Ousmane



Un sommet pour rappeler la limitation constitutionnelle des mandats

C’est ce 2 octobre passé, à Niamey la capital du Niger, que le National Democratic Institute (NDI) à ouvert un sommet sur la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels en Afrique. Une manière peut-être de booster la transition démocratique sur le continent. D’ailleurs, je me demande bien laquelle de ces transitions se passera en premier dans le Sahel… Démocratique, démographique, sécuritaire, néocoloniale, post-djihadiste ou franc CFA ? 😀 Je n’en sais rien.

J’imaginais la réaction de certains chefs d’États avides de pouvoir ayant reçu l’invitation du NDI. Allaient-ils enfin accomplir leur transition éthique et cesser l’école buissonnière?
C’est quand-même paradoxale que des chefs d’États se permettent de sécher des sommets aussi essentiels… en lien avec la gouvernance en plus. Au nom d’une certaine politique de l’autruche peut-être ? Je ne sais pas…

Pourquoi un sommet pour rappeler les gouvernements à l’ordre ?

« La politique ne doit pas être une profession, et chaque fois qu’elle en devient une, la démocratie dégénère. »

J’ai beaucoup aimé cette réplique, même si je ne sais pas trop à qui l’attribuer. S’il ait une chose intéressante à observer en Afrique subsaharienne, c’est l’évolution des différents modes de gouvernance depuis la période des indépendances. Progressivement, nous sommes passés d’une classe de dirigeants engagés, en ce sens qu’ils ont largement contribué aux indépendances, à une classe beaucoup plus visqueuse et inefficace car difficile à enlever du fauteuil présidentiel.

Ceci est peut-être circonstanciel au fait que nous n’avons pas su mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Même si je crois que nous l’avons quand-même fait au tout début des indépendances. Pour ça, je rejoins les réflexions de monsieur Tocqueville, presque un siècle avant la libération d’une grande partie de l’Afrique noire.

« Les hommes les plus remarquables sont rarement appelés à la direction des affaires publiques. » Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique (1866).

Dans ce même ouvrage, Tocqueville rappelle que le suffrage universelle n’a en fait jamais permis de choisir les meilleurs personnes à même de gouverner. Par contre, il indique qu’il y a des causes qui peuvent en partie corriger ce dysfonctionnement de la démocratie. En effet, lorsque les peuples sont menacés par de « grands périls », en ce moment il choisissent les « citoyens les plus aptes » à les sauver. Mais une fois ces dangers éteints, on voit la race de ces hommes d’États rapetisser. C’est je crois, à quelques coups d’États près, ce qui s’est passé au sud du Sahara.

Un énième cri d’alarme ?

Au vue de l’importance de l’ordre du jour, je crois que cet événement aurait pu attirer beaucoup plus de monde et pourquoi pas quelques despotes, éclairés ou non.

Parmi les anciens chefs d’états ayant répondu à l’appel il y avait : Goodluck Jonathan du Nigéria, Nicéphore Soglo du Bénin, Amos Sawyer du Libéria, Mahamane Ousmane du Niger et Mme Samba Panza Catherine de la Centrafrique. Les anciens présidents de Sao Tomé Miguel Trovoada et du  Libéria Ellen Johnson Sirleaf étaient en vidéoconférence. Mais entre nous, qui écoute encore les discours de vieux nostalgiques du pouvoir ? Peut-être de futures retraités, en l’occurrence Mahamadou Issoufou, président de la république du Niger. Personnellement, je pense que ces messages auront le même écho que le bruit d’un pet dans le cosmos, sauf si l’on reconsidère très sérieusement l’effet papillon.

Je ne sais pas si les organisateurs de ce sommet étaient partis sur une base de deux ou trois invités, mais qu’au final ce chiffre a doublé et fait exploser la limite des places disponibles au point d’organiser des vidéoconférences, ou si c’est tout à fait le contraire. Quoiqu’il en soit cette conférence aura au moins eu le mérite de caresser Mahamadou Issoufou, président de la république du Niger, dans le sens du poil. D’ailleurs, il n’aura pas intérêt à oublier le moindre poil sur le fauteuil présidentiel la fin de son mandat venue.

Mais bon, arrêtons de nous plaindre. Si vous croyez, comme moi, que nous avons des dirigeants qui ne sont pas à la hauteur, la démocratie vous donne le pouvoir d’en choisir de nouveaux ou d’en devenir un vous-même. Il ne sert donc plus à rien de rester dans un coin et vociférer votre mécontentement. Même si on ne les aime pas, il ne faut pas oublier que pour accéder au pouvoir, le candidat élu a généralement dû affronter plusieurs obstacles. Inspirez-vous de cette phrase de Georges Burns :

« C’est dommage, tous les gens qui savent comment diriger un pays sont occupés à conduire les taxis ou à couper les cheveux. »


La CAN, les délestages et les doses d’alcool

Depuis quelques jours, c’est la grande messe du football sur le continent africain. Mais au Niger, les matchs sont difficiles à suivre. Ça fait quelques moments déjà que la population est constamment plongée dans le noir. Avec la seule brasserie du pays qui vient de fermer, la CAN 2019 s’annonce compliquée. 

Ce billet a été originellement publié sur lesmotsdupeuple.mondoblog.org.

Sans être trop fan du ballon rond, je sais quand-même reconnaître une coupure d’électricité en plein match de foot. Pas parce que la télé s’arrête d’un coup. Non ! Mais plutôt lorsque les téléspectateurs grondent, envahissant tous les recoins de mon ghetto, et dissimulant momentanément les bruits que font la famille de rats que j’héberge et qui, pour manger, se sert directement sur ma table, comme des caïds. Pendant ce temps, mon voisin qui s’est offert une certaine autonomie énergétique, avec la vieille batterie d’un semi-remorque, n’hésite pas à nous narguer, mes amis et moi, en tapant des mains comme un batteur de djembé… alors même qu’il ne s’est rien passé dans le match en court !

En général, lorsqu’il y a coupure, les téléspectateurs sortent dans la cour de la maison et s’agglutinent autour de la première personne brandissant un transistor. Vous ne connaissez pas ? Dans le monde numérique, le transistor est un peu le seul survivant de la sixième extinction de masse. Mais bon ! La radio, on n’entend beaucoup de choses mais on n’y voit rien. C’est comme un tour de passe-passe, ou des élections libres et transparentes chez nous… Beaucoup plus invisibles que transparentes. Et moi je déteste la foule ! Pas parce que ça hurle et suinte de partout, mais parce que… je déteste la foule !

Mauvaise conjoncture pour le foot

Cette année au Niger, les supporters ne pourront même pas noyer leur chagrin de foot dans la « conjoncture ». C’est le nom donnée à la bière du Niger, dont la seule brasserie vient de fermer. En même temps, c’était un peu osé d’ouvrir une brasserie, même pas halal, dans un pays à 99% musulman. Le lobby des djihadistes n’allait tout de même pas rester là, à regarder la bière couler sous sa barbe ! (Même si certains pays financent autant le football que le terrorisme.)

C’est dommage. L’intérêt de vivre un match de foot en compagnie de consommateurs de bière, entre plusieurs délestages, c’est de les regarder engloutir d’importantes quantités d’alcool, en essayant de ne pas perdre le fil. A terme, le match devient une sorte de battle où l’on joue à « qui a la plus grosse ? »… bouteille évidemment ! Et à la fin, tout le monde raconte sa propre version du jeu, en fonction du type de bière qu’il a consommé. Certains racontent le match en pleurant, d’autres en rigolant, en gémissant ou via des mimiques… L’ambiance devient un peu plus glauque lorsqu’il n’y a plus d’électricité. Parmi différentes effluves, des mains tentent de s’accrocher aux porte-feuilles. Et quand, entre plusieurs gifles et quelques soûlards dépouillés, le courant revient, c’est la ola ! La joie.

A chaque édition, la CAN agit comme un anti-dépresseur. Chaque fois qu’un but est marqué on sourit ! C’est d’ailleurs à ce moment précis qu’on se rend compte que, chez nous, le dentiste aussi est une espèce en voie de disparition. Espérons que, pour cette CAN 2019, l’ambiance sera aussi joyeuse, malgré les coupures et le manque de boisson.

Crédit photo : Pixabay-CC


La CAN, les délestages et les doses d’alcool

Depuis quelques jours, c’est la grande messe du football sur le continent africain. Mais au Niger, les matchs sont difficiles à suivre. Ca fait quelques moments déjà que la population est constamment plongée dans le noir. Avec la seule brasserie du pays qui vient de fermer, la CAN 2019 s’annonce compliquée. 

Sans être trop fan du ballon rond, je sais quand-même reconnaître une coupure d’électricité en plein match de foot. Pas parce que la télé s’arrête d’un coup. Non ! Mais plutôt lorsque les téléspectateurs grondent, envahissant tous les recoins de mon ghetto, et dissimulant momentanément les bruits que font la famille de rats que j’héberge et qui, pour manger, se sert directement sur ma table, comme des caïds. Pendant ce temps, mon voisin qui s’est offert une certaine autonomie énergétique, avec la vieille batterie d’un semi-remorque, n’hésite pas à nous narguer, mes amis et moi, en tapant des mains comme un batteur de djembé… alors même qu’il ne s’est rien passé dans le match en court !

En général, lorsqu’il y a coupure, les téléspectateurs sortent dans la cour de la maison et s’agglutinent autour de la première personne brandissant un transistor. Vous ne connaissez pas ? Dans le monde numérique, le transistor est un peu le seul survivant de la sixième extinction de masse. Mais bon ! La radio, on n’entend beaucoup de choses mais on n’y voit rien. C’est comme un tour de passe-passe, ou des élections libres et transparentes chez nous… Beaucoup plus invisibles que transparentes. Et moi je déteste la foule ! Pas parce que ça hurle et suinte de partout, mais parce que… je déteste la foule !

Mauvaise conjoncture pour le foot

Cette année au Niger, les supporters ne pourront même pas noyer leur chagrin de foot dans la « conjoncture ». C’est le nom donnée à la bière du Niger, dont la seule brasserie vient de fermer. En même temps, c’était un peu osé d’ouvrir une brasserie, même pas halal, dans un pays à 99% musulman. Le lobby des djihadistes n’allait tout de même pas rester là, à regarder la bière couler sous sa barbe ! (Même si certains pays financent autant le football que le terrorisme.)

C’est dommage. L’intérêt de vivre un match de foot en compagnie de consommateurs de bière, entre plusieurs délestages, c’est de les regarder engloutir d’importantes quantités d’alcool, en essayant de ne pas perdre le fil. A terme, le match devient une sorte de battle où l’on joue à « qui a la plus grosse ? »… bouteille évidemment ! Et à la fin, tout le monde raconte sa propre version du jeu, en fonction du type de bière qu’il a consommé. Certains racontent le match en pleurant, d’autres en rigolant, en gémissant ou via des mimiques… L’ambiance devient un peu plus glauque lorsqu’il n’y a plus d’électricité. Parmi différentes effluves, des mains tentent de s’accrocher aux porte-feuilles. Et quand, entre plusieurs gifles et quelques soûlards dépouillés, le courant revient, c’est la ola ! La joie.

A chaque édition, la CAN agit comme un anti-dépresseur. Chaque fois qu’un but est marqué on sourit ! C’est d’ailleurs à ce moment précis qu’on se rend compte que, chez nous, le dentiste aussi est une espèce en voie de disparition. Espérons que, pour cette CAN 2019, l’ambiance sera aussi joyeuse, malgré les coupures et le manque de boisson.


Les technologies numériques sonnent-elles la fin de la démocratie ?

Les technologies numériques ont toujours été considérées comme un puissant outil d’expansion de la démocratie. En effet, elles ont grandement facilité l’implication des citoyens dans les débats politiques. Grâce notamment à des plateformes de blogging, de réseautage social, et de messagerie instantanée, la parole citoyenne s’est ainsi libérée d’innombrables contraintes. L’adoption massive de ces technologies est assez frappante. En à peine une décennie, elles ont réussi à changer le monde…


Comprendre le paradoxe de la révolution numérique au Sahel

Le tout premier circuit intégré a été inventé en 1958. ARPAnet (Advanced Research Projects Agency Network), l’ancêtre d’internet, a pris forme en 1969. En 1971, l’invention du microprocesseur et la mise en réseau de plusieurs ordinateurs personnel viennent définitivement sonner le début d’une ère nouvelles remplie de promesses. Entre espérance et fascination, cette ère numérique porte malgré elle des défis qui semblent mal compris ou en tout cas insuffisants pour beaucoup.

Dans ce billet, je voudrais tenter de comprendre avec vous un certains nombre de questions. Il est indéniable que les technologies numériques ont permis de rapprocher nos humanités, cependant, sur le plan économique le portrait semble moins reluisant. En effet, un certain nombre de penseurs économiques croient que cette richesse produite par les GAFAM et autres géants du secteur ne répondent pas à ce critère d’universalité et de partage ayant largement facilité leurs acceptation.

Le smartphone n’aura pas sur nos vies le même impact qu’a eu la machine à laver, Robert Gordon.

Dans un monde en proie aux inégalités, on se demande bien où est passée toute cette croissance qu’est censée apporter cette troisième révolution industrielle. Le bouleversement tant attendu semble suspendu dans les nuages, presque inatteignable, égaré quelque part dans un serveur lointain.

Au Niger, le leapfrog en quête de résultat

Dans le Sahel, et de manière générale sur le continent, bon nombre de spécialistes s’extasient devant le formidable potentiel de développement que va bientôt insuffler l’économie numérique sur place. Les pays pauvres n’ont même plus besoin de rattraper leurs retards technologiques, notamment grâce aux vertus de ce qu’on appelle désormais le leapfrog. C’est-à-dire cette capacité à innover malgré le fait de sauter certaines étapes dans le processus de développement. Par exemple, en Afrique subsaharienne, on a d’abord eu accès aux téléphones mobiles bien avant l’ordinateur, ce qui a permis d’inventer le paiement sur mobile.

Il est clair qu’avoir un regard rétroactif sur un ensemble d’évènements permettra de construire une meilleure réponse dans le temps. Cependant, si le leapfrog a permis la conception d’une approche de paiement électronique adaptée au contexte africain, force est de constater que sauter des étapes peut aussi s’avérer extrêmement handicapant. Par exemple, le fait que le continent ne s’est pas doté d’une infrastructure numérique solide a impliqué le développement de l’internet mobile. Ce qui est une bonne chose en soi, sauf que cet accès internet mobile reste l’un des plus onéreux du monde alors même qu’il est destiné aux populations les plus pauvres de la planète.

Je crois qu’une révolution trop lente peut rendre caduque certains avantages du leapfrog, surtout lorsqu’une partie des acteurs impliqués dans ce processus ne réagissent pas avec la même vigueur. Au Niger, le paiement mobile existe également. Cependant, le leapfrog ne semble pas effectif puisqu’il n’arrive pas à composer avec les entreprises publiques. Par exemple, la Société nigérienne de l’électricité, à l’instar de beaucoup d’autres entreprises (publiques ou privées), ne parvient toujours pas à implémenter le paiement mobile comme un mode fiable de règlement de factures. La confiance a été rompue lorsque plusieurs clients ont perdu des sommes d’argent conséquentes alors qu’ils s’étaient laissés séduire par cette nouvelle manière de payer.

“L’échec d’un certain nombre de projets montre que connaître l’existence d’une technologie est une condition nécessaire mais pas suffisante de son adoption. ” (Jacques Giri, Le Sahel au XXIe siècle,1989).

Évidemment, il est intéressant de savoir que les technologies numériques vont permettre un essor économique en Afrique . Mais je crois qu’il serait aussi intéressant d’en connaître les secteurs économiques qui vont générer cette croissance et la manière dont celle-ci sera répartie sur l’ensemble des couches sociales. Car pour le moment, l’Afrique reste largement consommatrice de technologies qu’elle ne produit pas, une situation bien connue des produits manufacturés.

Une ère numérique entre montée des inégalités et des extrêmes

On voit les ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité, déclarait Robert Solow en 1987, Prix Nobel d’économie.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que cela fait plusieurs décennies que la locomotive numérique avance à coup de progrès et d’innovation dans le monde, et en Afrique depuis l’arrivée du téléphone mobile. Pourtant, le contraste entre les promesses annoncées depuis des années à propos de ces révolutions technologiques et la réalité aujourd’hui reste assez saisissant. La pauvreté a reculé partout sauf en Afrique.

En Europe, également, c’est la montée des partis d’extrême droite, de l’Italie à l’Allemagne en passant par la Hongrie. Il y a également les contestations sociales comme le Brexit au Royaume-Uni ou le récent mouvement des Gilets jaunes en France. Tous ces évènements sont en fait la conséquence d’échecs répétés, sur plusieurs décennies, en matière de décisions politiques et économiques sur beaucoup de secteurs de développement, dont le numérique. Aujourd’hui, la situation économique de beaucoup de personnes, même dans les pays développés, ressemble beaucoup plus à un appauvrissement alors même que les dividendes n’ont jamais été aussi importants.

Aux États-Unis, pays pionnier des nouvelles technologies, de 1993 à 2011 les revenus de 99% des Américains n’ont pas bougé. L’élection de Donald Trump peut être interprétée comme un signal de détresse envoyé par ces millions de personnes qui gagnent désormais moins que leurs parents. Dans les années 80, ces mêmes technologies n’ont pas permis de porter le Japon à la première place de l’économie mondiale, comme le présageait une grande partie de la littérature économique de l’époque, et ce malgré le miracle économique de l’après-guerre. D’ailleurs, dans cette même période, plusieurs crises se sont succédées, enterrant d’un coup les velléités du pays du soleil levant.

 Les 1 % les plus riches empochent 82 % des richesses créées en 2018, la moitié la plus pauvre de l’humanité n’en voit pas une miette.” – Oxfam.

Un techno-optimisme africain disproportionné ?

Souvent, j’ai l’impression que l’on est très « techno-optimiste » dans le Sahel, comme si l’innovation allait d’un coup permettre de correctement redistribuer l’hypothétique croissance qui en découlera. C’est vrai que le numérique, je pense, apporte d’autres possibilités que les programmes de développement passés n’ont pas permis. Cependant, si l’on souhaite avoir une vision pertinente, il faudrait privilégier une approche multidisciplinaire, puisque ces technologies vont devoir composer dans un environnement politique et socio-économique imprévisible.

D’ailleurs, même les penseurs les plus optimistes sur ces questions sont d’accord pour dire que, si jusqu’ici les technologies numériques n’ont pas tenues toutes leurs promesses, c’est parce que le meilleur reste à venir. C’est notamment le postulat avancé par Raymond Kurzweil dans son ouvrage « The Singularity Is Near », pour qui ces technologies vont fondamentalement changer nos vies grâce à l’internet des objets, c’est-à-dire cette capacité qu’ont les machines à s’interconnecter entre elles, augmentant de fait leur puissance de calcul. Ce moment venu, il serait intéressant de constater la forme que prendra le leapfrog si d’aventure l’Afrique n’arrivait pas à se doter d’une infrastructure numérique conséquente.

Cependant, les grandes innovations ne sont-elles pas déjà derrière nous ? C’est ce que soutient l’économiste américain Robert Gordon, dans son ouvrage « The Rise and Fall of American Growth » publié en 2016. Pour lui, la révolution numérique n’impacte pas grand monde puisque de toute façon ces technologies ne concernent , pour l’essentiel, que les domaines de la communication et du divertissement. Hors, ces derniers ne représentent qu’une toute petite partie de l’économie mondiale alors même que le taux d’équipement en smartphone est déjà à 100 % dans beaucoup de pays.

Le techno-optimisme africain est également compromis par la mainmise de plus en plus importante des chinois qui soufflent un vent contraire sur les valeurs de liberté et de démocratie à coup de censure ou de blocage des contenus web. Aujourd’hui, la Chine intervient tant sur l’aspect légal d’internet en Afrique que sur la fourniture de supports et d’infrastructures numériques. Dans la vidéo suivante, on peut imaginer tout ce que cela pourrait avoir comme conséquence sur le continent à propos du développement des droits humains.

Voilà, nous sommes à la fin de ce billet et je tiens à souligner qu’il ne s’agit absolument pas d’une prise de position, mais d’un paradoxe qu’il faut vraiment observer avec intérêt si l’on souhaite avoir un regard beaucoup plus lucide sur cette thématique.


Je ne ferai pas un vote contre la démocratie

Personnellement, je n’ai jamais voté, car je crois que le vote, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui dans beaucoup de pays, dont le mien le Niger, ne produit que des coups d’État légalisés.

Que dire du vote ? Cet instrument de la démocratie acquis au prix de longues luttes et de sacrifices humains. Grâce au vote, les citoyens avaient enfin acquis le droit de choisir leurs dirigeants, mais également celui d’une participation active dans l’État de droit. L’acquisition du droit de vote a été, dans l’histoire politique, une avancée majeure pour l’humanité. Des hommes et des femmes peuvent désormais exprimer leurs visions de la chose publique en passant par le suffrage universel.

Cependant, après des siècles de pratique et des milliards de voix comptées, on peut s’interroger sur l’efficacité réelle du vote aujourd’hui. Particulièrement dans les démocraties sahéliennes et africaines.

Ce vote qui sape la démocratie

« C’était un après-midi, les bureaux de vote n’avaient pas encore fermé lorsque des militaires ont fait irruption pour nous annoncer la victoire d’Ibrahim Baré Maïnassara à la présidentielle. Ils ont confisqué les urnes et nous ont énergiquement recommandé de rentrer chez nous. » C’est ce que mon oncle, qui était membre du bureau de vote, m’avait un jour raconté à propos de la présidentielle de 1996. Malheureusement, des histoires plus ou moins similaires sont monnaie courante en Afrique.

Au Niger, le parti au pouvoir gagne tout le temps les élections qu’il organise. Alors même qu’en général, à la fin d’un quinquennat, la plupart des partis sortent affaiblis en raison d’une gestion très souvent catastrophique, des politiques de développement par exemple. Pourtant, malgré le mécontentement d’une grande partie des citoyens, c’est ce parti largement contesté qui revient une fois de plus pour un énième mandat. D’ailleurs, au Niger et dans beaucoup de pays sahéliens, il faut toujours l’intervention de l’armée pour « restaurer la démocratie », comme les militaires le disent souvent, en renversant ce parti qui fait tout pour s’agripper au pouvoir.

Dans un contexte où les élections sont rarement transparentes, je me demande bien à quoi pourrait servir le vote. En fait, il donne au citoyen l’illusion que son opinion compte dans un scrutin où les résultats sont connus d’avance. Par contre, voter est crucial pour les politiques, puisque c’est un instrument qui permet de légitimer son fauteuil présidentiel aux yeux de la communauté internationale, adepte des discours et chiffres « officiels ». Pour être chef d’État, il faut gagner les élections ; or, c’est le vote qui permet d’atteindre effectivement cet objectif. Il est avant tout un instrument pour manipuler l’opinion et non un outil d’expression démocratique. Les coups d’État démocratique deviennent donc banals, car c’est ce même vote qui sert à enterrer des révoltes et qui permet le maintien au pouvoir de personnalités largement contestées.

Récemment, au Niger, le parlement a voté une loi de finances jugée « antisociale » par l’opinion publique. Cette loi n’aurait sûrement pas été votée si tous les citoyens qui n’étaient pas d’accord avaient pu effectivement exprimer leurs choix. Personnellement, je n’ai pas l’impression que mon avis compte réellement sur des questions pourtant fondamentales qui me concernent directement. Tous nos droits sont délégués à quelques parlementaires qui pensent d’abord à leurs portefeuilles, leurs CV, ou leurs egos, plutôt qu’au peuple qui les a portés au pouvoir.

Ce qui nous amène à nous questionner : vivons-nous vraiment dans une démocratie ? Je crois que cette démocratie-là est bien différente de celle que nous avons tous lue dans les livres d’histoire ou de philosophie. L’Agora est remplacée par une Assemblée de quelques membres qui décident et agissent à notre place. Cette démocratie est caractérisée par une inflation législative puisque des milliers de réglementations gouvernent nos vies quotidiennement. Trop de contraintes tuent la liberté et par ricochet la démocratie aussi. Pourtant, nous pourrions très bien vivre ensemble, tout en étant « libre ensemble » comme ce concept défendu par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Si la production législative dépasse un certain seuil, elle empêche la prise de décision individuelle. Cette stérilisation de l’initiative individuelle en raison de l’amas de normes législatives est caractéristique des sociétés contemporaines. La critique n’est pas en soi novatrice; les juristes de tous pays dénoncent depuis des décennies cette plaie normative, l’inflation législative (Bruno Leoni).

Après le vote, le statu quo

Toutes les fois qu’un candidat issu d’un autre parti accède au fauteuil présidentiel, on n’observe pas un changement radical dans l’exercice global du pourvoir, même si son programme politique nous dit tout le contraire. La plupart du temps, les indicateurs de développement suivent des courbes plus ou moins linéaires comparativement aux politiques antérieures.

Des problématiques oubliées

La plupart des contestations post-électorales portent sur le caractère irrégulier du scrutin. C’est-à-dire, sur de potentielles fraudes au niveau du fichier électoral ou pendant le décompte des bulletins de vote. Pourtant, s’il y a une chose qui mérite de profondes interrogations, c’est bien le mode de scrutin dans son ensemble. Une question essentielle qui reste pourtant suspendue même dans les démocraties occidentales.

De Borda en passant par Condorcet et bien d’autres penseurs, on voit qu’il y a une véritable logique mathématique autour du vote qui conditionne même la démocratie. En réalité, le vainqueur d’une élection ne sera jamais le même selon le mode de scrutin que l’on aura choisi. Aux États-Unis, D.Trump a remporté les élections avec deux millions de voix en moins que sa rivale H.Clinton. Il faut donc, dès le départ, que nous soyons conscients des conséquences qu’implique le mode de scrutin que nous aurions choisi.

Malheureusement, dans beaucoup de pays, dont le Niger, cette question ne se pose pas. La politique reste une immense litanie de clash et de buzz. Ici, c’est à peine si l’on perçoit l’idéologie derrière un parti politique. Tout se passe comme dans un concours d’éloquence où chacun cherche à impressionner l’autre dans un ramassis lexical issu du monde syndical en guise d’argumentaire.

Dans cet article, je ne conteste pas le droit de voter qui est, je le rappelle encore, l’une des conquêtes les plus marquantes de l’histoire politique. Il s’agit beaucoup plus de regarder comment cet outil est détourné dans un sens tout à fait discutable. Il y a des siècles, des gens sont morts pour exiger ce droit pour tous. Malheureusement, aujourd’hui encore des gens meurent ou partent en prison parce qu’ils estiment que leurs choix n’ont pas été respectés.

Le problème du mode de scrutin, en vérité, présente plus d’importance que les problèmes tant discutés du suffrage universel, du suffrage féminin, du caractère parlementaire ou présidentiel de la Constitution, de la durée du mandat, de la dissolution […] le mode de scrutin fait le pouvoir, c’est-à-dire qu’il fait la démocratie ou la tue (Michel Debré: La mort de l’État républicain, 1947).


La dimension numérique des migrations

Pauvreté, guerre, persécution, torture. Voici en quelques mots, les principales causes qui obligent des milliers de personnes dans le monde à prendre la décision la plus dure de leur existence : partir pour l’inconnu. Hommes, femmes et enfants s’engagent alors dans un parcours périlleux avec pour seul repère l’espoir d’un avenir meilleur. Un espoir souvent conditionné par quelques données enregistrées sous forme numérique dans un téléphone mobile, une carte magnétique ou un passeport biométrique.

Dans cet écosystème digital, c’est le smartphone qui sort du lot. En effet, le New York Times considère qu’il fait partie des biens les plus essentiels des réfugiés. Application de messagerie instantanée ou de géolocalisation font du smartphone un véritable kit de survie pour majorité de migrants. D’autres part, ils se déplacent de moins en moins avec des liasses de billets. Désormais, leurs économies sont inscrites quelques part sur un circuit imprimé.

Le recours au téléphone intelligent par les réfugiés commence dès la préparation du projet de migration. En tapant des requêtes sur les moteurs de recherches, ils peuvent se renseigner sur un certain nombre d’éléments qui vont les accompagner le long de leur périple. Il peut s’agir de l’actualité relative à la fermeture des frontières, des changements des politiques d’immigration, une vérification de la fiabilité des routes, ou simplement communiquer avec leurs proches ou d’éventuels passeurs.

Une surveillance numérique des migrants

L’usage régulier de ces outils laisse des traces exploitables par les institutions, gouvernementales ou pas. Le smartphone peut donc très vite devenir la cause d’innombrables déboires avec de lourdes conséquences.
En Europe, plusieurs pays vérifient le trajet des migrants demandeurs d’asile en fouillant les métadonnées enregistrées par leur téléphone mobile. Il est donc possible de faire « parler » le smartphone du demandeur, pour savoir si ce dernier a menti sur son itinéraire par exemple. Violation de vie privée ou pas, l’application de cette mesure est consécutive au règlement de Dublin qui prévoit de déterminer l’État par lequel un demandeur d’asile a premièrement fait son entrée dans l’Union Européenne. Ce règlement envisage, le cas échéant, le transfert du demandeur d’asile vers cet État. De ce fait, le contrôle systématique du smartphone oblige certains migrants à s’en débarrasser avant de faire face aux services d’immigration.

Moins de protection et plus de contrôle

Le durcissement des politiques migratoires des pays développés oblige les migrants à emprunter des itinéraires dangereux. Abandonnés à leur sors, ils doivent pourtant s’informer régulièrement.
Aujourd’hui, il existe très peu d’applications pour aider les demandeurs d’asile dans leurs parcours. L’essentielle des ressources sont mobilisées pour contrôler et non pour protéger. Les migrants en provenance d’Afrique sont presque condamnés à voguer sur la méditerranée puisqu’ils n’ont pas le droit d’accoster. Récemment, l’Aquarius n’a pu accéder aux côtes européennes qu’après une semaine d’errance sur la mer.

Toutefois, des initiatives comme Watch The Med essaient d’apporter des solutions d’ordre numérique aux difficultés des migrants. Cette organisation tente de lutter contre les violations des droits des migrants en mer, grâce notamment à un numéro appelé Watch The Med Alarm Phone qui aide les bateaux en difficulté.

Une politique migratoire en crise

Les pays développés préfèrent installer des barrières à leurs frontières alors même que beaucoup d’entre eux sont, par exemple, favorables au principe de non-refoulement comme indiqué dans la Convention relative au statut des réfugiés de 1951.
Malgré tout, médias et politiques parlent de « flux », « flot » ou de « vague migratoire ». Les réfugiés sont qualifiés d’« envahisseurs », de « clandestins » ou de « profiteurs ». Toutes ces mauvaises interprétations développent un climat de méfiance envers les migrants. Les gouvernements en profitent et adoptent des mesures qui viennent saper l’état de droit, non seulement, des réfugiés, mais également des citoyens réguliers. On voit émerger des programmes de surveillance de masse dans les grandes démocraties comme les États-Unis avec le PATRIOT Act ou la France avec la loi relative au renseignement adoptée en 2015. Ce qui pose des interrogations sur de probables bavures.

En acceptant cet état de fait, certains citoyens choisissent d’hypothéquer une partie de leur humanité contre moins de solidarité. Et le nationalisme s’installe avec son florilège de mesures ostentatoires rivalisant d’absurdité. En Hongrie, par exemple, les réfugiés sont assimilés aux terroristes. On a l’impression que l’égoïsme a remplacé les valeurs de fraternité et de partage pour la défense des droits humains les plus fondamentaux pourtant prêchés par ces mêmes États la main sur le cœur.

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons », Martin Luther King.


Les sociétés sahéliennes rejettent-elles les technologies numériques ?

Depuis la révolution industrielle, le monde n’a cessé d’avancer au rythme d’innovations technologiques dans divers secteurs. Cependant, que ce soit dans le domaine agricole ou celui des technologies numériques on perçoit, au Niger et dans le Sahel de manière générale, une forte latence voire une forme de rejet dans l’adoption de ces nouveaux outils.

Dans le domaine agricole par exemple, les systèmes de production sont restés permanents durant plus de 50 ans d’indépendance. Un statu quo que ni les politiques ni les marchés n’ont pu changer. Ici, l’agriculture se fait à la main, elle ne recourt ni aux animaux de traits et encore moins à la mécanisation. Même s’il est vrai qu’on observe quelques fois l’usage des éléments cités précédemment, il est clair que la proportion d’agriculteurs utilisant ces méthodes, plus ou moins modernes, est si faible qu’elle ne permette pas d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Dans ce billet, j’ai voulu apporter quelques éclaircissements en posant une série de questions. Des questions sortant du cadre habituel tendant à systématiquement responsabiliser l’État. Hors, le refus d’adoption des technologies numériques peut aussi être imputable à la société sahélienne même. Pour une meilleure compréhension, j’ai tenté de faire le parallèle avec la non adoption de technologies agricoles, pourtant beaucoup plus essentielles.

Bien que ces réflexions concernent la population du Sahel, principalement le Tchad, le Mali et le Niger ; j’illustrerai très souvent à partir d’exemples venant du Niger.

Pourquoi évoquer un éventuel rejet des technologies numériques au Sahel ?

Cela fait un moment qu’on parle des opportunités que l’adoption des technologies numériques pourrait apporter sur le continent. Elles pourraient permettre à l’Afrique de réaliser un bond de géant vers le progrès. Un bond rendu possible en court-circuitant de longues étapes d’expérimentation.

Que les technologies numériques auront un impact conséquent sur les sociétés sahéliennes, personne n’en doute. Mais cette opportunité sera-telle saisie et transformée en réalité ? C’est là toute la question lorsqu’on voit que jusqu’ici, le Sahel n’a pas encore totalement intégré les technologies disponibles. Ceci s’explique notamment par le fait qu’il n’y a pas d’innovation dans ce domaine, alors même que la fracture numérique s’amplifie.

Au Niger, malgré le nombre croissant d’initiatives évoquant les potentiels apports du numérique, on a l’impression que ni les institutions publiques ni celles privées ne semblent vouloir s’engager dans l’adoption de ces technologies. Par exemple, la télévision nationale du pays n’a pas de site internet. De même que l’écrasante majorité des établissements commerciaux, mais aussi ceux d’enseignement public ou privé. Pour moi, disposer d’un site web est vraiment un indicateur basique pour justifier d’un quelconque développement numérique. Dans le même registre, la société nigérienne d’électricité (NIGELEC), a dû renoncer au déploiement d’un logiciel qu’elle ne maitrisait pas, l’accès à son site web reste également très aléatoire.

Similitudes entre rejet des technologies numériques et celles agricoles ?

S’il y a un domaine qui n’arrive pas à s’adapter au changement dans le Sahel, c’est bien celui agricole. Globalement, les techniques de culture sont restées figées dans le temps malgré leur faible rendement. De même, dans le monde professionnel, toute une série d’outils de gestion, de communication, etc. sont restés en inertie depuis les périodes d’indépendances.

N’oublions, tout de même, pas que le téléphone mobile a été largement adopté. Je pense que c’est aussi le même effet qu’on a observé dans le passé pour les cultures d’arachide, de coton et récemment de cacao. Les agriculteurs ont tout de suite accepté l’innovation en adoptant des techniques agricoles permettant de forts rendements. C’est la culture de rente qui , selon certain, a été imposée aux pays sahéliens. Parallèlement, leurs habitudes alimentaires n’ont pas changé, de même que les techniques appliquées à la culture des denrées alimentaires de base (principalement, le mil, le maïs et le sorgho).
Il est vrai qu’on observe parfois des changements, mais ils sont tellement lents et souvent inadaptés qu’ils restent insignifiants.

Énonçons, par exemple, le cas de la carte d’identité nationale du Niger. Cette dernière, à un moment, avait commencé à se moderniser via la numérisation. Mais ce projet, ou plutôt cette expérimentation, a subitement été abandonnée. Aujourd’hui, elle est encore délivrée sur un carton où tout est renseigné manuellement, comme à l’époque coloniale.

Alors, les sahéliens ne voudraient-ils pas du progrès numérique ?

C’est la question élémentaire à laquelle il faut apporter une réponse. Il existe dans toutes les régions du monde des forces conservatrices, mais rien ne prouve que ces forces soient beaucoup plus rigides au Niger et dans le Sahel au point de bloquer l’innovation. En plus, on voit clairement que ces sociétés sont plutôt ouvertes aux changements en regardant comment paysans et agriculteurs se sont organisés dans de nouvelles dynamiques grâce à des techniques venues d’ailleurs. On peut, entre autre, citer la formation d’organisations paysannes (OP).

Notons également le succès des réseaux sociaux dans le Sahel. Néanmoins, le nombre d’utilisateurs de ces derniers est proportionnel aux taux de couverture à Internet qui restent relativement faible. Au Niger, on compte seulement 440 000 abonnés à Facebook, essentiellement localisés dans les zones urbaines ; c’est à peine 2% de la population.

Aussi, dans beaucoup de pays sahéliens les téléphones basiques restent encore très plébiscités. Sur plus de 50 millions de terminaux mobiles vendus en 2017 sur le continent, seul 20 millions étaient des smartphones. La technologie mobile est acceptée, mais l’utilisation qui en est faite reste assez élémentaire.

Les sahéliens ne sauraient pas utiliser ces technologies ?

Il est évident qu’un effort de formation est, dans bien des cas, nécessaire pour savoir mieux utiliser les technologies numériques. Surtout qu’elles deviennent de plus en plus complexes dans leur conception. Cependant, la prise en main de beaucoup de ces technologies reste quand même relativement facile, pour peu que l’on sache lire et écrire.

Au Niger, j’observe une réticence des jeunes, pourtant scolarisés et diplômés, à innover grâce au numérique. Par exemple, il y a très peu de blogueurs, malgré le fait que disposer d’un blog est, de nos jours, relativement facile. La déception est encore plus grande lorsqu’en expliquant à quoi cela sert, mes interlocuteurs répondent en général : « C’est tout ? ».

Dans le Sahel, on se rend compte que connaitre une technologie, aussi simpliste soit-elle, n’est pas une condition de son utilisation. C’est peut-être pourquoi, le vice président de la Banque Africaine de Développement (BAD) a évoqué un « déficit d’apprentissage » s’adressant à la jeunesse africaine.

C’est exactement ce qui s’est passé avec les paysans qui n’ont pas su adopter des technologies agricoles plus efficaces. Très souvent, ce refus n’est pas dû au seul fait de l’ignorance. Car même si beaucoup d’agriculteurs ne savent pas lire une notice, ils ont quand même rejeté des techniques simples, comme l’usage de la culture attelée. Tout se passe comme si les habitants de cette partie du monde sont vaccinés contre certaines formes de progrès pourtant nécessaires.

Souvent, je me pose aussi la question de l’adaptation de ces outils numériques dans le Sahel. Les statistiques de mon blog prouvent que l’essentiel des lecteurs sont situés hors d’Afrique. Mais, cette remarque ne peut être généralisée à l’ensemble de l’écosystème numérique. Et puis de toute façon, il serait difficile que les géants du numérique développent des produits spécialement pour le Sahel.

Les sahéliens n’ont pas intérêts à accepter ces technologies numériques ?

En effet, l’utilisation des technologies numériques exige souvent d’importants investissements en temps, en argent ou les deux à la fois. Ce qui, dans des économies aussi faibles, n’est pas envisageable pour beaucoup, c’est notamment le cas du blogging au Niger. Je pense que beaucoup sont réticent car ils estiment qu’ils ne seront pas récompensés financièrement ou selon d’autres critères.

Dans une société au passé colonial, musulmane à plus de 90%, essentiellement analphabète et sous perfusion d’aide au développement depuis des décennies, on perçoit encore au Niger une forme de scepticisme vis-à-vis des « hommes blancs »(Occidentaux) et de leurs innovations. Les Occidentaux sont perçus comme des envahisseurs, des mécréants ou les deux à la fois par une partie de la population. C’est ce qui explique l’échec d’un grand nombre de projets, notamment la contraception. D’ailleurs, ces technologies auraient-elles été mieux acceptées si elles provenaient essentiellement de pays arabes (musulmans) ?

Sur une échelle plus large, la polémique autour du Franc CFA montre une envie de se séparer de tout l’héritage colonial. Beaucoup de personnes ignorent même ce que l’on reproche à cette monnaie mais optent pour une nouvelle, pourvu qu’elle ne soit plus « gérée » par la France.

Globalement, je pense que des questions beaucoup plus profondes doivent être posées si l’on considère la complexité de la dynamique des sociétés sahéliennes. Une sorte d’anthropologie des technologies numériques devrait permettre d’y voir un peu plus clair.

De toute manière l’évolution vers ces technologies est irréversible. Le tout est de savoir comment ces sociétés vont les intégrer. Il serait dommage que le Sahel reste un acteur passif ou, pire, qu’il développe des pâles copies d’outils dont des versions plus évoluées fonctionnent déjà ailleurs.

L’innovation est donc nécessaire, puisqu’elle viendra résoudre des problèmes typiquement sahéliens ou africains. Mais pour ça, il faudrait comprendre et modifier certaines choses. Tiens, j’ai d’ailleurs modifié cette citation de Gaston Berger : « Regarder l’avenir, c’est déjà le construire » ! 😉


Le code informatique à la rescousse de l’école nigérienne

Au Niger, comme partout dans le monde, l’éducation reste l’un des piliers fondamentaux pour s’assurer un avenir socioéconomique. Cependant, malgré les efforts déployés sur plusieurs années, la population du Niger reste analphabète à plus de 70%.

L’analphabétisme est endémique, en plus d’être amplifié par des décrochages scolaires qui sont légion. Le postulat actuel est clair : l’école nigérienne fait face à des lacunes abyssales et le gouvernement reste, quoiqu’on dise, totalement démuni face à ces problématiques.

Dans ce billet, je vous propose de découvrir comment l’enseignement du code informatique pourrait consolider le système éducatif actuel.

Contexte général de l’ école nigérienne

Le Niger, avec un PIB par habitant de 447 dollars en 2018, est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Les caisses de l’État étant vides, des secteurs prioritaires tels que l’éducation sont souvent relégués au second plan. Le gouvernement s’endette, mais ne parvient même pas à équiper les locaux de ses fonctionnaires.

Ajoutez à cette équation des acteurs qui détournent les deniers publics ce qui, par ricochet, perturbe aussi le système éducatif ainsi que des grèves récurrentes d’enseignants et vous avez une panoplie d’approches scolaires ou d’expérimentations qui se soldent par des échecs. Je pense que si cette situation perdure, c’est parce qu’il y a beaucoup d’acteurs qui interviennent avec très souvent des intérêts opposés.

Aujourd’hui, l’école nigérienne agonise et les chiffres le démontrent. On assiste à une baisse de niveau généralisé du corps enseignant même. En effet, sur 56 444 enseignants évalués en 2017, 18 937 ont obtenu une note supérieure ou égale à 10/20, soit 33,6% ; 47% des candidats ont obtenu une note supérieure à 05/20 et 20,3% une note inférieure à 05/20.

Au Niger, 90 à 96% des élèves du Cours Préparatoire (CP), âgés de huit à neuf ans, et ceux du Cours Moyen deuxième année (CM2), âgés de 12 à 13 ans, n’ont pas le niveau requis pour comprendre les enseignements de Français et des Mathématiques.
L’école nigérienne fait également face au problème de contenus dont on dit ne pas être appropriés. Beaucoup de personnes souhaiteraient, par exemple, que les enseignements d’histoire ou des mathématiques soient plus centrés sur les réalités nationales.

Bref, il existe tout un faisceau d’éléments qui entravent le bon fonctionnement de l’école nigérienne, d’où les innombrables décrochages scolaires. C’est donc pour ça qu’il faudrait penser à récupérer toutes ces personnes déscolarisées très souvent suite à des dysfonctionnements d’ordre étatiques. Évidemment pour moi, cette alternative sera liée au numérique. Elle passera donc par l’enseignement du code informatique à toutes les personnes éjectées des bancs de l’école en leur proposant d’autres possibilités d’apprentissage.

Qu’est-ce que l’enseignement du code informatique va apporter ?

Le code informatique est un ensemble de langages de programmation utilisées pour la conception de logiciels et autres programmes informatiques.

Pour moi, l’enseignement du code informatique au Niger sera un peu une école de la deuxième chance pour celles et ceux qui le désirent. Même si l’on entend souvent dire que l’apprentissage du code est difficile, il faut quand même savoir qu’il existe un panel assez large de langages plus ou moins accessibles. Tout dépendra en fait de l’objectif que l’on se fixe soi-même. Et comme dans toute autre langue, l’essentiel c’est d’arriver à se faire comprendre.

Passons en revue quelques avantages que la programmation informatique pourrait apporter de manière générale aux déboutés de l’école nigérienne.

D’abord, il va apporter des connaissances pratiques qui susciteront beaucoup plus l’attention des apprenants. En effet, ces derniers seront très vite conscients du fait que même s’ils n’obtiennent pas de diplôme, les connaissances qu’ils auront acquises pourraient leurs permettre de gagner leur vie. Car, au Niger, malgré tous les obstacles qu’un élève doit franchir jusqu’à la fin de ses études, décrocher un emploi peut relever du miracle.

Ensuite, l’enseignement du code informatique pourrait aussi permettre de changer la vision qu’ont les jeunes du monde qui les entourent, puisque non seulement le contenu du cours est différent, mais aussi parce que la manière même de résoudre les problèmes du quotidien invite à réfléchir autrement.

Enfin, l’apprentissage de la programmation informatique sera démocratisé. Les étudiants qui n’ont pas les moyens de partir étudier à l’étranger pourront le faire sur place. Il faut savoir qu’il n’existe pas, au Niger, d’écoles spécialisées dans l’enseignement du code informatique.

Une mission du gouvernement

Aujourd’hui, malgré d’innombrables projets financés par des bailleurs, très souvent étrangers, on voit bien que globalement les jeunes au Niger mais également sur le continent manquent de repères. Ils ne savent généralement pas vers qui se tourner pour participer à cette révolution numérique dont on leur parle. Il est donc clair que nos gouvernements doivent s’engager pour un impact plus conséquent.

Au Niger, tout le monde ne dispose pas forcément d’un ordinateur. C’est le rôle de l’État de mettre en place une infrastructure spécialement dédiée et totalement équipée, comme l’école 42 en France. Sauf que contrairement à l’école 42 qui est privée, l’État nigérien devrait faire l’effort de mettre à la disposition de ses citoyens une initiative de ce type totalement publique et gratuite.

Personnellement, je ne pense pas que le développement du Niger passera par un schéma d’industrialisation classique. Je pense que l’État devrait investir davantage dans le développement de pôles numériques puisqu’ils sont moins onéreux à mettre en place, en plus d’être de potentielles sources d’emploi. Construire une telle école sera beaucoup moins coûteux que la réalisation d’installations industrielles lourdes. Et puis, de toute manière, on sait d’expérience que les retombées de ces industries ne profitent jamais aux citoyens. Tandis qu’enseigner, c’est avant tout transmettre des connaissances pratiques et utiles aux apprenants. De même, n’oublions pas que la programmation informatique est vraiment l’avenir du monde. Aujurd’hui, les cinq plus puissantes entreprises du monde que sont Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft (GAFAM) sont issues du numérique. Enseigner la programmation informatique pourrait permettre aux nigériens d’implémenter leurs rêves dans des algorithmes. Ce qui, à terme, contribuera forcément à l’économie du pays.

Voilà, j’espère avoir été bref et surtout apporté quelques éléments de réflexion quant à une possible évolution de l’environnement scolaire nigérien.

Lisez, partagez, et surtout dites moi ce que vous en pensez 😉


Des réseaux sociaux basés sur la blockchain pour plus de sécurité

Il y a quelques semaines Facebook était plongé dans une sérieuse crise relative au vol des données de ses utilisateurs. Cambridge Analytica, l’entreprise incriminée, a en effet détourné des millions d’informations provenant des utilisateurs de ce réseau social. Ce qui aurait permis d’influencer la campagne présidentielle de Donanld Trump, de même que le Brexit.

Dans le mouvement d’indignation qui a suivi, on a très vite vue la toile s’enflammer à coup de hashtag #deletefacebook notamment. Mais il est clair que cette campagne de désabonnement n’aura pas plus d’effet que toute l’énergie libérée par un moustique cognant un mur 😉 En effet, l’essentiel des utilisateurs de ces réseaux sociaux sont assez laxistes pour ce qui est des questions sécuritaires qui les concernent pourtant. Cela est soit du à l’ignorance, soit au manque de choix car l’offre de réseaux aussi performants reste tout de même limitée.

Dans cet article, nous allons essayer de comprendre pourquoi des réseaux sociaux basés sur la blockchain pourraient changer la donne.

/! Attention spoiler : Restez jusqu’à la fin !!!!

Le modèle économique des réseaux sociaux traditionnels

Je ne sais pas combien de fois cette phrase est répétée chaque jour dans les médias : « Si c’est gratuit, vous êtes le produit ». En effet, si Facebook arrive à générer autant d’argent, ces grâces aux données que vous produisez. Vous êtes content d’avoir des milliers de likes ? Et bah c’est toujours Facebook le grand gagnant. Vous aurez votre quart d’heure de gloire, c’est vrai, mais vous n’aurez aucun franc en guise de récompense. Retenez que le contenu des réseaux sociaux produit d’énorme gains financiers, pas pour vous, mais pour la plateforme.

De plus, ces données censées être privées et protégées se retrouvent assez facilement manipulées par des gouvernements ou des entreprises. Le scandale Cambridge Analytica n’est que la partie visible de l’iceberg. Il se peut que d’autres institutions soient en ce moment même entrain de subtiliser des millions d’autres données sur diverses plateformes de réseautage social. Car en général, les failles de sécurité sont mises à jour après avoir profité à des gens ayant découvert le pot aux roses bien avant.

Néanmoins, on a l’impression que ce modèle économique reste tout de même très dépendant des données de ses utilisateurs, ce qui le rend très sensible aux scandales. Facebook n’est donc qu’un géant aux pieds d’argile : il a perdu environ 100 milliards de dollars de capitalisations boursières en quelques 10 jours de polémique.

En quoi les réseaux sociaux basés sur la blockchain seraient différents ?

Ils sont différents tout simplement parce que la gestion des données est décentralisée, elles n’appartiennent plus à personne. Pour ceux qui ne le savent pas, la blockchain est une gigantesque base de donnée distribuée, sécurisée et inviolable. Je vous renvoie vers cet article pour plus de détail.

Aujourd’hui, il est difficile pour un nouveau réseau social classique d’émerger : il ne pourra pas être compétitif, ou il sera de toute façon racheté par les géants du secteur. Donc pour un utilisateur soucieux de ses données, quitter une plateforme classique pour une autre encore plus classique ne résout rien. Je pense que la seule innovation qui pourrait faire la différence sera celle qui utilisera une technologie fondamentalement différente.

Souriez, vous n’êtes plus un produit !

Sur les réseaux sociaux basés sur la blockchain, vos interactions (messages, commentaires, partages, etc.) seront sécurisées et distribuées grâce à un algorithme permettant de réaliser un consensus distribué. Il n’y aura aucun patron qui revendiquera cette masse de données, car tout est décentralisé. Les utilisateurs deviennent les managers de leurs plateformes ainsi que des données qui s’y trouvent.

Cela ne serait peut être pas suffisant pour garantir une parfaite intégrité à ces réseaux sociaux d’un nouveau genre. Mais il vont constituer une réelle avancée par rapport aux réseaux traditionnels grâce à l’excellent niveau de sécurité que proposent les blockchains.

Mais Facebook aussi protège les données des utilisateurs

Oui, c’est vrai, mais elles ne sont pas structurées comme dans une blockchain. Même si Facebook peut avoir deux ou trois copies de sa propre base de données elles seront, malgré tout, vulnérables aux attaques puisqu’elles ne dépendent pas les unes des autres.

Je vous donne un exemple assez grossier: Si par exemple Facebook était un réseau social basé sur une blockchain publique et que vous décidé de corrompre un commentaire, il vous faudra le consensus de 51% des utilisateurs, autrement dit, un peu plus d’un milliard de personnes. Si vous décidez de recourir à la force brut, là également il vous voudrait disposer de 51% de la puissance de calcul des ordinateurs qui gèrent toute la plateforme. C’est ce qu’on appelle l’attaque des 51%. Bonne chance pour trouver l’énergie nécessaire 😉

La problématique actuelle est claire, beaucoup de personnes se sentent surveillées sur Internet. Ils se sentent également totalement démunis face aux géants du web. La technologie blockchain décentralisée vient donc apporter une bouffée d’oxygène contre cette violation de la vie privée.

Des réseaux sociaux basés sur la blockchain existent déjà !

Steemit, est l’un des tout premiers réseau social utilisant cette technologie ! Je vous avais dit de rester jusqu’à la fin non ? Sur ce dernier, vous êtes payé en postant, commentant, partageant ou en votant des contenus 😮 Votre rémunération se fait en Steem, une cryptomonnaie que vous pouvez facilement transformer en dollars ou euros. Au moment où j’écris cet article, 1 steem = 1,71 dollars.

Sur cette plateforme il n’y a pas de publicité, c’est le réseau social qui créé lui-même sa valeur, grâce à ses utilisateurs et leurs interactions. Vous pouvez lire cet article pour plus d’informations. En 2017 , Steemit comptait environ 450 000 membres. Même s’il à connu quelques difficultés, on perçoit quand même le potentiel qu’il représente. Des modèles beaucoup plus aboutis de réseaux sociaux basés sur la blockchain pourraient voir le jour dans quelques années.

Je me demande alors dans quels sens cette révolution pourrait évoluer ? Facebook va-t-il disparaître ? Créera-t-il sa propre blockchain ? Ou bien les modèles traditionnels réussiront à s’adapter malgré tout ?

Pour le moment j’observe tout en espérant que ça change dans le bon sens. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !! 😉


Vous avez dit « attaque par déni de service » ?

Salut à tous ! Avez-vous au moins une fois dans votre existence entendu parler d’une attaque « par déni de service » ?
Oui, non ? Ok, pas de soucis, je vous dis tout… enfin, tout ce que moi j’ai compris !

De nos jours, les outils informatiques sont tellement à portée de clic que même un nourrisson peut s’en servir. Du moins, pour peu qu’il ait une couche-culotte ou une tétine connectée 🙂

C’est pourquoi il est très important de toujours faire attention à la sécurité des matériels numériques que vous achetez. D’abord,parce-qu’ils sont essentiels pour vous et ensuite parce que énormément de gens peuvent s’en servir contre vous. Allons donc voir, dans ce petit billet ce qu’est une « attaque par déni de service » et pourquoi c’est si redoutable.

Fonctionnement d’un réseau informatique

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais vous faire une brève illustration du fonctionnement d’un réseau informatique.

Imaginons, qu’après plusieurs années passées à manger toute sorte de malbouffes, vous vous disiez : « Tiens, et si je montais mon restaurant de malbouffe ? », ce qui serait tout à fait légitime vu les années d’expériences que vous avez 🙂 . Imaginons que vos affaires fonctionnent tellement bien que, pour satisfaire vos clients, vous décidiez d’embaucher plus de serveurs.
J’ai pris cet exemple pour expliciter un peu plus les relations qui existent entre clients et serveurs informatiques.

Les serveurs informatiques sont en fait de puissants ordinateurs, qui gèrent un nombre élevé d’opérations. Quant aux clients, ce sont vos ordinateurs personnels que vous utilisez quotidiennement. Comme dans n’importe lequel des restaurants, le client s’adresse à un serveur lorsqu’il fait une requête (commande) de thé ou d’omelette. Et comme en informatique, dans un restaurant aussi les serveurs traitent beaucoup d’opérations. Regardez la photo suivante et remplacer le « réseau » (Network) par le « resto » 😉

 

Modèle Client-serveur (Source: Wikimedia commons)

En informatique, on utilise également un tas de protocoles pour régir cette relation entre les serveurs et les clients. Voyez ces protocoles comme un ensemble de règles de conduite ou de bonnes manières que clients et serveurs doivent respecter mutuellement dans un restaurant.
De façon assez grossière c’est comme ça qu’un réseau informatique fonctionne.

Qu’est-ce qu’une attaque par déni de service ?

Si nous restons dans le cadre de la restauration rapide, une attaque par déni de service fera en sorte d’empêcher les fidèles clients d’une enseigne d’acheter quoi que ce soit.
Cette attaque n’est donc pas un virus informatique proprement dit. C’est une suite d’événements faits pour en empêcher d’autres.

Comment c’est possible ?

Alors tout d’abord le port n°10 se connecte via la suite des protocoles TCP/IP et envoi un ping de la mort sous forme de paquets ICMP contenant des flags 😮 … STOP !!!! Évidemment, nous n’allons pas passer par ce verbiage pour comprendre 😉

En fait il y a plusieurs sortes d’attaques par dénis de services. Mais, en ce qui nous concerne, nous allons rester généralistes. Lorsque quelqu’un décide d’attaquer votre restaurant, il enverra un nombre de clients conséquent chez vous. Mais, alors que vous commencez à vous frotter les mains, vous allez très vite vous rendre compte que vous ne pourrez jamais traiter toutes leurs requêtes. Et mieux, vous allez découvrir que ces clients, ne sont même pas chez vous pour acheter quelque chose. Ils sont là pour créer un énorme embouteillage et empêcher vos clients habituels d’acheter.

Vous allez sûrement vous dire : « j’ai d’autres restaurants ouverts, ce n’est pas grave ! ». C’est là où vous vous trompez, car, aujourd’hui, les attaquants utilisent en général une attaque par déni de service distribuée ou DDoS pour Distributed Denial of Service attack. Ça veut dire que toutes vos enseignes seront prises d’assaut par une armée de « clients malveillants » et même de zombies….Eh oui, ça fait quand-même un bout de temps qu’on répète que la malbouffe tue ! Vous auriez dû faire un peu plus attention.

Comment se protéger alors ?

Malheureusement il n’existe pas, à ce jour, une solution efficace à 100%. En effet, une attaque par déni de service est non seulement redoutable, mais aussi relativement facile à mettre en place. Tout le monde connait l’histoire de Michael Calce aka Mafiaboy, un script kiddie qui a réussi une attaque par dénis de service en 2000. Les scripts kiddies, comme on les appellent, sont en fait des personnes qui hurlent de joie lorsqu’ils réussissent enfin à mettre un texte en gras 😀 Brefs, ils ne sont pas diplômés ou spécialistes d’informatique.

Parmi les solutions proposées pour se prémunir de ces types d’attaques il y a l’installation d’un serveur filtre. C’est-à-dire un serveur qui va trier les bons clients des mauvais. Mais je pense que la meilleure solution, c’est celle qui consiste à sécuriser d’avantage les clients qui sont habituellement corrompus pour participer à l’attaque. En effet, très souvent ces « clients malveillants » ne sont pas chez vous de leur plein gré. En général, ils se font duper par une tierce personne.

C’est comme si, pendant un concert plein à craquer, quelqu’un monte sur scène, s’empare du micro et hurle : « Il y a une méga solde de Nutella au restaurant Chichi !!». Évidemment, on a tous vu qu’une promotion de Nutella peut très vite tourner à l’émeute 😉 . Ce restaurant sera donc pris en otage, alors même qu’il ne vend pas ce produit.

Donc le principe, pour éviter ces attaques, c’est d’abord de sécuriser tout l’écosystème informatique en amont. Objets connectés, ordinateurs, etc. doivent être beaucoup plus robustes et intelligents. Car un véhicule, aussi blindé soit-il, ne peut rien contre les embouteillages.

Voilà, j’espère vous avoir un peu éclairé sur le principe de base d’une attaque par déni de service. N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez 😉


L’ empreinte numérique des pays pauvres

La place et les rôles qu’ont joués les civilisations dans l’Histoire déterminent, pour l’essentiel, la marche du monde contemporain. À travers les âges, les peuples ont utilisé diverses méthodes d’écriture et d’archivage dans le but de transmettre leurs histoires aux générations futures. Très souvent, l’efficacité de ces méthodes a été déterminante dans la perception et l’influence de cette civilisation sur le reste du monde.

Avec l’avènement d’internet, je pense que les empreintes numériques laissées par les populations suivant leurs conditions socioéconomiques auront un impact sur la place que celles-ci occuperont, ou sur le rôle qu’elles auront à jouer sur la scène mondiale. Par exemple, grâce au numérique, la guerre en Syrie est devenue l’un des conflits les plus documentés que l’humanité ait connu.

Qu’est-ce que l’ empreinte numérique ?

Tout comme l’empreinte carbone, l’empreinte numérique est l’ensemble des « traces et des marques que nous laissons derrière nous quand nous naviguons sur Internet » (Internet Society). Ces données concernent autant de domaines que de langues à travers le monde.

À mon sens, l’ empreinte numérique reste quand même une expression assez générique. Elle ne devrait pas, exclusivement, concerner les données générées par les seuls internautes mais aussi celles produites par des institutions ou des gouvernements, notamment avec l’open data.

Aujourd’hui, la surproduction de données numériques, communément appelées big data, permet le développement des techniques « d’apprentissage profond », ou deep learning. Ce qui signifie qu’il y aura de plus en plus de produits et de services dont la qualité et l’efficacité dépendra des données que produiront les internautes. Évidemment, la quantité de ces données ou empreintes numériques sera différente suivant l’ethnie, le pays ou le continent. Cela,  tout simplement parce que la répartition de l’accès à internet et aux TIC (Technologies de l’information et de la communication) reste assez inéquitable à l’échelle planétaire.

Même si aujourd’hui les données numériques sont générées par des processus assez standards, il n’en demeure pas moins qu’elles restent très variées dans leurs significations suivant les communautés. Ce qui, à mon avis, aura des conséquences sur la manière dont ces données seront interprétées par les algorithmes des géants du numérique.

Quelques exemples

Pour illustrer mes propos nous allons découvrir quelques services qui fonctionnent plus ou moins bien selon les données qu’ils reçoivent.

Les premiers sont les services de traduction en ligne. Intéressons-nous à Google Traduction, l’un des plus célèbres. Il faut savoir qu’il existe plusieurs méthodes de traduction en ligne. Google utilise la technique de la Traduction Automatique Statistique. Grosso modo, pour traduire un texte vers une autre langue, Google a besoin d’au moins deux millions de mots pour un domaine spécifique et bien plus pour un domaine général vers la langue cible. Vous trouverez tous les détails sur cette technique de traduction ici.

Donc, le résultat d’une traduction sera plus ou moins correct à partir du moment où la machine fera correspondre un nombre de mots assez conséquent entre les langues choisies, dans un sens de traduction comme dans l’autre.

J’avoue qu’en faisant mes recherches, je me suis demandé : mais où est-ce que Google trouve autant de mots dans les langues qu’il prend en charge? Sachez qu’il puise cette documentation au niveau des Nations Unies.

J’ai essayé de traduire un poème d’Emily Dickinson: To make a prairie. D’abord du français vers le haoussa (ma langue maternelle 🙂 ) et de l’anglais vers le français. Et bien les traductions étaient bien meilleures dans le second cas que dans le premier. Parce que tout simplement, il n’y a pas autant de références de mots sous forme de données numériques dans la langue haoussa que dans les deux autres langues.

C’est vrai que le haoussa n’a pas un lexique aussi large que l’anglais ou le français. Néanmoins, on voit que certains mots, bien qu’existant en haoussa, n’ont pas suffisamment de références numériques pour que la traduction en ligne les prennent en compte. C’est par exemple le cas du mot « rêverie ». Le manque de mots modifie aussi le sens de certaines phrases : en français, le vers « Si vous êtes à court d’abeilles » devient en haoussa « Si vous échappez aux abeilles » 😀

Traduction du poème d'Emily Dickinson

Les empreintes numériques qui existent dans cette langue sont donc faibles. On remarque que plus un pays a une faible connectivité à internet et un faible accès aux TIC, plus les services web construits dans et pour les langues utilisées dans ce pays auront un train de retard par rapports à ceux écrits dans les langues de nations plus avancées.

Un deuxième exemple est celui des services météos. Sur cette capture d’écran on voit comment différents services de météorologie interprètent les températures. La première fois que j’ai vu ces informations, j’ai souri. Évidemment on remarque tout de suite que ces services se trompent sur le ressenti de la température par les populations locales. On peut lire qu’il fait « extrêmement chaud » à 37 ° C, ce qui n’est absolument pas le cas : ici on dit qu’il « commence à faire un peu chaud » à une telle température. Il commencera à faire effectivement chaud lorsque les températures seront supérieures à 38°C et « extrêmement chaud » à 45°C ou plus.

Prévisions météos et empreinte numérique

C’est vrai que cette fois-ci, les données qu’utilisent les services météorologiques ne proviennent pas de l’ empreinte numérique des internautes qui l’utilisent, en tout cas pour l’essentiel. En effet, les constructeurs des applications de météo ne viennent, visiblement, pas de pays où il fait 37°C très souvent. Mais la mauvaise interprétation de ces informations par rapport à une population donnée risque d’avoir un effet dominos, potentiellement dangereux, sur un ensemble de services dépendant de ces prévisions. Non seulement l’empreinte numérique ne sera pas fiable, mais en plus elle pourrait s’avérer dangereuse.

Le troisième et dernier exemple que je vous propose concerne les services de géolocalisation en ligne. Là encore, on constate que le nombre de renseignements utiles sur une carte dépend de la facilité d’accès à internet des habitants qui y vivent. C’est sûr que ce n’est pas le seul critère, mais il reste néanmoins déterminant.

Les images ci-dessous montrent respectivement les villes de New York (8,5 millions d’habitants) et de Lagos (21 millions d’habitants). Dès que l’on zoome un peu (à 500 m), on voit tout de suite qu’il y a une vraie différence. Pour une même échelle, il y a moins d’informations disponibles pour la ville de Lagos que pour New York.

Ville de New York sur Google Maps

Ville Lagos sur Google Maps

En conclusion

Je dirais que l’empreinte numérique générale des pays technologiquement avancés est pour le moment beaucoup plus conséquente dans beaucoup de domaines. On voit par exemple que les assistants vocaux ne sont, pour la plupart, disponibles que dans les langues occidentales, de même que l’écrasante majorité des TIC et autres outils numériques.

J’espère que la standardisation des modèles actuels tiendra compte de la diversité des techniques, des langues et de bien d’autres caractéristiques qui ont façonné l’histoire de l’humanité des siècles durant. Cet héritage ne doit pas être englouti au nom de la nouvelle ère numérique.


Et si on utilisait la blockchain pour des élections libres et transparentes en Afrique ?

La blockchain est un terme devenu populaire grâce au Bitcoin. Mais avant d’être un mot, la blockchain est d’abord un concept et une technologie qui garantit transparence et sécurité des transferts d’information. Dès lors, une multitude d’applications devient possible.

Dans cet article vous allez découvrir :

  • Ce qu’est la blockchain
  • Son intérêt dans un scrutin, particulièrement en Afrique

Petite définition de la blockchain

De manière basique, la blockchain est en fait un ensemble de blocs reliés les uns aux autres à la manière d’une chaîne. C’est à partir de là que le mot « blockchain » ou « chaîne de blocs » a été adopté.

Mais puisque nous sommes dans une logique de vote, je vous propose de remplacer les blocs par des urnes. Pour que vous ayez une meilleure compréhension, nous allons prendre trois urnes. Ces urnes sont également reliées les unes aux autres car chacune contient un résumé de la précédente. Évidemment s’agissant de la blockchain, il n’y a pas d’urnes mais des fichiers appelés « blocs » reliés les uns aux autres.

Vous allez sûrement vous demander : « Mais à quoi ça sert de résumer ?». Et, vous aurez raison. En fait, résumer le contenu est important parce que la blockchain vérifie chaque fois l’historique des urnes précédentes avant de valider le moindre vote (transaction).

Mais comment résumer le contenu d’une urne (bloc) ?

C’est possible grâce au hash. Si vous êtes un aficionado du monde du logiciel ou un geek boutonneux 😀 , vous aviez sûrement croisé ce mot quelque part. En fait le hashage est une technique que les programmeurs utilisent pour transformer toute sorte de fichier en une suite de chiffre et de lettre, soit un nombre hexadécimal.

Voici un exemple de mots hashés :

Poule   ➔ afe4d55bbc890867c57970ac06d4a4cc5bbb9f41

Poules ➔ 623227e487cf4dd652468f6db546a15bfd1a8c59

Là, vous voyez que le premier hash est totalement différent du second parce que j’ai tout simplement ajouté un « s » à la fin du mot « Poule ».

Maintenant essayons de hasher cet article par exemple, soit 1525 mots en tout.

Article (1525 mots) ➔ 56b07bd61dd3ee4cee931bccd5724e7a1ebb0d0b

Vous remarquez que la longueur du hash ne change pas, vous pouvez hasher toute une encyclopédie si vous voulez, cette longueur sera toujours la même.

Vous pouvez vous amuser à « hasher » n’importe quel texte en vous rendant sur ce site 😉

En attendant, je vous ai préparé une petite illustration, en image, de la blockchain dans un contexte électoral 🙂

Illustration de la blockchain

Ça reste un résumé, ce n’est pas le contenu de l’urne (bloc)!

Oui, le hash est en fait une sorte de numéro de série unique attribué à chaque urne. Il permet de vérifier l’authenticité de l’urne en question. Cela veut dire que si une personne subtilise un vote déjà validé, cette urne ne sera tout simplement pas reconnue. Et comme toutes les urnes contiennent un résumé (hash) de la précédente, il y aura donc une sorte d’effet domino dans toutes les autres urnes.

Qu’y a-t-il dans un bloc (urne) ?

Je vais encore illustrer par une urne. Dans cette dernière il y aura exactement 999 bulletins de vote. En fait, la taille d’un bloc dans une chaîne est de 999 Ko (Kilo octet), généralement on arrondit à 1 Mo(Mégaoctet).

Les premières informations stockées dans ce type de blocs étaient des transactions monétaires, car la première utilisation connue de la blockchain est celle effectuée par la cryptomonnaie Bitcoin. Mais en sortant du cadre financier, la blockchain permet l’échange d’autres types d’informations. Celles-ci dépendent du type d’application que l’on veut faire de cette technologie. Dans chaque bloc, ou urne pour notre exemple, on peut donc implémenter des contrats, des votes ou n’importe quel autre type d’information.

Le vote électronique existe déjà en Afrique, où est l’intérêt ?

Oui, le vote électronique existe depuis un certain nombre d’années, même s’il est loin de faire l’unanimité. On reste quand-même assez prudent sur son intégrité en brandissant la crainte de possibles piratages.

En plus, sur le continent, toutes les formes de scrutins sont régulièrement tâchées d’irrégularités. Ceci est dû au fait que tout le processus d’élaboration, de contrôle et de validation des résultats reste entre les mains du parti au pouvoir. Sur place, tout le monde sait que les Commissions Électorales ne sont pas si « indépendantes » que ça. On peut citer l’exemple récent du Kenya, qui est loin d’être un cas isolé.

En Afrique, après un peu plus de 20 ans de transition démocratique, on se demande si la généralisation des processus électoraux a contribué à une consolidation de la démocratie. On a aussi l’impression que le vote reste très dysfonctionnel, étant donné qu’il n’est qu’un masque permettant le maintien d’élites dont les discours changent, mais pas les pratiques.

À quoi pourrait servir la blockchain alors ?

La révolution qui sera apportée dans ce cas serait d’adosser le système du vote traditionnel à la blockchain. L’objectif ici, est de rendre le scrutin totalement indépendant, libre et transparent. Ceci est possible puisque la blockchain est un système décentralisé, c’est-à-dire qu’il n’est géré par aucun organisme, et dans ce cas par aucune commission électorale.

Je vous propose d’appeler ce nouveau processus électoral le « Votecoin » 😉 , car il fonctionnera comme le Bitcoin. Sauf qu’ici les transactions ne seront pas monétaires mais électorales. Chaque vote sera vérifié, validé et enregistré par l’ensemble des participants et même par de tierces personnes depuis leurs canapés. Comme avec le Bitcoin, il suffira de télécharger le logiciel sur votre ordinateur pour pouvoir constater la légitimité du moindre vote en temps réel.

Un autre point important, c’est la sécurité. La solidité de la blockchain face aux attaques informatiques n’est plus à démontrer car elle est un registre distribué. Si vous voulez le corrompre, alors il va falloir le faire sur toutes les machines. Ce qui reste très difficile. C’est comme si tout le monde disposait d’une copie authentique de chacune des urnes dans sa maison. Pour truquer un seul vote, il faudra le truquer sur l’ensemble des copies distribuées.

Mais comment superviser le vote s’il n’y a personne pour le faire ?

Ce vote sera géré par tout le monde, il n’y aura plus un appareil séparé du reste du peuple qui s’en occupera. Le dépouillement sera effectué par les électeurs ou tout autre personne qui le souhaite. Ces personnes seront payés au même titre que les mineurs du Bitcoin (ceux qui effectuent les calculs de vérification des blocs précédents de la chaîne : pour chaque calcul effectué, ils reçoivent une rémunération).

Avec cette technologie, toute l’intelligence du processus électoral se trouve dans un logiciel libre de droit que chacun peut consulter et améliorer. Donc vous l’avez compris, en Afrique, la décentralisation du système électoral via son adossement à la blockchain serait une avancée. Les processus électoraux actuels sont presque toujours entachés d’importants soupçons de fraude aboutissant très souvent à des violences post-électorales. Mais avec la blockchain, le bourrage d’urnes est impossible, de même que les scores soviétiques.

En Afrique, et pas seulement, beaucoup de personnes ne font plus confiance au système électoral traditionnel. C’est ce qui explique les taux d’abstentions records. Aussi, certains électeurs ne peuvent tout simplement pas se rendre aux différents bureaux de vote pour diverses raisons. La possibilité de voter en ligne rend donc l’exercice beaucoup plus accessible. Et la confiance des électeurs peut même être récupérée, puisque la blockchain permet à toute la communauté,  et non à une seule entité, de valider les élections.

Personnellement, je pense que beaucoup de problèmes seront en grande partie résolus grâce à cette technologie. Plus besoin d’organiser, à coup de milliards, des élections pour des résultats qui n’en valent pas la peine.

Voilà, j’espère vous avoir fait découvrir de façon générale ce qu’est la blockchain et surtout les applications qu’elle rend possibles. Je sais que cet article est loin d’être complet, alors n’hésitez pas à me tenir au courant 😉


Petite définition du Bitcoin

Un soir, alors que je somnolais devant la télé, la voix d’un journaliste hurlant : « …et le Bitcoin cette crypto monnaie a encore… » m’avais arraché des bras de Morphée. Mais une coupure de courant avait emporté cette voix et la grande chorale des moustiques a aussitôt repris…

Bref, depuis je me suis réveillé et tente de comprendre un peu plus cette nouvelle monnaie qu’est le Bitcoin , en « googlant » évidemment 😀

Autant vous informer que cet article sera un peu long. Même si j’ai énormément simplifié pour que beaucoup puissent y voir plus clair. J’avoue que même après des heures de lecture, je suis encore loin d’avoir tout compris.
Mais ce n’est pas grave, car ensemble nous allons tenter de crever l’abcès 😎

C’est quoi le Bitcoin ?


Le Bitcoin est une monnaie, mais attention c’est une cryptomonnaie. Je pense que si beaucoup de personnes ne comprennent pas ce qu’est le Bitcoin, c’est parce qu’ils ne savent pas comment fonctionne une monnaie de manière générale. Le système monétaire classique est de même très difficile à comprendre. Surtout lorsque, tout comme moi, vous aussi n’avez pas de poche 😉

Je ne suis pas expert en économie, mais je vous recommande de visionner cette vidéo (de préférence après avoir fini de lire l’article). C’est plutôt décoiffant, surtout vers la fin 😉

Revenons à nos moutons, cette cryptomonnaie a été créée par Satoshi Nakamoto en 2009. Sauf qu’en réalité, personne ne sait qui est monsieur Satoshi, car tout simplement, il a disparu sans laisser de trace. On sait seulement que c’est un anarchiste, ou plutôt un « crypto-anarchiste » comme Julian Assange.

L’anarchiste est une personne qui n’aime pas se soumettre au pouvoir établi. Et dans ce cas précis, le crypto-anarchiste utilise ses compétences informatiques pour ne laisser aucune trace sur internet qui pourraient directement mener à lui.

Cette monnaie est également décentralisée, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune institution ni directeur général qui la gère.

Résumons tout ça : le Bitcoin est donc une cryptomonnaie décentralisée.

Mais alors, qu’est-ce qu’une cryptomonnaie ?

Une cryptomonnaie n’est pas palpable, elle est virtuelle. Ce qui signifie qu’il n’y a aucune pièce ou billet de Bitcoin en circulation dans le monde. Cette monnaie est en fait une suite de chiffres et de lettres obéissant à une procédure qui garantit transparence et anonymat pour chaque transaction (achat ou transfert d’argent).

Autrement dit, lorsque vous irez acheter quelque chose sur internet ou chez le boutiquier du coin, personne ne pourra remonter jusqu’à vous, même dans le cas où cette personne détiendrait toutes vos preuves de paiement, du moins en théorie. Ceci est possible parce que toutes vos transactions sont cryptées. C’est-à-dire rendues illisibles, codées, pour toutes les personnes et ordinateurs qui essayeront d’en déchiffrer la moindre ligne.

Pourquoi se casser la tête à tout crypter ?

Pourquoi crypter ?
Parce qu’on ne sait jamais dans les mains de qui vos données tomberont un jour. Et croyez-moi, autant qu’elles soient illisibles en ce moment-là. En France par exemple, lors de la seconde guerre mondiale, les nazis se sont servi d’un document appeler « fichier juif » . Si ce dernier était crypté (codé), ils n’auraient probablement jamais déporté et massacré autant de juifs.

Si vous venez de piquer une crise d’angoisse, j’ai le remède. Voici comment encrypter toute votre vie en moins d’une heure. À vos claviers 😉

Fonctionnement du Bitcoin

Comment ça fonctionne le Bitcoin?
Plus haut, nous avions vu que le Bitcoin est une cryptomonnaie décentralisée, donc elle n’appartient à personne. Dès lors, on aurait envie de dire « mais comment ça fonctionne ?». Cette cryptomonnaie est en fait gérée par des utilisateurs comme vous et moi. Un peu à la manière dont Wikipédia fonctionne, cet article vous en dira beaucoup plus 😉

Sauf qu’avec le Bitcoin, dès que les articles sont validés, personnes ne pourra plus les modifier. Une fois encore je tiens à vous rappeler que j’ai énormément simplifié, grosso modo c’est comme ça que le Bitcoin fonctionne.

Ahh! vous n’avez rien compris? Allez, un deuxième exemple 🙂

Imaginez une école dans laquelle il n’y a ni directeur ni enseignants et surtout pas de parents d’élève à l’affût. Les élèves gèrent eux-mêmes l’ensemble de l’établissement. Chaque fois qu’un problème est posé (nettoyage, calcule mental, cuisine,etc.), les élèves essaient de trouver une solution répondant à la charte de l’école en question.

À la fin de l’exercice, chaque élève recevra des points en fonction du temps et de l’effort fourni pour trouver la réponse. L’élève qui aura apporté, le plus rapidement, la réponse attendue reçoit une portion de Bitcoin.
Cette réponse est aussi vérifiée et enregistrée par tous les autres élèves dans leur propre journal intime. Donc, personne ne peut toucher l’intégrité de cette solution puisque tous les élèves en ont la preuve.

Cet exemple est en fait une très courte illustration de la blockchain qui est l’une des caractéristiques majeure du Bitcoin. Dans ce cas-ci, la charte, les points, le problème, les élèves et le journal intime représentent successivement le logiciel (libre de droit), des satoshis , la transaction, les mineurs et le bloc. Je vous expliquerais tout cela dans un prochain billet…

Mais retenez que la décentralisation du Bitcoin supprime le banquier dans la gestion de votre portefeuille. En effet, cette monnaie est régularisée par les utilisateurs et non par les banques. Les utilisateurs qui traitent, sécurisent et enregistrent les transactions, grâce à la puissance de leurs ordinateurs sont appelés des mineurs.

D’où vient la valeur du Bitcoin ?

Valeur du Bitcoin?

Jusqu’en 2012, le Bitcoin ne valait pas plus de 10 dollars américains, aujourd’hui il en vaut plus de 10 000. Vous pouvez consulter ce graphique pour plus de détails. Comme toutes les monnaies, le Bitcoin tire sa valeur de la confiance des utilisateurs. Il est donc soumis aux lois du marché (l’offre et la demande).

Certaines personnes croient que son coût est lié au prix de l’électricité, que nenni. En effet, pour miner des Bitcoins, les mineurs utilisent des machines surpuissantes. C’est d’ailleurs pourquoi la plupart des mineurs sont localisés en Chine, puisque l’électricité est bon marché.
Vous pouvez voir sur cette vidéo à quoi ressemble une mine de Bitcoin…impressionnant 😮

Personnellement, je pense que la valeur du Bitcoin provient du fait que c’est une monnaie décentralisée, gérée par une communauté qui croit profondément en certaines valeurs. C’est finalement une sorte de réseau social pour geek.

C’est aussi vrai que le Bitcoin à largement profité du buzz médiatique. Il faut noter que le Bitcoin n’est pas la seule cryptomonnaie, il y en a d’autres. Vous trouverez une liste complète ici. La différence réside dans le fait que le Bitcoin soit décentralisé et de plus en plus accepté comme mode de paiement. Il incarne à la fois une monnaie, une équité et un réseau social.

Avantages et inconvénients

Avantages et inconvénients du Bitcoin?Avantages: Les transferts sont plus rapides et sécurisés que dans un système classique. Mais attention! Depuis un certains temps le bitcoin est victime de son succès. Le coût des transferts à aussi connu une hausse. Chaque transaction est en fait affectée d’un ordre de priorité déterminé en fonction de son montant, de son ancienneté et de sa taille.

Deuxième avantage du Bitcoin c’est qu’il reste une technologie accessible pour tous et libre de droit. Il favorise donc beaucoup l’innovation, notamment avec la blockchain.

Un dernier avantage, pour ceux qui veulent jouer au trader, c’est une monnaie dont la valeur croit. Ceci n’est pas seulement dû au buzz qu’il y a autour du Bitcoin, mais au fait qu’il devient de plus en plus difficile à miner (produire) du Bitcoin. En effet, les calculs se compliquent au fil du temps. D’ailleurs, il sera produit en exactement 21 millions d’unités, les derniers blocs restant seront minés aux alentours de l’an 2140. Tout comme l’or, le Bitcoin sera limité.

Inconvénients: Son principal inconvénient c’est son extrême volatilité, il fluctue énormément. C’est également une monnaie qui pollue beaucoup. Nous avions vu plus haut que le minage nécessite l’utilisation de puissants ordinateurs consommant beaucoup d’énergie. Le traitement d’une seule transaction avec cette monnaie virtuelle consomme autant d’énergie qu’un foyer américain sur une semaine. Les transactions réalisées dans cette monnaie sont également irréversibles, en d’autres termes vous ne pouvez pas annuler un transfert.

Comment se procurer des Bitcoins ?

C’est très facile de s’en procurer, pour cela deux solutions s’offrent à vous. Soit vous devenez mineur, soit vous en achetez avec votre carte bancaire. En ce moment, il est plutôt conseillé d’en acheter directement, car le minage nécessite vraiment un matériel spécifique et un peu cher.

Il existe une foultitude de plateformes d’achat de Bitcoin. Elles permettent aussi d’en vendre, pour ceux qui veulent s’initier au trading 😉 Ce site répertorie l’essentielle des plateformes sur lesquelles vous pouvez acheter et vendre.

Après l’achat de vos Bitcoins songé à les sécuriser, sinon quelqu’un pourrait les voler. Pour cela, vous devez installer un portefeuille virtuel sur votre ordinateur. Là encore il y a tout pleins de solutions 😉 Je résume beaucoup car ce billet n’est pas non plus un tutoriel pour vous apprendre des trucs et astuces…

Voilà, si vous êtes arrivé jusqu’au bout, félicitation 😀 J’espère ne pas avoir trop bavardé et fourni quelques éléments de réponses qui pourraient vous aider à y voir un peu plus clair.

Je sais que cet article n’est pas complet et que j’ai probablement omis des choses importantes, si c’est le cas faites le moi savoir.


5 métiers du numérique dans les zones rurales du Niger

Depuis bientôt dix ans, on assiste à une métamorphose du milieu rural nigérien. La raison : les technologies de l’information et de la communication ( TIC ) qui ont fait irruption et, avant tout, le téléphone mobile bien sûr. Alors que l’essentiel de la population vit avec moins de deux dollars par jour, nous allons voir comment certains se débrouillent pour générer un peu de revenu.

Quels sont les métiers du numérique que l’on voit dans les zones rurales du Niger ?

Les métiers du numérique, ce sont tous les métiers liés, de près ou de loin, aux outils informatiques. Il peut s’agir du développement d’un jeu vidéo ou du remplacement d’un écran de smartphone. Mais en ce qui concerne les villages du Niger, nous sommes un peu éloigné de certains métiers qui nécessitent vraiment des compétences très avancées. L’essentiel des métiers que nous allons découvrir dans ce billet consistent essentiellement à l’assistance à l’exploitation et à la maintenance du téléphone mobile. Présentation.

1- Le transfert de fichiers multimédias

Vendeur de fichiers multimédias
C’est, je pense, l’un des plus rentables des métiers du numérique au Niger. En tout cas, pour ce qui est des zones rurales. Dans beaucoup de villages, il n’y a aucun ordinateur. Ceux qui transfèrent les fichiers font le tour des marchés hebdomadaires accompagnés de leurs machines.

Compter environ 25 à 50 FCFA (0,03 à 0,07 centimes d’euros) le fichier audio ou vidéo. Ces derniers restent évidemment les fichiers les plus plébiscités, surtout avec l’avènement des téléphones embarquant des microSD qui offrent un espace de stockage de plus en plus important.

Mais il faut noter que, dans la plupart des cas, le commerce de ces fichiers est totalement illégal. En effet, les musiques et les films sont généralement protégés par des droits d’auteur. Droits que le vendeur ne possède pas ; d’ailleurs, le plus souvent, ce dernier ignore même qu’il est dans l’illégalité !

2- La recharge électrique de batteries de téléphones

Système de recharge
Avec un taux de couverture en électricité extrêmement faible (14,3% en 2014), les villageois sont obligés de se débrouiller comme ils peuvent pour recharger leurs téléphones.

En général, il y a au moins une personne dans le village qui dispose d’un système de recharge multiprises, lié à une batterie de voiture ou de camion. Le coût de la recharge d’une batterie de téléphone oscille entre 50 et 100 FCFA (0,07 à 0,15 centimes d’euros).

3- La recharge de crédit téléphonique

Au Niger, le taux de bancarisation est assez faible (4,89% en 2015), d’ailleurs il est presque nul dans les zones rurales. De ce fait, et du fait que la population sur place reste encore fortement analphabète, les opérateurs ont mis en place un système de recharge de crédit téléphonique prépayé. Il suffit juste que le client se rende au point de vente et communique son numéro de téléphone. Le vendeur transfert le montant et reçoit une commission en contrepartie. Dans les villages, les transferts de crédit commencent à partir de 50 FCFA.

4- La maintenance téléphonique

Réparateurs de téléphone mobile
Dans les villages, les réparateurs de téléphones mobiles on plutôt la cote. Et ce, malgré le fait qu’ils soient de plus en plus incapables de réparer certains modèles à cause de la miniaturisation des composants… Mais, comme un grand nombre de personnes utilisent encore des téléphones assez anciens, à l’architecture simpliste, l’entretien devient d’un coup moins fastidieux !

Comme je l’ai déjà expliqué dans cet article, si vous voulez remplacer l’écran, le micro ou toute autre partie de votre téléphone, vous trouverez à coup sûr un réparateur. Mais attention, les meilleurs réparateurs ne sont là que les jours de marché hebdomadaire 😉

5- La vente d’accessoires pour téléphone

Étale d'accessoires pour téléphone mobile
La vente d’accessoires est aussi très développée. Ainsi, il n’est pas rare de croiser un nomade reconverti en vendeur ambulant d’accessoires pour téléphone mobile. Et autant dire qu’ils sont assez sollicités puisque les villages sont inondés de produits contrefaits de très mauvaise qualité. Chargeurs, écouteurs et autres câbles électriques sont régulièrement hors services et doivent être remplacés.

La photo ci-dessus montre comment les accessoires sont exposés aux clients dans un marché hebdomadaire. Il faudrait retenir que, dans les zones rurales, ces métiers ne sont pas du tout réglementés par l’État, d’où le manque de professionnalisme des villageois.

Voilà, nous sommes à la fin de l’article, j’espère vous avoir montré une nouvelles facette du monde rural nigérien. Un monde très marginalisé mais qui essaie de s’adapter malgré tout.


Petit résumé du CES 2018

Conduction osseuse, domotique, assistant vocal, etc. Si ces termes ne vous disent rien, c’est que vous avez raté le CES ( Consumer Electronic Show ) de Las Vegas.
Avec près de 4 000 entreprises et startups qui s’y sont précipitées cette année, leur poupard dans les bras, il fallait d’ingénieux arguments pour prouver à tous que son bébé n’est pas moche et réussir à le faire adopter 😉
Le CES est donc devenu, le premier évènement tech de l’année pour les startups et les amoureux des nouvelles technologies.

Quels sont les innovations présentées au CES 2018 ?

Il y a eu beaucoup de nouveautés, et comme d’habitude certaines sont utiles mais d’autres pas.
Alors moi, je vous donne une tendance et je pense que cette année était celle de la domotique. La domotique, c’est tout l’écosystème d’objets connectés destinés à rendre une maison intelligente. Des entreprises comme Netatmo, Legrand, ou Otodo y ont montré tout le sens que revêt un chauffage, un interrupteur connecté, ou une box capable de dialoguer avec tous les objets utilisant différents protocoles de communication.

On a aussi vu une forte présence des assistants vocaux tels qu’Alexa d’Amazon, ou Google Assistant. Il suffit, par exemple, de demander à ce dernier une recette pour qu’il s’exécute avec une foultitude de détails.

Je pense que l’assistant vocal pourrait quand-même porter le coup de grâce à la vie privée. En effet, de plus en plus de failles de sécurité comme la technique du dauphin ou la BlueBorne sont constamment mise à jour sur ces appareils. Ce qui peut transformer votre Google Home en véritable station d’écoute. Cependant, des patchs pour corriger ces différentes failles sont régulièrement déployés, même si l’on ignore ce qu’ils contiennent réellement. Eh oui, la confidentialité à encore de beaux jours devant elle 🙂

Un peu plus haut, j’évoquais le principe de la conduction osseuse. Grâce à ce principe, vous pouvez désormais téléphoner les doigts dans le nez… enfin, le doigt dans l’oreille je veux dire 😉
En ajoutant un module sur votre montre connectée, vous pouvez décrocher un appel; et c’est votre doigt qui joue le rôle du haut-parleur. Cette technologie a été développée par Sgnl, une entreprise sud-coréenne.

Il y a aussi eu cette superbe moto du constructeur YAMAHA qui se tient en équilibre et se pilote toute seule, grâce à un système avancé de gyroscopes.

Les pays les mieux représentés

Sans surprise, les entreprises et startups américaines se placent en pole position. Mais, elles sont lorgnées de près par celles françaises (364). Pour vous donner une idée, les Pays-Bas, en troisième position, compte un peu plus de 60 entreprises. C’est sûr que les entreprises n’ayant pas brillé pendant le CES, elles devront justifier leurs billets d’avion, tout comme Edouard Philippe… 😀

Personnellement, j’ai trouvé que les startups françaises sonnent plutôt américaines. Les dénominations de ces dernières sont un zeste trop anglicisées à mon goût. Mais bon, l’anglais c’est quand-même la langue des « winners» il parait, même le label associé se dénomme French Tech.

Vous trouverez sur ce site, la liste complète des entreprises et startups françaises et pourrez trier celles ayant remporté un prix.

En Afrique, trois pays ont été représentés : le Sénégal, le Mali et la Tunisie. Avec six entreprises francophones, c’est la toute première fois que le continent est représenté. Ce qui n’est pas mal, mais insuffisant, même si la participation au CES coûte chère.

Depuis le temps que l’on entend parler de la Silicone Valley africaine qui innove … On voit clairement qu’elle a du mal à décoller car les gouvernements sur place préfèrent laisser la besogne aux bailleurs internationaux. Mais malheureusement, ces derniers ne peuvent pas remplacer l’État.

Bref, il y a du chemin à faire, les ordinateurs high-tech que le gouvernement camerounais a commandé, en décembre dernier, pour ses étudiants en sont la preuve 😀 D’ailleurs, en réaction aux polémiques, le Directeur des Systèmes d’Information à même rappelé que 32 Gigaoctets en SSD(Solid-stat Drive) équivalaient à 500 Gigaoctets en HDD(Hard Disk Drive)!!! 😮

Pour rappel, le SSD et le HDD sont simplement deux solutions différentes utilisées pour le stockage et le traitement des données sur un ordinateur. Cependant, le SSD offre plus de performance dans le traitement de l’information qu’un disque dur classique, c’est-à-dire qu’il fait démarrer plus vite votre machine. Par contre en terme de capacité de stockage, les HDD sont pour le moment nettement en avance. Donc la meilleure solution serait une combinaison des deux.

Voilà, j’espère vous avoir informé sur l’essentiel. Si vous voulez tout savoir, rendez-vous sur le site officiel du CES 😉