Ousmane DIALLO

Mara’CAN 2019 : rencontre avec un commentateur

MaraCAN2019 à Conakry – ©Ouzlelou

La 8e édition de la Mara’CAN a débuté ce mercredi dans le stade du 28 septembre sous l’œil de l’équipe de Mondoblog. D’abord, c’était un moment de retrouvailles. J’ai retrouvé la maman Mondoblog Camille Deloche. Ensuite, j’ai rencontré pour une première Camille Sarazin et Raissa Yao. Merci pour votre joie de vivre et votre énergie positive. Enfin, j’ai découvert la compétition. Une compétition avec ses propres règles, ses propres particularités.

En effet, la mobilisation et l’ambiance étaient de taille tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Les gestes techniques et des commentaires étaient au rendez-vous. La musique raisonne de partout, les coups de sifflets des arbitres sont perçus jusque nos tympans. Des équipes géniales se succèdent dans l’aire de jeu. Le fair-play qui caractérise ces jeux sont également remarquables. Les accolades entre adversaires se font avant et après chaque match.

En plus des matchs très intenses, il y a les commentateurs, qui ont retenu l’attention de Mondoblog. Nous sommes partis à la rencontre de Mr Barry Amadou Oury, qui commente pour la première fois une compétition de MaraCAN2019. Pour en savoir plus sur son métier suivez la vidéo de notre entretien.

Interview d'un commentateur de matchs de maracana

Notre blogueur Ousmane Tanou Diallo a interrogé Amadou Barry, qui commente les matchs de maracana pour la première fois cette année, lors de la Mara'CAN. Voici ses impressions à la fin de la première journée de matchs.

Publiée par Mondoblog sur Jeudi 26 septembre 2019

Pour finir voici pour vous, les résultats de la première journée de MaraCAN2019 :

Catégorie Seniors :
Togo – USA : 2-1
Canada- CI : 0-6
Burkina-Guinée : 0-1
Mali- Sénégal : 2-1
Catégorie Super seniors :
Guinée- Sénégal  : 2-0
Mali- Canada : 2-0
Burkina-Benin : 1-2
Mali-Cote D’Ivoire : 1-0
Sénégal-Togo : 0-2


Le football maracana débarque en Guinée, pays du bundes

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Mara’CAN 2019 Conakry

Après la 7e édition d’Abidjan, Conakry accueille la 8e édition de football maracana, la Mara’CAN. C’est une compétition annuelle dont la première édition a lieu au Bénin en 2013. Cette discipline sportive a pris son envol en Afrique où les pays manquent substantiellement d’infrastructure sportive de haut standing. De ce fait, Ce fut bonne occasion d’embrasser cet autre produit du football. Un format simplifié du football dont les exigences sont minimes. Le terrain de jeu, le nombre par équipe, l’âge des joueurs et le temps de jeux sont entre autres des éléments qui font la particularité du foot maracana, dont le nom vient directement du mythique stade Maracana au Brésil.

Conakry accueille la compétition de Mara’CAN 2019

Tout d’abord, un point sur les détails concrets de l’organisation de cette compétition. Cette huitième édition de la Mara’CAN réunit quatorze nations africaines et du monde. Ce sont le pays hôte la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo, le Niger, le Benin, la République démocratique du Congo, le Gabon et le Tchad. Se joignent à eux quatre autres pays invités : le Canada, la France, les États-Unis et la Chine. La compétition a lieu du 25 au 30 septembre 2019 dans la salle de Gym du stade mythique et historique du 28 septembre. Les matchs se jouent quotidiennement de 12h à 18h GMT. Deux catégories y sont représentées, les séniors (35-45 ans) et les vétérans (45 ans et plus). En fait, c’est une compétition de courte durée qui ne va pas manquer d’ambiance. Car comme vous le savez, les belles choses ne durent pas.

Une brève histoire du foot maracana guinéen

Depuis belles lurettes, le football est le premier sport pratiqué en Guinée. Les exploits légendaires du Hafia 77 revient dans les esprits des Guinéens, y compris des plus jeunes. Autant dire que tous ces joueurs professionnels guinéens qui se sont distingués dans le football sont tous des fruits de ce sport de la rue. De Titi Camara à Pascal Feindouno, passant par Amadou Diawara et Naby Keita, ils ont tous commencé le foot dans la rue, manque de centres d’encadrement qualifiés oblige.

Le foot maracana est un sport connu en Guinée. Ici, on pratique le maracana tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays mais sous une autre appellation : « Bundes » ou « petit champ ».

Le bundes, c’est ce football de rue pratiqué dans les quatre coins du pays, par tous les catégories d’âge. Avec des petits guichets de but, un nombre limité de joueurs, plusieurs changements possibles en cours de jeu, et… sans gardiens ! Certains observateurs du football guinéen imputent à ce fonctionnement spécifique du bundes quelques contre-performances de l’équipe guinéenne de football, notamment aux postes de gardien de but et d’attaquant de pointe dont le bundes est dépourvu…

En bref, chers amoureux du foot, soyez au rendez-vous, car vous vous en souviendrez pour longtemps. Ce sont certes des matchs de foot mais pas seulement. Un foot avec du beau jeu, des gestes techniques spectaculaires et dans une ambiance de feu ! Et si tout ça ne suffisait pas, Mondoblog sera aussi de la partie pour couvrir les matchs. Tous à Conakry !


Le football maracana débarque à Conakry

Après la 7e édition d’Abidjan, Conakry accueille la huitième édition de football Maracana “Mara’CAN“. C’est une compétition annuelle dont la première édition a lieu au Bénin en 2013. Cette discipline sportive a pris son envol en Afrique où les pays manquent substantiellement d’infrastructure sportive de haut standing. De ce fait,


En Guinée, le temps passe, l’histoire se répète et les démons se réveillent

Depuis son indépendance, la Guinée est plus ou moins instable. Tantôt sur un plan politique tantôt sur le plan social. Depuis bientôt dix ans, jamais il ne se passe un mois entier sans qu’une crise sociale, politique ou ne surgit. Partout ailleurs, les Etats normaux se démêle pour subvenir aux besoins fondamentaux de sa population. En Guinée, c’est tout autre, l’Etat manifeste souvent sa présence que par la force, la brutalité, l’oppression voire l’injustice vis-à-vis de ses propres administrés.


Une leçon à apprendre de la « chute » de Mugabé 

Depuis certain temps, un vent de renouveau souffle et continue de souffler de partout en Afrique, d’Est en Ouest, du nord au Sud. L’actualité politique africaine a été très riche au cours de cette année. Mais depuis le printemps arabe, la scène politique africaine est en pleine mutation. Ceux qui n’ont pas cédé par la voie légale des élections, ont cédé sous la pression populaire.


Ce jour j’ai rêvé et c’était pour ma patrie

Photo rêve
credit photo: kellepics/pixabay

Losque les autres font leurs cauchemars, moi je suis dans mon rêve.
Comme tout le monde j’ai en moi cette fibre intérieure face à laquelle je n’ai force. Je rêve pour ma patrie, la Guinée. Ce pays au passé glorieux, au présent rageur et à l’avenir « peut-être » prometteur. Oui, ce pays aux de gigantesques minerais, aux innombrables vestiges historiques et potentiels touristiques, oui, le bassin de l’Afrique de l’ouest. Je vous parle bien de la Guinée de Samory Touré, de Zegbéla Togba, d’Alpha Yaya, de Dinah Salifou. Oui, ce premier pays à dire « non » à la domination et au général De Gaulle. Oui, il s’agit de cette patrie de Sékou Touré. Cette patrie au génome résistant. Aujourd’hui, j’ose faire un rêve pour toi et pour toi seule.

Pourquoi les affaires ne tournent pas en rond malgré toute notre richesse ?

Malgré la résistance, la Guinée comme la plupart des pays d’Afrique de l’ouest a subi la domination du maître blanc français durant six décennies. Après la pénétration et l’instauration de la politique de « diviser pour mieux régner », les structures internes et les chefs traditionnels ont été vaincus. Des années de lutte durant, sous la conduite de Sékou Touré, le pays arracha sa liberté du joug colonial le 2 octobre 1958, des mains du général De Gaulle. Une indépendance qui a valu à la Guinée une sanction non prononcée du maître colon. Sanction due à l’indépendance ou la célèbre phrase prononcée à cet effet ? « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ». L’acte ou la manière ? L’histoire et l’avenir nous édifieront.

De mon souhait à mon rêve

Je sais que je rêve mais je fais un rêve objectif, loin de l’utopie. Car je suis certain que la Guinée sera développée par les guinéens et nul ne le fera à notre place. Et c’est maintenant qu’il faut agir, car nous possédons tout et sommes en manque de tout. Le réveil de tout un chacun sera la boule dopante de notre essor.
Le jour du salut est proche.
Pour le savoir, référerons-nous des dates du passé et du futur :

1898 – 1958 : soixante annéess qui correspondent à la durée qu’a passées le colon en Guinée en tant que maitre.
1958 – 2018 : il faudra encore soixante ans depuis notre indépendance, marquant le départ du colon. C’est aussi la durée de la sanction non prononcée contre la Guinée par le colon.

De là, je dirais que 2018 doit être l’année annonciatrice du salut. Car pour comprendre la sanction imposée à la Guinée, il faut analyser quelques faits :
La Guinée « arrache » son indépendance,
– Le colon se retire,
– puis il retire ses fonctionnaires,
– ensuite il transporte les archives, rapatrie son armée, et range sa monnaie.

En plus d’autres coups bas non connus du grand public.

Dans un de ses livres « Le coup d’État permanent », François Mitterrand, ami de Sékou Touré écrit : « De Gaulle ne tolère que les libertés qu’il octroie. Du coup, la Guinée fut chassée du paradis gaulliste ; on coupa ses crédits, on aveugla ses fenêtres sur l’Occident. »

Enfin libéré, le pays sortira de l’ornière. Il n’y aura plus d’importance de savoir qui est à la tête du pays. Qui vient de quelle région ? On aura juste surpassé nos différends, car le coup de magie s’effectuera tout seul en toute douceur.

Ousmane Diallo


Guinée : devoir de mémoire, n’oublions pas les jeunes martyrs du 22 janvier 2007

Les jeunes de Guinée se rappellent encore du 22 janvier 2007. Aujourd’hui, cela fait dix ans déjà que des jeunes guinéens engagés ont été martyrisés en plein cœur de Conakry, par des bérets rouges de la garde présidentielle du Général Lansana Conté, épaulés par d’autres éléments des forces de défenses et de sécurité. Un mouvement déclenché et dirigé par le mouvement social guinéen et le syndicat.

Ces éléments de l’armée habillés et nourris par les taxes et impôts, payés par ce même peuple, ont ouvert le feu sur des civils désarmés et pacifiques. Le seul crime de ces citoyens, se résumait pourtant à avoir réclamé la démocratie et le changement auquel ils aspirent. Cette répression sans vergogne se poursuivra jusqu’à la mi-février, et s’étendra à toutes les principales villes du pays. A l’arrivée ? La mort de plusieurs centaines de personnes, des milliers de blessés, dont certains sont désormais handicapés à vie, et des dégâts matériels considérables.

Depuis déjà une décennie, malgré le chargement de régime tant espéré, aucune enquête sérieuse n’a été faite pour rendre justice à ces martyrs. La justice n’a jamais eu le courage de mener des démarches pour rétablir les victimes dans leurs droits. Les événements de janvier et février 2007, s’ajoutent ainsi à la longue liste des crimes impunis qui ont lieu en Guinée depuis l’indépendance en 1958.

Quelles leçons tirer ?

Si on fait une rétrospective, on constatera que les idéaux de ces jeunes martyrs ont tous été trahis. Les principales figures de ce soulèvement de 2007 se sont servi de leur combat pour gravir les échelons du pouvoir. Le pire étant que les mêmes pratiques perdurent, sans pourtant qu’aucun doigt ne se lève, ne serait ce que pour honorer la mémoire de ces martyrs. Que justice soit faite pour les jeunes martyrisés de Guinée, pour que plus jamais de telles horreurs ne se reproduisent l’avenir.

Diallo Ousmane


​Guinée : le pays vibrait au rythme de la citoyenneté et de la paix

Guinée semaine de la citoyenneté et de la paix
Senacip Guinée

Une loi portant instauration d’une semaine nationale de la citoyenneté et de la paix a été voté par l’Assemblée nationale guinéenne. L’initiative est du ministère de la Citoyenneté et de l’unité nationale. Un mois après son adoption, elle a été promulguée par décret du Président de la République.
Pour la première fois, la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix (SENACIP) fut célébrée en Guinée du 01 au 07 Novembre 2016. Un événement qui se veut annuel et symbolique de références. Un signal fort du ministère Joker du gouvernement. Une initiative salutaire et hautement appréciée.

Ce 1er novembre 2016, la première édition de la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix fut officiellement lancée au palais du peuple à Conakry. On notait la présence de plusieurs hautes personnalités Guinéennes et de diplomates étrangers. Ces personnalités se sont succédées du haut de la tribune pour tenir des discours axés sur la paix et la citoyenneté. Pour une fois, pouvoir, opposition et société civile ont conjugué le même verbe et entonné le même discours. Un fait rarissime dans le paysage politique guinéen en perpétuelle ébullition.

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Pour arriver à cet objectif, le Ministre Diaby, corbeau du Gouvernement, a dû batailler dur. Heureusement qu’il a triomphé sur l’aile des faucons de l’équipe gouvernementale. Plusieurs manœuvres furent menées pour faire capoter sa merveilleuse idée de projet. Son budget fut bloqué jusqu’à 2 jours en amont de l’événement et a considérablement été réduit. Convaincu et fort du soutien derrière lui, le Ministre a mené le combat jusqu’à l’aboutissement de son rêve. Il est entré dans le cercle des Guinéens modeles.

Une semaine célébrée dans la diversité.

Grâce à l’implication de plusieurs acteurs, diverses activités ont été menées sur le terrain.
– La troisième journée a été celle des actes citoyens de très grande diversités. On retiendra l’assainissement de lieux publics, la sensibilisation sur les méfaits des réseaux sociaux dans les écoles, des conférences sur la citoyenneté dans les grandes universités et lycées mais aussi, une sensibilisation des usagers de la route et tant d’autres.

© photo sbskalan
© photo sbskalan

– De son côté, l’association Des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) a assuré la médiatisation de l’événement sur les réseau sociaux. Des messages de citoyenneté, de paix, de tolérance mutuelle, et d’exemplarité ont été véhiculé avec le hashtag #GuinenModele. Des statistiques impressionnantes ont été enregistré. Plus 2700 tweets et 25 000 mentions sur facebook en une semaine. En plus de cela une synergie des radios est venue en appuis. Les langues du terroirs furent utilisées pour toucher le maximum à l’intérieur du pays.

Pour une fois, les Guinéens ont vécu une semaine paisible, loin de la politique, de l’ethnicisation du débat. Vive la Guinée citoyenne pour que vivent une nation forte, libre, juste et épanouie.

Ousmane Diallo


28 septembre, une date ancrée dans les annales de l’histoire de la Guinée 

Rassemblement du 28 septembre 2009 en Guinée


Dans l’histoire de l’ancienne rivière du Sud , le 28 septembre est l’une des dates les plus marquantes. Pour certains, ce jour leur rappelle des bons souvenirs et pour d’autres cette date réveille des blessures qui ont du mal à cicatriser. Une date, deux événements qui peuvent abréger l’histoire de la Guinée. Un passé glorieux et un présent douloureux. 


Le 28 septembre 1958, sous la conduite de Feu Ahmed Sekou Touré, la Guinée disait « NON » au Général De Gaulle lors référendum et décidait toute seule de quitter la communauté d’Afrique Occidentale Française (A.O.F). Un « Non » à la France et à la colonisation qui a valu à la Guinée son Indépendance le 2 octobre de la même année. Une determination, un courage ont mené ce jour au salut du vaillant peuple de Guinée et ont marqué le début de toute une histoire glorieuse. Un peuple laborieux forma une nation forte, de valeur, respectée et admirée. Au fil du temps qui passe, que d’espoir déçus, les rêves ont viré au cauchemars. Une nation qui se meurt à petit feu. 

[…] « Après la mort du grand baobab naîtront forcement divers champignons ». Une phase qui a tout son sens dans la succession des événements en Guinée. C’est ainsi qu’après la mort du Général Lansana Conté, l’armée prend le pouvoir « dans la rue » et torpille au sol les quelques grains de démocratie semés par le défunt Général et fait régner le pouvoir des « armes ».

À l’époque , suite à un appel des forces vives de la République, les populations ont convergé vers le grand stade de Conakry pour manifester leur ras-le-bol face à une éventuelle candidature du chef de la junte militaire, le Capitaine Moussa Dadis Camara. 

Ce lundi 28 septembre 2009, pour couper court à l’histoire et comme pour voler la vedette à cette date, l’armée au pouvoir sous le règne du Capitaine Dadis se défoule sur une manifestation d’opposants. Un carnage sans précédent, une sauvagerie sans limite, une barbarie inqualifiable furent menées contre des paisibles citoyens. A l’arrivée un bilan macabre de plus de 150 morts sous les balles des militaires, des dizaines de disparus, des handicapés à vie et de nombreuses femmes violées dans leur intimité en plein jour. 

il y a aujourd’hui sept ans, jour pour jour, au-delà de quelques inculpations, les bourreaux courent toujours et certains exercent même des hautes fonctions. Aucune reconnaissance pour les victimes qui attendent toujours que les crimes de ce jour soient élucidés, et qu’ils soient rétablis dans leurs droits. Que les coupables soient punis à jamais.

Que justice soit faite pour les victimes du massacre du 28 septembre, que les âmes des disparus soient honorées, et que plus jamais de telles horreurs n’arrivent en Guinée. 


Guinée: si cette jeunesse se réveillait ?

Guinée: si cette jeunesse se réveillait ? Depuis belle lurette, au moment où j’étais encore au secondaire, je me rappelle toujours de ces délégations d’autorités administratives ou parentales qui nous rendaient visite. Chaque délégation passait pour nous faire le même discours. Du genre « mes enfants, étudiez bien, vous êtes l’avenir de ce pays ; vous serez à nos places pour assurer la relève ». Des phrases et des mots…


Le calvaire d’un voyage de vacance (2èpartie)

Après une année de travaux de durs labeurs, Les vacances constituent un moment de ferveurs et de détente avec accentuation des phénomènes d’exodes. Les déplacement sont de plus en plus nombreux. Des villes pour les villages et vice-versa. Dans la logique de cette lancée, s’inscrit la suite du récit de mon premier voyage pour Lélouma la prefecture qui m’a vue naître.

Capot ouvert d’un Peugeot ©- photo Ousmane Diallo 


[…] Une journée entière s’est passée et nous accumulons de plus en plus du retard sur cette route nationale numéro un (N°1) Conakry–Labé. La nuit tombe peu à peu. Nous voici en pleine brousse dans les ténèbres aux abords de KINDIA, la cité des agrumes. A l’orée, une nuit cauchemardesque se peaufine. Des insectes piquants de tout genre virevoltent tout au dessus de nos têtes.

La nuit du premier jour

Au delà de tout comportement hautain ou de considération sociale, nous detachons la bâche de nos bagages. Avec quelques morceaux de bois amassés dans les parages, le chauffeur allume un feu. Quant à nous, nous érigeons sans exception des dortoirs en plein air. La faible lumière du feu nous parvient à côté de la vieille Peugeot 505. A chacun sa préoccupation et ses souffrances. En alternance ou en simultanée, nos maux se partagent les instants de la nuit. Le sommeil, la faim, la fraîcheur, les piqûres d’insectes et  la nervosité se côtoient en nous. Entre peur et doute, nous gardons patience jusqu’au petit matin.

Deuxieme jour

Dès les premières lueurs du jour, nous nous levons comme dans un poulailler. « Arriver à destination » est notre souhait commun. Dès l’instant que le soleil pointa à l’horizon, le chauffeur brave la rosée et emprunte un motard pour trouver de l’aide en ville. Une bonne demie heure passée, il revient avec un mécanicien. Avec son œil de connaisseur, ce dernier s’active pour mettre son génie à notre service. Désespéré, tout le monde se comporte en apprentis déguisés. Les ordres et consignes du mécanicien sont exécutés à la lettre. De manœuvre en manœuvre il parvient enfin à identifier la maudite panne. Très vite il remet le véhicule en marche, les choses rentrent dans l’ordre.

 Il était midi passés, le soleil était au zénith et nous n’avions pas bougé d’un iota depuis la veille. Nous repartons de là tout furieux et surtout très affamés. Après une bonne heure de course j’aperçois une borne où il était marqué “KINDIA 15 KM”. Avec un sourire forcé, je réalise que je n’étais point le seul qui portait attention au kilométrage avant la prochaine ville. J’étais simplement un élément parmi le lot. L’espoir commença à renaître en nous et les visages commencent à se décrisper.  Le chauffeur qui était resté muet jusque là donne un signe de fermeté «À votre descente mangez vite sans vous disperser». Certainement ce signe est une réponse aux interminables grondement sur sa personne. Quelques temps après, nous arrivons à la devanture des gargotes.

Nous n’avions rien mangé depuis la veille. En fonction de nos états de santé, chacun fait sa commande. Malheureusement certains se sont laissés guider par le pouvoir du ventre qui surplombe celui de la tête. La prioté à la quantité qui supplante celle de la qualité. Rien à dire modestie oblige le minimum de discrétion. Nous avons vite mangé sans accuser beaucoup de retard. Très rapidement nous reprenons le chemin.Il nous restait encore plus du triple de la distance parcourue. 

Le chauffeur appuie sans cesse sur l’accélérateur. Les innombrables virages remuent nos ventres dans tous les sens. Cette alimentation  aveuglement ingérée commencent à se payer ses effets. De partout  J’entendis des ventre qui émettent des borborygmes . Puis l’atmosphère habitacle devient insupportable je vide ma bouteille de déodorant pour y résister. Malgré ce signe d’alerte, le chauffeur refuse d’obtempérer face à ma demande:  un arrêt pour évaluer la situation.

Nous sommes exactement dans la préfecture de Mamou. Soudain la jeune fille à ma droite qui jusque là était la superstar changea de statut.Elle n’est plus la jeune fille resplendissante au regard rehaussé.  Elle devient fébrile tout simplement malade. Elle ramène des éructations brusques, mal odorantes. Elle finit par vomir sur nous. Ma chemise et mon pantalon sont totalement imbibés de vomissures. Une odeur nauséabonde s’empare du véhicule et y règne en maître. Avec un air impuissant je me mets à essuyer sans succès. Avec une rage inqualifiable je me débarrasse de ma chemise. Il ne me resta qu’un simple tricot par crainte de rester torse nu. Je mène une lutte sans merci avec la fraîcheur historique du climat foutanien qui ne tarda pas à nous accullir. Le calvaire du voyage continue. Au fond de moi, je m’interroge. A quand mon arrivée à destination ?

Certe il n’y a point de déplacement inutile. Car ce voyage m’a donné plein d’enseignement et de souvenir en plus, je dirai que l’endurance s’avère parfois nécessaire pour parfaire nos perceptions de la vie.  

Ousmane Diallo 


Souvenir d’enfance: une partie de chasse mémorable

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© Photo: Ousmane Diallo

A chaque génération correspond une histoire et une civilisation. Le temps passe et laisse les traces qui constitueront les pages de l’histoire. Ainsi se créent les souvenirs indélébiles. L’adolescence au village ressemble à une scène dont on identifie les acteurs qu’après des années. Des moments très riches en souvenirs avec diverses saveur s. Des moments glorieux parfois effroyables qu’on se remémore en toute gaîté. Ma première partie de chasse occupe une place de choix parmi mes innombrables remembrances.

Dans les fin fonds du Fouta djallon quelques part au pieds de la montagne de Wouloun Poyé à Lelouma, j’ai vécu une bonne partie de mon jeune âge. A l’époque ma génération était hiérarchisée. Il faillait gravir des échelons pour atteindre la sommité « maturité ».


De ces étapes à franchir, la participation à la chasse et ses principes.

Pendant la période des grandes vacances, alors que j’avais entre 9 et 10 ans et mon sang circulait à chaud. J’étais turbulent au juste. Je me rendis compte que j’ai acquis l’âge minimum requis pour la chasse. Cette fois, je suis partant pour être le premier à relever ce défi parmi mes compagnons d’âge. Mais pour se faire la procédure est longue et les règles sont rugueuses. Au fond de moi, je me sentais pressé pour cette initiation nouvelle vers l’âge adulte. Je savais également que rien ne marchait dans la précipitation. Ce qui me serva comme un atout.

Le jour tant attendu arriva, me voici en face de l’épreuve. D’entrée je devais me présenter aux initiés récents afin de vérifier mon éligibilité. Cette vérification sera faite au niveau des Oreilles: leur l’aspect architectural. Toutes présence d’une moindre percée non conforme à l’anatomie naturelle est un signe de malchance à prendre en compte donc synonyme d’élimination.

Après c’est la vérification de la conformité de ma tunique, vint ensuite l’étape pratique où j’ai l’occasion d’étaler mon talent de chasseur. L’excellent tireur de lance-pierres que j’étais. Le principe suffisait juste de toucher un objectif placé à une dizaine de mètre à trois reprises successives. Je passe ce test avec brio. Ceci n’a été même qu’une u formalité. J’ai émerveillé plus d’un de mes supérieurs.

La compagnie de mon chien Médor m’a servi de levier pour sauter l’étape finale de validation ( pour évaluer mon sang froid face aux chiens). Mon profil a maintenant répondu à toutes les exigences. Cette fois ci j’intègre officiellement une équipe de chasse. Chacun affûte son arme: lance-pierres, arcs et flèches, chiens… Ma joie était immense, surtout lisible à travers mon visage. Le défi est levé je suis de la partie. Il me reste à combler les attentes. Donc il ne faut surtout pas rentrer bredouille dès ce premier pas.

Nous sortons par le côté Est du village où était dressée une lourde porte en bois appelé « Baafal dardja » (porte de la chance). Des consignes claires m’ont été adressé  » ne plus regarder par derrière, une fois que nous franchissons cette porte », c’est de coutume. J’ai retenue avec attention tous les conseils et consignes pour m’en servir dans l’avenir dans ma vie de chasseur.

Après quelques minutes de marche, nous traversames une petite clairière pour pénétrer dans la zone ciblée. Qui jadis, était une forêt humide étendue le long de la rivière comme le témoignage les arbres robustes qui y résistent. Mais l’action dévastatrice des riverains (feux de brousse et tronçonneuses) à eu son effet sur cette nature qui de par le passé était toujours verdâtre.

La tactique donnée est lancée. Nous nous éparpillâmes en groupe de deux (2) pour fouiner les coins et recoins de cet environnement broussailleux à la recherche du gibier. Soudain j’aperçus un oiseaux entre les branches de ce qui me ressembla à un fromager. D’un cailloux bien armé, je lui descendais dès le premier essai de lance-pierre. La partie s’annonce belle le pari est sur les point d’être gagné. A son tour, d’un flair magique, Médor suspecta la proximité d’un animal.

Contre toute attente, un lapin gris qui se cachait auprès d’une termitière surgissa sous mes yeux. Médor se lança à sa poursuite mais cette course poursuite ne dura pas longtemps. Le talent et l’intelligence de Médor étaient connu et il le confirma. Le gibier est sous son contrôle et il nous le rend sans difficulté.

C’est fut la détente pour moi. J’avais réussi mon intégration. Il ne faut plus aller loin. La partie s’arrêta pour ce jour. Nous retournons au village dans l’allégresse. Ce fut une journée triomphale.

Ousmane Diallo


La quête d’eau en banlieue de Conakry

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Pompe derrière une cour à Conakry ©Ousmane Diallo

La Guinée a beau d’être le château d’eau de l’Afrique de l’ouest, le pays peine encore à ravitailler le ménages en eau courante. La question d’eau préoccupe aussi bien à l’intérieur du pays comme dans la capitale Conakry. La couronne de château d’eau attribuée à la Guinée n’est que de la farce. L’endurance quotidienne des citoyens est à l’extrême.

Depuis plusieurs années, les mois d’avril et de mai sont connus comme les plus chauds de l’année à Conakry. Sans doute c’est aussi le temps le plus difficile pour la population. La quête d’eau n’est point aisée. Durant cette période, de nombreux puits tarissent. Les rares puits qui résistent ne ramènent que de la boue s’il en reste quelques choses. Ni décantation, ni filtration ne règle le problème.

Les bidons jaunes à l’honneur:
Face à cette situation, certains citoyens de la banlieue de Conakry font la queue durant des heures pour s’approvisionner en eau. Le bidon de 20 litres se négocie à 1000 GNF (environ 1€). Certains jeunes ancrés dans le chômage profitent même pour se créer un business afin de joindre les deux bouts. Certains arrivent à se tirer d’affaire.
Du coup, les quelques forages privés dans les quartiers sont pris d’assaut en longueur de journée. Le grand hic c’est aussi la disponibilité de l’électricité pour le fonctionnement de ces points d’eau.

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Borne fontaine à sec dans un quartier de Conakry ©Ousmane Diallo

Ma première fois de faire le fil:
Avec mes deux bidons en main, j’arrive à la pompe derrière la cour de mon voisin. Bouba un jeune de mon quartier est mon poursuivant direct. On se connaissait déjà par les visages. Nous engageons une conversation. Je demande pourquoi ce fil interminable alors qu’il n’y a pas encore d’eau? Il me dit:

“Mon frère je suis arrivée ici à 17h mais 4 personnes sont devant moi, je suis en 5è position. On attend que le courant arrive dans le quartier pour pouvoir puiser. Parfois je passe ici 3 heures voire plus si j’arrive en retard. Nous puisons ici à tour de rôle peu importe le nombre de récipients en possession. Parfois il arrive que certains en viennent au mains. Prière de respecter le fil. C’est un véritable problème”.

Le société en charge de la distribution d’eau ( S.E.G= Société des Eaux de Guinée) ne parvient plus à assurer le minimum d’avant ( 3 fois dans la semaine). Elle évoque des problèmes liés à l’investissement dans le secteur

Les difficultés que la Guinée traverse en général et Conakry en particulier sont dus au manque d’investissements dans le secteur depuis près d’une quinzaine d’années. Les installations qui sont là sont dépassées ou vieilles”.

Elle propose une solution palliative au problème. Des citernes d’eaux sillonnent en alternance les quartiers de Conakry pour desservir certains ménages. Mais peu de citoyens approuve la démarche car, cette eau serait impropre à la consommation.

Pour l’heure, l’orgueil est mis à l’écart et le mal est pris en patience. Le dénouement est attendu avec l’arrivée prochaine des grandes pluies sur Conakry. En attendant les uns vivent de la charité des autres. Nous plaidons la charité pour toujours.

Ousmane Diallo


Le calvaire d’un voyage de vacances (1ère partie)

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©Crédit photo Ousmane Diallo

Après une année scolaire chargée, le mois de juillet que j’attendais avec impatience arriva. C’est la période des grandes vacances. Cette année-là, et pour la première fois, j’ai la chance de passer mes vacances en dehors de la ville de Conakry où je vis. J’ai l’insigne honneur d’aller au village pour rendre visite à quelqu’un que je n’ai connu jusqu’ici qu’à travers des photos en noir et blanc jaunies par le temps: mon grand-père maternel! L’excitation est au maximum.

Nous sommes vendredi, jour de mon départ pour Lélouma, ma préfecture d’origine. J’arrive très tôt à la gare-routière et me présente au guichet. En quelques minutes, le chef de ligne (syndicat) me tend mon ticket de voyage sur lequel est mentionné: « Place N°: 8/9 ». Je comprends que je dois voyager sur la banquette-arrière du véhicule.

Embarquement:
L’intérieur de la Peugeot 505 trahit son aspect extérieur maquillé par une peinture neuve. Sièges grossièrement rapiécés, rétroviseurs incomplets,

tableau de bord mourant… Seuls la radio et les haut-parleurs semblaient survivre du sinistre habitacle. Sur la vitre arrière, une inscription en langue Poular fait froid dans le dos: «  KO ALLAH RENI LAN » (littéralement : C’est Dieu qui veille sur moi), une peur m’envahit et je me dis que le destin me mettra à l’épreuve durant ce voyage.

Me voilà calé au siège arrière pris en sandwich entre un bonhomme, la vingtaine, et une jeune fille resplendissante au regard rehaussé par un joli maquillage. Ce beau tableau me rend subitement optimiste. Je me mets à rêver d’un voyage merveilleux…
Le temps passe et nous avons du mal à sortir des bouchons de Conakry. Ça s’annonce mal. L’embouteillage rend nerveux notre chauffeur sur lequel j’ai un mauvais sentiment depuis le début. A un moment, il donne un coup de frein sec. Non retenu par la ceinture de sécurité (la voiture n’en a aucune), ma tête cogne violemment le passager de devant. J’ai le front enflé.

Comme si cela ne suffisait pas, le chauffeur allume une cigarette alors que l’air chargé de chaleur est déjà irrespirable dans la voiture, pire qu’un four! Je proteste. Il n’en fait que ça tête et va jusqu’à me dire qu’il est un Rasta et qu’il a la droit de fumer dans sa voiture. Le front en flamme, la musique assourdissante, la chaleur et la fumée de cigarette me rendent dingue mais je suis impuissant au même titre que les autres voyageurs silencieux. Je finis par me résigner et m’en remettre à Dieu. On continue.

Nous arrivons au premier check-point. Tout le monde doit descendre pour présenter sa pièce d’identité. Tout se passe bien pour tout le monde, sauf pour le chauffeur. Les dossiers du véhicule sont incomplets. Je souris intérieurement. Invité à s’expliquer sur le défaut des pièces, le chauffeur se montre impoli et arrogant. Il va jusqu’à manquer du respect au commandant, chef du poste. La réaction de ce dernier ne s’est pas fait attendre. Quatre subordonnés de l’officier se saisissent manu militari du Rasta-chauffeur et le plaquent sur le capot brulant de sa Peugeot. Il reçoit 25 coups de cravache en public sur les fesses puis est relâché tout haletant.

Couvert de honte, le visage fermé, le chauffard reprend le volant bon an mal an.  Il essaie de rattraper le temps perdu en accélérant. Seulement, sa vieille voiture ne supporte pas le régime auquel il voulait la soumettre. Le moteur rend l’âme sur une colline. Toutes ses tentatives de redémarrage échouent. Il finit par vider la batterie. Tous les passagers unissent leur force pour pousser la voiture afin de la redémarrer. Mais face à la faim, tout le monde fini par se lasser sans y parvenir. Le chauffeur se lance à la recherche d’un mécanicien et c’est là que nous passons la nuit….

A suivre !
Ousmane Diallo