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François Bozizé investi pour un nouveau quinquennat à la tête de la RCA

François Bozizé investi pour un nouveau quinquennat à la tête de la RCALe 15 Mars 2011 la cour constitutionnelle a investi dans ses fonctions le Président François Bozize Yangouvonda qui a prêté serment pour un nouveau quinquennat à la tête de la République Centrafricaine. Pendant ce temps, les candidats malheureux à ces élections présidentielles à l’exception de Jean-Jacques Demafouth se réunissent pour créer le FARE : Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections. Un mouvement qui jusque-là ne bénéficie d’aucune sympathie tant sur le plan national qu’international. Lire la suite de l’article…


Winnie Flora Massanga : la Mariah Carey centrafricaine

Cette étudiante en deuxième année de logistique et transport dort encore chez papa et maman, quoique pour bon nombre de ceux qui ont eu la chance de la voir sur scène, cette graine qui pousse au printemps des célébrités est déjà une artiste accomplie. Montée sur la troisième marche des lauréats du concours de la chanson francophone édition 2010 organisée par l’Alliance française de Bangui, Winnie a gagné dans la même année le concours de la meilleure chanson pour la lutte contre le sida en milieu jeune organisée par le projet 100%jeune lors de la campagne Vacances sans sida. Avec sa voix pleine de sensualité, tendue et souple à la fois qui se prête admirablement aux rythmes de ses mélodies, Winnie a déjà conquis le public de l’alliance française de Bangui. Lire la suite de cet article…


Organisation, participation et proclamation des elections en RCA: Presque tous des Pasteurs…

La cour constitutionnelle a finalement déclaré irrecevable les recours en annulation des trois candidats malheureux aux élections présidentielles du 23 Janvier 2011 en Centrafrique et proclamé par la même occasion François Bozizé Yangouvonda définitivement vainqueur succedant à lui-même.  Ceci au grand dam de Ange Felix Patassé, Martin Ziguélé et Emile Gros Raymond Nakombo qui jusqu’aujourd’hui crient urbi et orbi qu’il y’a eu fraude massive et qui réfutent dans leur globalité les résultats des dites élections.

Si on considère d’une part tous les problèmes, les tergiversations, les controverses, les suspicions, la haine etc. qui ont miné de bout en bout ce processus électoral et d’une autre part les acteurs de cet episode de l’histoire de la RCA, on est en droit de se demander si l’on est en face d’un scenario tragi-comique avec des comédiens professionnels ou on assiste simplement à une dépravation totale des principes fondamentaux de la conscience religieuse.

Avant d’aller plus loin, considérons d’abord un à un les principaux acteurs qui ont préparé, organisé et participé à ces élections groupées en Centrafrique :

1-      Le général François Bozizé Yangouvonda, actuel Président de la République, élu Député du 4e arrondissement est Pasteur et grand prophète de son église. Il décrète régulièrement depuis son accession au pouvoir des jeunes nationale sur toute l’étendue du territoire centrafricain en vue de prier pour la nation.

2-      Le Pasteur Joseph Binguimalé, Président de la Commission Electorale Indépendante, un serviteur de Dieu qui, aussi surprenant que cela puisse être dans une nation a forte tendance chrétienne au lieu de faire l’unanimité s’est vu plainté par l’opposition démocratique  devant la haute cour de justice pour fraude électorale. Régulièrement critiqué pour sa gestion opaque des fonds alloués au financement des élections, une audite a même été organisé à cet effet et dont les résultats ne sont jusque-là pas rendus publique.

3-      Le Pasteur Marcel Malonga, Président de la Cour Constitutionnelle, il a dit une prière avant la séance pendant laquelle il a proclamé Bozize vainqueur.

4-      Le principal opposant de taille Ange Félix Patassé, véritable illuminé, reconverti serviteur de Dieu depuis son retour d’exil et qui ne jure plus que par la bible, transformant les campagnes électorales en campagne d’évangélisation.

5-      Nous avons par ailleurs le Conseil national de médiation présidé par l’Archevêque de Centrafrique, sapeur pompier au milieu de ces pasteurs pyromanes, ce conseil joue un rôle non négligeable dans ce processus électoral.

Pour ne citer que ceux là, avec un tel effectif et dans un pays comme le Centrafrique, les resultats de ces élections groupées devaient en principe être acceptées comme parole d’évangile par tous. Que nenni ! Les opposants crient à la fraude et demandent l’annulation pure et simple de ces élections. Que tous ces hommes de Dieu n’ont pas été clean, qu’il y’ait eu quelques insuffisances, irrégularité lors de ces élections, il est clair que l’aspiration de la population centrafricaine reste la paix, la paix pour vaquer à ses occupations pour enfin prendre sa destinée en main.

Les gens en ont marre et le disent ouvertement des sempiternels problèmes des politiques, qui ne se battent que pour leurs intérêt égoïstes. L’opposition n’intervient que quand son intérêt est en jeux. Augmentez l’impôt,  les prix des denrées alimentaires, faites tout ce que vous voulez à tout moment tant que cela ne touche pas la question du partage du pouvoir, des postes ministériels et j’en passe aucun opposant centrafricain ne lèvera le petit doigt. Les reformes sur le plan de l’éducation, de la santé ce n’est pas le problème de tout ce beau monde d’autant que leurs enfants étudient en Europe. Presque tous ceux qui gesticulent ont dejà prouvé aux Centrafricains ce dont ils étaient capables. Alors basta les bonbons pasteurs et les opposants à deux balles, le centrafricain ne veut plus d’une énième crise, le peuple a voté, il veut se consacrer à autre chose, il n’a plus envie d’être utilisé pour servir des intérêts égoïstes de politiciens qui ne pensent qu’à eux même.


Facebook: L’endroit le plus sûr de retrouver un Centrafricain qu’on a perdu de vue…

Naguère toute la minorité des centrafricains VIP avaient un profile hi5. Je parle là des personnels des institutions internationales, des centrafricains de la diaspora et de quelques privilégiés qui avaient accès à l’outil informatique et à l’internet. Tout ce beau monde s’occupait à créer des forums de discussion sur Hi5 et les alimentaient de débats croustillants, squattait sur les murs des potes pour voir si ceux-ci n’ont pas mis de nouvelles photos afin de les commenter, allait sur des sites spécialisés où il copiait les liens des commentaires comme : Joyeux anniversaire, Bonne année etc. qu’il collait sur les profiles de leurs amis.

Aujourd’hui c’est tous les centrafricains ou presque qui sont sur facebook. De la petite lycéenne à la coiffeuse du coin en passant par les fonctionnaires. Les hommes politiques y trouvent un moyen pour conquérir de nouveaux partisans et électeurs, les artistes y annoncent les dates de leurs prochains shows, les petites filles en mettent plein la vue aux mecs avec des photos à la beyonce. On y retrouve les amis d’enfance, les potes d’école primaire, s’y fait de nouveaux amis et cerise sur le gâteau on peut papoter en direct comme sur MSN. Du coup ça permet de faire des économies de crédit de communication. Même pour les chercheurs d’âmes sœurs  sur la toile facebook a trouvé la formule qui les met à l’abri des pervers et autres plaisantins du même acabit qui se cachent derrière des pseudonymes évocateurs pour tromper ceux qui, selon leurs dires « recherchent du sérieux ». Il y’a une société centrafricaine sur facebook constituée de tout le monde : politiques, artistes, étudiants, élèves etc. Chacun est donc obligé de se comporter en bon citoyen, vu que les gens ont leurs photos, coordonnées et informations personnelles sur leur profiles et c’est bien connu, il y’a des choses qui ne se font ni ne se disent en bonne société entre de bonnes gens. Par voie de conséquence, même les dragueurs et aguicheuses patentés opèrent avec tact sur facebook.

Tout porte à croire qu’à Bangui seuls les analphabètes ne sont pas sur facebook, et pour être totalement « in », dans le moov, il faut maitriser les vocables facebookiens. Il y’a des expressions qu’un Docteur es lettres n’y pigerait que dalle. Vous trouverez par exemple : MKN qui signifie en sango, la langue nationale du Centrafrique : « Mbi Koui Nguia » équivalant de : MDR : « Mort De Rire », il faut surtout connaitre lol : « laughing Out Loud » qu’on pourrait traduire par : Rire à gorge déployée, ou encore xpldr : explosé de rire…

La facebookmania à la centrafricaine consiste à tout ce qui précède à tel enseigne que passer un jour sans y faire un tour c’est rater tellement de choses. Pas besoin par exemple de se creuser la tête en se demandant comment entrer en contact avec le mec d’à côté ou avec la plus jolie fille du lycée. Il suffit de connaitre son nom et tac on va sur facebook, lance la recherche en un temps deux mouvements on est sur son profile et lui envoie une demande d’ami et même avec un-peu de chance on peut retrouver son numéro de portable sur son profile. Du coup les gens désertent hi5, ne se prennent plus la tête avec tchatches, tagged, bandoo, netblog ou Skyrock. Puisque tout le monde et particulièrement tous les centrafricains sont sur facebook, bah autant rester avec tout le monde. Ceci au grand dam des chefs d’entreprises et professeurs qui doivent veiller au peigne fin à ce que pour les premiers, les salariés ne passent pas 8h sur facebook au bureau et pour les seconds que les élèves ne surfent pas tranquillement sur facebook via leur téléphone portable pendant qu’ils dispensent le cours. Heu…Curieux de savoir s’il y’a aussi des gens qui sont sur facebook pendant…Les conseils de ministres lol ! Ce qui est sûr facebook reste l’endroit le plus sûr pour retrouver un centrafricain qu’on a perdu de vue, si ce dernier est lettré…


Canon Stars aile Bangui: Abi Ngomatéké veut «ressusciter » la musique centrafricaine

Jusque dans les années 2000 les orchestres se comptaient encore sur les bouts des doigts en Centrafrique. Aujourd’hui tous les quartiers de Bangui ou presque disposent d’un orchestre : Lakouanga Musika, Sapéké Musica, 92 Musica etc. Mais pour Abi Ngomatéké l’un des pionniers de cette musique centrafricaine qui, il faut le reconnaitre n’arrive pas à s’imposer sur la scène internationale il n’ya pas de professionnalisme en la matière dans le pays. Et pour remédier à cet état de chose, il lance officiellement Canon Star aile Bangui le 31 Décembre 2010 avec l’aide de musiciens recrutés en Republique Democratique du Congo. Propos recueillis par Johnny Vianney Bissakonou dans chronique culture sur radio Ndèkè-luka.

JVB : Bonjour Abi Ngomatéké, vous êtes le leader de l’orchestre Canon star, dites nous quand et comment vous avez commencé la musique et dans quel orchestre ?

Abi : Oh ça c’est une longue histoire,  j’ai commencé la musique depuis 1976 avec l’orchestre zo kouè zo, j’étais encore très jeune et après je suis parti de zo kouè zo pour Makembé en 1980, c’était eux qui m’ont sollicité et je n’étais pas seul, j’étais avec mes amis Naïmo, Laskin etc. qui étions partis de zo kouè zo pour intégrer le grand  Makembé. Et après ça, bon on a eu un petit souci, l’un de nos musiciens, Bovick Gazouléma, c’était le plus vieux parmi nous a eu des petits soucis avec les responsables de Makémbé et on l’a viré du groupe, et nous les jeunes on s’est dit  mais non comment ça se fait qu’on peut virer un Bovick Gazouléma qui assurait vraiment dans le groupe , ça veut dire que demain ça peut être  notre tour. Et c’est de là que moi-même j’ai décidé de motiver les autres pour qu’on puisse partir et aller former Canon stars. Donc nous sommes partis voir Thierry Darlan la même nuit qu’on a viré Bovick et vous savez dans le temps, y’avait des rivalités entre les groupes et pour Thierry Darlan c’était une occasion aussi de casser Makémbé donc il nous a donné des instruments pour nos répétitions et puis voilà comment Canon star est né.

JVB : A l’heure où nous parlons il y’a deux Canons Stars ?

Abi : Oui il y’a actuellement deux canons comme vous l’avez dit, le vieux Canon, les grands, ils sont tous en France, maintenant moi je fais mes petites affaires ici, je suis tantôt là-bas, tantôt ici, j’ai vu qu’il manque beaucoup de chose, parce qu’il faut dire la vérité, nos jeunes actuellement ils n’ont plus de repaires, ça c’est clair et net. Il nous manque vraiment des instrumentistes, des musiciens professionnels ici, parce qu’ils sont tous partis ! Ça c’est une vérité.  Maintenant quand je suis venu j’ai vu que heu…Avec tout ce qui se passe, j’ai essayé de mettre en place un Canon de Bangui pour les aider, parce qu’avec le peu que je connais, je peux leur apporter aussi beaucoup. C’est pour ça, mais. Les musiciens qui jouent c’est des musiciens qui vont jouer dans des églises et ils se disent finalement musiciens. Vous savez la musique il vous faut un minimum de connaissances. Vous prenez les chansons que vous jouez, commencez entre les années 80 ans vous allez voir, la différence entre ce qui se passait et ce qui se joue aujourd’hui. Moi je peux dire que c’est un problème de génération. La génération d’aujourd’hui peut accepter cette musique là, mais ça va nous amener où ? C’est cela le vrai problème, et c’est pourquoi je me suis dit avec Canon, nous allons essayer de ramener un peu ce qui se passait avant mais je vous assure que y’a du souci, au niveau des instrumentistes, au niveau des chanteurs. Je suis obligé de faire venir des musiciens du Congo Kinshassa, j’ai ramené un soliste, un clavier, 3 danseuses, je suis obligé actuellement de ramener encore un bassiste et un batteur parce que je vous dis que y’a du souci ici, c’est ce que les gens ne voient pas.

JVB : Plutôt que de faire venir des compétences de l’extérieur, pourquoi ne pas songer à former les jeunes musiciens qui sont sur place au pays ?

ABI: Je pense que ce n’est pas mon travail…, parce que moi je veux bien que les gens sachent aussi qu’il faut aider, il faut former. Dans tous métiers y’a toujours une formation, vous ne pouvez pas vous lever aujourd’hui comme ça pour dire je suis maçon, non ça ne marche pas comme ça, il vous faut une formation pour le devenir et travailler professionnellement, vous devez apprendre les techniques. On a un ministère en charge de la culture dans ce pays, moi je suis musicien, mon travail c’est de sortir des albums et les mettre sur le marché. A la rigueur si on décidait de faire venir les anciens, je pense à Mobanza, à moi et les autres  pour nous demander de former nos cadets et leur montrer comment être professionnels, on le fera volontiers. En plus j’ai pensé autrement parce qu’en ramenant des professionnels ailleurs, ils vont faire comprendre quelque chose aux jeunes qui sont là. Que voilà la vrai musique ça se joue comme ça.

On est entrain de répéter pour lancer notre sortie officielle le 31 Décembre. Je fais venir quelques anciens pour donner des coups de mains aussi, y’a Max qui est là, je l’ai fait venir pour ça, y’avait Magloire qui est arrivé pour former le batteur et il est reparti, on va essayer de jouer comme ça pour qu’on puisse les aider, les encadrer, c’est pour eux, Je le fais pas pour moi, c’est pour leur laisser un héritage à ces jeunes.

Je demanderai aux centrafricains, d’aider, parce qu’avant on était premiers partout , en musique, en Basket etc. Pourquoi nous sommes derniers aujourd’hui ? Point d’interrogation. Canons Star était partie en tournée au Tchad mais c’était une révolution à l’époque, on parle aujourd’hui toujours de Canon Star au Tchad…Chaque centrafricain doit comprendre que vous ne pouvez pas demander aux Tchadiens, aux camerounais etc. de  venir vous aider dans vos trucs, c’est vous-mêmes, c’est votre musique, c’est votre pays, c’est à vous d’aimer, de consommer locale. Consommer notre musique. En commençant par vous les médias, je suis désolé mais c’est vous qui tuez la musique centrafricaine, vous jouez à longueur de journée les musiques qui viennent d’ailleurs. Faites un tour dans les pays voisins en 50 ans vous n‘entendrez jamais de la musique centrafricaine dans les radios. Ce n’est qu’en RCA que 90% des radios jouent à 95% de la musique qui vient de l’extérieur, un jeune vous voulez qu’il grandisse avec quoi, avec des mélodies qui viennent d’ailleurs ? Ben il ne peut pas créer…


De la Pub sur portable:Envoyez des SMS à tout Bangui via votre opérateur

Pin-Pon, Pin-Pon, Patron tu as reçu un SMS !!! C’est la nouvelle alerte SMS que j’ai téléchargé qui me réveille en sursaut. Qui peut bien m’envoyer un message de si bonne heure, je me frotte les yeux, jette un coup d’œil à la montre posée sur la table à côté du lit, 6h 30 minutes.

J’attrape mon téléphone et regarde : « Flash info », je le relâche en même temps qu’un juron sans lire le contenu. On est samedi et j’ai prévu de faire la grasse matinée d’autant que j’ai passé la moitié de la nuit à regarder la télé. 5 minutes plus tard alors que je retombais paisiblement dans le sommeil, ça recommence : Pin-Pon, Pin-pon, patron tu as reçu un SMS !

Décidément mon projet de grasse matinée ne doit pas arranger mes correspondants, je reprends le téléphone et regarde : Flashinfo…

Ne vous méprenez pas, la société de téléphonie mobile à laquelle  je suis abonné n’envoie pas le résumé de l’actualité à ses clients.

Voici d’ailleurs le contenu des deux texto que j’ai lu deux heures après avoir tour à tour  pris tranquillement ma douche et mon petit déjeuner . SMS 1 : Grand Buffet dimanche 21 Novembre au restaurant X. Entrée 15.000 frsCfa par personne.

SMS 2: Du nouveau à Bangui, Prêt à porter de luxe ouvert au centre ville à côté de…Je ne prends pas la peine de lire le reste et supprime aussitôt.

Voilà ce que l’operateur de téléphonie mobile appelle malicieusement flash info. Astucieux non ? Tous les annonceurs savent qu’ils peuvent désormais envoyer des texto à tout Bangui moyennant de l’argent  et tac en une minute la société de téléphonie mobile balance le message à tous ses abonnés. Et du coup ils peuvent contourner les agences de pub et médias conventionnels assez chèrs en matière de publicité.

C’est vrai qu’il y’a des gens comme ma grand mère qui ne lisent et n’envoient jamais de SMS mais bon il y’a aussi des gens comme moi qui peuvent passer le message s’ils ont pris la peine de lire, et de bouche à oreille la nouvelle  se répand comme une poudre. Très astucieux même dirais-je.

Sauf que dans tout cela, on oublie le pauvre client que nous sommes et qui devons recevoir des messages intempestifs comme si on avait acheté le téléphone pour ça.

Je me dis qu’il y’a tout de même un contrat qui lie la société de téléphonie mobile aux clients que nous sommes, et dont voici à peu près les termes:  Je t’achète des crédits de communication qui me servent à appeler ou envoyer des SMS, naturellement tu me permets de recevoir des appels et ou SMS de mes correspondants. Cela, c’est le contrat initial, maintenant il peut y avoir comme dans tout business des valeurs ajoutées du genre : tu me propose en plus du service initial un service utile. Ce peut être m’indiquer quelle pharmacie est de garde ce week-end, l’horoscope ou le verset du jour selon que le client est athée ou croyant. Dans tous les cas ces services doivent être optionnels. Quand on y souscrit c’est de plein gré et tout le monde y trouve son compte. Mais de là, à envoyer à tout bout de champs des SMS à ses clients simplement parcequ’ils sont abonnés chez vous et qu’un annonceur vous a payé pour le faire…C’est abusé non ?

D’autant que dans mon cas par exemple je ne peux me permettre des buffets à 15.000 franc CFA, alors m’envoyer ce genre de messages si ce n’est pas de la persécution c’est tout simplement un dérangement dont on n’a pas besoin.

Et si en plus de ces messages publicitaires ils t’envoient périodiquement à longueur de journées des SMS du genre : (Chers abonnés composez le*500*13 » et gagnez 15 minutes de conversations gratuites.)En oubliant de préciser qu’en acceptant de souscrire à cette offre ils te coupent 500 Frs Cfa de crédits de communication. Finalement c’est l’operateur de téléphonie qui sature et fait craquer la boite de réception des clients au point de leur enlever l’envie de lire les messages.

Vivement une règlementation en la matière !!!


En exclusivité: Comédie des politiciens centrafricains.Ne ratez aucun épisode.

Le 15 Novembre 2010 au palais de la renaissance, après une énième réunion avec la classe politique centrafricaine en présence de la communauté internationale, le président de la République François Bozize demande à la CEI d’accepter les dossiers de candidature des candidats retardataires de l’opposition aux élections groupées de Janvier 2011, ceci toute la journée du 16 Novembre jusqu’à minuit.

Pour  tous ceux qui ne connaissent pas la classe politique centrafricaine c’est un grand Ouf de soulagement. Voilà une autre crise de désamorcée, on a évité une fois de plus le pire…mais pour l’observateur averti,  habitué aux micmacs des hommes politiques centrafricains, tous de véritables champions olympiques en ping-pong et  maîtres dans l’art de tirer le drap de leur côté guidés uniquement par des intérêts égoïstes au grand dam du peuple centrafricain ce n’est encore qu’une nouvelle saison d’une série tragicomique concoctée à la hollywoodienne.

Le dernier épisode en date dont je viens de donner le dénouement illustre parfaitement ces propos. Voilà à peu près comment les choses se sont déroulées :

Acte 1 scène 1 : Ping: 19 Octobre 2010 le Président de la République convoque une réunion avec la classe politique centrafricaine en présence de la communauté internationale pour faire le point sur les avancées vers les élections de Janvier 2011. Lors de cette rencontre la CEI est mise dans le box des accusés. Cette commission s’est vue traitée d’incompétence, et accusée de malversation financière etc. Au passage le Président du MDREC Joseph Bendounga est expulsé manu militari de la salle pour perturbations. Le Président de la République constate que les choses avancent au ralenti et que techniquement il est utopique d’attendre la confection des cartes électeurs magnétiques pour aller aux élections.

Pong : Au sortir de cette réunion  l’opposition politique réunie au sein du Collectif des Forces de Changement au cours d’une conférence de presse, remet en cause les décisions prises par le Chef de l’état lors de la rencontre. Dresse une liste d’exigences et menace de se retirer du processus électoral si ces exigences ne sont pas respectées et condamne en même temps l’expulsion de Joeph Bendounga .

Re pong : L’opposant Auguste Boukanga publie un communiqué dans lequel il demande la formation d’un gouvernement d’union nationale qui emmènera le pays aux élections, la dissolution  de l’assemblée nationale parceque le mandat des actuels députés est arrivé à leur terme etc.

Ping: C’est le Ministre Fidele Ngouandjika, porte-parole du gouvernement qui déverse sa hargne contre l’opposition sur les ondes de la radio nationale. Il fustige les propos de Martin Ziguélé sur Rfi, voit dans le communiqué d’Auguste Boukanga des démarches pour entrer coûte que coûte dans le gouvernement.

Re- Ping : Par un communiqué Le président de la CEI modifie la date des dépôts de candidature et la ramène du 28 Octobre au 08 Novembre 2010 au lieu du 08 Novembre au 08 Décembre 2010. Il parle de simple report technique.

Pong : L’opposition condamne une décision unilatérale en violation de l’article 4 de l’accord politique du 10 Août et de l’article 47 du code électorale,  et décide de s’en tenir aux dates initiales. Elle exige en même temps la démission du président de la CEI et du Rapporteur Général et se dit prête à retirer ses représentants  au sein de cette commission.

Ping : Pour le gouvernement par la voix de son porte-parole, cette réaction n’est que du juridisme inutile. Le président de la CEI, Joseph BINGUIMALET a ouvertement déclaré qu’il ne démissionnera pas.

Ping : A vos marques prêt partez, le 08 Novembre à minuit la CEI clôt officiellement la date des dépôts de candidature. Le 09 Novembre, au lendemain de la clôture du dépôt des dossiers de candidature, Martin ziguélé, président du MLPC dépose son dossier de candidature et ceux  des députés de son parti. S’agit-il de la mise en exécution de la décision du Collectif des Forces du Changement de boycotter cette nouvelle date? Ou simplement se sentant pris au piège parce que le Candidat de l’ADP parti membre de l’UFVN ainsi que Jean Jacques Demafouth ont déposé leurs dossiers de candidatures en douce dans le nouveau délai de la CEI le candidat du MLPC voulait se rattraper ? Ce qui allait être le cas Ziguélé et autres a pu être réglé sans un énième accord politique et  « sans médiateur ? » comme ils nous habitué.

L a rencontre du 15 Novembre a finalement désamorcé la crise qu’ils ont (ils : mis d’un côté pour l’opposition politique et d’un autre côté pour le porte parole du gouvernement) copieusement alimenté par la voie des ondes. Se rejetant les fautes, s’évertuant à avancer des arguments et s’illustrant dans des propos que des gens qui ont le souci de préserver la paix et l’unité nationale n’oseraient pas dire sur les ondes.

Réfléchissons : Le rôle d’un parti politique c’est aussi et surtout d’aller aux élections, si ces bonshommes se réservent le droit de se retirer du processus électoral, que font-ils de leurs partisans, et de tous ces gens qui les soutiennent ? S’en foutent-ils royalement? Ou c’est un simple aveu d’impuissance ? Il faut reconnaitre que la majorité de ces messieurs, sur une échelle de 1 à dix, atteindraient  difficilement le chiffre 3 quand aux chances de réunir le suffrage universel. D’où cet entêtement à boycotter les élections et réclamer juste leur part de gâteau à toutes les occasions propices ?

Et la CEI qui, de but en blanc prend une décision qui engage quand même la destinée d’un pays en violation du code électoral. Report technique, on veut bien y croire mais ça coûtait quoi de respecter l’article 4 de l’accord politique qui est on ne peut plus clair et qu’on pourrait traduire comme suit dans le cas d’espèce: Convoquer  tous les acteurs impliqués dans le processus et réviser le calendrier ensemble.

Et le gouvernement qui fait de cette décision de la CEI sienne au point de s’en prendre avec des mots durs aux opposants, alimentant la polémique et le suspens pendant des jours…

Quand je pense qu’il y’a des compatriotes qui sont prêts à en venir aux mains pour ces comédiens égocentriques….Sic !

On est habitué à tout ça… alors à quand le prochain épisode de cette comédie signée classe politique centrafricaine ? Wait and see….


Centrafrique : comment en finir avec les exactions et bains de sang ?

Le sang du centrafricain a une fois de plus coulé dans la matinée du 03 novembre 2010. La scène qui s’est passée au consulat du Centrafrique à Douala s’inscrit malheureusement comme la plupart des causes de décès en RCA dans le registre de la course au pouvoir.

Bref rappel des faits : Des centrafricains qui seraient des partisans de l’ex  président Ange Félix Patassé, (et ils sont nombreux à s’être réfugiés au Cameroun voisin  après le coup d’état du 15 Mars 2003 qui a porté au pouvoir le Général François Bozize Yangouvonda), sont venus s’inscrire sur la liste électorale en vue de l’obtention de cartes d’électeurs. Devant le refus du fonctionnaire du consulat de leur délivrer des cartes d’électeurs parce qu’ils n’avaient pas les pièces autorisées par la loi, c’est-à-dire des cartes nationales d’identité, beaucoup brandissaient selon les déclarations du pasteur Joseph Binguimalet, président de la commission électorale indépendante des copies d’actes de naissance. Les protestations ont vite tourné en émeute.  Bilan : un vigile mort de coups de poignards et plusieurs blessés graves.C’est  désormais prouvé : Bien qu’elle ait plusieurs affluents, la source principale des problèmes du Centrafricain demeure le pouvoir sous toutes ses formes : Le pouvoir tant convoité, le pouvoir non partagé, le pouvoir mal géré et j’en passe.

Savez vous pourquoi le centrafricain est  prêt à toutes les abominations pour accéder au pouvoir et le conserver à tout prix ? Élémentaire :

Depuis la nuit des temps le pouvoir chez nous a toujours été un business familial, ceux qui sont du clan du tout puissant président jouissent d’une certaine notoriété et de nombreux privilèges. Ils peuvent voler, assassiner, marcher sur les autres en toute impunité.

C’est pourquoi ceux qui sont au pouvoir vendraient leur âme au diable pour le conserver et les autres sont prêts à tous les forfaits pour le leur arracher. Au milieu se retrouve sans défense, la grande masse de la population marginalisée. Ceux là qui ne comptent pas et qui font les frais de la capacité de nuisance des deux premiers. C’est elle qu’on piétine, assassine, vole et à qui l’on ment lors des mascarades électorales.

Que voulez-vous, si dans une république ceux  qui naguère n’avaient rien du tout, juste quelques mois plus tard croulent sous des centaines de millions, roulent de gros cylindrés  juste parceque quelqu’un de leur clan est au pouvoir.  Comment ne pas comprendre que tous les autres veulent voir un des leur à la magistrature suprême et ceci par tous les moyens ?  Si dans un gouvernement on retrouve, le fils, le cousin, la copine du cousin, la tante du chef de l’état, comment résister à la tentation de s’emparer du pouvoir ? Le pouvoir offre tellement de privilèges qu’on n’a pas idée à passer la main une fois qu’on l’a. comme dit mon grand-père, le pouvoir c’est comme une arme et un homme, un vrai ne donne pas son coutelât à autrui, parcequ’une fois en possession celui-ci peut te nuire.

Et si nous voulons que tout cela finisse un jour…Il faut une réelle volonté de changer les choses, il faut revoir le système…Nous devons peut

être revoir la portée de la fonction du président de la république, peut-être réduire l’étendu du pouvoir qu’on donne à ces gens qui nous gouvernent. Mettre en place des mécanismes de contrôle, des gardes fous pour arrêter un peu l’ardeur de tous ces marathoniens qui courent vers le pouvoir, qui ne respectent rien et tuent tout sur leur passage…Ou bien?


Le mystérieux Jean Bedel BOKASSA

Voilà aujourd’hui 14 ans, jour pour jour que Bokassa 1er le dernier empereur africain a quitté ce monde. Comme lors de son enterrement en pleine mutinerie, l’anniversaire de ce décès est passé inaperçu en toute discrétion dans son cercle familial.

Rien à voir avec les célébrations en grande pompe qui ponctuaient le règne de celui qui avait été empereur du Centrafrique et Chef de l’Etat pendant  13 ans. Jean Bedel Bokassa demeure un sujet mystérieux autour duquel tournent tellement de controverses sans que personne ne soit arrivé à en cerner les tenants et aboutissants ni dévoiler la vraie nature.

Pour les uns, c’était un tyran, fasciste et anthropophage qui ne mérite aucun honneur. Et tellement d’anecdotes corroborent malheureusement ces allégations : Il y’a par exemple le massacre des écoliers du 18 Janvier 1979, les exécutions extrajudiciaires qui étaient légion sous son règne etc.

Tandis que pour d’autres et ceux-ci sont de plus en plus nombreux en RCA Bokassa reste le chef d’état centrafricain qui a réellement construit le Centrafrique.

La quasi-totalité des centrafricains s’accordent à affirmer qu’en dehors de Bokassa tous les autres chefs d’état centrafricains n’ont presque rien fait. Et c’est étrangement vrai. Le pays lui doit pratiquement toutes les grandes institutions nationales. L’unique chaine de télévision nationale, la seule université de Bangui, le stade Omnisport tombé en ruine pour ne citer que cela sont l’œuvre de Bokassa.

Animé d’une ambivalence époustouflante Bokassa regorgeait à la fois de vices et de vertus. Il était capable tant d’actes héroïques que d’étonnantes frasques.

Ce petit état d’Afrique centrale était connu grâce aux ambitions démesurées de cet homme. On pourrait sans risquer de se tromper affirmer que l’histoire du Centrafrique après Boganda a commencé avec l’ère Bokassa. Victime non seulement de son orgueil mais encore de ce que j’appelle « récupération politique » et dont je me ferai un plaisir d’en parler prochainement. Toutes les écoles de Bangui sans exception, aucune adoptent à-présent ce qui avait été  l’origine de la triste histoire du massacre des écoliers de Janvier 1979. Le port d’uniforme obligatoire à l’école aux frais des parents d‘élèves dont Bokassa avait eu l’initiative à l’époque n’était pas une idée mauvaise en soi mais la décision était intervenue à un moment où les salaires étaient mal payés et où le centrafricain avait l’habitude de tout se faire offrir. Il y’a eu les agitateurs, les incitateurs à la révolte, les instigateurs du drame. Sans vouloir excuser le triste massacre, ceux-là l’histoire les a oubliés. Ce qui reste (et à raison) dans les mémoires c’est le nombre des massacrés.

Le concept genre est l’un des débats de l’heure,  cependant il y’a trois décennies à l’arrière Bokassa avait déjà associé la femme à la gestion de la chose public en nommant premier ministre Madame Élisabeth Domitien.

Il est aujourd’hui difficile de se faire un avis tranché sur Jean Bedel Bokassa. A l’heure du bilan des cinquante ans de ce jeune état qu’est le Centrafrique,  les langues devraient se délier, les témoins oculaires qui ont vécu l’époque Bokassa devraient se prononcer pour rétablir toute la lumière sur cette page de l’histoire du Centrafrique et la lumière sur cet homme qui demeure encore aujourd’hui un vrai mystère…


Justice populaire : des lynchages qui posent question

Place de la reconciliationAu voleur, attrapez-le ! Au voleur, attrapez-le ! La scène est classique à Bangui, si vous écoutez ce cri la nuit, osez sortir de votre maison et voilà à peu près ce à quoi vous assisterez: Une filature acharnée ; à la tête du peloton un homme filant comme une flèche lancée par des bras herculéens, poursuivi par une bande de braillards «Hommes, femmes, adolescents armés de gourdins, pierres ou machettes et un seul refrain aux lèvres »

-Au voleur, attrapez-le !

C’est un cri bien connu à Bangui ainsi que sur l’ensemble du territoire centrafricain. Dès qu’on l’écoute dans un coin de cette vaste cité placée par le bon Dieu en plein cœur de l’Afrique, les réactions ne se font jamais attendre. Ce cri déclenche pour ainsi dire toujours une course poursuite folle qui  fini presque toujours par un lynchage. Et de mémoire des valeureux habitants de ce pays, les cas de vol ne se sont jamais réglés autrement que de cette manière. C’est une coutume qui remonte dans la nuit des temps, un voleur est un sorcier et Dieu sait que la société n’a besoin ni de l’un ni de l’autre. Massacrer un sorcier ou un voleur n’a jamais été un crime, cela personne ne vous dira le contraire. A un moment de l’histoire du pays de Bokassa1er cette coutume avait même tacitement acquit force de loi, on a commencé par couper les bras des voleurs dans les commissariats, puis ce fut au tour de leurs oreilles de subir les mutilations. Ensuite quand il fallait adopter la démocratie, on a pensé que les policiers ne devaient plus s’occuper de cette besogne. Seulement  la justice populaire est  toujours là, souveraine pour frapper et éradiquer ce mal qui gangrène la société.

Une fois le voleur attrapé, il est généralement entouré par une horde d’enragés qui discutent son sort :

–Attendez, attendez amenons-le à la police vont tenter de s’interposer quelques modérés.

-Quoi ? La police ? S’emporteront les zélés, ils vont le mettre au frais pendant un bout de temps et le relâcheront c’est là qu’il viendra te voler pour te remercier.

De toutes les façons vont renchérir certains, on n’aura pas le temps d’arriver au poste de police que les gens rencontrés en cours de route lui auront fait sa fête, alors pourquoi ne le faisons pas nous-mêmes ? Comme s’il n’y’a que des femmelettes ici…Sur ce, c’est un nouveau refrain qui va s’élever dans la foule : Tuons-le, tuons le ! Les uns proposeront de lui faire boire du ciment et de le laisser partir, les autres de lui planter des clous dans la tête. Mais ce sont les « passeurs à tabac » qui auront le dessus. Quand ils finiront de l’achever, ils le laisseront là, inerte et si ses parents ont assez de courage pour venir chercher le corps en douce tant mieux. Sinon ce sont les forces de l’ordre qui débarrasseront le quartier du corps qu’elles feront enterrer par des prisonniers. Et fin de l’histoire…

Cela s’est encore passé  hier dans le 4e arrondissement de Bangui, cette fois c’est un homme d’une trentaine d’année suspecté de vol et lynché  mortellement par la population du quartier Fouh dans le 4e Arrondissement de Bangui. Abandonné sur les lieux par les justiciers populaires, la victime qui serait père de deux enfants a été récupérée clandestinement par les membres de sa famille ce matin selon la mairie du 4e Arrondissement.

Mais entre nous, de celui qui vole pour survivre et des gens qui le massacrent parce qu’il les dépouille de leur strict nécessaire qui est le bourreau et qui est la victime ? Franchement…