Vita PIERRE

Écrire et transmettre l’histoire du féminisme par le Travail Social en Haïti…

« Je suis rentrée ignorante à l’Université, et voilà 4 ans plus tard, je suis ressortie travailleuse sociale et féministe… » Nombreuses et nombreux sommes-nous à porter dans ce monde ce discours peut-être.  En tout cas, j’ai bien pu observer durant ces deux dernières années à la faculté les débats autour du mouvement féministe. Nous avons été nombreux à avoir grandi sur le plan intellectuel, émotionnel au regard du respect des droits de l’autre. Je l’ai toujours dit quand j’émets une opinion concernant le respect des droits de l’autre, que respecter l’autre dans ses droits et ses opinions, c’est une question de maturité. J’ai été étonné, derrière les belles théories de la justice sociale, tel concept central du travail social, combien on était devenu MATURE. A la fin, telle est l’une des missions de l’Université, celle de nous apprendre à réfléchir, à penser, à ne pas se conformer à la réalité et plutôt d’apprendre à transformer en vu de mieux organiser la société.

A cet ordre, le travail social comme discipline des sciences humaines et sociales, ayant pour but la promotion du changement social, de l’accompagnement et de l’aide à l’épanouissement et au respect des droits des individus, est une discipline qui partage les valeurs universelles des droits de l’homme. Il s’inscrit aussi dans une lutte de libération des minorités (oppressées) dans la société, le travailleur social par l’éducation populaire peut dans une démarche de conscientisation aidé au dévoilement des tares, des vices, des problèmes sociaux dans la communauté. La lutte des femmes pour la reconnaissance pleine de leurs droits et la déconstruction des normes basées sur le genre dans la société interpelle le travail social, puisqu’il s’inscrit comme discipline  dans le respect des valeurs humanistes, démocratiques … qui doivent véhiculer dans la société. Avant l’Université, j’ai entendu cette phrase : ‘’On ne naît pas femme on le devient’’ Ecrite par Simone de Beauvoir dans le (Deuxième Sexe)) en 1949, cette phrase constitue l’un des prémices des études de genre, à une époque je l’ai entendu vaguement et l’ai répété innocemment. Aujourd’hui,  quatre ans plus tard, cette critique du genre, je l’ai compris, le partage et tient dans cette même logique d’un professionnel du social, qu’il soit clairement compris, que si la société a fait de nous femme à travers la construction du genre, aucune logique ne tient encore debout, dans une approche de respect des droits des individus, de liberté, de l’épanouissement de la personne face aux vécus lamentables des femmes oppressées dans la société. Et le travail social comme profession, s’inscrivant aussi dans cette optique de transformation et libération de la personne dit non à l’exclusion, la marginalisation, en somme non à l’oppression de la femme dans la société.

 Le genre en tant que construit social influe sur nos perceptions, nos représentations, nos comportements et nos rôles dans tous les domaines de nos vies. Encore trop peu reconnus dans les sciences sociales, il est pourtant nécessaire de le prendre en compte autant que le concept de « rapport de classe » en sociologie par exemple, concrètement ensuite dans le rôle normé des femmes et des hommes, ainsi que dans leurs manières de penser, dans leurs émotions. Il est donc nécessaire d’étudier ce contexte afin de pouvoir comprendre le cadre dans lequel émergent, puis évoluent les mobilisations sociales critiques du genre. Il existe à travers le monde, cette mobilisation pour l’autonomisation de la femme, le libre accès au monde du marché, libre droit de jouir des droits fondamentaux. Au niveau de recherche aussi, les travaux sont nombreux à travers le monde. Cependant, les exigences, les revendications et les souffrances des femmes sur la base du genre varient selon les sociétés. Ainsi, en Haïti, il s’agit bien de faire un travail au niveau des perceptions des femmes et au niveau des hommes, ce qui conduirait a un plus grand respect et accès des femmes a ce qui leur revient de droit. En tant que travailleur social, on peut donc s’inscrire dans cette démarche de dévoilement. Cependant, il nous faut des travaux scientifiques pertinents sur la question, prenant en compte nos réalités : la réalité de nos femmes haïtiennes. Mais, ou et comment faire de la recherche en Haïti ? Je vous laisse avec cette question, vous tous, jeunes finissants, aspirant chercheur, memorand et professionnels qui lisent ici…

 Le mouvement féministe en Haïti confronte à un grand et gros problème d’histoire tant auprès des femmes que des hommes, car la mémoire des luttes féministes a été peu transmise, d’où une faible appropriation de cette histoire par toutes les femmes et l’impression d’un éternel recommencement. Comme l’écrit Michèle Riot-Sarcey, cette «histoire discontinue […] a toujours été tenue en lisière de l’histoire traditionnelle ». Aujourd’hui encore, lorsque se crée un nouveau mouvement féministe, il n’est pas rare d’entendre chez elles un certain dénigrement des féministes « historiques ». Davantage par méconnaissance que par volonté de faire table rase du passé. Les femmes et les hommes ont besoin de connaitre l’histoire de ce mouvement : cette longue histoire féministe : celle des révolutionnaires, des suffragettes et d’autres mouvements.

Écrire et transmettre l’histoire du féminisme devraient aussi permettre d’éviter ces oublis et ces ignorances. La lutte pour la reconnaissance et l’autonomisation de la femme est inscrite dans cette logique humanistes et démocratiques, telles sont des valeurs partagées par le travail social, il n’en reste pas moins a dire que la lutte des femmes contre l’oppression du système patriarcat pourrait faire partie des champs d’intervention du travail social par rapport à sa mission de conscientisation.


Papa je te plains après 8 mars…

Cher papa,

Aujourd’hui encore, je fixe la vie et je voudrais crier quelque chose de divin comme cette éclosion du jour; mais je demeure encore paralysée par cette immense douleur.

Papa, tu t’es abusée d’une mineure, elle n’avait que 17 ans, elle était venue à Port-au-Prince pour tenter de cueillir l’espoir, elle me racontait encore hier la veille de sa mort alors qu’elle travaillait chez toi, tu l’as mise enceinte, ensuite pour être renvoyée de la maison après avoir refusée de m’avorter, maman me décrivait cette joie folle et délirante, qu’elle a eu quand finalement, madame Désira, la couturière de ta femme, sa marraine, l’a mise chez toi, elle était heureuse m’a dit-elle quand elle a réussi les examens officiels du Certificat.

J’ai ressenti, en recevant la fois dernière mon diplôme de docteure en Criminologie, cet attendrissement infini que maman a eu devant la splendeur d’une telle réussite au CEP, avant que tout se noya sous les eaux de la pédophilie, de l’abus et la cruauté.

Papa, venir à Port au Prince était le soleil de sa vie ! C’était son soleil papa ! Son aurore ! Le commencement de sa vie ! Le lever de ses espérances !

Je garde encore les brides de souvenirs de sa force, sa ténacité, sa foi dans la vie, son sens de responsabilité, je sais que maman, aurait tendu ses bras vers l’espace rayonnant de la vie, embrasser le futur et réaliser ses rêves.

Tu sais papa, maman était venue des provinces avec le rêve d’être avocate. Elle aimait la vie, elle avait foi en l’éducation tu pourrais en témoigner si tu veux quand elle était ta bonne et que tu payais les deux gourdes à l’école nationale BOURELI, elle était brillante maman pas vrai ?Hier encore j’ai entendu ma vieille tante, se loue d’avoir formée une jeune dame fière et responsable, cette dame qui n’a pas eu dans le cursus de son éducation et la formation de son caractère des cours sur le désir de plaire à l’homme.

Ces grandes femmes m’ont appris que je dois me défaire de cette représentation de la femme : faiblesse, abnégation, abdication de toute volonté dans les mains de l’homme, et de cette belle prescription qu’est l’essence de la séduction féminine de m’en défaire. Elles m’ont servi de modèle, ma mère, la courageuse marchandes de légumes dans les provinces, et ma tante cette institutrice d’école, elles m’ont appris à ne jamais faire complète abnégation de moi-même et ne pas vivre que dans mes affections, et après 8 mars papa , avec les amis, je tente d’y echapper!

 

Papa, je te plains !


Coeur Brisé pour la Saint Valentin

Cher journal,
Depuis ma dernière relation avec Gary, l’homme que j’avais passé 7 longues années de ma vie à aimer, chérir, adorer et idolâtrer je me foutais pas mal des gens et de l’amour. Chaque année depuis 5 ans je célèbre dans une grande tête à tête avec moi tous les 14 février la rupture de cette si grande et longue aventure avec l’homme qui a su tout m’apprendre. Il m’arrive même quelques fois 14 février de l’appeler pour le lui rappeler, lui rappeler la mort de mon cœur, lui demander s’il ne va pas venir déposer quelques gerbes en mémoire sur cette tombe qu’il a construit en moi. Cette tombe s’est construite jusqu’à ce qu’il m’y mette dedans un 14 février. Le jour de l’amour. Le jour du partage. Jour de la fête, tout ce qu’il a eu à me partager, c’était une fusillade en plein cœur : ‘’ Gabriella, une autre femme est enceinte de moi!’’
Depuis, cette minuscule phrase a eu l’effet d’un naufrage dans ma vie, je n’ai connu que des nuits, des jours de douleurs, d’amertume et de chagrin.
Ces dernières années si je ne m’étais pas convaincu qu’un jour j’ai aimé cet homme, qu’une fois j’étais prête à tout faire pour lui rendre heureux, que j’étais prêt à remuer ciel et terre pour voir son sourire s’illuminer sur son visage, je serais en train de dire comme beaucoup de personnes que ce satané amour dont on parle n’est qu’hypocrisie, que cela n’existe pas, que c’est un père Noel l’amour ! Tous les jours, je prie le ciel que ma douleur fasse autant que le père Noel, qu’elle me revienne et reparte le lendemain au petit jour, mais il arrive que cette déception soit présente dans mon quotidien, que le mal à force de durcir était devenu géant. Hypnotisée par ce désir de faire mes preuves, de me tailler une place sociale enviable dans ce monde compétitif, ma douleur certaines fois, est enfoui dans mes soucis professionnels.
J’ai appris, à me dire qu’il le faut. C’est un cycle qu’on doit suivre, pendant toute la procédure de notre socialisation, on a gobé les différentes lignes droites qui mènent à la réussite, en somme celles estime-t-on les plus juste, normale et louable : Education et Travail, je n’ai pas tenu tête à la société, je l’ai fait et de nouvelles passions arrivent dans ma vie : la quête du savoir, le succès, les voyages d’affaires. Le stress au boulot, les parties entre amis et collègues, ces rares weekends avec ma famille et surtout ces épisodes de jambes en l’air avec le mec qui ne reste pas et jamais plus que 3 mois dans ma vie étaient les meilleurs décors de mes jours. Il y avait toujours depuis une raison pour qu’ils partent ou que je les envoie balader car je n’en voulais pas de ces amours qui durent jusqu’à me casser la petite personne quand ils disparaissent.
J’ai cru trouver un instant la bonne voie, la voix de la libération criait en moi, la voie de ma féminité s’ouvrait et j’ai cru apercevoir les voiles d’un immense bonheur, mais ceci ce n’était pas la vérité. Ce n’était pas toute la vérité. Enfin, la vérité elle n’existe même pas, je viens de me rendre compte, il y a ce que je pense, ce que l’autre pense et ce que le reste du monde gardera en mémoire. Et toutes vérités ne sont suffisantes pour m’aider à y voir clair car, à l’heure, mon cœur depuis près quelques mois n’a pu se lasser de vibrer, mon corps rempli de frissons et ces noeuds qui me tiennent à l’estomac rien que de penser à lui, tous les matins je ne peux m’empêcher de lui dire bonjour. Ah ce mec, en vérité, il vient de balayer cette voile et hisser son propre drapeau car je lui vois flotter tous les jours en rose et rose, en amour et en amour. Je ne peux cesser de lui glisser ce ‘’Je t’aime MegDan.’’que je sous-entends être vrai.
Je ne l’avais pas prévu ça, je ne l’ai pas vu arriver cela : Je suis amoureuse. Ce 14 février, je ne vois pas de raison pour célébrer la mort de mon cœur, car ce dont je n’avais pas remarqué c’est qu’’il était bien ressuscité depuis bien du temps.
Toutefois, à toi je le dis cher journal, j’ai déjà un carreau de terre, ma tombe je me la construis moi-même dessus, j’espère juste que lui il ne va pas me briser le Cœur ni un 14 février, ni jamais, mais toutefois s’il le fait enterre moi, enterre mon Cœur un autre jour mais pas un 14 février car la Saint Valentin à partir de cette année je veux la fêter pleinement dans la joie, l’amour et le chocolat!
Joyeuse Saint Valentin cher journal.


Es-tu vraiment prêt à me quitter ?

Je t’ai filé ce salut sur ton Messenger il y a 20 mois, tout de suite tu m’as passé tes coordonnés. Bizarre ! En fin de soirée, on s’est enfin rencontré, entre potes autour de la bonne bière, nos gorges trempées dans du bon whisky, on festoyait. Quand je t’ai vu je n’avais pas prévu que tout cela allait nous conduire dans cette petite chambre, pas bien décorée, mais finalement qui a reçu la meilleure des prestations de baise que j’ai reçu, la meilleure que j’ai aussi offerte. Oh ! Bien loin d’oublier que le premier regard a abouti à la première baise. Mi- sucre mi- miel, mi- passion, mi- désir, je t’ai balancé cette phrase : « Trouve mon point G et fais-moi jouir pour la première fois stp », que finalement tu as gardé comme boussole pendant notre relation. Depuis, chacune de nos rencontres était scellée d’une prestation de baise bien dorée dans du plaisir de diable, et toi comme Christophe Colomb partant à l’aventure, mon corps comme mer, tes doigts magiques, tes lèvres sensuels, ton regard si doux comme outils et matériels de voyage, et ton engin Ou lala ! Le grand  bateau qui perce les eaux, traverse les océans, contourne les vagues, long voyage ! Non tu n’as pas découragé, que dire tu n’as pas éjaculé ! Tu continues là qu’aucun autre aventurier n’y a peut-être jamais pensé. Dit-on le fruit d’une passion, tu as vraiment découvert l’ile. Oh ! Avec toi chéri le plaisir est une ile.

Et tout cela après pour venir me dire que tu te rétractes car c’est le grand décembre : le mois des mariages. Qu’enfin tu vas l’épouser ? Tu sais  Gary, la femme que je suis, je n’aime pas de ne pas pouvoir résoudre les problèmes en amour, c’est pourquoi jusqu’avant toi j’ai refusé de tomber en amour, mais dans ma vie ailleurs j’ai appris que même quand la situation est désespérée il faut continuer à se battre, continuer à croire que l’on peut changer le cours des choses, qu’on peut retourner la situation en sa faveur et qu’avec un peu d’imagination on peut sortir de son chapeau une réponse inattendue à ses attentes, ses souhaits, ses vœux. Bien sûr aussi, avec toi ce que j’ai appris, il faut certaines fois savoir se résigner et accepter son impuissance, et que l’on aura beau tout donné mais ça ne servira à rien car la vie tient à nous faire comprendre qu’après tout il y aura ces situations qui nous échapperont et ses rêves que l’on ne pourra pas réaliser juste parce qu’ils ne tiennent pas compte de l’autre, juste parce que le seul cible dominant, exploiteur et central dans ses rêves c’est notre petit bonheur. Malgré cette belle approche philanthropique ce dont je pense il demeure d’un devoir de toujours prendre une décision, même si cette décision n’est pas parfaite, même si elle nous demande le plus grands des sacrifices. Gary, je ne me suis jamais prononcé sur ta relation avec elle, toi aussi sur la mienne avec mon fiancé, mais je te le dis ce soir c’était plus que de la baise entre nous, il n’est pas question qu’on se quitte moins qu’on se marie chacun de notre côté, la vie, l’amour, le bonheur on ne va pas la compliquer sur une feuille blanche. C’est décembre, mais ça ne doit pas être le mariage de tout le monde.

Quand tu auras lu ce papier sur le site, sache le je viendrai a ce mariage et te balancer cette stupide question : Es-tu vraiment prêt à me quitter ?


Es-tu vraiment prêt à me quitter ?

Je t’ai filé ce salut sur ton Messenger il y a 20 mois, tout de suite tu m’as passé tes coordonnés. Bizarre ! En fin de soirée, on s’est enfin rencontré, entre potes autour de la bonne bière, nos gorges trempées dans du bon whisky, on festoyait. Quand je t’ai vu je n’avais pas prévu que tout cela allait nous conduire dans cette petite chambre, pas bien décorée, mais finalement qui a reçu la meilleure des prestations de baise que j’ai reçu, la meilleure que j’ai aussi offerte. Oh ! Bien loin d’oublier que le premier regard a abouti à la première baise. Mi- sucre mi- miel, mi- passion, mi- désir, je t’ai balancé cette phrase : « Trouve mon point G et fais-moi jouir pour la première fois stp », que finalement tu as gardé comme boussole pendant notre relation. Depuis, chacune de nos rencontres était scellée d’une prestation de baise bien dorée dans du plaisir de diable, et toi comme Christophe Colomb partant à l’aventure, mon corps comme mer, tes doigts magiques, tes lèvres sensuels, ton regard si doux comme outils et matériels de voyage, et ton engin Ou lala ! Le grand  bateau qui perce les eaux, traverse les océans, contourne les vagues, long voyage ! Non tu n’as pas découragé, que dire tu n’as pas éjaculé ! Tu continues là qu’aucun autre aventurier n’y a peut-être jamais pensé. Dit-on le fruit d’une passion, tu as vraiment découvert l’ile. Oh ! Avec toi chéri le plaisir est une ile.

Et tout cela après pour venir me dire que tu te rétractes car c’est le grand décembre : le mois des mariages. Qu’enfin tu vas l’épouser ? Tu sais  Gary, la femme que je suis, je n’aime pas de ne pas pouvoir résoudre les problèmes en amour, c’est pourquoi jusqu’avant toi j’ai refusé de tomber en amour, mais dans ma vie ailleurs j’ai appris que même quand la situation est désespérée il faut continuer à se battre, continuer à croire que l’on peut changer le cours des choses, qu’on peut retourner la situation en sa faveur et qu’avec un peu d’imagination on peut sortir de son chapeau une réponse inattendue à ses attentes, ses souhaits, ses vœux. Bien sûr aussi, avec toi ce que j’ai appris, il faut certaines fois savoir se résigner et accepter son impuissance, et que l’on aura beau tout donné mais ça ne servira à rien car la vie tient à nous faire comprendre qu’après tout il y aura ces situations qui nous échapperont et ses rêves que l’on ne pourra pas réaliser juste parce qu’ils ne tiennent pas compte de l’autre, juste parce que le seul cible dominant, exploiteur et central dans ses rêves c’est notre petit bonheur. Malgré cette belle approche philanthropique ce dont je pense il demeure d’un devoir de toujours prendre une décision, même si cette décision n’est pas parfaite, même si elle nous demande le plus grands des sacrifices. Gary, je ne me suis jamais prononcé sur ta relation avec elle, toi aussi sur la mienne avec mon fiancé, mais je te le dis ce soir c’était plus que de la baise entre nous, il n’est pas question qu’on se quitte moins qu’on se marie chacun de notre côté, la vie, l’amour, le bonheur on ne va pas la compliquer sur une feuille blanche. C’est décembre, mais ça ne doit pas être le mariage de tout le monde.

Quand tu auras lu ce papier , sache le je viendrai a ce mariage et te balancer cette stupide question : Es-tu vraiment prêt à me quitter ?


 Regard sur la prison en Haiti.

 

   Détenu mais encore un humain.

 Bon nombre de fois dit-on que le chemin qui mène à la prison est semble-t-il le parcours ou la voie de la délinquance. La délinquance ici est difficile à définir selon l’approche sur laquelle on s’assoit pour la comprendre. Ici on garde la définition selon laquelle la délinquance résulte donc d’un processus de réaction sociale et est considérée comme une anomalie, manifestée par des actes d’immoralité, des symptômes de marginalisation et d’inadaptation (Maurice, 2005). Elle porte atteinte à l’intégrité physique, à la propriété, aux structures de familles, etc. Elle est assez visible pour susciter la réaction sociale (Wilson, 2005). La prison est un dispositif organisationnel et institutionnel complexe d’enfermement, c’est un environnement aussi bien humain que non humain inscrit dans le temps. L’incarcération et l’enferment opèrent, en effet, une saisie de l’individu dans sa corporéité en lui imposant un lieu et un temps institutionnels. Celui-ci vit une perte d’autonomie sous différents registres : se déplacer librement, manger à son goût, choisir ou éviter certaines fréquentations, disposer d’une intimité et d’une distance rationnelle protectrice suffisante, s’exprimer ou entreprendre, organiser son temps. Ce concept se fonde aussi sur son rôle de lieu de réinsertion des délinquants. Elle est une privatisation de la liberté associée à une fonction technique de correction des comportements anti-sociaux et est dans sa mission, l’action de la prison se base sur l’observation des délinquants à l’aide des méthodes anthropologiques, psychologiques et sociales. Sa mission est aussi de rechercher les méthodes de rééducation en internat susceptibles de réhabiliter le délinquant en vue de sa réinsertion dans la société. Lorsqu’une personne est accusé d’être en conflit avec les lois établies soit pour un délit ou un crime, dans sa mission la justice (le système judiciaire) a pour mission de l’interroger, de mettre en application les procédures légales afin d’arriver à la conclusion s’il est coupable ou innocent en passant par la  mise en garde à vue après mandat sauf en cas de flagrant délit, ensuite la détention provisoire  pour qu’enfin le jugement définitif statue sur son sort.

De la détention préventive prolongée en HAITI.

La question de la liberté de l’individu a toujours été au centre des débats dans le monde, à cet ordre, l’Etat a pour but de régulariser les conditions de mise en détention ou d’incarcération des individus étant l’organe dotée d’une exercice régalienne au sein de la société et par-dessus tout dans sa politique de protection à travers ses institutions de justice est de faire respecter la loi. La détention provisoire relève du pouvoir judiciaire, elle est par définition selon Jean  Pradel : « la détention  provisoire est l’incarcération d’inculpé en maison d’arrêt pendant tout ou une partie de l’instruction  préparatoire jusqu’au jugement définitif sur le fond de l’affaire. » En dépit des fautes graves qu’on reproche aux personnes en conflit avec la loi, en Haïti comme partout, les droits des détenus sont au cœur du dispositif procédural qui régit le fonctionnement de la justice haïtienne. Le mandat de dépôt, titre de la détention préventive y occupe une place éminente. En effet, le législateur a pensé à la personne du délinquant. Selon la constitution haïtienne du 29 mars 1987, respectivement en ses article 26 et 26-1 : « Nul ne peut être maintenu en détention s’il n’a comparu dans les quarante-huit (48) heures qui suivent son arrestation par devant un juge appelé à statuer sur la légalité de l’arrestation, et si ce juge n’a pas confirmé la détention par décision motivée ». Et d’autre part l’article 26-1 déclare : « En cas de contravention, l’inculpé est déféré par devant le juge de paix qui statut définitivement. En cas de délit ou crime, le prévenu peut sans permission préalable et sur simple mémoire, se pourvoir par devant le doyen du tribunal de première instance du ressort qui, sur les conclusions du ministère public, statue à l’extraordinaire, audience tenante, sans remise ni tout de rôle, toutes affaires cessantes, sur la légalité de l’arrestation et la détention ». Il s’agit ici non de porter ce regard critique sur le rôle de la prison dans la société, moins de faire une analyse sociologique des caractéristiques de la prison mais toujours dans une perspective du respect des droits, du respect de la justice et des droits de l’homme de pousser un cri d’alarme pour dire haut fort même dans une logique conservatrice et traditionnelle sur le comportements irreverencieux des individus : ces détenus ont aussi leurs droits à  respecter.

Du respect des Droits de ces détenus.

Malgré tous les prescrits constitutionnels, les droits des détenus sont encore foulés aux pieds et il faut dire que les conditions de détention font toujours l’objet de grand débat tant sur le plan national que local par des organismes de droits humains. Il est pratiquement impossible de quantifier avec précision les détentions préventives en Haïti. Certains pensent qu’elles devraient non seulement tenir compte du temps qu’un individu passe en prison, suite à un mandat de dépôt émis par un juge, mais également du temps passé en garde- à- vue. (Wilson, 2005). Pour ainsi de droit, il est légalement reconnu les droits de cette population dite population carcérale à travers les différentes lois et d’autres prescrits mais de fait, dans la plus vielle pratique les droits de ces personnes sont encore au dérisoire. Il revient à tout prix de jeter un regard sur leurs conditions. La délinquance est un facteur déterminant du comportement de certains individus. Elle n’est qu’un signe extérieur, privilégié mais pas exclusif de la mentalité sociale. C’est une manifestation pathologique de la nature humaine que l’on peut combattre à l’aide des principes moraux, philosophiques et religieux. Elle peut être réelle ou apparente et obéit à des facteurs généraux ou des causes individuelles. Plusieurs formes d’interventions sociales se dessinent à partir de diverses conceptions de la délinquance. Le délinquant peut être un coupable à punir, un marginal à assister, un irresponsable à rééduquer, etc. L’action sociale oscille donc entre le traitement, la correction et la promotion. Dans le cas où le délinquant est un coupable à punir ou un accusé à statuer sur le sort par le biais de la procédure légale, du respect de la justice et des dispositifs légaux, l’Etat par le biais du ministère de la justice et de la protection doit se renforcer en vue de permettre une amélioration dans les conditions de traitements et du respect des droits des détenus au regard du droit interne, faire respecter les délais légaux dans le cadre des enquêtes tel que prévus par le code d’Instruction Criminelle , systématiser tous les dossiers des détenus et également du droit externe à savoir les droits humains , faire respecter les droits civils et politiques de la population carcérale et surtout la mise en place d’un budget équilibrée pour l’entretien de cette institution et l’application de toutes les conventions sur le respect des droits des personnes en prison dont Haïti est partie.

 

.

 

 

Rapport, Sensibilisation sur les droits fondamentaux des détenus, le procès équitable, Me Gervais CHARLES.

Maurice CUSSON, Entre Plaisir et Crime, Montreal, QC : ed Hurtubise,2005.

Roosevelt LOUIS, Plaidoyer pour le respect des droits des détenus, mémoire, 2003.

Lovelie JEAN LOUIS, Plaidoyer pour le respect des droits des femmes en détention, mémoire, 2015.

 


Haïti, travail précaire et exclusion sociale

   Dans tous les coins du monde, pour se réaliser complètement, l’être humain doit inévitablement se doter de la capacité de répondre à un ensemble de besoins afin qu’il puisse s’intégrer dans la structure sociale. Pour répondre à cette condition, le travail comme activité de production de richesses ou de services se constitue comme l’un des moyens pouvant permettre à l’individu de jouir d’une certaine reconnaissance et de tisser des liens à l’intérieur du tissu social. Ce qui sous-entend que le travail se révèle comme l’un des éléments d’appartenance d’un individu à la société. Cependant, le travail ne répond pas toujours à sa fonction d’intégration et de reconnaissance qui lui est assigné : c’est le cas par exemple du travail précaire qui est une sorte de déviation du rôle social du travail (Paugam : 2000). Selon Rogers (1991), le travail précaire se définit comme un emploi qui n’est pas régulier et permanent. Ce concept multidimensionnel recouvre plusieurs aspects. Le premier aspect est relatif à la continuité du travail ; les emplois sont de courtes durées et leurs renouvellements sont incertains. Le second aspect concerne la notion de contrôle du travail ; la sécurité du travail n’est pas assurée parce que les travailleurs ne contrôlent pas les conditions de travail, de salaire ou de rythme de travail. La troisième dimension de la notion de précarité se focalise sur l’idée de protection qui englobe la couverture sociale, la lutte contre la discrimination, les licenciements injustes ou des conditions de travail inacceptables. La dernière dimension est celle du revenu : les emplois précaires sont peu rémunérés dans un contexte de pauvreté et d’insertion sociale défavorable. Serge Paugam se situant d’un point de vue microsociologique dans sa théorie de la disqualification sociale présente le travail comme principal élément d’insertion des individus dans la société. Selon lui, la disqualification est un processus par lequel les liens d’un individu à la société s’affaiblissent progressivement en passant par des étapes de fragilités, de dépendance puis de rupture. Paugam montre qu’un individu au chômage a des chances d’entrer dans un processus qui le mènera progressivement à la marginalisation par la perte de la reconnaissance d’autrui. En effet le travail précaire comme activité à temps partiel, temporaire, contractuel, saisonnier et occasionnel n’est-il pas un chemin menant à l’exclusion sociale ?

Du travail précaire en Haïti.    

On comprend bien que l’emploi, comme forme principale du travail, est considéré comme le fondement de l’existence. La précarité relève du caractère de ce qui est fragile, c’est donc un travail dont la durée n’est pas assurée : elle est instable, passagère. La situation est telle en Haïti que la majorité des emplois ne permettent pas aux personnes et aux familles d’assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. Il se dégage une forme d’insécurité dans les conditions de vie en Haïti, ce qui peut amener à des conséquences plus ou moins grave et définitives. Cette précarité dans les emplois par rapport aux revenus, les conditions de travail et l’incertitude dans les contrats, ceci peut conduire cette majorité à des situations de grande pauvreté. Les situations financières compromettent gravement les chances des Haïtiens de reconquérir leurs droits et de réassumer leurs responsabilités par eux-mêmes dans un avenir prévisible. Le travail et les revenus sont des conditions évidentes pour placer l’individu dans la société dans la zone de sécurité. 

De la pauvreté et de l’exclusion sociale en Haïti.

La pauvreté est cette situation où l’individu manque de moyens matériels, d’argent et de ressource. Personne n’a besoin de se faire rappeler que l’on vit dans un pays pauvre ou les conditions minimales d’existences sont à déterminer. Considérant les indicateurs tels que le salaire ou le revenu (logement, emploi, santé), la situation omniprésente de pauvreté en Haïti aide à comprendre que la majorité de la population vit donc au seuil de la pauvreté. Pauvreté en ce sens est défini comme cette situation de vie des individus qui n’ont pas pu répondre à leur besoin (logement, santé, éducation, loisirs) et que même à partir d’un salaire, ils n’arrivent pas à subsister à leur existence. Ainsi nous comprenons que l’une des caractéristiques de ceux qui sont dans des emplois précaires, c’est qu’ils vivent dans des situations de pauvreté ou tendent à vivre un jour dans cette situation de pauvreté si la donne ne change pas.

Comprendre l’exclusion ici au sens de Paugam c’est parler de la disqualification sociale en Haïti, c’est donc se référer à ceux qui sont tenus à l’écart par cet affaiblissement ou cette rupture dans les liens entre l’individu et la société au sens de la perte de protection et de la reconnaissance de ces derniers. C’est donc ce cas où l’individu est très vulnérable face à l’avenir. Il est dans un travail qui ne procure aucun estime de soi, qui ne garantit aucune condition de survie. C’est être dans un emploi qui répond si faiblement à vos besoins que l’on se sent exclu par rapport aux normes d’existence dominantes au sein de la société. C’est ici qu’on peut attribuer à cette situation dans le terme de Serge Paugam de l’invasion dans la société haïtienne d’une forme de pauvreté dont celui-ci appelle ’’pauvreté disqualifiante’’. Cette forme de pauvreté étant susceptible de se développer dans des sociétés confrontées à une forte augmentation du chômage et des statuts précaires sur le marché du travail. Contextualisant le cas de notre pays Haïti, il revient donc de parler d’une pauvreté disqualifiante par rapport aux emplois précaires. Ainsi l’exclusion est alors au grand jour et constitue une crainte collective car elle touche une grande proportion de la population. Cependant, ce qu’il faut comprendre de cette situation, c’est qu’on peut noter la précarité dans les emplois soit par l’incertitude dans les contrats (durée indéterminée), soit dans les conditions physiques de travail (conditions inadéquates de travail), soit par la question du salaire (salaire précaire), soit également des situations ou les trois se combinen. On voit cette catégorie de personnes bien spéciales qui touchent le plus : ce sont ces personnes qu’on voit comme ménagères, comme ouvriers dans les industries, comme bef chenn… On peut constater aussi qu’ils habitent les milieux défavorisés, marginalisés et stéréotypés. Pour eux, on voit donc que précarité, pauvreté et exclusion se confondent, et c’est à ce niveau que Paugam nous parle donc de pauvreté disqualifiante (insatisfaction au travail et instabilité au travail), ce cas ou l’individu travaille pour un salaire exécrable, dans des conditions humiliantes établies sur une certaine incertitude dans le contrat. En bref, un travail qui ne donne pas à répondre aux plus simples besoins élémentaires et fondamentaux.

A cet ordre nous constatons que le travail précaire est susceptible de faire chuter l’individu dans la hiérarchie sociale et peut conduire à l’exclusion. De ce fait, pour empêcher ce décrochage par rapport à la dynamique sociale en Haïti, l’instauration d’une politique prenant en compte les inégalités socio-économiques et culturelles est nécessaire. Ce qui permettra de donner à tous l’accès aux droits sociaux fondamentaux afin que puisse anéantir le processus de reproduction sociale, car les individus en situation de travail précaire (bef chenn, ramasseurs d’immondices, femmes de ménage) viennent le plus souvent des classes sociales défavorisées. De plus, une politique d’inclusion doit être instaurée afin d’assurer l’insertion professionnelle des jeunes diplômés issus de toutes les classes sociales et pour se faire il devrait y avoir dans ce contexte une prise de conscience et une crainte collective du risque d’exclusion, étant donné le nombre grandissant des personnes tombant dans cette catégorie, par les autorités responsables ainsi que la classe pensante.

 

 
 
 
Bibliographie
  • Vents d’Ouest : 255-294.
  • Paugam Serge, «Les formes contemporaine de la pauvreté et de l’exclusion en Europe » Etudes rurales [En ligne] ,159-160/, mis en ligne le 09 mars 2006, consulté le 1 septembre 2016.URL :http//:etudesrurales.revues.org/70.
  • Paugam Serge (1991). La disqualification sociale. Essai sur la nouvelle pauvreté. Paris : Presses Universitaires de France, 254 pages.
  • Paugam Serge(1998), Les formes contemporaines de la pauvreté et de l’exclusion, Le point de vue sociolgique.In : Genèses, Femme, famille, individu, pp.138-159


Pour une meilleure journée mondiale des jeunes

Contente de remarquer, principalement à travers les réseaux sociaux, l’ensemble des manifestations autour de la journée mondiale de la jeunesse, ce vendredi 12 Aout. Je félicite surtout l’initiative du premier symposium de la jeunesse organisée en Haïti, vite on comprend que la jeunesse en tant que tranche d’âge construit sa légitimité en termes de représentation comme groupe d’individus pouvant participer à l’élaboration du projet de développement dans la société haïtienne. Sans doute a-t-on abordé des questions liées à l’épanouissement de la jeunesse, autonomie, développement et autres, à cet ordre d’idées pour une meilleure journée mondiale des jeunes, mon regard s’est tourné entre temps sur les jeunes en prisons. Ces jeunes sont donc représentés comme des jeunes délinquants alimentant le phénomène de délinquance,  délinquance juvénile définit quant à elle, comme étant l’ensemble des « infractions commises par les adolescents, punissables aux termes du code pénal et causant un dommage évident à autrui (Cusson, 1989 : 13) . » Ces jeunes en prison constituent donc un groupe marginalisé, qui aujourd’hui sont des morts civils et politique, et sont des exclus de l’élaboration du projet de société qu’on vente tant. Mais comment peut-on pallier à ce phénomène et inclus plus de personnes possibles dans le système social, comment ne plus laisser personne en marge ?

La délinquance juvénile à combattre.

Jeunesse libre!
Jeunesse libre!

La délinquance juvénile est l’un des plus grands fléaux dans la société de nos jours, ce phénomène est très complexe. De manière générale, le discours sur la jeunesse produit des considérations contradictoires. Porteuse d’espoir et de potentialités, la nouvelle génération est tournée vers l’avenir et représente la société de demain pense certains, a l’inverse, en tant que nouvelle génération, elle se développe à l’encontre de l’ancienne et impose de nouvelles normes, de nouvelles références, qui sont un danger pour l’ordre établi. La délinquance juvénile, problème générationnel s’il en est : il semblerait qu’à toutes les époques, la jeunesse ait pu représenter un trouble, voire un danger, une menace à gérer. Cette conception double de la jeunesse articule le débat sur l’incarcération des mineurs, considérés comme des fauteurs de troubles et déviants, les jeunes délinquants sont punis sans clémence avant qu’ils ne s’engagent dans un véritable « parcours déviant » dont on ne pourra pas les extirper. Comme nous l’avons dit, la délinquance juvénile comme voie qui conduit à l’incarcération doit être au centre des politiques de société, et la lutte contre la délinquance juvénile en Haïti est portée surtout sur la répression. Mais s’il faut comprendre avant tout que les mineurs sont des délinquants certes, mais ils sont surtout des individus en construction, qui manquent encore de repères et de références, les mineurs de justice sont avant tout des enfants que l’on doit protéger (notamment de leur cadre familial, ou de leur environnement social), peut-on dire que l’incarcération des mineurs délinquants est la réponse a la délinquance juvénile ? Peut-on résumer la question de la délinquance des jeunes mineurs par le Droit ?

Aborder la question de l’incarcération avec le Travail Social.

En Haïti, Les débats sur le « juste » et le « bon » à propos du traitement de la délinquance juvénile intéressent dans une moindre mesure le travail social comme discipline ayant comme souci la promotion de la justice sociale, ici il revient de comprendre que la redistribution inégalitaire des capitaux dans la société ( social, économique et culturel) n’ont que pour effet de générer des problèmes sociaux tel que la délinquance juvénile, le travail social dans un premier temps dans le cas de ce sujet a pour le moins le mérite d’éclairer  les lanternes sur la question de l’injustice sociale dont la majorité des mineurs sont donc victime, et amener à se poser des questions surtout sur les trajectoires de vie des jeunes et des mineurs en prison. Qui sont généralement les mineurs en prison ? D’autre part, la décision d’incarcérer est-elle socialement sélective ? Ne touche-t-elle pas majoritairement les franges les plus marginalisées et désaffiliés de la population ? Que révèlent les études des mandats de dépôt décernés au Tribunal sur les profils sociaux de ces détenus mineurs ? N’est-ce pas les mineurs issus des « classes inférieures » de l’espace sociale, en difficulté scolaire, ou non insérés dans des filières professionnalisant, et qui ne vivent avec leurs parents biologiques qui font le plus l’objet de ce type de réponse pénale. N’y a-t-il pas une certaine homogénéité dans les profils sociaux de ces mineurs incarcérés ?

Après tout, étant une profession qui se distingue de nombreuses filières des Sciences humaines et sociales ayant comme objet d’étude généralement individu et société, le Travail social a cet ordre doit se faire remarquer pour son côté pratique, il revient surtout à des professionnels de Travail Social, de participer dans des mesures éducatives surtout pour ces jeunes. Leur rééducation et leur insertion doivent constituer les nouvelles stratégies pour pallier à ce phénomène car comme nous le dit Loïc Wacquant la privation de liberté des individus dans un pays démocratique ne peuvent se justifier que si on les rend meilleurs pour la société.

Pour une meilleure journée mondiale des jeunes, luttons pour la justice sociale.

 

 

 

 

 

 


De notre amour pour nos métiers

Je me rappelle il y a 4 ans, soit en juin 2012, j’ai terminé mes études secondaires. Prête pour entrer à l’Université, une grande question s’imposait entre moi et mon avenir : qu’est ce que je dois apprendre comme métier ? Ce n’est pas comme si je ne connaissais pas mes compétences et mes goûts mais le souci principal était bien d’apprendre un métier qui pourrait facilement me permettre d’accéder au monde du travail. Apprendre un métier c’est commencer par tracer la voie de son autonomie, son indépendance financière et devenir cet adulte responsable de soi-même. Après tout, c’est ce que les parents attendent aussi, ainsi que la société pour le dire à voix haute : Oh la fille de Madame X a réussi, à peine terminé avec la médecine ou le Droit … elle a décroché un super boulot, Waw extraordinaire ! Je me suis retrouvée dans cet embarras, il n’y eu réellement pas un travail d’orientation professionnelle qui a été fait, et sur les lèvres de presque tous les bacheliers, on entend citer cette liste de métiers si restreinte qu’on n’avait pas le choix que d’opter pour l’un d’eux car ce sont les métiers qui sont les mieux représentés et plus connus dans notre société. Ceux qui sont les plus prestigieux. J’ai opté pour la médecine finalement, nous étions un groupe d’amies Valencie, Asnate, Simone, Berlie, Lovelie et moi. Nous voulons être médecin. Bien sur les parents ont bien reçu la nouvelle, nous avons consacré un mois à la Préfac pour la préparation des concours d’admission dans les entités de l’Université d’Etat d’Haïti. Moi, personnellement j’étais cet élève brillante en lettres en secondaire, malheureusement jusqu’à aujourd’hui je n’ai jamais eu des personnes pour m’aider à comprendre que les lettres sont une carrière, en tout cas il fallait être médecin. Passé les concours, admises en sciences et Technologies, Simone et moi au Campus de L’UEH à Limonade, nous avons entamé notre première année propédeutique pour devenir ces Médecins que nos parents seront si fiers. A un certains moment de la durée, je vais saisir que mon rêve est d’être Avocat, et c’est la que j’ai décidé de m’inscrire a une autre faculté : La faculté de Droit et je me suis dit que je vais être médecin pour mes parents et Avocate pour moi. Après une bonne session, mon amie et moi, nous allons découvrir que nous ne sommes pas fait pour ce profil de médecin, nous n’arrivons pas a nous adapter à l’ambiance et au cours dispensé. Du coup nous nous sommes faits inscrits en Sciences humaines et sociales et là encore une grande question nous est revenu : Quelle spécialité nous intéresse, la sociologie, la psychologie, les sciences politiques ou le travail social ? Puis une grande campagne s’est ouverte pour parler de ces métiers du social. Et dans cette ambiance mon cœur commence à prendre chair, a prendre forme, j’ai eu à entendre ces concepts qui captent mon attention comme la Justice dans le Droit, dans le travail social et la sociologie, des concepts comme problème social, justice sociale, société etc. Et mon intérêt se portait tout de suite vers la sociologie et le travail social. Maintenant pour faire mon choix, il fallait que j’aille délimiter chacun de ces champs et voir sur lequel peser le pour. Adhérée a l’idéologie qu’il nous faut plus que des mots, plus que des analyses, après les réflexions il nous faut l’agir, le grand jour a donc accouché le Travail Social pour son coté très pratique dans le domaine du social. J’avais saisi aussi qu’en Haïti, il est difficile de parler de profession du social, tant que les politiques sociales nationales accordent peu de place au traitement des problèmes sociaux comme le chômage, la protection citoyenne : droit au logement, encadrement des enfants, des handicapés etc. mais j’ai quand même fait le choix, parce que j’ai aussi compris la dimension politique de ce métier, cette discipline qui se cherche en Haïti qui est le Travail social peut se constituer comme un assaut de lumière au sein de la société pour prendre position dans cette structure de rapport de force pour enfin faire émerger la pensée sur l’importance des métiers du social en Haïti. Aux bacheliers et bachelières je ne saurais pas terminer sans vous parler du Travail social.

Quid du Travail social ?

Le Travail social est une discipline scientifique qui a pris naissance dans les tournants du XIXe siècle, son irruption dans le monde social que ce soit en France, aux Etats-Unis ou au Canada est liée aux différents problèmes sociaux que confrontaient ces sociétés d’alors. À ses débuts, cette profession était surtout marquée par l’emprise des activités religieuses. Cependant, avec l’apport de Mary Richmond et de Jane Addams, le travail social va connaitre une grande émancipation en se libérant des pratiques caritatives et religieuses pour enfin s’acheminer vers la scientificité, et aujourd’hui il est reconnu comme une profession qui cherche à promouvoir le changement social, la résolution de problème dans le contexte des relations humaines et la capacité et la libération des personnes afin d’améliorer le bien-être général (…) (Association internationale des écoles de Travail Social/ Fédération internationale des travailleurs sociaux, 2001).

Du point de vu de l’intervention (la pratique).

Pour atteindre son objectif dans le milieu pratique, les travailleurs sociaux mobilisent un ensemble de théories émanant des sciences humaines et sociales dont la sociologie, la psychologie et la psychosociologie qui offrent un modèle d’explication de la réalité sociale et qui permettent du coup à un intervenant d’élaborer une planification explicite de son intervention. Diverses méthodes sont à la disposition des Travailleurs sociaux pour affronter le milieu pratique qui s’avère très complexe. Il en existe divers types d’intervention : l’intervention communautaire, l’intervention en groupe et l’intervention individuelle, le travail social investit dans le milieu pratique à tous les niveaux. Ce qui constitue sa spécificité par rapport aux autres champs des sciences humaines et sociales.

De mon amour pour le Travail social.

J’ai surement déçu mes parents qui n’ont pas encore réellement saisi le sens de ce que je fais et peux faire comme travail dans la société de part la méconnaissance de cette discipline en Haïti et ces mots je cite de mon papa : Dim byen sa wap aprann saw ka fe avel, ki kotew ka travay avel ?, j’aimerais bien lui répondre que le Travail social papi on peut travailler partout, des qu’il y a des individus. En fait c’est en partie vraie, mais j’ai bien peur qu’il ne pense que je m’en moque bien de ses soucis. Aujourd’hui Valencie GELIN et Asnate DEZULME s’apprêtent à boucler des études brillamment en Génie Civile. Oh la les filles, merci pour ce choix de ce métier étiqueté comme métier d’homme, vous avez pu faire la rupture avec cet ordinaire. Mon autre amie mondoblogueuse Berlie JOSEPH est cette brillante Avocate, Gestionnaire que le pays aura la joie de compter dans les deux prochaines années. Lovelie SENEXANT est étudiante en Bio-Chimie au Canada, elle deviendrait peut être dans quelques années cette haïtienne au Canada qui aurait découvert cette nouvelle formule en chimie (rire). Et Simone Phernanda LEDIX est cette assistante sociale qui serait peut être dans peu de temps cette spécialiste de l’aide a l’enfance car ses travaux de recherche y sont orientés. Et moi je suis juriste aujourd’hui, Travailleuse sociale orientée par mes élans humanistes et les valeurs partagées comme : la justice sociale, l’équité et Mon désir de voir pallier la faim dans mon pays et la pauvreté, aussi mon souci de vivre un jour l’intégration sociale de toutes les couches. Finalement on était 6 filles dans le groupe, on n’est pas Médecins mais on aime ce qu’on fait.

 


Journal d’une mineure incarcérée

prison

Désolée maman, désolée papa. Désolée quand même, même si là où vous êtes, vous ne m’entendrez pas. Aussi désolée la société, toi qui me regarde comme une délinquante. A 16 ans, je suis déjà une criminelle pour toi. Oui bien sûr, en détention provisoire, jusqu’ici, j’ai le droit d’être vu comme une innocente, vu que le doute doit être toujours en faveur de l’accusée et que la personne en détention est présumée innocente jusqu’à son jugement définitif.  Je suis encore innocente chère société, alors arrête de me pointer du doigt comme si j’étais la plus monstrueuse des meurtrières, des voleuses, des déviantes, des délinquantes ? Aussi, ne dit-elle pas cette loi que cette personne (l’accusée) a des droits et des devoirs ? Oui vraiment ! j’ai encore des droits justement en y pensant. Quel droit ? Le droit de ne pas jouir de mes droits civils, sanitaires et culturels ? Le droit d’être cette orpheline depuis 10 ans qui se bat corps et âme pour sa survie ? Hein, dis-moi chère société, toi qui juge en tout temps et en tout lieu, qui ne se penche que sur l’état des faits tout en ignorant tout le processus, toute l’histoire et la réalité que ceux-ci amènent derrière eux.

Je ne veux pas laisser passer le temps sans dire au monde qui suis-je réellement. Au fond, chère société, je suis une délinquante mais une délinquante de survie. Petite j’ai voulu être avocate, écrivain et peintre. J’ai un instant rêvé de faire arrêter le temps avec la magie des mots, de décrire la plus belle histoire d’amour sur une toile de teinture jaune et grise et surtout de faire chanter et baiser la vie comme ma mère et mon père l’ont bien raté. Mais dommage, j’ai juste eu le temps de faire tourner la vie dans le sens inverse du bonheur.

Aussi chère société, je n’ai jamais rêvé d’être cette prostituée quelques soirs du coin de la rue au bord du marché à la rue 13 J. Je n’ai pas aussi voulu regarder dans le sac de cette marchande, cet argent je n’ai pas choisi de tout voler mais l’occasion s’est présentée, j’en ai profité mais c’est en pensant à demain que je l’ai fait, avant même de commencer l’acte, dans mon premier rêve, dans mon intention, je me suis dit avec cet argent, demain je me reposerais, j’irais enfin me prendre un petit plat à 50 gourdes. Oh oui ! Et puis pour le reste je vais essayer de commencer le petit commerce que Madan Sylvia m’a toujours conseillé. Oups !!!! Voyons, il faut dire que je n’avais pas encore pensé à ce que je vais vendre. Je ne connaissais pas encore de combien est le montant. De toute façon c’était des projets qui me passaient par la tête tout en rodant près du tablier de la marchande. Voler était plus risqué, je savais tôt ou tard qu’un jour je me ferai humiliée, prise, incarcérée, battue et même tuée mais c’était moins dure que de me prostituer. Je ne pouvais plus à un certain moment supporter la bave de ces vieux qui me lèchent tout le corps et me pénètrent sous les tables du marché. Les tables pleines de senteur d’épices, de viandes, de poissons. Ces tables, mes lits ont fini par me répugner ! J’étais mineure, je n’avais pas de carte d’identification, je suis sûre que j’étais très bonne dans la sucette car ce vieux marchand sympathique, vendeur de glaçons tous les jours à la rue 10 A, revenait les soirs régulièrement, prendre une belle pipe pour ces 20 gourdes, parfois il m’en donnait 25. De toute façon, je préfère croire que c’est parce que j’étais bonne qu’il revenait au lieu de penser que ce n’est que parce qu’il n’avait pas d’autre option. Mes courbes arrondies, quand je me soigne un peu pourraient bien me valoir le titre d’une prostituée fraîche et jeune, en fait toute cette déduction sur mon charme c’est encore le vieux qui me fait certains compliments, aussi Madan Sylvia me dit tout le temps : ‘’ Ou gen bel ti bout anba, pa lagel a la driv’’, mais dommage aucune boite de nuit n’allait me recruter.

Chère société, je suis une délinquante mais je souhaiterais bien savoir ce que tu as fait pour pallier à ce phénomène ? Et oui, l’on interdit la prostitution des mineures, mais que fait-on pour encadrer ces jeunes-là dans ce pays ? Qu’en est-il de leur avenir suivant l’ordre du projet de société ? Ah oui projet de société ! quelle belle phrase ? Quelle politique d’insertion et d’encadrement pour cette catégorie ? Ou sont les centres de redressement pour les jeunes mineurs comme moi, déviés par la routine du quotidien, manque de perspective ont fait choix de la voie néfaste ? On m’a arrêté parce que j’ai volé, et j’ai volé parce que j’avais faim. Et j’ai faim parce que je suis une orpheline et que je n’ai personne pour me donner à manger. Trop jeune j’ai choisi la voie facile, la voie néfaste, voler, mendier, me prostituer.

Il m’est venu en tête de vous dire que certains prisonniers devraient être appelés des prisonniers étatiques. Oui L’Etat en fait des prisonniers. L’Etat dans mon pays et l’état de mon pays ont fait de moi une prisonnière, délinquante et criminelle. Que de pauvres gens derrière les barreaux, je me demande si l’on se pose parfois la grande question d’ordre de la sociologie carcérale : pourquoi tant de pauvres en prison ? Qui sont les responsables de cette reproductivité de la pauvreté. Les pauvres ou L’État ? Si l’État en fait des pauvres, qui violent les lois et commettent des injustices en retour, ne doit-on pas estimer que c’est injuste que le pauvre soit pauvre ? Alors chère société, toi qui a institué l’État, quand vas-tu arrêter de me pointer du doigt comme une déviante et commencer par t’arrêter toi-même ? Que dire ! arrêter de mal fonctionner. Arrêter de faire l’injustice par la justice. Quand est ce que ces innocents pourront enfin être libérés ? Quand vas-tu penser sur le sort de ces jeunes sans directive, livrés à eux-mêmes ? Ceux qui ne sont pas encore arrêtés, auront-ils la chance d’être enfin insérer dans le système social pour ne pas finir comme moi ?

Enfin chère société, dans cette petite cellule, on m’enlève le meilleur des droits, le droit à la liberté mais enfin je finis par aimer la prison. Ici, on n’a pas d’illusion, on sait qu’on est pas libre, on connait déjà comment demain sera : Du maïs tous les matins, de la bouillie le soir, je jouerais un peu aux cartes avec les majeures au cours de la journée ou je me ferais faire des tresses par la nouvelle incarcérée, aussi mineure et je vais enrichir mon vocabulaire de gros mots, les ainées en sont des spécialistes.

A quand ma libération ? Pas de réponse à cette question, je termine ma page chère société, tu es trop injuste !

 


La Jeunesse doit vivre et exister

Jeunesse rime aujourd’hui avec exclusion. La situation actuelle des jeunes semble en phase avec ce mot, l’exclusion est devenue une notion familière quand il s’agit de parler d’eux (Bjenk Ellefsen, citoyenneté, jeunesse et exclusion, 2000). À cette réalité nous ne sommes pas des exceptions dans la société haïtienne. Grandir, se construire comme sujet pensant, s’être inscrit dans une filiation, dans une histoire et une culture est un processus qui balance entre intégration et exclusion et
s’intégrer doit être compris dans le sens de se reconnaître semblable aux autres, et en même temps se différencier des autres. L’identité, la personnalité se bâtissent dans la nécessaire différenciation des places mais ce qui est capital du point de vue de l’intégration et de l’identité personnelle c’est non pas de vivre mais d’exister. L’existence, au sens étymologique « Ek/sistere », c’est se mettre en mouvement, quitter l’état de statue et l’existence c’est penser sa vie, non sur un versant dépréciatif mais dans une projection de désirs et de réalisations de projets. L’existence c’est le rapport aux autres, le regard des autres, la pensée, la parole, la création.
Lénine dans ses textes sur la jeunesse a dit que : « Les jeunes sont la génération montante de la société. Ils sont les porteurs actifs de toutes les fonctions de la société de l’avenir. ». Certes, selon la formule de Bourdieu, la « jeunesse » n’est qu’un mot, il explique qu’en France : il y a des jeunesses avec la consommation, d’études, de lieux de vie, d’expériences incomparables. Mais, pour autant, la diversité des jeunesses ne doit pas occulter ce qu’elles ont en commun, ici on peut comprendre que notre jeunesse ne doit pas s’échapper de cette perspective de se réunir autour d’un idéal commun malgré les divergences afin de mener la lutte pour leur épanouissement et le respect de leurs droits (civils, politiques, culturels, économiques) qui permettra leur pleine intégration sociale, leur insertion sur le marché du travail afin de s’échapper de la grande misère qui frappe fort aujourd’hui dans leur clan et cette intégration sociale dont ici nous nous referons doit être comprise comme ce processus pouvant permettre aux individus d’être en mesure de participer à l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet de société.
D’ordinaire plus touchés par le chômage que les autres actifs, les jeunes sont les premières victimes d’une crise économique dont la virulence ne fait qu’accentuer le caractère alarmant de leur situation jusqu’ici. En Haïti, selon le rapport de développement Humain en 2013 en 2010 l’âge médian était de 21,5, soit 22,7% de la population entre 15 et 24ans et plus de la moitié de la population a moins de 21ans, a cet ordre les jeunes constituent le tapis social haïtien et est-il immanquable qu’ils doivent faire partie des acteurs qui doivent porter la nation vers l’émergence. Ainsi aujourd’hui les jeunes doivent avoir en commun la vision de l’obtention d’une place dans la société précisément au travers d’un emploi qu’il s’agit des plus jeunes d’entre eux, souvent sortis de l’école sans diplôme, la voie de l’insertion professionnelle est donc devenue désormais celle de la précarité, la réalisation de leur projet est donc limité faute de perspectives, ils sont donc incapables de s’investir et s’auto réaliser et leur avenir professionnel est donc fragilisé ou qu’il s’agit des plus qualifiés d’entre eux, quoi que le diplôme reste encore une garantie d’employabilité, la situation dégradée de l’emploi rallonge sensiblement la durée de passage de l’université à l’emploi pour eux, ainsi de jeunes professionnels et diplômés se voient donc restés encore sur le ‘’béton’’ a patauger dans la misère, le chômage et la crasse, CV en main à la recherche d’un emploi ou être en train d’entamer des processus pour s’immigrer vers des pays de l’Amérique du Sud principalement le Brésil, l’Equateur , le Chili qui sont devenus des refuges salvateurs pour cette population très jeune du pays de nos jours. En ce sens plaidoyer pour l’insertion professionnelle des jeunes haïtiens accroupis dans le chômage, est une cause noble, aussi comme le penserait la thèse interactionniste, les jeunes doivent être appelé à devenir acteur réagissant avec les éléments sociaux et non comme agent passif subit de plein fouet les structures sociales à cause de leur habitus ou de la force du système ou de leur culture d’appartenance.
Le philosophe allemand (A. Honneth, Intégrité et mépris. Principes d’une morale, 1999, 11-22 ) défend la thèse selon laquelle de plus en plus de luttes sociales aujourd’hui ont pour enjeu la reconnaissance. Ici cette reconnaissance selon (François Sicot , Jeunesse, luttes et reconnaissance 2007 pages 13 à 18) c’est l’idée qu’une personne se fait de sa propre valeur se constitue dans le rapport à autrui. Une société juste doit donc être en mesure d’assurer des relations fiables de reconnaissance entre ses membres. Pour (A. Honneth, 1999, 14) la reconnaissance repose sur trois composantes d’un rapport « Lorsqu’il demeure structurellement exclu de la jouissance de certains droits à l’intérieur d’une société, l’individu subit une forme d’humiliation qui affecte la compréhension normative de soi… La particularité de cette forme de mépris que l’on rencontre dans la privation de droits ou dans l’exclusion sociale ne réside pas seulement dans la limitation de l’autonomie personnelle qu’elle occasionne, mais aussi dans le fait que celle-ci est associée au sentiment de ne pas posséder le statut d’un partenaire d’interaction à part entière doté des mêmes droits moraux. »
Face à cette situation qu’on pourrait qualifier d’un déni de reconnaissance, celle-ci doit nous amener à en déduire qu’il est de toute urgence de penser les stratégies et les processus de l’insertion professionnelle de la jeunesse haïtienne principalement les jeunes dans les cités, la grande majorité de professionnels et diplômés qui restent sans emploi, accroupis. Se porter volontaire pour l’intégration et l’encadrement des Jeunes dans une société comme Haïti est une manière de commencer par construire une nation capable de dire et de répondre aux critères d’existence car miser sur la jeunesse reste au final un bon point de départ. Et parler d’intégration ou d’inclusion sociale dans une société donnée dans cette perspective d’adaptation des individus dans le système social dans un souci d’équité, de justice sociale et de respect des droits humains pour une catégorie sociale victime, c’est montrer ou identifier une pathologie sociale qui baigne de sang le fonctionnement au sein de cette société donnée et être dans une démarche louable qui est celle de vouloir définir les perspectives de solutions pour un bon fonctionnement de la société.
Le professeur historien Michel Hector eut à dire lors d’une journée d’étude organisée au Campus Henry Christophe de l’Université d’Etat d’Haïti le 18 mai 2016 que la société haïtienne a sa base construite sur le sang, l’enthousiasme d’une génération de jeunes : Les jeunes lors de la révolution esclavagiste comme Dessalines et autre considéraient Toussaint déjà comme un vieux nous dit-il et cette génération de jeunes a fait le 18 novembre 1803. Toute l’histoire des grandes luttes et des révolutions depuis démontre que les jeunes se sont toujours impliqués dans les batailles pour faire advenir un nouvel ordre social quand il faut établir une transition, à citer la bataille contre l’occupation américaine, la bataille pour l’ère démocratique autour des années 1980 contre le Duvaliérisme, 2004 et tant d’autres luttes pour l’émergence de la société haïtienne. Aujourd’hui, toute cette mémoire devrait nous interpeller en se posant la question qui suit : Comment se défaire de cette situation négligeable dont vivent ses jeunes livrés à eux-mêmes, dépourvus d’assistance et d’encadrement ?
Comme le pense le psycho-sociologue Kurt Lewin dans ses travaux sur la recherche action: « il n’y a rien de plus pratique qu’une bonne théorie. Elle nous permet de jeter sur la réalité un regard éclairant et ordonné, elle nous aide à nous poser à nous-mêmes tout d’abord les bonnes questions qui orienteront notre investigation vers les meilleures pistes. » C’est dans cette approche qu’il devrait être proposé quelques réflexions sur la question de l’emploi des jeunes et de l’insertion professionnelle élevé au rang de problème social dans le milieu haïtien. Tout individu particulièrement est inclus s’il est en mesure de participer à l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet de société et pour qu’il soit en mesure il faut que les conditions relatives à ses droits dans une démarche socio-économique soient donc réunies. Il revient là de penser l’inclusion sociale en termes de droit pour la jeunesse haïtienne : égalité dans les accès aux droits (économiques, sociaux, culturels, politiques et civils) nécessaires à la pratique de la citoyenneté. Donc l’inclusion sociale suppose donc l’accès du citoyen dans notre cas à la jeunesse haïtienne aux infrastructures et aux services sociaux, culturels et économiques qu’au pouvoir. Il est de toute urgence que la problématique du chômage anime les esprits, précisément le chômage dans le clan de la jeunesse doit éveiller les débats afin de proposer des perspectives dans lesquelles la mise en œuvre d’un plan d’intervention ou d’action passe par une politique de l’autonomisation de l’individu c’est-à-dire du jeune haïtien : Education et Emploi. Cette politique en faveur de l’emploi des jeunes doivent contribuer à institutionnaliser : « un espace nouveau entre la formation, l’emploi et le chômage. » (Lefresne, 2003). Si l’insertion professionnelle constitue un processus de transition de l’école vers l’emploi, pendant lequel les jeunes cherchent à accéder à un emploi, dans les conditions socio-économiques défaillantes de la société haïtienne des reformes à la base sur la question de l’enseignement doit être posé à cet ordre l’école doit mettre une politique de préparation des individus à la vie active, développer un rapport étroit entre la scolarité et l’entreprise. « Une meilleure synergie entre les deux permettrait une mutualisation des compétences directement profitables aux jeunes. Ce qui revaloriserait les filières professionnalisantes aujourd’hui désertées. Elles pourraient ainsi attirer des jeunes dans ces métiers leur ouvrant enfin de véritables trajectoires professionnelles. » (Gérard Fonouni, le monde fr, 2010). Ainsi dans le processus d’insertion, il faut la mise en place des programmes de résorption au chômage, et le professeur sociologue Hérold Toussaint eut à dire lors d’une journée d’étude au Campus Henry Christophe a Limonade le 18 mai 2016 : ‘’L’Université doit aussi s’en charger du futur de ses professionnels, elle n’a pas le droit de fermer les yeux sur le devenir des professionnels qu’elle prépare. Ainsi, elle doit avoir des cadres dont la mission sera d’accompagner les jeunes diplômés et professionnels.’’
Une société juste étant celle qui se préoccupe de la redistribution des richesses, d’égalité, mais aussi de la réalisation des conditions sociales, structurelles, institutionnelles permettant le respect de soi et l’estime de soi, mettre au-devant de la scène une bataille pour la reconnaissance de cette catégorie qui sont les jeunes sans emplois, exclus des minima sociaux qui se trouvent confrontés à la pauvreté, alors qu’ils sont les ressorts de la croissance de demain se relève donc être un devoir, une obligation, un changement radical dans mise en place d’une politique de l’emploi des jeunes et de la restructuration de l’enseignement en Haïti doivent animer les politiques de gouvernances et surtout doit-on dire les perspectives de résolutions doivent constituer une urgence de l’heure car la jeunesse doit vivre et exister !

Vita PIERRE. (Juriste et étudiante finissante en Travail Social,mondoblogueuse).