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Festival Ti-î : la culture centrafricaine célébrée au Cameroun

Hors des frontières de la nation aux cinq couleurs, des artistes et entrepreneurs culturels africains se mobilisent pour célébrer la culture du cœur du continent. Réunie autour de « l’idyllique » finaliste du prix découverte RFI 2014, Idylle Mamba, la communauté centrafricaine au Cameroun s’apprête à accueillir la première édition du festival « Ti-î ».

Festival Ti-î
Jeux de société représentés au TIF2017©Dessin Penzy

Les 2 et 3 décembre prochain, le temps d’un festival, Douala incarnera la capitale de la culture centrafricaine sur les pelouses du stade Youpwé.

Porté par le laboratoire de musique et d’art DUKE’Ziki et sa promotrice Idylle Mamba, le Ti-î Festival ou « Notre festival », vise à promouvoir la culture centrafricaine au-delà de ses frontières. Au cœur de ce rendez-vous qui allie art et diplomatie, l’honneur est donné aux jeux de sociétés typiquement centrafricains et à la promotion des talents artistiques centrafricains sur la scène internationale. « L’idée est de reconnecter les centrafricains à leur culture d’origine … » affirme la promotrice du festival, alors que la Centrafrique est sujet à une crise identitaire alimentée par de nombreuses années de crises militaro-politiques. Le professeur Alphonse Blagué le dit dans son introduction de thèse de doctorat en Sociologie :

«  La République centrafricaine, aussi paradoxale que cela puisse paraitre, est à la recherche de son identité et de la légitimité populaire… A-t-elle toujours été la patrie du Zo Kwe Zo de Barthelemy Boganda ? »

Toujours d’actualité, les récentes crises ont provoqué une importante dégradation des relations sociales entre les communautés. Aujourd’hui, à travers cette fête des cultures bantoue, les communautés peuvent se réconcilier autour de la riche diversité culturelle du pays. Pour tourner la page de la crise, les initiateurs de ce festival veulent renouer avec le « vivre ensemble ». A l’affiche de cette rencontre culturelle des centrafricains de l’étranger :  des créations artistiques et des jeux de société très célèbres en Centrafrique.

Pays d’accueil du festival, le Cameroun, considéré comme « l’Afrique en miniature » ( parce-que se situant au carrefour de la culture en Afrique centrale et aussi en raison de sa diversité ethnique), compte depuis des années une très forte communauté centrafricaine. Il ouvre donc grandes ses portes aux artistes invités pour la circonstance.

En tournée de préparation à Bangui en octobre dernier, les responsables du Festival Ti-î ont reçu l’accord du gouvernement centrafricain auprès du Ministère de la Culture et du Tourisme. Accord « verbal » selon lequel « le gouvernement s’engage à 100% pour la réussite du festival ». Pourtant, à moins d’un mois du rendez-vous de Douala, les promesses tardent à se réaliser. Les délégations d’artistes sont attendues dans la capitale camerounaise vers la fin du mois de novembre mais certaines dispositions ne sont pas encore totalement remplies, explique Teza Gboko, chargé de communication du festival.

Alors qu’une attaque à la grenade a fait des victimes lors d’un concert à Bangui le 11 novembre dernier, la volonté des organisateurs du festival reste inébranlablement celle de réconcilier les cœurs par le biais de la culture. Des groupes d’artistes, dont la compagnie théâtrale « Les Perroquets », finaliste de « l’Afrique a un incroyable talent« , se produiront pendant deux jours devant la plus grande communauté centrafricaine vivant à l’étranger.


Les Paysans Centrafricains offrent un asile doré à Kémi Seba

Front Anti CFA en Centrafrique
Photo de famille des manifestants du 16 septembre à Sao

Sur le front anti-CFA, l’ONG Urgence Panafricaniste et l’Association des Paysans Centrafricains s’unissent contre la monnaie coloniale en Afrique et invitent le leader du mouvement à rejoindre la capitale centrafricaine. C’est au cours d’une conférence avec la population organisée simultanément avec d’autres rassemblements autour du retrait des pays de la zone franc que le ton a été donné.

Alors que de nombreuses villes d’Afrique et du monde se sont levées pour dénoncer le mécanisme colonial du franc CFA, une rencontre d’information avec la population s’est déroulée aux bords du fleuve Oubangui devant un public diversifié, venu des quatre coins de Bangui. Initialement prévu à Bimbo, ville périphérique de la capitale centrafricaine, le rassemblement mondiale anti-CFA du 16 septembre lancée par l’ONG Urgence Panafricaniste s’est finalement tenue dans le 7ème arrondissement de Bangui, dans les locaux de l’Association des Paysans Centrafricains, où environs 200 personnes se sont réunies.

Bida Koyagbélé, président du mouvement Kité et de l’Association des Paysans Centrafricains, populaire dans le milieu anti-oligarchie française pour avoir refusé en 2015, la main de l’ambassadeur français Charles Malinas –pour dénoncer l’implication de la France dans la crise en RCA -, a devant l’assistance, invité l’activiste Stélio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kémi Séba, à venir s’installer en République centrafricaine : « Kémi Seba est un fils d’Afrique. Si d’autres le chassent de chez eux, nous lui offrons la terre et l’hospitalité dont il a besoin pour mener à bien le combat qui est aussi le vôtre ». Le polémiste franco-béninois, expulsé du Sénégal où il a brulé un billet de 5000 francs CFA en forme de protestation en août dernier, devra bénéficier d’un hectare de terre arable et d’une demeure au bord du fleuve Oubangui dans le village Sao, a expliqué Jéhu Komboko, coordonnateur de l’APC.

Plusieurs activistes et membres de la société civile centrafricaine ont fait le déplacement pour rejoindre le rassemblement et « marquer l’adhésion de la jeunesse à cette lutte de toute une génération », a assuré le rappeur Azouka, de l’Organisation des Jeunes Leaders de Demain. Les rangs du désormais très célèbre front anti-CFA, dont l’objectif sur le long terme est de sortir définitivement de la zone CFA, se serrent. L’organisation devra compter les jours prochains l’arrivée de nouveaux résistants unis pour la cause.

Pour l’ONG Urgence Panafricaniste, le rassemblement du 16 septembre est la première d’une longue liste d’activités de sensibilisation, d’information et de formation adressées à la population dans le but d’éclairer sur la question du très controversé francs CFA. « Il est de notre devoir d’informer le peuple du danger que représente cette monnaie de servitude et d’en appeler à l’adhésion de tous les africains et amis de l’Afrique à rejoindre le mouvement » a martelé le représentant de l’organisation en Centrafrique.

Le débat autour du retrait des pays de la zone CFA atteint la République centrafricaine, alors qu’une crise politique et sécuritaire met à mal ce pays dont l’économie s’est renforcée de 4,5% en 2016, essentiellement grâce aux aides internationales.


Bangui : la ruée des déplacés vers l’eau

Femmes de cattins allant chercher de l’eau

Ils sont des milliers à briser la peur et regagner leurs domiciles, malgré la sécurité encore fragile dans le 3ème arrondissement de la capitale centrafricaine. Boulata, Sara-Kabba ou encore Kina se repeuple mais ce qui manque par-dessus tout, est pourtant un minimum vital : l’accès à l’eau « potable ».

Environ 127.933 personnes ont gagné les camps des déplacés au plus fort de la crise qui a ébranlé les quartiers de Bangui et ce, jusqu’à ce jour. Exposés sur les camps à toutes sortes de contaminations, les déplacées ont reçu à la mi-décembre de l’année 2016, une assistance financière du gouvernement centrafricain et tentent peu à peu de regagner leurs domiciles.

Depuis les retours progressifs, le même scénario se reproduit tous les matins. Des centaines de femmes viennent des plus bas quartiers du 3ème arrondissement et se précipitent vers le point d’eau le plus proche. Elles font la course pour l’eau. Au tour du seul puits encore serviable de la Cité Dameca, les files se dressent. Il est 11 heures 40 minutes et certaines n’ont même pas encore rempli leurs premières bassines.

Lucie est mère de quatre petits garçons, son calvaire est de parcourir trois à quatre fois par jour, près de 800 mètres pour chercher de l’eau pour sa famille. Avec courage elle raconte :

‘’Des corps ont été jetés dans la majorité des puits ici. Les puits ont été fermés ce qui fait que nous allons souvent jusqu’à l’Ecole Kpangaba tôt le matin avec les autres femmes du quartier pour trouver de l’eau. Je fais trois à quatre fois le chemin avant la tombée de la nuit et je vous assure que c’est pénible’’.

Pour cause, une vingtaine de Kiosques-bornes-fontaines réhabilités par l’ONG Oxfam à travers le PRESU (Programme de Réhabilitation Economique et Social en milieu Urbain), ont été vandalisés pendant la crise et créant ainsi ce vide. Aujourd’hui les personnes déplacées qui retournent, manquent d’eau non seulement pour leur besoins quotidiens mais également pour moudre la terre et reconstruire leurs maisons. Vers les quartiers peu touchés par la crise, les installations de la Société des Eaux de Centrafrique (SODECA) sont trafiquées et accueillent à longueur de journée, ces chercheurs d’eau.

« Je suis en train de reconstruire ma maison mais il me faut de l’eau. Je vais jusqu’à Boulata pour trouver de l’eau, grâce aux installations de la SODECA trafiquées par les habitants du quartier ». Même s’il reconnait que cette pratique n’est pas autorisée, Bienvenu Wessegonda, chef d’un ménage de huit personnes affirme que c’est l’unique possibilité d’avoir de l’eau.

La cohésion sociale autour de l’eau

Après les derniers événements qui ont occasionné l’assassinat d’un Pasteur et l’incendie de plusieurs habitations, de nombreuses familles ont encore regagnés les camps des déplacés de l’Aéroport Bangui Mpoko, craignant ainsi pour leur insécurité. Mais dans les quartiers, « il faut absolument surmonter la crise et remettre les choses en place ». C’est ce que veut un groupe d’autodéfense qui a vu le jour afin de barrer la route à d’éventuels débordements, explique Bienvenu Feibonazouï. Composé des jeunes valides du quartier Boulata, ce groupe d’autodéfenses a pour particularité de protéger les installations de la Sodeca et de sensibiliser la population à tourner la page de crise.

Alors que Lucie faisait part de sa peur d’aller dans certaines zones ou chez des particuliers pour chercher l’eau, Bienvenu F, de la rassurer :

 « Non, ce sont nos frères. Il faut que nous tournions la page et que nous demandions seulement au gouvernement et aux ONGs d’amener de l’eau et de l’électricité dans notre quartier ».

Bien que l’on note une baisse de 2,3% du nombre des déplacés dans tout le pays, de nouveaux déplacés sont enregistrés de jour en jour, en raison des affrontements réguliers entre les groupes armés. Ces déplacements massifs éloignent la population de plus en plus d’un accès à l’eau potable et à une bonne condition d’hygiène.


#Brisonslapeur : un hashtag pour lever les barrières et permettre l’unité

C’est au cours d’une rencontre avec l’ONG Internews que l’idée est née. Un constat : « nombreux quartiers et villes de Centrafricaine défrayent les chroniques en raison d’un pseudo taux d’insécurité assez élevé ». Et les incrédules sont nombreux à vouloir jurer de ne pas fréquenter ces zones qualifiées d’infréquentables ou de zone rouges.

Alors que l’Association des Blogueurs Centrafricains rencontrait vendredi 10 février le coordonnateur d’Internews en résidence à Bangui, il a été noté l’importance de lancer une campagne visant à lever le voile sur la question : « Fait-il bon vivre en Centrafrique ? ».
‘’ Il nous faut faire face aux problèmes actuels de notre pays pour parvenir à créer un meilleur cadre pour nous et nos enfants. Nous devons faciliter la cohésion entre chrétiens et musulmans en allant les uns vers les autres pour espérer un lendemain meilleur’’. Me confie, Jeoffroy un habitant de Combattant, un quartier de Bangui dont l’insécurité est grandissante.
Comment faire face au repli sur soi et faciliter la cohésion sociale ?
Durant les 3 prochains mois, l’ABCA animera la compagne #Brisonslapeur, à travers les publications de ses membres via un blog commun afin de donner une image réelle des quartiers de Bangui et des autres villes du Centrafrique, loin des clichés de violence et de peur qui circulent. Les blogueurs centrafricains regroupés en association en début d’année 2017, plus que jamais interpellés, se voient initiateurs d’un concept original et « financièrement souple », répondant à l’épineuse question de la cohésion entre les communautés, mise à mal par les récentes crises dans le pays.
A l’image de la campagne ‘’Kalangba Ti Siriri’’ d’Afrique Secours et Assistance, financée au cour de l’année 2016 par le Haut-Commisariat des Nations Unies pour les Réfugiés et mettant à contribution des journalistes et blogueurs centrafricains dans la recherche de la paix et de la cohésion sociale, la campagne #Brissonslapeur pour sa part vise principalement la communauté virtuelle.
Ouverte à toutes publications pouvant contribuer à lever les barrières, cette première action à portée mondiale que mène l’ABCA bénéficiera d’un appui technique et financier d’Internews dans le cadre du projet ‘’Connect’’.

Logo de la campagne #Brisonslapeur


Douala : deuxième ville importante de la RCA après Bangui

L’épisode Séléka-Balaka aura fait de certaines villes des pays voisins de la RCA, des lieux de refuge incontestés. Depuis le 24 mars 2013, près d’un million de personnes déplacées ont gagnés les villes proches de la RCA en quête de stabilité. De Douala à Brazzaville, en passant par Pointe Noire, Ndjaména ou Zongo, la diaspora centrafricaine connait de nouveaux membres. 

UNHCR
UNHCR Profil d’opérations 2014 – Cameroun | Aperçu |

Bienvenue à Douala, Capitale économique du Cam… Oups !!! Capitale d’asile de la République centrafricaine !!!

Choisit comme terre d’asile par l’affabulateur Bozizé lors de sa fuite face à l’invasion Séléka le 24 mars 2013, le Cameroun pays frontalier d’un Centrafrique instable est devenu, la destination prisée des centrafricains en mal de vivre. Douala la capitale économique est pour sa part la ville où près de la moitié des 94 450 déplacés centrafricains pris en charge par le Haut Conseil des Nations Unies pour les Réfugiés séjourne.  Étudiants, employés de l’État centrafricain,  commerçants ou artistes, ont choisi le Cameroun pour le passage à un autre monde ou pour une nouvelle vie.

Pourquoi le Cameroun ?

Apprécié en Afrique centrale pour sa stabilité politique et pour la paix qui y règne depuis la réunification, le Cameroun incarne l’Afrique sans guerre et soucieuse de son développement socio-économique. Le Cameroun c’est : l’Afrique en miniature comme les camerounais aiment s’en vanter, se différencie de la nation armée tchadienne, de l’éternel instable Congo, de la nation rebelle Congo Démocratique, du très avare Gabon et du nouveau riche et radin Guinée Équatoriale. Le Cameroun apparait dés lors comme cet exemple d’État où la libre de circulation et l’hospitalité de sa population sont des leviers du développement. Bien que les motivations de la destination « Cameroun » varient selon les personnes, tous se retrouvent aux pieds des sept collines de Yaoundé ou sur les boulevards de Douala loin des coups de mortier et autres machettes… Dans son profil d’opération de l’année 2014, le bureau de la représentation du Haut Conseil des Nations Unies pour les Réfugiés au Cameroun, publie : « Sur le plan de la sécurité, la situation est globalement calme au Cameroun. Cependant, en raison de l’instabilité qui trouble la région, le Cameroun a accueilli des réfugiés et des demandeurs d’asile provenant de pays limitrophes et principalement de la République centrafricaine (RCA), du Nigéria et du Tchad…. » Le Cameroun offre actuellement l’hospitalité à plus de 100 000 personnes relevant de la compétence du HCR. Avec ses 94 450 réfugiés, le Centrafrique est le pays qui compte plus grand nombre de déplacés présents au Cameroun, devant le Tchad 1540 et le 1760…

Les quartiers centrafricains de Douala

Ils sont des milliers à avoir fui le pays en raison des crises qui ont secoué la République centrafricaine depuis 2003 et à s’installer dans des conditions souvent très pénibles dans les plus bas quartiers de la capitale économique du Cameroun. A Akwa dans le littoral, où flotte le drapeau quinté-couleur du consulat de la République centrafricaine, vit la plus importance communauté centrafricaine du Cameroun. On y trouve un snack bar baptisé « la Banguissoise » et un hôtel « L’Oubangui » qui font de ce quartier, le paysage le plus centrafricain du pays Douala. A tout bout de champ, une phrase est dite en ‘’Sango’’ la principale langue parlée sur tout le territoire centrafricain. ‘’Des bara ala’’ aux ‘’singuila sewa’’ les centrafricains ont  donné à Akwa l’allure de Miskine où Benz-vi.  On y trouve des camerounais qui causent le ‘’Sango’’ d’autres même n’ayant jamais vu le Centrafrique. Regroupés selon les intérêts professionnels et/ou social de chacun, à Akwa et Ngodi, habitent les conducteurs et autres passants de véhicules, les jeunes travaillant dans les chantiers de construction de bâtiment, travaillant dans la sécurité privée et les manutentionnaires du port de Douala.  A Bali, ils se sont jetés dans la manucure et la pédicure pour assurer leurs loyers et profiter de ce que le pays de Biya leur offre. Le célèbre quartier de New-Bell offre son hospitalité aux commerçants et autres affairistes de confession musulmane ayant des affinités avec ce pays. Une nouvelle phrase a remplacé le célèbre ‘’Bonjour’’, quand deux centrafricains se rencontrent à Douala, ils ne disent plus bonjour, mais « Mo koué mo ké ngué » ?

Vers une diaspora jeune et dynamique

Si la Séléka et les antibalaka sont les diables que tout le monde craint, ils sont également le tensiomètre qui permet à la nouvelle génération des centrafricains de mesurer, de connaitre et d’apprendre ce que le monde extérieur donne. Aucun des jeunes ayant trouvé refuge à Douala ne vit sans activité financière. Ils s’occupent, non pour la forme, mais parce que « le Cameroun ne donne pas le lait » Ils vivent à deux ou trois, sont prêts à se secourir en cas de besoin et rêve de reproduire le modèle camerounais dans leur pays. Les dix prochaines années donneront au Centrafrique, des hommes et des femmes ayant connu, le monde extérieur. Comme ils le disent : ‘’ Nous sommes au front, c’est pour apprendre le combat’’. Seul point d’ombre, ces diplômés centrafricains qui n’intéressent pas le marché camerounais. Illustration du concept le camerounais d’abord. Mercier à 18 ans, il travaille dans une entreprise de sécurité privé, le père Sava à 74 ans et il est à Douala pour le transit de son véhicule et pour un projet qu’il dit ambitieux mais secret.

Comment ne pas croire que le lendemain du Centrafrique ne sera pas meilleur ?

Mais là où le bas blesse, c’est cette génération de ‘’grands frère’’ qui s’attarde dans les snacks et autres petits restaurants traditionnels à jouer les éternels opposants à tout… Ils forment des camps, pro et anti ceci, ami ou ennemi de cela et occupent leur temps à parlé au passé de ce qu’ils étaient ou ce que l’autre était sans savoir que le passé passe toujours.


Le top 14 des hashtags de la crise centrafricaine

Depuis qu’actualité rime avec Internet, sur les réseaux sociaux des mots ayant un rapport bien particulier avec mon pays et ses récents soubresauts politico-militaires, ont fait leur apparition sur la Toile. Petit rappel des 14 mots-clés qui font la crise centrafricaine.

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L’utilisation des hashtags dans les pays francophones

Même si la communauté virtuelle centrafricaine est loin de figurer en bonne place sur la liste des pays qui utilisent le plus de hashtags, voici ma sélection…

1 #Seleka

Coalition constituée en août 2012 de partis politiques et de forces rebelles centrafricaines opposés au régime du président François Bozizé. Elle s’empare du pouvoir de Bangui le 24 mars 2013 sans rencontrer de forte résistance. Cette coalition met en place un régime de terreur et propulse Michel Djotodia à la tête d’une République centrafricaine en proie aux exactions menées par ce groupe armé appuyé par des mercenaires tchadiens et soudanais. Dès la prise de pouvoir de la Seleka, s’en suivent pillages, destructions de dossiers administratifs et profanations de lieux de culte chrétiens.  A tort ou à raison, on assimile la Seleka à un groupe de djihadistes venu islamiser la Centrafrique. Mais qui se cache derrière l’appellation générique Séléka ? Elle est composée de la Convention des patriotes pour la justice et la paix du général Noureddine Adam (chef des services de sécurité de Michel Djotodia) et Éric Néris-Massi (porte-parole et coordonnateur international de la Seleka), de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement du déficient Michel Djotodia (elle forme la quasi-totalité de la coalition). Dans le back de ceux qui ont quitté le navire sanguinaire sélékan, figure le Front démocratique du peuple centrafricain de Martin Koumtamadji (alias Abdoulaye Miskine) et deux autres organisations moins connues: la Convention patriotique du salut du kodro de Mohamed-Moussa Dhaffane – lequel se met à dos le régime de Djotodia en dénonçant les exactions des éléments de la Séléka sur la population et sera enfermé à la maison d’arrêt du Camp Deroux avant d’être libéré quelques jours avant la démission de Djotodia, le 10 janvier 2014 – ainsi que l’Alliance pour la renaissance et la refondation qui regroupe des officiers hostiles au régime.

2 #Djotodia

Michel Djotodia est désormais en exil au Bénin (REUTERS/Alain Amontchi)
Michel Djotodia est désormais en exil au Bénin (REUTERS/Alain Amontchi)

Leader très contesté de la coalition rebelle Seleka, soutenu face à Bozizé par les leaders de l’opposition dite démocratique, il s’autoproclame président de la République centrafricaine aux lendemains de la fuite de Bozizé au Cameroun. Les idéaux de ce diplomate centrafricain formé en Union soviétique, quoique contraires aux valeurs morales des fondateurs de la RCA, comme la partition du pays en zone chrétienne et musulmane apparaissent clairement dans une missive ayant fait le tour du web et dans la déclaration d’Abakar Sabone, alors porte-parole de la présidence lors de l’excursion des groupes d’auto-défense anti-balaka, et menaçant le pouvoir de Bangui. Djotodia aura été pour bon nombre de Centrafricains, l’incarnation de la descente aux enfer de la RCA. Improbable jusqu’au bout, son célèbre discours :  » La RCA, c’est 623 000 km², nous ne pouvons pas tout contrôler », ainsi que la scène dans laquelle il remet en direct à la télévision nationale centrafricaine une somme de 70 000 francs Cfa à une chef de quartier pour libérer des jeunes habitants pris en otage par des éléments de la Séléka, démontrent le manque d’autorité de celui dont de nombreux proches seraient impliqués dans des affaires d’escroquerie en bande organisée, de vols à mains armées et d’assassinats. Aujourd’hui en exil doré au Bénin, Michel Djotodia comme ces nombreux acteurs du chaos centrafricain ne sont inquiétés des actes crapuleux commis sur la population civile et les biens de l’État.

3 #Bozizé

François Bozizé (Africanarguments.org)
François Bozizé (Africanarguments.org)

Chef d’État de la République centrafricaine après avoir renversé Ange Félix Patassé en mars 2003, François Bozizé Yangouvounda, général d’armée de son Etat, n’a pas pu résister au virus Séléka et a quitté son fauteuil présidentiel le 24 mars 2013. Indexé par l’armée pour ne pas avoir mis à sa disposition les moyens nécessaires pour la lutte contre l’invasion Séléka, débutée en août 2012, François Bozizé après sa fuite de Bangui a fait le tour de l’Afrique s’érigeant petit à petit en manipulateur. Il accorde désespérément à sa cause le malheur du peuple centrafricain en proie à la violence des mercenaires tchadiens et soudanais. Il fonde avec l’un de ses proches et porte-parole, Lévy Yakité, le Front pour le retour à l’Ordre Constitutionnel en Centrafrique qu’il détourne à des fins politiques à ses profits. La résistance menée par les populations du nord-ouest ont par ailleurs abouti à la création des groupes d’auto-défense anti-balaka. Héritier de la mal gouvernance de ses précurseurs, Bozizé ne s’est pas démarqué en propulsant le Centrafrique au niveau méritant. Bien que le moindre mal d’une Centrafrique longtemps absente du concert des nations, Bozizé n’a pas fait mieux que Patassé qu’il a renversé et a plongé dans une gestion clanique qui a précédé sa chute. Comme un secret de Polichinelle, les écarts de comportements d’une bonne partie de la Bozizie a plus qu’exaspéré un grand nombre de Centrafricains aux droits bafoués.

4 #24mars2013

C’est la date de la descente aux enfers de la République centrafricaine incarnée par la chute de Bangui. Ce dimanche n’a pas été comme les autres. Ce qui ne devait être qu’une prise de pouvoir où il n’y a eu aucune résistance, s’est transformée par la suite en enfer pour les populations de Bangui et l’ensemble du pays. Trois quarts des domiciles privés et entreprises ont été mis à vide et les biens envolés vers le Tchad et le Soudan ou revendus sur place. Témoin de d’une scène de pillage, j’ai assisté le 24 mars, aux environs de 11h, à la prise de plus d’une cinquantaine de véhicules au siège de la CFAO à Bangui. Des biens pillés aux assassinats qui s’en sont suivis, cette date rappelle de douloureux souvenirs aux Centrafricains.

5 #Tchadiens

Pointé du doigt par de nombreux Centrafricains pour s’être mêlé à la crise centrafricaine, le Tchadien est malheureusement vu comme l’ami qui a trahi. Idriss Deby Itno, le Président tchadien lui-même très impliqué dans cette crise et dont on dit de lui qu’il est le parrain politique de Djotodia, n’est autre que celui qui a précipité la chute de Bozizé et a imposé ses hommes de main au sein de l’exécutif centrafricain. Nourel Adam, un proche de Deby dont la population de Boy-Rabe (un quartier hostile au régime Séléka) garde de mauvais souvenirs, est la preuve de l’implication de l’homme fort du palais rose. La population tchadienne de Centrafrique est prise à partie et accusée d’avoir soutenu la Séléka. Ainsi tout ce qui est musulman fait sujet d’amalgame et devient « dangereux » aux yeux la population centrafricaine dont le bourreau était la Séléka. Au fil des événements, les autorités tchadiennes prennent conscience de l’ampleur de la situation et organisent des rapatriements en masse. Les ressortissants tchadiens ont été les premiers de tous les autres ressortissants de l’Afrique noire à quitter le territoire centrafricain après les événements du 5 décembre 2013.

6 #Misca

La Mission Internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine aura été au cœur de toutes les controverses. D’abord, une majorité de la population chrétienne a taxé le contingent tchadien d’être à l’origine de l’entrée de la Séléka à Bangui. Pour la petite histoire, un bon nombre d’éléments de la  Séléka s’est infiltré en se déguisant en force de la MISCA, portant les brassards accordés à cette force multinationale d’Afrique. Ensuite, vient la fin du règne Séléka où, d’un côté les populations musulmanes fuyant les exactions des anti-balaka, accusent les forces burundaises de laisser faire.

7#Sangaris

Une autre mission française en territoire africain qui assiste au déchirement de la population. Si ce n’est protéger l’aéroport de Bangui M’poko, qui si on en croit les objectifs de la France en Centrafrique est un intérêt français, cette force dépêchée par le président français François Hollande avant même l’accord de ses paires d’Europe, n’est autre que le pyromane de l’histoire. Rappelons-nous de l’appel lancé par Bozizé début mars 2013 à la France pour venir en aide à la population centrafricaine… On connaît la suite. Quand le chaos occasionné par l’Élysée a atteint son sommet, la France a mis en place la force Sangaris qui joue les spectateurs. L’ennemi qui sauve ou l’ami qui enfonce le poignard, la Sangaris dit-on entretien de bonnes relations avec les milices d’auto-défense anti-balaka.

8 #Anti-balaka

Milice d’auto-défense issue de la population, les « anti balle AK » ont vu le jour pour contrer la montée de la violence de la Séléka sur les populations civiles. Parti du nord-ouest de la République centrafricaine, ce groupe constitué au début de jeunes guerriers volontaires des villages du nord-ouest sera très vite détourné de ses véritables objectifs: protéger la population. Portés par le courage de ses combattants, les anti-balaka arrivent aux portes de Bangui et sont imités sur tout le territoire où naissent des groupes d’auto-défense similaires. Comme dans la Séléka, la barbarie gagne les rangs de groupe, ainsi des exactions sont commises et cette fois en majorité sur la population musulmane. Pire que la Séléka, ils tuent, pillent, violent, détruisent tous sur leur passage, depuis le 5 décembre 2013.

9 #5décembre2013

Si le 24 mars la RCA s’est retrouvée en enfer, le pire est arrivé le 5 décembre. C’est comme si on avait tué un mort qui se trouvait déjà en enfer. La tentative de coup d’Etat des anti-balaka du 5 décembre ayant précipitée le départ de Djotodia n’a fait qu’enfoncer le pays dans l’enfer le plus sombre. L’économie tenue à majorité par les populations musulmanes obligées de fuir le pays en raison des exactions à leur encontre, est plus que fragilisé.

10 #LedgerPlazza

C’est le nom donné au camp de fortune des déplacés face aux violences occasionnées par les Seléka. C’est en vérité le nom du plus grand hôtel en Centrafrique, le Ledger Plazza situé sur l’avenue de l’indépendance et qui a donné son nom à ces camps de déplacés qu’on retrouve un peu partout dans les quartiers ayant faits les frais des caprices sanguinaires de la Seleka. Le plus grand Ledger Plazza est celui des abords de l’aéroport Bangui M’poko où plus de 100 000 personnes entassées vivent dans des conditions effroyables.

L'aéroport de Bangui transformé en camp de réfugiés (Crédits: France24)
L’aéroport de Bangui transformé en camp de réfugiés (Crédits: France24)

11 #Faca

Les Forces Armées Centrafricaines, inexistantes depuis la début de la crise, dissoutes puis reconduites et restées à l’écart pendant toute la période Seleka. Cette armée fait son apparition dans le glossaire de la crise centrafricaine pour son incapacité à défendre le peuple. Récemment, elle a fait parler d’elle quand quelques-uns de ses membres ont battu à mort un des leurs ayant travaillé avec le régime Seleka. Scène indigne d’une armée républicaine surtout que les auteurs de l’acte ont exhibé des photos sur les réseaux sociaux avec des membres amputés du pseudo traître.

12 #SambaPanza

Catherine Samba-Panza, la nouvelle présidente centrafricaine de transition, ici le 21 janvier à Bangui (REUTERS/Siegfried Modola)
Catherine Samba-Panza, la nouvelle présidente centrafricaine de transition, ici le 21 janvier à Bangui (REUTERS/Siegfried Modola)

Première femme présidente d’une Centrafrique riche mais invisible, elle hérite d’un fauteuil présidentiel entaché de sang par ses précurseurs. Espoir d’une sortie de crise, le peuple centrafricain voit en elle la rupture avec le passé douloureux.

13 #Religion

C’est à la religion que les politiques centrafricains ont fait porter le chapeau de cette crise purement politique. La Seleka hétérocycle a été assimilée aux musulmans, c’est pourquoi les anti-balaka font payer le prix des exactions de la Seléka aux populations musulmanes et l’amalgame bat son plein. Or la Seleka n’est pas synonyme de musulmans et les anti-balaka ne sont pas synonymes de chrétiens comme le disent un bon nombre de médias occidentaux.

14 #Facebook

C’est ici que tout se discute ou se dispute. Des groupes pro ou anti, des pages de soutien, des comptes aux utilisateurs fantômes, des débats, le réseau social Facebook comme pour bien d’autres sujets est devenu l’arbre à palabres de cette crise qui, ici aussi, fait des dégâts. Dès le lendemain du 24 mars des comptes anti-Djotodia ont vu le jour. Jusqu’ici la culture internet qui n’était pas très ancrée dans les mentalités centrafricaines a connu de nouveaux adeptes. Ainsi le journalisme participatif a permis à de nombreux Centrafricains de suivre en un temps record l’avancée des événements aussi bien à Bangui que dans tout le pays.


L’étau se serre, les Anti-Balaka se divisent

Les représailles de l’ex-rébellion centrafricaine de la Séléka après l’offensive des milices chrétiennes sur Bangui le 5 décembre 2013, ont fait près d’un millier de morts dans la capitale alors que l’organisation Amnesty international, dénonce la poursuite des tueries inter-religieuses dans le pays. La milice Anti-Balaka composée majoritairement de chrétiens se livre à des séries de représailles sur la population et sur des anciens collaborateurs qui quittent le mouvement et se divise. Malgré la présence des troupes françaises et africaines censées protéger les populations, des civils continuent d’être tués quotidiennement. Le commandant de zone des Anti-Balaka, Sebastien Wenezoui se livre à des actes de tortures et poursuit certains de ses lieutenants en cavale pour motifs de collaborations illégales avec des « forces extérieures », a-t-on appris de sources proches du mouvement. Franck Ngaibino, homme de confiance et de confidence de Sebastien Wenezoiu, détenteur d’informations secrètes sur les transactions du mouvement avec les forces de la Sangaris, contacté par notre rédaction, nie les faits. Pour lui, sa collaboration avec les forces françaises n’a rien d’illégales comme son ancien collabo Sebastien Wenezoui le lui reproche.

« Je suis informaticien. Ma collaboration avec Monsieur Wenézoui se basait uniquement sur la maintenance de ses outils informatiques », a-t-il affirmé avant de confier que son mentor s’est retourné contre lui alors que la Base M’poko qui abritait les forces françaises lui a proposé un contrat de prestation de service. « Quand j’ai eu ce contrat pour apporter aux Sangaris mon expertise dans le domaine informatique, le Comzone (Commandant de zone, titre attribué aux hauts dignitaires des Anti-Balaka), s’est détaché de moi et a renforcé la surveillance autour de moi. Il me soupçonnait de le trahir personnellement et de trahir les positions de ses armes aux soldats français et d’ajouter : « Des coups de fil anonymes me parvenaient chaque jour et souvent ponctués de menace de mort »

Rappelons que trois containers entreposés dans le camp de la M’Poko, sur l’aéroport de Bangui, recèlent la plupart de l’armement saisi par les militaires français auprès des différents groupes armés depuis le lancement de l’opération Sangaris. Derrière une enceinte grillagée hérissée de fils de fer barbelés sont regroupées les armes prises tant du côté des combattants des ex-Séléka que des groupes anti-balaka, souligne-t-on du côté de l’armée française. Dans le camp de celui qui se réclame, « Coordonnateur Général » des Anti-Balaka, le langage n’est pas le même. Il reproche à tous ceux qui quittent le mouvement, d’être des informateurs à la solde de la Sangaris et de trahir la juste cause qu’il poursuit. Alors que la coordination du mouvement met en opposition, Edouard Ngaissona, proche du président déchu Bozizé et Sebastien Wenezoui, des dizaines de combattants du mouvement sont contraints de quitter les rangs de cette milice d’auto-défense en raison du désarment organisé par la Sangaris. Ces derniers témoignent que leurs vies sont menacées. Certains reconvertis en opérateurs économiques à l’intérieur du pays font l’objet d’intimidations de la part des « généraux ». D’autres ont préféré quitter le pays. Le 5 décembre 2013, l’intervention française « Sangaris » composée de 1600 militaires français est décidée face à une situation de décomposition quasi-totale de l’Etat et d’insécurité maximale.


Seleka, anti-balaka et compagnie : les quatre maléfiques

Si le mal centrafricain est politique, il n’est nul doute que les forces armées impliquées et véritables jouets aux mains des pouvoirs du nord, n’apportent rien de fantastique à la crise qui broie ce petit pays perdu au cœur du continent noir.

Les 4 maléfiques
Le 23 décembre, des tirs tchadiens ont fait plusieurs morts à Bangui.
AFP PHOTO/MIGUEL MEDINA

De la Seleka au Sangaris en passant par les Anti-balaka ou la MISCA, le Centrafrique est otage d’un jeu politique sponsorisé par l’occident.

Séléka ou l’effondrement d’un système politique

Inutile de le rappeler, l’accession au pouvoir de la coalition rebelle Seleka au pouvoir laisse bien de sombres taches indélébiles tant dans le système socio-politique que militaire de la République centrafricaine. Par son leader politique Michel Djotodia, cet ensemble de groupes rebelles et d’opposants au régime déchu de Bozizé s’est mis à dos, l’ensemble de la couche sociale centrafricaine. D’abord par l’accomplissement en bande organisé de pillages des biens privés que publics de la nation, par le manque d’autorité de son leader et par l’exercice d’un système de terreur sur les groupes jugés hostiles au régime. La Seleka a occasionné pour un Centrafrique déjà fragile, la chute des institutions nationales, la fuite des cadres vers d’autres pays comme le Cameroun ou le Congo et la dégradation des valeurs morales d’un pays fondé sur des bases de laïcité. La déclaration de Abakar Sabone, très médiatisé et très contesté par la même occasion qui lui a valu sa place de conseiller à la Présidence de la République semble une des raisons cachées de la prise de pouvoir de la Séléka le 24 mars 2013. Accusé non pas à tort, il est maintenant judicieux de le dire, la suite à Ziguele, Tiangaye et compagnie a renversé le pouvoir du 15 mars pour prôner la division d’un Centrafrique malgré tout riche de son peuple hétérogène.

Encore faut-il le rappeler que les sombres intentions de l’immature couche politique centrafricaine ont permis depuis l’accession à l’indépendance de maintenir dans un cercle infernal ce pays béni des dieux. En cinquante et quatre (54) ans d’indépendance et sept (7) Républiques pseudo démocratiques, le pays aura connu cinq (5) coups d’État et une régression socio-politique constatée à chacun de ces malheureux évènements… La Séléka peut être dernière du malheur centrafricain avant la renaissance d’une véritable couche politique ne pouvait faire mieux.

Anti-balaka, la révolte populaire détournée

Face à la barbarie du nouveau maître des lieux, la population exaspérée voit naitre de ses entrailles une envie de défendre ses valeurs morales et physiques… Des groupes d’auto-défenses naissent. Seuls bémols, les politiques s’y mêlent, la révolte qui se voulait alors populaire tourne au drame et le peuple se fait porter le chapeau du génocidaire. Parti du nord-ouest, région d’origine du déchu Bozizé sucre à la bouche des dirigeants du régime Seleka, les révoltés dit anti-balaka sont très vite prises en otage sous des mains politiques qui dirigent désormais ce groupe hostile au régime de Djotodia et poussent à commettre au même titre que la Seleka,  l’une des pires tueries que le Centrafrique n’ait jamais connu. Le 5 décembre 2013, plus d’un millier de personnes sont atrocement exécutées en moins de 10 jours au nom de la ‘’religion’’.

Misca, l’observateur aveugle de l’Afrique centrale

Ils sont là, voient tout sauf que… Si on pouvait parler du contingent tchadien qui s’est illustré par tous les moyens dans ce désormais conflit sous régional, dira-t-on que l’ampleur qu’il n’y plus en Afrique central personne qui ne soit impliqué dans cette histoire. Petite piqure de rappel, dans la prise du pouvoir de la Seleka, la sécurisation et l’évacuation des ressortissants tchadiens, l’une des colonies à être visée par les acteurs des événements du 5 décembre causant des pertes humaines et matérielle, tout ce qui est tchadien a été et est mal vu en Centrafrique, pour faute, Idriss Deby Itno a promis aux lendemains du rapatriement de ces compatriotes, de s’en prendre à tous ceux qui s’en sont pris aux tchadiens en Centrafrique.

Sangaris, on aurait souhaité un lion à la place de ce papillon

Maurice un ami humoriste le disait en blaguant que le nom choisi pour cette opération lui faisant un peu marrer : Comment faire tomber un dur comme la séléka par un si léger invertébré ?  Moi j’aurai souhaité un lion à la place de ce papillon. Aujourd’hui, je suis d’accord avec lui que la France, prend légèrement le conflit centrafricain. Sinon comment expliquer que ce groupe de Séléka, mal équipé, mal organisé ne soit pas maitriser par les plus qu’officiels, mille (1000) soldats de l’armée française et ceux de la Misca ?  Si ce n’est pour d’autres fins, l’armée française sur place en Centrafrique assiste impuissante au massacre de la population. Elle attend, attend et attend…


Le centrafricain est victime de malédiction

Il y a deux sortes de gens : ceux qui peuvent être heureux et ne le sont pas, et ceux qui cherchent le bonheur sans le trouver. Ce proverbe arabe semble bien décrire le cas du Centrafrique qui a tout pour briller mais ne brille pas et le centrafricain lui même qui cherche le bonheur mais ne le  trouve pas. Il est vrai qu’un pays ne brille que par le dévouement de son peuple mais l’absence de la bannière aux cinq couleurs au concert des nations fait un effet de boule de glaçon dans un bol de lait chaud. Ce pays n’a-t-il pas d’hommes brillants ?

Drapeau-rca-boganda
Drapeau-rca-boganda source www.lemonde.fr

Il m’est coutumier de parler des affaires du pays dans mon entourage et même avec des gens moins âgés que moi. Mais jamais je ne m’étais retrouvé à répondre à une interrogation aussi embarrassante que celle venant d’un jeune avec  des années de moins que moi.

Pourquoi aucun centrafricain n’est brillant?

Je bavardais de tout et de rien lundi dernier avec un jeune ami quand soudain, je ne sais par quelle motivation, il me lança :

–          Pourquoi aucun centrafricain n’est brillant?

Il me paraissait facile de répondre à cette question quand on sait que je suis de prés les montées et les descentes des gens de mon pays. Je me vois capable de parler une journée entière de gens d’ici ou de là bas. Après un sourire sournois, je me mis à lui citer les gloires centrafricaines que je connais. Je lui contais la guerre de Ngoko-wara et les prouesses de Karinou, lui chantant le courage de Barthélemy Boganda,  dans sa lutte pour la liberté du peuple oubanguien et son triste accident du 29 mars 1959, je n’avais laissé de part  la diplomatie de David Dacko du temps où il était à la tête de la RCA, l’esprit d’innovation de Jean Bedel Bokassa le conduisant jusqu’à imiter Napoléon et devenant l’empereur de Centrafrique , le doux tempérament d’André Kolingba, la langue de vipère d’Ange Félix Patassé contre la France, la belle carrière militaire de François Bozizé, jusqu’à l’improbable prise de pouvoir de Michèle Djotodia, sali par les égarements de sa bande de Séléka. Je me plaisais à glorifier les hommes politiques de mon pays quand, le silence lointain de mon interlocuteur me fait penser à Mambacka, ce grand homme de culture reconnu partout en Afrique et dans le monde pour son engagement pour l’art et la culture centrafricaine. Je me mis alors à lui parler de ce célèbre Piko (Arier Nzapassara), ce comédien ayant joué un rôle principal dans un cinéma long métrage et sa célèbre phrase connu de presque tous les enfants de la génération 80-90, « Mö mou kondo so mo goué na ni na Japon »*. Ah cette phrase me donnait l’envie de faire carrière en cinéma car pour nous à l’époque il était rare de voir un film centrafricain passer à la télé. Je n’avais oublié Didier Ouenangaré et son « Silence de la forêt« . Si tu veux, je peux t’en citer d’autres lui disais-je tout excité, à l’idée de lui faire comprendre que mon pays regorge de bien de potentiels humains. Regarde Mapou Yangambiwa, l’ex capitaine de Montpellier, le tout premier centrafricain d’origine à être champion de France, Foxi Kettevoama champion du Kazakhstan avec l’Astana, Eloge Enza qui a fait les beaux jours de L’ESTAC avant de signer à Valencienne cette saison. Comment dire qu’il n’y a pas de centrafricain brillant si Idylle Mamba  n’avait pas représenté dernièrement le pays aux jeux de la francophonie à Nice et continue de faire la fierté de la bannière au cinq couleur ? Comment dire cela si Alain Zankifo s’est fait roi du ring du kick-boxing au nom du Centrafrique? S’il n’y pas de centrafricain brillant, que diras-tu de Boddhi Satva bien connu pour ses productions (AncestralSoul) et dont son premier album « Invocation » est maintenant disponible dans le monde entier. Prudence Maidou fait bien le poids quand elle joue dans « Dakar Trottoir » aux côtés d’Éric Ebouaney, Singuila même si les congolais se disputent avec nous son appartenance, est connu pour avoir des racines centrafricaines, Romain Sato même s’il gère mal ses tourments avec les dirigeants de la Fédération Centrafricaine de Basketball est bien le premier centrafricain à fouler les parquets de la NBA. Je pourrais passer une journée entière à citer ceux qui marquent à leur manière, les belles couleurs de notre patrie. Je lui parlais de James Mays et sa séléction en février dernier pour participer aux all-Star game de la NBA. Je cherchais encore dans la longue liste des centrafricains accrochés à leur patrie ou dénaturalisés par la force des choses, quand d’une voix tremblante, mon jeune ami s’indigna:

– Nous n’avons même pas un homme politique à la hauteur de Mandela, même pas un sportif de l’acabit de Samuel Eto’o ou Didier Drogba, aucun de nos musiciens ne peut se mesurer à Koffi Olomidé ou Papa Wamba.

Le pays n’a aucune identité, comme le Cameroun avec son football, la Côte d’Ivoire avec son cacao, le Sénégal avec son île de Goré, le Congo démocratique avec ses musiciens, le Togo et le Benin avec leur Vodou… Nous n’avons aucun monument qui nous représente à l’international comme l’Egypte avec ses Pyramides, la France avec sa Tour Eiffel, les Etats Unis avec la statue de la Liberté, alors comment justifier ce manque de présence à l’international?

Là encore j’étais embêté… Mais d’un coup, je me souviens d’une version officieuse de l’accession à l’indépendance du Centrafrique, ce bruit de vent qui pourtant justifierais notre absence dans le concert des nations est peut être dû un seul fait. Boganda, le père de l’indépendance aurait maudit ses pairs Oubanguiens.

La malédiction de Boganda:

Nous étions à la veille de l’accession de l’Oubangui-Chari à l’indépendance, le pays est frappé par une nouvelle tragique. Barthélémy Boganda, le premier prêtre, le premier grand homme politique, le premier maire élu de Bangui, le Président du Grand Conseil de l’AEF (Afrique Équatoriale française), le fondateur de la République Centrafricaine le 1er décembre 1958 et surtout la plaie puante d’une église catholique dominée par l’impérialisme occidental de l’époque, perd la vie dans un crache d’avion. Comme ces pairs défenseurs de leur peuple, Boganda se fait voler la vie et son rêve de voir une Afrique unie. Cette perte comme le dit la chambre commune, pour ne pas dire le commun d’un Centrafrique instable depuis les indépendances, est la cause même de l’inexistence tout domaine de ce pays qui a tout pour briller mais tarde à décoller. Celui qui aura donné de sa vie, aurait avant de rendre l’âme maudit ceux qui ont occasionné sa perte. Les Oubanguiens. Tous les oubanguiens qui s’aventureraient à diriger le Centrafrique ou devrais-je dire, l’actuel Centrafrique de Transition ne verront qu’échec. Je serais mauvaise langue pour citer, les Dacko, Bokassa, Kolingba, Patassé, Bozizé et peut être même Djotodia qui marque, le dernier rempart de ceux qui ont directement travaillé avec Boganda. Oui j’ai vraiment envie de croire à cette version des choses pour dire que Boganda ait maudit les Oubanguiens. Sinon comment justifions-nous cet éternel retard?

Etre centrafricain, descendant des Oubanguiens est un mal de vivre

J’en revenais de ma justification combien même fastidieuse de cette inexistence de mon pays quand je me rendis compte que réellement, tous ceux qui ont un rapport parental avec ce pays, ne décolle jamais. Christ cet ami de longue date avec qui je tiens cette causerie, affirmait encore:

-Si tu veux faire une carrière internationale, il ne faut jamais dire que tu es centrafricain, sinon la malédiction de Boganda te poursuivra encore et tu ne réussiras jamais.

Me donna t-il des exemples d’hommes ou de femmes d’origine centrafricaine qui pourtant ont essayé de se différencier: Karinou aurait pû être reconnu au même titre que le tchaka Zoulou, Bokassa aurait pu mériter le même respect qu’on donne à Idi Amin Dada, Idylle Mamba aurait pu être considéré comme la Mbilia Belle version centrafricaine, Prudence Maidou serait peut être notre Angelina Joly si les querelles politiques des Oubanguiens n’avaient pas fait de morts pour leurs intérêts égoïstes ce 29 mars 1959.

Mais que diable, pourquoi Yangambiwa, n’a pas une école de football en son nom à Bangui? Pourquoi il n’existe aucune salle de ciné au nom de Ouenangaré ? Pourquoi il n’existe aucun prix littéraire au nom de Goyemidé ? Pourquoi Satva n’ouvre pas la plus grosse discothèque de Centrafrique à Bangui par exemple en son nom?  Sato n’a même pas un camp de basketball en son nom, il n’existe aucune école militaire au nom de Bokassa, Kolingba ou Bozizé. Je veux bien croire à cette malédiction mais si le centrafricain qui essaie de briller ne fait rien pour son propre nom, personne n’entendra parler de lui.

* « Je t’offre ce coq, prend-le, ramène-le au Japon »


Centrafrique : Bangui la ville poudrière

Dit-on qu’au pays des aveugles, le sourd est roi parce qu’il voit ? En Centrafrique, l’homme armé est tout simplement un dieu, il a entre ses mains le pouvoir d’arracher la vie et pour sa grandeur, il réclame tous les honneurs. Puis que tout humain rêve d’être Dieu, à Bangui tout le monde ou presque s’offre une arme. Ce cas de figure perceptible dans plusieurs pays d’Afrique et du monde semble la cause des multiples conflits armés et des commerces incontrôlés et répandus des armes de tout genre. Ici, les mauvaises habitudes ont fait des Centrafricains les premiers garants de leur propre sécurité. Chacun se protège donc à sa manière et c’est devenu une mode de s’auto-protéger au pays de la bannière aux cinq couleurs.

L’épisode Seleka, le plus sombre et triste des  interminables feuilletons meurtriers des crises militaro-politiques de la République centrafricaine, bien plus qu’un trait dans l’histoire, est incontestablement le jalon d’une perte d’identité de la sécurité publique.

Bienvenue dans la cité de la loi du plus fort

La capitale centrafricaine, en proie ces vingt dernières années aux crises militaro-politiques ayant donné naissance aux incalculables et incontrôlables groupes armés, serait devenue le sanctuaire des bandits aux mains armées. Les rues et maisons de Bangui sont bien plus remplies d’armes que les poudrières de l’armée nationale devenue inexistante depuis le début de la trilogie Seleka-Bozizé, est-il juste de décrier, quand on sait qu’à chaque coin de rue et dans bien plus d’une maison, il ne semble pas une surprise de trébucher sur une Kalachnikov, une cartouche de pistolet ou tout simplement sur un effet militaire devant normalement ne pas avoir sa place là. Tout le monde possède une arme, tout le monde veut faire parler la poudre et tout le monde a sa propre loi à Bangui. Les violences armées rythmeraient le quotidien des Banguissois au point que certains quartiers se sont vidés de leurs habitants. Les récentes violences perpétrées dans le quatrième arrondissement notamment à Boy-Rabe ont occasionné le départ de nombreuses familles vers d’autres quartiers jugé moins violents. Or, aucun quartier de Bangui n’est épargné par ces violences, comme le témoigne les cas de braquages et de bagarres.  Ces violences sont le plus souvent signalées aux alentours des bars dancing et les marchés. Jeudi 12 septembre 2013 une des effroyables scènes de braquage se déroule dans le 1er arrondissement : un véhicule de l’Organisation des Nations unies pour l’Enfance (Unicef), à bord trois hommes et une dame. Le véhicule stationné à l’entrée du marché de Saïdou est réquisitionné de force. Les habitants des quartiers Sica I, Saidou et ceux des alentours se font involontairement témoins de cette abominable scène ayant effrayé les spectateurs et faisant de la dame à bord, l’unique blessée de cette nouvelle action des hommes forts de Bangui. Voitures volées, maisons pillées et passants braqués. Sortir son nez dehors ou traîner à des heures avancées dans la nuit est le pire des châtiments que l’on peut infliger aux Centrafricains en ces temps. Christ, un voisin de quartier et boutiquier, me confirme au lendemain du braquage à Sica : « Il n’y a plus de discrétion maintenant pour ces assoiffés de tout. Ils braquent et tabassent à coup de ‘’Albatacha’’ qui ils veulent… » Mais faisant de cette situation ma préoccupation, j’aimerais bien savoir  si ces violences à Bangui ont pour unique auteur les Seleka ?

Cartographie des violences armée : les violences dépeignent Bangui

 J’ai promené mon regard et reparti selon les zones urbaines à éviter les quartiers de Bangui, reconnus très fréquentés par les ressortissants de la coalition rebelle Seleka au pouvoir. Cette cartographie fait un état des lieux du degré atteint par les violences armées depuis le lendemain du coup de force du 24 mars 2013.

Insécurité à Bangui
Cartographie de la violence à Bangui.

 Si l’on se croise sur le territoire centrafricain, ne me demandez pas de soulever mon tee-shirt, comme tout le monde, j’ai décidé de me protéger.


Centrafrique : à chacun son coup d’Etat

Dit-on qu’un peuple malheureux fait de grands artistes ? Si tel est le cas, l’art de gouverner devrait naître dans le rang des malheureuses victimes faites par les mains des politiques centrafricains. Si tel est vraiment le cas avec tout ce qu’on vit, l’artiste qui devra gouverner les jours prochains de mon pays serait déjà né.

Monument du libérateur
Monument du libérateur Bangui

J’ai entendu dire qu’en Centrafrique il serait facile de prendre le pouvoir ? Qu’il suffirait juste de s’allier avec une nation militairement plus forte pour fomenter un coup d’Etat ? Avec tous ces followers , amis et likers que j’ai sur les réseaux sociaux, je ne vois pas pourquoi je ne ferai pas le mien ? Enfin, j’ai décidé de faire un coup d’Etat comme tous ces politiques centrafricains pour ‘’sortir mon peuple de la souffrance’’. A chacun donc son coup d’Etat, moi j’ai décidé de faire le mien via mon blog et ‘’Sauver le peuple’’  des dents de ces politiques affamés. Appelez-moi désormais Monsieur le Président, en attendant que je ne sois comme eux, élu par acclamation…

Mon premier discours à la patrie

Messieurs et dames de la mauvaise gouvernance votre mascarade a tant duré.

Si pendant cinquante et trois ans, le peuple s’est tu et vous a laissé faire, c’est parce qu’il n’y avait personne pour défendre sa cause.

Messieurs et dames de la mauvaise gouvernance, nous sommes en 2013 et le monde est témoin de vos manœuvres. Une voix s’élève du camp du peuple pour enfin vous dire NON, sur tous les lieux NON.

Messieurs et dames de la politique hypocrite, c’est du camp du peuple que l’inspiration de ces mots, a lieu et vous demande de rendre le pouvoir à ce peuple martyrisé, battu et violé.

C’est au nom de cette jeunesse, tuée à Boy-rabe, Boeing et aux quatre coins de la République centrafricaine que cet écrit s’adresse à vous.

Attristé par vos comportements inhumains, par les tueries répétitives, par votre silence complice, par votre manque de respect à l’égard du peuple ;

Motivé par le fait que le peuple représente 99% et que vos camps divisés de politiques opportunistes se disputent encore les 1% ;

Convaincu que l’avenir du peuple ne se décide que par le peuple lui-même,

Messieurs et dames de la mauvaise gouvernance, que vous soyez du camp des traitres des lendemains des indépendances, que vous soyez du camp des hommes qui n’acquièrent le pouvoir que par les armes, que vous soyez du camp de ceux qui se taisent pour remplir leurs ventres avec le sang du peuple, l’heure est venu de comprendre que le temps de vos manèges est révolu.

Nous reprenons le pouvoir que nous vous avions confié et que par ingratitude, par égoïsme et par fourberies, vous avez retourné pour faire de nous vos plats préférés, épicés de nos sangs, sueurs et larmes.

Ce discours s’adresse à cette génération débile qui n’a donné à son peuple, aucune identité culturelle, aucune armée, aucun avenir.

Ces paroles représentent notre défense contre ceux qui font du peuple, les cibles de leurs armes.

Ces mots interprètent la douleur que nous ressentons quand, nos sangs remplissent vos barils de vin. Ces mots sont notre identité perdue à la cause de vos querelles impubères.

Nous sommes :

la fille et le fils de Yassi et de Kossi, la nièce et le neveu de Karinou et de Béko, nous avons appris à lire et à écrire à l’école Saint Charles et au CEG de Boda, de Mongoumba et de Kabo nous avons des cousins et cousines qui s’appellent Djamal, Mariam, Bilal ou Alima nous sommes nés à Yaloké, Zinga et Bandoro et nous avons grandi à N’délé, Sido et Grimari. Aujourd’hui, pour vos intérêts égoïstes, notre diversité culturelle et la richesse de nos terres risquent bien fort de ne pas nous profiter et ne profiteront pas et nos enfants.

Pour ne point nous laisser faire, nous avons décidés de prendre le pouvoir.

Politiques hypocrites, nous vous reprenons ce qui nous appartient.

Que nous reste t-il si vous avez pris la dignité à nos mères, sœurs et femmes ?

Que nous reste t-il si la présence des hommes ne compte pas plus que celui de l’animal de compagnie ?

Que nous reste t-il si à cause de vos armes, les routes de l’école sont fermées ?

Politiques vaincus, vos intérêts égoïstes sont certes protégés et soutenus par vos associés venus de partout, ceux qui vous cachent chez eux sont au même titre que vous, nos pires ennemis.

Messieurs et dames de la mauvaise gouvernance, vos 1% sont dés lors effacés et vous ne représentez aucune force, aucune menace contre l’unité du peuple qui travaille pour sa dignité.

Vous pensiez, vous succéder ainsi et faire de nous vos éternels esclaves ?

Jamais !

Nous prenons le pouvoir, sans être comme vous des marionnettes, mais les maîtres de nos destins, car la mort, vous nous aviez déjà fait voir, la souffrance, elle est notre quotidien et nous ne reculerons devant rien.

Nous prenons le pouvoir, ici, sur nos blogs, dans nos groupes et dans nos villes et villages,  par la force des mots, par la motivation de donner un avenir meilleur à nos enfants.

Nous faisons parler les murs qui ont entendus tous vos manèges. Ils avaient des oreilles, nous leur donnons aujourd’hui la parole. Nous sommes partout dans les places publiques, nous nous formons en communauté des sauveurs de la patrie. Car notre seule arme est la parole et l’accomplissement des actes salvateurs en faveur de notre peuple.

Nous prenons le pouvoir en refusant de participer à vos plans diaboliques.

Nous refusons tout  ce qui vient de vous pour protester contre votre trahison.

Politiques hypocrites, avec nous l’avenir du peuple se décide par lui-même.

Peuple libre, les rues sont désormais notre siège, les places publiques sont désormais nos lits, les murs nous servent désormais de porte voix.

Ils ont la télévision, la radio et les presses. Nous avons les blogs, les réseaux sociaux et les murs dans nos rues.

Peuple libre, le pouvoir nous appartient.


Transition en RCA: Prestation de serment sur fond de terreur

Au cas où la Somalie se cherchait un clone, dites lui que la République cent… Oh que dise-je? Dites lui que la République des Séléka lui ressemble désormais.

Djotodia Séléka
Djotodia sur fond de séleka

Bangui, dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 aout à quelques heures de la cérémonie de prestation de serment du Président de la transition en Centrafrique. Vers 3 heures du matin, les habitants des 1er et 4ème arrondissements sont réveillés par des crépitements d’arme. De causes inconnues, ces énièmes bruits d’arme dans la ville de Bangui, resurgissent une fois de plus la peur de la population qui vide les rues de la capitale centrafricaine. La capitale de la nation à la bannière aux cinq couleurs, serait devenue la nouvelle Somalie, au point que même une fourmi n’oserai se promener au simple signalement d’une patrouille de la Séléka.

Boy-rabe, à couteau tiré avec les éléments de la Séleka

Réputé proche du président sortant François Bozizé, le quartier Boy-rabe situé dans le 4ème arrondissement de Bangui semble appartenir au viseur rouge du collimateur des autorités de la place. Une fois de plus, c’est dans cette périphérie nord de la capitale banguissoise que les engins de mort de la Séleka ont retenti pour semer à nouveau  la terreur. Faisant état d’un mort et de plusieurs blessés, l’incident armé de la nuit du 18 août, rappelle les événements tragique du 14 avril ayant opposé de jeunes résistants des 4ème et 7ème arrondissements aux éléments de la Séleka, pillant et incendiant des maisons sous prétexte d’une opération de désarmement. Depuis lors, le quartier Boy-rabe est pointé du doigt et reste moins habité en raison des répétitifs soulèvements de la population et des exactions commis par la Séleka, dont on chiffrera à plus d’une trentaine de morts, le bilan des événements du 14 avril dernier. Quartier rouge plus que jamais, les rumeurs faisant de Boy-rabe le quartier de la résistance contre l’oppression sélékiste, ne resteront que des rumeurs et depuis 24 heures, au moment où je publie ce billet, les éléments de la Séleka assiègent Boy-rabe et soumettent à des fouillent scrupuleuses, tout passant, appelé à verser à chaque entrée et sortie, la somme de 250 francs CFA. Boy-rabe serait devenu une arène où même les gladiators paient l’entrée. Ce qui est plus marrant d’ailleurs, c’est que la sortie du désormais célèbre et réputé stade Boy-rabé est payante. Devinez seulement pour quel but, fait-on payer l’entrée d’un quartier à ses habitants ? Les faire fuir bien sûr !

Baissez la tête, Sa Majesté Itno est à Bangui:

Je ne confirmerai pas les allégations d’aucun, disant que le Président tchadien Idriss Deby Itno est pour quelque chose dans la crise centrafricaine, ou du moins, je ne m’alignerai pas derrière les mauvaises langues qui disent que le cousin nordiste serait le parrain politique et même militaire du désormais président de la transition centrafricaine, le très contesté Michel Djotodia. Mais à en croire, le dispositif sécuritaire employé pour accompagner le déplacement de Deby à Bangui, serait digne d’une visite d’Obama à Dakar: circulation de véhicules privés et de transports en commun interdit ; policiers et gendarmes déployés sur toutes les intersections et grandes avenues de la place; quartiers réputés « rouge » placés sous haute surveillance militaire… Euuuh dans le cas du Centrafrique, doit-on dire militaire ou Séléka, puisque selon les dernières informations, Son Excellence, à l’époque où il n’était pas encore officiellement Président de la Transition avait jadis renommé les Forces Armées Centrafricaines, en Armée Républicaine de Centrafrique… Donc officiellement pas d’armée… Bon je ne me retrouve pas dans ce labyrinthe de jeux de mots et ne sais plus quel nom donné à ces gars en treillis armés jusqu’aux cheveux qui font désormais la loi en Centrafrique. Je m’en tiens à cela et remarque que la venue d’Idriss Deby Itno à Bangui, accompagné par un autre acteur de la crise centrafricaine, Dénis Sassous Nguesso, auront bouleversé les habitudes à Bangui. Les petites artères des quartiers longeant les avenues les plus empruntées par les transports en communs ont été prises d’assaut, durant tout le long de la cérémonie de prestation de serment du Président de la Transition, par les taxis, bus et engins à deux roues. Le soir du 18 août, comme depuis le 24 mars dernier, les rues de Bangui sont restées vident et les timides attroupements devant les bars dancing n’auront duré qu’une poignée d’heures.

Si dans son adresse, le nouveau maître de Bangui promet d’œuvrer pour la sécurité et en faveur de la tolérance zéro: « Je vous affirme qu’il n’y aura plus de place pour l’impunité, car l’on ne saurait construire un Etat de droit sans la justice. A cet effet, tous les auteurs – et ceci sans exception – des crimes et délits seront systématiquement traduits en justice et sévèrement sanctionnés », l’ombre de Bozizé, auteur d’une interview fracassante accordée à Rfi le 10 août dernier, plane encore sur le Centrafrique et attise davantage la flamme Séléka qui s’en prend, à qui en déplaise la très démocratique prise de pouvoir de la coalition de la terreur.

Avant c’était la pré-transition, mais ça c’était avant

La transition est lancée pour 18 mois et le capitaine à bord sera bien Djotodia. Contrairement à ceux qui disent que ce dernier n’avait pas toutes les prérogatives du Chef de l’Etat. Et que son Premier ministre Nicolas Tiangaye officiellement plus proche de l’opinion internationale, serait mieux écouté que lui par cette France marionnettiste à la commande des  Bozizé, Djotodia, Tiangaye et compagnie. Désormais et ce pour 18 mois, si le tapis rouge ne l’englouti pas, le seul maître à bord sera bien, Michel. Comme le témoigne son discours, l’heure de l’impunité, qu’il a vu sous semblant d’aveugle aura trouvé sa fin. Mais en attendant qu’il ne se décide à créer un parti politique comme tous les autres putschistes de son acabit, le Président de la République Transitoire de Centrafrique (RTCA)… C’est à la mode maintenant de changer les noms en Centrafrique, nous sommes dans une transition non… Djotodia devrait mieux que quiconque gérer les querelles internes de la Séléka et les histoires de qui à plus d’homme que qui au sein la coalition la plus  tristement célèbre de l’histoire de la République centrafricaine.


RCA / L’après Bozizé : génération arme en main

Humour-rébellion-iconographie-PenDesign
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L’armée les aurait appelé des frères d’arme, la politique a fait d’eux des adversaires, pire encore des ennemis politiques s’étant succédé selon les circonstances à la tête d’une nation en quête d’une véritable identité politique. De Dacko à Bozizé en passant par Bokassa ou Patassé, la fratrie des Oubanguiens alliés de Boganda, aura-t-elle connu sa fin ?

L’histoire s’en souviendra que les hommes forts ne sortent pas tous de la même école, mais que leurs destins se croisent souvent et selon leurs œuvres, ils demeurent éternellement dans la tête des hommes.

Boganda : l’école d’un directoire presque réussi

Prédestiné à conduire les jours de l’ancienne colonie française, devenue indépendante le 13 août 1960, la République centrafricaine dont il est le Président Fondateur, Barthélemy Boganda avec son rêve de fédérer les pays africains sera malheureusement court-circuité par un accident d’avion, le 29 mars 1959.  Aux lendemains de ce décès que certains qualifieraient de ‘’perte pour le Centrafrique’’, l’avenir politique de ce pays situé au centre de l’Afrique se décide depuis la métropole. David Dacko, ami, allié et cousin de Boganda prend avec l’aide de la France, les règnes d’un Centrafrique jeune et prometteur de ses richesses déjà convoitées par le colonisateur d’hier, devenu ami d’aujourd’hui. Se succèdent alors, Jean Bédel Bokassa, officier français, fondateur des Forces Armées Centrafricaine (FACA), autoproclamé Empereur de Centrafrique en 1979 mais déchu la même année par l’opération barracuda, des suites de divergences avec ses pseudo cousins français l’ayant mené au pouvoir douze ans plutôt. Dacko reviendra au pouvoir avant de laisser une fois de plus la place à un certain André Kolingba, sorti lui aussi de la mêlée des leaders politiques façonnés par la France de De Gaule et de D’Estaing. De 1983 à 1993, les relations entre la France et le Centrafrique se caractérisent par la signature d’accords militaires entre les deux nations, on note à ce titre, l’implication d’officiers français dans la formation de cadres militaires centrafricains.

Cependant, l’opinion publique centrafricaine ne prête guère attention au jeu de succession d’acolyte auquel s’adonnent presque involontairement ses leaders, sous l’influence des pays amis décideurs de l’avenir d’un pays souverain comme le Centrafrique. En 1993, Ange Félix Patassé, Premier Ministre sous le régime de Bokassa, accède à la magistrature suprême à l’issus des premières élections présidentielles organisées dans ce pays où depuis l’accession à l’indépendance, les seules élections organisées auront été celles du Référendum constitutionnelle de 1992 des temps du Président Kolingba. Une fois de plus, l’allié de toujours lâche le régime en place et prête sa confiance à un autre élément sortie des rangs de ceux qui ont marché sur les pas de Boganda. Comme Bokassa en 1966, Dacko en 1979 et Kolingba en 1981, François Bozizé arrive au pouvoir grâce un coup d’Etat, le 15 mars 2003.

Bozizé le dernier né de la fratrie

Premier Chef d’Etat centrafricain à avoir mené une rébellion avant d’arriver au Pouvoir, François Bozizé a d’abord servit en tant que homme de corps de l’empereur Bokassa et côtoyant par la suite sous tous les régimes ayant précédés au sein, ceux pour qui il sera désigné par le peuple, le successeur mérité. Sous l’ombre de l’homme fort de Béréngo, aux cotés du Général Kolingba en tant que Ministre de l’information ou encore stratège militaire sous le régime de Patassé en officiant en tant que Chef d’Etat Major des Forces Armées Centrafricaines, Bozizé fait figure du dernier représentant de la fratrie des petits frères des pères de l’indépendance. Ses dix ans de règne illustrent à juste titre son appartenance à cette couche des dirigeants africains, héritant de leurs aînés, d’une Patrie affaiblie par la colonisation, incinérée par les querelles et appauvrie par l’ignorance et dont ils n’ont su quoi faire.

La chute du régime de Bozizé le 24 mars 2013 devrait vraisemblablement boucler le cercle de ceux que l’on qualifierait d’héritiers des premières cinquante années d’indépendance de la République centrafricaine.

Génération arme en main, pouvoir possible

Le Centrafrique serait devenu au courant des vingt dernières années, un territoire où naissent et se reproduisent des mouvements armés incontrôlés de tout genre. La prise de pouvoir de la coalition politico-militaire, Séléka le 24 mars 2013, ouvre le débat sur l’avenir politique de la nation à la bannière aux cinq couleurs. L’ancien Président centrafricain François Bozizé aura-t-il bien marqué, la transition entre la génération des témoins de l’indépendance et celle qu’incarnent, les Djotodja, Gonda, Doutingai Tiangaye et compagnie, qui devront désormais faire face au néo colonialisme? L’homme politique centrafricain applique t-il les leçons qu’il donne ?

Par la naissance innombrable des rebellions dans les quatre coins du pays, inspiré par les Ndjadder, Yalo et Miskine, le principe même de la volonté du peuple, par le peuple et pour le peuple qui est le fondement de la démocratie prônée par tous, serait menacée. Ainsi donc, les armes auront remplacés les urnes pour choisir les leaders politiques en Centrafrique tandis que le compte à rebours appelé transition est lancé depuis la prise du pouvoir par Michel Djotodia. Le verdict final ne sera donné que par l’organisation effective d’élections prochaines.


Centrafrique: le modele parfait du néant

Secoué une fois de plus ces derniers mois par un énième trouble militaro-politique où, une coalition rebelle se faisant appelée Séléka revendique le pouvoir de Bangui, mon pays la Centrafrique se fait théâtre des scènes indignes des rêves de nos pères fondateurs. Celui de voir une Afrique unie.

Penzy
Penzy

Cela n’est un secret pour personne, le Tchad nation amie d’une Centrafrique à la sécurité fragile est pointé du doigt par tous les camps depuis le début de cette crise. L’opposition militaire et démocratique ou encore les pro-gouvernementaux, assimilent d’un côté comme de l’autre, le frère tchadien à  celui qui met le feu et joue au pompier par la même occasion.

Depuis que des barrières se sont érigées dans presque toutes les intersections des avenues de la capitale centrafricaine, au nom de la sauvegarde de la sécurité intérieure du pays, à l’initiative de jeunes volontaires et au lendemain d’un discours poignant livré par le Président Bozizé, je lis de plus en plus autour de moi, l’inquiétude sur le visage des ressortissants tchadiens, soudanais… Les ressortissant à prédominance « arabou » comme on aime le dire ici. Arabou, ce nom donné en Centrafrique à toute personne musulmane. J’écrivais ceci il y a quelques moins sans savoir que cette même coalition prendrai le pouvoir. Et qu’en est il des « arabou » indexés depuis lors ?

Dans les rangs de la Séléka désormais maîtres de Bangui, ils sont, jeunes, barbus, parlant bien ou mal la langue nationale le Sango depuis lors devenu indice d’indentification de l’étranger. Ils sont responsables ou non des tueries survenues dans les 7ème et 4ème arrondissements aux lendemains de la prise du pouvoir le 24 mars 2013, ils sont les pilleurs ou non de la Fédération Centrafricaine de Football, de CFAO Motors Centrafrique, d’Orange Centrafrique, des églises catholiques, des ONG… La liste est longue, ils sont les responsables des l’assassinat de Djime-Yabongo Guy Floria, de Beladjià M’baïki le 27 juin dernier… Le profil net du Séléka ne laisse pas croire qu’il est tout simplement musulman et  la confusion gagne du terrain dans les familles, dans les groupes et la rue entend dire que les musulmans réclament que leur tour est arrivé d’un coté et que de l’autre coté, la vengeance se prépare.

 Qui en veut aux centrafricains? Qui est centrafricain et qui ne l’est pas ? Le Centrafrique restera t-il laïque, quand on sait que l’église catholique s’en mêle et que l’actuel Président Michel Djotodia est accusé de vouloir islamisé le pays ? Tant de questions que je  me suis posé jusqu’à comprendre que les politiques ont failli et que le peuple a été trompé.

Plus qu’un billet, je prie que la force de ces mots soit perçue au-delà des frontières de mon pays et soit considérée comme un appel car la situation de mon pays est grave. Ce billet s’adresse aux médias, aux pays amis de la RCA et tout autre pays, les prie de venir au secours de mon peuple. Tous les jours, nous sommes témoins ou victimes de meurtres, de kidnappings, de vols et d’exactions de tout genre. Les écoles ferment leurs portes, les églises sont brûlées, la justice n’existe qu’avec la force des armes. Les rues se vident à la moindre alerte. Bientôt nos greniers seront vides car les paysans cultivateurs ont fui leurs champs pour se réfugier dans la brousse, là où la culture ne peut être favorable. Le peuple éleveur perd son bétail au profit des groupes armés qui leur retirent leurs biens et les tuent. Les fonctionnaires refusent d’aller au travail de peur d’être kidnappés. Les artistes sont menacés de mort s’ils s’hasardaient à parler de ce qui se passe. Nous ne pouvons nous taire et laisser notre pays disparaître.

Ce pays qu’est le nôtre, fait bien partie du globe, il a des intérêts humanitaires qui sont les vôtres, son peuple est votre frère. Aidez nous.