Félix

Festival Toseka Acte 3 : Les préparatifs vont bon train

MM. Gilles Morin et Ados Ndombasi
MM. Gilles Morin et Ados Ndombasi

Aux grands festivals, des grandes préparations. La 3ème édition du Festival International d’humour  » Toseka «  annonce ses couleurs. Le décor se plante pour la saison 3 qui se tiendra du 25 au 30 Août 2015 à Kinshasa. La machine est en marche. Le Comité directeur pose les jalons pour que cette édition soit  » époustouflante  » et une réussite en y apportant la dernière touche.

MM. Ados Ndombasi et Gilles Morin, respectivement coordonnateur général et directeur artistique de » Toseka «  (RDC), directeur général du Festival «  Juste Pour Rire «  (Canada) se sont dit optimistes après un séjour à Bruxelles qui leur a permis de finaliser les derniers contrats et des travaux d’ateliers pour la prochaine édition de » Toseka «  qui se tiendra à Kinshasa. Des tractations qui, affirment-ils, s’inscrivent dans le cadre de finalisation de quelques contrats et des détails techniques en vue de donner une dimension internationale à ce festival.

M. Ados Ndomasi a fait savoir que cette tournée a consisté à favoriser la collaboration et le partage d’expériences avec d’autres structures partenaires, notamment du Canada et de la Belgique. «  C’est une option pour la recherche de l’équilibre, de l’adaptation et de la créativité «  en vue d’asseoir la notoriété de ce forum, déjà,  » incontournable « , a-t-il dit.

Il a annoncé dans le même registre que dans le cadre des échanges artistiques  » Nord-Sud « , une équipe du festival Toseka (comédiens, techniciens…)   entrevoit une tournée vers l’Europe en janvier prochain en vue de renforcer ses capacités par des ateliers et des formations techniques.

Pour sa part, M. Gilles Morin, a, au-delà du coté récréatif et festif de ce forum, mis l’accent sur les valeurs thérapeutiques dudit festival, du rire et de la plus-value à apporter à ce forum international. A ce sujet, il a affirmé que  » la culture est fondamentale d’autant plus que toute société est censée savoir construire la sienne et l’exporter « , avant d’énumérer les cinq piliers du festival Toseka qui constituent le fondement de celui-ci. Il s’agit du pilier artistique, économique, touristique, politique et social.

Ces piliers réunis, a-t-il poursuivit, constitueront avec ou sans ce forum, le socle de  » rayonnement «  de la société congolaise ainsi que de son économie, non seulement en drainant la foule à Kinshasa mais aussi en générant des revenus pour le développement pays.

De ce fait, ils se sont dit optimistes quant à l’avenir de ce festival tout en remerciant, les partenaires tant internationaux qu’internationaux, notamment, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), le Ministère de la Culture et des Arts, la presse congolaise pour leur assistance ainsi que leur contribution. Créé en 2011 par Watoo Balabala, le Festival Toseka est un grand événement humoristique qui réunit plusieurs partenaires et artistiques de divers horizons.


Les expulsés de Brazzaville à Kinshasa : C’est l’ enfer quotidien

Un campement fortuite en face de la Maison communale de Kinshasa (Ph. Lokole)
Un campement fortuite en face de la Maison communale de Kinshasa (Ph. Lokole)

Kinshasa n’en finit pas d’étonner plus d’un observateur. Les indicateurs indéniables du manque d’empathie et de philanthropie chez le Kinois sont au rouge. Ce peuple déroge à son sens d’altruisme et à sa solidarité légendaire. Cela s’explique par l’ indifférence absolue dont il fait montre à l’encontre de son compatriote expulsé de Brazzaville qui, sous le regard moqueur et sadique des passants, passe la nuit à la belle étoile, et ramasse injures et quolibets à la place d’une pièce de monnaie ou d’un verre d’eau. Si l’on traite ainsi l’arbre vert, qu’adviendra-t-il de l’arbre sec ?

Les conditions d’une vingtaine de familles refoulées de Congo-Brazzaville inquiètent et ne cessent d’interpeller les consciences les plus humanistes en raison de la vulnérabilité et de l’indifférence dont ces compatriotes sont l’objet de la part des autorités de la République Démocratique du Congo. Dès qu’ils ont foulé leurs pieds sur le sol de leurs aïeuls, nombreux ont ignoré que le pire pouvaient les attendre. En traversant la passerelle pour rejoindre le quai du Beach Ngobila, une bouffée de railleries et de reniements les ont accueilli en plein visage . Ne sont-ils pas les Citoyens du monde? Les Citoyens de la RDC? Sont-ils des apatrides?

Contemplant les vagues du fleuve Congo pendant la traversée, cette dame s’en doute de l’inconnu qui les attend de l’autre côté de la rive. Elle se permet quand-même de rêver, d’halluciner en prétendant par sursaut d’orgueil, qu’elle fait un  » come-back  » dans son pays d’origine. Le pays de Lumumba, Mobutu, Simon Kimbangu, Wendo Kolossoy, Grand Kalé, Papa Wemba… Que répondre à son enfant qui lui tire le pan de son pagne et n’arrête pas de l’enquiquiner avec des questions de savoir où ils allaient et pourquoi ils quittaient leur pays ( Congo-Brazzaville) en y laissant tout leur bien ?  » Nous rentrons chez nous, là où il fait beau vivre « , trancha-t-elle machinalement. Dieu seul sait si c’est exacte.

En attendant d’améliorer les conditions d’accueil et d’hébergement provisoire pour ces milliers de familles expulsées de la RDC, le Gouvernement de Kinshasa a quand-même aménagé des espaces dans les enceintes du stade Cardinal Malula (ex 24 novembre) ainsi que la cour de la maison communale de Kinshasa, qui ont fait d’office, des sites de transit pour accueillir  » ces zaïrois « . Mais alors, dans la crainte d’une promiscuité, les mêmes autorités  ont ensuite décidé de les éloigner du centre-ville en aménageant un nouveau site dans la périphérie de Kinshasa, plus précisément dans la commune de Maluku pour leur campement ( toujours provisoire).

Le comble en est que dans ce site l’on pouvait dire que tous les ingrédients étaient réunis pour que ces lesdits sinistrés, outre les traumatismes, les humiliations et autres traitements dégradants subis de l’autre côté de la rive, ne puissent pas survivre au-delà d’une demi-journée. L’accès à l’eau potable, aux soins de santé primaires ainsi qu’à l’approvisionnement en nourriture étaient un calvaire quotidien.

L’urgence impose. L’OIM (Organisation internationale des migrations), constatant l’incapacité du gouvernement provincial de Kinshasa de faire regagner quelques familles à leur milieu d’origine, leur est venu au secourir Kinshasa en assurant le retour des ressortissants des différentes provinces notamment, Bandundu, Bas-Congo, Equateur, Province Orientale.

Mais alors, on se bute à une autre difficulté qui semble une équation pour l’autorité en place. La vague de ceux qui se disent  » sans adresse  » ou  » sans famille « , ceux-la qui n’ont pas où aller. C’est l’épée de Damoclès. Les autorités leur ont contraint de vider les lieux, à en croire quelques sinistrés. Ils sont délogés de ce site manu militari. Au lieu de chercher comment les libérer de traumatismes causés par les abus physiques, sexuels et psychologiques endurer pendant cette période, on incruste davantage dans leur cerveau le stress, l’angoisse, la douleur et la souffrance. De toute les façons, un mort ne craint jamais un ver de terre, lance une dame.

Ne sachant quoi faire et où aller, ils se  décidèrent alors de revenir à leur case de départ, c’est-a-dire dans la cour de la maison communale de Kinshasa. Mauvaise décision? çà l’est pour le bourgmestre de cette municipalité. Dilemme cornélien. Héberger ces expulsés ou renflouer ses poches ? Un manque à gagner d’autant plus que la cour de cette municipalité est l’une des cours les plus prisée pour servir de  » funérarium « . Au minimum, trois à six deuils par semaine. Quelle bonne affaire! Des milliers des dollars à percevoir  chaque semaine que l’on doit perdre à cause de ces familles qui prétendent qu’ils n’ont pas des familles? Impossible!  Le capitalisme l’emporte sur l’humanisme.

Un campement de fortune en pleine rue à Kinshasa (Ph. Lokole)
Un campement de fortune en pleine rue de Kinshasa (Ph. Lokole)

Les pauvres! Ils sont une fois de plus boutés hors cette cour. Expulsés cette fois sur leur propre sol, et enfin, ils élisent domicile sur l’artère principale (Kabambare), à côté de ce stade qui les avaient accueilli autrefois en débarquant. Ils campent là où bon leur semble, vadrouillent  et sont forcés à la mendicité. 

Après la fine pluie de ce matin, impuissant et touché au plus profond de moi, j’ai quitté le lieu avec amertume en contemplant les bébés, les mineurs, les vieillards dormant à même le sol. Ils ont su apprivoiser la chaleur, braver la pluie, se familiariser avec la poussière, les moustiques, les cafards et les mouches.

Une situation critique qui fait que nombreux enfants n’ont aucune protection prônée par la Convention relative aux droits des enfants par l’Assemblée Nations Unies et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.

Sur papier, la RDC qui s’est résolument engagée dans la voie de faire de la protection de l’enfant son cheval de bataille, en adhérant à la Convention N° 138 sur l’âge minimum d’admission à l’emploi et à la convention 182 sur l’interdiction des pires formes de travail déroge à cette règle.

For God’s sake! Ce gamin  » damné «  dont le cri de douleur et de peur deviennent inaudibles au vrombissement des carrosses aux vitres fumées qui pasent, comme la plupart des enfants en RDC, n’ont aucune protection sociale, et cela froisse l’esprit de ces textes nationaux et internationaux. L’École est devenue pour eux un rêve brisé. Pour leur survie, ils ont pris d’assaut  Kamabare et quelques avenues du quartier où sont logées leur famille pour mendier et s’adonner à des petits travaux.  L’ exploitation, la prostitution, tel est le triptyque sur lequel s’appui à l’heure actuelle l’asservissement de plus d’une vingtaine de familles qui se meurent au vu et au su de tout le monde. Ça nécessite des soins urgents et spéciaux


Quand les Kinois décryptent Ie discours de Martin Luther King

Une trentaine de lecteurs congolais en compagnie d’Eric Hubert Madison, chef de mission adjoint à l’ambassade des États-Unis à Kinshasa, ont rendu hommage à Martin Luther King 51 ans après son célèbre discours  » I have a dream  » (J’ai fait un rêve) .

La veille de ce 51e anniversaire de la marche sur Washington pour l’emploi et la liberté, Alain Mesa, responsable du centre, a projeté un film documentaire évoquant cette marche. Le 28 août 1963, près de 250 000 personnes, principalement des Noirs, mais de nombreux Blanc ont défilé en direction du Lincoln Memorial, un lieu symbolique de Washington, pour soutenir la lutte en vue de l’intégration raciale. A l’issue de ce documentaire il y a eu des échanges des vues entre les téléspectateurs afin de comprendre le motif et les enjeux dudit discours.

C’est dans cette optique qu’un témoin vivant de ce grand événement, Eric Hubert Madison, chef de mission adjoint à l’ambassade a pris la parole. Une intervention qui a suscité un grand intérêt auprès du public qui en a profité pour échanger avec ce diplomate américain.

M. Madison a souligné que ce discours fut un grand événement et connait aujourd’hui un impact positif dans le monde entier de par son caractère prémonitoire. Il a, dans ce cadre, fait la chronologie des événements en rapport avec ce discours.

Le diplomate américain a estimé que le fameux  » I have a dream« , est considéré comme l’un des facteurs déclencheurs ayant contribué, à la fin de la ségrégation raciale et toutes les injustices sociales aux Etats-Unis d’Amérique, avant d’ affirmer que le rêve de Martin Luther King est une réalité dans la société américaine.

Interrogé sur l’affaire Michael Brown qui fut sommairement abattu le 9 août à Fergusson par un policier blanc, le diplomate américain a évoqué la loi fédérale et la Constitution américaine en reconnaissant qu’une faible fréquence de stigmates de la ségrégation raciale persiste encore dans la société américaine.

 


Kinshasa : kermesses en folie

Kinshasa est un melting pot, qui, au-delà de ses difficultés liées aux conditions socio-économiques, incarne une culture festive qui se remarque notamment pendant les grandes vacances. Jadis, la capitale congolaise s’occupait sainement de vacances des enfants à travers diverses activités récréatives, entre autres colonies de vacances, kermesses , et surtout  la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN) qui connut sa première édition en juillet 1969. Dans ses différentes éditions, on proposait une gamme variée de loisirs,  rencontres culturelles, littéraires, pédagogiques et artistiques. Victime de pillages de 1991 et 1994, la FIKIN a depuis lors cédé sa place aux kermesses dénuées de toute valeur culturelle ?

Une activité des enfants (Ph. Lokole)
Une activité des enfants (Ph. Lokole)

Membre de l’Union des foires internationales (UFI) depuis 1973, la FIKIN fut l’une de grandes foires d’Afrique centrale vers les années 90, et se voulait une vision  » ludo-éducative » pour un public vaste. Elle fut un lieu de prédilection pour tout vacancier avec une forte attraction ludique qui mettait en exergue les facteurs culturels, parce qu’ayant une influence sur les possibilités ds enfants de pouvoir jouer librement de diverses façons en se cultivant. Cette approche thématique a permis tant aux enfants qu’aux adultes de s’évader, s’amuser, se distraire, de s’épanouir en apprenant d’une façon naturelle, car jouer est une action universelle, spontanée, volontaire, et possède des valeurs thérapeutiques.

Participer à ce marché d’arts était un devoir en même temps qu’un défi. Certains écoliers voyaient leur participation conditionnée au résultat qu’ils obtiendraient à l’école. Cela les motivait et suscitait une sorte d’émulation. Tout participant devenait bénéficiaire de l’effet favorable de la participation à cette foire assortie de quelques cadeaux.

Ironie du sort, la  » pauvre «  FIKIN fut dévastée et pillée de fond en comble, et depuis lors, elle a beau tenter  de renaître de ses cendres et de redorer son blason longtemps terni par la prédation des inciviques. Une tache, qui jusque-là lui semble difficile au regard des priorités du gouvernement congolais et des investissements y afférents. Elle se remet timidement sur les rails, mais avec une édition foraine  et dénuée de tout contenu ludique au détriment de la valeur marchande.

Des sociétés brassicoles et autres en font leur affaire. Dans les stands ou bistrots, c’est la concurrence des marques de boissons. Primus, Skol, Nkoy, Turbo, Doppel, Mutzig et liqueurs fortes se rivalisent au sprint final sur un fond musical prêt à péter les tympans. Dans les Nganda ya Ntaba; espaces de grillades :  poulets braisés, cuisses rôtis, brochettes à la sauvette et viande de chèvre ou vache  absorbent toute la poussière de Kinshasa sans interpeller personne.

Grillage de la viande de chevre à Kinshasa
Grillage de la viande de chèvre à Kinshasa

L’occasion faisant le larron, dès le mois de juillet, Kinshasa vit dans une ébullition toute particulière de kermesses tous azimuts. Les opérateurs forains privés ont envahi le secteur avec ces  » Kermesses bidon «  vidées de toute valeur culturelle. Des enclos en triplex, nattes, bâches ou calques d’aluminium s’érigent autour de terrains de foot et quelques espaces libres, qui, d’ores et déjà, se transforment en des vastes chantiers d’ambiance et de dépravation des mœurs.

 Les résidents ne savent pas à quel saint se vouer et restent sans voix devant une telle propension de l’ immoralité. Une situation déplorable, mais  légitimée par les tenanciers des débits de boissons. L’inquiétude des parents est à son comble quant à l’éducation, la sécurité et l’encadrement de leurs enfants pendant les vacances.

Les parents huppés en profitent pour offrir des voyages touristiques à leur famille et renforcer les liens de paternité d’une part, et d’autre part conforter la culture générale et les valeurs traditionnelles chez les enfants. Des visites dans des sites, musées, bibliothèque, des cours d’encadrement afin de combler certaines lacunes ont un impact positif dans le processus d’apprentissage des adolescents.

Les enfants moins chanceux restent à la maison. L’amenuisement de pouvoir d’achat faisant la loi, les gamins consacrent leur temps à suivre les séries télévisées et ne développent pas leur capacité d’apprentissage. Un triste constat pour la RDC.

Colonie de vacances à Kinshasa (Ph. Lokole)
Colonie de vacances à Kinshasa (Ph. Lokole)

Le jeu en effet constitue donc un droit légitime de l’enfance. Les psychologues affirment que jouer est indispensable à la construction de l’enfant et son intégration dans la société. Il permet à l’enfant d’acquérir les apprentissages fondamentaux dont le savoir, le savoir-faire, le savoir-être  et le vouloir-faire. Les jeunes enfants allouent de 3 % à 20 % de leur temps et de leur énergie à jouer. 

Il faut reconnaître que le jeu doit faire partie intégrante de l’éducation des enfants. Il permet aux enfants de se construire, de développer leurs aptitudes avant d’apprendre à lire et à écrire. De plus, en jouant, les enfants expérimentent  l’apprentissage social et grâce au jeu, ils  peuvent exprimer leur stress et leurs  problèmes.


Maryse Ngalula se bat contre les stéréotypes qui assujettissent les femmes

« Les scènes musicales congolaises se vident des talents féminins. ». L’œuvre artistique de la femme congolaise n’est pas souvent considérée comme elle le devrait, ni jugée à sa juste valeur car la femme artiste est souvent utilisée comme un objet et non comme un sujet à part entière alors qu’elle a le talent et toutes les compétences pour être leader d’un groupe ou d’un orchestre à l’instar de ses collègues masculins. Elle est reléguée au second plan (danseuses, accompagnatrices, etc.) Les us et coutumes de la société congolaise ne sont pas de nature à favoriser son expression individuelle ou artistique. C’est la raison pour laquelle Maryse Ngalula s’engage dans un combat, non pas  » féministe «  mais plutôt de «  méritocratie «  afin d’arracher cette femme artiste de stéréotypes qui l’assujettit en plein XXIe siècle.

Maryse sur la scène (Ph. Akacia)
Maryse sur la scène (Ph. Akacia)

En mal de positionnement, l’artiste congolaise se bat pour pouvoir donner libre cours à son talent et prendre son destin en main. L’artiste musicienne congolaise, Maryse Ngalula est donc dans ce lot. Pendant longtemps et à cause des us et coutumes, cette dernière a dû faire taire son âme d’artiste et réprimer son talent. L’ agence Akaçia, une société de production et de diffusion militant pour la promotion de l’artiste congolaise à travers le projet « Basi Na Mizik » s’engage à l’autonomisation et la professionnalisation de la femme artiste congolaise, qui, selon sa coordonnatrice Maryse, ne peuvent se matérialiser que par le biais de l’éducation et l’encadrement professionnel.

D’après elle, tout travail de qualité passe avant tout par des formations multiples ainsi que par voie d’un « mentor ». C’est dans cette optique qu’elle affirme que l’œuvre de la femme ne peut émerger sans une reconnaissance préalable de la valeur des œuvres d’autres femmes qui ont réussi dans le domaine, avant de soutenir que la collaboration entre les femmes doit constituer le fruit d’un réel apprentissage pour démontrer leur savoir-faire et démystifier certains adages africains présumant qu’« une femme ne peut construire une nation » ( en lingala : Mwasi atongaka mboka te).

Pour se faire, elle initie des sessions de formation pour les femmes artistes dans ledit projet  » Basi Na Mizik « , qui, souligne-t-elle, vise le renforcement des capacités des artistes congolaises en leur permettant de parvenir à l’épanouissement et au professionnalisme, sans lesquels elles resteront  toujours « insubordonnées ». De ce partage d’expériences, dit-elle, ces artistes stimulent l’émulation en ressortant ragaillardies et prêtes à vivre indépendamment de leur art.

« Basi Na Mizik » est composé en grande partie d’autodidactes et de musiciennes formées à l’Institut national des arts congolais (INA), fait-elle savoir en précisant qu’il reste le premier orchestre féminin à être dirigé par une femme, au Congo et en Afrique, et inculque une nouvelle mentalité aux femmes en les faisant sortir de la peur et des frustrations personnelles.

Ledit projet, note-t-on, est conforme aux articles 14-15 de la Constitution congolaise qui assure l’égalité et l’équité entre l’homme et la femme et l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de celle-ci. Il s’inscrit également en droit fil du Protocole de la SADC sur le genre et le développement qui réclame l’égalité du genre et la participation paritaire de la femme, soit une répartition 50-50 à tous les niveaux.

Musicienne pédagogue de par sa formation sur la non-violence à l’université de Highland, Maryse se dit sensible et consternée par la violence subie par les femmes et les jeunes filles. Ce qui explique son engagement pour la cause de la femme, avant de commencer à donner des cours de résolution de conflits dans de nombreuses écoles de townships de Soweto (Afrique du Sud).

C’est vers les années 90 dans son Kananga natal ( Kasaï-Occidental) que Maryse entame timidement sa carrière musicale avec sa guitare en bandoulière en écrivant et composant ses propres chansons. En 1998, elle entre pleinement dans le monde artistique congolais, avant de s’installer en Afrique du Sud en 2002 et 2009. Elle est nommée en 2013 par l’Unesco ambassadrice de la jeunesse, de l’éducation à la nouvelle citoyenneté et aussi primée par la YMCA du Congo.


RDC : l’opposant Jean-Bertrand Ewanga arrêté

Jean-Bertrand Ewanga, Sg UNC dans une matinée au siège. Ph Lokole
Jean-Bertrand Ewanga, Sg UNC au siège national du parti. (Ph. Lokole)

Le député, secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC), est depuis le mardi 29 juillet 2014 en détention préventive et assigné à résidence surveillée. Il partage la cellule avec ses compatriotes du centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK) ou ex-prison de Makala, qui, d’après le procureur général de la République, est synonyme de ladite résidence surveillée. Ses propos lors du meeting de l’opposition politique congolaise contre la révision de la Constitution ont offusqué le pouvoir . Avant son transfèrement à la Cour suprême qui tient le procès de flagrance pour outrage au chef de l’Etat, Richard Muyej, ministre de l’Intérieur a estimé que le prévenu  » n’a pas observé le pacte républicain ».

C’est au lendemain du meeting du lundi à N’djili que le domicile de l’infortuné a été encerclé à 3 heures du matin avant d’être arrêté tôt matin par des agents de l’agence nationale de renseignement (ANR). Devant la barre, l’honorable Ewanga a été notifié des griefs retenus contre lui, entre autres, l’incitation à la haine, au tribalisme et l’outrage à la magistrature suprême dont les propos injurieux et la diffamation à l’encontre de Joseph Kabila, président de la RDC.

Selon le ministre de l’Intérieur, les partis politiques doivent encadrer effectivement leurs militants, afficher un comportement républicain en tenant compte des libertés fondamentales et de leurs limites ainsi que de l’amour de la patrie. Ainsi, on éviterait d’éventuels dérapages et autres atteintes aux libertés, à la dignité des personnes et à l’ordre public.

Par ailleurs, la partie défenderesse soulève l’inconstitutionnalité de cette arrestation et balaye d’un revers de main l’argument de flagrance en brandissant la violation de l’immunité parlementaire d’Ewanga.

Vital Kamerhe, président de l’UNC a réagi de Washington où se tient le premier sommet Etats-Unis/Afrique en indiquant que la « machine Kabila est déjà en action pour anéantir l’opposition, démoraliser et terroriser la population congolaise contre toute mobilisation ». Il a, en outre, souligné que le président Kabila a eu trop de faveurs et qu’il n’y aura plus cette fois de bonus pour lui en 2016.


Kinshasa : embargo sur les babouches au centre-ville

Au jour le jour, la population kinoise en voit de toutes les couleurs. Le distributeur automatique des arrêtés et mesures a du feu au derrière. Les arrêtés se décrètent comme des cartes, et souvent, selon la bonne ou mauvaise humeur des autorités, qui, en tout état de cause, veulent faire forte impression pour arracher l’estime du chef. Le comble est que, dans la plupart de cas, ces arrêtés « vaches à lait »,  » mort-nés » ou « étoile filante » s’émoussent en laissant derrière les effets pervers, sans parvenir à des résultats escomptés.

Sans prétendre faire l’épopée des Arrêtés ou mesures prises par l’autorité provinciale de la ville de Kinshasa, les Kinois ont encore en mémoire quelques mesures prises dans le dans le seul but d’engraisser les poches et marquer les annale du Journal officiel. Uniformisation de la couleur des taxis et taxi-bus circulant dans la ville, interdiction de fabriquer, vendre et consommer de l’alcool frelaté ou « Supu na tolo », tapages diurnes et nocturnes des bars et églises, etc. Toutes ces mesures ont accouché d’une souris.

Trans
Taxi-Bus « 207 » a Kinshasa

En voilà encore une opération de séduction, dite « Opération Kata lipapa » (Arrache la babouche). Elle interdit formellement aux Kinois de sillonner le centre-ville avec la chaussure babouche (en lingala Lipapa ou Lagome) ni en culotte en vue de donner une « bonne image » de la capitale congolaise. Ledit chausson est la chaussure la plus portée quotidiennement dans les quartiers, pour prendre une douche car légère et pratique. Elle a ses variantes, notamment babouches citadines et Berbères ou « Westaf » qui se portent également dans des cérémonies ou en ville.

Pour accompagner cette mesure, les éléments de la police nationale congolaise (PNC) patrouillent dans la ville pour mettre la main sur les récalcitrants alors que l’opération a fait l’objet d’une forte communication. Comme dans la plupart des cas en de pareilles opérations, les policiers se font remarquer par leur brutalité et la violence s’avère être le premier recours avant même toute opération pédagogique.

Arrestation-Kuluna

Au risque et péril, quelques citoyens et vendeurs ambulants se sont vu arracher sauvagement leurs babouches par les agents de l’ordre. « L’ordre vient d’en haut », lance un gaillard, révoltant et scandaleux pensent de nombreux habitants.

Plus d’un Congolais est étonné devant cette  » opération cosmétique « , avant de se demander si l’Assemblée provinciale a donné l’aval pour l’application d’une telle mesure qui est une  pure privation de la liberté personnelle.  » Un arrêté  honteux et injurieux à l’égard de la population au lieu de trouver des vraies solutions aux aux problèmes des difficiles conditions de vie et sauver la ville de la pollution des tas des déchets ménagers et solides », s’insurgent les Kinois.

Une décharge de déchets a Kinshasa (Google)
Une décharge de déchets a Kinshasa (Google)


Révision constitutionnelle en RDC : un meeting XXL de l’opposition pour « dire non! »

Le  décor se plante et la bataille promet d’être âpre en République Démocratique du Congo  (RDC). En toile de fond, la révision  de la Constitution, notamment à son  Article  220 qui semble, pour les uns, un « talon d’Achille », et pour les autres, un impératif. Procès d’intention ou évidence ? L’opposition Congolaise va en croisade contre cette initiative et promet une mobilisation « tous azimuts » par un meeting colossal lundi 04 Aout prochain à la Place Sainte-Thérèse de N’djili (Kinshasa) en vue de conscientiser le citoyen lambda sur ce qu’ils qualifient de « manœuvre dilatoire pour personnaliser et pérenniser le pouvoir au détriment d’un individu ».

Une foule lors des présidentielles de 2011 à Kinshasa (Google)Entre temps, dans les états-majors des partis politiques, on peaufine des stratégies de contre attaque. A en croire les leaders des partis en première  ligne de l’opposition, notamment Union pour la Nation Congolaise (UNC), Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Mouvement de Libération du Congo (MLC), Forces Acquises au Changement (FAC), etc. « Le respect  de la constitution vaut son pesant d’or », et par absurde, le non respect de celle-ci n’est pas l’apanage des Congolais.

Ce faisant, l’UNC mobilise sa base par des actions d’information et d’instruction pour leur permettre d’user de prérogatives garanties par la constitution, entre autres le droit à manifester au respect de l’ordre public.

Au cours d’une matinée politique organisée jeudi au siège nationale du parti cher à Vital  Kamerhé dans la commune de Barumbu, en prélude à ce gigantesque meeting, militantes et militants ont afflué à cette matinée pour s’en acquérir de consignes y afférents.

Jean-Bertrand Ewanga, Sg UNC dans une matinée au siège. Ph Lokole
Jean-Bertrand Ewanga, Sg UNC dans une matinée au siège. Ph Lokole

Pour la circonstance, Jean- Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’UNC, a passé en revue les manipulations antérieures dont cette constitution a subie, pour, estime-t-il, assouvir les fins égoïstes des « vautours ». Ce meeting est un baromètre du refus catégorique du peuple dans son ensemble à toute initiative qui ne vise pas l’intérêt supérieur de la Nation, dixit Jean- Bertrand. Il appelle la population à rester « lucide », « éveiller » pour contrecarrer ce qu’il qualifie d’ambition « machiavélique », du pouvoir  en place qui cherche un énième  » tripatouillage » de la constitution à la veille des élections de 2016.

Cependant, il a souligné que le meeting est un « moyen pour tout peuple opprimé de savoir refuser, dire non sans offenser en dehors  des hémicycles, avant de faire savoir que « c’est une action du peuple, par le peuple en vue de faire valoir sa résilience vis – à – vis de toute violation ainsi que violence idéologique ». Cette résilience, renchérit-t-il, implique le sang froid, le calme, la dignité du comportement ainsi que la prise de conscience. Dans ce cadre, il a expliqué que la nature la violence politique dont fait montre leurs adversaires politiques, est un moyen par lequel ces derniers cherchent à acquérir l’estime dans la communication aussi bien par l’information que la désinformation.

Il a par ailleurs, minimisé les effets de cette violence qui terrorisent tant sur le moral que le  physique en frappant les imaginations, créant le trouble jusqu’à des opérations dont l’effrayante atrocité est censée inhiber toute volonté de résistance et provoquer la soumission aux exigences formulées par les  utilisateurs de la terreur.  Dans ce contexte, il a averti  la population en générale et les membres de l’UNC en particulier de rester vigilent en ce moment où la désinformation joue un rôle afin de tromper l’opinion, de  démoraliser l’opposition en jetant le discrédit sur chacune de leurs actions légitimes.

Le secrétaire général   inter-fédéral de l’UNC, Jean-Baudouin Mayo, dans le même registre estime que la RDC est en « situation de coma » qui nécessite de briser la spirale de la terreur, qui , à son tour est une négation de la démocratie. Pour sa part, les responsables politiques  tant  que la population ont tous une part de responsabilité pour amener le pays à la prospérité.

Selon lui, ce meeting est une entrée en matière pour démontrer que le peuple congolais a acquit  une maturité et brûle de prendre son destin en mains en s’appropriant de la chose publique en bradant la peur. Il a  demandé d’une part à ce peuple de réincarner le concept « courage », « citoyenneté » au cœur de son action, et d’autre part à la classe politique  congolaise de réintroduire le concept « Respect », « éthique » au cœur du débat politique au service  de  la dignité  de la personne.

S’exprimant au sortir de cette matinée, les militants se sont dit réceptif et ragaillardi par cette communication en rassurant de mettre à profit leurs prérogatives suivant les procédures légales établies par l’autorité en  place.


RDC : consécration d’un génocide éducatif

En République démocratique du Congo (RDC) comme partout ailleurs, la passation aux épreuves de l’examen d’Etat est un principe « sacro-saint ». Une condition qui ouvre la porte de l’université au lauréat. Mais quand les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) font irruption dans des centres de présentation des épreuves de l’examen d’Etat? Quand les écoliers zappent les cours et s’adonnent à une course folle en vue d’obtenir un diplôme, qui, au finish ne les protègera pas contre la galère? Il sont alertes, éveillés, kif-kif pour ne pas voir cette paperasse leur passer sous la barbe. Avoir son diplôme puis mourir ! C’est la loi de la  » diplomanie ». Un diplôme, qui plonge dans les ténèbres du chômage et dissipe les espoirs en cendres. C’est la dérive totale d’une société. La dérive dans l’  » Art d’enseigner » ainsi que dans l’ « Art d’apprendre « . 

Dans une salle de classe (Google)
Dans une salle de classe (Google)

La RDC a un grand défi à relever en matière éducative. Ce défi ne consiste pas seulement d’emmener ou plutôt ramener à l’école le plus d’enfants possible en dehors du système scolaire en construisant une poignée d’écoles. Construire « 1.000 écoles » est une chose. Mais repenser la « Réforme fondamentale » de l’éducation nationale notamment par la mise en place effective d’une politique de gratuité d’enseignement, l’adaptation des salaires des enseignants, la promotion d’artisanat et du métier en lieu et place d’un enseignement élitiste et obsolète en est une autre. Ce n’est pas à coup de débats d’idées abstraites et médiatiques évoquant parfois certaines innovations « cosmétiques » apportées dans la publication des résultats des épreuves de l’examen d’Etat que s’imposeront une éducation qui répond aux besoins réels de la société. Mais, la nécessité s’impose de se passer de cette éducation traditionnelle ne cadrant pas avec les réalités du pays à un enseignement professionnel et adapté.

Le secteur éducatif sensé être le moteur de tout développement, est en RDC, un secteur en proie  de la corruption endémique qui conduit à la paupérisation des enseignants. Cette pieuvre (corruption) dont les tentacules  touchent à tous les secteurs enivre les enfants qui abandonnent la culture de l’excellence au détriment d’une tricherie 3G.

Dans l’enseignement primaire secondaire et professionnel (EPSP), l’indissociabilité de la relation « corrompu-corrupteur » n’est plus à démontrer. Le système corrompu-corrupteur s’entretient, se maintient et se préserve. Des institutions scolaires deviennent des foyers ardents accroissant les opportunités qui favorisent la tricherie, la mesquinerie et l’amateurisme. L’anarchisme et la triche se chevauchent. Comble, la tricherie est  institutionnalisée en amont par certains préfets, promoteurs d’écoles, parents et élèves qui collectent des sommes colossales d’argent dit « argent de suivi » (pourboire) en vue de corrompre les chefs des centres de correction. Dans cette immoralité, tout le monde trouve son compte dans une culture de la jouissance entretenue. On doit évoquer : le savoir, l’autorité, l’éthique, l’imagination, la civilité et bien d’autres qualités essentielles à l’ « Art d’apprendre et d’enseigner «  pour combattre ledit fléau.

Alors que jadis on parlait de  » cartouche  » ou « aide mémoire », ce bout de papier sur lequel étaient griffonnées les matières ayant trait au cours, aujourd’hui ce sont les NTIC qui facilitent les enfants à tricher. L’ère de 3G et 4G oblige! Le smart-phone s’invite dans des centres de présentation d’examen d’Etat en dépit de toute vigilance et fouilles corporelles, qui en réalité, ne relèvent que d’un formalisme ou un «  trompe œil ».

A partir de témoignages qui font foi de certains candidats à ces épreuves, tous les moyens sont bons pour réussir y compris le téléphone intelligent qui devient le dernier rempart auquel ils recourent. D’après certaines indiscrétions, la complicité des contrôleurs commis à ces centres et les autorités scolaires est d’un atout majeur pour réussir cette « manigance » avec cet outil qui sert de liaison entre les « mercenaires » enfermés dans un labo environnant et les écoliers qui mastiquent les capuchons de leurs stylos dans les salles d’examens. Au-delà de cette complicité, les plus inspirés  arrivent seuls à infiltrer cet appareil par des stratégies et astuces que seul Al Capone dénicherait.

Peut-on dire que c’est par empathie que lesdits  » professeurs-mercenaires »  ou autorités scolaires sont capables d’agir ainsi en se mettant à la place de ces écoliers en vue de les aider et de les défendre en lieu et place de la dénonciation? C’est au nom de quel principe que ces parents déboursent-ils leur argent pour corrompre ces autorités, et enfin aider leurs enfants à obtenir un diplôme sans un bagage intellectuel conséquent?

Le secteur devient une zone grise et un amplificateur de médiocrité consacrant recul et « génocide » du système éducatif congolais. Ces caractéristiques renforcent davantage l’indice de perception de la corruption endémique, et plombant ainsi l’indice de développement humain.

Comment une telle éducation peut-elle contribuer à faire des écoliers des adultes productifs ? Ne se préoccupant pas de savoir comment tirer le meilleur parti du temps passé sur les bancs de l’école, ces enfants sont hantés par le diplôme. Sans surprise, il revient de dire que la tricherie est un acte criminel, un manquement à la morale et à la loi.

A qui incombe donc la grande responsabilité ? le gouvernement congolais fait réellement de l’éducation une priorité ?

Il revient à tous de cultiver la culture de l’excellence, notamment par la discipline, la sanction le contrôle parental ainsi que faire réfléchir tous les  congolais sur le processus d’apprentissage et d’acquisition du savoir.

Quant aux enseignants, ils doivent être  les meilleurs et maitriser leur sujet à fond en poussant les élèves sur la voie de l’excellence. Pour se faire, l’aspect humain décent, les qualités innées ou acquises sont indispensables à leur profil et un facteur clé de l’ « Art d’enseigner ». Ceci est un facteur de développement pour changer les mentalités et tirer la RDC de la queue de peloton des attentes des OMD de 2015 ?


Révision constitutionnelle : La CENCO conseille Kabila de s’éclipser après l’échéance

Joseph Kabila, President RDC (Ph Google)
Joseph Kabila, President RDC (Ph Google)

Joseph Kabila a les yeux rivés à son calendrier. Elu en 2006 et réélu en 2011, son mandat prend fin en décembre 2016. La fin de cette échéance préoccupe l’opinion tant nationale qu’internationale, principalement la classe politique congolaise, dans sa majorité présidentielle et opposition. Entre temps, la bataille de succession défraye la chronique. La sempiternelle question « partira? » ou « partira pas? » est suspendue à toutes les lèvres. Les « pro » et les « antis » sont à couteaux tirés. L’opposition met en garde contre toute initiative visant à réviser ou à réajuster la constitution afin de permettre un passage en force de Joseph Kabila. La majorité est sur la défensive. L’Eglise catholique s’invite. Un débat houleux des politiques, des constitutionalistes et des légalistes qui laisse le peuple bougé. L’opposition congolaise n’accorde aucun sursit après ce dernier mandat, et évoquent par ailleurs des dispositions constitutionnelles qui garantissent au souverain primaire de s’ériger en bouclier contre la levée du verrou de la délimitation de mandat. Une manœuvre sulfureuse contre laquelle le peuple est une partie de réponse en se référant à l’article 64 de la constitution, notent-t-ils. Un analyste politique trouve cette modification d’ « inopportun » en rappelant les précédents « matraquages » de cette constitution en 2006 et 2011. Tandis  que pour la mouvance présidentielle affirme la volonté du Gouvernement de terminer le processus électoral en respectant la constitution et la loi électorale en vigueur. Elle qualifie, par ailleurs, toutes les allégations de l’opposition faisant état d’un « passage en force » de Kabila de procès d’intention. Là où ça coince, c’est quand le gouvernement propose de ramener le suffrage direct au suffrage indirect pour des raisons financières.

A propos, les évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont, dans une Déclaration à Kinshasa,  affiché leur position et levé le ton contre toute révision constitutionnelle tendant à se passer de l’intérêt supérieur de la Nation et personnalisé le pouvoir en RDC.

Ces prélats catholiques ont sensibilisé la population congolaise à prendre soin de son destin afin d’échapper aux pratiques politiciennes qui sacrifient cet intérêt supérieur . Ils  s’opposent contre toute manipulation constitutionnelle, en ce qui concerne particulièrement de ses « articles verrouillés », dont l’article 220 qui fixe à cinq ans renouvelable une fois le mandat du président de la République. En substance, cet article « talon d’Achille » stipule que « La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».

Dans le même ordre d’idée, ces ecclésiastiques ont désapprouvé également toute sorte d’initiative malicieuse, qui, sans modifier directement l’Article 220, viserait à  » vider celui-ci de son contenu essentiel « . ils ont critiqué tout mode de scrutin qui priverait le peuple de son droit de désigner ses gouvernants et de participer directement à la gestion de la cité.

Par ailleurs, la CENCO exhorte les congolais à « Protéger leur nation en consolidant la démocratie et organiser des élections libres, crédibles et transparentes ». Une protection, qui, selon elle, est une façon de « bâtir un Congo plus beau qu’avant, de ramener la paix, de défendre, de promouvoir les droits, la dignité, le bien être des Congolais ». Ils ont affirmé que cette protection de la nation est aussi une façon de « valoriser les  ressources naturelles de la RDC, de ne pas les aliéner ».

Dans le même message, ils n’ont pas manqué de formuler certaines recommandations au gouvernement, au parlement, aux partis politiques, à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), aux organisations de la société civile, à la population congolaise, aux partenaires de la RDC et aux ecclésiastiques de ce pays pour tenter de trouver  » un consensus aussi large que possible » dans le respect de la Constitution.

Cette sortie fait tache d’huile. Une certaine opinion juge que l’Eglise catholique ne doit pas s’ « immiscer » dans la politique en lieu et place de sa mission primordiale d’évangélisation. D’autres par contre trouvent en cela un acte responsable et salvateur contre un « matraquage » ou « réajustement » de la constitution qui aménagerait une certaine classe.

Quelque soit le délais imparti à un mandat, les inassouvis prendrait cela pour « une étoile filante ».


Les francofolies à Kinshasa: Un programme culturel de haute facture

La capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) s’électrise et vit déjà au rythme du festival international de musique, « Les Francofolies ». Kin-La-Belle a pris le dessus sur d’autres villes africaines pour enfin abriter du 8 au 14 septembre prochain cette fête qui s’annonce un mariage de sonorités de différents univers et d’une ambiance à 360°.

C’est au cours d’une conférence de presse au Centre Wallonie-Bruxelles que le directeur du festival « Les Francofolies de Kinshasa », M. Jean  Steffens a annoncé le festival en fixant le cadre global de l’événement, avant de souligner que Kinshasa est une ville « animée par une énergie incroyable » produisant un environnement urbain « spectacle » aux phénomènes et à une musique qui dépasse les frontières.

Un choix judicieux du point de vue du potentiel culturel, économique, artistique et touristique, qui, en effet, sont des « leviers » de développement pour rendre la ville visible et compréhensible à travers sa richesse, a-t- il souligné. Dans le même registre, il fait également allusion à la densité, à la position du pays dans la Francophonie ainsi qu’au caractère ambiant et hospitalier des Kinois.

Ce festival qu’il estime « une caisse de résonance » pour l’ouverture à l’international de la RDC vise à promouvoir et à développer des échanges entre le pays et le reste du monde. « Créer des passerelles avec d’autres pays afin d’offrir l’opportunité aux artistes congolais de rêver et de se mouvoir dans un réseau susceptible de leur apporter une certaine évolution », a-t-il dit.

Un projet pour lequel il a émis le vœu de voir les Congolais « s’approprier ce projet » dans tous ces phasages lesquels ont commencé en 2012 jusqu’en 2017 avec des objectifs bien précis. Il s’agit notamment, de profiter du projet, le maîtriser et en rendre autonome, créer une structure pour construire une salle polyvalente qui soit un véritable centre culturel, développer de nouveaux espaces éducatifs et pédagogiques, etc.

Ce projet, a-t-il expliqué, a une valeur sociale ajoutée, d’autant plus qu’il épouse une vision à long terme qui va investir dans trois vecteurs de développement, notamment la santé, l’éducation, la citoyenneté. Le premier vecteur se focalisera sur la diffusion des vaccins et la fourniture des chaises roulantes aux personnes vivants avec handicap. Le deuxième va se pencher sur le développement de nouveaux espaces éducatifs et pédagogiques, la formation aux métiers techniques et aux arts du spectacle. Enfin, le dernier  ainsi que le  respect de la diversité culturelle et la réflexion sur l’intégration des enfants vivant dans la rue.

De son côté, M. Brain Tshibanda, coordonnateur de la programmation de cette fête, a mis en exergue la philosophie et la thématique de cette fête qui sera agrémenté par plus ou moins soixante (60) spectacles de musique des congolais, des africains, des européens et des américains.

Ces programmations seront scindées en trois catégories dont une soirée Rumba y compris la musique urbaine, une soirée Internationale et une soirée des jeunes talents, a-t-il ajouté.

M. Charly Mabilama, chargé de communication du festival a étalé une liste des sites sélectionnés pour l’évènement, à savoir le Théâtre de Verdure, le Centre Culturel M’EKO, le Centre Wallonie-Bruxelles, l’Hôtel Invest et les Bars en Folie. Hormis les partenaires des medias locaux, Il a promis une large couverture médiatique de l’événement par  TV5 Monde, France 24, RTBF, RFI, France télévisions et Trace TV afin de « donner un écho à la taille du festival ».

Fondées en 1985 à la Rochelle (France) par le regretté Jean-Louis Foulquier, les Francofolies ont été fêtées en itinérance à Montréal (Québec), à New York (USA), à SPA (Belgique), en Suisse et ailleurs, à l’exception du continent africain. Dans quelques mois, Kinshasa s’apprête à accueillir la première édition africaine des Francofolies de la musique.


« Ebamba. Kinshasa makambo », un roman qui draine scepticisme et optimisme

Ebamba2Exclusivité dans le panthéon de la littérature congolaise. Un roman écrit de bout en bout en lingala (langue parlée à Kinshasa) vide la problématique de publication d’ouvrages en langues locales africaines. Il s’agit du roman de l’écrivain congolais Richard Ali A Mutu intitulé « Ebamba. Kinshasa makambo (Lisolo) ». L’œuvre draine scepticisme et optimisme, critiques et éloges. Les casiques et les puristes se tournent les pousses. Entre ces deux approches un point d’équilibre est donc à trouver. Celui-ci peut se construire à partir de la diversité culturelle prônée par la Francophonie qui suppose le  respect d’identités.

Seances d'autographes par l'auteur
Seances d’autographes par l’auteur

La Francophonie étant un ensemble des communautés culturelles partageant des valeurs communes, un idéal d’humanisme et de métissage, elle fait de la diversité culturelle et linguistique un dispositif clé pour son action malgré la mosaïque de cultures, de langues locales en Afrique, notamment en RDC où on dénombre 4 langues  nationales et plus de 250 dialectes.

Présenté récemment à Kinshasa, « Ebamba. Kinshasa makambo (Lisolo) » est un roman de 92 pages publié aux Editions Mabiki de Kinshasa en 2013. L’œuvre a retenu l’attention de plus d’un observateur lors de la cérémonie de son baptême à l’Institut français de Kin-La-Belle.

Baptisant le roman, le Pr Manda Tchebwa a indiqué que celui-ci « est le symbole de l’éveil patriotique congolais et la fierté nationale » en souligant que le Gouvernement congolais est préoccupé de favoriser une reforme en ce domaine en vue de « promouvoir », de « revaloriser » et de « s’approprier » de ses langues locales.

Il a, par ailleurs insisté sur la nécessité de la mise en place des dispositions constitutionnelles et législatives lesquelles assureront la protection et la promotion des langues vernaculaires, plus particulièrement dans le domaine de la littérature et des arts.

De son coté, M. Richard Ali, l’auteur du livre, a relevé que ce roman « décalque ou photographie les mœurs kinoises à travers sa plus belle langue » avant de poursuivre qu’il déballe les différentes réalités ainsi que phénomènes qui caractérisent cette ville  » spectacle » et « tentaculaire ». Ainsi, l’oisiveté, l’ambiance festive, l’alcoolisme, la délinquance, le chômage, le mariage, la débauche, l’occultisme, la prostitution juvénile, l’homosexualité y sont dépeint dans un style pittoresque et un langage sobre et limpide. L’auteur fait promener le lecteur au plus profond de Kinshasa, dans les tunnels et ruelles des quartiers populaires, dans les vacarmes, les combines, les mystères et méandres de la ville  » fantôme »Peindre les mœurs, Jean-Baptiste Poquelin, dit  » Molière » en avait bien la manie. Et Richard est né  également  dans ça, a lancé un observateur.

En réponse à la question sur la motivation de l’auteur d’écrire dans une langue locale ce qui constitue pour les sceptiques un  » enclavement géographique » auquel ces derniers soutiennent avec le maxime latin « Quinque suum » (premièrement les siens) pour dire que ce livre est destiné aux seuls locuteurs de lingala. Richard a balayé d’un revers de main cette thèse en affirmant, certes, que la langue française est un trait d’union pour communiquer avec le monde extérieur. Mais, en écrivant dans sa langue maternelle, il a pris en compte l’idéal d’humanisme et de la diversité linguistique prôné par la Francophonie dans laquelle aucune primauté linguistique n’est admise à l’instar du Commonwealth.

Il n’y a pas de conflit de cohabitation entre  cette langue et celles dites locales, dixit Ali en soulignant qu’écrire ou parler en sa langue locale est « une option dans la francophonie pour se décomplexer de cette hégémonie linguistique ».  » C’est une révolution culturelle où les différentes civilisations multiplient leurs échanges dans un dialogue réciproquement fécondant », a-t-il dit, avant d’affirmer que ce qui s’impose est le  » dialogue des cultures où chaque peuple, civilisation et langue, recevant et donnant en même temps, pourrait parvenir au développement durable et épanouir sa dignité « .

L’écrivain congolais Didier Mumengi, présentant l’ouvrage,  a, pour sa part, félicité et encouragé le jeune auteur en indiquant que la nécessité s’impose de « recourir à l’authenticité » et s’attacher aux langues vernaculaires pour affirmer son identité culturelle et historique ainsi « bâtir » une culture congolaise. Il a relevé que les linguistes défendent que pour bien maîtriser une quelconque langue étrangère et combattre les interférences linguistiques, il  faut commencer par maîtriser la sienne. Il a, par ailleurs fait savoir à l’assistance les enjeux de la diversité linguistique soit du multilinguisme qui est « consubstantiel » à la Francophonie tout comme à l’édification de la civilisation et de l’histoire. Un peuple qui abandonne sa culture ou sa langue se nie et perd ses repères ou sa personnalités, a dit M. Mumengi en interpellant le Gouvernement de fournir les efforts pour une politique de la promotion des langues locales au niveau elementaire de l’éducation.

Ce forum, rappelle-t-on, est un espace de dialogue interculturel qui favorise un troisième type de dialogue qui est celui de cultures. Celui-ci est instrument incontournable de la compréhension mutuelle entre les peuples, et est indispensable au développement équilibré de chaque entité culturelle, linguistique et religieuse du monde pour asseoir la paix. Ce dialogue de cultures n’est possible que dans un contexte de partage de Co-développement. Ce dans ce cadre que Xavier affirma que « les différences, les différends parfois même, permettent d’établir un dialogue fructueux entre diverses cultures, de l’enrichir mutuellement, ce que ne pourrait  réaliser une langue parlée à un simple niveau national ».


Et Bas-Congo Célébra l’enfant africain

« Dis-moi comment tu éduque et nourrit tes enfants, je te dirais qui tu es ». Le continent célèbre le 16 juin de chaque mois « l’enfant africain » en mémoire aux enfants massacrés de Soweto en 1976 (Afrique du Sud). Sur ce, diverses activités étaient organisées à travers les grandes villes africaines en vue de mener un plaidoyer pour la prise des mesures visant la protection générale de l’enfant. La ville de Matadi, dans la Province du Bas-Congo, n’était pas en reste.

La ville de Matadi, au Bas-Congo (Google)
La ville de Matadi, au Bas-Congo (Google)

La ministre provinciale du Genre, de la famille et de l’enfant du Bas-Congo, Thérèse Mambu Nyangi, a présidé lundi dernier dans la grande salle de promotion de l’Institut supérieur de commerce (ISC)/Matadi la cérémonie commémorative de la journée internationale de l’enfant africain sous le thème « éducation de qualité gratuite obligatoire et adaptée pour tous les enfants ». Elle a souligné qu’en raison de sa vulnérabilité, de son indépendance, de son manque de maturité physique, intellectuelle et émotionnelle les soins particuliers devront être accordés à cet enfant pour son émancipation.

A cet occasion, la ministre provinciale de l’enfant a sensibilisé les communautés sur les droits et devoirs de l’enfant en condamnant toute sorte d’exploitations à son  égard. Par ailleurs, elle a fait allusion aux attaques des écoles et hôpitaux dans les zones des conflits armés avant d’insister sur la réinsertion familiale et scolaire des enfants sortis des groupes armés.

En ce qui concerne le volet éducation, Mme Thérèse Mambu, a salué les efforts du Gouvernement de la RDC pour la construction de 1.000 écoles à travers le pays, contribuant ainsi à grande échelle à l’augmentation du capital éducationnel du pays.

Les enfants de toutes les couches sociales étaient conviés à cette cérémonie notamment les malentendants, les albinos, les handicapés physiques qui ont profité de cette tribune pour passer leur message et dénoncer la marginalisation, la discrimination sociale et le rejet dont ils sont victimes. Ils ont plaidé pour la prise en charge de leur école en améliorant les conditions  de travail des enseignants et d’eux-mêmes, car, ont-ils conclu, ils ont droit  à une éducation de qualité et gratuite  au même titre que les autres enfants, afin de participer à l’effort du développement national.

Cette cérémonie qui était lancée concomitamment avec la campagne pour la promotion de la paix et les droits à l’éducation des enfants du Bas-Congo, a connu la participation des membres du gouvernement provincial, des députés provinciaux et des membres des institutions provinciales de sécurité, de la Monusco et de la société civile.


Vers les états généraux de la littérature de la RD-Congo?

Au côté de la politique et de l’économie, la Culture en générale est  un pilier de la modernisation et une dimension incontournable des relations internationales. Comme un seul homme, les écrivains de la RDC à travers l’Union des écrivains congolais (UECO) se mobilisent pour porter loin leur littérature.

Pr Bwabwa, président de l'UECO
Pr Bwabwa, président de l’UECO

Le décor se plante pour la tenue du 15 au 19 juillet prochain du colloque national des écrivains congolais à Kinshasa sous le thème « L’écrivain et la Révolution de la modernité », a-t-on appris du comité organisateur de ce colloque.

Environ cinq cent personnes (500) issues de toutes les couches de la population congolaise prendront part à ce forum qui sera animé par une cinquantaine d’intervenants et modérateurs du monde tant culturel que politique.

Parmi les intervenants et leurs différents thèmes qui seront abordés lors de ces assises, l’on note, MM. Lambert Mende, ministre des médias « Modernité, civisme et citoyenneté », Banza Mukalayi, ministre de la culture « Modernité, sports et loisirs », André Kimbuta, gouverneur de la ville de Kinshasa « Modernité et assainissement », Evariste Boshab « écrivain et modernité », Pr Yoka Mudaba « Modernité et animation culturelle », Pr Ndaywell « Modernité et histoire politique de la RDC », Pr Okolo « Modernité africaine, critique de la modernité », etc.

Hormis le comité préparatoire, indique la source, ce colloque est reparti en 6 parties à savoir, le Centre de lecture de l’UECO, la cité de l’écrivain de Kinkole, la société de sauvegarde et de promotion de la Modernité, le prix littéraire la modernité et le journal hebdo de la Modernité.

L’UECO espère voir le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange apporte son soutien à la littérature congolaise à l’instar des autres arts qui participent au développement de la RDC.


RDC/Environnement: Le parc national des Virunga échappe à la prédation

La plus vieille réserve naturelle d’Afrique inscrite au patrimoine Mondial de l’Humanité, Le Parc National des Virunga,  échappe de justesse de griffes du pétrolier Soco petroleum, l’entreprise britannique qui avait déjà lancée ses activités de prospection. L’exploration pétrolière met en danger l’écosystème du site.

V1Une grande mobilisation ou lobbying peut faire reculer une montagne et fléchir un géant. Fort heureusement, Soco recule devant la pression de la société civile notamment les défenseurs de la nature qui lui ont porté plainte devant les juridictions compétentes pour non-respect des normes sociales et environnementales. L’entreprise pétrolière britannique s’évertue et accepte finalement de mettre fin à ses opérations d’exploration pétrolière dans ce parc ainsi que d’autres sites classés au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco. « Mieux vaut un mauvais arrangement qu’un procès interminable », dit-on.

Mais, s’il fallait rétablir les responsabilités, on doit tout d’abord incriminer le gouvernement congolais qui a soutenu l’idée de mener des explorations pétrolières dans son parc sans consulter les populations locales ni se préoccuper de leur développement. « C’est un gouvernement qui distribue des permis d’exploration comme des cacahuètes », s’indigne un observateur, avant d’affirmer qu’ un « tohu-bohu » s’entretient dans ce secteur car il manque un code minier exhaustif tenant compte du développement des communautés locales.

V2


RDC/Environnement: Les okapis renaissent

La Réserve de la faune Okapi (RFO) dans la forêt tropicale de l’Ituri (Province-Orientale/RDC), ne tarira jamais malgé la prédation des braconniers qui y font la loi. Cette faune est l’objet de la sauvagerie des miliciens notamment ceux de Paul Sadala alias Morgan qui avaient tué, en juin 2012, plus de quinze okapis en captivité à Epulu.

Okapi tué
Okapi tué

Le nouveau directeur de La Réserve de la faune Okapi (RFO), Lucien Gédéon Lokumu confirme la présence dans ce parc de plus de trois mille okapis à l’état sauvage. Une découverte qui redonne de l’espoir pour reprendre la capture de ces mammifères à Epulu, village situé à plus de 200 kilomètres au Sud-ouest de Bunia (Province Orientale), en vue de les apprivoiser, a-t-il souligné.

Des représentants des bailleurs de fonds sont presque tous revenus à Epulu, siège de la RFO. Ils sont revenus pour reprendre la captivité des Okapis et les replacer dans la réserve, a ajouté M. Lokumu. « Je suis à Epulu avec tous les partenaires. Ce sont eux qui s’occupent de la protection des okapis. Ils sont revenus en provenance de Beni. Ils avaient fui quand Morgan tuait les okapis. Comme on évolue vers la stabilisation et la sécurisation de la RFO, le monde verra encore les okapis dans la station d’Epulu », a-t-il assuré. Les combattants Maï-Maï du chef milicien Morgan avaient tué, en juin 2012, quinze okapis en captivité depuis 1987.

A l’allure d’un zèbre et d’une girafe, l’okapi est un animal qui vit exclusivement en Ituri en RDC. C’est une espèce protégée depuis 1993 et figure sur la liste rouge des espèces menacées, de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).  L’animal est victime du braconnage à Epulu. La population d’okapis est estimée entre 10 000 et 35 000 individus et la tendance de leur reproduction serait à la baisse.


Kinshasa engendre un Festival du cinéma 100% féminin

Le géni créateur du « Septième art » habite les réalisatrices congolaises. A la soirée d’ouverture à l’Institut français de Kinshasa, les cinéphiles ont assisté à la naissance d’un cinéma exclusivement conjugué au féminin dans tous ses angles. Le géni de la femme congolaise derrière la camera se vit  pendant les quatre jours de cette fête dans la ville de Kinshasa. 

Cinef2

Kinshasa abrite du 10 au 14 juin courants la 1ere édition du « Festival du cinéma au féminin » organisé par l’Association des femmes cinéastes congolaises (AFCC), une plate-forme qui milite pour « l’autonomisation ainsi que l’épanouissement culturel et artistique de la femme congolaise à travers son art », à en croire sa coordonnatrice, Clarisse Mavuba.

Un rendez-vous à coupler le soufle avec une vingtaine de films fiction et documentaires des realisatrices congolaises vivant au pays et à l’extérieur qui seront projetés dans differents sites, notamment à l’Amphithéâtre de l’Université de Kinshasa, au terrain municipal de Bandalungwa, à Don Bosco à Masina.

Le bal s’est ouvert avec la fiction de Francine Nyakabua « Pourquoi pas moi? »; un documentaire de Claude Haffner  » Noire ici, Blanche là-bas » évoquant les souvenirs d’une enfance loin de la terre natale, de l’identité retrouvée et de l’intégration dans une vie nouvelle émaillée d’une précarité abjecte dont les membres de sa famille se trouve. Pour sa part, la réalisatrice belgo-congolaise, Monique Mbeka Phoba, revient avec une première africaine dans sa gibecière,  » Sœur Oyo ». Une fiction d’une vingtaine de minutes dont l’action se situe dans un pensionnat de Mbanza-Mboma à l’époque coloniale, à travers lequel elle rend un hommage à sa mère qui a étudié dans cette école de renom.

Plusieurs productions cinématographiques égailleront le public, notamment « tout le monde a des raisons d’en vouloir à sa mère » de Pauline Mulombe (Belgique), « Olongo » de Clarisse Mavuba (Kinshasa), « Sistahooh » de Nolda Di Massamba (France), « Kisita » de Carole Maloba (Kinshasa), « Apocalypse » de Sami Kamba (Mbuji-Mayi), « Notre étrangère » de Sarah Bouyain (France/Burkina Faso).


Au pays des taxes « vache à lait »

La République Démocratique du Congo (RDC) va de mal en pis, une taxe en appelle une autre. Le citoyen lambda s’interroge tant sur l’accumulation, la motivation que l’utilité de ces taxes « vache à lait » ainsi que de leur gestion.Après la redevance de fonds de développement pour les infrastructures aéroportuaires (IDEF), communément appelée « GO PASS » à tout passager à l’aéroport international N’djili, le gouverneur de la ville de Kinshasa crée un nouveau feuilleton en instaurant la  » Taxe de statistique d’embarquement dans les avions ». Les passagers à cet aéroport de Kinshasa restent perplexes.

Aéroport international de N'djili (Google)
Aéroport international de N’djili (Google)

A son instauration depuis mars 2009 par la Régie des voies aériennes (RVA), le « GO PASS » s’est avéré comme une nécessité. Les dirigeants de cette régie n’avaient cesser de conscientiser l’opinion tant nationale qu’ internationale quant à l’importance de cette taxe en ce qui concerne les recettes à générer pour le maintien, la modernisation ainsi que le développement des infrastructures aéroportuaires en RDC, notamment l’aéroport international de N’djili. Un discours prometteur, mais qui du moins n’était qu’une harangue en scrutant l’état de délabrement dans lequel se trouve les aéroports sur l’étendue du territoire national, entre autres celui de Kinshasa (N’djili) qu’on appellerait ailleurs, l’ »aérodrome » du Kenya ou de l’Éthiopie.

Quatre ans après, on a pas des résultats escomptés dudit « Go Pass » sinon un bâtiment de 7 mètres de haut, avec un diamètre de 37 mètres qu’on nomme le « pavillon présidentiel » dont le coût des travaux est estimé à plus de 11 millions de dollars sans aucune contre-expertise. Des chiffres qui ont défrayé la chronique par rapport à la qualité de ce « machin ». Jusqu’alors, en dépit de plusieurs interventions de la société civile, du Ministre de Transport et Voies de Communication, des parlementaires, du Ministre de la Justice et des Droits Humains et de la Cour des Comptes, la gestion et l’affectation des fonds générés par cette taxe restent toujours opaques. La RVA et l’entreprise sud africaine qui a chapeauté ces travaux ne rendent aucun compte aux contribuables ni ne démentent ce qu’ils qualifient de « rumeurs ».

En 2010, les associations de Droits de l’Homme ont exigé une enquête parlementaire sur l’affectation des recettes perçues par la RVA pour la réhabilitation des infrastructures aéroportuaires en RDC. En 2012, le Ministre honoraire de Transports et Voies de Communication, M. Justin KALUMBA, lors d’une visite effectuée à l’aéroport de Kinshasa, avait annoncé l’audit des fonds générés par la taxe « GO PASS » pour lui permettre de voir clair sur la destination de cet argent. On n’en sait grand-chose de cet audit. En 2013 également, LUZOLO BAMBI, ministre en cette époque de la Justice et des Droits Humains,  avait instruit le Procureur Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete d’ouvrir une information judiciaire sur la gestion de l’argent généré par le GO PASS. A ce jour, personne ne connaît les conclusions de cette information judiciaire qui était annoncée publiquement.

Au cours d’un atelier organisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en mars dernier, à Lubumbashi (Province du Katanga), la Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme en faisant état d’une gestion non orthodoxe de fonds générés par le « GO PASS ». Cette alerte reste lettre morte.

Alors qu’on a pas fini de s’interroger sur l’importance de cette première où tout passager paie 50 $ pour les vols à l’étranger et 10 $ pour ceux à l’intérieur du pays ainsi que de la transparence dans la  gestion des recettes qu’elle pu générer, l’Hôtel de ville Kinshasa coupe l’herbe sous le pied des passagers et cherche à engraisser, pour sa part, ses poches avec la  » Taxe de statistique d’embarquement dans les avions » pendant que son ainée a accouché d’une souris. Désormais, on fait déjà la route avec la nouvelle taxe du gouverneur de la ville de Kinshasa. Tout passager, en plus du « Go Pass », doit débourser 10$ pour s’astreindre à ladite  » Taxe de statistique d’embarquement dans les avions ». On continue de se questionner sur sa fonction à cet même espace aéroportuaire.

La transparence dans la gestion de la chose publique et des fonds y afférents est un principe et un devoir. Mais toutefois, certains « Machos » s’obstinent à cause de leur origine ou accointances contre ce « principe sacro-saint » malgré les inquiétudes et les interpellations de la population. L’impunité s’ancre au plus profond du congolais. Le phénomène « corrompu-corrupteur » a des ramifications à tous les niveaux, et est devenu une culture par manque d’autorité compétente ainsi que des mesures sérieuses pour contraindre et sanctionner les récalcitrants.

Que le citoyen lambda use de prérogatives que la constitution lui confère pour s’opposer par tout moyen de droit à l’enrichissement illicite des autorités politiques , des gestionnaires ou de leurs proches.