Rindra Hariniaina Rabemanontany

« Le développement est la responsabilité de tous »

Le bonheur, c’est finir une journée, épuisé,  mais  satisfait d’avoir contribué à une cause qui nous tient à cœur.

C’est exactement ce que je ressens après chaque activité de volontariat. Je suis membre d’une association qui fait la promotion du volontariat des jeunes à Madagascar : Young African Leadership Program Madagascar (YALIM pour les intimes).

Le 13 et 14 juillet 2016, nous avons participé à l’organisation du premier salon RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et Développement Durable  à Madagascar. Deux jours consacrés à la rencontre des entreprises, de la société civile, du secteur public et du grand public sur le thème de la RSE.

J’ai été marquée par une phrase prononcée pendant le discours d’ouverture : « le développement est la responsabilité de tous ». Elle semble anodine et pourtant elle est véridique et véritable. On rejette toujours la faute du sous-développement: l’histoire, les circonstances, la politique, l’éducation, etc.

Mais en fait, si chacun, à son niveau prenait la responsabilité du développement ?

Je ne parle pas de mettre sur notre épaule les fardeaux de notre pays. Je parle d’apporter sa part, ou sa brique pour la construction du développement. Cela peut-être à travers la promotion d’une éducation de qualité et appropriée à notre culture, la protection de l’environnement pour laisser un héritage aux futures générations, le fait d’offrir un service ou une production de qualité qui fera la promotion du « Vita malagasy » ou le « Fabriqué à Madagascar », et même des petits gestes au quotidien. Tout le monde devrait y contribuer, et toute contribution est signifiante et importante.

« Ne minimise jamais ce que tu fais » m’a dit une amie lorsque je lui parlais de mon blog. Le message du salon RSE et du Développement Durable est le même : ne minimisons jamais ce qu’on peut faire ou ce qu’on fait déjà pour contribuer au développement.

 

 

 

 


Métiers d’homme

C’était un entretien comme les autres. A une différence près : le poste qui m’intéressait n’était pas accessible aux femmes.

« Mademoiselle, en fait, ce métier est spécifique aux hommes » me fait remarquer une dame, faisant partie des recruteurs.

« Vous n’avez pas spécifié cela dans l’offre » rétorquais-je.

« Mais le métier d’hôtesse est spécifique aux femmes » ajoute un autre recruteur, toujours de la gente féminine. Elle était plus sympathique, certes, mais elle aussi refusait toute alternative me permettant d’accéder au poste auquel j’aspirais.

« Pourquoi pas le métier d’hôtesse ? » me demanda froidement le premier recruteur.

« Parce que le métier de … (auquel j’aspirais) correspond plus à mon profil » répondis-je spontanément. Un des recruteurs hocha la tête, compréhensive, mais déterminée à ne pas me donner ma chance.

Je regardais le diplôme et l’expérience que j’avais, ils n’avaient donc aucun intérêt. Je n’étais pas un homme, et c’était une raison valable pour me refuser un travail.

Je ne suis pas une féministe engagée. Mon ambition n’est pas que les femmes dirigent le monde. Pourtant, je me suis sentie révoltée à l’idée que l’on me refuse un travail parce que je suis une femme. Au moins, j’aurais pu avoir des explications. Mais j’ai bien sentie que les recruteurs étaient eux-mêmes embarrassés de la situation. Mais quelle situation ?

La situation c’est que les métiers d’homme existent bel et bien, à Madagascar en tout cas. Ce sont ces métiers spécifiques aux hommes et difficiles d’accès aux femmes. Prenons, par exemple, une femme au volant d’un véhicule de transport public : bus, taxi, taxi-brousse, etc. De toute ma vie, je n’ai aperçu qu’une femme, une seule qui ait été chauffeur de bus. D’ailleurs, certaines personnes ne font pas confiance à une femme au volant, ils risquent de sortir avant le terminus.

En parlant toujours des transports publics, à Antananarivo, on a l’habitude d’avoir un « receveur » dans le bus. C’est généralement un homme qui  indique, à chaque arrêt, les destinations du bus. Il est aussi chargé de collecter les frais des passagers. J’ai rarement observé des femmes qui faisaient ce métier (deux ou trois). A chaque fois, les passagers étaient en train de scruter ce spécimen nouveau : une femme receveur de bus. En passant, une petite vidéo de démonstration de ce métier à Antananarivo réalisé par un Youtubeur.

En bref, la femme est souvent écartée de certains métiers : des métiers d’hommes. Vous en connaissez ?


Tu veux faire quoi dans la vie ?

J’ai toujours rêvé de créer ma propre entreprise. Enfin, pas exactement…

Dans mon enfance, je voulais devenir chanteuse. Je gagnais tellement souvent nos concours de chants entre voisines que je me suis mis cette idée dans la tête. Plus tard, les circonstances et les personnes qui gravitaient autour de ma bulle m’ont influencée. Ma carrière idéale changeait chaque jour  : docteur, biologiste, écrivain, journaliste, archéologue, et bien plus encore. En fait, je n’avais jamais pris le temps d’y penser. J’étais tout le temps occupée à étudier, à faire les corvées, à m’amuser, à travailler, à rendre service, etc. A chaque entretien d’embauche, je jouais un rôle. Le rôle de celle qui sait exactement ce qu’elle veut faire dans la vie. Je m’inspirais du poste à pourvoir et j’essayais de le relier avec mon profil. Et ce manège marchait souvent ! Je me disais qu’à force de jouer, un jour je tomberais sur le bon rôle. Mais au final, je me suis lassée de jouer. Signe que je grandis?

Il existe d’innombrables moyens de faciliter notre choix de carrière. Idéalement, c’est dans le jeune âge qu’il est important de le définir, pour être rationnel et logique dans nos choix. Mais force est de constater que ce n’est pas souvent le cas. Dans le contexte de mon pays, Madagascar, les jeunes sont souvent accusés de ne pas avoir d’objectif et de vision à long terme. Ils se trompent de filière, ils ne s’épanouissent pas au travail, ce sont des nomades professionnels, c’est-à-dire qu’ils papillonnent d’un boulot à l’autre. De ce choix de carrière dépendra, pourtant, les projets dans lesquels on s’investira, les relations qui vont durablement faire partie de nos vies, et la vision qu’on aura du lendemain qui n’est pas si loin.

Je propose quelques étapes pour définir ce choix :

  1. Bien se connaitre soi-même

C’est une étape classique, certes, mais non la moindre. Ça me souviens d’une caricature que j’ai aperçue dernièrement. Exposée à l’Institut Français de Madagascar (IFM), elle montre un enfant accompagné d’un adulte. Ils sont devant un mur où sont inscrites en rouge les phrases suivantes : je suis Charlie, je suis Israël, je suis Paris, etc. L’enfant s’exclame alors : « je suis…qui? ». Ça m’a interpellé. Cette crise identitaire, cette méconnaissance de soi est partagée. Dans nos sociétés actuelles, on s’identifie tellement aux autres que parfois on s’oublie et on s’efface. Avant de faire partie d’un tout, on est « soi ».  Chacun saura mieux conduire sa vie s’il a la capacité de penser son propre fonctionnement. C’est-à-dire reconnaître les situations qui vous mettent à l’aise, vos points forts et vos points faibles, vos goûts et dégoûts, etc. Vous pourrez alors faire face à vos faiblesses, investir dans vos points forts et être autonome. En psychologie, cette capacité a un nom : l’intelligence intrapersonnelle. On peut la développer en faisant une observation de notre monde interne, des tests de personnalités, en lisant des livres sur ce sujet, etc.

2. Dessiner sa trajectoire de vie.

Il est utile de dessiner sa trajectoire de vie. J’ai observé une formation qui utilisait le « mandala » pour amener les participants à penser leur vie. « Mandala » signifie cercle. C’est généralement une représentation graphique de l’essence, de la source. Les moines bouddhistes l’utilisent comme support de méditation. Dans notre contexte, le mandala est un dessin que l’on fait soi-même, pour exprimer notre vécu, notre présent et le futur qu’on se représente. C’est en fait très utile pour voir d’un regard neuf les épreuves qu’on a traversées, ce qui nous différencie de la personne qu’on était hier, et construire celle qu’on sera plus tard. En bref, c’est primordial de considérer chaque instant qu’on a traversé. Tous ces moments ont contribué à construire qui nous sommes aujourd’hui. Ils sont une piste pour définir la suite de notre trajectoire.

©GDJ/Pixabay
Mandala ©GDJ/Pixabay

3. S’inspirer

Se connaitre et dessiner sa trajectoire de vie est une chose. Évaluer les directions « potentielles » à prendre est autre chose. Il y a tellement de métier qu’on peut faire mais qu’on ne connait pas assez pour le vouloir. Soyez informés sur les métiers qui vous intéressent et assistez aux conférences traitant de vos domaines de prédilection. Vous pourriez y rencontrer votre métier, qui sait ? Surtout, soyez curieux!

4. Définir son plan de carrière.

Arriver à cette étape, vous devriez avoir une petite idée de ce que vous voulez faire, n’est-ce-pas ? Il est temps de définir un plan de carrière. Comme tout plan qui se respecte, il faudra définir le contexte (le vôtre), les ressources (vos qualités) et les chemins indispensables que vous devrez suivre pour arriver à votre objectif de carrière (notamment l’obtention de diplôme, les expériences, etc.). Et bien sûr, il faudra suivre le plan.

5. Avoir de la discipline

Enfin, il vous faudra énormément de discipline. La discipline, dit-on, est de savoir ce que l’on veut vraiment et de ne jamais l’oublier. Écrivez cet objectif de carrière auquel vous aspirez et gardez le précieusement. Vous l’atteindrez au prix d’un dur travail.

Chers jeunes et moins jeunes, il y aura toujours des moments où les gens vont vous demander : « Tu veux faire quoi dans la vie ? », « Comment tu te vois dans 10 ans ou 20 ans? », et autres questions « existentielles ». Il ne suffit pas de répondre pour donner l’impression qu’on sait ce qu’on veut. Soyons honnête et rigoureux. Apprenons à écouter notre voix et travaillons à la mettre en harmonie avec ce que l’on sera demain.  Allez à la guise du vent ne mène nulle part, osons planifier nos ambitions!

Le plus important, Luther King l’a dit : « Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement ».

Libre à vous de méditer…

Sinon, tu veux faire quoi dans la vie ?


5 bonnes raisons de connaitre Ruby Bridges

Entre amis, on a l’habitude de se raconter nos vies et également nos vies par appropriation. Qu’est-ce donc une vie par appropriation ? C’est une vie qui n’est pas la nôtre, mais que l’on vit à travers un récit, une histoire ou un film. Ces longs métrages qui nous ont fait frémir, qui ont apporté un peu de piment dans nos vies (aventure, action, fiction), qui nous ont fait pleurer (drame), et mêmes certains qui nous ont enseignés les grandes leçons de vies, sont, dans l’ensemble, des vies que l’on s’approprie quand on a envie de lâcher prise, quand on a besoin de se changer les idées, ou tout simplement parce qu’on a entendu dire que c’était un bon film.

Ruby Bridges était, pour moi, une parfaite inconnue. Je l’ai croisée, sans la chercher, dans un des rayons de la médiathèque, à travers une pochette CD. Elle avait l’air sympathique, et j’ai reconnu tout de suite le logo de “Walt Disney”, celui qui attire les grands rêveurs ! Le résumé du film évoquait l’histoire d’une petite fille qui bouleversa l’Amérique lorsqu’elle fut la première enfant de couleur à intégrer une école de « blanc », à l’époque ou la ségrégation raciale était la plus forte. Cette fameuse Ruby Bridges avait ainsi un point commun avec une de mes grandes inspirations : Martin Luther King, qui, lui aussi, a mené un combat pour lutter contre la ségrégation raciale. Définitivement, il fallait que j’en sache plus sur ce personnage dont je n’avais jamais entendu parler !

Bon voilà, j’ai visionné le film et j’ai adoré ! Voilà pourquoi, en 5 mots, je vais vous donner l’envie de connaitre Ruby :

1. Intelligente

Étant donné ses résultats scolaires extraordinaires, elle a été choisie comme méritant d’intégrer une école qui auparavant n’était réservée qu’aux enfants blancs.

2. Brave

Des panneaux explicites comme « White only » et une violence inouïe de la part des parents d’élèves blancs accueillent Ruby la première fois qu’elle franchit la cour de l’école, et les fois suivantes. Pourtant, à chaque fois, elle a le courage d’avancer.

3. Bienveillante

Malgré les insultes et la violence qui l’accueillent à chaque fois, elle adresse une prière silencieuse pour toutes ces personnes qui l’agressent verbalement.

4. Changemaker

Je n’ai pas trouvé le mot juste pour le dire alors je le dis en anglais : « changemaker ». Pourquoi ? Tout simplement parce que le pas qu’elle a fait a donné aux autres enfants de couleur l’espoir et le courage d’intégrer un jour des écoles de renom, des écoles qui leur étaient inaccessibles auparavant. Son courage a également changé la mentalité de ceux qui usaient de discrimination envers sa communauté (les professeurs qui ne voulaient pas l’enseigner, les enfants blancs qui n’osaient pas l’approcher, etc.).

5. Imprévisible

Le courage c’est surmonter ses peurs, et Ruby a eu du courage. Toutefois, la violence à travers les menaces et insultes qu’elle subissait chaque jour avant de franchir le seuil de l’école lui a fait perdre l’appétit. Elle ne mangeait plus, et elle s’arrangeait pour cacher sa nourriture dans le placard de l’école, qui fut découvert peu de temps après dans un état de décomposition !

A travers une vie par appropriation, vous avez le pouvoir de vous mettre à la place d’un héros, de marcher sur ses pas et vivre ce qu’il a vécu, les combats qu’il a menés et les sacrifices qu’il a dus faire dans sa vie. Imaginez Martin Luther King, tenant son discours malgré des menaces explicites, Mandela qui a passé 27 ans de sa vie en prison, ou Rosa Parks qui a refusé de céder sa place à une personne de couleur blanche dans le bus à l’époque de l’intense ségrégation raciale aux États-Unis. Ces héros se sont distingués par leur volonté de se donner à 100% pour atteindre leurs objectifs et leur courage d’avancer peu importe les difficultés.

Ruby Bridges a bouleversé ma vision de ce que pouvait être un « héros ». J’ai découvert comment le courage et la foi d’un enfant peut déplacer des montagnes. J’ai découvert qu’un héros ne se définit ni à mesure de son âge ni de sa taille, mais de sa grandeur d’âme et de son courage. Je vous invite à regarder le film disponible sur le lien : https://www.youtube.com/watch?v=QZgnDbSQ4Io

Au final, chacun de nous peut faire la différence s’il ose livrer le bon combat. Peu importe votre âge, votre taille, votre couleur, inspirez-vous de l’histoire de Ruby : soyez brave, brillez et faites naître l’espoir autour de vous !


Penser et panser le chômage des jeunes

– « Comment tu te vois dans 5 ans ? » me demande un camarade

– « J’aimerais voyager, beaucoup voyager. J’aimerais trouver un travail qui puisse me permettre de faire le tour du monde. Et toi ? »

– « Moi », dit-il, un peu embarrassé, « je n’ai pas autant d’ambition. Je veux juste un travail qui me permette de vivre et de subvenir aux besoins de ma famille. »

Cette conversation date d’il y a 5 ans. Mot pour mot, je lui ai dit avec une énorme confiance que dans 5 ans, je me voyais avec un boulot extraordinaire, qui m’emmènerait au bout du monde. Pourtant, l’eau a coulé sous les ponts et je n’ai pas trouvé mon boulot de rêve ni même encore franchi la frontière du monde dans lequel je vis. De quoi rendre la grande rêveuse que je suis plus réaliste et plus consentante à poser mes pieds sur terre. Combien de jeunes ressentent ce sentiment de vide au vue du non-accomplissement de leurs aspirations professionnelles ? Combien se demandent s’ils ont pris la bonne décision lorsqu’ils se rendent compte, impuissants, qu’ils sont passés à côté de beaucoup d’opportunités en se réservant à une opportunité à laquelle ils aspiraient ? Toute cette frustration, ce sentiment de vide et d’exclusion se retrouve dans un mot, un mot familier au statut professionnel des jeunes : le chômage.

A partir de la définition donnée par le Bureau International du Travail (BIT), nous retenons qu’être chômeur est défini par trois critères : être sans travail, être disponible pour travailler, et être à la recherche d’un emploi. Les statistiques montrent que les jeunes sont les plus touchés par le phénomène.

Étant moi-même jeune, je serais tentée de pointer du doigt le système scolaire et les exigences du milieu du travail, tentée d’accuser les circonstances et le contexte de crise dans le monde, tentée de toujours accuser les autres et de me plaindre constamment de mon sort. Pour sortir de cette mauvaise habitude de rejeter la faute à tous sauf à soi, je propose de penser autrement le chômage, penser le chômage de manière à ce qu’il fasse plus de bien que de mal.

Être au chômage, c’est avoir du temps pour soi. Beaucoup de jeunes ont des difficultés à intégrer le monde professionnel malgré leurs diplômes et leurs potentiels. Pourquoi ? Parce qu’ils n’arrivent pas à affirmer leur personnalité dans cet environnement nouveau qu’est le travail. Travailler, ce n’est pas simplement mettre en pratique ce qu’on a appris sur les bancs de l’école, c’est surtout apprendre ce qu’elle ne nous a jamais appris : la confiance en soi, la maîtrise de soi en toutes circonstances, la persévérance et la recherche de l’excellence.

La vie m’a appris que réussir a l’école ne garantit pas ma réussite dans le monde professionnel, c’est plutôt une activité qui demande un investissement et une valorisation de notre personne et de notre personnalité. Voilà pourquoi, il est très important de se connaître, d’avoir du temps pour se connaître, s’apprivoiser, s’affirmer et être capable de se valoriser dans le milieu professionnel.

Comment rentabiliser le chômage de manière à se connaître et à s’apprivoiser ?

1. En suivant les conseils d’une des blogueuses de LVDJ UNICEF : en pratiquant la méditation (https://www.voicesofyouth.org/fr/posts/peace-in–peace-out). C’est une activité qui permet de se centrer sur notre « soi » et de cultiver par soi-même une paix intérieure pour pouvoir se maîtriser en toutes circonstances.

2. En faisant des tests de personnalités, pour déterminer nos points forts et nos points à améliorer et à travers ces résultats, entreprendre des activités pour développer notre personnalité : à travers le théâtre si on est trop introverti, l’apprentissage à la rigueur si les résultats ont montré qu’on ne respecte pas trop les délais dans nos activités quotidiennes, etc.

3. En étant disponible pour cultiver ses connaissances : assister à des ateliers et des conférences publiques, lire des livres, suivre des cours présentiels à l’université ou des cours en ligne. Il existe notamment des cours en ligne gratuits proposés par des universités reconnues dans le monde : www.coursera.org, www.edx.org

Réduire le chômage, c’est investir sur soi-même, de manière à être prêt à entrer dans la cour des grands, celle des « non-chômeurs ». On peut investir pendant la période de chômage, non pas en terme financier, vu qu’on n’a aucune entrée d’argent, mais plus en terme personnel, pour mieux vivre et intégrer le monde professionnel.

Face au monde qui change, comme l’a dit Francis Blanche, mieux vaut penser le changement que changer le pansement. Delà, changer notre façon de penser le chômage, c’est une façon de changer notre vie!


« Ce n’est pas la couleur de notre peau qui nous rend différents, c’est la couleur de nos pensées. »: la valeur des perspectives

Au boulot, quand un jeune vient à mon bureau pour me demander s’il a une chance d’être pris dans un projet qui fait rêver, j’ai l’impression de me voir : avec ce même regard, rempli de peur mais aussi d’espoir, rêvant de voler mais l’estomac noué. C’est comme un oiseau qui a peur de voler, qui redoute le moment où il devra déployer ses ailes et se lancer dans le vide ou, dans mon cas, pour se lancer dans la vie. On sous-estime souvent ce que l’on est et ce dont la vie nous a doté, on se rend rarement compte de cette mauvaise habitude que l’on a de faire taire la voix qui nous dit qu’on peut y arriver, qu’on doit y croire et que rien ne pourra nous arrêter. Cette voix a raisonné plus fort dans ma vie pendant mon stage avec La Voix Des Jeunes (LVDJ). Elle m’a inspirée à apprécier ce que la vie a de mieux à offrir : des perspectives.

Ce que j’entends par perspective, c’est la manière de voir les choses. Souvent, elle est construite par notre environnement social et culturel, nos expériences et nos rencontres. LVDJ m’a appris que les perspectives se construisent également à partir d’un stage, d’une plateforme dédiée à des jeunes qui veulent se faire entendre.

A travers les articles de mes collègues, j’ai voyagé dans le fil de leurs idées. Collaborer avec ces jeunes venant de pays différents m’a ouvert les yeux sur des horizons que je ne percevais pas auparavant. J’ai appris à m’intéresser à leurs passions (méditation, latin, féminisme…), à être sensible à leurs préoccupations (droit de l’homme, environnement…) et à vouloir donner des solutions aux grandes problématiques qu’il y a dans le monde (chômage des jeunes). Comme un auteur l’a dit :

« Ce n’est pas la couleur de notre peau qui nous rend différents, c’est la couleur de nos pensées. »

Leurs différences ont été une source inépuisable d’inspiration. A travers le regard de notre superviseur et celui de ma marraine, j’ai appris à jeter un regard critique sur ce que j’écris : à m’interroger sur la pertinence du sujet, la validité des faits cités et la manière dont les lecteurs perçoivent l’article. Ainsi, j’ai appris à connaître mon écriture, mon style, mes manières de dire les choses et ma manière de m’exprimer.
Enfin, on aspire tous à un être un modèle dans la famille, pour un petit frère/une petite sœur, pour nos parents ou pour la communauté. Mais ce n’est pas donné à tout le monde d’être reconnu comme tel. Certains usent de supercherie pour pouvoir s’aligner dans cette catégorie de personne. Pour ma part, me faire entendre est une manière d’asseoir un changement. Écrire c’est appeler au changement, et mon stage m’a permis de me faire entendre au-delà des frontières du monde dans lequel je vis, et c’est déjà un grand pas! Écrire est pour moi une habitude, mais écrire pour être lue exige plus que l’envie, elle requiert une attitude professionnelle malgré des sujets souvent personnels. Écrire pour être lue est un défi que j’ai relevé dans ce stage, et je prie pour en faire une culture dans ma vie, afin que mes mots puissent voyager dans la vie d’autres personnes et qu’ils leur apportent, des couleurs, de nouvelles perspectives.

 


C’est ici et nulle part ailleurs!

Je me souviens m’être dit un jour que si j’avais l’occasion de partir de là où j’étais, je serais plus heureuse. Mais au fil du temps et des expériences, je me suis rendue compte que l’important n’était pas de partir pour réaliser ses rêves. L’important c’est de croire et vivre ses rêves au moment présent, peu importe les circonstances. L’important c’est ici et nulle part ailleurs.

Face aux difficultés de la vie, on a tendance à rêver de partir au-delà des frontières du monde dans lequel on vit. C’est comme si partir pouvait faire disparaître le poids des problèmes, le poids de nos erreurs et de notre passé ; comme si partir allait changer nos vies et nous donner une seconde chance, un nouveau départ. Mais ce n’est pas forcement vrai ! Les gens qui prennent la décision de partir trouvent toujours de « bonnes raisons » pour se justifier : des jeunes quittent leurs études, mais c’est par manque d’ambition, des salariés quittent leurs travail en espérant trouver mieux, des hommes et des femmes divorcent. Combien quittent leur pays pour espérer vivre une vie meilleure ? Combien font le choix de perdre ce qu’ils ont entre les mains pour espérer plus ? Un peu comme dans un jeu de poker ! Il y a plus d’abondons que de persévérance, plus de trahison que de fidélité, plus d’énergie négative que positive. Ce dont on a réellement besoin lorsqu’on ressent l’envie de tout quitter, c’est de comparer notre vie à un tableau :

« Un tableau ne peut contenir le ciel, mais une infime partie du ciel peut contenir le bonheur ».

Avant de faire le choix de partir ailleurs, de choisir un autre tableau ou une autre vie, demandons-nous si le bonheur n’était pas déjà ici. S’il n’attendait pas simplement qu’on sache le reconnaître et qu’on l’apprécie ? On croit souvent que l’herbe est plus verte chez le voisin, mais on oublie que le bonheur peut se trouver chez nous.

A chaque fois que le soleil se lève, une nouvelle journée commence. Pour l’être humain, les journées sont faites pour accomplir des tâches, des missions, et, pourquoi pas, des rêves ? La réalité est telle qu’on est souvent submergé par des tâches qui n’ont rien à voir avec nos rêves. On se rend vite compte, on se lève chaque matin à contre cœur, on part étudier ou travailler par obligation, et on finit la journée fatigué, mais sans réelle satisfaction. Ces jours-là, on se dit qu’on a vraiment besoin de vacances, de changer d’air, de changer de travail, de relations, et même de vie ! On se justifie toujours, même lorsqu’on abandonne, lorsqu’on fuit nos responsabilités et lorsqu’on brise nos promesses. Et pourtant, c’est ici et nulle part ailleurs qu’on est, qu’on vit, qu’on peut faire la différence et qu’on peut dessiner le bonheur !