Félix

Kikwete, après le mandat il y a une bonne soupe d’ugali

Jakaya-KIKWETE-1140x641Pendant que certains s’aplatissent à leur trône comme des sangsues en peaufinant des stratégies machiavéliques pour un éventuel « glissement », d’autres tiennent compte de signes des temps et préfèrent une sortie honorable. Le président tanzanien Jakaya Kikwete est l’un de rares fils d’Afrique qui a compris qu’il faut savoir quitter le pouvoir avant que celui-ci vous quitte.

L’année 2016 est pour certains pays africains celle de la présidentielle et des fins des seconds mandats pour bon nombre de présidents (Joseph Kabila, Denis Sassou Nguesso, Yoweri Museveni, Paul Kagame, Pierre Nkurunziza, etc.).

En prévision de ces échéances, les stratèges politiques mettent en œuvre des plans B soit pour organiser les élections ou les contourner. Pour y arriver, ils prêchent et imposent des consultations, des référendums et des dialogues qui, selon eux, constituent un schéma de sortie à la crise qui pourrait secouer ces pays respectifs.

Un prétexte ? Une voie de sortie ? Pourquoi doit-on parler de la crise pendant qu’on prétendait avoir tiré des leçons de dernières élections ? Des prophètes des malheurs ?

En même temps, chantages, rumeurs et procès d’intention fusent de partout et créent un climat délétère dans certains pays. Evidemment, ce climat est entretenu par ces politiques véreux qui ne veulent pas se prononcer définitivement sur leur éventuel départ. « Si on donne sa langue à un chat il finira par miauler. Vaut mieux la donner à une pierre pour qu’elle se taise pour du bon ».

Jakaya Kikwete, autorité morale du CCM (Chama Cha Mapinduzi), parti au pouvoir, a surpris plus d’un le week-end dernier à Dodoma, la capitale administrative dans le centre du pays. Il mit fin à toutes les rumeurs lui prêtant l’intention de se représenter pour briguer un 3e mandat interdit par la Constitution. Mais comment l’a-t-il fait cousin ? Contrairement à ses homologues stratagèmes, il a déclaré haut et fort qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession.

Loin de brouhahas politiques, cet homme raisonnable a choisi d’aller déguster paisiblement  sa soupe d’ugali après son second quinquennat. N’en déplaise! Si Jakaya Kikwete n’existait pas il fallait l’inventer. Ce digne fils d’Afrique a fait preuve d’une leçon d’alternance à ces égoïstes-prédateurs qui s’agrippent à leurs trônes en écrasant leurs peuples. Rien qu’une simple déclaration ! Faites autant si réellement vous n’avez pas d’agenda caché.


L’éventuel 3e mandat de Kabila scinde l’opposition

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A qui mieux mieux. Le message de Joseph Kabila adressé à la nation lors du 55e anniversaire de l’indépendance de la RDC fractionne davantage l’opposition politique congolaise. Comme une poire scindée en deux, le camp des partants et des non-partants au dialogue montent au créneau et chaque camp se justifie.

L’idée d’un dialogue national par les Congolais et pour les Congolais enchante tout le monde. Mais certains politiciens véreux en trouvent là une opportunité pour assouvir leur soif et s’éterniser au pouvoir. Les plus farouches brandissent la Constitution en démontrant que Kabila ne peut plus se présenter à l’élection présidentielle prochaine. Tandis qu’un autre camp conditionne la tenue d’un tel dialogue à la participation de la communauté internationale qui, selon eux, doit modérer ce débat en toute conscience et sérénité. Les autres par contre sont opposés à cette idée et considèrent que c’est une affaire congolo-congolaise qui ne requiert d’aucune médiation internationale. 

Pour une énième fois, la plateforme  » Dynamique pour l’unité d’action de l’opposition » a dit sa messe à la paroisse Notre-Dame de Fatima (Kinshasa), et cela, après le décryptage minutieux du discours de Joseph Kabila. Ces hommes politiques qui ont dit non au dialogue ont brisé le silence en répondant  » step by step «  (coup sur coup) à Joseph Kabila. Ils dénoncent son manque de volonté politique d’organiser les élections libres, crédibles et transparentes dans le délai constitutionnel.

Il a suffi d’une déclaration de 7 points, entre autres : le calendrier électoral global, l’enrôlement de nouveaux majeurs, la sécurisation du processus électoral, le découpage territorial, le dialogue, la neutralité de la Céni (Commission électorale nationale indépendante et la session extraordinaire pour qu’ils démontrent les manoeuvres dilatoires du président sortant, d’organiser son  » glissement « .

Par conséquent, les groupes parlementaires de l’opposition ont décidé de boycotter toutes les plénières de l’Assemblée nationale relatives à l’examen du projet de loi portant « Répartition des sièges ». La Dynamique réitère sa position de ne pas participer au dialogue et aux consultations présidentielles initiés par Joseph Kabila. Elle dénonce par ailleurs les déficits budgétaires chroniques de la Céni, notamment, la persistance des déficits chroniques dans les lignes budgétaires de 2012 à 2015, alors que la primature et la présidence ont enregistré un dépassement dans leurs allocations pendant la même période.

Grade à été l’indignation des groupes de l’opposition en entendant le président Kabila dans son discours du 30 juin 2015 souligner :  » Les besoins pour que l’organisation réussisse des élections s’élèvent à plus d’un milliard de dollars, alors que le budget pour l’ensemble des besoins de l’Etat était arrêté à neuf milliards de dollars « . Ils ont par contre fait remarquer que  » les élections ne se financent pas en un seul exercice bugdétaire « . Ils ont aussi dénoncé le financement par le gouvernement de projets non autorisés par l’autorité budgétaire, notamment la construction de l’hôtel du gouvernement et du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.


Dialogue politique : le partage du gâteau congolais pose problème

GateauDepuis son accession à l’indépendance, la RDC est l’objet de plusieurs crises dont l’une des causes est jusqu’à ce jour la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs. Sur ce, les Congolais se sont vu proposer des dialogues politiques en vue de mettre fin à ces différentes crises et d’instaurer des institutions politiques fortes. Mais ces forums qui ont suscité d’abord l’espoir au sein de la population se sont révélés plus tard des coquilles vides.

 » Chasser le naturel, il revient au galop  ». C’est le sempiternel recommencement. La hantise du dialogue. Ce terme refait encore surface et s’impose dans le vocabulaire quotidien des Congolais. Du fonctionnaire de l’Etat aux mamans maraîchères, on en parle. C’est l’actualité.

Mais la question primordiale est celle de savoir si ces politiques congolais dialoguent pour l’intérêt supérieur de la nation et des solutions durables ou simplement pour des intérêts égoïstes?

Du dialogue intercongolais aux concertations nationales, le citoyen lambda s’interroge sur le bien-fondé de tous ces forums. Convoqués dans le but de renforcer la cohésion nationale et d’instaurer la démocratie, ils se sont transformés pour la plupart des cas en des conciliabules de partage de pouvoir au détriment de la population et sont venus détériorer le climat sociopolitique.

A seize mois de la tenue de l’élection présidentielle et de la fin du dernier mandat de Joseph Kabila, le chef de l’Etat congolais propose un dialogue à l’opposition. Une carte blanche ou un traquenard ?

L’idée d’un énième dialogue politique enchante ou agace ? La mouvance se délecte. L’opposition politique grimace. La population garde encore les stigmates de différents rassemblements qui ont fait feu de paille. Les Congolais sont pessimistes au regard de tout tambourinage sur ces genres forums qui tiennent en haleine toute la population pour ensuite décevoir, notamment, les concertations nationales qui ont accouché d’une souris.

Mais pendant ce temps, le violon ne s’accorde pas au sein de l’opposition politique et les avis restent partagés. Une frange de l’opposition veut s’inviter au mangeoire et est en tractations avec les émissaires de Kabila pour trouver un format à ce dialogue. Ils en trouvent une opportunité pour discuter de certains contentieux et de baliser la voie pour Joseph Kabila de s’en aller calmement ( Est-ce réellement son avis ?). D’autres par contre estiment que cette messe politique favoriserait le glissement de Kabila qui veut à tout prix défendre son bifteck et s’adjuger un mandat de plus. Ils soulignent par ailleurs que si la mouvance avait l’intention d’un dialogue franc, elle l’aurait convoqué au sortir des élections controversées de 2016 dont la légitimité de Kabila est jusque-là mise en cause.

C’est dans cette optique que les non-partants au dialogue ont répondu à Kabila à travers une  » déclaration politique à Kinshasa ». Ils lui ont fait part de leur refus catégorique de s’embarquer dans ce bateau qui conduirait à une quelconque transition. Ils se disent prêts pour la bataille électorale .

 » C’est un cadeau empoisonné, voir en un cheval de Troie de Kabila auquel les opposants congolais doivent faire très attention « , juge un analyste politique.


Une décoction qui guérit tout, ça existe à Kinshasa

MTLes dividendes à tirer lorsque les tradipraticiens se livrent à cœur joie à des campagnes publicitaires illicites dans les médias, c’est la vente d’illusions. De cette cacophonie amplifiée et entretenue par les chaînes des radios et télévisions, d’une part, et d’autre part le ministère de la Santé publique, le malade kinois se fait embobiner et rançonner à ciel ouvert par des charlatans. La publicité enrobe ces produits traditionnels en ne laissant aucun choix au pauvre malade qui en pâtit au lieu d’en guérir.

En Afrique, jusqu’à 80 % de la population a recours à la médecine traditionnelle. C’est ainsi que pour se faire une place dans ce secteur, guérisseurs, phytothérapeutes, herboristes, petits sorciers ont envahi l’espace médiatique congolais avec des émissions de santé qui n’ont de santé que le nom. Sans contenu scientifique, dénuées de toute pudeur, lesdites émissions foisonnent en faisant l’apologie du sexe. Dans la plupart de cas, elles ont tendance à jeter le discrédit sur la médecine moderne. On verse dans la publicité agressive sur l’art de guérir par les produits traditionnels, pourtant interdits par la loi.

Des mixtures au gingembre, aux écorces d’arbre, aux racines et autres substances toxiques rivalisent tous le long des rues et marchés de Kinshasa. Parfois dans des bouteilles en plastique repêchées dans des caniveaux et poubelles, le dosage et les conditions hygiéniques dans lesquelles sont fabriquées ces mixtures restent un secret des dieux.

 » Cette décoction traite les hémorroïdes, paludisme, cancer, le rhumatisme, le sida, la myopie, le myome, l’hypertension artérielle, la stérilité, etc. «  Bon Dieu ! Si seulement cela était possible, la médecine chinoise qui vante tant les vertus de l’acupuncture courberait l’échine devant cette médecine de l’Afrique subsaharienne.

A certaines heures, regarder le petit écran devient monotone, à croire que les grilles de programmes des médias audiovisuels auraient subi une uniformisation. Même magazine, même invité, même sujet, même décor diffusé simultanément sur différentes chaînes. Des témoignages de malades qui auraient retrouvé la santé en un temps record grâce à ces traitements. Serait-ce un bourrage de crâne ? C’est la loi du moindre effort qui conduit à la médiocrité qui, par contre, renfloue les poches de ces marchands de boniments.

Sur ce, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), l’organe de régulation des médias congolais tape du  poing sur la table et rappelle à l’ordre les tradipraticiens et les journalistes à se conformer à l’esprit et à la lettre de la réglementation en vigueur. Désormais, pour éviter cette descente aux enfers, le CSAC  exige un avis de conformité avant toute production et diffusion des émissions de santé et promet de sanctionner les récalcitrants.

Devant cette instance de régulation, les tradipratriciens et les professionnels des médias se rejettent la responsabilité. Les premiers chargent les prétendus journalistes qui poussent à l’erreur l’herboriste illettré après avoir empoché leur cagnotte ou pourboire (coupage dans le jargon).

M. François Kacingu, phytothérapeute et président du Conseil national des tradipraticiens (CNT), a pour sa part, plaidé pour l’assainissement de ce secteur en accusant par ailleurs le ministère de la Santé publique qui, selon lui, entretient sciemment ce désordre par son refus de reconnaître juridiquement cette structure. Il a affirmé que cette reconnaissance permettra à éviter la descente aux enfers de la médecine traditionnelle en débusquant et bannissant les moutons noirs de la profession.

 » Il faut doter le CNT de bases juridiques lesquelles lui faciliteront de mettre le ménage, de recenser et d’identifier tous les tradipraticiens exerçant sur l’ensemble de la RDC, « , a-t-il indiqué, avant de souligner que  » L’ambition dont on a pas la compétence est un crime « .

Outre sur le petit écran, des mixtures au gingembre, écorces d’arbre, racines et autres substances toxiques rivalisent tout le long des rues et marchés de Kinshasa. Certaines sont vendues dans des papiers d’autres dans des bouteilles en plastique repêchées dans des caniveaux et poubelles. Le dosage et les conditions hygiéniques dans lesquelles sont fabriquées ces mixtures restent un secret des dieux.

 » Cette décoction traite les hémorroïdes, paludisme, cancer, le rhumatisme, le sida, la myopie, le myome, l’hypertension artérielle, la stérilité, etc. «  Bon Dieu ! Si seulement cela était possible, la médecine chinoise qui vante tant les vertus de l’acupuncture courberait l’échine devant cette médecine de l’Afrique subsaharienne.


Affaire fosse commune : une industrie de la mort à Kinshasa ?

Ph. lavdc.net
Ph. lavdc.net

L’opposition politique congolaise est catégorique. Elle ne va pas par le dos de la cuillère pour qualifier de crime contre l’humanité l’inhumation dans des conditions abjectes de plus de 425 cadavres dans une fosse ou tombe commune à Kinshasa. Elle soupçonne l’existence d’une industrie de la mort en RDC chargée d’assumer des services macabres d’épuration.

Sans vergogne, réunis comme un seul homme dans une salle paroissiale de Kinshasa, les membres de l’opposition congolaise ont dans une déclaration politique dénoncé l’existence d’un charnier à Kinshasa. Cette sale besogne, estime-t-elle, fait penser à un massacre dont l’inhumation a été faite dans la précipitation et dans la clandestinité par l’Etat congolais pour cacher sa barbarie.

A l’unisson, ces opposants chargent l’Etat congolais d’être responsable des causes de la mort de ces personnes qui, selon eux, auraient été tuées lors des différentes manifestations à Kinshasa. Ils exigent une enquête crédible, indépendante et efficace pour éventrer le boa et établir les faits et responsabilités.

Trop sceptiques à l’idée de voir le gouvernement congolais diligenter cette enquête, les acteurs politiques crient déjà à la machination et réclament une enquête mixte et internationale pour éclairer l’opinion.  » Une enquête dont on serait juge et partie ? Cela risque d’étouffer la vérité « , soulignent-ils. 

Le gouvernement pour sa part trouve demande insultante et propose une enquête judiciaire confiée au procureur du parquet de Kinkole. Serait-ce un faux-fuyant ? s’interroge l’opinion tant nationale qu’internationale.


Kinshasa: des cadavres condamnés pour occupation anarchique

Ph. rfi.fr
Ph. rfi.fr

« Dis-moi comment tu enterres tes morts, et je te dirais qui tu es ». Le feuilleton judiciaire opposant les citoyens cadavres enrôlés et identifiés aux cadavres sans papiers pour occupation anarchique et surpeuplement de la morgue centrale de l’hôpital de Kinshasa continue de défrayer la chronique. A peine installée, la Haute Cour des contentieux a du pain sur la planche. Elle a rendu un arrêt déguerpissant environ 425 corps présumés être ceux d’indigents de cette institution mortuaire pour une fosse commune dans la périphérie de Kinshasa (Maluku). Pas d’appel, de sursis ni de respect à l’endroit de ces  » cadavres fraudeurs «  qui occupaient illégalement les frigos de cette morgue.

Les rumeurs les plus folles courent à la suite du tollé général provoqué par la découverte macabre des cadavres inhumés sans funérailles ni moindre respect dans un charnier à Kinshasa. Curieusement, contre toute attente, c’est la puanteur dégagée par ces corps qui a alerté les populations environnantes à dénicher la cachette. L’opinion tant internationale qu’internationale est indignée. On trouve en cette opération beaucoup de zones d’ombres méritant une clarification.

Le gouvernement congolais est sur la défensive. Le patron de l’Intérieur assume. Il a tenté de calmer les esprits en convoquant le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme, Human Rights Watch et d’autres ONG de défense des droits de l’homme pour éclairer les lanternes, avant de souligner qu’il ne fallait pas établir un lien entre ces morts et des victimes des événements du 19 au 21 janvier dernier.  » C’est une opération de routine pour dégager la morgue de corps abandonnés en l’aérant « , a-t-il affirmé.

On connaît les trucs, les trocs, les trics et les tracs des morgues de Kinshasa ne dépassant pas pour la plupart une capacité de plus de 350 corps. A l’évidence, elles sont confrontées à d’énormes difficultés quant à la conservation des corps dans des conditions décentes. La surcharge entraîne rapidement une négligence (cadavres manipulés sans ménagement) et les défaillances matérielles y sont récurrentes.

Par un raisonnement absurde, disons que les citoyens cadavres en règle suffoquaient et ne jouissaient pas pleinement de leur droit dans les frigos mortuaires qui leur sont alloués. Fosse ou tombe commune, bière ou sac en plastique, cimetière ou charnier, un cadavre après tout, ça finit toujours dans un trou ? Que n’accepte-t-on pas pour guérir un cadavre abandonné et sans papiers ? Le fourrer sans ménagement dans un trou avec ses paires ne semble-t-il pas une meilleure option ? N’est-ce pas là une guérison ?

C’est en quelque sorte affirmer qu’en RDC, les indigents n’ont droit à aucune sépulture, à une stèle, rappelant la promesse de la résurrection, à un cierge, à de l’eau bénite, à un cercueil de fortune ni à un quelconque rituel ou office des morts pour respecter leur mémoire. C’est la dérision et l’ inversion.

Certes, les charges retenues contres ces cadavres-anarchistes sont lourdes, et qu’il y avait nécessité d’assainir ces lieux mortuaires. Mais cela explique-t-il une opération de cette envergure qui a consisté à conduire les cadavres intrus manu militari dans une fosse commune sans préavis ? Dans la conception africaine de la mort, on ne néglige rien pour apaiser le mort, lui prouver son amour et son respect en l’aidant à partir en beauté.

Des langues se délient et qualifient ladite opération d’assainissement une machination secrète de la part des autorités publiques.

A Kinshasa, le marché funéraire s’avère un casse-tête même pour le gouvernement. On devient de plus en plus calculateur et parcimonieux afin de minimiser les dépenses. Faire clouer environ 425 corps dans quatre planches en ménageant pour chacun un lopin de terre, n’est-ce pas trop dispendieux pour le gouvernement congolais?


Festival Toseka III : c’est le rire et les larmes réparatrices

Abelle Bowala, humoristeLe rire. Voilà un outil de rapprochement pédagogique à des fonctions thérapeutiques qu’il faut au Kinois pour lui soustraire de stress et lui apporter une distraction saine et récréative d’autant plus que la chanson et le théâtre populaire deviennent davantage des vecteurs d’antivaleurs. Le Festival international d’humour de Kinshasa  » Toseka «  (rions) a ouvert du 27 au 28 mars dernier, une fenêtre sur ses coulisses dans une soirée made in DRC avec 7 jeunes humoristes congolais. L’art était au rendez-vous. Sans pareil, ces jeunes talents ont su électriserla salle Brel du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa (CWB).

Kody Kim et les humoristes (Ph. Toseka 2015)
Kody Kim (Belgique) et les humoristes (RDC) (Ph. Toseka 2015)

Créer un espace du rire, des larmes réparatrices, des silences constructifs, dénoncer les intrigues, les injustices sociales par la magie d’humour et développer un espace d’humour utile qui sert de changement des comportements sociaux, le Festival  » Toseka  » y pense et s’y consacre depuis sa création en en 2011.

En prélude de sa 3e  saison prévue du 25 au 30 août 2015, le Festival a donné un avant-goût d’un spectacle inoubliable. Le rire était roi parmi les nombreux spectateurs présents à la salle Brel du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Des rires fous et des performances qui présagent la totale réussite de ce forum mondial du rire. Une ballade avec 7 jeunes humoristes congolais qui ont photographié, caricaturé, sensibilisé avec les sujets de la société congolaise.Un travail de titan auquel ces jeunes humoristes continuent à s’adonner jour et nuit.

Une vue du public (Ph. Toseka2015)
Une vue du public (Ph. Toseka2015)

A travers ces deux soirées, il sied de dire que nous amorçons le dernier virage pour atterrir en douceur sur le tarmac du Toseka III qui, cette année associe des partenaires de taille, entre autres,  » Juste Pour Rire «  (Canada), certains humoristes africains, etc.

La RDC, hautement un pays culturel et un réservoir des talents, est plus que jamais un pays d’humour. Un humour qui contribue à l’éducation et à la construction du pays.

 » Toseka «  promeut les arts de la scène plus particulièrement dans le domaine d’humour (Stand up). C’est un espace de formation, de partage et des créations regroupant de manière récurrente des humoristes de la RDC et ceux des pays francophones afin de professionnaliser l’humour congolais ainsi que de faire voir au monde que l’humour n’est pas un métier  » dérisoire ».


La ruée vers les partis politiques en RDC : une aubaine pour les plus véreux

Le microcosme politique congolais est truffé de partis et regroupements dont le nombre ne compense pas la qualité. De diverses natures et de toutes les couleurs, ils sont dans la plupart de cas guidés par des avantages matériels.

On en dénombre à ce jour une bagatelle de 477 et une trentaine de regroupements politiques agréés tandis que d’autres sont en gestation ou en cours d’officialisation. Un gabarit trop élevé, estime l’opinion nationale bien que le pluralisme politique confère à tout Congolais le droit de jouir des ses droits civils et politiques par la création des partis politiques ou l’affiliation à ceux-ci. Mais les Congolais sont friands de ces entreprises « cagoulées » qui gardent encore la marque africaine et des connotations tribales.

Il va de soi qu’aucune société moderne ne peut se déroger de l’existence des partis politiques et se dire un Etat de droit. Cette existence favorise à bien d’égard la promotion et la protection des droits humains et les libertés publiques. C’est l’expression de la démocratie à travers laquelle les organisations, connaissant les besoins du citoyen lambda, regroupent les opinions et formulent une alternance en vue de les transmettre au gouvernement. C’est la ceinture de transmission entre l’Etat et les citoyens. Une courroie de transmission des aspirations populaires, les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la conscience collective et à l’éducation civique et patriotique.

Mais qu’advient-il quand cette ceinture de transmission est grippée et que les politiques ne suivent que les intérêts égoïstes. C’est la cacophonie totale qui engendre le foisonnement de ces organisations dénuées de tout sens et dont la pauvreté des membres rend aléatoire les ressources susceptibles de provenir de cotisation en faisant reposer le poids du fonctionnement du parti à la charge du seul fondateur.

Ironie du sort, ces  » boutiques politisées «  créent une ambiance délétère et défavorable à l’enrichissement de la culture et de la pratique démocratique devant consolider les vertus républicaines pour le développement du pays. Au lieu d’être la ceinture de transmission, ils sont des tonneaux qui se remarquent par un manque de base idéologique, d’assise nationale, de programme fiable, l’absence d’une culture démocratique et des mécanismes institutionnalisés de sélection des candidats, de fidélité et loyauté des membres (d’où le vagabondage) et prévalence des accointances régionales ainsi que du clientélisme. Ils sont tout, partis fugitifs, fragmentaires, fractionnels, événementiels, clubs d’amis, comités électoraux, sauf une ceinture de transmission des aspirations populaires à l’Etat.

De quelle culture est-il question dans ces mouvements ? Peuvent-ils survivre sans le père fondateur? Cette ruée vers la création des dits partis explique-t-elle la maturité politique des Congolais? Et que dire de la versatilité de ses membres qui sont de la droite les avant-midi et de la gauche les après-midi ?

Plusieurs facteurs concourent à la floraison de ces forces politiques, notamment la « démocratisation » du régime Mobutu, la tenue de la Conférence nationale souveraine (CNS), la transition issue des accords de  » Sun City «  en Afrique du Sud. Ces causes ont suscité avec force la renaissance des partis politiques longtemps mis en veilleuse par le monopartisme ou le gel à l’entrée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL).

C’est ainsi qu’on assistera à la transformation des mouvements de rébellion en partis politiques dont les acteurs ne jurent que par le «  changement radical » de régime sans tenir compte de l’établissement des structures démocratiques devant consolider les vertus républicaines pour le développement du pays. La société civile se mue au grand jour et ses acteurs convergent au gouvernement ou encore bénéficient des faveurs des alliés qui sont au sein des institutions étatiques. Les ONG pour leur part sont en réalité des entreprises commerciales qui s’enrichissent sur le dos des plus démunis en occultant leur statut et contourner certaines obligations et attendre ainsi d’une action humanitaire ou  » aumône  » de la part des partenaires.

Ces forces politiques font par ailleurs face à des défis majeurs, notamment celui de fonctionner dûment et bénéficier d’un traitement égal de l’Etat et des services publics selon les prescrits de la loi. La mémoire collective se rappellera des chiffres historiques de 18 386 candidats députés pour 500 sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale lors des élections législatives de 2011. Un vice congolais ?

Les politiques congolais doivent relever le défi d’asseoir un leadership alternatif, éviter la propension vers snobisme et éradiquer les stéréotypest.


CAN 2015 : La ballade poisseuse de Joseph Kabila

CAN 2Il a été réconforté et sur motivé ses fauves de ramener un 3ème sacre continental manquant à la RDC depuis 1974. Une visite et un dîner de gala en compagnie de ces ambassadeurs à la culotte leur remonterait le moral avant d’affronter les Éléphants de la Côte-d’Ivoire lors de la demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2015, pensa Joseph Kabila. Mais avant même qu’il atterrisse à Bata (Équato-guinéenne), cette idée a été accueilli froidement parmi ses détracteurs. La désapprobation, les commérages et les ragots se sont colportés. Un écho défavorable. Mais qu’a-t-il amené dans sa besace sinon mettre du baume au cœur du onze national ?

« On va affronter les Éléphants. Léopard est souvent très rusé. L’objectif pour nous est d’abattre un Éléphant avant de ramener le trophée à la maison », avait affirmé Joseph Kabila oubliant que les pachydermes savaient déjouer la ruse des carnassiers.

Ironie du sort, le Léopard n’a pas pu sortir ses griffes et bondir sur l’Éléphant, trop colosse. Il a été désillusionné, écrabouillé et mis en déroute comme un chat culotté. Beaucoup d’embarcations échouent souvent au port.

C’est une nuit morose en RDC, notamment à  Kinshasa. Déboussolés et inconsolables, ne sachant pas digérer leur défaite, les Kinois ont cherché à déverser leur bille non pas sur l’entraîneur (Florent Ibenge) et ses protégés, mais plutôt sur un acteur indirect qui n’était pas sur l’air de jeu. Avant même le coup de sifflet final de la rencontre, ils avaient déjà trouvé leur coupable. A cor et à cri, ils ont accordé leur violon pour jeter le discrédit sur le geste Kabila pourtant symbolique et unificateur. Ils n’ont cessé de tinter les oreilles par le refrain:  » Qu’a-t-il été faire là-bas?  »  » Pourquoi y était-il allé ? »

A tort et à raison, on lui assène ce constat malheureux d’être cette  » brebis galeuse  » et ce trublion qui aurait envoûté les Léopards. Un délire d’autant plus que présent ou pas présent, sa visite n’aurait remplacé le système de jeu de cette équipe, estiment d’autres.

Le bémol est tout de même qu’au lieu de reconnaître les failles tactiques de leur équipe, ils se sont donné le luxe de s’acharner sur un individu en lui cherchant noise et en jetant un discrédit à son geste combien bien réconfortant. Voilà combien ils sont barbants ces congolais. Quoi qu’il en soit, c’est un geste patriotique dépassant tout clivage interne.


Black-out sur le Net en RDC : mensonges d’Etat ou naïveté ?

CensurenetPas moins de 5 jours, les Congolais ont été coupés du reste du monde. Ils ont subi un  » black-out «  qui a consisté à bloquer les serveurs en les privant de l’Internet et de services de courte messagerie (SMS) du lundi 19  au vendredi 23 janvier. Certaines stations des radios et télévisions pro-opposition n’ont pas été épargnées par cette mesure totalitaire. Pas de Facebook, de viber, de whatsapp,de texto, d’e-mails, ni de transactions commerciales et financières. Un coup de massue à la liberté de l’information et de l’expression ainsi qu’à l’économie nationale. C’est la riposte initiale du régime Kabila faisant pour la énième fois une mauvaise publicité à la République.

Entre le 19 et le 22 janvier 2015, la RDC a été le théâtre d’une escalade de la violence meurtrière qui a coûté la vie à une cinquantaine de manifestants pacifiques protestant contre l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi électorale controversée. Le déclic fut l’alinéa 3 de l’article 8 de cette loi qui conditionnait la tenue de l’élection présidentielle de 2016 au résultat du recensement et de l’identification de la population comme préalable. C’est le  » glissement  » du dernier mandat de Joseph Kabila qui veut faire avaler des couleuvres aux Congolais pour s’éterniser au pouvoir, s’indigne la population. 

Dans certaines provinces du pays, notamment la ville de Kinshasa des échauffourées entre habitants et forces de l’ordre, des scènes de pillages, d’arrestations illégales ont paralysé la vie socioéconomique. Les événements se passent sous le regard de tout Congolais comme lors de la guerre d’Irak. D’un clic, les images de la barbarie policière et de ces scènes sont postées sur les réseaux sociaux et se font suivre des commentaires hostiles à l’encontre du régime de Kabila. La communication gouvernementale consolidant astucieusement le bourrage de crâne est prise de court par la vitesse de la circulation de l’information.

Le multimédia met désormais à la disposition de chaque usager les moyens de fabriquer sa propre information, de la communiquer et de devenir son propre reporter. Souligner que la floraison de téléphones portables et le Net, notamment les réseaux sociaux place le monde sous le regard de chacun. Il ne se passe plus rien qui ne soit filmable, photographiable, saisi par un des capteurs dont chacun dispose. C’est une mutation de grande ampleur qui a modifié les rapports entre l’information et la simultanéité.

Malgré cette évidence, les décideurs congolais apostrophent que  » Trop d’informations tue l’information parce qu’elle engendre l’entropie « . Ils optent quand même pour une mesure sécuritaire qui, selon eux permet de contrer le flux intoxication, de manipulation, d’amplification et de la diffusion des rumeurs. Mais quand on estime que l’Internet constitue un danger majeur pour la démocratie, n’est-ce pas là une dérive totalitaire et une naïveté ?

De nos jours, les médias s’insèrent non seulement dans la vie sociale et économique mais y compris dans le rythme biologique de l’individu. Privé d’information, l’homme est incapable d’action et ne sait quand et comment diriger son énergie.

Sans fausse modestie, il revient de dire que la liberté de l’information et de l’expression démocratique demeurent une denrée rare et extrêmement chère en RDC. Les indicateurs du respect des principes fondamentaux sont indéniablement au rouge. Etant des caractéristiques d’un idéal démocratique, lesdits principes peinent d’exister face au  » malin Génie «  du gouvernement congolais.

Sans scrupules, ce  » malin Génie  » fait de l’information la propagande et de celle-ci la seule vraie information disponible en vue de désorienter, de brouiller les pistes et d’égarer le jugement. Il refuse au peuple l’information chaude  » hot «  et l’effort d’acquérir les données qui assureront la connaissance et fonderont la décision. C’est une méthode qui consiste à ne rien dire, à ne rien laisser voir qui soit préalablement estimé, évalue, contrôlé et peaufiné dans des laboratoires des mensonges. Le pluralisme des opinions et la reconnaissance du droit d’affirmation des différences et des divergences sont en panne sèche en RDC.

 


J’accuse…!

Une journée des contrastes. Même Kinshasa célèbre en ce jour la journée internationale de la solidarité humaine. Et,  » sinistré invisible « , pourquoi braille-tu ? Ne sais-tu pas que tu es sur un rivage inhospitalier où le principe de solidarité voire la protection des populations les plus vulnérables est plus que jamais menacé ? C’est le cadet de leurs soucis. Toutes tes jérémiades semblent occultées par une opinion dont l’attention est monopolisée à des crises les plus spectaculaires et de grande ampleur. Les clignotants sont au rouge depuis quelques temps déjà, le remarque-t-on ?

J’accuse. Kinshasa couve une catastrophe humanitaire dont plusieurs familles bravent la promiscuité, l’insalubrité et les intempéries en plein centre de ville. L’avenue Kabambare est témoin de cette catastrophe humanitaire qui s’émousse. Depuis qu’ils ont été déracinés par la violence de leur terre d’accueil en République du Congo, ces ex-zaïrois font face à une indifférence absolue assortie de railleries. Les images cauchemardesque que ces compatriotes expulsés de Brazzaville ont vécu avant leur traversée pâlissent déjà. Ils deviennent les grands  » oubliés «  de l’histoire. L’opinion nationale semble préoccupée par les réalités politiques que des impératifs humanitaires.

Apparemment, les multiples cris d’alarmes lancés ne s’imprègnent que très lentement dans la conscience collective congolaise. Le danger guette ce camp qui longe le stade Cardinal Malula (Ex 24 Novembre ).  De la mendicité forcée en passant par les larbins ou larcins, les adolescentes y ayant élus domiciles se lancent également dans l’industrie du sexe pour des sommes de pacotille. Des fœtus s’y forment et des Infections sexuellement transmissibles (IST) s’y entretiennent. Passez-y un soir.

Il serait reconfortable de constater que dans un contexte mondial de droit d’asile et des principes de la protection, que Kinshasa s’occupe de ces familles en améliorant leur protection, car c’est un devoir humanitaire et non un choix politique.


Fichez-lui la paix !

En dépit de toutes spéculations et procès d’intention à son encontre, Joseph Kabila est resté coi et égal à lui-même en montrant toujours un visage serein. Des rumeurs folles faisant état d’une éventuelle révision de la Constitution afin qu’il brigue un 3e mandat contrairement aux dispositions des certains articles de cette Constitution ne l’ont pas fait broncher. On croirait qu’il a donné sa langue au chat. Il a enfin brisé son silence devant le Congrès en faisant la radioscopie de la situation générale de la RDC. Il a abordé toutes les questions d’intérêt général. Mais cela a-t-il permis aux Congolais d’assouvir leur soif ?

Près d’une demi-heure, le temps s’est arrêté, tout le peuple congolais était suspendu à ses lèvres. Dans un discours  » souverainiste « , Kabila a fait l’état des lieux de la situation politique et socioéconomique du pays en se projetant dans l’avenir. Avant qu’il ait terminé sa dernière phrase, on éteignit le poste récepteur pour économiser ses piles et chacun y va de son décryptage. 

Bon Dieu! A-t-il suffisamment éclairé les lanternes ? L’opinion nationale brûlait de l’entendre se prononcer sur son départ sans préavis ou le contraire. A la place, on estime qu’il a été évasif et pas tout à fait clair. Contrairement à sa famille politique, ses détracteurs fustigent ce discours en soulignant qu’il n’a pas assouvi les attentes de la population. Pour beaucoup : « C’est un rideau de fumée qui a prêté davantage à la confusion »

Quant à la tenue des élections prévues par la loi électorale, il s’est dit confiant dans la Céni,  (Commission électorale nationale indépendante) pourvu qu’elle soit dotée des ressources nécessaires, entre autres, le calendrier global pour organiser lesdites élections dans les délais. Il appartient à l’Office national d’identification de la population (Onip) d’effectuer préalablement le recensement général des Congolais.

Le chef a par ailleurs dit  » Niet «  à l’auto-invitation en affirmant qu’il ne supportait pas les injonctions de l’étranger dans les affaires relevant de l’intérêt national. En clair, il a tiré les oreilles des intrus aux penchants impérialistes qui se trompent encore d’époque, semble-t-il. Un bras de fer entre la RDC et la communauté internationale ?

Il me faudrait un coup de pioche pour cerner la quintessence de ce charabia politique. Comment peut-on vouloir d’un calendrier électoral sans pour autant faire allusion à la loi électorale qui, à ce stade le projet n’est même pas au niveau du Parlement et prétendre respecter le délai ? Jusque-là, ce projet est encore un fantôme qui n’a pas encore dévoilé son vrai visage ni son chronogramme.

Et aussi, il faille de souligner que l’institution censée recenser la population (Onip) étale sa feuille de route en démontrant noir sur blanc la faisabilité de recenser plus de 70 millions de Congolais dans l’espace de deux ans. Franchement, ce recensement est une condition obligatoire pour aller aux élections, sinon l’enrôlement des électeurs ?

Parbleu ! Le hiatus entre le discours tenu et la réalité en face m’ enquiquine un peu l’esprit. Ingérence, conflits d’idées, d’intérêts, des valeurs, etc. Que sais-je ? Parle-t-on sur le même ton lors qu’il s’agit de l’aide au développement ou d’une quelconque intervention militaire pour bouter hors du territoire national les M23 ? Dans ce cas, admettons que la souveraineté du pays est relative.

Certes, Kabila a parlé. Mais bon nombre de Congolais estiment que cette allocution est une nébuleuse autour de la question cruciale  » Partira ?  » ou  » Partira pas ? « . Le maître  maintient toujours le mystère.


Soldats, visez au cœur !

KanyamaVoici un ordre qui a fait du boomerang à Célestin Kanyama. Pour avoir intimé l’ordre à ses troupes de viser droit au cœur de tout gangster sévissant à Kinshasa, cette épaule étoilée de la Police Nationale Congolaise (PNC) est dans le collimateur de l’Ongdh américaine Human Rights Watch. Des rapports accablants, notamment du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’homme, de HRW l’accuse d’avoir exécuté sommairement des congolais et fait disparaître tant d’autres dans cette campagne anti-criminalité dite  » Opération Likofi ( coup de poing). Lancée pour assiéger des gangs des bandits rackettant, volant, violant et tuant en toute impunité à Kinshasa, ladite opération fut émaillée cependant d’exécutions extrajudiciaires qui ont fait penser à la loi du Talion. Son instigateur pourrait-il y laisser ses plumes? C’est du moins ce que la communauté internationale exige.

Kinshasa connut sa pire délinquance cette dernière décennie. Des jeunes gens se sont transformés en ennemis public numéro un, les plus sinistres bandits qui aient jamais terrifié la capitale congolaise avec la  » Tramontina «  ( machette). Ils en ont fait une jungle où seule la terreur avait le monopole. Devenus des tueurs patentés, ces gavroches entaillaient la chair humaine comme dans des boucheries. Ne reculant devant rien, ils n’ont peur de rien sinon la peur elle-même. Envoyés sous les verrous, ils recouvrent aussitôt la liberté et reviennent au galop. Au lieu que ces lieux arides récurent leur âme pour qu’elle brille comme un sous neuf, ils les excitent en les rendant davantage criminels.

On paria sur l’éradication de ce banditisme. Avec son escadron de la mort, le général Kanyama vint avec une mesure d’exception, le  » coup de poing « . On pourchassa dans la ville tout malfrat jusqu’au dernier retranchement. Surexcités et soulagés, les Kinois sont foncièrement d’accord avec cette campagne exécutive.  Au moins pour une fois dans sa carrière, alias  » Esprit de mort  » a l’approbation populaire qui a aidé ces éléments à dénicher ces brigands dans leur cachette.

Le box des témoins font leur déposition en affirmant stoïquement qu’ à ce stade l’ombre de la quiétude plane sur Kinshasa. Ils précisent par ailleurs que de jour comme de nuit, ils sont maintenant plus au moins libres de leur mouvement surtout en ce temps des préparatifs des festivités de nouvel an.  » Je suis la voix de ce veuf dont la femme enceinte a été transpercé le ventre par le tranchant de la Tramontina et le fœtus charcuté « , cria un quadragénaire , avant qu’un autre maugréa qu’il est est ce  » manchot qui a perdu son bras pour avoir résister à ces Kulunas « . Chacun y va de son détail supplémentaire.

Hélas! Le défendeur fustige ces allégations en les qualifiants de pure distraction. Il a promis une prochaine phase de cette opération qui, estime-t-il, est pour le bien-être de la population. Néanmoins, Kinshasa reconnait que cette opération n’a pas été exempte de dérapages et que la justice congolaise continue d’enquêter sur les allégations de HRW et des Nations-unies. Ils ont par ailleurs relevé que quelques éléments de la PNC impliqués dans ces dérapages ont été déjà condamnés pour meurtre.

Mais, le contre-interrogatoire renchérit que les personnes qui ont été tuées ne représentaient aucune menace imminente à la vie qui aurait justifié l’utilisation d’une telle force létale par la police.  » On ne peut pas lutter contre la criminalité en commettant des crimes parce que cela ne renforce pas l’État de droit « . 


Et si on disait  » 16 jours d’activisme  » contre l’indécence vestimentaire à Kinshasa?

Tenue correcte? » 16 jours d’activisme  » contre les stéréotypes assujettissant l’âme féminine est le maître-mot dont on ne cesse de ressasser le caractère global de la violence sexospécifique depuis le 26 novembre dernier. Des activités dédiées à la femme par l’Assemblée générale des Nations Unies en vue d’éduquer et de sensibiliser contre ce fléau dont elle est victime. ça fait un bon tambourinage saccadé à  » Kin-La-Belle «  . J’en suis bien aise. Mais si on parlait d’un programme similaire pour combattre l’indécence vestimentaire dont le garçon est aussi victime ? Un pari d’audace ? Ladite indécence est devenue l’opium de la Kinoise qui titille au grand jour la pudeur ainsi que la candeur sans pour autant offenser la moralité. Est-t-elle la plus-valus de l’éducation ou un déficit de l’autorité parentale  ?

D’abord un point sur les violences sur le genre. De manière générale, le fil rouge de la situation de la femme en RDC demeure les violences liées aux conflits armés, les violences sexuelles commises dans les zones des conflits, les violences socio-économiques et culturelles. Elles sont omniprésentes. Dans la sphère privée, dans la sphère publique, sur le lieu de travail et à l’école. La jeune fille est l’objet de diverses barrières sociales enfreignant à son épanouissement, entre autres, la discrimination, l’attouchement sexuel, les châtiments corporels, la mutilation génitale, l’esclavage sexuel, etc. Les chiffres sont révélateurs dans mon pays. 44% d’adolescentes sont « filles-mères », 39% n’ont pas atteint le niveau secondaire, 50% victimes d’agression sexuelles, tandis que 20% pour la population mondiale.

De par la tradition, la jeune fille, dès son enfance apprend que dans ce monde créé par les hommes pour les hommes, la femme occupe une position inférieure. De ce fait, elle s’avoue ouvertement ou implicitement à la cause de l’homme. Elle se méfie déjà de son ambiance et de son sort en se cabrant contre cette fatalité qui lui a fait femme. Partant de ce préjugé, une épouse peut subir une maltraitance, acquiescer un affront, un garçon battre sa sœur parce que la société a établi les normes, tel que, les outrepasser s’apparenterait à une désobéissance ou insolence.

Violences sexuelles, quid ? 

Se définissant comme un acte de brutalité dirigé contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer à la femme un préjudice ou des souffrances physiques ou psychologiques, les violences sexuelles sont l’expression des rapports inégalitaires entre les deux sexes. Une différence au niveau des énergies et un déséquilibre du pouvoir ancré profondément dans la société congolaise. Dans des conflits armés, les violences sont une arme psycho-traumatique à l’encontre de la femme. Les « agresseurs » en recourent pour trouver le moyen de forcer la femme à porter un enfant du bourreau, ce qui, outre les traumatismes causés par le viol lui-même, lui inflige une torture morale quotidienne pendant la grossesse et après la naissance de l’enfant. En réalité, les violences basées sur le genre constituent à abuser de son pouvoir pour faire respecter les normes liées au genre ou les rôles que les sociétés attribuent respectivement à ces deux êtres distincts.

En en dépit de pluies des balles et des représailles, l’année 2014 a été de tous les enjeux pour les activistes travaillant dans ce secteur. L’attribution du Prix Nobel de la paix 2014 à la pakistanaise Malala Yousafzay ainsi que le Prix Sakharov au gynécologue congolais Denis Mukwege sont plus qu’un symbole. L’une fait de l’éducation de la jeune fille son cheval de bataille et l’autre la  » réparation «  des femmes violées son art.

L’indécence vestimentaire, les dessous des cartes

L’espèce humaine est devenue de plus en plus « urbaine ». La manie de liquider ses propres valeurs sous prétexte de la modernité ou la mode est en vogue. Aux rythmes de sa démographie galopante et de ses contrastes identitaires,  » Kin-La-Belle «  est de plus en plus un melting-pot trépidant et une société permissive aux penchants érotiques et pornographiques. La coquetterie y a été vidé de tout son sens. Exhiber ses parties les plus intimes devient monnaie courante sans laquelle sans féminité sera mise en doute. L’accoutrement obscène réservé parfois à des lieux incultes envahit toute la cité. Le nombril, les cuisses, les seins offrent un spectacle-libre auquel on se délecte parfois.  » Avoir une stéatopygie bien marquée est une chose mais savoir l’enrouler dans une robe ou jupette très moulante en est une autre « . La Kinoise calque sans vergogne. Une attitude qui crée chez elle une certaine inadaptation, un déséquilibre mental, un manque de personnalité et une aliénation socioculturelle.

Quand-est-ce qu’ une robe ou une jupe est réussie?

 » C’est quand elle donnerait à un homme l’envie de déshabiller la personne qui la portera « , répondit un modéliste. Il va de soi que l’habit est un ensemble de signes par lequel on communique les informations. Il est cependant, par dandysme, un moyen pour la jeune Kinoise de trouver le désir d’être reconnues et de se faire importantes en allumant tacitement ou clairement son vis-à-vis.

Sans lunettes de psychanalyste, il va sans dire que l’impulsion sexuelle met la question vestimentaire au centre de la vie féminine. C’est le désir sexuel qui la fait méditer sur le choix d’une coiffure, d’une robe, de l’ondulation d’une boucle, de se poudrer, de se murer, à avoir toujours d’ustensiles dans son sac à main, etc.

En clair, l’accoutrement très sexy  démontre le comportement immature, d’une part, de la jeune fille kinoise, d’irresponsabilité, d’autre part, des parents et de la société. Il sied de reconnaître que la maturité est un travail intérieur qui façonne la personnalité jusqu’à ce que cette dernière parvienne à entreprendre certaines opérations propres à un certain âge, qu’il ne pouvait pas accomplir avant. Quant à l’irresponsabilité, elle renvoi à une forte subjectivité qui amène jusqu’à la négation pure et simple de l’autre. Dans celle-ci, on agit comme si l’autre n’existait pas en ne répondant rien devant personne en apercevant pas de mesurer la portée ni les répercussions des actes que vous posez.

L’ homme peut-il être victime des violences sexuelles de la part de la femme?

Evidemment. Si la femme en est victime de par le rapport inégalitaire des énergies, l’homme en subi de par cet accoutrement incommode et immodeste de la jeune fille qui lui harcèle psychologiquement. C’est une arme-traumatique qui entame sa morale et son équité.

Tant que la société est ce qu’elle est, les jeunes filles kinoises resteront telles quelles sont.


Gouvernement de cohésion nationale : la RDC n’égalera pas le record de la Belgique

Pas moins de 411 jours. Le compte à rebours s’est arrêté en République démocratique du Congo (RDC). Voilà ce qui a suffi au pays d’en finir avec la sempiternelle attente du  » gouvernement de cohésion nationale « . Enfin, le pays de Joseph Kabila n’égalera pas le record de la Belgique qui a mis 541 jours pour mettre en place son gouvernement. Mais le nouvel exécutif est déjà contesté tant par l’opposition politique que la classe moyenne, il y a des remous. Le citoyen lambda s’interroge si c’est un gouvernement  » providentiel «  ou un  » tape-à-l’œil? « .

La RDC s’est dotée dans la nuit du dimanche à lundi 8 décembre dernier de son gouvernement de cohésion nationale. La situation était devenue plus qu’un calvaire pour le citoyen lambda qui a piaffé d’impatience au lendemain de l’annonce par le chef de l’Etat congolais devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès de la sortie dudit gouvernement. Certes, entre la promesse d’il y a plus d’une année et celle réalisée dans peu de temps la différence est grande. L’une fait languir et rend le cœur malade, tandis que l’autre a mille attraits pour créer un consensus autour de sa personne et de son leadership. Mais disons-le plus clairement, le « bientôt » du sieur n’était pas circonscrit dans le temps.

N’en déplaise. Les dés sont jetés. Kabila a coupé court à toutes spéculations et rumeurs fantaisistes. Le gouvernement  » providentiel «  est bel et bien là. Ayant déjà perdu plus d’une année dans des tractations, ce  » prétendu «  gouvernement de cohésion nationale a du pain sur la planche pour environ deux années restant au dernier mandat de Joseph Kabila. La machine Matata II est déjà en marche.

Au total, 47 ministres, dont environ 10, se réclamant de l’opposition politique ont retourné leur casaque en faisant preuve d’une versatilité sans transition. Une caractéristique du politique congolais qui n’a pas froid au dos de changer de discours. Ils ont rejoint le navire  » Matata II « . Un coup de maître réussissant toujours au  » raïs « . Pour plus de crédibilité à son équipe, il débauche certains leaders charismatiques de l’opposition en vue d’atténuer la teneur de ladite opposition en semant confusion et zizanie dans ses rangs.

Ça brouille déjà au sein du Mouvement de la libération du Congo (MLC) du chairman Jean-Pierre Bemba, détenu à la Cour pénale internationale (CPI). On leur a raflé quelques pions. MM. Thomas Luhaka, Germain Kambinga, Omer Egwake, respectivement vice-premier ministre en charge des Postes téléphones et télécommunications (PTT), ministre de l’Industrie et ministre de l’Aménagement du Territoire, Urbanisme et habitat. Un camp les soutient pour briguer ces postes tandis qu’un autre est carrément opposé à cette élévation en considérant cela comme une trahison. Ils sont radiés du parti. Mais les concernés ne sont pas de cet avis.

Le bémol en est que, Thomas Luhaka en son temps secrétaire-général du MLC, répondant aux critiques concernant leur participation aux concertations nationales, a, à la veille de la tenue de ces assises, fait une déclaration selon laquelle  » ils y participeront sous l’ordre de JP Bemba, mais ne prendront part à un quelconque gouvernement qui y sortira «  . Parole d’Évangile ou d’honneur ? L’honneur, si je ne m’abuse, c’est comme la virginité, ça ne sert qu’une fois.

Basta! Au troisième jour de cette publication, » La Place Victoire  » s’est réveillée avec une euphorie moindre qu’au lendemain de la sortie cette ordonnance. Ce lieu mythique et épicentre de l’ambiance chaude de Kinshasa est une  » Agora «  des  » parlementaires-debout  »  ainsi que des curieux qui y viennent pour s’informer, analyser et commenter les faits saillants de l’actualité nationale. Seuls quelques réfractaires à l’information y affluent timidement. Les vendeurs de fortune surgissent de partout avec des photocopies des listes des ministres. On s’y agglutine et lit religieusement tous les noms comme pour voir celui de son cousin.

Après s’être suffisamment informés, les uns s’en fichent et qualifient cela de « non-événement  » tandis que les autres engagent un débat houleux autour. Toutefois, on peut lire le scepticisme et le désarroi dans les yeux de ces compatriotes. Ils sont ébranlés et déçus de remarquer que les acteurs n’ont pas considérablement changé et se demandent si  » certains Congolais sont créés de l’étoffe dont on fait les ministres «  .

 » C’est toujours cette vieille école. On prend les mêmes et on recommence « , s’insurge un parlementaire-debout, avant de dresser l’historique de certains qui trônent depuis la deuxième République aux postes des ministres ainsi que ceux qui sont aux commandes depuis près de dix ans.

« Honni, soit qui mal y pense ». Pendant que le citoyen lambda se tord l’esprit et que les commérages vont bon train, le reconduit et l’indéboulonnable est impitoyablement capitonné dans son fauteuil en recevant les messages des félicitations de la part des sympathisants. Les nouveaux venus bombent déjà le torse et posent en  » Excellence « . 

Le verdict est déjà tombé. Devant les faits tout le monde s’incline. Les déçus doivent prendre leur mal en patience et détecter les merveilles de ce gouvernement pendant les cent jours à venir.


Débriefing sur la responsabilité des dirigeants

Illustration (centerblog.net)
Que demande le peuple? (centerblog.net)

Faisons une balade de santé pour constater si les dirigeants africains assimilent bien la notion de la responsabilité ou l’ont-ils vider de tout son contenu en la revêtant des connotations différentes. Dans la plupart de cas, ils s’ornent du nimbe de  » responsabilté  » pour vanter leur action ou sérieux dans l’exercice de leur mandat.
Scrutons alors ce guide sur la responsabilité des dirigeants et interrogeons-nous enfin si ce à quoi ils se prévalent est d’application.

La responsabilité des dirigeants réside d’abord dans la prise de conscience individuelle. Les dirigeants sont proscrits de se contenter uniquement de leur investigation au pouvoir en cherchant des astuces pour s’y éterniser. Ils doivent rendre compte à la société et à l’histoire qui est le juge impitoyable du fait qu’elle dure au-delà de nous-mêmes et qu’elle n’oublie rien.

Ils doivent savoir qu’ils ont le grave devoir de rendre les autres responsables en leur créant des conditions favorables pour que chacun déploie librement ses responsabilités et s’épanouisse. « C’est en responsabilisant toutes les couches sociales autour des valeurs politiques consensuellement acceptées qu’on les respecte dans leur dignité d’homme ».

La responsabilité majeure des dirigeants demeure dans la manière dont ils auront traité leurs semblables. Tous les projets de société qu’ils proposent, toutes les promesses devraient concourir à la promotion humaine. C’est un devoir sacré de créer des conditions de vie décent pour tout citoyen. Ils doivent s’oublier pour que le bien commun soit inaliénable.

Les gouvernants doit privilégier la vérité (valeur fondatrice de l’existence), c’est l’adéquation entre ce qui est et ce qui est dit, ce qui est fait et ce qu’on montre.

Il doit pratiquer la justice distributive. Celle qui consiste à remettre à chacun ce que lui revient de droit, dans le délai, sans autre condition (sinon celle de s’acquitter à son tour des ses devoirs), sans humiliations ni extorsion. Ce à quoi tout homme a droit c’est notamment, un salaire décent lui permettant de subvenir à ses besoins élémentaires. Aucune paix, dialogue, cohésion n’est possible sans cette justice. Toutes ces guerre, révoltes, rebellions, refuges dans des sectes occultistes ont leur racine dans cette frustration.

La responsabilité des dirigeants c’est enfin préparer la nation à s’ouvrir au monde, à créer des conditions favorables pour ce grand rendez-vous du « donner et du recevoir » pour prétendre de bénéficier de ses avantages.

Honni soit qui mal y braille.


L’Assemblée nationale en RDC : bazar des parle-menteurs ?

Bagarre entre députés à l’hémicycle
Bagarre entre députés à l’hémicycle

La mémoire collective s’en souvient quand ils promirent d’amener la chicote « fimbu » dans ce temple de la démocratie pour flageller sans aménagement tous les pilleurs de la République. Eurêka ! A-t-on trouvé l’oiseau rare? Cet honorable député qu’il faut à la place qu’il faut ? Ça promet la sanction. Bien dit ? Vente d’illusion pour franchir le seuil de cet hémicycle du Palais du peuple ? Depuis qu’ils y sont, cet hémicycle s’est métamorphosé en un temple de « Démon-cratie ».

Les ministres, les gestionnaires d’entreprises publiques, les hauts fonctionnaires, les opérateurs économiques, les épaules étoilées de l’armée et de la police étaient tous censés passer aux cribles au perchoir du Palais du peuple. Un exercice de routine, afin de contrôler ces hommes dans la gestion de la chose publique avec comme finalité la bonne gouvernance.

On en a vu de toutes les couleurs durant cette législature. Converti en un  » grand bazar «  où la corruption devient une pieuvre dont les tentacules touchent presque à tous les députés. A travers ses plénières, l’hémicycle du Palais du peuple ne cesse de pondre des incongruités, des guéguerres, des insolites et des potins. L’opinion tant nationale qu’internationale est perplexe de voir ces grands « diseurs » transformés en moines « dormeurs » sursautant de leur sieste pour un vote à la main levée dont ils ignorent les tenants et les aboutissants. –Qui sont pour ? -qui sont contre ? Ils en sont vaccinés. Etant donné que la majorité est naturellement dans le camp des « pour » et l’opposition dans celui des « contre » ou vice-versa. Un exercice d’autant plus simple à cause de cette configuration. C’est inéluctable.

Comme une machine à compresseurs, la corruption, le blanchiment, les arrangements, le trafic d’influence et les abus des biens sociaux se sont installés dans ce  » capharnaüm «  aux dépens du citoyen lambda. Les corrompus trouvent dans des pétitions, motions, interpellations, questions orales ou écrites, une « vache à lait », et les corrupteurs en ressortent ragaillardis après être lavés de tous soupçons pesant sur eux. Ils ont tous les pattes de devant dans l’autorité et celle de derrière dans les crimes.

Cette législature s’est fait remarquer par le passage de plusieurs membres du gouvernement, des mandataires qui ont eu à répondre aux questions orales, écrites avec ou sans débat des députés nationaux. Les motions de défiance à l’emporte-pièce, des pétitions retirées avant l’entame du match, des signatures des députés trafiquées ou reniées, des interpellations commandées, des votes monnayés, des basculements de députés dans tel ou tel groupement politique… De qui se moque-t-on ? Tout ceci dans la plupart de cas, accouche toujours d’une souris. Devant cette cacophonie, on s’étonne, on râle, on pleurniche, on se désintéresse, mais la caravane ne s’arrête pas. En fin de compte, on finit par s’accommoder. Complicité ou lâcheté?

La dernière en date, c’est le spectacle d’une rixe sanglante à laquelle les députés  se sont livrés sous les feux des projecteurs en pleine plénière de l’Assemblée nationale. Une rixe dans une ambiance délétère lors de l’examen de la seconde motion de défiance contre le ministre de l’Industrie Rémy Musungay soupçonné d’avoir dilapidé le fonds alloué au projet de construction d’une cimenterie en Province orientale. La tête du ministre était mise aux enchères. La cacophonie s’est déclenchée quand un groupe de 18 députés nationaux de cette province ayant auparavant signé pour cette adoption signifiait au bureau de l’irrecevabilité de cette motion en raison de leur désistement. La motion qui avait au départ 68 signatures se retrouva avec 50 à cause de ce retrait. Ce qui d’office, la disqualifia à cause de l’insuffisance. Raison de la bagarre généralisée au perchoir. Elle s’intensifia dans les couloirs et même dans l’enceinte de ce palais. Le camp du maintien de la motion contre celui du désistement. Quel spectacle désolant et déshonorant !

Toujours dans le même contexte, Kitebi, Ministre délégué aux Finances échappa lui aussi de justesse à une motion de défiance. Une motion de défiance contre ce protégé de Matata Ponyo récolta pas moins de 58 signatures pour sa convocation devant les élus nationaux. L’homme aurait détourné la bagatelle de 207 millions de dollars américains sur la ligne budgétaire de l’opposition politique. Cette motion s’est vue casser par une contre motion (incidentelle) d’un député de la majorité présidentielle. Ce retrait a provoqué des remous dans les rangs de l’opposition qui a vite crié à la machination couvrant le détournement des fonds publics par les membres du gouvernement, avant de sécher et claquer la porte.

L’argent serait à l’origine de toutes ces cacophonies qui secouent l’Assemblée nationale de la RDC. Cette institution a perdu de tout son crédit auprès de la population à cause de cette vision « misérabiliste » et des mœurs peu recommandables des députés nationaux. La probité morale des députés suscite le doute dans de nombreux esprits. Toute une institution est en train de s’envoler en fumée. Restent-ils encore quelques députés qui peuvent sauver les meubles ?


Peinture murale : Le Street art bat de son plus fort à Kinshasa

Sur un mur à Kinshasa (Ph. Anderson Manza www.wenze.com)
Sur un mur à Kinshasa (Ph. Anderson Manza www.wenze.com)

Des façades des murs de Kin-la-Belle se remarqueront par une ambiance visuelle de coloration extraordinaire dès décembre prochain. La peinture urbaine s’engage d’éduquer et sensibiliser toutes les couches sociales sur différentes problématiques de la société. Une drôle de communication pour toucher d’un coup un public large.

La Pensée artistique ainsi que la créativité orneront les murs de la capitale congolaise pendant la 2ème édition du  » Kin-Graff « , un festival de la peinture murale, communément ou abusivement appelée graffitis. Les peintre-muralistes  Congolais, sous le label de l’Asbl  » Culture Plus  » et en collaboration avec le Département des affaires culturelles de l’ambassade des USA à Kinshasa,  s’émouvront en célébrant le  » Congo d’aujourd’hui et de demain  » à travers cet art exceptionnel. Les Kinois s’en approprient déjà. Ils l’ont prouvé  lors de la première édition de ce festival en décembre 2013.

Hélas! Graffitis ou peinture urbaine? ça ne logent pas à la même enseigne. L’un relève de la clandestinité et l’autre de la légalité point barre.  Le premier facilite l’expression libre sur les murs de la ville. De ce point de vue, les kinois ont la niaque de graffitis. En sont-ils les précurseurs? Qui sait. Sans bombes aérosol émaillées ni marqueurs, ils ont toujours eu la manie de se servir de murs pour se transmettre des messages.

Les murailles de Kinshasa ont une éloquence particulière par sa poésie et son altruisme. Selon leur bonne ou mauvaise humeur, elles peuvent être pathétiques, sympathiques, permissifs, érotiques ou pornographiques. Elles sont capables de tout. Flanquer une injure, saluer, renseigner, râler, railler, dénigrer,etc.  » Mbote » (Bonjour),  » Masoko minene » (une postérieure remarquable),  » Zoba » (cons!),  » Epekisai kos(m)uba awa », (interdiction d’uriner ou de déféquer), « Lopango ya koteka te keba na ba miyibi » (cette parcelle n’est pas à vendre gars aux escrots),  » Ecurie songe ya mbeli » (Écurie la pointe du couteau) ,  » Ba nzoy » (les abeilles)… Des tags ou blaze dont les graffeurs ou graffiteurs obtiennent à l’aide de craies, de charbon de bois, de gousses des feuilles vertes, de clefs…

Le second par contre, c’est-à-dire la peinture murale, est un art à part entière avec une esthétique réaliste. Il peut avoir un contenu politique, idéologique, écologique, social, éducatif, religieux, historique ou tout simplement répondre au simple désir d’embellissement du paysage. Quand les graffiteurs passent de la clandestinité du domaine des créations légales, noter que c’est de la peinture murale.