Edmond NANOUKON

Le « vieillard » Eto’o, un exemple à suivre pour tous les africains

 

Il a répondu à son entraîneur sur le terrain. José Mounrinho le « Spéecial One » avait traité Eto’o de « Vieux ». Eto’o n’a pas tenu à répondre en tant que tel dans les médias. Il a répondu à son entraîneur lors du match de Chelsea contre Totenham le week-end suivant. ll s’est illustré en marquant un but et en délivrant une passe décisive. Mais l’image du week-end aura été la marche de vieillard grabataire que Eto’o a esquissé après son but. Il a répondu aux yeux du monde à son entraîneur qui a pris la chose avec le sourire.

Cela me rappelle les paroles de mon Père il y a une dizaine d’année. J’étais très énervé contre un supérieur qui m’avait traité sans égards. Mon Père m’a dit cette phrase que je n’ai jamais oubliée : « Mon fils, la meilleure des colère est celle qui te pousse à travailler plus dur ». J’ai paraphrasé le dicton de la langue « fon » du centre du Bénin. Depuis ce jour, je me suis toujours servi de ma colère pour avancer dans chaque situation. Les critiques m’amènent à me surpasser, à réaliser de grandes choses, à relever des défis.

Aujourd’hui l’Afrique et les africains sont à tort ou à raison traités de tous les petits noms et avec condescendance par leurs interlocuteurs étrangers. Mais que pouvons nous faire contre cet état de choses ? Ce n’est pas seulement d’intenter des actions en justice, de répondre sur les radios et plateaux de TV, mais de démontrer par les faits ce que nous valons.

J’espère bien que Eto’o fera de même avec les lions indomptables du Cameroun au mondial. On raconte que les africains sont trop fêtards et trop peu disciplinés pour remporter une coupe du monde. L’exemple des sénégalais durant le mondial 2002 en est une illustration. Après leur victoire en huitième de finale, au lieu de rester concentrés, ils ont fait la fête toute la nuit en boîte. Le résultat a été une élimination en quart de finale par la Turquie.

Les Togolais ont gâché leur unique participation à un mondial par des disputes interminables autour des primes de match. C’était la grande honte de tout un continent. Les exemples sont légions de j’espère que toutes les frustrations et colères seront transformées en actions positives par les représentants africains au prochain mondial brésilien.

Vouloir c’est pouvoir dit-on. Nous avons tellement de preuves de personnes qui ont renversé des montagnes et rendu l’impossible possible rien que par leur seule force de volonté. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». C’est l’une de mes citations préférées.

En Afrique, nous nous plaignons souvent de manque de moyens financiers, de pauvreté, etc. Ces raisons sont souvent mis en avant pour justifier la médiocrité de nos vies et de nos pays. Mais je crois fermement que le manque de moyen et la pauvreté doivent être de puissants leviers mentaux qui doivent nous pousser à l’action pour que les générations futures vivent dans un meilleur Afrique, un meilleur monde. Le meilleur est possible et dans tous les pays où il y a eu une prise de conscience de la classe politique, les résultats ont suivi. Les Ghanéens sous le leadership d’un certain Jerry Rawlings ont entamé une révolution sociale et économique depuis une trentaine d’années bientôt. Les résultats sont palpables de nos jours. Le Ghana est cité en exemple dans tous les pays africains pour son extraordinaire bond en avant sur le plan économique. Les ressortissants ouest-africains courent à Accra pour se former dans tous les domaines. Et pour couronner le tout, Le Ghana a découvert d’importants gisements de pétrole. Soyons clairs, le pays ne comptait pas sur cette manne pétrolière avant d’entamer sa révolution mentale, sociale et économique, mais voilà ils ont décidé, ils se sont mis au travail et Dieu a sûrement voulu les accompagner en leur apportant à sa manière une source abondante de devises pour financer tous leurs projets. Dieu a dû se rendre compte que ces gens pouvaient sérieusement bien gérer cette manne.

N’attendons pas les moyens avant de nous mettre au travail. Lançons nous dans la réalisation du meilleur, mettons l’excellence dans tout ce que nous faisons et des miracles se produiront. J’en ai fait l’expérience plusieurs fois dans ma vie, j’ai vu des gens le faire, j’ai vu tout un peuple le faire avec succès.

Les pays tels que le Cap-Vert, le Botswana, le Ghana pour ne citer que ceux-là ont fait des bonds de géant en une trentaine d’années, donc juste une génération. Des hommes en ont eu marre un jour de la médiocrité, de la pauvreté et ses corolaires. Ils ont insufflé un nouveau dynamisme à leurs concitoyens par leurs actions. Par exemple, afin de promouvoir l’hygiène et loin de tout stérile populisme, Rawlings n’hésitait pas à descendre dans les marchés ghanéens pour balayer lui-même les ordures. Aujourd’hui, le Ghana est l’un des pays les plus propres du continent. Le peuple est toujours prêt à suivre lorsque l’exemple vient d’en haut. Nos Leaders doivent souvent se répéter cette citation : « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ».

La Présidente Joyce BANDA du Malawi, une femme admirable a préféré ne pas suivre tout comme une brebis la consigne de l’Union Africaine (des Chefs d’Etat). Elle s’est promise d’arrêter et de remettre à la CPI le Président soudanais si jamais ce dernier mettait les pieds au Malawi. Elle n’a pas eu peur d’être mise en quarantaine par les autres dinosaures, elle sait qui elle est et cela a fait toute la différence. Elle a quelque part donné un peu de fierté à tout un continent où les dirigeants sont traités comme des « phénomènes » à part par les autres chefs d’Etat du monde.

Nous avons la possibilité de faire de ce continent le meilleur endroit où vivre sur cette terre. Il suffit juste d’avoir plus de Eto’o, de Rawlings, de Joyce Banda, de Cheikh Anta Diop et j’en passe.

La meilleure des colères est celle qui te pousse à travailler plus dur.


Réussir en politique en Afrique : Mode d’emploi « pour les nuls »

Comme l’a écrit Rudyard Kipling: tu seras un homme « politique » mon fils si tu mets en pratique ses quelques petits conseils :

Introduction

En Afrique le monde politique a ses propres règles et tout apprenti politicien, tout futur crocodile qui souhaite évolué dans les eaux troubles  des marécages politiques africains doit maîtriser quelques données topographiques de ces bas-fonds pas comme les autres.

LES LOUANGES DU CHEF TU CHANTERAS

“Président 20 ans, Président 20 ans”. Non vous ne rêvez pas, nous sommes dans un pays africain, pays démocratique ou la constitution précise bien que la durée du mandat d’un Chef d’Etat élu est de 05 ans renouvelable une seule fois. Donc en aucun cas, un Président élu ne peut passer 20 ans au pouvoir. Pourtant lors d’une visite du Président de cette République dans une ville du pays, un cadre, politicien zélé n’a trouvé rien de mieux pour faire plaisir à son mentor de Président que de distribuer de l’argent à la population pour chanter « Président, 20ans, Président 20 ans».

C’est cela la politique en Afrique. Les règles sont faites pour être violées, en toute connaissance de cause.
Un autre apprenti politicien, cadre de l’Etat et Directeur d’une grande société publique n’a trouvé lui rien de mieux à faire que d’organiser un meeting politique dans sa ville natale et devant toutes les caméras du pays réunies, il a chanté les louanges du Président pour ensuite dire à la population “ Si le Président dit on va à gauche, tout le monde va à gauche. Si le Président dit on va à droite, tout le monde va à droite. Si le Président dit on avance, tout le monde avance”. Bref, il prend les populations pour des moutons aux cerveaux lobotomisés, incapables de réfléchir par eux-mêmes. Connaît-il seulement l’histoire du mouton de Panurge.
Un Député du même pays a poussé le zèle si loin qu’il a comparé son Président de Mentor au Bon Dieu. En effet, selon lui le Président tient toujours ses promesses, comme le bon Dieu quoi !
Tout Ministre, Député de la mouvance présidentielle, Directeur de Société d’Etat, Cadre de l’Administration Publique ne doit tenir de discours public sans prononcer au moins une fois le nom du Président de la République. Un ministre ne s’affirme pas, il ne dit pas “j’ai décidé”. Il vient juste rapporter ce que le Président a décidé, même si c’est sa propre initiative. A l’occasion de chaque cérémonie de mise en service ou d’inauguration de chantier de route, pont, piste rurale, module de classe d’école, infrastructure d’utilité publique, etc, je suis souvent ému devant ma télévision. En effet, les populations bénéficiaires des infrastructures sont souvent invitées à remercier le Chef de l’Etat pour le cadeau qu’il a bien voulu leur faire. On dirait que les fonds ayant servi à réaliser ses infrastructures venaient de la poche du Président et n’étaient pas des dettes à rembourser. Je croyais que le rôle du Président élu était de travailler pour le bien de la population. En Afrique, la réalité est tout autre. Il faut remercier toujours “le Père de la Nation” d’avoir fait son travail, d’avoir daigné faire un cadeau au peuple.

DES CÉRÉMONIES RELIGIEUSES DE REMERCIEMENT TU ORGANISERAS.

J’ai découvert cette mode au Cameroun dans les années 90. Après chaque remaniement ministériel, les nouveaux Ministres “heureux élus” organisent des messes d’actions de grâces dans les Eglises pour les Chrétiens et dans les Mosquées pour les Musulmans. Durant ces services religieux, on prie pour le pays, son Président à qui on souhaite longue vie et long règne, puis on remercie le Président tout puissant d’avoir nommé ce ministre au poste de serviteur de la République. Les “Guignols de Canal Plus” auraient remercié pour être invités enfin à la mangeoire, ce qui est plus proche de la réalité. Avec le temps la pratique s’est répandue à tous les pays africains. Certains Ministres ou cadres font mieux, ils organisent les messes d’actions de grâce dans les Églises, des prières dans les Mosquées. Laïcité, quand tu nous tiens. Pour les animistes, on ne s’inquiète pas, cela se fait d’habitude en amont de la nomination et surtout la nuit. Même procédé après la nomination.

“FILS DE CHEF D’ETAT, C’EST CARRIERE”.

Quand j’étais petit, le Maître d’école nous demanda un jour notre profession de rêve. Il y eu florilège de réponses. Maître, Docteur, Ingénieur Ponts et Chaussées, aviateur, Ministre, etc. La profession qui m’a le plus marqué est celle de « KEREKOU ». Pour ceux qui ne le savent pas, Mathieu KEREKOU était Président de la République du Bénin de 1972 à 1991. Donc en 1982 où mon maître d’école primaire posait cette question en classe, le culte de personnalité était à un tel niveau que plusieurs écoliers pensaient que de même que certains avaient pour profession enseignant, Mathieu KEREKOU avait pour profession PRÉSIDENT. Et nous n’étions pas les seuls à entretenir de telles idées sur le continent. Les “Pères de la Nation” en Afrique ont le secret pour durer au pouvoir. Des générations entières d’africains ne connaissent qu’un seul Président de leur naissance à l’âge adulte en passant par l’enfance et l’adolescence. Faisons l’inventaire :

– Côte d’Ivoire : Houphouet Boigny : 40 ans de règne
– Somalie : Siad Barré : 40 ans de règne
– RDC, ex-Zaire : Mobutu Sésé Séko, 40 ans
– Guinée Equatoriale : Théodoro Obieng Nguéma : 35 ans (en cours)
– Gabon : Omar Bongo : 40 ans (en cours, à travers son fils)
– Togo : Eyadema 35 ans (en cours à travers son fils) Cameroun :
– Paul Biya : 32 ans (en cours)
– Burkina-Faso : Blaise Compaoré : 28 ans (en cours)
– Congo : Denis Sassou NGUESSO : 22 ans (en cours)
– Tchad : idriss DEBY : 27 ans (en cours)
– Etc… (en cours)

Je sais que je n’ai pas tout cité, mais à voir de près, on se rend compte qu’il y a plus de royaumes en Afrique que de Républiques aux démocraties souvent pompeusement qualifiées de « Démocratie avancée ». Suivez mon regard. Et dans tout cela, il y a la famille du Chef de l’Etat. Si un homme a la chance de naître fils de Chef d’Etat, il est déjà un politicien accompli (de naissance). Poste Ministériel, poste de conseiller, Directeur de Société, Président de Conseil, etc… En Afrique, comme l’a dit un de mes amis ivoiriens, « Fils de chef d’Etat, c’est carrière »

DE LA MOUVANCE PRESIDENTIELLE, TOUJOURS TU SERAS MEMBRE

Un politicien africain qui veut réussir en politique et bien gagner sa vie doit toujours être dans la mouvance présidentielle. En Europe les choses sont claires, vous êtes soit de la gauche soit de la droite. Aux USA, vous êtes démocrate ou Républicain. Il est très rare de voir des politiciens changer de parti politique ou de courant idéologique durant leur carrière politique. On peut se disputer dans le parti, il peut y avoir guerre de leadership, mais c’est une grande famille. Il peut y avoir des courants idéologiques dans le parti, mais tout le monde y reste. Valls, Aubry, Royal et autres sont restés au PS pour aider à l’élection de François Hollande après avoir perdus les primaires. En Afrique, chacun de ses ténors du PS auraient quitté le PS pour aller créer leur propre parti politique dont ils seront le « Président. »
Je vous garanti que c’est sur le continent africain que se pratique la « vraie démocratie ». Les politiciens n’ont pas de courant idéologique, seul l’intérêt personnel immédiat compte (au nom des électeurs bien sûr). Les seuls courants politiques connus sont :
– La mouvance présidentielle
– L’opposition, mais comme le dit un de mes amis humoristes, «En Afrique, il n’y a pas d’opposants, il n’y a que des mécontents ».
– Les centristes. Ne vous y prenez pas. Un centriste en Afrique est un politicien qui a sa veste à la main. Il peut ainsi la retourner quand ses intérêts sont en jeu. On tourne la veste du côté du pouvoir pour aller à la mangeoire, puis on la retourne dès que l’on est plus en bon terme avec le parti au pouvoir. C’est cela être du centre en Afrique.

Des politiciens africains ayant fait près de 30 ans de carrière politique n’ont jamais connus l’opposition. Opposition an Afrique rime avec pauvreté. Que voulez-vous ? En Afrique, les mandats présidentiels sont interminables, être opposant n’est donc pas un « bon choix de carrière » car vous risquez de ne pas avoir de carrière du tout.
Les crocodiles politiques ont le secret pour être de tous les marigots. Ils ont beau avoir été très critiques et violents envers un candidat durant les campagnes présidentielles, si ce dernier remporte les élections et devient Président, alors les mêmes crocodiles qui étaient ses farouches adversaires trouvent immédiatement les mots pour chanter les louanges du nouvel élu. Il n’y a pas de honte à aller à la mangeoire. Celui qu’on a dépeint comme le Diable le matin est présenté comme un Ange immaculé du bon Dieu le soir du même jour. Les intérêts pécuniaires et politiques déterminent l’angle sous lequel l’adversaire est présenté.

LE PEUPLE TU CORROMPRAS

Sous d’autres cieux, les politiciens créent le cadre et les conditions nécessaires pour que le peuple s’épanouisse, travaille dans les meilleures conditions pour gagner sa vie et subvenir à ses besoins. En Afrique, c’est un tout autre procédé. Pour conquérir un nouvel électorat ou pour maintenir celui existant, les politiciens africains ont plusieurs tours dans leurs sacs :

1- Distribuer des vivres et faire des dons aux populations dans les périodes de fêtes de fin d’année, fêtes religieuses, campagnes électorales, etc
2- Ouvrir des structures de micro finance à l’intention des plus pauvres.
3- Faire des distributions d’argent en espèces pour acheter des voix lors des campagnes électorales
4- Distribuer des fournitures scolaires aux parents à l’approche de la rentrée scolaire
5- Organiser des tournois sportifs dotés d’un prix au nom du candidat
6- Construire des modules de classe dans les villages et quartiers de villes. Veuillez à ce que sur le fronton de l’infrastructure votre nom soit écrit en grands caractères
7- Construire des hangars dans les marchés pour les femmes. Mettre son nom en grands caractère sur le fronton
8- Donner de l’argent en espèces aux populations en cas de sinistres tels qu’incendie, inondation, etc et même si vous êtes Président de la République, précisez aux populations que ce don vient de votre propre poche.
9- Petite astuce pour se faire nommer Ministre : Envoyer une délégation de son village auprès du Président de la République pour lui rappeler que tout le village et cette commune le soutiennent et que la meilleure manière de les remercier est de nommer un des leurs dans le Gouvernement.

LA LISTE ÉLECTORALE TU MAITRISERAS ET LA CONSTITUTION TU MODIFIERAS PUIS LES RÉSULTATS ÉLECTORAUX TU TRIPATOUILLERAS.

Les débats sur les modifications de la constitution dans les pays africains agitent régulièrement les masses. C’est un vrai problème de société. Vers la fin du mandat de chaque Président africain, ce problème ressurgit. Au Sénégal, Wade a fait des pieds et des mains pour valider une modification constitutionnelle afin de se représenter aux élections présidentielles. Les débats furent houleux, une frange de la population s’est soulevée, il y eut des marches, des meetings de protestation, des actions en justice, mais Wade tint bon et se présenta aux élections. Malheureusement pour Wade, il échoua aux élections car la liste électorale sénégalaise est sûre. La liste sénégalaise est une liste de confiance et n’est pas manipulable par n’importe qui.
Tous les pays africains n’ont pas cette chance. Les béninois sont encore KO debout après le KO électoral réalisé par le Président actuel en 2011 au premier tour. Avec la liste LEPI, personne n’a rien vu venir. C’était une « liste électorale permanente  informatisée » jugée « très sûre ».
« Président fondateur » de Mamane sur RFI est souvent élu à plus 99,99% des suffrages exprimés ». C’est le rêve de tous les Présidents et députés africains en périodes électorales.
En effet les élections sont un indice important de la vitalité de la démocratie d’un pays. Alors pour être un bon politicien en Afrique, il faut apprendre à gagner les élections quelques soient les suffrages exprimés par les populations. Il existe plusieurs manières de toujours gagner les élections en Afrique. Voici quelques unes :

– Avoir des complices parmi les accesseurs des bureaux de vote
– Donner de l’argent aux populations pour choisir votre bulletin de vote
– Maîtriser la liste électorale pour que cela donne toujours le résultat que vous souhaitez. La liste doit être programmée pour donner un résultat supérieur à 50% quelque soit les suffrages exprimés.
– Faire disparaître les urnes contenant les suffrages qu’on pense défavorables à votre camp. Georges Bush et ses apprentis tripatouilleurs auraient dû venir se former en Afrique. J’en ai rit jusqu’aux larmes lorsque j’ai appris que des urnes avaient été retrouvées dans une église dans l’Etat de Floride au cours des élections de l’an 2000.
– Ne pas organiser les élections tout simplement en les repoussant aux calendes grecs.

Inutile de mentionner qu’en Afrique, un candidat aux élections présidentielles n’est pas élu selon un programme de société mais selon d’autres critères bien moins intellectuels. La victoire revient à celui qui :
– distribuera le plus d’argent,
– aura le plus de chef traditionnels et religieux de son coté
– aura le plus d’hommes d’affaires dans ces poches,
– maîtriseras la liste électorale
– maîtriseras la commission électorale Indépendante ou autonome (CENI ou CENA)
– racontera le plus de mensonges sur le compte des autres candidats
– démontrera dans tous les villages où ils de rendra qu’il a des liens de parenté avec les villageois
– etc.

Constitution

Les pays africains ont presque tous adopté dans les années 1990, années d’effervescence démocratique, des constitutions où il était bien précisé noir sur blanc que la mandat présidentiel est de 05 ans renouvelable une seul fois. Donc clairement, aucun Président ne peut faire plus de 10 ans de pouvoir. Mais une chose est d’écrire, l’autre est de mettre en pratique. Vers la fin du second mandat de nos Présidents « Pères de la Nation », nous remarquons :
– des marches de soutien pour inviter le Président à prolonger son mandat afin d’achever les chantiers qu’il a entamé (au Niger on parle de Tazarché)
– des discours pour susciter une révision de la constitution
– des insultes publiques où les partisans du Président estiment que l’opposition n’est pas prête à gouverner et que le Président est le seul capable de diriger le pays.
– Marches, meeting, inaugurations de nouveaux chantiers publics doivent se succèder à un rythme effréné.
– Des articles de journaux critiquant l’article de la constitution qui limitent le nombre de mandats présidentiels paraissent presque tous les jours. – Les populations des villages qui ne comprennent même pas un seul mot de la constitution lisent des discours douteux dans un français à faire se retourner Molière dans sa tombe pour réclamer la révision de la constitution.
– Les historiens auto proclamés viennent sur les chaînes de TV pour démontrer que les sociétés africaines sont habituées à un règne royal de longue durée et non à des changements de chef intempestifs. (ils nous prennent vraiment pour des cons)
– Etc.

En ces périodes d’hystérie révisionniste, presque tout le monde devient constitutionnaliste dans le pays. Mais moi, j’ai la solution qui est toute simple et toute bête. Ils n’ont qu’à s’inspirer de Vladimir Poutine. « Lui il connaît » comme dirait un ami ivoirien.

AU DESSUS DE TES MOYENS TU VIVRAS

La politique en Afrique semble être devenue la voie la plus facile pour s’enrichir rapidement. Plusieurs jeunes diplômés des universités se battent pour être bien vus des ténors politiques car il suffit d’une nomination dans un cabinet et la vie prend une autre tournure. Belles voitures, sorties en restaurants chics, belles maisons, costumes et « pompes » italiennes, belles gonzesses, billets d’avion, comptes bancaires garnis, etc. La progression est tellement fulgurante que tous les jeunes se ruent vers la politique. Que voulez-vous ? celui qui est moins diplômé que vous, qui se trainait dans les rues matin et soir à la recherche de sa pitance commence à vous narguer au bout de quelques mois car il est devenu très proche d’un certain homme politique bien placé. Ça donne envie. Alors jeune africain, ne suis surtout pas ce conseil, mais veux tu vite t’enrichir ? Alors engages toi en politique, mais choisis bien ton camp, vas dans la mouvance présidentielle car à l’opposition, tu n’auras rien.

Si tu suis ces quelques conseils, tu seras un « bon politicien » mon fils.


Universités béninoises : les profs font sévir le droit de cuissage

Il m’arrive de donner des cours de E-commerce et E-marketing dans certains établissements supérieurs de Cotonou la capitale du Bénin. Les Étudiant(e)s en quête d’opportunités vous demandent souvent des petites faveurs. N’allez pas comprendre autres choses, petites faveurs signifient :

–         Monsieur pouvez-vous m’aider à trouver un stage ?

–         Monsieur pouvez-vous m’aider à trouver un boulot dans une entreprise ?

–         Pouvez-vous être mon maître de mémoire ?

–         Pouvez-vous me conseiller pour la réalisation d’un site Internet personnel ?

–         Etc…

Des demandes tout à fait banales, des services que je peux rendre et que je rends souvent avec plaisir et sans problèmes. Je n’accepte pas souvent de prendre des mémoires car je ne reste jamais sur place très longtemps. J’ai la bougeotte à cause de mon travail de consultant IT et Coach de vie et je ne voudrais pas que mon style de vie pénalise les étudiants.

Mais un jour, j’ai vraiment eu honte d’être un homme, un mâle. Ce jour, j’ai souhaité que la terre s’ouvre sous mes pieds pour que j’y disparaisse.

Un soir, j’étais allé délivrer mon cours et bizarrement ce jour là, il n’y avait que des représentantes de la gent féminines dans la salle de cours. Ces dames et demoiselles me demandèrent si je pouvais leur trouver un stage ou un boulot ou encore être leur maître de mémoire etc. Je leur demandai tout simplement de me faire parvenir leur CV et que je verrai bien auprès de quelle entreprise déposer leurs dossiers. Elles continuèrent en me racontant les mésaventures qu’elles avaient déjà vécues avec certains autres collègues professeurs. Ces professeurs représentant de la gent masculine n’hésitaient pas selon ces demoiselles à :

1-    Première histoire : le professeur m’a donné rendez-vous dans un bureau. Je lui ai apporté le CV sur place et puis il m’a invité à aller prendre un pot (boire un coup) pour mieux discuter du type de boulot que je désirais. J’ai accepté et l’ai suivi, mais après le pot, il m’a conduit tout droit à un CP (Chambre de Passage dans le jargon béninois). Devant mon refus ferme de le suivre à l’intérieur, il m’a dit que je venais de griller mes chances de trouver un stage par son canal. J’étais interloquée et me sentais humiliée.

2- Seconde histoire : il était mon maître de mémoire. Il a rejeté mon travail plusieurs fois, je ne sais pourquoi. Quand finalement j’ai pu avoir une entrevue avec lui, il m’a clairement signifié que si je voulais qu’il soit mon maître de mémoire, j’avais deux possibilités. Soit je baissais ma culotte, soit je lui payais 35.000 FCFA.

Devant mon étonnement et mon refus de croire à de telles histoires, les autres filles ont renchérit que c’était monnaie courante, et que les professeurs ont toujours considéré les universités privées comme des viviers à filles où ils pouvaient s’en taper autant qu’ils voulaient et après aller raconter leurs exploits entre mecs. (Soit dit en passant, un vrai homme ne raconte pas de tels soi-disant exploits, messieurs, un conseil si je puis me permettre : il faut oublier ce type de conversations de vestiaires ! les vrais hommes n’ont pas besoin de ça).

A ma question de savoir si elles se sont plaintes à l’administration, elles m’ont répondu que les plaintes n’ont presque jamais de suite. L’administration selon elles banalisaient la situation et ne leur offrait pas une oreille attentive.

Devant mon étonnement grandissant, elles me demandèrent d’arrêter de faire mon malin car j’étais aussi un homme et que je savais très bien de quoi elles parlaient. Elles étaient sures que je tenais de telles conversations avec mes chers collègues. J’avoue que depuis que Dieu m’a donné deux enfants du sexe féminin, j’ai pris conscience de la valeur de la femme et je ne regarde plus de film X ni ne tient des conversations de vestiaires sur mes exploits sexuels. Penser à mes filles me conscientise.

Hé oui, ce jour là j’ai vraiment eu honte d’être un mâle. Malgré mon mètre quatre vingt seize de taille, Je me sentais tout petit. J’avais perdu mon latin. Je tenais à peine sur mes jambes. Je ne pouvais imaginer que des hommes, pères de famille, pères de jeunes filles, enfants issus d’une femme, puissent profiter de leur position d’enseignants pour abuser de leurs étudiantes. C’est de la lâcheté, de la faiblesse et de la couardise qui ne dit pas son non. On ne peut appeler ces individus des hommes, ce qualificatif est trop d’honneur leur faire.

Je ne suis pas un saint. J’aime les femmes. Mais la séduction est un art, c’est l’art d’amener une personne à consentir à ce que vous souhaitez, dans la bonne humeur et de son plein gré. Le vrai séducteur se fait tellement désirer que c’est la personne convoitée elle-même qui le poursuit de ses intentions. Le chantage n’est pas de la séduction, c’est de la lâcheté.

L’enseignement est un métier noble et toute personne qui a la chance d’accéder à ce poste doit faire honneur à son titre d’enseignant. Il ne doit pas en profiter pour instaurer un droit de cuissage systématique avant de faire le travail pour lequel il est payé.

J’ai discuté du problème avec une amie doctorante à qui j’ai raconté ma mésaventure en salle de cours. Elle a corroboré les faits en me racontant qu’elle-même aurait pu avoir depuis belle lurette une bourse d’étude pour préparer son doctorat. Elle aurait même dû soutenir sa thèse deux ans plus tôt, mais malheureusement pour elle, elle n’a jamais consenti à jouer le jeu et à baisser la culotte, alors elle a été recalé à chaque fois. Cette pratique est monnaie courante sur le campus m’a-t-elle assuré et plusieurs dames ont dû prendre par ce chemin pour finir les études et avoir les précieux parchemins.

D’autres jeunes femmes prennent carrément les devants et vont-elles-mêmes proposer directement la « chose » aux « profs ». C’est une manière de prendre les devants. Voilà encore un autre cas à désavouer avec la dernière énergie.

Chers collègues, aidez moi à changer la définition de collègue en quelque chose de plus honorable, plus pur, plus humain.
En effet Collègue signifie : Personne peut intelligente mais qui inexplicablement fait le même travail que nous.

Halte au harcèlement des jeunes filles sur les bancs. Cela ne fait pas honneur à la gent masculine.

« Petit Pays, Avocat Défenseur des femmes, tu as encore du boulot ».


Fier d’être africain ? Mais de quoi au juste ?

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Je suis convaincu que si le choix leur était donné,  99,99 % de ceux qui proclament leur fierté d’être négro-africain vont préférer se réincarner dans un autre corps et sur un autre continent.

Arrêtons donc de nous mentir à nous-mêmes sur la fierté africaine.

Je n’éprouve pas de fierté particulière parce que je suis un noir.

Je  n’éprouve pas plus de fierté particulière parce que je suis un africain.

Je ne dis jamais : je suis africain et fier de l’être. Je dis plutôt que je suis noir africain et je l’assume.

S’il y avait une telle fierté à être africain, pourquoi des centaines de nos frères se jettent dans des boat people pour rejoindre l’Europe ? Au nom de quelle fierté nos frères choisissent-ils la Méditerranée pour sépulture ?

Au nom de quelle fierté avec ce drame qui mobilise toutes les attentions en Europe et suscite l’indignation dans le monde entier, le silence des Chefs d’Etat (de tas) africains est-il si assourdissant ?

Au nom de quelle fierté veut-on accuser les Italiens de ne pas avoir rapidement porté secours aux migrants dont la barque chavirait ? Que font les Africains en ce moment ?

Au nom de quelle fierté les matières premières sont-elles vendues sans transformation aucune et donc sans apporter de plus-values et des emplois à l’économie du continent ? La transformation de ces matières premières dans les pays industrialisés est source d’emplois et de croissance au détriment de l’Afrique.

Au nom de quelle fierté des leaders refusent-ils de créer les conditions idoines pour l’épanouissement de leurs concitoyens ?

Au nom de quelle fierté les Africains appellent-ils à l’aide la France tant décriée par certains pour sauver le Mali de la main des djihadistes et la République centrafricaine des mains barbares de ses propres enfants ?

Au nom de quelle fierté les rues de nos villes sont-elles transformées en tas d’ordures à ciel ouvert ? Les caniveaux d’évacuation d’eaux usées transformés en dépotoirs et toilettes à ciel ouvert en plein cœur de nos villes capitales ?

Quel homme fier crache, jette des sachets plastiques ou des bouts de papier en pleine rue ?

Quel homme fier transforme les trottoirs de sa cité réservés aux piétons en boutiques et étalages en plein air et oblige ainsi les piétons à marcher sur la chaussée réservée aux véhicules ?

Quelle raison ai-je d’être fier lorsque les budgets des Etats africains sont en permanent déséquilibre et qu’il faut à chaque fois l’accompagnement budgétaire des PTF (Partenaires techniques et financiers) pour boucler les budgets et payer nos fonctionnaires ? Un diction africain dit que la main qui donne est toujours au-dessus.

Au nom de quelle fierté le détournement des fonds publics, la dictature et la mauvaise gouvernance sont-ils érigés en système de gestion ?

Lorsque j’ai pris conscience de mon état d’homme, lorsque j’ai pris conscience de moi, je me suis trouvé dans le corps d’un noir sur le continent africain.

Non je n’éprouve aucune fierté particulière à être noir et africain, mais je n’ai pas honte d’être noir et africain non plus. Je suis noir et Africain et je l’assume

Y-a-t-il un problème noir ?

Le seul pays du continent qui est développé a été bâti par des Blancs. Il est vrai qu’ils ont mis en place pendant longtemps un système inique de ségrégation raciale. Mais regardons-nous en face et demandons-nous si l’Afrique du Sud en serait là où elle est aujourd’hui si c’était les Noirs qui étaient au pouvoir dès le début ?

Un homme de culture camerounais a dit un jour : « Si vous ouvrez le crâne d’un Camerounais, vous y verrez des vapeurs éthyliques et des élucubrations footballistiques ». Si nous ne nous prenons pas au sérieux assez rapidement, Eboa Lotin aura raison de nous les Africains, même depuis sa tombe.

Combien de Noirs africains ont-ils déjà décroché un prix Nobel ? Cela se compte sur le bout des doigts. Les scientifiques africains se distinguent difficilement sur le plan international. Ne me dites surtout pas que c’est dû au néocolonialisme et que c’est un complot des Blancs. C’est une échappatoire que j’ai décidé de ne plus emprunter. On ne parle pas de néocolonialisme lorsque les Africains récoltent les distinctions dans les domaines du sport, de la musique, de la danse, etc. Quel est alors le problème ? Les Africains ne peuvent-ils exceller que dans les domaines d’activité physique ? Ne pouvons-nous pas exceller dans le domaine de la pensée, de la science ?

Cheick Anta Diop l’un des scientifiques africains les plus emblématiques des temps modernes l’a fait, et si un seul l’a fait, tous peuvent le faire. Il n’y a donc pas malédiction et de fatalité du sous-développement, mais sûrement un besoin de prise de conscience. Si chaque Africain pouvait faire ce qu’il sait faire le mieux sur le plan professionnel, c’est sûr que les choses v changeront. Mais tant que les ingénieurs agronomes seront installés dans des bureaux climatisés, tant que les professeurs d’université seront sans laboratoire digne de ce nom, tant que la bureaucratie et le détournement de fonds seront érigés en système de gestion et de vie, je ne pourrai pas dire : je suis fier d’être africain.

Je suis noir et africain et JE L’ASSUME.

J’assume mon ambition de faire de ce continent le nouvel eldorado de la planète par mon travail, mon génie et mon courage.

J’assume que bientôt les flux migratoires seront dans le sens nord-sud par la prise de conscience de nos valeurs, de nos richesses, la rigueur dans le travail, le respect des verdicts issus des urnes, la confection de listes électorales fiables et crédibles

J’assume ma volonté de travailler à être le meilleur homme que je puis être, le meilleur de ma spécialité, le meilleur de ma profession. Si chaque Africain était le meilleur de sa spécialité, l’Afrique serait ainsi un meilleur continent.

J’assume que pour l’Afrique subsaharienne, le costume cravate trois pièces n’est pas adapté à notre climat et qu’ en faire notre tenue de travail quotidien n’est que singerie et renoncement à soi-même. Je suis convaincu que si les Occidentaux vivaient dans un climat tel que celui de l’Afrique noire, jamais le costume trois-pièces et cravate n’aurait existé.

Il n’y a pas de progrès lorsque le cannibale commence à manger avec la fourchette

Il est temps que les intellectuels africains arrêtent de voir le néocolonialisme partout et se demandent ce que nous avons fait en cinquante depuis l’accession aux indépendances. Regardons-nous en face et reconnaissons qu’à quelques rares exceptions près, tous les « pères de l’indépendance » ont lamentablement échoué.

La Corée du Sud était au même niveau de développement que les pays africains en 1950. Aujourd’hui la Corée du Sud est la 11e puissance économique mondiale. Ils se sont juste pris au sérieux, ont su tirer intelligemment profit de la technologie des Occidentaux sans pour autant aller à l’affrontement et aujourd’hui ils peuvent être fiers. Le tout n’est pas de dénoncer, mais aussi de savoir reconnaître ses faiblesses et manœuvrer avec sagesse dans le champ des intérêts économiques pour tirer son épingle du jeu. Le temps n’est plus aux dénonciations du colonialisme et autres je ne sais quelle diabolisation de l’Occident.

C’est le temps de la réflexion, de la méditation, de l’écoute, de l’intelligence, du travail bien fait, de la sagesse et du courage.

L’Occident est progressivement entré dans l’ère moderne en suivant des étapes depuis la révolution industrielle au 18e siècle jusqu’à l’ère des nanotechnologies aujourd’hui. L’Africain à quelques rares exceptions près se contente de consommer les téléphones portables derniers modèles, voiture sortie d’usine, Tv plasma et que sais-je encore des derniers gadgets à la mode. Aucun pays ou continent ne peut se développer en étant une société de consommation tout simplement. L’Afrique doit aussi produire, car comme l’a si bien dit un monsieur que je respecte beaucoup – je cite  » Il n’y a pas de progrès lorsque le cannibale commence à manger avec la fourchette ».  Il demeure cannibale, car c’est toujours de la chair humaine qu’il consomme. Pensons-y. L’Africain doit reconnaître et assumer aujourd’hui qu’il est l’auteur de son propre bonheur ou de son malheur. Quand nous prendrons conscience de cela, nous pourrons stopper ce néocolonialisme du 21e siècle qui semble nous menacer. Nul ne le fera à notre place.

JE SUIS NOIR AFRICAIN ET JE L’ASSUME


Afrique : que nous facture-t-on ? l’énergie électrique ou l’obscurité ?

circuit-electrique

Voici l’Evangile de l’obscurité en Afrique selon St-frustré.

Au commencement, l’Afrique était couverte de forêts et de savanes. Certaines parties étaient désertiques. Les tribus des enfants d’Afrique peuplaient les différentes contrées.

Ils étaient éclairés le jour par la lumière naturelle du grand astre soleil placé dans le firmament par le grand architecte de l’Univers.

La nuit, ces hommes s’éclairaient avec des matériaux constitués d’huile rouge de palme et versés dans de la papaye coupée en deux.

Certaines tribus brûlaient de la graisse d’animal pour s’éclairer.

Puis un jour ,vint les hommes à la peau rouge, mais qu’on appelle Blancs. Ces hommes dirent : que la lumière soit, et miracle, la lumière fut.

Il n’y eut plus de séparation entre le jour et la nuit.

Les tribus d’Afrique pouvaient s’éclairer à tout instant de la journée en passant le doigt sur le mur.

Ils pouvaient écouter des voix qui parlaient depuis des milliers de kilomètres, voir la tête des journalistes et suivre des événements en direct.

Il y eut donc une nuit des temps, puis l’ère des lumières. Ce fut la première phase.

Les tribus africaines dirent, nous n’allons pas rester tout le temps sous la domination des hommes à la peau rouge et au long nez.

Prenons notre liberté et présidons à notre propre destinée.

Elles prirent donc chacune leur liberté.

Pour continuer à profiter de la lumière apprivoisée dans des tubes à incandescence et autres outils, les tribus mirent en place des entités censées produire et distribuer l’énergie de jour comme de nuit. L’énergie pour les industries le jour et la lumière la nuit.

Le Bénin

La tribu du Bénin appela sa société SBEE : Société béninoise d’énergie électrique.

Certains membres de la tribu ont rebaptisé cette entité Société béninoise de « Etchi Eta », ce qui veut dire dans une langue locale la société qui éteint et qui allume, tellement la fourniture des prestations est inconstante. Les situations appelées « coupures de courant » sont fréquentes et intempestives.

Les embouteillages sont monstrueux aux heures de sortie des bureaux. La SBEE a souvent la mauvaise idée de couper l’énergie électrique aux  heures de pointe, alors que les feux de signalisation qui régulent la circulation sont alimentés par le réseau SBEE.

Les carrefours sont donc souvent encombrés de centaines de voitures et milliers de motos, le tout enveloppé dans un épais nuage de fumée toxique issu des pots d’échappement des motos et voitures. Mais les hommes n’ont pas d’autres choix, ils doivent subir, car la SBEE est toute puissante et a le monopole de la distribution du précieux « jus ».

Après une heure, voire plus deux heures passées dans les « Go slow » thème anglais signifiant « aller doucement », les hommes et femmes de la tribu béninoise rentrent à la maison dans l’obscurité la plus totale. Leurs enfants ne peuvent même pas étudier les leçons du lendemain. Le futur se retrouve donc menacé. Impossible également de prendre un bain pour se débarrasser de l’odeur de fumée, car l’entité qui distribue l’eau a besoin de l’énergie de la SBEE pour pomper la précieuse eau vers les châteaux d’eau.

Double peine

Dans le jargon judiciaire, cela s’appelle la double peine. Les hommes de la tribu qui sont nantis s’achètent des générateurs électriques appelés « groupes » dans le jargon béninois. Mais le bruit du « groupe » que le propriétaire s’arrange pour orienter vers la maison du voisin devient rapidement une torture auditive pour ce dernier tant « le groupe » est bruyant.

Contre mauvaise fortune, l’homme de la tribu décide néanmoins, bon coeur, d’aller se coucher. Mais là, en termes mathématique, il a une  équation du premier degré, mais à deux inconnues à résoudre. Première inconnue : la chaleur. En effet il fait très chaud sous les tropiques. La nuit il faut absolument faire tourner le « ventilateur » ou « brasseur d’air » qui fonctionne au courant afin de rafraîchir un peu la chambre. Vu le manque de courant, il faut alors ouvrir les fenêtres de la chambre. Mais dès que la fenêtre est ouverte un concert de moustiques se met en place, « Concerto au mosquito ». En effet, une autre caractéristique des pays du Sud est l’abondance de moustiques, ces insectes qui transmettent aux hommes par piqûres la redoutable malaria. Donc l’homme a le choix cornélien entre : dormir sous moustiquaire, dans la chaleur et bercé par le concerto pour moustiques, ou dormir sans moustiquaire, fenêtres closes, mais toujours dans la grosse chaleur. Pas simple n’est-ce pas la vie que leur impose la SBEE.

Activités économiques au ralenti et traumatisme

Le lendemain au bureau, impossible de travailler à certaines heures, car l’énergie électrique arrive par intermittence. Les sociétés qui produisent les biens et services tournent au ralenti, les administrations ne sont pas performantes et toute la chaîne économique est atteinte.

Les Béninois, tellement marqués par ces situations ont même peur, que dis-je ? Ils sont traumatisés dès qu’un problème de santé requiert une opération chirurgicale. En effet il se raconte dans l’imaginaire populaire que plusieurs malades ont perdu la vie au cours d’opération chirurgicale pour cause de coupure de courant intervenue durant l’intervention. Les choses ont bien évolué aujourd’hui. Les hôpitaux ont pris leurs précautions, mais vous savez aussi bien que moi que certaines histoires sont dures à effacer des mémoires.

Facture d’obscurité

Alors survient la fin du mois et son cortège de factures. Après toutes les privations subies, les hommes espèrent tout au moins une réduction du montant de la facture. En effet le ratio temps de courant/temps d’obscurité est inférieur à 1. Malheureusement, la facture de courant est souvent encore plus élevée que celui du mois précédent. Grands Dieux, que nous facture-t-on ? l’obscurité ou le courant ?

Pourtant que de projets ont été lancés : centrale à gaz en chantier depuis plus de 5 ans, Barrage hydroélectrique d’Adjarala ou de kétou, centrale thermique, etc.

Effet de contagion

Dans le cas du Bénin, il faut se poser la question de savoir si le manque chronique d’énergie électrique qui s’est aggravé ces dernières années n’est pas une contagion. En effet, le Nigeria, ce géant voisin du Bénin est célèbre pour ses coupures de courant et le nombre de générateurs électriques par habitant. Par un concours de circonstances que les Béninois ont du mal à s’expliquer, c’est vers ce pays que les autorités béninoises se sont tournées pour acheter de l’énergie électrique. Je n’ai rien compris à cette stratégie, mais les dirigeants doivent avoir leur raison que la raison ignore, sinon comment aller prendre de l’énergie chez un voisin qui lui-même souffre d’un déficit chronique de ladite énergie. Le seul résultat palpable pour l’économie béninoise est que la vente de générateurs  électriques est en plein essor. Chaque ménage béninois qui en a les moyens, chaque entreprise, chaque institution digne de ce nom s’équipe d’un groupe électrogène. Cela me rappelle les rues de Lagos souvent couvertes par les bruits des générateurs. Je crois bien qu’en se connectant au réseau électrique nigérian, le Bénin s’est fait contaminer tout simplement et a aggravé sa situation en matière de délestage. Le pays s’est mis par la même occasion à l’utilisation de « groupes électrogènes ».

Décision politique

Une histoire qui a marqué le commun des Béninois a été le fait qu’au début de son mandat, le président de la République ait tout simplement limogé le directeur régional de la SBEE à Parakou (3e ville du pays). En effet, le président était à une réunion de travail dans l’une des salles publiques de la ville lorsqu’une coupure de courant, chose ordinaire pour le citoyen lambda intervint. Furieux, le chef de l’Etat, sans autre forme de procès prononça immédiatement le limogeage du directeur régional, ce responsable qui n’avait pas su prendre les mesures adéquates pour assurer l’énergie électrique alors que le président était en tournée dans la ville. La question qui s’est donc posée est celle de savoir ce que doit faire le peuple lorsque les personnes auxquelles il a confié la responsabilité de rendre disponible l’énergie électrique sont défaillantes dans l’accomplissement de leur mission !!!

Guinée- Conakry

Les peuples de la Guinée-Conakry appelèrent leur entité de production d’énergie électrique « EDG » lire Electricité de Guinée. Ce nom est similaire à celui que les hommes à la peau rouge mais qu’on appelle Blancs ont donné à leur entité  en charge des mêmes prestations dans leurs contrées. La grande différence entre ces deux structures est que celle des hommes venus d’au-delà des mers joue parfaitement bien son rôle. Le courant électrique, source de lumière est disponible en abondance et ni les entreprises, ni les familles n’ont à se plaindre. Mais à Conakry, Electricité de Guinée que certains appellent  affectueusement « Obscurité de Guinée » fournit plus d’obscurité que de lumière. A Kaloum, le quartier de Conakry appelé « La ville » et qui abrite les administrations publiques et la plupart des  ministères, le courant est disponible presque 24 h sur 24. Que voulez-vous ? il ne faut pas mécontenter le Bon Dieu. Dans le reste de la ville appelée « banlieue », c’est le calvaire. Le courant est inexistant toute la journée. L’électricité est parfois disponible vers 2 heures du matin, mais à 5 h du matin, l’heure à laquelle les populations commencent à se préparer pour aller au bureau, le courant est encore coupé.

Excédées par cette fourniture permanente d’obscurité, les populations un beau jour ont décidé de descendre dans les rues pour crier leur ras-le-bol aux responsables politiques en charge de la gestion de la cité. Ce ne fut pas du tout une partie de plaisir.

Pourtant la Guinée est bénie par la nature. La plupart des cours d’eau d’Afrique de l’Ouest prennent leur source dans ce pays. Des barrages hydroélectriques puissants auraient pu être construits pour alimenter le pays en énergie électrique et même en exporter vers les pays limitrophes comme le fait le Ghana. Qu’attendent donc les responsables politiques ?

Sénégal

Au Sénégal, la population a déjà manifesté plusieurs fois pour coupure d’eau, si elle s’y met aussi pour cause de délestages intempestifs, le gouvernement risque d’avoir fort à faire. Selon les autorités en charge de l’énergie électrique, un projet de construction de centrale à charbon aboutira en 2017 et permettra à sa mise en service de pallier au manque d’énergie électrique. Les populations doivent donc courageusement prendre leur mal en patience et prier pour avoir l’énergie électrique 24 h sur 24 h d’ici trois ans. Enfin ! Wait and see. Mais en attendant, vive l’obscurité.

Et pourtant des solutions existent

Selon plusieurs spécialistes, une seule centrale nucléaire peut satisfaire les besoins de presque tous les pays de l’Afrique de l’Ouest. La France vient chercher depuis plus de quarante ans l’uranium nécessaire pour ses centrales nucléaires au Niger. Pourquoi alors les pays africains ne peuvent pas s’unir pour construire une centrale nucléaire ? On parlera de problèmes de sécurité, de maîtrise technologique etc. Mais ce sont de faux problèmes, les ingénieurs africains formés à cet effet peuvent parfaitement assurer la maintenance de cette centrale. Nous devons arrêter de nous comporter en Afrique comme si la technologie nucléaire était hors de notre portée ou trop compliquée pour nous. Ce n’est pas pour rien que Dieu a mis l’uranium dans le sous-sol africain et si les autres peuvent le faire, nous le pouvons aussi.

Les solutions existent, mais la mentalité de pauvres qui inhibent les initiatives des Africains doit être effacée pour nous permettre de nous ouvrir à une nouvelle ère, L’ERE de la LUMIERE, comme les Japonais l’ont fait il y a environ deux cents ans. Et Dieu sait que nous avons besoin de lumière en Afrique

Voila l’Evangile de l’obscurité en Afrique selon St-Frustré.


Bénin : le président, l’homme d’affaires, le juge et les autres

Médicaments devant servir à empoisonner Boni Yayi
Médicaments devant servir à empoisonner Boni Yayi

 

 

 

 

Lundi 22 octobre 2012 : Tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat béninois, le président Boni Yayi. Jeudi 21 février 2013Tentative de coup d’Etat . Depuis bientôt un an, ces deux affaires ont éclaté à Cotonou telles des bombes et ont fini par se fusionner pour n’en faire qu’une. Mais de quoi parle-t-on au juste ?  l’homme d’affaires Patrice Talon aurait tenté dans un premier temps d’empoisonner le chef de l’Etat béninois, le président Boni Yayi. Ceci avec la complicité de certains proches parents et amis du président. N’ayant pas réussi la tentative d’empoisonnement, il aurait dans un second temps tenté un coup d’Etat en complicité avec un expert-comptable et un commandant de la gendarmerie béninoise. Le pays est tenu en haleine et suit le déroulement et les imbroglios politico-judiciaires de cette rocambole affaire. A chaque jour ses rebondissements, ses révélations,  ses nouvelles et ses rumeurs que distillent la presse ou les « personnes bien informées ».

L’affaire suivait son cours au Bénin, mais prit une tournure internationale avec la demande d’extradition introduite par la justice béninoise auprès de la France. Cette demande concerne Patrice Talon et son supposé complice Olivier Boko tous deux réfugiés en France. Le FBI et des services français spécialisés ont été approchés par la justice béninoise pour analyser et attester la toxicité des médicaments qui constituent ici les armes du crime. Chaque jour, de nouvelles révélations viennent étoffer cet imbroglio politico-judiciaire.

Mais comme un malheur n’arrive jamais tout seul, ni un bonheur d’ailleurs, l’on apprend quelques mois plus tard qu’une tentative de coup d’Etat a été déjouée. Les auteurs, interpellés et emprisonnés sont au nombre de deux (excusez du peu). Il s’agit d’un ancien commandant de la Garde Républicaine du nom de Pamphile Zomahoun et d’un exper-comptable reconnu et respecté à Cotonou. Rapidement les deux affaires sont reliées dans la tête des Béninois, car l’expert comptable est un cousin de l’homme d’affaires Patrice Talon.

Souvent absent du pays, je ne m’étais pas vraiment trop intéressé à cette affaire, jusqu’au jour où, lors d’un séjour à Conakry, un ami m’interpella sans ambages. Pourquoi vous les Béninois voulez-vous tuer votre président ?  Je tentai donc, autant que me le permettait ma compréhension de l’affaire, de lui expliquer les tenants et aboutissants de ce feuilleton politico-judiciaire. Au fur et à mesure des explications, je me suis rendu compte que les acteurs impliqués dans cette saga judiciaire étaient nombreux et méritaient une présentation détaillée.

Alors, suivez le guide à la découverte des protagonistes de cette histoire qui est le feuilleton de l’année au Bénin :

Acteurs principaux

Boni YAYI
Boni Yayi

1er rôle : Docteur Boni Yayi, président de la République du Bénin, chef de l’Etat, chef du gouvernement, et ex-ministre de la Défense cumulativement avec ces fonctions de chef de l’Etat (sécurité oblige). Il est docteur en économie.

Président de la République du Bénin, Boni Yayi a été élu une première fois en mars 2006. Ce fut un vrai plébiscite, car le peuple avait besoin d’une nouvelle classe politique. Lui, l’ancien président de la Banque ouest-africaine de développement avait le profil idéal de bâtisseur et de développeur dont rêvait le peuple. Il a été réélu dès le premier tour avec plus de 53 % des voix en mars 2011. Il faut dire que cette victoire est restée en travers de la gorge de plusieurs hommes politiques béninois qui ne pouvaient imaginer un tel scénario même dans leurs pires cauchemars. Boni Yayi s’avère un président atypique, volontaire et populiste. L’homme est connu pour sa communication terre à terre. L’une de ses phrases les plus célèbres, prononcée lors d’un grand événement consacré aux femmes est entrée dans le jargon béninois : « Les femmes, je vous aime, je vous adore ». Une femme a avoué à son mari que c’est seulement à cause de cette phrase qu’elle a voté pour le président en 2011, car son mari ne lui faisait plus de déclaration d’amour de ce genre. Ses opposants et les syndicalistes le traitent de dictateur et de prestidigitateur de la démocratie. Il faut dire qu’il affirme lui-même pratiquer la dictature du développement, car il n’y aurait pas d’autres moyens pour sortir le pays des tourments où l’on conduit la pratique d’une « démocratie Nescafé, chargée de désordre et d’anarchie ».  Il a pris plusieurs initiatives dans le sens du développement du pays ainsi que de grands chantiers de réalisations d’infrastructures routières et autres. Il est célèbre pour ses remaniements ministériels à des fréquences plutôt rapprochées. Le mois de septembre 2013 par exemple a connu deux remaniements ministériels.

Son second et dernier mandat arrive à son terme en mars 2016, mais ces opposants et une partie de a société civile l’accusent de nourrir des envies de révision de la Constitution béninoise qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux afin de se maintenir au pouvoir. L’homme affirme, par contre, qu’il veut se retirer à l’issue des deux mandats et devenir pasteur d’une église évangélique.

1er rôle : Patrice Talon : homme d’affaires, s’est enrichi dans le négoce des intrants et fibres de  Coton, on le dit milliardaire en F Cfa (un  euro vaut environ 656 F Cfa).

Patrice Talon
Patrice Talon

Patrice Talon est un homme plutôt discret dont on entend très peu parler dans la société béninoise. Peu de Béninois peuvent le reconnaître dans la rue. Il est pourtant l’un des hommes d’affaires les plus prospères du Bénin. Il possède plusieurs grandes entreprises dans les domaines du transit, négoce d’intrants agricoles, égrenage de coton, commercialisation de coton fibre et bien d’autres affaires encore. Il se raconte qu’il est le faiseur de rois au Bénin. Pour paraphraser la Bible, « nul ne peut devenir président de la République du Bénin s’il ne passe par Patrice Talon ».  Il a obtenu en 2010 l’exploitation de l’activité nommée PVI (Programme de vérification des importations) au port autonome de Cotonou. Il filait le parfait amour avec le président de la République jusqu’au jour où les murs de la merveilleuse entente commencèrent à se lézarder.

L’homme d’affaires expliquait dans une interview donnée sur RFI que ses malheurs avec le régime béninois ont commencé le jour où il s’est opposé aux velléités révisionnistes de son ami le président qui l’aurait menacer de lui faire mal. Il perdit tour à tour le juteux contrat du PVI, le contrôle de l’Association interprofessionnelle du coton dont certains membres ont d’ailleurs eu maille à partir avec la justice béninoise, le monopole de l’importation des intrants agricoles pour les campagnes cotonnières. Des milliers d’agriculteurs que l’ont dit instrumentalisés par le pouvoir Yayi ont défilé pour manifester leur mécontentement du fait de chiffres qu’ils jugent truqués et qui ne reflètent pas la réalité de la production cotonnière du Bénin. Talon et ses amis auraient truqué les chiffres à la baisse pour s’en mettre plein les poches. Pour le camp présidentiel, il serait un vrai prédateur de l’économie béninoise

Patrice Talon aurait fui en France dans des conditions rocambolesques pour échapper à la police béninoise. Il demeure aujourd’hui l’homme à abattre, l’ennemi public numéro un des autorités béninoises qui veulent absolument son extradition vers le Bénin pour que justice soit faite.

Lire la chronologie des événements selon le site Internet du gouvernement béninois : https://www.gouv.bj/content/tentative-d-atteinte-la-vie-de-boni-yayi-ce-qui-s-est-r-ellement-pass-jusqu-l-arrestation

Justin Gbenameto
Justin Gbenameto

 1er acteur dans un second rôle : Justin Gbenameto : ancien procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou.

Il a été à la surprise générale limogé en octobre 2013. C’est lui et le directeur général actuel de la police qui révélèrent l’affaire dite « tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat » à la presse. Il a donné plusieurs interviews à RFI pour expliquer la tentative d’empoisonnement. Certains Béninois le jugent trop zélé.  Il a fait un show mémorable sur les chaînes de télévision béninoises lors de la présentation à la presse des médicaments empoisonnés qui constituaient les armes du crime. Ces médicaments prescrits au chef de l’Etat par son médecin particulier auraient été manipulés par les commanditaires du forfait. Des substances radioactives qui devaient tuer le président à petit feu et sans trace auraient été introduites dans les gélules.

Il fut relevé de ses fonctions pour une sombre affaire de mouvement d’importantes sommes d’argent sur son compte bancaire. Selon plusieurs opposants, il aurait été tout simplement sacrifié par Boni Yayi qui selon eux remercie toujours ses collaborateurs zélés en monnaie de singe.

 1er acteur dans un second rôle : Louis-Philipe Houndégnon : directeur général de la police nationale, ex-commissaire central de Cotonou.

Louis-Philippe Houdégnon

Louis-Philipe Houndegnon est un jeune cadre de la police nationale qui a très rapidement gravi les échelons. Il s’est révélé aux communs des Béninois par ses actions à la tête du commissariat central de Cotonou. Il a assuré avec professionnalisme les interdictions de manifester et de marcher, devenues très courantes aujourd’hui au Bénin. Il a contenu avec brio les marches et les sit-in des syndicalistes, des protestataires après le KO électoral de mars 2011 qui a laissé groggy les politiciens béninois. Il a traité avec la même rigueur les voleurs et les indélicats qui terrorisaient les paisibles citoyens béninois. Durant son exercice à la tête du commissariat de Cotonou, il n’y avait pas de semaine où des bandits à visage découvert n’étaient présentés à la presse béninoise. Il est apparu plusieurs fois sur les télévisions béninoises aux côtés de l’ex-procureur Gbenameto pour présenter la version de la police dans les affaires « tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat » et « tentative de coup d’Etat ».

Il aurait ordonné la saisie du passeport, puis l’interrogatoire toute une nuit durant du juge Angelo Houssouqui avait prononcé un retentissant non-lieu dans l’affaire tentative d’empoisonnement du Chef de l’Etat.

Selon les Béninois, son zèle et son professionnalisme ont pesé dans la balance pour sa nomination à la tête de la police nationale.

 

 

 

1er acteur dans un second rôle : Angelo Houssou : juge du siège au Tribunal de première instance de Cotonou :

Angelo HOUSSOU
Angelo Houssou

Juge du sixième cabinet d’instruction du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, il a conclu l’instruction du dossier par un non-lieu, le vendredi  17 mai 2013. La nuit de ce même jour où il a rendu cette ordonnance, jugée courageuse par certains, mais téméraire par d’autres, il a été arrêté à la frontière bénino-nigériane alors qu’il tentait selon la police de traverser la frontière. Il aurait en sa possession son passeport avec un visa pour les Etats-Unis ainsi qu’une valise remplie de costumes et de vêtements beaucoup trop nombreux pour un week-end qu’il prétendait vouloir passer à Lagos, capital du Nigeria.

Les supporters du président estiment qu’il fuyait parce qu’il n’avait pas la conscience tranquille après avoir rendu sa décision de justice controversée. Pour les autres, il fuyait parce qu’il craignait pour sa sécurité. La nuit de ce voyage avorté, il aurait été écouté jusqu’au petit matin à la Direction générale de la police nationale. Son passeport lui a été confisqué et son domicile étroitement surveillé par des agents. Ses avocats exigent depuis ce temps que son passeport lui soit restitué et que l’on mette fin à la surveillance dont il fait l’objet.

Saisie par le procureur de la République et les avocats du président, la cour d’appel de Cotonou a rendu une décision presque semblable à celle du juge Houssou. Presque semblable, car le non-lieu n’a pas été prononcé pour le présumé commanditaire, Patrice Talon, et son acolyte Olivier Boko. Les tracasseries dont le juge a fait l’objet après cette affaire ont été source de vive tension entre le syndicat de la magistrature et le pouvoir.

 1er acteur dans un second rôle : Zoubérath Kora : nièce et gouvernante du président Boni Yayi.

Zoubeyrath Kora
Zoubeyrath Kora

Elle a été arrêtée dans le cadre de l’affaire. Elle est accusée d’être celle qui devrait administrer les médicaments empoisonnés au chef de l’Etat. Il aurait retrouvé dans son téléphone portable plusieurs SMS suspects échangés avec les mis en cause. Selon le site Internet du gouvernement béninois,  la conspiration aurait eu lieu en octobre 2012 à Bruxelles en marge d’une visite officielle du président Boni Yayi en France. Patrice talon aurait demandé à Zoubeirath, la nièce du président de lui administrer les médicaments incriminés contre la somme de 1 milliard de F Cfa (1 500 000 euros). La même proposition aurait été faite par Patrice Talon au docteur Ibrahim Cissé, médecin personnel du chef de l’Etat. L’affaire aurait fuité quand Zoubé a commencé à en parler à des proches à son retour de Bruxelles. Elle serait passée aux aveux lors des interrogatoires. Emprisonnée depuis le début de l’affaire, son état de santé se serait sérieusement dégradé aux dernières nouvelles. Son fiancé aurait eu un grave accident de la circulation au mois de septembre passé.

 

 

2nd rôle : Moudjaïdou Soumanou, directeur général de Sodeco, ancien ministre et conseiller du président.

On le dit proche de l’homme d’affaires Patrice Talon. Ancien ministre du Commerce du président Yayi jusqu’à son arrestation le 22 octobre 2012, il était un très proche de Boni Yayi. Il dirigeait la Sodeco, une société intervenant dans la filière Coton au Bénin. Certaines rumeurs rapportent qu’il était en froid avec Boni Yayi un peu avant les faits. C’est lui qui aurait rapporté de Paris par un vol Air France le 19 octobre 2012 les produits incriminés (radioactifs) qui devaient servir à anéantir physiquement Boni Yayi.

2nd Rôle : docteur commandant Ibrahim Mama Cissé :  médecin personnel de Boni Yayi

Le commandant Ibrahim Mama Cissé est un médecin militaire. Il est le médecin personnel du président Boni Yayi. Il aurait aussi reçu de la part de Patrice Talon, la proposition de prescrire et de remettre à Zoubé les médicaments radioactifs qui devaient servir à empoisonner Boni Yayi. Depuis l’éclatement de cette affaire, il a été l’objet d’une procédure disciplinaire de l’armée béninoise, a subi un arrêt de rigueur de 60 jours et aurait rédigé une demande d’audience au chef de l’Etat. Lors d’une conférence de presse, ses avocats Maître Saïzonou-Bedie et Maître Charles Badou ont informé la presse que ladite demande d’audience aurait été rédigée et signée sous contrainte d’une commission militaire jugée illégale.

Maître Joseph Djogbénou

Ce professeur de droit reconnu et respecté dans le milieu judiciaire béninois est un ténor du barreau. Il est le conseil de plusieurs grandes firmes internationales ayant leurs activités au Bénin. Il est le conseil de Patrice Talon et Olivier Boko. Il est monté plusieurs fois au créneau sur les chaînes de télévision nationale pour apporter sa version des faits à l’opinion publique. Il n’a eu de cesse de dénoncer les violations des droits de l’homme et les non- respects de décision de justice dont ont été plusieurs fois victimes ses clients dans cette affaire.

Maître Joseph Djogbénou est aussi un membre actif de la société civile. Il est militant et président de plusieurs ONG qui travaillent pour la bonne gouvernance, l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme au Bénin. Il a une plume acérée.

Maître Christian Charrière-Bournazel

Avocat français du président de la République. Il est en charge de défendre les intérêts de son client dans le volet français de cette affaire. Le camp présidentiel espère vivement qu’il réussira à obtenir l’extradition de Patrice Talon et de son supposé complice Olivier Boko par la justice française. Des mandats d’arrêt internationaux ont été en effet délivrés contre ces deux citoyens béninois par  la justice de leur pays. Les choses semblent de toute façon mal parties de ce côté car plusieurs fois déjà, la justice française a renvoyé l’affaire pour complément d’information. Au cours de la dernière audience qui s’est tenue le 23 octobre, la Chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris qui connaît le dossier l’a mis en délibéré pour le 04 décembre 2013.

La justice française voulait entre-temps savoir les peines encourues par les présumés coupables s’ils étaient  reconnus coupables et condamnés, mais également si la peine de mort est interdite au Bénin.

Figurant : Olivier Boko :
Homme d’affaires et proche ami de Patrice Talon. Son nom n’est pas autant cité dans l’affaire que celui de Patrice Talon. Il est soupçonné par la partie plaignante  d’être le complice du principal accusé dans cette affaire.

Figurant : Maître Alain Orunla, avocat du Juge Houssou

Il est entré sur la scène de ce drame en tant qu’avocat du juge Angelo Houssou lorsque ce dernier a été inquiété par la police. Plusieurs fois il est montré au créneau par presse interposée pour attirer l’attention sur la situation du juge.

Il a été brièvement interpellé puis gardé à vue par la police nationale le vendredi 27 septembre 2013 pour affaire de litige domanial où il représentait un client. Il s’agirait d’un règlement de compte lié à son statut de défenseur de plusieurs personnalités du pays ayant maille à partir avec le pouvoir.

Johannès Dagnon

Expert-comptable réputé au Bénin. Le 22 février 2013, il a été arrêté pour une affaire de tentative de coup d’Etat contre le président de la République. Son cas était d’autant plus sensible qu’il est le cousin de l’homme d’affaires Patrice Talon. Rapidement le lien a été fait entre les deux hommes et un second mandat d’arrêt international a été lancé contre ce dernier.

Plusieurs décisions de justice ont déjà ordonné sa libération, mais le procureur de la République a interjeté appel à chaque fois. Il serait actuellement emprisonné à Parakou à plus de 450 km au nord de Cotonou. La France suivrait attentivement son dossier, car Johannès Dagnon possède la double nationalité française et béninoise.

Commandant Pamphile Zomahou

Arrêté depuis le 23 février 2013, il est l’ancien patron de la compagnie de gendarmerie de Cotonou. Il est supposé être le complice de Johannès Dagnon dans l’affaire « tentative de Coup d’Etat » au chef de l’Etat. Il est emprisonné à Kandi , à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Cotonou.

Nous ne savons de quoi seront faits les lendemains de ces affaires, mais les Béninois espèrent vivement que dans ces affaires judiciaires, le premier magistrat du pays prenne de la hauteur et ramène la balle à terre. A l’heure où le Bénin et ses autorités se battent pour attirer des investisseurs vers notre pays, cette actualité est vraiment une contre publicité.


Courage mes frères Africains, fuyons par Lampedusa !

Dur dur d’être jeune en Afrique, surtout en ce 21èm siècle. Ce n’était pas déjà mieux par les siècles écoulés. En ces temps là, c’étaient les navires esclavagistes qui venaient enlever les jeunes africains vigoureux pour les déporter par la mer, vers les Amériques. Cela avait duré 400 ans. Cette fois ci, combien d’années cette hémorragie va-t-elle durer ? bien malin qui saura le dire.

En effet, de nos jours, ce sont toujours les mêmes acteurs, mais les conditions ont changé. Ce sont les jeunes africains eux-mêmes qui se jettent à la mer sur des rafiots de fortune, espérant trouver des conditions de vie décentes de l’autre côté de la méditerranée. Au début des années 2000, le monde avait vécu les mêmes drames avec ces mêmes rafiots de fortune qui partaient des côtes mauritaniennes et marocaines vers les îles Espagnoles des Canaries. Le monde s’en était ému, des mesures radicales avaient été prises par les européens, l’Italie avait mis Kadhafi à contribution dans le temps pour assurer une meilleure surveillance des côtes libyennes et cela avait créé une certaine accalmie.

Mais comme une hydre, ce monstre à plusieurs têtes qu’est le mal vivre s’est encore emparé des jeunes africains qui se jettent encore à la mer par millier. Il ne se passe plus de jour sans que les médias ne rapportent des cas d’embarcations naufragées aux larges de la Sicile, des jeunes hommes, femmes et enfants portés disparus, etc… cela fait vraiment réfléchir. Que ces jeunes soient somaliens, Erythréens, Maliens ou béninois, ce mal être se retrouve tant dans les pays dits démocratiques que ceux qualifiés de dictature. Ce mal être sévit tant parmi les diplômés que les non diplômés. En fait même ceux qui cherchent à émigrer sont la plupart du temps sans diplôme.

Silence des chefs (de tas) africains

Le plus accablant dans cette situation est le silence assourdissant de la plupart des dirigeants africains. On dirait qu’ils se sont donné le mot : « motus bouche cousue ». En effet comment comprendre que pendant que leurs administrés sont entrain de mourir aux portes de l’Europe, tout ce qui tient à cœur à nos dirigeants soit la réunion d’Addis-Abeba pour discuter de leur maintien ou non à la Cour Pénale Internationale. Ils auraient pu annuler ce sommet ou changer le thème du jour par décence et par respect envers les défunts.

Litanies de bonnes intentions

Seul le Président sénégalais Macky SALL qui par le hasard des choses se trouvait à l’UE à Bruxelles a donc dû se prononcer de façon audible sur le sujet. La plupart des interventions africaines ont juste été des déclarations de bonnes intentions. Ils ont pêle-mêle parlé de ce qui aurait dû être fait pour donner de l’espoir et du travail à la jeunesse. Rien de nouveau donc, sinon le discours habituel de tous les politiciens africains : créer plus d’écoles, plus de centres de santé, plus d’universités, améliorer l’accès à internet, construire des routes, améliorer le cadre macroéconomique, créer des emplois pour les jeunes, améliorer l’agriculture, fournir l’énergie, etc. Rien que de bonnes intentions comme les jeunes africains sont habitués à en entendre de la part de leurs dirigeants. Mais du concret, point, sinon très peu.  Dans cette grisaille de mal gouvernance généralisée en Afrique, je tire néanmoins mon chapeau aux dirigeants de l’Afrique de l’Est. Dans ces pays que sont le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie et le Botswana pour ne citer que ces quelques exemples, on sent une véritable volonté politique de changer les choses dans le bon sens. Ce n’est pas encore parfait mais il est normal de saluer les efforts visibles.

Le jeune africain semble mal parti

Qu’est ce qui peut donc justifier cette envie incontrôlable des jeunes africains de fuir leurs pays coûte que coûte ? Nous pouvons  citer plusieurs raisons.

Il est dit dans un verset de la Bible qu’il est du devoir des parents d’amasser des richesses pour leurs enfants. Même l’ordre de la nature nous montre que c’est aux vieilles générations de tracer la route et de laisser un héritage à la génération future.

Malheureusement, dans certaines communautés africaines, cet ordre de la nature a été renversé et continue de l’être. Le jour où les parents d’un petit africain l’emmène à l’école pour son premier jour de classe, le genre de phrase de motivation qui est servi au tout petit est le suivant : mon fils, travaille bien à l’école, tu es l’espoir de toute la famille, ta famille n’est pas riche, tu connais les conditions dans lesquelles nous vivons. Ton père et ta mère comptent sur toi pour assurer leurs vieux jours. Et « aléa jecta es ».

Si le petit parvient à traverser les vicissitudes de l’école et décrocher le BAC, généralement certains parents considèrent qu’il a déjà le sésame pour l’emploi. Les frais de scolarité sont coupés, l’argent de poche est coupé et le jeune garçon est livré à lui-même. Il doit se battre pour financer lui-même ses études si tant est-il qu’il a le courage de continuer les études supérieures. Si par chance il trouve un petit boulot, alors sans même chercher à savoir combien il gagne, le papa commence par lui léguer la charge financière inhérente à l’éducation et l’entretien de ses frères et sœurs. Hé oui, le pauvre petit était averti : va à l’école car toute la famille compte sur toi.

Dans nos communautés, l’assurance santé est un luxe réservé à une classe de privilégiés, l’assurance vie est une parfaite inconnue dans la mathématique familiale, l’épargne est un luxe que ne peut se permettre la majorité de la population. Le jeune est donc contraint de sacrifier sa jeunesse pour prendre soin de la nombreuse progéniture de ses parents. Si vous ne croyez pas l’adage qui dit que le lit du pauvre est fertile, alors venez voir la preuve par la démonstration dans certaines familles ici. Les familles sont nombreuses car les enfants sont la richesse du pauvre. Si le jeune homme parvient à finir ses études et trouve un emploi acceptable ou encore s’il parvient à gagner sa vie d’une manière ou d’une autre, il se trouve obligé de trainer des boulets. Ses boulets sont constitués de trois générations de boules. Les parents, les frères et sœurs puis ses enfants à lui-même. Si par malheur pour lui, une de ses sœurs se faisait mettre enceinte par un quidam sans le sou, hé bien il devient papa avant même d’avoir mis une femme enceinte car automatiquement la garde de cet enfant lui incombe.

Par rapport à un jeune européen de la même génération, le jeune africain se retrouve souvent chef de famille avant de dire ouf. L’on a du mal à reconnaître dans certains villages des jeunes tout juste âgés sortis de l’adolescence tellement Ils paraissent trois fois leur âge, minés qu’ils sont par les soucis de la vie et l’alcool.

Mais ce n’est pas tout, les problèmes du jeune commence à la maison et le suivent dehors. Les entreprises d’Etat sont parfois la chasse gardée de certains cercles. Pour être embauché dans certaines entreprises d’Etat, il faut être le fils de… « Ce sésame » est parfois plus efficace pour ouvrir les portes de l’emploi que les parchemins académiques. Si le jeune passe cette étape et parvient à se faire embaucher dans l’entreprise, il lui faut prier pour que ça dure. En effet avec la mal gouvernance qui caractérise la gestion de certaines structures d’Etat, il faut s’attendre à tout moment à un dépôt de bilan. Si cela n’arrive pas, c’est que le gouvernement à injecter des milliards de francs pour éponger les dettes de l’entreprise et lui permettre de rester à flots, fierté nationale oblige.

La situation est un peu mieux au niveau des entreprises privées, mais elles sont souvent des entreprises de petites tailles avec des salaires « juste de quoi survivre ».

De l’Education

Au Bénin et dans certains autres pays d’Afrique francophones, le taux de réussite à l’examen du BAC est souvent catastrophique. Le meilleur taux que je n’ai jamais entendu au Bénin est de 37%. 37% de succès au BAC ? En France, l’on se plaint lorsque le taux de réussite au BAC est inférieur à 90% car c’est souvent l’un des taux les plus bas en Europe. La question qui se pose est de savoir si ce sont les jeunes lycéens français qui sont trop intelligents ou si c’est le système éducatif africain qui est trop dur et inadapté. Les personnes autorisées disent à volonté que ce taux de réussite témoigne du sérieux du système éducatif qui ne retient que le meilleur pour l’université. Alors si le tri est si rigoureux, nous devrions avoir des génies à l’université et des supers cadres à l’issue des études supérieures. L’excellence devrait alors être la marque de gouvernance de nos pays, malheureusement, à quelque rares exceptions près la mal gouvernance semble être la chose la mieux partagée en Afrique.

Des raisons d’espérer

Je pourrai citer tellement de conditions défavorables à l’épanouissement du jeune africain sur ce beau contient, mais à quoi bon se concentrer sur ce qui ne va pas. Il y a tellement de raisons d’espérer ! Tellement d’atouts et de richesses, tellement d’opportunités, il n’y a qu’à ouvrir les yeux et les oreilles.

L’agriculture est un secteur d’avenir car l’A Fric n’a pas encore atteint l’autosuffisance alimentaire.

L’éducation est un secteur d’avenir car les jeunes ont besoin d’être formés par rapport aux réelles attentes du marché de l’emploi.

Le BTP est un secteur d’avenir car tout est encore à construire dans nos pays. L’innovation y a encore sa place. Les maisons ont besoin d’être modernisées. Les cases du village ont besoin d’amélioration et d’innovation. Les temps ont changé, nous devons moderniser nos vies.

Les TIC sont un secteur d’avenir car les ordinateurs, les téléphones intelligents et tous les dérivés de la société de l’information sont présents dans tous les compartiments de nos vies aujourd’hui.

De plus, il y a tellement d’exemples de réussite dans le monde que le jeune africain ne peut qu’espérer des lendemains meilleurs :

Oui jeune africain :

–         Aussi vrai qu’un métisse d’origine Kenyane a pu devenir Président des Etats Unis d’Amérique et ainsi donc l’homme le plus puissant de la terre, tu peux y arriver

–         Aussi vrai que l’homme le plus célèbre et le respecté de la planète est un noir africain du nom de Nelson Mandela, tu peux y arriver

–         Aussi vrai qu’après 27 ans de prison, ce célèbre prisonnier est devenu le Président du pays le plus prospère de l’Afrique, oui tu y arriver

–         Aussi vrai qu’Oprah Winfrey une femme issue de milieu pauvre, violée dans son enfance et partie de rien, est devenue aujourd’hui l’une des femmes les plus riches et les plus puissantes de la planète terre, oui tu peux y arriver

–         Aussi vrai qu’une masse de plus de 300 tonnes défie les lois de l’apesanteur et tient dans l’air durant des heures et redescend à volonté, et que cette prouesse a  été accomplie par des hommes comme toi, oui tu peux y arriver

–         Aussi vrai que Pelé un noir brésilien est le footballeur le plus célèbre sur cette planète, oui tu peux y arriver

–         Aussi vrai que le plus grand danseur et chanteur de tous les temps s’appelle Michael Jackson, qu’il a inventé une danse appelé moon walk parce que personne ne pouvait imaginer qu’un homme marchant sur cette terre puisse exécuter de tels pas de danse, oui tu peux y arriver

–         Aussi vrai qu’un seul homme appelé Jésus, au bout de 03 ans de travail et juste âgé de 33 ans  a changé l’histoire de l’humanité et est reconnu aujourd’hui comme l’homme le plus influent n’ayant jamais marché sur cette planète terre, oui tu peux y arriver

–         Aussi vrai qu’un seul homme, illettré, pauvre et persécuté en son temps, appelé Mahomet a pu impacter la vie de millions d’hommes et est aujourd’hui l’une des personnes dont on appelle des millions de fois le nom chaque jour sur cette terre, oui tu peux y arriver

–         Aussi vrai que l’homme le plus rapide de la planète est un noir jamaïcain du nom d’Usain Bolt, oui tu peux y arriver

–         Aussi vrai que l’homme le plus endurant et recordman de marathon est un noir kenyan du nom de kipsang, oui tu peux y arriver

–         Aussi vrai que parmi plus de 4 millions de spermatozoïdes, tu as pu être le seul qui a réussi à féconder l’ovule et devenir l’être humain que tu es aujourd’hui, oui tu peux y arriver, car tu as vaincu tout seul la plus grande des guerres, celle qui t’opposait à plus de 4 millions d’adversaires.

Oui jeune africain, tu peux y arriver, il suffit d’y croire.

Alors courage, ne fuyons pas, mais restons ici pour œuvrer à inverser la courbe de l’émigration. Faisons de ce continent un si bel endroit que ce soit plutôt vers nos côtes que les autres se battent pour arriver.

N’accusons pas l’union Européenne ou l’Italie de ne pas porter secours aux naufragés africains car c’est de notre responsabilité de veiller à ce que les jeunes africains trouvent l’espoir et la confiance sur ce continent. Les chefs d’Etat ne sont pas les seuls responsables, mais chacun d’entre nous.


L’argent ne fait pas le bonheur, vraiment ?

Les africains doivent apprendre à avoir une relation décomplexée avec l’argent. Nous en avons besoin pour donner une éducation décente à nos enfants, pour vivre dans les meilleures conditions, pour nous soigner, pour prendre soin de ceux qui nous chers, bref pour être heureux,  etc.

Malheureusement, notre langage quand il s’agit de l’argent n’est pas souvent très positif. Un exemple : Si vous convoitez une belle femme ou un homme, passeriez-vous temps à le critiquer et à vous en méfier ? Non, quelque soient les arguments de vos amis pour vous décourager, vous ferez tout pour conquérir la personne convoitée. Si cette personne apprend que vous avez du dédain pour elle et que vous la critiquez en son absence, elle ne cèdera pas à vos avances. Alors ne soyons pas surpris de cette pauvreté honteuse qui sévit en Afrique car mentalement, certains africains sont éduqués pour faire barrière à l’afflux de l’argent dans leur vie. Nos pensées et notre langage sont trop négatifs. Les citations comme « l’argent ne fait pas le bonheur« , « il sera difficile aux riches d’aller au paradis », « les riches ne sont pas heureux« , et que sais-je encore sont de malheureuses programmations mentales qui tiennent les richesses éloignées de nous.

Bill Gates a décidé de consacré la majeure partie de sa fortune à la lutte contre la pauvreté et les maladies en Afrique. Plusieurs grands philanthropes américains et européens en font de même et ces œuvres bénéficient surtout aux pays africains. Pensez-vous vraiment que s’ils avaient passé leur vie à se répéter « l’argent ne fait pas le bonheur », « l’argent ne fait pas le bonheur » ils auraient pu amasser cette fortune dont ils mettent une partie à la disposition de l’Afrique aujourd’hui ? Pensez-vous que si les occidentaux n’étaient pas riches ils auraient pu construire les avions, les routes, les navires, les voitures, le téléphone portable, l’ordinateur, les médicaments qui soignent le SIDA aujourd’hui, les vaccins contre la Polio (qui sauvent nos enfants de la paralysie) et tous ces gadgets électroniques qui nous rendent la vie plus agréable aujourd’hui ? Pensez-vous qu’ils auraient pu financer les centres de recherche d’où sortent toutes ces inventions ? Pourquoi de nos jours, les occidentaux et la chine dictent-ils la marche du monde ? Posons-nous la question.

Si l’argent ne fait pas le bonheur, jetons nos portables, nos voitures, nos frigidaires, ne prenons plus l’avion et vivons comme à l’âge de pierre, c’est à dire de chasse et de cueillette et habillons-nous comme le néandertalien.

Mais de grâce, rendez moi un service, avant de retourner à l’âge de la pierre, enseignez à vos enfants les vertus du travail bien fait, de l’honnêteté, de l’équité, de l’altruisme, de la pensée positive, de l’amour du prochain, de la recherche du bien collectif, de la recherche du maximum de gain (argent) possible par un travail décent et honnête. Il en va de la survie de l’Afrique, donc de la race humaine.

Les étapes du progrès

La modernisation de la vie s’est faite progressivement en occident selon des étapes précises, depuis la révolution industrielle du 18èm siècle jusqu’aux nanotechnologies aujourd’hui. L’africain à quelques rares exceptions près est entré dans l’ère moderne presque sans transition et sans préparation mentale. Nous nous  contentons de consommer les Téléphones portables Hi-tech, voitures sorties d’usine, Tv Led et plasma et que sais-je encore des derniers gadgets à la mode. Aucun pays ou continent ne peut se développer juste en étant une société de consommation. Il faut absolument suivre des étapes sinon le choc culturel est trop grand. La preuve en est selon plusieurs sociologues que si on déportait toute la population du Danemark vers un pays Africain et en même temps on envoyait la population du pays africain au Danemark, 20 ans plus tard, le pays africain serait comme le Danemark et ce Danemark serait comme un pays africain. La richesse ou le développement est donc avant tout une affaire d’attitude et de mentalité. Ce n’est pas une affaire d’équipement technologique. Comment pouvons nous nous développer lorsque les canaux d’évacuation des eaux usées dans nos villes sont transformées en dépotoirs et toilettes à ciel ouvert par les populations, les toilettes dans certaines maisons de nos capitales sont encore des trous creusées dans les maisons, l’on jette des papiers ou des sachets plastiques dans les rues en toute impunité, les plages sont transformées en tas d’ordure, les voitures de plus de 30 ans circulent et polluent allègrement notre environnement,

Port de pêche du Boulbinet à Conakry
Port de pêche du Boulbinet à Conakry

L’Afrique doit aussi apprendre à produire ce qu’elle consomme car comme l’a si bien dit un monsieur que je respecte beaucoup – Je cite  » Il n’y a pas de progrès lorsque le cannibale commence à manger avec la fourchette ».   Je complète en disant qu’il demeure cannibale. Pensons-y. L’africain doit reconnaître et assumer aujourd’hui qu’il sera l’auteur de son propre bonheur ou malheur. Quand nous prendrons conscience de cela, nous pourrons stopper ce néo colonialisme de la société de consommation qui semble nous menacer. Nul ne le fera à notre place. L’une des pire manifestations de cet occidentalisation aveugle de la vie africaine est le fait de porter le costume 3 pièces dans ce chaud climat africain et de mettre la climatisation à fond au bureau pour lutter contre la chaleur que nous ressentons. Je suis convaincu que si c’était les européens qui vivaient sous notre climat, jamais le costume trois pièces n’aurait existé.

 

 

Intellectuels et pauvreté mentale

Cette pauvreté mentale est malheureusement aussi le fait de certains intellectuels africains qui gagneraient beaucoup à élever le niveau du débat dans ce continent. En effet, Il est grand temps que nos frères dits intellectuels arrêtent de voir le néo-colonialisme partout et se demandent ce que nous avons fait de nos pays après plus de 50 d’indépendance. Regardons-nous en face et reconnaissons qu’à quelques rares exceptions près, tous les pères de l’indépendance ont lamentablement échoué.

La Corée du Sud était au même niveau de développement que les pays africains en 1950. Aujourd’hui ce pays est la 11èm puissance économique mondiale. Les coréens se sont juste pris au sérieux, ont su tirer intelligemment profit de la technologie des occidentaux sans pour autant aller à l’affrontement et aujourd’hui ils peuvent être fiers. Samsung, Daewoo, Hyundai, pour ne citer que ceux-là sont la preuve de ce que ce peuple a pris son destin en main. Le tout n’est pas de dénoncer mais aussi de savoir reconnaître ses faiblesses et manœuvrer avec sagesse dans le champ des intérêts économiques pour tirer son épingle du jeu.

Le temps n’est plus aux dénonciations du colonialisme et autres je ne sais quelle diabolisation de l’occident. Profitant des errements diplomatiques, de l’incapacité organisationnelle et du manque de courage des africains qui trainaient de réunions inutiles en rencontres budgétivores, les djihadistes  décidèrent de contrôler le reste du Mali. Ce fût la France tant décriée entre temps qui intervint pour arrêter le massacre. Aujourd’hui, la France est encore sollicitée pour arrêter les dégâts en Centrafrique. Africains et africaines, c’est le temps de la réflexion, de la méditation, de l’écoute, de l’intelligence, du travail bien fait, de la sagesse et du courage.

 


Talents d’Afrique : les sorcières à Paris.

Dans cette seconde partie des talents d’A Fric, je m’en vais vous narrer une histoire qui s’est déroulée entre le Bénin et la France. Elle m’a été racontée par un de mes meilleurs amis, un gar sain de corps et d’esprit à qui on ne fait pas avaler n’importe quoi. J’espère que vous aurez la même conviction que lui après avoir lu cette histoire de sorcières voyageuses et d’eau chaude.

Un groupe de 4 sorcières d’un village du Bénin avaient fait un pacte. Il est courant d’entendre ce genre de pacte entre les sorcières. Selon ce contrat d’association, les sorcières devaient à tour de rôle offrir en sacrifice un de leurs enfants, surtout l’enfant qui a le plus réussi dans la vie.

Je dois vous expliquer que pour le commun des béninois, les sorciers qui tuent un homme le mange dans la nuit dans un arbre appelé « LOKOTIN », certains appelle cet arbre l’iroko ou encore baobab. Selon la croyance populaire, La victime est souvent transformée selon son âge en bœuf, mouton ou poulet. Les sorciers ne semblent pas trop apprécier le poisson. Le corps de la victime est souvent physiquement dans son lit mais son « âme » est l’élément dont s’accaparent les sorciers et c’est donc elle qui subit la transformation. Si donc les sorciers réussissent à prendre l’âme, la victime meurt. Toujours selon la croyance populaire, les sorciers se transforment la nuit en hibou ou en chouette et c’est dans le corps de ces oiseaux qu’ils s’en vont se retrouver dans l’arbre « LOKOTIN » pour leur funeste festin. Plusieurs personnes saines de corps et d’esprit racontent avoir déjà au détour d’un sentier de forêt remarquer des arbres dont le tronc et les feuillages étaient souvent illuminés la nuit, un feu qui brûle de l’intérieur du tronc de l’arbre mais ne consume ni l’arbre ni les feuilles.  Les hiboux sont donc des oiseaux qui inspirent la terreur à une bonne frange de la population béninoise et régulièrement des pasteurs des églises évangéliques organisent des campagnes d’élimination des ces « suppôts » du Diable qui, si le Gouvernement ne prend garde seront bientôt une espèce en voie de disparition dans le pays. J’ai fait un long détour mais c’était nécessaire. Voilà donc en résumé ce qu’il en est de la sorcellerie et ses contours a Bénin.

Pour en revenir à notre récit de ce soir, nos quatre sorcières conclurent donc leur pacte et selon l’ordre du tirage, la première, la seconde, la troisième et la quatrième honorèrent leurs engagements en sacrifiant leur enfant le plus prometteur. Arriva le tour de la quatrième qui n’avait qu’une seule fille. Cette fille avait très bien réussi sa vie, travaillait pour une grande organisation internationale et vivait à Paris avec son mari et ses enfants. La quatrième sorcière ne voulut pas donner cette chère enfant. Les trois premières lui rappelèrent le contrat et son devoir de fidélité, sinon ce serait alors elle-même qui serait prise et sa fille après.  N’ayant plus d’autre choix, elle décida d’obtempérer.

La veille du sacrifice, sa fille en France eut un songe qui lui sembla si réel qu’elle en fut toute troublée. On ne dirait pas vraiment un rêve, mais plutôt un songe prémonitoire. Dans son rêve, sa mère lui expliquait de veiller la nuit suivante, et de faire attention à un certain endroit de son salon. A deux heures (02h) du matin précises, elle verrait entrer quatre fourmis dans le salon, quatre fourmis avançant à la queue leu-leu. Dans le songe, sa mère lui disait de prendre la première fourmi et la jeter contre le mur et de verser de l’eau chaude sur les trois dernières.

Fortement troublée et impressionnée par le rêve, la fille décida de s’en fier à son instinct tellement elle avait l’intuition que c’était un message de sa mère. Elle prépara donc l’eau chaude et attendit impatiemment dans le salon à l’heure indiquée. A deux heures du matin très précises, elle vit effectivement quatre fourmis faire leur entrée dans le salon en provenance d’un coin de la porte d’entrée. Elle prit donc la première et la jeta contre le mur et versa l’eau chaude sur les trois autres. Après cela, elle prit la pelle et le balais, ramassa les fourmis et les jeta à la poubelle.

Le lendemain dans le village, plusieurs familles étaient éplorées. En effet trois vieilles femmes du village, demeurant dans trois différentes maisons avaient été gravement brûlées comme par de l’eau bouillante dans leur sommeil et n’avaient pas survécues à leurs brulures. Leurs corps sans vie avaient été découverts le matin. Dans le même temps, une autre vieille femme du village avait été conduite à l’hôpital car elle avait les pieds et les mains fracturés des suites d’une chute. Dès que la femme qui habitait Paris apprit l’histoire et la chronologie des événements, elle comprit immédiatement que sa maman était une sorcière et qu’elle avait échappé au pire.

Voilà l’histoire que me raconta mon ami. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Je vous laisse juger. Des femmes qui peuvent sans passeports et sans avion se retrouver à six mille kilomètres de leur village en une nuit et de surcroit sous la forme d’un animal, une femme qui parle à son enfant par songe, etc…  Si ceci était vrai et je suis convaincu que 90 pourcent des subsahariens jugeront ce récit vrai,  alors reconnaissez avec moi que l’A Fric a du « talent ».

Histoire à suivre


L’A fric a du talent

Une célèbre émission d’une chaîne de télé française est nommée « la France a du talent ». En regardant cette émission un soir, je me suis dit qu’on pourrait bien créer une émission analogue au Bénin. On l’appellerait « le Bénin a du talent » (pourquoi réinventer la roue ?) Mais puisque je suis un panafricaniste convaincu, je me suis dit qu’au lieu de me limiter au Bénin, je devrais voir plus grand, à l’échelle continentale. Le nom serait : l’A fric  a du talent. L’A fric a en effet du talent à en revendre, du talent qui bien commercialisé aurait permis à ce continent de dépasser de très loin tous les autres sur cette planète terre. Vous n’en êtes pas convaincu ? Alors suivez cette série d’histoires typiquement africaines.

Première histoire talentueuse : L’homme à qui on a arraché son éponge

Cette histoire m’a été racontée par un de mes amis. Un garçon très sérieux, il est programmeur en informatique. Je ne saurai donc mettre en doute son récit qu’il tient d’un couvent d’initiation.

Un jeune africain, excédé par les mesquineries, les envoutements, la sorcellerie et toutes ses conséquences décida de s’éloigner de sa famille, de son pays et de son continent. Il réussit à immigrer en France et coupa les ponts avec le pays. Aucun membre de sa famille ne savait dans quelle ville ou quartier il habitait. Il ne téléphonait pas et n’écrivait pas non plus. Aucun membre ne pouvait le localiser sur cette planète terre.

Un jour, notre exilé volontaire était en train de prendre son bain lorsqu’il sentit que quelqu’un lui a arraché son éponge des mains. Rapidement il rinça la mousse de visage, chercha partout dans la salle de bain. N’ayant rien trouvé, il fouilla le reste de son appartement sans grand succès. Mais un fait était clair, il n’avait plus son éponge. Il était convaincu qu’une personne humaine le lui avait arraché des mains. Notre ami était très troublé. il n’arrivait pas à s’expliquer ce qui s’était passé.

Trois mois plus tard, il décida de rentrer au pays pour quelques affaires pressantes, mais il prit soin de n’informer aucun membre de sa famille. Il descendit discrètement dans un hôtel dont seul son meilleur ami connaissait la localisation. Un soir, notre ami reçut un appel de la réception l’informant qu’il avait une visite. Grande fût sa surprise de voir dans le hall de l’hôtel que son visiteur n’était autre qu’une de ses tantes du village. Son étonnement était si grande que la Tante partie d’un grand éclat de rire.
– Pourquoi te caches-tu de nous ta famille ? pourquoi ne donnes-tu pas de nouvelles ?
Le jeune commença à bégayer car il ne s’attendait pas du tout à cette avalanche de question et n’avait donc pas de réponses précises à donner à sa tante. Cette dernière le regarda longuement dans les yeux et recommença à rire de plus bel.
– Pourquoi ris-tu autant ma tante ? demanda le jeune homme.
– Je crois que ceci t’appartient lui dit la tante. Elle plongea la main dans son sac dont elle ressorti une éponge qu’elle tendit au jeune homme.
– Te souviens tu avoir perdu cette éponge alors que tu prenais ton bain en France ?
Le jeune homme prit l’éponge, la regarda et manqua de tomber en syncope. Il venait de reconnaître l’éponge qui lui avait été mystérieusement arrachée des mains quelques mois plus tôt en Europe. Il n’y avait aucun doute, c’était bien son éponge. Et comment la tante était elle au courant de cette histoire alors qu’il n’en avait parlé à personne ?

Sa tante le regarda droit dans les yeux et lui dit d’arrêter de fuir. Le jeune homme était d’autant plus surpris qu’il savait que cette tante était une villageoise qui n’avait ni passeport, ni ressources financières pour se payer un billet d’avion.  Elle ne quittait presque jamais le village. Alors comment a t elle fait pour se retrouver en Europe et lui arracher son éponge des mains ? l’éponge n’avait pas disparu en son absence de la maison, elle lui avait été arraché des mains alors qu’il prenait son bain. Alors comment la tante a t elle pu se retrouver en possession de cette éponge ?

Moi même, je ne peux l’expliquer. Et vous avez-vous une explication qui tienne ? Alors convenez avec moi que l’A fric a vraiment du talent à revendre.

Histoire à suivre.


L’Afrique à fric

J’étais tout petit.
Je n’avais que 10 ans.
J’étais assis devant la maison de mon père au bord de la voie pavée (oups ce n’était pas encore pavé en ce temps, c’était encore Cototrou).
Une route urbaine à très fort trafic.
J’admirais les voitures qui passaient.
Ma juvénile attention était surtout attirée par les belles Mercedes, Toyota 4×4 et autres véhicules officiels haut de gamme qui passaient.
Je fis remarquer une voiture particulièrement belle et grande à un membre de ma famille qui se trouvait près de moi.

Oh mon petit me dit-il, n’envie pas la vie des riches. Ils ont plus de problèmes que le Tchad (expression dépassée aujourd’hui, on parle maintenant d’Irak ou de Somalie). Ils ne dorment pas la nuit, préoccupés qu’ils sont par la sécurité de leurs biens. Si un de leur camion ou taxi ne rentre pas le soir, c’est une nuit blanche garantie pour le propriétaire.
Les pauvres dorment tranquilles et tant qu’ils ne prennent pas de risques, ils seront toujours tranquilles. (Il avait oublié que qui ne risque rien n’a rien).
Ainsi parla-il et je me tus donc.
Aujourd’hui beaucoup d’années plus tard, je repense souvent à ce que m’avait dit en ce temps ce membre de ma famille et je pense avec effroi à tous les parents et amis qui tiennent de tels propos à leurs enfants. Ils sèment d’une manière plus ou moins volontaire la graine de la pénurie et de la misère dans la tête des tous petits.
Ce raisonnement se retrouve à toutes les échelles de la société africaine. Au plus fort de la crise économique de la fin d’année 2008, j’ai été un peu surpris et même déçu d’entendre des responsables africains à divers niveaux exprimer des inquiétudes. En fait leurs craintes étaient que les pays occidentaux, trop occupés à régler les dommages de la crise économique dans leur pays n’oublient l’Afrique. Oublier l’Afrique ! C’est à dire ne plus verser les aides, les prêts, les subventions dont vivent les pays africains.
Mais comment voulez-vous qu’un homme pense à un mendiant au moment où dans sa propre maison, ses enfants courent le risque de manquer du pain et que ses affaires vont mal ? Il se souciera d’abord de lui-même et plus tard il verra que faire pour le mendiant.
Mais les occidentaux peuvent oublier l’Afrique et doivent même l’oublier (mais payer quand même les matières premières au juste prix) s’ils veulent vraiment qu’un jour ce continent émerge réellement.

Il est dit en économie que la richesse d’un pays est la somme de la richesse de ses citoyens. Ce qui veut dire que si les Etats-Unis sont riches aujourd’hui, c’est parce que chaque américain pris individuellement est très riche et la moyenne de leur richesse donne un pays riche. Il en est de même en Europe de l’ouest, au canada, Japon, Corée du sud etc…
Les africains qui tiennent comme discours de ne pas envier les riches devraient se demander alors si les pays occidentaux en seraient arrivés là si tous les instituteurs, parents, oncles et autres éveilleurs de conscience dans ces pays avaient tenu le même discours à savoir : n’envie pas les riches.
J’avais rencontré un couple de danois au cours d’une conférence sur la jeunesse et l’agriculture en 1998 à Lokossa. Leurs propos m’ont sidéré. Ils m’ont confié qu’au Danemark, certains jeunes couples mettaient de côté chaque mois  10% de leur revenu afin de participer à l’aide au développement des pays pauvres (il faut savoir que le Danemark est l’un des pays où le taux d’imposition est le plus élevé au monde). Eh oui des hommes qui envoient de leur nécessaire vital pour aider les africains. Et à quoi servent ces revenus une fois en Afrique : achat de voitures de luxe, détournement à des fins illicites, construction de châteaux démesurés presque souvent jamais habités, et j’en passe des meilleurs. Oh africains si vous saviez !!!

Alors, je disais plus haut que la richesse d’un pays est la moyenne de la somme de la richesse de sa population. Donc les pays africains sont pauvres car chaque africain pris individuellement est pauvre. Non seulement les gens sont pauvres, mais ils sont surtout très endettés. Résultat des faits, les pays africains sont presque tous endettés. Il ne peut en être autrement, du moment où chaque habitant pris individuellement vit sur le rebord de l’humanité.

L’une des solutions pour résoudre ce problème est donc que les parents changent de langage et apprennent à leur progéniture la vertu de la richesse. Il faut un réarmement mental des africains comme le dit si bien le Coach Patrick Armand Pognon, Président de la Fédération Internationale des Ambassadeurs du Développement.

Richesse ne rime pas toujours avec problèmes, arrêtons avec cela.

Savez-vous que Rockfeller, l’un des hommes les plus riches de son temps a légué presque toute sa fortune à une fondation qui portent son nom et qui aujourd’hui s’occupe de lutte contre les maladies tropicales, préservation de l’environnement, attribution de bourses d’études aux plus pauvres etc… Ceci depuis près de 100 ans.

Bill Gates vient de décider de consacrer 95% de sa colossale fortune à sa Fondation dont l’un des objectifs majeurs est la lutte contre le SIDA et l’attribution de bourses d’études aux jeunes filles pauvres des pays sous-développés (mentalité sous-développée conviendrais mieux. En effet, nous sommes d’accord que si dans un pays développé  habitent des hommes développés, alors dans un pays sous-développé, il ne peut y avoir que des hommes sous-développés. Excusez-moi si cela choque, mais ce n’est qu’une conclusion logique, je n’y peux rien).
Il existe comme cela des milliers d’exemple de fondations et œuvres de bienfaisance créées par des occidentaux riches et les actions de ces œuvres sont surtout dirigées vers l’Afrique.

Si ces hommes n’avaient pas travaillé à s’enrichir qu’en serait- il aujourd’hui de l’Afrique ? Posons-nous un peu la question.
Les africains doivent donc travailler à leur propre développement et arrêter de se tourner vers l’extérieur, vers l’aide. La nature nous enseigne que la croissance vient toujours de l’intérieur. Les plantes, les animaux, tous les êtres vivants ou ayant une activité vitale croissent de l’intérieur. Prenez un grain de maïs. Tout ce dont il a besoin, c’est d’un sol meuble, riche et arrosé. Si ces conditions sont réunies, le grain de maïs pousse tout seul, pas besoin de l’aider ou de tirer sa tige vers le haut. Cette petite graine avait déjà son programme de croissance intégré depuis la floraison de la tige mère qui l’avait porté. La jeune pousse de maïs se développera. Elle poussera, portera un jour des fleurs et plus tard portera des épis et la croissance continuera jusqu’à son apogée. Si vous suivez bien cette graine vous verrez qu’elle ne bouge pas mais tire tout ce dont elle a besoin de son emplacement. Elle envoie ses racines lui procurer la nourriture, elle transformera la lumière grâce à la photosynthèse en élément nutritif et tout cela intégré induit sa croissance de l’intérieur que nous contemplons. Aucune particule externe ne vient entrer dans la constitution de l’épi de maïs, aucune feuille, racine ou graine d’une autre plante ne vient entrer dans sa constitution et cela est même naturellement impossible. La graine se sert des atouts naturels à sa disposition et travaille elle même à sa propre croissance.
L’africain devrait faire de même si un jour il ne veut plus être complètement laissé pour compte.

Compter pour du beurre au G20

De même que le grain de maïs, l’homme croît de l’intérieur. Le développement d’un pays de même vient de l’intérieur. De notre moi profond. Les dons, les prêts, les aides ne sont d’aucune aide si la prise de conscience n’est pas au rendez-vous.
La graine de maïs a besoin de terre riche, meuble et bien arrosée. Il a besoin du soleil en son temps et de la pluie en son temps.
L’Afrique a déjà tous ses atouts tant au plan physique que mental.
Le sous-sol de l’Afrique est un scandale géologique, les métaux les plus rares au monde s’y trouvent, les sols sont riches et fertiles, le climat est clément, certains pays ont même deux saisons pluvieuses en une année de 12 mois. Plusieurs fleuves parmi les plus puissants au monde coulent sur le sol africain. L’Afrique est bordée par 3 océans parmi les plus importants au monde.

Alors est-ce la profusion des bénédictions du ciel qui ont induit une telle indolence chez les africains ? je me pose la question. Le Japon avec un sous sol pauvre et un relief montagneux, sans aucun atout naturel est la deuxième économie mondiale. Pourtant ce sont des hommes avec deux pieds, deux mains, une tête, du sang rouge comme les africains qui y vivent. Nous vivons sur la même planète, nous respirons le même air, nous naviguons sur les mêmes mers. La journée compte 24 heures pour tout le monde et l’année 365 jours. Alors pourquoi en 24 heures, le Japon est de plus en plus riche et l’Afrique de plus en plus pauvre ?La réponse est : La mentalité, certains diront l’attitude.

On a inculqué à l’africain une mentalité de pauvreté, des réflexes d’éternel assisté, des idées d’homme sous-développé, d’être humain de seconde zone. Et cela commence depuis l’enfance, avec des parents qui ayant raté leur vie ne trouve rien de mieux à faire que de décourager leurs enfants. Ce découragement passe par des paroles destructrices (nous sommes d’une famille pauvre, nous ne pouvons pas nous payer cela, les riches sont malhonnêtes, les riches ont trop de problèmes, contente toi de peu, trouve toi un boulot dans la fonction publique, les blancs sont trop intelligents, assures toi une retraite à la fonction publique, es-tu déjà déclaré à la Sécurité Sociale ? les riches n’iront pas au paradis, etc…)
Voilà l’un des gros freins au développement de l’Afrique : l’envie irascible de devenir fonctionnaire. J’ai un profond respect pour le travail des fonctionnaires, car sans eux l’anarchie se serait installée dans nos pays, rien ne serait réglementé et la cacophonie s’installerait. Mais le drame est qu’on trouve des jeunes africains dont tout le rêve se limite à se faire embaucher dans la fonction publique et se garantir ainsi des fins de mois et une retraite sûres.
Je disais plus haut que la richesse d’une nation est la somme de la richesse de sa population. Si donc tout le monde court à la fonction publique, il est clair que le pays ne sera jamais riche car il est de notoriété publique au Bénin et partout dans le monde d’ailleurs que le fonctionnaire n’est pas riche. Les salaires sont petits, la preuve s’il en était besoin : les grèves perlées que nous vivons dans nos pays.
Les pays occidentaux sont riches car l’entrepreneuriat privé a été développé. Des hommes et des femmes n’ont pas eu peur de s’installer à leur propre compte. Ils ont dépassé la peur de la pénurie, des fins de mois difficiles, la peur du manque et qu’en sais-je encore. Il faut une race d’entrepreneurs privés courageux et dévoués pour créer la richesse en Afrique. Ces entreprises feront travailler d’autres jeunes, l’Etat aura plus de moyens avec les impôts, il y aura plus d’innovations et tout le monde se portera mieux. Le salut de l’Afrique passe donc par un secteur privé organisé et ambitieux ainsi qu’un changement complet de la mentalité. Quitter la mentalité de la « sécurité » du travail salarié pour celui d’entrepreneur qui seul en effet peut s’enrichir et créer la richesse. Loin de dénaturer l’homme, la richesse le rend meilleur, citoyen dévoué et utile pour son pays et sa famille. La richesse vous permet de vivre plus longtemps, de visiter ce monde merveilleux, de procurer à vos enfants tout ce qui est nécessaire à leur épanouissement.

Il n’est pas sage de sortir à vos enfants ces paroles honteuses : Nous sommes trop pauvres, nous ne pouvons pas nous l’offrir.
Cette programmation mentale réductrice ne peut générer que des hommes malheureux, craintifs, méfiants, toujours dans le doute et habiter par la peur d’entreprendre.
Il faut libérer les mentalités, dire aux enfants qu’ils sont complets, parfaits, forts, puissants, intelligents et heureux. Il faut dire aux enfants qu’ils peuvent devenir ce qu’ils veulent dans la vie à condition de le vouloir très fort. Chaque parent devrait pousser son enfant à faire plus que lui-même n’en a fait dans sa vie. La progression, la croissance est une loi de la nature. Une famille qui n’avance pas recule, rien n’est stable dans la vie. Toutes les familles africaines devraient chercher à pousser leurs enfants le plus loin et le plus haut possible. Si le Père est Capitaine, le fils doit être Général

Une chanson traditionnelle dit à juste titre que quelque soit l’âge d’un homme, s’il est pauvre, on ne lui donnera pas la parole en conseil de famille. S’il demande la parole, quelque soit son intelligence, on lui dira qu’il n’a rien à dire. En vérité, on lui fait comprendre de façon détournée qu’il n’a rien en poche. Tel a été le traitement réservé à l’Afrique lors des sommets G20. Aujourd’hui la Chine, Le Brésil et l’Inde sont courtisés par les grandes puissances à cause des réserves de changes qu’ils ont accumulées. Mais qui va courtiser l’Afrique, qui va s’en soucier si l’Afrique demeure dans son éternel état de pauvreté ? Personne sauf les africains eux-mêmes. Et n’oublions pas cette prédiction du christ : A CELUI QUI N’A PAS, ON LUI RETIRERA MÊME LE PEU QU’IL A.

Alors que décidez-vous ! Voulez-vous qu’on vous en donne d’avantage ? Alors tâchez d’en gagner d’avantage, mais si vous voulez être pauvres, vous serez acculés à la misère car la nature  ne comprend que le langage de la croissance.

POSITIVEMENT A FRIC KAIN