Charles Lebon

Le cauchemar des Togolais sous les Gnassingbé

Eyadema et Faure 11L’avenir prometteur du Togo au lendemain de son indépendance a tourné très court avec l’assassinat de son premier Président démocratiquement élu, SylvanusOlympio, le 13 Janvier 1963, par Eyadema Gnassingbé, un ancien soldat de l’armée coloniale française sur instruction de la France (une combine de De Gaulle et Foccart, son conseiller aux affaires africaines).

Depuis ce jour fatidique  qui a couvert notre si beau pays des ténèbres de la dictature, des assassinats de libre penseurs en occurrence celui de Tavio Amorin, et des répressions aveugles du peuple, les Gnassingbé règnent sans partage sur le pays, sabotant tout effort et aspiration surtout des jeunes à la démocratie et  à la prospérité économique. Du père dictateur au Fils dictateur, le Togo est devenu une désolation; un pays sucé jusqu’au moelle par les Gnassingbé, leur entourage, les milieux d’affaire dont ceux qui contrôlent le Port Autonome de Lomé et une minorité de militaires voyous, sous le regard complice de la Communauté dite Internationale et surtout sous le regard bienveillant de la France. Le Togo est devenu depuis la prise du pouvoir en 1967 ( mais en réalité depuis 1963) par Eyadéma  jusqu’aujourd’hui, un royaume dans lequel il est difficile de réussir sans  lécher le cul et les couilles des Gnassingbé.

52 ans d’indépendance est fondamentalement donc un bilan négatif-absolu  de règne  dynastique d’un clan au pouvoir, mais qui plus est, maintient le peuple dans la misère, le mensonge et la répression: état de délabrement total des universités et hôpitaux publics ; la fuites massives de jeune cerveaux en Occident. Le seul travail qui crée d’emploi est le Zémidjan (Taxi-Moto) qui détériore considérablement la santé des jeunes et hypothèque ainsi la ressource humaine fondamentale pour le développement de notre pays. Mais non seulement les Gnassingbé ont pondu un bilan négatif-absolu pour le Togo, mais pire, ils étranglent et continuent d’étrangler le rêve, élément immatériel essentiel  à toute matérialisation, dans son essence en réduisant le droit des Togolais  à la mendicité auprès du pouvoir.  Même nos vieux chefs traditionnels, qui devraient être des sages de la communauté, appellent joyeusement Faure « Papa ».  C’est pourquoi il me semble essentiel d’agir le plus vite possible afin que les Gnassingbé incarnés aujourd’hui par le tyrannosaure Faure, ne tuent pas définitivement le rêve du Togolais qui se résume dans son antienne : Travail-Liberté-Patrie.

Dans ce contexte d’échec total de la gestion du pays par les Gnassingbé, il est inacceptable que Faure Gnassingbé qui a pris le pouvoir en 2005 dans le sang après la mort de son père dictateur, Eyadema, nargue encore les Togolais en se présentant à la prochaine élection présidentielle prévue le 15 Avril 2015, pour un troisième mandat. Penser que le père a fait 38 ans au pouvoir, et que le fils veut faire mieux que ce dernier en rempilant des mandats renouvelables sans limite grâce aux fraudes électorales et la protection de l’armée, me fait caresser la Révolution comme une arme légitime du peuple. Si cette élection a lieu avec la victoire de Faure Gnassingbé, le peuple doit trouver impérativement la voie de la révolution. Mais en attendant cette échéance électorale, l’opposition togolaise saura-t-il entonné le cri révolutionnaire dans l’unité et pour l’intérêt supérieur de la nation au delà de ses propres rivalités internes et intestines?

 

 

 

 


L’inconnaissance de Dieu: prolégomènes pour revaloriser nos religions

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Rencontre de prêtres vaudou à Lomé (Togo)

L’homme dans son étonnement en contemplant le monde, pense qu’il doit avoir une Cause qui a causé tout ce qui existe, l’entoure, y compris lui-même. À cette Cause chacun a donné un nom (qui diffère selon les langues) et un contenu (qui diffère selon la conception de chacun et de chaque culture : l’Un, Yahweh, Dieu, Allah, Mawu, Zambé, etc.

Je partage l’idée de cette Cause causante non causée ou cause première qui n’a de valeur de vérité que parce qu’elle rassure la pensée dans son cheminement. Mais lorsqu’il s’agit de donner un nom à cette Cause et de la définir, la pluralité des divergences confirme qu’on n’en sait rien ou que chacun n’en détient que des fragments informes et imprécis.
Malheureusement pour dominer les autres discours sur cette Cause, certains sortent de leurs laboratoires théologiques le mot Révélation. Or les révélations censées provenir du même Dieu se fourvoient dans des contradictions.

Le christianisme dit par exemple conformément à sa révélation que Jésus est le Fils de Dieu. Mais l’islam qui aurait reçu sa révélation, le Coran, des mains de l’ange Gabriel, nie la divinité de Jésus et ne lui confère que le rang de prophète. Comment deux révélations provenant d’un seul Dieu, peuvent être contradictoires ou remises en cause ? Ceci nous démontre encore une fois que ce que ces religions pensent savoir de cette Cause et qu’elles élèvent au rang de révélation n’est qu’une construction humaine arbitraire et imparfaite.

Nous assistons dès lors non seulement à la naissance ou mieux à l’invention de la Vérité absolue (puisque c’est cette cause elle-même qui se dé-voile et se dit), mais à l’exclusion des autres discours comme étant faux. C’est pourquoi quelque part je suis sceptique lorsque le judaïsme, l’islam et le christianisme parlent de tolérance et de dialogue interreligieux. Car ce qui représente leur fondement est la Vérité absolue puisque ce serait Dieu lui-même qui aurait parlé. Or il n’y a de cécités tenaces et immortelles que lorsqu’on est en présence de vérités fixes.

Un vecteur de la destruction des autres cultures

Les religions révélées en portant ainsi au cœur de leurs discours la Révélation sont en soi un vecteur de destruction des autres religions. Mais plus encore elles deviennent un vecteur de la destruction des autres cultures. Car en réalité, ce que les autres religions et cultures disent sur cette Cause, est la superstructure fondamentale qui détermine leur culture. C’est pourquoi là où elles s’implantent, les religions révélées ne peuvent pas réussir ce qu’elles appellent l’Inculturation.

Pour ma part, ne pouvant pas concrètement savoir ce qu’est cette Cause, puisque même les révélations s’opposent entre elles, je pense que nous devons abandonner l’idée selon laquelle « ma religion est la meilleure » en appelant les autres à la conversion.
Chaque culture dans son art a créé un discours sur cette Cause. Et cela lui permet d’organiser sa cité autour des valeurs. De cette perspective, je dirais que toutes les religions ne sont pas fausses. Elles sont utiles.

C’est pourquoi il serait plus sage d’inviter les trois religions monothéistes à cesser la propagande qui consiste à diaboliser les autres religions et à se poser en détenteur de la vérité, puisque de la vérité nous n’en savons rien quelles que soient les arguties de la métaphysique et de la théologie spéculative.

Par conséquent les filles et fils d’Afrique spécialement doivent s’engager à redonner aux religions traditionnelles de leurs sociétés leurs lettres de noblesse. Nous sommes tous des aveugles qui touchent l’éléphant. S’il est dans ce cas arrogant qu’un aveugle demande aux autres aveugles de croire que la partie qu’il touche de l’éléphant est l’éléphant, il est serait idiot si les autres aveugles délaissent les parties qu’ils tiennent pour le suivre.

 


Sarkozygate et «boules puantes» à l’UMP : quel rapport avec la démocratie en Afrique?

Crédit photo SIPA Press
Crédit photo SIPA Press

Le mot « racaille » change de propriétaire

Aujourd’hui en France on peut désigner de façon distincte et sans se tromper qui est une bande de racailles entre d’une part les jeunes des banlieues et d’autre part Sarkozy et les sarkozystes. Désormais il ne suffirait plus d’être jeune, habitant un quartier de la banlieue pour se faire traiter de racaille. Pour être qualifié de racaille, il en faut plus : être politicien en costume cravate; membre influent d’un parti sauveur des Français; lézarder dans des hôtels de luxe pendant les vacances; faire des tours en jet privé. Voici donc une triste nouvelle pour les jeunes des banlieues. En plus d’être dépossédés de leur dignité par les piètres politicards, ils se voient encore choper leur nom « racaille » par ces politiciens.

En effet, voyez-vous, les politiciens français viennent de voler aux jeunes des banlieues ce nom répugnant pour doigter cette frange sociale du haut de leur perchoir politicien. Vous rappelez-vous de ce mot dans la bouche du sieur Sarkozy en 2005 lors de ses tournées en banlieue… hein? Oh! Comme la roue tourne. Le voici devenu RACAILLE, Racaille d’Etat pour employer l’expression du député socialiste Richard Ferrand . Son parti l’UMP est devenu une « racaillerie ». À sa tête, Mr Sarkozy trône en chef. La crise à l’UMP nous le prouve.

Cette crise qui secoue en effet le premier parti de l’opposition en France, l’UMP, sous l’ère Sarkozy, est en réalité un problème d’éthique politique qui résulte d’un rapport malsain de ses dirigeants avec l’argent. De Sarkozy aux autres dirigeants de l’UMP, ce qu’on constate est une suite d’accusations relatives à des espèces sonnantes et trébuchantes.

Sarkozy, l’UMP et l’Argent

Le sieur Sarkozy est mis en examen principalement pour corruption active. Il aurait promis au premier avocat général près de la cour de cassation, Gilbert Azibert, désireux d’obtenir un poste monégasque, d’intervenir en sa faveur. En retour Mr. Sarkozy attendait que celui-ci lui procure des informations sur le dossier Bettencourt le concernant. Le dossier Bettencourt, rappelons-le, est une affaire politico-financière révélant un possible financement illégal de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy.Deboirs de Sarkozy

Au cœur des déboires de Sarkozy se trouve donc la campagne présidentielle française; ce moment clé où pour devenir président, tu dois convaincre la foule qu’elle est malade et que sans toi, elle ne peut guérir.

En plus donc d’un possible financement illégal par la richissime Bettencourt, vient s’ajouter les soupçons d’un autre financement par le Guide libyen Mouammar Kadhafi, paix à son âme. On se demande si la rapidité avec laquelle Sarkozy avait contribué à l’assassinat du Guide libyen n’était pas plutôt une stratégie assez subtile pour effacer toute preuve accablante de ce financement électoral. Mais pauvres de nous, avec la propagande de leurs médias, ils ont fait croire au monde entier qu’ils avaient déclaré la guerre à Kadhafi dans un seul et unique but sacro-saint humanitaire : protéger la population libyenne.

Aux dossiers Bettencourt et Kadhafi s’ajoute une autre affaire à propos des comptes de campagne : l’affaire Bygmalion. Il s’agit ici d’une double comptabilité mise en place par la société Bygmalion et l’UMP.  Au total 17 millions d’euros de dépassements de frais de campagne de Nicolas Sarkozy auraient été masqués par cette société en complicité avec l’UMP. Notons que Bygmalion, société en communication, est créée en 2008 par deux proches de Jean-François Copé.

À ces affaires dignes de banditisme s’accumulent d’autres. Mais notons simplement à partir de ces exemples qu’autour de la campagne présidentielle d’un candidat au poste de présidence de la République française se greffent plusieurs scandales notamment le financement illégal par Bettencourt, première actionnaire du groupe L’Oréal et l’une des trois premières fortunes de France; le financement illégal par Kadhafi, un chef d’Etat africain jadis infréquentable et condamné de dictateur par les grandes démocraties occidentales; et la fraude de double comptabilité. Nous sommes vraisemblablement devant un scénario digne de ce qui se passe sous les cocotiers dans certains pays d’Afrique comme le Togo, le Cameroun, le Burkina Faso, ou encore le Congo-Brazzaville.

Des boules puantes à l’UMP

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Au scandale relatif à la campagne de Sarkozy s’ajoute la gestion même de son parti l’UMP. France24, à propos des scandales financiers mis à jour dans la gestion de l’UMP, titrait : « Boulepuante ». Que sont donc ces boules puantes et nauséabondes ? Sommairement les voici :

  • 24 000 euros de billets d’avion payés par l’UMP à la femme de Jean-François Copé.

  • Geoffroy Didier, sarkozyste, empochait 6 000 euros par mois en tant que collaborateur de Brice Hortefeux.

  • Factures téléphoniques astronomiques de Rachida Dati à hauteur de 10 000 euros par an payées aux frais du parti.

Ces boules puantes et nauséabondes ne sont peut-être que la partie visible de l’iceberg. Les jours à venir seront certainement plus riches en révélations si la guéguerre continue entre les responsables de ce parti. Et peut-être que le Parti socialiste commencera lui aussi à sentir, et sentir aussi mauvais que son compère l’UMP.

La démocratie africaine sacrifiée sur les autels des intérêts occidentaux

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L’affaire Sarkozy et la gestion financière qui éclabousse l’UMP, comme nous venons de les énumérer, nous prouvent à suffisance que ses dirigeants et les dirigeants français en général ont un problème malsain, douteux et mafieux avec l’argent. La part qui me concerne en tant qu’Africain et sur laquelle j’aimerais insister dans cette magouille politico-financière est le financement depuis belle lurette des campagnes présidentielles françaises par nos dictateurs africains et ce qui en résulte pour notre continent.

Quelle crédibilité accorder à la France (et en général aux Occidentaux) lorsqu’elle se proclame chantre de la démocratie et du respect des droits de l’homme en Afrique, et qu’au même moment, ses dirigeants entretiennent des rapports financiers personnels douteux avec ceux qui bafouent la démocratie sur notre continent ? Kadhafi, pour eux, était infréquentable. Mais lorsqu’il a accepté financer M. Sarkozy et donner quelques mannes aux entreprises françaises, il devient fréquentable. Et on ferme les yeux sur les droits de l’homme. Mugabe bafoue les droits de l’homme dans son pays et porte un gant de fer dans ces rapports avec les intérêts occidentaux. Il est un paria. Mais il suffit que Mugabe accepte de brader son pays à ces Occidentaux pour que ces derniers oublient les questions de droits de l’homme pour lui dresser sans honte des tapis rouges. Il est donc clair que ce que veulent les Occidentaux, ce n’est pas la démocratie ni le respect des droits de l’homme sur le continent, mais bien leurs intérêts personnels et le favoritisme de leurs entreprises sur le continent. Actuellement un audit des comptes de l’UMP révèle une dette abyssale de 74 millions d’euros. L’UMP à donc besoin de plusieurs millions d’euros. Pensez-vous qu’il osera hausser le ton contre Blaise Compaoré, Faure Gnassingbé, Paul Biya, ou encore Denis Sassou N’Guesso qui veulent pourrir au pouvoir, si ceux-ci lui procurent la somme dont-il a besoin? Nous sommes ainsi devant une France politique, une Europe politique prostituée qui fredonne au bout des lèvres les valeurs démocratiques tout en passant en dessous de la table des valises et des contrats désavantageux chez nos dictateurs. Les dictateurs africains comprennent bien le jeu et se moquent des processus électoraux. Ils savent qu’après les élections, les observateurs européens n’auront qu’un seul mot : « Les irrégularités observées lors des élections ne sont pas de nature à remettre en cause les résultats ». Ils savent aussi qu’après les élections frauduleuses et contestées, les dirigeants européens n’auront qu’un seul mot : « Nous appelons à l’apaisement et au dialogue ». Ainsi pour devenir président d’une nation républicaine et démocratique, on accepte d’être financé par des régimes dictatoriaux d’Afrique. C’est ubuesque.

À mes frères et sœurs africains je vous redis l’une de mes convictions : l’Europe politique n’est pas et ne sera jamais un instrument qui nous aidera à construire l’Afrique libre et développée à laquelle nous rêvons. Nous devons nous organiser à l’échelle du continent pour être une alternative panafricaine de pression interne et de changement positif sur notre continent sans une main tendue quelconque à l’Occident.

A mes amis français, il faut un sursaut culturel pour sauver la France des valeurs des mains des politiciens véreux. Car cette France, cette belle Dame libre, tombe dans les carcans lorsqu’elle se laisse baiser par la racaille d’Etat.


La pomme, un amour de Yahweh

Illustration d'Eve rencontrant le serpent
Illustration d’Eve rencontrant le serpent

Je mets à votre disposition un texte qu’un de mes amis Angelo Degbe, avec qui je partage une complicité intellectuelle, a partagé avec moi. Je vous laisse donc sans commentaire savourez sa lecture des fameux événements du Jardin d’Eden et partant de là, toute l’hypothétique histoire du salut.

 

Le Dieu judéo-chrétien devait être un vrai amoureux de la pomme! Il devait aimer la pomme par-dessus tout! Il devait aimer la pomme plus que les hommes! Son chef-d’oeuvre devait être la pomme, sinon comment comprendre qu’il puisse maudire la femme et la condamner à des douleurs éternelles pour avoir mangé sa pomme!! La pomme du Bon Dieu!!
Adam en fit l’amère expérienc…e !

Par ce qu’ils ont mangé sa pomme préférée, Dieu se fâcha et exige qu’on sacrifie et qu’on brûle sur des autels et pour des siècles des siècles des agneaux pour lui, et par-dessus tout ces agneaux, l’agneau qu’il avait voulu en Isaac, c’est-à-dire un humain, plus clair qu’on immole son propre fils pour laver cet ignoble affront !

Comme cela ne suffit pas, il faut répéter cette scène chaque fois, et qu’on le frappe, et qu’on le crucifie, et pour que cela se répète indéfiniment, Yahweh prend soin de ressusciter Jésus et le sacrifice recommence !

Et le pauvre Jésus doit toujours payer pour cette fameuse pomme!
Et dans toutes les messes il faut répéter cette scène pour que le Bon Dieu d’Amour pardonne aux humains le fait que leurs aïeux dans un instant d’égarement préhistorique aient pu manger la pomme du Bon Dieu !

Ah! Dieu ne blague pas avec sa pomme! La pomme du Bon Dieu prenez en garde !

Quel grave péché que de manger une pomme, la pomme de Dieu.

Mes chers Amis priez pour mon âme, car j’adore les pommes, les dorées, les vertes, et que cela s’appelle pomme me fait déjà venir de l’eau à la bouche!

Charles Le Bon Vodounon, prie pour mon âme pécheresse, car « mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa » j’ai la concupiscence dans la peau, j’adore les pommes, j’adore les pommes du Bon Dieu, je suis foutu!

Premier commandement : de la pomme tu te méfieras ! Car je suis le Dieu des Pommes, Un Amour de pomme!!!!


Les trois religions monothéistes : une arnaque qui dure

 

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Faites une lecture attentive de l’Ancien Testament. Essayez de décrire YHWH ou ‪‎Jéhovah‬ selon les textes. La conclusion que ce Dieu national juif a des caractères d’un monstre sanguinaire est une question de vérité et d’honnêteté intellectuelle. YHWH est un Dieu guerrier terrassant hommes, femmes et enfants afin de faire place à son peuple élu, Israël. Et même là, étant toujours en colère, il ne manque pas de punir à mort son propre peuple pour désobéissance. Ce Dieu de la Bible, ce dieu-national-juif, c’est Lui, celui qui aurait massacré les Premiers-nés d’Egypte, ordonné la destruction de plusieurs villes, demanda à Moïse de passer par l’épée ceux qui le contestait. En son nom, Élie aurait aussi passé par l’épée les adorateurs de Baal.
Non content de faire des malheurs sur la terre, cet inventeur aurait créé un feu ardent pour rôtir les âmes de ceux qui par manque de preuves ne croiraient pas en lui. Notons que même si les théologiens donnent une autre définition de l’enfer, le terme biblique nous parle de feu et d’un lieu de souffrance atroce.
Et comble de son sadisme, ce Dieu aurait inventé un plan de torture et de meurtre pour nous montrer Ô combien il nous aime : laisser son fils mourir sur une croix après d’atroces souffrances. Tout ça pour nous dire combien son amour est grand. N’est-ce pas un Dieu plus cruel que nos dictateurs ? Imaginez s’il y avait des blogueurs, des journalistes ou des défenseurs des droits de l’homme à cette époque!
Or la question du Salut et de l’envoi hypothétique de Jésus par un Dieu-Amour, aimant tellement ses créatures pour sauver l’humanité est suspendue à ce Dieu de l’Ancien Testament. Et là vous découvrez toute l’erreur.

D’autre part il suffirait même de démontrer que Adam et Ève n’ont jamais existé pour que la foi en un Fils de Dieu sauvant l’humanité tombe à l’eau. Car on ne peut concevoir le plan du salut sans le péché originel hypothétique du jardin d’Eden. Or de toute évidence et d’après les exégètes eux-mêmes, l’histoire du jardin d’Eden est digne seulement d’une fable.
Le plan concocté par un Dieu pour sauver l’humanité, s’il est vraiment planifié et exécuté par un Dieu et ses anges conseillers, est une aberration en matière de stratégie. Encore que l’auteur serait Dieu! Moi-même, simple humain, si je devrais dessiner un plan pour sauver les hommes, je ferai bien mieux que le Dieu de la Bible.

Ceci dit, je ne mets pas en accusation l’Etre transcendant qui est, et qui est hors de la Bible et du Coran. Mais je pense simplement que cette histoire ou ces histoires racontées dans la Bible n’ont d’importance qu’au niveau du microcosme juif et ne peuvent pas constituer des faits universels. Je refuse de prendre la volonté et les erreurs des hommes pour une révélation de Dieu. Aucun texte ne peut prétendre contenir la volonté de Dieu. Parler au nom de Dieu est l’arnaque qui dure encore et qui malheureusement continue d’être sanctifiée par les foules. Vous ne pouvez imaginer ma colère lorsque j’apprends que dans certains pays musulmans, on condamne encore des gens pour blasphème. Au nom de quoi? Pendre des gens pour ce que Dieu n’a pas dit? On devrait au contraire pendre les Ayatollah, ces défenseurs de Dieu ou d’Allah.

En ce qui concerne l’ ‪‎islam précisément‬, je n’ai pas besoin d’autres démonstrations. L’islam n’a d’existence que par rapport au ‪judaïsme‬ et au ‪christianisme‬ qu’il a merveilleusement plagié. Or si ces deux religions ne sont fondées que sur des chimères, il est donc logique que l’islam qui est un de leur produit ne soit aussi autre chose qu’une illusion. Point.

Je respecte Jésus comme un Homme et un maître spirituel qui a enseigné la morale et des valeurs. Et c’est la même chose envers Mahomet. Pas plus! Les thèmes comme ceux-ci : -Yahvé est LE Dieu, Jésus est Dieu et/ou Fils de Dieu, le Salut en Jésus, Jésus est ressuscité- Jésus n’a pas eu d’enfant, l’Eucharistie est le corps et le sang de Jésus, le Coran est tombé du Ciel, Allah est le seul Dieu, la morale….et autres dogme sont de saintes arnaques malheureusement intouchables sous peine d’une fatwa.

Si les Africains ne se réveillent pas et dressent leurs propres nattes en matière de religion, et bien ils seront toujours gouvernés par les autres.


Ce qui tuera Dieu

athltisme2L’idée de Dieu ne prend racine que là où l’homme se trouve impuissant face à sa misère existentielle.

Sous nos cieux certains handicapés des membres inférieurs, par exemple, chérissent l’idée que Jésus peut encore dire un mot et ils vont pouvoir sauter sur leurs jambes comme une gazelle. Ainsi passent-ils des heures et des heures à l’église, procurant au prêtre ou au pasteur le confort avec leurs économies de misère. Mais sous d’autres cieux plus besoin d’un miracle de Jésus ! La science fait déjà des miracles! Des prothèses aujourd’hui,  par exemple, aident les handicapés à mieux courir comme jamais sur leurs jambes ! La science et la technologie ont ainsi rendu la joie à certains handicapés qui n’ont pas eu à attendre un Dieu qui n’a fait marcher un handicapé qu’une seule fois. Même là il n’y aucune preuve. (Matthieu 9: 2-8; Marc 2: 1-12; Luc 5: 17-26).

Ainsi là où la science et la technologie font un pas, l’idée de Dieu recule de deux pas. De ceci résultent deux choses:

1- L’homme en réalité n’a jamais cherché Dieu. Ce fut toujours une recherche utilitariste; c’est une recherche d’un  » malade de son existence  » qui cherche des échappatoires. De tout temps l’homme a utilisé Dieu pour pallier ses propres angoisses métaphysiques. Nietzsche pense même que c’est cet état de l’homme malade de lui-même qui aurait rendu le christianisme – j’ajouterai toutes les religions- puissant:  » Le christianisme s’est servi de l’extraordinaire désir de suicide qui régnait au moment de sa formation pour en faire un levier de sa puissance  » Nietzsche, Le Gai savoir (1882 §131). On comprend alors mieux le rédacteur de l’évangile de Matthieu lorsqu’il cite au passage, en parlant des multiples guérisons de Jésus, le prophète Isaïe:  » Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies  » (Matthieu 8: 16). Ce que l’homme veut n’est rien d’autre qu’un MEDECIN pas un Dieu. C’est pourquoi le Dieu des religions n’est en réalité qu’un concept d’un Dieu-médecin.

2- Plus le développement sera une réalité, plus les églises deviendront vides, parce que la science et la technologie donneront à l’homme la « plupart » des réponses et dans le temps, que l’homme passe toute sa vie à chercher avec supplication et avilissement de soi dans les églises. Avec la science et la technologie, Dieu deviendra inutile, dérisoire et trop petit pour l’homme. Même si la science et la technologie ne répondront pas à toutes les attentes de l’homme et créeront aussi d’autres problèmes, les champs d’intervention de Dieu se retrouveront tout de même assez réduits.

Ce qui tuera donc Dieu, plus précisément  » l’idée de Dieu « , ce sera le progrès, le développement avec les outils de la science et de la technologie. Mais je crains que cet horizon, sans le Dieu des religions, ne soit qu’un simple changement de forme : de la domination d’un Dieu-Créateur à la domination de la Science-Dieu.

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Noël : l’enfant africain n’aura pas son cadeau

 

 

Photo prise hier lors d’une manifestation des enfants organisée à Lomé/Togo par un groupe d’amis
Photo prise hier lors d’une manifestation des enfants organisée à Lomé/Togo par un groupe d’amis

Jésus fut un grand maître qui, comme beaucoup d’autres, montra la voie à l’humanité. Une voie faite d’amour et non de religion. Dans quelques heures, nous célébrerons symboliquement sa naissance. Même si cette célébration ne fait pas l’unanimité, elle a tout de même le mérite de nous ramener à notre quotidien. Célébrer L’Enfant-Jésus doit nous amener en tant qu’Africain à regarder de près la condition de l’enfance africaine aujourd’hui. 

L’enfant africain, celui sur lequel repose la construction du continent, est aujourd’hui dans les forêts au Congo fuyant la guerre

_centrafrique-enfant-machette_m AFPCet enfant est dans les camps de réfugiés à cause de la déstabilisation causée par des chefs d’Etat qui veulent mourir au pouvoir. Cet enfant aujourd’hui se trouve en Somalie le ventre affamé. Cet enfant se trouve pris dans l’engrenage de la violence. Au lieu de lui donner un stylo, on pousse les limites de la bêtise humaine en lui procurant des armes. On a fait d’eux sous certains cieux africains de vraies machines à tuer comme l’a décrit le Dr Tumba Tutu-De-Mukose dans l’un de ses articles intitulé « Les enfants soldats, ces machines à tuer…. »

Cet enfant bâtisseur de l’Afrique de demain ne vit pas encore dans un milieu qui lui procurerait les conditions essentielles pour l’épanouissement de son corps et de son esprit indispensable à sa créativité. 

Noël n’est donc pas un temps de génuflexion pour nous les Africains. Noël nous appelle à relever le défi de l’enfance. Car dans l’enfant africain d’aujourd’hui est cachée la graine du renouveau de l’Afrique de demain.


L’homosexualité : demain le crépuscule des conservateurs

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  • L’aliénation de l’espace de discussion

L’humanité, notre humanité, celle qui rigole devant les autres créatures en brandissant sa supériorité intellectuelle, celle qui montre aux animaux dits sauvages qu’elle a quitté la barbarie de la jungle pour la civilisation, une civilisation dans laquelle elle rend ses armes plus sophistiquées, une civilisation dans laquelle on tue chaque jour des innocents à cause des pierres dites précieuses devant lesquelles les animaux sauvages rient, cette humanité, notre humanité a une autre caractéristique encore plus étonnante et sublime. Il s’agit de son art de débattre des questions existentielles qui se posent à elle. Cet art consiste souvent en deux blocs partisans méchamment opposés à la question à débattre: le bloc des « NONnistes » et celui des « OUIouistes ».

Ainsi l’examen d’une problématique sociale devient une sourde bataille des mots où l’essentiel est « d’être pour » ou « d’être contre ». Dans ce cas la logique argumentaire fait de la conclusion « Donc Je suis Pour » ou « Donc Je suis Contre » les prémisses de la réflexion: je suis contre parce que….parce que. Dans ce cas d’argumentaire, très souvent il n’y a pas un examen objectif du problème. On part de la croyance et de l’opinion qui ont construit sa propre personnalité dans un milieu donné pour ensuite chercher des arguments qui peuvent corroborer ses croyances. Or ces croyances et jugements sont souvent issus de notre éducation et de notre milieu de développement et sont trop souvent difficiles à remettre en cause. Même après un bain dans un marigot du doute cartésien, ces croyances et jugements nous collent à la peau.imagesCAX1D5D4

Si beaucoup de questions qui se sont posées à l’humanité dans le passé ont assez souffert de ces blocs dualistes, archaïques et dangereux qui posent beaucoup plus de problèmes à l’humanité que la question à résoudre, il est encore désolant de constater que ces blocs prennent de nos jours des proportions de plus en plus dangereuses occupant la scène médiatique en éclipsant le vrai débat. Il suffit de soulever une question éthique pour les voir se dresser les uns contre les autres, surtout lorsqu’ils sont Français :). Aujourd’hui la question sur l’homosexualité souffre énormément de ces chapelles de débatteurs qui nuisent au débat, mais en même temps et paradoxalement participent à la résolution du problème sans qu’il n’y ait en fait un débat de fond.

untitledMes propos aujourd’hui consistent à démontrer en premier comment la domination d’un bloc sur l’autre couve l’intolérance, la discrimination et la violence envers le second bloc faisant de celui-ci une minorité, et de l’autre comment cette intolérance produira un effet contraire en éveillant progressivement la conscience des uns et des autres pour que les minorités soient établies non pas forcément dans leurs droits, mais dans leur dignité humaine.

  • De la question éthique à la discrimination des minorités

La marche de la civilisation est beaucoup plus due à la pugnacité des minorités qu’à des foules plongées dans l’ignorance et tirées par des hommes religieux et des hommes politiques conservateurs. Je comprends la peur devant la nouveauté et le chemin qu’elle nécessite pour se faire accepter. En cela je suis sans doute progressiste. Hier dire que la terre est ronde et tournait autour du soleil était une insulte contre Dieu lui-même. Mais aujourd’hui tout le monde dit simplement : c’est du passé! Hier, c’est-à-dire il y a moins d’un siècle dire que la femme a le droit de vote, c’est contredire Dieu qui aurait créé la femme plus faible que l’homme et donc qu’elle serait incapable de faire des choix éclairés. Mais aujourd’hui les femmes sont à la tête des Etats et occupent de plus en plus des responsabilités jusqu’alors réservées à la cohorte phallocratique.

Mais entre le refus du progrès et son acceptation, il y a souvent un long et difficile chemin fait de discrimination, d’intolérance et de violence envers les groupes qui pensaient en dehors des idéologies intellectuelles comme religieuses et habitudes établies. Dans un débat qui impliquerait un profond changement social le bloc de ceux qui sont contre est souvent sinon toujours majoritaire. Cette majorité confortée dans sa domination en nombre fait de la vérité une question de quantité. Mais mieux ou pire cette majorité devient oppressante faisant recours à la discrimination et à la violence pour étouffer le second bloc minoritaire et qui ne pensait qu’en termes de vision.

Jusqu’au vingtième siècle aux Etats-Unis, la loi interdisait les rapports sexuels entre des hommes ou femmes du même sexe. Aujourd’hui, même si le gouvernement fédéral fait beaucoup d’efforts pour la légalisation de l’homosexualité, tous les Etats de l’Union ne sont pas encore dans cette dynamique comme l’Etat de la Pennsylvanie dans lequel je vis. Jusqu’à un passé récent donc, aux Etats-Unis personne ne pouvait suivre son orientation sexuelle publiquement en raison de trois facteurs très importants et qui demeurent encore dans plusieurs pays dans le monde surtout en Afrique: les poursuites judiciaires, le mépris social et la discrimination. A ces trois facteurs, j’ajouterai la violence verbale et physique dont on fait objet les homosexuels.

Le débat récent en France sur la légalisation de l’homosexualité, les nombreuses marches des conservateurs politiques, les violences notées lors de ces manifestations y compris les violences physiques qu’on a observées, me font démentir cette position de beaucoup d’Africains qui pensent que l’homosexualité est l’une des perversités des Occidentaux : La haine, l’intolérance, le mépris social, la discrimination contre les homosexuels ont des germes dans tous les pays et fleurissent partout dans les quatre coins du monde. L’homosexualité, en Europe comme aux Etats-Unis, n’est pas encore acceptée et souffre de la stigmatisation du bloc des « NONnistes » qui pensent préserver le naturel ontologique ou le divin des choses.

Cette attitude conservatrice produit deux effets : le premier consiste à éclipser totalement le vrai débat et à vider celui-ci de sa substance. A la place d’une explication sereine et sérieuse aux populations, on préfère plutôt leur servir des plats bibliques ou coraniques conservateurs. Le second fruit de cette attitude est l’effet contraire qu’elle produit dans une humanité qui prend de plus en plus conscience de la protection de la dignité de tout être humain.

  •  De l’homosexualité à l’homosexuel : glissement du champ de débat et paradoxe du revirement des consciences.

De ce qui précède, nous notons un déplacement du champ du débat sur l’homosexualité tout comme dans des questions qui concernent les minorités. Le débat très tôt quitte le champ scientifique et argumentaire pour s’établir dans un champ culturel. Dans le champ culturel les conservateurs trouvent leurs terrains favoris qui leur permettent d’accuser l’homosexualité comme un fait antinaturel et en même temps de jouer sur les croyances jamais mises en cause par les foules pour gagner le débat. Mais il est encore très tôt pour dire qu’ils gagneront le débat. En fait dans plusieurs autres domaines, ils ne l’ont jamais gagné que ce soit l’avortement, l’euthanasie ou encore la prostitution.

Mais lorsque le débat est ramené sur le plan culturel qui a un fond psychologique construit grâce aux années de bourrage d’une certaine éducation lors de notre développement humain, ce débat sur l’homosexualité, tourne à un débat sur l’homosexuel. Du coup nous ne sommes plus seulement sur un plan d’idées, mais sur un plan qui implique des êtres concrets et leur dignité. Les positions contre l’homosexualité deviennent des attaques verbales et physiques contre l’homosexuel.

Celui-ci, l’homosexuel ou le groupe des homophiles, même s’il en souffre en profite lui aussi pour se réclamer de la longue lutte des minorités. Or ce qui fait plus horreur à la conscience humaine de nos jours, après les horreurs de l’esclavage, des deux guerres mondiales, des luttes des peuples pour l’indépendance, de la longue lutte contre l’apartheid, c’est lorsqu’elle constate qu’un seul cheveu d’un être humain a été arraché juste parce qu’on ne partageait pas sa position. L’humanité aujourd’hui est beaucoup plus soudée en matière de la défense et la dignité de tout être humain que sur des sujets qui divisent. A propos de l’homosexualité, nous observons une évolution dans l’attitude de ceux qui ne partagent pas forcement l’idée du droit des homosexuels: ils te diront qu’ils sont contre l’homosexualité, mais aussi qu’ils sont contre toute discrimination à leur encontre. Nous sommes là devant une victoire de l’homosexualité qui deviendra progressivement un fait naturel acceptable et toléré dans l’opinion publique mondiale y compris africaine dans un avenir très proche ou peut-être lointain, même s’il y aura toujours des bigots conservateurs.

Au lieu d’un débat qui doit être serein et permettre à l’humanité d’apprendre plus sur elle-même, ses aspirations, ses mutations et son avenir, nous préférons plutôt nous confronter sur des terrains archaïques d’une vision fixiste et absolutiste de l’être humain. Lorsque nous ramenons des débats sur ce terrain, la haine, l’intolérance, l’obscurantisme et la violence sous toutes ces formes prendront toujours la place du débat civique qui devrait avoir lieu entre des hommes et femmes civilisés. Mais heureusement que la conscience vivante de l’humanité sera toujours présente pour dire « stop » à ceux qui pensent que parce que celui-ci est « gay », lesbienne ou transsexuel, il ou elle devrait perdre sa dignité humaine. Le dernier mot que j’aimerais dire à la fin de ce billet est simple et se veut catégorique : avant tout, respectons les homosexuels de tout genre. Ensuite, engageons le débat sur le fond.

 


Art Sacré et Identité : Apologie pour un art chrétien africain

Collage images @togocouleurs
Collage images @togocouleurs

L’art sacré dans toutes les religions est à l’image de la société ou pour être plus précis est une représentation projective de la société elle-même.

Dans l’art sacré suprême, toute société se représente son bonheur eschatologique.

Le point sur lequel j’aimerais insister est que l’art sacré produit par chaque société est à l’image de cette société. Une image qui, non seulement rassemble les valeurs abstraites de telle ou telle société, mais semble inscrire dans chaque tableau les traits physiques caractéristiques même des habitants de cette société.

Ainsi en prenant un tableau ou une statuette de Bouddha par exemple, ce qui vous est donné à connaitre de prime abord c’est les traits physiques caractéristiques d’un Indien.

Mais il me semble que les Africains noirs, n’ont  pas compris ce mécanisme.

Si je prends le catholicisme en Afrique noire, la région est riche de représentations picturales de la Trinité, de Jésus, de la Vierge-Marie et des saints.

Ces représentations qui sont parvenues en Afrique avec les missionnaires, font partie de la riche culture de l’Europe chrétienne occidentale et orientale.

L’Europe devenue chrétienne a produit un art sacré qui est à l’image de l’Europe et des Blancs. Il serait absurde donc de trouver dans l’art sacré européen un Noir.  Ce serait une tache noire sur une magnifique robe blanche. Et ce serait inacceptable. Inacceptable pour la société blanche. L’art est donc aussi et fondamentalement le miroir d’un être-social particulier inscrit dans une culture spécifique.

Ainsi très tôt, la représentation du paradis est une scène de fête entre un Dieu blanc et une société blanche.

Par contre dans la représentation de l’enfer, vous ne verrez aucun Blanc. L’âme en enfer est noire, noire comme la couleur de l’Afrique. Et si on suit la logique de l’art comme image des représentations d’une société, il se pourrait que l’enfer aux couleurs noires soit une représentation que la société européenne a de l’être Noir. L’Afrique, c’est l’enfer. Et les Noirs africains ou simplement les Noirs sont les diablotins qui y nagent.

 

Chapelle Sixtine ( Michel-Ange)
Chapelle Sixtine ( Michel-Ange)

Ce que je dis ici doit être très clair : je ne suis pas encore dans une logique qui condamne la vision légitime des idéaux sacrés que la société européenne chrétienne a imprimés dans ses arts sacrés. On ne peut produire que ce qu’on est  et ce qu’on pense. Il serait donc absurde que par compassion, les Blancs donnent une place par charité aux Noirs dans leurs représentations, ne serait-ce que pour laver des assiettes dans un coin du paradis après un banquet avec le bon Dieu blanc.

Mais l’erreur ici est que ces représentations qui ne sont en aucun cas à l’image de la société noire continuent de servir comme représentations dans les églises chrétiennes. Nous sommes ici dans ce que je nomme une transposition : si dans l’art, il y a l’expression de chaque société, et si dans l’art que nous utilisons, c’est l’image d’une autre société qui y est peinte, et bien ce que nous adorons (dans le sens d’émerveillement), n’est pas en soi le signifié ou le symbolisé, mais est cette société différente de la nôtre.

En d’autres termes dans l’art sacré chrétien que les Noirs utilisent, nous sommes devant une idéalisation absurde d’une autre société (transposition), ses valeurs et ses espérances. Cette idéalisation implique de facto une désidéalisation de ses propres valeurs. L’Africain noir se retrouve, par la foi héritée de la violence de l’histoire, devant un système d’aliénation.

Le Noir qui s’agenouille chaque fois devant des statuettes ou prie devant des images ou tableaux mettant en scène un Dieu blanc et des anges blancs se met lui-même sans le savoir dans un processus de divinisation de la race blanche. Ce processus inconscient de divinisation de la race blanche implique une reconnaissance de la supériorité des Blancs qui se fera sentir dans beaucoup d’autres domaines : social, politique voire intellectuel.

Ce qui me semble grave et inquiétant est que le Noir qui se met sans le savoir dans ce processus est dans une démarche de la foi.

Non seulement il voit dans l’art sacré le Blanc mais le Blanc comme « sélection » du divin. Cette association dangereuse du Blanc et du divin produit dans le Noir chrétien une dangereuse conviction inconsciente: « le paradis est blanc ». Mais ceci peut être une affirmation gratuite de ma part.

Mais pour mieux la formuler, procédons par la négative : « Le paradis ne peut pas être noir ». Si beaucoup rejetteront ces propositions que j’avance par des arguments solides, les faits parleront toutefois en ma faveur.

Ces faits dont je parle ne sont pas dans le domaine de l’objectivité logique, mais de l’objectivité psychologique. C’est dans ce sens que je vous propose ces deux exercices :

1-Mettez-vous dans les conditions de prière, pensez à Jésus ou à la Vierge-Marie. Quels sont les traits physiques de celui ou celle que vous voyez ? Décrivez-le ?
Ici pour être honnête avec vous-même, vous témoignerez que vous avez vu un Jésus blanc ou une Vierge Marie blanche.

2- Mettez-vous dans les conditions de prière, pensez à un Jésus noir ou à la Vierge-Marie noire. Etes-vous arrivé à les représenter Noirs ? Ici, si vous ne mentez pas à vous-même, vous témoignerez que c’est un exercice très difficile, ou quasi impossible.

Il est donc clair que dans notre inconscient chrétien, avec des arts sacrés qui ne nous représentent pas, nous nous sommes forgés une représentation de l’autrui en oubliant nous même d’avoir une représentation qui soit notre propre projection identitaire et culturelle. Et malheureusement l’Africain n’est pas prêt à concevoir un Dieu à son image, un Dieu noir, ne buvant pas du vin à base de raisin, mais du vin de maïs.

Le danger de la perte d’identité ici est très subtil dans le christianisme en Afrique. Or le Dieu universel veut que nous allions à Lui avec ce que nous sommes. Et allez à lui avec ce que nous sommes, suppose aussi que lui-même puisse « se revêtir de nous » et « devenir nous ».

L’art en tant que domaine de l’abstraction doit pouvoir aussi représenter une vision du paradis en noir sans porter atteinte à la divinité ou au message chrétien puisque Dieu est universel.  Nous devons exprimer à notre façon en tant que Noirs-chrétiens-africains dans nos œuvres quotidiennes, dans ce qui nous est propre la louange du Transcendant. Ceci est en étroite ligne de ce que l’Eglise enseigne : « L’art et le sacré  visent, par nature, à exprimer de quelque façon dans les œuvres humaines la beauté infinie de Dieu, et ils se consacrent d’autant plus à accroître sa louange et sa gloire qu’ils n’ont pas d’autre propos que de contribuer le plus possible à tourner les âmes humaines vers Dieu » Catéchisme de l’Eglise Catholique 2513 (voir Sacrosanctum Concilium 122)

L’Eglise en Chine a très tôt compris cette démarche. Ils veulent être chrétiens, mais pas chrétiens européens par mutation. Ils veulent être des chrétiens-chinois. Ainsi certains artistes chinois chrétiens se sont engagés à donner à leur Eglise un art sacré chrétien qui soit à l’image de leur société. L’un des plus célèbres aujourd’hui dans l’art chrétien chinois moderne est Hé Qi  dont je vous propose quelques peintures (consulter la liste des artistes chrétiens chinois et leurs œuvres sur Asian Christian Art)

Jesus avec ses Disciples sur le lac (par He Qi)
Jesus avec ses Disciples sur le lac (par Hé Qi)

 

Jesus et Marie-Madeleine au tombeau (par He Qi)
Jésus et Marie-Madeleine au tombeau (par Hé Qi)

Et personne ne se plaint. L’Eglise vaticane elle-même le trouve très beau et bien.

Les Anges au 7 trompettes -Apocalypse- (par He Qi)
Les Anges aux 7 trompettes -Apocalypse- (par He Qi)

Je veux croire et je crois que les Africains peuvent aussi sans complexe se guérir du dommage que nous a causé l’art occidental et nous mettre dans cette aventure d’un art chrétien africain qui aura le mérite de protéger notre identité.

Mais l’Africain chrétien, est-il prêt à allumer une bougie devant une statue d’une Vierge-Marie noire dans son église ?


Ami lecteur, connais-tu l’Assemblée Nationale de mon beau village ?

Ami lecteur, approche-toi bien de moi,

Tends l‘oreille vers moi

Que je te dise l’une des choses odieuses de mon pays le Togo.

Mon pays le Togo, ce beau village de 56 600 km2

Qui se mire au fond des Gnassingbé,

Encadré par l’armée

Est  une vaste prison.

Son Assemblée Nationale

N’est pas comme celle de ton pays

Elle est spécifique et particulière.

C’est semblable à un autel sur lequel

Le fidèle sacrifie son Dieu.

L’Assemblée Nationale togolaise

C’est le lieu,

Où la volonté des Gnassingbé est adorée.

C’est le lieu par excellence,

Où le Débat est étranglé, assassiné, enterré.

Sur les 91 fideles qu’elle comporte,

62 d’après les dernières élections

Appartiennent au tyrannosaure

FAURE GNASSINGBE.

S’il vous plait de faire un tour un jour

A notre Assemblée GNassionale,

Ces 62 fideles, vous les reconnaitrez facilement

Ils sont simplement ces moutons de panurge,

Qui lèvent leurs mains pour dire OUI

A tout et même à rien.

Mais juste à une seule condition :

A la gloire des Gnassingbé !

Image: edit, capture d'ecran et collage @togocouleurs.mondoblog.org
Image: edit, capture d’ecran et collage @togocouleurs.mondoblog.org

 

Note: A la recherche de quelques mots pour illustrer ce collage d’images que j’avais fait la veille, j’ai finalement écris ces vers libres ce matin, inspiré par le poème Connais-tu mon beau village?

Ce poème qui te rappellerait certainement ce manuel scolaire Mamadou et Bineta.


Togo/Perspectives 2015 : La stratégie d’une Candidature Unique

Photo initiale atelier.net / modification et adaptation @togocouleurs
Photo initiale atelier.net / modification et adaptation @togocouleurs

Après l’élection législative de 2013 au Togo qui s’est soldée  sur une victoire écrasante et frauduleuse du parti au pouvoir de Faure Gnassingbé,  un constat s’impose : l’impérieuse nécessité d’une candidature unique de l’opposition togolaise pour la prochaine élection présidentielle de 2015.

L’idée n’est pas toute nouvelle. Les partis de l’opposition l’ont essayée. Mais  à chaque fois ou à chaque occasion, se croyant chacun plus paon que le paon alors qu’ils ne sont que dindons, ils finissent par se déplumer entre eux.

Il me semble donc qu’il est urgent pour nous qui n’avons aucune accointance politique d’exercer une pression sur cette classe politique à travers nos analyses et points de vue.

« Comment arriver au choix de ce candidat unique dans les plus brefs délais et commencer une pré-campagne présidentielle ? », tels sont les points que je présente dans les lignes suivantes :

  • Constat : les élections sont en 1 seul tour. Ne nous fatiguons pas : les 62 députés RPT/Unir ne reviendront pas sur cette disposition électorale. Nous irons, même s’il y aura encore des dialogues, à une élection présidentielle  à un seul tour.
  • Conséquence pour l’opposition : impérativement, un Candidat unique.
  • Atouts des législatives de 2013 : les législatives passées a le mérite de dessiner ou de préciser le poids des acteurs de l’opposition, même si je n’ai pas l’ombre d’un doute de fraudes massives.

Choix du candidat unique : dans cette condition, il ne revient pas au Comite d’Action pour le Renouveau (CAR), à l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS), à  la Convention Panafricaine des Peuples Africains (CDPA-Togo), ou autres de choisir le candidat unique.

La stratégie sera ce qui se fait déjà dans la plupart des pays assez démocratiques : si nous considérons les législatives comme un premier tour de la présidentielle, les autres partis de l’opposition ne peuvent pas imposer à l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, un candidat. Dans cette condition, le souci des autres partis de l’opposition serait de sauver les meubles.

Appuyer le candidat de l’ANC à l’élection présidentielle de 2015 reviendrait pour eux à négocier trois choses :

1-      Dans un dialogue faire accepter par l’ANC une prise en compte de certains points de leur programme afin d’engager le Togo, après victoire, sur les rails d’une économie florissante et d’un développement durable

2-      Négocier certains postes dans le futur gouvernement

3-      Travailler sur un plan commun qui fera du premier quinquennat de l’opposition une véritable transition. Car après plus de cinq décennies  de détournement de fonds, de la mise à genoux du pays sur tous les plans, de la violation massive des droits humains, une véritable transition s’imposera.

Au même moment il reviendra à l’ANC de Jean-Pierre Fabre de se faire plus humble, rassembleur et se mettre à l’écoute de ces pairs de l’opposition.

Ceci dit, la stratégie d’une candidature unique me semble beaucoup plus un effort des autres partis de l’opposition surtout le CAR et la CDPA. Ils doivent pouvoir reconnaitre et assumer  leurs places sur l’échiquier politique.

Le temps presse. Moins de deux ans nous séparent de la présidentielle. Le choix de cette candidature unique doit se faire le plus rapidement possible afin que nous conjuguions nos efforts à dessiner les stratégies de campagnes et de sécurisation du processus du vote.

Attendre la veille des élections pour s’accorder ne peut qu’être encore une fois suicidaire pour l’opposition et une déception de trop pour nous qui avons soif d’une alternance politique dans notre pays.

 

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L’Occident : ce défenseur et fossoyeur des libertés en Afrique

Sarkozy et Kadhafi en 2007. | REUTERS
Sarkozy et Kadhafi en 2007. | REUTERS

La défense des droits humains et l’élévation de l’homme à sa dignité fondamentale est l’un de mes soucis. C’est la raison principale qui m’a amené à animer ce blog. Là où l’homme est écrasé j’élèverai ma voix.

Cependant cette lutte que je me suis assignée ne saurait être comparée, sans souffrir de trahison,  à la lutte pour les des droits des pays occidentaux, cette mafia internationale.

Il ne suffirait pas que l’Occident doigte un président africain comme dictateur pour que je saute sur mon blog pour relayer l’information et criminaliser ce président.

Il ne suffirait pas que les medias colporteurs de la pensée dominante comme BBC, CNN, RFI et autres, relatent des informations sélectives pour assombrir l’image d’un président africain pour que je les suive comme un mouton de panurge.

Mon blog ne servira pas de tremplin à la pensée conditionnée pavlovienne que l’Occident nous distille à travers ses medias.

D’ailleurs je n’attends pas un prix international et je ne me déambulerai pas dans leur studio parce que je me suffis à moi-même. Je suis en fait un homme purement LIBRE et libre de tout.

Tandis qu’ils diabolisent Robert Mugabe, Paul Kagamé ou au delà de l’Afrique Mahmoud Ahmadinejad de l’Iran ou Vladimir Vladimirovitch Poutine , ils sont par contre ceux qui torpillent l’économie africaine, arment les rebelles, sèment la terreur au Congo et soutiennent la plupart des dictateurs qui leur font allégeance. Comment est-ce que ces décideurs occidentaux peuvent-ils nous donner des leçons de démocratie et de défense de droits humains ?

La mort de Kadhafi et la chute de Laurent Gbagbo sont en tout point de vue une honte pour nous Africains. Si nous prenions nos responsabilités, il serait possible que les crises Libyenne et ivoirienne soient réglées par nous les Africains. Mais hélas !

Ce que je demande aux Africains amoureux de leur continent, c’est de nous organiser sans attendre le financement d’aucun de ces pays afin de construire nos sociétés autour des idées fortes de Liberté- de Respect de la Vie- Respect des Opinions- et un Développement humain durale en dehors de la concupiscence capitaliste.

Un projet par les Africains, pour les Africains et avec les Africains doit être notre premier pas vers des lendemains meilleurs.

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Zimbabwe/Elections : Mugabe ou la Victoire de la Résistance Africaine

Le président sortant du Zimbabwe, Robert Mugabe  Photo :  AFP/ALEXANDER JOE
Le président sortant du Zimbabwe, Robert Mugabe Photo : AFP/ALEXANDER JOE

@togocouleurs félicite le ZANU-PF qui a remporté les élections présidentielles grâce au leadership de son président le camarade Robert Mugabe.
C’est une victoire brillante qui rappelle la défaite d’esclavagistes et colons devant le roi Ménélik II à Adou en Ethiopie.

C’est la victoire d’un projet pour les Africains par les Africains contre les Africains qui veulent revendre l’Afrique et particulièrement le Zimbabwe aux colons Occidentaux.
C’est une brillante victoire de la résistante africaine face à la spoliation occidentale.

Cher Camarade Mugabe, cette victoire que je célèbre avec toi, doit aussi prendre conscience d’un développement intégral, seul capable de garantir au Zimbabwe un lendemain meilleur même si tu venais à rejoindre nos ancêtres un jour.
Vive l’Afrique ! Vive la Resistance africaine !


Togo/Elections: Déclaration « Le CST rejette catégoriquement les ‘’résultats provisoires’’ publiés par la CENI »

cstCONFERENCE DE PRESSE TENUE CE JOUR SUR LE SCRUTIN DU 25 JUILLET 2013

Déclaration liminaire

Le CST rejette catégoriquement les ‘’résultats provisoires’’ publiés par la CENI.

La CENI a rendu public les ‘’résultats provisoires’’ des élections législatives du 25 juillet 2013.

Ces faux résultats, qui reposent sur des fraudes massives, dénoncées en vain par le CST, donnent le parti au pouvoir largement gagnant. La publication de tels résultats, au moment où le gouvernement est confronté à de nombreuses revendications sur tous les fronts, illustre une fois encore, l’arrogance et le mépris du régime RPT/UNIR pour le peuple togolais souverain.

Depuis plusieurs années, en vue de se ménager les coudées franches pour manipuler à sa guise, l’issue des élections législatives, le gouvernement RPT/UNIR/UFC s’est refusé de prendre le temps nécessaire pour réunir les conditions d’apaisement, d’équité et de consensus qu’appellent de telles élections. Il s’est notamment opposé à la mise en œuvre des réformes exigées par les populations togolaises et les partis politiques de l’opposition et préconisées par les partenaires du Togo.

Ainsi, les prisonniers politiques continuent de croupir arbitrairement en prison tandis que de nouvelles arrestations arbitraires sont signalées. Les distorsions, relevées dans le découpage électoral et qui enlèvent tout son sens à la Représentation nationale, sont aggravées au lieu d’être corrigées. Le système de transmission, de centralisation et de compilation des résultats avant publication, a conservé toute son opacité, malgré maintes dénonciations par l’opposition.

Aujourd’hui, le constat est patent. Les nombreuses et graves irrégularités observées tout au long du processus, les mesures discriminatoires et d’exclusion appliquées à l’encontre des représentants de l’opposition dans les CELI et dans les centres de vote (CRV), ainsi que l’opacité des procédures de résultats, cachent mal des chiffres fabriqués d’avance et sortis d’un chapeau, entachent lourdement la sincérité du scrutin et enlèvent tout crédit aux résultats de la CENI.

En conséquence, le CST dénonce avec la plus grande fermeté, tout en les rejetant catégoriquement, les prétendus ‘’résultats provisoires’’ des élections législatives du 25 juillet 2013, publiés par la CENI.

Le déroulement calamiteux du processus témoigne d’un état d’impréparation notoire, que les interférences délibérées des membres de la CENI, des présidents des CELI et des bureaux de vote, tous acquis au pouvoir en place, ont contribué à aggraver. Fraudes, corruption, achats de conscience, harcèlement, intimidations, menaces et désordres de toutes sortes et de toute nature ont émaillé le processus, sur l’ensemble du territoire national.

Il est inacceptable que les représentants de l’opposition dans les CELI et dans les bureaux de vote soient discriminés, marginalisés ou expulsés, du fait de directives expressément données par la présidente de la CENI ;
Il est inacceptable que dans certains centres de vote, des candidats du CST soient interdits d’accès ou expulsés des bureaux de vote, notamment au moment du dépouillement, comme ce fut le cas du Candidat AMELAFO dans l’Amou ;
Il est inacceptable que la formation du personnel électoral ait été bâclée au point que les membres des bureaux de vote ignorent les procédures élémentaires du vote.
Il est inacceptable qu’au dépouillement, aucun bureau de vote n’ait vérifié le positionnement des hologrammes sur les bulletins de vote, en vue de leur authentification ;
Il est inacceptable que ni les CELI, ni la CENI n’aient procédé aux vérifications d’usage des bulletins de vote déclarés nuls dans les bureaux de vote, vu leur nombre parfois excessif. Plusieurs présidents de CELI se sont même ouvertement opposés à une telle vérification ;
Il est inacceptable que des membres du parti UNIR aient voté massivement par dérogation et par procuration en ne remplissant pas les conditions d’éligibilité à ces votes spéciaux, comme ce fut le cas du Ministre Inoussa Bouraïma qui, dans la circonscription électorale de Tchaoudjo, après avoir voté au cours de la matinée par dérogation dans un centre où il n’est pas inscrit, revient dans l’après-midi pour voter une seconde fois par procuration de Me Kassa Traoré ;
Il est inacceptable qu’au moment du dépouillement, des membres du parti UNIR aient introduit dans les décomptes des votes, des urnes bourrées et ne faisant pas partie du matériel électoral officiel. Il en est ainsi du sieur Issa Traoré, fils de l’ancien Maire de Sokodé, des sieurs DJADJA-AVOGNON Ignace, Mathieu Badagbon et ADJOLLA DJIWONOU à Agoè (Golfe), du sieur Douti Lardja dans la circonscription électorale du Tône. Les bourrages d’urnes sont relevés également à Niamtougou, Kantè, Kambolé ainsi qu’à Koui (BLITTA), où les cartes des électeurs qui ne retrouvaient pas leurs noms sur les listes, ont été ramassées et emportées par la présidente locale de UNIR ;
L’illustration la plus marquante du bourrage d’urnes à grande échelle en faveur du parti au pouvoir est la découverte, dans les locaux de la CELI de l’AMOU, de plus de vingt urnes bourrées de bulletins pré-votés en faveur de la liste UNIR de cette circonscription électorale, en présence du vice-président de la CELI M. Tafouame, M. Kouwonou représentant du groupe Arc-En-Ciel à la CELI, du chef logisticien et d’un agent de la sécurité. La même découverte a été faite dans la CELI du HAHO ;
Il est inacceptable que dans certains centres, des bureaux de vote aient été délocalisés dans l’improvisation totale (EPP Bè-Kpota, EPP Hédzranawé) et que ces délocalisations soient délibérément cachées aux électeurs qui, après avoir cherché en vain leurs bureaux de vote, sont rentrés chez eux sans voter, ce qui a contribué aux abstentions. A cet égard, il est plutôt curieux de noter que les militants du parti au pouvoir, mieux informés, savaient où voter ;
Il est inacceptable que dans de nombreux centres, des bureaux de vote censés ouvrir à 07h00, ne soient pas encore ouverts à 15h00, comme à EPP DENOUVIME (Lomé-Commune) ;
Il est inacceptable que des préfets se transforment en agents électoraux pour interférer dans le processus, tel le préfet du Zio qui, prétextant transporter des urnes du vote par anticipation, arrive dans les bureaux de vote et ordonne aux membres du bureau de vote, de faire voter les électeurs dans ces urnes qui contenaient en fait, des bulletins pré-votés en faveur du parti UNIR ;
Il est inacceptable que tous les présidents de CELI sans exception, aient cru devoir soutenir, favoriser et prendre parti pour les candidats, les électeurs et personnalités du parti au pouvoir, au lieu de s’en tenir à leur mission légale qui requiert objectivité et impartialité ;
Il est inacceptable que malgré l’affectation exclusive et abusive des postes de président, vice-président ou rapporteur dans les CELI ou dans les bureaux de vote, aux représentants RPT/UNIR/UFC et à leurs satellites, des présidents et rapporteurs de bureaux de vote refusent de signer les procès-verbaux et abandonnent les urnes dont ils ont la charge (EPP Dangbuipé, Lomé-Commune) ;
Il est inacceptable que ni la liste d’émargement, ni même la liste d’affichage ne soient disponibles dans nombre de bureaux de vote ;
Il est inacceptable que les membres des bureaux de vote ignorent le sens et les modalités des votes par dérogation ou par procuration et ne maîtrisent aucunement le traitement des électeurs omis ;
Il est inacceptable qu’avant et pendant le scrutin, le parti UNIR au pouvoir, ait procédé à une abondante distribution de sommes d’argent et de vivres et non vivres, riz, sel, tôle, machines à coudre, motos, engrais, etc.
Il est inacceptable enfin, que la veille et le jour même du scrutin, des chefs traditionnels, inféodés au régime, fassent gongonner des messages et slogans appelant les populations à voter pour les candidats de l’UNIR et menaçant de représailles tous ceux qui voteraient pour l’opposition.
Le processus électoral qui vient de se dérouler au Togo n’est ni plus ni moins qu’un nouveau coup de force électoral du régime RPT/UNIR qui, uniquement préoccupé par la conservation du pouvoir par tous les moyens, n’a pas hésité à renier ses engagements quant à un scrutin transparent et démocratique.

En raison de l’attitude partisane qu’observe habituellement la Cour Constitutionnelle, qui a révoqué neuf députés de leur mandat parlementaire, en violation de la Constitution et invalidé  des listes de l’opposition, en violation de la loi électorale, les candidats des partis politiques membres du CST considèrent que saisir cette Cour revient à saisir une des instances politiques du parti au pouvoir.

Il est important de noter :

que les populations togolaises, dans leur grande majorité, sont acquises à l’alternance. En témoigne la très forte mobilisation de ces populations pendant la campagne électorale conduite par les candidats du CST ;
que l’instauration de l’Etat de droit est loin d’être une préoccupation du régime RPT/UNIR, vu la facilité avec laquelle les actes arbitraires sont opérés impunément : arrestations, enlèvements, saisies, répressions violentes de manifestations pacifiques et musellement des médias privés telle que la RADIO LEGENDE ;
que le régime RPT/UNIR, incapable de respecter ni les engagements pris avec les partenaires du Togo ni la Constitution ni les lois, ne peut jamais organiser une élection transparente, équitable et crédible ;
qu’il y a lieu de s’interroger, face à l’incompréhension dont semble faire preuve la communauté internationale, sur la possibilité d’une alternance au Togo ;
que faute de prendre véritablement le contrôle de l’organisation et de la supervision des élections sous le régime RPT/UNIR, la communauté internationale investira en vain dans les processus électoraux au Togo.

En raison de tout ce qui précède, le CST appelle la communauté internationale :

A constater l’impasse à laquelle a abouti le processus électoral qui vient de se dérouler au Togo et à laquelle elle a pour ainsi dire contraint l’opposition à adhérer ;
à tirer toutes les conséquences de cette situation quant à l’aggravation du déficit démocratique au Togo ;
A reconsidérer, dans l’intérêt de la paix au Togo et dans l’intérêt bien compris du peuple togolais et de la nation togolaise, la nécessité d’une mise en œuvre consensuelle des réformes politiques et des recommandations des missions d’observation électorale, afin de permettre non seulement la reprise du scrutin législatif, mais aussi la bonne préparation et l’organisation consensuelles des élections locales et de l’élection présidentielle à venir.

D’ores et déjà, et pour contribuer à l’apaisement du climat politique dans le pays, le CST exige :

La libération immédiate et sans condition de tous les militants et sympathisants arbitrairement arrêtés et détenus à la gendarmerie, dans les prisons et tout autre lieu de détention ;
La levée de toutes les inculpations qui pèsent encore sur les dirigeants des partis politiques de l’opposition ;
La cessation immédiate de toute poursuite, intimidation, répression et harcèlement des populations sur toute l’étendue du territoire.
Le CST réitère ses remerciements aux populations togolaises pour leur soutien massif et les appelle à rester vigilantes et fermement mobilisées pour défendre avec dignité, la souveraineté du suffrage populaire.

Fait à Lomé, le 30 juillet 2013

Pour le Collectif ‘’SAUVONS LE TOGO’’

Le Coordonnateur


France/Mariage pour tous : Apologie pour une réforme des toilettes

Crédit photo gamaniak.com
Crédit photo gamaniak.com

Le mariage pour tous a été voté et promulgué. La vie continue comme si de rien n’était. Sauf aux mairies où de plus en plus, nous verrons des personnes semblables se dire : nous nous disons oui pour le meilleur et pour le pire. L’homosexualité s’approprie ainsi l’un des héritages  religieux qui est la fidélité. On peut donc être homosexuel tout en étant fils de Dieu.

Cette loi, au-delà du plan juridique, ne manquera pas certainement d’avoir une incidence sur la vie pratique au niveau sociale.

Etant un homme préoccupé par la logique et la cohérence, cette loi m’a interpellé sur un plan ou secteur assez naturel, bizarre et trop fréquentable. Un secteur de la vie de tous les jours, un secteur de séparation, de discrimination et d’injustice sexuelle. Je nomme avec amertume, curiosité et sans rire les toilettes publiques.

Cette loi sur le mariage pour tous comme nous l’avons vu dans l’article intitulé L’enjeu d’une re-définition de l’identité sexuelle, remet en cause l’autorité absolue de la bipartisation ou dualité du genre entre Homme et Femme en ouvrant le champ libre à tout un chacun de définir son orientation sexuelle. Un homme classique peut être en réalité une femme ou une femme classique peut être un homme.

Alors si on ne peut plus rigoureusement reconnaitre un homme ou une femme sous des traits physiologiques millénaires, quelle est l’importance de maintenir encore cette séparation, cette discrimination, cette injustice, ce mur qui sépare les sexes lorsqu’il est question de se rendre aux toilettes avec cette glorieuse idée de se soulager ? Il faut donc une reforme des toilettes !

La discrimination entre genres est entrée dans notre inconscient et nous est devenue naturelle. Devant les toilettes, on ne se pose plus la question pourquoi ma copine doit aller de ce coté-ci et moi de l’autre. Mais à y voir de près, cette question des toilettes est un fossile très intéressant pour le penseur-archéologue qui veut chercher dans les religions la haine de la femme.

  • La séparation des toilettes : une peur des religions monothéistes du sexe

Les toilettes en réalités est la cristallisation de la haine des religions en particulier des trois religions monothéistes de la femme. Des religieux vicieux qui avec les yeux pervers, ne voient que le sexe et le péché lorsqu’on parle de mixité dans les écoles. La séparation des toilettes n’est au fond qu’un héritage de la non-mixité des filles et garçons dans les écoles religieuses.

La soigneuse séparation entre femme et homme devant les toilettes est tout un symbolisme : c’est comme chez le  juif et le musulman la séparation entre homme et femme dans la synagogue et la mosquée.

Et chez le chrétien catholique, c’est semblable au  refus imposé à la femme de ne pas entrer dans le cercle phallocratique des prêtres en se basant sur des théories théologiques les plus farfelues Bon…pas de polémique !

 

Il me semble que cette séparation des genres devant les toilettes publiques, dans les commerces, tombent sous le coup de la loi portant modification de la loi sur le mariage.

  • Plus d’homme ou femme ! Donc plus de toilettes homme /Femme

Si un homme peut se dire femme, dans quelles toilettes doit-il se rendre pour se soulager ? Homme ou Femme ? S’il entre dans les toilettes réservées aux hommes, il se dénie. S’il entre dans les toilettes réservées aux femmes, il y aura scandale. Où doit-il entrer ?.

De plus le fait qu’une femme peut faire l’amour à une femme, et un homme à un homme, rend désuet l’idée religieuse qui a consisté à la séparation des toilettes pour que les jeunes filles et jeunes garçons ne s’y amourachent pas.

Mais aujourd’hui deux femmes peuvent se rendre aux toilettes et bien se savourer. Tout comme deux hommes peuvent se rendre ensemble aux toilettes et en sortir 30 minutes plus tard.

Devant ce constat réel, la séparation des toilettes Homme/Femme, cette discrimination devient innoperationnelle. Ce problème mérite attention devant la frustration intérieure des personnes homosexuelles et transgenres.

Ce qu’il faut, c’est joindre l’acte à la loi. La loi efface la dualité sexuelle. Et bien effaçons la discrimination devant les toilettes.


Impunité au Togo : Le Zimmerman togolais, c’est l’Etat!

Gouyano Sinandare, élève de 12 ans, tué par balle
Gouyano Sinandare, élève de 12 ans, tué par balle

Dans l’un de mes posts sur Facebook, j’ai fait mention du cas Trayvon Martin. Mais je n’oublie pas que chez moi, au Togo, en l’espace d’un mois :

  • deux jeunes élèves ont été tuées dont l’un, Anselme Sinandare 12 ans, par balle lors d’une intervention des forces de l’ordre
  • et qu’un opposant, Etienne YAKANOU, est décédé en prison sans qu’aucune enquête ou mise en examen n’ait été effectuée.

Lorsque ici aux Etats-Unis, pour la mort d’une seule personne tout un pays, que dis-je, un continent se met debout, dans le Gondwana, par contre on partage du riz UNIR et tout le monde rit !

Levons-nous pour la justice des nôtres ! Justice pour Anselme, Douti et Etienne!

      « Get up, stand up

 

    Don’t give up the fight »


USA/Pittsburgh : Summer ou la fête sous le Soleil

Photo @togocouleurs
Photo @togocouleurs

Le  soleil retrouvé après des mois de neige et de froid, le Summer est la rencontre avec le Soleil ou précisément la fête du Soleil à Pittsburgh,  la seconde plus grande ville de Pennsylvanie, aux Etats-Unis. Les Pittsburghers savourent ce moment de soleil en prenant vie tout comme les fleurs et la nature en général qui ressuscitaient. Tout devenait fête et vie. Les barbecues sont dépoussiérés et installés devant presque chaque habitation. L’air prenait tout d’un coup des saveurs aromatisées d’épices appelant l’amour à tous les coins de rue.

C’est une saison qui rime aussi avec une grande quantité de consommation d’eau. La bière peut être fière d’être à l’honneur parmi toutes les boissons. On mange, on boit, on rit et quelques fois, et souvent quelques tirs de coup de feu en partaient.

L’été, ici c’est la fête ; une fête en l’honneur du soleil.

Je vous présente ici quelques vidéos et photos que j’ai prises lors d’une festivité dénommée Pittsburgh Three Rivers Regatta qui s’est déroulée du 2 au 3 de ce mois de Juillet. L’un des événements estivaux le plus attendu par les Pittsburghers et rassemblant plus de 500 000 spectateurs chaque année.

  • BMX Bike Stunt Show Downtown Pittsburgh Regatta : de jeunes dont des enfants de font ici des démonstrations de sauts en vélo

  • Marvelous Mutts Dock Dog Show: Démonstration avec des chiens de race, capables de faire des plongées dans une piscine contenant plus de 15 000 litres pour y chercher  des balles.

 

  • F-2 Powerboat North American Championships: Il s’agit ici  d’une course avec des bateaux à moteur hyper-rapides qui leur donne la capacité de planer sur l’eau. La classe F-2  du championnat Nord Américain est venue pour la quatrième fois concourir pendant cet événement.

 

  • Photos : un magnifique art sculpturale réalisé avec du sable fin sur des maquettes montrant l’historique et  les activités de la ville.

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  • Terminons sur une note de musique et de dance qui a eu lieu plus tôt lors du festivalTree Rivers Arts Festival en début Juin.

 

Pittsburgh est désormais ma ville de résidence où je fais des études et je travaille. Je consacrerai désormais une rubrique sur mon blog à cette ville et en général aux autres villes ou Etats des Etats-Unis lors de mes voyages. Je compte utiliser beaucoup plus des images et vidéos pour faire un compte rendu de ce que je sens, je vois, et j’écoute.


France/Mariage Pour Tous : L’enjeu d’une re-définition de l’identité sexuelle

Photo Togocouleurs prise lors du Gay Pride à Pittsburgh, PA Juin 2013
Photo Togocouleurs prise lors du Gay Pride à Pittsburgh, PA Juin 2013

Avant tout propos sur le « mariage pour tous » il me semble nécessaire de clarifier ma position par rapport à ce débat. Pour le moment, je ne me suis pas encore fait une idée sur la question du mariage ouvert aux personnes de même sexe. Je réfléchis encore à la question et je demande à Dieu créateur de tout sexe et de toute sexualité, de m’éclairer tout en m’éloignant de tout dogmatisme. Je ne suis donc ni à Gauche ni à Droite, encore moins Droite-Gauche ou Gauche-Droite à l’étape actuelle. Je ne suis même pas Centriste ou Frontiste. En fait, c’est une évidence, puisque je suis africain ! Bon…pas de polémique!

De ce fait, ce présent article ne peut donc faire l’objet d’une revendication d’un camp quelconque. On ne saurait y voir ou en déduire des conclusions partisanes. Je n’écris pas pour des tiroirs catégoriques prêts à la croisade culturelle.

Ma préoccupation actuelle est simple : saisir dans cette loi sur le mariage pour tous en France ce qui est en mutation dans le processus de définition des questions du genre et qui tend à ériger l’aspect psychologique comme l’élément absolu dans la définition de l’être-sexué.

Avec ce projet de loi, « Qui est femme ou qui est homme ? » ne semble plus se prêter à une définition biologique simpliste ou ontologique. Sommes-nous devant une révolution psychologique ou l’achèvement d’une révolution psychologique sur la métaphysique en ce qui concerne la connaissance de l’homme ?

Dans une vidéo de campagne du PSFrançois Hollande disait :« J’ouvrirais le droit du mariage pour tous les couples » . Après une année de son premier mandat, malgré la bigoterie d’une frange importante des Français qui manifestaient dans la rue, il a tenu parole : adoptée définitivement par l’Assemblée nationale le 23 avril, validée par le Conseil Constitutionnel le 17 mai, la loi sur la mariage pour tous a été promulguée et publiée dans le journal officiel de la République française le 18 mai 2013. Malgré les contestations, cette loi fait désormais parti de l’histoire de la France, la fille ainée de l’Eglise.

Mais d’abord que stipule cette loi que Christiane Taubira, la ministre de la justice, qualifie d’ « une reforme de la civilisation »?

  •  Quelques articles de la loi sur le mariage pour tous

Je cite ici quelques articles basiques du de la Loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe votée le 23 avril 2013 et en cours d’examen au Conseil constitutionnel. Ils nous seront utiles dans notre parcours

I. – Le chapitre Ier du titre V du livre Ier du code civil est ainsi modifié :

1° Il est inséré au début de ce chapitre un article 143 ainsi rédigé :

« Art. 143. – Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe. » ;

Chapitre III

  • Dispositions de coordination

Article 4

Le code civil est ainsi modifié :

2° A l’article 37, les mots : « parents ou autres, » sont supprimés ;

3° A l’article 73, les mots : « des père et mère ou aïeuls et aïeules » sont remplacés par les mots : « des parents ou des aïeuls » ;

4° L’article 75 est ainsi modifié :

a) Au premier alinéa, les mots : « parents ou non des parties, » sont supprimés ;

b) Au dernier alinéa, les mots : « mari et femme » sont remplacés par le mot : « époux » ;

8° L’article 148 est ainsi modifié :

a) Les mots : « père et mère » sont remplacés par le mot : « parents » ;

b) Les mots : « le père et la mère » sont remplacés par le mot : « eux » ;

Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié :

1° L’article L. 331-7 est ainsi modifié :

a) Au premier alinéa, les mots : « la femme assurée » sont remplacés par les mots : « l’assuré » ;

b) Au deuxième alinéa, les mots : « l’intéressée » sont remplacés par les mots : « l’assuré » ;

c) Au troisième alinéa les mots : « l’assurée » sont remplacés par les mots : « l’assuré » ;

2° L’article L. 351-4 est ainsi modifié :

a) Au premier alinéa du II, les mots : « du père ou de la mère assuré social » sont remplacés par les mots : « de l’un ou l’autre des deux parents assurés sociaux » ;

 Vous pouvez vous-même faire un tour sur le site du Service Public de la Diffusion du Droit LegiFrance ou le site de l’Assemblée Nationale française afin de lire en intégralité ce projet de loi. Mais ces quelques extraits articles nous suffisent ici pour notre démonstration.

Une lecture de ces quelques articles nous met devant le fait qu’il ne s’agit pas d’une question de morale mais de grammaire, même si la grammaire n’est que l’antichambre de la morale. Nous constatons donc qu’avec le « mariage pour tous», comme résumé sur le site du Service public de la diffusion du droit les mots « père et mère » sont remplacés par le mot « parent » et les mots « mari et femme » par le mot « époux ». 

Même dans le rôle des rapports sexuels, on parle de plus en plus de rôle actif et passif. Ceci évidemment dans le but d’être cohérent avec la disparition des termes catégoriques homme/femme.

Mais en réalité nous sommes devant une redéfinition de l’être sexué humain. Cette re-définition me semble fondamentalement être l’achèvement d’une révolution psychologique ou la victoire consacrée de la psychologie sur la métaphysique notamment aristotélicienne.

  • .Une révolution psychologique ? : De l’être-sexué ontologique à l’être-sexué psychologique

Avec le développement de la psychologie en tant que science tout comme d’ailleurs avec l’autonomie des autres sciences, la copule ontologique d’identité aristotélicienne « EST » qui rattache un attribut souvent biologique et/ou physique au sujet, ne cesse de reculer au profit d’autres paramètres dans la connaissance de l’homme et donc de sa définition. Car la portée ici semble être : quelle science définirait-elle au mieux la nature de l’Etre humain ou rendra compte de ces propriétés et qualités ? Même si les liens entre la métaphysique et la psychologie restent en permanente complémentarité, des intérêts politiques semble parfois ériger un mur étanche entre ces deux ‘’sciences’’.

Lorsqu’Aristote dit par exemple que l’Homme est mortel, cet attribut ou prédicat est ontologique à l’Homme. Il ne peut en aucun cas arriver un moment ou l’homme cesserait d’être mortel. « Mortel » est donc une « substance » de l’être homme.

Ainsi à partir de ce schéma aristotélicien la distinction homme/femme ou mâle/femelle porte aussi une différence ontologique rigide. Il ne peut à aucun moment arriver que l’homme devienne femme, la femme devienne homme, le mâle devienne femelle ou encore la femelle devienne mâle. Si l’homme et la femme partage la même substance qui les différencie des autres espèces, ce qui les différencies entre eux en genre est tout aussi substantiel donc interchangeable. On ne devient pas homme ou femme. On est homme ou femme. C’est là un vieux débat qui opposa les essentialistes et les existentialistes mais qui resurgit sous de nouveaux thèmes de nos jours surtout en matière de moral et d’éthique. Cette posture logique exclut la pure subjectivité au profit de l’objectivité ou de l’universalité.

Mais cette loi sur le mariage pour tous, même si elle ne définit pas les caractéristiques de ce qui est mâle ou femelle, semble laisser le champ libre à tout un chacun de se définir sa sexualité.

  • Se-dire-soi-même ou une auto-définition :

Cette re-définition de l’être-homme est d’autant plus singulier et révolutionnaire qu’elle n’est pas issue d’une norme prédéfinie par la société. Se sentir homme ou femme ou encore homme-femme est une re-définition du sujet elle-même qui par-là et librement « se-dit-lui-même ». Ici donc dans cette définition se rejoignent la liberté individuellement avec l’expression psychologique ou sentimentale de soi-même. L’individu librement se donne sa sexualité indépendamment de sa constitution physio-biologique et en contradiction avec la norme sociale établie. On en vient donc a une primauté du « sentir » sur l’ « être » ou simplement le remplacement de celui-ci par celui-là.

  •  La primauté de « l’être en tant que sentir »

On n’est plus homme, on se sent homme ! On n’est plus femme, on se sent femme. C’est en ces termes que je définie la révolution psychologique de l’être-humain contenue dans ce que la ministre la justice appelle « une reforme de la civilisation ». Il s’agit donc fondamentalement d’un remplacement de « être » par « sentir » ou en d’autre terme  le privilège de « l’être en tant que sentir » sur « l’être en tant qu’être »

Cette révolution qui définit l’homme ou la femme selon ce qu’il ou se ‘’sent être’’ semble donc être la fin du paradigme ontologique qui a servi à la catégorisation des connaissances sur les « être » dont le genre humain et continue de gouverner encore la chapelle de la raison de l’humanité.

Avec cette loi, le principe d’identité rigoureux est fortement secoue à tel enseigne qu’il est désormais difficile de dire de nos jours : « Elle = femme ».