Pierre Dujol

Quel bilan pour les Bleus après le Mondial brésilien ?

En atteignant les quarts de finale d’une Coupe du monde pour la première fois depuis 2006, la France a rempli son pari humain et sportif et redonné des couleurs au maillot tricolore. Didier Deschamps aura été le principal instigateur du nouvel élan bleu, portée par une jeunesse prometteuse. Quel bilan faut-il tirer après le Mondial au Brésil  ? Quelles perspectives alors que se profile l’Euro 2016 en France ? Eléments de réponse.

Oui, la page de Knysna est définitivement tournée. Les nuages encombrants et la morosité ambiante qui  pesaient encore sous l’air Laurent Blanc avec parcimonie ont laissé place à un rayon de soleil que l’on souhaite durable pour les Bleus en attendant l’Euro 2016 dans l’hexagone.

L’engouement né du match retour face à l’Ukraine (3-0) le 19 novembre dernier au Stade de France a donc trouvé un prolongement au Brésil,  à proximité des plages de Copacabana, où les Bleus pourront se féliciter d’avoir accompli avec brio leur objectif.

Même si ces derniers rêvaient tout bas d’une demi-finale contre le Brésil et d’une fin légèrement moins frustrante. Mais l’expérience allemande a eu raison de la jeunesse française…

Objectif sportif atteint par les Bleus

L’objectif minimum fixé par le Président de la FFF, à savoir une qualification pour les huitièmes de finale du Mondial, a été atteint  par les joueurs. Après la débâcle de 2010, un Euro 2012 en demi-teinte, et une qualification arrachée aux forceps face à l’Ukraine en match de barrages, l’objectif semblait à la mesure d’une équipe de France en pleine construction. Ne faisons donc pas la fine bouche. On aurait tous signé pour un quart de finale avant le début de la compétition.

Mais voilà, cette équipe France version Didier Deschamps nous a agréablement surprise, notamment lors de sa préparation avant Mondial. Les succès face à la Norvège (4-0), puis la Jamaïque (8-0) ont trouvé un formidable écho lors deux premiers matchs de poules face au Honduras (3-0), puis face à la Nati (5-2), balayée en à peine 45 minutes par une équipe de France que l’on avait rarement vue aussi efficace.

« Nous avons atteint le niveau souhaité en passant les huitièmes de finale. De là à dire que l’on pouvait gagner la Coupe du monde, non. Mais on s’est rapprochés des meilleurs » (Noël Le Graët)

Après un nul face l’Equateur (0-0), alors que le sélectionneur avait décidé de faire souffler quelques cadres, les coéquipiers d’Hugo Lloris auront passé l’obstacle du Nigéria (2-0) avant de voir l’aventure se terminer en quart face la Nationalmannschaft (1-0).  La marche semblait abordable, mais les Allemands ont rappelé aux Français combien l’expérience et l’efficacité étaient deux éléments primordiaux pour franchir un nouveau cap.

Un état d’esprit (presque) parfait

L’aventure humaine des 23 bleus sélectionnés par Didier Deschamps est certainement le meilleur élément de réponse apportée à l’attente du public. Du 19 mai au 4 juillet, la cohésion de groupe affichée par les joueurs a sûrement contribué a ravivé un soutien populaire que l’on n’avait plus senti depuis des lustres. En témoigne le retour de l’équipe de France à l’aéroport du Bourget, où des centaines de supporters déchainés s’étaient rendus en masse. On appelle ça un retour gagnant.

« Je suis très fier de ce qu’ont fait les joueurs sur le terrain et en dehors. Il y a du travail mais il y a des prédispositions. Il faudra maintenir cet état d’esprit et cette qualité pour l’avenir » (Didier Deschamps)

Durant la compétition, les titulaires, les remplaçants de premiers choix et les coiffeurs auront tous tenus leur rôle et montré l’exemple à suivre. Olivier Giroud, sur le banc lors du premier match face au Honduras, n’a certes pas caché sa déception mais s’est vite résigné à mettre ses états d’âmes de côté pour ne pas déstabiliser la vie du groupe. Le Gunner ne partira certainement jamais en vacances avec Karim Benzema, leur entente a régulièrement été mise en question par les médias, mais les deux intéressés n’en sont jamais venus aux mains. C’est déjà ça !

D’autres comme Schneiderlin, Cabela, Mavuba, Mangala ou Rémy auront peu ou pas du tout joué mais parfaitement répondu aux attentes de Didier Deschamps. C’est déjà une grande victoire en soit.

« Il faut souligner le bon travail de Didier Deschamps. Les joueurs ont été à son écoute totale. Durant un mois, je n’ai pas vu ni entendu un mouvement d’humeur. Le lien avec le public est renoué. C’est beaucoup plus simple de travailler dans des bonnes conditions » (Noel le Graët)

Bilan tactique des Bleus

  1. Bilan offensif

En l’espace d’un mois et une dizaine de rencontres toutes compétitions confondues, le visage des Tricolores s’est métamorphosé. Le constat né en amical contre les Pays-Bas (2-0) en mars s’est confirmé au cours de la préparation et a été validé contre la Suisse (5-2) au Brésil : les Bleus sont bien plus à l’aise en attaques rapides. Ils n’étaient pas les seuls, dans ce Mondial. Positionnés dans un 4-3-3, les coéquipiers de Karim Benzema ont rapidement pris leur marque et mené à bien leur tactique de contre-attaque, en alliant finesse technique et efficacité devant le but. Résultat : 35 buts marqués lors des dix dernières rencontres.

Le sélectionneur avait à sa disposition des profils adéquats. Karim Benzema, l’attaquant du Real Madrid, a été plutôt brillant par l’intelligence de ses déplacements et sa qualité technique, même si on pourra toujours lui reprocher une certaine nonchalance dans le repli défensif. Autour de lui, Antoine Griezmann et Loïc Rémy sont des joueurs de profondeur et Olivier Giroud, dans un autre profil, a constitué un pivot polyvalent et mobile, capable de briller en offrant par exemple le troisième but à Mathieu Valbuena contre la Suisse.

A l’inverse, l’équipe de France a peiné à mettre du rythme sur ses attaques placées, notamment en première mi-temps face au Honduras (3-0), jusqu’à l’expulsion de Wilson Palacios, et contre l’Equateur (0-0), avec un effectif légèrement remanié ainsi que devant le Nigeria (2-0) et l’Allemagne (0-1), même si elles furent plus rares. Quand Mathieu Valbuena n’est pas parvenu à offrir de solutions entre les lignes adverses, les Bleus n’ont pas su enchaîner vers l’avant, d’autant plus lorsque Yohan Cabaye était neutralisé.

2.  Bilan défensif

Au milieu de terrain, le triangle composé de Matuidi, Pogba et Cabaye en sentinelle, a largement compensé le manque de repli défensif des attaquants dans les couloirs mais il aura manqué d’impact physique sur certains matches. Sur le côté gauche, le Parisien a régulièrement rempli son rôle de relayeur et apporté des solutions offensives à Mathieu Valbuena. Paul Pogba, étoile montante du football français rassure par sa sérénité à seulement 21 ans. Sa justesse technique, sa qualité de passe et sa puissance physique ont été précieuses au milieu et dans l’entrejeu mais le jeune turinois, émoussé face au Nigéria, a montré ses limites.

En défense centrale, la paire Sakho-Varane, ou Varane-Koscielny a montré des garanties pour l’avenir. Face au Honduras, l’Equateur et le Nigéria, la défense française a rassuré par sa solidité et sa complémentarité, Hugo Lloris préservant sa cage inviolée durant trois rencontres. Dans le jeu, les Bleus n’auront encaissé qu’un seul but face à la Suisse, le but face à l’Allemagne étant intervenue à la suite d’un coup de pied arrêté. Il ne devrait donc pas y avoir de bouleversements majeurs dans un secteur qui compte de jeunes talents comme Debuchy,  Lucas Digne et Mangala. La relève est déjà prête.

Et maintenant ?

Qualifiée d’office en tant que pays organisateur de l’Euro 2016, la France a désormais deux années pour peaufiner ses réglages alors que le groupe devrait très peu évoluer. En effet, Didier Deschamps semble avoir trouvé une ossature sur laquelle il compte bien s’appuyer prochainement. Une trentaine de joueurs dont les réservistes du Mondial devraient rester dans le paysage des Bleus, comme les Lyonnais Clément Grenier, Lacazette, et Gonalons, les Stéphanois Trémoulinas et Perrin. Tout dépendra bien évidement de leur niveau de jeu et leur performances en clubs alors que la Ligue 1 reprendra ses droits début août. Quid de Franck Ribéry ? A son meilleur niveau, la France ne pourra se passer de l’attaquant du Bayern, leader technique de cette équipe. Mais son retour modifierait sensiblement l’équilibre trouvé par DD.

D’autres interrogations demeurent. Si Mickaël Landreau est officiellement retraité, le latéral gauche Patrice Evra souhaitera-il poursuivre sa carrière international ? Didier Deschamps pourra-t-il compter sur lui alors qu’il aura 35 ans à l’Euro ? Derrière, la relève frappe à la porte à l’image du Parisien Lucas Digne et les solutions ne manqueront pas.  Pour le reste, les autres joueurs dont Sagna, 31 ans et Mavuba, 30 ans, devraient rester dans l’esprit de Didier Deschamps. On aura des éléments de réponse dès la rentrée alors que le prochain rendez-vous est fixé le 4 septembre 2014 au Stade de France face à l’Espagne, première d’une longue série de matchs amicaux. Le début d’une nouvelle aventure ? On a déjà hâte de voir cela.

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France : Il faut « tuer Battiston »

VIDEO | Gagner Face à l’Allemagne vendredi au Maracana de Rio de Janeiro, c’est l’occasion pour les Bleus de tourner définitivement la page du double épisode de Séville (1982) et mexicain (1986). Et de rentrer un peu plus dans l’histoire. (Photo : le stade Ramón Sánchez Pizjuán, théâtre du fameux France-RFA de 1982, Frobles/Wikimedia Commons)

Evoquer le quart de finale de la Coupe du monde au Brésil entre la France et l’Allemagne, qui se déroulera vendredi 4 juillet 2014 sur la pelouse du mythique stade du Maracana, c’est avant tout se replonger 32 ans en arrière. Plus précisément le 8 juillet 1982, à Séville.

Une dramaturgie à couper le souffle

Cette première demi-finale de Coupe du monde entre les Bleus et la RFA, le 8 juillet 1982, restera comme un des souvenirs les plus marquants de l’histoire du football français. Et surtout le plus cruel pour les joueurs de Michel Hidalgo.

 

Une dramaturgie d’une intensité incroyable qui verra la France s’incliner aux tirs au but après avoir pourtant mené 3-1 durant la prolongation. Ce France – RFA, c’est également la 57e minute et cet attentat du gardien Schumacher sur Batiston, entré en jeu à la place de Genghini et percuté de plein fouet. Résultat : commotion cérébrale, cervicale fracturée et dents cassées d’un côté. Rien de l’autre. Juste un scandale ! La suite, c’est l’image de Bossis accroupi, après avoir loupé son tir au but et des joueurs inconsolables dans le vestiaire. Et pourtant, l’histoire se répètera quatre ans plus tard.

1986, Guadalajara : le remake de Séville

Moins d’intensité, moins d’ambiance et peu d’émotions. Mais le même résultat. Après avoir été champions d’Europe en 1984, la génération Platini force le respect en battant l’Italie (2-0) puis le Brésil, grandissime favori (1-1, 4-3 tab dans ce qui est considéré encore aujourd’hui par beaucoup de spécialistes comme le plus beau match de l’histoire de la Coupe du monde) avant de s’incliner 2 buts à 0 face aux Allemands.

Michel Platini, diminué depuis le début de l’épreuve par une blessure au genou, termine épuisé et à genoux. C’est l’image marquante de ce nouvel épilogue pour une équipe de France pas vernie.

2014 : l’histoire à déjà basculé

Ressasser les mésaventures des Bleus face à l’ex-RFA montre à quel point ces souvenirs ont marqué plusieurs générations. Cela montre surtout qu’il est désormais temps de tourner la page et de passer à autre chose. 2014 n’est pas 1984, ni 86, le stade du Maracana n’est pas celui de Séville, ni Guadalajara. Et la génération n’est plus la même depuis bien longtemps. Des deux côtés d’ailleurs. Entre temps la France s’est offerte la Coupe du monde 98 et l’Euro 2000 ainsi que la finale du Mondial 2006… en Allemagne.

Pour finir de tordre le cou à un vieil adage, non au football, ce n’est plus l’Allemagne qui gagne à la fin. Et à vrai dire, cela commence à faire long pour cette Mannschaft au jeu séduisant, certes… mais de moins en moins gagnant. Sevré de titre mondial depuis 1990, la Team de Joachim Löw à été finaliste lors de l’édition 2002 et double « troisième en titre » (2006 et 2010). L’Allemagne est toujours bien placée. Mais plus vraiment au sommet.

Les Allemands restent favoris mais…

Ce quart de finale entre deux équipes qui ont toutes les deux clamées leur intention d’aller au bout en conférence de presse s’annonce ouvert et passionnant. Les Bleus ont d’ores et déjà remplis leur objectif et la route qui pourrait les conduire à une éventuelle en finale le 13 juillet prochain n’est que du bonus. Une éventuelle demi verrait les Tricolores entrer dans une nouvelle dimension, celle d’un favori pour l’Euro 2016 à domicile.

Favori naturel par leur passé récent, les Allemands s’avancent avec beaucoup moins de certitudes vers ce grand rendez-vous après avoir longtemps souffert face aux Fennecs en huitièmes de finale (2-1 a.p). Moins insouciante qu’en 2010, la sélection de Joachim Löw à sciemment orienté son jeu vers la possession mais a toujours plus de talents offensifs que défensifs. Au milieu, Lahm, que beaucoup d’observateurs souhaiteraient voir revenir dans le couloir droit, fait office de régulateur. À ses côtés Bastien Schweinsteigner et Khedira n’hésitent pas à se projeter vers l’avant. Surtout, l’Allemagne est portée par l’efficacité de Thomas Müller, positionné en faux 9 mais dont le sens du déplacement et les appels entre les lignes gênent profondément les défenses adverses. Sans oublier Manuel Neuer, un des meilleurs gardiens au monde actuellement.

Le point faible sur lequel les Français devront appuyer est sûrement la défense, composée de quatre défenseurs centraux et qui n’a pas toujours donné des garanties face au Ghana et à l’Algérie. Souvent prise de vitesse, cette défense semble payer l’absence de latéraux de métiers. La vitesse de Griezmann combinée à l’apport offensif de Debuchy et Evra pourrait bien être décisive.

… les Bleus ont leur chances

Pour prendre le meilleur sur cette Nationalmannschaft les Bleus doivent débuter le match comme face à la Suisse (5-2), effectuer un pressing haut et gêner la relance de Lahm et Bastian Schweinsteiger, principale rampe de lancement. L’équipe de Didier Deschamps ne devrait pas avoir la possession du ballon mais peut compter sur une méthode qui a plutôt bien marché jusque-là, à savoir la contre attaque. Avec 10 buts inscrits depuis le début du tournoi, l’efficacité des Bleus s’est avérée redoutable, face à la Nati mais surtout face au Nigeria (2-0).

Si le jeu déployé par les Français face aux Super Eagles n’a pas été très séduisant, Didier Deschamps ne changera pas la configuration tactique vendredi prochain. Le 4-3-3 colle parfaitement à cette équipe qui n’a pris que deux buts depuis le début de la compétition. Au milieu, le travail de récupération de Matuidi et les compas de Paul Pogba sont des atouts précieux. Ajoutez à cela une sentinelle comme Cabaye et sa justesse technique, vous obtenez un trio impérial. Du côté offensif, la France compte un atout de taille en la personne de Valbuena, le joueur par lequel la lumière peut jaillir. Dribbles courts, percussion, qualité de passe, coup de pieds arrêtés, le Marseillais dispose d’une large palette technique. Il est devenue la clé du système Deschamps.

Aû delà de ces éléments, les projecteurs seront portés sur le madrilène Karim Benzema. Après un Euro 2012 décevant, il a bousculé de nouvelles barrières. Vainqueur de la Ligue des Champions 2014 avec le Real (la Decima), l’ex-Lyonnais traverse sûrement la meilleure passe de sa carrière. Au Brésil, il en est déjà à trois buts et deux passes décisives (sans oublier le but csc du gardien hondurien qui lui revient à moitié et celui non validé face à la Suisse alors que l’arbitre venait de siffler la fin de la rencontre). Au total, Benzema est impliqué directement sur 6 des 10 buts des Bleus et n’espère pas s’arrêter là. En inscrivant pour la première fois un but en match à élimination direct lors d’un Mondial, il pourrait aider la France à franchir un nouveau cap. Une demi-finale face au Brésil ?

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FRANCE : Cinq bonnes raisons de se méfier du Nigéria

En s’offrant la première place de son groupe, la France a gagné le droit d’affronter un adversaire à priori à sa portée en huitièmes de finale du Mondial, lundi à Brasilia. Mais les « Super Eagles », défaits de justesse par l’Argentine (3-2),  possèdent des atouts de taille pour déstabiliser le onze tricolore. Etat des lieux.

L’équipe de France disputera son premier huitième de finale de la Coupe du monde depuis 2006 face au Nigéria, deuxième de son groupe. En terminant premier de leur groupe, Les coéquipiers d’Hugo Lloris ont certes évité un périlleux face à face avec l’Argentine de Léo Messi, au grand dam de notre journaliste Alexandre Capron, mais devront passer l’obstacle des Super Eagles.

Champions en titre de la dernière CAN 2013 et seule équipe africaine qualifiée pour les huitièmes avec l’Algérie, les joueurs entrainés par Stephen Keshi disposent des éléments nécessaires pour créer la surprise face à une équipe de France favorite. On vous donne cinq bonnes raisons de ne pas prendre cette équipe à la légère.

1. Les « Super Eagles » montent en puissance

Absent du Mondial 2006, le Nigeria a chuté au premier tour des éditions 2002 et 2010 sans remporter le moindre match. Deuxièmes du groupe F, juste derrière l’Argentine, les coéquipiers de Joseph Yobo ont été tenus en échec par l’Iran (0-0) lors d’un premier match sans réelles intentions offensives. Avant de s’imposer face à la Bosnie sur la plus courte des marges grâce à un but d’Odemwingie.  Et bénéficiant au passage de la générosité de l’arbitrage (un but valable refusé aux Bosniens).

Paradoxalement, lors de la défaite face à l’Argentine, les Super Eagles ont montré un visage plus séduisant. Bien en place défensivement, les Nigérians ont surtout procédés en contres pour prendre de vitesse l’Albiceste. Par deux fois, le jeune attaquant Musa avait répondu au doublé de Lionel Messi. Bilan : 1 victoire, 1 nul, 1 défaite. Pas flamboyant, certes, mais pourtant…

2. Un mur infranchissable nommé Enyeama

Si le Nigéria s’est qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, il le doit en grande partie à son gardien, Vincent Enyeama. Le joueur du LOSC (93 sélections),  auteur d’une superbe saison avec son club, s’est notamment distingué en restant invaincu durant 1061 minutes en Ligue 1, échouant à 115 minutes du record de Gaëtan Huard.

Le gardien des Super Eagles a encore impressionné lors de la phase de poules, décourageant à tour de rôle Dzeko et et Pianic face à la Bosnie, Higuain et Di Maria face à l’Argentine. Agile sur sa ligne, à l’aise dans les sorties aériennes, Enyema sera un rempart redoutable pour l’attaque tricolore. Mais avec une efficacité retrouvée et une moyenne de 3,5 buts lors des dix derniers matchs des Bleus, le gardien du LOSC aura surement l’occasion de se mettre en valeur.

3. Une défense taille XL

En souffrance face à l’Equateur, les attaquants Bleus doivent de nouveau s’attendre à un combat physique face à une défense qui ne manque pas d’atouts. Et de hauteur. Ambrose, 1m90, Yobo, 1m85, Omuero, 1m84, Oshaniwa, 1m84. Pour être à la « hauteur » du défi physique qui attend les tricolores, Deschamps pourrait d’ailleurs à nouveau compter sur la puissance d’Olivier Giroud, auteur d’une bonne rentrée face à l’Equateur.

Lors des dix derniers matchs toutes compétitions confondues, le Nigéria a encaissé 10 buts soit une moyenne d’un but par rencontre. Joseph Yobo, 33 ans, évoluant à Norwich et capitaine des Super Eagles est le patron naturel de la défense et fêtera sa 98e sélection face à la France.

4. Obi Mikel, le chef d’orchestre

Deuxième élément indispensable qui forme la colonne vertébrale de cette équipe,  Obi Mikel. Après huit saisons sous le maillot des Blues, le milieu de terrain de Chelsea  s’est forgé une forte notoriété en Première League. Véritable sentinelle devant la défense, John Obi Mikel n’hésite pas à faire parler sa puissance physique dans les duels.  Ratisseur de ballon par excellence, le numéro 10 sait également se muer en formidable relanceur grâce à sa qualité de passes (82 % de passes réussies depuis le début du tournoi).  Plaque tournante du dispositif de Stephan Keshi,  le joueur âgé de 27 ans a semblé manquer de rythme lors des deux premiers matches avant de monter en puissance face à l’Argentine. Et face à la France  ?

5. Un trio d’attaque à surveiller

Odemwingie,Musa, Emeniké. Dans un schéma tactique en 4-2-3-1, le premier évolue en soutien du troisième, Musa occupant le couloir droit ou gauche. Ancienne connaissance de la Ligue 1 (au LOSC de 2004 à 2007), Peter Odemwingie a été décisif face à la Bosnie, inscrivant le seul but de la rencontre et permettant au Nigéria de se qualifier pour les huitièmes. Il fallait remonter à août 2010 pour trouver trace du dernier but de l’attaquant de Stoke City en sélection (11 buts).

Dans un autre registre, Emmanuel Emenike est « Le » buteur du Nigéria. Auteur d’une remarquable saison avec le club turc de Fenerbahçe (28 matchs, 12 buts), souvent buteur, altruiste par ses passes décisives, l’attaquant nigérian figure parmi les meilleurs joueurs de la Süper Lig. En sélection aussi, il est un joueur important. Le numéro 9 a marqué les deux buts de la victoire du Nigeria lors du troisième tour aller des éliminatoires en Ethiopie (2-1). Il avait aussi grandement participé à la victoire de son pays lors de la CAN 2013 en marquant quatre fois en cinq matches.

Enfin, la bonne surprise s’appelle Ahmed Mussa. Capable d’évoluer côté gauche comme contre la Bosnie ou sur la flanc droit contre l’Argentine, le petit (1m70) milieu de terrain des Aigles est un joueur qui aime provoquer balle au pied. Le joueur du CSK Moskou a démontré l’étendue de son talent face à l’Albiceste, en inscrivant un doublé. Sa petite taille et sa justesse technique lui permettent de jouer dans les petits espaces. A sa décharge, seulement 28,8 % de duels gagnés lors des trois matchs de poule. Debuchy devrait s’occuper de son cas.

 

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon


France : Quel rôle pour les « coiffeurs » tricolores ?

L’Equipe de France s’apprête à disputer son dernier match de poule face l’Equateur mercredi 25 juin  à Rio de Janeiro. Didier Deschamps devrait légèrement remanier son onze de départ et ainsi faire de la place aux habituels « coiffeurs ». Une gestion des 23 qui s’avère primordiale pour maintenir la cohésion du groupe. (Bacary Sagna fait partie de ces « coiffeurs » qui auront à coeur de se montrer/Crédit photo : Ronnie Macdonald, Wikimedia Commons)

Ne pas éclater un collectif en mettant les états d’âmes individuels de côté tout en laissant les « coiffeurs » concernés durant toute la compétition. Là est la principale équation que Didier Deschamps devra résoudre pour maintenir les 23 joueurs sous pression durant la Coupe du monde.

L’histoire nous a démontré que si ce n’est pas toujours la meilleure équipe sur le papier qui va au bout de la compétition, un élément semble indispensable à sa réussite. La cohésion d’un groupe de 23 joueurs durant une aventure hors du commun qui a débuté le 19 mai dernier pour les Bleus, date du premier rassemblement collectif à Clairefontaine, est indispensable.

Deschamps a trouvé la recette

Partagé entre la volonté d’entretenir une dynamique sportive et une dynamique de groupe, Didier Deschamps devrait largement remanier son onze de départ face à l’Equateur, avant une probable qualification pour les huitièmes de finale. Pour le sélectionneur de l’équipe de France, la gestion des « coiffeurs » est primordiale. DD a jusqu’à maintenant su fédérer un groupe et laisser les 23 joueurs sous pression, même si un noyau dur de 14 titulaires s’est dégagé après la victoire face à la l’Ukraine (3-0), le 19 novembre dernier.

Proche des joueurs, Didier Deschamps est un formidable communiquant interne. Lors de l’annonce des 27 établie le 13 mai dernier, l’ancien capitaine des Bleus version 98 a tenu a clarifier les choses en sélectionnant 23 joueurs dont 7 réservistes. Lors des matchs de préparation, il ne s’est pas gêné pour faire tourner l’effectif, offrant du temps de jeu à Lucas Digne (20 ans), Rio Mavuba, Loïc Rémy et le jeune montpelliérain Rémy Cabella face à la Norvège (4-0). Sans oublier la rencontre face à la Jamaïque (8-0) qui a permi a Morgan Schneiderlin de fêter sa première sélection sous le maillot bleu.

Vous avez dit coiffeurs ?

En regardant nos 23 joueurs français et les clubs dans lesquels ils évoluent actuellement, je préfèrerais parler de remplaçants de luxe plutôt que des coiffeurs, expression utilisée pour la première fois en Suède lors de la Coupe du monde 1958. Si on enlève le noyau dur de 14 joueurs sur lequel DD compte principalement s’appuyer, il reste les joueurs suivants :

Mickael Landreau (Bastia, 35 ans, 11 sélections, 0 but), Stéphane Ruffier (Saint-Etienne, 27/2/0), Bakary Sagna (Arsenal, 31/41/0), Eliaquim Mangala (Porto, 23/3/0), Rio Mavuba (Lille, 30/13/0), Rémy Cabella (Montpellier, 24/1/0), Loïc Rémy (Newcastle, 27/25/5), Lucas Digne (PSG, 20/2/0) et Morgan  Schneiderlin (Southampton, 24/1/0). Pas mal pour des coiffeurs non ?

Existe-il réellement des places à prendre ?

Dans l’équipe de départ, sans doute pas. A deux ou trois joueurs près (Griezmann, Kosclielny et Sissoko), Didier Deschamps a déjà une idée du onze qu’il alignera face à son futur adversaire lors du très probable huitième de finale, à moins d’un incroyable concours de circonstances. Mais on ne préfère pas y penser. L’objectif pour les habituels remplaçants et surtout de se glisser comme un recours de premier choix dans l’esprit de Didier Deschamps en cas de pépin physique, plutôt qu’un joueur de bout de banc.

Face à l’Équateur, même si une victoire ne risquerait pas de chambouler les choix du sélectionneur en vue du prochain match, certains jeunes ont une belle carte à jouer. Il s’agira surtout d’entretenir une dynamique sportive et une cohésion au sein du groupe. Ainsi, c’est une équipe à seulement 273 sélections qui devrait se présenter sur la pelouse du Maracaña de Rio de Janeiro.

Shchneiderlin, la surprise du chef ?

Lucas Digne de confiance ? Le jeune parisien, âgé de seulement 20 ans, devrait occuper le flanc gauche de la défense, dont la charnière centrale associera Laurent Kosclielny et Mamadou Sakho. Déjà entré en cours de jeu face aux Pays-Bas et la Norvège en amical, il devrait cette fois-ci disputer une rencontre internationale dans sa globalité. La plus grande surprise devrait venir de Morgan Schneiderlin, qui devrait occuper le poste de sentinelle juste devant l’axe central au grand dam de Rio Mavuba. Le joueur formé à Strasbourg devrait fêter sa première titularisation  en équipe de France sur la pelouse du Maracaña, en phase finale d’une Coupe du monde. Difficile de faire mieux.

Habitué à rentrer en cours de match, Loïc Rémy bénéficie des faveurs de Didier Deschamps pour évoluer côté droit, où sa vitesse de pointe est précieuse pour les Bleus.  Le joueur de Newcastle devrait bénéficier du repos de Valbuena pour entrer en cours de jeu face à l’Equateur. Au final, sans d’éventuels pépins physique, quatre joueurs seulement risqueraient de ne pas goûter au plaisir d’un match de Coupe du monde ou alors se contenter de quelques minutes. Les deux gardiens, Stéphane Ruffier et Mickaël Landrau, Eliaquim Mangala et Rémy Cabella.

 

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon


« Une équipe de France pas assez française », vous rigolez j’espère ?

COUP DE GUEULE | L’équipe de France a brillamment battue la Suisse vendredi soir (5-2) à Salvador de Bahia. Si les Bleus ont pu compter sur une grande ferveur populaire, j’ai une nouvelle fois la sensation qu’en 2014 certaines personnes – une minorité Dieu merci – ne considèrent toujours pas les gens de couleurs comme des Français à part entière. Récit d’anecdotes vécues pendant France-Suisse à Lyon par Pierre Dujol. / L’équipe de France 98, symbole du Black Blanc Beur, photo wikimedia

Y-a t-il réellement une solution pour résoudre cette équation ou un remède pour soigner certaines personnes, victimes du syndrome du  Français 100 % souche ? C’est la question qui m’est naturellement venue à l’esprit après une légère discussion avec une supportrice de l’équipe de France. Pardon, je devrais plutôt dire une supportrice des Français blancs. Je vous explique.

Apres une première mi-temps de rêve – la France menait 3-0 grâce à des buts de Giroud, Matutidi et le lutin marseillais Valbuena – et une euphorie totale chez les supporters présents au King Arthur à Lyon, je décidais de prendre un peu de recul et de suivre la deuxième période dans un restaurant ou l’atmosphère était légèrement plus respirable.

A mes côtes se trouvaient quatre demoiselles, plus occupées à parler de leurs relations sentimentales qu’à suivre le match des Bleus, sauf lors des moments forts. Jusqu’ici, tout va bien…

« Benzema ne chante pas la Marseillaise ». Et alors ??

À ma surprise générale, le quatrième but de Karim Benzegoal (3 buts et déjà une passe décisive dans ce Mondial ) déclencha une réaction plutôt surprenante d’une des quatre jeune femme. Je me permis alors de lui poser la question : « 4-0 ! c’est incroyable, vous n’aimez pas Benzema ? »  La réponse fut pour le moins cinglante de sa part :

« Il peut prendre ses jambes, ses affaires et rentrer chez lui, je n’aime pas du tout ce joueur ».

Cette demoiselle avait au moins la franchise d’être honnête. Quelle en était la raison principale ? « Benzema ne chante pas La Marseillaise, on ne dirait pas qu’il aime la France, comme d’autres joueurs d’ailleurs. Regardez, l’Allemagne ou les équipes d’Amériques Latines ont plus l’amour du maillot. »

Certes, lorsque qu’on voit le Chili chanter l’hymne national en cœur avec 50.000 socios dans le stade mythique du Maracaña à Rio de Janeiro face à l’Espagne (2-0), on se dit que la France a encore de la marge avant de faire aussi bien. Mais là n’est pas le débat. Certes, je suis pour que tous les joueurs chantent La Marseillaise, un hymne qui me donne la chair de poule à chaque fois qu’elle est entonnée avant une rencontre. Deux minutes intenses qui soudent un groupe et lui donnent la rage de vaincre avant d’aller au combat, dans le sens noble du terme bien entendu. Mais doit-on pour autant penser qu’un joueur qui préfère se taire n’accorde pas d’importance à son maillot et ne respecte pas sa nation ? Je réponds absolument non. Ce sujet est un faux débat.

En voyant les performances de Benzema et de toute la bande à Deschamps vendredi, comment penser une seconde que ses joueurs ne mouillent pas le maillot et ne représentent pas la France.

Le métissage, l’ADN de la France

Cette équipe ne représente peut-être pas Sa France à elle, c’est différent. Juste un exemple. Un dénommé Zinedine Zidane, notre Zizou national, n’a jamais chanté l’hymne français si mes souvenirs sont bons ? Peut-on lui enlever son amour pour le drapeau bleu, dont il a planté l’étendard sur le toit du monde le 12 juillet 1998  grâce un doublé de la tête ? On lui demandait simplement de faire vibrer les Français grâce à ses gestes techniques made in Brazil, ses coups de génie venus d’ailleurs, son sens du but et sa grande classe. D’ailleurs il n’avait pas besoin qu’on lui demande, il le faisait très bien seul tel un métronome, un chef d’orchestre.

Le vrai débat est que cette France métissée dérange certains. C’est con pour eux, celà fait partie de l’ADN de notre pays, qui s’est construit et enrichit grâce à sa diversité. Et cela ne changera jamais ! À moins que l’on revienne un jour à une forme d’apartheid avec trois équipes de France. Black, blanc, beur ! Remarque, cela pourrait donner des belles oppositions. Et trois fois plus de chance à la France de gagner une Coupe du monde !

Je déconne bien entendu. Blague à part. Le football, sport le plus populaire, permet à de nombreux jeunes issus de tous les milieux, souvent les plus modestes,  de réaliser leur rêve de devenir footballeur, quelque que soient leurs origines.  Le sport est rassembleur, il permet dès le plus jeune âge d’effacer ces barrières de différences en mélangeant les gamins en fonction de leur âge et leur niveau. Mais jamais en fonction de leurs origines.

Savoir vivre ensemble

Il ne suffit pas de s´attarder seulement sur cette déclaration faite par cette supportrice aussi nulle que l’équipe de Suisse vendredi. (Je préfère dire que ce sont surtout les Français qui étaient trop puissants). Le racisme est un fléau qui frappe la planète entière dans les milieux professionnels,  les institutions, les gouvernements et le sport.

Au sein des  stades de football, des mesures ont été prises et l’Angleterre s’en est très bien sortie. Mais des exemples récents nous montrent que le combat est loin d’être gagné, et notemment dans ma ville. En février 2013, des membres d’un groupuscule extrémiste à Lyon ont attaqué un bar dans lequel se trouvaient 150 supporters de Tottenham,  lors du 16e de finale aller de la Ligue Europa. 

Le respect d’autrui commence par le respect de soi-même et on ne pourra jamais contrôler la façon de penser de chaque individu. Je remarque une chose, le métissage en équipe de France et dans le sport en général, a toujours plus rassemblé que divisé. Le savoir vivre, c’est avant tout le savoir vivre ensemble, dans un monde où l’individualisme est un phénomène grandissant. Je suis fier de notre équipe de France et de ses différents horizons qu’elle représente. Et persuadé qu’elle nous reserve une belle surprise lors de ce Mondial.

Pierre DUJOL, Observateur de France 24 à Lyon


VIDEO : de Lyon à Paris, les Bleus à la folie

VIDEO | La France a surclassé la Suisse (5-2) lors de son deuxième match de poule à l’Arena Fonte Nova de Salvador. De Lyon à Paris, des scènes de liesse digne de la finale du Mondial 98 ont envahi les pubs. Une euphorie totale à laquelle nous avons assisté en direct. Récit d’une soirée de rêve pour les supporteurs français.

Vendredi 20 juin 2012. Vainqueur de son premier match face au Honduras (3-0), les Bleus se préparent à passer un véritable test face à la Suisse, un match décisif pour la qualification en huitième de finale du Mondial Brésilien.  A cette occasion, une cinquantaine de supporteurs tricolores s’étaient donnés rendez-vous au pub « Le King Arthur », 10 rue de la monnaie à Lyon 2e.  A Paris, c’est dans un bar basque du 2ème arrondissement, le Pakito, que nous étions présents. Retour sur les moments clés de cette rencontre.

 

20h50. Les supporters sont déjà prêts

Lyon : Maquillage sur le visage, drapeaux bleu blanc rouge, sans oublier les chopes de bière, les supporters sont déjà prêts à en découdre avec les Suisses. Un parfum de demi-finale de Coupe du monde flotte dans l’air. En cœur, les Français entonnent une vibrante marseillaise au King Arthur. La fête peut commencer.

Paris : Grosse ambiance aussi à Paris, mais beaucoup craignent un énième match nul contre la Suisse, la bête noire de la France. Les déguisements sont timides, mais le public est présent, débout, serré, et prêt à supporter les Bleus.

21h18. 17e, but de Giroud, le King Arthur explose.

Lyon : Il faut attendre seulement 17 minutes de jeu pour voir Giroud inscrire le premier but  des Bleus ! Les supporteurs sont euphoriques. Entre cris de joie, bousculades, et quelques jets de bière par la même occasion (j’en aurais pris pour mon grade), le match débute de la meilleure façon. A peine le temps de reprendre son souffle qu’une contre attaque menée par Benzema et conclut par Matuidi (2-0) fait à nouveau chavirer les supporters français. C’est magique !

Paris : Deux minutes de folie, il n’en fallait pas plus pour ressortir les vuvuzelas et redonner le sourire à tout un peuple. Les Parisiens sont aux anges et chantent les louanges de Matuidi et Giroud.

21h40. 40e. Valbuena marque. Et 1, et 2, et 3-0 !

Lyon : En pleine euphorie, les supporteurs tricolores entament le champ « Et 1, et 2, et 3-0 » après le troisième but inscrit par Valbuena à la suite d’un contre éclair des Bleus. Un parfum de Mondial 98 flotte dans l’air. Depuis 2006, je n’avais jamais senti autant de ferveur autour cette équipe. Les Tricolores ont véritablement réussi leur objectif reconquête et soigné leur image auprès du public. C’est le début d’une belle aventure.

Paris : A 3-0, même les supporteurs du PSG se mettent à scander le nom de Mathieu Valbuena, joueur de l’ennemi juré l’Olympique de Marseille.

22h28. La Marseillaise pour fêter le 5e but des Bleus

Lyon : Moussa Sissoko, auteur d’une grosse prestation, conclue du plat du pied droit le festival offensif des Bleus (5-0, 73e). La réduction du score par les Suisses n’empêchent pas les supporters d’entonner La Marseillaise. J’en ai des frissons. J’ai l’impression que les Bleus sont qualifiés pour la Finale. Je me mets également à rêver d’un formidable parcours avant de reprendre mes esprits. C’est un match de poule, il ne faut pas s’emballer. Mais l’effervescence qui entoure ce match est à la hauteur des déceptions vécues ces dernières années. Que c’est bon de savourer. Les supporters avaient besoin de se lâcher. Ils ont été comblés en ce 20 juin 2014.

Paris : Dès la fin du match, c’est la liesse dans les rues de Grands boulevards, deuxième arrondissement de Paris. Des inconnus fortement imbibés d’alcool s’embrassent, des anonymes lancent allez les Bleus dans les rues, les passants arrêtent les bus et montent sur les voitures en dansant et chantant… ce n’est qu’un 2ème match de poules, et déjà, la ferveur est là autour des Bleus !

 

Prochain rendez-vous, le 25 juin face à l’Equateur pour assurer la première place du groupe. Vivement les huitièmes !

 

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon avec Alexandre Capron à Paris


FRANCE : Valbuena, la clé des Bleus

Joueur le plus utilisé sous l’ère Deschamps, Mathieu Valbuena s’impose aujourd’hui comme le leader technique des Bleus au milieu de terrain. Face à la Suisse ce soir, le Marseillais sera un des joueurs clés de la rencontre. Explications. / Valbuena sous le maillot de l’Olympique de Marseille, photo Wikimedia Clément Bucco-Lechat

En voyant les prestations de Mathieu Valbuena en équipe de France, les joueurs marseillais doivent sûrement sentir une pointe de frustration. Auteur d’une saison moyenne à l’OM où il aura régulièrement subit les critiques sur son manque d’influence, le milieu de terrain marseillais semble métamorphosé avec les Bleus. Et ce ne sont pas ses coéquipiers qui s’en plaindront.

International depuis 2010, sur le banc des remplaçants lors de l’Euro 2012, Mathieu Valbuena dispute son premier Mondial dans la peau d’un titulaire sous le maillot tricolore. Auteur de 12 passes décisives sous l’ère Deschamps, le meneur de jeu est un élément devenu indispensable dans le dispositif tactique des Bleus. Contre la Suisse, il pourrait encore être le joueur clé par qui la différence peut venir. Je vous donne quatre bonne raisons de me croire.

1m67, une faiblesse ? loin de là.

Quel est le point commun entre l’Ivoirien Boka, le Brésilien Bernard, l’Italien Verratti, le Belge Mertens et le Français Mathieu Valbuena. ? Vous avez devinez, la taille. Ces joueurs sont les plus petits de la Coupe du monde. A force de travail et d’un mental au dessus de la moyenne, le meneur de jeu tricolore a su faire de sa petite taille un atout pour s’imposer au plus haut niveau. Son centre de gravité bas lui permet régulièrement d’effectuer des changements de direction rapides et de faire la différence grâce à des crochets souvent courts mais efficaces. Vous avez dit petit ?

Valbuena a su épurer son jeu

Depuis deux ans, le Marseillais a su épurer son jeu. L’évolution de son registre technique vers plus de simplicité, moins vers la recherche automatique du dribble, fait de lui un joueur beaucoup plus décisif aujourd’hui. Sous l’ère Deschamps, il est pour l’instant le joueur qui à réussi le plus grand nombre de passes décisives (12) devant Ribéry (10) et Benzema (3). D’ailleurs ce dernier l’admet :

« Depuis quelques années, je distribue mieux le jeu, je perds moins de ballons. Je suis moins gourmand mais plus efficace »,

L‘Equipe du 18 juin dernier.

Un joueur polyvalent

Le natif de Bruges n’est plus le joueur d’une seule zone. Capable de jouer en meneur, dans une position en soutien des attaquants, Valbuena occupe également à la perfection les couloirs grâce à ses qualités technico-tactiques. L’international français est capable de s’adapter en fonction du déplacement de ses coéquipiers. Même à droite dans un 4-3-3, il peut ainsi rentrer dans l’axe en cours de jeu et faire la différence grâce à sa qualité de passes. Son jeu court est également très efficace. Les statistiques parlent en sa faveur. Valbuena a réussi 937 passes sous l’ère Deschamps. C’est mieux que Matuidi (784) et Sakho (754).

Sa complicité avec les attaquants

Valbuena a réussi 9 passes décisives depuis le début de la saison en équipe de France. La relation technique qu’il entretient avec les attaquants est une des clés de la réussite française actuelle. Le meneur de jeu des Bleus est capable de s’adapter aux différents profils présents en fonction des choix du sélectionneur (Giroud, Griezmann ou Benzema). C’est « Le » dépositaire du jeu français. A l’origine du troisième but face au Honduras (3-0) dimanche dernier, Valbuena est également un remarquable tireur de coups francs. Sa qualité de frappe aux 20 mètres fait peser un danger permanent sur le but adverse et constitue un atout supplémentaire.


Dans une Coupe du monde qui confirme que les attaques rapides et les coups de pieds arrêtés sont deux sources de buts indiscutables, Valbuena devrait encore se sentir dans son jardin face à la Suisse.

 

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon

 


France : les Bleus en ballotage favorable face aux Sud-Américains

Favoris face au Honduras pour leur entrée en lice dans ce mondial 2014 dimanche soir (21h), les Bleus ont également la faveur des pronostics contre les équipes sud-américaines. Tous les voyants sont aux verts pour la bande à DD. Mais le début de la compétition incite à la prudence. (Crédit photo : Warren Rohner, Wikimedia Commons)

Selon un sondage réalisé par le quotidien sportif L’Equipe jeudi 12 juin auprès de 30 joueurs français ayant déjà disputé au moins une Coupe du monde sous le maillot bleu, 90  % d’entre eux estiment les tricolores capables d’accéder aux quarts de finale.

Cela faisait bien longtemps que l’équipe de France n’avait pas fait l’unanimité autour d’elle ! De la part des consultants, journalistes, anciens footballeurs ou supporters, l’horizon semble clairement dégagé pour la bande à DD avant ses grands débuts dans le Mondial brésilien dimanche face au Honduras (21h) à Porto Alegre.

Deschamps, le vrai leader

Les Tricolores surfent sur une vague positive depuis leur barrage retour face à la l’Ukraine au Stade de France le 19 novembre dernier (3-0). Didier Deschamps semble avoir trouvé la bonne alchimie entre les individualités d’un côté, le collectif de l’autre, tout en écartant les états d’âmes personnels. En témoigne la non sélection de Samir Nasri, auteur pourtant d’une excellente saison avec Manchester City mais dont les sautes d’humeur auraient pu mettre en péril le collectif et la vie du groupe.

Les souvenirs nous rappellent que Didier a eu largement raison. Merci DD ! L’état d’esprit, autre notion dont il a également fait sa priorité, est aujourd’hui l’élément moteur de cette dynamique positive. On a pu le constater lors d’une préparation réussie avec des succès probants face à la Norvège (4-0) et la Jamaïque (8-0).

Optimisme mais prudence

Bref, les feux sont aux verts. Mais il serait prématuré d’envoyer cette jeune équipe sans grande expérience collective aux portes des quarts ou des demi-finales avant d’avoir franchi l’obstacle du premier tour. Avant d’éventuels huitièmes de finale, la France devra franchir la marche du Honduras, la Suisse et de l’Équateur. Trois matchs durant lesquels les coéquipiers de « Benzegoal » peuvent s’attendre à souffrir. D’ailleurs, parlons en un peu des ces équipes sud-américaines.

France-Honduras sera une première dans l’histoire du football. Si la dernière victoire des Bleus contre une équipe d’Amérique du Sud en Coupe du monde remonte à juin 2006 face au Brésil (1-0, but de Thierry Henry), les statistiques penchent tout de même en leur faveur. Mais pas de quoi de flamber nan plus.

43 % de victoires en 58 rencontres

Parmi les victoires les plus marquantes, il faut remonter un peu le temps. Évidement, on pense à ce quart de finale mythique à Gadalajara lors du Mondial 1986 au Mexique face au Brésil et ce but libérateur de Luis Fernandez.

Douze années plus tard, la victoire face au Paraguay obtenue dans les prolongations grâce à un but du « Président » – alias Laurent Blanc – en huitième de finale du Mondial 98 est encore présente dans toutes les mémoires. Sans oublier la consécration face au Brésil du grand Ronaldo, le vrai, le 12 juillet 1998 et un doublé de notre Zizou national. Rien que d’y penser, j’en ai encore des frissons. On attendra un peu avant de rêver d’une deuxième étoile.

Revenons à la réalité. Sur les 58 confrontations entre l’équipe de France et les Sud-Américains, les Bleus ont un bilan plutôt positif avec 25 victoires, 15 nuls et 18 défaites. Les Auriverdes restent la nation que les Tricolores ont le plus souvent joué (15 fois) avec l’Argentine (11 fois), mais également les pays contre lesquels elle a le plus souvent perdu (12 défaites). Face à des sélections de seconde zones – Costa Rica, Equateur, Mexique, Paraguay, Chili, Uruguay, Colombie, Jamaïque et Pérou – les Français possèdent un avantage indéniable avec seulement 4 défaites en 32 rencontres.

Le Honduras, qui se met à rêver d’une première victoire en Coupe du monde tentera surement d’inverser cette tendance. Mais, tant au niveau des statistiques que de son niveau de jeu affichée, la France reste le grand favori. Messieurs, vous avez les cartes en main. A vous de jouer. Faites nous vibrer.

Pierre DUJOL, Observateur de France 24 à Lyon


France : Chers Bleus, attention, vous avez quatre adversaires !

Si les Bleus ont parfaitement négocié leur préparation au Mondial avec notamment deux victoires  probantes face à la Norvège (4-0) et  la Jamaïque (8-0), ils devront se méfier du Honduras, la Suisse et surtout l’Équateur, des adversaires d’un tout autre calibre. Sans oublier un dernier adversaire mystère que tout le monde semble avoir oublié.

Quelle importance accorder aux résultats des Bleus après une préparation réussie, dont l’aboutissement aura donné lieu à un festival offensif face à la Jamaïque (8-0), alors que se profile à l’horizon son premier match face à l’Honduras le 15 juin prochain ?

Ne faisons pas la fine bouche. Toute victoire est bonne à prendre pour la confiance, mais également bonne à relativiser avant le début du Mondial brésilien, événement planétaire qui verra la France affronter successivement le Honduras, la Suisse et l’Equateur. Des adversaires aux profils différents qui joueront certainement sans complexes. Alors méfiance. Messieurs, ne tombez pas dans le piège de la facilité.

National_Standard_of_Ecuador.svgL’Équateur, outsider numéro 1

La sélection équatorienne, qui affrontera la France le 25 juin prochain à Rio de Janeiro, est une équipe à prendre très au sérieuse dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale.  En atteste son match nul face à l’Angleterre lors de son dernier match de préparation (2-2).

https://www.youtube.com/watch?v=XcUjeSFDX2E

Quatrième de la zone sud-américaine, derrière l’Argentine, la Colombie et le Chili, irrésistible à domicile (7 victoires et 1 nul), la sélection menée par Reinaldo Rueda a en revanche eu plus de mal hors de ses bases avec une seule victoire au compteur. Avec un style de jeu porté vers l’avant, les Équatoriens (23e au classement FIFA) disposent de joueurs de qualités évoluant dans les grands championnats européens (Angleterre, Allemagne, Pays-Bas).

Au total, six joueurs ont déjà participé à une Coupe du monde dont l’emblématique, Edison Mendez (110 sélections).  Le capitaine de la « Tricolore » espère bien s’ouvrir les portes des huitièmes de finale. L’équipe en a le potentiel.

Les joueur clés

Antonio Valencia, le joueur de Manchester United, sera bien évidement l’homme à surveiller côté équatorien. L’Idole du pays (71 sélections, 8 buts) est un élément indiscutable au milieu de terrain. Sa vitesse d’exécution, sa technique et son sens du but pourraient faire très mal à la défense tricolore.  Sans oublier la puissance de l’attaquant Felipe Caicedo, joueur évoluant aux Emirats-Arabes-Unis (1m85, 78 kilos) et auteur de  15 buts en 49 sélections.

drapeau-suisse-carre.previewLa Suisse, fidèle au rendez-vous

Dix matchs, sept victoires, trois nuls pour aucune défaite, la Nati s’est facilement qualifiée pour le Mondial brésilien face à des adversaires de second plan. C’est avec un statut d’outsider qu’avance l’équipe entrainée par Ottmar Hitzfled, pourtant 6e au classement FIFA.  Lors de leur préparation, les Helvètes ont fait le boulot et engrangé la confiance nécessaire en s’imposant face à  la Jamaïque (1-0) et le Pérou (2-0), à l’issue de rencontres parfois poussives. Deuxième adversaire des Bleus le 20 juin prochain à Salvador, les Suisses devront d’abord passer l’obstacle de l’Équateur pour espérer mieux qu’une élimination au premier au tour comme en 2010.

Les joueurs clés

Peu utilisé au Bayern cette saison, Xherdan Shaqiri (33 sélections, 9 buts) est la star de l’équipe suisse. Milieu offensif polyvalent (même s’il excelle plutôt sur le côté droit), le joueur originaire du Monténégro s’est révélé sous les couleurs du FC Bâle avant de de devenir international en 2010 à seulement 18 ans.  Ses dribbles et sa frappe de balle constituent ses principaux points forts. Autre joueur à surveiller de près, le milieu napolitain Gökhan Inler. A Naples, sa polyvalence (en sentinelle devant la défense ou milieu offensif), sa vision de jeu et sa qualité de passe sont très appréciés.  Lichtsteiner (Juventus, 63 sélections) et Barnetta (Eintracht Francfort, 74  sélections) sont également des atouts importants pour la Nati.

drapeau-hondurasLe Honduras, l’invité surprise ? Pas sûr…

Face à une équipe qui a su imposer un énorme défi physique lors de son match de préparation face  l’Angleterre (0-0), les Bleus ne doivent pas s’attendre à une partie de plaisir dans une semaine à Porto Alegre.  Troisième derrière les États-Unis et le Costa Rica, les joueurs de Luis Fernando Suarez se sont payés le luxe de terminer devant le Mexique, qualifié par les barrages.

Pour rappel, il ne s’agit que de la troisième participation du Honduras à un Mondial après 1982 et 2010.  Défaits face à Israël (4-2) puis face à la Turquie (2-0) en matchs de préparation, les sud-américains devraient se présenter face à la France dans la même configuration que le Paraguay. Un bloc défensif très bas et des contres éclairs. L’objectif des « Los Catrachos » : une première victoire en Coupe du monde pour ce petit pays d’environ 8 millions d’habitants.  Contre la France, ça ferait tout de même un peu tâche…

Les joueurs clés

Noel Valladares, le gardien du CD Olimpia a déjà pris part aux JO de 2000, à la Copa America 2001 et aux éditions 1998 et 2011 de la Gold Cup. Avec 120 sélections, cet indiscutable titulaire, autrefois attaquant, n’est dépassé que par Amado Guevara. Maynor Figueroa (Hull City, 103 sélections) et Wilson Palacios (Stock City, 93 sélections), autres éléments essentiels du dispositif (4-4-2) mis en place par le sélectionneur. Les Honduriens promettent un combat physique aux joueurs de Didier Deschamps. A l’image de Paul Pogba, Blaise Matuidi et Laurent Koscielny, le jeunesse tricolore devra garder ses nerfs… Sous peine de sanctions immédiates.

canstock1607575Adversaire surprise …. le climat !

Le pays hôte s’étend sur plus de 8 500 000 km2, compte 200 millions d’habitants et 4 fuseaux horaires. Au delà du décalage horaire, le Brésil se trouve sous l’influence d’un climat plus ou moins chaud et humide en fonction des régions dans lesquelles les équipes se trouveront.

Ainsi, un climat tropical est présent sur la quasi-totalité du territoire, avec des zones ayant un climat équatorial, subtropical ou encore semi-aride. Les disparités au niveau des températures pourront être importantes entre le Nord et le Sud. L’Équateur, habitué à jouer sur les hauteurs de Quito à plus de 2 500 mètres d’altitude, ne devrait pas trop souffrir du changement de climat, tout comme le Honduras, un pays au climat tropical chaud et humide sur les côtes, et plus sec à l’intérieur.

L’équipe de France, qui jouera son premier match à Porto Alegre, au sud-est du Brésil, devrait toutefois apprécier la douceur de l’hiver austral (20° prévue le 15 juin) avant de rejoindre Salvador et Rio de Janeiro, villes côtières où les températures sont proches de 30 degrés avec des taux d’humidité avoisinant les 100%. Les organismes risquent de souffrir énormément. Arrivés hier dans leur camps de base de Ribeiréão Preto, au nord de Sao Paolo, les Bleus ont désormais cinq jour pour s’adapter.

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon


A J-8 du Mondial, les supporters algériens sont déjà prêts

VIDEO | Pour son dernier match de préparation au Mondial 2014, l’Algérie affrontait mercredi la modeste équipe de Roumanie (2-1) dans un stade de Genève en fusion. Venus des quatre coins de l’hexagone, 15.000 supporters des Fennecs ont participé à la fête. Malgré quelques débordements, je reste ébahi par cette ferveur populaire. Récit.

Mercredi 4 juin 2014, stade de la Praille. Il est 18h30. Une marée humaine blanche et verte envahit les abords du Stade de Genève. Les drapeaux de l’Algérie qui flottent dans l’air  se comptent déjà par milliers. Sur des airs de « One, two, three, viva l’Algérie !« , les supporters s’en donnent à cœur joie sous une pluie abondante. Qu’importe ! L’ambiance est à la fête.

Des femmes arborant foulards, maquillées aux couleurs de leur pays me renvoient furtivement à l’événement planétaire qui se prépare. Oui, un parfum de Coupe du monde flotte dans l’air genevois ce soir. J-8  avant le début de la compétition.

« L’ Algérie, un pays, une âme«

Pour se rendre compte de la ferveur qui accompagne l’équipe d’Algérie avant le départ prévu samedi pour le Brésil, il suffit de jeter un coup d’œil sur les plaques d’immatriculations des voitures présentes : Île-de-France, Région PACA, Midi-Pyrénées, Alsace, Aquitaine, Bretagne et j’en passe… Des milliers de fans ont fait le déplacement des quatre coins de l’hexagone, dont Youssef, Strasbourgeois de 35 ans :

« On ne pouvait pas louper ce match. On est prêt à parcourir toute la France pour les supporter, explique cet éducateur sportif. On a envie de leur transmettre de la force et de leur montrer que tout un peuple est derrière eux« .

Déjà présents lors du premier match amical face à l’Arménie (3-1) à Sion la semaine passée, Mohammed et ses deux enfants sont carrément venue d’Alger par avion :

« J’ai profité de mes congés pour venir en Suisse supporter mon pays, explique-t-il. Le budget est conséquent mais la Coupe du monde, c’est une fois tous les quatre ans, je peux me le permettre et les enfant sont heureux« 

Environ 15 000 supporters algériens étaient présents à Genève pour soutenir leur nation.
Environ 15 000 supporters algériens étaient présents à Genève pour soutenir leur nation (Crédit photo : Pierre Dujol)

Bentaleb marque, les supporters exultent

Avant le coup d’envoi, un DJ chauffe à bloc les 15.355 spectateurs en passant de la musique traditionnelle, du raï, alors que quelques sifflets malheureux accompagnent ensuite l’hymne national de la Roumanie, soutenue par une dizaine de supporters… Ces derniers se sentaient bien seuls, submergés par le public algérien qui reprenait à son tour l’hymne national  en cœur.  Je ne comprenais  rien aux paroles, certes. Mais la chair de poule fût bien présente.

Dans cette rencontre d’une faible intensité (sauf dans les tribunes), il faut attendre une bévue du gardien roumain et la 22e minute pour voir les Fennecs ouvrir le score par l’intermédiaire du jeune Bentaleb, joueur des Spurs de Tottenham. Explosion dans le stade ! Les supporters chavirent, quelques gamins aussi bêtes que ridicules se jettent sur la pelouse pensant faire les malins mais sont vite ceinturés par les stadiers.

Malgré l’annonce du speaker qui tente de calmer les esprits surchauffés, le jeu est interrompu par l’arbitre à la 42e, suite à des jets de bouteilles sur la pelouse. Le jeu reprendra 20 minutes plus tard.  Auparavant, l’égalisation des Roumains (28e) avait légèrement douché le public avant le deuxième but inscrit par Soudani (67e) suite à une action collective de haute volée.

Fumigènes, cris de joie, le stade de la Praille s’embrase à nouveau. L’ambiance est aussi électrique que dans un derby madrilène. Les Algériens sont aux anges. « Qu’elle sent bon cette Coupe du monde pour les Fennecs », s’extasie l’un d’entre eux.

Les Fennecs en huitième du Mondial ? C’est possible.

22h30, coup de sifflet final. Les supporters envahissent la pelouse pour tenter d’obtenir un maillot de leurs idoles. Les plus raisonnables se contentent de quitter le stade dans la bonne humeur.


Et maintenant ? Direction Brésil pour la sélection algérienne, avec un objectif : sortir d’un groupe H abordable composé de la Corée du Sud, la Belgique et la Russie. Je vous rassure, tout le monde y croit, à l’image d’Amine :

« On a des meilleurs joueurs qu’en 2010, une jeunesse rayonnante, et les qualités pour sortir du groupe. A 90 %, on sera au rendez-vous pour les huitièmes« .

Je ne sais pas vous, mais j’ai également envie d’y croire.

Pierre Dujol, Observateurs de France 24 à Lyon


France : pourquoi les Bleus peuvent se passer de Ribéry

La "routourne" va-t-elle tourner pour Ribéry ? (Crédit photo : Илья Хохлов, Wikimedia Commons)
La « routourne » va-t-elle tourner pour Ribéry ? (Crédit photo : Илья Хохлов, Wikimedia Commons)

Il est retenu dans les 23, mais l’incertitude qui plane autour de l’état de santé de Franck Ribéry commence à peser sur la préparation des Bleus. A deux semaines du premier match face au Honduras, la France doit-elle se passer des services du  Munichois ? A priori oui.

C’est une mauvaise habitude dont l’équipe de France se passerait bien. Après Zidane en 2002 (élongation), Cissé en 2006 (fracture tibia péroné ), Vieira en 2008 (touché à la cuisse) et Mandanda (fissure aux cervicales), les exemples n’invitent pas à l’optimisme.

Manque de bol (ou pas), Franck Ribéry, élu meilleur joueur européen par l’UEFA lors de l’année 2013, pourrait débuter la Coupe du Monde sur le banc à cause d’une lombalgie présente depuis sept semaines. La poisse !

« La routourne à tourné »

Certes, l’international français (80 sélections) jouit d’une forte côte de popularité au Bayern et son influence dans le jeu tricolore n’est plus à démontrer ces deux dernières années. Mais comme le dis si bien cet adepte de la langue française, « la routourne à tourné«  et l’attaquant du Bayern Munich (31 ans) a semblé loin de ses standards habituels lors de la deuxième partie de saison.

En mai, il n’aura disputé que 78 minutes de temps de jeu quand son dernier match entier remonte au 26 avril contre le Werder Brême (5-2).

Ribéry n’a pris part à aucun entrainement collectif

Depuis le rassemblement des Bleus à Clairefontaine, Franck Ribéry n’a pris part à aucune séance d’entrainement collectif. L’information concernant un éventuel forfait de l’international français a filtré dimanche dernier sur France Télévisions. Présent à l’Allianz Riviera, l’attaquant tricolore a assisté sur le banc au match nul des Bleus face au Paraguay (1-1). Et la perspective qu’il reprenne l’entrainement collectif mercredi est plus qu’incertaine.

Deschamps prêt à prendre le risque

Didier Deschamps sait que le temps est compté mais il semble décidé à jouer son va-tout alors qu’il dispose de 24 heures avant le premier match face au Honduras pour remplacer un joueur blessé selon les règles édictées par la FIFA. Pourtant, rien ne pousserait le sélectionneur à prendre un tel risque.

Dans le meilleur des cas, un Ribéry diminué ne servirait pas la dynamique actuelle des Bleus, alors que Griezmann et Rémy ont démontré qu’ils avaient largement le potentiel pour occuper le côté gauche.

Lacazette ou Cabaye, l’alternative existe

Face à la Norvège (4-0) et le Paraguay (1-1), on s’est rendu compte de la complémentarité des attaquants français. Grâce à son coup de rein, sa qualité technique et son sens du but, l’attaquant de la Real Sociedad s’adapte parfaitement au schéma tactique des Bleus. Rémy, un joueur qui aime la profondeur et les espaces, est une deuxième option crédible pour Deschamps. Autre raison pour laquelle Ribéry n’est pas indispensable aux tricolores : le jeune Cabella et le Lyonnais Lacazette, 15 buts en ligue 1 cette saison, poussent à la porte et sont deux alternatives supplémentaires pour DD en cas de pépin.

Le sélectionneur, qui sera forcément attendu au tournant par les médias français dans sa gestion du cas Ribéry, espère surement un signe du destin. Mais les minutes s’écoulent…

 Pierre Dujol, Observateurs de France 24 à Lyon


La France tenue en échec ?… pas vraiment !

© Facebook FFF
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VIDEO | En concédant le match nul (1-1) face à une équipe du Paraguay regroupée mais combative, les Bleus ont manqué d’efficacité dans le dernier geste mais ont montré des motifs de satisfactions à deux semaines du Mondial au Brésil. Le Frenchie de la bande détaille pourquoi.

Les enjeux autour de France-Paraguay dimanche 2 juin à l’Allianz Riviera de Nice n’étaient pas sensiblement différents de ceux qui entouraient la réception de la Norvège (4-0), mardi dernier au Stade de France. Les Bleus devaient surtout entretenir l’élan et engranger la confiance nécessaire avant son entrée dans le Mondial face au Honduras, le 15 juin prochain. Mais l’égalisation de Caceres en fin de match (89′) a démontré que dominer n’était pas synonyme de victoire et que les Tricolores devront se montrer plus efficaces devant le but pour faire déjouer le Honduras.

Ce deuxième match de préparation face au Paraguay aura toutefois permis au sélectionneur Didier Deschamps d’affiner ses choix en faisant tourner un effectif largement remanié en seconde période, malgré l’absence de Varane, Benzema et Ribéry, toujours en délicatesse avec son dos. Quels sont les motifs de satisfaction et les enseignements à tirer  ? Éléments de réponses.

1. La charnière Koscielny Sakho rassure

La principale incertitude concernait le onze de départ et notamment l’axe central. Didier Deschamps a de nouveau opté pour la paire Sakho-Koscielny* en charnière centrale, alors que Sagna, Rémy et Lloris ont été alignés d’entrée de jeu.  Le Gunner, déjà auteur d’une prestation convaincante face à la Norvège (4-0), a livré une copie propre et a surement gagné des points dans l’esprit du sélectionneur face son concurrent Raphaël Varane. La paire Sakho-Kosclieny a parfaitement su contenir les rares offensives paraguayennes (28′, 35′, 52′) et son attaquant Santa Cruz. Seul bémol, l’égalisation de Caceres, libre de tout marquage, à la réception d’un coup-franc en fin de match.

2. Les Bleus n’ont pas refusé le défi physique

Le match face au Paraguay n’avait rien d’amical et on pouvait craindre une certaine appréhension de la part des joueurs français dans leur capacité à répondre au défi physique imposé par l’adversaire. Au contraire, les Bleus ont parfaitement répondu présent en faisant preuve d’engagements à l’image d’un Giroud dominateur dans les airs, d’un Koscielny toujours aussi agressif sur le porteur du ballon et d’un Pogba maître devant sa défense dans son rôle de sentinelle. Un bon test physique avant d’affronter le Honduras, une opposition de style similaire.

3. Les Bleus ont manqué d’efficacité mais…

Didier Deschamps aura une nouvelle fois pu constater l’excellente entente entre Valbuena et Giroud. Auteur de trois passes décisives face à la Norvège, le Marseillais a une nouvelle fois montré son influence grandissante au cœur du 4-3-3, même si la réussite fût cette fois-ci moins au rendez-vous.  A l’image des nombreuses occasions ratées par Giroud (20′, 46′, 58′, 59′,93′), et Rémy (9′, 27′, 30′), très actif dans son couloir, les Bleus peuvent nourrir des regrets mais ont tout de même préserver leur invincibilité depuis le match face à l’Ukraine (3 victoires et  un nul).

4. Un super but de Griezmann

Ce résultat, les joueurs de Didier Deschamps le doivent autant à leur abnégation qu’au premier but en sélection d’Antoine Griezmann, auteur d’une frappe enroulée tout en finesse (82′). Le joueur de la Real Sociedad, entré en cours de jeu à la 64e à la place de Rémy, a encore marqué les esprits et démontré qu’il pouvait prétendre à une place de titulaire au Brésil. Un premier but libérateur qui n’aura pas permis à la France d’obtenir une quatrième victoire consécutive. Prochain rendez-vous le 8 juin face à la Jamaïque lors du dernier match de préparation des Bleus avant le décollage direction Brésil.

*La paire Sakho-Varane est la charnière centrale la plus utilisée (6 fois)  par Didier Deschamps depuis sa prise de fonction. A titre de comparaison, la paire Sakho-Varane a été utilisée à deux reprises.

Equipe de France : Lloris (cap), Sakho (Mangala, 45′) Koscielny, Evra, Sagna, Pogba, Cabaye (Mavuba, 45′), Matuidi (Grenier, 64′), Valbuena (Sissoko, 74′), Rémy (Griezmann), Giroud.

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon