Lucrece



Quelques astuces pour les accros aux gadgets électroniques et réseaux sociaux

Les gadgets électroniques sont de plus en plus présents dans notre quotidien. Très peu de personnes peuvent de nos jours se vanter de passer une journée entière sans un téléphone portable ou un ordinateur. Dans certains cas, la dépendance inclut également les réseaux sociaux et tous les outils du web 2.0. A défaut de pouvoir vous faciliter la désintoxication, je partage avec vous quelques informations utiles pour les geeks et les non-geeks.



Les cookies, des biscuits peu digestes

Avez-vous remarqué ces agaçantes bannières que l’on retrouve sur la plupart des sites de nos jours ? « Nous utilisons les cookies  afin d’améliorer l’expérience de nos utilisateurs… » La formule se décline sous différents modèles mais le message est le même. Si tu ne l’acceptes pas, dans la majorité des cas, tu ne peux pas accéder à notre contenu. Ou alors on laisse la bannière bien en évidence pour que ce soit la seule chose dont tu te souviennes après ton passage. Alors on s’empresse de cliquer sur « j’accepte » pour continuer à naviguer. Mais à quoi disons-nous oui chaque fois que nous acceptons gentiment ces cookies ? Avec cette délicieuse appellation, rien de bien méchant me diriez-vous. N’en soyez pas si sûr !

La recette originelle des cookies était pourtant excellente

Vous savez comme c’est agréable d’aller prendre le thé chez un ami et de se rendre compte qu’il a mémorisé vos préférences, un peu de menthe, un peu de citron et du miel… Eh bien les cookies informatiques c’est presque pareil. Conçu en 1994, le cookie informatique a pour but de rendre la navigation sur un site web la plus agréable possible. Pour ce faire, un petit fichier contenant des données de l’utilisateur est stocké sur son terminal. C’est ce que l’on appelle aussi un témoin de connexion et son objectif premier est de faciliter l’expérience utilisateur.

Vu comme ça, les cookies on les accepte et on en redemande. Mais vous le savez, toutes les bonnes inventions ne sont pas utilisées à bon escient. Alfred Nobel par exemple a initialement conçu la dynamite pour faciliter le travail des mineurs (c’est sa version) mais très vite on a vu que cette invention était nettement plus utile dans l’industrie de l’armement. Pour en revenir aux cookies, on a également très vite trouvé le moyen de rendre indigestes les délicieux cookies facilitateurs de navigation sur internet.

Plusieurs types de cookies mais pas forcément au choix

De la même manière qu’il existe plusieurs recettes de cookies, il existe différentes sortes de cookies informatiques destinés chacun à un usage précis. On distingue notamment les cookies de gestion de sessions, de performances et de personnalisation. Ce sont généralement des cookies  nécessaires pour accéder au contenu d’un site et à ses fonctionnalités. Et puis il y a les cookies de ciblage et les cookies tierce partie. La première catégorie permet entre autres de pister l’utilisateur en récoltant ses habitudes de navigation afin de lui proposer du contenu ciblé. Si on veut voir le verre à moitié plein, on dira que tant qu’à faire autant recevoir des suggestions intempestives sur des sujets qui nous intéressent vraiment.

En ce qui concerne les cookies tierce partie, comme le nom l’indique, ils proviennent de tiers. Ce sont les plus répandus et ils proviennent des images et objets venant d’une autre page. L’exemple le plus évident est celui du bouton j’aime de Facebook. En ouvrant une page web qui contient ce bouton par exemple, un cookie peut être activé permettant à Facebook d’avoir accès à des informations vous concernant. C’est l’exemple le plus remarquable mais les objets susceptibles de contenir des cookies tierce partie sont de plus en plus nombreux. Et ce n’est pas le plus alarmant.

En effet, un cookie est conçu pour avoir une durée de vie définie par le concepteur du site. Et si certains d’entre eux sont prévus pour expirer en fin de session, lorsque vous fermez le navigateur, d’autres en revanche peuvent aller jusqu’à 7 000 ans. Ce sont les fameux cookies permanents très critiqués par les experts en sécurité de données. L’exposition de vos données personnelles à votre insu dans ce contexte peut entraîner spam, pop-up, partage de données privées… Et il ne s’agit là que des conséquences les moins graves.
En cliquant sur le fameux bouton « j’accepte », (lorsqu’on vous le permet) il est donc possible que vous ayez accepté à la fois les cookies utiles et indiscrets. Mais alors comment séparer le bon grain de l’ivraie ?

Faire une consommation « saine » des cookies

Il existe plusieurs solutions pour utiliser les cookies sur internet sans partager plus que de raison. À vous de choisir en fonction de vos habitudes de navigation et de votre intérêt à préserver vos données personnelles.
Vous pouvez déjà apprendre à supprimer les cookies. La méthode varie d’un navigateur à un autre. Et si la méthode manuelle vous parait trop compliquée, vous pouvez installer un outil qui vous permet de les supprimer en quelques clics. Il vous appartient de définir la nécessité et la fréquence de suppression.

Une autre option consiste à ajuster les paramètres de votre navigateur de sorte à ne plus permettre le stockage de cookies de pistage et cookies permanents. Mais cela dépend du navigateur utilisé. Firefox et Google Chrome le proposent dans le menu Paramètres de confidentialités.

Lorsque vous naviguez sur un site qui vous propose d’ « accepter » les cookies ou de les « personnaliser », acceptez de sacrifier quelques secondes pour ne sélectionner que les cookies nécessaires et faire le choix ou non d’activer les autres. De ce fait méfiez-vous des sites qui ne sont pas assez transparents sur le sujet.

Comment autoriser ou bloquer les cookies d’un site? Capture d’écran de https://support.google.com/ le 04/02/2019

Peut-on se passer de cookies ?

L’un des avantages à utiliser la navigation privée est qu’aucun cookie ne sera enregistré pendant votre session. Voilà pourquoi il est recommandé d’ouvrir une session privée lorsque vous utilisez un ordinateur qui ne vous appartient pas. L’astuce est valable aussi lorsque vous visitez Seneporno. Mais pour autant peut-on choisir de se passer définitivement des cookies ? La réponse est oui puisqu’on croit vivre dans un monde libre et avoir toujours le choix. En revanche, ce choix limite le nombre de sites que vous pouvez visiter. Cependant, en raison de leur mauvaise réputation grandissante, de plus en plus de concepteurs de sites web proposent des solutions alternatives. Alors, ne vous en faites pas si vous n’aimez pas les cookies internet. De nouveaux moyens moins remarquables et plus intrusifs seront peut-être bientôt mis à votre disposition.

Alors cookie ou pas cookie?

Bon alors, résumons. Les cookies informatiques ne sont pas des virus. Ils ne sont pas capables de lire des informations contenus sur votre machine. Il est vrai que la manière dont ils sont enregistrés peut paraître quelque peu intrusive. Mais l’objectif premier était de faciliter l’expérience utilisateur. Si cet usage premier a été détourné et qu’ils représentent désormais un risque d’atteinte à la vie privée, il nous appartient de prendre les mesures nécessaires pour nous protéger du mieux possible. Si cet article vous a plu, ne me le dites pas en commentaires. Faites-moi parvenir des cookies. J’ai une préférence pour ceux aux pépites de chocolat. 


La VAR, star controversée du mondial 2018

Cette 21e coupe du monde de la FIFA est celle de toutes les surprises. Avec des favoris déroutés, des outsiders impressionnants et des jeunes talents spectaculaires, on se régale à chaque match (sauf cet incompréhensible France Danemark). Mais la vraie star de la compétition, ce n’est finalement pas Neymar, Mbappé ou Messi mais la VAR pour Video Assistant Referee.

Ce billet a été publié par magicwords.mondoblog.org.

Elle fait son entrée dans le monde du football et comme de nombreuses stars du ballon rond, la VAR est sujette à polémiques. Révolution majeure pour certains, inutile pour d’autres, elle n’en finit pas de susciter débat. Et contrairement aux autres stars de ce mondial, on a déjà la certitude que la VAR sera présente durant toute la compétition. Autant mieux apprendre à la connaitre.

La VAR, troisième œil de l’arbitre

Les erreurs d’arbitrage font partie de la légende du football. Et si le but de Geoffrey Hurst le 30 juillet 1966 en finale de coupe du monde avait été refusé, l’Angleterre aurait-elle jamais été championne du monde ? Et si l’arbitrage vidéo avait pu être utilisé le 22 juin 1986 au cours de l’emblématique Argentine-Angleterre en quart de finale de coupe du monde, serions-nous encore en train de polémiquer sur la « main de Dieu » plus de 30 ans après ? On ne le saura jamais. Mais on peut désormais éviter les erreurs d’arbitrage ou du moins c’est ce que prévoit la Fifa en instaurant la fameuse assistance vidéo.

En constante communication avec l’arbitre principal du match, la VAR intervient par le biais des arbitres vidéo pour prendre une décision finale dans les cas de :

  • Buts ou action menant à un but,
  • Penalty,
  • Faute pouvant mener à un carton rouge,
  • Erreur sur l’identité d’un fautif.

Au terme de la phase de poules, la FIFA annonce que l’assistance vidéo est intervenue 335 fois au cours des 48 matches. 17 décisions arbitrales ont été approfondies et la VAR a permis d’en infirmer 14. Autre chiffre marquant, 22 penaltys sifflés. Ce qui représente déjà record en coupe du monde. Peut-on sur la base de ces chiffres plébisciter le nouveau système d’arbitrage ?

Système révolutionnaire ou limité ?

Les pro VAR qualifient le système de technologie qui va révolutionner l’arbitrage du football. Pour les autres cette assistance vidéo est tout à fait inutile et n’a d’autre rôle que de casser la dynamique et la spontanéité du jeu. Je vous avoue que je ne sais vraiment pas de quel côté me mettre. Il est vrai que ce n’est pas très plaisant d’attendre pendant un match que la vidéo confirme un but ou de voir l’arbitre interrompre un match et rejoindre au pas de course un écran (ce Maroc Espagne était éprouvant !). Mais d’un autre côté, on veut bien des matches justes. Autant le goal line technology a fait l’unanimité, autant cette assistance vidéo suscite débat.

=> A lire aussi : Pourquoi l’arbitrage vidéo perturbe le cours du jeu

Je suis peut-être une réfractaire au changement comme de nombreux autres. Mais si la décision finale est humaine peut-on vraiment compter sur la VAR pour limiter les erreurs d’arbitrage ? Il y a toujours pour l’œil humain maintes façons d’interpréter une image. La preuve, au bout de 48 matches, on se plaint toujours d’erreurs d’arbitrage. Et pour les quarts de finale curieusement, la star controversée du mondial se fait plus discrète. On entend moins parler de VAR. Le jeu n’est-il pas plus beau ?

Je sais, vous avez plus à dire que moi au sujet de la VAR. Alors, n’hésitez pas, commentez !


Messagerie instantanée : nos discussions en ligne sont-elles sécurisées ?

A quand remonte le dernier SMS que vous avez reçu ou même envoyé ? Je ne vous parle pas des offres promotionnelles de votre opérateur, mais d’un message échangé avec un de vos contacts. Il faut le reconnaître, le SMS a laissé place à des applications qui offrent davantage d’options. Plus de limites de caractères, possibilité d’envoyer des images, des audio, des vidéos… pour toutes ces raisons et bien plus encore, les applications de messagerie instantanée attirent un grand nombre d’utilisateurs. Tout au long de la journée, vous oscillez entre Whatsapp, Messenger, Telegram, Instagram, Twitter, Wire, Line et Snapchat. Le soir, pas question de rater votre moment coquin sur Skype ou Facetime. Bravo, vous êtes con-nec-té mais pas forcément en sécurité ! Et il est peut-être temps de faire de la sécurité une priorité.

De qui se méfie-t-on ?

Vous n’êtes pas un homme politique influent ou une espionne russe, alors vous ne voyez peut-être pas l’intérêt d’être très prudent dans vos échanges en ligne. Vous discutez « juste entre amis », diriez-vous. Mais ce n’est plus aussi simple. Plus personne n’est à l’abri d’un piratage malveillant ou d’une exposition de conversations échangées dans un cadre privé. Cela peut venir du (de la) petit(e) ami(e) jaloux(se), du policier avec une ordonnance judiciaire pour raison de « sécurité nationale », d’une personne malveillante avec de très bonnes connaissances informatiques, ou encore de la NSA (que vos kpakpato entre copines n’intéressent pas pour le moment)… La vraie question n’est plus de se demander si on pourrait être victime de piratage un jour mais plutôt quand est-ce que cela va arriver. Et comme par principe on a tous quelque chose à cacher, il vaut mieux s’assurer qu’on a pris toutes les précautions possibles pour sécuriser ses conversations, même les plus anodines.

Le choix de son téléphone portable compte

Pour choisir son smartphone plusieurs critères entrent en jeu notamment celui du système d’exploitation intégré. Android est sans doute le plus populaire mais pas forcément le plus sécurisé. La plupart du temps, le système d’exploitation de Google est « remodelé » de façon à le rendre plus ergonomique pour les appareils du constructeur qui l’intègre. Ce tripatouillage n’est pas toujours sans conséquences sur le facteur sécurité. Mais ne crachons pas dans la soupe. La grande majorité des téléphones accessibles à toutes les bourses fonctionnent sous Android.

Pour choisir son smartphone plusieurs critères entrent en jeu notamment celui du système d’exploitation CC: Carlos Varela via Flickr

Apple de son côté propose par défaut iMessage et Facetime sur un système d’exploitation bien chiffré. Faites tout de même attention aux sauvegardes sur iCloud. Gardez à l’esprit que ces données sont stockées sur les serveurs d’Apple (NSA , NSA, NSA !) et qu’en plus votre mot de passe pourrait être découvert par un tiers.

En matière de téléphone portable sûr, Blackberry fait l’unanimité. Ce qui lui vaut d’être encore prisé dans l’univers professionnel. Donc oui, Blackberry Messenger (BBM) est peut-être une application fiable mais à quoi ça sert d’avoir l’application la plus sécurisée si vous n’avez personne avec qui l’utiliser ? D’un autre côté, il se pourrait que les messages échangés avec son BlackBerry par El Chapo avec l’acteur Sean Penn aient contribué à retrouver sa trace et à l’arrêter. Autrement dit, si vous avez tué ou que vous avez en projet de tuer votre patron, ce n’est pas sur BBM qu’il faut en parler.

« On vous assure le chiffrement de bout en bout »

La cryptographie et plus particulièrement le chiffrement de données sont des concepts qu’on épargnait généralement au grand public du fait de leur complexité. Mais depuis peu, c’est devenu un argument de vente. Chacun se vante de proposer l’application la mieux chiffrée. Et l’expression « chiffrement de bout en bout » revient assez souvent. Cela signifie que seul vous et le destinataire de votre message ont accès au contenu de votre message. En pratique c’est beaucoup plus complexe. S’il est évident que les messages écrits peuvent être chiffrés de bout en bout, il faut rester très prudent dans le contexte d’une communication vidéo. Pensez-y lors de votre prochain rendez-vous coquin sur Skype.

« Tout le monde l’utilise » ne veut pas dire qu’on peut tout y partager

Whatsapp est l’une des applications de messagerie instantanée les plus populaires. Vous y retrouverez sans doute la majorité de vos contacts. De plus l’application semble assurer le fameux chiffrement de bout en bout. En dehors du fait que cette affirmation est discutable, il ne faut pas oublier que le fonctionnement de Whatsapp est associé à votre numéro de téléphone. Ce qui veut dire que l’application peut accéder à votre liste de contacts. De plus, par défaut, quelqu’un qui a accès à votre numéro (via un groupe whatsapp par exemple)  peut accéder à votre photo de profil, votre statut et vos stories. A noter également qu’à défaut d’accéder au contenu de vos conversations, Whatsapp dispose de vos métadonnées (réseaux de contacts, habitudes de discussion…) et peut en faire un usage commercial. Comme d’habitude quand c’est gratuit, c’est vous le produit.

Whatsapp dispose du chiffrement bout en bout ne veut pas dire que c’est le cas pour les autres services de messagerie de Facebook notamment Messenger et la messagerie d’Instagram.

Google quant à lui ne s’embarrasse pas de protocoles. Pour ce qui est de son service de messagerie instantanée Hangout, le chiffrement est effectué seulement pendant le transport. En d’autres termes Google peut accéder à vos discussions sur Hangout.

Google peut accéder à vos discussions sur Hangout
Google peut accéder à vos discussions sur Hangout CC Joe The Goat Farmer via Flickr

Dans la gamme des applications populaires, il y également Telegram qui a peut-être mauvaise presse mais dont le code source est disponible sur Github. Ce qui veut dire qu’on peut effectivement vérifier la qualité de chiffrement qu’offre l’application. Notons quand même que le chiffrement de bout en bout n’est total que lorsque vous êtes en mode secret chat.

Les Play Stores regorgent désormais d’une multitude d’applications de messagerie instantanée, chacune avec ses avantages et inconvénients. Et on ne peut évidemment pas toutes les citer dans un article. Cela dit, il y en a une qui se démarque par l’accent qui est mis sur la sécurité des données de l’utilisateur.

Quelle application de messagerie instantanée vous protège le mieux ?

L’application Signal a gagné en popularité après les scandales de surveillance et d’espionnage des gouvernements avec la collaboration des géants de la tech. Pour mesurer le risque, il faut se rappeler que Facebook (Whatsapp, Instagram, Messenger), Microsoft (Skype) et Apple (Facetime) sont les trois leaders en matière d’application de messagerie instantanée. Ça vaut ce que ça vaut mais Signal est l’application recommandée par Edward Snowden.

 

L’application Signal a gagné en popularité après les scandales de surveillance et d’espionnage des gouvernements CC : Wikimedia Commons

De plus l’application qui est open source fait de la sécurisation des données de l’utilisateur son cheval de bataille. Chiffrement de bout en bout, messages éphémères, pas de sauvegarde par défaut sur un cloud non chiffré… tout a été pensé pour vous permettre d’échanger en ligne en toute sécurité. Mais prenez garde tout de même. Les captures d’écran, ça existe et ça prend moins de 5 secondes !

Comme vous l’aurez remarqué, le choix d’un service de messagerie instantanée dépend de plusieurs facteurs. Plutôt que de choisir l’application la plus sécurisée, il est préférable de faire attention à ce qu’on échange en ligne. Plutôt que de vous reposer sur le chiffrement bout en bout, allez autant que faire se peut à la rencontre des gens et discutez directement. C’est nettement plus agréable.


Intelligence artificielle : les robots s’incrustent

Le salon de l’automobile bat son plein à Genève et cette 88e édition met un accent particulier sur les voitures intelligentes. Comme vous pouvez le constater, l’intelligence artificielle a le vent en poupe. Source d’opportunités pour certains, trop dangereuse pour d’autres, le moins qu’on puisse dire, c’est que le sujet divise. Mais tout le monde s’accorde sur le fait que l’intelligence artificielle affectera tous les domaines d’activité. Du désormais familier chatbot au puissant drone en passant par le robot journaliste, le robot militaire, l’assistant médical robotisé… les robots sont presque partout. Et, bon gré, mal gré, il faut leur faire de la place.

Une intelligence artificielle est « parfaite »

Le concept d’intelligence artificielle n’est pas vraiment nouveau, mais c’est au XXIe siècle que c’est vraiment devenu un sujet d’actualité. On pourrait le définir comme l’« ensemble des théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes capables de simuler certains traits de l’intelligence humaine ». A partir de cette définition, on peut mesurer l’étendue des possibilités. On comprend également comment et pourquoi on en viendrait à préférer une intelligence artificielle à un humain. Plus rapides, plus performants, les robots ne peuvent ressentir ni la fatigue ni la faim encore moins la maladie. Pas besoin d’une assurance multirisques pour les faire travailler. Vous ne risquez aucune poursuite judiciaire s’ils ont un accident de travail. Vus comme ça, les robots représentent un avantage économique de taille pour n’importe quelle entreprise. Imaginez par exemple qu’Uber n’utilise que des voitures autonomes. Cela supprime tout de suite de l’équation les chauffeurs et leurs revendications. Cela dit, cet exemple met en évidence la principale inquiétude que suscite l’intelligence artificielle et son champ infini de possibilités : que ferons-nous quand les machines sauront tout mieux faire que nous ?

Repenser les métiers de demain

De nombreuses études attirent l’attention sur la nécessité, à l’ère du numérique, de repenser les métiers de demain. Selon le département d’État américain du travail, « 65 % des écoliers d’aujourd’hui pratiqueront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont même pas encore été inventés ». Cette affirmation est pleine de promesses, mais surtout, elle met en évidence la nécessité de réformer l’éducation et la formation. Car si l’on a tôt fait de penser que les robots mettront un grand nombre de personnes au chômage, n’oublions pas que l’intelligence artificielle va également créer des métiers. Ce qui veut dire que le monde du travail va sans doute être bouleversé par cette nouvelle tendance, mais il ne disparaîtra pas pour autant. Il va falloir des gens pour concevoir ces robots. Il va falloir des humains pour les superviser, les réparer quand ils seront endommagés… En réalité, les machines de façon générale et les robots en particulier ont énormément besoin d’attention humaine. De ce fait, la réelle inquiétude au sujet de l’intelligence artificielle concerne l’éthique.

L’intelligence artificielle menace-t-elle l’humanité ?

Si vous avez déjà regardé, un épisode de l’excellente série Black mirror, vous vous êtes peut-être déjà posé la question. Car bien que relevant de la fiction, les faits qui y sont mis en scène sont loin d’être irréalistes. On a vu l’usage malsain qui peut être fait de la technologie, notamment avec la cybercriminalité, sur internet. Dans le cas de l’intelligence artificielle, les inquiétudes se focalisent à juste titre sur son application dans le domaine militaire, mais pas seulement. De nombreux scientifiques et célébrités du domaine dont Stephen Hawking, Bill Gates ou encore Elon Musk attirent l’attention sur la nécessité de mettre en place un système de régulation pour parer aux dérives que pourrait engendrer l’intelligence artificielle. Aussi, avant de se réjouir de pouvoir déléguer toutes les tâches contraignantes, risquées ou répétitives à des robots, il nous faut nous assurer que les questions de transparence, de dignité humaine, de respect de la vie privée ont été soigneusement étudiées.

Et l’Afrique dans tout ça ?

Sans vouloir tomber dans une dangereuse généralisation, on peut dire que l’intelligence artificielle n’est pas encore réellement une préoccupation africaine. Et pourtant nous en faisons usage au quotidien. Oui, c’est vrai qu’il n’y a pas dans nos maisons des robots qui passent l’aspirateur, mais n’oublions pas que nous aimons bien Siri, Cortana et les autres assistants vocaux qui se font toujours un plaisir de répondre à nos questions. Nous ne nous en rendons peut-être pas compte, mais l’intelligence artificielle fait déjà partie de notre quotidien. Ce qu’il nous faut, c’est concevoir les outils dont nous avons besoin. Il faut pouvoir utiliser la technologie pour résoudre des problèmes spécifiques à son environnement. On n’a peut-être pas encore besoin de voitures intelligentes, mais les problèmes que pourrait résoudre l’intelligence artificielle sur le continent sont légion. Alors, n’attendons pas la super-vache de Bill Gates pour lutter contre la famine en Afrique. Nous avons assez de ressources pour mieux faire.


2G, 3G, 4G, 5G qu’est-ce qui fait la différence ?

Cette année, la 5G est au cœur de tous les débats du Mobile World Congress (MWC). Ce congrès vient d’ouvrir à Barcelone et durera jusqu’au 1er mars. La 5G, on l’attendait pour 2020 mais cette nouvelle technologie fait déjà son entrée dans le monde des télécommunications. En effet, pendant les jeux olympiques de Pyeongchang, l’opérateur coréen KT a testé pour la première fois la 5G qui promet des débits hallucinants. Il faut dire que depuis le 3 avril 1973 où le premier téléphone portable a été décroché jusqu’à nos jours les choses ont bien changé. Il ne s’agit plus de posséder un “cellulaire” mais un smartphone. Parallèlement, on entend les termes 2G, 3G, 4G souvent employés par les acteurs du secteur des télécommunications sans vraiment les comprendre ni les différencier. Aujourd’hui, je vous embarque pour une rétrospective de ces quatre décennies d’évolution des réseaux mobiles. Mais d’abord commençons par le commencement.

La 1G, ça a existé ?

Eh oui, elle a existé ! Mais c’est normal qu’on ne s’en souvienne pas. Ceux qui possédaient un téléphone portable en ces temps là se comptaient facilement et une bonne partie de ceux qui en possèdent aujourd’hui n’étaient pas encore nés. 1G fait référence à la première génération de la technologie de téléphonie sans fil. Elle a été introduite en 1980 et fut achevée au début des années 1990. Voilà à quoi ressemblait un téléphone mobile 1G.

Le premier téléphone sans fil. CC Wikimedia Commons
Le premier téléphone sans fil. CC : Wikimedia Commons

On a surnommé ce téléphone “la botte” à cause de sa forme ou la “brique” à cause de son poids. Il pesait en effet près d’un kilo (783 grammes) et mesurait 22cm de long. Il était vendu au prix de 3995 dollars. Mais voyons le bon côté des choses. Le choix de la couleur était offert entre gris sombre, gris blanc, et blanc clair. On a bien du mal à se l’imaginer et pourtant c’était une véritable innovation.

Outre le terminal, la 1G est caractérisée par un signal analogique, un débit de transmission de 2,4 kbit par seconde, et on ne pouvait passer des appels qu’à l’intérieur d’un même pays. Plusieurs normes ont été définies pour cette génération notamment

  • AMPS (Advanced Mobile Phone System)
  • TACS (Total Access Communication System)
  • ETACS (Extended TACS)
  • NMT (Nordic Mobile Telephone)
  • Hicap – CDPD – Mobitex – DataTac – RC2000 – Comvik…

Bien que coûtant excessivement cher, le téléphone portable a attiré la curiosité d’un grand nombre de personnes. Afin de satisfaire tout le monde, il fallait penser à l’amélioration de la 1G ce qui nous conduit à la 2G.

La 2G ou la génération texto

La seconde génération de réseaux mobiles (2G) a marqué une rupture avec la première grâce au passage de l’analogique vers le numérique. Le signal analogique d’avant était à présent converti en une succession de 0 et de 1 afin de faciliter le transport et le traitement des données et donc un meilleur débit. Ça devenait de plus en plus confortable.

Ce que nous avons le plus apprécié avec la 2G a été sans aucun doute l’apparition du service SMS (Short Message Text). Limités à 80 caractères au début, les mini messages ont favorisé le succès de la 2G. Les modèles de téléphones ont connu une nette amélioration et des formes variées.

Téléphone 2G
Ce que nous avons le plus apprécié avec la 2G a été sans aucun doute l’apparition du service SMS. CC: Aman Firdaus via Flickr

Les principales normes définies pour la 2G sont :

  • GSM (Global System for Mobile communications)
  • CDMA (Code Division Multiple Access)

La 2G a connu un énorme succès et est à l’origine du besoin de téléphoner en tout lieu.

Il a donc fallu proposer de nouveaux services comme le MMS (MultiMedia Messaging Service). Pour ce faire, le débit de 9.6 kbps proposé par le GSM était insuffisant. De nouvelles techniques de modulations et de codages ont été développées pour accroître le débit et les premières connexions IP sont apparues (GPRS, EDGE). Mais face aux besoins du nombre d’utilisateurs sans cesse croissant, il fallait encore innover.

la 3G ou le Haut débit

La technologie 3G a été introduite vers les années 2000. Elle est caractérisée par une compatibilité mondiale, une compatibilité avec les réseaux de seconde génération et un haut débit de transmission à savoir :

  • 144 Kbps avec une couverture totale pour une utilisation mobile
  • 384 Kbps avec une couverture moyenne pour une utilisation piétonne
  • 2 Mbps avec une zone de couverture réduite pour une utilisation fixe

Avec de tels chiffres, on peut faire beaucoup de choses notamment envoyer et recevoir des e-mails, internet haut débit, jeux en ligne… Entre 11s et 1,5mn sont désormais nécessaires pour télécharger un son mp3 de 3 minutes !

Un téléphone 3G
Avec la 3G, nous avons connu une nette amélioration des terminaux mobiles. CC: Brian Solis via Flickr

La principale norme 3G s’appelle UMTS (Universal Mobile Telecommunications System). CDMA2000 est également une norme de téléphonie mobile reconnue, dans sa variante 1x EV-DO, comme de troisième génération (3G) par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Avec la 3G, nous avons connu une nette amélioration des terminaux mobiles aussi bien au niveau du design que de la capacité. On pouvait désormais gérer ses courriels, télécharger de la musique, jouer en ligne et bien sûr téléphoner avec le seul et même appareil. Avec la demande de plus en plus croissante des utilisateurs en termes de débit, la 3G a connu une évolution appelée 3,5G ou 3G+. Mais il nous fallait encore plus, toujours plus.

La 4G vous dit « Welcome to anywhere »

Le successeur de la 3G promet un « très haut débit » c’est-à-dire des débits théoriques supérieurs à 100 Mb/s, un cœur de réseau basé sur IP, de nouveaux terminaux, de nouveaux services principalement la télévision sur le mobile.

Un des tous premiers téléphones 4G. CC : Wikimedia Commons
Un des tous premiers téléphones 4G. CC : Wikimedia Commons

Avec la 4G, plus nécessaire d’enregistrer votre émission favorite quand vous n’êtes pas à la maison. Vous pouvez la regarder ou que vous soyez sur votre téléphone. Du moins c’est ce qui se dit car le réseau 4G est encore en pleine construction sur le continent africain. Mais quelque part dans le monde, certaines personnes pensent déjà à son successeur !

Peut-on encore mieux faire ?

On peut toujours faire mieux. Plusieurs acteurs des télécommunications pensent déjà 5G. Le successeur de la 4G promet des débits de données de l’ordre du gigabit par seconde et allant jusqu’à 10Gbps. Si les chiffres ne vous aident pas a évaluer la puissance de la technologie 5G, retenez qu’a Pyeongchang, on a pu assister à un ballet de 1218 drones synchronisés grâce à la 5G. Il a été possible de suivre en direct plusieurs épreuves sur tablette ou avec un casque de réalité virtuelle. La 5G sera entre autres très utile pour développer l’internet des objets, la télémédecine ou encore les véhicules autonomes.

Alors, concernant cette évolution-révolution, êtes-vous impatient ou plutôt inquiet?


Seneporno ou l’impuissance des autorités sénégalaises face à la cybercriminalité

“Faire du Sénégal le premier hub numérique d’Afrique”

C’est la formule de propagande en vogue au pays de la Teranga depuis quelques années. Mais sous les costumes de soie que l’on revêt pour annoncer cette « bonne nouvelle », derrière les nombreux séminaires et conférences et les généreux buffets qui les accompagnent, il n’y a malheureusement pas assez de ressources pour concrétiser cette belle utopie. Le phénomène Seneporno en est la triste illustration.

Seneporno, un modus operandi des plus abjects

Si on veut faire de Diamniadio Valley la « Silicon Valley » de l’Afrique, si on encourage les jeunes entrepreneurs à mettre en place le x africain, x étant un produit ou service ayant déjà fait ses preuves ailleurs, toute bondieuserie mise à part, on devrait féliciter le promoteur de Seneporno de vouloir mettre en place un site avec du contenu africain. Sauf que l’individu emploie des méthodes plus que douteuses.

N’importe qui peut lui envoyer des photos et vidéos à caractère pornographique moyennant une rémunération. De ce fait, des vidéos ayant été tournées dans un cadre privé se retrouvent sur le site. Pire encore, avant la publication des vidéos, le promoteur du site qui se fait appeler Kocc Barma ne se gêne pas pour harceler ses victimes sur les réseaux sociaux. Sur Snapchat, il affiche les photos, contacts téléphoniques, profils Facebook de celle qui sera la prochaine « vedette » du site. On y voit aussi parfois des captures d’écran de conversations avec elle où il prend un vicieux plaisir à la narguer, convaincu du fait qu’il est inattaquable. Le site comporte également des photomontages dont l’un avec des photos de la première dame du Sénégal.

Pour mesurer la gravité de la situation, il nous faut contextualiser. Si sous d’autres cieux, une sextape peut suffire à rendre célèbre toute une famille, au Sénégal le scénario est tout autre. Dans un pays où un taximan peut refuser de te prendre dans sa voiture simplement parce que tu as de l’alcool sur toi, je vous laisse imaginer les conséquences d’une sextape et la publicité qui l’accompagne. Dire que le phénomène Seneporno détruit des vies est un euphémisme. Les personnes qui ont déjà été exposées et celles qui vivent dans l’angoisse de se retrouver dans la même situation se posent désormais la même question : comment faire pour sortir de ce cauchemar ?

La Commission de protection des données personnelles au secours

Une année d’existence, la publication des vidéos de plusieurs célébrités locales et une trentaine de plaintes plus tard, la Commission de protection des données personnelles (CDP) monte pathétiquement au créneau et se fend d’un pompeux communiqué sur les dérives de Seneporno.

Communiqué de presse publié sur www.cdp.sn
Communiqué de presse publié sur www.cdp.sn Crédit photo: Lucrèce Gandigbe

 

Il est vrai que la situation met en évidence les limites de l’application de la loi d’un pays dans le cyberespace. En effet, dans la mesure où le site n’est pas hébergé au Sénégal, que son promoteur réside au Canada et en possède même la nationalité, il va être particulièrement difficile de fermer le site ou d’arrêter celui qui se présente sous le pseudonyme de Kocc Barma.

Mais fort heureusement, nous avons une commission de protection des données personnelles qui s’est empressée de saisir le premier ministre et de demander au propriétaire du site de « se rendre à la justice » ! Le premier ministre avec encore plus de promptitude n’a pas manqué de s’émouvoir de la situation. La présidente de la CDP s’est récemment exprimée en ces termes : « Nous sommes en train de travailler sur le cas du site. J’avais saisi la dernière fois le premier ministre et je me félicite de sa prompte réaction. Il m’a demandé de voir l’ARTP pour qu’elle saisisse les fournisseurs d’accès à Internet. Nous voulons savoir qui se cache derrière l’adresse IP de ce site et qui lui donne l’accès à Internet au Sénégal. A partir de là, nous interviendrons en lui demandant de se conformer avec la loi. » A titre informatif, la CDP et l’ARTP sont des autorités administratives indépendantes. Ce qui veut dire que pour initier et diligenter une procédure dans une telle situation, il n’y a pas besoin de la bénédiction du premier ministre.

La Commission des données personnelles fait toutefois preuve de pro-activité en organisant une session de formation sur les données personnelles à l’endroit des magistrats. Ainsi, ils seront mieux outillés une fois que Kocc Barma aura la bonté de se rendre. Cela dit, on pourrait commencer par bloquer le site sur le territoire sénégalais même si cette solution n’en est pas vraiment une.

On est bien conscient et reconnaissant des efforts fournis pour construire le fameux hub numérique de l’Afrique, mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Commençons par agir avec un peu plus d’efficacité au sein d’institutions aussi stratégiques que la CDP. C’est bien plus nécessaire que la pose de première pierre pour l’érection de datacenters à Diamniadio. Car en attendant que prenne fin la valse entre les différentes autorités administratives, les vidéos partagées sur Seneporno sont relayées sur les réseaux sociaux et d’autres plateformes en ligne, preuve que la presse à scandale a encore de beaux jours devant elle.

Le 18/02/2018, Seneporno est classé 36 site le plus visité au Sénégal
Le 18/02/2018, Seneporno est classé 36 site le plus visité au Sénégal Crédit photo: Lucrèce Gandigbe

Plus c’est scandaleux, mieux c’est

« Si vous rencontrez des photos indécentes, des fuites, des nus, des sextapes ou des vidéos, envoyez-les nous. Essayez de partager le post pour que vos amis y aient également accès. Ce faisant, cela nous aidera à payer les frais d’hébergement de Seneporno afin que nous puissions toujours vous apporter des secrets cachés et les actions « thiaga » qui se déroule derrière les portes closes. »

Le promoteur de Seneporno l’a bien compris, plus c’est scandaleux, plus il y a de curieux. Le site figure dans le top 50 des sites les plus visités au Sénégal, à la 36e place selon Alexa. Et un visiteur y passe en moyenne 8,35 minutes. Fort de son succès, Kocc Barma prévoit de lancer sous peu un nouveau site d’informations pour « révéler tout ce que la presse n’ose pas dire ». L’odieux modus operandi de Seneporno choque plus d’un. On juge, on s’indigne, on s’offusque, on s’émeut… Et pourtant les photos et vidéos continuent d’être envoyées pour publication. Le site continue à enregistrer un grand nombre de visiteurs. Kocc Barma est de plus en plus suivi sur les réseaux sociaux. Certaines de ses publications suscitent parfois même l’hilarité. Mais la triste réalité, c’est qu’on est bien peu outillé pour lutter contre ces formes d’atteinte à la vie privée et contre la cybercriminalité de façon générale. De ce fait, on est tous un peu en danger !


Qui se souvient de…

Une page de l’histoire d’internet se ferme ce 13 juin avec la conclusion du rachat de Yahoo par l’opérateur de télécommunications Verizon. C’est l’épilogue d’une triste histoire jalonnée d’occasions manquées et de décisions fatales. Je me rappelle de Yahoo comme ma première interaction avec internet. J’avais ouvert une boite mail avec pour mot de passe « berlingot » et j’allais au cyber chaque fois que je pouvais pour lire l’horoscope des trois derniers jours… Quand on y pense, beaucoup de nos plateformes de l’époque ne sont désormais plus que des souvenirs. Faisons un saut dans un passé pas si lointain pour jouer à « Qui se souvient de… »

Myspace

La génération Z ne connaît peut-être pas cette plateforme mais Myspace est l’un des pionniers du concept de « réseau social ». Bien que le premier site de réseautage social ait vu le jour en 1995, Myspace a contribué à vulgariser le concept. Créé en 2003, il était encore jusqu’en 2005 l’un des sites les plus consultés au même titre que Yahoo et msn. Fort de son succès, la plateforme américaine propose même une version française en 2007. C’est sans compter l’ouragan Facebook à partir de 2006. Myspace essaie de tenir, en misant sur l’intérêt des artistes musiciens pour la plateforme. Elle redéfinit sa stratégie et veut se défaire de l’étiquette réseau social pour éviter le face à face mortel avec Facebook. Mais même les beaux yeux de Justin Timberlake n’ont pas pu sauver Myspace d’une mort certaine. Plusieurs rachats et opérations de sauvetage plus tard, qui se souvient de Myspace ? Cela dit, ne culpabilisez pas de ne pas avoir fait le bon choix maintenant que Facebook fait n’importe quoi avec vos données. La mort de Myspace était une prophétie.

Hi5

Encore un qui a senti Facebook passer. Le fameux « té sur Hi5 ? » est devenu « té sur Facebook ? ». On a relégué Hi5 aux oubliettes c’est vrai mais vous pouvez y remédier dès maintenant et vous désolidariser de Facebook. D’ailleurs, pour vous inscrire vous pouvez même utiliser votre compte Facebook ou Google. Pratique non ?

Capture d’écran: pour vous inscrire sur Hi5, vous pouvez utiliser votre compte Facebook ou Google

Dans la gamme des « victimes » du phénomène Facebook, on compte également Friendster ou encore Copains d’avant pour ne citer que ceux là.

Bing

Oui le nom me dit quelque chose mais je ne sais plus exactement… Heureusement il y a Google qui sait tout. Pour concurrencer Google justement Microsoft a élaboré Bing une version améliorée de MSN search, Windows Live search et Live Search. Lancé en 2009, il est peut être trop tôt pour inscrire le moteur de recherche de Microsoft dans le cimetière d’internet. Alors si vous commencez à avoir marre de Google, c’est peut-être l’occasion d’essayer Bing, Microsoft pourrait même vous payer pour ça.

Skyblog

Créé en 2002, le réseau social qui permettait surtout de gérer un blog a connu plusieurs dénominations successives : skyblog, Skyrock blog puis Skyrock.com. On l’appréciait pour sa facilité d’utilisation avant qu’il ne soit détrôné par Overblog en 2008. Depuis WordPress a eu le temps de se faire un nom et de s’imposer dans l’univers du blogging et pas que. Les blogueurs font de plus en plus parler d’eux mais quand on dit « blog », qui se souvient de Skyblog ?

Vine

On aime Twitter pour les trolls, les commentaires à la fois drôles et offensants et les excuses publiques dont on ne pense pas un mot. Mais on ne lui pardonnera jamais d’avoir tué Vine… enfin si c’est bien Twitter le coupable. Créé en 2012, l’application permettait de partager des vidéos de 6 secondes tournant en boucle. Il faut dire que le phénomène a été aussi intense que bref. Bien que la célèbre application ait fait naître de nouvelles stars du web, « les viners », elle n’a pas pu, entre autres, faire le poids face à la concurrence de Youtube, Snapchat, Instagram pour ne citer que ceux là. Il s’agit de quelque chose d’assez récent, et pourtant, Vine semble être enterré depuis très longtemps. Mais vous pouvez vous consoler avec les souvenirs de l’illustre « disparu » archivés sur vine.co

Viadeo

Créé en 2004, je me demande si Viadeo a vraiment connu l’apogée avant le déclin. De toute façon, les réseaux sociaux professionnels ne sont pas les plateformes les plus visitées sur Internet. Cela dit, Viadeo est bel et bien mort. Placé en redressement financier en 2016, la société a depuis été cédée au groupe le Figaro. Vous pouvez toujours essayer d’aller y décrocher votre prochain job. Vous n’aurez probablement pas de concurrents.

les réseaux sociaux professionnels ne sont pas les plateformes les plus visitées sur Internet

Nokia

Oui Nokia n’a pas forcement sa place dans cette liste, mais quand on y pense c’est quand même triste qu’aujourd’hui on ne l’entende pas rivaliser avec les autres grands noms du domaine de la téléphonie. On ne jure que par Samsung, iPhone et l’invasion chinoise. Mais pour beaucoup, Nokia aura été le premier et on a toujours du mal à oublier le premier.

Les raisons des échecs et même des succès dans l’impitoyable industrie de la technologie sont difficiles à définir. En 1998, Yahoo avait refusé d’acquérir Google pour la modique somme d’un million de dollars. Aujourd’hui Yahoo tel que nous l’avons connu n’existe plus à proprement parler. De plus en plus, pour des raisons évidentes, les GAFA en inquiètent plus d’un mais gardons à l’esprit que rien n’est vraiment acquis dans ce monde en constante mutation. En attendant le prochain qui périclite, et si on continuait ce jeu en commentaires ? Qui se souvient de…


Nos plus belles années #MondoChallenge #NosAnnéesCollègeLycée

On t’a dit de sourire, pas d’imiter un requin…
Tu parles de qui ? La fille avec les dents écartées là ?
C’est une photo de classe donc tu dois y être mais s’il te plait range tes dents !

Quand je pense à mes années collège et lycée, ce sont les premières choses qui me viennent à l’esprit. Ce n’est pas juste de résumer sept années en seulement trois phrases. Et pourtant ce sont mes premiers souvenirs.
Je savais que l’entrée au collège marquerait un nouveau tournant dans ma vie mais pas de la manière dont je le pensais. Mes parents allaient enfin me laisser garder mes cheveux, j’aurai enfin des seins et maman allait m’acheter un soutien gorge comme à ma grande sœur. En plus j’intégrais une nouvelle école, un nouvel internat. J’allais me faire de nouveaux amis. Cela ne m’effrayait pas parce que j’étais tout sauf une enfant timide. Mais au lieu de s’extasier sur mon nouveau sac comme je m’y attendais, la première chose que ma voisine de table demanda fut « pourquoi tes dents sont comme ça ? »

C’est la première fois qu’on me faisait une telle remarque. Je n’avais pas de réponse mais cette question m’a fait comprendre que j’étais différente. En classe, j’avais la réponse aux questions mais je n’osais plus lever la main de peur que les autres découvrent ce que ma voisine a vu. J’ai essayé de trouver chez mes parents une réponse à la question de ma voisine mais  ils ont préféré minimiser le problème. Il fallait s’accepter tel qu’on était. J’avais beaucoup de mal à me faire des amis non pas parce qu’ils étaient tous méchants mais parce que moi j’étais mal dans ma peau.

Les seins que j’attendais avec tant d’impatience sont enfin apparus mais personne ne m’avait expliqué que cela s’accompagnait de douleurs atroces à la fin de chaque mois ! Le comble, ils n’étaient même pas assez gros pour que j’ai un soutien gorge. Si c’était le prix à payer je voudrais pouvoir revenir en arrière, à l’époque où ma plus grande préoccupation était de deviner si mon cadeau de Noël serait une poupée ou une peluche.

Je voyais mon corps se transformer et je n’y comprenais pas grand chose. Les bonnes sœurs chez qui j’avais grandi avaient l’art d’éviter ces questions. Elles se contentaient de répéter, « à votre âge, les garçons c’est dangereux ». C’est donc pour ça que le collège était exclusivement féminin. Il faut donc travailler dur pour aller au lycée. Puisqu’on y mélange les garçons et les filles, il faut croire que quand on est lycéenne, on ne court plus aucun danger.

Mes parents non plus n’apportaient pas de réponse à mon esprit curieux. Mais mon père me donna le plus sage des conseils. « Tout ce dont tu as besoin, c’est de savoir que de la vie se trouve dans les livres ». Et moi j’avais besoin de savoir beaucoup de choses. La lecture est devenue alors mon passe temps favori. Cela m’évitait par la même occasion d’avoir à me faire des amis. Le bon coté de ces heures passées à la bibliothèque était évidemment mes excellents résultats scolaires. Et malgré le fait que je me cachais dans mes livres, les autres venaient à moi. La fille qui gâche les photos avec son sourire est devenue la fille qui avait souvent les réponses. Parfois le professeur discutait avec moi comme avec une grande personne. Et alors, malgré moi, je souriais. Les gens jugeaient enfin l’ensemble et pas seulement ce qui est visible au premier regard.

Des années plus tard, je repense à cette époque où un ensemble de changements se sont opérés en si peu de temps et je me dis que je n’étais pas vraiment différente de la fille la plus populaire, du joli garçon dont nous rêvions toutes ou encore du pagailleur qui s’attirait tous les jours les foudres du directeur. La vérité, c’est que chacun de nous essayait de découvrir quelle genre de personne il ou elle était et surtout comment se faire accepter des autres. Pour la plupart, nous étions mal dans notre peau pour des raisons qui aujourd’hui sont d’une banalité évidente. Alors nous essayions de cacher cela comme nous pouvions, qui derrière une timidité maladive, qui derrière une assurance qu’il ou elle était loin de ressentir.

Mais ce que nous aurions dû savoir, ce que j’aurais aimé comprendre à ce moment-là, c’est que tout cela est temporaire et que toutes ces bonnes et mauvaises expériences forgeaient la personne que je deviendrai. On garde le souvenir des choses blessantes parce que c’est généralement la première fois qu’on est confrontés à la réalité sans les enjoliveurs de l’enfance. Et la première fois fait toujours mal.

La réalité c’est que même ceux que l’on considère comme les méchants avaient peur. On l’appréhende différemment mais on est tous terrifiés par cette intense période du passage de l’enfance à l’âge adulte. C’est à ce moment qu’on apprend la réelle définition du mot grandir. C’est pour cela que même ceux qui avaient l’air d’être les plus heureux ne vous diront pas que ce sont leurs plus belles années. Mais quand on y repense : est-ce que c’était aussi terrible que ça ? Non. C’est au collège que j’ai rencontré ma meilleure amie. C’est au lycée que j’ai choisi le métier que j’allais exercer. J’ai lu des livres qui m’ont positivement marqué et bien sûr j’ai eu mon premier soutien gorge ! Est-ce que finalement ces années collège et lycée que nous décrivions pour la plupart comme pénibles n’étaient pas nos plus belles années ?

C’est vrai, je me faisais une véritable joie d’en finir et d’entrer enfin à l’université qui dans mon esprit enfant-adulte était synonyme de liberté mais la réalité une fois encore est bien loin de ce qu’on imagine…


Célébrons nos différences #MondoChallenge #Identité

L’identité est un concept pour le moins ambigu. On s’en sert pour établir des différences entre les personnes et paradoxalement pour catégoriser. A la question qui suis-je, au delà de ce qui est visible, il s’agit d’une interrogation permanente. Je suis une femme, je suis africaine, je suis noire… mais qui-suis-je ? Je cherche encore une réponse satisfaisante. Pour l’heure, c’est plus intéressant pour moi de comprendre qui sont les autres.

Plus de similitudes que de différences

Nous exprimons nos identités à travers la langue, l’histoire, l’art, le mode de vie, la religion, les traditions et bien plus encore. Je n’ai pas encore fait le tour du monde mais j’ai l’opportunité de vivre depuis peu dans un pays riche de par sa diversité culturelle. Véritable melting-pot, on peut très vite se focaliser sur tout ce qui fait la différence, la langue, la couleur de peau, la religion, la cuisine… Mais quand on regarde de plus près il y a beaucoup plus de similitudes que de différences. Par exemple, le mafé sénégalais, le ndolé camerounais, le Yuan xiao chinois ont en commun l’arachide. Alors au lieu de voir en ces trois exemples trois spécialités de différentes cultures, nous devons nous réjouir de pouvoir apprécier de différentes façons un seul et même produit.

Il nous faut transcender les préjugés et idées reçues

L’accent est parfois tellement mis sur ce qui nous différencie que pour rentrer dans un moule, pour être accepté, on en oublie d’être fier de qui on est, d’où l’on vient. Allez comprendre pourquoi une personne se décape la peau pour paraître plus claire par exemple. Ayons le courage de revendiquer notre identité, prenons le temps d’apprécier celle des autres sans préjugés et apprenons à célébrer ces différences qui nous permettent d’exister en tant qu’êtres humains à part entière.
Autant que faire se peut, nous devons aller à la rencontre des autres. Car, il faut l’admettre les idées reçues et préjugés puisent leurs fondements dans l’ignorance que nous avons des cultures des autres. Heureusement pour nous internet et les nouveaux médias nous amènent à reconsidérer notre façon de voir les choses. On a beau lui trouver tous les défauts, on ne peut nier le fait qu’internet a définitivement fait du monde un village planétaire. On peut désormais aller à la rencontre de personnes sur tous les continents du monde et partager de nombreuses choses. C’est un excellent moyen de s’éduquer sur les expressions culturelles diverses pour pouvoir mieux les comprendre. Pourquoi les africaines aiment porter le pagne ? Quelle est la signification du voile pour les musulmans ? Quelle est la signification des prénoms locaux dans chaque langue ? Comment dit-on bonjour dans les autres langues du monde ? Comment explique-t-on la façon particulière de saluer chez les chinois, les japonais… ? Tout cela devrait nous aider à comprendre et accepter les autres.
La tâche est loin d’être facile mais chaque fois que nous avons du mal à comprendre et accepter les autres, remémorons-nous cette phrase d’Edgard Morin « l’unité et la diversité humaine doivent être liées : en parlant d’unité il ne faut pas oublier ce qui nous différencie et en parlant de diversité ce qui nous lie ».


L’école doit changer

C’est la période des vacances scolaires et comme à l’accoutumée des propagandes et campagnes publicitaires pour séduire de nouveaux apprenants. Dans le domaine universitaire tout particulièrement, le message est axé le fort taux d’embauche à la sortie des « grandes écoles ». D’un coté les bacheliers bien contents d’en finir avec le lycée et de rentrer enfin dans le monde qu’ils pensent plus libre de l’université. D’un autre les jeunes diplômés à qui au mieux, on a appris à apprendre et qui se retrouvent confrontés à la dure réalité du monde professionnel. Il y a aussi la petite minorité de ceux qui ont eu la vivacité d’esprit de développer des compétences en dehors du cadre scolaire et qui parviennent plus ou moins aisément à décrocher un premier emploi. Et il y a bien évidemment ceux qui ont pu grâce aux « bras longs » se frayer un chemin dans la jungle professionnelle et qui s’en contentent. Tous ces profils ont en commun une formation en totale inadéquation avec les besoins et les réalités du moment. Si la réduction du taux de chômage est une priorité, à mon avis, il faut aller à la source, repenser l’école telle qu’elle est présentée aujourd’hui.

L’école aujourd’hui

Dès l’âge de trois ou quatre ans où l’on fait ses premiers pas dans le monde scolaire, c’est le commencement d’un chemin de croix qui au mieux aboutira 13 ans plus tard à l’obtention du fameux baccalauréat. Le premier diplôme universitaire qui ne sert à rien mais qu’il faut avoir quand même. Chaque année, on s’étonne, on crie au scandale quand tombent les résultats des examens. On en veut à ces jeunes toujours un peu plus fainéants. Mais en réalité, comme le démontrent si bien les blogueurs togolais Marek, Eli et Renaud, le système éducatif (et pas seulement au Togo) est en crise. Nous avons franchi la limite du passable et sommes désormais perdus sur l’autoroute de la médiocrité. Et pour la petite minorité qui arrive tant bien que mal à passer ce cap et à décrocher ce fameux baccalauréat, que réserve le monde estudiantin ?
Il y a les nouvelles structures avec des stratégies de communication très agressives. Quelle que soit la spécialité que vous désirez ils en ont les ressources. Ainsi, dans ce qui pourrait humblement servir d’appartement à une famille de cinq personnes, sans même la basique connexion internet, il est possible de décrocher des diplômes d’ingénieur robotique, spécialiste des systèmes embarqués, d’expert en nanotechnologie et que sais-je encore. Il y a aussi les structures qui ont acquis une réputation certaine au fil des années mais dont le contenu des formations est devenu, il faut le dire, obsolète. Ce n’est pas juste en plein XXIème siècle, avec toutes les possibilités qu’offre le numérique de « voler » le temps des jeunes et les ressources de leurs parents pour qu’après des années qu’ils ne rattrapent jamais, lassés de déposer des demandes d’emploi, ils se proclament founder/ceo d’entreprise dont les produits et ou services n’existent que dans leur imagination.

Le e-learning, une alternative intéressante

Si les technologies de l’information et de la communication ont impacté sur la manière dont vivent et communiquent les gens, on ne peut décemment pas écarter ce qu’il est possible d’en faire dans le domaine de l’enseignement. Plusieurs universités prestigieuses l’ont compris et ont mis à disposition les ressources nécessaires pour proposer les plateformes de cours en ligne que nous connaissons. Evidemment les MOOCs ne remplacent pas totalement un programme de formation mais constituent déjà un moyen efficace de développer une compétence spécifique. Dans un contexte où on a de plus en plus de mal à retenir l’attention des gens, laisser à l’apprenant le choix des cours à suivre, des compétences à développer change certainement son rapport à l’enseignement. D’un autre coté, le e-learning est un marché en pleine expansion. La fameuse « économie numérique » qui a le vent en poupe dans nos pays théoriquement poursuivant l’émergence peut intégrer le e-learning dans ses priorités et en faire à la fois un secteur d’activité des plus rentables et une solution partielle à l’échec du système éducatif.

L’alternance, un modèle qui marche

La formation en alternance a l’avantage de combiner une formation théorique et une formation pratique en entreprise. Cette nouvelle forme d’apprentissage depuis son apparition est plébiscitée par les apprenants. Aussi bien pour les entreprises que pour les étudiants, elle présente de nombreux avantages. Pour l’entreprise, il peut s’agir d’une formule de pré-embauche qui lui permet de jauger les capacités de son futur employé sans engagement réel. Pour les apprenants, l’alternance marque une rupture avec le système d’apprentissage traditionnel et lui permet d’accéder au volet pratique de sa formation. Tout n’est pas rose dans le monde l’alternance entre la difficulté de trouver des structures d’accueil, assumer la charge de travail supplémentaire que cela représente et trouver le bon équilibre entre école et entreprise mais c’est un bon début pour opérer un changement nécessaire.

Le traditionnel 8h à 17h du lundi au vendredi où on écoute religieusement le professeur sans même parfois avoir le droit de soumettre une idée doit changer. Plutôt que les promesses d’ordinateurs ou de villes intelligentes, les dirigeants africains gagneraient à procéder à une entière réforme de nos systèmes éducatifs tel qu’ils existent actuellement. Il ne s’agit pas d’opérer un changement radical mais de concevoir l’apprentissage et de le structurer autrement. Avec le numérique le champ des possibilités est large. Et tous les acteurs du système, la classe politique, les institutions privées, les enseignants, les apprenants… ont le pouvoir de changer les choses. Chacun peut à sa manière apporter sa pierre à l’édification d’un modèle qui marche mais avant, il nous faut admettre qu’il y a un problème.


Génération Z, un mode de communication bien particulier

J’ai récemment suivi avec beaucoup d’intérêt, l’excellent reportage « Bienvenue en adosphère » de l’Atelier des Médias. Si j’ai été particulièrement séduite par ces jeunes qui gagnent leur vie tout en l’inventant et en bouleversant au passage la façon traditionnelle de concevoir l’apprentissage et le monde du travail, je n’ai pu m’empêcher d’être déroutée par… leur vocabulaire. C’est le cas de le dire, j’ai pris un « coup de vieux » en écoutant ces jeunes parler de l’usage qu’ils font des réseaux sociaux. Je me suis donc intéressée à ceux qu’on appelle aujourd’hui la génération Z ou encore les digital natives et à leurs nouvelles façons de communiquer. Mon article est loin d’avoir fait le tour de la question mais si comme moi vous vous sentez « has been » en les écoutant, vous apprécierez d’en savoir davantage sur leur façon de communiquer sans pour autant vous l’approprier.

Le langage courant
S’il n’est plus utile de présenter les désormais traditionnels lol, mdr, ptdr, xptdr… il faut remarquer que de nouveaux mots font leur apparition dans le vocabulaire des « jeunes ». En lisant par exemple « Je kiff ta swag #yolo », on pourrait avoir du mal à déchiffrer le message. De plus en plus utilisé yolo (You Only Live Once) est la formulation nouvelle de Carpe Diem. D’autres expressions tels que irl (In Real Life) ou encore Posey (au calme) ne devraient désormais plus vous surprendre. Cela dit, on est loin d’avoir fait le tour des néologismes actuels mais si tout ceci, vous semble déjà compliqué, vous aurez bien du mal à déchiffrer le pic speech.

Réseaux sociaux
J’ai pris un « coup de vieux » en écoutant les jeunes parler de l’usage qu’ils font des réseaux sociaux

Parlez-vous le pic speech ?
Si de plus en plus d’améliorations sont faites sur les appareils photos des nouvelles versions de smartphones, ce n’est pas sans raison. On ne compte plus le nombre de photos partagées sur les réseaux sociaux chaque jour. Le fameux selfie, qui permet « d’être vu entrain de se voir » est devenu un véritable phénomène avec des variantes tels que le belfie (bottom selfie) dont l’utilité m’échappe toujours. Une chose est certaine, l’appareil photo semble désormais être une extension du corps et on peut facilement raconter sa vie en image et au passage faire le succès de plateformes tels que Instagram, Snapchat ou encore Vine. Pour ceux qui souhaitent en apprendre davantage, n’hésitez pas à lire si vous en avez l’occasion le livre « Parlez-vous Pic Speech ? » du sociologue Thu Trinh-Bouvier qui vous en dit également plus sur les émoticônes.

Les émoticônes et les emoji

De plus en plus variés, les émoticônes et leur variante plus étendue les emoji semblent pratiquement incontournables. On les retrouve partout. Le vocabulaire est suffisamment riche pour permettre la rédaction d’un communiqué de presse ou même la traduction entière d’un livre. Peut-on déjà parler de l’obsolescence de l’alphabet et s’attendre bientôt à l’apparition de claviers totalement « émoticône » ? Ne retenez pas votre souffle, ce n’est pas demain la veille.

J’ai beau essayer, j’avoue que je ne comprends pas vraiment le langage des « mutants ». Et pourtant, ces nouvelles manières de communiquer ne sont pas vraiment nouvelles. On en parle depuis quelques années déjà. En revanche, je suis certaine qu’en parlant couramment le C, le Javascript, le Python ou un langage similaire, on survit bien à coté de la génération hyper connectée puisqu’au final, c’est le code informatique qui est à la base de ce qui leur paraît indispensable aujourd’hui. Alors si vous en avez l’opportunité, apprenez le langage du xxieme siècle : le code informatique.


Que de bons souvenirs !

Cela fait maintenant un moment que tu n’es plus à mes cotés. Si je me suis souvent amusée à profiter de mon statut d’orpheline, la vérité c’est que tu me manques tous les jours de ma vie. Il m’est arrivé des choses merveilleuses depuis que tu n’es plus là mais j’aurais échangé tout cela contre une journée avec toi.

Chaque fois que je reçois une bonne nouvelle, tu es l’une des premières personnes avec qui j’ai envie de la partager. Je ne suis toujours pas la mère des huit petit-enfants que je t’ai promis mais j’ai fait d’autres choses qui t’auraient rendu fier. J’avance dans la vie sachant que tes « bénédictions paternelles » m’accompagnent, qu’ « il ne faut pas vivre au dessus de ses besoins » et que « tout ce que tu n’as pas aujourd’hui, tu l’auras demain ».

Chaque fois que j’écoute « notre musique » mes pensées vont vers toi, nos soirées de rigolade à essayer d’expliquer aux autres ce que toutes ces chansons avaient de particulier. On aurait chanté ensemble « moitié toi moitié moi » à la mort de Guy Béart et on aurait célébré la vie de Michel Delpech sur « Pour un flirt »

Chaque fois que je vois un père sourire à sa fille, je me remémore nos fous rires, nos discussions tard dans la nuit, les fois où tu venais m’assister à la cuisine en faisant « tout le travail intellectuel » ou encore nos séances de marche matinales.

Chaque fois que j’ai du mal à m’endormir, je pense à toutes ces fois où je t’ai appelé pour que tu me chantes ces berceuses dont tu avais le secret. Parfois à cause de l’heure, tu râlais un peu mais tu finissais toujours par me chanter la berceuse de mon choix et apaiser mon cœur. Je n’ai plus le son de ta voix mais les paroles elles sont gravées dans ma tête.

Un sourire, une chanson, un événement, une photo… absolument tout me rappelle toi chaque jour. Je pense à toi avec nostalgie mais rarement avec de la tristesse. Car si tu avais été là, le cancer t’aurait pris ton sens de l’humour, tu aurais souffert et moi aussi. Te savoir en paix m’apaise et je ne me rappelle que des bons moments que nous avons eu.
Je n’ai pas pu te dire adieu. Et la dernière image que je garde de toi est celle de nos aurevoirs où tous les deux on avait les larmes aux yeux. Moi parce que neuf mois sans toi c’était trop long et toi parce qu’au fond de toi tu savais déjà que tu avais perdu la bataille contre la maladie et que c’était un adieu et pas un aurevoir. En dépit du vide que tu laisses dans mon cœur, il me reste tellement de bons souvenirs en ta compagnie. Il y a tellement de choses que j’aurais voulu faire pour te montrer ma reconnaissance, pour te remercier d’avoir été à la fois un père aimant et un ami si exceptionnel. Tu resteras à jamais la personne la plus importante de ma vie. Et je prie que tu trouves le repos éternel.


J’ai participé au challenge #InnovDaysAfrique

Une aventure humaine incroyable, une jeunesse extrêmement créative et une détermination à donner une autre image de l’Afrique, voilà ce que je retiens de ma participation aux Innov’Days Afrique organisés par la Société Générale. Le challenge était de proposer des idées innovantes pour « réinventer l’expérience client en agence ». Ouvert à l’ensemble des développeurs et des startups de la région Afrique subsaharienne, le concours s’est déroulé en plusieurs étapes notamment avec une phase de sélection en ligne, un bootcamp préparatoire, un hackathon puis la finale devant le jury. Encore une fois, une expérience incroyable qui commence par une autre vision de la banque.

L’univers de la banque
Le bootcamp préparatoire avait pour objectif de nous permettre de mieux cerner la thématique. C’est le cas de le dire, le secteur bancaire c’est un univers à part. Je suis arrivée avec tous mes préjugés sur le sujet et à la fin, j’avais une opinion plus nuancée.

InnovDaysAfrique
Avec les mentors de la Société Générale

En effet, la banque, ce n’est pas seulement des gens en costume qui essaient de voler tout notre argent. Mais la banque ce n’est pas non plus une organisation à but non lucrative. La banque c’est surtout un système ancien, sensible et très procédurier. Pas facile d’innover en tenant compte de ces paramètres, mais si c’était facile, cela n’aurait aucun intérêt. Les couleurs étaient bien annoncées au départ : 250 équipes inscrites, 12 retenues. La fierté et la joie ressenties à cette annonce ont très vite été dissipées par la suivante : seulement 8 équipes seront sélectionnées pour la prochaine étape. Il fallait donc trouver en un week-end, une idée qui colle à la thématique, qui est réalisable et surtout, il fallait défendre son idée en trois minutes devant un jury. Bonjour la pression. Avec mon équipe (une équipe de fous c’est le cas de le dire), ce n’était pas les idées qui manquaient. On en avait tellement qu’on a eu du mal à en défendre uniquement une. Je suis de l’avis de notre team leader qui dit « on a séduit mais on n’a pas convaincu ». Mais heureusement on avait le week-end du hackathon pour le faire.

Le marathon du code
Pour moi c’était une première contrairement aux autres membres de mon équipe. Et pourtant c’était moi le chef de projet. Mais encore une fois, c’était un titre pompeux pour un rôle tout simple. Je n’avais qu’une chose à faire, servir le café aux développeurs 🙂 . Plus sérieusement, nous nous sommes répartis les tâches et surtout nous sommes restés soudés tout au long de ce marathon. Pour une équipe qui n’avait jamais travaillé ensemble, passer 48h sans pratiquement dormir et pouvoir garder son calme à quelques minutes de rendre le projet c’était presque incroyable. Après avoir survécu à ce week-end sous pression, nous avions déjà gagné quelque chose d’inestimable : notre équipe fonctionne. Au delà de cette aventure, nous pouvons et nous allons travailler ensemble. Ça c’était déjà le gâteau, mais avec une cerise au dessus, il serait encore plus délicieux.

On ne réinvente pas le rôle du chef de projet :) seulement l'expérience client en agence
On ne réinvente pas le rôle du chef de projet, seulement l’expérience client en agence 🙂

La cerise sur le gâteau
On l’a eu notre petite touche finale. Après 10 jours de travail acharné à essayer de comprendre l’univers de la banque qui est totalement décalé du nôtre, mon équipe Techlabs28, a obtenu le troisième prix et surtout une opportunité incroyable de pouvoir tester la solution que nous proposons au sein de la Société Générale au Burkina Faso. Honnêtement, je suis une compétitrice dans l’âme. J’aime gagner et j’aime gagner le premier prix. Mais vraiment, pour une fois, sans mauvaise foi aucune, j’étais extrêmement contente de ce troisième prix pour plusieurs raisons. Tout d’abord je l’étais pour mes amis qui ont gagné, car en dépit de la compétition, il a subsisté avec tous les autres participants de façon générale, une ambiance de franche camaraderie qui dénote de la volonté des uns et des autres de travailler ensemble pour faire émerger l’Afrique. Ensuite, maintenant qu’il est possible de le dire, à chaque projet qui était présenté, mon visage se décomposait un peu plus. Oui j’étais fière de mon équipe et je croyais en notre solution, mais cela ne m’a pas empêché d’admirer béatement toutes les autres idées. Pour faire simple, les autres aussi ont envoyé du lourd ! Au final, commencer à 250 et finir dans le top 3, c’est une bien belle victoire.

Avec l’appui de la Société Générale et des acteurs de l’innovation à divers niveaux, nous allons « réinventer l’expérience client en agence ». Alors retenez bien ce nom : Techlabs 28 ! Vous allez entendre parler de nous 😉


Il n’y a pas que des succès à la Silicon Valley

Le « Hollywood des nouvelles technologies » a de quoi faire rêver. Qui n’a pas envie d’être le prochain Steve Jobs ou d’être millionnaire ou milliardaire avant trente ans ? En Afrique, en particulier où tant de choses restent à faire, ce ne sont pas les idées de génie qui manquent. Cela dit, de l’émergence de l’idée à sa réalisation, il y a un fossé que de nombreux entrepreneurs ne prennent plus la peine d’évaluer avant de se lancer.

La banalisation du terme startup

Depuis quelques années, ici au Sénégal, je vois de jeunes diplômés qui à la fin de leurs études décident d’entreprendre. L’enthousiasme et l’énergie que l’on peut lire dans leurs faits et gestes est certes séduisante mais avec un regard plus objectif, on ne peut s’empêcher de se dire intérieurement « son idée ne se concrétisera pas » pour plusieurs raisons.

  • Les promesses de l’école

Après cinq ans d’étude universitaire, je suis forcée de croire que l’école nous fait de bien belles promesses. A la recherche de la formation, on vous fait miroiter le poste de dirigeant, de décisionnaire que votre titre d’ingénieur peut vous amener à occuper. Qui n’aime pas le pouvoir ? Très vite, on convainc les parents et nous voilà élève ingénieur. Mais à un an d’obtenir son diplôme, le discours est tout autre. « L’avenir est dans l’entreprenariat ». Pour cela, on ne manque pas de vous outiller comme il se doit. On parle de cas inspirants, de business model (has been), de motivation et rarement des échecs. Plutôt que d’expliquer aux jeunes entrepreneurs les raisons de ces échecs avec des exemples édifiants, on se cantonne aux citations. « Le succès n’est pas définitif, l’échec n’est pas fatal, c’est le courage de continuer qui compte » W. Churchill. « Ce n’est pas la peur d’entreprendre, c’est la peur de réussir qui explique plus d’un échec » Emil Michel Cioran. Tout ca c’est bien beau, mais tous les cours magistraux que l’on reçoit sont-ils vraiment en phase avec le contexte actuel ? Ceux qui prennent la peine d’orienter les jeunes entrepreneurs ont-ils seulement une idée de ce qu’entreprendre implique de nos jours ?

  • La démarche entrepreneuriale

La plupart du temps, les jeunes entrepreneurs africains n’ont aucune idée de la démarche entrepreneuriale. Je le dis parce que je ne peux pas comprendre que l’on ait aucune idée de ce que c’est qu’un burn rate ou encore un pitch deck et que l’on soit quand même à la tête d’une startup tout simplement parce que pour 5000FCFA, l’imprimeur du quartier a eu la bonté de vous imprimer une carte de visite où vous avez écrit fièrement « Founder/CEO ». Mes amis entrepreneurs avez-vous seulement une idée de ce que CEO veut dire ??? Il est vrai que ca sonne mieux en anglais mais sans produit ou service, sans visibilité numérique, sans pitch deck et sans une estimation concrète de votre burn rate, je suis désolée, vous n’avez pas fondé une startup. Vous êtes juste un diplômé sans emploi qui se donne l’élégante appellation de « Founder/CEO ». D’un autre côté, « le savant est mort, sur sa tombe fleurit une autre race, celle des chercheurs ». C’est dire que votre idée de génie que vous gardez précieusement dans votre tête a déjà été pensée et parfois même réalisée par d’autres. Le challenge aujourd’hui, à mon humble avis d’employée qui a décidé de mettre ses compétences au service d’un entrepreneur c’est de proposer des solutions adaptées au contexte dans lequel vous entreprenez.

Amusez-vous à passer le texte du startup-validator
Amusez-vous à passer le texte du startup-validator
  • Le besoin de contextualiser

Ce qui marche en Europe ou aux Etats Unis n’est pas forcement la recette à appliquer en Afrique. Oui il y a des opportunités en Afrique mais elles ne sont pas toutes dans les halls d’hôtels luxueux, autour des tables de conférences et déjeuners copieux qui suivent celles-ci. Les opportunités sont dans l’analyse des problématiques locales et dans les solutions que vous pourrez être à même de proposer. Et si vous n’êtes pas en mesure de voir les choses sous cet angle, sans vouloir être impolie, rangez votre carte de visite où il est écrit « Founder/CEO » et allez demander de l’emploi à un « Founder/CEO »
Je comprends aisément le besoin des uns et des autres de vouloir entreprendre et diriger. Il est bien vrai que « l’avenir appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt ». De plus, entreprendre devient la solution évidente quand on voit la galère des autres qui décident de chercher un emploi. Entre les employeurs qui recherchent des stagiaires éternels et ceux qui pensent qu’un salaire, parfois ridicule, leur octroie le droit de disposer de l’employé comme de leur bétail, il y a de quoi vouloir se mettre à son propre compte. Mais entreprendre nécessite de la patience et des sacrifices. Entreprendre nécessite de la maturité d’esprit, pas forcement un âge avancé mais de la maturité. Dans le contexte africain, entreprendre nécessite également des moyens. Et pour finir entreprendre nécessite que l’on s’inspire de cas édifiants de succès mais également d’échecs. Même si ce sont les exemples de la Silicon Valley qui vous inspirent, gardez à l’esprit qu’il y a plus d’échecs que de succès dans cette jungle technologique où les géants avalent sans scrupules les tout petits. Prenez également la peine de contextualiser pour proposer des solutions en adéquation avec les réalités de votre milieu. Et comme mon objectif ici n’est pas de décourager les entrepreneurs, voici pour vous une petite dose de motivation.