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Rapport de HumanRights Watch sur les violences sexuelles en Mauritanie

 

crédit photo: KD

L’ONG américaine de défense des droits de l’homme, HumanRights Watch a convoqué une conférence de presse mercredi à Nouakchott, au siège du FONADH (Forum des Organisations Nationales des Droits Humains). A l’ordre du jour, la publication d’un rapport sur les violences sexuelles en Mauritanie, rapport intitulé : « Ils m’ont dit de garder le silence »: Obstacles rencontrés par les survivantes d’agressions sexuelles pour obtenir justice et réparations en Mauritanie »

Ce rapport, a été présenté aux journalistes par une équipe de l’ONG américaine comprenant, Sarah Leah Whitson, Directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch, Eric Goldstein, Directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch, Candy Ofime, Titulaire d’une bourse Sandler, division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch et Hanan Salah, Chercheuse sur la Libye, division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch.

D’emblée, Mr Eric Goldstein, a remercié le FONADH pour avoir accueilli dans ses locaux cette rencontre et les autorités mauritaniennes pour leur collaboration et leur disponibilité. Il a par la suite présenté succinctement l’ONG dont le siège est à New York et qui couvre 90 pays à travers le monde. Human Rights Watch est affirme-t-il une organisation indépendante qui ne reçoit pas de fonds gouvernementaux et qui est financé par des mécènes et des fondations. L’ONG s’occupe d’une large panoplie d’activités liées à la défense des droits humains (défense des droits des palestiniens, des détenus de Guatanamo, etc).

Et pour revenir au rapport sur les violences sexuelles envers les femmes en Mauritanie, ce rapport met en exergue la situation précaire et intenable de ces victimes le plus souvent incomprises et mises au banc de la société.

Il souligne les affres d’une stigmatisation accentuée par une inadéquation des textes juridiques qui font que ces victimes sont systématiquement présentées comme des boucs émissaires par la police et par les autorités judiciaires. Et leur situation déjà si précaire est aggravée par l’absence d’une assistance judiciaire appropriée et d’une prise en charge médicale, psychologique voire sociale.

C’est ainsi que pour Sarah Leah Whitson, Directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HumanRights Watch : « Les femmes et les filles mauritaniennes ne devraient pas courir le risque d’être emprisonnées, ou davantage stigmatisées, du seul fait qu’elles dénoncent des abus sexuels. » et Sarah d’ajouter : « Pour lutter contre les violences sexuelles, la Mauritanie devrait exiger que les forces de l’ordre et le système de santé publique cessent de traiter les victimes comme des suspectes, les soutiennent lors de leurs démarches judiciaires et de leur rétablissement, et traduisent les agresseurs en justice. »

Le rapport soulève un certain nombre de problèmes qui constituent une épée de Damoclès suspendue sur les têtes des victimes qui sont le plus souvent accusées de « Zina »(adultère) ; elles font face aussi au fait que la question est taboue mais aussi à une stigmatisation prégnante. Par ailleurs il n’y a pas d’espaces aménagées pour accueillir ces victimes ; et sur le plan médical, les procédures sont très chères et en Mauritanie, il n’existe qu’un seul médecin pratiquant la médecine légale.

Le rapport invite le gouvernement mauritanien à promulguer le projet de loi sur le genre, un projet de loi qui devrait pénalise le viol et prohiber le harcèlement. Aujourd’hui même si le viol est pénalisé dans le code pénal, il laisse une grande marge aux juges. De ce fait, l’application du texte sur la violence liée au genre constituerait de l’aveu des responsables de Human Rights Watch une avancée significative car ce texte prévoit la mise en place de chambres  criminelles spéciales pour juger les affaires de violences sexuelles.

Il y a lieu de noter enfin que pour confectionner ce rapport, Human Rights Watch a interrogé 33 filles et femmes victimes de viol mais aussi des membres d’ONG, des avocats et de hauts responsables du gouvernement mauritanien.

Bakary Guèye


Mauritanie : la CENI dans de mauvais draps !

Crédit photo AM/

Les mauritaniens sont allés aux urnes samedi dernier pour exprimer leur choix dans ce qu’il y a lieu de qualifier de scrutin le plus complexe de leur histoire. D’abord par le nombre impressionnant de partis et de candidats en lice, ensuite par le jumelage de cinq scrutins différents.

Ainsi pour des électeurs qui sont pour beaucoup des analphabètes, il s’agissait d’une véritable corvée synonyme du nettoyage des écuries d’Augias. Et comme il fallait s’y attendre, les bulletins nuls ont eu la part belle.

Mais ce qui retient le plus l’attention aujourd’hui, c’est l’annonce des résultats, une annonce qui se fait toujours attendre quatre jours après la fin du scrutin.

Et tout le monde a les yeux rivés sur la CENI qui apparemment est complètement débordée ; et vu l’ampleur des protestations venant des partis politiques en course qui commencent à crier au scandale et les interférences de l’administration qui tente d’intervenir ça et là pour sauver les meubles, on craint que la situation ne soit déjà hors contrôle, ce qui ouvrirait la voix à toutes les manipulations des résultats.

Ainsi, avec les graves anomalies signalés par certains leaders de partis et non des moindres, il y a lieu de s’inquiéter pour la transparence des résultats provisoires que la CENI devrait rendre public d’un moment à l’autre.

Quoiqu’il en soit, les premières tendances indiquent que la concurrence est très rude entre le parti au pouvoir et certaines grandes formations de l’opposition et notamment le parti islamiste « Tawassoul » qui, dans beaucoup de circonscriptions fait jeu égal avec le parti présidentiel voire même le devance carrément.

Voilà qui ne va pas faire l’affaire du président mauritanien qui avait pour objectif premier de barrer la route à ces islamistes qu’il a qualifié de dangereux agitateurs.

Nous serons donc certainement très loin du raz-de-marée des élus du parti au pouvoir notamment au sein de l’Assemblée nationale, un raz-de-marée qui aurait permis au président Mohamed Ould Abdel Aziz, dont le dernier mandat touche à sa fin, de tripatouiller la constitution pour s’éterniser au pouvoir.

C’est visiblement peine perdue car les mauritaniens semblent avoir décidé autrement en votant en grand nombre pour les candidats de l’opposition qui vont entrer en force à l’assemblée nationale et qui vont donner du fil à retordre aux béni-oui-oui d’une éventuelle majorité qui serait réduite comme une peau de chagrin.

Bakary Guèye


Mauritanie : une horde de badauds à l’assaut du parlement !

Vue d’une manifestation électorale

Les mauritaniens s’apprêtent à aller aux urnes pour les élections législatives et locales, il s’agit donc d’élire des députés, des maires et des conseillers régionaux. Le scrutin, prévu le 1er septembre, passe pour être le plus disputé et le plus complexe depuis l’avènement de la démocratie dans le pays, c’est à dire depuis la fin du siècle dernier.

En effet, la pléthore de candidats représentant les partis en compétition (près d’une centaine pour une population de moins de 4 millions d’habitants) et le jumelage des cinq scrutins prévus simultanément constituent une équation qui sera difficile à résoudre quand on sait que la plupart des électeurs sont des analphabètes.

Le vote sera d’autant plus difficile qu’il va falloir voter cinq fois en effectuant son choix parmi une longue liste où sont alignés des logos aussi complexes que les hiéroglyphes. Le pauvre électeur mauritanien devra donc se transformer en Champollion pour espérer s’en sortir, ce qui, bien entendu, est une utopie.

Cette pléthore de partis politiques et de candidats constitue une épée de Damoclès pour la jeune démocratie mauritanienne, qui en est encore à ses premiers balbutiements…

Ainsi, la médiocrité des responsables des partis et des états majors politiques, les mentalités rétrogrades et le conservatisme ambiant ont conduit à des choix de candidats pour le moins criticables, des choix faits sur des bases purement subjectives, des critères tribaux, ethniques, régionalistes et raciaux.

La réalité c’est que la Mauritanie baigne en plein népotisme. Cette dérive a entraîné, dans plusieurs camps, des choix surréalistes, avec parfois des analphabètes et de parfaits inconnus qui ont été cooptés pour des postes électifs aussi prestigieux et importants que celui de député !

Cette dévaluation de la démocratie et cette tendance à la médiocrité est d’autant plus inquiétante que les règles du jeu sont crânement foulées aux pieds : le choix des candidats n’obéit à aucun critère juste et approprié, mais le Trésor Public a cependant pris la précaution de soutirer aux milliers de candidats des cautions substantielles, qui lui ont permis de renflouer ses caisses.

Le niveau intellectuel et politique des candidats, qui laisse à désirer, se reflète dans la campagne électorale qui bat son plein depuis le 17 août. En effet, les QG de campagne installés ça et là dans les villes et les campagnes rivalisent à coups de décibels en distillant à longueur de journée des chants rythmiques à la gloire des candidats.

Quant aux programmes, ils sont renvoyés aux calendes grecques, pour ceux qui en ont un ! Pour les autres, c’est-à-dire la plupart des candidats, avoir un programme importe peu, c’est même le cadet de leurs soucis.

Voilà le tableau. La campagne touche à sa fin et  les mauritaniens doivent se rendre aux urnes dans deux jours. Ils ne peuvent cependant compter sur personne pour vulgariser la procédure du vote. Ni sur la  Commission électorale nationale indépendante (CENI), sensée superviser le processus électoral mais en quête de crédibilité, et encore moins sur les candidats, qui ne sont préoccupés que par une seule chose : être élu le jour J et accéder aux avantages de la fonction élective, sans contrepartie aucune.

Bakari Guèye

 


Mauritanie: Alerte à la famine au Gorgol

Crédit photo:Google

Le spectre de la famine plane à nouveau sur la région du Gorgol, au Sud de la Mauritanie. Pourtant l’un des greniers de la Mauritanie mais où les paysans exploitant les périmètres pilotes (PPG1 et PPG2) sont soumis au diktat des autorités par l’entremise de la CDD qui refuse de donner le feu vert pour le lancement de la campagne annuelle tant que ses créances n’ont pas été recouvertes à 100%.

Face à une telle aberration, le collectif des paysans du Gorgol a décidé de lancer un cri d’alarme pour alerter les autorités et les partenaires au développement des dangers encourus.

C’est dans ce cadre qu’il convient d’inscrire la conférence de presse tenue ce dimanche 05 février à l’hôtel Khater de Nouakchott.

Cette conférence a été organisée sous l’égide du Réseau des Organisations pour la Sécurité Alimentaire(ROSA) en partenariat avec Oxfam et la Coopération espagnole.

Dans son mot introductif, M. Baliou Coulibaly, l’auteur de cette initiative et porte-parole des paysans a affirmé que : «  l’un des principaux objectifs de cette conférence c’est d’amener l’opinion publique à travers la presse à comprendre la situation des paysans de Kaédi afin d’amener les pouvoirs publics et les partenaires à agir. »

Et monsieur Coulibaly d’ajouter : « Certains estiment que les paysans du Gorgol sont gâtés. Au contraire, depuis plus de 20 ans, ces paysans vivent dans une insécurité récurrente. Aujourd’hui ; l’agriculture ne nourrit plus son homme. La production est partie de 8 tonnes à l’ha en 1978 à 3 tonnes aujourd’hui.»

Pour sa part, M.Mamadou Sarr, président du ROSA a réaffirmé l’engagement de son réseau à assister les paysans du Gorgol et ce en développant un plaidoyer auprès des hautes autorités du pays qui soutient-il « doivent être les premiers à assister les populations en détresse. »

Pour M/Sarr, il conviendra aussi de mobiliser les paysans afin de les écouter et d’étudier les modalités de coopération. Le président du ROSA n’exclut pas l’organisation d’une contre-campagne destinée à soulager les paysans sinistrés.

Prenant la parole à son tour, M.Niang Samba Demba ex chef du PPG et actuel président du bureau régional des agriculteurs de Kaédi a fait le point sur la question ; affirmant que : « La situation actuelle est très complexe car une ville comme Kaédi qui ne vit que d’un périmètre agricole exploité une fois par an, si elle ne l’exploite pas, c’est la catastrophe. »

  1. Niang ajoute : « Il y a eu des crises par le passé mais ce qui se passe cette année, c’est grave car, ce sont les deux périmètres qui sont inexploités. Donc, une aide d’urgence s’impose.»

Suite aux questions des journalistes, des précisions et autres éclaircissements ont été apportés. C’est ainsi que l’ensemble des intervenants se sont émus de l’attitude des autorités, qui au moment où le pays s’emploie à atteindre son autosuffisance alimentaire, abandonnent à leur triste sort des paysans qui ne demandent qu’un petit coup de pouce pour contribuer à l’atteinte de cet objectif.

Autre mise au point, elle concerne la différence qu’il convient de faire entre petits exploitants réunis au sein de coopératives et les ténors de l’agro-business. Et, paradoxalement, ce sont ces derniers qui bénéficient des bonnes grâces des autorités. C’est ainsi par exemple qu’un seul gros exploitant aurait bénéficié d’un effacement de dette s’élevant à 40 millions d’ouguiyas, au même moment les exploitants du PPG n’ont bénéficié que d’une éponge de 11 millions.

Notons qu’à l’issue de cette conférence, un communiqué de presse signé le Collectif des Paysans et daté du 05 février a été mis à la disposition des journalistes.

Ce communiqué dresse un état des lieux plus ou moins exhaustif. Il nous apprend que l’inexploitation des deux périmètres du Gorgol qui couvrent une superficie de 3000 ha exposent 15000 ménages à « une crise alimentaire certaine ».

Le communiqué pointe un doigt accusateur vers les autorités « qui arguent le non payement des redevances qui selon les autorités locales seraient de mauvais payeurs ».Seulement, à en croire les responsables des comités de gestion de ces périmètres cités dans le communiqué, cette situation s’explique par : « le non respect des calendriers culturaux, la spéculation autour des intrants ainsi que l’absence cruciale de matériel agricole nécessaire à la préparation des sols… »

Le communiqué ajoute que : « En plus du risque de famine, une telle situation d’absence de campagnes rizicoles, expose les communautés à des risques de conflits liés à la rareté des pâturages entraînant une pression plus grande sur les ressources disponibles. »

Dans ce communiqué, les paysans regrettent la démission des cadres ressortissants de la zone et reconnaissent que l’Etat ne peut pas à lui tout seul s’occuper de tout. Mais toujours est-il que les autorités publiques qui ont la plus grande part de responsabilité à l’égard de ces populations en detresse sont invités par le collectif des paysans à agir au plus vite pour apporter une aide d’urgence et « permettre le démarrage d’une campagne de contre saison d’urgence avec des subventions qui prennent compte de l’aspect familial de ces exploitations rizicoles. »

Bakari Guèye

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mauritanie : Terrorisme, migration irrégulière et extrémisme violent

Crédit photo/Nouakchottonline

Le réseau des associations de jeunes de Nouakchott, en collaboration avec l’Organisation Internationale des Migrations(OIM) a organisé le samedi 04 février dans les locaux de la Commune d’Elmina une journée de sensibilisation sur le terrorisme, la migration irrégulière et l’extrémisme violent.

Cette journée s’est déroulée sous la supervision des autorités communales et administratives. On notait entre autres des représentants du ministère de la jeunesse et des sports, du préfet du département et du Maire de la Commune d’El Mina.

Les participants ont pu suivre un exposé sur la thématique à l’ordre du jour, un exposé présenté par M. Isselmou Ould Salihi, expert en la matière et directeur du centre des droits de l’homme.

Dans son allocution de bienvenue, M.Oumar Ould Abdallahi, représentant du maire d’El Mina a souligné que la problématique de la migration clandestine et de l’extrémisme violent concerne le monde entier. Il a invité au passage les jeunes à tirer profit de cette formation.

A son tour, M.Moussa M’Barek, au nom du réseau des associations de jeunes de Nouakchott remercié les invités avant d’inviter les jeunes présents à cette formation de bien assimiler les différents enseignements afin de les restituer à la base.

Pour sa part, Madame Tomoto Sato, qui représente l’OIM a mis en exergue le rôle joué par cette organisation qui a réalisé plusieurs actions au profit des forces de sécurité mauritaniennes et des migrants.

Madame Tomoto Sato s’est également félicité du travail accompli par l’OIM en collaboration avec des associations de jeunes dans le domaine de la sensibilisation contre les méfaits de la migration irrégulière, le radicalisme et l’extrême violent ainsi qu’un Forum de discussions et de débats au profit des jeunes.

Entrant dans le vif du sujet « Les dangers de la migration irrégulière, le terrorisme et l’extrémisme violent » M. Isselmou a décortiqué le sujet en mettant en évidence les tenants et les aboutissants.

L’expert a tout d’abord exposé les différentes définitions et acceptions des notions de terrorisme, extrémisme violent et immigration clandestine.

S’agissant du terrorisme, c’est : «Un mode d’action auquel ont recours des adversaires qui s’affranchissent des règles de guerre conventionnelle pour compenser l’insuffisance de leurs moyens et atteindre leurs objectifs politiques.»

Quant à l‘extrémisme violent c’est « un processus par lequel une personne ou un groupe adoptent des points de vue radicaux qui se traduisent par des comportements violents et versent ainsi dans le terrorisme. »

S’agissant de l’immigration clandestine, elle a été définie comme « l’entrée illicite sur un territoire national d’étrangers n’ayant pas réalisé les formalités. »

Parlant des causes du terrorisme, le conférencier a énuméré une longue liste comprenant la pauvreté, le chômage, l’analphabétisme, l’injustice, l’humiliation, l’absence de l’Etat, la crise de valeurs, l’influences extérieures, la politique de deux poids deux mesures …

Pour l’immigration clandestine, M. Salihi a mis en avant des facteurs économiques (précarité), politiques (crises) et sociaux (ambitions ou recherche de regroupement). Il a par ailleurs noté que des voies dangereuses  sont empruntées par les migrants et leurs passeurs vers l’’Espagne, l’Italie et la Grèce…

Abordant les conséquences du terrorisme, le formateur a égréné un lot de désolation avec une « Stratégie de choc  alliant attentats, attaques, décapitations,, films d’horreur et enlèvements, viols, mariages forcés … »

Et, pour ce qui est de l’immigration clandestine « Selon les estimations 19 144 immigrés principalement Africains et Maghrébins sont morts aux frontières de l’Europe entre 1988 et 2013, dont 8 479 sont disparus en mer. En Méditerranée, dans le Canal des Sicile  entre l’Algerie et l’es iles de Sardaigne, aux larges des Iles canaries et du Detroit de Gibrartar. Il y a également des milliers de morts sur les routes du Sahara le long des pistes entre le Soudan, le Tchad, le Niger et le Mali d’un côté et la Libye et l’Algérie de l’autre. A la mort s’ajoute la maltraitance, la xénophobie le rejet, l’expulsion et la précarité des camps. »

A la fin de son intervention, le conférencier a dressé une batterie de recommandations pour baliser le terrain et permettre aux jeunes de ne pas tomber dans les travers de ces fléaux des temps modernes.

A noter que les jeunes ont eu l’occasion de débattre largement de ces problématiques et ont pu être édifiés sur tous les dangers qui les sous-tendent.

Bakari Guèye


Mauritanie : Le 4ème congrès du SNEF placé sous le signe de la relance

Crédit photo:B.G

Le staff du Syndicat National de l’Enseignement Fondamental (SNEF) composé des dirigeants et autres coordinateurs régionaux a tenu un conclave au siège de la CGTM à Nouakchott pour la tenue du 4ème congrès de l’organisation syndicale.

Les travaux qui ont duré deux jours ont débuté le mardi 27 décembre. La cérémonie d’ouverture a été présidée par M. Abdallahi Ould Mohamed Dit Nahah, Secrétaire Général de la CGTM et M. Diallo Hamady, Secrétaire général du SNEF.

Dans un mot prononcé pour la circonstance, M. Nahah a félicité les congréssistes tout en souhaitant une réussite éclatante de leurs travaux.

Il a souligné au passage que ce congrès se tient dans un contexte particulièrement difficile pour les employés du secteur public en général et ceux du secteur de l’éducation en particulier.

Les enseignants sont, souligne M. Nehah confrontés à des difficultés énormes( déroulement de carrières, conditions de vie difficiles…)

Cette situation peu reluisante a dit-il des répercussions négatives sur le système éducatif national qui connait une baisse de niveau inquiétante et une inadéquation entre la formation et l’emploi, ce qui aggrave la question lancinante du chômage des jeunes.

Et M. Nahah de poursuivre en enfonçant le clou : « Pour notre génération, l’enseignant était une idole. Il était respecté et percevait un salaire qui lui permettait de vivre décemment. Cela n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui où l’enseignant est obligé d’avoir le double de son horaire pour l’école publique dans le privé pour pouvoir survivre. »

Pour le secrétaire Général de la CGTM, les enseignants sont en partie responsables de ce triste sort car dit-il, ils ont baissé les bras et manquent de combativité.

Il a incité au passage le SNEF à prendre ses responsabilités pour relever le défi et permettre à l’enseignant de redorer son blason et à œuvrer pour l’avènement d’une école républicaine, un creuset pour tous les enfants du pays.

La CGTM, conclut-il ne ménagera aucun effort pour aider le SNEF à relever le défi.

A son tour M. Diallo Hamadi, Secrétaire Général du SNEF a dressé un bilan général. Parlant de la collaboration avec le ministère de l’Éducation Nationale, il a déploré l’attitude de ce dernier qui prend souvent des décisions unilatérales sans les consulter notamment au sujet des affectations et autres promotions.

M .Diallo s’est par contre félicité des relations du SNEF avec la CGTM ainsi qu’avec l’Internationale de l’Éducation qui se félicite-t-il aide beaucoup son syndicat dans un domaine aussi important que la formation.

Bakari Guèye,

 

 

 

 

 

 


Viande saoudienne : Un calvaire pour les pauvres de Nouakchott

Crédit photo: Yahoo

Les locaux de la préfecture de Dar Naim(Nouakchott) ont été pris d’assaut dimanche par des centaines de personnes démunies qui espéraient profiter de la distribution annoncée de la viande en provenance de l’Arabie Saoudite.

Malheureusement, ce fut la désillusion totale car tout le monde est rentré bredouille à la maison, mis à part un petit groupe d’usurpateurs qui a réussi à faire main basse sur les 6 bus contenant chacun plus d’une cinquantaine de caisses.

Des privilégiés se partagent le gâteau

En effet, il était convenu que la cargaison de chaque bus soit débarquée dans l’une des écoles désignées pour la circonstance. Mais cela ne fut pas possible malgré le bataillon de la garde chargé de sécuriser la zone. La pression populaire était si grande que les bus n’ont pas pu se frayer un passage dans les différentes écoles et, face à l’assaut des populations affamées et prêtes à tout pour arracher un morceau de viande, le chauffeur de chacun des bus et les 4 gardes qui étaient à bord, n’eurent d’autre choix que de s’enfuir avec le magot sauvant du coup leur peau d’un lynchage assuré. On dénombra plusieurs bléssés dont un petit enfant évacué d’urgence à l’hôpital Cheikh Zayed.

Pas d’intervention des notables locaux

Personne ne put donc profiter de cette distribution tant attendue et à en croire un notable local, chaque bus a été poursuivi par des personnes, civiles et militaires véhiculées, des personnes qui se seraient réparties la cargaison en lieu sûre, abandonnant ainsi les plus pauvres à leur triste sort. Selon ce même notable, le préfet est demeuré indifférent au malheur des populations qu’il aurait accusé d’être seules responsables de ce qui s’est passé.

Une bien triste incurie de nos autorités qui non seulement ne font rien pour assister des populations qui frisent la misère mais sont incapables de distribuer une aide venant de l’étranger et profitant le plus souvent à ceux qui en ont le moins besoin. C’est un secret de polichinelle, cette fameuse viande saoudienne qui est débarquée chaque année au port de Nouakchott, se retrouve plutôt non pas chez les pauvres auxquels elle est initialement destinée mais dans les frigos et les plats des riches. Et dire que nous sommes en République Islamique de Mauritanie !

Quoiqu’il en soit, les pauvres de Dar Naim à l’instar de tous les pauvres de Mauritanie (majorité de la population) n’en sont pas à leur coup d’essai. Durant la dernière fête de l’Aid El Kébir, une distribution similaire avait été annoncée à la veille de la fête. Les populations furent convoquées le lendemain jour de la fête dans une école. Des centaines d’entre eux avaient choisi de passer la nuit sur place. Mais, il avait fallu attendre toute la journée, jusqu’à 19 heures pour que les « bienfaiteurs » arrivent, et comme vous l’imaginez bien ce fut une pagaille indescriptible et seuls quelques personnes avaient réussi à arracher un petit kilo de viande.

Bakari Guèye


Nouakchott : les habitants de Dar Naim privés d’oxygène

Crédit photo: Mauri-envi

A Nouakchott, les habitants de Dar Naim vivent un véritable calvaire depuis vendredi : un déluge de gaz carbonique recouvre toute l’étendue du département et les résidents sont contraints d’ingurgiter une fumée âcre d’une haute teneur toxique.

Les nuages de fumée continuent encore ce samedi matin à obscurcir le ciel dans cette zone ainsi que dans les zones environnantes de Toujounine et d’Arafat, des cas d’asphyxie sont signalés ça et là… Ce désagrément – qui  pose un véritable problème de santé publique – laisse les autorités indifférentes. Comme toujours, les populations sont abandonnées à leur triste sort. En effet, ni le wali, ni le préfet et encore moins les autorités sécuritaires n’ont daignés lever le petit doigt. Ils ont tous failli à leur mission de protéger les citoyens qui sont pourtant leur raison d’être !

Il y a quelques jours les cours ont été interrompus dans plusieurs écoles de la zone, car, même dans les salles de classe, la fumée était devenue insoutenable.

Cette fumée provient de l’incinération des dépôts d’ordures situés dans la zone de l’avenue de la résistance (charea Aziz), une avenue devenue depuis quelque temps un véritable dépotoir. Auparavant elle avait été l’un des poumons de la capitale, un endroit où des centaines de famille pique-niquaient et profitaient de l’air pur. Malheureusement cela n’a pas duré longtemps, pour des raisons soit disant sécuritaires la zone avait été interdite aux promeneurs, depuis, les belles dunes de sable sont devenus de gigantesques dépotoirs et le lieu de prédilection des chiffonniers. Certains d’entre eux n’hésitent pas à mettre le feu aux ordures pour recueillir certaines choses (fil de fer, etc.).

Et ce sont les populations riveraines qui doivent en payer le prix, un prix exorbitant car, non seulement ces populations sont privées d’oxygène, mais elles doivent aussi faire face aux nombreux problèmes médicaux que cela crée, ce qui, bien entendu, a un coût.

Ainsi donc, après avoir été privées de produits de base dont les prix sont devenus prohibitifs, voilà maintenant que les populations sont aussi privées d’oxygène, c’est-à-dire de leur droit à la vie. Pendant ce temps les autorités brillent par leur absence et font comme si de rien n’était… Mais comment se fait-il que ni le wali, ni le hakem ne réagisse face à un problème qui met en danger la vie des populations ? Où va la Mauritanie avec des dirigeants aussi insouciants ?

Bakari Guèye


Mauritanie. Journée mondiale des toilettes : l’hygiène en milieu scolaire à l’ordre du jour

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Crédit photo: aicf

Comme chaque année, au mois de novembre, la Journée mondiale des toilettes a été célébrée en Mauritanie.C’est dans ce cadre que l’ONG Tenmiya, en collaboration avec le département de l’hydraulique et de l’assainissement, la Communauté Urbaine de Nouakchott et l’UNICEF, a organisé les 17 et 18 novembre à l’hôtel Mauricenter de Nouakchott, un atelier d’information à destination des journalistes du secteur de l’eau et l’assainissement et sensibilisation des écoliers à l’usage des latrines et le lavage des mains au savon.

C’est ainsi que le thème retenu cette année était : « Hygiène pour tous dans les écoles ».

Dans les exposés animés par des experts, les journalistes ont pris connaissance des dernières statistiques ainsi que des avancées en la matière et notamment en ce qui concerne le projet d’assainissement actuellement exécuté au nivau de la ville de Nouakchott.

S’agissant de la situation actuelle de l’accès à l’eau potable, le taux de couverture tourne autour de 68%. Pour la situation actuelle de l’accès à l’hygiène, on tend à vulgariser les bonnes pratiques et les bons comportements. Pour l’accès à l’assainissement, le taux de couverture est de 46% au niveau national, un chiffre qui date de 2010.Ainsi, 40% des ménages ont accès à l’assainissement.

Et, pour ce qui est du thème de cette journée, les experts sont arrivés à la conclusion suivante : l’hygiène en milieu scolaire est indispensable pour ne pas porter préjudice à la qualité des enseignements dispensés.

De ce fait, en plus des exposés ayant profité aux journalistes, les experts se sont déplacés vers une école de Tarhil(Département de Riyad), pour sensibiliser la famille scolaire et notamment les élèves aux bienfaits de l’assainissement et de l’hygiène.

Bakari Guèye

 

 


La Mauritanie représentée aux 45èmes assises de l’UPF

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Crédit photo: MT

Les 45èmes assises de l’Union Internationale de la Presse Francophone(UPF) se tiennent présentement à Madagascar où M. Madiambal Diagne, Président de l’UPF a ouvert les travaux à Antsirabe (Madagascar).

Ces assises sont honorées par la présence de Michaëlle Jean , Secrétaire générale de la Francophonie, de Noro Razafimandimby, Présidente de l’UPF Madagascar,et du Président malgache Hery Rajaonarimampianina.

Le thème de ces assises est : « l’Economie des médias dans les pays en développement. »

A noter que la Mauritanie est représentée à ces assises par Maria Traoré et Cheikh Haidara, respectivement présidente et Secrétaire Général de la section UPF Mauritanie.

Cette section qui compte 7 membres a été mise en place en mars dernier suite à une assemblée générale.

Au cours de ses assises, la section Mauritanie à l’instar de toutes les autres sections va présenter son rapport d’activités.

Bakari Guèye


Mauritanie : une justice à deux vitesses

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Crédit photo: RIM 24

L’ « affaire des émeutes du Ksar » intervenue le 29 juin dernier et dont le verdict est tombé le 18 Août 2016 continue à défrayer la chronique.

Cette affaire a vu les 23 prévenus – dont la plupart seraient étrangers à ces événements – condamnés à de lourdes peines de prison (jusqu’à 15 ans pour certains), a suscité l’émoi des organisations nationales de défense des droits de l’homme (donc non affiliés au pouvoir) ainsi que de la communauté internationale.

C’est ainsi que l’Union Européenne et les Etats-Unis, entre autres, Amnesty International, la RADHO… tous ont exprimé leur indignation face à ce simulacre de procès. Les avocats de la défense, ont très vite choisi la politique de la chaise vide pour ne pas cautionner ce qu’ils estimaient n’être qu’une parodie de justice.

Plus grave encore, les différents partenaires de la Mauritanie susmentionnés et les organisations de défense des droits humains ont vivement condamné les actes de torture auxquels auraient été soumis les personnes jugées et ce, au cours de leur détention dans les geôles de la police judiciaire, avant le procès.

Pourtant, la Mauritanie est signataire de conventions internationales interdisant la torture, de plus, le gouvernement a récemment instauré un Mécanisme National de Prévention contre la torture(MNP), son président et ses membres ont été nommés en avril dernier mais ils n’ont pas levé le plus petit doigt pour dénoncer ce qui vient de se passer, pas plus d’ailleurs que la pompeuse Commission Nationale des Droits de l’Homme(CNDH) dont les missions inutiles à l’étranger coûtent des fortunes au contribuable mauritanien.

Fidèle à sa piètre politique en matière de communication, le pouvoir a attendu près d’une dizaine de jours après l’énoncé du verdict pour publier ce vendredi, par l’entremise du Parquet Général, un communiqué laconique et peu convaincant affirmant sans arguments crédibles que ce procès était « équitable et transparent ».

Il s’agit là d’un communiqué désespéré qui passera inaperçu face au déluge de condamnations et de réprobations qui continuent à fuser de tous les coins du globe.

Une fois de plus, la justice mauritanienne s’est distinguée par sa singularité et son inféodation au pouvoir exécutif.

Et cela est d’autant plus plausible que les personnes jugées étaient pour la plupart des militants antiesclavagistes, membre de l’ONG  » l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste » (IRA) qui rend la vie de plus en plus dure au pouvoir en place. Et ce dernier, le lui rend bien en utilisant la justice pour tenter de décapiter cette foudre de guerre.

Sinon comment comprendre un verdict aussi dur -et encore, le parquet le juge clément- pour des gens dont certains seraient innocents.

En effet, même dans les procès rocambolesques des grands trafiquants de drogue jugés à Nouakchott, on n’avait jamais vu des peines aussi lourdes.

On n’oublie pas non plus les affaires aussi graves dont les auteurs sont des fils à papa, des affaires portées régulièrement devant les juridictions et que nos juges, gracieusement payés à nos frais (ce sont les fonctionnaires les mieux payés), s’empressent, sur des ordres venus d’en haut, de classer sans suite. Les exemples sont légion.

Quand à la torture, il va falloir du temps pour rééduquer nos hommes de loi, qui, le plus souvent, ne comprennent que le langage de la violence.

Dans nos commissariats, la gifle, le coup de pied ou de matraque sont des codes de bienvenus pour les malheureux prévenus. Quand au plat de résistance, il est autrement plus cruel.

Et sur ce plan, le délit de faciès est un facteur décisif, ce n’est pas un hasard si les habitants de Sebkha d’El Mina sont traités comme des citoyens de seconde zone, des moins que rien par nos vaillants hommes de lois et ce, dans l’impunité la plus totale.

L’État a le devoir d’agir contre ces comportements inhumains, dégradants et discriminatoires et ce, pour préserver la paix civile.

Bakari Guèye

 

 

 


Mauritanie : vacances présidentielles, Aziz s’éloigne du bourbier Nouakchottois

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Crédit photo:AMI

Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a opté cette année pour des vacances locales, en l’occurrence à Nouadhibou où il séjourne depuis jeudi dernier.

Curieusement, ce départ en vacances se déroule sous les feux de la rampe des médias de la capitale qui s’en donnent à cœur joie, relatant le moindre mouvement présidentiel.

C’est ainsi que le président a quitté la capitale jeudi après-midi, au volant de son luxueux véhicule, théoriquement sans escorte, mettant le cap sur la capitale économique où il a consacré une partie de la soirée à se balader dans les rues de la ville, prenant des photos avec des citoyens.

Le lendemain, vendredi, M. le président est allé tranquillement prier à la grande mosquée de la ville où il se serait présenté sans crier gare. Et après la prière, on le voit entouré par une foule de badauds, venus exprimer leur reconnaissance et leur appréciation pour ce nouveau rôle de citoyen ordinaire, ne serait-ce que l’espace d’un instant.

Le président a également fait un tour au fameux cabanon, des moments immortalisés par des photos prises en compagnie d’un groupe de jeunes, originaires de la ville de Zouérate.

Cette comédie présidentielle est considérée comme une prouesse par ses soutiens pour qui le président fait preuve de modestie et démontre par là que c’est un homme proche du peuple.

Malheureusement, la réalité est tout autre. Le président séjourne dans une ville où rien ne va et où les populations vivent dans la précarité et ce, malgré le trésor que représente les côtes de Nouadhibou qui comptent parmi les plus poissonneuses du monde.

Mais, hélas, ce poisson est à la merci des bateaux européens et chinois et en dehors de certains hommes d’affaires qui ont la côte auprès du régime, les stéphanois (habitants de Nouadhibou) n’en tirent aucun profit.

Quoiqu’il en soit, le président qui a été confronté tout au long de l’année à des scandales financiers qui éclataient ça et là, avait cruellement besoin de prendre des vacances, de se distraire un peu pour reprendre des forces.

Mais saura-t-il reculer pour mieux sauter ? Rien n’est moins sûr. En effet, le père de l’« approche mauritanienne de lutte contre le terrorisme » n’a pas su capitaliser son succès éclatant dans le domaine sécuritaire. C’est quasiment le seul domaine où il a réussi. Pour le reste, le fiasco fut total et en dehors de l’édification de l’aéroport « Oum Tounsy », construit dans l’opacité la plus totale, le reste de son programme est demeuré lettre morte sous forme de slogans pompeux.

L’homme a bizarrement suivi les pas de son prédécesseur, Moawiya Ould Sid Ahmed Taya, qu’il ne cessait de pourfendre au début de son règne.

Après un départ sans faute, avec un programme et un discours populistes et pleins d’espoir, Ould Abdel Aziz est très vite tombé dans les mailles du filet de la nomenklatura tribalo-affairiste, qui l’a pris en otage.

Les conséquences ne se firent pas attendre et on assista à une succession de scandales et de détournements de deniers publics, sans commune mesure dans les annales de la courte histoire de la Mauritanie moderne.

L’autorité de l’Etat est foulée aux pieds, c’est le règne de l’impunité. Et, aujourd’hui, pour les dizaines, voire les centaines de milliards détournés, l’Etat, la justice, qui est au service des prévaricateurs, ne font rien. Et, pour occuper la galerie, on envoie au gouf, des dizaines de petits comptables départementaux, pour servir de boucs émissaires.

Bakari Guèye

 

 

 

 

 


Mauritanie/Dialogue politique : Le pouvoir s’impatiente

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Crédit photo: Maurisahel

La sortie médiatique de M. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, l’homme chargé par le pouvoir de superviser le dialogue politique avec l’opposition, n’a pas apporté grand-chose à cet épineux dossier, qui traine en longueur depuis bientôt deux ans.

En dehors du fait d’avoir réitéré ce qu’il appelle la volonté du président de la République de s’asseoir sur une même table avec l’opposition, il s’est contenté de ressasser les positions maintes fois galvaudés par le régime.

Par ailleurs, le fait de déclarer que ce dialogue va démarrer dans les plus brefs délais, faisant ainsi fi de l’avis de l’opposition, en dit long sur le blocage qui demeure toujours de mise.

Et pour se dédouaner, le ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, a nommément invité le Rassemblement des Forces Démocratiques(RFD) et le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), à prendre le train en marche.

Pour le monsieur dialogue du gouvernement, le pays se porte bien et pour ce faire, il ne s’est pas privé d’avancer l’argument-refrain du pouvoir à savoir que comparativement aux autres pays, on n’a pas à se plaindre.

Selon M. Moulaye, l’opposition boycottiste ne doit pas rater le coche cette fois-ci et le dialogue sera totalement ouvert, assure-t-il, tous les dossiers pourront y être discutés.

S’agissant des élections, il a préconisé la reconduction de la tristement célèbre CENI, une catastrophe qui avait beaucoup marqué les esprits par son amateurisme et la fraude à grande échelle qu’elle avait cautionnée lors des précédentes joutes électorales.

Le ministre  a assuré que les moyens mis à la disposition de la CENI seront renforcés, mais saura-t-elle relever le défi ? Rien n’est moins sûr, vu sa proximité avec l’administration.

Quoiqu’il en soit, l’opposition à laquelle s’est adressé M. le ministre n’a pas tardé à émettre des doutes quant à la sincérité d’un dialogue qu’elle estime taillée sur mesure.

En effet, M. Moulaye a dans ses réponses aux questions des journalistes affirmé que la question de la réponse écrite à l’opposition est dépassée et que pour ce qui est d’un gouvernement d’union, il n’en n’est pas question.

Et c’était là pratiquement les principales revendications de cette frange de l’opposition, qui apparemment n’est pas prête à transiger sur sa position du tout ou rien.

En tout cas, le train du dialogue est bien lancé et le pouvoir est bien décidé à faire aboutir, ce dialogue, son dialogue avec lui-même, quitte à faire approuver des réformes qui seraient déjà dans les tiroirs. Et parmi ces réformes, on parle de la dissolution du sénat et de la création d’un poste de vice-président de la République, un poste dont le premier occupant serait déjà connu. Il s’agit du président de l’APP, M. Messaoud Ould Boulkheir.

Bakari Guèye

 

 

 

 

 


Mauritanie : Des auteurs de malversations promus au plus haut sommet de l’Etat

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Crédit photo: AMI

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz dont le pouvoir est régulièrement secoué par de rocambolesques affaires de détournement de deniers publics, n’a pas trouvé mieux que de remettre en selle deux ex responsables de son régime au passé peu glorieux.

Les deux hommes qui ont régulièrement défrayé la chronique -l’un d’eux ayant détourné près de 300 millions d’ouguiyas-en 2010, viennent d’être nommés par décret présidentiel.

Cette volte face du président de la République en dit long sur son mépris de l’opinion publique à laquelle il n’a apparemment pas aucun compte à rendre.

Ces nominations interviennent à un moment où les finances publiques sont mises à rude épreuve par des fonctionnaires véreux, des proches du président la plupart du temps, qui détiennent tous les leviers de commande du pays.

Ce pillage systématique des ressources nationales se déroule au grand jour grâce à un système bien huilé et avec la complicité d’un peuple à la passivité légendaire, guidé par des laudateurs sans scrupules.

Ce n’est donc pas un hasard si la Mauritanie, selon le dernier rapport sur le développement humain du PNUD est classé 156ème au niveau mondial, avec -14% de différence entre son revenu et son niveau de développement humain.

A noter que dans ce rapport, c’est la mauvaise répartition des richesses dans le pays qui y est indexée.

Et voilà, pendant que le peuple mauritanien est privé de ses immenses richesses par une poignée de personnes, on s’évertue à nous convaincre que notre pays est un exemple et que notre cher président est un saint.

Bakari Guèye

 

 

 

 


Le régime mauritanien dans de mauvais draps

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Crédit photo: Saharamedia

Au lendemain de la tenue à Nouakchott du 27ème sommet de la ligue arabe qui a eu lieu à Nouakchott à la fin du mois de juillet, le pouvoir mauritanien est confronté à l’amère réalité.

En effet, ce fameux sommet qui, pour le pouvoir était une question de vie ou de mort, n’a pas produit les résultats escomptés et on a même frisé le ridicule.

La volonté manifeste des autorités mauritaniennes d’afficher et d’affirmer l’arabité du pays du « million de poètes », au détriment des autres composantes du peuple a été très mal perçue aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur où, même au sein du monde arabe, certains pays ne prenaient pas très au sérieux ce pays dévasté par l’extrême pauvreté et qui s’évertuait à jouer au bon élève au sein de l’ensemble arabe.

Si du côté du pouvoir, on a crié victoire-comme d’habitude-en estimant que le sommet fût une réussite totale à mettre sur le compte du prince éclairé, la réalité est hélas toute autre.

Personne ne peut nier l’importance de certains investissements destinés au renforcement des infrastructures urbaines au sein d’une capitale qui reste toujours à construire.

Mais le hic, c’est l’opacité qui entoure ces énormes investissements qui sont loin d’être faits dans les règles de l’art.

Et puis, il y a eu les scandales financiers qui ont secoué l’État ces derniers temps dont celui de la SONIMEX-des dizaines milliards d’ouguiyas envolés -n’est pas des moindres.

Par ailleurs, il y a cette détérioration des relations avec les pays voisins, à savoir le Maroc et le Sénégal, qui sont des partenaires stratégiques dont dépend de près ou de loin la vie de milliers de mauritaniens.

Ainsi donc avec une situation économique très grave, le gouvernement, non seulement ne fait rien pour sortir les mauritaniens de la misère mais s’emploie à aggraver les choses, en s’en prenant à des voisins dont on ne peut en aucun cas se passer.

Bakari Guèye


Mauritanie : Notre contribution aux États Généraux de la réforme de la presse

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Crédit photo: AS

Depuis longtemps, les responsables de la presse indépendante demandent avec insistance une véritable réforme pour aboutir à une décantation du secteur afin de le rendre plus efficace, fiable, pouvant  le mener vers son noble objectif qui est celui de l’information vraie sans fioritures.

Un écrit bien fourni avec des preuves préservées, tangibles, un travail d’investigation peuvent jouer un rôle vital dans la transformation des esprits, dans la formation d’une élite soucieuse du devenir d’un pays. Une presse sérieuse, efficace et responsable renforce la démocratie et transforme le citoyen. Mais faudrait-il qu’elle ait les moyens de son ambition ?  Facilité d’accès à l’information, volonté politique de la part des pouvoirs publics, autonomie financière, ressources humaines,  fort tirage de qualité, distribution et représentation au niveau national voire sous régional, équité dans la distribution des abonnements  et des insertions octroyés aujourd’hui comme hier à un seul organe de surcroit  propriété de l’Etat, favoriser la promotion et l’encouragement de la presse régionale en particulier dans les grandes capitales des régions du pays telles que Rosso, Sélibaby, Néma, Aioun, Kiffa, Aleg , Boghé, Kaédi, Atar , Zouérate et Nouadhibou pour ne citer que celles-ci, l’ouverture de kiosques dans ces villes pour la vente des journaux afin que l’opinion nationale accède à l’information.

En outre faut-il dissocier la presse écrite plus francophone qu’arabophone qui se meurt du fait d’un manque criant de moyens financiers et de ressources humaines des sites électroniques voire des radios et télévisions qui prolifèrent comme des champignons.

Selon nous, ce déséquilibre flagrant pourrait être résolu par la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel  (HAPA) qui supervise, entre autres rôles, l’appui de la presse par l’existence en son sein d’une commission de distribution d’un montant de 200 millions d’ouguiyas doté depuis trois ans  par les pouvoirs publics au premier chef à la presse écrite mais accaparé en grande partie par des centaines de sites électroniques, la dizaine de radios et TV et surtout  l’Imprimerie Nationale. Celle-ci, même si elle prend en charge 50% du montant de l’impression des journaux, doit être réformée du fait de la mauvaise qualité de son travail et sa cherté.  Les pouvoirs publics doivent prendre en charge  à 100% l’impression des journaux et doubler voire tripler le montant alloué à la presse pour que celle-ci mène à bien son travail combien crucial mais combien contraignant. C’est ainsi seulement  que la presse pourrait  prendre en charge un personnel pouvant travailler efficacement, un personnel inscrit à la CNSS et payé, louer un local et avoir des moyens logistiques  pour un  travail efficient pouvant faire tâche d’huile.

En outre, une décantation voire un lessivage des journaux cartables qui déshonorent  la presse, ces peshmergas qui ne laissent nulle place où le gain facile réside où un cadre politique, économique ou autre cherche à redorer un blason qui ne lui sied pas. Ces peshmergas qui pullulent lors des visites officielles présidentielles ou autres voilant les vrais problèmes auxquels  sont soumis les populations visitées. Troubadours, griots, applaudisseurs ayant pignon sur rue trouvant des facilités au sein des pouvoirs  rentrent dans ce même  ordre d’idées.

Le volet formation, l’équité dans les désignations des journalistes devant accompagner le président dans ses visites officielles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays doivent être pris en compte.

Ne parlons pas du rôle combien fondamental des syndicats des journalistes pour la défense des droits de la presse. Il ne sert à rien que chaque corporation ait son syndicat.  Une union forte, efficace est meilleure qu’une dislocation de syndicats facile à diviser.

Voilà en gros ce que nous voulions dire si nous avions participé à ces journées de réflexion. Mais le manque de concertation, la monopolisation des décisions par la presse de Nouakchott, ne nous a  pas permis malheureusement de participer aux EGRP.

Bon vent à ces journées et surtout chers journalistes en conclaves prenez de vraies mesures, sortez avec des recommandations fortes, décisives et capables de changer le visage hideux de cette presse mourante et  sans lendemain.

Aidahy Saleck WEDDOU Nordinfo.info / Directeur publication Lumières du Nord/Nouadhibou

 


Etats Généraux de la presse mauritanienne : un échec programmé !

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Crédit photo: Alakhbar

La presse « indépendante » mauritanienne est née au début des années 1990, à la faveur du vent de démocratisation à marche forcée, un tsunami qui a fait bouger les lignes des dictatures les plus implacables du continent.

C’est ainsi, que parallèlement à une liberté d’expression plus ou moins tolérée, les premiers journaux ont vu le jour, des journaux francophones pour la plupart.

Et, très vite, on assistera à une prolifération de titres, une prolifération qui débouchera sur le phénomène des « journaux-cartables », un fléau savamment distillé et entretenu par le pouvoir en place et ce, dans le but évident de décrédibiliser ces nouveaux vecteurs de l’information dont certains ont malgré tout su tirer leur épingle du jeu, posant du coup de véritables soucis aux autorités publiques.

Mais, la neutralisation de « Mauritanie-Demain » (ancêtre de tous ces journaux), quelques mois seulement après la libéralisation du secteur, permettra à l’État de réaliser sans grand mal une véritable OPA sur la presse indépendante, noyautée de toutes parts par les sbires du régime.

Et, malgré une résistance désespérée et quelques voies discordantes qui se faisaient toujours entendre ça et là, la messe était dite et la presse indépendante mauritanienne était ainsi mort-née.

Depuis lors, l’édifice à peine sorti de terre a volé en mille éclats et on assista à une paupérisation et une clochardisation qui en fait aujourd’hui une presse au rabais, l’une des presses les plus farfelues du continent.

En effet, les pionniers et autres soi-disant ténors de cette presse ont été tous ou presque domestiqués par les régimes successifs et se pavanent actuellement la conscience tranquille dans les jupes de l’autorité régnante.

De ce fait, tout ce beau monde est au garde-à-vous, à la merci d’un pouvoir qui ne se fait pas prier pour utiliser à sa guise ce bataillon de déserteurs.

Ainsi, la presse indépendante mauritanienne où l’absence de formation et de professionnalisme sont criants est abandonnée à son triste sort. Et elle constitue un terreau favorable pour tous les aventuriers et autres laisser pour compte qui trouvent là un tremplin idéal et inespéré pour accéder à certains privilèges, avoir une situation, pourvu qu’ils acceptent de jouer le jeu télécommandé par le pouvoir politique.

Régionalisme, tribalisme, ethnicisme, politisation à outrance, favoritisme, amateurisme, incompétence, voilà des problèmes structurels, des maux auxquels un conclave de 4 jours (du 11 au 14 juillet) n’apportera pas grand-chose et ce, d’autant plus que le cafouillage du comité d’organisation de ces journées de réflexion sur la presse et le manque cruel de volonté politique, constituent des freins imparables.

Bakari Guèye

 

 

 

 


Scandale à l’ambassade de Libye à Nouakchott

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crédit photo: khawarji

Une dizaine de travailleurs mauritaniens à l’ambassade de Libye à Nouakchott viennent d’être mis à la porte par l’ambassadeur qui serait impliqué dans une rocambolesque affaire de mœurs.

Ces travailleurs dont certains sont en poste depuis près d’une décennie crient au scandale et demandent à être réintégrés à leurs postes qui seraient déjà occupés par d’autres concitoyens.

Les anciens employés sont devenus du jour au lendemain persona non grata.

L’ambassade invoque des problèmes de trésorerie mais il n’en est rien selon les victimes qui avance comme argument le fait qu’ils aient été immédiatement remplacés par de nouvelles recrues.

La vérité selon eux c’est que l’ambassadeur est directement impliqué dans une affaire criminelle et à ses yeux ces employés deviennent très encombrants et les mettre à la porte serait une tentative de sauver sa peau.

Seulement, les personnes renvoyées ne s’avouent pas vaincu et ils demandent à l’ambassadeur de les remettre à leurs postes faute de quoi, ils vont révéler à l’opinion publique l’intégralité du scandale criminel dans lequel Son Excellence M. l’ambassadeur est trempé jusqu’aux os.

Bakari Guèye