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L’or dans tous ses états

Solar Impulsion

La rengaine la mieux psalmodiée au Sénégal est sans doute celle-ci: « Nous n’avons ni or, ni pétrole, ni diamant ! » Et cela est une lapalissade. Le pays du pharaon noir, Cheikh Anta DIOP, n’a pas été très bien doté par dame-nature.

Il est vrai qu’on avait parlé d’un fameux gisement de pétrole, à la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau et que Sabadola, à l’est du pays, est réputé être une zone aurifère très courue !

Peu d’individus dans le monde, ont eu la chance d’être des Gates ou des Rockefeller, nés avec un avenir cousu d’or. Et beaucoup de pays sont très pauvres en ressources naturelles. Mais combien de personnes, comme Youssou Ndour, parties de rien du tout, ont su gravir les échelons pour réussir? Combien de pays sans des ressources naturelles gigantesques comme le Japon, ont pu se hisser dans le groupe des pays qui comptent dans le monde?

Cette force de caractère qu’une personne doit se donner pour réussir sa vie, sied aussi aux nations et collectivités humaines. Une chose est certaine, ne pas être né avec une cuiller en or à la bouche, n’est pas synonyme de ne pas pouvoir espérer rouler sur l’or un jour.

Et si l’adjectif qui suit le nom était plus important que le substantif ? Puisque l’or, au-delà du substantif, est aussi adjectif et complément de détermination. Pour les cœurs vaillants, qu’ils soient ceux des personnes physiques ou morales, rien n’est impossible. S’ils ont des cœurs d’or ! Les déserts peuvent reverdir comme des prairies, ainsi que toutes les terres ; qu’elles soient, minées par les belligérants, salées par l’avancée de la mer, ou simplement appauvries par l’usure. Les cœurs vaillants qui ont des cœurs d’or sont toujours prêts à développer un trésor d’imagination pour les récupérer et les remettre aux paysans qui y feraient pousser du mil pour nourrir les braves.

L’or, au-delà du substantif ! Au-delà des paillettes qui brillent la nuit dans les palais ou palaces ; au-delà des colliers  et bracelets qui scintillent aux bras et aux cous des princesses- qu’elles soient réelles ou virtuelles ; au-delà des lingots qui remplissent les coffres des banques et des joailliers… Il suffit d’avoir un cœur d’or pour réaliser son avenir, tant pis s’il n’est pas cousu d’or.

En clamant partout notre manque de moyens, nous semblons oublier que l’or n’est plus seulement un vulgaire métal jaune. Mais qu’au-delà du substantif, c’est aussi une question d’adjectif qui peut avoir des nuances si variées : l’or peut être noir de jais, jaillissant des entrailles du sous-sol ou de la mer, sortant un pays de l’anonymat le plus absolu pour en faire un pays tant respecté avec ses princes arrogants et hautains, jouant au golf, ou investissant leurs sous dans le championnat anglais.

Il suffit d’avoir un peu d’imagination pour faire de nos mers et rivières de formidables trésors d’or bleu. Il suffit d’un peu de volonté pour que nos forêts soient des filons inépuisables d’or vert.

Mais alors qu’on y est, c’est aussi bien de savoir qu’une tête bien faite et pleine d’idées généreuses vaut bien de l’or. La matière grise ? C’est tout ce qu’on aurait ? Donnons lui donc de la valeur ! Allons-y pour de l’or gris alors. Juste notre matière grise tant chantée, pour transformer nos atouts potentiels en de concrètes réalités. Ainsi on ferait de nos terres arables, ces milliers d’hectares aménagés et de nos cours d’eau, de formidables viviers, gages d’une alimentation saine et un levier pour notre essor économique.

Nos énarques et nos agrégés savent très bien qu’il suffisait de faire travailler nos méninges pour savoir que nous pouvons rompre le spectacle désolant et glaçant, de tout un peuple scrutant l’horizon au port de Dakar, pour espérer voir un tanker au loin qui viendrait le sauver de la menace d’une panne sèche ! Alors qu’on pouvait lever les yeux et voir, que le soleil brille de mille feux au dessus de nos têtes si bien faites qu’on a déjà, parait-il, réfléchi sur tout ; sauf sur le fait que, le soleil peut-être notre principale source d’énergie. Alors on pourrait faire le tour du monde avec notre SOLAR IMPULSE, sans une goutte de kérosène !

Mais cela, nos élites aux cv balèzes, instruites comme des savants, devraient bien le savoir.


Parlons de notre souveraineté

Explication de texte à propos de notre souveraineté…

Ce matin, j’ai entendu un ministre important, crier et vociférer pour « condamner avec la dernière énergie cette attitude inélégante et discourtoise. » Il conclut son speech avec un tonitruant : « Nous sommes un État souverain, autonome et indépendant. »

Mais qui donc oserait nous contester cette place gagnée de haute lutte comme en Algérie ?

La CEDEAO ? Le groupe de travail de l’ONU ? Ou Jean Christophe Ruffin ?

« Tous les trois. La première organisation a eu le culot de nous interdire d’interdire à nos citoyens traqués de sortir du territoire national !

Quant au fameux Jean Christophe Ruffin, ex-ambassadeur de France par ici qui dit que : « le pays ne serait plus incontournable dans le dispositif diplomatique français en Afrique de l’Ouest », il devrait savoir que personne n’a le droit de s’immiscer dans les affaires internes d’un pays souverain comme le nôtre.

Mais l’ingérence la plus insupportable, c’est celle du groupe de travail de lONU nous donnant une injonction sur le dossier Karim Wade que nous avons condamné selon nos règles à nous, vainqueurs des élections et nouveaux maîtres de la destinée de ce pays. N’en déplaise à certains qui ne nous aiment pas. Nous sommes un État souverain et indépendant ! »

Mais oui Mr le Ministre, calmez-vous. Notre souveraineté ne se discute même pas. C’est une évidence qui crèverait les yeux des aveugles.

On est si souverain et indépendant qu’on donne l’ordre aux autres de tout faire pour nous. Tout faire. Nous n’avons pas besoin de faire des efforts physiques et mentaux harassants, particulièrement difficiles et périlleux. Alors comme des nababs, nous demandons simplement aux autres de trouver des solutions « sur mesure » à tous nos problèmes.

Nous n’avons plus de soucis de réseau avec le téléphone. Pas de grésillement, pas de pépins. Orange est là pour notre téléphone. Et tu as même un Alcatel ! Comme c’est pratique et simple ! Quand on n’a pas de crédit, pas d’inquiétudes. Ils ont inventés pour nous un système efficace : Orange Money ! Comment, tu ne le savais pas encore ?

Avec ça on peut acheter du crédit, ou envoyer du CFA à son deuxième bureau, payer notre facture, celle de l’eau incolore et inodore que nous buvons sans danger… Orange Money est là.

Quand on veut partir en weekend, les gars sont encore là pour nos petits soins. On prend l’autoroute avec notre Peugeot dernier modèle et on roule tranquillement en sifflotant « indépendance tcha tcha » sur le macadam d’Eiffage. Aïe la panne sèche au beau milieu du voyage ! Heureusement qu’il y a une station Total. Au lieu de villégiature Club Med, on peut aussi utiliser notre carte GAB, celle que la Société Générale nous a donnée.

Quelles belles vacances ! On est vraiment chez NOUS. Les éléments français du Sénégal veillent bien au grain, les jihadistes n’auront qu’à se le tenir pour dit. Ils ont réussi un coup à Paris, mais à Dakar les œufs ne rebondissent pas sur le sol. Quand le marché Sandaga brûle, c’est pareil, on n’a qu’à crier au secours pour que les pompiers français, équipés et bien formés, viennent avec beaucoup de patriotisme nous éteindre les flammes en quelques minutes.

France 24 est là avec RFI pour nous informer. D’ailleurs, un chroniqueur judiciaire hors pair, qui n’est pas comme les autres, est invité à l’antenne pour éclairer notre lanterne sur le procès Karim Wade, (un vaincu jugé par les vainqueurs dans une affaire d’enrichissement illicite). Pour le verdict du procès en cours le consultant, l’ambassadeur Jean Félix Paganon est formel. Le verbe haut et solennel, sans langue de bois, le pronostic éclairé, il déclare sans ambages : « Je serais surpris que Karim Wade ne soit pas condamné ! »

Nous sommes bénis des dieux ! On n’a vraiment pas de soucis à se faire. Tout va bien. Notre CFA est bien au chaud dans les douillets coffres-forts de la banque de France pour qu’aucune pluie tropicale n’y ruisselle. Veinards. Profitons donc de la vie. Tout a été déjà imaginé et créé pour nos très beaux billets de CFA.

Plus libre, plus souverain et plus indépendant que nous, tu meurs.cat_avatar


Assumer son complexe d’Œdipe

Assumer son complexe d’Œdipe !

Les intellos ne sont pas les seuls à observer et à analyser l’évolution des choses dans le monde réel comme virtuel. Gorgui est aussi, fin scrutateur de ce qui l’entoure. Dans la rue ou dans le bus, au marché ou à la mosquée. Il regarde et compare. Mais il a remarqué que tout a changé.

Pour Gorgui, la vie est comme sur une moto Jakarta, ce moyen de transport, pas cher, que les jeunes sans boulot utilisent dans beaucoup de grandes villes africaines pour gagner un peu de sous. Quand vous êtes derrière le conducteur, il faut suivre le mouvement. Quand la moto tourne à gauche, ou à droite, il faut que ton corps se laisse aller. T’inquiète mon gars ! Et tout ira bien. Tu arriveras à destination en un seul morceau.

La découverte de Gorgui, ce n’est pas ces évidences qui crèvent les yeux des aveugles. Par exemple, il y avait le droit d’aînesse, les grands avaient le pouvoir sur leurs cadets. Et puis ta femme était vraiment « ta » femme. Elle s’occupait de toi comme de son prince, n’avait d’yeux pour tes désirs et tes ordres. Tu désires de l’eau, tu es servi ! Tu la veux fraîche pour ton palais ou tiède dans une bassine pour clamer la douleur de tes pieds ? Vous la voulez dans la salle de bain avec du sel, ou dans la bouilloire pour vos ablutions ? Jadis, les épouses dociles comme du beurre dans la bouche et elles disaient en chantant : « Tes désirs sont tes ordres, tu es mon marabout, mon oncle, mon trésor chéri, c’est toi qui a la clé qui ouvre mon paradis, si tu tousses, j’éternue. »

Tout a changé maintenant constate Gorgui avec un brin d’amertume. Aujourd’hui plus question de donner une fessée à son enfant ! Non il y a les droits de l’enfant ! Tu veux congédier ta femme ? Parce que tu en rencontré une autre plus jeune et plus belle, plus adaptée à l’air du temps comme les nouvelles voitures ou les ordis et tablettes dernier cri. Mais ce n’est plus possible. Il y le droit des femmes. Eh oui. Maintenant, ta femme est sur Facebook, quand elle n’est pas dehors pour faire ses activités. Et tu n’oses rien dire : chut !  Il y a des associations et des ONG puissantes pour la défendre si tu n’es pas content ! Quand tu rentres à la maison, tu te débrouilles : allume le gaz ou mets du charbon et des braises dans le fourneau malgache pour chauffer ton repas mon gars, à moins que tu aies mangé dans une petite gargote.

Tout marche par la tête aujourd’hui. Il n’y a plus d’autorité. Chacun a le droit de crier à la radio pour dire qu’il n’est pas content ! « De quoi t’en mêles-tu toi ? »

Mais Gorgui observe tout cela avec un brin de nostalgie. Il observe aussi que l’air des : deuxième, troisième et quatrième femme est révolu. On ne peut plus avoir des « bureaux » à tous les coins de la ville. Non parce que la loi l’interdit, elle n’a pas eu besoin de faire un texte pour le prohiber. La conjoncture s’en est chargée, comme faire craquer une allumette dans une raffinerie.

L’occasion fait le larron et la conjoncture est devenue un allié fidèle pour les femmes jalouses comme pas possible malgré de taux de célibat si important dans leurs rangs. Conjoncture, contexte ou situation économique. Ce n’est pas une sinécure pour les hommes : les poches sont vides, le stress gagne les mâles qui ne mangent plus de viande ne boivent plus de lait. Rien que de la bouillie de survie.

Mais la vraie découverte de Gorgui, c’est autre chose de plus sensationnelle que tous ces clichés de déjà vu. Dès demain, il ira protéger au service des droits d’auteurs cette idée géniale qui vient de naître dans sa petite tête. Gorgui a observé et bien vu un changement radical, révolutionnaire ! Et ça, les hommes devraient le savoir et veiller à faire un investissement utile pour la retraite, quand tu seras au bout du rouleau, vieux et usé. Avec rien dans les poches. Quand on attend plus de toi rien au lit.

Cette idée, est un vrai coaching-gagnant. Quand tu fais un changement tactique qui vient perturber tous les plans de ton adversaire pour te permettre de gagner le match mon gars ! Il ne verra que du feu le pauvre.

Quand il fut jeune, il entendait les gens chanter une vieille chanson populaire : « Les garçons avec les hommes et les filles jouent chez les femmes. » Il n y avait aucune dérogation à cela. Les récalcitrants étaient taxés d’efféminé ou de garçon manqué.

Aujourd’hui il a vu, de ses yeux, vu, dans son quartier, dans la ville et partout dans le monde : les garçons ne s’occupent que de leurs mères ! Tout-jeunes déjà, ils rêvent de réussir pour leurs mères ! Plus grands, ils veulent les rendre heureuses. Les performances des sportifs sont dédiées à leurs mamans, les rengaines des chanteurs, Tupac ou Papa Wemba ou Omar Pène… c’est « comme j’aime ma mère !», « ma mère est la plus belle et la plus gentille. »

Même les émigrants qui affrontent les vagues de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée ou les lutteurs qui reçoivent des coups dans l’arène, veulent « aider leurs mère », « les amener en pèlerinage à la Mecque ou à Rome », « leur construire une maison » !  Ils disent tous : « Ma mère est fatiguée, je veux l’aider ».

Quelle ingratitude ! A croire que les pères sont des « semeurs distraits » qui n’ont jamais acheté d’ordonnance, qui n’ont jamais inscrit leur garçon à l’école, qui n’ont donné ni gîtes ni couverts à leurs progénitures mâles.

Quand il a demandé aux intellectuels, ces grands diplômés qui ont tout appris, ils lui ont expliqué que c’était le complexe d’Œdipe !

Depuis Gorgui a pris une résolution. Il a décidé d’investir sur sa petite fille chérie ! Quand il revient du boulot, une belle chaussure, c’est pour elle, une robe. C’est encore pour elle. « Viens voir si celle-ci te plait ma chérie. Et Dimanche, on ira au restau, tu veux, rien que toi et moi ? », Ou « Viens donc faire tes exercices princesse et quand tu auras fini, je te raconterais une belle histoire. Je veux que tu deviennes professeure, avocate, juge, ingénieure, générale d’armée ou qui sait, même présidente de la république ma fille. »

Et quand les garçons rouspètent, Gorgui répond : « Allez donc dans la chambre de votre maman, vous ne voyez pas que  vous la déconcentrez. » Et il avertit les autres garçons du quartier qui lorgnent déjà cette petite fille : « gare à vous, si vous touchez à ma fille ! ». Aux futurs prétendants Gorgui lançait déjà quand il sortait le soir se promener avec l’adolescente : « Epargnez bien les gars, je suis entrain de beaucoup investir sur elle ! Celui qui veut épouser une guenon doit apprendre à monter sur les arbres

Et à ses garçons, il répétait sa nouvelle phrase fétiche : « Ouste ! Allez donc voir votre maman adorée, les papas ne s’occupent que de leurs filles. »

Ça s’appelle assumer son complexe d’Œdipe !

complexe d'oedipe assumé


encore un mâle au vert

Encore un mâle…au vert !

 

Ce n’est pas parce qu’on trône tranquillement sa belle tronche au sommet de la finance mondiale, faisant et défaisant les destins de millions d’hommes et de femmes dans le monde, qu’on ne devrait pas savoir que les femmes ont de la valeur. Qu’elles soient mères, épouses, amies, ou collègues, celui qui ne sait comment s’y frotter subtilement s’y piquerait douloureusement. Même si on est député, marié à une Ministre de la République !

Les hommes devraient savoir que même si elles peuvent êtres des mannequins ou des starlettes à la démarche gracieuse et fragile attirant les regards de certains mâles, les femmes sont aussi des héroïnes ; qu’elles se nommassent Reine Pokou ou Amazones du Dahomey, avec autant de cran que les hommes, pour leur tenir tête même dans les champs de bataille. Rosa Park, frêle et toute seule dans un bus, ne défia-t-elle pas l’establishment WASP une nuit alors que les hommes dormaient à poings fermés, comme sa cousine Aline Sitoê Diatta devant la toute puissance coloniale française ?

Notre député écolo a reçu une belle volée de bois vert. La procureure de la coalition des femmes lui a déjà donné son ticket pour aller se mettre au vert, comme Dilma Rousseff, loin de son perchoir de l’assemblée nationale française, en attendant la juge.

Si les hommes savaient cueillir les roses sans se faire piquer par les épines, ils ne se verraient pas très souvent poussés de leur piédestal, et projetés dans le vide, sans parachute, flottant comme des cerfs-volants à la une des journaux, vers un point d’impact qu’ils toucheraient en mille et un morceaux.

L’écolo me rétorquerait que devant les femmes, les hommes ne sont que de pauvres choses qui perdent leur raison et toute capacité à se défendre. C’est vrai, il aurait des arguments. Le capitaine d’une pirogue voguant sur le Djoliba, personnage d’Amadou Hampâté Ba, lui en donnerait quelques uns. Cet homme qui a voulu violer une passagère, une très belle fille, qui lui avait fait perdre la raison alors que la barque était au beau milieu du fleuve. Arrêté, le pauvre n’eut rien d’autre à dire pour sa défense qu’un modeste : « Devant une belle femme, je perds toute capacité de me contrôler

Les femmes sont de très belles roses, tendrement parfumées de délicatesse, mais elles ont leurs épines dardées. Combien d’hommes s’y sont déjà fait piquer ?

La liste est longue, trop longue. Le député aurait du demander conseil à César ou à Marc Antoine, ou plus près de lui, à ce monsieur qui faisait trembler les ministres des finances de toute la planète, et qui trébucha un matin avec sa serviette devant une dame de chambre qui n’avait qu’une serpillère. Le monde ne comprit rien en le voyant un matin sortant d’un hôtel, tête baissée, les mains menottées, encadré par des policiers et une meute de reporters.

La puissance des femmes n’est plus à démontrer, mais les hommes confondent toujours les rôles. S’il avait médité les propos de cet Empereur qui disait à sa dulcinée : « je suis ta petite chose, ton petit caporal chéri ! »

Blaise Pascal n’avait certainement pas tort quand il affirmait : « Le nez de Cléopâtre : s’il eut été plus court, toute la face de la Terre aurait changé. » Depuis les yeux bleus et les cheveux blonds de Marilyn ont failli créer un incident nucléaire. Depuis le sourire ravageur et le tailleur sexy de Monica ont rendu sombres les yeux de la maison blanche et ont dérouté les spécialistes de la géopolitique.

L’auteur des Pensées ignorait sans doute que la Terre frisonne encore à l’idée que Monica, une humble stagiaire non rémunérée, qui, dans la proximité la plus intime de la maison blanche, en a vu et su plus que des secrétaires d’Etat !  Mais heureusement qu’elle ne fut pas au service de Ben Laden qui donnerait très cher pour avoir ce fameux « biscuit » qui était dans la poche de « Mister President ».

 

 

 

 

 

 


le scan de gorgui

Le scan de Gorgui
Gorgui est un citoyen Lambda. C’est le petit marchand qu’on rencontre dans les maquis d’Adiamé, le chauffeur de car rapide de Dakar. Il n’a pas fait HEC ou Sciences Po. Et l’ENA, ce n’est pas son truc. Ne le cherchez pas quelque part Gorgui, parce qu’il est partout. C’est le petit débrouillard qui vous répare votre portable ou votre ordi. Il peut même vous faire une pièce dans son garage en pleine rue pour votre véhicule.
C’est un gars sympa qui cherche sa dépense du jour, comme un oiseau sa becquée pour ses petits. Son portable s’enivre dès qu’il y met plus de cinq cents francs de crédit, et sa maison est inondée quand il se met à pleuviner !
Gorgui est très attentif à ce qui l’entoure. Il s’informe avec ses radios préférées, pose des questions aux intellectuels, malgré cela il y a des choses qu’il ne comprend pas (dans son pays comme en dehors de celui-ci). Parfois, c’est limpide comme la voix de sa femme dans le creux de son oreiller.
Ecouteurs bien vissés aux oreilles dans les autobus ou poste radio posé à côté de sa chaise pliante, il est toujours « connecté » au monde : L’électricité sera coupé dans le…, l’échéance de votre facture d’eau…, le montant de votre crédit ne vous permet pas…, vous ne pouvez pas joindre votre correspondant… Ca, Gorgui le comprend très bien.
Mais il y a beaucoup de choses que Gorgui ne comprend pas, surtout à propos de ce qu’il se passe autour de lui.

Les intellectuels, ces gars bardés de diplômes qui savent tout lui disent souvent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : le ciel est bleu comme la mer, les oiseaux gazouillent dans les feuillages des arbres. Entendu, mais ça, il le sait.
Il sait aussi que sept est supérieur à cinq. Et le président avait dit cinq. Un deux trois quatre cinq ! Il avait promis qu’il le ferait et après il vient nous dire autre chose…  Il a dit « oui » quand le peuple voulait qu’il dise « non » pour le troisième mandat !
Gorgui pige que dalle aux APE, il avait voté pour le PSE !
Et puis, il y a maintenant une Dame, fut-elle la première, qui nomme aux emplois ! Alors qu’il avait voté pour un homme avec des moustaches ! C’est de la magie, de la substitution ou de la chirurgie esthétique ?

Ces temps-ci, les intellectuels solennels aux mines patibulaires écument les télés et les radios. Ils devisent, débattent et vocifèrent. Le pays serait devenu indépendant et souverain ! Gorgui pensait que bientôt le pays aurait sa monnaie nationale qu’il pourrait brandir fièrement, et l’administration apprendrait bientôt à parler les langues locales !
Mais l’enthousiasme de Gorgui s’effondra quand il entendit l’ambassadeur d’un pays étranger donner à haute et intelligible voix, le probable verdict d’un procès en cours !
Et maintenant, par-dessus tout l’étranger veut même « construire » des bases militaires. Gorgui sourit, cela lui rappelle une histoire : un homme que sa femme bat et qui dort au salon, il se dit encore qu’il est le CHEF de la maison.

Son grand-père lui avait enseigné un proverbe : si vous regardez avec les yeux d’autrui, vous ne pouvez pas voir sa plaie qui pue.
Lat Dior, le dernier roi du Cayor, savait bien qu’une personne ne construit pas une maison pour l’abandonner. C’est pourquoi il avait rétorqué à ceux qui voulaient construire un chemin de fer qui devait traverser son royaume : « l’étranger ne construit pas » !
Quand l’hyène ne s’attaque pas à un gaillard, c’est que sa démarche est altière et virile.
Mais il y a des questions qui lui titillent la tête : pourquoi le mandat de Dilma Rousseff a été écourté et celui de Kabila-fils, allongé ? Les diplômés, avec leur érudition de savants, lui donneront peut-être la réponse.