Rose Munjongue

Pas besoin d’un gros porteur

10850198_869308123100167_2891873425357935779_nEn sortant de la maison de la radio à Nlongkak, au centre ville de Yaoundé, que vois-je? Des matelas empilés et transportés de la sorte. Waouh!!! Je wanda(Je m’étonne)! Et avant que le conducteur ne me balance » oh toi là il faut payer les droits », j’ai immortalisé l’instant. Les gens sont quand même ingénieux hein!!! pour éviter d’avoir à payer le prix fort pour louer un gros porteur, ils s’imaginent vite fait bien fait que l’engin à deux roues ré-adaptée fera l’affaire. C’est aussi ça le transport au Cameroun. Il y a quoi c’est le béré(flic) qui laisse circuler! Je plains tout juste les conducteurs qui le suivent directement, la visibilité doit être réduite.


Solitaire malgré moi

Je n’ai jamais aimé m’attacher aux autres. « C’est égoïste » vous me direz. C’est un fait. J’en suis consciente mais c’est ainsi. J’ai multiplié les expériences et à chaque fois, la déception a été au rendez-vous. Je viens de ranger 10 ans d’amitié au placard. La pilule est amère mais bon, c’est un dégât collatéral.

Il faut peut-être remonter le passé pour comprendre.10409600_866238686740444_8876268049191048591_n

J’ai été fille unique jusqu’à l’âge de 5 ans et puis un beau jour, ma défunte mère est rentrée à la maison avec « Ton petit frère ». J’ai eu un pincement au cœur et puis c’est passé. Basta mes petits privilèges. Je lui ai donné le peu d’amour qu’on m’avait transmis. Il était la prunelle de mes yeux. Je ne faisais jamais un pas sans lui. Bagarreur, j’étais son avocate. Un matin, nous avons été séparés. J’ai pleuré toutes les larmes de mon petit corps.

En fait, ma mère était une femme instable. Elle aimait courir la terre. Je n’achevais jamais une année dans une ville. A peine, nous nous étions installées quelque part qu’au bout d’un moment, nous étions reparties : « Rose, on va voir Tata Aïcha au Nord ». Je ne compte même plus le nombre de tontons et de tatas que j’ai croisés sur mon chemin.J’ai tendance à reproduire le même schéma. La routine m’épuise. Je fais tout à mon rythme.

Ayant constaté que mes études allaient en prendre un sérieux coup mon oncle et son épouse avaient décidé de me récupérer. Je n y avais pas été préparée. Comme à l’accoutumée, nous sommes montées dans un bus et nous avons débarquées à Douala, la capitale économique du Cameroun. Petit Paris dans les années 90. Ma mère et moi sommes restées deux jours ensemble. Un matin. Je me rappelle bien. Nous nous dirigions vers le portail, ma tante m’a saisie par le bras et m’a dit « Reste avec moi, ta maman doit partir et sans toi » Tout ce que j’entendais ma mère dire au loin c’était « Rose sois forte. Tu seras heureuse ici, tata Pauline et son mari vont bien s’occuper de toi » Elle pleurait aussi. Elle est montée à bord d’un taxi. Et avant de disparaitre, le portail s’est refermé sur mes yeux larmoyants dans un bruit fracassant. Je crois que c’est à partir de ce jour que j’ai commencé à me défaire de tout. Des gens surtout.

C’est ici. C’est dans cette maison de bobos. Dans cette maison témoin de la Maetur de Douala à Bonamoussadi que j’ai appris à me tenir à table. A aller à l’école comme tous les gamins de mon âge. A faire profil bas. A me forger un caractère de fer. A m’effacer. A encaisser. A pleurer en silence… Imaginez un oiseau qui vole partout ou ses ailes le portent et puis un jour, il se trouve prisonnier dans une CAGE dorée. Je détestais cette vie.

En dix ans. Pas un coup de fil. Pas une seule lettre. Deux visites. La première fois, Dieu me pardonne. J’ai renié ma mère devant mes camarades. A l’âge de la puberté, (il parait que j’étais têtue comme un âne) mon oncle qui s’était retrouvé trop tôt veuf et à nourrir 6 bouches m’avait renvoyée à Yaoundé. « Une autre longue histoire » Je n’ai revu ma mère qu’à l’âge de 17 ans. Nous sommes restées à peine deux mois sous le même toit avant qu’elle n’avale son acte de naissance. J’avais 19 ans. Nos rapports étaient difficiles. Je lui en voulais de m’avoir abandonnée comme l’autre.

A l’école, j’étais tout le temps seule. Je me déplaçais généralement toute seule. Comme si j’avais quelque chose à cacher. Chose curieuse !!! J’attirais les gens autour de moi. Aujourd’hui encore. Trop blagueuse. Je ne prenais jamais rien au sérieux. Je riais de tout. Mes camarades, mes enseignants m’aimaient mais moi Je me méfiais d’eux. Hypocrite ? J’avais peur de les décevoir.

Je détestais les repas en famille. Je détestais me rendre chez les autres. Voir les autres entourés de Papa et maman. C’était un supplice. Dès qu’un garçon venait me conter fleurette « Rose quand je te vois, mon cœur pile le taro » Je filais à l’anglaise. J’ai souvent aimé mais des Bandits. Là encore c’est une autre histoire.

Je détestais marcher avec les enfants dits de riches. Surtout les snobs. J’avais une préférence pour les pauvres. Ceux qui étaient pauvres et fières. J’ai connu cette vie furtivement. Ma mère m’amenait souvent dans les ghettos de la briqueterie, au centre ville de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Là bas, on riait à gorges déployées. Fille de Médecin Réputé, ma mère ne trouvait le bonheur que dans les marmites de personnes dépourvues. La faute s’en doute à mon grand-père (Mon grand et unique amour) qui leur avait enseigné de ne jamais vivre au-dessus de ses moyens.

J’ai eu deux vraies amies. 2. Elles étaient souvent là pour m’aider à sortir mon moral des chaussettes. La dernière me rappelle souvent ma mère. Elle a rencontré le grand amour. Et dieu seul sait que lorsque la flèche de cupidon te pique, la terre peut brûler. Là ou le bas blesse, elle a eu la brillante idée de ne pas me convier aux funérailles de son père.

Je me suis sentie exclue et ça m’a rappelé oh combien, la vie avait été injuste envers moi. Vivre sans amour. Quoi de plus destructeur. Quand j’entends les filles dire « Je fais mon enfant et basta ». Je plains ses enfants qui connaitront peut-être ma douloureuse expérience.

Ne pleurez pas !!! J’avais juste besoin de parler… MERCI


Les ressortissants de la RCA repoussés à la frontière du Cameroun

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Dans le cadre d’un séjour improvisé à GAROUA  BOULAI dans le département du LOM et DJEREM, Région de l’EST, CAMEROUN ce week-end, j’ai réussi à prendre le pool à la frontière. Désormais les conditions d’entrées  au Cameroun sont plus strictes. Les Camionneurs observent depuis 3 jours un mouvement d’humeur, les forces de l’ordre sont armées jusqu’aux dents…Tout semble aller au ralenti.

poste frontière Garoua-Boulai ce dimanche

 

 

Poste frontière de Garoua Boulai. En ce dimanche matin, les Centrafricains défilent au bureau du chef de l’Emi- immigration en quête d’un visa. C’est le cas de Sarah micheline. « A BANGUI, j’ai passé ma licence et je voudrais aller faire un master en gestion de projets en guinée équatoriale. Je suis ici pour voir si je peux obtenir un visa de transit» explique –t elle, sans grande conviction.

 « Le visa sollicité, lui a été refusé parce qu’elle ne réunissait pas toutes les conditions. Les histoires comme celles-ci sont connues. Les Centrafricains sont prêts à tout pour traverser la barrière» explique une source.

Le décret n° 2000/286 du 12 octobre 2000 précisant les conditions d’entrée, de séjour et de sortie des étrangers au Cameroun fixe  article 27 : la délivrance d’un visa de transit est subordonnée à la production :

–   d’un passeport ou de tout autre titre de voyage ayant une validité de 6 mois au moins ;

–  d’un billet d’avion valable, jusqu’à la destination finale ou de tout autre justificatif de continuation du voyage ;

–   d’un visa on d’une autorisation d’entrée dans le pays de destination finale, le cas échéant

– des certificats internationaux de vaccination requise.

Seuls les universitaires, les diplomates, les chauffeurs des gros porteurs et leurs apprentis et les missionnaires sont exceptés. Toutefois, j’apprends que le chef de poste peut octroyer un visa à certains centrafricains,  s’il estime que leur présence en territoire camerounais ne constituera pas un danger pour la sécurité.

Parlant de sécurité, la compagnie d’Infanterie motorisée en abrégé (SIM) et la gendarmerie Nationale du Cameroun passent tout le monde au scanner. Biens et personnes sont fouillés minutieusement.  On me laisse entendre que la nuit de samedi à dimanche a été très agitée. Des tirs nourris ont été entendus en RCA. Personne n’en sait plus.

Les agences de voyages mises à contribution

Mr Nkotemessi OBAM a donné des instructions fermes au propriétaire des agences de voyages. « Le chef de poste nous a interdit de transporter les centrafricains. Lorsqu’ils arrivent, nous leur demandons de présenter une pièce d’identité avec la mention Elecam. Aucun récépissé n’est accepté.  Ils transportent souvent des armes. Nous les connaissons tous » soutient un chargeur de  L’agence de voyages Narral.

Les conducteurs de moto n’osent plus passer de l’autre coté « quand vous allez la bas, ils vous menacent. Ils se comportent comme s’ils étaient fous» avancent-ils. Les Camerounais ont arrêté de se rendre en RCA. S’ils vaquent normalement à leurs activités. Ils se déplacent la peur au ventre. Ceux que vous voyez passer le poste de Garoua-Boulai sont pour la majorité des Centrafricains.

Les forces de l’ordre du Cameroun ont érigé des postes de contrôle dans des coins insoupçonnés. Les éléments du Bataillon rapide d’intervention se font discrets. Avec un tel dispositif, aucune mouche ne circule sans montrer patte blanche.

Ma déception

Mon premier séjour en ces lieux se fait sous escorte policière. J’aimerais pouvoir fouler le sol de la RCA «  Impossible madame, vous risquez de vous faire kidnapper. Il est dangereux de se rendre en Centrafrique » explique le chef de poste frontière de GAROUA BOULAI. Même au « bar de la renaissance » situé entre la frontière RCA et le Cameroun, où les anti-Balakas se proposent de m’accompagner le refus de mon garde-corps est catégorique. « Non. C’est non » tranche t il poliment.

Mon echange avec le colonel des anti-Balaka

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Chose curieuse. La tenancière de ce débit de boissons ne montre aucun sentiment de peur « on n’est habitué. Quand il y a des coups de feu, on ferme simplement » le bout de femme en rit de bon cœur. Sa clientèle est anti-Balaka. «  Nous sommes des frères. Nous nous connaissions déjà  avant ce conflit. Pourquoi devrais-je avoir peur ?» m’interroge-t-elle.  Au moment  où je m’apprête à retourner au poste frontière, Edith Thierry KOE, le chef des Anti-Balaka me fait rappeler. Il tient absolument à me parler. J y vais tremblante « Les  Camerounais et les Centrafricains sont nos frères. Nous n’avons aucun problème. On cherche à reconstruire notre pays » ce chrétien veut la paix mais refuse d’enterrer la hache de guerre «  un ennemi est un ennemi. Si un musulman Arabe me demande pardon, je vais le tuer. Je refuse de pardonner. Cependant, Il souhaiterait que les autorités camerounaises fassent montre de souplesse « lorsque nos mamans se rendent au marché pour acheter la nourriture de 500 francs CFA, on leur demande 1000 francs CFA. Ce n’est pas sérieux »Conclut-il. Je prends congé de lui.

Statu quo

Avec la situation qui prévaut en ces lieux, on serait attendu à une hausse des prix des denrées alimentaires et autres produits de premières nécessités, mais il n’en est rien « Les boissons gazeuses coutent toujours 500 francs CFA » renseigne-t-on

Mme KAYO tient un restaurant huppé près de l’hôpital de district de Garoua Boulai. Elle aussi n’a pas augmenté les prix  « Je vends toujours le plat de Taro accompagné de la sauce jaune à 1500 francs mais j’ai très peur, on ne peut plus se balader. On ne marche plus à partir de 17h. Les centrafricains ont envahis tout le marché, ils achètent tout nos vivres. Je n’arrive plus à satisfaire ma clientèle » Se plaint-elle

Craintes

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La RCA devrait se retrouver sans approvisionnement dans les prochains jours, car depuis la fermeture de la frontière Cameroun- RCA, suite à l’assassinat d’un transporteur camerounais à Bangui le 22 mai dernier, le syndicat National des camionneurs professionnels du Cameroun observe un mouvement d’humeur depuis trois jours.  Au parc de stationnement de Garoua Boulai, les gros porteurs sont garés. « En six mois, nous avons déjà perdu  5 chauffeurs. C’est beaucoup ! Nous approvisionnons la Centrafrique en détresse. En principe, nous ne devons pas être une cible. Nous ne cherchons pas le pouvoir. Nous faisons uniquement notre travail. Les autorités devraient aider les forces de l’ordre à nous protéger des anti-BALAKA qui nous tuent. Nous préférons tout arrêter et si ca tourne au vinaigre, nous allons décharger les marchandises à la frontière, ils vont venir les chercher » justifie Mr Ibrahima Yaya, le président dudit syndicat. « chaque fois qu’on demande à être escorté, on ne le fait pas. La sécurité avant tout. Nous sommes chez nous. On veut qu’on arrange la situation. Nous sommes des transporteurs et pas des politiciens » soutient AHMED, un  conducteur des gros porteurs.

 

 

Poste frontière Garoua-Boulai ce dimanche matin
Poste frontière Garoua-Boulai ce dimanche matin

 

 

 

 


Une pensée pour ma Mère (28 mai 2004-28 mai 2014)

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Un beau matin, ma mère s’est barrée de ce monde. C’était un 28 mai. Malgré le temps passé, je peux encore me repasser le film de cette matinée noire.

Nous sommes jeudi. Il est 6 heures. Je viens à peine de me réveiller. Je n’ai pas le temps de dresser mon lit. Je me dirige vers la chambre de ma mère. Woffa Lucie Thérèse dort paisiblement. « Encore un autre jour » me dis-je. Rien ne laisse présager le pire.

Pour la petite histoire, ma mère souffrait depuis plusieurs mois. Les médecins de l’hôpital central de Yaoundé où elle était internée durant trois semaines avaient diagnostiqué une anorexie. Quand vous allez chercher sur Wikipédia, vous apprenez que « L’anorexie est un symptôme qui correspond à une perte de l’appétit. Il touche 2 % des femmes dans le monde ». Les causes sont nombreuses. Son mal, lui, était psychologique. Anxiété, dépression. Elle peinait.  Du jour au lendemain, elle était passée de 70 kilos à 30 . Heureusement que le test VIH/ sida s’était révélé négatif. Un évènement inattendu et que je préfère taire l’avait entraîné au fond du puits.

Mon petit frère vient d’ouvrir les yeux. Salutations échangées. Je lui demande de passer le balai. Je ferai la popote. Pour ce midi, il me vient à l’idée de concocter du riz blanc + sauce gluante. Je me dis que ma mère appréciera. Tous les ingrédients sont présents pour faire un bon repas. Je sors de la cuisine vers 8 h 30.

Une voisine nous rend visite à la maison ce matin encore. Elle trouve Woffa Lucie Thérèse éveillée. L’étrangère, une parenté à mon grand-père se propose de la nettoyer à l’aide d’un gant et de l’eau savonneuse. Quinze minutes suffiront. Spécialement aujourd’hui, je veux lui enfiler une robe qu’elle apprécie. Je ne sais plus laquelle.

« Non, je préfère ma robe bleue jeans qui a les boutons » me supplie-t-elle. Maman il n’est pas bon que tu portes un vêtement serré. Lui dis-je.  Elle insiste. Je m’exécute.

Aujourd’hui et contre toute attente, elle a des envies de bouffe que ma mémoire a effacées. Une chose est sûre. Elle va déjeuner avant de s’éclipser pour l’éternité.

Il faut la remettre dans son lit. Elle peine à marcher. Thatcher comme on aimait à l’appeler du fait de son caractère de dame de fer,  sourit avec peine.  Son regard est presque fuyant. Elle sourit malgré tout.

A présent, la voisine veut se retirer. Elle promet à ma mère de repasser la nuit tombée. « Merci pour tout » lui répond Thatcher. Ses mots résonnent comme un adieu.

A mon tour de la laisser dormir. Je me retire au salon pour regarder la télévision, lorsque mon petit frère vient me prévenir de son absence. Il  est aux environs de 10 heures. MR a subitement envie de désherber les alentours de la maison. Sa démarche me surprend. D’habitude, il faut hurler et tenir le bâton pour qu’il s’y colle. Il n’en sera rien aujourd’hui.

Après son départ, je vais rester un moment encore devant l’écran TV avant d’être emportée par un sommeil inhabituel. Quand j’y repense, Il n’a duré que 10 minutes.

Il est tellement bref que je m’interroge « Pourquoi dormir maintenant ? » Je fonce voir si ma mère va bien.

Elle est en train de rendre l’âme. Sa respiration est maintenant irrégulière. Elle ronfle presque. Je me précipite vers elle « Maman réveille-toi. S’il te plaît » J’implore en vain. Son corps se raidit peu à peu. Il est de plus en plus froid comme un glaçon. Les mouches assistent au dernier chapitre. Elle respire. Une. Deux. Et puis, plus rien…………………………………. Il est 10 h 25. Elle est morte.

 

La veille, je me souviens qu’elle nous avait servi ce refrain habituel « Je vais mourir. Ma fille, je vais mourir. Rose occupe-toi de tes frères, je compte sur toi. Tu es une grande fille maintenant. » Je venais à peine de souffler 19 bougies. Ma mère est allée jusqu’à partager ses biens. Quand je ne serai plus là, tu appelles tes tantes. Tu remets à chacune, un souvenir de moi. A toi, je lègue ce sac (Marque Louis Vuitton beige. C’était un présent offert par l’une de ses grandes amies ». Gardé dans une chambre, Il a miraculeusement disparu avec le reste des effets « chut ».  « Maman arrête avec ton histoire là, tu vas vivre pour nous voir grandir. A défaut, tu pars avec tes fils » lui avais-je répondu sur un ton moqueur. Elle m’avait demandé de lui faire des nattes. Ses beaux cheveux n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes.

Je garde mon sang-froid. Je suis calme. Je crois rêver. Au moment de pousser son dernier souffle, elle a sali le lit. Je ne veux pas qu’on la voie dans cet état. Je la nettoie du mieux que je peux. Elle l’a souvent fait pour moi. Je la recouvre d’un drap et sors appeler mon petit frère.

Je ne sais plus s’il a vu. Je lui remets un billet de ? C’est flou dans ma tête. « Va chez tata Nene et dis-lui que maman est décédée. Vas-y,dépêche-toi ». Il semble perdu. Il me fait pitié. Il a à peine 14 ans et déjà orphelin.

Je ferme la porte et monte appeler ma tante avant de débarquer chez mon grand-père à Titi Garage. Là, je fonds en larmes « Daddy my mother is dead »

Je garde d’elle le souvenir d’une femme forte, courageuse, humble, serviable, travailleuse, une maniaque de la propreté. En cas de litige, elle savait distribuer les coups de poing. Mon grand-père l’appelait « sa folle ».  Elle était différente. Elle est morte incomprise.

Paix à ton âme. We miss you. I’ll always be proud of you. RIP

Permalien : https://munjongue.mondoblog.org/2014/05/28/pensee-pour-ma-mere/

 



Lettre à mon Téléviseur

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Tu te passeras de mon salut.

Je tiens à te dire que j’en ai marre de toi. Marre que tu me balances des programmes calqués sur France télévisions, TF1…
Je ne t’ai pas acheté pour voir des parvenues se prendre pour des superstars. Quand ils passent, cryptes leurs images et  n’oublies surtout pas le son. sers-toi de tes capacités.
Mes oreilles et mes yeux m’ont envoyé des signaux récemment que je n’ai pas beaucoup apprécié. Ma vue s’affaiblie. Mon ouïe s’obstrue. Tu vas me dire que ce n’est pas de ta faute. Désormais, Ils menacent de faire la grève « Parle à ton écran plasma, s’il continue à nous servir des émissions à deux balles, tu vas en faire les frais ». Tu sais parfaitement qu’ils me sont utiles. Je te préviens « A la moindre image chiante, je te mettrai à la poubelle. Mets-toi bien en marche. Je t’aurai prévenu ».
Je fais pourtant de mon mieux pour te mettre à l’aise. Je t’ai fais installer sur un meuble Tv. Pour ta voisine, c’est un luxe. Je prends la peine de te dépoussiérer aussi souvent que je le peux. Tu ne t’allumes que le soir à mon retour où le matin à mon réveil. Je dirai que tu fais la moitié de 35 heures par semaine. Et pour tes taches quotidiennes, je t’ai ajouté un décodeur et au banc des remplaçants, un lecteur Dvd qui m’en veut encore. Mais pourquoi t’entêtes-tu as me montrer des artistes qui chantent faux ? Des politiciens aux projets bidons. Des animateurs qui n’ont pas le sens de la mesure. Et que dire de ces présentatrices au look extravagant assorti parfois de kilos de quincaillerie en guise de bijoux. Tu vas me dire que je peux toujours me servir de la télécommande. La fameuse zappeuse. Seul bémol, je veux savoir ce qui se passe au Bled.
L’image de trop. C’est ce chanteur qu’on ne connait ni de Eve, ni d’Adam qui est passé ce dimanche sur une chaine privée basée à Douala. Je n’en pouvais plus. Tel que les présentateurs de ce programme de divertissement l’ont vanté, j’étais sur que c’était un artiste à la dimension des vrais. Mais arrêtes-toi ! Lorsqu’ils lui ont demandé de poussé la chansonnette, j’ai crue entendre un extrait de casseroles. Aie mes oreilles !
Et comme si ça ne suffisait pas, il les a bouché avec ses projets douteux « Après la sortie de mon album, j’irai en tournée en France… » La majorité des artistes qui rentrent au pays et qui veulent se faire voir ont toujours cette phrase à la bouche. « Je reviens d’une tournée à l’étranger » Dans un cabaret…Tu voulais dire?
Et toi, tu me passes ces tissus de mensonges au quotidien. Je te dis très sincèrement que j’en ai marre. Marre d’entendre les louanges à Pobiya, marre de voir des plateaux TV aux décors dépassés. Aucune harmonie dans les couleurs. Des trous dans le tapis de ma chaine publique. Je te préviens, demande à ceux qui t’ont conçu, d’améliorer tes cadets, parce que j’ai bien l’intention de te virer si…

Ta propriétaire


Célibataire, je le vis mal

Je ne sais pas si c’est l’eau du poisson qu’on a versée sur moi ou si c’est seulement la malchance qui me suit. Je suis dépassée. Les autres filles font comment ?  Dans mon quartier, je connais une voisine qui a au moins 8 gars. Aujourd’hui, Thierry passe, demain, Lionel… Quand je pense aux engins qui roulent sur son axe, je confirme, « Mama tu es forte ». Si j’avais seulement une brouette, est ce que j’allais pleurer ? Quand elle monte au 7eme ciel, je gère le froid. Ne vous moquez pas de moi. C’est la vérité. Après, je me demande si je dois encore l’envier avec toutes les maladies qui pullulent là dehors.
Comment pouvez-vous expliquer le fait qu’à bientôt 40 ans, je n’ai eu qu’une seule proposition de mariage. Mais le mec qui avait osé, franchement, mes co’o, même cadeau vous l’auriez refusé, tellement il avait des fenêtres dans la bouche. Je ne vous dis pas qu’entre temps, il y a une qui l’a trouvé craquant comme le biscuit et qui lui a fait 4 gosses. Bien fait pour ta gueule. Je suis toujours là, même l’œuf je n’ai pas réussi à pondre.
Quand j’avais 20 ans, je me vantais partout « Je suis belle, j’ai la vie devant moi » Il fallait voir les gars qui me couraient après : beau, laid, petit, grand, riche, pauvre, albinos, blanc, noir, chinois…Je n’ai pas connu quelle espèce ? À force de trier, je me suis retrouvée seule.

Le jour où le ciel a pitié de moi, il m’envoie un de ces lascards qui veut seulement tuer et partir. Si vous apprenez que je suis devenue folle, ne vous étonnez surtout pas ! Parce que le genre de dialogue que j’ai engagé avec mes oreillers m’inquiète. A mon tas de cotons, je vais jusqu’à faire des câlins. Mon cas est laid. Ne dites rien.
Récemment, je cherchais un studio à louer, dis donc, le bailleur m’a passé à un interrogatoire. « Êtes-vous marié ? Avez-vous des enfants ? Avez-vous un emploi ? Parce que moi je ne cède pas ma maison à des célibataires. Vous ne payez jamais. Toujours à compter dans les poches des maris d’autrui pour régler votre bail. Désolé, vous avez frappé à la mauvaise porte ». Est-ce de ma faute si je n’ai toujours pas de prétendants ? Je pense sérieusement à créer une association pour célibataires, ainsi nous pourrons revendiquer nos droits. On est où là ?
Si les yeux tuaient, je serais morte depuis longtemps. « Je dis hein, tu vieillis comme ça, tu ne vois pas ? Ou tu penses que tu rajeunis ? Tu ne vois pas Pélagie, elle s’est mariée l’autre jour, Christophe aussi, tu attends quoi ? Pardon déposez moi, vous parlez comme si vos vies étaient meilleures.
N’est ce pas je joue les agents d’appui dans une de ces entreprises du gomna(gouvernement) ! Il faut entendre mes collègues qui ont au moins eu 5 minutes de retard un jour. Oh, mon chéri ne voulait pas que je marche beaucoup, il allait faire le marché à ma place. Vraiment dieu est grand, il m’a bénie. Ma sœur tu ne dis rien ? Je vais dire quoi, je suis venue vous accompagner sur terre.


Le sommeil à tous les postes

Le sommeil à tous les postes

Salut. Vous comprendrez pourquoi je préfère taire mon nom. Je vous laisse le soin de me baptiser. Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je dors partout et à toute heure.

Comme vous pouvez le voir sur cette photo, je dors alors que je suis censé réaliser des travaux pour une entreprise de presse dans laquelle j’effectue un stage professionnel depuis quelques jours. Si je vous dis que je ne connais même pas le nom de mon encadreur. Vous n’allez pas me croire. Le sommeil a raison de moi. Ce sont mes camarades de promotion qui ont réalisé cette photo. Insatisfaits de leur chef d’œuvre, Ils se moquent de moi « Papa, c’est comment avec toi ? Tu dors au point de t’oublier. Tu nous sers des ronflements en guise de musique » La honte ! Je ne vous dis pas.

Je fais alors comment ? J’ai tout essayé : Une consultation chez un médecin, j’ai bu des décoctions censées me soulager…Je dors…

Mon épouse est obligée de m’abreuver de paroles pour que je reste éveiller de temps en temps. A cette allure, elle va demander le divorce. Elle m’ annonce souvent les couleurs » Franchement, tu exagères. Je suis épuisée…

On me connait partout, à l’église ou je prêche, les fidèles sourient à ma vue. Gardez-le pour vous. Un jour, on m’a retrouvé la tête dans la bible…Je ronflais. Ich !

J’ai demandé à mes parents si adolescent, j’avais été piquée par la mouche tsé-tsé. Ils m’ont répondu non pas à leurs connaissances. Je crains pour mes futurs employeurs. Je dors à tous les postes et dans toutes les positions. A l’exception de cet instant, où j’ai décidé de partager mon calvaire avec vous. Merci au café.