections.

Bien menteur,  ces slogan qui ne relèvent que d’une démarche démagogique politicienne qui vise à flatter la jeunesse afin de mieux l’endoctriner et  la maintenir dans une situation d’espérance éternelle sans suite.

Comme le dit l’adage tout  flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute » et comme le soutenait l’ancien président français Jacques Chirac  les promesses du politicien n’engage que celui qui l’écoute alors pour nous autres jeunes,  accorder foi au dicton « Demain nous appartient » et lâcher prise, c’est faciliter notre propre échec.

En effet,  la jeunesse n’est nullement un Certificat d’Aptitude Particulière qui vise à faire du jeune un privilégié.

En réalité, la différence entre une  personne dite jeune et celle dite vielle n’est que physiologique, biologique…

Certains jeunes sont vieux par leurs mentalités et certains vieux, jeunes par la qualité des idées qu’ils émettent…

La jeunesse n’est pas une competence particulière d’ailleurs un jeune n’est pas forcement le plus fort,  le plus intelligent,  le plus habile…

Non,  jamais et au grand jamais nous ne rencontrerons la réussite si nous restons dans la logique que demain nous appartiendra tout simplement  parce que nous sommes  jeunes.

Jamais nous n’aurons gain de cause si nous restons dans l’expectative à attendre que ceux là même qui ont intérêt à ce que nous restons dans les ténèbres de l’ignorance de nos droits à une éducation meilleure, de nos droits à l’emploi, nous offrent sur un plateau d’or cet avenir radieux qu’ils nous promettent à chaque  veille des élections …

 

Jamais nous ne  parviendrons à nous hisser au même rang que nos homologues occidentaux en nous laissant berner par ceux là même qui ont fait de nos universités des usines de  production en masse de Chômeurs, en excluant d’y envoyer leurs propres enfants qui quelques part dans les meilleurs universités occidentales se forment pour revenir prendre la relève.

L’avenir n’appartient pas qu’à nous jeunes, il appartient à Tout le monde, tout ceux qui savent se battre.

Il revient donc ,à nous autres  de prendre conscience que rien ne nous sera donné gratuitement et que ce demain qui doit nous appartenir se construit aujourd’hui même.

Citation de Bob Marley prise sur Dico Citation

    Citation de Bob Marley prise sur www.famouscelebrityquotes.org

 

Nous devons comme le demandait Robert Nesta Marley,  nous émanciper de l’esclavage mentale car c’est la pire forme d’esclavage , nous devons nous défaire  des idées préconçues fabriquées dans les états majors des  partis politiques.

Organisons-nous, engageons-nous,   entreprenons, créons, innovons…

Rêvons et donnons-nous aujourd’hui même les moyens de réaliser nos rêves…

Cassons les codes,  sortons des sentiers battus et lançons nous…

Citation de Stéphane Hessel , écrivain français( image prise sur Google)
Citation de Stéphane Hessel , écrivain français( image prise sur Google)

#Never_Give_Up

Ne jamais abandonner à l’image des jeunes de   » Y’en à marre  » du Sénégal.

Image de manifestation du collectif Yen a marre du Sénégal
Image de manifestation du collectif Yen a marre du Sénégal

Ou des jeunes du mouvement balai Citoyen du Burkina Faso

Les leaders du '' balai Citoyen '' Lors d'une manifestation
Les leaders du  » balai Citoyen  » Lors d’une manifestation

 


Mali: Une jeunesse indignée tente de s’organiser

 Mali: Une jeunesse indignée tente de s’organiser

C’est une tautologie aujourd’hui d’affirmer que le Mali va mal : mauvaise gestion de la crise du Nord, mauvaise gouvernance, manque de vision politique, front social en ébullition, chômage galopant  des jeunes…

Face à toute cette situation, une jeunesse de plus en plus consciente s’engage pour constituer une masse critique afin d’interpeller les gouvernants. Malheureusement, des tentatives pour museler cette jeunesse sont en cours : privation  de leur droit de manifestation, pressions morales et religieuses sont légions. 

La jeunesse doit-elle pour autant s’avouer vaincue ?

Doit-elle baisser les bras ?

Ne doit-elle pas faire sienne cette citation : « Nan lara an sara » soit « Si nous couchons, nous sommes morts », du professeur Joseph Ki Zerbo ?

Nous sommes en 2013. Le Mali s’achemine vers la fin de la transition : une élection présidentielle va permettre d’élire un nouveau président qui aura la lourde tâche de sortir le pays de la crise politico-militaro-sociale. Les défis sont nombreux. Parmi eux, il y a surtout la question relative à la rébellion et à l’expansion du terrorisme dans les régions du Nord du pays mais il y  a aussi l’épineuse question du chômage des jeunes.

On compte environ 28 candidats.  Chaque candidat présente un programme plus ou moins ficelé qui, en plus des préoccupations majeures du moment, prévoit notamment la  création d’emplois pour résorber le problème du chômage des jeunes.

 

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2013 : Soumaila Cisse
Le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2013 : Soumaila Cisse

Ainsi,  le Président de l’URD (Union pour la République et la Démocratie),  Soumaila Cissé,  candidat au second tour, prévoit dans son programme la création de 500 000 emplois. Il ne sera pas élu.

Le président du RPM (Rassemblement pour le Mali),  Ibrahim Boubacar Keita,  lui, prend l’engagement de créer,  s’il est élu, 200 000 emplois.  Le peuple voit en lui le messie qui conduira le Mali à bon port. Il sera élu avec un taux record.

Affiche de campagne du président Ibrahim Boubacar KEITA avec quelques promesses de campagne
Affiche de campagne du président Ibrahim Boubacar KEITA avec quelques promesses de campagne

Trois ans après son élection,  le constat est amer. Le pays n’est malheureusement pas sorti de crise. Le chômage des jeunes a connu une ascension fulgurante. Les 200.000 emplois sont devenus un leurre. Le ministère en charge de l’emploi et de la formation professionnelle cherche lamentablement, à travers des sorties médiatiques hasardeuses, à  berner l’opinion publique comme quoi tout va bien et que les 200.000 emplois promis sont en voie d’être atteints.

Plusieurs mouvements de jeunes crient au scandale. Et s’organisent à travers une organisation  »Bi-ton » pour manifester et réclamer le respect de l’engagement pris par le président de la République pour la création de 200.000 emplois, qui donnera lieu à un grand rassemblement du 23 juillet 2016 au stade Mamadou Konate de Bamako.

Affiche pour la marche du samedi 23 juillet
Affiche pour la marche du samedi 23 juillet

Les réseaux sociaux sont mis à profit,  une campagne de mobilisation s’étend sur plusieurs semaines.

Sega diarrah, leader du mouvement '' Bi-Ton
Sega Diarrah, leader du mouvement  » Bi Ton  »

Plusieurs jeunes adhèrent au mouvement.  Cependant à la veille du rassemblement, coup de théâtre.

Les autorités font intervenir les religieux et les familles fondatrices de Bamako qui aujourd’hui sont devenus l’Appareil d’Aliénation des Consciences (‘AAC’) du pouvoir.

Ceux-ci interpellent les ténors du mouvement afin que le rassemblement puisse être annulé.  Ils évoquent le deuil national de trois jours décrété à la suite de l’attaque du camp de Nampala et qui a fait 17 morts au sein des  forces armées du Mali (FAMA) . La manifestation  n’est par ailleurs pas autorisée  par le gouvernorat du district.

Cependant  sous l’égide du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle, accompagné par une organisation de jeunesse  manipulée, à la solde du pouvoir,  un autre contre-rassemblement improvisé est lui organisé le même jour au palais des sports de Hamdallaye ACI 2000  sous forme d’un forum, pour soi disant proposer des voies et moyens pour solutionner la problématique de l’emploi des jeunes.

Logo improvisé pour le forum, prit sur la page dédiée à cet effet
Logo improvisé pour le forum, prit sur la page dédiée à cet effet

 

Certains artistes invités à prendre part au rassemblement de  »Bi Ton » sont corrompus et invités à faire des vidéos de propagande sur les réseaux sociaux.

Face donc aux revendications d’une jeunesse exaspérée par la mauvaise gouvernance,  le pouvoir en place fait de plus en plus recours à la restriction de la liberté de manifestation ou  à la technique de la terre brûlée : diviser  pour mieux régner.

On met à dos les organisations de jeunesse et on fait de la diversion. Ce qui n’est pas sans danger.

Il n’est pas rare d’entendre dans certains milieu de jeunes notamment ceux ayant bénéficié des largesses du pouvoir :

 « c’est pas au gouvernement de créer de l’emploi »

Quel raccourci ?

On semble dans ces cercles oublier d’abord l’engagement pris par le président de créer des emplois pour les jeunes (200.000 précisément), ensuite que c’est au gouvernement de créer les conditions idoines pour la création d’entreprises en favorisant un climat de confiance  pour les investisseurs,  mais que depuis  l’accession au pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keita,  la situation sécuritaire tarde à s’apaiser, et que le pays fait face à une instabilité de plus en plus grandissante. Enfin, retenons que c’est encore au gouvernement de mettre en place des mesures pour accompagner les initiatives de jeunes, notamment dans le domaine de l’entrepreneuriat.  Si dans des pays tels que les États-Unis, les startups ont pu connaître un certain succès, c’est que les conditions idoines ont été mises en place par les autorités.

Aujourd’hui plus que jamais, la principale organisation de jeunesse est désavouée par la grande majorité de cette franche de la population. Elle s’est décrédibilisée en passant des compromis avec le gouvernement et en abandonnant la défense des intérêts de cette jeunesse dont elle est sensée porter les revendications auprès des décideurs.

Pour pallier donc à cette instrumentalisation de la principale organisation de jeunesse au Mali,  plusieurs collectifs ont vu  le jour.

  • On peut ainsi citer le mouvement »#TropCestTrop » pour dénoncer la mal gouvernance.
Logo de la plateforme des jeunes #TropCestTrop
Logo de la plateforme des jeunes #TropCestTrop

 

  • Le mouvement  »#Zaa-kossey » pour dénoncer la mise en place des autorités intérimaires :

 

Des membres du mouvement Zaa Kossey lors de la manifestation de soutien aux jeunes de Gao
Des membres du mouvement Zaa Kossey lors de la manifestation de soutien aux jeunes de Gao
  •  »Bi Ton » pour l’emplois des jeunes
Logo du mouvement '' Bi Ton
Logo du mouvement  » Bi Ton »
  • La plateforme  »#Yermatoun » en gestation à Tombouctou avec la bloggueuse Fatouma Harber et ses amis.

 

Les membres de la plateforme Yermatoun lors d'une manifestation de soutien aux jeunes de Gao à Tombouctou
Les membres de la plateforme Yermatoun lors d’une manifestation de soutien aux jeunes de Gao à Tombouctou

Ces plateformes et organisations de jeunes pourront-elles sortir des sentiers battus et constituer une masse critique pour se faire entendre des dirigeants ?

Elles se laisseront toujours anéantir par les autorités politiques,  religieuses ou traditionnelles dans leur tentative de mobilisation et de revendication ?

Dans tous les cas,  le slogan :

« Oser lutter c’est oser vaincre » 

slogan tant prisé par l’AEEM (Association des Élèves et Étudiants du Mali) mais malheureusement slogan vidé de son essence par cette même organisation qui se caractérise par la violence, la corruption… N’a jamais eu autant de valeur et de sens qu’aujourd’hui.

Trop de frustrations appellent à la révolution, il est donc temps pour les autorités d’entendre cette jeunesse qui grogne…



Terrorisme : la mort n’a pas de couleur

La mort n’a pas de couleur ,  halte à la  Compassion à géométrie variable.

L’humanité partirait-elle en vrille? 

Où est passée cette compassion exemplaire  qui caractérisait l’être humain,  j’allais dire l’africain ?

Nous vivons une  époque particulière révoltante avec son lot de tragédies . De  Bamako à Bagdad en passant par Bruxelles, de Bassam à Paris,  Nice en passant par Ouagadougou,  Kanou( Nigeria) , il ne se passe de jour sans que les médias nous  informent d’une attaque meurtrière. 

Tout ce qui constituait l’essence même de l’humanité s’est effrité.

S’ il y a de quoi à avoir peur de cette propension du terrorisme avec son corollaire d’assassinats  atroces, il est plus inquiétant de voir l’indifférence de certaines personnes,  leur  réjouissance  face à ces actes ignobles.

De plus en plus,  nous assistons à l’avènement d’une compassion à géométrie variable selon que l’on se trouve en occident où en Afrique.

Les attentats de Nice du 14 juillet dernier  ont hélas,  une fois de plus été l’occasion pour certaines personnes d’exprimer non pas leur compassion envers les personnes disparues,  mais leur réjouissance de voir cette tragédie arrivée à la France.

 

Un attentat en France fait plus de 80 morts,  sur les réseaux sociaux certains exultent.

Image d'illustration prise sur Google
Image d’illustration prise sur Google

 

« La France a ce qu’elle mérite »

 « C’est bien fait pour la France »

« La France paie sa dette … « 

 

Pourquoi tant de haines,  de contradictions et d’ambiguïtés de notre part ?

 

On me dira que lorsque l’attentat se déroule en Afrique,  la France ne s’y intéresse,  la tour Eiffel ne prend pas les couleurs national du pays touché… (blablabla )

 

Mais alors est-ce que nous mêmes africains nous nous intéressons comme il se doit à nos malheurs ?

 

Ne me ramenez surtout pas non plus la colonisation où les enjeux géostratégiques.

 

On parle ici de tragédie et toutes les vies valent. Noir ou blanc,  français ou maliens,  ivoiriens ,  togolais,  camerounais, des humains,  nous sommes tous.

 

D’ailleurs n’est-ce pas encore ces  médias occidentaux qui nous relaient les informations sur notre propre continent quand il y a tragédie ?

 

À qui la faute si nous sommes incapables d’exprimer notre compassion,  d’informer sur nos malheurs…

 

Ne soyons pas  Paris,

Ne soyons pas  Orlando,

Ne soyons pas  Turquie,

Ne soyons pas Bagdad,

Ne soyons pas Tunis,

Ne soyons pas Bamako,

Ne soyons pas Ouaga,

Ne soyons pas Grand Bassam,

Ne soyons pas Beny

NE SOYONS PAS NICE…

 

Une chose est sûre face aux terroristes,  on est tous dans la MERDE !

Soyons justes des humains !

Paix à l’âme des disparus de #Nice


Monsieur le Ministre où sont nos 200000 emplois ?

 

Á


 

Monsieur le Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle 


 

Monsieur le ministre,  après tant d’hésitations et de réflexions,  je me  permets de vous adresser cette lettre pour vous faire part de mon scepticisme et de mes doutes concernant le rapport annuel sur les créations d’emplois.

Capture d'écran du site d'information 360
Capture d’écran du site d’information 360

En effet M.  le Ministre, j’ai lu ce rapport dans lequel votre département et ses démembrements peignent un tableau assez reluisant de la situation de la jeunesse malienne dans le domaine de l’emploi avec comme taux de réalisation des 200.000 emplois en 5ans  promis par le chef de l’État lors de sa campagne en 2013,  58,19% à la date du premier trimestre 2016.

À lire ce rapport on croirait que l’emploi se créé à  gogo,  que les opportunités se multiplient , tant dans le secteur formel qu’ informel,  et que  le programme de création des 200 000 emplois,  qui a motivé  plus d’un jeune à soutenir le président Ibrahim Boubacar KEITA  serait sur une bonne voie .

Toutefois,  M. le Ministre,  laissez moi vous dire que cette situation d’autosatisfaction que vous affichez, est peut-être assez flatteuse pour le pouvoir mais  ne reflète aucunement ce que vivent les jeunes du Mali. 

En termes d’emploi, M. le Ministre,  les jeunes n’ont rien vu et ils continuent à  réclamer des conditions meilleures .

Une affiche collée en 2015 dans les grandes artères de la ville de Bamako par un collectif de jeunes sans emplois pour interpeller le président IBK
Affiche collée en 2015 dans les grandes artères de la ville de Bamako par un collectif de jeunes sans emplois pour interpeller le président IBK

Et même si c’était le cas et qu’effectivement le taux de création de 58, 19% des 200.000 emplois en 5ans  était réel, je me permets M. le Ministre de vous faire un petit rappel: 

Au Mali,  chaque année,  entre 100mille et 200mille jeunes arrivent sur le marché de l’emploi, donc vous comprendrez que les 200.000 emplois que vous avez promis aux jeunes et que vous peinez à réaliser n’est en réalité qu’une aiguille dans une botte de foin.

Je ne comprends donc pas votre enthousiasme. 

Hier,  assis dans une #Sotrama,  j’espère M. le Ministre que vous connaissez, ce moyen de déplacement ? 

Ces mini-cars de couleur verte qui font la navette entre les différents quartiers de Bamako et dans lesquelles, les passagers sont entassés comme des esclaves  dans un bateau,   à l’époque coloniale, moyen de transport généralement utilisé par nous autres  les moins nantis. 

Une Sotrama
Une Sotrama

Dans cette Sotrama,  une femme âgée se plaignait du fait  que ces quatres garçons ont fini les études depuis des années et qu’ils traînent toujours à la maison. Par désespoir de cause,  deux s’apprêteraint à rejoindre l’Espagne via la Libye par les moyens que vous saviez (clandestinement).

Naufrage d'un bateau de migrant
Naufrage d’un bateau de migrant

Dans cette  voiture où l’apprenti,  à peine âgé d’une quinzaine d’années ne cessait de me crier à  l’oreille sous ce soleil de plomb avoisinant les 40° ‘‘ Garantibougou, À Railda directi é be ta wa’(¹),  la dame reçu beaucoup d’encouragements de la part des autres passagers, qui  lui suggérant  de tout mettre en oeuvre pour faciliter le départ de ses enfants car disent-ils,  » au Mali il n’y a pas d’emplois et même quand il y en a,  c’est pour les enfants de riches ».

J’ai un moment voulu intervenir dans le débat pour faire entendre raison à la pauvre dame mais je me suis vite rendu compte que j’étais à court d’arguments pour convaincre cette mère  de dissuader ses enfants de se porter candidats au suicide sur les côtes libyenne.

Ayant fait face moi même,  après la fac à des difficultés, je me souviens  du parcours de combattant,  de la galère que j’ai dû emprunter,  mais surtout je me suis souvenu de tout ses amis qui ne cessent de trimer jours et nuits pour s’en sortir mais sans grand succès: on me dira qu’ils sont paresseux. 

Ils ont été à tous les concours M. Le Ministre, je me souviens encore de ces nuits blanches qu’ils ont,   l’an passé,  fait pour pouvoir seulement déposer leur dossier de candidature  au recrutement de  L’INPS,  ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.   Je pourrais   en citer davantage  encore et encore…

À l’image de cette  » pauvre  »  dame,  nombreuse M. le Ministre sont les mères et pères de famille qui ne savent plus à quel saint se vouer afin que leur progéniture puisse décrocher un job. 

Des jeunes faisant la queu pour le dépôt de leur dossier au recrutement de l'INPS en 2015
Des jeunes faisant la queu pour le dépôt de leur dossier au recrutement de l’INPS en 2015

Les jeunes diplômés lassés de faire le tour de Bamako à la recherche souvent d’un simple stage de perfectionnement,  qu’ils ne pourront jamais décrocher sans avoir  »Un bras long » ou à défaut  » Connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un »,  sont réduits à fuir le pays, s’ils ne deviennent pas aux yeux de la société des fainéants qui à longueur de journée passent leur temps dans les  » grins » à siroter du thé vert de Chine.

Image prise sur Maliactu.net
Image prise sur Maliactu.net

M. le Ministre,  même le programme de volontariat de l’Agence pour la  Promotion de l’Emploi,  pour l’avoir il faut militer dans un parti de la majorité présidentielle. Je ne vous apprend rien…

M. le Ministre,  la jeunesse se sent aujourd’hui abandonnée, déshéritée voir trahie.

Nous osons espérer que dans les jours à venir, des mesures idoines seront prises afin de redonner de l’espoir à cette jeunesse déboussolée, c’est seulement en ce moment que nous pourrons apprécier vos efforts,  si effort il y a. 

J’espère aussi que vous ferez remonter l’information,  au Boss de Koulouba (le président de la République) , afin qu’il ne dise pas demain que ses collaborateurs lui mentent et qu’il se mette encore à pleurer comme à Koutiala, lorsque les enfants lui ont réclamé de l’électricité pour pouvoir apprendre leurs leçons.

M. Le Ministre,  je m’en vais m’arrêter là tout en vous souhaitant un bon mois de ramadan. 

Dans l’attente d’une amélioration rapide des conditions d’accès au travail des jeunes, je  vous prie, Monsieur le Ministre,  de bien vouloir agréer l’expression de mes sentiments les mieux distingués. 

 

(¹) La voiture va  directement  à  » Railda »(centre ville) de Bamako,  est-ce que vous y allez ?

Phrase que les apprentis de Sotrama,  répètent à longueur de journée tout en restant assis ou arrêtés à la porte du véhicule.

 

 

 


Sur facebook, les mamans sont belles

Ces derniers jours , m’ont permis de me familiariser avec le visage des mamans de beaucoup de mes ami(e)s sur les réseaux sociaux, fête des mères oblige. 

Ô qu’ elles sont belles vos mamans, je veux dire nos mamans!

Naturelles, elles sont!

Je n’ai vu aucune photo avec des maquillages exagérés!

Elles étaient sur vos photos, toutes habillées de façon decente et cela n’enlevait rien à leur splendeur :

certaines en boubou, d’autres en robe, en wax , en bazin….

Nos mamans,  que vous nous avez presenté sur Facebook, Instagram, google+,  Twitter, snapchat   de dimanche à aujourd’hui ,  à travers vos publications sont toutes belles(sans photoshop), battantes, courageuses, dévouées, respectueuses, des modèles elles sont, des exemples à suivre…

J’ose espérer qu’en dehors de ces témoignages sur les  réseaux  sociaux ,  vous, je veux dire nous sommes dans la vie réelle à la hauteur de leur espérance,  que nous les respectons réellement et que nous ne ménageons aucun effort pour les satisfaire et suivre à la règle l’éducation,  les valeurs qu’elles nous ont enseigné.

La meilleure preuve d’amour, la meilleure fête que nous pouvons offrir à nos mamans c’est de respecter les valeurs qu’elles nous ont inculqué, c’est d’être les modèles qu’ elles ont toujours voulu que nous soyons, c’est d’ être respectueux envers toutes les mamans donc toutes les femmes même si elles ne sont pas nos mères biologiques.

Tous les jours étant propices pour célébrer nos mamans alors  je souhaite bonne fête à toutes les mamans du monde et que l’âme de celles qui nous ont quitté repose en paix!