tawakkal

Course au pouvoir : tu me gênes politiquement, je t’abats judiciairement

La justice dans sa forme actuelle est une émanation de la politique moderne, qui en a fait dit-on un pouvoir autonome. L’inaltérable principe de la séparation des pouvoirs. Ce sacro-saint principe voudrait que dans une démocratie, les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire demeurent séparés et indépendants l’un vis-à-vis de l’autre. Dans le meilleur des mondes, l’application de ce principe aurait fait des merveilles. L’exécutif serait chargé de gérer la politique courante de l’État et de veiller à l’application des lois. Le législatif serait chargé de voter les lois, approuver et surveiller le budget de l’Etat et, selon les pays, de contrôler l’action du pouvoir exécutif et judiciaire. Pour sa part, le judiciaire devrait contrôler l’application des lois et sanctionner leur non-respect. Mais le fait est que nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes, sous nos tropiques la théorie de la séparation des pouvoirs revêt bien son caractère théorique. Des faits persistants viennent démontrer, si besoin l’était encore, comment l’exécutif phagocyte tous les autres pouvoirs. Ceux-ci deviennent ainsi des coquilles vides à la solde des « Hommes forts » du moment. Nombre de pays partagent ainsi cette particularité qui a tout d’un recul démocratique.

Au Sénégal, la dernière affaire en date est le cas Khalifa Sall, désormais ancien maire de Dakar. Les ennuis judiciaires de ce dernier ont curieusement coïncidé avec ce moment où il commençait à afficher des ambitions présidentielles.

En République Démocratique du Congo (RDC), le feuilleton des élections présidentielles qui se poursuit nous fait voir des épisodes intriguants. Comme si la justice, postée en embuscade, devait s’occuper de certains candidats. Moise Katumbi, pour ne citer que ce cas, a été dans les bonnes grâces de Kinshasa jusqu’à ce qu’il se fasse piquer par cette mouche de candidature. On découvrit subitement qu’il traînait autant de casseroles.

Notre pays, la Côte d’Ivoire n’est pas en marge, bien au contraire. La perspective des élections présidentielles de 2020 nous offre du spectacle : bienvenue au cirque tragique d’Abidjan ! La règle est aussi simple que minable. Tu es en phase avec les projets avoués et inavoués du clan Ouattara, tu es super clean. Tu as le malheur de ne pas adhérer aux projets du clan, bonjour les ennuis. Et l’un des moyens prisés pour cette persécution est la justice, comme pour essayer de légitimer la forfaiture en marche. Pourtant, la ficelle est si grosse qu’elle ne pourrait passer inaperçue pour personne, même avec l’aide d’une bonne dose de mauvaise foi. Pour ne citer que les derniers cas en date : Soul to Soul, le protocole du désormais trouble-fait Guillaume Soro ; et Noel Akossi Bendjo, depuis peu ancien maire (PDCI) de la commune du Plateau, pourfendeur acharné du projet de parti unifié si cher à notre Roi, pardon à notre Président. Beaucoup d’autres dénoncent des pressions exercées sur eux ou leurs proches. Sans pour autant tabler sur la culpabilité de ces personnes, parce que nous ne disposons pas des éléments pour le faire objectivement, cette situation met en évidence des gangrènes de notre gouvernance actuelle. De deux choses l’une :

  • Soit ces personnes sont coupables, auquel cas le système pouvait s’accommoder avec des criminels tant que ceux-ci les soutenaient, et les autres pouvoirs censés être indépendants feignaient de ne point voir leurs agissements délictueux ;
  • Soit ces personnes sont innocentes, alors nous sommes dans une dictature rampante qui creuse le lit des frustrations et des abus qui causeront à terme sa chute, tout en plongeant à nouveau le pays dans une crise de trop.

Dans tous les cas de figure, ces faits témoignent bruyamment qu’on a affaire à un système corrompu, un climat nauséabond pour l’Etat de droit, un déficit démocratique grandissant, toutes choses qui enfoncent davantage le pays.

Pour tous les espoirs placés en lui, pour le cheminement qui a été le sien et tous les sacrifices que cela a nécessité, Alassane Ouattara n’a pas le droit de semer le désordre dans ce pays. Déjà que sur les segments économiques et sociaux, le bilan de sa gouvernance demeure très contestable, il serait bien inspiré d’arrêter sans délai d’entretenir obstinément cette belligérance sans issue. A défaut de faire mieux, éviter de faire pire que ses prédécesseurs.

Dans une société démocratique aussi normale soit-elle, la course au pouvoir ne devrait aucunement se soustraire des exigences de légalité et de légitimité. Les institutions de la République doivent demeurer au service de cette légitimité et de légalité, sinon nous allons droit vers le gouffre. Car la fragilisation voire la caporalisation desdites institutions ne peuvent que précéder l’effondrement de notre système.


L’AFRIQUE ET L’ECONOMIE NUMERIQUE : CAS DES DATA CENTERS

Par effet de mode comme nous savons si bien le faire ici, beaucoup de pays en Afrique se dotent de départements ministeriels chargés dit-on de l’économie numérique. Mais en réalité quelle place le numérique occupe dans nos perspectives économiques  ? Une place des plus marginales.

Parce que tout simplement pour bâtir une économie il faut avoir des infrastructures. Hier pour exploiter nos richesses, il a fallu que les Européens viennent nous contraindre à construire des routes, chemins de fers, etc… Près d’un siècle plus tard, avions-nous seulement appris de nos erreurs ? Alors que la « data » est annoncée comme le pétrole du 21ème siècle, que faisons nous pour être maîtres de nos données ?

Il faut arrêter de singer les autres pour savoir ce que nous voulons exactement, puis agir en conséquence. Sinon comme pour nos matières premières dont nos pays ne bénéficient que très peu, l’économie numérique  restera pour nous cette vue de l’esprit.

Concrètement?

Commençons par gérer nos données à l’intérieur de nos frontières: Avec des Data centers dignes de ce nom. De cette souveraineté sur nos data, l’ère du Big data nous ouvrira des perspectives insoupçonnées.

I have a dram, One day…

© Tawakkal. D.


COTE D’IVOIRE : ENCORE DES MILLIARDS DU CONTRIBUABLE VOLÉS DANS L’INDIFFÉRENCE…

On ne compte plus le nombre de fois, où des milliards de Francs du contribuable Ivoirien se volatilisent dans la plus grande indifférence et une totale impunité. C’est visiblement l’un des dénominateurs communs des plus pertinents de nos gouvernements successifs. Cette fois l’on parle de 2 milliards introuvables dans un centre d’impôts. Et c’est toujours la même mise en scène grotesque. Quand le scandale éclate, un jeu de chaises s’orchestre, des sanctions administratives sans lendemain brandies. Et comme encouragés par cette complicité manifeste, nos fiers et vaillants Voleurs n’hésitent pas à « frapper » encore et encore plus fort.
Pendant ce temps, le contribuable lui-même s’en moque pas mal. Jamais les Ivoiriens ne se sont fait entendre face à l’institutionnalisation du pillage de nos deniers publics. Comment est-ce possible ? Combien devraient-ils voler pour que nous nous réveillons ? Sommes-nous devenus tous complices « d’Ali Baba et ses 40 voleurs »? Faut croire que c’est Alpha Blondy qui a bien raison sur ce coup, chantons avec lui «Les voleurs de la République » :
« Ali Baba et les quarante voleurs sont de retour !
Les lèche-bottes ont déplié leurs pantalons
Et ils s’érigent en donneur de leçons
Le complot du silence persévère
La langue de bois exaspère
Ce triste constat me désespère
Pardonnez-moi si mes verres sont à l’envers
Parce que tout est arbitraire
Le règne de l’arbitraire
Tout est arbitraire
Et le peuple se fait traire
Par ces dangereux, dangereux bénis oui oui
Les voleurs de la république
Ces dangereux, dangereux bénis oui oui
Les moutons de panurge… » Album Elohim, 1999.
Il va falloir un jour arrêter d’être de ces dangereux bénis oui oui, ces moutons de panurge, sinon la race des voleurs de la République aura toujours hélas de beaux jours devant elle. Mais comment serais-ce enfin possible de sortir ce peuple de ce complot du silence ?
18/12/2017
© Tawakkal. D.


ANC / SOUTH AFRICA : CHANGE OR PERISH

This weekend the African National Congress will elect its new leader between Nkosazana Dlamini-Zuma and Cyril Ramaphosa. Thousands of delegates of this party have to choose between their both candidates. This election is crucial for ANC and South Africa future. Because their voters began to doubt, since the corruption, criminality, and economic difficulties are increased. The results of the last local elections demonstrated this reality. People want the change, and ANC have to meet their aspirations. Meanwhile the two candidates have very different styles and visions. If for many people Ramaphosa representes change, Nkosazana is considered as the continuity for current President Zuma. Ramaphosa or Dlamini-Zuma, it is obvious that ANC must operate change if they want to govern again this country. If no, the future of this political party will be compromised. Because people could not continue to choose the corrupt and incompetent leaders.

It is this challenge that delegates should not forget during their vote. Everyone must question himself, and make the right choice according to his conscience. It is true that ANC have now many internal contradictions. But this is an opportunity to gather around the most important.

Why do I think that ANC have to take up this challenge? It is not for the fate of its leaders who will lose power, no! But because it would be a real waste and a regret for all Pan-Africanists, to see this historic struggle ends with a resounding failure of governance.

And after this appointment, the ANC must to make his self-criticism and set new directions in all serenity and objectivity.

This is my hope for ANC and South African. God bless you and guide your choices.


ÉCOLE IVOIRIENNE : COMPRENDRE QUE LE BAVARDAGE NE CHANGERA JAMAIS RIEN…

Il n’est pas bon de bavarder, c’est l’une des précieuses leçons que nos maîtres nous ont appris dès le primaire. Continuons à appliquer nos leçons SVP, c’est pour la Vie.
Que du verbiage inutile a nous servi ces derniers jours, pour dit-on sensibiliser les élèves et leurs parents. Mépriser la réalité qui crève les yeux, et venir faire du bruit pour essayer de façon éhontée de se donner bonne conscience, c’est faire plus de mal à cette société qui n’en a pas besoin. Si tant est que nous voulons résoudre les problèmes de notre école, commençons par traiter les profondes causes du malaise. Reconnaissons que nous avons raté l’éducation civique et morale pour plusieurs générations de nos jeunes. Et face à cette gangrène, posons-nous ensemble alors les vraies questions pour trouver les soins adéquats. Revoyons ce que nous apprenons à nos enfants, regardons de près les profils des formateurs, parlons des médias, du cadre familiale, etc… Sinon un communiqué à la veille des troubles annoncés, un discours rédigé à la va-vite, même les descentes de forces de l’ordre n’y feront rien.
Arrêtons le bavardage SVP, travaillons ! Autant il ne suffit pas de parler croissance pour changer les réalités socioéconomiques, autant les vœux pieux n’apporteront rien à l’école Ivoirienne.
Et passez donc de bons congés, rendez-vous l’an prochain.
14/12/2017
© Tawakkal. D.


Mutinerie des soldats Ivoiriens : Quand nos autorités n’inspirent plus confiance

Tout est parti de Bouaké, ce 6 janvier 2017. L’année commença cette fois en musique ; une bien triste et sombre musique. Les armes ont encore parlé à travers le Côte d’Ivoire. Du moins des gens ont encore fait parlé les armes. Des éléments des Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI) se sont en effet mutinés dans la quasi-totalité des régions militaires du pays. Motif : Revendications relatives à l’amélioration des conditions de vie et de travail. Moi qui croyait que ces revendications étaient déjà réglés depuis la dernière mutinerie de 2014. Mais j’ai réalisé que nenni, dès que j’ai entendu le Ministre de la défense, puis le président de la république  Himself parlé d’une « démarche compréhensible…  » Et au moment même où je rédige ces lignes, j’entends encore des tirs ce soir. Renseignement pris, il s’agit de tirs pour maintenir la pression sur le gouvernement afin qu’il tienne cette fois ses promesses.

L’art gangreneux de déplacer les problèmes

Sur les bords de la lagune Ebrié, l’on est devenu expert du déplacement des problèmes. Au gré des saisons, ceux sont ainsi balancés d’une rive à une autre sans y apporter un début de solution. Parait-il, la politique serait l’art de déplacer les problèmes sans jamais les résoudre. Code d’un vieux logiciel. Ils promettent, sans jamais tenir leurs engagements. Conditions de vie des populations, redistribution des effets de la croissance, allègement du coût de la vie, traitement des revendications corporatives, lutte contre la corruption : Qu’est-ce que nos autorités n’ont pas promis sur ces sujets, mais qu’avons-nous vu jusqu’à présent ? Presque rien, sinon de nouvelles promesses des mêmes  beaux parleurs et les mêmes commentaires élogieux de leurs griots.

Cette attitude pour le mieux irresponsable de ceux qui sont censés nous donner l’exemple n’est pas sans conséquence. Loin s’en faut !

Déficit de confiance – défiance – désordre

Voici le triptyque auquel nos dirigeants poussent l’opinion nationale. Nous en sommes encore au premier niveau, mais pouvons voir déjà apparaître les signes annonciateurs du second. Aujourd’hui la parole public et les Hommes qui le portent n’inspirent que très peu confiance. Si vous ne le saviez pas, laissez-moi vous surprendre : Pour l’opinion vous êtes tous des manipulateurs, des menteurs, voire des voleurs. Vous n’êtes qu’un club d’amis qui en se protégeant mutuellement se sucre sur nos dos, sans oublier de nous affamer et nous tuer à petit feu. La confiance a foutu le camp, bonjour la défiance.

Poussez le peuple au désespoir, et il le ramènera un jour ou l’autre dans votre face. Les manifestations contre la CIE n’en étaient qu’une illustration. Cette mutinerie des soldats ne vient que confirmer la donne. Et les choses ne s’arrêteront pas, jusqu’à ce qu’un désordre généralisé s’installe. Ne voyez-vous pas le faussé des inégalités qui se creuse à vitesse exponentielle ? Et vous pensez que cela restera sans conséquence ? Dans vos rêves les plus fous. SVP ne poussez pas à bout ce peuple pacifique, assoiffé de paix, de stabilité et de progrès. Pour une fois soyez responsables, trouvez solutions à ces problèmes dont vous êtes en réalité les vrais auteurs, au lieu de poursuivre votre sport préféré : la fuite en avant.

Trouvez-moi un bouc-émissaire

Quand les troubles gagnent nos universités ; le pouvoir est victime d’un complot.

Lorsque les fonctionnaires entre en grève ; ils suivent un agenda politique.

Les transporteurs parlent des problèmes que vous leur créer ; ils veulent salir le Président.

Les souscripteurs aux logements sociaux s’interrogent ; ils sont de mauvaise foi.

Les soldats réclament ce que vous leur aviez promis ; ils sont manipulés par monsieur X.

Vous n’êtes jamais responsables de quelque chose, c’est bien. C’est même très très bien. Je ne savais pas que vous étiez des petits anges que Dieu nous avait envoyé pour opérer le miracle de l’émergence. Et que nous devrions par conséquent vous suivre sans murmurer, ni ouvrir les yeux.

Je vous souhaite bonne chance dans votre chasse aux bouc-émissaires. J’espère vivement que vous en trouverez beaucoup. Et je prie que la poursuite de l’un de ses boucs ne vous conduise surtout pas au fond du gouffre.

Sauvons notre pays d’une nouvelle aventure

A un moment il faut arrêter de piétiner, il faut avancer. Il faut se dire qu’au-delà de nos différences politiques, il y a une Côte d’Ivoire à laisser à nos enfants. Et l’intérêt supérieur de cette nation nous commande l’abandon des calculs claniques et égocentriques. Commençons par restaurer la confiance entre le peuple et ses dirigeants. Cela est fondamental dans une démocratie, pour ne pas en arriver à une défiance puis un désordre généralisés.  Si l’autorité de l’Etat se respecte, c’est parce qu’elle commence elle-même par se faire respecter par le respect de ses engagements. Ce message était d’ailleurs au cœur de ma campagne lors des élections législatives que j’ai perdu à Bouaflé, ce n’est que partie remise.

Parce que pour restaurer cette confiance, nos institutions doivent faire leur travail. A commencé par cette Assemblée nationale qui se doit d’incarner vraiment les aspirations du peuple qu’il représente. Elle doit se donner un tant soit peu les moyens pour freiner certaines tentations de « libéralisme sauvage » auxquelles nous assistons.

Enfin le peuple lui-même doit savoir se faire entendre. Chers compatriotes, les dirigeants de façon générale sont des prédateurs insatiables. Si nous leur donnons carte blanche sans un droit de regard, ils ne mangeront un à un jusqu’au dernier. Tel un loup chargé de garder le troupeau. L’éveil des consciences citoyennes est un impératif pour garantir la viabilité de notre fragile démocratie. Et ma foi chacun à un humble niveau peut y contribuer. On est ensemble, on reste ensemble !

 

DIAKITE Tawakkal

Leader d’opinions

Président d’honneur de Jeunesses Sans Frontières

Président du Gouvernail Citoyen


Côte d’Ivoire : « Casser le thermomètre ne fera pas baisser la fièvre »

Kone Seydou, dit Alpha Blondy, a publié la semaine dernière une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il lance un appel au président ivoirien Alassanne Ouattara. Il interpelle le chef de l’Etat, son « Grand-frère », sur la résurgence d’effets de la crise post électorale en 2010-2011 aujourd’hui et sur la situation de l’ex-président (Laurent Gbagbo) et de son co-accusé (Charles Blé Goudé), dont le procès se poursuit à La Haye devant la Cour pénale internationale.

J’ai écouté cette vidéo d’Alpha Blondy, qui se présente lui même comme étant « la voix du silence des autres ». « La voix du silence des autres », quels autres ? Qui ? Je peux d’ores et déjà répondre que je ne fais pas partie de ces  « autres », parce que je ne fais pas dans le silence et surtout parce-que je ne me reconnais aucunement dans ces propos ! D’où ma présente réaction : Alpha Blondy, permets que moi aussi je m’adresse à toi, en t’appelant « Grand-frère ». J’aime ça !

Grand-frère je salue d’entrée ton courage, celui avec lequel tu t’exprimes régulièrement sur la vie de la nation. Cela enrichit le débat et cela permet aux uns et autres de parler et même de se parler.  Il est toujours positif qu’une parole libre puisse circuler et qu’il y ait de l’échange entre tous. Cependant j’aimerais aussitôt te demander de me dire qui sont les autres au nom desquels tu prétends parler ? Je suis impatient de le savoir. Parce que, dès que je t’ai écouté, j’ai compris que tu ne pouvais pas prétendre parler au nom du peuple ivoirien. La teneur de tes propos ne te donne pas ce droit et tu n’oseras sûrement pas usurper ce « titre » de représentant du peuple ivoirien. Tu es tant courageux comme je le disais tout à l’heure… alors tu me le diras – qui sont ces « autres » ?

Grand-frère je me permets de résumer tes propositions : amnistier tous les protagonistes de la crise, faire libérer Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé et agir pour le retour des exilés. Grand-frère tu es très mal inspiré sur ce coup. En clair, tu nous proposes de casser le thermomètre pour faire baisser la fièvre. Tiens, c’est d’ailleurs toi qui m’a fait découvrir cette jolie expression. En quoi est-ce que l’amnistie permettrait la réconciliation et la paix ? Surtout que des amnisties, nous en avons déjà connu dans ce pays. Il ne suffit pas de reprendre des concepts pour se donner de la contenance ou faire les intéressants, il faut aller jusqu’au bout de la logique. Si tant est que ce soit vraiment une logique. Demander de faire libérer Gbagbo et Blé Goudé dont le procès est en cours à la CPI … quand on est raisonnable on ne demande pas l’impossible. « Il ne faut pas demander au bon Dieu sa barbe », tu t’en souviens n’est-ce pas ? Grand-frère, dis-moi par quelle magie ferait-on sortir aujourd’hui Gbagbo et Blé Goudé de la CPI ? Si tu as cette recette magique j’aimerais bien la connaitre. Et, après leur libération, je suppose qu’on devra les amnistier aussi, n’est-ce pas ? Avançons !

En ce qui concerne le retour des exilés, c’est la même chose. Aujourd’hui, tout le monde est libre de rentrer en Côte d’Ivoire. Pourvu que ceux qui ont des comptes à rendre à la justice acceptent dignement d’y faire face. Donc, en clair Grand-frère, j’estime que tu n’as rien dit de constructif, à moins que tu viennes me démontrer le contraire.

Pour moi il n’y a qu’une seule solution à tout ceci : une justice libre et impartiale. Voilà ma solution pour guérir la Côte d’Ivoire. Je le dis à tous les ivoiriens et je le dis au Président Ouattara : ce dont le pays a besoin, ce n’est pas d’une justice boiteuse aux ordres du Palais avec des libérations provisoires dictées par l’agenda politique. Il faut des procès justes, pour tous, et ce, dans des délais raisonnables.

Grand-frère si je t’ai offensé excuse-moi, mais je sais que la pensée unique ce n’est même pas ton genre. Donc à bientôt !

DIAKITE Tawakkal

Ingénieur Génie logiciel des réseaux – Leader d’opinions

Mondoblogueur


L’Afrique face au virage de l’homosexualité

Pendant que le président des Etats-Unis vient d’achever sa tournée en Afrique, la problématique de l’homosexualité est plus que jamais de toutes les causeries. Barack Obama n’a en effet manqué aucune occasion pour revendiquer la reconnaissance et le respect des droits des personnes homosexuelles. Des prises de position loin de faire l’unanimité sur un continent où les deux tiers des pays criminalisent encore cette pratique.

Dans des pays comme la Mauritanie, le Nigeria, le Soudan ou encore la Somalie, les personnes homosexuelles risquent jusqu’à la peine de mort. Et là où l’interdiction n’est pas formellement instituée, ce sont la société, les leaders d’opinion, les communautés religieuses et traditionnelles qui organisent la stigmatisation. Seule l’Afrique du Sud se distingue singulièrement sur le continent. Parce que c’est le premier pays qui a adopté le mariage pour les personnes de même sexe. Cette légalisation n’empêche cependant pas la société sud-africaine de réprimer les homosexuels, surtout les lesbiennes. Dans ce contexte où le sentiment homophobe est largement répandu, quelles pourraient être les perspectives ?

Comme nombre de phénomènes sous nos tropiques, l’homosexualité a généralement été perçue par le prisme des tabous et idées reçues. Lorsqu’il s’agit de sexe, l’Africain le pratique plus souvent qu’il n’en parle. Ainsi pour l’immense majorité des populations l’homosexualité est une pratique contraire aux mœurs et traditions africaines. Elle aurait été introduite par les Occidentaux qui s’activeraient à l’imposer vaille que vaille. Quand bien même des études viennent contredire cette thèse, celle-ci demeure très répandue. Par ailleurs, des considérations héritées des régions monothéistes, dont les Africains restent grands consommateurs viennent renforcer cette réprobation de l’homosexualité. Et visiblement conscients de cette donne, des dirigeants adoptent des positions rigoristes pour demeurer en phase avec leurs populations; leurs électeurs.

Je n’ai pas trouvé des statistiques en la matière, mais sur la base des propos des uns et des autres, les populations africaines semblent largement homophobes. Si bien que parfois l’on peut se poser la question à savoir si toutes les prises de position sur ce sujet sont sincères. Il n’est pas exclu que dans cet océan de condamnations que certains dissimulent leurs vraies opinions sur ce sujet. Car l’Afrique qui traverse déjà une crise aigüe des valeurs ne fait rien pour stopper l’hémorragie. Tout porte à croire que la situation ira de mal en pis surtout avec ce flux de productions médiatiques étrangères qui continuent d’envahir le continent avec désormais des scènes homosexuelles. Quand nous connaissons l’impact que ces productions ont déjà sur nos sociétés, on peut légitimement s’interroger si l’on avait pas décidé de faire désormais la promotion de l’homosexualité.

Un signe avant-coureur

En plus la révolution des nouveaux médias constitue un facteur déterminant de propagande de ces phénomènes de société. Cette tendance permet entre autres aux personnes homosexuelles et aux associations de défense de droits de l’homme de s’exprimer davantage sur le continent. Des témoignages aux manifestations de revendications en passant par les interviews, les homosexuels sont déterminés à conquérir toute leur place dans nos sociétés. Cette évolution est-elle un signe avant-coureur d’une future acception des homosexuels par la société ou cette tentative d’émancipation restera une initiative mort-née ?

La seule chose certaine est que le ver est bel et bien dans le fruit, l’avenir nous dira la suite. En dépit donc des campagnes en cours, l’écrasante majorité des pays africains ne sont pas disposés à franchir le pas d’une législation en faveur de l’homosexualité. Toutefois, nombre de pays jouent les équilibristes entre une opinion « homophobe » et des partenaires internationaux et nationaux qui osent défendre désormais l’homosexualité. En effet dans la plupart des pays ayant opté pour la répression, les condamnations des individus pour cause d’homosexualité sont quasi inexistantes, malgré l’ampleur palpable de ce phénomène. Cette pratique pourrait par conséquent continuer à gagner du terrain à la faveur d’un système qui dans la forme s’y oppose, mais dans les faits ne bouge pas le petit doigt, ou ne fait pas assez pour la stopper.

Tawakkal


Qui a donc volé l’argent des Éléphants ?

L’affaire est depuis sur la place publique, mais une seule chose est sûre : une partie de l’argent destiné au paiement des primes des joueurs et encadreurs de l’équipe nationale de football s’est volatilisée. Hier à l’issue d’un Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement ivoirien a annoncé que le régisseur des compétitions internationales a été démis de ses fonctions et que les enquêtes se poursuivraient de façon approfondie pour situer clairement les responsabilités.

Nous sommes face à une situation incroyable qui témoigne si besoin l’était, des maux qui gangrènent la gouvernance de nos institutions. Près de 800 millions de Francs CFA introuvables, soit environ 1 230 000 euros. Une somme introuvable depuis plusieurs semaines, tandis que le ministre des Sports, le régisseur et le président de la Fédération de football se rejettent la faute par déclarations interposées. Face à ce honteux spectacle de gamins, les Ivoiriens ne sont guère surpris. Car dans ce pays les voleurs de deniers publics ont généralement été protégés et parfois même promus. En espérant que cette fois l’enquête permettra d’identifier les vrais coupables et que ceux-ci seront soumis à toute la rigueur de la loi, je peux faire les remarques suivantes :

Un régisseur ne peut pas voler à lui tout seul

S’il est quasiment impossible que le régisseur soit innocent dans une affaire de cette ampleur, il est tout aussi impossible qu’à lui tout seul il peut l’orchestrer. Car pour quiconque connaît les procédures financières, le rôle du régisseur est tel qu’il ne peut initier une opération et encore moins modifier une opération déjà instruite. Si détournement il y a, il y a donc forcément d’autres acteurs.

Le ministre des Sports ne peut se dédouaner totalement

Que cette affaire traîne, jusqu’à se retrouver sur la table du président de la République, cela traduit un échec flagrant du ministre des Sports. Est-il incapable de faire la lumière sur cette affaire dont les principaux acteurs sont ses subalternes ? Cette inaction ne fait-elle pas de lui-même un potentiel suspect ?

Quoi qu’il en soit, la ligne de défense du ministre est médiocre. Il ne peut pas se borner à ramener les Ivoiriens vers ses collaborateurs et espérer être crédible. Soit il est convaincu de sa culpabilité ou il nous convainc de son incapacité.

Personnellement, le jour où je serais ministre, si une telle affaire venait à se produire dans mon département, j’aurai déjà rendu ma démission au lieu de me comporter ainsi. Cela ne signifierait pas forcément que je sois coupable, mais j’estime qu’à un certain niveau de responsabilité il faut savoir tirer les conséquences qui s’imposent.

Ministère/ FIF: Un manque criant de leadership

Les jeunes gens se comportent comme dans une cour de récréation. Pourtant les affaires de l’État ne se gèrent pas ainsi. Les hauts responsables se querellent comme des gamins devant la nation. Imaginez-vous un instant que dans tous les départements ministériels les problèmes internes soient gérés via les réseaux sociaux et les journaux, que deviendrait le quotidien de notre nation. Réfléchissez-y.

En réalité, beaucoup excellent dans les beaux discours, mais peu savent privilégier l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de leurs intérêts égoïstes.

Pour finir, je me dis que c’est peut-être les joueurs de l’équipe nationale du Ghana qui avaient raison à l’époque, lorsqu’ils exigeaient le paiement de leurs primes de match en espèces avant de jouer les matchs suivants. A l’époque j’étais de ceux qui trouvaient leur posture exagérée, mais à la lumière de cette affaire je ne serai spas surpris si demain nos joueurs venaient à observer la même démarche.

Tawakkal


Quand mère Afrique abandonne ses fils aux flots impitoyables

« Afrique mon Afrique !

Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales

Afrique que chante ma grand-mère

Au bord de son fleuve lointain

Je ne t’ai jamais connue… »

Loin de ses vers de David Diop, l’optimisme a perdu beaucoup de plumes. Plus de fiers guerriers, mais de misérables clandestins au milieu de nulle part, à la merci des flots de la Méditerranée. Ces filles et fils du continent qui sont désormais prêts à tout pour s’en aller loin de leur terre ancestrale. Témoins de ce spectacle de désolation, notre première réaction ne peut être que des pleurs, loin des chants de notre grand-mère. Des larmes de crocodile pour beaucoup.

Les années se suivent et se ressemblent. C’est par dizaines de milliers que nos frères embarquent vers les côtes européennes, dans des conditions de plus en plus dangereuses. Résultat; c’est par milliers qu’ils périssent chaque année en haute mer. Face à ce drame humain, si les dirigeants occidentaux ont une part de responsabilité, je reste convaincu que la grande responsabilité incombe aux Africains, à nous-mêmes. Un proverbe de chez nous dit en substance : « N’accusez pas à tort le lieu où vous êtes tombés, mais accusez plutôt celui où votre pied a buté ». La logique de cette sagesse voudrait que l’on pointe davantage l’Afrique qui pousse ses enfants dans le gouffre, et non l’Europe qui n’a rien demandé. Tandis que l’Union européenne se réunit en sommet extraordinaire, c’est silence radio du côté de l’Union africaine. Dans leur grande majorité,  nos dirigeants restent silencieux face à ces drames. Et les rares commentaires que nous enregistrons ne sont d’ailleurs que des fuites en avant. En effet, ces derniers proposent d’empêcher les départs des côtes africaines. Pour faire baisser notre fièvre, ils ne trouvent pas mieux que de casser le thermomètre. Les irresponsables veulent nous condamner à mort. L’Afrique deviendrait ainsi une prison géante pour ses propres enfants.

Notre continent traverse une crise aigüe de leadership. Des dirigeants en manque de vision, n’ayant aucune solution aux problèmes existentiels de leurs populations. Ils disent ne pas être écoutés par leurs partenaires occidentaux, mais c’est le devoir du leader de se faire entendre. Tous parlent d’émergence, mais ne convainquent pas grand monde avec leurs chiffres macroéconomiques. Diantre, si vous n’êtes pas capables de redistribuer la grande richesse de ce continent, comment voulez-vous que vos populations y croient. Les fruits du leadership moribond ne sont que désespoir, désolation, et drame. Le mal étant connu, nous devons nous atteler à le traiter. J’aimerais donc m’adresser pour finir à mes frères et sœurs qui veulent s’en aller : nous pourrions transformer nos pays respectifs en ce paradis qui vous attire en pleine Méditerranée.

Tawakkal


Côte d’Ivoire : Dois-tu t’inquiéter des pas incertains du PDCI ?

C’est à juste titre que ses pionniers ont fait figurer l’éléphant en bonne place sur son logo. Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est devenu un mastodonte du paysage politique Ivoirien. Du haut des expériences de ses 40 ans de gestion du pouvoir, en passant par le long épisode du parti unique voire parti Etat, l’histoire du pays s’est très souvent confondue à celui de ce grand parti. Et même à ce jour, l’héritage et le rayonnement du PDCI sont loin d’une brutale extinction. Cependant, si marcher derrière un éléphant épargne de la rosée, se trouver dans ses environs lors de sa déstabilisation et/ou sa chute peut s’avérer être d’une extrême dangerosité. C’est en cela que la situation interne au PDCI doit intéresser les observateurs que nous sommes.

Le PDCI a réalisé de grandes choses pour la Côte d’Ivoire ; cela est indéniable. Il faut toujours s’en souvenir et tirer le chapeau pour nos bâtisseurs, à la tête desquels le père-fondateur Félix Houphouet BOIGNY. Mais contrairement à ce que voudrait certains laudateurs, il faut admettre que ce parti a également fait beaucoup de tords à notre pays. Si bien que nous n’avons pas encore fini de ramasser la merde déversée par le vieux parti. La vieillesse a ses déboires. Et oui ! C’est bien les barons du PDCI qui ont institutionnalisé le pillage des deniers publics, ces grilleurs d’arachides dont Ali Baba tolérait la sale besogne, parce qu’ils étaient à l’image de lui et ses 40 voleurs. Dès lors la crise des valeurs n’a fait que s’approfondir. Vous voulez quoi ? C’est bien sûr par sa tête que le poisson commence par pourrir. Et comme le dit un adage Ivoirien : « Quand ça va pourrir, on va sentir. » ça pourrit et non avons senti, abondamment même. La guerre pour la succession du vieux est passé par là, ne parlons même pas de l’accentuation des difficultés socioéconomiques. Et pour ne rien arrangé, le PDCI ne s’est pas empêché de gangrener le climat politique avec le concept xénophobe de l’ivoirité. S’en suit le 1er coup d’Etat de l’histoire de notre pays ; certes contre le PDCI, mais aussi un fait à mettre au passif de celui-ci. Nous voilà de pleins pieds, et ce pour longtemps dans une ère impitoyable d’instabilité. Les Ivoiriens en ont vu de tous les couleurs. Mais une décennie plus tard, nous renouons avec l’espoir d’une stabilité. Pendant ce temps le truand est devant le 1er des sages. Des ennemis sont devenus intimes. Et « l’étranger » a remplacé « le fils du pays ». Alléluha, le Seigneur est merveilleux !

Dans cette Nième ère nouvelle qui s’ouvre, il est normal et légitime que le PDCI aspire à retrouver le fauteuil présidentiel. Personne ne leur en voudra pour cette ambition. C’est plutôt le spectacle désolant auquel nous assistons dans cette perspective qui est préoccupant. De plus en plus les voix discordantes de celle du Sphinx de Daoukro sont étouffées, les scores soviétiques reviennent en puissance. Les nostalgiques du parti unique ont-ils optés pour la pensée unique ? Conséquence ; les poings s’expriment davantage que les bouches. Soit la maison du parti se transforment en Ring, soit certains y sont interdits d’accès. Ça ne vole plus haut, et très souvent cela signifie aussi que ça ne volera plus pour longtemps. Mais tout ceci demeure la cuisine interne au PDCI et l’autre dira qu’il s’en bat les couilles. Sauf que là où le citoyen lambda se sent interpellé, c’est quand le PDCI pense s’offrir le retour au pouvoir en 2020 aux moyens de petits arrangements politico-financiers. Que le PDCI, sinon le PDCI version Bédié décide de soutenir le Président Alassane OUATTARA pendant les prochaines élections, cela reste leur décision, qu’il convient respecter. Parce qu’il ne faut pas non plus verser dans la démagogie, les alliances existent dans toutes les démocraties. Mais de là à en tirer des conclusions comme pour prendre le fauteuil présidentiel en otage, il y a de quoi s’interroger sur les conséquences de cette manœuvre. En agissant ainsi, les habitués des guerres de succession ne nous propulsent-ils pas vers une nouvelle guerre plus complexe ? Qu’adviendra-t-il du sort de notre nation convalescence si au soir des deux mandats du Président OUATTARA elle devrait retomber dans une féroce guerre de leadership ?

Tu dois t’en inquiéter !

Pourquoi ?

Je m’en vais te l’expliquer :

1-        L’obstination dont fait preuve les promoteurs de ce projet est à l’image des « Jusqu’au boutistes » de la classe politique Ivoirienne. Une tendance que je dénonce, tant elle a déjà fait assez de mal à la Côte d’Ivoire. Voilà des personnes qui sont prêts à tout pour réaliser leurs projets. Quitte à plonger le pays dans le gouffre. Demain lorsqu’ils se rendront compte que leur rêve ne se réalisera pas aussi facilement qu’espéré, ils deviendront comme des lions blessés.

2-        Comme aujourd’hui, ce projet sera davantage contesté demain de part et d’autre. Parce que des nouveaux acteurs s’inviteront dans le débat et ne reconnaitront pas dans les petits accords d’arrière-cours passé entre X et Y. La Côte d’Ivoire n’est pas figée.

3-        A moins que le bilan du Président ne soit extraordinairement excellent, ce qui n’est pas le cas pour l’instant, au soir de ses 2 mandats le peuple voudra un changement. C’est-à-dire tourner la page de cette coalition RHDP qui n’aurait pas été à la hauteur de leurs espérances. Une perspective qui mettrait en mal les projets de nos architectes du PDCI.

4-        En 2020 le Front Populaire Ivoirien (FPI) redeviendra plus fréquentable, de nouvelles alliances significatives pourront alors voir le jour. Peut-être avec le PDCI, le RDR ou autre parti. Cette classe politique est capable de tout. Comme quoi nul ne peut affirmer avec certitude ce dont demain sera fait.

Toutefois, il ne faut pas s’alarmer outre mesure. Car l’émergence d’une génération nouvelle d’hommes politiques ne fait plus mystère de l’enclenchement prochain d’une relève générationnelle. Bon gré, mal gré, cette vieille classe politique devra faire ses valises. Les disques durs seront formatés pour que leurs logiciels archaïques cèdent la place aux logiciels de dernière génération. Se faisant le débat sera définitivement recentrer autour des valeurs intrinsèques des acteurs et non autour d’un quelconque appel. Donc en définitive tu dois croire et œuvrer pour un avenir meilleur, différent de ce qu’un groupuscule griffonne loin de toi et aux antipodes de ta profonde volonté de rupture.

A bon entendeur, salut !!!

Tawakkal


Burundi : Et le messie Rugurika apparut!

Comme la quasi-totalité des messies et prophètes avant lui, il a commencé par faire des révélations. Il a dit des choses nouvelles, qui n’ont laissé personne indifférent. Ses propos ont fait des adhérents, des curieux et des farouches détracteurs.

A l’instar de ses prédécesseurs, ses initiatives furent de lui la cible de persécution. N’est-ce pas que nombre d’apôtres du changement ont dû se sacrifier pour leur cause ?

Celui qui voulait contribuer à faire la lumière au sujet de l’assassinat des trois religieuses Italiennes survenu en septembre 2014 au Burundi s’est très vite retrouvé lui-même accusé de « complicité d’assassinat, violation du secret de l’instruction, etc… ». Le monde à l’envers.

Bob Rugurika ; c’est de lui qu’il s’agit, est le Directeur de la Radio Publique Africaine. La plupart d’entre nous, loin du quotidien du Burundi ne l’ont découvert que lorsque les reportages diffusés par sa radio prenaient le contre-pied de l’enquête officielle relative à ce triple homicide. En fait la RPA a diffusé les aveux d’un homme se présentant comme l’un des acteurs de cet assassinat, et dont les témoignages mettent en cause de hauts responsables des services secrets Burundais. Il n’en fallait pas plus pour que les autorités Burundaises fassent appelle à leurs appareils répressifs : Bob Rugurika est incarcéré le 20 janvier 2015. Au lieu d’explorer sérieusement les pistes fournies par cette source, ils ont décidé de la faire taire. Comme si casser son thermomètre suffirait pour faire baisser la température du malade.

Nombre de dirigeants sous nos tropiques n’ont pas encore compris que le temps où le bâton seul pouvait sauver un pouvoir est révolu. Sans justice, et ni transparence, tout régime court inexorablement vers s sa chute ; ce n’est qu’une question de temps. Dès lors la mobilisation pour la libération de Rugurika ne faisait que grandir. Tous se sont érigés en avocat de Rugurika pour dénoncer cette Nième dérive. Au point où la prison de Muramvya (située à 50 km à l’est de Bujumbura) où il était détenu devint un lieu de pèlerinage. Des dizaines de personnes s’y rendant chaque jour pour disent-ils soutenir Rugurika. Des signaux vite compris par les autorités, puisqu’après quelques tergiversations, ceux-ci lui ont accordé la liberté sous caution le 19 février 2015, suite à une décision rendue la veille par la cour d’appel. Dès le jour même de cette décision, le ministre de l’Intérieur Edouard Nduwimana interdisait toute manifestation dans une mise en garde très ferme. Peine perdue. Car malgré les instructions laissées aux forces de l’ordre, celles-ci ont très tôt été débordées par l’ampleur de la mobilisation citoyenne. Ce sont des dizaines de milliers de personnes – enfants, femmes, hommes, chômeurs, et des fonctionnaires – qui prirent d’assaut les rues de Bujumbura. L’unanimité des commentaires voudrait que ce rassemblement spontané soit une grande première dans le Burundi indépendant. Comme touché par « l’esprit » prôné par un messie, ces populations sorties massivement se sentaient comme débarrasser des liens qui les assujettissaient depuis des décennies. Nous avons pu lire et entendre des commentaires enthousiastes, peut-être un peu trop enthousiaste même. Mais exprimant tous leur dépit pour le système et leur espérance pour un changement profond. Comme quoi il ne faut pas grand-chose à un peuple opprimé pour rompre ses chaînes. C’est en ce sens que Bob Rugurika peut s’apparenter à un porteur de bonnes nouvelles, un catalyseur d’espérances et de changement : un messie. Celui qui conduira le peuple Burundais vers sa terre promise, ou qui contribuera à le mettre sur cette voie. C’est une Nième preuve si besoin l’était encore qu’il n’y pas d’alternative à l’impératif d’un leadership vrai et constructif.

Cela dit, Bob Rugurika sera-t-il le messie des Burundais pour la restauration de la démocratie et des valeurs républicaines ? De l’image à la réalité, le fossé peut s’avérer colossal. Surtout dans l’impitoyable et imprévisible jungle politique. Quoiqu’il en soit je parie qu’il y a déjà réfléchis. Mais ma foi le plus important est ailleurs ; et il ne faut point perdre de vue l’essentiel. L’essentiel ici réside dans la capacité du peuple Burundais à capitaliser sur cette dynamique de veille pour se faire entendre et respecter. Car de toute évidence les chantiers pour le rayonnement d’un Etat de droit sont nombreux et vastes. C’est dire que la partie ne fait que commencer ; à vos marques !!!


CAN 2015 : Deux mots pour ce deuxième sacre des Eléphants de Côte d’Ivoire

Rares sont ceux et celles des Ivoiriens qui doutaient encore de la portée du sport, plus singulièrement du Football. Tant cette discipline sportive a concouru au renforcement de la cohésion sociale et à la dynamique de réconciliation. Mieux que tous, le football l’a fait. Même les extrémistes politiques n’ont eu cette fois le choix qu’entre deux choses inconfortables pour eux : célébrer ou la fermer.

L’attente de ce deuxième sacre a été si pénible que sa célébration fut encore plus intense. Nos ainés nous racontaient leur expérience de Sénégal 1992, nous avons eu maintenant la nôtre. Des scènes surréalistes que nous aussi n’oublieront pas de sitôt. Et dont nous serons les éloquents narrateurs en attendant le prochain sacre, qui sera synonyme de la « Nationalisation » de dame coupe. C’est-à-dire qu’elle deviendrait ainsi Patrimoine de la nation Ivoirienne. Ici on n’arrête surtout pas de rêver.

https://www.youtube.com/watcMzRh?v=-ILekoW8

Cette victoire face au Ghana aux relents de répétitions de l’histoire de 1992 a été encore plus impressionnante. En effet depuis les quarts de finale de cette Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2015, des voix s’élevaient pour dire que l’histoire de 92 se répéterait. Il fallait être Ivoirien pour y croire, parce qu’après tant d’espoirs déchus, ce n’était pas gagné d’avance.

Vient la date du 8 février 2015, au stade International de Bata, à l’affiche Côte d’Ivoire vs Ghana. Au terme des 90 min, un score vierge. Comme en  92. Place aux prolongations ; score toujours vierge comme en 92. C’est le moment ou tous sont désormais convaincus que le sort de cette finale se jouera comme 1992 aux tirs au but. Mais en faveur de qui ? Question !

Quand les deux premiers tireurs Ivoiriens ont raté leurs tirs au but, la messe semblait être dite. En attestait l’abattement perceptible sur les visages de tous les supporteurs Ivoiriens, mais aussi l’enchantement sur celui des Ghanéens. N’est pas là la cruauté de notre vie ? Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Même l’impassible Hervé Renard, sélectionneur des Eléphants de Côte d’Ivoire, n’a pu voiler ses sentiments en ce moment précis. Chaque Ivoirien se disait en cet instant précis que pour la 3ième fois nous perdons une finale par les tirs au but, quelle malédiction !!!

Et coup du sort, comme pour donner raison à la théorie de la répétition de l’histoire de 92, les Eléphants reviennent à la hauteur des Ghanéens. Viennent enfin l’arrêt et le tir libérateur de portier Copa. Fabuleux et  magnifique !!! Je ne vous dirai pas ce que j’ai fait personnellement pour célébrer cette victoire, mais celui qui devinera aura un trophée, comme quoi la CAN continue encore 🙂 🙂 :).

Tawakkal


Récit d’une inoubliable expérience du Nêguêsso (Vélo)

Il y a maintenant trois décennies, dans le milieu semi-urbain ou semi-rural qui nous vu grandir, nous avons découvert le vélo. Appelé en dialecte local, en Malinké, « Nêguêsso » (1),  le vélo a été pour nous une grande fascination. Car toutes les concessions ne possédaient pas un vélo, et celles qui en disposaient devaient savoir s’en servir.

En Côte d’Ivoire, comme dans la plupart des pays de la sous-région ouest-africaine, une grande partie de sa population vit d’activités  informelles, telles que l’agriculture et l’artisanat. Cette réalité était plus prégnante dans notre cité, située dans le centre-ouest du pays, ; c’était un réservoir de matières premières et de produits vivriers.  Cette brave et dynamique population avait trouvé un allié de taille pour vaguer à ses occupations : le vélo. Matins et soirs, ces bicycles défilaient sur les routes des champs et des marchés. Ici, les vélos servaient essentiellement à parcourir de longues distances, et à transporter les bagages, au point que la plupart de ces vélos subissaient des modifications plus ou moins importantes pour s’adapter aux besoins des usagers. Notamment, les roues arrière étaient « blindées », tandis que les porte-bagages étaient élargis et consolidés. Se faisant, certains transportaient deux  personnes sur leurs nêguêso le matin, et revenaient le soir du champ avec des chargements impressionnants de poids. Et parfois, en plus de cette charge, certains conducteurs se permettaient d’embarquer une personne sur le tronc du nêguêsso. Impressionnant et séduisant.

Jeunes écoliers, le vélo était tout aussi présent à l’école. Quelques rares personnes se faisaient déposer en voiture ou en mobylette, un plus grand nombre en vélo, mais la majorité écrasante empruntait le « 11 ». C’est-à-dire qu’elle marchait. Pendant ce temps, une race rare d’écoliers venait à vélo, garait leur bicycle dans la cour de l’établissement et se rendait en cours. Des vélos bizarres qui n’avaient pas de porte-bagages, constataient leurs camarades incrédules. Certainement qu’ils étaient méchants : en enlevant leurs porte-bagages, ils ne s’encombreraient pas à prendre leurs camarades sur leurs vélos, ni à justifier leurs refus. Mais tous ces préjugés s’envolaient lorsque l’illustre détenteur de vélo leurs permettaient de faire « un tour » le temps d’une récréation. « Un tour », entendez un tour à vélo. C’est le moment ou tous cherchent à rentrer dans les bonnes grâces du propriétaire de vélo, même ceux qui ne savent pas conduire veulent s’essayer pour découvrir l’effet que ça fait de se trouver derrière le guidon. Des moments magiques pour les impétrants.

A l’adolescence, chacun a eu l’occasion d’avoir un vélo à sa disposition et a appris à rouler. En réalité c’était un défi pour tous les jeunes hommes que de savoir faire du vélo. Une règle non écrite, mais très répandue. Ceux qui ne savent pas le faire se cachent, les autres ne manquent aucune occasion pour exhiber leurs talents de super-pilotes -surtout devant les jeunes filles, parade amoureuse oblige. Certains apprennent facilement, d’autres péniblement. Mais une constance : l’audace paie. Pour savoir rouler à vélo, l’apprenant est invité à oser, à ne pas craindre la chute ni la blessure. Un théorème stipulait même que : « Nul ne peut dompter le vélo sans avoir préalablement subit une blessure de celui-ci. » Chaque apprenant attendait donc avec anxiété sa blessure de vélo. Et, comme si le théorème était fondé, cela nous arrivait toujours. Et quand venait le jour de l’exploit, c’était un grand événement pour lui. Les autres ne s’en rendaient forcément pas compte, mais le concerné avait toutes les raisons de se voir aux anges. Fini les frustrations et les humiliations. Lui aussi pouvait désormais parader devant les jeunes filles, et les embarquer dès qu’elles laissaient apparaître un brin de souhait. Car, à cet âge, les vélos servent aussi à ça. Prendre à bord les jeunes filles, rouler à vive allure, se jeter dans des crevasses, donner de violents coup de freins, pour qu’elles  s’accrochent solidement au pilote en abandonnant leurs atouts naturels sur le dos attentionné de celui-ci.

Velo-gaminn

Ici, le vélodemeure essentiellement masculin, mais aussi majoritairement utilisé par les classes basses. Les classes aisées les utilisent, certes, mais le plus souvent comme jouets pour leurs enfants ou comme moyen de déplacement pour leurs domestiques. Pour résumer, on dira que les uns jouent avec l’outil de travail des autres. Il y a les uns et les autres, pour reprendre un adage populaire par ici.  Ce rapport au vélo est toujours d’actualité. En effet, en dépit de quelques rares usages sportifs professionnels, le vélo demeure cantonné aux zones rurales et il est aujourd’hui délaissé aux classes les plus défavorisées. Car avec l’arrivée des motos à coûts réduits sur le marché, la plupart des ménages ayant auparavant des vélos s’orientent vers  ces engins motorisés, au point où ces motos ont envahis la plupart des campagnes. Et dans les capitales urbaines, le vélo se fait très rare. Seul quelques artisans et personnels domestiques (vigiles, jardiniers, cuisiniers) les utilisent dans une ville comme Abidjan. En effet, dans les grandes villes, le vélo s’apparente plus à un danger qu’à un outil, tant les voies de circulation ne se prêtent guère à sa pratique à cause de l’urbanisation sauvage. La combinaison des facteurs susmentionnés ne laissent  pas présager d’un quelconque avenir pour le vélo sous nos tropiques. Mais tout espoir n’est peut-être pas encore perdu. Un sursaut collectif de nostalgiques et/ou d’amoureux du vélo pourrait un jour sauver ce sort presque scellé du Nêguêsso.

Tawakkal

(1) – Littéralement traduit du Malinké, « Nêguêsso » signifie « Asile du fer » ou « Foyer du fer ». Cela pour exprimer le fait qu’il est majoritairement constitué de cette matière.


Mes réponses aux 7 contre-vérités du Porte-parole de M. Konan BANNY

Ce 2 Octobre 2014, alors que Radio France Internationale (RFI) organisait un débat sur le bilan de l’action de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR), j’ai donné mon avis sur la question sur mon mur Facebook comme je le fais régulièrement sur les questions d’actualité. Mais cette fois j’ai identifié M. SRAN Kouassi Franck, Porte-parole du Président de cette CDVR dans mon statut. Il ne fallait pas plus pour que le griot de BANNY vienne s’acharner sur mes écrits, à coup de contre-vérités savamment concoctées. Vous voulez quoi ? C’est son Job ! Défendre le travail et l’image de son Patron, vaille que vaille. Mais sachez que je ne mangerai pas de cette herbe nocive à la stabilité sociopolitique de ma chère Côte d’Ivoire. Je m’en vais donc démonter ses 7 contre-vérités :

Prenez connaissances de la conversation afin de mieux comprendre ce qui suit :

(En rouge les propos de M. SRAN, en bleu les miens)

Conversation facebook

Prenez connaissances de la conversation sur mon profil facebook afin de mieux comprendre ce qui suit :

(En rouge les propos de M. SRAN, en bleu les miens)

1-) Je ne suis pas surpris de ta réaction, que dis je, de ton impertinence et de ton arrogance.
C’est la somme des attitudes comme la tienne qui ont généré dans notre pays, la crise. La crise a, à son tour mué en conflits violents, lesquels conflits ont causé de nombreuses victimes. Ce sont ces victimes-là (1990-2011), que la CDVR a été chargée d’identifier ! (…)

Ils sont passés maître dans la création d’écrans de fumée ; ils adorent nous mystifier avec des concepts dont eux-mêmes n’ont que visiblement peu de connaissances ; ces dirigeants de la CDVR. Sinon la Côte d’Ivoire a connu ces crises parce que des institutions comme la leur ont failli. Pour ma part je ne fais que des constats et les expriment avec les mots que j’assume pleinement. Je dis et je répète : le fait que l’action de la CDVR devienne l’objet d’interminables polémiques témoigne de l’échec de sa conduite. Quand on est incapable de susciter le consensus autour d’un projet si important, mieux vaut déposer l’éponge dans l’honneur et partir faire valoir ses compétences ailleurs. se faire Inutile de se défendre face à cette évidence. Mais de façon constructive je propose l’organisation d’un sondage suivi d’un rassemblement des forces vives. C’est ça l’impertinence et l’arrogance ? Orgueil et mauvaise foi ; quand vous nous tenez.

2-) Cela se voit encore une fois que tu ne sais pas grand’chose de la mission de la CDVR. Dans une certaine mesure, c’est ton droit, même de ne pas comprendre… Mais ça ne fait pas correct et sérieux d’émettre des jugements de valeur sur un travail qu’on ne connaît pas. J’insiste.
Ah, j’oubliais. Ces dirigeants éclairés de notre chère CDVR adorent également se réfugier derrière leurs supposées missions que nous ne pourrions pas comprendre. Et il insiste. Quoi de plus normal ? Un mensonge répété mille fois ne devient-il pas vérité ?

Sinon les missions de cette CDVR sont bien comprises. Pour ceux qui les ignorent encore, il suffit de visiter www.cdvr.ci . C’est la manière dont celles-ci sont accomplies que nous jugeons maladroite ; donc pose problème. Dire que les audiences « dites publiques » n’étaient ni ouvertes ni transparentes, c’est appeler le chat par son nom. Et il faut avoir des lunettes en bois pour ne pas voir l’amateurisme et l’improvisation dont cette institution a fait preuve tout au long de son existence. Ou il faut être salarié de la CDVR pour ne pas s’en rendre compte.

3-) Cela étant, mon frère Diakité, je voudrais attirer ton attention sur le fait que le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, recevant en fin 2013 le rapport de la Commission, à la fin de ces 2 premières années d’activités, a dit de M. Banny et de la CDVR (je cite) « qu’ils avaient accompli un travail impressionnant ».
C’est donc pour cette raison massive qu’un temps additionnel de 12 mois a été accordé à la CDVR pour achever les activités qui restaient à exécuter.

Voilà quelqu’un qui nous prend vraiment pour des dupes. Comme ça parce que le président a dit qu’un travail impressionnant avait été abattu que nous devrons tous la boucler et applaudir la CDVR des deux mains et des deux pieds. Trop facile. D’ailleurs la notion de travail impressionnant demeure tellement subjective. Mais ne jouons pas les mauvaises langues, supposons que le Président pensait sincèrement ce qu’il disait lors de cette cérémonie.

A la veille de celle-ci, nous avons demandé au président, arguments à l’appui, de ne pas reconduire M. Konan BANNY dans cette mission noble de réconciliation. Et nous avons fait parvenir copie de cette requête à la CDVR. J’imagine qu’ils l’ont déchiré dès réception. Puisque nous n’avions eu la moindre suite. Or nous avions espéré mieux de la CDVR, hélas à tort.

Personnellement je n’accuse pas la CDVR d’être la seule responsable des mauvais résultats, mais aussi et surtout le Président Alassane Ouattara. Les Ivoiriens l’ont voté davantage dans l’espoir de les réconcilier, que de venir nous distribuer des milliards. Il est donc inacceptable qu’il laisse ce processus crucial produire des résultats si médiocres.

4-) Avant le chef de l’Exécutif ivoirien, c’était le tour de l’ancien SG de lONU Koffi ANNAN, de passage à Abidjan, de féliciter et d’encourager la CDVR pour le travail « scientifique et méthodique accompli…. »
Le dénominateur commun de tous ces adeptes de la malhonnêteté intellectuelle est qu’ils ont une mémoire sélective. Sinon je me souviens que d’autres personnes ont eu des mots moins sympathiques à l’endroit de la CDVR. Au nombre desquels Me Patrick Baudouin, le président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), qui a fait le déplacement jusqu’à à Abidjan pour tenir des mots très durs à l’endroit de la CDVR. Qui selon ses termes n’a œuvré que trop peu pour la réconciliation. Pourquoi notre Porte-parole n’en fait pas écho ? Vous avez tout compris, le métier est dur. Il faut montrer la partie qui nous arrange. Monsieur, comprenez que cette comédie n’amuse plus les Ivoiriens.

5-) Alors Diakité, ton opinion serait importante et ta proposition ne serait pas farfelue, si tu émettais des avis objectifs et donc pertinents…Or donc !!!!
Dans quel monde vivant nous ? Or donc l’organisation d’un sondage doit se fonder sur des faits objectifs. C’est dire combien certains sont peu cultivés, ignorant même le bienfondé du concept de sondage.

En plus ils se targuent de faire un travail scientifique et méthodique, alors qu’ils n’ont même pas prévu un sondage à l’issu de celui-ci pour évaluer sa portée. Et contrarié par une proposition des plus opportunes, il la qualifie de farfelue. De quoi les gens ont si peur ? De la vérité, j’imagine aisément.
6-) Je termine en t’informant que la CDVR connaît l’opinion des ivoiriens sur sa mission. Elle les a consultés avec le précieux concours des ONG de la société civile (regroupées en 32 plateformes) en deux opérations nationales, d’abord de janvier à fin février 2013, ensuite du 21 août au 21 septembre de la meme année.
Les résultats ont été rendus publics. Et c’est sur la base de ces résultats, diffusés partout, notamment auprès des Partis politiques de notre pays, que la CDVR a mené à terme et avec succès, la fin des opérations prévues dans son plan d’action.
Je ne doute pas du fait que la CDVR connaisse l’opinion des Ivoiriens sur sa mission. En effet pour avoir vu dans plusieurs localités comment ceux-ci se mobilisaient très peu lors des activités de la CDVR, l’évidence saute à l’œil. S’acclamer mutuellement dans un cercle d’ami ne change rien à l’implacable réalité de l’impopularité des procédés de la CDVR. Une popularité qui s’est finalement muée en une indifférence. Dernière réaction en date, celle du Président du Collectif des victimes en Côté d’Ivoire, une association qui existe depuis 2001. Ce dernier déclarait que la CDVR a failli à sa mission. Voilà un farfelue de plus, dira l’autre. Mais je crois qu’il faut être sérieux et respecter les Ivoiriens. C’est répugnant de faire comme si tout allait comme sur des rails. Et que toutes ses critiques, même celles venant de l’intérieur de la CDVR n’étaient que l’œuvre d’une bande marginale de détraqués. Et nous aurions été si détraqués que nous n’aurions pas découragé ceux qui voulaient marcher à l’époque sur la CDVR d’abandonner leur projet. « Dérive inacceptable », c’est le mot que j’ai utilisé à l’époque. Parce que nous croyions que d’autres alternatives constructives demeurent.
7-) Mais hélas toi, tu ne sais rien de tout cela. Ou bien tu fais exprès de ne rien savoir. Si tel est le cas, ce serait bien dommage ! Et je n’aurais donc plus aucune raison de me fatiguer à te parler.
Dieu nous garde mon frère Diakité
Bonne fin de journée !

Celui qui fait semblant ici c’est celui dont le travail consiste à fabriqués des contre-vérités et à la servir froidement aux populations qui ne demandaient qu’à être écoutées et associées sans discrimination à la construction d’une Côte d’Ivoire nouvelle.

Pour ma part, je m’engage à :

–          Dire à ses fainéants qu’ils feraient mieux de céder la place aux bosseurs tandis qu’il est encore temps ;

–          Faire comprendre aux corrompus qu’ils ne pourront pas continuer éternellement à nous voler ;

–          Dire aux fossoyeurs de la République que leur règne tire vers sa fin ;

–          Agir, agir et agir.

Et tant que les choses ne changeront pas, dans le sens d’une société en phase avec les valeurs fondamentales, il en sera ainsi.

N’est pas qu’à chaque génération son combat.

Nous y sommes!!!

DIAKITE Tawakkal


Retour de l’église dans les arènes politiques en Afrique : un joueur de trop

Dans mon pays la Côte d’Ivoire, en 2010 l’église, toutes tendances confondues s’est retrouvée au cœur de la crise postélectorale. Les tentatives de médiation de l’église catholique entre les camps Gbagbo et Ouattara ont fait couler beaucoup d’encres et de salives de part et d’autre. Aujourd’hui, le représentant de l’église catholique à la Commission Électorale Indépendante (CEI), L’Abbé Boni Boni, s’est retiré après le retrait de l’opposition et de la société civile. Dit-il, pour favoriser la participation de tous les fils du pays.

Au Burkina Faso, le clergé a vertement prit position contre la révision de la constitution envisagé par le parti au pouvoir.

En république Démocratique du Congo, l’église catholique a décidé d’aller plus loin que d’habitude. Non seulement elle exprime sa désapprobation vis-à-vis du projet de révision constitutionnelle qu’elle soupçonne, mais elle appelle tous les curés et les catéchistes du pays à véhiculer son message et à sensibiliser les chrétiens dans les églises pour qu’ils se mobilisent contre toute tentative de modification de l’article 220. Un nouveau cap est franchi dans l’Afrique de l’après indépendance.

Du Benin au Burundi, en passant par le Sénégal, etc… l’église catholique se fait remarquer de plus en plus par ses prises de positions sur la gouvernance des Etats et le déroulement des processus électoraux. Certains trouvent que l’église sort de son rôle, elle s’en défend bien entendu, et de manière fort bien convaincante. Interroger dernièrement sur Radio France Internationale (RFI) à savoir si l’église n’était pas dans le rôle de l’opposition, Monseigneur Fridolin Ambongo, (président de la commission Justice et paix de la Conférence épiscopale nationale congolaise, la CENCO) répondit ainsi « L’Église catholique a toujours joué un rôle prophétique, indépendamment de la position de l’opposition. Quand il y a un danger qui pointe à l’horizon, c’est le rôle du prophète d’attirer l’attention en sonnant l’alarme. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. » A vos commentaires !

Pour ma part je constate comme tous cette progression dans la position de l’église. Je suis aussi d’accord avec la mission des prophètes qui doivent attirer l’attention de la communauté, nous constatons que nos prophètes ne semblent que découvrir aujourd’hui les problèmes que nous vivons depuis des décennies. Pourquoi une prise de conscience et d’initiative si tardive ? Quelles conséquences cela peut-il engendrer ?

Si le clergé pousse le bouchon plus loin, le risque serait de se retrouver malgré ses « bonnes intentions » dans l’arène politique, et d’être par conséquent traité comme tel, sans aucune garantie d’ailleurs sur l’issue de ses actions. Car dans une telle perspective l’un des gros défis pour l’église serait déjà de parler d’une seule voix ; de tenir dans le temps une position commune. Au lieu de contribuer à unir le peuple, et promouvoir la démocratie, l’église pourrait devenir un vecteur de division et de conflit plus ou moins grave. En effet sachant qu’il existe d’autres communautés, l’équation deviendrait certainement plus complexe si les autres communautés venaient elles aussi à donner des mots d’ordre opposés. Par ailleurs dans d’autres pays comme le Sénégal, c’est la communauté musulmane, les mourides plus précisément, qui s’adonnent à ce jeu dangereux. Étant un acteur de la société civile, j’encourage toutes les forces vives de la société à s’impliquer pour la promotion de la bonne gouvernance et des valeurs démocratiques. Cependant chacun se doit ma foi de peser avec la bonne balance les POUR et les CONTRE de ses initiatives. En occurrence la montée en première ligne des communautés religieuses créera plus de problèmes qu’elle n’apportera de solutions. Dans un contexte déjà confus par plusieurs facteurs, de tels mélanges de genre rendrait le cocktail plus explosif. Je déconseille donc fortement le clergé dans cette perspective. Sinon demain ce sont les autres communautés qui s’y inviteront. Les communautés ethniques ne tarderont à emboîter ouvertement le pas ; Bonjour la chienlit. Pour nos démocraties embryonnaires, il est bon que ces entités ultra-sensibles se placent au-dessus du marigot et des brouhahas politiques. Si nous y sommes tous embourbés qui viendra nous remorquer ? Si nous parlons tous en même temps qui nous ramènera autour de la table de discussion ?

D’autres actions plus appropriées demeurent à la portée de l’église. Celles-ci rendraient davantage service à la communauté. Il faudrait peut-être que nos prophètes confient davantage la situation au père pour qu’il les inspire mieux, au lieu de se consacrer exclusivement à des jeux politiques et diplomatiques.

Au nom du bon sens, Amen !

Tawakkal


19 septembre 2002 : Merci pour ce moment de sursaut démocratique

Témoignons-les reconnaissance et gratitude !

Merci pour votre combat, rendu officiel ce 19 septembre 2012 !

Merci pour avoir pris vos responsabilités, face à un régime qui nous conduisait droit dans l’abîme !

C’est peu de le dire, la Côte d’Ivoire se trouvait au bord du gouffre. Face à cette tragédie qui se jouait sous nos yeux, dans un silence coupable voire complice, il eut fallu oser. Oser dire « NON » à la dictature. Merci  pour ce moment de libération !

En effet, la haine, l’exclusion et la xénophobie était le vecteur de la gouvernance du régime Gbagbo. Non content d’avoir pourchassé opposants et militaires hors des frontières, l’on avait décidé de martyriser les pauvres populations qui avaient eu « le malheur » d’avoir un nom à consonance nordique. Il y avait eu les vrais ivoiriens d’une part, et les faux d’autre part. Ces derniers pouvaient ainsi être brimés, dépouillés, voire tués dans l’indifférence. Notre socialiste en chef s’était muer en bourreau des valeurs d’intégration et de coexistence, quel drame! Le charnier de Yopougon est passé par là, les criminels ont été blanchis et félicités. Les contrôles de faciès, les délits de patronyme, etc… Nombres d’ivoiriens et de personnes vivantes en Côte d’Ivoire ont souffert de ces dérives, les moins chanceux en sont morts. Certains ont dû se résoudre à vivre dans la clandestinité dans leur propre pays, tandis que d’autres, qui en avait la possibilité, sont rentrés dans leurs pays voisins. Laissant derrière eux leurs champs et autres biens, fruits de toute une vie de dur labeur. Quelle tragédie !!!

« Les armes qui se prennent pour la défense d’un peuple qui n’a point d’autre ressource sont miséricordieuses. » Nous enseigna Nicolas Machiavel dans Le Prince, éd. H. Wetstein, 1683, chap. XXVI, p. 223. Il a dit vrai. Les armes prises pour restaurer la justice et la démocratie sont salvatrices. La rébellion qui en fut le vecteur ce 19 septembre 2002 sur les terres d’Eburnie est salutaire. Une révolution exemplaire. L’histoire retiendra dans ses lettres d’or une guerre noble ; menée par des artisans infatigables de la démocratie. Qui au risque de leur vie ont décidé de porter le fardeau de plusieurs millions de citoyens. Encore  Merci  pour ce moment de sursaut démocratique !

Le porte-étendard de ce combat, SORO Kigbafori Guillaume, a convaincu l’opinion de la justesse de cette lutte ; tant ses résultats sont éloquents et palpables. « Les armes se sont imposées à nous et nous avons pris les armes pour réclamer nos cartes d’identité » disait-il. Aujourd’hui ces cartes d’identités sont à la portée de tous, Adieu l’exclusion ! Grâce à cette lutte la Côte d’Ivoire a enterré le concept discriminatoire et xénophobe de l’ivoirité. Cette lutte a permis également l’organisation d’élections libres et transparentes ; les plus démocratiques que nous n’avions jamais connu auparavant. Ces élections ont hélas été l’occasion pour la dictature pour dévoiler sa face la plus hideuse. Permettant ainsi à ceux qui en doutaient encore de découvrir sa vraie et triste nature. La vérité triomphe toujours du mensonge ; le bien du mal ; si bien que la révolution emporta le dictateur à la Cour Pénale Internationale.

Le combat n’est bien entendu pas terminé. Il doit se poursuivre aujourd’hui sous d’autres formes, afin d’assainir l’environnement sociopolitique qui demeure corrompu par des préjugés et considérations partisanes. Nous devons vaille que vaille recentrer le débat autour des valeurs intrinsèques des acteurs.

Au demeurant, inclinons-nous respectueusement devant la mémoire de celles et ceux, acteurs ou victimes collatéraux, qui ont perdu la vie au cours de cette longue traversée du désert. Et disons en chœur au Président SORO Guillaume et ses valeureux compagnons :

–          Merci pour ce moment de sursaut démocratique !

–          Merci pour ce moment de restauration de notre dignité citoyenne !

–          Merci pour ce moment de sacrifice pour lequel nous ne vous remercierons jamais assez !

Tawakkal


Côte d’Ivoire : quand des arnaqueurs jettent leur dévolu sur les corrompus

La Côte d’Ivoire est un pays corrompu, cela est un fait. De la classe dirigeante au bas peuple, la gangrène s’est installée à des degrés divers. Il paraît qu’une lutte sans merci s’organise pour l’éradiquer, nous attendons de voir les résultats de celle-ci. Mais ce qu’on n’avait pas vu venir, c’est que cette masse colossale de corrompus-corrupteurs devienne une matière première pour un type d’entrepreneurs peu recommandable : les arnaqueurs.

L’affaire remonte à quelques semaines. Une série de textos s’abat sur les téléphones portables. Dans ces messages, un certain oncle demande de lui envoyer à son bureau les dossiers parce qu’il aurait des places à octroyer à la Douane, aux Impôts, au Trésor, à l’ENA, etc. Bien entendu les personnes ayant reçu ces messages ne connaissaient pas cet oncle généreux. Ils appellent donc pour savoir comment profiter de cette occasion en or pour devenir fonctionnaire. La suite, toujours la même : l’oncle répond qu’il s’est trompé de numéro destinataire et qu’il voulait plutôt envoyer ce message à son neveu. Si le sujet se montre intéressé, l’oncle lui dira que c’est un service qu’il veut rendre gracieusement à son neveu, mais qu’il pourrait tout de même en faire bénéficier moyennant une certaine somme, ce sujet chanceux ayant reçu son message qui ne lui était pas destiné. Imaginez la suite si vous étiez ce cowboy.

Ce qui m’intrigue, c’est que la quasi-totalité des personnes ayant reçu ce message se sont empressées de rappeler l’expéditeur avant de comprendre l’arnaque. Comprenez combien la société ivoirienne est corrompue. Tous sont prêts à corrompre pour avoir un emploi. L’on se plaint à l’unisson des effets pervers de cette pratique, mais personne n’ose dire « Non merci » lorsqu’une situation de corruption se présente. Les valeurs morales et éthiques sont sacrifiées sur l’autel du salut personnel. Un adage du pays dit que lorsque le tonnerre gronde chacun attrape sa tête. Entendez que face aux difficultés de la vie chacun se préoccupe de sa situation personnelle. Dans de telles circonstances, comment pouvons-nous espérer que les citoyens dénoncent les voyous en costume auprès des juridictions compétentes. Enfin, il paraît que celles-ci ne sont plus aussi compétentes. Puisqu’elles seraient elles-mêmes gagnées par la corruption. Bref, disons Adieu à la promotion du mérite et célébrons l’injustice sociale.

Personnellement, j’aurais aimé que tous ces corrompus se fassent arnaquer. Est-il correct de se réjouir de l’arnaque de quelqu’un, même s’il est corrompu ? Mais là c’est un autre débat. En attendant d’aborder celui-ci, certains racontent comment ils ont été déçus de découvrir que cette « occasion en or » était une arnaque. Tandis que d’autres répondent comme ci-dessous :

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Tawakkal