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Kiripi Katembo, 36 ans seulement…

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« L’artiste ne meurt jamais », dit-on ! 36 ans, un très court passage sur terre ! c’est le nombre d’années que la vie a laissé à ce grand photographe qui vient de nous quitter.

Kiripi Katembo, ce jeune Congolais originaire de Goma, dans la province du Nord-Kivu était pour nous comme une fenêtre sur la vie.  Avec ses prises de vue, il a su nous raconter la misère du petit peuple, le quotidien kinois. On pouvait voir dans ses clichés, les enfants se promenant dans des flaques d’eau sale, des immeubles abandonnés, des rues transformées en poubelles publiques. Il faisait des oeuvres d’art avec les simples reflets des images et des personnes dans les eaux marécageuses.

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A cheval entre la photographie et le cinéma, ce fondateur du collectif « YEBELA », a réussi,  à toucher les cœurs de gens au-delà des frontières congolaises. De Bruxelles à Berlin, de Paris à Lagos où il s’est vu décerner le prix du meilleur film court documentaire aux Africa Movie Academy Awards en 2011. Il s’est fait une notoriété que certains n’obtiennent qu’après des longues et dures années de travail. Comme s’il savait d’avance que sur terre sa vie serait courte.

Un « Mwana Mboka » (fils du pays) s’est éteint. A l’annonce de sa mort dans les médias, le monde artistique kinois était tétanisé. Les uns sous les larmes, d’autres à court de souffle, d’autres encore manquaient debmots pour décrire leur douleur.

L’artiste a vécu, l’artiste est parti! ses oeuvres demeurent à jamais.

 


Kinshasa : à défaut d’informations fiables, on se nourrit de rumeurs

« On a dit, il paraît et on aurait entendu dire », ces petites phrases résonnent fort tous les jours, ou presque, dans nos oreilles. Les rumeurs!  il ne se passe pas un jour à Kinshasa, sans qu’on puisse entendre qu’à une heure donnée, pour une raison quelconque, il y aurait eu quelque chose qui se serait passée quelque part où personne, sauf celui qui raconte l’histoire serait témoin; lui et « on ».jg CK7ooOuWEAAbS-9 CK7oqBVWIAAP5Wa CK7orURWEAEbM5T

Alors qu’on s’approche lentement, mais sûrement de 2016, l’année de toutes les vérités, l’année où chaque caméléon devra choisir une et une seule couleur pour sa peau, l’année des échéances électorales; les informations de tout genre, même celles qui s’apparentent à la pire des folies et des sottises, passent pour vraies.

Petite histoire qui a pour cadre le passage au Rond-point Victoire, un point central de la ville réunissant trois communes les plus mouvementées de Kinshasa : Kasa-Vubu, Kalamu et la commune de Kinshasa. C’est l’un de coins les plus chauds de la capitale, l’endroit où toutes les couches sociales de la population se rencontrent. On peut y voir côte à côte,, musiciens, vendeurs ambulants, ambianceurs, « chégués » (enfants de la rue), parlementaires et vendeurs de journaux. Tous s’y rencontrent dans ce lieu de détente et de curiosité. C’est aussi le meilleur endroit pour les « renards », ces charlatans, bons parleurs et vendeurs de faux journaux qui ne cherchent que des « corbeaux », ces curieux disposés à croire, pourvu que cela soit une histoire racontée dans un journal, un site internet, les réseaux sociaux ou une personne réputée bon parleur.

Malheureusement, ou heureusement peut-être, nos yeux sont tombés sur deux de ces renards, ces vendeurs de journaux à la criée. Des journaux qui racontent tout et rien, qui mélangent vérité et mensonge pourvu qu’ils nourrissent la curiosité du pauvre kinois.

A la Une « Bemba sort de La Haye », « Jean-Pierre Bemba attendu dans un grand pays » et « Moise Katumbi répond à Kabila ». Étonnée, curieuse et attirée par ces affiches, la population s’approche, jusqu’à entourer les fameux vendeurs. Les plus curieux achètent pour lire le fond après, mais d’autres, comme nous, auscultent les pages avant de donner leur argent. Quant aux premiers, ils seront surpris, arrivés à la maison de voir que le fond, le contenu de ces journaux,  ne parle en rien de ce qui est dit dans les titres.En réalité,   ils racontent l’histoire du procès et la réalité est qu’il est encore et toujours en prison et qu’il pourrait y passer encore quelques années de plus, disent les journaux, les vrais journaux.

Que faire, se demande le pauvre Kinois qui ne sait à quel saint se vouer!

 

 


Kinshasa : les larmes d’une ville polluée

Il y a plus de 50 ans, j’étais une ville où il faisait bon vivre. Il y avait des rivières propres où coulait une eau claire. De beaux rond-points entrecoupaient les artères servant souvent de carrefours. Grâce au fleuve, des randonnées fluviales étaient souvent organisées à partir du Port de la Régie des voies fluviales (RVF). On se rendait  sur des bancs de sable, si nombreux en saison sèche, ou sur des sites comme Safari Beach, le Parc de la Nsele ou au Petit Paradis à Maluku. La place des Artistes, érigée au rond-point Victoire (le point de transit majeur en ville) et ses environs étaient envahis dès le matin par des touristes et groupes de gens qui venaient lire les journaux étalés à même le sol pour s’informer sur l’actualité du pays et y écouter les nouvelles de la légendaire « rumba congolaise » qui a fait danser le monde entier.

A cette époque, je venais tout juste d’abandonner mon nom de jeunesse, « Léopoldville », j’étais toute belle, ce qui me valait l’appellation de « Kinshasa la belle ».

Ça, c’était hier ! oui, hier j’étais la belle, aujourd’hui je suis « La poubelle ». Aujourd’hui je ressemble plus à une gigantesque décharge publique qu’à une ville digne de ce nom. Parfois, j’ai honte de dire que je suis la capitale du Congo, « Le Grand Congo ».

Plus rien n’est comme avant. Mes rond-points servent aujourd’hui de toilettes publiques, de lieux abandonnés où poussent les herbes sauvages et crèchent les enfants de la rue. Mes rivières sont devenues des cimetières à ciel ouvert pour  bébé avortés. D’autres sont transformées en poubelles publiques où coulent bouteilles et sacs en  plastique utilisés par vous mes habitants. D’autres encore sont transformés en lieux de déversement des vos matières fécales.

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Chers Kinois, la musique, la douce « rumba congolaise » et « le dombolo » que j’aimais tant ne sont à présent que des sources  de tapage faisant une pollution sonore sans pareille.

Quant au fleuve, silencieux, il reçoit, sans dire mot, toutes vos décharges, toutes vos pollutions, toutes mes larmes, comme s’il en était responsable.

Je pleure car je suis polluée, polluée au sol, polluée dans l’eau, polluée dans l’air et, comme si cela ne suffisait pas, polluée par aux oreilles.


RDC : lettre de dame « Démocratie » à son époux « Gouvernement »

Mon cher et beau Gouvernement

C’est moi, ta femme Démocratie. Tu sembles ne plus me connaître. A l’époque où tu me faisais la coure tu citais mon nom partout ! Démocratie par ci, Démocratie par là!  Ah le bon vieux temps! Depuis que nous nous sommes mariés, il y a de cela 9 ans, soit en 2006, j’éprouve à présent le besoin de t’écrire cette lettre, car les messages à ton sujet sont nombreux dans ma boîte aux lettres. Je constate que tu n’as pas de temps pour moi, occupé à te battre contre tes rivaux, ceux de la famille Activiste et Opposant.

Tiens ! En parlant de tes rivaux, j’aurais appris que tu as emprisonné certains membres de la famille Activiste,. Je t’en prie mon coeur, libère-les, car ils ne sont pas mes amants, il sont plutôt mes amis. Ils me protègent et me défendent. Quand je suis en grand danger, c’est eux qui prennent le volant de ma défense. Ils sont sur tous les fronts, des négociations pacifiques aux protestations publiques. Plusieurs d’entre eux y ont laissé de leur peau pour moi. Outre cela, alors qu’ils sacrifient leur vie pour ma défense tous les jours, toi tu passes ton temps à faire la cour à ta concubine, la pute qui se tape tous les vieillards du coin, la demoiselle Dictature. Tu crois que je ne suis pas au courant ! Détrompe-toi et libère-les, car sans eux je n’existerais que de nom. Libère-les même en mon nom.

J’ai aussi appris que tu as engagé Pouvoir comme ton conseiller principal. Je te rassure mon ange, ce n’est pas un bon choix, c’est un flatteur. Il va te bercer les oreilles par des belles paroles, des éloges que tu ne mérites même pas, pourvu que tu restes près de lui longtemps. Pense au sort de tous ceux qui l’ont utilisé comme conseiller, pense à tes ancêtres, pense à tes voisins emprisonnés à La Haye, pense à notre avenir. Je suis sûre que c’est encore lui qui te conseille de courir derrière cette pute, dont je t’ai parlé en haut, la demoiselle Dictature. Pour ton information, tous les gens qui sont sortis avec cette femme sont morts du Sida (Soulèvement inattendu désavouant les autorités).

Comme je t’aime vraiment de tout mon être, je vais te rendre un service énorme. Je t’enverrai dans un avenir proche ma tendre amie, dame Alternance, c’est une bonne conseillère très expérimentée. Pour preuve, récemment, elle a aidé ton cousin GoodLuck (celui qui se faisait tout le temps battre par Boko Haram) à sauver sa famille et aujourd’hui il est félicité de tous. J’espère que vous vous entendrez bien. Pends en considération mes conseils et tout ira bien pour nous et notre famille. Je t’aime.

Ta tendre épouse, Démocratie


RDC: ces jeunes qui défendent la francophonie!

Comme toute ville où les jeunes sont actifs,  à Kinshasa, il existe des associations de jeunes, les ASBL.

Ces associations sont, pour la plupart, malheureusement sans objectifs précis. Ces ASBL «Associations sans but légitime» à notre compréhension, changent de nom, dénomination et d’objectifs en fonction des circonstances et d’opportunités.  Ces organisations-mallettes ont fortement terni l’image du pays à cause du manque de sérieux qui les caractérise.

Par contre, il existe aussi des ASBL : Association sans but lucratif, qui oeuvrent objectivement et contribuent à la bonne gouvernance dans le pays.  Dans cette catégorie nous retrouvons ce bébé qui est né il y a une année, la JFC : Jeunesse francophone congolaise.

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Cette association est une organisation créée par des jeunes Congolais très dynamiques et motivés par le seul souci de défendre les valeurs que prône le monde francophone.

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Tout au long de l’année 2014, la JFC a travaillé autour du projet : « Ecoles amies du français ». Les membres de l’association ont parcouru toute la ville de Kinshasa, animant des conférences dans les écoles et créant des groupes de réflexion sur la francophonie.

Constatant une baisse du niveau d’alphabétisation, les jeunes ont voulu contribuer à rehausser le niveau de la langue française en milieu scolaire. Ils ont pris la  parole dans diverses écoles. Ils se sont rendus dans les communes les plus reculées de la capitale, de Kimbanseke à Makala en passant par Matete !

Dans chaque salle de classe, ils se sont exprimés sur la manière d’améliorer la pratique du français, tout en soulignant que la langue de Voltaire était un outil de développement. Des interventions qui ont conquis les élèves, car elles étaient faites de manière ludique.

Pour entretenir l’intérêt et conserver un lien, ces nouveaux pédagogues on créé des clubs appelés « les amis du français ».

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Par la même occasion, une pétition pour défendre la cause des enfants déscolarisés a été présentée aux élèves. L’objectif était double : souligner l’importance de la scolarisation et sensibiliser les élèves sur la situation des enfants de leur âge qui n’ont pas accès à l’école.

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Merci de consulter notre site Internet pour en apprendre plus sur nos activités : www.jeunessefrancophonerdc.org

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Tu m’as manqué mon blog, tu m’as manqué Mondoblog

De nos jours, il semble qu’internet est devenu la plaque tournante de toute activité tant économique que scientifique et culturelle de l’homme.

Cet outil est l’élément parfait qui fait du monde un tout petit village. Etre deconnecté d’internet c’est semblable à être deconnecté du monde, du reste du village.

Le Congo, mon pays, a fait 19 jours sans internet,  19 jours  d’enfer, 19 jours sans liberté d’expression. 19 jours pendant lequels toute activité liée à internet n’etait que « ndoto ya baba » (rêve de l’aveugle : une expression kinoise qui signifie penser à quelque chose qu’on ne peut pas faire ou rêver l’iréalisable).

Port maritime, Banque, hopital, cybercafé, entreprise de télécommunication. Tout le monde a subit le poid de la coupure de connexon internet qui a survenue le 22 janvier, suite aux manifestions remarquées à ;Kinshasa et dans pluseurs autres villes du pays. Manifestations qui etaient organisées par l’opposition dans le but de contester contre le projet de loi électorale présenté au parlement.

Tout  le monde etait victime de cette coupure, le blog « filsdupays » y compris. 3 semaines sans internet, sans facebook ni twitter, 3 semaines sans Mondoblog, sans mon blog, c’est pire que la mort.

Pour la petite histoire. Alors que nous écrivions notre article sur la « Jeunesse Francophone Congolaise », stylo à la main, sourire plein les dents avec l’espoir de publier et partager le soir. Un ami nous annonce la triste nouvelle: « sur toute l’étendue du pays l’internet est coupé »! La plus triste information de la journée! Mais mepirsée vu l’optimisme qui nous annimait.

Nous persistions à écrire et publier l’article, jusqu’à le publier. malheureusement, tout cela n’etait qu’un mort-né, effort sans résultat,  l’Internet n’était plus. il a fallut laisser passer 19 jours sans aucune connexion possible pour voir les autorités retablir la connexion partiellement. Une connexion qui du reste laisse à désirer.

Avant nous entendions parler qu’on ne peut pas se passer d’internet ;  aujourd’hui nous l’avons vécu et nous avons compris que c’est pire qu’une prison.

Avant nous savions qu’il est difficile de se passer des réseaux sociaux, aujourd’hui nous l’avons vécu et nous avons compris combien les priver aux gens c’est une entrave à leur liberté d’expression.

Avant nous savions que Mondoblog est un réseau captivant à tel point qu’on ne peut supporter de s’en séparer, aujourd’ui nous l’avons vécu et nous avons compris combien c’est enrichissant et un privilège d’être parmi vous, chers mondoblogueurs!

Tu m’as manqué mon blog! Tu m’as manqué Mondoblog!


les convertis de l’opération « likofi », quel avenir?

Le kuluna est un phénomène qui a pris racines dans les quartiers chauds et reculés de kinshasa, de Matete à Ngaba en passant par Lemba et Limete. presque partout, ces jeunes gens avaient installé leurs « Q.G » (quartier général).

Terrorisant la population, ils ont plusieurs façon d’opérer: certains s’organisent pour venir se battre en combat de rue, machette à la main accompagné des jets de projectiles dans un lieu public, principalement les marchés populaires, pour faire fuir les vendeurs afin de récupérer les marchandises. D’autres opèrent la nuit, cachés dans les coins de rues et dans les ruelles. Là, personne ne passe sans se frotter à leur empreinte. Ils volent, violent, tuent et blaissent gravement à coup de machettes tout malheureux  qui ferait l’inocente betise de passer dans la rue où le quartier qui est sous leur contrôle.

Pris en plein travail au marché de Ngaba (une commune de la ville) qui etait  une cible régulière des combats de kuluna, une kinoise nous parle de ce qu’étaient ces événements :

« Machettes à la main droite, morceaux de bouteilles  dans un sac à dos, figures meconnaissables, voix basses, ils nous effrayaient d’abord que par leurs apparences, en suite, ils nous prennaient par surprise » Dit-elle.

« Deux à trois « écuries » (noms gangs des délinquants) venaient regulièrement s’affronter devant nous, les « bolafa », ‘zulu » et « mbeli-mbeli » (noms des gangs). A leur vue, personne ne restait sur place, tout le monde prennait la poudre d’escampette, laissant derrière lui toutes les marchandises, qui devenaient une provision pour les kuluna » ajoute-t-elle.

Débuté au mois de novembre 2013, l’opération likofi (coup de poing) qui avait pour but d’arrêter tous les kuluna ou les presumés kuluna, a réussi à en transformer quelques uns, sans que cela soit son objectif. Certains, ceux-là qui ont echappés à l’opération ou qui on respecté le mot d’ordre qui leur avait été donné avant le debut de l’opération, ce sont transformés en debrouillards, certains sont devenus cireurs de chaussures, d’autres receveurs de bus, d’autres encore chargeurs de marchandises dans les camion.
Les convertis de l’opération likofi, nous avons pu rencontrer 2 d’entres-eux :

Le premier fut membre du groupe « bolafa ». Depuis l’opération likofi, il se resume à son travail de cireur de chassures qui, bien que pas assez payant, lui permet de vivre au quotidien. Il dit, avec un ton qui décrit son passé, voix sèche, presque effrayante :  » le kuluna n’a pas d’avenir, le kuluna na plus de présent, le kuluna c’est du passé, voilà pourquoi depuis un temps, je préfère m’attacher à mon travail ».  A la question de savoir qu’est-ce qui le poussait à faire celà, il répond, les « dring et le zododo » (nom donné aux  boissons alcooliques sans doses et drogues fortes).

Le second, pris lui aussi en plein service, il se contente de son travail de chargeur des marchandises dans les camions. Ce dernier parle de son passé en disant:  » j’ai arrêté le kuluna lorsque les autorités nous avaient donné l’ultimatum, sachant ce qui allait s’en suivre et connaissant nos autorités, je me suis plié à la volonté de l’Etat… « .

Quoiqu’ils soient devenus, ces jeunes gens ont un  passé qui a laissé des traces indélébiles dans la société kinoise. Certans sont devenus infirmes à cause d’eux, d’autres ont perdus des êtres chers. Comme les Nations Unies et les ONG internationales qui ont dénoncé les disparitions remarquées, de ces jeunes lors de l’opération likofi, nous nous demandons si ici au congo, la justice n’est pas concernée en matière de délinquance. Quel avenir la justice congolaise reserve à tous ces « kuluna » convertis en « bon citoyen » sans que justice ne soit faite concernant leurs actes du passé? Le « pardon » suffit-il pour combler les douleurs d’un père de famille qui a vu son fils tué par les « kuluna »? Faire comme si rien ne s’était passé, est-ce la rémède contre la délinquance?

Quelques soient les réponses qui peuvent venir de ces questions, l’avenir nous en dira plus!


Les expulsés de Brazzaville, une vie de sans-abri chez soi!

Du mois d’avril au mois de juin, les villes de Kinshasa et Brazzaville ont vécu au rythme de « mbata ya bakolo » (la gifle des aînés), l’opération policière qui a vu plus de 350 000 Congolais de Kinshasa être expulsés de là.

A Kinshasa, le gouvernement et ses partenaires assurent avoir pris en charge ces derniers en leur facilitant un rapatriement sécurisé dans leur province d’origine.

Curieusement et contre toute attente, alors que nous étions de passage sur l’avenue Kabambare où se situe la maison communale de Kinshasa (commune portant le même nom que la ville de Kinshasa), où étaient placés les expulsés avant leur orientation dans les camps d’accueil, nous tombons sur ces images :

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Il s’agit de plusieurs sceaux assemblés en ligne comme pour être vendus. Accrochés à leur sommet, des morceaux de carton sur lesquels est écrit : « LISUNGI » (aide). Nous demandons aux gens qui se trouvaient dans le même bus de quoi il s’agit. Ils nous disent: ce sont les sceaux des refoulés de Brazzaville qui mendient. C’était notre plus triste nouvelle de la journée!

Comme si cela ne suffisait pas, au fur et à mesure que le bus avançait, apparaissaient, en face de la maison communale, leurs tentes qui n’étaient que des sales draps couvrant 3 à 4 bâtons pour servir d’abris et des sacs plastiques en guise de toiture. Entassés dans des mini-logis à forme cubique de 1 à 2 mètres carrés, des familles entières y passent vie. Du père aux plus petits fils, en passant par les femmes et les jeunes filles. Tous  y demeurent comme étant dans un abattoir humain et exposés à toutes les intempéries au vu et au su des autorités.

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Des autorités qui avaient assuré avoir mis des moyens conséquents pour placer les refoulés dans des camps sécurisés et protégés. Curieusement ces personnes vivent sous leurs yeux et devant leur nez dans les conditions les plus inhumaines.

Attristé par cette rencontre, nous avons décidé d’y revenir  pour s’informer de la situation concrètement.

La somme de 500 FC (Francs congolais) à la main droite, téléphone à la main gauche,  nous sommes partis à leur rencontre. Arrivés sur le lieu, il nous a suffit de déposer cette médiocre somme 500 (0,5 €) dans un sceau pour voir une foule d’enfants courir vers nous,  comme si nous étions les envoyés de Dieu pour apporter solution à leurs problème.

Heureux et souriant, un jeune homme de 18 ans, vêtu d’une chemise blanche sans bouton, culotte déchirée et cousue à la main, il nous parle de leur situation, en expliquant  les raisons qui justifient leur présence en ce lieu apparenté à l’enfer.

« Le plus dur pour nous, ce n’est pas de souffrir, mais c’est de souffrir chez nous », nous dit-il.

« Être sans-abris chez soi est plus dur qu’être chassé de chez le voisin » rajoute-t-il, les larmes aux yeux. Larmes de joie pour avoir reçu le miraculeux unique 500 FC de la journée ou larmes de d’amertume et de peine! Qui sait !

Suivant ces propos, ils seraient là car ils n’ont pas de famille à Kinshasa pour les uns, où pas de famille tout court, pour d’autres. Ainsi, n’ayant pas où aller, ne reste que la rue qui ne refuse personne. Le gouvernement quant à lui, les laissent entre les mains de mère Nature et du père Sort, à la merci des intempéries et des dangers.

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« Nous remercions le chef de l’état pour… », la phrase préférée des renards du pays.

Sûrement, vous connaissez l’histoire du corbeau  et du renard. Ce que nous vivons au pays du léopard est similaire à cette histoire, sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’un renard, mais de plusieurs renards qui jouent aux perroquets. Tous devant  un seul corbeau qui pourrait lui aussi être un léopard.

Imaginez ce que vit ce dernier face tous ces renards. Certains sont docteurs en paroles apaisantes, d’autres experts en diplomatie présidentielle. Des centaines des beaux parleurs face à lui, dans le seul but d’avoir un morceau de son precieux fromage.

Pour les réconnaitre, c’est simple. Ils ont tous un point commun, une phrase qu’ils apprennent à coeur à chaque rare discours prononcé par le fameux corbeau.  comme des bons perroquets, ils la gardent et la répètent à chaque action. En voici une : « nous remercions le chef de l’état pour… » Des grands travaux aux petits, Tout ce qu’ils font est agrémenté par cette phrase adoucissante temoignant d’une manière flattante l’apport du chef de l’état dans une activité donnée, même quand il est inexistant. Qu’ils se baignent, qu’ils mangent, qu’ils se brossent les dents… pour toute chose ils remercient le chef de l’état; même quand ils construisent leur propre maison, ils crient : »nous contribuons aux 5 chantiers du chef de l’état ». Quand ils arrangent leurs propres parcelles, ils clament, « nous contribuons à la révolution de la modernité du chef de l’état ». Il suffit que ce dernier prononce un discours quelque part, ils retiennent une phrase et en font leur référence. Attentifs et très concentrés, ils sont à l’écoute de la moindre phrase qui sortirait de la bouche du corbeau pour en faire une propagande. Hier c’était  la « cohésion nationale », Aujourd’hui c’est « le Congo est un pays debout ». A quoi vont-ils associer ces deux phrases! Seul l’avenir nous donnera raison.

Le pauvre corbeau! Assis sur son arbre perché, il tient dans son bec un fromage de 2345000 km2, assaisonné des cuivre, cobalt, petrole, coltan et  plein d’autres minerais. Il fait confiance aux renards qui lui jettent des éloges matin, midi et soir, en oubliant qu’ils n’en veulent qu’à son fromage.  Les uns lui demandent de revoir la constitution chimique du fromage afin de le conserver le plus longtemps possible, d’autres lui demandent quelques morceaux de fromage en échange de leur soutien.

Le silencieux corbeau!  laissera-t-il tomber le fromage comme dans la fable de Lafontaine? ou acceptera-t-il de le partager avec ses « amis-ennemis », les renards! Il ne parle pas, il ne fait que regarder les uns et les autres se battre entre eux pour lui témoigner leur fidélité. Comment va-t-il parler, lui qui a un si grand fromage  dans son bec!  Trop préoccupé à savoir quelle formule appliquer pour conserver le fromage le plus longtemps possible.

Si dans la fable de La Fontaine, l’histoire valait bien un formage, sans doute, au pays du léopard, l’histoire vaut bien un riche pays.Car tout flatteur vit depend de celui qui l’écoute.


Le retour de la pluie, les rivières de kinshasa cimetière à bébés et poubelles publiques

Le mois de  septembre qui vient de passer, est celui du retour de la saison de pluie á kinshasa. Après 3 mois de saison sèche où presque tout est doux coté climat, et tout est sec  coté électricité et eau potable. Tout le monde devrait se rejouir du retour abondant de la pluie. Mais helas! si elle vient resoudre le problème de la sècheresse climatique, la pluie apporte avec elle tant d’autres problèmes.  Le premier c’est la boue et les maraiccages. Sauter! Sauter! Sauter encore, plus d’endroit où placer les pieds. Les caniveaux sont tous bouchés par les sacs plastiques.  Les constructions anarchiques bloquent le passage des eaux de pluie à tel point que certaines communes se retrouvent prises en otages sous les eaux.

En parlant des caniveaux, que n’y voyons-nous pas? Des sacs plastiques jétés après usages aux ordures menagers jétées sous la pluie. Tout y est, même les bébés avortés jétés par les filles mères qui se sont bien amusées aux vendeuses de sexe pendant la saison sèche, ne sachant  pas a quel « saint » se vouer. Ou encore étant obligées de faire le choix entre plusieurs supposés pères du bébé,  tous sans emploi, la femme ou fille, n’a d’autres choix que de jeter son bébé dans la rivière la plus proche pendant la pluie.

Pareils cas se multiplient au quotidien pendant la saison de pluie qui s’annonce dure. « Qui t’a forcé à tomber en ceinte? » disent souvent, certaines femmes agées , « ca t’apprendra de jouer dans la court des grands » disent d’autres. La pauvre! Elle se retrouve pris en sandwish entre les agents de l’ordre (ou  du désordre) et la foule qui l’accuse de meurtrière… elle n’est pas la seule à être impliquée mais, elle est la seule à être arrêté. Où sont les supposés  « engrosseurs »?  personne ne le sait et personne ne les punis. Comme d’habitude c’est la femme et l’enfant qui sont victimes des actes commis par l’homme. L’avenir nous en dira plus.

Qu’ont-ils fait pour finir leur vie dans la rivière à ordure? les pauvres enfants! Les moins chanceux, eux sont jétés dans les fosses d’aisances. Alors que tout le monde crie: « les enfants sont l’avenir de demain ». Moi, je me demande si cet avenir va se réaliser dans les fosses d’aisances ou dans les « kalamu ». L’avenir lui-même nous en dira plus.

Des ordures plein les caniveaux, en passant par la boue partout, aux bébés jétés dans les rivières appelées « kalamu », la pluie ne fait pas le beau temps pour beaucoup à kinshasa, mais elle est la bienvenue tout de même. En attendant, nous n’avons guère de solution, si non celle de croiser les doigts et espérer un jour meilleur,  le jour où nous aurons des dirigeants sans  congé payé à durée indeterminée pendant les heures de service.

Sûrement, le gars qui a dit « après la pluie c’est le beau temps », n’a jamais mis ses pied à kin!

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L’ONG « business sans frontière » ouvre ses portes aux cimetières de Kinshasa

La ville de Kinshasa compte plusieurs cimetières. Des endroits réputés être des lieux de compassion et de peine où les familles fondent en larmes. Mais au milieu de ce monde attristé, tous ne pleurent pas.

Triste constat, certains sont là pour faire du business, voler ou encore pour le « sopeka » (un système qui consiste à demander l’argent à tout passant paraissant riche). D’autres osent utiliser les cimetières comme village pour y construire des habitations. Il y a aussi des travailleurs occasionnels hommes, femmes et enfants désœuvrés, venus gagner un peu d’argent en échange de services qu’ils proposent : défricher, faire la couche de chaux, effectuer les écriteaux sur les croix, apporter de l’eau, des briques… Dans certaines allées du cimetière, un véritable marché où l’on trouve un peu de tout s’est installé.
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De retour d’un enterrement au cimetière de Kinkole dans la commune de la Nsele, Yvan Odia Saka nous parle de ce qu’il a vu. Il se souvient que dès l’entrée du site, le premier « bonjour » est celui d’un garçon. Un jeune qui lui indique la route où aller garer son véhicule, moyennant une somme de 1000 F CFA.

Tombes brisées, marchandises placées sur les tombes, corps déplacés et pillés de leurs habits, cercueils volés pour être revendus, bouquets ou couronnes de fleurs, croix, vin de palme et tant d’autres petits trucs servant à orner des tombes sont aussi vendus. Les scènes sont très dures et il les évoque avec beaucoup de larmes dans les yeux.

Pour la plupart, les cimetières de la capitale sont abandonnés. Les services de l’Etat chargés de leur entretien ne fonctionnent pas et peut-être n’existent plus ou sont en congés payés à durée indéterminée. Pourtant, les frais alloués à l’enterrement sont versés à l’Hôtel de Ville de Kinshasa.

Le respect aux morts devrait être une règle de base et les autorités devraient y veiller strictement pour éviter que certains se fassent du fric sur les morts. ONG « business sans frontière », l’argent facile, l’argent partout.


WEWA, taxi-moto à déstination de la morgue

Depuis quelques années, les taxis-motos remplissent  toute la ville de Kinshasa. Ces taxis-motos sont venus à la rescousse de la population kinoise.
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Malheureusement, ils ont apporté avec eux, un autre cadeau moins bénéfique cette fois-ci, ce sont les accidents de circulation.

Les  Wewa, nom commun des taxis-motos et les motards, desservent la capitale sous un service presque dramatique. Parfois transportant  entre trois et quatre personnes sur une même moto roulant à vive allure, les wewa exécutent  des techniques spectaculaires pour se faufiler entre les véhicules.

Ansi, toutes les pièces du puzzle semblent être mises en place pour exposer aux accidents de circulation et assurer un   » rendez-vous à la morgue », les pauvres kinois qui n’ont pas d’autres solutions pour se passer des embouteillages et  atteindre les multiples milieux réculés et injoignables que regorge la ville.

Il suffit de parcourir quelques  hôpitaux de Kinshasa pour se rendre compte du nombre croissant des accidentés et des morts que cause le phénomène
WEWA. Visage complètement defiguré pour les uns,  membres emputés pour d’autres et cercueil pour les moins chanceux; les accidents de circulation tuent plus 40 personnes par mois dans la ville de kinshasa.

Les Kinois estiment que c’est la non qualification des motards qui est à la base de ces accidents :

« Il suffit de voir comment un proche conduit pendant un moment, faire des tours avec sa moto dans la parcelle pendant quelques jours, on sort dans la rue et  au bout d’une semaine,on est WEWA confirmé! c’est facile vraiment! », nous a  dit un motard. Facile! Une facilité qui met en danger la vies des autres, c’est pire que la mort.

Ce manque de formation dans des centres appropriés fait que la
majorité des conducteurs des taxis motos ne disposent pas des
documents, à l’exemple du permis de conduire. A cet effet, ils roulent souvent à  très vive allure pour ne pas être arrêté par la police de roulage. Cette fuite est la cause de plusieurs cas d’accidents.

En attendant une mésure de la part des autorités en guise de solution,  les pauvres kinois continuent malgré eux le voyage  à destination de la morgue via WEWA express.

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Du plus innovant au plus insolite, le secret congolais de la lutte contre le virus EBOLA

salut!

pour tout commencer, nous allons parler EBOLA. non seulement parce que c’est une question d’actualité, mais aussi parce qu’il fait objet de beaucoup d’imaginations parmi les « fils du pays ». imaginations tant innovantes qu’insolites. Entre Ebola et le Congolais c’est une longue histoire d' »ami-ennemi ».

Tout part du nom même que porte ce virus: Le virus Ebola a été nommé ainsi en référence à une rivière passant près de la ville de Yambuku, dans le nord de la République démocratique du Congo. C’est à l’hôpital de cette localité que le premier cas de fièvre hémorragique Ebola fut identifié, en septembre. Malgré ce cadeau du nom, Ebola a contaminé 318 personnes et en a tué 280.

Dès lors, EBOLA a fait 7 réapparitions en RDC, ce qui justifie la relation « ami-ennemi » qui lie le congolais à EBOLA.

Lors de cette dernière apparition au mois d’août 2014, le congolais s’est dit tout mettre en œuvre pour pousser le plus loin possible cette épidémie. Ainsi, la tache de lutte contre cette maladie n’est pas laissée au seul INRB et au Ministère de la santé. mais tout « fils du pays » s’est dit vouloir y mettre de sa part pour éradiquer cet « ami-ennemi ».

Ce ne sont pas les imaginations qui manquent pour cela, car tous les moyens sont bons pour stopper Ebola, estiment les « fils du pays ». en parlant d’imaginations elles partent des plus innovantes aux plus insolites.

certains inventent « stop Ebola »: un dispositif contenant un sceau à robinet, un bassin et une boite à savon ; question de faciliter le lavage des mains ebola2

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Un moyen efficace pour lutter contre les maladies des mains sales, EBOLA y compris. « stop EBOLA » est utilisé tant dans les hôpitaux que dans les domiciles privés.

D’autres encore vont plus loin et inventent des salutations anti-Ebola, dites : « MBOTE YA EBOLA »

salut ebola

certes, pas très efficace comme solution, mais très sociale et amicale. Comme ça, on ne se touche pas hein!

le secret congolais de la lutte contre EBOLA , c’est vraiment l’implication de tout le monde, des chercheurs aux médecins, de la population aux autorités, tout le monde dit « NON » à sa manière; certains s’en moquent, d’autres inventent et d’autres encore, pire cette fois-ci,  ne font que parler : »nous devons lutter contre EBOLA » à la télé et publient le nombre de morts… et oui! Tout le monde s’implique à sa manière!