Marie

Bientôt le retour sur Mondoblog…

Salut les kikoulols !

Ça fait bien un bon petit moment (oh fuck je me mets à parler comme une cantalou!) que je n’ai pas partagé une tranche de life avec vous. Une explication à tout ça ? Aucunement !

Enfin si, un peu bien quand même… Déjà, un changement de boulot (encooore ?!), un déménagement et… non c’est tout en fait mais c’est déjà pas mal. Sauf si on veut parler des casseroles que j’ai enfin réussie à lâcher mais ça on s’en fout.

Adieu donc le travail social et ses idées toutes pourries qui nous fait passer pour des collabos de ce fucking système ! Bonjour la culture (même si j’ai toujours été plus « perma » que culture) et salut à toi ô ma nouvelle petite location perdue dans la vallée du violon que j’aime beaucoup parce que j’y suis bien tranquille. Et ce, même si mon voisin est complètement con n’a pas les mêmes idées que moi.

A venir tout bientôt donc :

  • une mise à jour de tous les articles (« Justifiez-moi donc cette mise en page !! »),
  • un nouvelle présentation un peu moins grise et tristou (ouais, je déprimais l’hiver dernier),
  • un article sur mon nouveau travail à Euroculture en Pays Gentiane.

ET, quand même, parce que j’y suis allée un peu bien pour ça (à quel moment on place le « bien » en fait ?!)

Patience donc, amis et autres passants non identifiés, je reviendrai très vite, en pleine forme et avec de nouveaux projets (écologie, permaculture et anarchie !).

Restez connectés donc et comme d’hab, gardez l’esprit ouvert sur le monde !

Tchuss !


Migrants : Du règlement Dublin III à la réforme de l’asile 2018 , comment le système crée l’errance et la clandestinité sur le territoire européen.

J’ai récemment publié une série d’articles sur la demande d’asile en France que vous pouvez retrouver ici. Je vous conseille de la lire avant de poursuivre et de vous y reporter en cas d’incompréhension. A ce moment là, je ne comptais critiquer ni les politiques, ni les réformes. Je m’étais efforcée de garder mon avis, le but étant avant tout de présenter les procédures de manière objective. Cependant aujourd’hui, mes…


J’ai testé pour vous… comprendre la demande d’asile en France. Partie 5.

Le rejet de la demande d’asile

L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a pris la décision de rejeter la demande. La Cour nationale du droit d’asile (CNDA) n’a pas statué en faveur du demandeur. La personne est « déboutée » du droit d’asile. Explications des conséquences du rejet d’une demande et des droits des « déboutés ».

 

OQTF, aide au retour volontaire et retour sous la contrainte

Si l’OFPRA rejette une demande et que la personne n’a pas formé de recours, ou que celui-ci a été rejeté par la CNDA, elle perd le droit de se maintenir en France. Elle reçoit alors une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Cette mesure est maintenue même si la personne a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État contre la décision de la CNDA.

Théoriquement, le « débouté » (vilain qualificatif que l’on emploie pour désigner une personne dont la demande a été rejeté) dispose d’un mois pour quitter le territoire. Il est sommé de quitter son hébergement s’il en a un. Dans certains cas, il peut bénéficier d’une aide au retour volontaire vers son pays d’origine. Cette aide est accordée par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).

« Avec pour objectif de soutenir un retour digne […]  : une aide administrative et matérielle à la préparation du voyage vers le pays de retour prévoyant l’organisation matérielle du départ volontaire du bénéficiaire et de sa famille […], une prise en charge des frais de transport depuis le lieu de départ en France jusqu’à l’arrivée dans le pays de retour, incluant le transport des bagages dans des limites fixées selon les pays de retour ; une aide financière dont le montant est versé au ressortissant étranger en une seule fois, au moment du départ. » immigration.interieur.gouv

Dans le cas où la personne n’a pas quitté le territoire dans le délai imparti, ni sollicité d’aide au retour, ou qu’elle n’a pas formé de recours contre l’OQTF, elle se trouve en situation irrégulière. Elle peut alors être reconduite à la frontière par la police. Cette « mesure d’éloignement » peut s’accompagner d’un placement en centre de rétention administrative (CRA) afin de procéder au renvoi dans le pays d’origine.

 

La demande de réexamen après un rejet

Il est possible pour un débouté de faire réexaminer sa demande par l’OFPRA. La procédure reprend alors à zéro, avec un passage au guichet unique des demandeurs d’asile (GUDA), puis à la préfecture, etc. (voir Partie 2).

Cependant, cette demande est conditionnée à la capacité de la personne à amener des éléments nouveaux au dossier, ou de nouvelles preuves. Il n’y a donc pas de délai pour déposer une demande de réexamen. Elle peut intervenir n’importe quand, tant que la preuve est apportée. Il faut néanmoins savoir que l’OFPRA ne rejugera pas sur des faits qui auraient été énoncés lors de la première demande :

« Pour que la demande soit recevable, l’intéressé doit présenter des éléments nouveaux de nature à justifier ses craintes en cas de retour dans son pays d’origine. Ces faits doivent être postérieurs à la décision définitive de rejet. Ils peuvent être antérieurs à celle-ci s’ils n’ont été objectivement connus que postérieurement. » Espoirdasile.org

La demande fait donc l’objet d’un examen préliminaire.

« Une demande de réexamen manifestement infondée peut être rejetée sans qu’il n’ait été procédé à un entretien. » OFPRA

Si à l’issue de cet examen préliminaire il apparaît que les éléments présentés ne sont pas manifestement infondés, le demandeur est convoqué par l’OFPRA. Si cet examen permet à l’OFPRA d’établir un fait nouvellement allégué par le demandeur, c’est l’ensemble des faits invoqués (y compris ceux déjà examinés) qui seront pris en compte pour se prononcer sur le droit de l’intéressé.

En cas de rejet, la personne est « déboutée », une nouvelle fois.

 

Les droits des « sans-papiers ».

Etre sans-papier (c’est à dire se maintenir en situation irrégulière) en France, ce n’est pas être dénué de droits. C’est un peu risible que de le dire, compte tenu des conditions de vie souvent précaires lamentables des sans-papiers. Mais c’est un peu mieux que rien du tout.

Parmi ces droits, il y a celui à la domiciliation administrative, qui permet d’avoir une adresse afin de faire valoir ses droits. Il existe aussi le droit au compte qui permet d’obtenir un compte bancaire. L’ouverture d’un compte n’est en effet soumis qu’à la présentation d’un document officiel portant sa photographie. Alors bien sûr, là, ça coince pour ceux qui n’ont vraiment aucun papier d’identité.

Niveau santé, il existe l’Aide Médicale d’Etat (AME). Elle permet l’accès aux soins des personnes pouvant justifier de 3 mois minimum de résidence stable en France. Pour ceux qui ne bénéficieraient pas de l’AME, il existe le Fonds pour les soins urgents et vitaux (FSUV). Je vous laisse lire cet article datant de 2016 sur ce dispositif dont j’avoue, je n’ai jamais vu l’application.

Les personnes en situation irrégulière, et dont les droits AME ne sont pas ouverts, peuvent se présenter aux permanences d’accès aux soins de santé. On trouve ces services au sein même des hôpitaux. Les usagers sont en général pris en charge par une assistante sociale qui les oriente vers les professionnels de santé.

Enfin, les hébergements d’urgence sont ouverts aux personnes en situation irrégulière. Ils sont en effet censées accueillir de manière inconditionnelle toute personne en situation de détresse. Et ce, sans sélection ni condition de régularité de séjour.

 


Pour pour d’informations, je vous conseille de lire : Quelles alternatives lorsque ma demande d’asile est déboutée?

⇒  A suivre. Partie 6 : Les droits des personnes ayant obtenu la reconnaissance d’une protection internationale.

 


À la découverte du kinbaku, l’art du cordage japonais

Une tentative de réhabilitation de la pratique en tant qu’art à part entière.

La pratique du kinbaku, mot japonais qui signifie « lié de manière serrée », déferle sur l’Europe. Cet art méconnu, trop souvent assimilé au BDSM*, intrigue et fait parler de lui. Ses adeptes y voient un art très esthétique mettant en valeur le corps et permettant de se libérer psychiquement. Ses détracteurs y voient une pratique humiliante, voire dégradante, essentiellement liée à une mouvance masochiste. Tentative de réhabilitation de la pratique comme art en tant que tel.


Shibari ou kinbaku ?

Le Kinbaku ou Shibari est l’art traditionnel japonais qui consiste à nouer et attacher de manière esthétique et raffinée. Certains parlent de kinbaku, d’autres de shibari. Mettons-nous d’accord sur les termes avant de commencer.

Personnellement, le mot shibari est le premier que j’ai appris et utilisé. Pour cette raison, et aussi parce que je préfère cette sonorité à « kin-ba-ku », je l’utilise à tort. En effet, selon le site Lyon Shibari (association lyonnaise spécialisée dans cette pratique),

« Le terme shibari (縛り) signifie  « attaché, lié ». Il est utilisé au Japon pour décrire l’art de ficeler les colis. Il est plus juste de parler de kinbaku (緊縛) qui signifie« lié de manière serrée » pour parler de bondage ou d’attache de personnes. »

⇒ En d’autres termes, nous parlerons ici du kinbaku comme une technique de bondage qui, dénuée de connotation sexuelle, met le corps au service de l’art.

#ropes by @Shin_Nawakiri by Touchwood on 500px.com
Une performance habillée, dépourvue de caractère sexuel. Photo : #ropes by @Shin_Nawakiri by Touchwood on 500px.com ».

L’hojojutsu, ou l’art de ligoter ses ennemis

Des règles anciennes

L’ancêtre du kinbaku, le hojojutsu, créé par les Samouraïs au XVème siècle, avait à l’origine un tout autre objet que l’aspect érotique qu’on lui prête volontiers aujourd’hui. En effet, c’est par cette technique que les malfaiteurs étaient ligotés. Et pas forcément torturés. L’ennemi était capturé à l’aide de cordes courtes, puis emmené vers ses geôles où il était ligoté d’une autre manière. Ce ligotage (dont les nœuds) devait permettre de lire son rang social et le crime qu’il avait commis. L’âge, le sexe et la profession de la victime étaient aussi déterminants pour les techniques de ligotage utilisées.

Quatre règles précises étaient imposées dans cette pratique :

  • le prisonnier ne devait pas pouvoir se détacher,
  • le ligotage ne devait entraîner ni dommage physique ni dommage mental,
  • la technique avec laquelle le prisonnier était attaché devait rester secrète,
  • le ligotage devait être esthétique.

L’émergence d’une nouvelle forme d’hojujustu

La pratique de l’hojojutsu a disparu avec les Samouraïs. A partir des années 1900, le kinbaku a émergé sous sa forme actuelle, mis en avant par différents artistes japonais qui ont défrayés la chronique et affronté la censure. Comme Ito Seiu, artiste considéré comme le père du kinbaku moderne, bien que ces œuvres aient été en grande partie détruites pendant la seconde guerre mondiale.

Dans les années 1950, le kinbaku va se populariser au Japon, notamment grâce à différentes revues, érotiques ou non. Parallèlement, cette pratique est « importée » aux Etats-Unis par différents photographes érotiques qui vont jouer un rôle central dans sa popularisation.

Depuis, des générations de cordeurs ont permis au shibari/kinbaku de se développer au Japon, puis partout dans le monde.  En Europe et au Etats-Unis, la pratique s’est immiscée dans les milieux BDSM (Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadisme et Masochisme.).

Losing my soul by Rebeca Saray on 500px.com
Une influence résolument japonaise. Photo #losingmysoul by Rebeca Saray on 500px.com

Des liens étroits entre BDSM et kinbaku

Certes, la pratique répond parfaitement au sigle cité précédemment. C’est en effet une forme de bondage si l’on s’en réfère à la définition de Wikipédia :

« une pratique sexuelle sadomasochiste qui consiste à ligoter son partenaire dans le cadre d’une relation de soumis/domination.«

Le kinbaku peut aussi suggérer une relation de domination et de soumission entre les deux protagonistes si l’on considère l’attaché comme totalement inactif. Par définition, la pratique suggère bien une forme d’immobilité, mais ce dernier ne reste cependant pas sans avoir son mot à dire (cf. la dernière partie de cet article).

Concernant le sadisme et le masochisme, il est vrai que cette pratique peut être utilisée à ces fins, non sans risque comme le montre cet article de presse qui arrive, quand même, en deuxième position de la recherche Google : le shibari, jeu érotique mortel, Le Point.

⇒ Cette assimilation un peu trop systématique au BDSM a, à mon sens, tendance à vider cette pratique de toute sa substance artistique.

De l’art, j’étouffe, de l’art !

« Création d’objets ou de mises en scène spécifiques destinées à produire chez l’homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique. » Définition de l’art – Larousse.

Le kinbaku, ou le corps au service de l’art.

Heureusement, plusieurs artistes talentueux aident aujourd’hui à la réhabilitation du kinbaku en tant qu’art avant tout. Parmi eux, et de loin mon préféré, Garth Knight, nous montre la complexité de la pratique et la beauté du corps mis en scène comme dans ce superbe cliché :

Kesia (ii) from the Enchanted Forest 2012 by Garth Knight, avec son aimable autorisation (thanks!)

On voit ici un art avant tout esthétique, qui utilise le corps pour créer une figure ligotée harmonieusement. L’attention n’est d’ailleurs pas focalisée sur le sujet humain. Celui-ci fait en effet partie intégrante d’une sculpture de cordes. Bien que le corps nu soit encordé, il n’est pas évoqué ici comme un objet de désir. Il est selon moi vecteur d’une puissante symbolique. Vous pourrez observer d’autres œuvres similaires sur le site web de Garth Knight, qui décline son travail en somptueuses séries à tendance parfois psychédélique.

Le kinbaku est aussi un art acrobatique qui immobilise le corps. Il lui enlève son autonomie et le positionne habilement dans l’espace telle une figure acrobatique, comme le fait ici Boris Umitbaev :

Shibari by Anna Anhen on 500px.com
modèle : Irina Neznamova, master shibari : Boris Umitbaev Photo #shibari by Anna Anhen on 500px.com

Certains modèles affirment aussi que le kinbaku est un art méditatif. Il les amène, une fois le corps immobilisé et ligoté subtilement, à ressentir physiquement ces entraves corporelles comme des entraves psychiques. Ne leur laissant que le choix de se laisser aller et de se détendre. Il demande une concentration de l’attaché, mais aussi de l’attacheur qui doit rester vigilant à ces nœuds et aux règles de sécurité.

L’idée de la performance sportive

Enfin le kinbaku peut aussi être envisager comme un sport. Une séance de kinbaku, en l’immobilisant, met le corps en efforts. Le modèle doit en effet pouvoir rester un certain moment dans une même position. Parfois, les membres sont étirés ou mis dans une position qui n’est pas naturelle. La pratique peut être ajustée à un sport en particulier, notamment la gym et la danse. Nous voyons ici un exemple d’acro shibari :

Shibari Acro - Floating Paschi by Justin Bench - 1 Take Wonders on 500px.com
Deux acrobates explorant le kinbaku. Photo : #shibariacro Floating Paschi by Justin Bench – 1 Take Wonders on 500px.com

Dans tous les cas, la pratique du kinkabu suggère une relation modèle (celui qui se fait ligoter)/cordeur (celui qui encorde) basée sur la confiance. Le cordeur doit être à l’écoute du modèle afin de ne pas le blesser physiquement ou psychiquement.

⇒ Dans son sens artistique, le kinbaku est donc à envisager avant tout comme une performance. Surtout lorsqu’il est poussé dans son extrême. 

Shibari by Vladimír Takáč on 500px.com
Une pratique qui s’approche du sport extrême. Photo : #Shibari by Vladimír Takáč on 500px.com

Des associations pour promouvoir l’art de la corde et l’épanouissement de soi

Afin de porter le kinbaku en tant qu’art et de « démocratiser » la pratique, des associations fleurissent partout en France.

Une sorte de charte a par ailleurs été créée par différentes associations de shibari/kinbaku afin de sensibiliser le public à la question de la sécurité lors de la pratique. Confiance, Consentement, Communication, Conscience sont les quatre mots clés de la pratique du shibari. Vous pourrez retrouver ici plus d’explications: Les 4 C du Shibari.

Loin des milieux glauques et sombres des milieux SM, ces associations proposent des espaces de rencontre, d’initiation et d’apprentissage de la pratique dans le respect de l’autre. Sur son site, l’association Lyon Shibari prévient :

« L’association n’est pas une agence matrimoniale, ni un club libertin. La prédation sexuelle et les comportements douteux y sont exclus.«

Ici, le kinbaku est envisagé comme un cheminement intérieur :

« La pratique de la corde est un cheminement qui mène à l’épanouissement. Les routes menant à cet épanouissement sont donc propres à chacun. Pour favoriser cela, l’association est ouverte aux différents styles de Shibari pour que chacun puisse étudier, chercher, trouver et avancer selon son propre nawa do (du japonais nawa = cordes, do = cheminement d’éveil). »

B/W Shibari Art with Flowers by Nadiia Volkova on 500px.com
Le « Zen », une source d’inspiration pour le kinbaku. Photo : #B/W Shibari Art with Flowers by Nadiia Volkova on 500px.com

⇒ Loin des clichés sexuels, le kinbaku trouve peu à peu sa place en tant qu’art.
Tout dépend au final de la façon de le considérer. Pratique sexuelle, jeu érotique, performance artistique, le champs des possibilités est aussi vaste que l’imagination humaine. 

Il est pour moi intéressant à exploiter car il peut s’adapter à beaucoup de supports : photographie, sculpture, peinture, habillement… J’espère que cet article vous aura aidé à vous faire un avis sur le sujet.

Oserez-vous sauter le pas ? Après tout, à chacun son shibari !


*Le sigle BDSM désigne une forme d’échange sexuel contractuel utilisant la douleur, la contrainte, l’humiliation ou la mise en scène de divers fantasmes dans un but érogène.


J’ai testé pour vous… comprendre la demande d’asile en France. Partie 6.

La reconnaissance d’une protection internationale

Un avis de passage dans la boîte aux lettres. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ou la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) annoncent leur décision positive en faveur du demandeur : l’octroi d’une protection internationale. Nous avons déjà évoqué dans la partie 1 les différents types de protection. Nous allons à présent voir quelles sont les conséquences de l’obtention de l’un de ses statuts.

La délivrance de papiers d’identité

À la reconnaissance d’une protection, l’OFPRA délivre à chacun un certificat de naissance. Il servira à établir le titre de séjour des personnes. L’office va également remettre un livret de famille et un certificat de mariage.

En application de l’article L.314-11 8° du CESEDA, la carte de résident d’une validité de 10 ans est délivrée de plein droit à l’étranger qui a été reconnu réfugié, sauf en cas de menace à l’ordre public.

Jusqu’à présent, les bénéficiaires de la protection subsidiaire, en l’absence de menace à l’ordre public, se voyaient délivrer de plein droit une carte de séjour d’une durée de validité d’un an renouvelable portant la mention « vie privée et familiale ». Avec la nouvelle loi asile, ils devraient dorénavant recevoir une carte pluriannuelle valable quatre ans.

Les droits économiques et sociaux

Les personnes réfugiées ou bénéficiant d’une protection subsidiaire entrent dans le droit commun. C’est-à-dire qu’elles bénéficient des mêmes droits sociaux que les citoyens français, à quelques exceptions près.

Elles bénéficient en effet d’un statut leur permettant de travailler. Ce qui signifient qu’elles ont le droit de s’inscrire à Pôle Emploi ou en mission locale. De s’inscrire aux formations et de bénéficier du chômage ou du RSA. Bref, d’accéder à l’éducation et au marché du travail, sous les mêmes conditions que les autres. Mais aussi de payer des impôts, comme tout le monde en France.

Au niveau du logement, elles peuvent louer un appartement auprès d’un bailleur privé ou public (demande de logement social). Pour les aider à payer les dépôts de garantie, elles ont le droit au visale ou au locapass. Des dispositifs tels que les Centres Provisoires d’Hébergement ont été mis en place afin d’aider les familles/personnes les plus vulnérables. Elles sont ainsi accompagnées après la sortie de l’hébergement qui leur avaient été attribué lors de l’introduction de la demande.

Concernant l’accès à la santé, les personnes continuent à bénéficier de la PUMA/CMU-C (couverture maladie universelle) si elles ne travaillent pas. À la création de leur carte de séjour, elles se voient attribuer un numéro de sécurité sociale définitif.

Les relations avec le pays d’origine

Contrairement aux idées reçues, la réunification familiale ne permet de faire venir vivre en France QUE le partenaire et les enfants issus de cette union. Pas toute la smallah, les frères, les sœurs, le grand-père y la abuela. Cependant, cette venue est conditionnée par l’obtention d’un visa long séjour délivré par l’ambassade de France dans le pays de résidence, pour les familles des réfugiés. Les membres de la famille d’une personne sous protection subsidiaire (partenaire et enfants de moins de 19 ans non mariés) doivent faire la demande auprès des services consulaires d’un visa de plus de 3 mois.

Enfin, les personnes sont libres de voyager. Sous réserve d’avoir préalablement fait une demande de titre de voyage auprès de la préfecture. Cependant, en aucun cas elles ne peuvent se rendre dans leur pays d’origine. Elles risqueraient de se voir retirer leur protection. Il est inscrit dans le livret d’accueil pour les réfugiés que :

« En tant que réfugié(e), vous ne pouvez plus vous rendre dans votre pays. Ni détenir un passeport national. Vous ne pouvez pas non plus vous adresser à votre consulat pour obtenir des documents. Ces démarches, qui témoigneraient de votre allégeance envers les autorités de votre pays d’origine et d’une absence de craintes, sont susceptibles de vous faire perdre votre statut de réfugié. »

Il en est de même pour la protection subsidiaire. Pour se rendre sur place, elles doivent demander une autorisation spéciale à la préfecture qui peut demander avis de l’OFPRA.

 

Un contrat républicain en faveur de l’intégration

« Toute personne bénéficiant de la protection de l’Ofpra a l’obligation de se conformer aux lois et règlements de la République française ainsi qu’aux mesures prises pour le maintien de l’ordre public. » OFPRA

Toute personne doit donc se référer au droit français sous peine de sanctions pénales pouvant aller jusqu’au retrait du statut. Afin d’aider les étrangers à comprendre le système français et leur donner des éléments de compréhension, un contrat a été mis en place.

Le contrat d’intégration républicaine (CIR) est un contrat établi entre l’Office français d’immigration et d’intégration (OFII) et les primo-arrivants admis pour la première fois au séjour en France.

Le moule de la République.

« L’étranger admis pour la première fois au séjour en France […] et qui souhaite s’y maintenir durablement s’engage dans un parcours personnalisé d’intégration républicaine. Il conclut avec l’Etat un contrat d’intégration républicaine par lequel il s’engage à suivre les formations prescrites suite à l’entretien individuel et personnalisé avec un auditeur de l’OFII. »

Les formations en question sont la formation civique obligatoire & la formation linguistique facultative. La formation civique s’articule en deux modules. Le premier traite des valeurs et des institutions de la République française. Le deuxième aborde la question du vivre en France et de l’accès à l’emploi. Les cours de français sont eux censés aider les étrangers à s’intégrer dans la société française. C’est pourquoi le nombre d’heures dispensées est de 200… Champions.

 

La fin du statut de protection 

Les statuts de réfugié et de protection subsidiaire peuvent prendre fin pour plusieurs raisons, outre celles évoquées plus haut. Les personnes peuvent en effet renoncer d’elle-même à leur statut. Elles peuvent aussi acquérir la nationalité française (soumise à conditions).  Enfin, ces statuts peuvent leur être retirés, si :

  • Les circonstances à la suite desquelles la personne est protégée ont cessé d’exister ou ont connu un changement suffisamment significatif et durable.
  • L’activité en France de la personne protégée constitue une menace grave pour l’ordre public, la sécurité publique ou la sûreté de l’Etat,
  • Des éléments de nature frauduleuse ou criminelle apparus après l’octroi du statut montrent que l’intéressé(e) n’aurait pas dû ou ne peut plus bénéficier de la protection internationale.

 


Retrouvez le menu de cette série d’articles sur la demande d’asile en France en suivant ce lien Tranches de vies.


La Symphonie des Oiseaux, quand la musique se sent pousser des ailes

Chanteur d’oiseaux, quelle drôle de profession me direz-vous ! Vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’il s’agit d’une personne passionnée par le chant des oiseaux et qui les imite à la perfection. Au point, parfois, d’en faire un spectacle hors du commun.Preuve en est avec les chanteurs de La Symphonie des Oiseaux !


La rencontre entre deux musiciennes talentueuses et deux drôles d’oiseaux

 

Le quatuor de la Symphonie des Oiseaux est composé de deux instrumentistes, Geneviève Laureauceau, violoniste, de Lidija Bizjak, pianiste, et de Jean Boucault et Johnny Rasse, chanteurs d’oiseaux.

Les deux « chanteurs », d’origine picarde, ont grandi ensemble en partageant une passion. Ecouter et reproduire les cris des oiseaux. Ils vont alors tenter de se perfectionner dans un seul but : briller lors des concours d’imitation d’oiseaux. Cet enthousiasme ne va pas s’arrêter là, puisque de cette passion ils vont en faire un métier.

En 2006, après avoir participé entre autres à diverses émissions radiophoniques et télévisuelles, et au bruitage d’une pièce de théâtre, une idée improbable se concrétise. En effet, le directeur du Festival des Forêts de Compiègne fait jouer les deux « siffleurs » accompagnés du pianiste compositeur et improvisateur Jean-François Zygel. L’aventure commence alors pour les deux amis.

En 2016, La Symphonie des Oiseaux est au centre d’un projet pour la Folle Journée de Nantes, mené avec Geneviève Laureauceau au violon et Shani Diluka au piano. Le Quatuor sort alors un album et devient en 2017 l’une des révélations des Victoires de la musique.

Ils sont depuis en tournée et donnent des représentations un peu partout en France et à l’étranger.

Les artistes Jean Boucault et Johnny Rasse (chanteurs d’oiseaux), Geneviève Laureauceau (violoniste) et Lidija Bizjak (pianiste). / Crédit photo : Bertrand FESTAS, avec son aimable autorisation.

Rien dans les poches, rien dans les manches

C’est un peu par hasard que j’ai eu la chance d’assister à la Symphonie des Oiseaux à l’église de Menet dans le Cantal. Le quatuor y a en effet donné une représentation étonnante ce samedi 29 septembre 2018. L’événement était organisé par Euroculture, association culturelle missionnée par la communauté de communes du Pays Gentiane pour organiser sa saison culturelle.

Musiciens et chanteurs ont émerveillé le public avec un spectacle intimiste et poétique.

Au programme de la soirée, des morceaux de musiques classiques (Saint-Saëns, Satie, Schubert…) soigneusement sélectionnés et adaptés pour violon et piano. Le tout agrémenté de chants d’oiseaux produits sans appeaux ni sifflets. Les chanteurs ne font en effet appel qu’à des techniques traditionnelles. Ils produisent les sons avec la bouche en s’aidant uniquement des mains. Une ambiance qui se mariait plutôt bien avec le lieu.

Pendant un peu plus d’une heure, des mélodies ont retenti dans l’édifice et ont ravi avertis ou non de tout âge. Tous ont été subjugués par la précision des sifflements et autres cris. Sans oublier le mime de quelques-uns de nos amis les volatiles qui apportent une touche humoristique inattendue.

En quelques mots : j’ai été conquise par cette mise en scène minimaliste, mais au combien efficace. Un spectacle que je conseille donc aux mélomanes, aux passionnés d’ornithologie, et surtout aux curieux !


Pour découvrir par vous-même l’univers de ce quatuor extraordinaire et trouver les dates de concerts, rendez-vous sur le site : www.chanteurs-oiseaux.com


 


J’ai testé pour vous… comprendre la demande d’asile en France. Partie 4.

La procédure Dublin

Le règlement Dublin III est un accord passé entre les pays membres de l’Union européenne, ainsi que la Suisse, l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein, et qui détermine des critères de responsabilités des états membres en matière d’étude des demandes d’asile. Pour faire plus simple, le règlement dit que le pays responsable de la demande d’asile est le 1er pays qui l’a accueillie, même si la personne ne souhaite pas y rester. 

Les critères de détermination de l’État responsable

Cependant, d’autres critères prioritaires sont pris en compte pour déterminer l’État responsable :

  • la vulnérabilité et le bien-être des mineurs isolés ;
  • le maintien des liens familiaux ;
  • la délivrance de titres de séjours ou de visas par un pays ;
  • l’entrée ou le séjour irrégulier ;
  • exemption de visa et demande d’asile en zone de transit international.

Si la personne n’est pas concernée par ces critères, c’est sa prise d’empreinte qui va déterminer quel est l’État responsable, car elle peut déjà avoir fait une demande d’asile dans un autre pays. Dans ce cas, c’est lui qui est responsable (=reprise). Si la demande d’asile y a été rejeté, cet État est également responsable du renvoi éventuel de la personne vers son pays d’origine.

Il existe des raisons pour lequel un pays peut ne plus être responsable de la demande d’asile d’un individu. La personne peut faire valoir ces critères auprès de la préfecture, qui peut décider ou non de l’admettre en procédure normale ou accélérée, c’est à dire de lui permettre de déposer sa demande d’asile auprès de l’OFPRA :

  • Le cas de défaillance systémique,
  • Les clauses : de souveraineté, discrétionnaire ou humanitaire,
  • Le non respect des délais (voir lien en bas de la page).

Le parcours du « dubliné »

Saisine, réponse, transfert

Lorsqu’une personne est « dublinée », la France saisi le pays responsable afin d’obtenir son accord pour un renvoi. Si le pays en question accepte (réponse explicite ou implicite -sans réponse-), la préfecture doit organiser un « rooting ». C’est à dire organiser le transfert vers l’autre pays dans un délai de 6 mois. La personne se voit alors remettre un « arrêté de réadmission » souvent associé à un arrêté portant sur assignation à résidence, histoire de bien s’assurer qu’elle ne prenne pas la fuite. Si la préfecture craint que la personne ne s’enfuit pour éviter son transfert, elle peut la placer en centre de rétention administrative (CRA) en attendant son départ.

Le droit de recours

La personne bénéficie d’un droit de recours contre les arrêtés précédemment cités auprès du tribunal administratif (TA) qui peut annuler ou confirmer les décisions de la préfecture. Un second recours est possible auprès de la Cour Administrative d’Appel dans le cas où la préfecture ou le demandeur ferait appel de la décision du TA. Théoriquement, si celui-ci donne raison au demandeur d’asile, celui obtient le droit de déposer l’asile en France. La préfecture lui remet alors un dossier OFPRA.

Le principe de fuite

En gros, il s’agit de déclarer qu’une personne en procédure Dublin n’a plus le droit de se maintenir sur le territoire français et est susceptible de se voir transférer en CRA en cas de contrôle par les forces de l’ordre. Cette personne sera alors renvoyée dans le pays responsable de la demande d’asile.

Le principe de fuite est appliqué pour plusieurs motifs (liste non exhaustive) :

  • Lorsque étranger se serait précédemment soustrait, dans un autre État membre, à la détermination de l’État responsable de l’examen de sa demande d’asile ou à l’exécution d’une décision de transfert,
  • Quand un demandeur a été débouté de sa demande d’asile dans un autre État de l’espace européen,
  • Envers l’étranger qui est de nouveau présent sur le territoire français après l’exécution effective d’une décision de transfert,
  • Contre celui qui se serait soustrait à l’exécution d’une mesure d’éloignement,
  • Lorsque le demandeur a falsifié ses documents d’identité aux fins de se maintenir sur le territoire français.

À quoi ça sert, le règlement Dublin ?

À l’origine, le règlement a été créé afin d’enrailler l’effet « asylum shopping ». L’idée est de ne pas permettre aux demandeurs de déposer l’asile dans plusieurs pays. Et ainsi de les empêcher de choisir l’État qui les intéressent le plus.

Cependant, il arrive régulièrement que les personnes soient dublinées dans un pays qui n’est pas le pays de destination prévu. Ces personnes se retrouvent alors à fuir le pays responsable. Elles entrent en errance au sein de l’espace européen, de pays en pays et de centre d’hébergement en centre d’hébergement, dans l’espoir de faire un jour « tomber le Dublin ». 

En imposant le principe de fuite, le règlement Dublin impose aux personnes d’entrer dans la clandestinité en leur retirant leur droit de séjour. Sans document prouvant leur droit de se maintenir sur territoire, ils deviennent « sans-papiers ».


Pour avoir plus d’informations sur le règlement Dublin, vous pouvez consulter la page de la Cimade à ce sujet.
Je vous conseille également de lire ce document de la Cimade pour avoir plus de détails (2016).

⇒  Partie 5 : Pour comprendre les conséquences du rejet de la demande, c’est par ici.

 


J’ai testé pour vous… comprendre la demande d’asile en France. Partie 3.

Les différents types de procédures d’asile

Comment les dossiers sont-ils étudiés ? Qu’est-ce qu’un pays sûr ? Pourquoi doit-on donner ses empruntes ?

Normale ou accélérée ?

L’Office français de protection des réfugiés et apatrides, OFPRA, a pour mission d’étudier les demandes d’asile, que les personnes soient placées en procédure normale ou en procédure accélérée. Dans les deux cas, la demande est, en théorie, étudiée de la même façon. La grosse différence réside dans le délai de réponse. L’OFPRA doit en effet statuer dans un délai de 2 semaines contre 6 mois en procédure normale.

Sont placées en procédure accélérée, les personnes qui viennent d’un pays figurant sur la liste des pays sûrs. De même, et entre autres, les personnes qui demandent un réexamen à la suite d’un rejet de leur première demande, celles qui ont présenté de faux papiers ou qui ont refusé de donner leurs empreintes…

 

La liste des pays sûrs, un accès limité à la demande d’asile

Cette notion a été introduite par la loi du 10 décembre 2003 relative au droit d’asile (article L.714-4 2° du CESEDA). La liste des pays d’origine sûre est établie par le conseil d’administration de l’OFPRA et accessible via ce lien. Un pays est considéré comme sûr

« s’il veille au respect des principes de la liberté, de la démocratie, de l’état de droit, ainsi que des droits de l’homme et des libertés fondamentales« .

Une personne originaire d’un de ces pays ne peut bénéficier d’une admission sur le territoire au titre de l’asile (elle n’obtiendra donc pas d’attestation de demande d’asile). La préfecture saisit alors l’OFPRA en procédure accélérée, qui doit examiner cette demande d’asile dans un délai de 15 jours.

La nouvelle loi asile prévoit une modification de la liste des pays sûrs. Dorénavant, est ajouté dans la définition la notion d’orientation sexuelle des personnes. L’absence de persécution, de torture ou de traitements inhumains doit être appréciée quelle que soit l’orientation sexuelle des personnes.

 

Pourquoi on parle de prise d’empreintes ?

Toutes les personnes souhaitant déposer l’asile en France doivent se présenter à la PADA (plateforme d’accueil pour demandeurs d’asile) du département de leur choix. Cette plateforme se charge d’établir le premier contact avec la préfecture. Dès lors, les personnes reçoivent un rendez-vous au guichet unique pour les demandeurs d’asile. C’est là qu’intervient la prise d’empreintes.

Il existe en effet plusieurs logiciels de fichage (je ne vois vraiment pas d’autres termes…) des individus.

Le plus connu s’appelle Eurodac. Ce système permet de savoir si une personne est déjà entrée de manière irrégulière sur le territoire de l’espace Schengen. On peut aussi savoir si elle y a déjà déposé une demande d’asile quelque part.

En fonction de la réaction du logiciel aux empreintes, la personne est placée en procédure OFPRA. Sauf si elle est déjà fichée.
Dans ce cas, elle est généralement placée en procédure Dublin.
C’est le « hit Eurodac » comme on dit dans le milieu.


⇒ Partie 4 : Découvrez  la très-compliquée procédure Dublin.


J’ai testé pour vous… comprendre la demande d’asile en France. Explication sans prétention en 6 parties.

La demande d’asile fait débat depuis quelques années. Beaucoup en parlent, peu la comprennent.  Son organisation est compliquée et les réformes s’enchaînent. En 2015 puis en 2018… Sans parler du fait que nous en sommes déjà au « Dublin III » dont, paraîtrait-il, la version 4.0 serait déjà en préparation.


Asile, mise à jour 2018

A l’aube de la mise en place de la « loi pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie« , adoptée en deuxième lecture par l’Assemblée nationale le 26 juillet 2018, je tenais à rédiger un article pour faire une mise au point.

Le texte de la nouvelle loi asile comporte certes plusieurs reculs pour les droits des personnes. Et ce, tant sur le volet de l’asile que sur celui de l’éloignement des étrangers en situation irrégulièrement. Cependant, et bien que j’aimerais vous partager mon opinion quant à cette réforme, le but de cet article n’est pas de critiquer les très-critiquables nouvelles dispositions.

Non. L’idée de départ était de donner une vue d’ensemble des acteurs et des dispositifs d’accueil des migrants devenus alors  » demandeurs d’asile ». Et de donner ainsi à chacun les moyens de réfléchir à la question. Car s’informer devrait être l’étape première à toute critique.

Pas facile, l’asile

Cependant, je me suis vite aperçue que la question était si large qu’un seul article ne suffirait pas. J’ai donc décidé de décliner mon post en plusieurs articles que vous retrouverez ici :

  1. Le droit d’asile et les différentes mesures de protection internationales
  2. Les acteurs de la demande d’asile
  3. Les différents types de procédures
  4. La procédure Dublin
  5. Les conséquences du rejet de la demande d’asile
  6. L’obtention d’une protection internationale

La liste des informations qui seront données ici n’est pas exhaustive. Malgré mes quelques années d’expérience dans le domaine en tant que travailleur social, j’ai moi-même encore beaucoup de choses à apprendre. J’espère exposer ici les différentes procédures de façon simple et accessible à tous. Parce que essayer de comprendre un petit peu, c’est déjà beaucoup…

=> Partie 1 : Le droit d’asile et les différentes mesures de protection internationales.


J’ai testé pour vous… comprendre la demande d’asile en France. Partie 1.

Le droit d’asile et les différentes mesures de protections internationales

Il existe en France trois formes de protection en matière d’asile. À savoir : le statut de réfugié, la protection subsidiaire et le statut d’apatride. Ces trois formes de protection sont consacrées par les articles L. 711-1 (réfugié), L. 712-1 (protection subsidiaire) et R. 723-2 (apatridie) du Code de l’Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d’Asile (CESEDA). Les demandes de régularisations pour le travail ou d’étranger malade ne sont pas concernées par cet article car elles ne sont pas considérées comme des demandes d’asile.

Le statut de « réfugié »

Le statut de réfugié est reconnu par l’OFPRA en application de l’article 1er A2 de la Convention de Genève du 28 juillet 1951, qui stipule que :

« Le terme de réfugié s’applique à toute personne craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. »

L’asile constitutionnel

L’OFPRA est également compétent pour attribuer l’asile constitutionnel

« à toute personne persécutée en raison de son action en faveur de la liberté« .

Les critères essentiels d’admission au statut de réfugié sur ce fondement sont les suivants :

  • l’existence d’une persécution effectivement subie dans le pays d’origine, et pas seulement d’une crainte de persécution,
  • être démuni de protection de la part de l’Etat dont le demandeur a la nationalité ou, à défaut de la nationalité établie, du pays de résidence habituelle,
  • un engagement actif en faveur de l’instauration d’un régime démocratique ou pour défendre les valeurs qui s’y attachent, telles que la liberté d’expression et d’opinion, la liberté d’association, la liberté syndicale…,
  • un engagement dicté par des considérations d’intérêt général et non d’ordre personnel.

Les personnes susceptibles de relever de cette catégorie sont par exemple les journalistes, militants associatif, artistes, intellectuels, etc. Quel que soit le fondement juridique sur lequel est accordé le statut de réfugié, le régime de protection est identique. Le réfugié bénéficiera alors de tous les droits attachés au statut de réfugié tel que défini en droit français.

La protection subsidiaire

La protection subsidiaire est accordée à toute personne dont la situation ne répond pas à la définition du statut de réfugié mais pour laquelle il existe des motifs sérieux et avérés de croire qu’elle courrait dans son pays un risque réel de subir l’une des atteintes graves suivantes :

  • la peine de mort ou une exécution;
  • la torture ou des peines ou traitements inhumains ou dégradants;
  • une menace grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d’une violence aveugle résultant d’une situation de conflit armé interne ou international (civils).

Les bénéficiaires de la protection subsidiaire sont placés sous la protection juridique et administrative de l’OFPRA. Ils ont vocation à se voir délivrer une carte de séjour temporaire d’une durée de un an renouvelable.

L’apatridie

La qualité d’apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l’article 1er de la Convention de New-York du 28 septembre 1954 :

« le terme d’apatride s’appliquera à toute personne qu’aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation« .


Maintenant que nous avons cerné les principes du droit d’asile et abordé les différents types de protection, nous allons pouvoir nous intéresser aux institutions qui œuvrent dans la demande d’asile et le droit au séjour des personnes.

⇒ Partie 2 : Les acteurs étatiques de la demande d’asile en France.


J’ai testé pour vous… comprendre la demande d’asile en France. Partie 2.

Les acteurs étatiques de la demande d’asile

Qui sont les acteurs qui jouent la demande d’asile ? Seules les institutions étatiques seront présentées ici. Ce sont elles qui « pilotent » la demande d’asile.  Un bon nombre d’associations humanitaires et caritatives accompagnent les gens, militent pour les droits des migrants, dont l’obtention de conditions d’accueil dignes. Je salue leur travail et tiens à préciser que le fait que je n’en parle pas plus ici ne minimise en rien leurs actions.
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Les acteurs du 1er accueil  : les PADA

Exception à la règle énoncée ci-dessus, les Plateformes d’Accueil pour Demandeurs d’Asile sont gérées par des associations. Il en existe au moins une par département. Certaines disposent parfois de plusieurs antennes par département, comme dans la Marne.

Les PADA sont chargées de l’accueil des primo-arrivants (les personnes qui ne sont pas encore passées au guichet unique pour les demandeurs d’asile).  Elles sont chargées de prendre le premier rendez-vous en préfecture. Elles orientent les personnes vers les différents partenaires (domiciliation, hébergement d’urgence, colis alimentaires, vestiaire, etc).
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La préfecture et le droit au séjour

C’est au sein des préfecture que l’on trouve les guichets unique d’accueil pour les demandeurs d’asile (GUDA). Le GUDA est composé du service « asile » de la préfecture, et de l’OFII.

Pour faire simple, la préfecture gère le droit au séjour. C’est elle qui donne les autorisations de se maintenir ou non sur le territoire. En fonction des procédures, elle va donner les titres de séjour (attestation de demandeur d’asile, carte de séjour, etc). C’est aussi la préfecture qui détermine le types de procédure. Elle peut aussi ordonner des arrêtés d’assignation à résidence. Elle a également pour rôle d’organiser les transfert des « dublinés » en lien avec les forces de l’ordre.

 

L’OFII

L’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, gère les conditions matérielles d’accueil (CMA). Son rôle est de gérer à la fois les conditions d’accueil des personnes en procédures et l’intégration des personnes qui ont reçu une protection (notamment en faisant signer le Contrat d’Intégration Républicaine, qui ouvre le droits à 200 heures de cours de français langue étrangère).

 

L’OFPRA, acteur décisionnaire de la demande d’asile

C’est l’Office Français pour la Protection des Réfugiés et Apatride qui étudie les demandes d’asile. Cette demande est basée sur un dossier constitué d’informations personnelles et d’un récit de vie. Les demandeurs sont alors reçus en entretien individuel avec un officier de protection qui va étudier le dossier. Ils bénéficient de l’assistance d’un interprète s’ils ne parlent pas français. Cette institution est située à Fontenay-sous-Bois. Tous les demandeurs d’asile en France y passent, y compris ceux résidant à Marseille ou Perpignan.

 

LA CNDA

La Cour Nationale du Droit d’Asile a pour mission d’étudier les dossiers des personnes qui se sont vues notifier un rejet OFPRA. Elle peut revenir sur la décision de l’OFPRA et accorder une protection.


⇒ Partie 3 : Normale, accélérée, Dublin… Découvrez maintenant les différentes procédures de demande d’asile.


Le Jardin Délirant, quand le jardinage rencontre le land art

J’ai toujours eu un faible pour les jardins, surtout lorsqu’ils sont l’objet d’un projet peu ordinaire. Vous souvenez-vous du Jardin d’Ahmed, magnifique oasis au cœur du désert marocain ? Aujourd’hui, c’est au Jardin Délirant, situé à Bassignac dans le Cantal, que je vous emmène. Une destination bien différente mais pas moins exotique, grâce aux idées créatives de Michèle, la propriétaire. Un coin de verdure extravagant où se mêlent jardinage, art et amour du farfelu. Visite.



Le textile comme point de départ

Comme l’explique Michèle sur son site web, l’endroit est composé d’un atelier et d’un jardin. L’atelier est à l’origine du projet. En effet, Michèle a longtemps travaillé le textile avant de se lancer dans l’animation. En 1999, elle ouvre au public un premier espace vert sous la forme d’un jardin pédagogique. Une idée qui a fait son chemin puisque c’est en 2012 que cet espace deviendra le Jardin Délirant.

Crédit photo : M. PARENT

Michèle poursuit donc sa passion pour le textile et récupère depuis des vêtements, du linge de maison, des doudous, des chaussures, qu’elle valorise en les transformant. Vous l’aurez compris, le tissu est au cœur du projet.

Ce faisant, la propriétaire nous montre avant tout que le mot « jardin » ne se réduit pas à l’idée que l’on peut se faire du jardinage. Ce n’est pas seulement cultiver des légumes dans un potager. Ni un endroit où l’on fait pousser des fleurs ou sécher le linge. Encore moins un lieu de balade aux allées bien dessinées. Non, le Jardin Délirant, c’est un peu tout ça à la fois, et bien plus encore !



La visite du Jardin Délirant

La visite du jardin est libre (2€) ou guidée par la propriétaire qui vous parlera d’art, de plantes textiles et de jardinage (5€, sous réservation).

Crédit : M. PARENT

A la découverte du Land Art

Le land art est une tendance de l’art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature. Le plus souvent, les œuvres sont en extérieur, exposées aux éléments, et soumises à l’érosion naturelle.

En vous promenant dans les différentes parties du jardin, vous pouvez admirer les œuvres land art réalisées avec le tissu recyclé. Ce qui m’a frappé lorsque je suis entrée la première fois, c’est la couleur. Les notes colorées se fondent parfaitement dans la nature, pour un rendu fun. Les arbres sont habillés, les branches sont entrelacées, les bonhommes de neige résistent en été et les coccinelles dansent sous la pluie.

Ma réalisation préférée ? Une vieille carcasse de lit complètement recouverte de mousse, tout droit sortie d’un thriller se déroulant aux abords d’un asile psychiatrique désaffecté perdu au beau milieu d’une forêt ténébreuse.

Sinon, j’aime beaucoup les petits mots doux que l’on peut laisser dans les poches d’un patchwork réalisé en pantalons recyclés. Au final ce que j’aime au Jardin Délirant, c’est son côté poétique. Parce que partout, on y trouve un petit peu d’amour que Michèle sème de son grand cœur.

Crédit photo : M.PARENT

Les habitants du potager

Toutes les plantes ont leurs places dans les parties dédiées au potager. Les légumes, les fleurs, les « mauvaises » herbes, les mal-aimées, les non-identifiées… Une diversité que j’apprécie et que j’admire, le fait est que je n’ai pas vraiment la main verte. De plus, j’ai beaucoup apprécié que le plantain soit mis en avant, moi qui ai l’impression de passer pour une folle dès que je parle d’en faire une soupe ou une salade !

Crédit photo : M. PARENT / Les « mauvaises » herbes, les fruits, les mal-aimées…

Un peu de shopping à la boutique auto-gérée

Crédit photo : M. PARENT / Boutique autogérée

Autre chose dont je voudrais vous parler, c’est la boutique autogérée. Le principe me plaît bien. Il est tout simple : cette boutique n’a besoin ni de gérant, ni de vigile, ni de lumière, ni de musique, ni de puce électronique.

Elle se gère toute seule. Ou plutôt, vous la gérez vous-même.

Vous farfouillez dans les vêtements, les accessoires et les chaussures, vous essayez, vous payez deux euros par article, et le tour est joué !

De temps en temps, Michèle organise aussi au Jardin des après-midi « Gratifrérias » :

Chacun apporte ses vieux vêtements, draps, tissus, rideaux. Tout ce qui est exposé est gratuit. On fouille, on essaie, on emporte.
Vous n’avez rien à apporter ? Pas de panique, c’est ouvert à tous, on vous attend !

L’occasion de « faire des affaires » et de rencontrer les gens qui comme moi, apprécient le concept et soutiennent le projet.

 



Encore plein d’autres surprises

Ce serait gâcher la visite que de trop vous en dire, il y a tellement de choses à découvrir ! Le Jardin est en constante évolution. D’une visite à l’autre, les sculptures changent de place. Elles varient aussi en fonction des saisons. Donc à chaque fois, je découvre quelque chose de nouveau. Je ne cesse de m’émerveiller et j’en ressors souvent un peu plus paisible, avec parfois de nouvelles idées décos.

Des toilettes sèches, des tables de pique-nique, des cendriers de jardin, un accès à de l’eau fraîche… Michèle a pensé à tout pour vous permettre de passer un bon moment et vous donner envie d’y revenir.

Une petite suggestion pourtant : installer une bibliothèque de jardin ou une boite à livres. Mais sinon c’est pas grave, je continuerai à venir avec le mien pour profiter dans hamacs que j’adore.

Crédit photo : M. PARENT / Hammacs au Jardin


En parallèle des visites au jardin, Michèle anime des activités au sein de son atelier et se déplace également sur les sites alentours.  Vous pouvez la contacter pour tous renseignements via son site internet ou sa page facebook. Il y en a pour tous les âges et tous les goûts ! Gardez l’esprit ouvert sur le monde.




J’ai testé pour vous… s’installer du jour au lendemain dans le Cantal

Du fromage, des vaches et des volcans, voilà tout ce que je savais à propos du Cantal. Pourtant, en mars 2018, 3 mois après mon retour en France, la nouvelle tombe au lendemain d’un entretien d’embauche : je suis engagée à Champagnac (15350). Mon contrat commence dans 4 jours. On va pas se mentir, peu de monde s’imagine débarquer de Reims, la petite parisienne, pour un petit village situé dans l’une des régions des plus désertées de France. Moi, c’était mon rêve. 


 Une région verte-nature

Ce dont j’étais à peu près sûre en venant m’installer en Auvergne, c’était de l’opportunité de découvrir des paysages merveilleux et de faire de la randonnée.

Entre la Corrèze à l’ouest, le Puy de Dôme au Nord et de l’Aveyron au sud, le Cantal est plutôt bien situé. Sans parler de la Loire et de l’Ardèche pas très loin à l’est. Champagnac se trouve dans le nord du Cantal, à la limite de la Corrèze. Parfois les questions de « frontières » ne sont pas très claires, pour vous citer l’exemple du Château de Val. Méfiance donc à ne pas vous tromper lorsque vous vous adressez aux autochtones, parait-il que l’on ne plaisante pas avec ces choses-là !

Il y a tellement de lieux intéressants à découvrir aux alentours de chez moi que j’ai largement de quoi contenter l’impatience de mes jambes sans avoir à aller très loin. Je pense notamment au superbe Jardin Délirant et à la Chapelle de Saignes, devenu mon point d’observation du coucher de soleil de prédilection. Le tout est faisable dans la même journée en vélo grâce à la piste verte qui est quand même une super idée. La seule occasion du Cantal de faire du vélo à plat !

J’ai récemment découvert mon spot de l’été : le lac de Lastioulles. C’est là que je vais passer le plus clair de mon temps libre à m’essayer à ma nouvelle passion : le stand-up paddle. Parce que se retrouver debout sur une planche au milieu d’un lac avec vue sur les volcans d’Auvergne, c’est quand même la grande classe selon moi !

« Wouah Marie tu te rends compte de la chance que t’as d’être là ? C’est tout ce dont t’as toujours rêvé ! »

Ouais, c’est vraiment ça que je me suis dis à ce moment-là.

Le superbe lac de Lastioulles

La voiture, indispensable au quotidien (même pour les plus écolos).

Au niveau du département, le hic c’est que chaque déplacement prend une demi-heure au minimum. Ici, on annonce les distances en temps et non en kilomètres. Pour vous faire une idée, la préfecture -Aurillac-, se trouve à 1h15 de chez moi par beau temps, soit à 70km. Enfin, ça c’était avant la nouvelle limitation de vitesse à 80 km/h qui fait grand débat par ici. J’annonce ici la mort prochaine de mon permis de conduire. RIP, je t’aimais bien.

Les côtés positifs pour moi qui voulais quitter la ville, c’est que la première se trouve à 45 minutes. Parfois je me sens vraiment comme la fille Ingalls se préparant pour sa sortie hebdomadaire à la ville. Carriole en moins. Et ça, j’aime bien.

En parlant de carriole,  justement. Les transports en commun, c’est pas la joie. Un bus le matin pour aller, un bus le soir pour rentrer. Sauf le mercredi. Et les jours fériés. Ni pendant les vacances scolaires. Vous voyez le tableau. Moi personnellement j’ai ma Twings de compét’, ce qui ne pose pas de problèmes sauf en montée. Mais c’est pas sympa pour ceux qui n’en n’ont pas.

Un médecin, qu’est-ce que c’est ?

L’autre petit souci, outre les problèmes de transports collectifs,  c’est quand même la désertification médicale. Je dois donc parcourir les 1h30 qui me sépare de Clermont-Ferrand pour voir un gynéco, parce que ceux qui se trouvent plus près refusent de recevoir de nouveaux patients. Certains m’ont annoncé une liste d’attente de plusieurs mois. Et là je n’avais plus qu’à prier pour que mon vagin soit bien accroché ! Du coup je me suis résolue à devoir prendre au minimum une demi-journée de congés.

La table côté cantaloux

Sinon niveau produits locaux, le Saint Nectaire, le Cantal, et le Salers, sont la base ! Bourrioles (crèpes de sarazin), truffade et aligot (qui vient plus du sud) viennent compléter le menu. Ma consommation hebdomadaire de Cantal Vieux finira bientôt par atteindre mon propre poids, l’hiver s’annonce gras !

Concernant les liquides, la bière locale fait glisser le tout. On trouve aussi du Cola Auvergnat très sympa. Par contre, je me vois dans l’obligation de vous avertir d’une chose : le vin auvergnat m’a beaucoup déçu ! Pas de soleil, pas de tanins. Pas de tanins, pas de bon vin !

Il me reste encore à m’initier à la gentiane, mais je me réserve ça pour un dimanche midi avec les papys consanguins au troquet du coin.

Les fromages d’Auvergne

Cantal rime (presque) avec travail

Parlons de mon nouveau boulot, quand même ! Le job consiste en un poste de chargée d’accompagnement asile, c’est à dire que j’accompagne les migrants dans leur demande d’asile. J’informe les gens, je les conseille et les guide dans les différentes procédures d’asile (ceci fera l’objet d’un autre article).

Le centre, d’une capacité d’accueil de 40 personnes, a été installé dans un ancien château qui auparavant était une sorte de maison de retraite. Je vous passe les histoires politiques au sujet de l’ouverture du centre. Sachez juste que les extrêmes sont dangereux, quel qu’en soit le bord.

Les chambres se trouvent dans les deux étages supérieurs tandis que les salles communes, la cuisine et le salon, sont au rez-de-chaussée. Les bureaux ont été emménagés dans une somptueuse cave voûtée en pierres.

Crédit : https://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu
Le Château de Champagnac

L’association qui gère le projet est impliquée dans les défenses des droits des migrants et des demandeurs d’asile. Elle s’investie en outre dans la prise en charge des personnes et dans le plaidoyer. Presque tous les salariés chargés d’accompagnement sont juristes. J’ai suivi une formation très intéressante sur la très-compliquée-procédure-dublin pour me mettre à niveau.

Cette aventure est donc tant formatrice qu’enrichissante car elle me permet aussi d’échanger avec des personnes en provenance de plusieurs pays comme le Soudan, la Somalie, l’Ethiopie, l’Érythrée, la Libye et l’Afghanistan. Rencontrer une telle diversité au fin fond du Cantal, qui l’aurait cru ?!


Me voilà donc installée dans mon petit appartement vite trouvé avec plein de choses à vous raconter. Et de supers endroits à vous faire visiter. Pour conclure je vous dirais seulement : restez connectés car une chose est sûre à présent :

La campagne du Cantal est ouverte sur le monde !


 


J’ai testé pour vous… vivre une relation virtuelle (qui finit mal).

Avec les nouvelles technologies sont apparues des nouvelles relations amicales ou amoureuses : les relations virtuelles. Au fil des messages, des photos et des confidences partagées, c’est tout un monde qui est tissé, pourtant bien loin de la réalité…


Ce n’est pas la première fois que cela m’arrivait. Le petit mec du désert dont je vous avais parlé m’avait déjà fait le coup. J’aurais donc du le voir venir. Pourtant, malgré toutes les précautions que j’avais prises pour garder la distance -les smileys bisous cœurs ce n’est pas mon truc-, je suis encore tombée dans le panneau.

Un début de relation bien réel

Le mec en question, je ne l’avais pas rencontré sur internet.Il existe bel et bien. En chair et en os. C’est d’ailleurs comme ça que notre relation a commencé : dans la chair. Une sorte de « oups, on a glissé » de fin de soirée.

Cette relation donc, je ne l’avais pas vu venir. Je n’en attendais donc rien. Absolument rien. C’est vrai que le mec me plait plaisait vraiment. J’avoue même que ça faisait quelques jours que l’idée me travaillait. Nous avions beaucoup de points communs, des passions communes et beaucoup de choses à se dire. En plus il me faisait rire (à l’époque). Mais étant sur le départ pour un voyage qui devait être l’aventure de ma vie, je savais bien que cela ne devait pas durer.

Un départ difficile

Pourtant, les jours qui ont suivis cette nuit particulière ont été difficiles à vivre. Le départ également. Déjà, je pleurais en montant dans l’avion qui devait m’emmener vers le Maroc. J’aurais voulu qu’il vienne me chercher à l’aéroport, passant au travers des contrôles de sécurité comme dans les films, courant sur le tarmac, tendant les bras vers moi et criant « Mariiiiiiiiiiiiie ! Nooooon reste avec mooooooi ». Et tout ça bien sûr tout au ralenti, son superbe physique d’athlète au vent. 

Sauf que non, la vie n’est pas un film. Et moi, il faut que j’arrête de délirer.

Un avant goût de liberté

En arrivant sur place, je gardais un certain esprit de liberté. J’étais sereine, libre. Je n’avais personne à qui penser concernant mon futur, à part moi. La relation virtuelle n’avait pas encore vraiment commencée. Je pensais beaucoup à lui, mais je me disais qu’avec le temps va tout s’en va. En théorie oui cela marche très bien, mais pas lorsque les liens sont maintenus et alimentés.

Petit à petit nous nous sommes liés. Le lien qui aurait dû s’effacé naturellement comme entre de vrais amis s’est au contraire renforcé. C’est lorsque j’ai commencé à lui envoyer des messages alors que j’étais au lit avec un autre que je me suis rendue compte que notre affaire commençait à partir en vrille. J’ai aussitôt arrêté cette liaison parce que je ne me trouvais pas assez honnête pour rester : mon esprit et mon cœur étaient ailleurs, en France.

De la dépendance.

Sans vraiment que l’on comprenne pourquoi, la relation virtuelle c’est amplifiée. Très vite nous sommes passés du message occasionnel aux messages du matin et du soir, puis aux messages du matin au soir. Le tout sertit d’un petit surnom affectueux et de smileys bisous à tout va.

J’ai arrêté de fréquenter des hommes (même amicalement). Rien qu’en passant une soirée à boire des bières dans une voiture je me sentais coupable, j’avais l’impression de le tromper. Je ne faisais pourtant rien de méchant. J’ai donc limité mes sorties. Je ne voulais pas prendre le risque de rencontrer quelqu’un et de fondre devant n’importe qui. J’avais décidé que ça serait LUI, ici ou en France. Et seulement lui. Pour une fois, je me sentais forte, pleine de convictions et de principes : je voulais être fidèle et le rester. De toutes façons, mon emploi du temps ne me permettait pas de faire des virées de folie. Même si j’avais vraiment besoin de m’aérer l’esprit, cela m’arrangeait bien dans un sens.

Une relation rassurante mais polluante

Pendant cette période, il m’a apporté beaucoup. J’avais quelqu’un à qui me confier, qui pensait à moi, qui prenait soin de moi, qui m’a réchauffé le cœur avec un colis de bouteilles de vin et une carte postale qui n’est jamais arrivée. Pour faire simple, j’avais quelqu’un qui m’aimait pour ce que j’étais (enfin c’est ce que je pensais…).

En attendant de le revoir, je me suis privée. J’ai refusé certaines invitations. Je disais parfois que oui j’étais en couple. Et surtout que je ne voulais rencontrer personne. J’ai mentis pour cacher cette relation. J’ai beaucoup pleuré parce qu’il me manquait ou parce qu’il me disait qu’il ne voulait plus de moi (car oui nous avons eu des hauts et des bas, comme un vrai couple). Bref, j’ai fait tourner ma vie autour d’une relation qui n’existait même pas.

Et là est bien la définition de la dépendance : faire tourner sa vie autour d’un sujet particulier et la mener en fonction de ce centre d’intérêt.

Je sais donc maintenant que les relations virtuelles sont polluantes malgré et à cause de nous. Elles nous enferment dans un carcan. Le mec n’est pas plus responsable que moi. Nous nous sommes tous les deux engouffrés dans cette histoire de misère. Nous l’avons entretenue trois longs mois. Et trois mois c’est long.

De l’amour ou de la dépendance affective ?

J’aurais dû lui dire qu’il fallait arrêter ces échanges comme je l’ai souvent pensé, mais je n’y arrivais pas. J’étais agrippée à cette relation. Je ne voulais pas me sentir seule tout à coup. De son côté, j’ose croire qu’il en a été de même malgré les coups de girouette qu’il m’a fait (vouloir que ça se finisse et dire « je t’aime je suis bourré » le lendemain).

J’aurais dû laisser tomber en temps voulu car maintenant que je suis rentrée, notre relation s’est cassée la gueule. Alors que je pensais rentrer et le retrouver, je me suis retrouver face à un mur. Il m’avait bien prévenue une semaine avec mon retour qu’il doutait. Moi je me disais  qu’en me voyant il changerait d’avis. Mais non, la tendresse et l’amour tant attendu ont disparus, volatilisés. Et n’ont peut-être jamais existé. Monsieur dit s’être fourvoyé, et moi me retrouve donc seule, bien seule. Pleurant sans arrêt.

Alors que cette relation n’a jamais vraiment commencé, je vis cet arrêt brutal d’échanges virtuels comme une vraie rupture. Je me sens vide. Abandonnée. Trahie par celui qui m’a fait rêvé pendant trois mois, à qui j’avais tout particulièrement réservés mon corps, mes pensées, et mon cœur.

Attention, danger !

Les relations virtuelles sont donc bien dangereuses. Avec qui que ce soit. Elles déforment la réalité. Vous ne connaissez pas vraiment la personne avec qui vous communiquez. Elle ne vous montre que la belle facette de sa personnalité. Et vous en faites de même. Votre vie est bouleversée. Vous pouvez la changer pour la faire correspondre à l’idéal que vous vous faites d’une relation. Ces relations peuvent vous détruire, surtout si vous avez la malchance de tomber sur un manipulateur pervers-narcissique.

Un conseil, si vous êtes dans cette situation, c’est de vivre au jour le jour, sans vous souciez de la personne qu’il y a au bout du fil. C’est facile à dire une fois qu’on a compris qu’on s’est plantés. Mais c’est ce que Lui a fait, et il s’en sort aujourd’hui mentalement bien mieux que moi.

Cela dit l’idéal est de ne jamais commencer ce genre de relation. On s’y prend vite, surtout s’il y a en nous une fragilité particulière comme une mauvaise passe ou simplement la solitude.

Je ne dis pas que les relations physiques réelles valent mieux -jusqu’à présent je n’en ai pas la preuve-, je pense seulement que les relations virtuelles présentent des pièges. Et qu’il ne faut pas oublier que, fictives ou non, les histoires d’amour (ou plutôt de dépendance affective) se construisent toutes sur le même schéma : elles finissent mal en général !


Soyez prudent(e)s, donc, avec les nouvelles technologies, et surtout n’oubliez pas :

Gardez l’esprit ouvert sur le monde.



J’ai testé pour vous… être professeur de FLE au Maroc.

Il y a quelques temps, je vous faisais part – dans un précédent article – de ma volonté de trouver un emploi de professeur de FLE au Maroc. Je vous avais aussi partagé mes doutes et les difficultés que j’éprouvais à assurer mes cours aux enfants débutants. Trois mois plus tard, le temps est venu de faire un point sur cette expérience et les leçons que j’en ai tirées.


Tout d’abord, sachez que j’ai effectué au total 99 heures de cours. Soit trois modules de 30h répartis sur trois groupes : A3 pré-adolescents, A1 adultes et B1 adultes. Le groupe des petits débutants du samedi matin m’a été enlevé, à mon grand soulagement. J’ai eu des difficultés à organiser mes cours pour le groupe B1 qui était assez hétérogène.

La toute première leçon que j’ai tiré de cette expérience, c’est que la préparation d’un cours demande énormément de temps. Mais ce n’est pas grave, ça me plait ! Et je me dis que lorsque j’aurai plus d’expérience, des documents appropriés et des programmes déjà établis. Je gagnerai un temps considérable.


De l’autoformation à la classe de FLE

Pendant ces trois mois, j’ai été un peu autodidacte. Je me suis auto-formée. Même si j’avais suivi les professeurs pendant trois semaines cet été, cela n’était pas suffisant. Les premiers cours ont été difficiles, puis petit à petit je me suis sentie un peu plus à l’aise. Sans pour autant avoir totalement confiance en moi. Avec les autres professeurs, nous avons bien eu deux jours de formation. Seulement voilà, j’avais déjà effectué mes 88 heures de cours sur les 90 prévues dans le module.

J’ai essayé tant bien que mal de suivre les cours du CNED pour mon DAEFLE, qui m’ont apporté beaucoup. Cependant, je suis tellement en retard sur le programme que je commence à douter de ma capacité à rendre les devoirs dans les temps. Et donc à obtenir le diplôme.

J’ai donc décidé que, même si le terrain est très formateur, il vaut mieux que je revois le sens de mes priorités. Je vais donc m’appliquer dans les prochains mois à ne me concentrer que sur mon diplôme. 


L’absence de supports pédagogiques adaptés

Soyons clairs, on n’utilise pas le même support pédagogique lorsque l’on enseigne le français aux enfants et aux adultes. Il me semble que, bien qu’il faille commencer par le commencement, on ne va pas fixer les mêmes objectifs d’apprentissage. Déjà, parce qu’ils n’ont pas la même manière d’apprendre. Et ensuite parce qu’ils n’ont pas les mêmes centres d’intérêt. Pendant les premiers cours avec les adultes débutants, j’ai tenté d’appliquer la méthode de ma collègue, en vain. Franchement, qu’est-ce que un adulte en a à faire de dire que « dans ma chambre, il y a un lit, une armoire, une chaise, et une télévision » ?! 

J’ai bien essayé d’utiliser les manuels à ma disposition, mais ils étaient tous adressés à un public adolescent (disons de 10 à 15 ans). Je ne dis pas que le manuel Adosphère est inutile. Je dis seulement qu’il n’est pas adapté à un groupe d’adultes. D’ailleurs dans « Adosphère », il y a bien le préfixe « ado ». Alors pourquoi on continue à me soutenir le contraire ? Vous me voyez, vous, enseigner aux +18 ans comment organiser en français son super goûté anniversaire avec leurs super-meilleurs-copains ? Moi, pas.

J’ai donc appris la grande difficulté qu’était la préparation d’un courssurtout lorsque l’on n’a pas de support. 


Le piège Internet

Les recherches sur internet prennent énormément de temps. Et vous connaissez le concept de la grande toile : on trouve de tout sauf ce que l’on cherche vraiment. On s’égare vite. Il faut savoir faire preuve d’une grande volonté pour ne pas revoir 150 fois la vidéo du chat qui fait la gueule, ou du gaufrier qui pète. Ma préférée restant quand même celle des canards en plastiqueMort de rire.

De plus, on trouve quand même sur les sites participatifs comme ISL Collective de nombreux documents truffés de fautes et de non-sens. Ainsi, j’ai également appris à toujours relire mes documents avant d’aller en classe. Ça permet d’éviter pas mal de malaises lorsqu’un étudiant vous fait gentiment remarquer que l’exercice que vous avez soumis est rempli d’erreurs. Oups.


Des étudiants peu sérieux

S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est que s’il y a de mauvais professeurs, il y a aussi de mauvais élèves. Comme ceux qui viennent sans cahier ou sans stylo. Ceux qui loupent les cours, qui arrivent en retard. Ceux qui répondent au téléphone…

Et ceux qui pensent qu’on apprend une langue comme on fait une piqûre, et que je vais leur injecter une dose de vocabulaire à chaque cours. Sauf que je suis pas infirmière, encore moins élève, je suis le proFLEsseur. Donc ce n’est pas à moi de réviser à leur place.

Par contre, je me suis aperçu de la nécessité de revoir ses propres leçons avant de vouloir les apprendre aux autres. La langue française est une langue exigeante régie par énormément de règles auxquelles on ne réfléchit pas forcément. Lorsque c’est notre langue maternelle, on la pratique par automatisme.


De la léthargie marocaine

Pour finir, il me semble important de vous expliquer mon parcours concernant la demande de visa-travail. C’est bien simple, je ne l’ai toujours pas obtenu, après 3 mois de présence dans le pays.

Lorsque l’on s’est décidé à entamer les démarches avec mon employeur (au bout d’un mois…) pour en faire la demande, nous nous sommes rendus compte qu’il fallait prendre contact avec l’ANAPEC, l’agence marocaine pour l’emploi. Il nous fallait obtenir un papier certifiant « l’absence de candidats nationaux pour occuper le poste proposé ». Les centres de langues privés ne sont pas concernés par cette mesure. Mais faute de diplôme, je ne remplissais pas toutes les conditions pour qu’on me laisse travailler. J’ai eu la chance d’être prise en pitié par la dame qui nous a reçu. Touchée par ma situation et ma mine dépitée, elle m’a doucement glissé qu’elle ferait passer mon dossier. Chose qui a en effet été faite ! 

Une fois cette formalité remplie, il a fallu que mon employeur m’inscrive sur le site  web TAECHIR (qui ne fonctionnait pas bien) avant de me présenter au service de l’emploi des étrangers. La seule bonne nouvelle dans l’histoire, c’est qu’alors que nous pensions devoir aller jusqu’à Rabat, nous avons pu nous présenter à Casablanca.

Et heureusement. L’employée qui nous a reçu nous a en effet renvoyé pour cause de dossier incomplet. Moi perso, je le savais bien qu’il me manquait des documents. Je n’étais pas en mesure de présenter les certificats de travail de mes deux précédents emplois. Mais mon chef a insisté pour nous y rendre, persuadé que c’était gagné d’avance. Hé non mon gars, j’te l’avais bien dit !

Bref, tout ça pour dire que, léthargie marocaine oblige, mon visa touriste est arrivé à expiration au bout de trois mois. J’ai donc été obligée de sortir du territoire, au moins pour aller chercher les papiers manquants en France. Le problème étant que lorsque l’on touche un salaire marocain, ça devient très compliqué d’acheter un billet aller-retour. J’ai donc pris un aller simple direction la France. Country sweet country.

Le mot de la fin

Pour conclure, je dirais que je ne suis pas sûre d’avoir toutes les compétences pour me lancer dans l’enseignement. Je suis résolue à terminer ma formation avant de me lancer. Même si l’on se forme tout au long de sa carrière, il me semble essentiel d’avoir les bases avant de commencer. Ne serait-ce que pour se sentir sûre de soi en face des élèves.

Il me reste donc encore beaucoup de choses à apprendre. En attendant, me voilà en France où je vais profiter de mes amis et de ma famille avant de repartir peut-être, vers de nouvelles aventures.

 


A bientôt donc, pour un nouveau billet.
En attendant restez connectés et n’oubliez pas : gardez l’esprit ouvert sur le monde !


 


L’intimité du hammam marocain

Loin des clichés semi-érotiques européens, les hammams marocains sont des lieux d’intimité que j’apprécie particulièrement fréquenter.Avec tout mon attirail sous le bras, je m’y rends une fois par semaine, comme une grande majorité des marocaines. Attention, je vous parle des hammams populaires, pas des hammams touristiques. Mais au fait, savez-vous vraiment en quoi consiste le véritable bain maure? 


Si vous pensez aller au hammam comme vous allez au sauna, détrompez-vous ! Sachez que c’est plutôt de votre brosse à dents qu’il faut vous munir.

Depuis mon arrivée au Maroc, j’ai eu le temps de me constituer un petit nécessaire. Il comprend du savon noir, un gant à gommage, une pierre ponce, une paire de tongs en plastiques et un petit tapis en toile cirée. Ça, c’est la base.

J’y ai ajouté du ghazoul (qui est une terre aux vertus savonneuses venant de l’Atlas) pour me laver les cheveux et le visage, de l’huile végétale (il me reste un fond de karité avant de passer à l’argan) pour faire un masque, du shampoing, un rasoir, une brosse à dents…

Ghassoul, savon noir et henné

Car oui, vous l’aurez compris, le hammam est avant tout une salle de bain géante. Personnellement, ça me change de la toute petite douche sans pression de l’école qui coule comme du pipi de chat et qui change progressivement de température. Au moins au hammam, vous êtes sûres d’être toujours au chaud.

Le droit d’entrée

Attention à ne pas vous tromper d’entrée lorsque vous allez au hammam ! Les hommes et les femmes sont en effet séparés. Soyez tranquille, en cas d’erreur, vous serez rapidement rappelé à l’ordre et chassé vers la sortie. Dans certains villages, il n’y a qu’un hammam, et les horaires sont aménagés pour les hommes et pour les femmes.

Après vous être acquittés d’un droit d’entrée de 10 dirhams (moins d’un euro), vous pouvez entrer dans un vestiaire où l’on vous remet, si vous n’en avez pas, un seau ou deux (à remplir d’eau chaude) et une coupelle . Vous pouvez (et devez !) laisser vos affaires sous la surveillance d’une dame (à qui je laisse en général un dirham).

Quartier libre à l’intérieur du hammam

Une fois dans le hammam, vous pouvez vous installer où vous voulez, dans la salle que vous voulez (certains hammams en possédant plus que d’autres). Et vous pouvez y faire tout ce que vous voulez ! Ou presque, votre liberté s’arrêtant là où celle des autres commence.

Certaines se colorent les cheveux au henné, d’autres s’épilent, s’enduisent de masques, se brossent les dents, se poncent les pieds…

Alors forcément, les lieux ne sont pas toujours d’une propreté irréprochable. C’est pour cela que je chausse mes petites tongs de salle de bain toutes mignonnes (et dont le prix était mignon lui aussi) et que je m’assois sur ma petite toile cirée (achetée elle aussi à prix mignon). J’essaie d’y aller le matin, lorsque les salles ont été lavées.

Un lieu de rencontres et de bien-être

Au hammam, on y va seule, entre amies ou en famille. Ça papote entre filles, ça frotte les enfants, ça se frotte le dos entre copines. Car oui, le hammam est un lieu social. Et non érotique.

Pour ma part, je préfère y aller seule. Je m’installe dans mon coin, et je me concentre sur moi-même. Prendre soin de moi et le faire avec application, ça me fait à chaque fois le plus grand bien. Alors bien sûr, il n’y a personne pour me frotter le dos. Mais je commence à développer des techniques de contorsionniste assez intéressantes !

Je commence toujours par me mouiller entièrement, puis je m’enduis de savon noir avant de m’occuper du reste. Lorsque j’ai fini tout ça, je me frotte avec le gant pour le gommage. Voilà l’essentiel à savoir sur le procédé, le reste n’appartenant qu’à mon intimité et celui de mes sœurs.

Une vision erronée du hammam populaire.

Des femmes, que des femmes

Ce qui me fait le plus de bien lorsque je vais au hammam, c’est justement de pouvoir m’échapper du regard permanent des hommes. C’est à peu près le seul endroit où je me sens sereine, en sécurité.

Je sais que personne ne va surgir de n’importe où pour faire une réflexion désagréable et sexiste. Car si ces derniers temps, la polémique du harcèlement sexuel fait rage en Europe et aux Etats-unis, vous n’imaginez même pas ce que subissent marocaines et étrangères vivant au Maroc !

Même si le lieu est plein à craquer, je retrouve au hammam mon intimité. Personne ne vous regarde avec insistance. Vous n’êtes qu’un corps parmi les corps. Pas de jugement, pas de critique, ou alors je ne les comprends pas, voilà un des avantages à ne pas parler la langue du pays.

Une fois par semaine, c’est donc le petit plaisir que je me fais. Ma sortie hebdomadaire, rien que pour moi.

Quelques petits conseils

Cependant pour aller au hammam, il y a quelques petites précautions à prendre. Croyez-moi, c’est du vécu !

  • Évitez les coups de soleil ! Chaleur et gommage intense ne font pas bon ménage, vous allez vous en souvenir.
  • Mangez avant d’y aller. Sinon avec cette chaleur,c’est le malaise vagal assuré !
  • Emportez une bouteille d’eau, au cas où vous auriez trop chaud à l’intérieur ou en sortant.
  • Reposez-vous en rentrant ! Parce que même si on se détend, la chaleur, ça tue. Surtout lorsque l’on s’agite avec tous ces gommages et ses frottages intensifs ! La dernière fois, j’ai traîné un mal de tête comme si j’avais fait un trop gros effort à la salle de sport pendant toute la journée. Buvez une bon thé à la menthe bien chaud, détente assurée !
  • Finissez le travail à la maison ! N’oubliez pas de vous mettre de la crème ou de l’huile sur le corps pour préserver votre petite peau douce !

Le mot de la fin

Vous avez sans doute pu constater qu’au Maroc, le hammam sert moins à se détendre qu’à se laver. Certes, la chaleur et le fait de prendre soin de soi en font un espace de bien-être. Cependant, notre conception érotisée du hammam (allez, faites pas les timides, tout le monde a déjà imaginé aller au hammam en couple, merci les romains) est bien différente de l’usage que l’on en fait réellement ici. Alors, ne soyez pas surpris la première fois que vous irez.

Mais ça, vous le savez déjà, puisque vous avez pris le temps de lire mon article 😉


Merci donc pour votre lecture et n’oubliez pas :
Gardez l’esprit ouvert sur le monde.


 


Mes premiers cours de français à des enfants débutants, ou comment perdre l’envie de procréer

Un samedi comme un autre. Le troisième à l’instant où je vous écris. 12h30, fin des cours. En croisant mes collègues dans le couloir, je laisse échapper un « now I am sure I never want children ! ». Traumatisée des petits monstres à deux pattes, je suis ! La raison ? La catastrophe de mon troisième cours de français langue étrangère aux mouflets marocains de 5 à 6 ans. Laissez-moi vous expliquer comment j’en suis arrivée là…


Il ne m’arrive pas souvent d’être démunie. Ou plutôt, de me sentir autant démunie. Depuis le début, je ne le sentais pas ce groupe. Je savais d’avance que je n’avais ni la patience, ni les compétences… En début de formation, avec des enfants dont je ne parle pas la langue… You know what I mean.

Mais comme il fallait a-bso-lu-ment ouvrir les classes de français, on m’a refilé ce groupe vite-fait bien-fait. Sans vraiment me demander si je serais à l’aise. Ni sans vraiment savoir si le groupe était homogène en terme de niveau.

 

Je prends donc sur moi. Les difficultés ? J’en ai surmonté bien d’autres ! Alors j’essaie de faire mon travail tant bien que mal.

Là, c’est moi il y a un mois.

Seulement voilà

Dès le premier cours, je m’aperçois de grosses différences de niveaux entre les enfants. Pour faire court, disons qu’il y avait trois niveaux différents dans un seul groupe. Entre la fille qui connaissait déjà la leçon par cœur, les trois autres qui connaissaient à peu près l’alphabet et le petit dernier qui ne pigeait rien, que dalle, walou, j’étais déjà très mal partie.

Soyons clairs, la première se retrouvait dans mon groupe parce qu’elle n’aimait pas ma collègue professeur de français (on me l’avait donc refourguer sans s’inquiéter de son niveau). Le dernier parce qu’il était le neveu d’une autre collègue. Et que même s’il ne comprenait rien, « c’était bien pour lui d’écouter les cours ». Voilà globalement le tableau.

Evidemment, le cours ne se passe pas vraiment bien. Je m’étais pourtant appliquée à le baser au maximum sur le jeu. Je m’aperçois qu’alors que la fille a fini de recopier les six phrases du tableau, certains n’ont pas fini de retranscrire la première. WTF ?! Là je me dis que je vais avoir un gros, GROS, problème!

Et je ne vous parle même pas du petit bout analphabète qui ne touchait même pas le sol du haut de sa chaise. Qui m’a fixé avec un regard de merlan-frit pendant 20 minutes sans que je puisse faire quoique ce soit, puisqu’en plus il ne voulait pas parler. Un grand moment de solitude pour lui, comme pour moi.

Ça, c’est mon grand moment de solitude.

« Qu’est-ce que je vais faire de lui ? »

Voilà la question qui m’a turlupiné pendant les deux heures restantes.

Cette situation m’a mise dans un tel état que j’ai passé le week-end enfermée dans l’école à préparer mon cours pour le samedi suivant. Je me suis prise la tête pour pouvoir trouver une façon de surmonter la difficulté de la disparité du groupe. Tout ça en me disant que ce n’était quand même pas à cause de cette école que j’allais me remettre aux antidépresseurs !

Et puis avec le recul et la réflexion, il m’est apparu très clairement que je ne pouvais pas préparer une leçon de trois façons différentes pour convenir à tout le monde, et qu’il m’était impossible de faire ce qu’on m’imposait ! Et c’est là que j’ai décidé de faire ma première levée de bouclier.

Ça, c’est mon week-end à l’école.

« Appelez-moi le directeur ! »

Et Dieu sait qu’il m’en a fallu de la patience, pour pouvoir parler au directeur. Businessman, un emploi à plein temps. Lors de notre rencontre, j’essaie de lui expliquer calmement que Oui je sais que je dois me calmer mais que je ne pourrais pas si on me demande de faire l’impossible !

Et si en plus, on pouvait se mettre à faire les démarches pour ma demande de visa de travail, ça ne serait pas mal non plus. Car depuis un mois que je suis là, rien n’a été fait.

Bien évidement, tout cela, je ne l’ai pas fait sans la menace de partir très rapidement si jamais on ne me venait pas en aide. Dans ma tête, mon sac à dos était déjà prêt et je m’imaginais déjà dans l’avion

Finalement, nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il y avait un problème et qu’il fallait y remédier rapidement. La décision avait donc été prise de ne plus accepter le tout-petit-trop-petit et de s’appuyer sur la fille qui est un peu en avance pour expliquer aux autres.

Là, c’est moi qui dit au chef que je suis calme.

Surpriiiiiiiise !

Le samedi suivant, deux nouveaux élèves intègrent le groupe. Le premier vient d’arriver à l’école. Le deuxième a déjà participé aux premiers cours avec ma collègue qui sans doute ne doit pas le supporter. En gros, on me refile la patate chaude dont personne ne veut s’occuper. Dans le social, c’était déjà un peu la même chose.

Un enfant cependant gentil qui pourrait être agréable s’il n’était pas prétentieux, égocentrique, égoïste, fils unique et issu d’une famille riche. Le profil que j’adore ! Je ne sais pas comment lui dire que tout le monde s’en fout qu’il ait une télé dans chaque pièce de sa maison. Et que de toute façon, ce n’est même pas le sujet de la leçon. Mais bon, j’essaie de me retenir de lui tirer les oreilles, surtout lorsqu’il me dit qu’il ne souhaite pas travailler parce qu’il est fatigué.

Tout cela ne serait qu’une petite anecdote, si je n’avais pas vu débarqué le tout-petit-minuscule de la semaine précédente ! Alors que l’on aurait dû prévenir la maman qu’il ne pouvait pas intégrer ce cours (comme il était convenu) c’est à moi de lui expliquer dans le couloir que le petit ne peut pas participer. Et bien sûr pendant ce temps, les autres petits monstres en profitent pour faire le bordel dans la classe. My god, aidez-moi…. 

Comme de nouveaux élèves intègrent le groupe et qu’ils sont tout timides, je me sens dans l’obligation de refaire la leçon de la semaine précédente : les présentations. Une bonne idée que j’ai eu là, car pratiquement rien n’a été retenu par ceux qui étaient présents la dernière fois. Nous parlons aussi des activités quotidiennes, mais j’ai un gros doute sur la mémorisation de tant d’informations.

Là, c’est moi qui devient dingue.

Une catastrophe de plus

Le groupe est ingérable. Le petit perturbateur est intenable. Il ne sait pas rester sur sa chaise, ne veut pas travailler, veut choisir le programme. Et les autres se laissent emporter avec lui dans la spirale du gros bordel.

Je galère tellement que je me vois obligée de leur passer une vidéo de dessin animé. Une méthode sur-utilisée par ma collègue et que je ne voulais surtout pas appliquer. Encore raté.

Le cours se transforme encore une fois en garderie, et moi en animatrice. Et presque en ATSEM (agent territorial spécialisée des écoles maternelles) étant donnée la fréquence des pipis. Parce que, si dire « je m’appelle + prénom » est compliqué, « je peux aller toilettes » est apparemment largement maîtrisé.

Grâce à mon idée de génie, j’ai enfin la paix dix minutes. Temps pendant lequel les petits monstres se transforment en anges. Silence absolu dans la salle.

Le cours se termine enfin à mon grand soulagement. Parce que trois heures d’affilées de cours pour des tout-petits de 5 ans, c’est long. C’EST BIEN TROP LONG ! Même en faisant une pause de 15 minutes ! Les enfants n’apprennent rien (sauf si vous leur faites répéter leur vocabulaire pendant deux heures comme des perroquets mais je n’aime pas du tout cette méthode – on y reviendra). Ils ne sont pas concentrés. Mes collègues et moi sommes d’accord pour dire qu’il faudrait changer ça.

Là, c’est moi à la fin du cours.

L’ultime leçon avant le craquage

Une semaine passe encore, pendant laquelle je prépare des activités d’association d’images et de mots. Je charge les volontaires de préparer un Bingo des chiffres pour changer du Bingo Alphabet que j’utilise depuis deux cours déjà. Cela me prend tellement de temps que je n’ai plus le temps de mettre le nez dans mes cours du CNED.

Je télécharge aussi des épisodes de Zou le Zèbre, résignée à devenir une mauvaise animatrice-linguistique, que je suis déjà convaincue d’être.

Et là, samedi, 9h30, c’est le drame. Deux nouveaux intègrent encore le groupe. Ils ne savent pas dire leur âge et sont incapables de comprendre la leçon précédente. Encore une fois, je me vois recommencer depuis le début. Comment faire comprendre à des enfants qui ne savent pas parler et qui ont déjà loupé deux leçons? La galère !

Heureusement, j’avais prévu une activité sur la météo, thème assez simple et bien marrant lorsqu’il s’agit de dessiner des soleils au tableau.

Ça, c’est moi qui court après le temps.

La métaphore du fruit pourri

Cependant, le petit prétentieux continue à faire le clown. Et les autres se mettent eux aussi à faire n’importe quoi.

Je trouve qu’une classe c’est un peu comme un panier : s’il y a un fruit pourri, il contamine tout le reste. Et honnêtement, j’ai largement pu vérifier cette métaphore.

L’heure de terminer le cours arrive enfin. Je tente un dernier sursaut de discipline. Je me mets devant la porte pour la bloquer, exige que toutes les chaises soient rangées et que tout le monde se range par deux avant de descendre rejoindre leurs parents qui les attendent fébrilement avec une seule question en tête : « ça y est mon petit parle français ?! »

Là encore, échec de l’opération, puisqu’une de mes collègues arrive devant la porte, la force pour m’obliger à lui ouvrir et fout en l’air tous les efforts que je venais de faire pour me faire respecter. Les petits s’échappent comme une envolée de moineaux… Bien bien bien.

Là, c’est mon autorité qui prend un coup.

La coupe est pleine

Face à cet échec, j’ai bien du mal à retenir mes larmes de colère devant les parents qui veulent savoir si leur progéniture est devenu bilingue.

J’ai envie de leur hurler dessus que « Non votre enfant n’est pas un ange, c’est un monstre ! ». Et que je ne suis pas dompteuse mais professeur de français.

Encore une fois, j’ai envie de partir. Mais non, je prends sur moi et je reste encore une fois tout le week-end enfermée dans l’école…

Là, c’est moi devant les parents.

Voilà, c’est comme ça que j’en suis arrivée là

Et pour vous dire sincèrement, je n’en peux plus. Certaines de mes collègues comprennent mes difficultés, mais personne ne peut vraiment m’aider.

A l’heure où je vous écris, j’ai encore envie de faire mon sac à dos. Je perds confiance en moi de semaine en semaine. Je suis bien consciente que je ne suis pas compétente pour gérer ce groupe d’enfants, mais me faire remplacer c’est clairement l’avouer.

Je suis donc complètement en panique à l’idée que samedi, c’est déjà dans quelques jours. Et que je n’ai encore rien prévu. Rien que de penser à la nouvelle catastrophe qui se prépare, j’ai le palpitant qui s’emballe. Vite, mes anxiolytiques ! 

Pour être tout à fait honnête, puisque personne ne me vient en aide, l’idée de leur passer des vidéos pendant deux heures m’a traversé l’esprit. Mais je n’ai pas envie de devenir ce que je ne voulais surtout pas être.

Ça, c’est moi qui pense à samedi.

Pas d’accord avec la méthode

Je pense pourtant ne pas être sans réflexion. J’essaie de chercher des activités simples et me suis résolue à l’idée de leur apprendre le français. Ils sont bien trop jeunes et la « méthode perroquet » ne me va pas du tout. J’envisage donc d’appeler mon cours « Initiation au français » basé sur des activités du type Montessori. Avec lequel l’enfant apprend par lui-même et à son rythme. En attendant de passer mon module « enseigner le français aux enfants », qui j’espère m’apportera les compétences nécessaires pour gérer ce type de groupe.

Le problème, c’est qu’il me reste encore à savoir quoi faire avec la petite qui a déjà un meilleur niveau. Il me semble évident que ce « cours » n’est pas adapté et qu’elle devrait peut-être changer de groupe, mais cela ne semble pas être de mon ressort.


Alors, des solutions me seront-elles proposées ? Une aide me sera-t-elle apportée ? Et surtout, trouverais-je la force de supporter une telle pression alors que mon but était initialement d’avoir une vie simple et sans angoisse ? Vous le saurez au prochain épisode. 

En attendant, je signe ce billet d’une pointe de larme et vous dis pour changer :

Gardez l’espoir ouvert sur le monde.