Miss Africa

Petite visite du Du Bois Centre for Panafrican Culture à Accra

Il y a quelques semaines, j’étais à Accra. C’était la première fois que j’y allais. J’y ai passé moins d’une semaine mais qu’est-ce que j’en ai fait le tour ! Pendant mes longues promenades, j’ai voulu visiter le Du Bois Centre for Panafrican Culture. Je n’avais aucune idée de ce que c’était. J’ai juste vu que c’était une place recommandée sur plusieurs sites de voyage et de tourisme et que c’était lié de près à W.E.B Du Bois (logique !).

Oui, d’accord. Mais c’est qui ce Du Bois?

Si vous avez lu quoi que ce soit sur l’histoire du panafricanisme, ce nom doit vous être familier. Mais si vous avez une culture plus poussée du mouvement, vous savez exactement qui est W.E.B Dubois.

William Edward Burghardt Du Bois (1868-1963) est l’une des figures les plus importantes du panafricanisme. Pendant plus d’un demi-siècle, il en incarnera le courant officiel. Premier afro-américain titulaire d’un doctorat à l’université de Harvard et sociologue, il croyait en la formation intellectuel d’une élite de la population noire qui permettrait  l’amélioration des conditions de vie des afro-américains aux Etats-Unis. Une pensée qui l’opposait à Booker T.Washington qui, lui, croyait en la formation de techniciens. Toutefois, ces deux hommes travaillaient dans le même but: former la communauté afro-américaine afin qu’elles prennent sa place au sein de la vie économique et politique des Etats-Unis d’Amérique. D’ailleurs, W.E.B Du Bois et Booker T. Washington feront partie des activistes réunis en 1900 lors de la première conférence panafricaine.

A découvrir aussi:

Après plusieurs années à lutter pour les droits de la communauté afro-américaine, après plusieurs livres publiés dont le très célèbre Les Âmes du peuple noir, et après avoir cofondé la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), W.E.B s’installe à Accra sur invitation de Kwame Nkrumah. Il en devient citoyen en 1961. C’est sa dernière demeure qui a été transformée en musée.

Le W.E.B Du Bois Centre for Panafrican Culture

Du Bois meurt à Accra en 1963. Sa dernière demeure à lui et sa seconde épouse Shirley Graham Du Bois est transformée en centre. Le W.E.B. Dubois Memorial Center for Pan African Culture est classé monument national en novembre 1985. Il est géré par le ministère du tourisme, des arts et de la culture. Situé au 22 First Circular Road, il est près de l’ambassade américaine et de plusieurs autres sites touristiques intéressants.

La mission du centre, comme on peut le lire sur le site dédiée, est de « promouvoir la poursuite de la définition de soi pour l’Afrique et la diaspora et la réalisation des droits de l’homme pour tous, par le biais de la recherche, de l’éducation publique, des arts et du dialogue constructif, dans la tradition de Du Bois lui-même ». En résumé, la tâche principale du centre est « d’inculquer aux Africains l’esprit du panafricanisme et de la conscience de soi ».

Ouf, c’était long. Mais voilà la raison d’être du centre.

Petit tour au sein du musée

Pour pas plus de 7 cedis*, j’ai eu droit à une visite du musée avec un guide particulièrement sympathique. Nous avons fait le tour de la maison, visité son salon, sa bibliothèque et même sa salle de bains. Sur les murs sont accrochés des photographies de leaders du mouvement panafricaniste, de femmes aux parcours exceptionnels, de présidents africains, ça a été l’occasion pour le guide de parler de quelques-uns d’entre eux.

En plus de ses livres, sont exposés ses robes d’université, ses diplômes et quelques présents offerts par des officiels étrangers.

Désolé pour les photos. Mon ami est un piètre photographe…

Peinture à l’acrylique d’un texte de Du Bois à Kwame Nkrumah

 

Portraits de femmes leaders africaines

 

Du Bois en 8 photos

 

La salle de bains de W.E.B

 

Présents de la Chine à W.E.B Du Bois

C’était une belle expérience que de visiter le Du Bois Centre for Panafrican Culture. J’en ai appris encore plus sur cet intellectuel du XXème siècle. Et je pense que ça vous fera également beaucoup de bien d’y faire un tour.

A lire aussi: Trois heures de marche et d’air frais dans la forêt du Banco

*monnaie du Ghana.


Trois heures de marche et d’air frais dans la forêt du Banco

Si vous êtes fan de randonnée, un petit tour dans la forêt du Banco vous fera le plus grand bien. Étendu sur 3 477 hectares en plein cœur d’Abidjan, la forêt du Banco doit son nom à la rivière « Gbangbo » qui y prend sa source. Véritable « poumon vert » de la capitale ivoirienne, c’est également le plus important réservoir hydraulique de la ville. Abidjan a bien de la chance de l’avoir. Je vous raconte la première randonnée que j’y ai faite?

14h30: J’arrive à l’entrée du parc

Entrée du parc national du Banco
Parc national du Banco – crédit : MissAfrica

La première fois, j’y suis allée avec deux amies. Vous devez connaître l’une d’entre elles. C’est Stella, elle est également mondoblogueuse. Je vous éviterai toute la gymnastique inutile qu’on a dû faire pour arriver à l’entrée du parc. Mais je vous donnerai un conseil: ne descendez jamais du taxi autre part que devant une inscription indiquant clairement Parc National du Banco. Ne faites pas la même erreur que nous. Quoi qu’il en soit, nous sommes arrivées à bon port…mais en retard. L’un des organisateurs nous attendait. Et une autre participante nous a rejoint.

14h45: Début de la rando

Vue de dos de trois jeunes filles marchant dans la forêt du banco
Vue de dos de trois jeunes filles marchant dans la forêt du banco – crédit : MissAfrica

Après avoir payé nos frais d’entrée, le guide a pris la tête de la marche. Il n’est pas vraiment guide. Le guide « officiel » était déjà partie avec les participants ponctuels. Mais Samuel était sympathique. Il était le président de l’association qui organisait la randonnée. Il a donc eu le temps de nous présenter Afric Art qui tente de faire découvrir la Côte d’Ivoire aux locaux. En effet, le parc est bien visité mais il l’est surtout par des étrangers. Les ivoiriens sont assez méfiants. Tellement d’histoires ahurissantes sur cette forêt circulent. On peut le comprendre. Afric’Art organise donc chaque dernier samedi du mois une randonnée au sein du parc.

Ensemble de bambous du parc national du banco – crédit : MissAfrica

16h30: Petite pause

Après deux bonnes heures de marche qui en semblaient sept, nous avons fait une pause. Une pause où j’ai pu écouter Sade Adu en me balançant sur un hamac de fortune. Mais une pause bien méritée.

Jeune fille couchée sur un hamac, le sourire aux lèvres – crédit : MissAfrica

17h10-18h10: Reprise et fin de la rando

Le groupe des gens ponctuels nous a rejoint. Ils ont fait une pause de 10 minutes avant que le guide Julien prenne la relève. Il nous a fait marcher sur plusieurs kilomètres avant qu’on arrive à l’arboretum. C’est un jardin où sont exposées plus de 800 espèces d’arbres et d’essences.

Vue de plusieurs arbres de l’arboretum au sein du parc national du Banco – crédit : MissAfrica

A ma deuxième randonnée, en plus de revoir la plupart de ces arbres, j’ai pu voir les silures. Je n’ai pas une super photo. Mais sachez qu’ils sont énormes. Et protégés. Merci d’oublier vos idées de sauce pimentée aux poissons.

Les silures du Parc National du Banco
Les silures du Parc National du Banco – crédit : MissAfrica

Si vous voulez participer à la prochaine randonnée

Cinq bonnes raisons de visiter la forêt du Banco?

  • Des kilomètres de marche: La première fois, j’ai fait 12 kilomètres. La deuxième fois, j’en ai fait 14. La randonnée, c’est du sport et il paraît que le sport, c’est bon pour la santé;
  • De l’air pur: vous tenir loin des embouteillages et de l’air pollué d’Abidjan pendant deux à trois heures vous fera le plus grand bien;
  • De la culture en plus: grâce à son arboretum, son musée et votre formidable guide, vous en apprendrez plus sur la faune et la flore qui vivent au sein du Banco;
  • Sécurité: Vous n’avez rien à craindre. Mais partez toujours avec deux à trois amis;
  • C’est fun: passez du temps avec des amis dans un endroit où vous n’avez plus le réseau et où vous pouvez vous parler, discuter et commenter tout ce que vous voyez.

Pour participer à la prochaine randonnée organisée par Afric’Art, appelez le +225 09 09 43 06

Tarifs: 

CEDEAO: 4.000FCFA

Hors CEDEAO: 6.000FCFA

Enfant: 2.000FCFA

Moi, j’y retournerai bien une troisième fois !

Trois jeunes filles posant près de la forêt du Banco
Trois jeunes filles posant près de la forêt du Banco – crédit : MissAfrica

Vous aimeriez peut-être: 5 bonnes raisons d’aimer la Côte d’Ivoire


300 articles publiés : ce que j’ai appris sur moi et ma plume

Cet article est le 300ème qui sera publié en ligne. Oui, je fais les comptes. Pourquoi? Parce que j’aime les anniversaires. 300 articles, un minimum de 100 000 mots, de 4 500 heures, d’une année entière. 3 ans se sont écoulés depuis que j’ai partagé mon premier texte sur mon blog. Voilà ce que j’ai appris sur moi et ma plume, et j’espère que ça pourra vous aider également.

 

Point 1: Work, b*tch !

Est-ce que j’écris mieux qu’il y a quelques années? Je ne sais pas. Je n’écris peut-être pas mieux, mais j’écris plus facilement. Là où j’avais besoin d’inspiration pour écrire un texte de 500 mots, je peux maintenant l’écrire sans être dopée à l’excitation et en moins de temps. C’est comme le sport, donnez à votre plume les abdos de J.Lo et le c*l de Beyoncé.

 

Point 2: Je fais intervenir beaucoup trop mes émotions

Une chose que j’ai toujours appréciée, ce sont les textes chaleureux, les textes qui te mettent en rogne, les textes qui te font pleurer… bref, des textes qui te font plus que de la lecture, de vraies expériences. Le truc, c’est que j’ai toujours pensé que pour transmettre quelque chose, fallait que je le ressente.

J’ai donc écrit beaucoup de mes textes à chaud, des textes que j’ai regrettés plus tard, soit parce qu’il pouvait être blessant pour certains lecteurs mais surtout parce que, comme la plupart des choses faites sous le coup de l’émotion, ils manquaient de raisonnement et prenaient beaucoup trop en compte mon unique avis. Toutefois, pour des raisons que j’ignore encore, je refuse de les supprimer.

 

Conseil: Ne jamais écrire quand on est encore bousculé(e) par l’émotion. Respirer. Réfléchir. Prendre des avis différents. Et prendre la plume pour pondre un écrit « lucide ».

 

Point 3: Ma plume devrait être plus disciplinée

J’écris des articles sur Ayana Webzine. C’est un webzine dédié à la femme africaine. J’en suis la rédactrice principale. Et il prend beaucoup de mon temps, au point de ne plus avoir le temps pour mon blog. Mais j’aime tellement ça que je ne m’en plains pas. Surtout que ça m’a appris une chose très importante : mon humeur n’a aucun lien avec ma plume.

Souvent, on n’a juste pas envie d’écrire parce qu’on ne sent pas la chose, parce qu’on n’est pas inspiré(e) ou parce qu’on a juste la flemme.

Mais quand tu dois produire au minimum un article par jour, tu ne peux pas toujours faire attention à ce que tu veux. Tu apprends à discipliner ta plume pour qu’elle fasse sortir ce qu’elle a dans les tripes, qu’elle le veuille ou non. Et quand tu fais lire tes textes aux habitués de ta plume, il ne voit aucune variation dans ton style d’écriture.
Conseil: “Souviens-toi que la qualité de ton travail ne dépend pas de l’enthousiasme que tu avais au moment où tu l’écrivais” Andy Weir. En gros, la différence entre quand tu écris en étant profondément inspiré et quand tu écris de force est dans ta tête. Les gens ne verront aucune différence.

 

En somme…

J’ai appris mais j’ai conscience que j’ai encore énormément à apprendre. Rien qu’en écrivant ce texte, ça m’a permis de mettre des mots sur tout ce que j’avais déjà appris. Un texte n’est jamais perdu. C’est chaque fois une nouvelle connexion avec soi-même. Et comme toute relation, plus vous entrez en contact régulièrement, plus la relation a de chances d’évoluer, de s’améliorer. Donc, c’est le moment de parler avec votre plume, dites lui que vous l’aimez et qu’ensemble, vous créerez de belles choses. Et faites l’amour.

 


5 étapes cruciales avant de se lancer dans le blogging

Pour beaucoup, être blogueur, c’est cool. Comment ne pas penser ça? Les meilleurs deviennent influenceurs et sont rémunérés pour écrire sur un produit ou une marque. C’est un métier qui semble assez simple. Sauf que dès qu’on utilise le mot « métier », rien n’est plus vraiment simple. Quoi qu’il en soit, toi qui lis l’article, tu veux devenir blogueur. Tu aimes écrire et tu trouves qu’un blog est un bon moyen de t’exprimer. Tu veux savoir par où commencer. Et bah, je suis là pour t’aider.

Ne casse pas les pieds des blogueurs certifiés

Ok, tu connais rien au blogging. Mais sérieusement, Google ne peut pas t’aider? Il n’y a aucune question qui ne trouve réponse sur Internet. Les questions que tu poseras à un blogueur trouveront les mêmes réponses que celles sur Internet. Donc au lieu de déranger quelqu’un de sûrement aussi occupé que toi sur des questions aussi simples que l’hébergement ou encore le référencement, demande à Papa Google. Il est là pour ça. Toutefois, je ne dis pas de ne pas prendre conseil auprès des blogueurs mais pose-leur les bonnes questions. Exemple: comment tu fais pour produire autant d’articles alors que tu travailles? ou encore tu me conseillerais quoi comme CMS?

Choisis LE sujet

Certains ont déjà leur ligne éditoriale avant même de penser à un blog. C’est bien. Le choix du thème du blog est très important. Il détermine toute la durée de vie du blog, sa capacité à générer du trafic…et ta motivation. Pour moi, il y a 2 critères importants à prendre en compte pour choisir son thème:

  • Un sujet qui te passionne: ainsi, tu es sûr que ça ne te dégoûtera jamais. Si tu n’as pas de passion comme moi ici, fais un blog généraliste. Tu parles de tout et n’importe quoi. C’est super pour les gens qui n’aiment pas les restrictions. D’ailleurs, aucune plume ne devrait se sentir en prison.
  • Un sujet suffisamment précis et profond: je m’explique. Tu es passionné de mode. Mais les blogs sur la mode, il y en a tellement. Faut que tu te différencie. Alors, quelle thématique vas-tu aborder entre ces propositions? Mode africaine? ou mocassins? Tu as choisi mocassin? Et bah, c’est pas la bonne réponse. C’est beaucoup trop mince comme sujet. Es-tu sûr que sur le long terme, tu auras encore des idées d’articles? Par contre, tu peux choisir de ne parler que de chaussures. C’est assez vague sans tomber dans le généraliste et assez précis sans risquer de ne plus écrire sur le long terme.

C’est l’heure du benchmarking

Analyser ce qui est déjà fait dans la catégorie qu’on compte investir est l’essentiel de cette étape. Ok, tu veux parler de physique quantique. Qui d’autre le fait? Comment le fait-il? En quoi le contenu que tu comptes créer sera meilleur que le sien ou différent du sien?

Choisir le nom de son blog

Oui, c’est important. Le nom de ton blog, c’est son identité. L’idéal est que le nom indique immédiatement de quoi parle ton blog. Par exemple, quand tu vois Le Blog de Miss Africa, tu sais directement que je fais référence à l’Afrique. Mais c’est assez ambigu. Parce que je peux être une fille qui a participé à un concours Miss Africa et qui a gagné donc ce peut-être le blog d’une gagnante qui raconte son mandat. Ou encore, on peut penser que c’est un blog beauté. Ou que c’est un blog uniquement dédié aux filles. Il est possible de laisser les gens supputer sur ton sujet à travers le nom du blog ou tout simplement choisir le nom le plus expressif possible. C’est à toi de voir.

Choisir l’hébergement, le nom de domaine

C’est une étape délicate parce que technique. Il faut s’y connaître un peu avant de prendre la bonne décision et choisir la bonne démarche. Un hébergeur, c’est comme un site sur lequel tu peux créer ton propre site. Et un nom de domaine, c’est juste: blogdemissafrica.com ou encore leblogdemissafrica.org. Ce peut être gratuit ou payant.  Il existe plusieurs sites qui te proposent des services d’hébergement: WordPress, Blogger, Overblog… Mais tu peux faire aussi partie d’une communauté où tu peux écrire tes articles comme Mondoblog ou Medium. A toi de voir ! Prends tous les renseignements nécessaires et pèse le pour et le contre.

Le conseil ultime

apprendre de ses erreurs sur Internet

Enfin, tu sais quoi? On s’en fout des étapes cruciales. Tu veux créer un blog? Choisis un hébergeur et écris tes articles. Fais des erreurs, apprends de tes erreurs et tu apprendras beaucoup beaucoup plus vite. Je n’ai pas lu des articles avant d’ouvrir mon blog, je n’ai pas parlé à des blogueurs expérimentés. Je l’ai juste fait et je ne suis pas morte. Au contraire, je m’en sors plutôt bien. J’ai appris en touchant à tout. J’ai appris en n’ayant pas peur de me tromper. De toute façon, quoi que tu fasses, tu peux toujours appuyer sur la touche retour et tout recommencer. Donc n’aie pas peur. Laisse juste ta plume s’exprimer. Ah oui, fais attention aux fautes d’orthographes. Il n’y a rien de plus agaçant en lisant un texte que d’avoir les yeux qui picotent à cause des fautes. Merci.

Pour plus d’astuces sur le blogging, des blogueurs ont écrit sur Mondoblog des articles qui pourraient t’aider à t’améliorer.


Top 10 de chansons engagées d’Africains

Après mon article sur l’activisme en musique en Afrique, je vous présente ma playlist de chansons engagées de musiciens africains. Quand je dis africain, j’inclus les africains de la diaspora. C’est mon côté panafricain.

Mon Top 10 de chansons engagées d’africains

  • Ain’t got no, I’ve got life de Nina Simone

Vous allez voir plusieurs chansons de Nina Simone dans ce classement. Faut dire qu’elle a utilisé sa musique comme haut-parleur de ses idées et de ses convictions.

Lyrics et traduction ici: La coccinelle

  • Rap Franc CFA de Youssoupha

Dans cette chanson, le lyriciste bantou critique la relation vicieuse Françafrique avec vérité comme il l’a toujours fait. Lyrics et interprétation disponible sur Genuis.

  • Mississipi Goddam de Nina Simone

Mississipi Goddam est définitivement la chanson la plus engagée de Nina Simone. Cette chanson se révèle être un coup de gueule contre le système injuste aux Etats-Unis. Si vous ne comprenez pas les paroles, lisez la traduction sur la Coccinelle et vous verrez toute la puissance de cette chanson.

  • Brigadier Sabari d’Alpha Blondy

Alpha Blondy est un artiste reconnu pour son engagement pour la libération de l’Afrique. Dans cette chanson, il dénonce les violences policières. Lyrics ici.

  • Talkin’ Bout A Revolution de Tracy Chapman

Dans cette chanson, Tracy Chapman évoque le fait qu’à force d’être oppressé, le peuple se soulèvera. Et que la révolution n’est pas qu’un mot qui survole le bout des lèvres mais bien une réalité. Lyrics ici.

  • I wish I knew How It Would Feel To Be Free de Nina Simone (encore!)

Le sens de la chanson se trouve essentiellement dans le titre. Nina veut sa liberté et la liberté de son peuple. Elle invite aussi le peuple « oppresseur » à se mettre dans les chaussures de l' »oppressé ». Lyrics ici.

  • Jailer de Asa

Asa présente sous les traits de deux personnages, le prisonnier et le gardien, l’Afrique et les pays développés. Mais surtout en disant qu’importe le personnage, personne n’est parfait. Ainsi, échappe-t-on à la traditionnelle victimisation de l’Afrique. Paroles ici.

  • Get up, stand up de Bob Marley

Cette chanson n’est vraiment pas à présenter. Vous pouvez vérifier les lyrics et la traduction par ici.

  • Plus rien ne m’étonne de Tiken Jah Fakoly

Faire ce classement sans TJF aurait été insultant pour l’artiste. Activiste de la première heure, il présente dans cette chanson le partage inégale du monde entre les puissances à la conférence de Berlin mais surtout l’absurdité et le ridicule de l’acte. Pour mieux comprendre, suivre ici.

  • Le monde comme un bébé de Angélique Kidjo

Prendre le monde comme un bébé, aimer, caresser et pardonner facilement, voilà ce à quoi Angélique Kidjo nous invite dans cette chanson.

Bonus: Le pays va mal de Tiken Jah Fakoly

TJF parle de l’ivoirité, de la xénophobie qui peut régner entre peuples d’un même pays. Les lyrics sur Genuis.

 

Et vous, quelle est votre musique engagée préférée? Avec elles, nous pourrons créer une nouvelle playlist, la vôtre.


L’activisme en Afrique se met en musique

Dans le monde, plusieurs guerres sont menées, des droits violées et des injustices commises. Rester de marbre face à un système injuste est la voie la plus facile à emprunter. Et plusieurs l’empruntent volontiers. Il n’y a pas de mal à cela. La vie est si courte, pourquoi se prendre la tête ? Par contre, certains ne peuvent rester indifférents. Ceux-ci portent la voix de ces injustices, ce sont les activistes. Les activistes ont différentes manières de combattre. Chacun choisit son arme selon ses capacités. Certains choisissent la plume, d’autres le droit et ceux qui font l’objet de cet article, la musique. Qui sont les activistes africains qui ont utilisé un micro à la place d’une kalachnikov ? Comment ont-ils réussi à faire bouger les choses ?

musicien en Afrique
Source: Pixabay

La musique en Afrique

En Afrique, la musique fait partie de la vie. On chante comme on respire. Un auteur affirme même que la parole a toujours été chantée en Afrique. Bien sûr, il parle du temps où nous parlions nos propres langues. Quoi qu’il en soit, nous continuons d’être de bons musiciens.

Pour nos ancêtres, la musique n’était pas juste une bonne cohésion entre son et rythme. La musique était des vibrations cosmiques utilisées par Dieu pour s’entretenir avec les hommes. Il n’avait pas encore lu la Bible qu’il savait que le monde avait été créé à partir du Verbe, de la parole divine. Par conséquent, faire de la musique, c’était reproduire la création divine. Ainsi, tous les instruments étaient-ils fabriqués à partir de « résultats » de la création (végétaux, animaux…) et selon des rites particuliers. Ça marche également pour l’action de chanter. Bien sûr, on ne fabrique pas la voix avec des végétaux mais juste signifier que c’est aussi reproduire la création divine. Pareil pour la danse. La musique n’était donc pas de l’art pour nous. Elle était sacrée.

Par la suite, la musique a évolué. Les africains déportés ont transporté leur musique sur d’autres continents et la rencontre avec d’autres peuples l’ont modifiée ; voici comment sont nées les sonorités que nous connaissons si bien : le R’N’B, la soul, le jazz, le reggae, le zouk…

Aujourd’hui, la musique est toujours aussi présente et importante en Afrique. C’est aussi l’un des secteurs où le « consommer local » est très… consommé.

Chanteuse africaine en doré
Source: Pixabay

L’activisme en chanson

Les Africains du continent ou ceux de la diaspora font beaucoup plus que nous faire danser. Dans leurs chansons, ils évoquent les problèmes du continent, soulèvent des cas sociaux et brisent les silences douloureux.

Billie Holliday n’a pas hésité dans Strange Fruit à parler du lynchage des Noirs dans le Sud des Etats-Unis… devant un public blanc au Café Society de New York en 1939. Il faut avoir aussi un peu de culot pour être activiste. Les paroles de cette chanson sont vraies, puissantes et témoignent d’une vérité bien triste.

Les arbres du Sud portent un fruit étrange
Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines
Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers
Scène pastorale du vaillant Sud
Les yeux révulsés et la bouche déformée
Le parfum des magnolias doux et printannier
Puis l’odeur soudaine de la chair qui brûle
Voici un fruit que les corbeaux picorent
Que la pluie fait pousser, que le vent assèche
Que le soleil fait mûrir, que l’arbre fait tomber
Voici une bien étrange et amère récolte !

Des chansons comme celle-ci, les Africains en ont fait des milliers. La musique étant un bon moyen de s’exprimer. Vous entendrez donc Tiken Jah Fakoly et Alpha Blondy se plaindre de la relation empoisonnée de la Françafrique, Nina Simone pleurer le mal causé par la ségrégation raciale aux Etats-Unis et certainement Salif Keita se battre pour l’intégration des albinos dans la société. Chez nous en Afrique, la musique est bien plus qu’un divertissement, c’est une arme.

L’activisme des musiciens en dehors des albums

Quand ils ne crient pas leurs peines en studio, ils descendent dans la rue et parlent. Grâce à leur influence, ils arrivent à populariser un débat trop souvent resté élitiste ou à faire prendre conscience aux populations d’un problème bien réel. C’est ainsi que la Mama Africa Myriam Makeba s’est retrouvé en pleine Assemblée générale de l’ONU pour fustiger l’apartheid qui sévissait en Afrique du Sud. Ou encore qu’Oscibi Jhoann, musicien burkinabé, s’est investi pleinement dans le mouvement de la société civile « Le balai citoyen ».  Ils ne font pas donc pas que chanter. Ils sont aussi dans l’action.

La musique est utile en Afrique

En conclusion, être musicien, c’est aussi participer au bien-être social. Et nos musiciens l’ont bien compris. Ils ont compris que leur musique et leur influence étaient capables de rétablir la justice. Après le sacré, la musique africaine a revêtu depuis l’esclavage, le yovodah, des allures de revendication. Ce n’est donc pas étonnant que certains genres musicaux africains soient très « plongés » dans la revendication comme le reggae ou encore le zouglou ivoirien.

Chacun sa bataille, chacun son arme, mais une seule guerre, améliorer la vie des populations.

 

Je vous laisse avec cette chanson de Tiken Jah Fakoly en collaboration avec Soprano. A bientôt.

 


Je suis une jeune africaine, et non, je ne glande pas

Nous évoluons dans une société où chaque génération pense qu’elle est meilleure que celle d’après. Nos parents croient que nous passons notre temps à ne rien faire et que nous n’avons aucun avenir. Un peu comme ce que disait Tal dans sa chanson « On avance ».

Si j’entends mes aînés juger
Critiquer ma génération
Je pense qu’ils oublient un peu trop vite
Que le monde est tel qu’ils l’ont laissé
Mais on n’est pas tous désabusés
On manque juste un peu d’air, de repères.

On avance. Sortons des clichés. Les jeunes africains ne passent pas leur temps sur Internet à essayer d’extorquer quelque milliers d’euros à des européens naïfs ou encore à passer toutes leurs soirées en boîte de nuit.

Je suis une jeune africaine qui vit en Afrique, qui côtoie des jeunes africains qui vivent en Afrique et je ne vois pas cette génération que nos parents ou quelque étranger dépeignent.

Dans ma capitale, je vois des jeunes qui se battent chaque jour pour se construire un lendemain meilleur. Des étudiants encore sur le banc de l’école créent leur entreprise, des jeunes qui tentent de vivre de leur art, d’autres créent leur organisation pour participer au bien-être social. Je vois une génération qui se mobilise pour faire vivre ce en quoi elle croit. Il peut arriver que nous ne sachions pas ce que nous voulons faire de notre vie exactement. Mais quel adulte peut dire qu’il a fait de sa vie ce qu’il a toujours voulu ? C’est normal de ne pas savoir. Mais en attendant, on bouge, on vit, on tente différentes expériences afin de savoir réellement ce qu’on veut. Même ceux qui paraissent nonchalants, ne rien faire, font des choses qui leur plaisent, ils ont des rêves. De toute façon, de quel droit pouvons-nous juger ? Il n’y a pas de route tracée de succès. Chacun essaie du mieux qu’il peut pour trouver la bonne voie pour réaliser son rêve. Les parents n’ont pas la science infuse et nos amis non plus.

Une étude Ipsos consacrée aux jeunes africains de 15-24 ans a révélé plusieurs informations sur la manière dont pensent les jeunes africains. Et vous vous rendrez compte par vous-mêmes que vous vous enlisez dans les clichés.

Selon cette étude,

Ils se disent travailleurs (31 % des individus interrogés), ambitieux (20,5 %), débrouillards (20 %), dynamiques (16 %).

De plus,

52,5 % des 15-24 ans participent d’une façon ou d’une autre à la vie active, 22 % d’entre eux étudient à temps plein, 14 % recherchent un emploi. Seuls 11,5 % sont totalement désœuvrés : ils tiennent les murs, comme on dit au Maroc.

Donc non.

On avance en silence
Comme tous ceux qui osent faire bouger les choses
Sans drapeau et sans héros
On est tous en mal d’un idéal
On avance en silence
Mais viendra l’heure où nos cris du cœur
On saura les faire sortir
Et notre avenir on va le choisir.


Cinq citations puissantes d’Haile Selassie

Haile Selassie est le dernier empereur éthiopien. Il s’est éteint à l’âge de 85 ans le 27 Août 1975. On se souvient de lui comme étant un homme charismatique. Les Rastafari le considèrent même comme un Dieu, comme le Messie, le Lion de la Tribu de Juda. Bob Marley l’a immortalisé dans plusieurs de ses chansons. Les mots de l’empereur Selassie sont forts et puissants. Découvrons ensemble cinq de ses plus belles citations.

« Tant que la couleur de la peau sera plus importante que celle des yeux, nous ne connaîtrons pas la paix. »

« Tant que la philosophie qui maintient une race supérieure et une race inférieure ne sera pas discréditée et abandonnée… il y aura la guerre »

« Nous devons devenir ce que nous n’avons jamais été, ce à quoi notre éducation, notre expérience et notre environnement nous a très mal préparé. Nous devons être plus grand que ce que nous avons été: plus courageux, à l’esprit plus large, au point de vue plus ouvert. Nous devons devenir les membres d’une nouvelle race, dépasser nos préjugés insignifiants et nous soumettre à la fidélité ultime que nous devons non pas aux nations, mais à nos semblables les hommes au sein de la communauté humaine. »

« Cette éducation qui ignore la nature intrinsèque de l’homme et néglige son intellect et le pouvoir de son raisonnement ne peut être considérée comme une vraie éducation. »

« A travers l’histoire, c’est l’inaction de ceux qui aurait pu agir, l’indifférence de ceux qui savaient, le silence de la voix de la justice quand elle comptait le plus qui a rendu possible le triomphe du Mal. »

 

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Tous les problèmes de l’Afrique ont une base éducationnelle

Ou pourquoi l’Etat devrait investir plus dans l’éducation

 

Vu que le système éducatif africain est inefficace et inadapté aux réalités et aux besoins des africains, l’Etat devrait penser à le réinventer en y investissant plus de ressources financières et humaines. De prime abord, je préfère clarifier certaines choses. L’amalgame entre scolarisation et éducation me gêne. Aller à l’école et y recevoir des cours, c’est être scolarisé. Mais être éduqué, c’est vivre de tel sorte de n’être une charge encombrante ni pour l’Etat, ni pour les autres citoyens. Etre éduqué, c’est être émancipé, c’est avoir reçu les moyens de se rendre libres. Donc une éducation complète, c’est une scolarisation doublée d’une connaissance des notions de savoir-vivre et de civisme, le tout enveloppé dans un contexte culturel. Mais ça reste toujours mon avis.

En Afrique, le taux d’analphabétisation des adultes (15-49)est de 49.5% (Source: UNESCO). Quant au taux d’achèvement, on l’évalue à 4.4% selon la même source. Ces chiffres-là signifient tout simplement que des personnes, vivants en Afrique n’ont pas reçu une part importante du processus d’éducation. Pire, ces chiffres montrent le nombre de personnes qui peuvent constituer un frein au développement réel d’un pays. Oubliez les chiffres de croissance économique que nos présidents nous balancent à la figure. Ce ne sont pas les chiffres les plus importants. Un pays ne peut se départir de son développement social. Il faut par conséquent, vu que les messieurs sont trop préoccupés par leur taux de croissance, qu’on s’en charge. Par deux exemples assez simples, je vais vous montrer que les plus importants problèmes de l’Afrique ont tous une base éducationnelle.

Exemple 1 : La mauvaise gouvernance

Dans la catégorie « mauvaise gouvernance », je mets la corruption, l’alternance entre deux régimes qui est toujours compliquée et les nombreux « vols » dans les caisses publiques. Vous savez ce qui provoque cela ? Le manque d’éducation à la citoyenneté. Parce qu’éduquer à la citoyenneté, c’est faire prendre conscience qu’on fait toujours des choix et que chacun de ces choix a des conséquences. Donc mon ami, si tu extorques de l’argent à des marchands à la douane, sache que les légumes que ta femme va acheter au marché seront naturellement plus chers. Si tous ceux qui se ruent vers les institutions publiques ont été scolarisés mais n’ont pas été éduqués à la citoyenneté, l’on se retrouve dans des pays où l’indice de perception de la corruption est à 10. (cas de la Somalie)

Exemple 2 : La croissance démographique

Dire que la naissance de bébés est un problème, c’est bien un discours d’économiste. Et comme je ne suis pas économiste, je trouve toujours que la vie est une grâce. Cependant, chaque enfant a le droit d’être choyés. Et ce n’est pas le cas de tous les enfants. Toutefois, ne rejetons pas tout de suite la pierre aux parents. La plupart du temps, ces grossesses ne sont pas désirées. Soit les parents n’ont pas reçus d’éducation sur le planning familial, soit ce sont des jeunes filles qui n’ont pas été éduquées sexuellement.

 

Les exemples auraient pu s’étendre jusqu’à l’infini.  Il est vraiment important de faire naître une nouvelle génération de personnes éduquées pleinement. Enfin, pour peu que ce soit possible. Mais des personnes qui ont le sens du savoir-vivre en société, de la citoyenneté et surtout ancrées dans leur culture mais suffisamment ouvertes d’esprit pour ne pas rejeter ce qui est extérieur. Plusieurs solutions peuvent être proposées. J’en ai une en stock, que je vous présenterai plus tard. Et j’espère que vous serez nombreux à y adhérer. Avant de se quitter, j’ai une question pour vous : Quelle est  l’école idéale ? Qu’auriez-vous aimé apprendre ? Qu’est-ce qui peut être retranché des programmes scolaires ? En gros, quelle éducation avez-vous reçu (si vous jugez qu’elle est bien) ou auriez-vous aimé recevoir ?


Stop aux idées reçues sur le terrorisme

Le terrorisme gangrène nos sociétés. C’est déjà une plaie de supporter tous ces innocents morts au profit d’une idéologie. Mais c’est encore plus un problème quand ces meurtres font naître des préjugés et idées dont la communauté mondiale peut se passer. Dans cet article, je tenterai de vous montrer que vous avez tort de penser de telle ou telle manière.

Les musulmans sont tous des terroristes

Dessin d'un homme voilé musulman

Dans mon top 5 des préjugés sur les africains, je disais: « Le terrorisme est le fait d’utiliser la terreur à des fins politiques. Bon, vous devez connaître la définition. C’est le nouveau mot en vogue bien malheureusement. Les actes terroristes se multiplient. Des gens font taire leur humanité pour, d’après l’idée que les médias semblent vouloir propager, plaire à un Dieu. Le terrorisme est à présent associé à la religion musulmane. Et comme les pays d’Afrique du Nord sont musulmans, cela va de soi qu’on les assimile à des terroristes. »

Toutefois, selon le dernier rapport produit par l’organisation européenne, seulement 17 attaques ont été commises en Europe l’an dernier par des groupes djihadistes. Alors que les groupes nationalistes ou séparatistes en ont commis 65.

De plus, depuis le 11 Septembre 2001, ce sont 187 attaques qui ont été perpétrées par des individualités, pas forcément affiliées à des mouvements terroristes. Par exemple, la fusillade de San Bernardino, en Californie, entre dans cette catégorie puisque, bien que le groupe armé État islamique ait revendiqué l’attaque, rien ne semble indiquer qu’il l’ait initialement organisée.

Sachez même qu’Al-Qaïda n’est directement responsable en sol américain que des quatre attaques du 11 septembre 2001.

Autre point, selon la récente étude de la Banque mondiale, les pays à forte population musulmane qui affichent les plus hauts niveaux de religiosité sont moins susceptibles d’être des sources de recrues pour Daech.

 

Les terroristes sont tous des analphabètes

Source: Rapport de suivi de la situation économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Octobre 2016) par la Banque Mondiale

Nos travaux montrent que Daech n’a pas recruté ses effectifs étrangers parmi les pauvres et les ignorants, mais plutôt le contraire. En revanche, l’absence d’intégration économique semble expliquer l’ampleur de la radicalisation conduisant à l’extrémisme violent.

69 % des recrues ont un niveau d’éducation secondaire au moins, tandis que 15 % ont interrompu leurs études avant le lycée et moins de 2 % sont analphabètes.

Les recrues étrangères originaires du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et de l’Asie du Sud et de l’Est ont un niveau d’instruction sensiblement supérieur à celui généralement observé dans leur région.

Concernant leur connaissance de la religion, 53 % des recrues la qualifient d’« élémentaire », 20 % de « moyenne », et 4 % d’« avancée ».

Constatation importante, ces individus ne sont ni incultes, ni analphabètes. La plupart disent avoir fréquenté l’enseignement secondaire, et une forte proportion a ensuite suivi des études universitaires.

Les recrues en provenance d’Afrique, d’Asie du Sud et de l’Est et du Moyen-Orient, notamment, sont sensiblement plus éduquées que le reste de leur génération dans leur région d’origine. L’immense majorité d’entre elles déclarent avoir exercé un métier avant d’adhérer à l’organisation.

Ces résultats correspondent à ceux de diverses autres études qui aboutissent à une conclusion similaire : la pauvreté n’est pas un facteur de radicalisation menant à un extrémisme violent.

L’examen des indicateurs de l’intégration économique montre en revanche une forte association entre le taux de chômage masculin et la propension d’un pays à fournir des recrues étrangères à Daech.

Le chômage chez les membres instruits de la population accroît la probabilité qu’ils nourrissent des idées radicales.

Les migrants sont tous des terroristes

Barque sur une rivière

Selon une récente étude de l’université de Warwick, il n’existe pas de relation de cause à effet entre le flux migratoire et le terrorisme. Basée sur les statistiques fournies par la Banque Mondiale et le Global Terrorism Database, cette étude affirme même que plus l’immigration augmente, moins la menace terroriste se fait sentir.

«Les migrations en tant que telles, indépendamment de l’ampleur du terrorisme dans le pays d’origine, mènent à une baisse du nombre d’attaques terroristes de 0,5 à 0,6% quand le nombre de migrants entrant dans un pays augmente de 10%», rapporte l’étude. «Quand les migrants se déplacent d’un pays à un autre, ils emmènent avec eux des compétences, un savoir et des perspectives, ce qui stimule l’innovation technologique, la diffusion des nouvelles idées et la croissance économique», explique Vincenzo Bove au Washington Post.

 

Nous voilà à la fin de cet article. J’espère vous avoir démontré que vous avez tort de penser que les terroristes sont des migrants musulmans analphabètes. Il est important de nous débarrasser de nos préjugés et idées reçues. Ce sont autant de freins au mieux-vivre ensemble. Je n’ai pas LA vision large des choses. Et c’est avec plaisir que j’accueillerai vos commentaires pour enrichir l’article.

Merci et à Lundi prochain.


Clichés les plus répandus sur les africains : top 5

Les préjugés ont la vie dure. Depuis la traite négrière, les Noirs et les africains dans leur ensemble sont sujets à plusieurs idées reçues. Elles ne sont pas toujours vraies. La plupart sont nées du processus de déshumanisation de l’africain. Je vous propose mon top 5 des clichés les plus répandus.

 

  1. Les africains savent danser

    Carlton danse
    Source: Giphy

C’est devenu presqu’une vérité empirique. Aucune étude n’a été faite sur le sujet mais il semblerait que tout le monde soit d’accord sur cet état de fait. Les africains ont toujours eu la musique dans la peau. La musique et la danse avaient un caractère spirituel pour eux. Quand tout leur fut enlevé, quand ils n’avaient aucun droit, aucun bien, seules la musique et la danse constituaient une source de réjouissance.

  1. Les africains sont plus fort physiquement

    Homme noir musclé

Si nous avons été victimes du Yovodah, si nous avons été séparés, si nous avons été exploités et tués dans les champs de coton aux Etats-Unis, c’est bien parce que nous étions considérés comme plus fort.

  1. Les africains ont un sexe surdimensionné

    Femme qui applaudit
    Source: Giphy

Ah ça ! Ce bon vieux préjugé qui nous colle à la peau. Doit-on en être fiers ? Pas si sûr. Ce préjugé est né de la volonté de minimiser un organe (le cerveau) et de maximiser une autre membrane.

  1. Les africains du Nord ne sont pas vraiment des africains

    Un sahélien souriant

Est-ce que les africains du Nord se considèrent comme des africains de prime abord ? Cette question est très importante au niveau du panafricanisme. Qui est africain et qui ne l’est pas ? Etre africain, est-ce une idéologie ? Choisit-on d’être africain ? Ou l’africain est-il seulement celui qui se trouve dans l’espace géographique désigné ? Dans ce cas, être africain n’est pas un choix.

  1. Les africains du Nord sont tous des terroristes

    Drapeau de l'Ei avec des inscriptions arabes
    Drapeau de l’Etat Islamiste

Le terrorisme est le fait d’utiliser la terreur à des fins politiques. Bon, vous devez connaître la définition. C’est le nouveau mot en vogue bien malheureusement. Les actes terroristes se multiplient. Des gens font taire leur humanité pour, d’après l’idée que les médias semblent vouloir propager, plaire à un Dieu. Le terrorisme est à présent associé à la religion musulmane. Et comme les pays d’Afrique du Nord sont musulmans, cela va de soi qu’on les assimile à des terroristes.

Bonus: Les africains sont toujours de bonne humeur

La danse de carlton
Source: Giphy

Bon ça, c’est pas un cliché qui peut être remis en question. On adore la vie !!!

 

Et voilà, nous sommes à la fin de cet article. Vous avez découvert mon top 5 des clichés les plus répandus sur les africains. J’ai dû oublier beaucoup d’autres. Et c’est avec plaisir que je lirai en commentaire ceux que vous avez relevés.

 


Manifeste des enfants de la liberté

Devenons des enfants de la liberté

Marc Levy écrivait en 2007 les enfants de la liberté. Ce roman retrace la vie de jeunes étrangers qui se sont battus pour les citoyens de leur pays d’adoption, la France. Ils avaient à peine la vingtaine. Tous, espagnols, russes, polonais combattaient le système imposé par Hitler. L’Occupation avait redonné de nouvelles couleurs au pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Les français du maréchal Pétain ne s’en prenaient pas aux véritables coupables et assassins, les miliciens allemands. Non, la France de Pétain s’en prenait à ceux qui faisaient la guerre qu’elle n’avait pas le courage de faire. Ces juifs avec leurs étoiles jaunes telles la cicatrice d’Harry Potter, ces métèques avec leurs accents si reconnaissables et si méprisables sont morts pour leur liberté mais aussi celle des français en chantant fièrement La Marseillaise.

Vous vous demandez certainement pourquoi je vous parle de cela ? Vous vous dites pourquoi j’écris sur l’Histoire ? Pourquoi d’ailleurs sur l’Histoire d’un autre continent ? Ne suis-je pas censé parler uniquement de l’Afrique ? N’est-ce pas là mon champ d’action ? Et c’est exactement là que vous vous trompez. Cette trame se déroulant dans les années 40 peut être parfaitement réadapté au contexte actuel. Comme quoi, l’Histoire n’est qu’un cycle. J’ai alors pensé que tout le monde devrait savoir ce qu’est un enfant de la liberté. Quelles sont les traits caractéristiques d’un enfant de la liberté ? Comment agit-il ?  Quelle est sa philosophie ?

 « Que leurs voisins souffrent, tant que la peine ne pénètre pas chez eux, ils préfèrent ne rien voir : faire comme si les mauvaises choses n’existaient pas. »

Nous sommes nombreux à agir de la sorte. A faire comme si les problèmes du reste du monde tant qu’ils ne nous concernent pas, n’existent pas. Les africains ne se sentent pas concernés la plupart du temps par les problèmes des afro-américains. Et vice versa. Où est passé notre penchant panafricain ? Certains se plaignent sur Facebook que les démonstrations de compassion envers l’attentat de Londres ou de Manchester, ou de Nice sont beaucoup plus importantes que celles envers les attentats au Nigéria, au Mali. Désolé mais ceci n’est pas une compétition de propagande. C’est d’une logique implacable qu’on en parle plus que des attentats en Afrique. La plupart des médias que nous suivons sont justement occidentaux. Ce n’est pas étonnant qu’ils parlent plus d’eux. C’est de l’égocentrisme médiatique et c’est tout à fait normal. Mais là n’est pas la vraie question.

Le vrai problème se situe au niveau de notre implication dans les difficultés que traversent le reste du monde. Ce n’est pas parce que je suis afrocentrique, panafricaniste, que la souffrance des autres doit m’être égale. Ce n’est pas parce que je suis africaine, que j’ai suffisamment de problèmes comme ça  sur mon continent que je vais fermer les yeux sur les injustices commises à l’autre bout de la planète. Avant d’être africaine, européenne, asiatique, je suis humaine. En tant que tel, j’accepte le fait de vivre dans une communauté bien plus grande que ma simple région. Si les enfants de la liberté si bien décrits par Marc Levy s’étaient considérés comme italiens, hongrois, roumains, etc. avant d’être français, s’ils avaient décidé d’accepter leur sort au lieu de perdre la vie pour ceux qui justement les lynchaient, l’Occupation aurait été une période bien plus sombre. Nous devons être une communauté sensible à tout ce qui se passe autour de nous afin d’agir plus promptement face aux crimes et à l’injustice.

« Nous n’avons jamais tué un innocent, pas même un imbécile »

Enfant tenant une arme à feu

La deuxième chose que l’on apprend des enfants de la liberté, c’est que la vie est précieuse.

«  Nous ne nous battons pas pour mourir, mais pour la vie tu comprends ? » répétaient-ils souvent.

Ils se battaient pour que d’autres aient ne serait-ce que quelques mois de répit avant le camp de concentration. Dans cette Europe-là, ce n’était pas rien. Le temps et la liberté. Voilà ce qui comptait vraiment. Le temps de profiter de sa famille pour certains. Le temps d’envoyer plus de Juifs dans les camps de concentration pour d’autres. Moins pour un groupe signifiait plus pour l’autre. Mais même dans cette guerre de temps, même lorsque sauver des innocents pouvaient mettre une mission en déroute, les enfants de la liberté ne reculaient devant rien. Seuls ceux qui tuent, déportent ou arrêtent doivent mourir.

Voilà une belle philosophie que tous les activistes devraient embrasser. Combien sont morts dans des altercations entre protagonistes ? Combien ont été grièvement blessés lors d’une confrontation qu’ils n’avaient pas prévu ? Leur seul tort, c’est d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. On en a marre des groupes d’étudiants qui revendiquent un quelconque droit et qui violentent des innocents par la même occasion. On en a ras-le-bol des mutins qui ne respectent pas la hiérarchie, qui bloquent toute une économie pour quelques billets. Nous, les innocents, sommes fatigués d’être les premières victimes alors que nous sommes les derniers coupables.

Un innocent n’est jamais un dommage collatéral. Et ce, peu importe l’importance de l’action ou de la cause à défendre.

Oui, je sais. C’est plus facile à dire qu’à faire. Mais pour une espèce qui a marché sur la lune, ce ne devrait pas être super compliqué d’épargner une vie.

« Tu vois, c’est l’histoire d’un curé qui se prive de manger pour sauver un Arabe, d’un Arabe qui sauve un juif en lui donnant encore raison de croire, d’un Juif qui tient l’Arabe au creux de ses bras, tandis qu’il va mourir, en attendant son tour ; tu vois c’est l’histoire du monde avec ses moments de merveilles insoupçonnés. »

Enfant joyeux

En voilà, un sujet chaud. Un sujet avec lequel il faut prendre la pincette. Parait-il qu’il ne faut pas heurter la sensibilité de l’auditoire, du lectorat ou de l’audimat. Il est de plus en plus difficile de dire les choses telles qu’elles sont. Quand on essaie de les tourner en dérision pour les rendre moins importantes, c’est encore plus grave.

Vous savez, le plus beau dans ce roman de Marc Levy, c’est l’union de toutes ces personnes de différentes nationalités. Ils étaient tantôt italiens tantôt hongrois et etc. mais tous se supportaient l’un l’autre. Ils croyaient en un idéal commun. Ils se fichaient de savoir de quel origine était l’un, quel accent avait l’autre. Ils avaient un but commun.

La citation ci-dessus est extraite d’un passage où les personnages sont dans une prison, un endroit sinistre et sale. Et dans cette détresse, ils se serrent les coudes. Avant de rentrer dans cette prison, la nationalité, les origines, la religion ne comptait pas. Mais dans cette prison, elle comptait encore moins.

Le terrorisme est notre prison. Mais ce n’est pas en devenant islamophobe qu’on en sort. Ce n’est pas en assimilant l’islam à la mort qu’on en est libéré. Ce n’est pas en privant les musulmans de leur liberté de croire que nous en sommes sauvés. Non. C’est en se rappelant que l’islam est une religion d’amour et de paix ; c’est en se souvenant que les musulmans ne sont pas tous membres de l’Etat Islamiste ; c’est en prenant conscience que nous ne pourrons nous débarrasser de ce fléau qu’en faisant qu’un que le miracle se produit. Parce qu’unis, rien ne nous résiste.

Le réchauffement climatique est notre prison. Cette terre est la nôtre. Elle était là avant que nous voyions le jour et elle devrait être là après que nous mourrions. Elle devrait surtout être en bonne état après notre mort. Ce n’est pas en essayant de rendre l’Amérique grande encore que nous en serions sauvés. L’argent ou la prospérité sont bien inutiles quand il n’y a plus de vivriers à se mettre sous la dent. C’est ensemble et seulement ensemble que nous pourrions résoudre ce problème. Parce qu’unis, rien ne nous résiste.

En définitive,

« Ce qui compte aujourd’hui, c’est que des mots de vérité, quelques mots de courage et de dignité pleuvent sur le cortège. Un texte gauchement écrit, mais qui dénonce quand même ce qui doit être dénoncé ».

Les enfants de la liberté est une fiction mais qui s’appuie sur des faits historiques réels. La conscience du monde a voulu que Marc Levy fasse passer un message aux amoureux de la liberté, aux détracteurs de l’injustice et aux grands activistes. C’est cette même conscience qui a désiré que je vous rappelle que nous constituons un bien petit village dans l’espace. Elle a tenu à ce que j’insiste sur le fait que chacun doit œuvrer pour le mieux vivre, pour le vivre ensemble. Soyons acteurs du changement.

PS : N’oublions pas que les enfants de la liberté étaient des étrangers, des migrants…A suivre

Bouche d'un enfant noir


La dépigmentation, une insulte au combat de nos aïeuls

« La dépigmentation est une insulte au combat de nos aïeuls »

 

J’ai toujours vécu à l’intérieur du pays. Et en tant que bonne campagnarde, la capitale est un choc. D’un côté, à cause de l’air qui est aussi lourd que de l’eau. Et de l’autre, à cause des habitudes des gens. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le nombre de fausses blanches. Comme on dit chez nous, les gos qui se tcha là.

Que ce soit à Dabou ou à Yamoussoukro, je n’avais jamais observé une aussi grande quantité de  personnes dépigmentées. J’en voyais mais pas beaucoup. A croire que la métropole amplifie l’effet de dépigmentation.

Etant une personne qui a dû mal à condamner avant de connaître, je m’interroge sur les raisons de cet acte auprès de mes voisines (tcha). Certaines prétendent que les hommes sont plus attirés par les femmes de peau claire. Tandis que d’autres affirment qu’elles le font pour elles-mêmes parce qu’elles se sentent plus belles donc plus confiantes.

Ladjilaaa !!!!! Tout ça pour ça ?!!

Je veux dire vous risquer votre santé souvent même votre beauté (soyons francs) pour CES raisons-là. Elles ne tiennent même pas debout. Ce sont des châteaux de cartes (House of cards’ fan spotted 😉 ). Mais ce qui me fait le plus de peine, c’est que la dépigmentation est une insulte au combat de nos aïeuls.

Les colons sont venus et ils ont dit que les Noirs étaient des sauvages, une race inférieure. Des années plus tard et aidés par des gens comme Marcus Garvey, Luther King, Rosa Parks, Stokely Carmichael, Nelson Mandela… nous sommes à présent l’égal des Blancs. Nous sommes indépendants (enfin sur le papier). Nous sommes reconnus à présent comme des êtres qui ont autant de valeur que d’autres.

Et la dépigmentation prouve votre mal-être.

La dépigmentation prouve que vous vous sentez mal dans votre peau de NOIR. Alors que des gens ont perdu la vie pour que vous puissiez revendiquer cette couleur de peau. Est-ce que vous voyez le paradoxe ????!!

Je veux bien comprendre…mais je ne comprends pas. Etre Noir, c’est avoir une histoire tellement riche et forte. Je ne dis pas que se dépigmenter la peau vous départit de cette histoire. Non. Je dis juste que « quand tu connais réellement et profondément la portée historique de qui nous sommes, en tant qu’africains, c’est ta vision du monde qui change » et souvent tu as juste envie de te tchâ mais à l’envers, de laisser tes cheveux nappy et de te promener en kenté tous les jours.

Ce doit être une fierté pour nous d’être noir. Nous connaissons tous les méfaits de la dépigmentation. On en parle assez dans les lycées et collèges et même dans les rues. Si nous continuons quand même dans ce sens, c’est surtout pour un problème de confiance en soi. Et c’est à ce moment-là que j’admire Khoudia Diop.

Khoudia Diop en robe rouge

 


La question de l’ethnicité en Afrique

 

Gottlob Frege (1894) se prononçait en ces termes :

« Puisque toute définition est une identité, l’identité elle-même ne peut être définie ».

Ainsi, la notion d’ethnie reste-t-elle floue et sa définition complexe. D’autant plus que peu sont les anthropologues qui s’y attardent, préférant largement expliquer les conséquences de l’ethnie sur l’organisation sociale. Si l’ethnie ne semble pas avoir de définition qui ait trouvé yeux auprès de tous, l’ethnicité par contre est le sentiment d’appartenir à un groupe différent des autres et de le revendiquer. A en croire les médias, il semblerait que tous les conflits contemporains de l’Afrique aient pour unique cause latente ou patente ce sentiment d’appartenance à une des nations au sein d’un Etat.

L’Afrique est-elle vraiment marquée par l’ethnicité ? Ou porte-t-elle encore les stigmates d’une époque coloniale ?  Dans quelles mesures l’ethnicité peut se révéler être un frein au développement de l’Afrique?

Les africains se prévalent d’avoir une identité tantôt créole, tantôt zulu, tantôt yoruba. Ils en sont fiers. Mais peu savent qu’il s’agit d’un héritage de l’époque coloniale. Loin de moi l’idée de penser que les ethnies n’existaient pas avant l’arrivée des Blancs sur nos côtes. Seulement les différences entre ces groupes ethniques n’étaient pas marquées et ne posaient par conséquent aucun souci d’ordre politique ou social. L’administration coloniale a jugé que cet état de fait prouvait notre primitivisme. Et dans un souci de civilisation et d’organisation des colonies, elle a accentué les différences entre groupes ethniques pour les classer et mieux les diriger. C’est assez paradoxal parce que l’administration coloniale était censée porter un message d’universalisme et de République alors qu’en réalité, elle créait des dissensions au sein des colonies.

Toutefois, c’est à la succession des Big Men (hommes politiques ayant obtenu l’indépendance pour leur pays) dans les années 90 que la notion d’ethnicité a été reprise par les politiciens. En effet, avec la mort des Big Men, c’est aussi le système de parti unique qui meurt. Dans un environnement politique plus concurrentiel parce que plus ouvert, l’ethnicité devient un moyen pour les politiciens de gagner les élections. Le sentiment de loyauté envers les personnes du même groupe ethnique « obligent » les Bété, par exemple, de voter pour un candidat de la même origine.

La situation politique en Côte d’Ivoire depuis la mort de son père fondateur Félix Houphouët Boigny en fait un exemple typique.

Ce dernier dans un souci de dynamique agraire a invité certains cultivateurs de pays étrangers à s’installer en Côte d’Ivoire. Ces derniers n’avaient pas toujours la nationalité ivoirienne mais avaient un droit de vote. Monsieur Big Brother Félix Boigny voulait s’assurer de toujours sortir vainqueur des élections. Cette situation ne gênait pas jusqu’à ce qu’un candidat à la présidentielle aux origines douteuses se présente. Et là, ça a fait jaser. Surtout qu’avec la chute des cours du café et du cacao, les ivoiriens remettaient la faute sur les étrangers. Chaque politicien a vu là une aubaine pour gagner le suffrage. De Henri Konan Bédié à Laurent Gbagbo sans oublier Alassane Ouattara lui-même, tous ont joué la carte de l’ethnicité et ont accentué les dissensions entre chaque ethnie. Mais surtout entre zone géographique, opposant ainsi le nord des Dioulas et le Sud des Bété et Baoulé.

En outre, l’ethnicité a des répercussions tant sur la politique que sur le social.

D’un côté, cette division en différents groupes ethniques ne favorise pas la formation d’une nation nécessaire à la bonne marche d’un Etat démocratique. Et d’un autre côté, elle crée des tensions entre groupes ethniques plus ou moins profondes qui peuvent facilement tourner au massacre, au génocide (voir cas du Rwanda).

Vous l’aurez donc compris, loin d’être la manifestation de haine atavique entre peuples, l’ethnicité est surtout un instrument politique. Contrairement à ce que les médias veulent nous faire croire, l’ethnicité n’est pas le problème aux conflits contemporains en Afrique. C’est plutôt l’argument ethnique utilisé à tout va par nos politiciens qui en est la cause secondaire. La cause première étant, comme partout ailleurs la conquête du pouvoir.


1984 d’Orwell, toujours d’actualité en 2017

George Orwell sur BBC
George Orwell, auteur de 1984

C’était un froid matin de Mai. Saison pluvieuse, saison sèche, on ne s’y retrouvait plus dans ces temps avec le réchauffement climatique. Quoi qu’il en soit, cela faisait maintenant 3 jours consécutifs que le ciel était couvert. Aminata Diallo, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Elle passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons des Ruineux en Tout Genre » à Abidjan Mall, pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps qu’elle un tourbillon de poussière et de sable.

Le hall sentait le café de chez Cosy. À l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée à la vitrine d’un glacier. Elle représentait simplement des visages poupins d’enfants, tenant un cornet de glace à la main et souriant, comme si cette sucrerie leur garantissant le bonheur total.

Aminata se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur ou l’escalator. Même dans ces moments les moins lucides, elle n’avait jamais eu le courage de les prendre. Elle avait trop peur que le courant se coupe quand elle est en ascenseur ou d’avoir le vertige sur l’escalier roulant. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des spécialités de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité. A croire qu’elle aussi fait des économies d’énergie. N’oubliez pas ! Eteignez la lumière en sortant de chez vous. Et bah c’est pareil avec la CIE. Quand les techniciens descendent du travail, ils éteignent tous les appareils avant de sortir.

Aminata était partie s’acheter une lotion contre l’acné. La vendeuse était si convaincante et si adorable qu’elle se prit également un gel, un savon, une crème en plus de la lotion. La vendeuse lui a dit que c’était « pour un soin complet et efficace ». Aminata, n’y connaissant pas grand-chose et un peu intimidée acheta la gamme complète.

Sur le chemin retour à Angré, Aminata dans son taxi observait le paysage abidjanais. Elle ne voyait que des panneaux indiquant tantôt les artistes invités au FEMUA tantôt le raffinement dont on faisait preuve en buvant une bière. Elle aimait bien ça. Regarder tous ces panneaux. Elle avait l’impression qu’en quelques mètres, elle aurait fait le tour des grands évènements qui se déroulaient dans la capitale.

L’appartement d’Aminata était au troisième. Aminata, qui avait vingt-et-un ans et souffrait d’un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, montait lentement. Jeunesse et vieillesse, il n’y avait plus de grande différence maintenant. Elle s’arrêta plusieurs fois en chemin pour se reposer. À chaque palier, sur une affiche collée au mur, un énorme message publicitaire la fixait du regard. Une légende, sous chaque affiche, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE.

À l’intérieur de l’appartement d’Aminata, une voix sucrée et avec un accent typiquement ivoirien faisait entendre une série de nouvelles qui avaient trait à la situation dans le monde. La voix provenait d’un écran large de plusieurs pouces encastré dans le mur d’en face. « Emmanuel Macron, élu président de la République française… », « C’est le plus jeune président de la France… », « En seulement deux ans, Emmanuel Macron a réussi à briguer le fauteuil présidentiel… », « Le président Alassane Ouattara s’est rendu au Ghana pour… ».

Aminata appuya un bouton sur la télécommande et la voix diminua de volume, mais les mots étaient encore distincts.

Aminata se dirigea vers la fenêtre. Au-dehors, à travers le carreau de la fenêtre fermée et malgré le mauvais temps, la capitale ivoirienne paraissait toujours aussi chaude. Dans la rue, des jeunes gens étaient joyeux et discutaient du dernier Happy Run organisé par Orange. D’autres, assis autour dans un bar goutaient à la bière dont Aminata avait vu l’affiche sur le chemin retour d’Abidjan Mall. De tous les carrefours importants, les panneaux publicitaires vous fixaient du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende.

Lasse d’observer des gens qui ne se rendaient pas compte que Big Brother les manipulait, Aminata s’assit dans son fauteuil dans l’idée de jeter un coup d’œil sur les réseaux sociaux. Dans son smartphone, entre les articles sur la victoire d’Emmanuel Macron, les critiques sur la politique d’immigration de Marine Lepen et les emoustillements du côté des immigrés, Aminata se sentait toujours la cible de Big Brother. Sans parler des publicités sponsorisées sur Facebook et CIE où nos informations personnelles étaient utilisées à des fins commerciales. Elle avait l’impression d’être la marchandise d’un trafic d’humains. Big Brother l’avait eu. Elle était piégée. Elle n’aurait pas dû lui faire confiance.

Abandonnant également son smartphone, elle prit un morceau du journal quotidien national. Il disait exactement la même chose que la télévision ou Internet, Macron avait gagné, la raciste de Lepen avait perdu contrairement à son homologue américain, Alassane Ouattara travaillait pour rendre la Côte d’Ivoire prospère. Que de la propagande en gros !

En quatrième de couverture, un visage souriant et en légende, les trois slogans de Big Brother :

LA VERITE C’EST LE MENSONGE

LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE

L’IGNORANCE C’EST LA FORCE

 

BIG BROTHER VOUS REGARDE, cher lecteur.

Big Brother vous regarde en fond rouge

Signé Miss Africa


Voyage sensoriel au cœur d’Abidjan

 

Je vous présente le texte qui m’a permis d’être retenu pour intégrer Mondoblog. Attention ! Il comprend plusieurs expressions typiquement ivoiriennes. Pour le comprendre, vous pouvez vous référer aux notes de bas de pages. Bonne lecture. Et n’hésitez pas à laisser un commentaire.

 

 

Ennuyée, je me décide à visiter AbidjanIntriguée, je me suis levée pour regarder par la fenêtre,

j’aperçus alors En’Kaï dans toute sa grandeur et sa splendeur. En’Kaï, la déesse-mère chérie des Massaï et source de toute vie se mouvait dans la ville d’Abidjan. A ce fœtus métropolitain, elle fournissait un placenta riche en vitamine B-Espoir, en Oméga Travail et en hormone Joie 225. Cette ville ivoirienne se dressait devant moi sous ce soleil de plomb et j’en tombais amoureuse. Laissez-moi vous peindre un endroit remarquable où j’ai pu expirer toute mon inspiration.

 

 

De ma fenêtre, je voyais Adjamé, la commune aux mille-et-un trafics.

Là, on y trouvait de tout ; du ventilateur aux ordinateurs en passant par des poumons transplantables. Que pouvez-vous donc chercher qu’un commerçant du Black n’ait pas ? Une seule destination : Adjamé. Et ne vous inquiétez pas de l’itinéraire. Les gbakaman (1) peuvent vous déposer au calme. Dans cette section de Babi (2), il n’y avait que des hommes d’affaires. Djo (3), chacun cherche son djai (4) ! On se crevait un tympan à entendre une jeune fille s’égosiller pour liquider son stock de boucles d’oreilles. On se dégotait un rhume à sentir les aisselles d’un apprenti chauffeur quand on monte à bord de son wôrô-wôrô (5), transport par excellence des pauvres gens. Et on se laissait charmer par les vendeurs qui faisaient tout pour vous arracher quelques billets. Quoi qu’il en soit, vous ne ressortirez jamais d’Adjamé comme vous êtes venu.

De ma fenêtre, je pouvais observer les gars (6) et gos (7) de Yopougon à la rue Princesse.

Évitez les idées toutes faites et les clichés d’humoristes. Ce ne sont pas tous des ivrognes, ils ont juste une soif de chameau. Ce ne sont pas tous des fêtards, juste qu’ils apprécient la compagnie de leurs amis sous fond sonore. C’est ça Yop City. La joie de vivre, l’espoir, la fraternité y règnent en maître et les groupes wôyô (8) chantent leur louange.

De ma fenêtre, je voyais du mouvement, de l’empressement, du chahut, des fêtes.

Il se passait toujours quelque chose à Babi. Une chienne met bas ? Vite, une fête. Le mariage de votre sœur ? Rapido presto, on informe tout le village qu’il vienne avec le cortège de bruits et le lot de cousins lointains. Un ami a découvert qu’il était cocu ? Hop, on met son histoire en chanson version Zouglou (9). Y-a-t-il seulement un événement qui n’est pas célébré en Côte d’Ivoire ? Même la Faucheuse a son tube zouglou.

De ma fenêtre, s’élevait de Babi une réelle cacophonie.

A Abobo, l’on pouvait entendre des jeunes gens parler dans un langage bien connu des ivoiriens. Le nouchi stimule les muscles les plus enfouies et les moins connus de la mâchoire et dont la pratique est un véritable calvaire pour les étrangers. Du haut de ma fenêtre, ce n’était pas seulement du grabuge que j’entendais. Au-delà, En’Kaï me faisait écouter la voix d’un peuple qui a soif de croissance économique, d’emploi, de liberté, de technologie, de développement.

De ma fenêtre, les odeurs de la capitale ivoirienne me parvenaient.

Les gaz d’échappement des épaves mobiles des abidjanais avaient intoxiqué l’air d’Abidjan. Ça nous détruisait les poumons à petit feu mais on ne s’en inquiétait pas ; on pouvait toujours en prendre de neufs à Adjamé. Faites un tour d’Abidjan en voiture et vous aurez fait le tour du monde des effluves. Vous serez passé devant le garbadrome (10) et le garbatigui (11) vous aurait servi un bon plat de garba (12) chaud bien salé et pimenté. Et je ne vous parle pas des arômes des sauces d’ici. Mafé, Kedjenou (13), Gombo, toutes ces senteurs me parvenaient et me mettais l’eau à la bouche.

Enfin, de ma fenêtre,

je me suis rendue compte que j’étais restée beaucoup trop de temps à la fenêtre et qu’il fallait être fou pour ne pas se laisser emporter par la mélodie joyeuse que fredonnait à l’unisson les gars et gos de Babi. C’est décidé : je descends me mêler à la troupe. Et vous, quand vous décideriez-vous à vous laisser tenter par les charmes à l’Abidjanaise ?

 

1 Chauffeur de van pour le transport de personnes
2 Abidjan
3 Interjection témoignant d’une certaine évidence
4 Argent
5 Van aussi appelé Gbaka
6 Hommes
7 Femmes
8 Genre musical ivoirien dans lequel on conte une histoire avec pour seul accompagnement un tam-tam
9 Genre musical
10 Lieu où se vend le garba
11 Celui qui vend le garba
12 Semoule de manioc (attiéké) accompagné d’un poisson thon frit et des condiments
13 Soupe de poulet, généralement accompagnée d’attiéké


Comment mon aventure Mondoblog a commencé…

#MONDOBLOGGA

Nombres de participants à Mondoblog saison 6
10 mois. 10 mois que j’écris des billets. 2 mois sur Jimdo. 8 mois sur Blogger. Une semaine sur Mondoblog (saison 6). 10 mois. Cela fait 10 mois que je me suis découverte une nouvelle passion. 10 mois que je partage mes pensées avec un lectorat assidu.

Ça ne fait que 10 mois et j’ai pourtant l’impression d’avoir été bloggeuse toute ma vie.

Pour la petite histoire avec Mondoblog, j’en avais déjà entendu parler. Sonia Guiza, lors de sa formation Mondo à Antanarivo (Madagascar), en a fait largement la promotion. Toutefois, je n’aurais certainement pas participé si un ami, Jerry, ne m’en avait pas parlé. Il m’a dit : « vas-y ! Ça peut être une super expérience. » Et je me suis lancée. J’ai choisi un des trois thèmes, celui qui me parlait le plus. J’ai écrit un texte que j’ai fait lire à Jerry. Il m’a répondu :

« Tu peux faire mieux que ça. Ce texte, tout le monde peut l’écrire. Et tu n’es pas tout le monde. Ce n’est pas parce que tu soumets un texte à RFI que tu vas être sérieuse. Je veux voir ta folie. ».

J’étais déçue mais contente qu’il ait été franc.

J’ai alors écrit un second texte. Un texte où j’ai appliqué mon auto-conseil préféré : « tout est une question d’angle et de perspectives ». Oui, en littérature, je me révèle être une bonne mathématicienne. J’ai envoyé à mon conseiller le second jet et il a aimé. C’est celui-là que j’ai envoyé à RFI (je l’ai un peu rogné parce que trop long) et que vous retrouverez dans le prochain article.

Le 27 Avril, un ami fait un post sur Facebook dans lequel il dit n’avoir pas été reçu pour Mondoblog. Du coup, je vérifie ma boîte mail. Rien. Que dalle. Je panique. Je ne stressais pas pour le concours jusqu’à ce jour. J’en parle à une de mes supers copines. Elle me dit de me calmer et que c’est plutôt bon signe si je n’ai pas reçu de mail.

Le lendemain, comme tout adolescente de la génération Y connectée, mon premier réflexe est de vérifier mes notifications. Je check ma boîte mail et là, je me rends compte qu’il y a un mail important reçu la veille que je n’ai pas lu. Je mets sur le compte de la connexion réseau (merci Orange. La vie change vraiment avec vous). C’était un mail de RFI Mondoblog qui disait :

Mail reçu pour la sélection Mondo

Bah, voilà. Vous connaissez toute l’histoire désormais. Je suis mondoblogueuse et malgré mon agenda de publications qui devient de plus en plus chargé, je vous promets un article ici chaque Lundi. Donc rendez-vous le Lundi prochain. D’ici là, profitez des articles déjà publiés.

Bisous,

Miss Africa.