Meem Shoomeatove

Atis Constant : « j’attends le premier ou le second prix »

Du 19 septembre au 19 octobre, John’s Hebert Constant dit Atis Constant a mené campagne auprès de la population haïtienne pour obtenir des votes. Pour cause, il a été retenu comme finaliste à l’un des plus prestigieux concours consacrés aux jeunes talents des pays d’Afrique, des Caraïbes et des îles de l’océan indien. Grace à son premier album «  Mizik se medikaman’m » sorti en septembre 2015 il a pu suivre dans cette aventure musicale les pas de Darline Desca finaliste retenue en 2015, de Belo grand gagnant de 2006 et plus loin ceux de Bethova Obas, d’Eddy François, et du regretté Master Dji.

Dans une entrevue qu’il m’a accordé le 18 octobre dernier, il m’avait confié alors que le processus de vote se refermait:  « Je suis très confiant »

La confiance, l’état d’esprit  du jeune artiste « Atis constant ».

A la question, comment as tu vécu cette campagne ?

– Il est  la fois abasourdi et heureux du flot de support et d’encouragement reçu de ses compatriotes. Artistes, médias, fans sont motivés pour l’aider à atteindre son but. Le succès des votes est dû à l’assistance et la disponibilité de tout le staff de l’artiste auprès des internautes, leur capacité à se déplacer vers les gens pour dénicher les précieux votes. Le support de pleins d’artistes confirmés comme Belo, Rutshelle, Jean Jean Roosevelt, Ti Joe Zenny, Roody Rood Boy, Pikan…etc. Il n’en revient pas!

Son statut de candidat menant des campagnes de vote ne date pas d’hier, déjà en 2010 il a été à la même position au concours Digicel’Stars, statut expérimenté encore en 2011 et 2014 au même concours.

En 2015, la sortie de son premier album réitère l’aval du jeune constant né à Carrefour en 1990, à devenir un artiste connu. Cette nouvelle expérience du concours Prix Découvertes RFI lui a appris la solidarité. Il se sent bien entouré et très motivé : « Franchement, je ne suis pas du tout stressé. Il y a tellement de solidarité autour de moi. Je comprends que l’haïtien est fier quand on le représente dignement à l’étranger et rien que pour cette chaîne, je voudrais remporter le premier prix. J’attends déjà les résultats. » Il n’espère pas le troisième prix : «  j’attends le premier ou le second prix »

Depuis 1981, le Prix Découverte RFI mets au-devant de la scène internationale des jeunes talents de la musique. Ce prix tant convoité se compose surtout de 10 000 euros, d’une tournée africaine et d’un concert à Paris. Pour l’avoir mis plus près du but par les nombreux votes, le public et tous les acteurs culturels sont chaudement remerciés par Atis Constant, le seul candidat retenu dans la région caribéenne pour la finale du concours Prix Découvertes RFI 2016.

Alors quand le vendredi 4 novembre, le Jury présidé par Kery James a laissé tomber son verdict, c’est le Guinéen  » Soul’Bangs » qui remporte le premier prix. Mais Atis Constant a saisi la seconde place bien avant le troisième gagnant Kandia Kora,encore de la Guinée.

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’a rien perdu. En plus d’une belle expérience qui profitera pour le lancer définitivement sur le marché local et international, il a atteint son but: «  j’attends le premier ou le second prix »

« Gagner n’est pas terminer premier » désormais, le mantra qui l’aide à avancer vers le succès qu’il mérite bien!

Félicitations et longue vie à ta carrière, Atis Constant!

 


L’Amérique a voté pour un grand Amérique!

Jour d’élections historiques aux Etats-Unis. Un mardi 8 novembre marqué par l’anxiété. Le reste du monde regarde l’Amérique la peur au ventre. Le vent souffle fort et montre les dessous de la tunique du monde libre. La démocratie a pris tout son sens durant cette journée électorale américaine. Donald Trump et Hillary Clinton,un match serré, chacun d’eux à tout juste quelques pas de siéger à la maison blanche. Belle leçon de démocratie!

Je ne m’attendais pas à ce que la démocrate Clinton rafle tous les Etats,je savais bien que son homologue républicain etait soutenu par plus de gens qu’on ne pourrait le penser. Mais dans un coin de la tête, je me disais en même temps: Ils n’oseront pas! Ils n’oseront pas bafouer ainsi la démocratie, ils ne feront jamais ça au reste du monde: Élire Donald Trump comme le président des Etats-Unis d’Amérique.

Sans être une experte en statistique,j’observe Donald Trump grimper dans les baromètres avec effroi.J’ai compris qu’une seule faille,juste une secousse peut le propulser à la tête du monde libre. Les carottes sont presque cuites et je recherche pourquoi le feu brûle si bien et si vite?

La réponse est simple. Parce que l’Amérique a voté.

Si environ 60% des américains sont réticents à accordé leur vote et leur confiance à Hillary Clinton en raison de son manque de transparence, ses secrets, ses faibles convictions, des décisions regrettables, des scandales répétées…on sait au moins pourquoi ils ont voté allègrement.

La tenue très serré du scrutin américain prouve que Trump n’est pas le détraqué dont tout le monde déteste. Il est véritablement la voix de la majorité silencieuse. Il est celui qui porte en de nombreux discours de campagnes, de tweets haineux, d’entrevues loufoques le vrai rêve américain. Le grand Amérique prônant le manque d’humanisme, l’intolérance, la haine envers les journalistes, la discrimination, le sexisme, l’allusion à la violence, la misogynie…

Heureusement qu’il y avait eu Trump! L’américain modèle à la trop grande gueule. l’Amérique ne peut plus se cacher.

Je viens d’un pays où les promesses électorales n’ont qu’un seul qualificatif, celui d’être des promesses électorales. « N’ayez crainte rien de tout ceci ne sera appliqué en vérité ».
Alors je me pose la question,et si Trump se prenait à respecter ses promesses?

Il faudrait pour cela qu’il soit élu 45ème Président des Etats-Unis. Et si le monde n’avait pas besoin de cette catastrophe?


Non chère société, je ne suis pas homophobe !

« Si tu n’es pas homophobe, tu es forcément homosexuel ! »  (Phrase entendue)

« Massimadi Haïti est un espace de réflexion, d’échanges, de débats et de sensibilisation sur les questions du pluralisme dans un contexte haïtien, dans l’optique de participer à la création d’un monde plus équitable pour tous et toutes. Tous et toutes sont invités à participer, peu importe la classe sociale, le sexe, l’identité de genre, l’orientation sexuelle ou l’appartenance à un groupe religieux ».

La première édition haïtienne du Festival se déroulera du 27 au 30 septembre 2016 à la FOKAL, à l’Institut français en Haïti, à la Cinémathèque et au café Paradox à Pétion-Ville.

homophobes

 

Voici l’invitation qui fait « tilt » en ce moment, qui réveille les consciences et alimente les conversations en Haïti. L’annonce en a choqué plus d’un. Les réactions sont mitigées, violentes ou agressives, que ce soit du côté des détracteurs, ou des défenseurs. Personne n’écoute personne, aucun dialogue n’est ouvert, chacun tire sa boulette sur l’autre, lui qui brandit sa bible et l’autre son article de loi, l’annonce de ce festival n’apporte que mésentente et cacophonie. Ce festival artistique divise le pays.

Parce qu’après tout, ce n’est qu’un festival comme un autre. Ce sera de l’art exposé, débattu ou projeté. Sauf que l’art ici va aborder un sujet délicat : l’homosexualité.

La peur de Massimadi

Où en sommes-nous avec l’homophobie ? En Haïti, nous étions loin de l’homophobie jusque là. Ce jeune homme efféminé dans le quartier fait plus rire qu’il ne déclenche la colère, cette bonne femme aux allures vives est pourtant l’amie de tous. On aime bien ses propos grossiers et ses blagues qui font se tordre de rire. On raconte que cette jeune fille prétentieuse et discrète est lesbienne, mais après un temps que vaut cette rumeur ? Combien de fils et filles homosexuels qui vivent sous le toit de leurs parents, même si ceux-là sont en désaccord avec leur choix ? La majorité des artistes haïtiens sont taxés d’homosexuels, en tout cas, ce n’est pas ce qui va les empêcher de vendre leurs disques ou de remplir les salles de concerts, on s’en fout pas mal. Que dire des rumeurs sur plusieurs de nos chefs d’Etats et des membres influents de l’administration publique ? Les étiquettes sont collées partout et chacun finit par s’occuper de ce qui le regarde.

Les journaux rapportent si souvent la mort de nos intellectuels, de nos jeunes étudiants, de nos braves travailleurs, braqués en sortant de la banque ou en regagnant leur demeure après une dure journée… mais en revanche, infime (je laisse une marge) est la nouvelle de personnes attaquées parce qu’elles ont fait des choix sexuels en fonction de ce qui leur plaît vraiment.

Je réalise que pour le festival Massimadi, ce n’est pas l’homosexualité qui fait peur, mais la fête de l’homosexualité. C’est célébrer en grande pompe cette aberration, parce que, si vivre aux côtés d’un homosexuel ne dérange pas tant que ça, ce n’est pas pour autant qu’il est compris.

Ce qu’on appelle homophobie ici

Cela m’étonne certaines fois, le calibre d’un cerveau qui se sert de ce fameux verset biblique pour condamner l’homosexualité :  » Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination ». (Lévitique 18:22) Comme si dans la bible, il n’existe que cette vérité. Dès qu’on essaie de relativiser, on brandit le verset qui fait taire. Dieu a parlé, tais-toi !

Alors pas question de se taire, il est question de faire comprendre à l’autre que son point de vue n’est pas correct. L’homosexuel est un être humain avec des droits. Son choix lui appartient et il ne concerne que lui.

« Si tu n’es pas homophobe, tu es forcément homosexuel! »  ( Phrase entendue)

Grossomodo, l’homophobie ! Parce-que ces propos sont toujours exprimés avec beaucoup de haine, de violences verbales, d’incompréhension, de refus d’écouter, d’obtempérer. Ce qu’on appelle homophobie ici n’est autre qu’une conviction personnelle.

Pour ou contre Massimadi, on a besoin de savoir ton camp afin de bien te camper. 

Pour ma part, je suis contre Massimadi-Haïti. Mais je suis dans l’obligation d’ajouter à chaque fois : non, je ne suis pas homophobe. Je suis plutôt réaliste. Le pays dans lequel nous vivons actuellement n’est pas prêt pour un festival arc-en-ciel. L’heure ne sonne pas encore pour ce genre de chamboulement social. On va trop vite !

On est encore dans le manque d’infrastructures, les problèmes de santé, les grèves de médecins, les enfant de 3 ans qui meurent faute de soins basiques. On est toujours dans l’insécurité grave, dans les cas d’assassinats gratuits, de kidnapping. Problèmes de justice, de fonctionnaires ayant pillé les caisses de l’Etat sans punition aucune. Problèmes d’éducation, les résultats scolaires sont effroyablement bas. Problèmes de la faim, du chômage, du pouvoir d’achat : 65 gourdes pour 1 dollar américain. On fait face à des expulsions de nos compatriotes partout pendant que des milliers d’autres se battent tous les jours pour faire la grande traversée ! Nous avons un millions d’affaires urgentes à régler et je doute que faire accepter l’homosexualité d’un groupe de gens en fasse partie.

Et puis, qui sont les homosexuels ? Qui sont-ils vraiment ? A part ces très courageux membres de l’organisation KOURAJ, (https://www.kouraj.org/) personne n’est gay, lesbienne ou bisexuel ! Le coming out, cela vous dit quelque chose ? Pas en Haiti, pas encore en tout cas. L’homosexuel lui-même n’arrive pas encore à assumer sa préférence sexuelle. La société pèse lourd sur son désir de se confier. De vivre sa sexualité en toute liberté. C’est un fait. Pour autant, le modèle de famille ou de relations sociales instauré depuis des siècles ne va pas s’envoler le temps de quelques éditions d’un festival. Le couple est ainsi vu : un couple c’est un homme et une femme. Changer ce schéma est possible mais pas à coup de provocations.

Pour l’heure le festival rencontre des difficultés. Un des partenaires se rétracte sous le poids des menaces : ( FOKAL ). Massimadi a justement réveillé l’homophobie de la population haïtienne qui jusque là restait latent. Deux figures de proue se dressent pour faire tomber l’idée de Massimadi-Haïti : le sénateur Jean Renel Sénatus et Danton Léger, le chef du parquet de Port-au-Prince. On les surnomme les mousquetaires de la bonne moralité (Léger et Sénatus) ! Que dire de plus ? On n’avait pas besoin de ça!

 


Je suis célibataire et je le vis mal!

Ma copine se fait un point d’honneur de partager toutes les 5 minutes avec moi un lien qui vante les joies du célibat. Je discute avec elle sur Whatsapp et je vais voir cette nouvelle notification sur Facebook. Eh bien, elle est partout ma copine! C’est encore elle qui vient de m’envoyer un énième site qui veut me faire croire que je n’ai personne dans ma vie juste parce que je suis une femme intelligente.

Nous sommes toutes deux célibataires. Cela veut dire que nous n’avons pas de maris. Cela veut dire aussi que nous n’avons pas de petits copains, ou vu notre âge avancé (la petite trentaine), c’est mieux de dire nous n’avons pas d’hommes dans notre vie.

Ceecee ne semble pas souffrir du fait qu’elle ne vit pas une relation amoureuse depuis 3 ans. Elle dévore les bouquins de développement personnel, se goinfre de glace au chocolat et à la vanille devant des séries télévisées, partage avec fébrilité les articles de femmeforte.com et autres du même genre et m’empêche de respirer. Plus de 5 fois par jour au téléphone avec elle… au bout de 32-35-42-55 minutes, je m’excuse pour aller faire quelque chose. Des fois, elle me demande : mais tu vas faire quoi voyons?! Une vraie Bridget Jones!

Moi, je suis différente. J’ai beau lire ces articles et études qui démontrent combien avantageux est le célibat, je n’arrive pas à m’y faire. Je n’ai pas peur de partager mon espace, de changer mes habitudes, de faire des concessions, de rendre des comptes sur mes activités… tout cela me manque grave, au contraire.

Dans mes moments de déprime, il y a de quoi se mettre sous le nez à prendre soin de soi pour soi-même, et l’hypothèse que l’on peut s’apporter un bonheur que personne d’autre que soi ne pourra nous apporter. Je n’en disconviens pas. Si je me lave les cheveux ou si je me brosse les dents, ce n’est pas forcément pour un mec. Mais si dessous ma petite robe noire décolletée au dos, je porte cet ensemble en soie crème Chanel, c’est que je rêve de ne pas l’enlever toute seule. J’aurais aimé aussi qu’une voix intime me félicite sur le choix de mon parfum, qu’un sms s’inquiète de l’endroit où je me trouve, qu’un appel me demande de ne plus tarder chez Ceecee.

« Le célibat ? Faire ce que je veux, où je veux, quand je veux, avec qui je veux ». C’est une blague! Une semaine depuis que ce foutu téléphone ne sonne que pour des appels professionnels que je ne souhaite pas toujours. J’ai invité Charly à prendre un verre mais c’était l’anniversaire de sa belle-mère, je suis partie tester ce nouvel hôtel sur la côte nord mais seule : le cadre si paradisiaque, je l’ai trouvé chiant. Tout le monde était en couple ou en famille.

Je déteste l’idée que je suis une femme intelligente, indépendante et que je fais peur aux mecs. Ce prétexte est plus que ridicule quand dans ce monde, on compte d’innombrables  femmes mariées, mères, professionnelles! Des bombes!

Vivre à deux est plus difficile que tu ne le croies! Cette phrase qui devrait servir à me rassurer, sort tout droit de la bouche fardée avec soin de mon autre amie Beebee qui m’invite à dîner pour me demander d’être sa demoiselle d’honneur. Toutes mes félicitations et longue vie à deux!

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Et je le vis mal! Je ne suis ni fière, ni heureuse, ni épanouie! J’aimerais que cela change, qu’on tombe amoureuse de moi, que mon travail plaise à quelqu’un de particulier, que ma vie compte pour une personne qui n’est pas de ma famille, je rêve de prendre des décisions en accord avec un autre, je voudrais une oreille pour raconter ma journée, je voudrais piquer des crises de jalousies, conseiller un homme sur sa carrière ou sur son costume, j’aimerais être le choix d’un homme, j’aimerais me donner à un homme que je désire.

Aujourd’hui est un grand jour. Je vais prendre mon courage à deux mains et régler ça avec Ceecee. Qu’elle cesse de m’envoyer ces interminables 10 manières de savourer son célibat. Je ne veux pas savourer mon manque. Mais encore, je vais envoyer balader tous ces hommes qui sont dans ma vie : ces hommes tout aussi célibataires mais endurcis, mes sexfriends!

Je vais changer de statut, je vais redevenir célibataire pour de vrai!


Que peut Trump pour séduire un Haïtien ?

Quand le très prestigieux journal du Miami Herald rapporte que Donald Trump courtise les Haïtiens de Floride, on esquive tout de suite l’hypothèse de la mauvaise blague qui court les réseaux sociaux. On est en face d’un fait qui dépasse le statut divers. Trump le xénophobe, le raciste qui a tenu des propos tellement dégradants sur les immigrants et les étrangers (les Afro-américains, les Noirs, les musulmans, les Latinos) depuis le début de sa campagne électorale a pénétré vendredi dernier (16/09/16) le quartier « Little Haïti » à Miami pour rencontrer des leaders d’origine haïtienne avec l’objectif farfelu d’obtenir leur vote et celui de la communauté haïtienne aux USA.

C’est le moment de se jeter à l’eau et de deviner quel discours il va tenir pour convaincre ce groupe sur lequel il a tant craché dessus juste avant vendredi ? L’exercice n’était pas très difficile, quand on sait que son principal adversaire n’est autre que, je ne vais pas dire Hillary, mais plutôt « Les Clinton ».

Le clan Clinton, grand ami d’Haiti. L’ami intime qui peut laver sans aucune réticence même nos linges les plus sales, qui sans aucune retenue peut fouiller dans nos poubelles si cela peut nous venir en aide. C’est ça être un ami après tout! Être présent dans les bons, mais surtout les mauvais moments. On a vu leur tête aider après le séisme dévastateur de 2010. Ou plutôt, ils nous ont fait part de leur bonne intention d’aider à la reconstruction du pays: on compte le parc industriel de Caracole, le Marriott Hôtel, et des millions de dollars américains disparus!

Voici en résumé, le bilan de la reconstruction menée de mains maîtres par le clan Clinton, toléré par un gouvernement sans foi ni loi de Martelly-Lamothe-K-plim (Evans Paul) et co qui n’a pas daigné exiger des comptes. D’ailleurs, des emails rendus publiques récemment confirment ce que nous savions déjà : Haïti est l’arrière cour du clan Clinton. Donc la faille qui lie Haïti et la politique de gestion des Clinton est palpable. [1 | 2]

D’où lui vient l’idée d’approcher les Haïtiens ?

Et de tout ce bric-à-brac est né le discours séducteur de Trump. Il peut être accusé de racisme, on peut lui prêter un problème mental mais le candidat qui rêve d’interdire le sol américain aux musulmans n’est pas sot. Les incompétences de la candidate démocrate et de son clan dans le dossier Reconstruction post-séisme d’Haïti, est un pion à saisir pour manipuler les haïtiens : faire appel à leur aversion pour l’équipe Clinton. Il est clair que les Haïtiens ne font plus du tout confiance à Hillary Clinton, après la destruction de la culture rizicole en Haïti, leur rôle dans les élections de 2010 et 2015, la reconstruction fantôme… Les démocrates sont en effet à fuir comme la peste.

Mais que peut Trump pour séduire un Haïtien ?

Il est clair que parler de présidentielles américaines, revient à parler d’élections mondiales. Et admettez-le ou non, Haïti est devenu un poids important dans la ligne de mire de la puissance mondiale. Trump veut s’en emparer, mais comment ?

Je trouve quand même dommage qu’il a trouvé âme haïtienne qui vive dans les locaux du centre culturel de Little Haiti. J’espérais que personne n’irait à sa rencontre. Point n’est besoin de rapporter les nombreuses bourdes du candidat républicain, dont des chefs d’États et des leaders de son propre parti se sont détournés. Il est aussi clair comme de l’eau de roche que Donald J. Trump n’est pas le président qui siégera à la Maison Blanche avec en tête l’avenir, des projets, un plan, un rêve, une entente, un deal, une idée bienveillante pour Haïti.

Trump et son fameux slogan
Trump et son fameux slogan

Make America great again!

Redevenons donc des esclaves!  Chers descendants de Dessalines, Toussaint, Pétion… travaillons à refaire de l’Amérique ( l’Amérique des Américains) le continent le plus prospère, le plus puissant, le plus immense! Faisons de Trump notre grand champion dans les présidentielles américaines!

A-t-il déjà oublié ses tirades sur les immigrants ? Sur les étrangers ? Sur les sans-papiers? Les musulmans ? Les mexicains ? Les femmes en situation de viol et j’en passe ? Ce n’est plus un secret, les casques bleus en voulant apporter la paix et la stabilité nous ont refilé le choléra. On devrait faire plus attention aux promesses de Trump. On ne sait pas encore ce qui viendra avec.

Qui sera le prochain président d’Haïti ? 

Nous sommes à l’heure des grands débats. Le groupe d’interventions en affaires publiques (GIAP) fait sa séance de questions réponses avec 5 candidats à la présidence sur 27 inscrits dans la course. Un débat de cancres à la télévision ce 20 septembre avec ceux qui prétendent vouloir nous diriger.  A qui confier les rênes de ce pays ? Comment sortir de ce bourbier ? Qui voter le 9 octobre prochain ?

Voici la question qui devrait mobiliser l’esprit et la clairvoyance de chaque Haïtien. Ni Hillary Clinton, ni Donald J Trump ne sera élu président d’Haïti pour de vrai. Choisir entre les deux de toute façon revient à choisir entre la peste et le choléra.

Voyons… on n’est pas sorti de l’auberge!

 

 


Centre de la Francophonie des Amériques : retour sur le Forum de Juillet 2016

Retour sur le 5e Forum des jeunes ambassadeurs du Centre de la Francophonie des Amériques

« Du 4 au 11 juillet 2016, une soixantaine de jeunes et brillants leaders francophones provenant des quatre coins des Amériques, sélectionnés parmi 550 candidats âgés de 18 à 35 ans, étaient réunis pour participer à cette rencontre internationale dite « Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques ». Ce rendez-vous était pris afin de discuter, d’échanger et de débattre des enjeux liés à la francophonie. L’université de Montréal était le lieu qui accueillit cette 5ème édition du forum. J’ai choisi de questionner un de ces jeunes en lieu et place d’un autre pour sa double culture. Haïtien évoluant en République Dominicaine, un pays où l’on parle exclusivement l’espagnol, j’ai trouvé extrêmement intéressante sa participation au forum en tant que jeune francophone. »

Beau parloir: Qu’est-ce que cela veut dire pour vous de participer au Forum des jeunes ambassadeurs de la Francophonie 2016 ?

Serge J. Fécu: Participer à cet événement est un message envoyé à la communauté haïtienne de la République Dominicaine, à nos confrères étudiants en guise de stimulation, pour leur dire que je sais ce que ça fait d’être francophone faisant des études en espagnol avec des interactions en créole. C’est aussi embrasser la cause de la francophonie en général en Haïti. Ma participation envoie un signal, un début de revalorisation de la langue française dans le milieu. Et je suis conscient de la responsabilité envers ces deux sociétés, ces deux cultures aussi attrayantes que différentes. C’est à la fois beau et complexe. C’est une vraie opportunité de se rendre utile

Beau parloir: comment tenir la flamme francophone quand on vit dans un pays hispanique?

Serge J. Fécu: C’est une très belle question Meem! Mon engagement envers la francophonie provient de ce questionnement même, qui est le lot d’ailleurs de milliers de personnes qui vivent hors de chez elles, de leur culture, de leur langue. Pour nous, en terre voisine, faisant nos études en espagnol pendant qu’on parle créole entre nous, cela ne facilite pas une bonne maîtrise ni de l’Espagnol en tant que langue étrangère, ni du français qui est notre langue officielle, notre langue de travail par-dessus tout. L’inquiétude planait de mon côté, conscient à un certain moment que j’étais en nette régression, difficile de penser en français, problème d’orthographe etc. Et je devais renouer avec mes vieilles habitudes de lecture en français. Cette situation est très répandue chez nos étudiants et professionnels ici en République Dominicaine. Je crois que par-delà tout, on mérite de garder nos liens et valeurs francophones. La sauvegarde du français est impérative. Que ce soit  pour passer une entrevue de travail de retour en Haïti après nos études, ou que ce soit pour prendre part à la vie politique etc. On a mille raisons de ne pas perdre nos liens si on veut retourner chez nous!

 Beau parloir: Participer à ce forum du Centre de la Francophonie des Amériques, était-ce une procédure facile?

Serge J. Fécu: Ça n’a pas vraiment été facile, j’imagine le combat du jury pour pouvoir départager 55 candidats de 554 candidatures reçues en provenance de toute l’Amérique ! Il y avait une forte compétition, couronnant ton engagement dans ta communauté, ton niveau d’étude (compétence) et en dernier lieu ta capacité linguistique (en français). On a donné l’opportunité aux pays où le français est en émergence de participer aussi, c’est la raison pour laquelle j’ai mentionné la capacité linguistique en dernier lieu. Et je crois que c’est bien de la part du Centre de la Francophonie des Amériques d’encourager les endroits où le français est moins parlé. Haïti a quand-même eu une plus forte participation avec deux participantes vivant au Québec, un participant vivant en Dominicanie et cinq autres vivant au pays.

Serge J. Fécu, jeune ambassadeur de la Francophonie des Amériques devant l'Université de Montréal
Serge J. Fécu, jeune ambassadeur de la Francophonie des Amériques à l’Université de Montréal


Beau parloir: Représentez -vous  Haïti de votre plein gré, ou aviez-vous la possibilité de vous présenter pour la République Dominicaine?

Serge J. Fécu: Je dirais d’abord que je représente la communauté haïtienne en République Dominicaine, pour dire au monde qu’on est là ; par ailleurs je représente mon pays Haïti de plein gré. Mais la politique du CFA fait que chaque participant représente son pays de résidence. Du coup on a vu une française représenter le Canada, une autre Costa Rica, des amis tunisiens ont représenté le Canada aussi parce qu’ils y vivent. Et moi j’ai été parmi les trois participants venant de la République Dominicaine, je suis donc leur représentant. Mais au fond de moi et tout au long des activités, je représentais mon pays, je vendais son image. Je prônais plutôt de meilleures relations entre les deux pays que je partage et que j’aime bien.

Beau parloir: Au forum, il y a une panoplie de personnalités. Quelles matières avez-vous tiré de ces échanges?

Serge J. Fécu: Pour moi, l’une des plus grandes vertus c’est l’humilité, et j’ai vu des personnalités éminentes qui restent tellement en-dessous de leur savoir-faire ou expertise. C’est très inspirant! Je ne sais pas si l’humilité a un aspect culturel ou si c’est juste une étape de maturité ou un dépassement de soi ; en tout cas nous en avons grandement besoin en Haïti pour mieux avancer. Parce que les gens veulent tellement se sentir dignes, ça leur enlève toute faculté de valoriser l’autre, ils aiment se sentir grands et adulés, ils n’aiment pas voir l’autre avancer pour ne pas les approcher dans leur règne. Il y a toute une gamme de changement que l’humilité peut apporter en nous laissant nous inspirer de modèles comme les personnalités qui ont coloré ce forum. J’ai aussi appris à donner plus de place à la diversité qui est un pas vers la tolérance, l’amour. La diversité est une richesse, un horizon plus large dans laquelle voyagent tes pensées, et à travers cela, on voit définitivement plus grand.

Beau parloir: As-tu une mission qui te vient de cette belle participation? Une mission pour ton pays?

Serge J. Fécu: Ma mission avait commencé bien avant le forum, bien avant ce titre honorifique de jeune ambassadeur de la Francophonie des Amériques. Ma mission est d’aider à la construction d’un bilinguisme efficient en Haïti et d’aider à tisser des liens avec les valeurs francophones au sein de notre communauté en République Dominicaine. Certes, nous n’avons pas de budget alloué pour passer du rôle de stimulateur à celui de l’action concrète, telle que donner des cours de français gratuits aux enfants haïtiens nés en République Dominicains (qui sont en situation irrégulière pour la plupart malgré leur naissance au pays) qui ont besoin du français car ils sont susceptibles d’aller vivre en Haïti n’importe quand. Qu’ils puissent se faire une place dans leur pays d’origine. Nous pourrions aussi ouvrir ces cours aux amis dominicains qui s’y intéressent. Car je le dis toujours, nous représentons un atout réel pour une émergence de la Francophonie en République Dominicaine, rien qu’en facilitant l’intégration et les interactions de bons voisins.

Beau parloir: En tant que jeune ambassadeur francophone, avez-vous apporté quelque chose comme un projet à ce forum?

Serge J. Fécu: Le projet, j’en ai parlé au directeur du Centre de Francophonie des Amériques bien avant le forum. Je lui ai parlé de notre volonté de donner suite à nos ateliers en français qui ont eu lieu tous les samedis dans des salles de classe vides de l’université catholique de Saint-Domingue et qui ont été constants. J’ai obtenu une réponse positive sur un lieu possible pour nous réunir et pour continuer, et, vu la quantité de candidats qui n’ont pas pu prendre part à cette 5ème édition du forum, nous avons aussi convenu d’organiser un forum pour la Caraïbe. Cette première édition pour la Caraïbe va bientôt se faire en Haïti !

Beau parloir: Pour quelles raisons faut-il inciter d’autres jeunes haïtiens à intégrer le centre Francophonie des Amériques selon toi?

Serge J. Fécu: C’est vraiment le but du CFA, encadrer autant de gens intéressés à faire rayonner la Francophonie dans leur milieu. C’est la raison pour laquelle les jeunes ambassadeurs ont été très présents sur les réseaux sociaux, pour inciter les jeunes à suivre leurs pas. Nos prochains ambassadeurs sont parmi ces jeunes qui nous ont suivis. Ils peuvent dorénavant visiter ce lien, https://www.francophoniedesameriques.com/forum/forum-des-jeunes-ambassadeurs-de-la-francophonie-des-ameriques/. Il y a pas mal d’opportunités, des bourses, des forums à l’extérieur etc. Activons-nous, soyons les défenseurs de notre deuxième langue, notre héritage, mais attention, pas au détriment de notre créole!

Beau parloir: Quel est votre regard sur l’évolution du français en Haïti et en République dominicaine ?

Serge J. Fécu: Bon, je vais devoir faire un parallèle du fait français dans les deux sociétés, Haïti mon pays et la République Dominicaine là où je vis. Je dois dire que le fait français n’a pas la même résonance dans les deux pays. En Haïti nous avons le français comme langue officielle, langue dans laquelle nous faisons nos études et intégrons le marché du travail. Qu’on le veuille ou non, c’est une priorité. Notre passé, notre présent (et peut-être le futur) est imprégné de redevance ou/et  de responsabilité envers cette langue, sinon il nous faudra changer tout un système. Mais malheureusement, l’usage de la langue est surtout maintenu dans la haute société, par conséquent, le français – qui devrait d’être d’utilité uniquement – devient un moyen de se caractériser en aristocrate. Du coup, tout le monde en a peur, on ne va pas se brûler! De l’autre côté de l’île, c’est une catastrophe (dans notre communauté). Un mélange de créole, d’espagnol et de français, ça brouille! Souvent nos étudiants vont jusqu’à créer des néologismes espagnols sans s’en rendre compte, par exemple « avoir une « exposition » (exposición) au lieu d’exposé. On va utiliser beaucoup de mots espagnols qui ne sont en aucun cas du français. Il y a deux catégories de dominicains qui s’intéressent à la francophonie : la francophonie comme volonté de s’identifier au fait francophone, au pluralisme culturel le caractérisant, pour s’engager à son rayonnement ; et la francophonie en tant qu’apprentissage du français, pour le tourisme, par fonctionnalité. En somme, dans les deux cas, c’est intéressant de constater un fort engouement! La volonté existe, il nous faut seulement stimuler les gens qui s’y intéressent comme on le fait sciemment au CFA. Plus de peur que de mal!

Beau parloir: Quels bénéfices pensez-vous tirer de ce FJAF2016 ?

Serge J. Fécu: Ce serait intéressant pour n’importe quel jeune étudiant, surtout pour moi en diplomatie, de commencer à créer des liens, de bâtir son réseau sur le plan international. Il n’y a pas plus que les relations humaines dans ma carrière : la concertation, la recherche de consensus, la volonté de faire ensemble.

Outre la formation sur le leadership, il me restera à jamais l’amitié de ces brillants jeunes leaders venant de toute part. C’est extraordinaire qu’on puisse avoir cette belle langue comme dénominateur commun et que l’on ait tous cette identité francophone en accord avec notre diversité culturelle!

Serge J. Fécu et d'autres jeunes francophones lors du forum
Serge J. Fécu et d’autres jeunes francophones lors du forum

Beau parloir: le débat français et créole, français ou créole comme langue en Haïti renvoie à un butin de guerre, quelle est l’importance du français en Haïti d’après vous ?

Serge J. Fécu: C’est la question que j’aime le plus franchement. J’avoue que j’ai souvent eu des débâcles dans beaucoup de mes interactions sur la toile en référence à ce sujet. Je suis un farouche défenseur du pluralisme linguistique comme nous le connaissons en Haïti ; a seule chose à agencer c’est de se mettre vraiment à l’apprentissage de ces langues pour une bonne maîtrise. L’une des valeurs que j’aime le plus, c’est l’authenticité, lorsque nous sommes vrais dans notre façon de traiter ces deux belles langues et que nous arrivons à les rendre utiles, c’est beau. Je n’arrive pas à comprendre comment parler une langue de plus pourrait constituer un handicap plutôt qu’une chance de réussir dans la vie dans ce monde globalisé! On argumente souvent qu’Haïti serait mieux en faisant fi du français, mais moi je dis, sans fausse modestie, qu’il faut accentuer le développement du créole. Parce-que le créole peut aussi devenir un moyen pour que les autres s’intéressent à nous, il faut donc avoir une académie de créole authentique, travailler d’arrache-pied pour créer plus de mots qui puissent remplacer des phrases longues, de mots qui suffisent à ne pas prêter d’autres mots français pour une conversation créole (d’où le créole francisé).

En parallèle, il faut consentir autant d’effort pour une bonne maîtrise du français, et de l’anglais si on veut bien. Car le seul problème, c’est la médiocrité. Car ce qui fait mal, c’est que la majorité de la population n’arrive pas à trouver un sentiment d’appartenance au français car elle ne le parle pas couramment! On se plaint que seulement 20% des haïtiens parlent le français, et on dit que le français n’a pas sa raison d’être. Mais c’est faux, ce n’est pas la faute de la langue si nous avons autant de piètres instituteurs et autant d’élèves qui n’apprennent point. Peut-être faut-il garder seulement 20% de nos institutions, puis remonter nos efforts à 80%. Car l’effort est de mise pour une bonne maîtrise de quel que soit la langue. Donc, pour moi, il n’y a pas à sortir de là : le français nous rend plus fort sur le plan international! La diplomatie de la francophonie joue en notre faveur. Nous avons eu notre mot à dire vis à vis du vote de la langue française à l’ONU, sans quoi le français ne serait peut-être pas devenu une des langues officielles de cet organisme multinational à ce moment précis de l’Histoire. Nous avons été l’un des rares pays, avec le Canada, à être des États souverains à l’OEA, de même pour la CARICOM. Le français n’a fait que nous renforcer. La visibilité est un fait essentiel dans la diplomatie!

Allons, maîtrisons autant de langues! Développons notre créole! Ayons une bonne maîtrise du français en renforçant nos liens francophones car nous ne sommes pas seuls dans ce monde!

Beau parloir: Votre degré de satisfaction sur une échelle de 1 à 10?

Serge J. Fécu: À cette question, je réponds que c’était la semaine la plus riche en diversité de toute ma vie. J’étais entouré d’une soixantaine de personnes exceptionnelles venant de plus de 20 pays d’Amérique et d’ailleurs, donc un « 10 » ça fera l’affaire!


Quand Haïti pleure Nice

J’aurais trouvé dommage que ce texte ne soit pas publié. L’actualité bouge. Comme la terre. La vitesse est son point fort. Mais des travaux sur le blog (ce que j’appelle des contretemps virtuels), tout comme pleins de contretemps réels, m’ont obligés à garder ce billet dans mon tiroir à brouillons… Samedi dernier, j’étais chez moi, enfin libérée de mes travaux, et j’ai décidé de consacrer quelques heures à ma vie de blogueuse. Alors voilà, je vous ressors avec quelques semaines de retard ce mal atroce qui m’avait traversé mi-Juillet sur la tragédie de Nice. Pour ma part, elle est toujours d’actualité , car ceci est une histoire vraie, et ma douleur y est encore.

J’ai reçu la nouvelle comme tout le monde. Le 14 juillet, à Nice, sur la promenade des Anglais, un camion fonce sur la foule  et fait 84 morts (dont 10 enfants) et plus de 200 blessés. Une mauvaise nouvelle de plus, me suis-je dit. Une triste nouvelle, quand on pense que des touristes étrangers, des familles en vacances, des habitants de la zone, des enfants et des adolescents réunis pour admirer un feu d’artifice se retrouvent épinglés à une liste de  84  morts.  Triste pour les niçois, pour les français, pour les victimes. Je retourne à ma fête. Je fêtais un anniversaire pendant que des vies trépassaient sur un autre continent. Des vies inconnues. Des vies pour qui je ne verse pas de chaudes larmes, car trop loin de mon quotidien et de mon quartier.

Deux jours plus tard, un ami annonce sur sa page Facebook qu’il est dans le noir total. Son cri de désespoir m’abasourdit. Il vient d’annoncer la mort de sa femme et de son garçon de 9 ans : «  Je n’avais pas envie de sortir, je n’aime pas les feux d’artifices. Je l’ai vue pour la dernière fois laisser la maison avec mon garçon de 9 ans qui trépignait d’impatience. Elle souriait et embrassait notre fille de 3 mois que je tenais dans mes bras. J’ai dit ‘’ Je t’aime’’ à mon Léo. J’ai embrassé sa mère. Le camion de l’horreur ne les a pas ramenés. Ils sont restés sur la promenade des anglais. Je suis dans le noir total. »

Les larmes sont là. Haïti pleure Nice. En 2009-2010, l’une de mes passions était de jouer environ quatre heures par jour à un jeu que proposait Facebook : City Ville, la passion de construire sa ville avec l’aide d’une communauté. Il était de celui qui m’envoyait des légumes pour ma ferme, de l’énergie pour rester fonctionnel, des matériaux pour la construction… Quand je dis « ami », ce sont des ‘’ like’’ qu’on se donne. Des blagues qu’on partage. Des pensées positives qu’on se souhaite.  Mais mon désarroi n’était pas virtuel. Je pleurais réellement sa perte. Je connais Léo et sa maman. Ils sont affichés comme photo de profil.

Quand Haïti pleure Nice, ce ne sont pas des débats sur internet sur « Je suis Nice » ou « Je ne suis pas Nice ». C’est une plaie ouverte, un cœur blessé, une tragique perte. C’est traverser un continent et traîner de la consolation pour un ami virtuel. C’est ne pas trouver le mot juste pour lui dire de tenir bon. C’est risquer de lui dire « courage ». Comment être courageux devant une telle atrocité ?

Les victimes de la haine sont nombreuses et proviennent de partout. L’insécurité est mondiale. Et l’amour doit trouver sa place aussi dans ce monde. L’amour n’est jamais vain. Nous en avons reçu en Haïti durant le moment catastrophique de l’après 12 janvier 2010. Ne refusons pas d’en partager sous prétexte qu’à Port-au-Prince aussi des gens meurent tragiquement. Quelque soit le lieu où les gens laissent leur vie, Orlando, Chad, Bagdad, Bruxelles, Haïti … quelque part sur la terre une âme pleure leur départ. Je suis terriblement désolée pour mon ami dont j’ai choisi de taire le nom. Je suis donc Nice. Je suis partout où les crimes gratuits font des victimes.


Quand Haïti pleure Nice

J’ai reçu la nouvelle comme tout le monde. Le 14 juillet, sur la promenade des Anglais à  Nice. Un camion fonce sur la foule, faisant au moins 84 morts, dont 10 enfants, et plus de 200 blessés. Une mauvaise nouvelle de plus, me suis-je dit. Une triste nouvelle, quand on pense que des touristes étrangers, des familles en vacances, des habitants de la zone, des enfants et des adolescents réunis pour admirer un feu d’artifice se retrouvent épinglés à une liste de  84 personnes morts.  Triste pour les niçois, pour les français, pour les victimes, Je retourne à ma fête. Je fêtais un anniversaire pendant que des vies trépassaient sur un autre continent. Des vies inconnues. Des vies pour qui je ne verse pas de chaudes larmes, car trop loin de mon quotidien et de mon quartier.

Cinq jours plus tard, un ami a annoncé sur sa page Facebook qu’il est dans le noir total. Son cri de désespoir m’assourdit. Il vient de confirmer la mort de sa femme et de son garçon de 9 ans : «  Je n’avais pas envie de sortir, je n’aime pas les feux d’artifices. Je l’ai vu pour la dernière fois laisser la maison avec mon garçon de 9 ans qui trépignait d’impatience. Elle souriait et embrassait notre fille de 3 mois que je tenais dans mes bras. J’ai dit ‘’ Je t’aime’’ à mon Léo. J’ai embrassé sa mère. Le camion de l’horreur ne les a pas ramenés. Ils sont restés sur la promenade des anglais. Je suis dans le noir total »

Les larmes sont là. Haïti pleure Nice. En 2009-2010, l’une de mes passions fut de jouer environ quatre heures par jour à un jeu que proposait Facebook. City Ville, la passion de construire sa ville avec l’aide d’une communauté. Il était de celui qui m’envoyait des légumes pour ma ferme, de l’énergie pour rester fonctionnels, des matériaux pour la construction. Quand je dis ami, ce sont des ‘’ likes’’ qu’on se donne. Des blagues qu’on partage. Des pensées positives qu’on se souhaite.  Mais mon désarroi n’était pas virtuel. Je pleurais réellement sa perte. Je connais Léo et sa maman. Ils sont affichés comme photo de profil.

Quand Haïti pleure Nice, ce ne sont pas des débats sur internet sur je suis Nice ou je ne suis pas Nice. C’est une plaie ouverte, un cœur blessé, une tragique perte. C’est traverser un continent et trainer  de la consolation pour un ami virtuel. C’est ne pas trouver le mot juste pour lui dire de tenir bon. C’est risquer de lui dire courage. Comment être courageux devant une telle atrocité ?

Les victimes de la haine sont nombreuses et proviennent de partout. L’insécurité est mondiale. Et l’amour doit trouver sa place aussi dans ce monde. L’amour n’est jamais vain. Nous en avons reçu durant ce moment catastrophique du 12 janvier 2010. Ne refusons pas d’en partager sous prétexte qu’à Port-au-Prince aussi des gens meurent tragiquement. Quelque soit ou les gens laissent leur vie, Orlando, Chad, Bagdad, Bruxelles, Haïti …quelque part sur la terre une âme pleure leur départ. J’en suis terriblement désolée pour mon ami dont j’ai choisi de taire le nom. Je suis donc Nice. Je suis partout où les crimes gratuites font des victimes.


Voyage, souvenirs et confidences!

Mois de Juillet de l’année dernière, j’ai fait un tour en Belgique. La belle province de liège m’a accueillie durant 5 jours. Moi et des centaines d’autres jeunes francophones venus de pays differents. Tu viens d’où? On avait eu une belle fête avec la langue francaise comme invitée d’honneur.

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Cérémonie d’ouverture du Forum Mondial de la langue francaise 2015 au Forum de Liège

La jeunesse réunie à liège avait une mission. L’organisation Internationale de la Francophonie ( OIF) recherchait une jeunesse créactive! La Créactivité était donc ce lien solide qui nous a amené dans une seule ville sous le couvert de la langue francaise.

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Le monde a son secret de survie dans l’entraide, la solidarité et l’amour. Si nous puisons beaucoup plus dans ces vertus que nous possédons, et quand bien même…que nous pouvons cultiver, tout ira beaucoup mieux. Je parle d’expérience. J’ai vécu le pouvoir de la bienveillance au cours de cette rencontre internationale. J’ai compris que les hommes pourraient éviter bien de guerres avec un simple mot gentil. Une seule bonne intention aurait suffit pour que des mots comme « racisme, haine »  ne voyaient pas la création. Gentillesse-Sourire-Solidarité était une expérience extraordinaire à liège.

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Croisements de culture, rencontres extraordinaires, découvertes merveilleuses…J’ai eu droit à la totale! L’Art comme je l’aime: mystérieux et profond. Des activités étonnantes autour de la culture. Ma dernière soirée Musiques du monde restera encore longtemps dans ma tête. Pas moins que ce moment renversant Choc Culturel!

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 » Happy Birthday to you ?  » 21 Juillet, c’est la fête nationale belge! Et ces jeunes participants au forum pas du tout belges, avaient décidés de célébrer l’occasion, pour remercier ce beau pays qui nous avait reçu! Je m’ étais dit quel bel exemple de solidarité et de reconnaissance. J’ai capturé ce moment.

Est-ce que j’ai donné l’impression qu’on ne faisait que s’amuser?

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Pardon! Car des conférences, ateliers, séances de labos, travaux pratiques…en somme du travail, il y en avait eu débordant,mais gratifiant!

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Présenter des projets et discuter de leurs réalisations, échanger des partenariats, faire de nouveaux contacts, apprendre des autres et donner un peu de soi…Construire quelque chose ensemble…la vie du forum!

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Partir vide et rentrer rempli…la rencontre avec des compatriotes vraiment bien, ainsi que d’autres gens impossibles à oublier. ( Petit clin d’oeil à Widlore Mérancourt ) et à  (Saïdou Koanda ) de belles rencontres fructueuses.

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Finir le voyage sans parler de la bouffe? Ce serait impardonnable de ma part de vous cacher Tivoli, le lieu de tous les délices! J’ai encore le goût d’un certain lapin sur ma langue!

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Ce billet est l’occasion pour moi de partager avec vous les moments qui m’ont marqué au cours de ce voyage inoubliable.De vous faire lire ou relire mes récits, (via les liens) et aussi de partager des photos inédites.

J’ai laisse liège, ( 3:00 am)  mon aventure du forum a pris fin avec ce dernier baiser sur la place Cockerill. Pardonne moi, je suis une grande romantique, et voyage sans petit béguin ne correspond pas à ma nature!

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On se reverra…Place Cockerill!


La boîte à musique et sa danseuse étoile

Une belle boîte en plein cœur de la ville, l’avenue est accueillante. Froide et calme après la pluie. Je m’engouffre avec mon ami dans cette boîte à la devanture colorée de néons lumineux. La musique nous happe, la serveuse nous indique une table libre et les danseurs sont impressionnants. J’ai dû élever ma voix et lutter un peu avec les décibels pour crier à mon ami : « on est venus à un spectacle de danse! » En fait, on cherchait juste à bouffer et pourtant il y avait une scène, de la musique et des danseurs. Devant nos plats de viandes frites trop secs, on savoure le spectacle.

Mais pour être franche, ce n’était pas un spectacle. C’était plutôt une ambiance discothèque sympa. Genre cocktails, amuses-bouches, musiques et danses : peu de conversations. Ils sont majoritairement jeunes, minces, élancées, des talons hauts et des robes courtes. Ce sont les femmes. Et les messieurs, de beaux jeunes hommes sans embonpoint. Bien chic.

Parlons musique. Elle est latine. Salsa, cha-cha-cha, merengue, bachata… les danseurs s’enchaînent dans de savants numéros. On voit bien la pratique, la maîtrise et l’amour de la danse. On sent la douce joie et la chaleur de la piste. Les lumières sont joyeuses et virevoltent au rythme des couples de danseurs. On applaudit la perfection d’un tour et on se perd dans cette longue liste de musique enjolivante. Je regrette de ne pas pouvoir vous citer quelques titres, je ne les connais pas. Mon appli détectrice de sons n’a pas eu le soutien de la batterie de mon téléphone.

Je trouve l’atmosphère si étrange… Je ne suis en aucune mesure de fredonner un refrain, je n’arrive à identifier aucun des chanteurs, mais heureusement, je connais les rythmes. J’arrive facilement à identifier le merengue du cha-cha-cha. Dans la boîte à musique, on oublie si, dehors, c’est l’avenue Magloire Ambroise. On dirait qu’on se trompe de capitale. Port-au-Prince est plongée dans l’obscurité et nage sous la pluie. Sa musique est morte. Elle n’existe pas. Haïti et sa capitale ne dansent pas dans cette boîte à musique du bas de la ville. Si l’atmosphère est étrange, elle est plutôt sociable. Et c’est pas mal du tout.

Sur la piste, elle est légère comme une plume. Elle brille de milles feux. Elle est souple et son engagement corporel est explicite. L’esthétique et la justesse de ses pas sont indéniables et l’alchimie avec les partenaires délicate. Elle est blanche, elle est belle et c’est une étoile. La seule blanche de la boîte à musique. Rien à dire, la musique est de sa race. Elle la chevauche trop facilement. C’est la reine de la soirée.

Je me demande si quelque part sur cette terre, il existe un coin, une boîte, un placard où ma musique fait bouger des étrangers. J’aimerais me retrouver dans une contrée lointaine, même voisine où la boîte à musique me sacre reine sur des titres de Nemours Jean Baptiste, System Band, Tabou Combo, Magnum Band, Carimi, Zenglen, Ktouch… Juste pour être la seule Haïtienne sur la piste  et celle qui connait mieux que tout le monde comment « ploguer ».

Toute bonne chose ayant une fin, on paie l’addition mi-salée, mi-sucrée et au moment de partir : bing! Une mélodie que je peux identifier même en rêve : Lajan sere de Klass. Et Bing encore! Toutes les lumières sont éteintes. Bon, c’est pas sorcier, c’est clair qu’il n’est plus l’heure des danses de société.


Partir en voyage scolaire au Cap-Haïtien, comment?

Pour des étudiants à l’université, étudier dans les livres n’est pas suffisant. Entre les cours d’économie, de langues, d’introduction à la gestion et aux droits… les étudiants de l’Université Notre-Dame de Jacmel (L’UNDH-Jacmel) en classe de français – année préparatoire – s’exercent aussi au leadership. Organiser un voyage scolaire au Cap-Haïtien était l’épreuve à subir durant tout un semestre. Coup d’œil sur le leadership de ces jeunes futurs gestionnaires.

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Juszezak Sarah prenant fièrement la parole au concert de levée de fonds

A l’initiative de ce brillant projet : la professeure de français Sarah Juszezak. Détentrice d’un master en communication internationale et d’une maîtrise en didactique des langues étrangères, Sarah est française d’origine haïtienne.  Elle a vécu en France avant de faire le choix de vivre dans son pays d’origine. Enseignante de français à l’UNDH-Jacmel, elle a voulu faire de son cours ce dernier semestre un cours concret en privilégiant la méthode actionnelle dans l’apprentissage et l’enseignement du français en considérant les étudiants de l’année préparatoire comme des acteurs sociaux ayant à accomplir des tâches tout au long du semestre jusqu’à la réalisation d’un projet final. Ce projet final devrait permettre aux étudiants ou apprenants de comprendre pourquoi ils agissent.

Dans cette perspective, les étudiants ont donc décidé, avec leur professeur de français, d’organiser un voyage dans le nord du pays du 25 au 29 Juillet 2016. Tout au long du second semestre, le cours de français s’est articulé autour de ce projet communautaire, depuis sa conception jusqu’à sa réalisation. Ce projet a permis au cours de français d’évoluer sur des thématiques comme le français du tourisme, le français administratif, communiquer avec un sponsor ou d’autres partenaires…L’expérience est aussi utile à leur sens du leadership et organisationnel. Ce projet de voyage avoisine les 355,000.00 gourdes de budget. Les idées pleuvent pour réunir les sous. Et la méthode actionnelle fait ses preuves.

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Dans la boite à idée, un grand tournoi de football entre les différents établissements scolaires de la ville de Jacmel. Le Collège Inter-Familia en a profité pour rafler le titre de champion. Il y a eu aussi « Les Jeudis du cinéma », une projection de grands films classiques. Mais la plus brillante des idées fut de choisir un parrain pour ce projet à haute visée vers l’excellence dans la linguistique, la recherche culturelle et communautaire. Un choix qui s’est porté sur l’artiste Jean Jean Roosevelt, comme on peut le lire dans leur dossier de presse.

Pourquoi Jean Jean Roosevelt ?

Gagnant des derniers Jeux de la francophonie et du prix TV5 monde, les étudiants l’ont choisi parce qu’il est l’ambassadeur de la langue française à travers le monde francophone, et aussi pour ses nombreux engagements dans des projets communautaires en Haiti. Son soutien au projet a été marqué par un concert de levée de fonds qu’il a donné dans la ville de Jacmel le vendredi 8 juillet.

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C’est dans l’euphorie et la joie que les fonds ont été récoltés grâce à la musique de Jean Jean Roosevelt. Ces chansons sont scandées une à une par un public assis en maître d’œuvre. Les participants avaient le contrôle de la programmation et choisissaient eux-même la chanson suivante. Une forte préférence pour le dernier album du chanteur est remarquée. Le public de Jacmel présent au Bèlvédère montrait une réelle connaissance de l’œuvre musicale de Jean Jean Roosevelt qui a du coup fait vivre un moment de folie au Bèlvédère plein comme un oeuf.

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Grâce au leadership des apprenants, ce concert considéré comme l’une des étapes pouvant les aider à boucler un cycle fut un succès. Sarah Juszezak a confié sa fierté débordante à l’endroit de ses étudiants. Pour elle cette réussite a un double-sens. Pouvoir donner la possibilité à une quarantaine de jeunes de découvrir une partie importante de l’histoire du pays, et de changer l’image d’Haïti à l’extérieur. Ayant vécu ailleurs, elle côtoie les préjugés sur sa communauté d’origine très souvent. A l’aide d’un documentaire présentant toutes les étapes de la préparation du voyage jusqu’au déplacement au Cap-Haïtien, elle veut prouver au monde que son pays n’est pas seulement la pauvreté et la précarité, l’insécurité ou la faim, mais aussi des jeunes entreprenants et compétents, un pays avec une culture riche et envoûtante.

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Si l’on peut se fier au nombre de participants présents à cette manifestation culturelle, les fonds ont bien été levés. Il ne reste qu’à souhaiter un bon voyage à toute l’équipe. Sinon, on peut exhorter d’autres universités ou groupes sociaux/politiques à faire l’expérience des projets communautaires participatifs. L’UNDH-Jacmel, classe de français en année préparatoire, l’a réussi haut les mains.


Un café avec Kemi Seba

L’association culturelle Café Philo a frappé fort le jeudi 9 juin. Une date mémorable, qui a vu asseoir l’activiste panafricaniste kemi Seba à cette table de discussion dédié à la pensée philosophique et humaniste. Le public habituel de Café Philo, des jeunes étudiants et des professeurs ont été contents de l’accueillir. La longue séance de photo (environ 1:30 mns) avant de procéder à l’ouverture peut le prouver. J’ai vu des gens lui parler de son compte Facebook et des partages qu’ils font de ses publications. Ce n’était pas un inconnu qui a débarqué en Haïti, Kemi était attendu et les gens avaient une réelle connexion avec lui.

Pour ma part, faisant partie de ceux qui le suivent aussi sur Facebook, j’ai su qu’il rentrait en Haïti par une publication que j’ai partagé avec la mention: On t’attend Kemi. C’est vrai que j’avais hâte de découvrir ce géant qui prône le panafricanisme, l’union ultime entre les peuples noirs. Je voulais saisir l’occasion pour l’écouter en vrai et ne pas que deviner la vibration qu’il dégage lorsque je le regarde sur YouTube. En fin de compte, il était bien là, je l’ai écouté avec toute mon attention et aussi le recul qu’exige les premières fois. Je viens partager dans ce billet  le goût de ce Café avec Kemi Seba. En quelques points, j’ai aimé:

1-  L’ouverture

-On dirait que tu pries?

-Ouais, je parle avec les ancêtres

Ceci est un échange entre Stéphane Saintil, le modérateur du débat qui allait s’ouvrir, et Kemi Seba qui en effet murmurait ce qui semblait être une prière. La scène était encore plongée dans une légère pénombre, ce qui donnait à cet échange une couleur pour le moins mystique et qui accrochait encore plus le public. On venait justement d’en apprendre plus sur un personnage déjà fascinant. Il est aussi un être très spirituel qui sait parler aux ancêtres.

2- La carte noire

Café philo est une réunion qui se tient à Port-au-Prince tous les mardis soirs. Une réunion autours des idées, du cas de l’haïtien et de son évolution dans le monde. Exceptionnellement on a reçu Kemi Seba un jeudi compte tenu des complications lors de son voyage, mais ce café Philo a vu une autre exception s’exécuter à propos de la carte blanche habituelle qu’on donne aux intervenants, Kemi a réclamé une carte noire. On dirait que c’était à ce prix qu’il accepterait de livrer son message en Haïti. Il l’a eu sa carte noire.

3- Le sens profond de sa venue en Haïti

Un musulman en pèlerinage va à la Mecque, un chrétien à la recherche de la plénitude extrême va au Vatican et un défenseur de la cause des noirs en pèlerinage doit absolument poser ses pieds sur le sol d’Haïti…C’est la tirade émouvante, dit dans un ton solennel par Kemi Seba pour justifier sa présence sur la terre de Dessalines, de Toussaint, de Boukman, de Félicité… Il a continué pour avancer que durant ses 6 dernières années il a voyagé dans environ 80 pays, mais que jamais il n’a encore eu cette émotion, cette connexion qu’en touchant le sol d’Haïti. Selon ses propres mots, Il est un fils qui vient voir sa mère.

4- Sa déclaration sur le vaudou

Rien  qu’on n’a pas déjà entendu en fait, son discours n’était pas nouveau mais il était fort. Il était dit avec une réelle conviction qu’on pouvait la sentir, le vodou est pour lui la matière de vie de l’haïtien, et le jour où il l’aura compris sera historique. Il a parlé des peuples d’occidents (Les blancs) qui ont bien compris cela, qui nous donne le christianisme et qui nous vole notre vaudou sous forme de Franc-maçonnerie, il conseille aux haïtiens d’arrêter de rejeter leurs origines, de laisser tomber la franc-maçonnerie et de se mettre au vodou. Ce n’est qu’à ce prix que notre peuple connaitra la paix. Une grande partie du public a crié: AYIBOBO. C’est comme un AMEN dans une cathédrale.

5- Son regard sur Haïti

On va dire de préférence Port-au-Prince, il a visité la ville en 48heures (On était jeudi 9 juin). Kemi Seba croit dur comme fer qu’Haïti est la capitale centrale de l’Afrique. Il l’a répété dans un formalisme étonnant à plusieurs reprises. Il dit le croire encore plus depuis qu’il a découvert cette ressemblance d’Haïti avec les villes africaines. Que ce soit au niveau des repas, du style de vie il pense que la vie se déplace à Port-au-Prince comme à Dakar par exemple. Mais il déplore le manque d’infrastructure, la pollution dans les rues et oui, il a son opinion la dessus. Il a compris pourquoi Haïti reste juché sur cette mauvaise pente. C’est parce que nous somme le peuple le plus arrogant de l’histoire des nations.  » Haïti paie le prix de sa résistance » Cette liberté que nous avons osé prendre d’entre les jougs des colons, nous payons encore le prix très fort.

6-Son désaccord avec la passivité du peuple haïtien

 » Un pays sous hypnose » voilà ce que nous sommes. Il a cité son défunt ami (Paix à son âme) Hugo Chavez qui disait toujours,  » Si Haïti se lève l’Afrique va se lever, l’Amérique du sud va se lever… » Tous les peuples opprimés par cette bête de mondialisation se lèveront. Il demande de la réactivité. Kemi Seba espère qu’on se rapproprie les concepts, qu’on devient des politiciens, qu’on participe à la vie de notre nation comme l’éboueur qui rend service en vidant les poubelles, l’éboueur est donc un politicien. Qu’on arrête de se servir du peuple pour avoir le pouvoir, mais qu’on prend le pouvoir pour servir le peuple. Il espère que Haïti réagisse, que la capitale bouge pour que les autres villes se lèvent, ici, on parle panafricanisme, pas nationalisme.

7- Cette phrase

Je ne me rappelle plus du contexte, mais je me souviens comment je l’avais accueillie. Avec un quasi ferveur.  » Ce qui doivent faire le bien le font mal et ceux qui font le mal le font bien »

8- Sa tirade sur l’union

« Ceux qui refusent l’idée du panafricanisme, d’une union entre les peuples noirs sont ceux-là qui se regroupent en Etats-Unis d’Amérique, en Union Européenne… »

9- Le clash

Faut d’abord préciser que c’était avec amour. Stéphane Saintil, le modérateur de la soirée a pris la parole pour avancer ses propres idées. Il a partagé la table avec Kemi Seba mais il a ses opinions a lui. Pour Stéphane, Haïti est un bassin où se baignent  plusieurs peuples, les français, les espagnols, les anglais, les hollandais…sont aussi passés par là. On n’hérite pas que de nos gênes africaines. Pour lui l’haïtien n’est pas africain et il l’a lancé au visage de celui qui prêche son sermon panafricaniste. Mais, il n’y avait pas que Stéphane, la séance questions-réponses l’a bien prouvé, en Haïti Kemi ne fait pas l’unanimité. Nous sommes un bon groupe a ne pas adhérer à ses idéologies de noirisme, de panafricanismes. Mais, je vous le redis, c’était avec amour.

10-Kemi Seba

Un personnage que j’ai découvert grâce à internet, je n’ai jamais lu un de ses ouvrages, mais je lis beaucoup de papier sur lutte, sa vie. Il m’a toujours fasciné. Je ressens toujours une énergie comme une folie en ouvrant une page web intitule Kemi Seba. Il fallu qu’il soit en Haïti, à Ambyans resto club, un espace simple comme bonjour pour faire l’expérience de mes lectures. Il a l’avantage d’avoir un physique arrogant, son costume africain n’arrange rien dans sa posture de géant, et que dire de sa voix? Ce n’est pas moi qui vais vous le dire, c’est un orateur formidable, et comme détecté par un participant, il possède les techniques pour galvaniser une foule. Le public comme moi était sous le charme.

Ce café avec Kemi Seba quoique bien sucré gardait par moment son effluve d’amertume. Je n’ai pas aimé:

1- Son radicalisme extrême

Je ne conçois pas qu’au 21eme siècle un monde ou le noir se méfie du blanc et ou le blanc ignore le noir. Sa formule Homme noir/Femme noir me révolte. Je crois que toute lutte même avec un objectif matriciel doit veiller à ce que les variantes concordent. A quoi ça sert les noirs qu’on ne se mêle pas aux blancs? Il a bien cité Socrate, mais c’était un blanc. Et ce n’est pas que pour cette fois, comme l’a dit Kemi Seba, parce que les blancs partagent ce monde avec les autres races et chacun d’eux aura à tirer du bon en l’autre.

Pour terminer ce billet. Voici ce que pense Kemi Seba de ce Café Philo:

C’était énorme pour lui, un réel honneur de faire ce débat avec ses frères haïtiens. Il pense qu’on a besoin au maximum de ces genres d’échange. Il n’est pas du tout déçu clame-t-il pour répondre à ma question, il aussi compris que la majorité des participants comprenait sa démarche et cela renforce ses convictions sur Haïti qui est la mère des nations noires.

Et Stéphane Saintil pense que ce café a été une réussite, il a compris la soif des gens pour la parole panafricaniste de Kemi et il est satisfait de la tournure de la séance. Il a remercié le poète Claude Sainnécharles qui avait pris l’initiative, et aussi la chanteuse Sara Renelik, les membres de la revue CONTROVERSE et les membres de Café Philo.


Haïti et Sénégal contre la violence faite aux femmes

Jean Jean Roosevelt et Xuman, ils sont du genre à aller directement au but quand ils vous conseillent, ils ne prennent pas de gants et vous lancent sans façon « Laisse tomber ». Ce sont deux artistes francophones et ensemble ils chantent une chanson pour conscientiser les femmes victimes de violences conjugales.

Laisse tomber est avant tout le 9ème son placé sous l’album Ma Direction de Jean Jean Roosevelt, le tout dernier de l’artiste qui chez nous se passe de présentation. En revanche, Xuman est la voix fraternelle qui se pose sur cette mélodie qui prétend parler aux femmes qui ont besoin d’aide. Il nous vient tout droit du Sénégal, le pays qui l’a vu grandir bien qu’il a pris naissance en Côte d’Ivoire. L’un des pionniers du rap sénégalais, il est considéré comme un artiste engagé et connu pour ses textes virulents. Les deux artistes se ressemblent sur bien des points, leur engagement dans la vie sociale et politique de leur communauté, leur préoccupation pour le bien-être de la planète entière et leur lutte pour le respect des droits fondamentaux.

Cette collaboration est née des retombées de la signature de Jean Jean Roosevelt avec Prince Arts, une maison de production franco-sénégalaise, pour son 4ème album. La musique est une vraie conversation qui révèle à la femme victime des secrets sur ces hommes-bourreaux, qui lui montre ses propres capacités afin de ne pas subir ces mauvais traitements. Leur approche est intéressante dans la mesure où elle place la femme dans ce rôle de supériorité qui abaisse le bourreau et qui peut redonner confiance à chaque femme affligée, dans une société où trop souvent leur sort est incompris tant par elles-mêmes que par leur entourage. Les Gisèle de tous les noms n’ont qu’à bien écouter Laisse tomber pour reprendre confiance et agir en conséquence, grâce à la combinaison musicale de Jean Jean et de Xuman.

Laisse tomber fera bientôt le tour de nos écrans puisque le chanteur Prix TV5 Monde 2013 s’est envolé le mardi 7 juin vers la France et le Sénégal pour tourner le vidéo-clip de la chanson, mais aussi d’autres titres comme l’ile de Gorée et Paroles toujours sur son 4ème album feront l’objet de vidéo-clips. Une virée artistique au Burkina Faso est aussi prévue pendant ce voyage.

Ce lien pour savourer la musique (Laisse tomber), je vous souhaite une bonne écoute!


Haïti vs Brésil, un classico?

Un match amical, ce terme me renvoie toujours un sourire en coin. Je me demande si cela existe. Comment peut-on se livrer bataille, se mesurer, concourir en toute amitié? D’accord, c’est la magie du sport. Le fair-play entre adversaires.  Un match dit amical est rassurant, parce que l’enjeu…en fin de compte je n’y vois pas.

Ce soir, j’aurais souhaité un match amical. Mais c’est tout le contraire. Ce soir est une bataille. Ce soir c’est La Bataille. En Copa America, Haïti affronte le Brésil. L’affiche hurle en silence dans le coeur de millions d’haïtiens. A cette heure, ce combat vit dans le coeur de beaucoup d’entre eux: le rêve/la réalité, l’optimisme/ le pessimisme, la croyance/la réalité. Le coeur de l’haïtien ce soir est mitigé. Pour plusieurs raisons.

Nous n’avons aucun doute quant à notre patrimoine culturel, le talent de nos artistes,écrivains… structure qui manque terriblement de soutien, d’encadrement pourtant qui malgré tout  lave toujours soigneusement notre visage à l’international. Dans ces cas là, nous sommes souvent confiants, fiers comme un coq et prêts à écraser l’adversaire. Ce n’est pas du tout la même chose, lorsque les Grenadiers sont en face de la Seleçao, une seleçao qui compte 5 coupes du monde à son palmares. Soit on rêve les yeux ouverts, soit on admet la vérité. Et la vérité est cruelle. Le football se porte mal en Haiti. La fédération haïtienne de football est nulle pour doter ce pays d’une sélection nationale de football. La majorité de nos joueurs ne sont les gamins amoureux de football dans les quartiers d’haïti, qui ratent des heures de cours pour aller jouer au risque d’être punis, qui y consacrent leur vacances, leur temps libre pour l’amour du ballon rond. Parce qu’aucune école ne peut les enlever de la rue, sur les terrains improvisés pour les former à faire partie d’une selection nationale à l’avenir. Ces joueurs qui jouent dans des clubs étrangers ont eu la chance d’évoluer ailleurs et acceptent de jouer pour leur pays. Ils ne sont pas en réalité les produits d’une culture du football en Haiti. Quoiqu’il en soit on a une équipe et elle a une grande responsabilité: de produire un miracle!

Je me souviens du match de la paix en 2004, Haiti avait reçu la sélection légendaire brésilienne au stade Sylvio Cator à Port-au-Prince. Ronaldo, Ronaldinho,Roberto Carlos…en Haïti pour la paix et le football. Un match amical. Le score était en revanche moins amical, 6-0. C’est pas la peine de me demander ( Kiyes ki te sis la?) -Quelle équipe marquait les six buts? Ce soir, l’enjeu est de taille pour les deux équipes. Brésil avec seulement 1 point joue pour la qualification. Haiti, traine  0 point et voudrait à tout prix se démarquer, prouver leur capacité, goûter à la victoire, laver son honneur. Ce match, sera historique!

Photo souvenir Match de la paix en 2004
Photo souvenir Match de la paix en 2004

Ce qui me fait penser à la désolation de Belfort, qui a raté le coup franc qui aurait pu nous sauver face au Pérou. Il ne pleurait pas pour ce match là, il pensait d’après moi, au match suivant. C’était leur chance de gagner 1 point et de ne pas arriver nu devant le Brésil.

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Belfort déçu

Un autre aspect est intéressant à souligner pour ce fameux soir du 8 juin 2016: l’attachement extraordinaire d’un grand éventail d’haïtiens à l’équipe du Brésil. Sans l’édition centenaire, nous ne serions pas dans cette facheuse situation, La Copa se jouant habituellement entre les pays de l’amérique latine. Ce soir notre devise serait simplement Ordem y Progresso. Mais non, nous avons besoin de notre L’union fait la force. On devrait tous supporter les Grenadiers, qui eux-même sont  conscients que la fièrté des haïtiens est à leurs pieds. Un poid lourd.

La blague du jour est si vous ne regardez pas le match, les jaillissements de joie dans les quartiers peuvent vous tromper, parce que vivant en  Haiti, vous penserez surtout que Haiti marque des points, pourtant ce serait le bruit des haitiens fans du Brésil. N’est-elle pas bonne celle-là?  ( J’espère que vous avez ri)

Grenadiers à l’assaut! C’est tout ce que moi je souhaite regarder plus tard. Une équipe qui se bat avec fièrté.


Juin et son clocher!

Quel beau mois de Mai qui vient de tirer sa révérence! Je fais surtout référence à mon activité de blogging et à mon projet photo . Pour le reste, on ne mélange pas les patates et le pain sec. On évite de parler des zombies qui ont voté et autres pagailles de la même nature, du moins dans ce billet.( Ouvrez l’oeil)

J’ai en effet débuté mon blog sur la plateforme de l’atelier des médias de RFI (Mondoblog) pour donner libre cours à la parole, pour ouvrir son champs et la laisser couler comme dans un beau parloir , Coeur et Plus et Beau Parloir naissent d’une même plume, les deux vivront d’une même pensée, mais chacun d’eux fera une route différente, quoique pour semer  une même parole. Ce lien pour visiter Beauparloir et ceci pour boire les paroles de Coeur et Plus . (c’est selon où vous êtes)

Mai, était fantastique pour moi en tant que blogueuse,  50 articles affichés sur coeur et plus en moins d’un an était un baume à mon coeur de travailleuse. Je suis arrivée à ce point sans même m’en rendre compte. Une petite histoire à raconter, une sensation à partager, un coup à gueuler…et voilà une grande aventure est née!

Je vous l’annonce officiellement, il est possible de lire aussi les jets de ma plume dans le quotidien national, Le Nouvelliste. Le journalisme, mon rêve de jeunesse, ma profession,ma passion.

Cliquez ici pour lire mon article, paru dans le quotidien Le Nouvelliste à propos du concours Art et Démocratie organisé par L’institut International pour la démocratie et l’Assistance électorale, (IDEA International) le Centre d’Art et l’Ecole Nationale des Arts (Enarts)

Je suis photographe, cela sonne tellement bien à mon oreille, je l’écris avec plaisir et je le vis intensément. J’ai des clients satisfaits et des photos pour lesquelles je craque:

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Fleur sous la pluie

Oui, Mai était humide.

Et on saute en juin! Juin et son clocher. Déjà mi de l’an 2016 . Nous sommes à 6 mois de la fin de l’année, concrètement c’est ce que cela veut dire. Pas de panique, Juin est aussi une perche très longue, à saisir pour continuer, recommencer ou débuter. Même si le temps presse,l’essentiel on a encore le temps. N’abandonnons rien. Et il n’y pas que ça, on aime bien, un peu, passionément la Copa America. C’est l’édition centenaire et grâce à ce calendrier symbolique, Haiti y participe. je suis impatiente de chauffer mon équipe, j’en ai une maintenant.

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Les Grenadiers d’Haïti

Brésil de mon coeur je ne saurai te tourner le dos. Je reste une fana, même sans Neymar sur le terrain!

Juin arrive avec l’été, la fête de la musique, la fermeture des classes (moins de bouchons dans les rues), la saison cyclonique aussi (Chuut, pas maintenant) et d’autres billets , articles, lien de presse, photos qui vont arriver, par ci par là…

Suivez moi sur Mon compte instagram et rentrez en contact avec moi par le biais de Mon compte Facebook.

j’ai le droit de choisir un MOIS juste pour MOI.En juin, je ne suis pas modeste. Bon mois de juin!

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Au retour du jardin

Mes photos sont visibles ici


Fête des mères,coups de blues…

 » La fête des mères, tous les derniers dimanche du moi de Mai. Je subis la joie, l’émotion et l’euphorie autour de moi comme un affront, un affront à ma féminité. J’ai un ennemi, et il met un point d’honneur à toujours gagner la bataille. Cela dure 5 ou 6 ans environ, mon cri ne sort jamais bien loin: Il faudrait que cela cesse, cessez le feu! Mais mon cri ne parvient jamais dans les tréfonds qui donnent la vie.  »

Mon histoire n’est pas unique. Elle est plûtot familière à beaucoup d’autres femmes. Nous sommes un bon nombre à ne pas nous rejouir pleinement de cette fête autour de la reconnaissance et de l’amour. La joie ne nous saisit pas dans les tripes. Mais nous pouvons imaginer ce bonheur. Quelle prétention! Comment pouvons-nous imaginer une situation dans laquelle nous ne nous sommes jamais retrouvées? Ce bonheur est si personnel, relié par un cordon ombilical unique, une chose qui nous est inconnue. Alors, nous n’en savons rien, nous ne savons rien du bonheur d’être maman.

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 » Il faut de tout pour faire un monde, il me faut TOI pour faire le mien  » Auteur Inconnu

Ce que nous savons bien en revanche, ce nous comprenons le mieux,c’est ce désir. Le désir de porter la vie, de donner la vie. Ce que nous comprenons, c’est ce vide dans notre ventre. C’est cet appel qui ne reçoit jamais de réponse. Nul besoin d’imaginer à cet stade, nous savons! Nous vivons le vide, le silence…aucun bruit ne nous parvient, aucun son doux …comme MAMAN!

Pour avoir aimé une mère, on vit le plus grand amour du monde, mais pour ne pas être mère à notre tour, on pleure le grand amour, le vrai. On espère les calins, les témoignages d’affection, les immenses sacrifices, les larmes de l’amour à sécher, les confidences à recevoir, les corrections à donner, les bobos à calmer, les angoisses des malheureux jours…on voudrait vivre!

Mais l’ennemi, cette conséquence d’une maladie, cet effet secondaire, cette infertilité, ce refus catégorique de l’autre, l’autre qu’on attend désespérément…l’ennemi victorieux se fiche qu’on soit prête, qu’on se sent capable, qu’on a l’envie qui nous ronge.

Parce qu’il y a les mères, mais aussi le désir d’être mère.

Source photos: Google.com


Il y a quoi dans les livres?

 

« La curiosité mène à tout :parfois à écouter aux portes,parfois à découvrir l’Amérique. »

 De José Maria Eça de Queiros

C’est aussi un vilain défaut, selon notre éducation. Enfant, on te punit pour ta curiosité : c’est dangereux, ça déroge aux règles de bienséance. Pourtant, le mot que je trouverais pour définir l’enfance, immédiatement après innocence, serait curiosité.

Je vais vous parler de livres et non d’enfants. Cependant, la curiosité donne encore le ton ici. Le livre est un déclencheur de curiosité par excellence. Le livre, qu’il soit ouvert ou fermé, appelle un lecteur. Ou même un visiteur, un simple observateur. Le livre incite à la découverte. Que renferme ce tas de papier? Parce qu’au départ, ce n’est qu’un tas de papier. Il prend forme et fond sous les yeux du curieux qui ose le tenir ouvert. Il sera ce roman d’amour, cet essai engagé ou cette bande dessinée érotique. Mais il faut d’abord être curieux pour le découvrir.

Moi, je suis un produit de ma curiosité. C’est-à-dire des livres que j’ai lus. J’ai tout appris dans les livres. Je n’étais pas une enfant curieuse pour mon entourage, je ne posais pas souvent de questions. En réalité, j’ai eu la chance de comprendre très tôt ce que renfermaient les livres. J’ai pu comparer très vite la réponse des gens et celle des livres. J’ai préféré celle des livres et je n’ai plus posé de questions.

Voyons, on n’élève pas trois bambins dans une maison avec un meuble ancien rempli de livres de tous genres en pensant leur cacher la vérité ! Moi, en tout cas, je m’en suis servie. Mon père, sous l’emprise de la culture de sa ville Jérémie, était ce qu’on appelle un intellectuel, un amant de cette poésie allégorique pour la fidélité des femmes de son temps, la beauté de la terre natale, ou la fierté pour le pays… Il était aussi de ceux qui savaient chanter une sérénade sous la fenêtre de la bien-aimée idole (oui ces choses-là existaient vraiment!) De cette savante attitude, j’ai reçu un héritage : l’accès illimité à son  » Buffet ».

Le buffet est ce meuble ancien qui contient quelques centaines de livres, de cahiers, de magazines. Des auteurs, j’en ai lu. Des noms, des titres, j’en ai balbutié. Tant il y en avait. Des livres documentaires, des séries policières, des romans, de la poésie, des livres d’humour salace, de développement personnel, de philosophie.. .Non, je n’étais pas perdue. J’étais de toute évidence dans mon élément. Ma curiosité était sans limite, je découvrais le monde au fil des mes lectures. Je frappais à des portes. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que les livres contenaient les réponses. La curiosité force l’imagination, les livres nous transportent au delà de cette imagination. Ils nous mettent face à la vérité, à la connaissance, à la lumière. Cette vérité peut ne pas être absolue, mais ce qui compte c’est la vérité de l’auteur. C’est la connaissance que l’on fait avec son histoire. C’est comprendre son épanchement et pouvoir lire son information. C’est cette connaissance contenue dans les livres qui donne le pouvoir. Le pouvoir de changer, voire de chambouler le cours d’une vie à la lumière d’un livre.

Pour terminer ce billet, l’envie me prend de vous citer 10 titres qui ont marqué mon parcours de lectrice. Ce ne sont pas forcément les plus beaux ni mes préférés… Mais ceux-là ont su me donner une vérité, une connaissance, une lumière à un moment où j’en avais fatalement besoin!

1- L’odeur du café Dany Lafferière

2-Jusqu’au bout des rêves Philip Shelby

3-Alleluia pour une femme jardin René Depestre

4-The love machine Jacqueline Susann

5- La Maudite Guy des Cars

6-Le petit Prince Antoine de saint-Exupery

7-Perles Celia-Brayfield

8-Les Jeunes s’interrogent Les témoins de Jéhovah

9-Le desespoir des singes et autres bagatelles Françoise Hardy

10- Ainsi parlait  Zarathoustra Friedrich-Nietzsche

 

Photo: Google.com


18 Mai, c’est la fête ou pas?

« Un temps pour chaque chose… »

Cet énoncé est biblique et donc renferme une vérité sacrée. Adaptons: Je dirais, fini la fête, maintenant réfléchissons. Oui, parce 18 Mai, j’ai fait la fête. J’ai fêté la création du drapeau de mon pays. Ouais, Haïti!

Je l’ai fêté de bien de façons: Je me suis réveillée 2 heures plus tard que d’habitude, vive le congé du 18 Mai. J’ai fait la lessive qui traînait, j’ai cuisiné, j’ai regardé la télé, documentaire sur Toussaint Louverture, l’histoire de la colonisation de Saint-Domingue, la Reine des neiges. J’ai passé mon après-midi dehors avec ma caméra en train de chasser des images de parade, de fêtes bicolorées. La soirée, jusqu’à l’assoupissement final sur internet en train de lire les opinions de mes compatriotes sur cette journée de congé.  La fête du drapeau haïtien, 18 Mai ne représente plus rien  qu’un jour férié, c’est un sujet qui divise, résumé de ma lecture.

Pour beaucoup d’entre nous, il n’y a pas lieu de fêter et ceux qui prétendent le faire sont des hypocrites. Ils ont des arguments en béton: Souveraineté perdue, que fait la MINUSTHA sur un sol libre? La communauté internationale, invitée d’honneur des grandes décisions nationales quitte le salon, prends la chambre, la cour (lakou) et s’érige en maîtresse qui menace, lance des mises en garde sévères à faire trembler de peur nos dirigeants, ces politiciens misérables sur un scène politique déplorable. Ils en ont plein, ce n’est pas fini: 18 Mai ne doit pas être célébrer parce qu’il y a trop d’haïtiens peu fier de leur pays, à l’extérieur, il se font passer pour des jamaïcains, des guadeloupéens…enfin, ce pays n’est qu’un gros bloc  de problèmes, on n’a rien à fêter.

Soupir! Long soupir! Qu’ils ont raison! Sur tous ces points, je ne trouve rien à répliquer. Je vis dans ce pays aussi et le tableau dépeint est fidèle.

Je rappelle, 18 Mai, ce n’est pas seulement la fête du drapeau, mais aussi celle de l’Université.  Cela donne à réfléchir, car un jeune de 20 ans sur les bancs de l’université en Haiti tremble de peur à l’idée d’en sortir, pour aller rejoindre les milliers d’autres qui sont passés sur ces bancs avant lui et qui sont encore sous le béton…au chômage. Donc à l’université, le jeune étudiant n’apprend pas le génie civil pour construire les plans de sa ville batie sans plan, ou proposer un plan d’urbanisation, mais il pense plutôt à se faire élire quelques années plus tard, Maire de sa ville natale avec l’espoir d’en sortir avec une voiture confortable, un visa et un titre honorable précédé ou suivi de la mention Ingénieur. Cela compte beaucoup pour la campagne éléctorale. Pas de licence en communication avec le rêve d’écrire un livre où l’on partagerait ses connaissances et expériences même 10 ans plus tard. Personne ne pense vraiment à ce pays, tout le monde ne pense qu’à s’en sortir. En effet, des raisons qui n’invitent pas aux réjouissances. Avec tous ces problèmes dans sa barque le marin a de quoi oublier le thazard et les haïtiens aucunes raisons de festoyer un 18 Mai.

Plus haut, je vous ai raconté ma journée de fête, notez bien qu’il n’y a eu ni rires, ni joies. Je n’ai pas été dans l’euphorie de mes plus jeunes années quand passait le défilé, des centaines d’écoliers costumés pour le jour, des marjorettes, des fanfares et tambourins, les badauds…le terrain de football, le prix de la meilleure pyramide, la fièrté parce que c’est 18 Mai, la fête du drapeau.

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Le drapeau haïtien, 213 ans de flotte!

Cependant, les choses allaient mal aussi à cette époque. Les enfants des ghettos etaient armés au lieu d’aller à l’école, j’avais peur des (Rastas) , de leurs dreadlocks et de leur mine terrifiante, c’était des chimères, le bas-culotte que je portais pour défiler coutait les yeux de la tête à ma mère, mon père se plaignait avec ses partisans qu’on lui avait volé ces points au bureau de vote, il serait Sénateur de la république sinon, le journal télévisé rapportait des crimes et au milieu de tout ce chaos, l’espoir:

« Demain, la gloire d’Haïti, les coeurs joyeux l’âme fervente, toujours en avant nous irons, la tête altière et hauts les fronts »

C’est quand demain? C’est aujourd’hui demain. Point de gloire, ni de dignité pourtant. Cela reste une belle chanson pour marquer le pas tous les 18 Mai. Je comprends vos mines boudeuses, je comprends votre refus de fêter, le coeur n’est pas à la fête, qui peut vous en vouloir? Il n’y a plus d’espoir. Même pas moi, sale hypocrite! Car, j’avais l’esprit à la fête, je fouinais à la recherche d’ambiance, je voulais me mettre au pas.

Il n’y a plus d’espoir, c’est ça votre excuse? Oû étiez-vous vous quand eux, ils prenaient leur courage à deux mains pour nous doter d’un drapeau? Quand Dessalines mettaient toute sa force de nègre pour arracher ce blanc d’étoffe qui symbolisait l’oppresseur ? Où étiez-vous quand eux ils faisaient acte de bravoure? Quand ils luttaient primitivement avec les armées les plus performantes de leur temps pour chasser les colons et inventer la liberté?  Comprenez bien qu’il ne s’agit pas de NOUS, mais d’EUX.  La je deviens agressive, si vous me dites:  » C’est du passé »! Quel présent dois-je chérir?

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Votre égo vous joue des tours, il n’est pas question de jubiler sur nos petitesses et mésquineries, il n’a jamais été question d’applaudir ce que nous sommes devenus comme peuple, mais de toujours se rappeler que sur ce sol que vous  fouler, piaffer, voler, piller…c’est selon, il y a eu un jour de Grands Hommes. C’est le vrai sens du 18 Mai. Soyons hypocrites un jour pour les rendre hommage, l’hypocrisie ne tue pas!

 

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