Traore Amos Joel Yohane

A la rencontre des jeunes maracaniers du Burkina Faso

Conakry, la capitale de la République de Guinée sera jusqu’au 28 septembre l’épicentre du maracana. La compétition bat actuellement son plein avec des rencontres aussi palpitantes les unes que les autres. L’ambiance est très fraternelle et conviviale. Le maracana est en vogue dans de nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest et notamment au Burkina Faso. Alors que le pays des hommes intègres est représenté à Conakry, des jeunes maracaniers de la ville de Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso, s’expriment sur la place qu’occupe le maracana dans leur quotidien. Deux jeunes bobolais, Traoré Ismaël, entrepreneur évoluant dans le domaine de la prestation de services et Tou Abdoulaye, soudeur mécanicien nous livrent leurs impressions sur ce sport.

Ah le maracana !

En cet après-midi, Traoré Ismaël jeune trentenaire, s’affaire à la rédaction d’un devis pour un de ses gros clients. A peine fini, il nous déclare sa flamme pour le maracana.

Ismaël dans son entreprise de prestation de service – crédit : Amos Traore

« Si le maracana n’existait pas, il faudrait obligatoirement le créer. C’est un sport magnifique qui permet à nous les jeunes de se retrouver tous les soirs pour partager de bons moments sur le terrain. L’objectif principal dans le maracana, ce n’est pas la performance. Ce sport permet de décompresser. Les maracaniers de Bobo viennent de partout, toutes les professions sont représentées. Il y a même un député dont je tairai le nom qui vient souvent jouer avec nous : il n’y a que le maracana qui permet cela.

La jeunesse bobolaise est confrontée à de nombreux défis et ce n’est pas toujours facile, le stress et la démotivation ne sont jamais loin. Donc lorsque nous nous retrouvons tous ensemble le soir, on fait tout pour mettre de l’ambiance et chasser toutes les ondes négatives. Nous avons tous un petit surnom lorsque nous jouons, le mien c’est « Black Panther »(rires). Franchement, le maracana doit être pratiqué par plus de personnes. Il y a souvent des vieux de 60-70 ans qui viennent jouer avec nous à cause de l’ambiance et pour se maintenir en forme et cela crée un formidable brassage générationnel.

Le maracana me permet à titre personnel d’être en pleine forme. Les maladies telles que le paludisme ou l’hypertension ont peur de l’organisme d’une maracanier car il est très sain (rires). Je pense que notre gouvernement et même tous les autres pays du monde doivent inscrire le maracana sur la liste des traitements  à  utiliser  contre  certaines maladies », a déclaré notre très cher Ismaël, qui après l’entretien a fermé les portes de sa succursale pour aller rejoindre ses copains maracaniers.

Cap est ensuite mis sur le quartier historique de la ville de Bobo Dioulasso, Colsama. A Colsama, on retrouve le jeune Abdoulay Tou qui a 24 ans et qui est un inconditionnel du maracana. D’ailleurs lorsqu’on le retrouve, il est tout heureux car lui et son équipe viennent de remporter un tournoi organisé par un grand frère du quartier. Tout heureux, il nous parle de son amour pour le maracana.

Abdoulay, de retour après une compétition de maracana – crédit : Amos Traoré

« Le maracana c’est vraiment super. Nous venons de remporter la 3e édition de la coupe maracana organisé par un de nos grands frères. Depuis que j’ai l’âge de 12 ans, je joue au maracana. Cela a un aspect positif sur mon quotidien en me permettant d’éviter de nombreux ennuis. Quand nous jouons ensemble au maracana, les grands frères nous prodiguent des conseils pour que nous soyons des jeunes exemplaires.

Ce que j’aime dans le maracana c’est la surface du terrain. Elle n’est pas grande et on peut y faire de nombreuses actions pour fatiguer l’adversaire (rires). C’est vraiment génial, les règles sont simples et on se fait plaisir seulement.

Je suis mécanicien soudeur de profession et jouer fréquemment au maracana me permet de trouver un équilibre. J’aimerais qu’il y ait plus de terrain à Bobo où de nombreux jeunes pourront jouer au maracana. Nos autorités doivent valoriser la pratique du maracana. Cela pourrait booster le tourisme et avantager notre économie à travers la venue de touristes qui vont découvrir ce merveilleux sport. »

 

Le maracana, une affaire de potes – crédit : Amos Traoré

 

 

Ismael et Abdoulaye, par leurs témoignages, nous montrent que le maracana va perdurer dans le temps et va continuer à rassembler diverses couches sociales. C’est ça la magie du maracana.



L’humanité se dirige-t-elle vers le précipice ?

Il y a quelques semaines, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a tiré la sonnette d’alarme. Selon le GIEC, le réchauffement des terres émergées a atteint 1,53°C. De ce fait, pour ce groupe d’experts, l’humanité doit revoir en urgence son mode de consommation. En outre, le réchauffement climatique est à un point critique et si rien n’est fait notre monde court tout droit vers la catastrophe. Par conséquent, le groupe d’experts préconise avant tout un changement notoire dans la gestion des terres, la production agricole et l’alimentation.

Pour en savoir plus : les détails du rapport du GIEC sont disponibles ici.

Quelques jours avant la publication du groupe d’experts sur le climat, l’Institut des ressources mondiales (World Ressources Institut, WRI) faisait aussi un constat très préoccupant. En effet, le WRI a indiqué qu’un quart de la population mondiale est en situation de pénurie hydrique grave, c’est-à-dire proche du jour zéro. Selon l’Institut, 17 pays pourront se retrouver sans eau dans un avenir très proche. Connaissant le rôle vital de l’eau dans le cycle de la vie, si cette denrée précieuse venait à manquer, on n’ose imaginer les conséquences qui en découleront à l’échelle planétaire.

Les effets du réchauffement climatique – CC Ken Kitsler

Tous les signaux sont au rouge

Comment le monde en est-il arrivé là? voici une piste de réponse du patron du WRI, Andrew Steer qui livre ceci:

« L’agriculture, l’industrie, et les municipalités absorbent 80 % de la surface disponible et des eaux souterraines lors d’une année moyenne. »

En sus, M. Steer se désole ensuite du fait que l’humanité dans son ensemble ne prête aucune attention à la terrible catastrophe qui se profile à l’horizon. Là aussi, dans le rapport du WRI, l’humain doit prendre ses responsabilités pour ne pas s’organiser des funérailles de première classe. Une pénurie en eau serait désastreuse pour notre monde car cela va entraîner irrémédiablement des conflits alimentaires, des flux migratoires conséquents et des périodes d’instabilités financières.

Pour un savoir plus : un article sur le rapport de l’Institut des ressources mondiales

Des perspectives effrayantes

La planète terre ne s’est jamais portée aussi mal, mais le plus aberrant c’est qu’une grande partie de la population n’y prête pas attention, pire, certains décideurs politiques et des acteurs du monde de la science tentent de faire croire que le dérèglement climatique n’est qu’une grande farce. Pitié, quand est-ce que l’hypocrisie générale va cesser ? Quand est-ce que l’humain va comprendre qu’il n’est absolument rien sans dame nature ? Quand est-ce que nous allons comprendre que si la terre décide de dire stop, nous serons tous réduit à néant ? Jusqu’à preuve du contraire, la terre est la seule planète habitable du système solaire et si elle disparaît, l’espèce humaine appartiendra au passé…

La jeune génération a décidé de passer à l’action

Grève des jeunes pour le climat à Zagreb, Croatie – CC pixabay

La nouvelle génération a compris qu’il faut agir au plus vite. Un mouvement spontané de jeunes gens, dont la figure de proue est Greta Thunberg, a décidé de prendre ses responsabilités pour essayer d’inverser le terrible processus qui a été enclenché par leurs aînés. Oui, ces gamins ont pris les devants, ils ne veulent pas voir notre planète se transformer en un gigantesque cratère qui nous engloutira tous. Dans l’un de mes articles précédant, j’évoquais l’urgence de la situation, j’y ai fait cas de l’engagement du célèbre acteur américain, Leonardo Dicaprio. Alors qu’il s’adressait à la tribune des Nations Unies, l’acteur plusieurs fois oscarisé a livré un témoignage édifiant… A revivre dans la vidéo ci-dessous:

Aussi, pour ne rien arranger à la situation de notre planète, l’Amazonie, qui est considéré à juste titre comme le poumon vert de la terre est en train de brûler depuis plusieurs semaines. Il ressort que les incendies furent allumés délibérément par des exploitants agricoles et par des structures agroalimentaires sans scrupules, parfaitement inconscients. Le rôle que joue la forêt amazonienne dans le cycle de la vie est cruciale. C’est l’une des dernières forêts sauvages du monde. L’oxygène que nous respirons tous est régulé en grande partie par la forêt amazonienne et voilà comment des humains la remercient…

La vidéo ci-dessous doit tous nous interpeller !

Des décideurs politiques interpellés

La foret Amazonienne avant qu’elle ne brûle, vue de la tour d’observation du MUSA, à Manaus, Brésil (2018) – flickr.com/SebMar

Raoni, figure internationale de la défense de l’Amazonie et ancien chef du peuple kayapo a lancé un vrai cri de cœur pour que la déforestation très avancée de l’Amazonie cesse. Il a aussi interpellé le président brésilien climato-sceptique affirmé, Jair Bolsonaro pour qu’il prenne conscience que sa politique est un véritable danger pour le poumon vert de la planète. A noter que la forêt de l’Amazonie appartient à 60% au Brésil.

Pour en savoir plus :

« Ils n’arrêtent pas de détruire la forêt amazonienne » : le chef Raoni tire la sonnette d’alarme

Forêt amazonienne : que serait la Terre sans son « poumon » ?

Mettre en place les solutions qui se trouvent sous nos yeux

Des solutions existent bel et bien pour tenter d’inverser la courbe du dérèglement climatique. En outre, Nous devons abandonner la production et l’utilisation des énergies fossiles qui ont bâti notre société contemporaine et aller vers les sources d’énergie propres.

champs d’éoliennes – CC pixabay

Certains lobbys ont réussi avec brio à faire ancrer dans les mémoires collectives le fait que la production des énergies renouvelables est coûteuse et n’arrivera pas à couvrir les besoins en énergie de la planète, ce qui n’est pas du tout vrai. En effet, selon une récente étude scientifique publiée dans la revue scientifique américaine Energy Policy, l’installation d’un vaste parc éolien sur des terres libres en Europe permettrait d’ali­men­ter le monde entier en électricité jusqu’en 2050.

Cependant, pour que cela se matérialise, il faut qu’il y ait un véritable engagement politique au niveau mondial. Notre terre n’a cessé de nous envoyer des signaux d’alertes que nous avons refusé de prendre en compte, maintenant il est plus qu’évident qu’elle est à bout de souffle.

Agir au plus vite

L’espèce humaine n’échappera pas aux conséquences de son inconscience et on le constate déjà. Malgré les faits, nous refusons toujours de voir la réalité en face et nous nous berçons d’illusions et de faussetés alors que nous flirtons dangereusement avec la zone du point de non-retour. Le défi est immense, mais si l’humanité dans son son ensemble décide de réagir nous pourrons aider la terre à se régénérer.

Aussi, ce combat n’est pas celui de Greenpeace et des organisations de défenses de l’environnement, encore moins celui de la courageuse et vaillante Greta Thunberg et de tous ces jeunes qui se sont mobilisés en faveur de la terre, non ce combat est celui de tous les habitants de la terre sans exceptions. Chaque humain doit prendre ses responsabilités à son niveau en mettant en place des actions pour sauver notre monde. En étant solidaire et en travaillant main dans la main, à l’échelle du globe, nous pourrions arrêter ce processus infernal et du même coup sauver notre espèce d’une extinction.


Anou, le peintre qui interpelle par ses tableaux

Anou le reconnaît lui-même, il n’est pas du tout facile de vivre du métier de peintre au Burkina Faso et plus particulièrement dans sa ville natale de Bobo Dioulasso. Selon ce talentueux peintre, qui est un vrai passionné, pratiquer la peinture est mal vu dans la ville de Sya (nom local, de la ville de Bobo Dioulasso). Le peintre y est considéré comme une personne qui n’a rien à faire, un rêveur qui n’a aucune perspective pour son « avenir » comme le disent couramment les bobolais.

A l’occasion d’une exposition à l’Institut Français, le jeune artiste peintre Anou a dévoilé ces nouvelles œuvres. À travers cette exposition, l’artiste a voulu attirer l’attention du grand public sur un thème qui lui tient particulièrement à cœur, l’éducation. C’est donc autour de ce thème qu’il a proposé divers tableaux aux visiteurs, afin de faire comprendre à tout un chacun l’importance de l’éducation dans toute société. D’après Anou, l’éducation est le socle de tout développement durable. Allons donc à la découverte de ce peintre qui a fait de son art un style de vie, une arme pour faire changer les mentalités et faire bouger les choses. À cœur ouvert, il nous livre son quotidien de peintre, ses expériences acquises au fil des années et ses ambitions.

Anou, merci pour votre accueil ! Qui est Anou?

Mon nom c’est Sanou Moustapha à l’état-civil et mon nom d’artiste c’est Anou. Anou, c’est tout simplement le diminutif de mon nom de famille, Sanou. Je suis artiste peintre et à mes heures perdues je joue de la musique.

Quand et comment avez-vous commencé la peinture ?

Il faut dire que j’ai commencé à peindre très tôt, depuis le bas âge. Quand j’étais enfant, de nombreux membres de ma famille s’adonnaient à la peinture par passion et ils m’ont influencé dans mon choix de faire de la peinture. Quand j’étais enfant, j’ai aussi toujours été émerveillé par les dessins. Au fil du temps, j’ai commencé à fréquenter des ateliers de peinture dans la ville de Bobo, dans le but d’apprendre cet art.

Vous êtes un passionné de peinture, comment vous la vivez au quotidien ?

La peinture, c’est toute ma vie. J’ai coutume de dire qu’on ne choisit pas la peinture pour en faire un métier, l’art de peindre est un don. Le simple fait d’avoir vu des membres de ma famille peindre des tableaux m’a fasciné. En plus de cela, de grands peintres tels que Picasso, Van Gogh ou Matisse m’ont émerveillé. Donc au quotidien je me nourris des différentes œuvres de ces grands peintres qui ont marqué l’Histoire de l’art.

D’où tirez-vous votre inspiration pour vos tableaux ?

Je tire mon inspiration de la vie de tous les jours. D’ailleurs, la majeure partie de mes œuvres parle de faits liés à la vie quotidienne, j’aime aborder des thèmes qui touchent un large public. Par exemple l’exposition que je donne actuellement à l’Institut français a pour thème l’éducation. Pour moi, l’éducation est le fondement de notre vie. Donc, à travers mes tableaux je cherche à atteindre le maximum de personnes, je dénonce à ma manière les maux qui minent notre société. De plus, je veux qu’à travers mes tableaux, la jeunesse africaine -et particulièrement celle du Burkina- prenne conscience de son fort potentiel. Je veux faire comprendre à nos parents qu’il est primordial que les enfants aillent à l’école, afin qu’ils puissent devenir à l’avenir, des hommes et des femmes responsables qui respectent nos valeurs et sur lesquels le pays pourra compter.

Quelle est généralement la réaction de ceux qui voient vos tableaux ?

J’évolue dans un milieu assez particulier. Il faut bien le dire, la population bobolaise, du fait de leur méconnaissance de l’art de la peinture, n’a pas un œil assez averti. Quand je peins, certaines personnes ne voient qu’un mélange de couleurs. Ils n’essayent pas de voir au-delà des couleurs. Durant mes expositions dans différents lieux de la ville, je prends donc le temps de bien expliquer les différentes subtilités de la peinture afin que le maximum de personnes puisse comprendre mes tableaux. Sinon, il y a aussi des personnes qui ont un œil averti, qui leur permet d’apprécier pleinement mes tableaux. C’est ainsi qu’il m’arrive régulièrement de recevoir des compliments et des encouragements pour les thèmes que j’aborde.

Crédit photo: Amos Traore
A l’école. Crédit : Amos Traore

Au cours de vos différentes expositions, avez-vous rencontré d’autres artistes peintres et qu’est-ce que ces rencontres vous ont apporté ?

La peinture sourit et est universelle. La peinture m’a ouvert de nombreuses portes, j’ai ainsi pu rencontrer des personnes qui m’ont beaucoup apporté. J’échange régulièrement avec des peintres du Burkina Faso et de la sous-région et il arrive qu’on collabore ensemble sur différents œuvres artistiques. Cela me permet d’acquérir de nouvelles expériences.

Quel regard portez-vous sur la place qu’occupe la peinture au Burkina et particulièrement à Bobo Dioulasso ?

Vous savez, dans un passé récent, Bobo Dioulasso était le centre de la culture au Burkina Faso. Il y avait une vraie impulsion dans différents domaines de la culture, mais aujourd’hui la richesse culturelle du Burkina Faso est en train de s’effriter. La peinture, à l’instar de nombreuses autres activités culturelles, n’a pas encore basculé dans le professionnalisme. Le statut du peintre n’évolue pas au Burkina Faso, ce qui est vraiment dommage. Dans ce pays, on n’a pas conscience des avantages que pourrait apporter la peinture à l’économie et à l’image même de la nation. Il faut que nos autorités aient de la vision et mettent en place des mécanismes qui permettront aux artistes peintres de faire connaître leur art à l’intérieur puis à l’extérieur du pays. C’est vrai qu’il y a des manifestations comme le SIAO (Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou) ou la SNC (Semaine Nationale de la Culture) qui nous permettent de présenter nos œuvres au grand public, mais c’est largement insuffisant. Il faut une nouvelle impulsion, une nouvelle dynamique qui permettra à une nouvelle génération d’artistes peintres de s’approprier l’histoire de notre pays et de la mettre en valeur à travers des tableaux.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien dans vos activités de peintre ?

La peinture est un domaine où il faut innover et, qui dit innovation, dit acquisition de matériel adéquat. Il n’est pas du tout aisé de se procurer le matériel pour la peinture ici à Bobo Dioulasso, ce qui nous cause diverses contraintes. En plus de cela, il y a les facteurs sociaux qui peuvent démoraliser très rapidement. Faute d’organisation et de cadres où les peintres peuvent écouler leurs tableaux, nous devons nous battre pour survivre au quotidien. Ce n’est pas facile, mais la passion et le soutien de personnes ressources et de structures comme l’Institut français nous aident à faire face un tant soit peu aux difficultés. Je lance encore un appel à nos autorités, il faut qu’ils prennent conscience de ce qui est en train de se jouer et qu’ils adoptent une nouvelle stratégie, sinon, dans quelques années, je crains fort que la peinture ne disparaisse du paysage culturel burkinabé. C’est avec un pincement au cœur que je le dis, mais c’est la vérité.

Êtes-vous membre d’une association de peintres ?

Oui, je suis membre d’une association de peintres ici à Bobo Dioulasso. L’association se nomme « Couleurs Pinceaux ». Nous essayons à chaque fois de convoquer quelques rencontres afin de discuter sur nos différentes activités artistiques. Par la même occasion, nous essayons d’échanger sur un certain nombre de problématiques liés à notre activité qu’est la peinture. Ensemble, nous souhaitons faire revivre la peinture à Bobo Dioulasso. L’association existe depuis 2012 et son siège est situé au sein du musée national Sogossira Sanou de Bobo Dioulasso.

Crédit photo: Amos Traore
Des élèves sur le chemin de l’école. Crédit Amos Traore.

À l’ère de la révolution numérique, comment vous utilisez les réseaux sociaux pour mettre en valeur votre art ?

Effectivement, comme on a coutume de le dire, le monde est désormais un vaste village connecté, presque tout se passe dorénavant sur Internet et l’art de la peinture n’échappe pas à cette règle. C’est fort de ce constat que j’ai en projet de mettre en place une page Facebook et un compte Instagram, spécialement dédié à la valorisation de mes œuvres. Sinon, j’ai un compte Facebook et Whatsapp personnel où je parle souvent de mes œuvres. Cependant, l’idéal serait que je crée un espace numérique spécialement dédié à mes activités. Les autorités locales peuvent aussi nous aider en mettant en place un site web référencé et régulièrement mis à jour, afin que tous les artistes peintres puissent y avoir un espace pour faire connaître leurs différentes œuvres. Si nous arrivons à exploiter au mieux Internet, nous pourrons être beaucoup plus efficaces en matière de visibilité. J’aimerais aussi profiter de votre présence pour remercier tous les promoteurs artistiques qui nous aident dans nos activités. Spéciale dédicace, au promoteur du festival « Murmures » qui est un ressortissant étranger et qui fait de son mieux pour permettre une meilleure valorisation des œuvres des peintres au niveau régional.

Crédit photo: Amos Traore
Richesse et diversité au sein de la communauté. Crédit : Amos Traore.

 Avez-vous déjà participé à des expositions hors du Burkina Faso ?

Oui j’ai eu à faire quelques expositions à l’étranger. En 2014 par exemple, j’ai  exposé à l’École Nationale de danse en Côte d’Ivoire, à la Riviera, cela m’a permis de participer au festival « Massa » où j’ai pu aussi exposer des tableaux. En 2016, j’ai eu l’opportunité de réaliser une exposition au Maroc.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent se lancer dans la peinture ?

Le conseil que j’ai à l’endroit de mes petits frères qui veulent embrasser une carrière dans la peinture, s’est de s’armer de passion. Ils ne doivent pas venir dans ce domaine avec l’idée de se faire rapidement de l’argent. Être peintre, c’est d’abord être un vrai passionné, le peintre c’est celui qui veut toucher l’âme d’autrui par son talent. Le peintre c’est celui qui crée, pour faire passer un message et défendre une cause. Aux jeunes qui veulent peindre et qui sont passionnés, lancez-vous, écoutez ce que vous dit votre instinct car il se trompe rarement, cherchez des conseils auprès de vos grands frères et formez vous continuellement.

Le thème de votre exposition actuelle c’est  l’« éducation »,  pourquoi avoir choisi ce thème ?

Le thème sur l’éducation me tient spécialement à cœur, pour moi c’est le commencement de toutes choses. J’associe aussi l’éducation aux valeurs culturelles, pour aller loin, il faut connaître d’où l’on vient et s’approprier sa culture. Sans une éducation de qualité,  l’homme n’est pas en mesure d’exprimer son plein potentiel. Il faut se former, se tester, apprendre et découvrir continuellement afin de devenir  meilleur au quotidien. Dans la vie de tous les jours, j’essaie de sensibiliser mon entourage sur les bienfaits de l’éducation. C’est ainsi que j’ai choisi l’éducation comme thème pour mon exposition ici à l’Institut Français pour montrer que l’éducation est la base de toute société qui veut aspirer au développement

Quelles sont vos ambitions pour l’avenir ?

Petit à petit l’oiseau fait son nid. Actuellement, j’ai à mon actif à peu près 200 tableaux et j’en suis très fier. Chaque tableau que je peins à une histoire. J’espère qu’à l’avenir, je pourrai être un exemple, que mes tableaux touchent un large public au Burkina Faso, en Afrique et un peu partout dans le monde. Un de mes vœux les plus chers, c’est d’avoir l’opportunité d’exposer mes œuvres dans les plus grandes salles du monde.

Credit photo: Amos Traore
Anou devant l’un de ses tableaux phare. Crédit Amos Traore.


#MondoCorrespondance : au Burkina Faso, la corruption à la vie belle

Mon frère Ritzamarum Zetrenne la corruption, ce serpent de mer qui a la faculté de se faufiler dans tous les rouages de la société doit être combattu avec vigueur. Malheureusement, ici, au Burkina Faso, la corruption se porte bien, tellement bien qu’elle touche tous les secteurs d’activité du pays.

Il est devenu fréquent de voir dans les différents médias de la place des faits de détournements de fonds, d’enrichissements illicites, de trafic d’influence et bien d’autres choses encore. Eh oui au Burkina Faso, pays supposé des hommes intègres, la corruption a encore de beaux jours devant elle. En effet, les principaux faits de corruption se déroulent au plus sommet de l’État.

Des hautes autorités épinglées

Des ministres, des directeurs de grandes institutions et d’importantes compagnies ont plusieurs fois été épinglés pour détournement de fonds. En 2017 par exemple, Éric Bougouma, ministre des infrastructures, a du répondre de plusieurs cas de corruption. Il lui était reproché une gestion mafieuse dudit ministère où les pots-de-vin étaient monnaie courante…

Malheureusement l’affaire n’est pas allée bien loin malgré les preuves évidentes qui pesaient contre lui car le sieur Bougouma est un membre influent du Parti au pouvoir MPP (Mouvement du peuple pour le progrès). Ces accusateurs ont été traité de calomniateurs et il a vite été lavé de tous soupçons et continue de jouir de son poste de ministre avec les avantages. Tu retrouvera ici tous les dessous de l’affaire : https://lefaso.net/spip.php?article78266

Nathalie Somé, présidente du CSC (Conseil Supérieur de la communication) a été il y a quelques mois, écroué à la MACO (Maison d’Arrêt et de correction de Ouagadougou) pour fait de détournements de fonds s’élevant à quelque 600 millions de FCFA environ 91 millions d’euro. Elle médite actuellement sur son sort en attendant son jugement si jugement il y en a car le secteur de la justice est l’un des secteurs les plus corrompus du pays.

D’ailleurs à la fin de l’article je te livrerai le classement des secteurs d’activité les plus corrompus du pays. Tout dernièrement c’est le directeur général du FAFPA (Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle) qui a été éclaboussé par une affaire de corruption mais qui a été relaxé dans des conditions pas du tout claires. Lisez l’article ci-dessous:

FAFPA: l’ancien DG s’octroierait un bonus frauduleux de 10 millions par mois

Des affaires comme celles-ci, il y en a beaucoup et ceux qui ont été appréhendés ne représentent que la face visible de l’iceberg. Il est vraiment dommage que les plus hautes autorités du pays soient les principaux acteurs de cette corruption qui a vraiment gangrené mon pays. Cependant lorsque ces corrompus sont pris la main dans le sac, ils ne sont malheureusement jamais inquiétés car gravitant autour du Parti au pouvoir.

Les pauvres citoyens qui assistent à ces faits honteux, n’ont que leurs yeux pour pleurer car ils pensaient avoir élu des hommes et des femmes honnêtes, intègres et vertueux pour les guider. Malheureusement ces autorités n’en ont cure et ne pensent qu’à leur propre intérêt, une fois arriver au pouvoir.

La responsabilité des citoyens

La corruption est devenue un vrai fléau social tant, elle joue un rôle actif dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui il est devenu pratiquement impossible de se procurer un document administratif sans, comme on le dit chez nous ‘’ gratter la poche  » c’est-à-dire essayer de corrompre quelqu’un pour avoir un service en retour.

En effet pour se procurer rapidement des documents comme les extraits d’acte de naissance, les jugements supplétifs, les certificats de nationalité… il suffit d’accoster un agent administratif et lui tendre un billet de 2000 FCFA (soit 4 euro) et le tour est joué, vous aurez vos documents en quelques heures. Allez-y sans l’intention de corrompre et il vous faudra une semaine, voire plus pour entrer en possession de vos documents.

Je vais te raconter un cas personnel. Il y a quelques jours je me suis rendu au commissariat de police de ma ville pour y faire légaliser mon extrait d’acte de naissance, j’y trouvai une foule de personnes et donc naturellement je me suis mis dans le rang. À 12h30mn, les agents arrêtèrent la réception des dossiers, ils devaient prendre une pause de 30 minutes et reprendre à 13 h. J’ai donc cherché un endroit pour attendre patiemment l’heure de reprise.

Quelques minutes plus tard un autre usager vînt vers moi et me demanda si le commissariat était fermé. J’ai répondu par la négative et lui signifia que les agents de police étaient justes en pause et qu’ils reprendraient le service dans 30 minutes. L’usager prît donc place à mes côtés. Vu le temps qui défilait et devant l’absence des agents de police mon voisin s’impatientait et me dit :

« mon frère, j’ai beaucoup à faire, regarde les 30 minutes sont passées et ils ne sont toujours pas là, je vais aller voir l’agent qui est à côté de la voiture ».

En effet, juste quelques mètres devant nous, il y avait un agent de police adossé à une voiture qui était en communication. Mon voisin se dirigea donc vers lui, ils échangèrent quelques mots et se mirent à l’abri des regards derrière la voiture. J’essayais de les observer et quelques instants plus tard, le policier avec un dossier en main se précipita à l’intérieur du commissariat. Mon voisin revînt vers moi et me dis tout heureux :

« mon frère, c’est bon j’aurai mon document dans peu de temps, j’ai gratté la poche, tu ne vas pas gratter pour toi aussi, ça fait longtemps que tu es là, me demanda-t-il »

Moi, comme tu peux l’imaginer j’étais ahuris et je lui répliquai : « mon frère c’est honteux ce que tu as fait, nous nous plaignons à longueur de journée que nos dirigeants sont corrompus, et c’est avec de tels agissements que tu crois que nous allons vaincre la corruption. Nous devons avoir de bonnes habitudes et montrer à nos autorités que le peuple est honnête et intègre »

Tout amuser le monsieur répondît :

« mon frère, c’est quel gros français tu as parlé comme cela, dans ce pays-là c’est comme ça qu’on fait et on va continuer à faire comme ça. Toi qui es propre là ça fait combien de temps tu es assis ici »

Au même moment, l’agent de police ressortait du commissariat et appela le monsieur. Mon voisin venait ainsi d’obtenir ses documents en un temps-record. Ce dernier me fit un signe de la main en guise d’au revoir, le tout avec un sourire narquois. J’étais vraiment sonné par les propos de mon voisin et la scène à laquelle je venais d’assister m’a refroidi. Je venais d’assister à un acte de corruption, qui plus est, un acte de corruption envers un agent de police. Quel paradoxe

Quant à mon extrait d’acte de naissance je n’ai pu l’établir que 2h plus tard avec toute la mauvaise foi des agents de police. Tous les domaines d’activité du pays sont touchés. Ainsi, sur le plan de la santé quand on se rend dans les formations sanitaires si on ne « gratte pas la poche » on n’est pas pris en charge, idem pour l’éducation. C’est tout dire de l’ampleur du fléau.

L’on voit clairement que les responsabilités sont partagées et, chaque citoyen joue un rôle majeur dans ce cercle vicieux, d’où l’impérative nécessité de changer de comportements. Il faut que les Burkinabès comprennent qu’ils doivent jouer un rôle essentiel dans la lutte contre la corruption et ce à tous les niveaux. Certes, éliminer totalement la corruption relève de l’utopie car il y aura toujours des brebis galeuses, mais nous pouvons travailler à l’amoindrir.

Ce sera un long processus. Ritzamarum, Si les Burkinabés veulent voir leur pays emprunter le chemin du développement, et sortir du marasme économique dans lequel il est actuellement plongé, ils sauront se réveiller car la corruption est grandement responsable, de la léthargie dans laquelle se trouve le pays. Des signes annonciateurs prouvent que la donne est en train de changer.

Les syndicats, commencent à mener des campagnes de sensibilisation et dénoncent de plus en plus les faits de corruption au sommet de l’État.

manifestations de la CCVC(Coalition Contre la Vie Chère et l’Impunité) pour dénoncer la mal gouvernance et la corruption

Il y a de cela trois mois un mouvement d’humeur du syndicat de police avait défrayé la chronique. En effet les policiers protestaient contre la gestion gabégique de l’institution et dénoncèrent avec preuve à l’appui les actes de corruption dont se sont rendus coupables plusieurs hauts gradés. Des enquêtes ont été menés mais, comme toujours, dans ces genres d’affaires impliquant des autorités les accusés n’ont pas été inquiétés et continuent d’occuper confortablement leurs fonctions.

 

des policiers de la brigade anti criminalité en grève pour réclamer plus de transparence et de probité de la part des hauts gradés
des éléments de la compagnie républicaine de sécurité rejoignent ceux de la BAC

 

Comme j’ai eu à le dire, c’est un long processus et il faudra plus d’audace, de détermination, de volonté pour mener à bien cette lutte.

Pour finir,  Ritzamarum je te livre le classement des secteurs d’activité les plus corrompus selon le rapport 2016 du REN-LAC (Réseau National de Lutte Anti-Corruption)

1er: Marchés publics

2e: Douane

3e: Police municipale

4e: DGTTM (Direction Générale des Transports Maritimes et Terrestres)

5e: Impôts

6e: Justice

7e: Administration générale

8e: Enseignement secondaire

9e: Trésor public

10e: Gendarmerie

11e: Police nationale

12e: Santé

13e: Mairies

14e: Enseignement supérieur

15e: Education nationale

16e: SONABEL (Société Nationale d’Electricité du Burkina Faso)

17e: CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale)

18e: CARFO (Caisse Autonome de Retraite des Fonctionnaires)

19e: ONEA (Office National de l’Eau et de l’Assainissement)


le terrorisme societal

1er Octobre 2017 Stephen Paddock, retraité âgé de 64 ans ouvrait le feu sur une foule venue assister à un concert en plein air à Las Vegas aux Etats Unis. Bilan, au moins 58 morts et des centaines de blessés. Mardi 31 octobre 2017 toujours aux Etats Unis 8 personnes meurent à New York après une attaque terroriste au véhicule bélier qui faucha des cyclistes et des passants. L’auteur de l’attentat est un jeune Ouzbek de 29 ans installé aux États-Unis depuis 2010. Plus récemment, toujours aux États-Unis dans une petite ville de l’État du Texas, un homme entre dans une église et ouvre le feu, faisant 26 morts et 20 blessés.

Le point commun entre ces différents attentats, c’est qu’ils ont été perpétrés par des individus que rien ne pouvait identifier comme de potentiels terroristes. L’État islamique a revendiqué l’attentat de Las Vegas mais tout porte à croire qu’en réalité, le sexagénaire a agi seul.

De plus, l’EI qui est actuellement en guerre profite de toutes ces situations tragiques pour montrer son influence. Quant au jeune Ouzbek qui a perpétré l’attentat de New York, s’il a affirmé agir au nom de l’État islamique, rien ne montre qu’il ait pu bénéficier d’un quelconque soutien venant de la nébuleuse terroriste. Nice et Marseille en France, Barcelone en Espagne ont aussi connu ce genre d’attaque.

Ces actes isolés, imprévisibles et très difficile à anticiper risquent de s’enchaîner dans le futur. Qu’est-ce qui pousse donc ces individus, qui n’ont aucun antécédent criminel et qui se sont bien intégrés dans leur communauté, à commettre de telles atrocités ? Les réponses sont multiples et évidentes: les inégalités et la dégradation de notre société sont des exemples.

Il n’est un secret pour personne que notre société moderne est en train de créer des individus sans repères, complètement désorientés, qui se transforment en prédateur. L’Afrique continent de toutes les inégalités deviendra sans doute l’épicentre des attaques de ces terroristes nouveaux genres.

 Le mal être des oubliés

À mon humble avis, les attentats à la voiture bélier et les fusillades risques de devenir fréquents dans plusieurs pays du monde. Bien vrai que dans un passé récent, les attentats étaient menés par des commandos terroristes très bien entraînés, endoctrinés, et prêt à tuer au nom « d’Allah » il est évident, aujourd’hui, que monsieur tout le monde est un potentiel terroriste.

Notre société n’a jamais été aussi mal en point, les jeunes sont désemparés par les perspectives obscures qui s’offrent à eux. Laissés à eux-mêmes ils sont des millions à se battre chaque jour pour survivre, ils n’ont plus d’ambitions, leurs rêves s’éteignent et il ne leur reste plus qu’une seule option : la survie

D’autres, voulant échapper à cette existence, succombent à l’appel des vendeurs d’illusions. Ainsi ils sont des millions à prendre, chaque année, des risques terribles, dans le but d’aller chercher un minimum de dignité ailleurs. Malheureusement, ceux-ci déchantent très vite.

Ils sont nombreux, ceux qui périssent aux larges des côtes occidentales ou dans le désert du sahel ou d’Amérique centrale, notamment à la frontière États-Unis Mexique. Récemment, une vidéo montrant des migrants qui étaient vendus aux enchères en Libye, devenu la plaque tournante de l’immigration clandestine en Afrique a suscité stupeur et indignation.

Nous savons tous que ces pratiques étaient monnaies courantes et il aura fallu cette vidéo pour que nous commencions à nous indigner. Voilà tout le paradoxe.

Les migrants, qui malgré tous ces obstacles réussissent l’exploit d’arriver à destination sont vite appréhendés par les autorités sur place et renvoyés quelques jours après vers leurs pays d’origine.

Voyez par vous-même, un individu qui n’a plus d’espoir, qui souffre le martyre, qui n’a fait que subir durant toute sa vie, que lui reste-t-il ? la vengeance et la haine. Vous me direz sans doute envers qui ? Envers sa société, cette société qui n’a pas pu ou qui n’a pas voulu le soutenir. Il s’évertuera dès lors à faire subir à sa société ce qu’il a subi.

Constat terrible, imaginer le nombre d’individus qui sont dans de telles situations et vous conviendrez avec moi pourquoi le spectre du terrorisme va planer pendant encore longtemps sur l’avenir du monde.

De plus notre société actuelle a tendance à stigmatiser, à marginaliser des individus qui deviennent des reclus sociaux. L’injustice, l’intolérance, la méchanceté sont autant de facteurs qui contribuent à radicaliser beaucoup de personnes.

 A quand la prise de conscience collective

Aujourd’hui, on a une image trop caricaturale du terroriste. Le prototype du terroriste dans l’esprit des masses est le suivant : individus de confessions musulmanes à forte pilosité faciale prêchant un islam radical et commettant des tueries au nom « d’Allah ». Il est vrai que les images et vidéos de propagande d’Al Quaïda avec en chef d’orchestre le sinistre défunt Oussama Ben Laden, et les vidéos de décapitation d’otages de l’EI ont renforcé l’image de ce terrorisme dans les consciences collectives

Cependant, force est de constater qu’aujourd’hui le terrorisme est partout. Je suis désolé de le dire,  mais chacun d’entre nous est un potentiel terroriste. Nous avons tous des limites et si nous les franchissons, nous pouvons vite devenir incontrôlables.

Il nous revient donc à repenser totalement nos mœurs, nous devons absolument arrêter de mettre à l’écart, des personnes qu’on juge trop instable pour la société, il faut écouter et aider sans relâche ces personnes.

Comme le disait le président français dans l’hebdomadaire Jeune Afrique N°2962 du 15 au 21 octobre : « notre réponse au terrorisme doit être à la fois sécuritaire, économique, culturel, social, éducative » c’est tout dire de l’immense chantier qui nous attend.

  •  La responsabilité des dirigeants

Je lance cet appel aux chefs d’État du monde entier :

Messieurs les Présidents, nous vivons actuellement une période trouble de notre histoire commune. Vos concitoyens n’espèrent plus et ne croient plus en vos discours. Lasser de se sacrifier au profit de vos politiques économiques incohérentes, ils n’en peuvent plus et ils se sentent trahis pendant qu’au même moment, une poignée d’individus extrêmement privilégiés bénéficient à outrance de vos politiques et s’enrichissent de jour en jour.

Allez-y comprendre donc le sentiment d’injustice qu’éprouvent vos compatriotes. Si à cela on ajoute vos discours haineux, empreints d’animosités à l’égard de certaines couches sociales de vos pays, vous renforcer ce sentiment d’injustice et par ricochet vous formez de futurs terroristes.

Des présidents, au nom de la puissance de leurs nations, se permettent de taxer les citoyens d’autres pays, de terroristes interdisant ces derniers de séjourner dans son inoubliable patrie.

Imaginer donc le ressentiment de ces millions de gens accusés à tort et sans preuve. Messieurs les présidents, vous vous rencontrez à chaque fois lors des sommets internationaux, vous vous enfermez dans des bureaux à huis clos, et vous décidez d’octroyer des moyens colossaux à vos différentes armées pour selon vos dires endiguer le terrorisme.

Ce que vous oubliez Messieurs les présidents, c’est que le terrorisme est partout. Un étudiant, un fonctionnaire, un ouvrier, un artisan, bref tout citoyens que nous sommes, pouvons décider à tout moment d’aller acheter une arme, prendre une voiture, sortir dans la rue et commettre l’irréparable.

À moins de vouloir perpétrer  des tueries jamais encore vu, je ne vois pas actuellement comment vous voulez combattre le terrorisme en vous focalisant sur le plan sécuritaire.

Messieurs les présidents, nous avons trop souvent l’impression que vous êtes en déphasage très avancé avec les réalités de ceux qui vous ont élu, vous devez revoir urgemment vos politiques, soyez à l’écoute de votre peuple, comprenez votre peuple, et surtout respecter votre peuple.

Ce n’est qu’ainsi, que s’il y a une confiance réciproque entre gouvernants et gouvernés que l’on pourrait commencer à trouver des pistes de solutions au terrorisme.

Sinon, pour l’instant à chaque jour qui passe nous perdons du terrain face au terrorisme car le désespoir, la peur, la frustration, l’injustice font le lit du terrorisme.


L’ennemi de l’Africain, c’est l’Africain lui même

Il y a quelques jours, une attaque terroriste à la bombe faisait plus de 276 morts et quelque 300 blessés en Somalie. Cette tragédie a mis une fois de plus en lumière la cruauté, la barbarie, l’ignominie de ces criminels qui se font appeler « envoyés de Dieu ».  L’absence totale de réactions de la part de nos dirigeants m’a particulièrement fait honte et marqué. En effet, ils ont encore montré toute l’étendue de leur sournoiserie et hypocrisie. L’Union Africaine, qui dit être une institution qui défend les Africains et défend des valeurs de solidarité entre États membres, a brillé par sa terrifiante inertie. Je doute fort qu’elle a daigné adresser un message de condoléances aux peuples Somaliens très meurtris par tant d’années de violence et d’anarchie. L’Afrique forme une gigantesque famille et il est de coutume, quand des événements d’une telle ampleur surviennent, d’aller au chevet du pays frère touché pour lui apporter aide et réconfort. Cette absence de réaction montre à quel point les pays d’Afrique ne sont pas solidaires les uns envers les autres. Comment pouvons-nous mener des combats collectifs si nous ne sommes pas unis ? Le vrai problème de l’Afrique, c’est la solidarité entre États.

  • Je suis Charlie

Janvier 2015, Paris, la capitale française, vient d’être frappée par une attaque terroriste. L’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a subi la barbarie des terroristes. Bilan : 12 morts et plusieurs blessés. La France est alors frappée par l’une des pires attaques terroristes de son histoire. Cet attentat a vite provoqué l’émoi et la consternation au sein de la communauté internationale et le slogan « Je suis Charlie » est devenu le symbole de cette attaque tragique. Au même moment, plusieurs chefs d’État africains ont adressé leurs condoléances au peuple français. Plusieurs d’entre eux se sont rendus à la marche de commémoration aux victimes, on y a vu certains verser des larmes. Voilà tout le paradoxe de l’Afrique.

  • Les Somaliens seuls face à l’horreur

Quand les Occidentaux ont su faire taire leurs divergences le temps d’un moment et faire bloc autour de la France pour la soutenir, nous Africains, qu’avons-nous fait pour la Somalie ? Livrée à elle-même, elle continue d’enterrer ses morts. J’ai vraiment honte pour l’Afrique. Les Somaliens doivent se demander si leurs frères Africains sont au courant du malheur qui les frappe. Tout dernièrement, les Somaliens se sont rassemblés pour manifester contre ceux qui perpètrent ces actes ignobles. Dans la douleur, le peuple de Somalie a trouvé les ressources nécessaires pour dire non au terrorisme, comme pour montrer que même s’il vit depuis plusieurs années au rythme des attaques terroristes en tous genres, et malgré le fait qu’il est quasiment abandonné par tous, il demeure un peuple courageux et digne. De mon côté, j’ai honte, honte que le Président de mon pays, monsieur Roch Marc Christian Kabore, n’ait pas montré sa solidarité envers la Somalie, pas même signé une lettre de condoléances. J’ai honte aussi de mes concitoyens. Quand je parcourais les rues de ma ville, Bobo Dioulasso, j’ai essayé de recueillir des avis sur l’attentat en Somalie et le constat était saisissant. La plupart des sondés trouvaient normal ce qui s’était passé, car pour eux, la Somalie est devenu un no man’s land où les populations sont en partie complices des terroristes, notamment le groupuscule al Shebab. Je vous livre le témoignage d’un monsieur.

« La Somalie ne peut plus être sauvée, elle est devenu un État voyou, donc l’attentat qui s’y est produit ne me surprend pas, on peut rien n’y faire, c’est la vie. » Interloqué, je lui demande son avis sur l’attitude de la plupart des chefs d’État africains vis-à-vis de la Somalie. Voilà ce qu’il m’a répondu : « Sincèrement, ils ont mieux à faire. Certes, il y a eu des pertes en vies humaines, mais ils n’y peuvent rien, ils n’ont aucun intérêt à se rendre là-bas. » Scandalisé, je lui dis : « Vous n’avez donc aucune compassion pour les femmes, hommes et enfants qui sont morts. Imaginez une seconde si le Burkina était frappé par une pareille attaque, oseriez-vous dire que c’est normal ? C’est à cause des réflexions dans ce genre que l’Afrique aura toujours un genou à terre. »

Devant ma réaction outrée, l’homme a continué son chemin. Il est vrai que chacun à sa propre pensée et il faut respecter les opinions des autres, mais il était aussi de mon devoir de faire prendre conscience à cet homme. Tout ça nous montre que l’Afrique est très loin du compte. Avec de telles réflexions et de tels comportements, nous n’irons nulle part. Nous passons tout notre temps à trouver des responsables à nos problèmes, nous indexons l’Occident de tous nos malheurs alors que nous sommes le vrai problème. L’Africain ne tire aucune leçon de son histoire. Nos divisions et nos querelles d’ego nous ont toujours porté préjudice et aujourd’hui encore nous continuons sur la même lancée. Nous devons prendre nos responsabilités, assumer et comprendre que la clé se trouve entre nos mains. Nous avons une formidable richesse ici en Afrique, c’est l’esprit de famille. Si nous arrivons à exploiter efficacement cette richesse, rien, je dis bien rien ne pourra arrêter l’Afrique. Pour revenir au cas de la Somalie, je voudrais dire aux Somaliens qu’ils ne sont pas seuls dans cette douloureuse épreuve. Mes prières et mes pensées vous accompagnent chaque jour, peuple frère, et sachez que d’autres frères Africains sont avec vous.


Eliud Kipchoge, l’homme qui défia le temps

« L’être humain n’a pas de limite ». C’est ainsi qu’Eliud Kipchoge , athlète Kényan et champion olympique du marathon qualifia sa performance extraordinaire lors du marathon organisé par la firme Nike. L’objectif de cette course dénommée « breaking 2 » était d’établir un nouveau record du monde du marathon et descendre sous la barre mythique des 2h de course.

Performance qui jusque-là, n’a jamais été effleuré. Kipchoge réalisa un temps de 2h 00mn 25s. Il s’est fallu de peu pour que cet athlète, humble et travailleur réalise le temps de 1h 59mn 59s temps de référence fixé par Nike. L’objectif n’a pas été atteint et ces quelques secondes de trop semble faire tache sur cette performance exceptionnelle car jamais aucun athlète n’avait réalisé pareil exploit, ça dépasse l’entendement. De l’aveu même de l’athlète, des spécialistes de la médecine du sport lui ont affirmé qu’il pouvait mourir en voulant essayer de descendre sous la barre des 2 h.

Il n’y a eu que quelques secondes qui l’ont séparé de l’exploit et il est toujours vivant. Certes l’athlète a bénéficié de l’expertise technologique, nutritionnelle,  de la firme et de conditions optimales le jour de la course, il n’en reste pas moins que tout le mérité lui revient car il n’a compté que sur ses deux jambes pour parcourir les 42,195 km d’une piste spécialement aménagée pour l’occasion non loin de l’emblématique circuit de formule 1 de Monza en Italie  soit 17 tours de circuit à une vitesse moyenne de 21 km/h.

Pour mieux cerner les contours de cet exploit vous pouvez vous referez à ces articles : www.trackandlife.fr/eliud-kipchoge-casse-record-2h  www.trackandlife.fr/au-coeur-de-breaking-2/

La vidéo de l’exploit est aussi visible ici :

https://www.youtube.com/watch?v=axzw2vTtPC8

Vous pouvez aussi revivre ici pas à pas l’entraînement de l’athlète:

https://www.youtube.com/watch?v=V2ZLG-Fij_4

L’homme est un être incroyable, pour réaliser des œuvres exceptionnelles il est capable d’aller explorer des sphères inconnues. Eliud Kipchoge a banalisé l’irrationnel et j’avoue que j’étais parcouru de frissons quand je regardais la vidéo de son exploit. Il m’a fait comprendre que chacun à cette flamme en lui. Cette flamme qui peut nous pousser à aller réaliser nos rêves les plus fous.

Quand on lui a posé la question à savoir s’il serait possible un jour de descendre sous la barre des 2 h, voici la réponse du champion : « j’ai couru en 2h 00mn 25s, mais vous pouvez être sûr que quelqu’un arrivera très bientôt à effacer ces 25 secondes de trop, car l’être humain n’a pas de limites »


Le chanteur aux mélodies envoûtantes

Bill Aka Kora, de son vrai nom Bilgho Akaramata Kora est un chanteur et acteur Burkinabé. Plusieurs fois nommés aux Kundés d’or Burkinabé, évènement qui récompense chaque année les meilleurs artistes musiciens du pays, Bill Aka Kora c’est celui qui a bercé mon enfance à travers ses chansons, originaire du pays Kasséna il chante principalement dans sa langue maternelle le « Gourounsi ». Partout où j’étais, je dansais et chantais sur ses sonorités empreintes de jovialité, d’aventure, d’authenticité.

Bill Aka Kora est aussi un artiste engagé, grand admirateur de l’ancien président Burkinabè Thomas Sankara, il partage les idées du père de la révolution Burkinabé dans ses titres. Encore aujourd’hui je continue de savourer pleinement ses œuvres musicales. Il est tout simplement le meilleur. Je partage avec vous trois de mes morceaux préférés.

  • Dibayagui

Dibayagui est une chanson à tonalité guerrière. Elle met en avant la nécessité de promouvoir et défendre nos valeurs culturelles, à ne point les laisser disparaître dans les méandres de la modernisation.Bonne écoute

  • N’Gatilé

N’Gatilé. Je la chantais dans mes moments de doutes et de peines. Confronter à la douleur et aux découragements je me réfugiais dans les paroles réconfortantes de ce titre. Dans N’Gatilé Bill Aka Kora nous dit de ne jamais abandonner nos rêves, de croire en soi, de persévérer et ne jamais baisser la tête face à l’adversité.

  • Apouri

Dans Apouri l’artiste relate la nécessité d’avoir le goût de l’aventure, de sillonner d’autres contrées afin de faire des rencontres, d’apprendre beaucoup de la vie, de s’épanouir et surtout profiter de la nature.

Bill Aka Kora demeure mon artiste musicien préféré. Vu qu’aujourd’hui les chanteurs jouent plus le jeu des maisons de disques uniquement concentré sur le business, l’authenticité et la simplicité des mélodies d’Aka Kora sont de vraies bouffées d’oxygène. Pour en savoir plus sur ce talentueux musiciens vous pouvez vous referez à ce lien https://myspace.com/bilakakora/bio


Demain ne nous appartient plus

C’est sur un des thèmes d’un mondochallenge que j’interpelle aujourd’hui. Demain ne nous appartient plus. Cette phrase résume à elle seule la situation actuelle de notre monde.

  • Pourquoi demain ne nous appartient plus

Notre société d’aujourd’hui est en perdition et complètement tel un patient plongé dans le coma et qui s’apprête à rendre l’âme. Aujourd’hui l’intolérance, le mépris, le rejet de l’autre, la haine, la vanité, la méchanceté, l’égoïsme ont pris le dessus sur notre communauté. Cela a atteint un tel degré que nous banalisons la situation.

Ainsi, chacun est devenu spectateur de la détérioration avancée de notre société.  Des minorités sont pourchassées et massacrées par centaines, des milliers de personnes meurent dans des conditions atroces espérant une vie meilleure ailleurs. Des millions de jeunes sont aujourd’hui sans repères et deviennent des proies faciles pour les vendeurs d’illusions. Le capitalisme sauvage poursuit son expansion entraînant misères et ruines sur son passage. Quand  1% de la population mondiale continue de s’enrichir allègrement, des millions de personnes peinent à s’offrir un repas journalier et manquent de tout.

Ces pays du « tiers monde » comme les nomme la communauté internationale, ne sont bon qu’à servir de mains d’œuvres bon marché et de mettre en lumière des dirigeants corrompus et incompétents. Je me suis toujours questionné sur le sens de cette phrase « pays du tiers monde ».

Ces pays n’habitent ils pas la même terre, n’ont-ils pas des populations doués de conscience et muni de capacité de réflexion? Ou bien le simple fait que ces pays ne disposent pas d’un niveau de développement assez élevé suffit à les classés dans ce groupe ? Voilà tout le paradoxe de notre société.

De plus des conflits naissent un peu partout aux quatre coins du globe avec un cortège de morts, de destruction, de désespoir. Pour couronner le tout, deux superpuissances nucléaires avec à leur tête deux des présidents les plus mégalos, paranoïaques de l’histoire menacent même l’existence de l’humanité. Disposant tous les deux de l’arme nucléaire, ils se menacent à coup de démonstrations militaire, tels des gamins jouant à des jeux de rôle et qui veulent montrer chacun leurs puissances.

Ce que ces deux messieurs  oublient, c’est qu’ils ont entre leurs mains des armes de destruction massive qui n’ont jamais été aussi puissantes et qui sont capables d’anéantir l’humanité y compris leurs pays respectifs. Bref l’espoir, l’amour d’autrui, la tolérance, l’humanisme sont des valeurs qui semblent avoir disparu. Si on ajoute le fait que nous polluons la terre à grande échelle, cette terre qui nous donne tout et qui aujourd’hui semble en avoir marre, nous pouvons bien affirmer que demain ne nous appartient plus.

Nous ne contrôlons plus rien. Pour paraphraser Thomas Hobbes : « l’homme est devenu un loup pour l’homme », la nature est furieuse et se déchaîne contre nous. Pouvons-nous encore prétendre avoir notre destin entre nos mains ?

  • Peut-on reposséder demain ?

Vu le constat nous avons atteint un point de non-retour et imaginé de lendemain meilleur paraît illusoires. Cependant l’être humain est doté d’un étonnant instinct de survie et quand il se sent menacé il réagit. Si nous voulons léguer un monde meilleur aux générations futures, nous devons faire une analyse introspective, nous assumés et agir tout simplement.

La première des choses c’est que nous devons nous accepter mutuellement, accepter que l’on ne puisse pas avoir les mêmes croyances, les mêmes convictions, les mêmes envies au sein d’une communauté. Il faut réconcilier l’homme avec l’homme. Nous appartenons tous à la même espèce et il ne sert à rien de s’entredéchirer. Que chacun prenne son temps et jette un regard rétroactif sur ses actions égoïstes et malhonnêtes. L’orgueil, la vanité, la recherche du pouvoir font partie de nature humaine cependant comme des épines sur des roses on peut les retirer minutieusement et méthodiquement. Nous avons pris l’habitude de jeter la faute sur les autres et refuser de voir la réalité en face. C’est la somme de toutes ses actions, de tous ces comportements qui nous ont conduits au bord du gouffre.

L’homme évolue en fonction de son milieu et s’il se sent en danger il peut devenir un vrai prédateur et montrer son côté le plus obscur. Nous devons donc cultiver l’amour autour de nous et arrêter les discours haineux qui mènent à la division. Comme le disait Nelson Mandela : « Personne ne naît en haïssant son prochain, les hommes apprennent à haïr, on peut leur apprendre à aimer car l’amour vient plus naturellement au cœur de l’homme » Notre histoire a démontré à plusieurs reprises que l’être humain était capable du meilleur comme du pire, mais à chaque fois il a su prendre conscience au bon moment pour éviter l’irréparable. Aujourd’hui encore nous sommes à un tournant et j’espère que nous prendrons rapidement conscience de la situation actuelle et renverser la tendance. Là peut-être demain pourra nous appartenir.


L’Afrique poubelle du monde ?

Il y a de cela un an une étude menée par l’ONG suisse Public Eye avait révélé que les populations de plusieurs pays de l’Afrique dont la Côte d’Ivoire, l’Angola, le Congo Brazzaville, le Bénin, le Mali, la Zambie, le Ghana, et le Sénégal étaient exposés à de graves risques de pollution. Cela était dû à la commercialisation et à l’utilisation de carburants de très mauvaise qualité.

En effet ces carburants selon l’ONG Suisse ne respectaient pas les normes européennes et contenaient 200 à 1000 fois plus de soufre que ceux vendus en Europe. Le soufre, substance très nocive et polluante peut avoir des conséquences désastreuses pour la santé, l’environnement, l’industrie.

L’étude menée à cette époque avait soulevé un tôlé au sein de l’opinion suscitant indignation et colère. Cependant l’affaire, à mon goût a été trop vite jetée aux oubliettes. C’était là l’occasion rêvée d’interpeller les responsables de ce scandale sanitaire et du même coup démanteler ce réseau mafieux par lequel transitait ce carburant de mauvaise qualité.

Connaissant les risques encourus pour la santé comment donc ces carburants toxiques ont pu se retrouver dans les différents circuits de distributions africains ?. L’absence de réaction et de condamnation de nos dirigeants en dit long sur leur ignorance et leur probable complicité sur les agissements de ces compagnies véreuses qui nous approvisionnent en carburant. Malheureusement ce que j’appelle « l’oil gate » un vrai scandale à mon sens  n’est que la face visible d’un gigantesque iceberg. Si d’autres études de la même envergure que celle de public Eye sont régulièrement menées on y fera des découvertes difficilement supportables pour le commun des mortels.

En effet l’on a trop souvent l’impression que l’Afrique est considérée comme une poubelle à ciel ouvert où toutes sortes de multinationales profitent de l’incapacité, de l’amateurisme, du laisser-aller, de la corruption au sein de nos gouvernements pour continuer à déverser tranquillement leurs « pourritures » sur le continent. De telles pratiques ne font qu’enfoncer l’Afrique et retarder son processus de développement car les conséquences sont perceptibles à plusieurs niveaux.

1· Sur le plan environnemental

Notre environnement est exposé à la mauvaise foi de ces industriels. Confronter à des règles environnementales très strictes en Occident, plusieurs compagnies, pour échapper à des éventuelles sanctions et poursuites judiciaires viennent verser les résidus de leurs activités industrielles sur des territoires africains notamment dans les cours d’eau qui sont si importants pour le cycle de vie de la faune et de la flore et vitale pour les populations dans leur quotidien.

• Le cas du Probo Koala

Le Probo Koala du nom de ce bateau d’une entreprise battant pavillon néerlandais qui en 2005, sans scrupules déversa des tonnes de déchets toxiques dans les eaux territoriales de la Côte d’Ivoire causa au passage un désastre environnemental et sanitaire sans précédent pour le pays. Les images de personnes infectées furent le tour du monde et les populations continuent de porter des séquelles graves : malformation cardiaque, problème respiratoire et cutanés.

Face aux réactions qu’a causées l’affaire, l’entreprise fautive avait vite fait de repêcher une partie des déchets mais le mal était déjà fait et des études de plusieurs ONG de protections de l’environnement dont Greenpeace ont démontré que la zone touchée ne pourrait pas accueillir d’espèces maritimes pendant plusieurs années ! Seigneur ayez pitié.

• L’industrie automobile

Chaque année, le marché automobile Africain est inondé de plusieurs marques de voitures n’entrant plus dans les normes en Occident. Ils sont communément appelé « France au revoir ».

Le paradoxe c’est que les populations raffolent de ces voitures car moins chères et plus accessible que les voitures qui sortent directement de l’usine et ayant effectué plusieurs tests de fiabilité. Malheureusement ce que les populations ne savent pas c’est que ces voitures sont à la fois dangereuses pour l’environnement et pour les populations elles-mêmes.

En sus plusieurs pays exportateurs d’essence de mauvaise qualité confrontent leur population à de graves risques de pollution car les « France au revoir » qui utilise ce carburant ne sont pas pour la plupart munis d’équipements adéquats notamment les filtres à essence pour traiter le carburant affecté.

Résultats, des milliers de particules polluantes sont chaque jour émises dans l’atmosphère causant ainsi des troubles respiratoires aux populations. Au Ghana par exemple, plus de 530 millions de Dollars ont été dépensé en consultation médicale pour des raisons de pollution. C’est affligeant

 2· Sur le plan sanitaire et alimentaire

• Le domaine sanitaire

Presque tous les secteurs d’activité en Afrique sont inondés de produits périssables et impropres à la consommation. C’est le cas par exemple du domaine pharmaceutique où l’on retrouve des médicaments qui sont interdits de vente notamment en Europe.

Les populations africaines utilisent donc des médicaments potentiellement toxiques pour la santé. Par exemple de nombreux médicaments sont proscrits sur le marché pharmaceutique français comme le combimal comprimé ou le co-arinate. Malheureusement ici en Afrique on retrouve ces produits interdits sur les étalages de nos pharmacies. Les probables conséquences sont terribles : développement de tumeurs et cellules cancérigènes, affaiblissement du système immunitaire, par conséquent réduction drastique de l’espérance de vie.

Le domaine alimentaire

Sur le plan alimentaire, le constat est plus terrifiant car plusieurs grands groupes agro industriels internationaux n’hésitent plus à se débarrasser de leurs denrées en voie de péremption sur le continent. Les boîtes de conserve, les produits laitiers, les boissons, la viande surgelée, les céréales, tout y passent. Résultat c’est toute notre chaîne de consommation qui est envahi par ces produits de consommation avec la bénédiction de nos autorités et de nos mafiosi d’opérateurs économiques uniquement intéressés que par la recherche du profit au risque de mettre en péril la santé de millions de consommateurs.

 3· Sur le plan économique

Nos gouvernants, pour la plupart corrompus sacrifient le devenir de nos nations car ces produits de consommation de mauvaise qualité, moins chères ont des répercussions négatives sur notre économie freinant ainsi son essor. Nos vaillants commerçants et artisans, qui sont spécialisés dans le savoir-faire local et qui veulent s’implanter sur le marché de consommation local sont confrontés à la concurrence déloyale de ces produits importés. Par conséquent pour arriver à survivre et maintenir à flot leurs activités nos commerçants et artisans sont obligés de basculer dans cette importation diabolique et destructrice. Résultat : les produits locaux tendent à disparaître laissant la place à des produits de qualité douteuse qui envahissent notre marché de consommation.

L’Afrique a toujours été considérée comme le continent à la traîne et les Africains sont en grande partie responsables de cette situation. Nous sommes trop attentistes, naïfs, espérant des solutions-miracles pour régler nos problèmes. Nous sommes aussi passés maître dans l’art d’élire des dirigeants corrompus et démagogues à la tête de nos. Nos matières premières sont vendues à vil prix à des entreprises étrangères qui vont les transformer en produits finis et revenir nous les revendre très chers. Au vu de cette situation comment voulons-nous qu’on nous respecte si nous ne sommes pas capables de prendre nos responsabilités et de nous assumer entièrement.

Nous devons changer de mentalités et accepter que nous sommes capables de produire et consommer Africain. Il faut qu’on se départît de certains comportements comme la paresse, l’appât du gain facile, la corruption. Il faut aussi placer les hommes qu’il faut à la place qu’il faut à la tête de nos institutions. Pour cela un travail de fond doit être fait, j’y reviendrai dans un prochain article. Il faut cesser avec les discours populistes, l’amateurisme chronique et oser faire bouger les lignes ce n’est qu’à ce prix que l’Afrique pourra prétendre à une certaine respectabilité.


Notre planète est malade, il faut réagir

Avant toute chose, je vous laisse visionner ce discours de l’acteur américain Leonardo DiCaprio, ambassadeur de l’environnement auprès des Nations Unies lors d’une assemblée extraordinaire. Ce discours, un vrai cri de cœur, nous interpelle tous sur la nécessité de sauver notre planète.

https://www.youtube.com/watch?v=C4k_GBRMzl4

La Terre, cette belle planète qui est minutieusement placée au sein du système solaire et qui est jusqu’à preuve du contraire la seule planète qui abrite la vie, a connu de nombreux bouleversements géologiques qui l’ont façonné. De la tectonique des plaques aux différentes ères géologiques, toute la structure interne et externe de la Terre résulte d’un long processus d’évolution de plusieurs milliards d’années. Mais une espèce vivante est en train de dérégler complètement ce processus : il s’agit de l’Homme.

L’Homme est la seule espèce vivante qui a su au fil des années s’adapter aux diverses périodes qu’a connues la Terre, transformant ainsi à chaque fois son environnement pour survivre. Cette faculté d’adaptation lui a permis de mettre au point des techniques et des outils qui l’ont aidé à exploiter les potentialités et faire de très grandes avancées technologiques.

Aujourd’hui, l’Homme est capable de produire de l’énergie, d’extraire des ressources naturelles du sol, de transformer les produits de la faune en produits de grande consommation, de pratiquer un élevage et une agriculture intensive. Au fur et à mesure qu’on assiste à ces avancées, notre Terre est confrontée à des dérèglements climatiques sans précédent. Aux quatre coins du monde, nous assistons impuissants à des ouragans et des cyclones dévastateurs, à des sécheresses, des inondations impressionnantes qui sèment la désolation sur leur passage. En bref, les activités que nous menons ont grandement contribué au réchauffement climatique. L’Homme a tellement exploité la Terre qu’elle suffoque.

  • Le dioxyde de carbone, ce gaz dangereux pour notre atmosphère

La croissance démographique mondiale est galopante, et qui dit population galopante dit extension des villes. Aujourd’hui, notre planète compte plus d’unités industrielles qu’elle n’en a jamais connues. Pour répondre à la demande mondiale, ces unités industrielles sont de plus en plus grandes et consomment largement beaucoup plus d’énergie. Quand on sait que celles-ci fonctionnent pour la plupart au charbon qui est très riche en dioxyde de carbone, on se rend aisément compte de la proportion de dioxyde de carbone rejeté dans l’atmosphère. En effet, chaque jour, 6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone sont émises par nos activités industrielles.

  • Les conséquences du réchauffement climatique

Au fil des années, nous avons pu mesurer l’ampleur de ce désastre climatique qui nous frappe maintenant de plein fouet. L’air est devenu irrespirable car contenant trop de substances polluantes. En Chine, super puissance industrielle et l’un des pays les plus pollueurs de la planète, l’air est tellement pollué que des millions de Chinois sont obligés de porter des masques afin d’atténuer l’inhalation de ces substances polluantes.

L’Arctique, le système de climatisation de l’hémisphère nord, connaît depuis quelque temps une hausse sensible de sa température, car la banquise y fond beaucoup. Cela pourrait entraîner une modification des courants marins et une hausse générale du niveau des eaux. D’ici à 2040 des bateaux pourront atteindre cette partie du globe qui est pour le moment inaccessible à l’homme.

La hausse du niveau des eaux va entraîner la disparition de plusieurs îles du Pacifique. Aujourd’hui, plus d’un milliard d’individus dépendent de la faune marine pour assurer leurs apports en protéines. Mais par nos activités, nous avons réussi l’exploit de remettre en cause 530 millions d’années d’évolution : beaucoup d’espèces maritimes et terrestres sont en voie de disparition.

Les arbres, qui contribuent grandement à l’absorption du dioxyde de carbone, sont détruits sur plusieurs hectares, les océans qui régulent la température de la terre sont pollués de toutes parts, les récifs coralliens qui jouent le rôle primordial de digue naturelle tendent à disparaître. Rien d’étonnant quand on voit aujourd’hui à quel rythme se produisent les ouragans, les cyclones, les inondations, les sécheresses qui deviennent de plus en plus imprévisibles et destructrices.

Qu’avons-nous fait pour remercier la Terre ?

Notre planète avait mis en place un système de sécurité pour nous protéger de tous ces aléas. Et nous, qu’avons-nous fait pour la remercier ? Nous avons complètement déréglé ce système de sécurité et nous sommes aujourd’hui très vulnérables.

Le pire, c’est que l’on a impression d’ignorer le danger ou de le minimiser. Il y a même une catégorie d’individus qui se sont proclamés « climatosceptiques ». Pour ces individus, le débat sur les changements climatiques n’est qu’une grosse mascarade et n’a pas lieu d’être. Rien de plus surprenant quand on sait que la plupart des climatosceptiques sont des patrons de grands groupes d’industries fossiles et de politiciens guidés par des intérêts égoïstes.

Actuellement, le plus célèbre des climatosceptiques est sans nul doute le président américain Donald Trump qui a promis de désengager son pays de tous les accords signés sur le climat visant à limiter l’émission des gaz à effet de serre. Quand on sait que les États-Unis sont le principal pollueur de la planète, il est à parier que nous courrons tout droit vers le précipice.

Les scientifiques et autres organisations de défense de l’environnement qui tentent de tirer la sonnette d’alarme sont traités de tous les noms, traînés dans la boue et subissent une énorme pression de la part des lobbyistes des énergies fossiles. On peut citer les entreprises géantes américaines que sont : Exxon Mobil, Koch industries, Chevron. Toujours aux États-Unis, certains hauts représentants du parlement qui ont des liens étroits avec ces grands groupes industriels mènent des campagnes de dénigrement pour désinformer le grand public et minimiser le problème. Ils font tout pour éviter que des lois restreignant l’activité de ces industries ne passent au congrès.

  • Les solutions envisageables

L’homme a tellement exploité et pollué la Terre que celle-ci à de la peine à se régénérer et renouveler son stock de ressources indispensables à notre survie. Pour l’aider, il faut agir et vite car le temps joue contre nous. Il faut absolument réduire les émissions des gaz à effet de serre et passer à des énergies propres, notamment les énergies renouvelables.

Les grandes puissances doivent au plus vite montrer l’exemple et ainsi permettre aux autres pays d’effectuer leur transition énergétique. Ces puissances sont toujours promptes à sermonner les pays du tiers monde quant à leur lenteur dans le passage aux énergies renouvelables, ce qui est hypocrite de leur part car, l’exploitation de ces énergies coûte très chère.

Les États-Unis sont de grands donneurs de leçons mais de grands consommateurs d’énergies fossiles. Il est démontré qu’un Américain consomme 1,5 fois plus d’énergie fossile qu’un Français, 3,5 fois qu’un Indien, 6,5 fois qu’un Japonais, 62 fois qu’un Nigérian. Notre salut viendra des énergies renouvelables, notamment le solaire. Au-delà des discours politiques et des hésitations il faut agir en communion.

Nous devons aussi apprendre à changer notre mode de consommation. L’élevage intensif des bovins doit laisser place à l’élevage des volailles, qui est beaucoup moins polluant. C’est une vraie alternative sans émissions de méthane, qui peut mettre des dizaines d’années avant de disparaître de l’atmosphère terrestre. Les halocarbures, extrêmement nocifs, ont une présence qui peut s’étaler jusqu’à des milliers d’années dans l’atmosphère. Ils sont beaucoup utilisés dans l’industrie mécanique ; automobile ;  aéronautique et doivent être remplacés par des carburants naturels extraits de micro algues marines et de plantes comme le jatropha et bien d’autres, qui peuvent s’adapter à n’importe quel type de climat.

Notre Terre n’a jamais été aussi affaibli. L’homme a tellement exploité et pollué la Terre qu’on parle désormais de « l’homosphère ». L’homosphère, l’ère de l’homme ; cette ère où l’homme a mis au point des infrastructures capables d’exploiter les ressources de la terre sans limite.

Aux vues des derniers évènements climatiques et les dégâts engendrés, Mère Nature nous rappelle que quel que soit notre niveau technologique, elle peut nous dominer à tout moment. Notre planète est à bout de souffle et nous en sommes grandement responsables. Nous devons en prendre conscience et agir rapidement au risque d’atteindre le point de non-retour… Si nous ne l’avons pas déjà atteint.

Si nous continuons d’ignorer le danger, l’accès à l’eau sera difficile dans plusieurs parties du monde, ce qui entraînera inexorablement des conflits et des migrations. Nous commençons d’ailleurs à entrevoir des prémices. Plusieurs pays du monde seront touchés par la sécheresse, et l’agriculture ne pourra pas être pratiquée.

Nous nous acheminons vers une augmentation des températures de 4°c, ce qui ne s’est plus vu depuis 4 millions d’années. Le Groenland, partie du globe qui absorbe la plus grande partie du méthane de l’atmosphère, est en train de perdre une grande partie de sa surface glaciaire due au réchauffement climatique. Conséquence, le méthane que le Groenland avait capturé est maintenant libéré en continu. Au lieu de jouer son rôle refroidissant, le Groenland est devenu auto-chauffant. Les générations futures n’auront peut-être pas l’occasion de voir la biodiversité actuelle.

Je vous laisse méditer sur cette chanson « SOS » du reggeaman Français Blacko.


Les Red Tails, L’Unité Historique De La Seconde Guerre Mondiale

Les Red Tails sont entrés dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, ils furent la première unité de pilotes composés uniquement de noirs dans l’aviation américaine à combattre durant le second conflit mondial. Dans les premières années de la guerre, les pays de l’axe avec en tête l’Allemagne et sa redoutable Luftwaffe ont infligé de lourdes défaites occasionnant d’énormes dégâts aux forces alliés. Par la suite l’entrée en guerre des États-Unis et le ralliement de l’Ex-URSS suite à la rupture du pacte de non agression signé quelques années plus tôt avec l’Allemagne nazis, ont inversé le rapport des forces. L’emblématique Winston Churchill qualifia cette période de « reflux de la marée ». Cependant les dégâts occasionnés lors des batailles précédentes étaient conséquents au sein de l’armée de l’air des alliés. Pour faire face à ce déficit, une unité de pilote sera mise sur pied et ces pilotes ne s’imaginaient pas qu’ils allaient entrer dans l’histoire. En effet durant cette période, la ségrégation raciale était très présente aux États-Unis et c’est dans ce contexte, que les premiers pilotes noirs furent formés à la base aérienne de Tuskegee. Ils avaient comme commandant le colonel Benjamin Davies Taylor qui a suivi sa formation au sein de la prestigieuse académie militaire de l’armée américaine « West Point ». Alexander Jefferson, un des pilotes de l’unité encore vivant décrit le colonel Davies comme un homme de poigne, charismatique, et extrêmement intelligent, il faut dire qu’il s’est forgé un mental d’acier durant sa formation à West Point où il était souvent victime de racisme.
Lancer dans le grand bain des combats aériens, les Red Tails n’ont eu que peu de temps pour maîtriser l’avion de combat des forces américaines de l’époque le « P51 Mustang » ils n’ont pas eu de cadeaux et ont dû faire leurs preuves. Lors de leurs premières missions, ils devaient escorter les bombardiers alliés quand ceci devait pilonner différentes villes allemandes. Les Red Tails menaient tellement bien leurs missions d’escorte que les pilotes des bombardiers les réclamaient à chaque fois sans savoir que l’unité était essentiellement composée de pilotes noirs. Malgré ces bons résultats, le colonel Davies était intransigeant envers ses hommes, il ne tolérait pas la moindre erreur car de nombreux gradés de l’aviation américaine guettaient le moindre faux pas de l’unité pour la dissoudre et la taxer d’incompétente. Malgré les mauvaises intentions de la hiérarchie militaire, les Red Tails ont accompli avec brio toutes leurs missions d’escorte, quand ils revenaient à la base ils fêtaient chacune de leurs victoires en faisant des tonneaux à basse altitude ; ils détonnaient vraiment des pilotes de l’époque.
Après avoir connu de lourdes défaites et face aux immenses dégâts matériels occasionnés par les bombardements massifs des alliés, Hitler dos au mur rassemble toutes les forces aériennes de la Luftwaffe pour protéger Berlin avec notamment l’apparition du premier chasseur à réaction de l’histoire le «Messerschmitt Me 262 ». Face à ce nouvel armement ultrasophistiqué nazi, ce sont les Red Tails qui sont sollicités pour l’affronter et porter l’estocade finale au Reich. À bord de leurs P51 Mustang, nettement moins rapide que le ME 262, les Red Tails entreront dans l’histoire en détruisant plusieurs de ces avions à réaction scellant ainsi le sort de la Luftwaffe et du 3e Reich. Tout simplement phénoménal, les Red Tails ont réussi où personne ne les attendait. Ces exploits leur valurent le respect et la reconnaissance de la hiérarchie militaire. Les Red Tails demeurent à ce jour l’une des rares unités à avoir reçu trois citations présidentielles. Mais le paradoxe, est que la presse blanche qui contrôlait le système de presse aux États-Unis à l’époque n’a pas fait échos des exploits de ces valeureux combattants des airs si bien que lors de leur retour au pays de l’oncle Sam ils ont été accueilli avec ingratitude, le système ségrégationniste était alors très ancré, l’on vantait le mérite des pilotes blancs qui eux aussi, ont réussi des exploits sans mettre en avant le mérite les Red Tails qui ont porté le coup de grâce à Hitler. L’armée de l’air consciente de l’apport inestimable des Red Tails mettra fin à la ségrégation en son sein dès 1948. Les Red Tails en chiffres c’est : 111 avions abattus en l’air, 150 avions abattus au sol, 150 wagons de train détruits et ils perdirent 66 aviateurs. Ils étaient tellement innovants dans leurs techniques de combat que les pilotes allemands les surnommèrent « les Luft gangster » littéralement les gangsters des airs. En mettant fin au fascisme en Europe et à la ségrégation au sein de l’armée de l’air, les Red Tails ont écrit une page d’histoire confirmant que chacun peut réaliser l’exceptionnel quand il y a une vraie égalité des chances.


Président Kaboré : les Burkinabès sont fiers, vraiment ?

Voici un peu plus de 9 mois que Roch Marc Christian Kaboré a été élu président du Burkina Faso. Entre 2014 et 2016 le Burkina Faso a connu nombre de tumultes qui font désormais partie de l’histoire du pays. Du soulèvement populaire à la tentative de coup d’État du 15 septembre 2015 le peuple burkinabè a démontré qu’il aspirait à autre chose, une autre méthode de gouverner. C’est dans ce sens que l’élection présidentielle de 2016 a suscité beaucoup d’espoirs au sein de la population. Ils ont ainsi placé leur confiance en Roch Marc Christian Kaboré pour conduire aux reines du pays. Kaboré, ex-bras droit de Compaoré et pilier du régime de ce dernier pendant des années au même titre que Salif Diallo et Simon Compaoré, tous deux anciens lieutenants du « beau blaise » ont quitté le CDP (Congrès pour la Démocratie et le progrès) Parti au pouvoir avant le soulèvement populaire pour créer leur propre parti le MPP (Mouvement du peuple pour le progrès).

Ce trio, tombé en disgrâce auprès de l’ex-président, a profité de la cacophonie née de la volonté de ce dernier de modifier l’article 37 de la constitution pour briguer un nouveau mandat présidentiel. Dès lors, profitant de cet élan, ils se sont mobilisés au sein de l’opposition politique appuyée par la société civile pour faire barrage au projet de modification constitutionnelle. Mais le vrai mérite reviendra au peuple burkinabé qui a pris ses responsabilités et a décidé de « balayer » un régime qui n’a cessé de le spoiler, le piller et l’abaisser. On pensait donc qu’un renouveau démocratique allait émerger après cette longue période de malhonnêteté, de crimes et de bassesses en tout genre. La transition politique qui devait tracer les sillons de ce renouveau jusqu’aux prochaines élections s’est malheureusement discrédité par son favoritisme pour les membres du trio RSS (Roch, Salif, Simon). Au lieu de travailler à satisfaire les attentes du peuple, le régime de la transition avec à sa tête Michel Kafando a mis tout en œuvre pour ouvrir les portes du palais présidentiel à Roch Marc Christian Kaboré qui fut désigné candidat de son parti. Le chef d’orchestre de ce parachutage fut le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, bombardé par la suite Générale de Division à la fin de la transition.

Ce dernier avec l’aide de son entourage a écarté de la course tous les principaux challengers de Roch Marc Christian Kaboré. Zida doit s’en mordre les doigts aujourd’hui car celui qu’il a aidé à accéder au pouvoir a retourné sa veste depuis, et on peut le dire, il est dans de sales draps. Débarrasser de ses principaux concurrents et face à de piètres candidats qui n’ont fait qu’amuser la galerie et dont le plus sérieux était Zéphirin Diabré, Roch Marc Christian Kaboré déploya une machine électorale bien rodé pour convaincre les Burkinabès qu’il était l’homme de la situation. C’est ainsi qu’il fut élu au premier tour le 20 novembre 2015 président du Burkina Faso ; malgré un passé trouble, les Burkinabès avaient espoir en un vrai changement, mais après 9 mois d’exercice du pouvoir les Burkinabès ont vite déchanté et sont vite revenus sur terre. Alors, Monsieur Roch Marc Christian Kaboré les Burkinabès sont-ils fiers de votre début de mandat ?  Je n’en suis pas si sûr.

 Tâtonnements au sommet de l’État

Après sa prestation de serment le 29 décembre 2015, il a fallu attendre plusieurs jours avant la nomination d’un Premier ministre, les raisons de cette longue attente étaient dues à une querelle de leadership au sein du MPP, ensuite la formation du gouvernement est survenu une semaine plus tard. L’équipe enfin mis en place, le peuple n’attendait plus qu’elle se mette au travail et prenne des décisions fortes pour relever le pays, mais hélas nos dirigeants se sont distingués par leur amateurisme, mettant en place des mesurettes et non pas des mesures qui n’ont pas de portée à long terme…

Ces mesurettes, l’équipe dirigeante les ont mis en place pour calmer les ardeurs de la frange jeune de la population, principal acteur du soulèvement populaire. Confrontés à un taux de chômage extraordinairement élevé ces jeunes se sont vus proposer des postes dans le domaine de l’enseignement et de la santé. En effet l’équipe dirigeante à procéder à un recrutement 4500 instituteurs de l’école primaire, principalement des étudiants de niveau BAC+2, ceux-ci après une formation initiale de 6 mois se sont vu affectés dans les campagnes du pays. Ensuite au niveau de la santé, le gouvernement a procédé au recrutement de 10000 agents communautaires de santé pour une période de 6 mois non renouvelables.

En plus de cela, il y a aussi le projet HIMO (Haute Intensité de main-d’œuvre) en vigueur dans les villes. Les jeunes bénéficiaires de ce programme auront pour tâche d’assainir les artères de la ville, cela est louable mais malheureusement les villes du Burkina Faso ne sont pas nettoyables car les populations ont pris la mauvaise habitude de jeter leurs ordures en plein air et dans des caniveaux censés drainer des eaux de pluie et le travail de ces jeunes s’est révélé nul car l’objectif visé n’a pas été atteint. Bref, les jeunes ne se voient offrir aucune perspective ce qui est dommage car ils constituent le socle du développement d’un pays et comme je le disais dans un de mes articles précédent concernant l’emploi des jeunes il faut innover et ouvrir toutes les routes aux jeunes.

 

  L’avènement des Koglwéogo

Depuis l’accession au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré, le Burkina Faso a connu la prolifération des groupes d’autodéfense communément appelés Koglwéogo. Il est vrai que le pays comptait déjà des regroupements d’individus comme les « chasseurs traditionnel dozos » qui travaillent en étroite collaboration avec les forces de l’ordre pour assurer la sécurité des communes du pays. Cependant ce qui est aberrant avec les koglwéogo c’est que ceux-ci se sont carrément substituer aux forces de défense et de sécurité pour faire régner l’ordre se donnant la légitimité de sévir corporellement et de prélever des amendes sur des individus soupçonner de délinquance . Cela montre une vraie faillite de l’État à assurer la sécurité de ses concitoyens. Cependant, dans des contrées où il n’y a aucune représentation des forces de l’ordre (Commissariat de Police, Gendarmerie Nationale), les populations sont livrés à elles-mêmes et face au grand banditisme elles s’en remettent aux koglwéogo. Il est vrai que ceux-ci contribuent à lutter contre la criminalité mais depuis le début de l’année ils se sont distingués par leurs différentes bavures, le rackette des populations et surtout une habitude chronique à défier l’autorité de l’État. Ce qui est paradoxal, c’est que même au sommet de l’État on se plaît à encourager ces milices d’autodéfense et pire, essayé de leur trouver un statut particulier.

Un homme illustre parfaitement cette situation ubuesque : Simon Compaoré, ancien maire de la capitale Ouagadougou, actuel ministre de l’Intérieur et autre tête pensante du trio RSS (Roch, Salif, Simon). Ce monsieur, en sa qualité de ministre de l’intérieur n’a pas hésité à étaler les carences criardes du gouvernement dans sa mission de sécurisation du pays et il a reconnu publiquement qu’il ne pouvait pas procéder à la dissolution des koglwéogo arguant que ceux-ci étaient nécessaires à la sécurisation du pays et qu’il faut travailler à les intégrer dans un système légal. Le sieur Compaoré s’est même proclamé « chef suprême » des koglwéogo. Mais j’ai envie de dire, « On est où là ». Dans un pays où l’on retrouve la Police, la Gendarmerie, l’Armée, qui engloutissent une grande partie du budget de l’État et où il y a des recrutements massifs chaque année, l’on est confronté à ce genre de scénario digne des plus grandes œuvres romanesque d’aventure.

Comment dans un état de droit où les dirigeants ont été choisi parce qu’ils affirmaient avoir un programme de société solide, concret et disposant des moyens nécessaire pour l’appliquer, prenant en compte tous les domaines de la société notamment l’intégrité territoriale du pays, se retrouve quelque temps après à confier la sécurité de sa population à des aventuriers sans foi ni loi tout droit sortie du film « Conan le Barbare » et commettant toutes sortes d’exactions. Les Burkinabès se sont rendu compte que les belles paroles mielleuses prononcés à tout vent lors de la campagne présidentielle n’étaient que pures illusions. Quand on aspire à diriger un pays il faut avoir de la poigne, peser le pour et le contre et trouver des solutions idoines qui sont en conformité avec le contexte du pays. Il faut gérer au plus vite le problème des koglwéogo car dans d’autres pays comme le Burundi et la Centrafrique les milices qui y sont nées ont débouché sur des rébellions.

 

   Le Marasme Socio-économique

Il n’est un secret de polichinelle que le Burkina Faso vit une situation économique préoccupante. En effet, depuis les soubresauts des 30 et 31 octobre et le coup d’État manqué du 15 septembre, le Burkina Faso a très mal à son économie, tous les secteurs sont dans le rouge et rien ne s’est arrangé avec l’arrivée au pouvoir du MPP et tout indique que la situation perdurera car l’équipe actuellement au pouvoir n’offre aucune alternative et semble dépasser par les événements car leur leitmotiv préféré est le suivant : « les caisses de l’État sont vides ». Ce statu quo étouffant exacerbe les populations entraînant une grogne sociale qui freine l’envie des potentiels investisseurs de venir investir dans le pays, ajouter à cela le phénomène des koglwéogo la situation devient plus complexe car l’image que ces derniers ont renvoyé ces derniers temps n’est pas du tout reluisante et décourage les bailleurs de fonds. Pour essayer de sortir la tête de l’eau le président Kaboré s’est tourné vers la « mendicité internationale » multipliant les voyages d’État pour aller exposer les problèmes du Burkina Faso à l’extérieur, comme si nous-mêmes Burkinabès sont incapables de trouver des solutions à nos problèmes. Comment un pays peut se développer s’il doit compter à chaque fois sur l’aide internationale.

Trois phrases du président Kaboré, illustrent parfaitement son incapacité ainsi que celle de son équipe à trouver des solutions idoines aux problèmes économiques du pays. C’était lors de ses différents déplacements à l’extérieur ; jugez en vous-même :

  » La situation économique du pays est très grave ». (Roch Marc Christian Kaboré aux Burkinabès vivant aux États-Unis)

 

 » Si on n’aide pas le Burkina ce sera la chronique d’un échec annoncé ». (Interview accordée au journal Le Monde, lors de sa visite à Paris)

 

« Il ne faut pas se leurrer, on ne peut pas sortir de notre chapeau une solution-miracle qui résoudra en six mois les solutions du pays ». (Roch Marc Christian Kaboré aux Burkinabès de Côte d’Ivoire en Juin dernier).

Pour couronner le tout l’équipe gouvernementale a récemment instauré des taxes sur les boissons alcoolisées, les jeux de hasard et les propriétés fonciers. L’on voit bien que le gouvernement navigue à vue et ses dernières mesures impopulaires et inappropriées ne font qu’amplifier la grogne sociale car les Burkinabès ne savent plus à quel saint se vouer. Au niveau de l’administration, les fonctionnaires sont de plus en plus démotivés et les syndicats sont sur le pied de guerre prêt à entrer en lutte pour revendiquer des arriérés de salaires et de meilleures conditions de travail.

 

  L’unité Nationale et la Justice remise en question

Il y a un autre point où le gouvernement du président Roch Marc Christian Kaboré était très attendu, celle de la justice notamment pour les martyrs de l’insurrection populaire, les victimes du putsch manqué de septembre 2015 et celui très attendu du dossier Thomas Sankara. Le régime de la transition même s’il a failli à cas même eut le mérite de donner un coup d’accélérateur sans précédent à ces dossiers, débouchant ainsi sur l’arrestation de plusieurs dignitaires du régime déchu.

Des mandats d’arrêts avaient été émis à l’encontre de Blaise Compaoré pour sa supposée implication dans l’assassinat de Thomas Sankara et du président de l’assemblée nationale Guillaume Soro accusé de connivence avec les putschistes de septembre 2015. Ses différentes actions fortes avaient permis aux Burkinabès de croire à nouveau en leur justice, mais depuis l’accession au pouvoir de Roch Kaboré tous ces dossiers sont traités de manière laxiste par des juges acquis et tombent peu à peu dans les oubliettes. Quoi de plus normal quand on sait que les principaux ténors du MPP sont cités dans plusieurs de ces affaires. Cette situation a permis à plusieurs leaders de l’ex parti au pouvoir de bénéficier de libertés provisoires sans qu’aucun jugement ne soit préalablement donné. La cerise sur le gâteau c’est que les mandats d’arrêts lancés contre Compaoré et Soro ont été purement et simplement annulé pour vice de forme dit-on : Oui c’est ça ! Nous ne sommes qu’à même pas naïfs jusqu’à ce point.

Ce scénario était d’autant plus plausible car notre exécutif s’est rendu à plusieurs reprises en Côte d’Ivoire pour espérer bénéficier des largesses du président Ouattara. Celui-ci en a sans doute profité pour exiger que les charges qui pèsent contre son ami et Mentor Blaise Compaoré, et son dauphin constitutionnel soient abandonné avant qu’il ne daigne répondre favorablement à leur demande « d’aumône », et c’est par la suite, lors du TAC ( Traité d’Amitié et de Confiance) entre les deux pays, que les questions de justice ont été sacrifiés au profit d’intérêts économiques. Eh oui, voilà comment on rend justice au pays des hommes intègres.

Ce qui est délirant avec nos autorités c’est qu’ils crient sur tous les toits qu’il faut procéder à une réconciliation nationale entre les habitants du pays et sauvegarder l’unité nationale. Pour ce faire, ils ont même mis en place le HCRUN (Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité Nationale), organisme qui doit œuvrer à réconcilier les fils et filles du pays. Sans vouloir être pessimiste cela n’aboutira à rien de bon car sans justice préalable il est difficile de pardonner et sans pardon pas de réconciliation.

 

   Les luttes de clans au sein du MPP  

Démissionnaire du CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès), les fondateurs du MPP que sont Roch Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré avaient mis en avant la gabegie, le clientélisme, le copinage, le manque de démocratie interne au sein de l’ex Parti au pouvoir pour justifier leur fin d’idylle avec Blaise Compaoré leur mentor de toujours. Pour persuader l’opinion publique de leur changement de cap et de leur soi-disant volonté d’apporter une nouvelle forme de gouvernance, les hommes forts du MPP ont fait un semblant de mea culpa dans divers organes de presse pour prouver leur bonne volonté. Salif Diallo, désormais tout-puissant président de l’assemblée nationale était même allé jusqu’à affirmer : « qu’ils (Roch, Simon et lui-même) ont dîné avec le diable (Compaoré) mais qu’ils ne sont pas le diable ». Qu’est-ce qu’un homme politique n’est pas prêt à dire pour arriver à ses fins. Cette citation du Générale De Gaulle vient nous le rappeler :

« les hommes politiques ont du mal à croire en ce qu’ils disent, je suis donc surpris qu’il y ait des gens qui croient en eux ».

Aussitôt le pouvoir d’État acquit les mêmes tares du CDP se sont déportées au MPP, chaque leader voulant placer son homme de confiance à des postes stratégiques c’est ce qui a causé le retard auquel on a assisté lors du processus de formation du gouvernement. Ne dit-on pas à chaque fois qu’il faut mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Eh bien, au pays des hommes intègres ce n’est pas encore le cas, les tares se sont démultipliées lors des dernières élections municipales où le MPP a offert un piètre spectacle aux yeux des Burkinabès. Lors de ces élections locales il y a eu des querelles de positionnement au sein du parti débouchant sur des affrontements entre militants instrumentalisés entraînant des morts d’hommes. Les militants du MPP ont fini par montrer que rien n’avait finalement changé et que nombre des militants qui y étaient venus n’étaient intéressé que par desseins égoïstes. En définitive on est tenté de dire que MPP est égal à CDP et même pire.

 

 

Monsieur Roch Marc Christian Kaboré, voilà maintenant plus de 09 mois que le peuple souverain a décidé de vous faire confiance malgré vos nombreuses années passées au cœur du régime rejeté de Blaise Compaoré. Lors de la campagne présidentielle vous avez eu pour slogan « Roch, la réponse » mais j’ai l’impression que depuis votre arrivée au pouvoir c’est plutôt « Roch, les soucis ».

Il est vrai qu’on ne peut pas régler tous les problèmes à coup de baguette magique et il serait naïf de croire le contraire mais avec de la volonté politique, une vision à long terme, de l’audace, un plan de développement en adéquation avec les réalités du pays on peut obtenir de très bons résultats. Il est vrai que comparaison n’est pas raison, mais des pays moins nantis que le Burkina Faso, ont réussi des prodiges pour amener leur pays sur la voie du développement tout simplement parce que leurs dirigeants sont des visionnaires et ont des programmes de société qui sont en conformité avec les réalités de leurs pays. Bref monsieur Kaboré il est temps de vous mettre au boulot, car tous les secteurs d’activités de notre société sont anesthésiés.

L’éducation, que vous avez contribué à anéantir dans les années 90 suite au PAS (Programme d’Ajustement Structurel) imposé par les institutions de Bretton Woods peine à se relever et l’Université en grande partie illustre parfaitement les maux de notre système éducatif. En temps opportun l’Université est le lieu de l’excellence de la formation, la quintessence du savoir, le lieu où doit éclore le futur d’un pays mais au Burkina Faso l’université est perçue comme une usine à fabrique de chômeur, où l’on retrouve des étudiants incapables de se projeter dans l’avenir, décourager et sans ambitions. Le secteur économique, gangrené par la corruption et les intrusions politiques est en mauvais état. L’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le tourisme souffre des mêmes maux depuis des années, le système de santé est au bord du précipice. Bref il y a urgence et il faut agir, donc Monsieur Roch Marc Christian Kaboré la balle est dans votre camp et vous n’avez pas beaucoup de temps.


Invictus L’Ode au Combat

« Dans les ténèbres qui m’enserrent

Noir comme un puit où l’on se noie,

Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient,

Pour mon âme invincible et fier

Dans de cruelles circonstances, je n’ai ni gémi ni pleuré

Meurtrit par cette existence, je suis debout, bien que blessé

En ce lieu de colère et de pleurs, ce profile l’ombre de la mort

Je ne sais ce que me réserve le sort

Mais je suis et je resterai sans peur

Aussi étroit soit le chemin,

Nombreux les châtiments infâmes,

Je suis le maître de mon destin,

Je suis le capitaine de mon âme »

 

Quand William Ernest Henley ( 1843-1903), écrivait ce poème, il n’eût pas besoin d’un éclair de génie ou d’une soudaine inspiration pour le faire. William Ernest Henley a écrit Invictus, alors qu’il était couché sur un lit d’hôpital souffrant dans sa chair.

Sa description de la souffrance dans ce poème montre trois aspects, d’une part il montre comment il subit la souffrance, ensuite il nous montre comment il décide de défier celle-ci et enfin il révèle qu’il sera le grand vainqueur de ce combat d’endurance. Ce poème magnifique j’ai essayé de l’interpréter humblement à ma façon et voilà ce qui en découle :

 

« Submerger de coups, ma face côtoie celle du sol,

Couché je subis une pression indescriptible comme si le poids du monde réside sur mon frêle dos

J’attends le coup de grâce mais il n’arrive pas car j’en redemande encore et encore

Mon corps ne fait plus qu’un avec la douleur

Millimètres après millimètres, centimètres après centimètres je me relève

Cette pression qui me faisait tant souffrir je la porte désormais sur mes épaules tel un trophée

Au début cette souffrance m’aveuglait

Mais maintenant je la regarde droit dans les yeux »

 

Ce poème est une essence, une essence dont les senteurs nous permettent d’affronter la vie et je vous invite à ouvrir tous vos sens à cette essence.

Sans doute, quand William Ernest Henley écrivait ces vers il n’imaginait pas que tant de personnes s’y identifieraient.

En effet, de personnalités comme Nelson Mandela à des Étudiants de l’université de Bobo Dioulasso, tous ceux sont nourris de ce poème pour affronter certaines difficultés. Si nous prenons le cas du père de la nation arc-en-ciel, Invictus, a été un moyen pour lui de ne pas abandonner son combat lorsque il était enfermé dans les geôles froides et obscures de Robben Island. Plus tard, il avouera ceci :

 

Invictus a été pour moi, bien plus qu’un poème ça a été une interprétation directe de ma vie. Invictus a été l’arme qui m’a permis de vaincre la peur, la haine et la vengeance. Quand je sentais que mes forces m’abandonnaient je le récitais dans ma tête. Quand je rejoindrai monsieur Henley je le remercierai et je demanderais à ce que on lui attribue un prix Nobel spécial . Respect  Madiba

Invictus nous démontre que nous passerons par des moments difficiles, la vie nous cognera vraiment fort et nous nous retrouverons un nombre incalculable de fois à terre.

Cependant nous ne devrions jamais abandonner car tôt ou tard l’on se relèvera, tout est une question de persévérance. Invictus est une invitation au combat, une vraie source de motivation pour affronter ce monde car il n’est pas fait que de levés de soleils et d’arc-en-ciel, c’est un endroit impitoyable et peu importe notre force il nous mettra à genoux et nous y gardera si nous nous laissons faire, aucun de nous ne frappera plus fort que la vie et ce poème nous le rappelle.

William Ernest Henley a ainsi, à travers Invictus fait le portrait du parcours tumultueux qui nous attend tous, aussi il nous a donné les outils nécessaires pour arpenter ce chemin et nous fait clairement comprendre que la souffrance est temporaire, elle peut durer une minute, une heure, ou un jour ou même une année mais à un moment donné, elle va disparaître et quelque chose de différent viendra la remplacer, mais elle durera pour toujours si nous abandonnons.

 

 


L’emploi des jeunes au Burkina: Défis et Solutions

La question de l’emploi chez les jeunes est un sujet aujourd’hui très sensible pour notre gouvernement. Le taux de chômage chez les jeunes âgés de 15 à 35 ans, frange importante de la population, ne fait que s’amplifier. Ce phénomène ne fait que s’accroître et chaque année de nombreux jeunes viennent inonder un marché du travail déjà très saturé.  

 Croix et Bannière pour trouver un emploi : Le Public et le Privé sont dépassés

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File de jeunes , qui attendent afin de pouvoir déposer leurs dossiers pour les recrutements au sein de la Fonction Publique

Obtenir un emploi pour ceux-ci relève désormais d’un parcours du combattant. Le gouvernement essaie chaque année d’offrir des postes dans l’administration publique à travers les concours directs de la fonction publique. Pour ces concours les postes à pourvoir oscillent entre 10000 et 11000 postes chaque année. N’ayant pas d’alternative, des milliers de jeunes, majoritairement des  diplômés sans activité, candidatent à ces concours dans l’espoir de décrocher un emploi. Cependant, le constat est clair : le nombre de postes proposés dans la fonction publique est dérisoire comparé au nombre de jeunes diplômés cherchant un emploi. La situation est tout aussi difficile dans le secteur privé où la crise économique ne permet pas des recrutements massifs.

Les jeunes, n’ayant pas eu la possibilité d’intégrer ni la fonction publique ni le secteur privé, sont obligés d’exercer des emplois précaires en attendant les prochains recrutements. Quant aux jeunes non scolarisés, ceux-ci se tournent vers le secteur informel mais, faute d’accompagnement, ils peinent à stabiliser leurs activités. Les questions que l’on doit se poser sont : le gouvernement peut-il à lui seul résorber le chômage chez les jeunes ? Tous les jeunes peuvent-ils intégrer la fonction publique ?

Comment créer des emplois stables pour les jeunes et accompagner ceux qui prennent des initiatives pour s’auto-employer ? Comment soutenir le secteur privé afin qu’il puisse être compétitif et qu’il puisse disposer d’une ressource humaine en quantité ? Ces questions illustrent aujourd’hui les difficultés qu’éprouvent les jeunes à intégrer convenablement le marché du travail. Le chômage des jeunes au Burkina Faso est comparable à une équation à plusieurs inconnues qui est difficilement résolvable. Malgré tous les colloques, les séminaires, et les conférences organisés pour statuer sur la question, le chômage des jeunes s’intensifie et tout porte à croire que ce chômage persistera tant que les principaux acteurs, à savoir le gouvernement et les jeunes, ne changeront pas de vision.

 Emergence de Nouvelles opportunités d’emploi

  

  Internet

 

Internet

En ce 21e siècle, le marché du travail a beaucoup évolué et des opportunités d’emplois existent. Il appartient donc à la jeunesse Burkinabè de saisir ces opportunités.

Aujourd’hui, grâce à la révolution du numérique, il foisonne sur l’Internet des possibilités d’auto-emploi pour des jeunes diplômés au chômage, qui peuvent prendre leur destin en main et exploiter leurs compétences académiques pour se prendre en charge. Grâce à l’Internet de nombreuses barrières ont été levées, il suffit pour ces jeunes diplômés d’avoir du talent, des compétences et de l’imagination. Ainsi, ils peuvent travailler pour plusieurs firmes à travers le monde en leur pourvoyant des services, en vendant leurs œuvres d’esprit et leurs compétences. Ces types de services se donnent après inscription à travers des plateformes ou des sites web en freelance (qu’on peut traduire par « travailleur indépendant ou autonome »). Sur ces plateformes de freelance, des compagnies publient des postes à pourvoir avec description des tâches. Les freelancers ou travailleurs indépendants dont les inscriptions sur la plateforme ont préalablement été acceptées, postulent pour l’emploi, la compagnie qui a fait l’offre contacte ensuite le candidat de leur choix, pour formaliser le contrat du travail. Une fois le travail accompli et la compagnie satisfaite du travail, la rémunération est versée auprès de la plateforme qui retire son pourcentage et procède ensuite au payement du freelancer. Les plateformes de freelance sont une aubaine car elles ne se limitent pas à une zone géographique donnée et toutes les compétences sont prises en compte.

Dans le cas du Burkina Faso les formations universitaires ne sont pas en adéquation avec les emplois proposés sur le marché du travail or en tant que freelance un(e) jeune diplômé(e) en informatique, en marketing, en communication, en design, en droit peut facilement être embauché par une compagnie présente sur ces plateformes de freelance. Cependant au Burkina Faso les difficultés à se connecter au réseau internet sont légion. Entre tarifs d’abonnement élevés et qualité de connexion mauvaise, il est difficile pour les jeunes d’accéder aux opportunités sur internet, il appartient donc au gouvernement d’accompagner les compagnies de téléphonies mobiles à travers des subventions afin que celles-ci puissent doter les universités de connexion internet haut débit et promouvoir des tarifs spéciaux pour les étudiants, pour l’utilisation des services internet dans le but de permettre à ces derniers de stabiliser leurs activités en ligne car les potentiels jeunes diplômés pourvoyeurs de services et d’assistance doivent avoir une présence régulière sur internet.

  

  L’Entrepreneuriat

 

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Aujourd’hui, l’entrepreneuriat constitue aussi une solution au chômage des jeunes tous sans distinction. Vu que le marché de l’emploi est complètement saturé, l’entreprenariat se présente comme une réelle alternative pour la jeunesse du pays. Il est vrai que tout le monde n’est pas entrepreneur mais avec un peu d’orientation, de détermination et une bonne dose d’inspiration tout jeune, demandeur d’emploi peut faire éclore son côté entrepreneur. Alors pourquoi attendre à ne rien faire, pourquoi attendre le gouvernement ? Le succès vient lorsque l’on arrive à identifier un problème humain et qu’on trouve des moyens d’y remédier tout en restant au centre de la solution. Au Burkina, chaque problème constitue une idée d’entreprise, les besoins autour de nous représentent des opportunités. Si nous prenons le cas de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Environnement l’on constate que dans ces domaines il y a beaucoup d’opportunités à exploiter. Dans le domaine de l’Agriculture et de l’Élevage le pays manque cruellement d’unités de transformation locale de matières premières d’où la possibilité de mettre sur pied des petites unités de transformation de matières premières sur place pour créer de la valeur ajoutée, cette valeur ajoutée permettra ensuite de créer des emplois. Dans le domaine de l’Environnement, il y a beaucoup de villes du pays qui sont confrontés aux problèmes de gestion des déchets, ces déchets peuvent être revalorisés en de nouveaux produits comme le charbon écologique, le biogaz, l’engrais naturel. Ces produits créeront de nouveaux marchés et par conséquent l’émergence de nouvelles entreprises.

Le gouvernement doit accompagner les jeunes en mettant en place des agences d’investissement et des politiques publiques qui vont les aider dans le processus de création de leurs entreprises. Il existe aussi d’autres options pour les jeunes afin de mobiliser des fonds pour financer un projet d’entreprise au nombre desquelles on peut citer le Crowd-fundig ou financement participatif qui consiste à faire appel à ses approches, à son réseau et à toute personne intéressée pour récolter une somme d’argent annoncée à l’avance dans le but de financer un projet déterminé.

Ensuite il existe aussi des fondations philanthropiques comme le Tony Elumelu Foundation qui dispose présentement d’un programme de financement des entreprises débutantes sur le continent, le Prix Anzisha Prize qui récompense et accompagne chaque année les meilleurs projets de création d’entreprises conçus par des jeunes de moins de 22 ans, l’African Entrepreneurship Awards qui est un programme de mentorat et de financements pour les jeunes désirant créer une entreprise, au Burkina le COPA (Concours de Plans d’Affaires) organisé par la chambre de commerce. Ce sont autant d’opportunités pour les jeunes d’acquérir des financements afin de créer leurs entreprises, enfin il faut réorienter le partenariat public privé, pour ce faire le gouvernement doit aider les entreprises du pays à conquérir des marchés globaux en mettant sur pied des institutions locales qui auront pour mission de collecter les informations, et les procédures nécessaires à l’implantation des entreprises sur les marchés internationaux, ensuite ces institutions pourront faire un transfert de connaissances aux entreprises du pays, ainsi si les entreprises arrivent à s’implanter sur les marchés internationaux ils s’agrandiront et de surcroît ils auront besoin de plus de ressources humaines. Il faut donc innover et sortir des sentiers battus pour résoudre la question de l’employabilité des jeunes au Burkina Faso.

  

 Conclusion

Chaque année, des milliers de jeunes actifs arrivent sur le marché du travail au Burkina Faso, mais vu l’incapacité du gouvernement et du secteur privé à satisfaire leurs attentes ces derniers se retrouvent sans perspective. C’est ainsi que beaucoup d’entre eux pointent au chômage obligés d’exercer des emplois précaires pour se prendre à charge. L’inadéquation des formations académiques avec le format du marché du travail, le manque d’accompagnement des jeunes qui prennent des initiatives privées dans le secteur informel, le manque de compétitivité des entreprises privées sont autant de facteurs qui empêchent la résolution de la question de l’emploi chez les jeunes. Il appartient donc à ces derniers de saisir les nouvelles opportunités d’emplois qu’offrent Internet et l’Entreupreneuriat. Tout en bénéficiant de l’appui de l’État, il faut amener le secteur privé à être plus compétitif dans la perspective d’offrir plus de possibilités d’emplois. Et comme le disait si bien  Léo Lagrange :

 « Aux Jeunes, ne traçons pas un seul chemin, ouvrons leur toutes les routes »

La jeunesse Burkinabè est consciente de son potentiel elle n’a besoin que de soutien afin de prendre son destin en main.

 


Leicester, voici Jamie Vardy

Leicester City, c’est la très belle surprise de cette fin d’année. En effet le club qui avait frôlé la relégation lors de la saison précédente du championnat d’Angleterre vient de réaliser l’un des plus beaux, les plus inattendus exploits du sport contemporain moderne en remportant à la surprise générale le championnat Anglais à l’insu des tout-puissants clubs que sont les habituels Arsenal, Liverpool, Manchester United, Manchester City, Chelsea et autres Tottenham. Ce succès fut possible grâce au talent de plusieurs joueurs à qui le football business, bling bling n’a pas cru. On peut citer l’infatigable Franco-Malien N’golo Kanté, le génial dribleur Riyad Mahrez, le métronome Daniel Drinkwater, le colosse et capitaine Weiss Morgan, le portier hors pair Kasper Schmeichel. L’éclosion de ces joueurs a été aussi possible grâce à la vista, au management d’un technicien qui revient aussi de loin et qui s’est trop souvent vu coller l’étiquette de ‘’ Looser’’ mister Claudio Ranieri. Mais s’il y a un joueur qui a crever l’écran et c’est révéler au monde entier en portant littéralement les Foxes (Surnom attribué à l’équipe de Leicester) sur ses épaules, c’est Jamie Vardy. L’attaquant Anglais de 29 ans, grâce à ses 24 buts, a grandement contribué au succès de Leicester. Ce qui est fabuleux avec ce joueur c’est qu’il n’est pas passé par un chemin classique et qu’il a dû batailler pour en arriver là. Retour donc sur l’itinéraire de ce champion.

 

    Naissance et Première désillusion à Sheffield Wednesday

 

Jamie Richard Vardy est né le 11 Janvier 1987 à Sheffield dans le comté du Yorkshire (Province) au sud de l’Angleterre. C’est dans cette ville qu’il a fait ses premières gammes avec le football avant d’intégrer le centre de formation du club de la ville. Jamie Vardy alors âgée de 15 ans fait un premier pas vers son objectif de devenir footballeur professionnel. Cependant le jeune Vardy va voir un premier obstacle se dresser sur son chemin. En effet quelques semaines après avoir intégré le centre de formation de Sheffield il ne sera pas conservé par le club du comté du Yorkshire car jugé « trop petit »  et « pas assez costaud physiquement ». Ce premier échec a été très compliqué à vivre pour Jamie Vardy qui a déclaré récemment au journal d’information Daily Mail : « Quand j’ai quitté Sheffield Wednesday, je pensais que c’était terminé. J’étais très en colère et bouleversé, voilà pourquoi j’ai arrêté de jouer pendant un an »

 

  Vardy, Bad Boy au grand cœur

 

Après une année sans foot, Jamie reprend du service en 2003 à Stockbridge Park. Un club qui évolue alors en D8 Anglaise. Mais là n’est pas l’essentiel pour l’Anglais qui veut juste retrouver le plaisir de toucher au ballon. Cependant, le garçon se distingue rapidement par ses frasques hors du terrain. « Je suis allé à l’Université pendant un an et je me suis mis dans le pétrin(…). J’ai voulu défendre un ami qui était sourd. Des gars se sont moqués de lui parce qu’il portait une aide auditive. Ils nous ont attendus une heure et demie devant le Pub (Etablissement public où l’on sert des boissons alcoolisées). Ils ont commencé à le frapper et je ne voulais pas rester là, sans rien faire et le laisser prendre une raclée ». Reconnu coupable d’agression il doit porter un bracelet électronique et rentrer chez lui tous les soirs à 19 heures en raison d’un couvre –feu qui lui est imposé. Cela n’a pas été sans conséquence sur sa vie de footballeur puisque parfois il devait même être remplacé en cours de match pour ne pas dépasser l’horaire qui lui était imposé.

 

  L’Usine, pour joindre les deux bouts

Aujourd’hui, Jamie Vardy gagne très bien sa vie grâce à sa passion mais cela n’a pas été toujours le cas. En parallèle de sa carrière de footballeur, celui qui évolue alors au FC Halifax (2010-2011) 6e Division Anglaise doit travailler pour joindre les deux bouts. C’est ainsi qu’il se retrouve à travailler dans une usine qui fabrique des attelles (Planchette, Plaque destinée à maintenir immobile un membre fracturé). Ce métier plaît au jeune homme mais il ne l’occupera pas longtemps.

 

  Vardy « The Canon »

Jamie Vardy a un sacré caractère, c’est le moins que l’on puisse dire. Une personnalité explosive qui, ajoutée à son passé mouvementé, lui vaudra le surnom suivant : The Canon. Un surnom dont il a expliqué l’origine dans un entretien accordé au  ‘’ Leicester Mercury’’ : « Le surnom « Canon »était une petite blague parce que j’étais un peu fou. Quand je suis sur le terrain, je dois mener l’attaque et je dois être agressif  à cause de ma taille. Cela a donné mon surnom ». Sacré tempérament le bonhomme

 

  De l’Homme qui valait 800£ à 1 million de £

Jamie Vardy a eu une carrière vraiment atypique, il a longtemps écumé les clubs de division inférieure notamment le FC Halifax qu’il rejoint en 2010 contre 800£, soit un peu plus de 100 euros. Cependant il ne restera pas longtemps à Halifax FC puisqu’il rejoindra l’année suivante Fleetwood où il réalise une superbe saison en marquant 34 buts en 40 matches toutes compétitions confondues. Ces performances ne passent pas inaperçues et en 2012, Leicester City club de 2e division mise 1 million de livre sterling soit près de 1,3 million d’euros, sur l’attaquant anglais qui s’engage pour trois saisons et demie. Les dirigeants des Foxes ont donc tenté un pari sur un joueur qui évoluait jusqu’alors dans une ligue inférieure. Il est d’ailleurs à ce moment- là, le joueur non professionnel le plus cher d’Angleterre. Il ne se doutait pas du fabuleux destin qui l’attendait.

 

  Professionnel à 25 ans

En signant à Leicester City, Jamie Vardy a du même coup réalisé l’un de ses grands rêves. Il devient footballeur professionnel en signant son premier contrat pro à l’âge de 25 ans. Pourtant les premiers pas de l’attaquant en Championship (Seconde Division Anglaise) ne justifient pas ce statut. Lors de cette première saison, il marque 5 buts en 29 matches. Un départ est même évoqué mais il restera et aura le succès qu’on lui connaît. Cette saison ces  statistiques avec Leicester sont dignes des plus grands joueurs : 36 matchs disputés, 36 titularisations, 3140 minutes de jeu dont 24 buts pour terminer deuxième meilleur buteur du championnat.

 

  L’histoire de sa vie

Fantastique parcours pour ce joueur jugé jadis ‘’ trop petit et pas assez costaud’’, il a pris une vraie revanche sur un destin qui lui a réservé bien des surprises. Il est la preuve vivante que tous les rêves sont permis avec de la persévérance et du travail. Jamie Vardy revient de loin, personne ne croyait en lui et il a dû croire en lui-même pour réaliser son rêve. Au-delà du football c’est une grande leçon de vie que ce jeune homme nous a apprise. On peut passer par des moments difficiles, on peut toucher le fond, on peut se décourager, on peut pleurer, on peut être à bout de forces et perdre espoir, aussi étroit soit le chemin, nombreux les obstacles nous ne devons jamais abandonner car chacun est maître de son destin et nous avons tous la possibilité de changer notre destinée. Alors monsieur Vardy, je vous remercie de m’avoir permis de croire toujours en mes rêves et je suis persuadé que cette formidable saison n’est pas encore terminée, grâce à ses performances il jouera avec l’équipe d’Angleterre l’euro de football qui débutera dans quelques jours et qui sait ? Peut-être nous réserve-t-il de nouvelles prestations de haute volée. Alors je n’ai qu’une chose à dire :

 

 GOD SAVE  JAMIE VARDY


Le Cyclisme se meurt à Sya

 

Bonjour à tous, aujourd’hui je vous invite à partir à la découverte du cyclisme dans la ville de Bobo Dioulasso. Le cyclisme, fut dans le passé le sport numéro 1 à Sya. « Sya est le nom traditionnel de la ville de Bobo Dioulasso« . Les coureurs issus de la ville formaient le socle de l’équipe nationale de cyclisme. Je vous invite donc à découvrir ce merveilleux sport qui malheureusement tombe peu à peu dans les oubliettes dans cette ville de l’ouest du Burkina Faso.

 

 Bobo Dioulasso, Terre de Cyclisme

La ville de Bobo Dioulasso a toujours vibré au rythme des courses cyclistes qui s’y organisaient. En effet, des années 60 aux années 80, la crème du cyclisme se trouvait à Bobo Dioulasso. Il existait un véritable engouement autour de ce sport. Les populations admiraient et vouaient presque un culte à ces coureurs qui se battaient sur leurs vélos de courses pour offrir un beau spectacle. Les plus anciens se rappellent encore de l’ambiance qui prévalait les weekends lors des courses cyclistes. C’était des moments de communion, et de partage. Chacun avait son coureur favori et s’identifiait à ce dernier. Le cycliste, assis sur son vélo, encaissant la douleur et pédalant rageusement, marquait le respect.

 “ C’était les plus beaux moments de ma vie“ se rappelle Zebre Seydou ancien coureur et aujourd’hui entraîneur.

Il faut soutenir ces vaillants hommes pouqu'ils puissent réussir leur mission
Zebre Seydou assit avec la casquette jaune, et Rabo Madi, à droite, ancien grand coureur de la ville. Tous deux sont aujourd’hui entraîneurs.

La passion du cyclisme à Sya était telle que la ville était devenue l’épicentre du cyclisme en Afrique de l’ouest. De nombreux coureurs venaient y acquérir de l’expérience.

 

 Le Début du Déclin

Mais voilà, avec tous les soubresauts politiques qu’a connus le pays à la fin des années 80, le cyclisme est tombé progressivement dans le néant. Les autorités de l’époque ne voyait pas d’un bon œil l’importance du cyclisme dans cette région du Burkina. Il faut dire qu’à l’époque le régionalisme était très ancré dans la gestion du pouvoir. C’est ainsi que les courses cyclistes furent progressivement délocalisées vers la capitale Ouagadougou. Ce coup de poignard fut terrible pour le village de Sya qui a vu peu à peu ses meilleurs coureurs et différents sponsors converger vers Ouagadougou, qui devint par la même occasion la nouvelle ville du cyclisme. Dès lors, Bobo Dioulasso n’a plus connu de weekends festifs marqués par ces courses cyclistes. Les populations se tournèrent donc vers d’autres sports, comme le football. Cependant, quelques passionnés, ne voulant pas voir ce sport mourir, s’activent pour faire renaître le cyclisme de ses cendres.

 

Le Renouveau du Cyclisme à Sya

Le cyclisme a connu une longue traversée du désert jusqu’au début des années 2000. Durant cette période, les clubs cyclistes de Sya étaient dans un état léthargique : il n’existait plus de sponsors et les coureurs de Bobo Dioulasso, sans aucun accompagnement, n’étaient conviés à aucune course. Malgré toutes ces difficultés, des personnes passionnées se sont organisés afin de redonner vie au cyclisme à Sya. En effet depuis 2011, grâce au travail acharné de quelques anciens coureurs comme Zebre Seydou, Zoungrana Idrissa, Rabo Madi et de quelques mécènes comme Lacina Traore, Bobo Dioulasso dispose désormais d’un bureau exécutif qui est en charge de développer à nouveau le cyclisme à Sya. Ces efforts ont permis de remettre sur pied les quatre clubs restants de la ville de Bobo Dioulasso à savoir : As Sifa, Vélo Club de Bobo Dioulasso, Sya Yeleen et Rail Sprint. Il y a eu aussi l’émergence d’une nouvelle génération de coureurs qui sont encadrés par les anciens. Grâce à tout ce travail, des coureurs de Bobo Dioulasso sont à nouveau invités lors des différentes courses.

Une nouvelle génération de coureurs est entrain d'émerger et ils ne demandent qu'à être accompagner
Une nouvelle génération de coureurs est entrain d’émerger et ils ne demandent qu’à être accompagnés

 

Mais force est de constater que, malgré tous ces efforts, il existe encore de nombreuses difficultés qui freinent un nouvel essor du cyclisme à Sya. Parmi ces difficultés, on peut citer la vétusté des vélos de course. Le cyclisme a beaucoup évolué depuis les années 60, mais la majorité des coureurs de Bobo Dioulasso roule toujours avec des vélos de courses composées de fer ou d’aluminium. Les coureurs de la capitale Ouagadougou et d’autres localités roulent quant à eux sur des vélos hyper perfectionnés, composés de carbone et extrêmement légers. Ensuite, il y a un manque criard de financement des clubs qui sont livrés à eux-mêmes. De fait, ils peinent à appuyer financièrement et matériellement leurs coureurs. Comparés aux coureurs de Koudougou, Ouagadougou, Tenkodogo, Ouahigouya, les cyclistes de Bobo Dioulasso sont considérés comme des désœuvrés. Enfin les coureurs de Bobo Dioulasso manquent de compétitions. Ils n’ont que très peu d’occasions d’exprimer leurs talents. Toutes ces difficultés conjuguées font que les coureurs de la ville de Sya ne sont pas assez compétitifs. Malgré toutes leurs bonnes volontés, le cyclisme peine donc toujours à se relever à Sya.

 

vélo en fer utilisé généralement utilisé par les coureurs cyclistes de Bobo Dioulasso
vélo en fer utilisé généralement  par les coureurs cyclistes de Bobo Dioulasso
Vélo en carbone utilisé par les coureurs des autres localités du pays
Vélo en carbone utilisé par les coureurs des autres localités du pays

 

Cri de cœur des Coureurs et des Populations

Le constat est clair : le cyclisme se meurt à Sya. Malgré le travail abattu, la pratique de ce sport est en passe de disparaître si rien n’est fait. Les coureurs n’en peuvent plus. Il n’y a que leur passion qui les fait tenir. Les populations sont exaspérées de toujours attendre l’étape du Tour du Faso pour assister à une course dans leur ville, pourtant considérée comme la deuxième ville du pays. Il faut décentraliser les courses à Bobo Dioulasso, promouvoir la destination de la ville afin que des personnes ressources ou des organisations étrangères puissent y organiser des courses. Les coureurs de la ville pourront alors acquérir de l’expérience. Les sponsors doivent investir dans les différents clubs afin qu’ils soient plus compétitifs. Le cyclisme étant un sport populaire les sponsors bénéficieront d’une très bonne visibilité. Ce sport est vraiment apprécié à Sya. S’il arrive à disposer de tous les moyens nécessaires à son plein essor, cela contribuera énormément au rayonnement de la ville et même booster l’attrait du pays. Les courses cyclistes à Sya sont plus que des événements sportifs.