Ndao Ndianko

Alain Giresse, les Aigles et les Lions

La première demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations édition 2019 a opposé le Sénégal aux aigles de la Tunisie dimanche 14 juillet 2019. Les lions du Sénégal, qui l’ont emporté 1-0, ont comme capitaine Sadio Mané, tandis que du coté de la Tunisie, on retrouve un certain Alain Giresse comme entraîneur.

En 2015, Sadio Mané et sa bande ont joué leur première Coupe d’Afrique des nations sous la direction d’Alain Giresse, qui a coaché l’équipe nationale du Sénégal de 2013 à 2015. C’est dire que Alain Giresse connait bien les lions de la Téranga dont il disait après leur premier match contre la Tanzanie (victoire 2-0) qu’ils ont « bien grandi et sur le plan individuel, ils ont pris de la valeur et de la maturité ».

Alain Giresse a connu des fortunes diverses lors de ses participations à la Coupe d’Afrique des nations. Pour sa première participation en Angola en 2010, il échoue au premier tour avec les panthères du Gabon qu’il dirigeait depuis 2006. Avec le Mali en 2012, il s’arrête en demi-finale, stoppé par la Cote d’Ivoire de Gervinho, auteur de l’unique but de la rencontre. En 2017, il ne réussira pas le remake avec les aigles au Gabon et s’arrête au premier tour ; il a connu le même sort en Guinée équatoriale avec les lions du Sénégal en 2015.

Pas de revanche pour Alain Giresse

Mais Alain Giresse a une revanche à prendre sur le Sénégal. Quand il a pris les rênes des Lions en 2013, l’ancien capitaine du Sénégal, El-Hadji Ousseynou Diouf, a clairement dit que le technicien français n’allait rien gagner avec cette équipe. Pour plusieurs de ses camardes, il ne pouvait en être autrement puisque Giresse n’avait rien gagné ni avec le Gabon, ni avec le Mali.

Si la Cote d’Ivoire est la bête noire du Mali en football, entre la Tunisie et le Sénégal c’est cinquante-cinquante sur l’ensemble de leurs confrontations en coupe d’Afrique. On retient une victoire pour le Sénégal 2-0 le 15 janvier 2017, une victoire pour la Tunisie 1-0 le 15 octobre 2014 et deux matches nuls le 10 octobre 2014 et le 23 janvier 2008. En 2019, les aigles de Carthage n’ont pas fait mieux que ceux du Mali en 2012 : le Sénégal l’a emporté 1-0.

Alain Giresse n’a pas pris sa revanche sur le Sénégal et et n’a toujours pas vu ses efforts récompensés, malgré ses 5 CAN avec 4 équipes nationales différentes.


Alain Giresse, les Aigles et les Lions

La première demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations édition 2019 a opposé le Sénégal aux aigles de la Tunisie dimanche 14 juillet 2019. Les lions du Sénégal, qui l’ont emporté 1-0, ont comme capitaine Sadio Mané, tandis que du coté de la Tunisie, on retrouve un certain Alain Giresse comme entraîneur.

En 2015, Sadio Mané et sa bande ont joué leur première Coupe d’Afrique des nations sous la direction d’Alain Giresse, qui a coaché l’équipe nationale du Sénégal de 2013 à 2015. C’est dire que Alain Giresse connait bien les lions de la Téranga dont il disait après leur premier match contre la Tanzanie (victoire 2-0) qu’ils ont « bien grandi et sur le plan individuel, ils ont pris de la valeur et de la maturité ».

Alain Giresse a connu des fortunes diverses lors de ses participations à la Coupe d’Afrique des nations. Pour sa première participation en Angola en 2010, il échoue au premier tour avec les panthères du Gabon qu’il dirigeait depuis 2006. Avec le Mali en 2012, il s’arrête en demi-finale, stoppé par la Cote d’Ivoire de Gervinho, auteur de l’unique but de la rencontre. En 2017, il ne réussira pas le remake avec les aigles au Gabon et s’arrête au premier tour ; il a connu le même sort en Guinée équatoriale avec les lions du Sénégal en 2015.

Pas de revanche pour Alain Giresse

Mais Alain Giresse a une revanche à prendre sur le Sénégal. Quand il a pris les rênes des Lions en 2013, l’ancien capitaine du Sénégal, El-Hadji Ousseynou Diouf, a clairement dit que le technicien français n’allait rien gagner avec cette équipe. Pour plusieurs de ses camardes, il ne pouvait en être autrement puisque Giresse n’avait rien gagné ni avec le Gabon, ni avec le Mali.

Si la Cote d’Ivoire est la bête noire du Mali en football, entre la Tunisie et le Sénégal c’est cinquante-cinquante sur l’ensemble de leurs confrontations en coupe d’Afrique. On retient une victoire pour le Sénégal 2-0 le 15 janvier 2017, une victoire pour la Tunisie 1-0 le 15 octobre 2014 et deux matches nuls le 10 octobre 2014 et le 23 janvier 2008. En 2019, les aigles de Carthage n’ont pas fait mieux que ceux du Mali en 2012 : le Sénégal l’a emporté 1-0.

Alain Giresse n’a pas pris sa revanche sur le Sénégal et et n’a toujours pas vu ses efforts récompensés, malgré ses 5 CAN avec 4 équipes nationales différentes.


Réseaux sorciers à l’assaut des lions du Sénégal

Sadio réseaux
Crédit photo Xaume Olleros/Getty Images)
Si la bande à Sadio Mané venait à être éliminée de la CAN ce soir, cette belle génération n’aurait pas mérité pas un tel sort. Hélas, leur peuple n’a pas le cœur au jeu pour la supporter comme il se doit ; les esprits sont tournés vers le pétrole et le gaz. La CAN 2019 n’aura pas réussi à occulter ce débat sur le pétrole et le gaz qui occupe les esprits au grand dam du football sénégalais.

DES SORCIERS VIRTUELS
Cette fois, les marabouts et les sorciers ne seront pas indexés ; Facebook, YouTube, WhatsApp, twitter et autres auront fait mieux dans l’art de déstabiliser l’équipe nationale. Après Krépin Diatta suite au match Sénégal Tanzanie, c’est au tour de Aliou Cissé d’en prendre de son grade après sa défaite face aux Fennecs d’Algérie.

Mais si le sélectionneur sénégalais se garde de répondre à ses compatriotes, il n’en fera pas de même pour son homologue kenyan, Sébastien Migné, qui estime que la pression pouvait annihiler la qualité des joueurs sénégalais. « Je pense que souvent mes homologues ont tendance à parler de nous. Qu’ils s’occupent d’eux, qu’ils s’occupent de leurs équipes. Qu’est-ce qu’il connaît de la mentalité du Sénégal ? Qu’est-ce qu’il connaît de notre peuple ? Comment peut-il dire qu’on n’a pas le mental ?» peste Aliou Cissé.

LA DURE RÉALITÉ
Et si Sébastien Migné avait raison, M. Aliou Cissé ? Le mental de vos troupes semble véritablement être au plus bas. On peut sentir que le peuple n’est pas collé à son équipe comme il l’était en 2002, et même lors de la dernière coupe du monde en Russie. Les réseaux sociaux font largement échos de ce désamour entre votre groupe et le peuple sénégalais; le contexte socio-politique y est pour beaucoup.

Aussi, quel que soit le résultat que vous ferez ce soir ; et peut être après, cette CAN vous restera au travers de la gorge. Le peuple aura été votre premier adversaire via les réseaux sorciers. Seul un effort surhumain pourrait vous permettre de rapporter le trophée au pays; chose difficile mais impossible.


Krépin Diatta fait les frais des « canneries » sénégalaises

Les Lions du Sénégal ont réussi leur entrée dans la compétition, dimanche 23 juin, en battant la Tanzanie deux buts à zéro. Une victoire en partie due à Krépin Diatta, auteur d’un superbe but, qui a pourtant dû essuyer les critiques sur les réseaux sociaux.

Ce billet a été originellement publié sur ndaokunda.mondoblog.org.

Désigné homme du match, Krépin Diatta a été sans conteste l’attraction de ce Sénégal-Tanzanie. Mais au pays de la Teranga, la beauté de sa frappe de 20 mètres n’a pas beaucoup alimenté les débats d’après match. Sur la toile, c’est l’apparence physique de ce joueur d’à peine 20 ans qui a occupé les discussions.


Teint trop noir, bouche trop grande, l’apparence de Krépin Diatta a été l’objet de moqueries de la part de ses compatriotes. « Demain il partira jouer chez les blancs, ils le traiteront de « boubou » et vous serez les premiers à crier au racisme. Grandissez ! », s’est insurgé un internaute. Son post a été partagé 106 fois et a enregistré plus de 557 commentaires.

Cannerie sur cannerie

Ce n’est pas la première fois que la toile sénégalaise s’enflamme en cette période de compétition. La CAN au Sénégal, ce n’est pas seulement du football. Tout peut être source de polémique pour alimenter les débats dans les grand-places et sur les réseaux sociaux. Jusque-là c’est le classement de l’entraineur Aliou Cissé qui a souvent fait parler, mais aussi l’arbitrage, la VAR* ou encore le manque de réussite de nos attaquants Sadio Mané et Keita Baldé. Cette histoire de garçon moins beau est véritablement une « cannerie » sénégalaise de plus.

Car le Sénégalais aime les bavardages, et à force de parler, on finit par dire des canneries. Surtout, le Sénégalais est spécialiste en tout. En ces temps de Coupe d’Afrique des nations, tout le monde est entraîneur, sélectionneur et joueur à la fois. Chaque match des Lions fournira un prétexte pour alimenter d’interminables discussions, les plus insensées les unes que les autres. Gare à Aliou Cissé et surtout à Sadio Mané, qui sont très attendus. Aucun des deux n’a le droit à l’erreur. Et ce n’est pas leur beauté qui sera remise en question, mais leur patriotisme.

*Assistance vidéo à l’arbitrage

Photo : Krépin Diatta – Crédit : RFI/Pierre-René Worms


Krépin Diatta fait les frais des « canneries » sénégalaises

Les lions de la Teranga ont réussi leur entrée dans la compétition, dimanche 23 juin, en battant la Tanzanie deux buts à zéro. Une victoire en partie due à Krépin Diatta, auteur d’un superbe but, qui a pourtant dû essuyer les critiques sur les réseaux sociaux.

CAN krepin
RFI/Pierre-René Worms

Désigné homme du match, Krépin Diatta a été sans conteste l’attraction de ce Sénégal-Tanzanie. Mais au pays de la Teranga, la beauté de sa frappe de 20 mètres n’a pas beaucoup alimenté les débats d’après match. Sur la toile, c’est l’apparence physique de ce joueur d’à peine 20 ans qui a occupé les discussions.


Teint trop noir, bouche trop grande, l’apparence de Krépin Diatta a été l’objet de moqueries de la part de ses compatriotes. « Demain il partira jouer chez les blancs, ils le traiteront de « boubou » et vous serez les premiers à crier au racisme. Grandissez ! », s’est insurgé un internaute. Son post a été partagé 106 fois et a enregistré plus de 557 commentaires.

Cannerie sur cannerie

Ce n’est pas la première fois que la toile sénégalaise s’enflamme en cette période de compétition. La CAN au Sénégal, ce n’est pas seulement du football. Tout peut être source de polémique pour alimenter les débats dans les grand-places et sur les réseaux sociaux. Jusque-là c’est le classement de l’entraineur Aliou Cissé qui a souvent fait parler, mais aussi l’arbitrage, la VAR* ou encore le manque de réussite de nos attaquants Sadio Mané et Keita Baldé. Cette histoire de garçon moins beau est véritablement une « cannerie » sénégalaise de plus.

Car le Sénégalais aime les bavardages, et à force de parler, on finit par dire des canneries. Surtout, le Sénégalais est spécialiste en tout. En ces temps de Coupe d’Afrique des Nations, tout le monde est entraîneur, sélectionneur et joueur à la fois. Chaque match des Lions fournira un prétexte pour alimenter d’interminables discussions, les plus insensées les unes que les autres. Gare à Aliou Cissé et surtout à Sadio Mané, qui sont très attendus. Aucun des deux n’a le droit à l’erreur. Et ce n’est pas leur beauté qui sera remise en question, mais leur patriotisme.

*Assistance vidéo à l’arbitrage


Candidats à tire-larigot ; Parrains nazes

candidats au ndeup
candidats au Ndeup; Crédit photo: https://happyinafrica.com/culture-fr/culture-lebou-projecteur

Les candidats aux différentes élections semblent avoir chassé la morale, l’éthique et le bon sens de la vie publique de notre pays. Il est en effet devenu difficile de parler de la sacralité de nos institutions ou des symboles de la république à nos enfants dans nos écoles ou à la maison. Il ne se passe pas un jour sans que les médias parrains nous rapportent des propos ou actes posés par des personnalités, qui incarnent ces institutions ou cherchent à les incarner, et qui malmènent nos institutions et nos symboles.

Que dire, quand des députés ne trouvent rien de mieux à faire que de s’engager dans des querelles et bagarres de borne fontaine au sein même de l’hémicycle ;

Qu’est ce qui peut justifier, que des candidats, plutôt candidats à la candidature à l’élection présidentielle en arrivent à divulguer des secrets d’état, à vilipender leur pays à l’intérieur comme à l’étranger et à réduire les institutions à moins que rien ;

Où allons-nous si n’importe qui veut être président de la république au mépris de toutes les règles de bienséance ?
Quoi penser, quand des responsables censés être des références se dédisent aussi facilement après avoir tenu urbi et orbi des propos que la décence interdit de rapporter ;

A quoi bon continuer d’injecter des milliards dans le système éducatif si l’école ne parvient plus à inculquer aux enfants le sens du patriotisme et le commun vouloir de vie commune ; chacun privilégiant, de plus en plus, la recherche de pistes individuelles de sortie de crise ?

Quel résultat obtenir quand on laisse prospérer des Comportements qui vont complètement à l’encontre de la construction d’une nation solide et prospère. Comportements qui ont pour noms ; indiscipline, manque de civisme, gaspillage, corruption, manque de conviction, amour du gain facile, égos surdimensionnés, culte de la médiocrité, nivellement par le bas, népotisme, etc.

Jusqu’où allons-nous devoir aller pour s’arrêter ? le Néerlandais Gerard Reve (1923-2006) nous rappelle que « l’éternelle erreur consiste à prendre le libertinage pour la liberté ». S’il est important que les citoyens puissent jouir pleinement de leur liberté, il est aussi important que cette liberté ne se transforme en un libertinage intellectuel préjudiciable aux fondements de la nation.

L’histoire jugera forcément quiconque qui, pour la jouissance éphémère de sa liberté au présent, sèmerait les germes d’une société sénégalaise qui, demain, serait vouée aux gémonies, à l’incertitude et au chaos ; par ce que désorientée, désorganisée et désabusée.

Le temps serait donc venu d’aider le psychologue Serigne Mor Mbaye à exécuter son programme de « ndeup1 national ». Sans attendre de financements extérieurs cette fois, faisons sans complexes, les choses pour nous-mêmes et par nous-mêmes. Il suffit qu’un million de sénégalais, soucieux du devenir de notre société, donnent chacun la modique somme de cent francs CFA (100f) ; cela fera cent millions de nos pauvres francs (100.000.000f, le cachet d’un lutteur). Ce montant devrait être largement suffisant pour permettre à monsieur Mor Mbaye de sillonner le pays pour tenir ses séances de ndeup afin de rétablir l’équilibre mental de l’homosenegalensis.

1:Le ndeup, rite pratiqué par les lébous. Considéré comme une introspection du moi de l‘individu, permet à ce dernier de maintenir son équilibre mental au sein de la société.


Bac « Sein(é)galais » en mer numérique

Bac ou Fann
L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et le Centre Hospitalier National Universitaire (CHNU) de Fann, plus connu sous le nom d’Hôpital Fann, se situent à quelques mètres seulement l’un de l’autre. Une proximité qui a toujours suscité des interrogations chez le titulaire du Bac que j’étais dans les années 90. Le CHNU ayant commencé à fonctionner deux ans avant l’ouverture effective de l’UCAD, je me suis demandé jusque-là si le choix de mettre les deux institutions cote à cote était le fruit du hasard ou est ce qu’il obéissait à une certaine logique. En tout état de cause, le fameux slogan « Bac ou Fann », très connu des élèves des années 70, 80 et 90 (peut être après) me pousse à penser que leur proximité est loin d’être fortuite.

Wikipédia nous apprend que, « Le Centre hospitalier national universitaire de Fann (CHNU) est un établissement hospitalier, pionnier dans le domaine de la psychiatrie en Afrique subsaharienne, et parfois connu sous le nom de École de Fann ou École de Dakar. Le projet de création de l’hôpital Fann date de 1955 et les premiers malades, en provenance du centre asilaire du Cap Manuel, arrivent dans le service de Neuropsychiatrie le 17 octobre 1956 ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_hospitalier_national_universitaire_de_Fann
Pour ce qui est de l’Université de Dakar, elle a été créée le 24 février 1957 et a été officiellement inaugurée le 9 décembre 1958, ce qui fait d’elle l’une des plus anciennes d’Afrique de l’Ouest.

Bac sénégalais
https://www.linkedin.com/school/universit%C3%A9-cheikh-anta-diop-de-dakar/

A quelle logique pourrait obéir le choix de construire une Université tout près d’un établissement hospitalier, psychiatrique de surcroît ? Était-ce pour permettre aux professeurs de médicine de faire plus facilement la navette entre l’hôpital et la faculté, ou était-ce pour pouvoir accueillir au plus vite les étudiants qui souffraient de surmenage comme il était de coutume à ‘UCAD dans les années 90 ? Il était en effet courant de voir, à la veille des examens de fin d’année, des étudiants subitement entrer dans un monologue indescriptible, déchirant leurs feuilles de notes et entrant dans un état faisant froid au dos. Leur détermination à réussir comme celle des élèves de terminale d’alors à décrocher le Baccalauréat ou à être internés à l’hôpital Fann pour cause de surmenage intellectuel était à la hauteur de l’attente qu’ils avaient des études universitaires.
L’Université aidait en ces temps-là à construire des têtes bien faites et préparait les jeunes à leur entrée dans la vie professionnelle. C’était un moyen d’ascension sociale, et les repères s’appelaient Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire, Léopold S. Senghor, Thomas Sankara, Mandela, Steve Biko, Aline Sitoe Diatta, Amilcar Cabral, Sékou Touré et j’en passe.

Barça ou Barsaq
Vers la fin des années 90, l’école avait cessé de bien former les enfants au savoir, au savoir-être, à l’assimilation des valeurs républicaines et au sens des symboles de la nation. La perte des valeurs qui en a résulté avait commencé à gangrener la construction identitaire, sociale et idéologique des jeunes devenus plus facilement influençables par le progrès importé par les médias. Les icônes des jeunes n’étaient plus le professeur, le médecin, l’ingénieur mais plutôt le modou- moudou venu en « vacances » d’Italie, d’Espagne ou de France pour un mois et roulant en voiture, habitant une belle maison et distribuant des devises. Le Bac n’avait plus de valeur, c’est aller en Europe qui était devenu le seul moyen de réussite sociale. Ainsi, les mêmes jeunes qui s’accrochaient jadis au slogan Bac ou Fann ont facilement remplacé le Bac par Barça. Seulement l’alternative cette fois ne pouvait plus être Fann ; ce n’est pas sa tête que l’on perd en bravant l’océan, mais sa vie. Le leitmotiv était donc d’entrer en Europe ou de périr en mer et aller à l’au-delà (Barsaq). Selon medium.com, rien qu’en 2016, 10327 sénégalais sont entrés en Europe via l’Italie, et 6000 de plus ont risqué la traversée en 2017.

Bac ou bac
https://www.bladi.net/maroc-migrants-clandestins,53128.html

Lutte- Musique- Danse (LMD)
Suite au Barça ou Barsaq, les jeunes se sont accrochés au phénomène LMD (Lutte- Musique- Danse). Les idoles s’appelaient désormais Yékini, Balla Gaye 2, Tyson, Modou Lo, Yawou Diaal, Waly Seck, Pape Diouf, El Hadji Diouf, Fadiga etc. Les lutteurs, musiciens, footballeurs et danseurs deviennent alors des modèles de réussite sociale à partir du début des années 2000. Le système LMD (Licence – Master- Doctorat) institué à l’Université n’a rien pu faire face au phénomène LMD qui a emporté toute la jeunesse y compris les étudiants qui s’étaient mis à la lutte et à la musique.
On s’est vite rendu compte cependant, que le phénomène LMD et ses corollaires que sont la drogue, le blanchiment d’argent, le gain facile etc. ne portait pas en lui les germes d’un projet de société fiable. Mandiaye Gaye n’y va pas du dos de la cuillère :

« La lutte actuelle avec frappe est totalement étrangère à notre culture sportive et ne nous concerne nullement, loin s’en faut. Cette barbarie est une création d’affairistes à la recherche effrénée de pognon par des voies détournées sous le prétexte de notre culture ou sport national »
Article à lire sur

Bac ou force physique
https://images.search.yahoo.com/search/images?p=lutteurs+s%C3%A9n%C3%A9galais

WhatsApp- YouTube
L’accès généralisé des nouvelles technologies nous oblige à refaire de l’école le moyen le plus sûr de se réaliser individuellement et socialement. Si cela tarde à se faire, il à craindre que le phénomène WhatsApp et YouTube qui est encore en gestation va exploser. Les nouvelles icônes vont s’appeler Assane Diouf, Oulèye Mané, Amy Collé Dieng qui se sont particulièrement illustrés en 2017 par des insultes à tout va sur les réseaux sociaux.

Licence- Master- Doctorat (LMD)
Dans Ethique à Nicomaque, Aristote nous dit que « Les racines de l’éducation sont amères, mais ses fruits en sont doux ». Un grand nombre de problèmes sociaux pourraient être réglés si on avait assimilé cette vérité. Alain Juppé, auteur de l’ouvrage « Mes chemins pour l’école », ne s’y trompe pas en affirmant :

« Les pays en forte croissance, qui ont su s’adapter à la société de la connaissance, sont ceux qui savent créer ou attirer des personnes qualifiées, ayant le goût de l’innovation et capables de s’adapter à un monde changeant.
Tous les pays désireux de rejoindre ce peloton de tête investissent dans l’éducation et réforment leur système éducatif pour lui permettre de développer chez les élèves les compétences, les connaissances et les savoir-être qui seront attendus d’eux. L’éducation constitue donc un moteur essentiel de la croissance d’aujourd’hui et de demain ».
Il est important de préciser néanmoins, que l’école n’a pas qu’une fonction économique, elle doit aussi développer le sens de la curiosité, le goût de l’initiative, le sentiment du vivre ensemble et la citoyenneté.

Le Sénégal, (sunu gal; notre pirogue en Wolof) ne peut pas continuer à voguer ainsi au gré du vent. Il est temps que les rameurs, toutes catégories et classes sociales confondues se mettent à ramer dans le même sens. Qu’on le veuille ou non, l’école reste notre seule boussole et notre bonne ou mauvaise orientation dépend exclusivement de son bon ou mauvais fonctionnement.


Tabaski célébré, son sens dévoyé

Mouton tabaski
https://r.search.yahoo.com/fapprovisionnement-en-moutons-de-tabaski-au-senegal/RK=2/RS=1X1klljLlgfwBCIyWrSw2vo3Wi4

A quoi bon célébrer la fête de la tabaski si l’on est pas en mesure d’ en suivre l’enseignement principal?
La tabaski symbolise l’obéissance de Ismaël à l’autorité de son père Abraham, qui lui-même se soumet à l’autorité du seigneur suprême.
Voilà pourtant, pour magnifier cet exemple de bonne conduite et éveiller la conscience collective, que certains citoyens se distinguent par leur attitude qui va complètement à l’encontre de cet enseignement.
Des commerçants ont en effet osé, pour braver l’autorité gouvernementale, créer une pénurie artificielle concernant un produit d’une importance capitale pour la fête du mouton.
Introuvable presque partout dans le pays, le prix du kilogramme de pomme de terre a atteint mille francs CFA (1000) dans certaines localités. Sacrilège dans cette période de partage, de grâce, de repentance, d’absolution.
Ces commerçants, connus ou pas, espèrent-ils pouvoir obtenir le pardon de milliers de pères et mères de familles qui ont vu leurs dépenses doubler injustement, ou n’ont pas pu trouver le produit tant convoité?
Cette année pourtant; la production nationale a atteint 40750 tonnes contre 8000 tonne un an plus tôt alors que le kilogramme de pomme de terre locale s’est vendu à 175 francs CFA dans la zone Kayar à en croire Seneplus.com (seneplus.com/article/des-producteurs-de-pomme-de-terre-dans-le-désarroi). Ce constat avait poussé Le directeur de l’Agence de régulation des marchés (ARM), Amadou Abdoul Sy, à écarter dimanche 19 août à Dakar toute idée de pénurie de pomme de terre à l’occasion de la fête de la Tabaski, estimant que les stocks et les livraisons faites à ce jour permettent de couvrir les besoins du marché estimés à environ 7500 tonnes.(fr.allafrica.com/stories/201808200254.html)
Il va sans dire que nous avons un réel problème de civisme, de patriotisme, de discipline individuelle et collective, tout simplement.
L’on devrait identifier, et cela est possible, les responsables de cette situation et les châtier tout bonnement. De telles pratiques devraient être stoppées net pour éviter qu’elles ne prospèrent car elles plombent tout effort d’émergence.
Eid Mubarak


Le football cinquième pouvoir apres la presse

La presse a fini par occuper la quatrième place après les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Si la 5eme place doit être attribuée, le football devrait battre tous les autres concurrents.

Russie 2018 a vécu, la 21eme Edition de la coupe du monde de football a tenu en haleine le monde entier un mois durant. Un satisfecit a été décerné à la tète de fil de l’ex bloc soviétique jadis sujet à beaucoup de reproches. La fête a été belle et la France est sacrée championne du monde devant une Croatie héroïque qui a séduit le monde entier.
Les français peuvent célébrer leur sacre pendant longtemps encore à l’image de leur président Emmanuel Macron qui laisse éclater sa joie ici.

Macron
https://web.facebook.com/groups/1688195431288280/

Qu’est ce qui à part le football pouvait susciter une telle joie chez un président de la république, et telle liesse populaire ?
Seul le football semble avoir cette magie.


Le verbe, arme de destruction massive

L’agence internationale de l’énergie atomique indexe et condamne certains pays comme l’Iran et la Corée du Nord qu’elle accuse de chercher à disposer de la bombe atomique, arme redoutable et redoutée. Pourtant, il existe une arme plus destructrice que la bombe atomique ; l’arme dont ont disposé les Adolph Hitler, les Mussolini, les Nicolaï Ceausescu ; bref, les plus grands dictateurs que le monde a connu. Cette arme sourde et dévastatrice s’appelle VERBE et la première puissance mondiale à détenir cette arme est le Sénégal.
Super puissance orale

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Le Sénégal est un pays où le verbe détient un super-pouvoir. Dans ce pays, tout se dit ; rien ne se fait. Quand les sénégalais veulent une autoroute, c’est simple ; tout le monde en parle à longueur de journée sur les plateaux de télévision, sur les ondes de radio, dans les Grand-Place, aux arrêts de bus, dans les bureaux et les milliards tombent dans les poches ; puis l’autoroute sort de terre. Les bœufs viennent-ils avant la charrue ? On s’en fout ; la charrue est là et c’est l’essentiel, les bœufs peuvent bien venir après les dégâts ! Vous voulez un poste dans le gouvernement ? Il suffit d’investir les télés, les radios, dire ce que vous savez, ce que vous croyez savoir, ce que vous imaginez, ce dont vous rêvez ; vous criez fort, vous gesticulez, vous proférez des menaces et, vous obtenez le poste. Un autre prend le relais, fait les mêmes incantations, obtient le même résultat ; on prend les mêmes et on recommence.
Liste rouge
L’ONU devrait mettre ce pays sur la liste rouge et l’avoir à l’œil. Il est à craindre que le jour où les Sénégalais s’intéresseront au nucléaire, ils en parleront tellement que si ce n’est pas le gros bouton de Donald Trump, ce sera le petit bouton de Kim Jong-un qui va céder par la force de leur verbe. Et ce sera la troisième guerre mondiale, la guerre nucléaire que tout le monde redoute.


Plainte contre X pour diffamation, calomnie et atteinte à mon intégrité physique et morale

justice
https://www.flickr.com/photos/inside-my-shell/497731535/in/photolist-

Monsieur le PROCUREUR de la République,
Je viens par la présente lettre me plaindre de tous ces individus qui parlent à mon nom sans que je ne leur aie donné mandat de le faire. Je suis un honnête citoyen qui paye ses impôts, participe aux élections et contribue au progrès de la nation par le travail et le respect des lois et règlements en vigueur. Je fais donc partie du PEUPLE.
Il se trouve que des individus s’arrogent le droit de parler au nom de ce PEUPLE dont je fais partie de façon abusive et usurpatrice. Sans connaitre mes sentiments encore moins mes positions, ils crient sous les toits que le PEUPLE (donc les autres et moi) est satisfait ou mécontent, qu’il est pour ou contre. A mon nom et celui des autres comme moi, ils cassent, brûlent, bloquent la circulation, pillent nos ressources communes, mettent la cohésion sociale du pays en danger, dévalorisent nos institutions et désacralisent les symboles de notre nation ; et ce, de façon libre et gratuite.
Je me sens ainsi calomnié, diffamé et mon intégrité physique menacée par l’insécurité que provoquent les propos des ces gens ; mon intégrité morale est bafouée puisque mon nom est constamment utilisé dans le vocable PEUPLE pour insulter, vilipender des personnalités, répandre de fausses nouvelles et véhiculer des contre-vérités ; mais aussi pour gaspiller nos richesses.
Pour tout ceci, monsieur le Procureur de la République, je vous demande d’agir pour que ces gens ; qui ne sont pas plus citoyens que moi, qui n’ont pas plus de droits que moi et ne s’acquittent pas de leurs devoirs plus que moi; arrêtent de parler à mon nom. Qu’ils disent ou fassent ce que bon leur semble mais qu’ils le fassent à leurs noms propres et non pas celui du PEUPLE qui m’inclut forcément.
Monsieur le Procureur de la République, il est de votre devoir de rétablir dans ses droits tout citoyen victime d’une injustice quelle qu’elle soit. Je suis donc en droit d’attendre qu’une prise en charge diligente soit réservée à ma plainte.


Euthanasie de l’école Sénégalaise, tous coupables

Mon cher élève,

élève
https://www.flickr.com/photos/gpforeducation/25147508677/in/

Tu me reprocheras de déserter l’école constamment, je le sais. Tu dois savoir, cependant, que si je vais en grève, c’est parce que je suis affilié à un syndicat qui lutte pour améliorer les conditions de vie et de travail de l’ouvrier que je suis. Je sais que mon combat hypothèque gravement ton avenir. Tu n’ignores pas, néanmoins, que toi et moi sommes les derniers, les plus faibles maillons d’une chaîne. Cette chaîne qu’est le système éducatif de notre pays est notre raison d’être à tous les deux : toi en qualité d’élève et moi en qualité de maître.
Malheureusement, ce système dont la mission est de garantir notre existence et notre épanouissement a fait de nous des fantômes. Tu n’es plus que l’ombre de l’élève modèle que la société sénégalaise a connu autrefois, et moi, l’ombre du maître jadis adulé, respecté et cité en exemple parce que compétent, humble, volontariste et promoteur de valeurs civiques.
Vois-tu, mon cher,
Quand il t’arrive de boucler ton cyle primaire sans être compétent en lecture et en calcul,
Quand tu préfères prendre le bac plutôt que d’avoir le bac,
Quand toi et moi partageons le même véhicule de transport public pour aller et revenir de l’école,
Quand, à la maison, je ne peux même pas m’offrir une petite pièce où poser une table et avoir un bureau où préparer mes cours et corriger tes évaluations,
Quand on ne m’appelle plus Maître ( défini par Larousse comme « Personne qui possède à un degré éminent un talent, un savoir et qui est susceptible de faire école, d’être prise pour modèle »:
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/ma%C3%AEtre/48734#hhERhxSiH3hte0ev.99), mais plutôt volontaire, vacataire, contractuel,
Quand, chaque année, il me faut observer des journées de grèves pour recevoir des indemnités de déplacement aux différents examens de l’année prédédente, ou demander l’application d’accords déjà signés,
Quand, à l’heure du numérique, pour rentrer dans mes droits d’avancement, d’alignement, d’intégration, je dois quitter mon bled du fin fond du pays pour me rendre à la capitale afin de récupérer et déposer ici et là, des actes, des projets, un tas de papiers administratifs, et attendre des années pour en voir les résultats…
Véritablement, mon cher, c’est que mon Ecole, la tienne, la nôtre s’est désintégrée complètement. Inutile cependant, d’incriminer l’autre comme on sait bien le faire chez nous. L’autre a toujours tort, c’est lui le coupable, jamais nous-mêmes.
Aussi, toi et moi devons plaider coupable,
Coupables de prendre part, toi en spectateur, et moi aveuglé, à l’euthanasie de notre Ecole républicaine,
Coupables de continuer à avoir peur d’imposer le changement qu’il faut, alors qu’ en définitive, l’école se fait pour et par nous,
Coupables, donc, d’attendre de l’autre ce que nous ne voulons pas exiger de nous-mêmes : le sacrifice.
Mes collègues et moi nous entêtons à demander à l’autre de réduire son train de vie et de nous aligner au niveau de ceux avec qui il s’acoquine. J’aimerais que quelqu’un me dise l’intérêt qu’il aurait à le faire.
Alors mon cher, tâche de ne pas tomber dans le même travers que celui dont je peine à sortir.
Si tu te sens artiste, sache que tu n’as pas vraiment besoin de comprendre les maths
Si tu te sens entrepreneur, alors tu n’as pas besoin de te souvenir de toutes ces dates d’histoire et des grands noms de la littérature française,
Si tu te sens musicien, tes notes de sciences de la vie et de la Terre n’aurons probablement pas d’effet sur ta vie, et
Si tu es un athlète né, exerce ta forme physique plutôt que faire des exercices de physique chimie.
Mon cher élève,
Voilà la triste réalité que toi et moi vivons. Victimes, nous le sommes tous les deux, à des degrés divers bien sur. Les choses ne changeront pas d’elles-mêmes, cependant. Toi et moi résumons la Société. Toi, tu es ce que la société a de plus cher, et elle t’a confié à moi pour que je fasse de toi l’Homme qu’elle veut que tu sois. Nous deux sommes donc ses yeux, ses oreilles, ses mains, mais surtout, son cœur.

Allons-nous prendre la pleine mesure de cette responsabilité, de ce pouvoir?

A très bientôt,
Ton maître


Apprentissage et scolarisation, l’école à la croisée des chemins

Collège de Patar Lia, Fatick- Sénégal- 2018, classe de 6ème/ Cours d'Education Physique/ Photo d'illustration
Collège de Patar Lia, Fatick- Sénégal- 2018, classe de 6ème/ Cours d’Education Physique/ Photo d’illustration
« Apprentissage en crise »; c’est le constat fait par la Banque Mondiale dans son rapport sur le développent dans le monde 2018 (voir:https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/28340/…). Il apparaît que même après avoir passé plusieurs années sur les bancs d’école, des millions d’enfants ne peuvent ni lire, ni écrire, ni effectuer des opérations de mathématiques élémentaires.
Etat des lieux
Apprentissage et scolarisation ne vont pas de pair dans bon nombre de pays. Au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda, 75 % des élèves de troisième année du primaire (8-9 ans) ne savent pas lire une phrase aussi simple que  » Le nom du chien est Fido ». Dans les zones rurales de l’Inde, la moitié des élèves de cinquième année du primaire (10-11 ans) sont incapables d’effectuer une soustraction à deux chiffres comme (45-17). Au Brésil, les élèves âgés de 15 ans ont amélioré leurs compétences, mais au rythme actuel de leur progression, ils n’atteindront pas la note moyenne en mathématique des pays riches avant 75 ans, et il leur faudra plus de 263 ans pour la lecture.
Il en resort que « aller à l’école primaire ou secondaire, obtenir un certificat ou un diplôme ne signifie pas nécessairement avoir beaucoup appris ». Scolarisation n’est donc pas synonyme d’apprentissage. Or, sans apprentissage, l’éducation ne pourra pas réaliser sa promesse d’élimination de la pauvreté et de promotion des mêmes chances et d’une prospérité partagée pour tous.
Les causes
Le rapport met en cause d’une part, l’existence d’enseignants parfois aussi ignorants que leurs élèves, un taux d’absentéisme très élevé chez les enseignants, la malnutrition et le manque de fourniture. IL souligne d’autre part le fait que les syndicats d’enseignants, un secteur dans lequel le taux de corruption est souvent élevé, sont réfractaires à toute réforme. Qui plus est, d’importantes parts des budgets dévolues à l’éducation au lieu de profiter aux écoliers, sont détournées par les bureaucrates qui contrôlent le système.
En somme, « Les pays en développement sont loin du niveau auquel ils devraient se trouver en matière d’apprentissage. Beaucoup n’y consacrent pas suffisamment de moyens financiers, et la majeure partie doit investir plus efficacement. Mais il ne s’agit pas simplement d’argent : les pays doivent aussi investir dans les capacités des institutions et des individus chargés d’éduquer nos enfants », affirme Jaime Saavedra, un ancien ministre de l’Éducation au Pérou désormais directeur principal pour l’éducation à la Banque mondiale
Les solutions
Le rapport recommande de faire de l’apprentissage un objectif sérieux et non de politique politicienne. Les rédacteurs estiment qu’il faut mettre l’école au service de l’ensemble des apprenants en attirant des talents dans l’enseignement et entretenir leur motivation en offrant aux enseignants une formation adaptée qui est renforcée par le concours de mentors.
Ils préconisent par ailleurs le déploiement de technologies qui permettent aux enseignants d’enseigner en tenant compte du niveau de l’élève et renforcer les capacités de gestion des établissements scolaires, notamment celles des directeurs d’école.
Le rapport suggère également de, non seulement mobiliser tous ceux qui ont un intérêt dans l’apprentissage en ayant recours à l’information et aux indicateurs pour mobiliser les citoyens; mais aussi, accroître l’éthique de responsabilité et créer une volonté politique en faveur de la réforme de l’éducation.
En fin, il est fortement conseillé d’impliquer les parties concernées à toutes les étapes de la réforme, de sa conception à sa mise en œuvre.

Au Sénégal, ce rapport devrait donner à réfléchir aussi bien du côté du gouvernement que celui des syndicats d’enseignants. Entre 2000 et 2005, le taux brut de scolarisation en primaire a augmenté de 66% à 78%. Néanmoins, de plus en plus d’élèves arrivent en fin du cursus élémentaire (CM2) sans pouvoir lire et/ou comprendre un simple texte (voir https://ierc-publicfiles.s3.amazonaws.com/public/resources/EGRA…). Le système est miné par des grèves cycliques initiées par les syndicats d’enseignants pour réclamer, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’application d’accords signés depuis des années.
Une revalorisation de la fonction enseignante ainsi que l’utilisation des langues nationales comme langues d’instruction s’imposent. Ce sont là les gages pour que les élèves puissent avoir à nouveau confiance envers les enseignants et le gouvernement. C’est alors, et alors seulement qu’ils pourront retrouver le sentiment perdu de l’utilité des apprentissages.


Receveur municipal au service des collectivités locales, ou l’inverse? .

Sénégal : le receveur municipal au service des collectivités locales, ou l’inverse ?
‘Le receveur municipal détient les fonds et valeurs de la commune ainsi que les copies des titres fonciers. Il a seul qualité pour assurer le recouvrement de ses créances et le paiement de ses dettes’, stipule l’article 14 du décret 66-510 du 4 juillet 1966 portant régime financier des collectivités locales. Ceci fait du receveur un acteur de premier plan dans la gestion des collectivités locales. Alors, pourquoi des acteurs qui en principe ont le même objectif se regardent-ils souvent en chiens de faïence ? Les maires ignorent-ils les procédures administratives et financières ? Ou est ce les receveurs qui outrepassent leurs prérogatives ? Sinon, qu’est ce qui peut rendre leur collaboration difficile?
Les maires de commune et les receveurs-percepteurs municipaux sont appelés à travailler ensemble. Cependant, leur cohabitation n’est pas des plus faciles ; de sérieuses difficultés les opposent la plupart du temps. Souvent des bras de fer entre les deux partenaires se terminent par l’éviction du receveur comme ce fut le cas en novembre 2014 à Thiès avec le maire Talla Sylla qui accusait son receveur d’alors de chantage ; en août 2015, des maires de Dakar sous la houlette de Barthelemy Diaz réclamaient le départ du percepteur-receveur municipal de Bourguiba pour le motif de bloquer toutes les procédures enclenchées pour décaisser de l’argent. En novembre 2013, le mouvement navetanes de Diourbel avait assiège les locaux du percepteur municipal qui avait avance des difficultés de trésorerie pour bloquer les subventions que le maire leur avait alloué. A Gossas, les maires et autres usagers de la perception municipale semblent s’être résignés à leur sort. Sans coup férir, ils souffrent de voir leurs engagements le plus souvent rejetés ou le paiement de leurs mandats retardé sans qu’ils n’en connaissent les véritables motifs.
Au regard de ce constat, les spécialistes en la matière devraient rompre le silence et aider à édifier les populations qui sont les principaux perdant quand les rapports entre leurs maires et le receveur ne sont pas au beau fixe. Autant il est vrai comme le stipulent les articles 41 et 44 du décret cité plus haut que ‘le maire ne possède pas de pouvoir de réquisition à l’égard du receveur municipal,’ et que ce dernier ‘lorsque à l’occasion d’un contrôle, soit dans les pièces justificatives soit dans les mandats, constate des erreurs matérielles, omissions ou irrégularités, doit en poursuivre la régularisation auprès du maire en lui précisant les redressements à effectuer’. Il est aussi vrai que le ‘receveur municipal qui refuse ou retarde indûment la mise en paiement d’un mandat, ou qui n’a pas délivré au maire une déclaration motivée de suspension de paiement, est responsable des dommages qui peuvent en résulter’ (art 46).
Aussi urge-t-il de clarifier la situation pour que enfin l’acte 3 de la décentralisation puisse répondre aux attentes légitimes des populations. Si les maires et leurs secrétaires municipaux ne maîtrisent pas les procédures administratives et financières liées aux engagements, alors la perception municipale devrait jouer son rôle de conseiller et que ces derniers aussi fassent le nécessaire pour se mettre à niveau ; mais si le blocage provient de la perception, l’autorité devrait également mettre en place un système de contrôle et de suivi pour éviter que de telles pratiques prospèrent.


Gossas ; représentants en panne d’inspiration

Entre le Premier Ministre Mohamed Boune Abdallah Dionne et les représentants des populations du département de Gossas il y a comme qui dirait un amour impossible. C’est un véritable jeu de dupes qui se joue au grand dam des populations qui commencent à en avoir assez de ces luttes de positionnement sans fin.
Il a longtemps été reproché à Dionne de ne pas s’occuper de Gossas et de ses fils à hauteur de sa station de Premier Ministre. A tord ou à raison, cette idée a été véhiculée par une certaine classe politique qui, à défaut d’atteindre le PM en personne a combattu son frère de député qui a fini par être évincé à force d’être diabolisé, vilipendé, rejeté comme un paria.
Seulement, l’éviction de Cheikh Dionne du poste de député du département n’a pas satisfait nombre de nos politiciens qui, adeptes de la conspiration, continuent à chercher à couper la tète à qui veut émerger. C’est du lambi golo pur et dur (combat de lutte de singes), qui se met debout doit tomber impérativement ; qui qu’il puisse être et qu’importe celui qui le fait tomber.
En politique, il n’y a pas de reconnaissance qui vaille. « Si tu cherches de la reconnaissance, ne fais pas de politique ; achète un chien » disait Winston Churchill. Le département n’est donc pas en position de demander une quelconque récompense au PM. D’ailleurs, le taux de participation et le pourcentage enregistré lors des législatives du 30 Juillet dernier ne peut en aucun cas satisfaire Dionne. Si c’était lors d’un examen, Gossas aurait eu avec á peine 70%, une mention Bien. Au regard des efforts que le PM a consentis, la main tendue à tous les acteurs et sa présence dans le département, à défaut de faire une mention très honorable avec 95%, on aurait pu et du faire un très-bien au moins avec 80-85% pour lui faire honneur.
Le PM n’est pas satisfait, non ; et il n’a aucune raison d’être satisfait du travail des responsables de son département natal. Il sait qu’il ne peut pas compter sur ces gens pour construire une base politique. le constat crève les yeux.
De deux choses l’une ; soit nos responsables ont des carences notoires, soit ils ne sont mus que par leurs intérêts personnels. Dans l’un comme l’autre cas, c ‘est très dégradant et ne force pas le respect. Au lieu de travailler pour l’intérêt général, chacun cherche à dénigrer l’autre auprès du PM pour passer être le meilleur de tous ; ce qui est déplorable, car personne ne peut à lui seul faire émerger le département.
Une nouvelle conscience est née depuis la première alternance de 2000 et confortée par celle de 2012. Le Gossas sous l’ère du député Madicke Diaw n’est pas le Gossas sous l’ère du député Théophile James. Nous avons besoins de véritables représentants qui disent la vérité aux populations et rendent compte fidèlement et sincèrement aux autorités et non de conspirateurs dont le seul souci est de faire du mal aux autres qui travaillent à améliorer les conditions de vie des populations.
Le dénigrement, la dénonciation, la conspiration et les maneuvre pour conserver son poste ne peuvent pas faire office de programme politique. Les populations attendent plutôt de leurs représentants des programmes de développement pour faire sortir leurs terroirs de la précarité .

Premier Ministre du Senegal
https://fr.africatime.com/articles/communication-du-premier-ministre-mohamed-dione-larme-de-la-discretion


Taux de natalite eleve en Afrique: Emmanuel se trompe de macron

Afrique : Haro sur le « plan Malthus » d’Emmanuel Macron

La récente sortie du président Macron sur le taux de natalité élevé en Afrique a créée une levée de bouclier contre le président français. En affirmant que le problème de l ‘Afrique est civilisationnel, le premier des français remet en cause toutes les théories du dialogue des cultures

Le macron est un signe diacritique que l’on place au dessus d’une voyelle pour la rendre longue. C’est dire que le macron qu’ Emmanuel Macron a placé sur la voyelle « natalité en Afrique » est vraiment inapproprié et inopportun. Insinuer que la civilisation des africains ne milite pas en faveur du développement parce qu’avec huit ou neuf enfants par famille l’argent ne peut servir à grand chose est tout de même grave. Ce macaron là est indigeste.

Les tirailleurs : un produit de la même civilisation

Monsieur le tout jeune président, les milliers de tirailleurs sénégalais qui ont largement contribué à libérer votre peuple sont issus de ces familles à huit ou neuf enfants. Sans eux, vous n’aurez certainement pas eu ces milliards d’euros que vous jugez être de trop pour l’Afrique. Et s’il n’y avait pas assez d’enfants en Afrique à cette époque, on peut penser que la France n’aurait pas été ce qu’elle est aujourd’hui.
Vous êtes libre d’adopter Thomas Malthus comme maitre et suivre sa théorie de la restriction démographique. Mais vous devez également respecter notre choix d’épouser deux, trois, quatre femmes et de faire autant d’enfants que Dieu nous permet d’en avoir. Nos filles, soeurs et mères continuerons donc à avoir huit, neuf, voire dix enfants n’en déplaise à vos sponsors. L’Afrique contunuera à accroitre son taux de natalité jusqu’à être le premier continent en terme de population, de ressources humaines et de main d’oeuvre. Ainsi le voyage en sens inverse se fera, les africains envahiront alors le reste du monde, coloniseront l’Europe, et exploiteront vos ressources de la manière que vous l’avez fait jusque là. Si c’est cela que vous craignez, sachez que le processus est irréversible et vos théories n’y pourront rien.
C’est dire donc, Mr Macron, que nous ne versons pas dans la polémique ; vos propos ne nous dérangent guerre. D’autres plument ont déjà tire droit sur vous cette fois. L’époque des tire-ailleurs est donc révolue.


De l’appétit insatiable de ceux qui se servent de la République

Sénégal : la politique ou l’art de gérer ses propres intérêts.

Le Sénégal de 2017, n’est pas l’Espagne du roi Charles II, mais il est autant confronté à une menace qui elle aussi vient essentiellement de l’intérieur. Si la politique est définie comme l’art de gérer la cite, au Sénégal on fait de la politique pour s’enrichir.

« Bon appétit, messieurs !
Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux !
Voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison. »
Ainsi parlait Ruy Blas dans la pièce de Victor Hugo du même nom, acte III, scène II.

Que sont devenus les slogans du type « la patrie avant le parti ou servir et non se servir » lancés par le président Macky Sall à l’entame de son magistère ?
Voilà des slogans qui ont suscité des grands espoirs, espoir de ruptures profondes dans la pratique de la gestion de l’Etat, espoir que les deniers publics allaient être bien gérés et que les fruits de la croissance allaient être bien distribués.

L’habitude, une seconde nature
Chassez le naturel, il revient au galop dit l’adage. Le choix des candidats à la députation en vue des élections législatives du 30 Juillet 2017 a mis à rude épreuve les espoirs fondés sur ces fameux slogans. Ceux qui n’ont pas été choisis ; qu’ils soient militants du parti au pouvoir ou des alliés crient urbi et orbi à la trahison, se disent frustrés et menacent de faire un vote sanction. Et pour calmer leur furie et les ramener dans les rangs, on distribue des centaines de millions, des billets pour aller effectuer le pèlerinage à la Mecque et des postes de responsabilité dans diverses stations de l’Etat et ses démembrements. Tout ceci est fait sur le dos du peuple sénégalais qui sue nuit et jour et se serre la ceinture pour participer à l’effort de l’émergence. Ce peuple qui comme le dit Ruy Blas « porte sa charge énorme sous laquelle il ploie, pour vous, pour vos plaisirs, pour vos filles de joie »
Devons nous croire, pour paraphraser le même Ruy Blas, que vous n’avez d’autre intérêt que de vous remplir les poches et vous taire après. Si tel est le cas, eh bien messieurs, « bon appétit! »


Autosuffisance en riz: le senegal atteindra t-il la barre des 1.600.000 tonnes qu’il s’est fixe pour 2017

La problématique de l’autosuffisance alimentaire et du consommer local se pose plus que jamais avec acuité au Sénégal. En ce jeudi 15 juin 2017 sur le site www.commerce.gouv du Ministère du commerce, du secteur informel, de la consommation, de la promotion des produits locaux et des PME les brèves suivantes défilent : baisse sur les prix ; huile en fut 900f, riz brisé ordinaire 260f et sucre 575f. Une bonne nouvelle pour le consommateur en cette période de ramadan où la consommation de ces denrées de première nécessite double, voire triple. Or, toutes ces trois denrées à forte consommation sont importées ; aucune n’est produite suffisamment sur place pour couvrir les besoins des populations.
Lors du conseil présidentiel tenu le 2 février 2015 sur les mesures de consolidation des acquis du programme national de l’autosuffisance en riz (Pnar) horizon 2017, le président de la république Macky Sall disait : « L’autosuffisance du Sénégal en riz à l’horizon 2017 est un challenge largement à notre portée si toutes les parties prenantes s’engagent dans la même direction et s’il y a une synergie des efforts ». Plus tard, à la fin d’une tournée dans le nord du pays, le président Sall dira : « Je suis rassuré que cette autosuffisance fixée par le l’Etat du Sénégal de réaliser une production de 1.600.000 tonnes de riz paddy en 2017 peut être bel et bien atteinte ». Et pour être complet sur le sujet, au cours d’un forum avec les producteurs de l’Anambe au sud du pays, il lancera ceci : « Nous l’avons dit. Notre objectif est d’atteindre l’autosuffisance en riz en 2017 et ce sera fait. Parce que nous savons la démarche. Nous connaissons les ingrédients qu’il faut mettre ensemble ».
A six mois de la fin de 2017, nous lançons le débat dans cet article ; non pas pour dire que oui ou non les ingrédients ont été mis ensemble et que l’autosuffisance en riz sera atteint ou non ; mais plutôt pour rappeler aux différentes parties prenantes la nécessite d’atteindre l’objectif qu’ils s’étaient fixés.
Toutefois, atteint ou non, l’objectif de produire assez de riz pour couvrir les besoins de la consommation nationale ne suffira pas à lui seul. Il faudra promouvoir le consommer local pour arriver à une véritable émergence. Consommer local n’est pas seulement produire ce que l’on consomme, c’est aussi consommer ce que l’on produit. Ceci implique que le consommateur se décomplexe par rapport au produit venant de l’extérieur. Cela demande également que l’on valorise nos produits culturels, que l’on réhabilite l’artisanat, que l’on replace l’apprentissage fonctionnel au cœur du processus de développement. Il faudra alors repenser la finalité de notre école ; passer à une école de formation aux métiers alliant enseignement théorique (en français et/ou en langues nationales) et formation pratique aux métiers. Veiller à l’adéquation formation- emploi en suscitant des vocations chez l’enfant dès le bas âge en insistant sur ses aptitudes.