worlgenson

Haiti: Sept jours après, ils se sont tus…

Mais ça va pas là…!

Des milliers de personnes gagnent les rues pour exiger le départ du chef de l’Etat qui, selon les manifestants, se révèle incapable de diriger le pays. Ils protestent aussi contre la vie chère et la corrupetion. Contre le système qui favorise des inégalités sociales. Un ras-le-bol. Mais ils sont quand même tus…


Une vue des manifestants… (13/02/19)

Il y a des casses. Beaucoup de casses. Les forces de l’ordre tentent, tant bien que mal, de gérer la situation. Il y a des scènes de pillages. Des véhicules sont incendiés dans certains endroits, et même dans les locaux de la télévision nationale d’Haïti. Mais ils se sont quand même tus…

Sept jours après, toujours pas de réactions de la part du président en mal de popularité et de leadership ou de celle du premier ministre qui, comme le souligne son porte-parole, n’entend pas démissionner. La population attend encore.  Elle veut qu’une décision soit prise. Elle attend encore. Mais eux, ils se sont quand même tus…

Sept jours après, aucun espoir ne se pointe à l’horizon. Aucune discours  officiel. L’omerta. Beaucoup de gens foulent sur le macadam. D’autres restent prisonniers chez eux. Les marchés et supermarchés sont paralysés. Les centres hospitaliers peinent à fonctionner. L’école aussi. Rien ne fonctionne normalement. Mais bon, ils se sont quand même tus…


Edlène Vernal, l’unique femme journaliste accréditée au Parlement haïtien

Crédit-photo: Worlgenson Noel

Fille aînée d’une famille originaire de Saint-Marc, la cité de Nissage Saget, Edlène Vernal travaille depuis deux ans comme journaliste reporter à la radio Pacific. Elle est actuellement la seule femme journaliste qui couvre l’actualité dans les deux chambres du Parlement haïtien. Elle a récemment décroché la troisième place de la catégorie presse parlée pour son reportage sur le recyclage, dans le cadre du concours Prix Jeune journaliste haïtien organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

En plus de sa passion pour la radio, la jeune Saint-Marcoise, qui n’a pas encore trente ans, a déjà partagé des aventures avec la télévision Pacific, chaîne 54, comme présentatrice vedette du journal de 20h tous les vendredis et de 7h tous les samedis à la radio Pacific (101.5) . Très appréciée de ses collaborateurs au sein de la salle des nouvelles de son média, Edlène Vernal a déjà eu mention spéciale pour un travail de reportage réalisé après l’attaque orchestrée à l’encontre du cortège du président Jovenel Moise au début de son quinquennat. Elle a également suivi l’an dernier une formation chez l’Oncle Sam, à Washington DC, sur le journalisme d’enquête, une pratique plutôt rare en Haiti.

Reconnue pour sa curiosité et son esprit d’ouverture, la journaliste Edlène Vernal se veut tout aussi perspicace, réaliste et visionnaire. Sa plus grande vision est de voir Haiti se placer sur la cartographie des pays qui progressent, où la population s’implique réellement dans la lutte pour changer ses conditions de vie.


Mondoblog à Dakar, l’autre expérience

Les mondoblogueurs devant l'espace de formation
Les mondoblogueurs devant l’espace de formation

Cette année, la formation de Mondoblog, se déroulait à Dakar, du 28 novembre au 6 décembre. 70 blogueurs issus de 24 pays de la planète y avaient pris part, des Africains en plus grand nombre. Cette formation était axée sur la maîtrise des techniques de rédaction sur le web, des réseaux sociaux, du référencement (SOE), de la vidéographie, de la photographie, de la sécurité informatique et de la déontologie des blogueurs.

 

Dakar, à l’insu de la formation…

Échanges culturels, opportunités, rencontres, mais surtout le tourisme, cette expérience avec des blogueurs francophones allait donc au-delà d’une formation. C’était un moment de partage et d’apprentissage dans la convivialité. Entamer le dialogue suffisait pour découvrir la riche histoire que chacun avait à raconter. Au-delà de la nationalité, de la couleur de peau, tous les blogueurs des différents continents pouvaient déballer avec enthousiasme la particularité positionnant leur pays d’origine sur la carte mondiale.  Des histoires de colonisation, de dictatures, de démocratie étaient entre autres de la partie.

Dakar, cette ville au climat serein, visiblement pacifique, regorge de sites touristiques et historiques qui fascinent les regards. Du monument de la Renaissance africaine, en passant par la grande mosquée de Dakar, jusqu’à la fameuse Ile de Gorée, nous en avions eu pour nos grands yeux. La ville de l’éminent Cheikh Anta Diop, bien accueillante, progresse sur le plan de l’urbanisation. Elle bouge.  Les forces de l’ordre sont quasiment invisibles, comme si tout était en ordre. Les commerçants, du coin des rues jusqu’aux grands magasins, reconnaissent très vite les visiteurs. Et du coup, ils en profitent pour augmenter le prix des produits. Si l’on veut faire des achats, mieux vaut se faire accompagner d’un africain. Par moment, j’ai dû demander à certains des amis haïtiens d’essayer d’adopter l’accent sénégalais. « S’ils découvrent que vous n’êtes pas sénégalais, les produits vont couter les yeux de la tête » m’a confié un blogueur du vieux continent.

Par ailleurs, tous les matins, mes yeux sont tombés sur ce phénomène apparemment de pratique particulière au Sénégal : les talibés. Ce sont des enfants, disciples du Marabout, ne parlant pas nécessairement français, appartenant à des écoles coraniques qui sont obligés de faire l’aumône conformément aux principes. Mendier tous les jours fait partie de leur apprentissage. Par nécessité ou par obligation, la mendicité reste un fléau au Sénégal.

La carte de la prudence, malgré tout

A notre arrivée, les responsables de la formation ont placé des consignes de sécurité à respecter tout au long de la formation. Ne pas sortir seul ni trop groupé, ne pas tenir trop la parole aux inconnus, etc. Les récents événements qu’ont connus Paris et Bamako nous ont forcés à rester sur nos gardes.

Dans la foulée, je me rappelle tout aussi cette phrase d’un confrère sénégalais pour qui je suis un « frère africain exilé en Amériques », sur les consignes routières : « Hey ! Les amis, comportez-vous bien sur la route. Ici, nous avons beaucoup plus de CHAUFFARDS que des CHAUFFEURS ».  Donc, les mauvais conducteurs sont très fréquents là-bas.

L’Ile de Gorée, petite rencontre avec l’histoire

Des visiteurs de l'Ile de Gorée...
Des visiteurs de l’Ile de Gorée…

Si vous aviez visité Sénégal, sans l’aventure de l’Ile de Gorée, faites donc demi-tour ! Vous avez loupé un épisode. Il n’y pas que le côté historique, mais artistique et touristique de l’île. Dès qu’on arrive en gare de liaison maritime de Dakar-Gorée, on peut ressentir l’ambiance chaleureuse qui anime l’espace. Venus du monde entier, les visiteurs y accèdent via une chaloupe faisant la navette à des heures précises. Mais attention, il faut payer selon un tarif variant selon qu’on soit résident du Sénégal, de l’Afrique ou d’ailleurs.

L’île, vue depuis la chaloupe, attise les émotions. Étalée sur 900 mètres de long et 300 mètres de large, elle comporte 1200 habitants, 800 musulmans  et 400 chrétiens, nous a informés le guide placé à notre disposition, soulignant que, pour s’approprier une maison dans l’Ile, le prix peut être élevé jusqu’à un million de dollars.

L’Ile de Gorée se recouvre d’une charge historique unique. Là-bas, à la maison des esclaves sont placées des cellules jouant un rôle précis dans les annales de l’histoire de ce continent. De la cellule des jeunes filles, en passant par celles des récalcitrants où l’on punissait les esclaves rebelles, jusqu’à la vue sur la célèbre Porte du non-retour s’orientant vers la mer, tout y est pour friser les émotions et faire pleurer.  A rappeler que l’actuel président américain avait déclaré, lors de sa visite à l’Ile de Gorée, en juin 2013, que c’était un moment fort  pour un président africain-américain de visiter ce site.

L’expérience était plutôt enrichissante. Les mondoblogueurs sont sortis avec des techniques qui leur permettront d’être plus efficaces dans le monde du blogging francophone.

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com


Que me reste-il de mes observations après lecture sur ces élections ?

Tant bien que mal ! Les autorités et des observateurs sont censés unanimes à reconnaître que des efforts ont été consentis pour assurer le bon déroulement des élections du 25 octobre. 30 % de la population avaient pris part à ces élections, contre 18 % enregistrés le 9 août dernier. Hormis les cas d’irrégularités et quelques incidents enregistrés, il semble avoir lieu de se faire une satisfaction. C’est intéressant ! Toutefois, cette période électorale m’a permis de faire quelques remarques. Elle m’a surtout aidé à comprendre mieux une menace que représentent certains leaders sur la scène politique, notamment les populistes avérés ou en miniature. Lesquels participent à accroitre davantage les disparités sociales qui caractérisent différentes couches du pays.

Tant dans les discours de certains, bien avant ou durant le processus électoral, que dans les agissements de certains autres, nombreux sont des éléments qui tendaient à entériner le fossé qui caractérise les classes sociales dans le pays. Que ce soit du côté de l’administration en place, où l’on n’a pas manqué de cracher sur les partis politiques de l’opposition, l’élite intellectuelle, la presse, etc. ; du côté de cette classe politique, notamment des acteurs de cette opposition-là, il n’existait aucun projet de société proposé à la nation, même pour préparer l’après-Martelly. Mais, les mésententes, les intérêts mesquins ont pris le dessus. Tous, ils voulaient, chacun de sa cabale, s’emparer du pouvoir. D’où le sens de cette pléthore de candidats qui ont participé aux élections. A cet effet, rien de sérieux ne pourrait s’augurer venant de leur part.

Coup d’œil sur les réseaux sociaux 

Jamais, je n’avais assisté à autant de mouvement sur les réseaux sociaux durant cette période électorale. Twitter, Facebook et surtout la plateforme whatsapp ont servi d’outils par lesquels se propagent toutes sortes d’intoxications de l’opinion. Rumeurs, montages, coups de langue sur les uns et les autres des candidats; manipulation et propagande de toutes sortes au profit et/ou à l’encontre des uns et des autres, ont dominé ces plateformes. Des candidats, leurs partisans et leurs sympathisants ; de vrais ou de vraisemblables sondages d’opinion n’ont pas manqué de surchauffer les forums de discussions. Une véritable guerre de positionnement sur l’échiquier politique!

Le syndrome du coup de chance ?

Par ailleurs, il m’a été permis d’identifier trois catégories de candidats qui se présentent comme les seuls détenteurs de la baguette magique qui sauvera Haïti de son marasme. D’abord, j’ai identifié ce petit groupe de novices, les candidats « poids plume », sans vision, ni programme, atteints du syndrome du coup de  chance. Quoique  totalement méconnus de la scène politique, voire de l’ensemble de la population, mais bourrés d’audace, ils tentent le coup. D’entrée de jeu, il faut reconnaitre que l’avènement surprise de l’ex-chanteur au pouvoir, Sweet-Micky, lors des élections de 2010  ayant fait boule de neige sur la scène politique haïtienne, a servi de motivation pour cette catégorie. Monsieur Martelly au pouvoir avait représenté un véritable coup pour la classe politique traditionnelle. Il était un nouveau souffle. Du sang neuf. On aurait dit que le peuple en avait ras le bol de l’élite politique. Et zut ! Le déclic. La chance qui passe. Tout le monde veut la tenter.

Ensuite, il y a ceux qui ont milité longtemps sur la scène politique, mais qui  n’ont jamais eu la chance d’occuper de hautes fonctions dans l’administration de l’Etat. Leaders de partis, de regroupements,  ou de plateformes politiques. En plus d’être compétents, ils ont probablement de la bonne volonté. Mais, avec une posture trop intellectuelle, planant et stagnant dans leur espace, ils n’atteignent pas le peuple.

Cela dit, ces élections représentent l’occasion de mieux faire parler d’eux. Ils savent qu’ils n’auront pas la bonne grâce de la population pour être dans la magistrature suprême de l’Etat, mais ils sont « Premiers ministrables, ou ministrables tout simplement. La chance leur sourit. Ils sourient avec. Qui sait ? Enfin, il existe des leaders populistes ou apprentis-populistes qui touchent aux cordes sensibles de la population, avec des discours rêveurs. Ils illusionnent les gens en promettant de remuer ciel et terre pour changer leur condition de vie. « Pawòl tafya », dirait-on chez nous ! En revanche, ce qui est manifestement fragile avec eux, ils se livrent à des pratiques renforçant les disparités entre les différentes couches sociales du pays. Ils s’opposent aux partis politiques qui militent pour l’avancement de la démocratie depuis des années. Ils dressent des éléments de la population contre les intellectuels de ce pays.

Ces acteurs populistes, véritables prédateurs de la démocratie

Aujourd’hui, la faillite des élites politique a provoqué de nouveaux comportements au sein de la population quant à la manière de choisir ses représentants. Elle engendre le déchaînement d’une catégorie d’individusd’individus qui, venus de nulle part, sous le couvert de la démocratie, se vantent d’être porteurs d’espoir pour ce pays. Tous se présentent sur la scène politique avec des solutions-recettes pour régler les différents problèmes du peuple. Novices, amateurs, populistes avérés ou populistes en gestation, ils sont aveuglés par l’obsession de la prise du pouvoir. Ils veulent réussir.

Mais ces populistes habiles avec des discours multicolores, dressent les citoyens défavorisés contre les élites dirigeantes. Ils influencent grandement le mépris de cette population à choisir des candidats visiblement honnêtes et porteurs de discours rationnels et pragmatiques. Ces candidats populistes, en véritables prédateurs de la démocratie, dans leur costume de messie tentent de faire rêver la population. A ce propos, comme le rapportent Michaël Franssen et Julien Milquet :

En se réclamant du peuple et de ses aspirations profondes, les populistes se présentent comme les grands défenseurs du peuple contre les torts qui lui sont faits et envers l’élite au pouvoir en proposant des solutions simples à des problèmes très complexes, souvent difficiles à comprendre par la population. » Ainsi, ils usent d’une « rhétorique structurée par le blâme et l’éloge : elle est antiélitiste, exalte le peuple et insiste sur le pathos de l’homme du commun, sur la communication directe avec les hommes ordinaires, égaux entre eux par la simplicité, l’honnêteté et la santé qu’ils sont censés posséder ». Il s’agit en réalité, d’une forme directe d’appel aux « masses » pour atteindre cet idéal utopique d’un gouvernement « du peuple, par le peuple et pour le peuple » (Franssen et Milquet, 2011 : 4 in Le populisme;une vague qui déferle sur le vieux continent).

Cela étant, de notre avis, ces populistes constituent de véritables prédateurs de la conscience de la majorité, notamment les couches défavorisées qui, dépossédées d’un pouvoir d’achat considérable, ne pensent qu’à la gestion de leur survie au quotidien.

Certes, les conditions matérielles d’existence, les précarités socio-économiques de la population la rendent vulnérable et sujette à toute manipulation de ces candidats, sans vergogne qui, pour avoir le pouvoir, promettent les yeux de la tête. Ils vont jusqu’à mercantiliser le vote du citoyen qui entre dans leur jeu. Mais, cette pratique désormais récurrente dans les campagnes électorales, représentent une menace pour l’avenir de la démocratie en Haïti. Le sens du civisme, du patriotisme, et de citoyenneté qui devraient caractériser le comportement du citoyen est le cadet des préoccupations. Un  vrai malaise sociétal dont les acteurs gouvernants doivent prendre en compte, s’ils veulent participer à la (re) construction de cette nation.

Pour barrer la route à ses arrivistes qui ne pensent qu’à leurs intérêts mesquins, il faut tirer leçons de leur passé sur la scène politique. Les expériences de ces dernières décennies nous ont appris à nous méfier de ces acteurs dangereux qui plantent leurs racines dans l’environnement politique du pays. Les conditions de vie de la population n’ont pas vraiment changé.

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com


Mes observations sur les élections générales en Haïti

Crédit image: loophaiti.com
Crédit image: loophaiti.com

Tant bien que mal ! Les autorités et des observateurs sont censés unanimes à reconnaître que des efforts ont été consentis pour assurer le bon déroulement des élections du 25 octobre. 30 % de la population avaient pris part à ces élections, contre 18 % enregistrés le 9 août dernier. Hormis les cas d’irrégularités et quelques incidents enregistrés, il semble avoir lieu de se faire une satisfaction. C’est intéressant ! Toutefois, cette période électorale m’a permis de faire quelques remarques. Elle m’a surtout aidé à comprendre mieux une menace que représentent certains leaders sur la scène politique, notamment les populistes avérés ou en miniature. Lesquels participent à accroitre davantage les disparités sociales qui caractérisent différentes couches du pays.

Tant dans les discours de certains, bien avant ou durant le processus électoral, que dans les agissements de certains autres, nombreux sont des éléments qui tendaient à entériner le fossé qui caractérise les classes sociales dans le pays. Que ce soit du côté de l’administration en place, où l’on n’a pas manqué de cracher sur les partis politiques de l’opposition, l’élite intellectuelle, la presse, etc. ; du côté de cette classe politique, notamment des acteurs de cette opposition-là, il n’existait aucun projet de société proposé à la nation, même pour préparer l’après-Martelly. Mais, les mésententes, les intérêts mesquins ont pris le dessus. Tous, ils voulaient, chacun de sa cabale, s’emparer du pouvoir. D’où le sens de cette pléthore de candidats qui ont participé aux élections. A cet effet, rien de sérieux ne pourrait s’augurer venant de leur part.

Coup d’œil sur les réseaux sociaux 

Jamais, je n’avais assisté à autant de mouvement sur les réseaux sociaux durant cette période électorale. Twitter, Facebook et surtout la plateforme whatsapp ont servi d’outils par lesquels se propagent toutes sortes d’intoxications de l’opinion. Rumeurs, montages, coups de langue sur les uns et les autres des candidats; manipulation et propagande de toutes sortes au profit et/ou à l’encontre des uns et des autres, ont dominé ces plateformes. Des candidats, leurs partisans et leurs sympathisants ; de vrais ou de vraisemblables sondages d’opinion n’ont pas manqué de surchauffer les forums de discussions. Une véritable guerre de positionnement sur l’échiquier politique!

Le syndrome du coup de chance ?

Par ailleurs, il m’a été permis d’identifier trois catégories de candidats qui se présentent comme les seuls détenteurs de la baguette magique qui sauvera Haïti de son marasme. D’abord, j’ai identifié ce petit groupe de novices, les candidats « poids plume », sans vision, ni programme, atteints du syndrome du coup de  chance. Quoique  totalement méconnus de la scène politique, voire de l’ensemble de la population, mais bourrés d’audace, ils tentent le coup. D’entrée de jeu, il faut reconnaitre que l’avènement surprise de l’ex-chanteur au pouvoir, Sweet-Micky, lors des élections de 2010  ayant fait boule de neige sur la scène politique haïtienne, a servi de motivation pour cette catégorie. Monsieur Martelly au pouvoir avait représenté un véritable coup pour la classe politique traditionnelle. Il était un nouveau souffle. Du sang neuf. On aurait dit que le peuple en avait ras le bol de l’élite politique. Et zut ! Le déclic. La chance qui passe. Tout le monde veut la tenter.

Ensuite, il y a ceux qui ont milité longtemps sur la scène politique, mais qui  n’ont jamais eu la chance d’occuper de hautes fonctions dans l’administration de l’Etat. Leaders de partis, de regroupements,  ou de plateformes politiques. En plus d’être compétents, ils ont probablement de la bonne volonté. Mais, avec une posture trop intellectuelle, planant et stagnant dans leur espace, ils n’atteignent pas le peuple.

Cela dit, ces élections représentent l’occasion de mieux faire parler d’eux. Ils savent qu’ils n’auront pas la bonne grâce de la population pour être dans la magistrature suprême de l’Etat, mais ils sont « Premiers ministrables, ou ministrables tout simplement. La chance leur sourit. Ils sourient avec. Qui sait ? Enfin, il existe des leaders populistes ou apprentis-populistes qui touchent aux cordes sensibles de la population, avec des discours rêveurs. Ils illusionnent les gens en promettant de remuer ciel et terre pour changer leur condition de vie. « Pawòl tafya », dirait-on chez nous ! En revanche, ce qui est manifestement fragile avec eux, ils se livrent à des pratiques renforçant les disparités entre les différentes couches sociales du pays. Ils s’opposent aux partis politiques qui militent pour l’avancement de la démocratie depuis des années. Ils dressent des éléments de la population contre les intellectuels de ce pays.

Ces acteurs populistes, véritables prédateurs de la démocratie

Aujourd’hui, la faillite des élites politique a provoqué de nouveaux comportements au sein de la population quant à la manière de choisir ses représentants. Elle engendre le déchaînement d’une catégorie d’individusd’individus qui, venus de nulle part, sous le couvert de la démocratie, se vantent d’être porteurs d’espoir pour ce pays. Tous se présentent sur la scène politique avec des solutions-recettes pour régler les différents problèmes du peuple. Novices, amateurs, populistes avérés ou populistes en gestation, ils sont aveuglés par l’obsession de la prise du pouvoir. Ils veulent réussir.

Mais ces populistes habiles avec des discours multicolores, dressent les citoyens défavorisés contre les élites dirigeantes. Ils influencent grandement le mépris de cette population à choisir des candidats visiblement honnêtes et porteurs de discours rationnels et pragmatiques. Ces candidats populistes, en véritables prédateurs de la démocratie, dans leur costume de messie tentent de faire rêver la population. A ce propos, comme le rapportent Michaël Franssen et Julien Milquet :

En se réclamant du peuple et de ses aspirations profondes, les populistes se présentent comme les grands défenseurs du peuple contre les torts qui lui sont faits et envers l’élite au pouvoir en proposant des solutions simples à des problèmes très complexes, souvent difficiles à comprendre par la population. » Ainsi, ils usent d’une « rhétorique structurée par le blâme et l’éloge : elle est antiélitiste, exalte le peuple et insiste sur le pathos de l’homme du commun, sur la communication directe avec les hommes ordinaires, égaux entre eux par la simplicité, l’honnêteté et la santé qu’ils sont censés posséder ». Il s’agit en réalité, d’une forme directe d’appel aux « masses » pour atteindre cet idéal utopique d’un gouvernement « du peuple, par le peuple et pour le peuple » (Franssen et Milquet, 2011 : 4 in Le populisme;une vague qui déferle sur le vieux continent).

Cela étant, de notre avis, ces populistes constituent de véritables prédateurs de la conscience de la majorité, notamment les couches défavorisées qui, dépossédées d’un pouvoir d’achat considérable, ne pensent qu’à la gestion de leur survie au quotidien.

Certes, les conditions matérielles d’existence, les précarités socio-économiques de la population la rendent vulnérable et sujette à toute manipulation de ces candidats, sans vergogne qui, pour avoir le pouvoir, promettent les yeux de la tête. Ils vont jusqu’à mercantiliser le vote du citoyen qui entre dans leur jeu. Mais, cette pratique désormais récurrente dans les campagnes électorales, représentent une menace pour l’avenir de la démocratie en Haïti. Le sens du civisme, du patriotisme, et de citoyenneté qui devraient caractériser le comportement du citoyen est le cadet des préoccupations. Un  vrai malaise sociétal dont les acteurs gouvernants doivent prendre en compte, s’ils veulent participer à la (re) construction de cette nation.

Pour barrer la route à ses arrivistes qui ne pensent qu’à leurs intérêts mesquins, il faut tirer leçons de leur passé sur la scène politique. Les expériences de ces dernières décennies nous ont appris à nous méfier de ces acteurs dangereux qui plantent leurs racines dans l’environnement politique du pays. Les conditions de vie de la population n’ont pas vraiment changé.

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com


Haïti : y a-t-il possibilité de se remettre du fiasco électoral du 9 août ?

Crédit/image: www.presslakay.com
Crédit/image: www.presslakay.com

Les législatives du 9 août ont laissé un goût amer au sein de la société haïtienne. À un mois de l’organisation du premier tour de ces élections, les esprits chauffent encore. Toujours pas de résultats définitifs. Le conseil électoral provisoire est pris dans un engrenage. La société est divisée. Les protestations, de part et d’autre, pleuvent. Candidats de tout augure, et partisans de candidats, même les vrais perdants, sans scrupule, sortent leurs griffes pour placer des revendications au conseil électoral. Sans compter d’autres secteurs de la vie nationale qui n’ont pas manqué de dénoncer les nombreuses irrégularités et les violences enregistrées lors de cette journée électorale.

En ce sens, certains veulent que des correctifs soient apportés par le CEP pour éviter d’empirer la crise de l’après-9 août. Pour d’autres, il faut non seulement l’annulation de cette journée électorale, mais aussi la démission des membres du conseil électoral provisoire, notamment le président Pierre Louis Opont placé au sommet du banc des accusés.

En effet, le 9 août 2015 se révèle l’une des pires journées électorales qu’Haïti n’ait jamais connue depuis les dernières décennies. Hormis les nombreuses irrégularités caractérisant le processus, les problèmes d’identification des centres de vote par les citoyens, de mandats pour les mandataires des partis politiques, les cas de fraudes massives et les désordres orchestrés par les actes de violence des candidats avec leurs partisans étaient au rendez-vous.

Par ailleurs, c’était aussi l’occasion de comprendre le niveau de lassitude de la population face à des acteurs politiques en manque de crédibilité sur la scène. Des amateurs et arrivistes de tous poils se présentent comme les seuls « messies » capables de tirer Haïti de son marasme actuel. Et pour  exprimer sa méfiance ce jour, au-delà de l’atmosphère d’inquiétude générée depuis la veille par les risques de violences annoncées, la population haïtienne a boudé ces élections. Un vrai rejet.

De la vraie pagaille électorale : le rapport du RNDDH confirme !

Selon le rapport post-élection dressé par le Réseau national de défense de droits humains, « de nombreux partis politiques et candidats pour la plupart n’ont pas mené campagne parce qu’ils se sont reposés sur la force de l’argent et des armes en utilisant des partisans zélés, prêts à tout». Le RNDDH dénonce, par ailleurs, l’impuissance des autorités policières face au climat de tension ce jour-là. « Le comportement affiché par les autorités policières en la circonstance s’est révélé inapproprié, incompatible avec leur mission de garantir l’ordre et la sécurité du processus électoral», soutient le réseau.

De véritables boucs émissaires ?

Lors de la conférence de presse présentée après les élections, le CEP a dressé un bilan mitigé sur le processus électoral. Des décisions ont été prises. Des centres de vote ont été annulés. Certains candidats accusés d’être des fauteurs de troubles ont été sanctionnés conformément à la loi électorale. La réorganisation des élections est annoncée dans certaines régions du pays pour cause de vastes fraudes de certains candidats. Mais, ces décisions sont loin d’apaiser les contestations et surtout les protestations survenues à la suite de ce désastre électoral.

Indexé et accusé d’être responsable du fiasco de la journée électorale du 9 août, Pierre Louis Opont risque d’en faire les frais. Candidats de toutes sortes, adversaires d’hier, forment un faisceau conjoncturel pour exiger que des sanctions soient prises. Le Front national des candidats engagés pour la lutte démocratique a déjà gagné les rues pour exiger l’annulation de la journée électorale et la démission des membres du CEP, principalement le président Opont. La plupart des candidats se démarquent de toute implication dans la crise de cette journée spéciale. Tous, ils s’excusent en accusant d’autres. Mauvaise pratique. Les vrais coupables seront toujours dans la nature. Ils s’exclament d’avoir tout gâché. Parce qu’ils y prennent plaisir. Ces éternels mauvais perdants se réjouissent et font leur beurre dans le désordre.

Une carence d’éducation citoyenne

Toutefois, il est clair que ces élections révèlent le degré d’immaturité politique du peuple haïtien. Elles permettent surtout de comprendre le flou qui caractérise l’apprentissage démocratique de ceux qui évoluent dans le monde politique haïtien. Certes, les principes démocratiques permettent à n’importe quel citoyen de jouir de ses droits civils et politiques, mais il revient aux structures sociales de mettre des garde-fous pour éviter cette prolifération constatée sur la scène politique d’un ensemble d’individus dont la plupart sortent de nulle part, sans aucune formation politique. Ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Des pratiques mercantilistes. Des marchandages politiques. Des actes de violence au détriment de tous. Tous les moyens sont bons. Il suffit de satisfaire leur ego, leurs propres intérêts, et non ceux de la collectivité.

Quant aux citoyens, c’est évident qu’ils n’ont pas conscience de l’impact que leur choix, à travers le vote d’un candidat, peut avoir dans la gestion des affaires publiques. Si tel était le cas, Haïti ne serait pas dans ce piteux état. Cette prédisposition du citoyen à liquider sa conscience, en commercialisant son droit de vote, pouvant être le fruit de notre état de pauvreté, prouve… son ignorance dans la connaissance de ses droits comme citoyen. Cette attitude le rend responsable des malheurs du pays en mettant aux timons des affaires de la République des voyous dépourvus de patriotisme et de nationalisme.

D’où la nécessité de repenser la manière de construire l’individu-citoyen haïtien, en lui inculquant le sens du civisme et du patriotisme. Cela lui rendra responsable et l’empêchera de liquider sa conscience au plus offrant, à tout venant marchandant son vote. Pour cela, des mesures rapides doivent être prises pour apprendre aux peuples les systèmes politiques, notamment les principes démocratiques. Lesquels principes l’abstiendraient de toutes tentatives de corruption de la part des acteurs politiques.

C’est indéniable ! Les intérêts et les enjeux font gonfler les nerfs des acteurs les plus concernés par les élections. Toutefois, au regard de la conjoncture actuelle, la plupart des citoyens restent perplexes face aux prochaines décisions qui seront prises par le CEP. Va-t-il tenir compte de l’ensemble des revendications des protestataires ? Quelles seront les mesures prises pour réaliser les présidentielles à venir ?

Worlgenson NOEL

 

 


Haïti/Immigration: entre service et « mounpaïsme » riment frustration et colère

Crédit image: www.haitianinternet.com
Crédit image: www.haitianinternet.com

S’il vous est difficile de contrôler vos nerfs, ne tentez pas l’expérience de vous rendre aux bureaux des services de l’immigration d’Haïti. Vous risquez de péter les plombs dans cet espace surchauffé et surpeuplé. Mais, si vous êtes obligés d’y mettre les pieds pour des raisons de passeport, n’oubliez pas d’annuler l’ensemble de vos rendez-vous. Outre les grands retards dans les services, les agents dédaignent le simple citoyen, lui préférant les personnes argentées. On les appelle d’ailleurs les « agents-raquetteurs », et leur pratique est appelée « mounpaïsme ». Tout y est pour engendrer et réchauffer les spectres de frustration et de colère qui habitent la plupart des Haïtiens déjà à en proie à une vie dure.

Une qualité de service exécrable

Ce n’est pas un secret de polichinelle, la quasi-totalité des bureaux de l’administration publique en Haïti fonctionne mal (avec une défaillance flagrante en matière d’accueil et de service). Le simple citoyen n’a pas besoin de connaître les principes de l’administration pour reconnaître la qualité de service offerte par une institution. Un service de bonne qualité saute aux yeux et procure le désir d’y revenir. Et bien non ! Au service de l’immigration et de l’émigration de Lalue, à Port-au-Prince, les agents bougonnent, s’énervent, crient.

La plupart ne sont pas à la hauteur de leur tâche. Ils sont vraisemblablement de mèche avec d’autres individus apparemment plus importants qui, même s’ils arrivent en dernier, sont servis avant tous les autres debout depuis des heures. Il s’agit d’une des sources de frustration et de colère, dirais-je, légitime du citoyen. Tandis que, pour l’éviter, il pourrait exister un bureau spécial pour ces individus spéciaux! Ouf ! Le désordre.

Toutefois, cet « état de fait» décrit est surtout valable pour les personnes qui n’ont pas les moyens pour payer une agence ou de tierces personnes que certains appelleraient agents-raquetteurs et que moi, je nommerais d’agents aux services spéciaux réclamant une somme excédant considérablement celle demandée par l’institution, à fin de garantir une livraison de passeport en un temps record.

Crédit image: www.hpnhaiti.com
Crédit image: www.hpnhaiti.com

Un déficit de sécurité

À côté de tout cela, il se pose un problème de sécurité dans les locaux de l’immigration et de l’émigration d’Haïti, vu la demande pompeuse au quotidien de passeport. Les gens d’horizons divers du pays arrivent en masse devant les différents espaces de service de l’institution, à Lalue. Pourtant, les mesures de sécurité laissent à désirer. Bien qu’il existe des agents de sécurité à l’entrée, il suffit de dire la raison de sa présence aux bureaux de l’immigration, et l’entrée est libre. Pas de fouille systématique. Rien du tout. Cela dit, tout le monde à l’intérieur court des risques. N’importe quel détraqué peut décider de satisfaire ses fantasmes criminels. L’espace est vulnérable. Mais, « Dieu soit loué ! », diraient certains. Nous continuons de vivre dans la sérénité. Nous n’exigeons pas beaucoup, au-delà de nos conditions de vie difficiles.

Des décisions à prendre

Certes, la problématique du « sous-emploi » des employés de l’administration publique peut affecter leurs manières de fonctionner, jusqu’à provoquer des actes de corruption. Mais, cela ne doit nullement justifier le mauvais accueil et le piteux état de service dont il est sujet dans ce billet. Il revient alors aux autorités de l’État d’assumer leurs responsabilités, en apportant un nouveau regard sur le fonctionnement de l’administration publique. Les citoyens, en tant que contribuables, ne doivent plus continuer à subir l’incompétence ou le manque de volonté des employés de l’administration publique.

Pour avoir une société où les citoyens se sentent appartenir à leur pays, il faut donc qu’ils soient traités avec respect et dignité par leurs concitoyens !

Vers une rénovation de l’administration publique haïtienne !

 

  1. Le concept de « mounpaïsme » est utilisé dans le milieu social haïtien, pour traduire un comportement de favoritisme manifesté à l’endroit d’un proche, d’un ami, au détriment d’un autre.

Worlgenson NOEL


Haïti-Société: Gonapréfac, un exemple de solidarité et de volontariat à succès

Chaque année, depuis une décennie, Gonapréfac n’a pas manqué de permettre à des jeunes parmi les meilleurs à intégrer les différentes entités de l’université d’Etat d’Haïti et d’autres centres universitaires du pays ou ailleurs. Bien qu’elle soit critiquée pour ses méthodes de travail : beaucoup de pression, nombreux sont les jeunes qui souhaitent être choisis. Quelle est la clHaïti-SociétéGonapréfac  un exemple de solidarité et de volontariat à succèsé de son succès ? Comment est-elle vue par ses membres ? Postulants d’hier, étudiants, professionnels et encadreurs d’aujourd’hui nous livrent leurs opinions.

Depuis dix ans, la cité de l’Indépendance, Gonaïves n’a pas cessé de s’enorgueillir du nombre grandissant de jeunes qui pénètrent le monde universitaire. Qu’il s’agisse de l’université d’Etat d’Haïti ou d’autres universités. Cette nouvelle génération de jeunes manifeste un grand intérêt pour les études, pour le savoir. Mais tout ce bon résultat enregistré provient en grande partie de l’effort de jeunes étudiants qui, par l’entremise d’une structure de formation – ou-mieux d’initiation à l’université portant le nom de la ville, Gonapréfac, choisissent de partager leurs connaissances.

A chaque période estivale, postulants d’hier, étudiants, professionnels et encadreurs d’aujourd’hui, tous, ils mettent les mains à la patte pour garder l’héritage en pompe dans la cité de l’Indépendance. Régulièrement, ils sont nombreux à défiler aux Gonaïves pour continuer à tenir le flambeau allumé, en apprenant aux jeunes les rouages du monde universitaire, ainsi que la manière de faire face à des épreuves de la vie.

Sans un moindre centime, au-delà de tout jugement d’appartenance sociale, politique et religieuse, ces étudiants originaires de la région se sacrifient pour la réussite des bacheliers à l’université. Tous, avec l’idée d’avoir rendu service à leur communauté, participent dans la formation des futurs cadres qui seront à même d’investir leur savoir au profit de cette société haïtienne déjà en manque de compétence et en proie à la dérive.

Les gens ne paient pas pour intégrer Gonapréfac, hormis les 100 gourdes (monnaie locale) qui leur sont réclamées pour la procuration de leur badge, aprės inscription. Si plus d’un tende à critiquer le mode de fonctionnement de la préfac pour sa pression, d’autres estiment au contraire que cette pression blesse parfois, mais surtout exige des postulants au travail beaucoup d’investissement et favorise les résultats positifs. Toutefois, l’évidence est que, chaque année, ils sont des centaines à manifester leur intérêt de fréquenter cette « école de réussite » en exercice depuis 2005.

Des postulants à Gonapréfac
Des postulants à Gonapréfac

Les encadreurs d’aujourd’hui, postulants d’hier donnent leurs avis

Pour Cassandre Joseph, Gonapréfac représente la première expérience-choc de sa vie. « J’avais eu peur de fréquenter Gonapréfac. Dès la période d’inscription, la pression était déjà très forte ! Ce n’est qu’après que je me suis adaptée. Elle m’a appris à vaincre mes peurs : celle de me détacher de mes parents pour aller étudier ailleurs et celle d’affronter des réalités de la vie.», témoigne fièrement l’étudiante en sciences administratives à l’université Notre-Dame d’Haïti. M’étudiante estime que cette activité qui représente l’avenir de la cité de l’Indépendance nécessite l’encouragement de l’ensemble de la société.

« Gonapréfac est une preuve concrète d’une réussite d’ensemble. Il s’agit d’un vaste mouvement de solidarité en support à nos bacheliers de la région», affirme Andersen Honorat, actuel coordinateur adjoint de la structure. « C’est aussi un espace de rencontre de plusieurs générations de jeunes de plusieurs facultés pour discuter des différents maux de la société haïtienne »,  renchérit avec enthousiasme l’étudiant en génie civil à la faculté des sciences pour  témoigner de l’utilité de cette activité dans la ville.

L’étudiant en psychologie (FASCH), WoodVary Cajuste pense que Gonapréfac est un modèle à suivre par d’autres acteurs dans la société. C’est aussi et surtout selon lui « une occasion donnée aux parents et aux enfants, n’étant pas en mesure de payer les universités privées, d’intégrer l’université d’Etat d’Haïti sur concours ». Le jeune étudiant en anthropo-sociologie de la Faculté d’Ethnologie, Jeff Prophil, souligne que le dynamisme et la perspicacité, la dextérité dans la manière de procéder, la solidarité entre les différents acteurs, constituent la force de Gonapréfac.

De succès en succès, cette structure de mise à niveau créée par les jeunes, pour les jeunes,  marque son territoire dans la cour des grandes autres préfacs sur le territoire. Lounès Félicin, actuel coordinateur de la structure, étudiant en service social (FASCH), situe Gonapréfac dans le cadre d’une  activité citoyenne de service à la communauté. « Depuis les cinq dernières années, nous permettons en moyenne à une soixantaine de jeunes d’intégrer l’université», s’enthousiasme-t-il.

Alors que Jimmy Saint vil s’enorgueillit de la qualité du travail accompli, Edwidge Petit-Frère met l’accent sur ce qui fait l’importance de l’activité. « Nous faisons un travail de déconstruction d’un ensemble de complexes et clichés tirés du niveau classique. Nous agissons sur leur mental, en essayant de leur inculquer des notions qui les préparent à l’avenir », soutient Jimmy,  l’étudiant en gestion des affaires de l’Institut national d’administration de gestion et des hautes études internationales, tout appelant les organisateurs à bannir certaines tares qui peuvent ternir l’image de cette activité. Et pour sa part, Jean Edwidge Petit-frère, étudiant en sciences politiques de la même parle d’une « initiative citoyenne favorisant la jeunesse à accéder à ce haut lieu du savoir et de l’influence sociétale par excellence qu’est l’université ».

Fraîchement élu comme responsable de l’axe des sciences humaines, Kender Archélus, dit attendre  cette année encore une volonté de recevoir de la part des postulants ce que les encadreurs comptent les offrir en termes de formation. L’étudiant en travail social à l’université d’Etat d’Haïti avoue qu’il intègre cette structure avec un sentiment de fierté et la volonté de servir. Néanmoins, il exige  de la motivation de la part des postulants et des encadreurs à qui il revient la lourde tâche de combler les lacunes de ces jeunes.

Si de nos jours, beaucoup se plaignent du manque d’implication de la jeunesse dans le processus d’avancement du pays, ces jeunes étudiants peuvent se réjouir d’avoir fait, jusqu’à présent, œuvre qui vaille en participant à la formation des jeunes bacheliers désireux de fréquenter l’univers universitaire.

Gonapréfac, une des plus belles initiatives de la ville, reste un exemple de solidarité et de volontariat chez les jeunes animés par la volonté d’aider et de contribuer au progrès d’Haïti. L’engagement pris par ces jeunes, étudiants, professionnels et encadreurs d’aujourd’hui, postulants d’hier, s’impose comme un modèle de réussite à suivre par d’autres gens à d’autres sphères d’activité en vue de la (re) construction effective de la société haïtienne.

Worlgenson NOEL


Haïti/Livres en folie: Des étudiants critiquent et proposent

Des participants au Parc Historique de la canne à sucre
Des participants au Parc Historique de la canne à sucre

Décidément, « Livres en folie » se dessine et s’impose comme la plus grande manifestation du livre en Haïti. L’événement est unique et devient incontournable pour les amants du livre et les passionnés de la lecture.  « Livres en Folie » continue de drainer la grande foule. De fait, tous, petits et grands, écoliers, étudiants, professeurs et autres individus de catégories sociales confondues étaient des milliers à prendre part à cet événement qui s’est tenu au Parc Historique de la Canne à sucre, les 4 et 5 juin 2015, à Port-au-Prince. Les organisateurs de cette édition estiment à plus d’une dizaine de maisons d’édition le nombre de participants, avec 1864 titres disponibles et 164 auteurs en signature. Une quantité assez considérable tenant compte de la date du lancement de cette activité depuis 1994. Et, pour cette 21ème édition, Syto CAVE, dramaturge, poète et compositeur de chants, qui est passé pour un mastodonte dans le monde culturel haïtien, a été consacré « l’invité d’honneur ».

Toutefois, quant à la manière d’organiser l’événement, il est judicieux de souligner les avis partagés des étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti. Ces derniers exhibent leurs critiques et font des  propositions devant servir à l’amélioration de cette activité.  En effet, « Il y a trop de papiers légers  à livres en folie », remarque Hadson ALBERT, jeune blogueur à Mondoblog-RFI, étudiant en Communication à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH). « Des auteurs viennent et reviennent chaque année avec différents types d’ouvrages, mais présentent des textes, pour la plupart, vide de contenus », poursuit-il, en se questionnant sur les critères de recrutement utilisés pour participer à Livres en Folie. Il en a profité pour encourager les auteurs à la production scientifique, ainsi que les organisateurs à susciter l’intérêt du public particulièrement par la promotion de ces genres d’ouvrages.

Dans le même ordre d’idées, Luckens LEGROS, qui étudie les lettres modernes à l’Ecole Normale Supérieure, croit que, d’une part, les auteurs et les maisons d’édition doivent faire plus d’efforts pour améliorer la qualité et la présentation des ouvrages dont la plupart laissent encore à désirer cette année. D’autre part, il propose que les organisateurs accordent plus de visibilité aux plus jeunes auteurs qui cherchent à se créer une place dans le domaine littéraire.

L'invité d'honneur de Livres en Folie
L’invité d’honneur de Livres en Folie

D’entrée de jeu, il n’est pas à nier que tous ne se présentent pas à Livres en folie avec les mêmes motivations. Si certains viennent pour voir les auteurs et acheter leurs ouvrages, d’autres viennent pour les rencontres, les échanges et le divertissement. Mais les partenaires, eux, sont là rien que pour tirer leurs avantages du jeu. C’est en ce sens qu’une catégorie d’étudiants articulent leurs propos.

En effet, pour Lorvens AURELIEN, étudiant en Anthropo-sociologie à la Faculté d’Ethnologie, « Livres en Folie est un espace d’embourgeoisement, un lieu de  vente et non de circulation de textes ». L’étudiant, ne mâchant pas ses propos, regrette qu’il n’y ait pas de discussions faites sur les textes présentés au public, mais croit que ce sont les intérêts économiques des partenaires qui prédominent. Cela dit, hormis l’aspect culturel et social, le côté marchand de l’activité avait été très mis en vigueur. Le prix de la rentrée fixé à 300gourdes (monnaie haïtienne) par jour, celui des produits de consommation peuvent en témoigner. Donc, pour lui, Livres en folie est strictement la manifestation de l’expressivité de l’économie d’échelle. Les partenaires gagnent à tous les coups. C’est un avis quasiment partagé par l’étudiant en économie du Centre de Techniques de Planification et d’économie Appliquée (CTPEA), Enomy GERMAIN qui, en dehors de toute autre considération positive, pense que « Livres en folie est une activité qui vend des auteurs, des maisons d’édition et des livres. C’est la dimension échange des livres contre de l’argent qui semble avoir la priorité ».

Par ailleurs, Cawn Mala OSNE invite les organisateurs à résoudre au problème d’acquisition de livres qu’enregistrent les participants à Livres en folie. Cet étudiant finissant en communication à la Faculté des Sciences Humaines estime que le processus d’achat de l’ouvrage de son choix est compliqué. Et pour sa part, Wenchel OCCEUS, étudiant en administration publique à l’Institut  National d’Administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI), déplore le fait que le public ne soit pas mis au parfum à temps de la promotion des différents auteurs et œuvres disponibles à Livres en folie. Les organisateurs de cet événement doivent penser à toute une mobilisation autour des ouvrages et des auteurs, au grand public, a-t-il suggéré.

Porter son regard sur l’organisation de Livres en folie, comme espace de contact avec des ouvrages, permettra donc aux organisateurs d’apporter des changements qui pourraient rehausser l’éclat de cette manifestation culturelle à nulle autre pareille connue en Haïti, notamment dans le domaine du livre.

Worlgenson NOEL

 


Monsieur, combien coûte ce récipient d’eau s’il vous plaît ?

Cri d’alarme !

Des gens s'alignant pour acheter de l'eau
Des gens s’alignant pour acheter de l’eau

A l’heure actuelle, dans certains quartiers de Port-au-Prince, les habitants sont confrontés à une pénurie d’eau affectant leur pratique de vie. A Carrefour-Feuilles, situé à quelques pas du centre-ville, un des quartiers de la capitale les plus touchés par le séisme ravageur du 12 janvier 2010, cette réalité paraît plus évidente. Les habitants de la zone, petits et grands partent à la recherche d’eau matin et soir pour leurs différents besoins. Sinon, ils doivent attendre que les camions passent, avec des récipients d’eau, pour pouvoir en acheter.

Depuis des mois, la majorité des canaux de distribution d’eau de la zone sont à sec. Aucune information officielle n’a été véhiculée. Ni autorité locale, ni responsable des réseaux de distribution d’eau, n’a songé à rassurer la population. Tout le monde s’en fiche. Et la population, n’exigeant aucune explication, bien qu’elle s’en plaigne, se résigne. Les habitants se débrouillent seuls.

L’image est médiévale, pathétique et pitoyable. C’est inadmissible en ce grand 21e siècle où tout se modernise, de voir, au grand jour dans la capitale de telles réalités. Cette population vit encore dans la crasse. C’est à peine croyable. L’Etat est faible et n’a manifestement pas de regard sur cette réalité à laquelle sont confrontés les habitants de cette communauté depuis plus de deux mois.

Monsieur,-combien -coûte-ce-récipient d-eau-sil-vous plaitD’ailleurs, ce n’est un secret pour personne qu’en Haïti les conditions relatives à la gestion d’eau et d’assainissement se révèlent catastrophiques. Jusqu’à présent, une bonne partie de l’ensemble de la population n’a pas accès à l’eau potable, notamment dans les zones rurales. Selon l’Unicep, « près de 3 millions d’Haïtiens puisent l’eau de boisson dans les rivières et dans des sources non protégées, donc une eau de qualité douteuse contribuant à la prévalence des cas de diarrhée chez les enfants. »

Cela dit, la faiblesse institutionnelle accrue, caractérisant ce pays déjà sous-développé, induit nécessairement à une forme de négligence à l’endroit de la population tout entière.  A bien des égards, l’appareil étatique n’arrive pas à placer un strict contrôle sur un ensemble d’éléments stratégiques lui permettant de satisfaire les différents besoins de sa population en bonne et due forme. Et indéniablement, sa désorganisation prête le flanc à des particuliers (individus) qui, sous le couvert de bons samaritains, profitent pour faire leur beurre dans cette situation malheureuse. C’est donc le résultat d’une société en faillite où l’Etat peine à attribuer une certaine valeur aux citoyens dont il a la charge.

Sur ce, nous en appelons à la responsabilité des autorités. Cette réalité ne peut plus perdurer. Ce n’est pas digne d’un peuple qui a marqué l’histoire par la révolution aboutissant à son Indépendance depuis plus de 200 ans ; qui a combattu et s’est libéré des griffes des régimes dictatoriaux ayant dirigé le pays. Ce peuple qui a connu et survécu des catastrophes naturelles (cyclones, ouragans, séisme…) mérite mieux de la part de ces dirigeants qui se révèlent définitivement incapables de gouverner ou de gérer ce petit espace de 27 000 km2.

Il est urgent que les autorités responsables en Haïti se penchent sur la situation dans ce quartier. La Direction nationale d’eau potable et assainissement (Dinepa) doit assumer ses responsabilités à cet effet. Sinon, les conséquences peuvent être fatales à l’avenir. N’ayant que le souci de subvenir aux besoins pressants des habitants, des individus, à la fois samaritains et vendeurs d’eau, ne se donneront pas la peine de veiller à la qualité de l’eau distribuée. Ils se contenteront donc d’avoir soutenu une population qui a besoin d’aide. Cela dit, on ignore ce qui peut advenir de désastreux sur l’ensemble de ses habitants.

Soyez-en avertis !

Worlgenson NOEL


Haïti/ élections : Monsieur le candidat, quelle est votre bannière politique ?

Des membres du Conseil Electoral Provisoire crédit photo:haitiinfo9.canalblog.com
Des membres du Conseil Electoral Provisoire
crédit photo:haitiinfo9.canalblog.com

Ce billet fait le récit malheureux d’un groupe de candidats à la recherche d’une structure politique, électorale, voire électoraliste devant assurer leur soutien de participation aux élections. C’est arrivé le jeudi 16 Avril 2015 à Port-au-Prince.

A l’heure des prochaines joutes électorales annoncées pour cette année en Haïti, nombreux sont des citoyens qui, démocratiquement, manifestent l’intérêt d’y participer à un niveau ou à un autre. Dans les bureaux électoraux se déferlent des candidats de toutes sortes, de tout niveau et de différentes catégories sociales, qui viennent s’inscrire. Si certains, déjà issus des bannières politiques, se font prendre en charge automatiquement par ces dernières, d’autres crèvent et peinent encore à la quête d’une instance politique devant se charger d’eux pour les prochaines élections.

En effet, nous avons fait la connaissance d’une dizaine de candidats venant des villes de Province qui ont essuyé des instants de déception de la part d’un « leader politique » en mal de paraitre sur la scène politique qui se croit être à même de charrier les revendications de la population haïtienne.

A Bois-Verna, il est 15h. Les candidats, dont certains sont arrivés à la capitale depuis la veille et, d’autres le même jour, au matin, se rencontrent enfin sous les arbres à proximité d’une compagnie de téléphonie en Haïti. L’heure était venue pour aller rencontrer le chef du parti qui, selon leurs dires, devait s’assurer, entre autres, de leur prise en charge pour les élections, et dans l’immédiat de leur frais de déplacement. Mais il semble que c’était, purement et simplement, un malentendu.

Vers 17h. Nous sommes arrivés enfin chez le patron du « petit parti politique », méconnu dans le milieu politique haïtien. Reçus sur le toit de la maison par une servante, en attente du « cher leader » qui se faisait briller par son absence qui était de trop. Plus de deux heures d’attente. Les tensions commençaient à prendre corps. Les candidats en quête de bannières politiques susurrent et font les cent pas, en exhibant leurs frustrations, jusqu’à ce qu’enfin, vers 19h30, le cher leader  se pointe avec une autre délégation des candidats présents pour la même raison.

Zut ! Un léger silence avait envahi l’espace. Si certains candidats se pressaient de se mettre debout pour les salutations d’usage, malgré leur grogne, d’autres, visiblement mécontents, restent assis à leurs sièges, mais tendent, malgré eux, la main au cher leader qui, dès son arrivée, ne tenait à donner la main qu’à ceux-là qui portaient un costume. Une grossièreté remarquable et impardonnable de départ ! Toutefois, cela semblait importer peu. Le message à faire passer avait priorité. Il lui fallait, d’un côté, présenter des excuses peu convaincantes sur son retard, et étaler, d’un autre côté, les critères d’adhésion possibles au « parti politique » qui ambitionne d’avoir une meilleure représentation au Parlement Haïtien. « Tous nos candidats doivent pouvoir bien s’exprimer, savoir lire, bien s’habiller », lâche-t-il après leur avoir demandé si leurs dossiers étaient conformes.

En revanche, le contraste était évident et absurde. Alors que le cher leader faisait le point sur les critères d’adhésion, les candidats qui, de toute évidence, en avaient déjà marre, attendaient que leur attente soit comblée : les frais de déplacement tant attendus. Puisque se faire prendre en charge par le parti n’avait plus d’intérêt pour eux. Ridicule, mais vrai ! C’est aussi de cela qu’il s’agit dans la réalité des événements chez nous ! « C’est lui-même qui m’a assuré au téléphone qu’il prendrait en charge nos frais de transport », nous a livré tristement un candidat qui avait quitté sa ville de provenance depuis la veille.

A notre grande stupéfaction, le cher leader, candidat à la présidence de son état, ressentant le malaise, sans gêne ni respect pour eux, dépourvu de moyens vraisemblablement, leur a charité  la somme de 60 dollars (US) aux fins de partage entre eux. Choquant ! « C’est une très mauvaise manière de nous traiter. C’est lui qui nous a fait quitter notre département, mais vainement », regrette un candidat qui n’a rien trouvé dans la distribution. L’ironie avait dépassé la limite. Certes, la plupart d’entre eux étaient incapables de tenir un discours cohérent traduisant leur motivation pour pénétrer les rouages du parlement haïtien. Mais ce traitement était de mauvais goût ! Furieux, certains d’entre eux prennent leurs bagages et décident de partir. Ils sont formels. Ils promettent de ne plus avoir affaire à ce cher leader. Mais certains autres qui, semblent-ils, étaient des nécessiteux, prennent la modique somme pour la partager.

Entre-temps, devons-nous remarquer qu’aucun de nos chers candidats n’a de doutes sur son élection. Tous, ils restent convaincus que la population de leur commune est à leur cause. Une illusion qui les aveugle et les rend hostiles à toute tentative de dissuasion visant leur décision de se porter candidat à tout prix.

Crédit image: www.maghaiti.com
Crédit image: www.maghaiti.com

Par ailleurs, la prolifération des partis et regroupements politiques se mobilisant pour les prochaines élections peut être un facteur considérable susceptible de constituer un fil à retordre pour les choix potentiels des électeurs qui seront contraints de disséquer leur vote.

Aussi faut-il souligner,  dans la foulée, que beaucoup de citoyens restent encore sceptiques quant à la réalisation des prochaines élections de cette année. A côté des problèmes de disponibilité de fonds, s’ajoutent la question de « décharge » des anciens ordonnateurs/gestionnaires de fonds dans l’administration publique, sans compter la pléthore des partis, voire particules politiques qui tardent à se fusionner en plateforme pour éviter les difficultés de choix.

Cependant, la réalisation des élections à temps, et dans de bonnes conditions favoriserait un climat socio-politique serein dans un pays qui a connu des moments de fortes tensions politiques dès le début de l’administration en place.

Worlgenson NOEL


Juno Jean Baptiste, prix Philippe Chaffanjon 2015

 Le lauréat Haitien du prix Philippe Chaffanjon, Juno Jean Baptiste, prenant la parole après avoir recu le prix, sous les yeux du président du jury, Jacques Expert, directeur des programmes à RTL.
Le lauréat haitien du prix Philippe Chaffanjon, Juno Jean Baptiste, prenant la parole après avoir reçu le prix, sous les yeux du président du jury, Jacques Expert, directeur des programmes à RTL.

Après son reportage réalisé sur l’univers des filles de joie en Haïti, Juno Jean Baptiste gagne le prix Philippe Chaffanjon 2015. Un prix créé en l’honneur du journaliste français Philippe Chaffanjon décédé en 2013. Ce prix récompense annuellement un reportage multimédia publié dans la presse française et haïtienne. Il encourage et promeut donc des talents journalistiques haïtiens. En 2014, la première édition a été remportée par le jeune journaliste indépendant, Ralph Thomassin Joseph.

Dans « Balade de Quai-Colomb », Juno présente avec délicatesse un reportage émouvant qui attire l’attention sur des questions parfois négligées par les médias. A l’instar du fonctionnement social global haïtien, le secteur de la prostitution est en proie à des disparités, discriminations et des préjugés de toutes sortes.

Dans ce pays, comme dans le reste du monde, la prostitution reste un sujet tabou. Si dans certaines sociétés, on essaie de contrôler ce phénomène, dans d’autres le champ est libre. Avec le temps, le plus vieux métier du monde devient une industrie contrôlée par des parrains. Le marché de la prostitution fonctionne avec beaucoup d’enjeux et d’intérêts. Et « La balade de Quai-Colomb » de Juno Jean Baptiste peint la réalité d’un espace stratifié, où les rapports d’inégalités, les rapports de lutte prédominent.

Le terrain, ses difficultés

L’exercice de terrain n’a pas été facile. « Il a fallu user de toutes mes astuces pour pénétrer l’univers des prostituées », m’a confié Juno. Son reportage met à nu les conséquences de la précarité socio-économique d’une société en mal de fournir à ses jeunes d’autres alternatives. « J’ai vu et j’ai écrit l’amertume, le désespoir, la honte, la tristesse de toutes ces filles obligées d’exercer un métier contre elles-mêmes juste pour s’inventer une vie », a-t-il confié tristement.

 Credit Photo: www.franceinfo.fr
Credit Photo: www.franceinfo.fr

« A un certain moment, à Saxo, on a failli laisser sa peau quand un agent a menacé d’écraser mon téléphone, en exigeant d’effacer une photo  explique Juno qui a été obligé d’obtempérer.

Son regard sur le  fonctionnement de la presse en Haïti

La presse haïtienne connaît des dérives énormes dont il faut tenir compte. Aujourd’hui, n’importe qui peut prétendre devenir journaliste. « Les écoles de journalisme poussent comme des champignons sans aucun contrôle sur la qualité de la formation. »

Récompenser Juno, c’est encourager l’effort d’un jeune plein de fougue. C’est aussi et surtout inviter des jeunes, aux multiples talents, à faire des efforts pour gravir les échelles avec motivation et détermination.

Bravo mon ami !

Worlgenson NOEL


Blogger pour révolutionner le monde de l’information en Haïti

Crédit image:kidslearntoblog.com
Crédit image:kidslearntoblog.com

L’on reconnait à la presse son rôle important dans le domaine de l’information dans la société. Mais l’on admet tout aussi que ce secteur est enjoint d’intérêts et d’enjeux le rendant fragile de plus en plus. D’une part, les grands maîtres du monde, les grands manitous, les puissances économiques, les pouvoirs, tous, partent à la course au contrôle de l’information. D’autre part,  les médias, dont la plupart des patrons sympathisent avec  ces décideurs qui détiennent le pouvoir économique, se laissent manipuler par ces derniers. Une réalité qui précarise et vulnérabilise le métier d’informer. En ce sens, tout ce qui ne concocte pas aux intérêts de ces gens est passible d’être boycotté, dans une mesure ou une autre.

Il n’est pas à nier qu’avec la presse traditionnelle contrôlée par les pouvoirs économiques, tout ne se dit pas. Dans le cas d’Haïti, je dirais même que l’essentiel de l’actualité réelle des haïtiens n’est pas exposé aux yeux de la société. J’entends par là tous les trains de vie de pauvreté et de misère qui désarçonnent le quotidien de la majorité du peuple. Pourtant, les actualités politiques prennent le dessus. On préfère mettre l’accent sur des vaines querelles  des uns et des autres, des acteurs de la vie nationale, au lieu d’obliger l’Etat et le reste de la société à assumer leur responsabilité par rapport à des « épiphénomènes » malheureux, mais considérables, inhérents à la situation de crise globale de la société haïtienne.

Dans les zones rurales, les  quartiers populaires, dits défavorisés, il se passe des choses sur lesquelles les médias devraient interpeller la conscience des concernés. Ces réalités, bien qu’elles soient connues, ne sont même pas reléguées au second degré, mais livrées presqu’aux oubliettes. La précarité socio-économique des gens induit à des tristes conséquences préjudiciables pour la société : affrontement et violence entre des groupes, toxicomanie, alcoolisme, prostitution, délinquance juvénile, cas de grossesse prématurés, etc. Cette réalité est aussi valable pour des milliers de gens qui continuent de vivoter sous les tentes, cinq ans après le séisme du 12 janvier 2010. Mais, on en parle très peu dans les médias. Question d’intérêt !

De nos jours,  avec le blogging, je peux considérer qu’il s’agit d’une forme de révolution dans le monde de l’information en Haïti. Puisque désormais, plus n’est besoin d’attendre que les médias traditionnels transmettent les informations contrôlées et articulées en fonction de l’intérêt des acteurs influents de la société. Mais, que les citoyens responsables  arrivent à exposer à la face de la société  des problèmes réels qui la rongent à petit feu. Cela dit, tout en évitant de diffamer, de mentir, la société a besoin des blogueurs qui s’arment de courage en disant tout haut ce que d’autres disent tout bas.

Encourageons le blogging en Haïti

Le blog, comme espace où l’individu peut s’exprimer sans aucune contrainte, représente l’un des meilleurs atouts pour des haïtiens, les jeunes en particulier, d’exposer les maux qui handicapent la société. Mais toujours en demeure-t-il que s’exprimer ne doit pas être un moyen d’instrumentaliser des attaques gratuites visant la destruction d’un individu. D’où l’intérêt d’identifier et de former autant qu’il soit possible des blogueurs à qui il incombe un niveau de responsabilité dans ce qu’ils disent ou écrivent.

Crédit image :www.edudemic.com
Crédit image :www.edudemic.com

Désormais, parler du monde médiatique en Haïti inclura la blogosphère, les médias en ligne. Par la magie de la technologie, les informations sont censées être à la portée de tous. D’ailleurs, depuis un certain temps, les gens commencent par s’y habituer. Hormis d’autres plateformes qui permettent à des citoyens de s’exprimer sur les réalités de leur milieu, la plateforme Mondoblog constitue un outil servant de motivation à des citoyens de mettre à la surface du monde francophone et autres le « train-train» qui teint le vécu du peuple Haïtien.

D’où l’importance du travail du Réseau des blogueurs évoluant en Haïti. Nous regrouper, nous structurer pour mieux faire, dans la formation au quotidien, pour mieux comprendre et assumer nos responsabilités comme citoyens évoluant dans la société avant tout. Par cela, nous constituerons une force de pression normale à part entière donnant un coup de pouce au progrès de la société.

Worlgenson NOEL


La faculté de médecine célèbre la Semaine internationale du cerveau en Haïti

Des étudiants en deuxième année de la Faculté de Médecine et de Pharmacie
Des étudiants en deuxième année de la Faculté de Médecine et de Pharmacie

Célébrée depuis plus d’une décennie, la Semaine internationale du cerveau met en exergue les différentes recherches réalisées sur cet incontournable organe du corps humain : le cerveau. Chaque année, dans plusieurs pays, des centres de recherches, des écoles, des universités ou d’autres espaces, des travaux scientifiques sont présentés au grand public. Cette activité consacrée au cerveau est organisée sous le leadership de lAlliance européenne Dana pour le cerveau (EDAB), une organisation de plus de 260 scientifiques éminents du cerveau, y compris les cinq lauréats du prix Nobel, de 32 pays. Elle s’engage donc à améliorer la compréhension du public sur les différents rôles du cerveau dans l’organisme humain.

En Haïti, cette année, sous l’égide du comité d’étudiants de la promotion 2013-2020 de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, la Semaine internationale du cerveau a été célébrée sous le thème de: «Apprendre sur ce qui nous permet d’apprendre pour mieux apprendre». Du lundi 16 au vendredi 20 mars 2015, plusieurs activités ont été réalisées à la capitale sur le cerveau. D’une part, à la faculté, une série de conférences a été organisée par des professeurs/chercheurs. D’autre part, au champ-de-Mars, dans des écoles,  ou d’autres espaces anodins, les étudiants se sont investis pour faire comprendre au public l’importance du cerveau, comme noyau indispensable au fonctionnement de l’organisme humain, ses différents rôles, ainsi que la nécessité de l’utiliser à bon escient.

« S’il existe des journées mondiales pour d’autres choses, on peut aussi consacrer des moments de réflexions sur l’objet le plus complexe de l’univers, le plus important de l’organisme humain », pense Jean Wilguens Lartigue, membre du comité organisateur, pour montrer l’importance dont revêt une telle activité. « Nous voulions faire voir aux gens comment protéger leur cerveau. Et le message a été bien reçu, de la part d’une grande majorité d’entre eux, surtout chez des jeunes fumeurs rencontrés au Champ-de-Mars », ont renchéri Marie Bady Nelson et Badet Valora, deux étudiants en médecine.

Des membres du comité et le Dr Eliode Pierre
Des membres du comité et le Dr Eliode Pierre

Certes, le cerveau demeure le puissant instrument contrôlant et dictant nos faits et gestes, mais il est toujours peu connu et appréhensible du grand monde. De l’antiquité à nos  jours, le cerveau humain continue d’émerveiller les scientifiques. Ses caractéristiques et ses fonctionnalités lui font conférer à l’être humain un pouvoir qu’il n’arrive toujours pas à exploiter en bonne et due forme. En ce sens, «…nous devons prendre du temps pour réfléchir sur le cerveau pour mieux comprendre son fonctionnement. D’où le sens de notre activité. Nous sommes étudiants de l’Université d’Etat D’Haïti, donc des boursiers. Voilà pourquoi nous nous mettons au service de la population », explique Jean Rossly Joseph, étudiant en 2ème année de la FMP.

Par ailleurs, dans la salle où l’on organisait l’une des conférences à laquelle nous avons assisté ce vendredi 20 mars, se trouvait une jeune étudiante, Claudine Joseph, qui déplore le fait que l’Université présente peu de travaux scientifiques à la société : « C’est quand même inacceptable! L’un des rôles de notre Université est la production scientifique, mais peu sont les résultats de travaux scientifiques présentés à la population ». Cela dit, de telles activités méritent d’être encouragées. L’Etat doit investir davantage dans les travaux scientifiques qui permettraient à l’ensemble de la population de rationaliser son comportement par rapport  à des phénomènes complexes liés à l’évolution de la société.

Worlgenson NOEL

 

Thèmes et conférenciers ( Semaine internationale du cerveau)

Le phénomène de la perception au niveau du cerveau : approche psychologique, avec le Dr Junot Joseph, professeur d’université ; Evolution du cerveau à travers le temps, Roosly Jean Joseph et Jean Wilguens Lartigue étudiants en médecine ; Analogie entre langue maternelle et apprentissage, avec le Dr Rochambeau Lainy, Doctorat en linguistique et master en psychopédagogie, professeur d’université ; Le cerveau : approche connexionniste, avec le Dr Bernard Pierre, Neurochirurgien, professeur d’université.

Mes félicitations aux membres du comité organisateur 

Jean Roosly Joseph, Valora Badet, Pierre Fritz Gérald Vatey, Marie Bady Nelson, Alexis Stephy Cassandra, Jean Wilguens Lartigue, Jonathan Joseph, Glafira Marcelin, Jean Malherbe Lolo, Clauny Myrtho Salomon, Christopher Georges, Junior Jean Bex.

 


Haïti: Panique dans le champ des congrégations religieuses

Crédit photo:  solidariteflash.wordpress.com
Crédit photo: solidariteflash.wordpress.com

Depuis des jours, il se développe un phénomène triste en Haïti qui finit par nous interpeller comme citoyen évoluant dans la société : des attaques contre les congrégations religieuses. On nous l’aurait dit avant, nous ne l’aurions pas cru. C’était difficile d’imaginer que de tels événements soient produits dans notre société qui se veut de respecter, par-dessus tout, certains symboles de valeurs. C’est un fait ! Des malfrats, sans aucun scrupule, prennent pour cibles des groupes religieux. Cela a déjà engendré la panique dans ce secteur, si bien que les autorités s’empressent d’annoncer des mesures sécuritaires prises en leur faveur. 

De nos jours, hormis la question des élections, ce qui fait l’actu en Haïti, ce sont des attaques orientées contre les congrégations religieuses en Haïti. En effet, dès le début du mois de Mars, on en parle dans les médias. Plusieurs cas de violence et de cambriolage ont été enregistrés dans cette communauté. Des couvents ont été directement touchés et des sœurs agressées, sans compter la tentative d’enlèvement dont faisait l’objet un Monseigneur, recteur d’une université privée dans le pays. C’est la pagaille.  De la panique chez les sœurs en particulier, mais dans la toute la communauté religieuse se sentant ciblée en général.

Et guise de protestation contre ces actes, une marche silencieuse a été organisée par la Conférence Haïtienne des Religieux (CRH), le lundi 9 Mars 2015.  Pour les rassurer, cette semaine, tout en promettant de traquer les coupables, les autorités policières ont annoncé des mesures prises en vue de protéger ces communautés religieuses sur tout le territoire national.

Aujourd’hui, plusieurs catégories de gens dégagent des opinions sur cette réalité. D’un côté, certains pensent qu’il s’agit des actes liés au climat peu sécuritaire,quasi général, que connait actuellement le pays. D’un autre côté, certains autres pensent qu’il s’agit au contraire des attaques systématiques dirigées vers ce secteur religieux. Par cela, ils vont jusqu’à penser que la société est en passe de déperdition de respect pour les valeurs. En ce sens, s’attaquer à des figures morales du genre dans la société, c’est montrer manifestement que le pays a atteint un niveau de putréfaction considérable dans sa structure sociale. Plus rien ne semble avoir de valeur pour ces gens. C’est déplorable !

S’il faut s’attaquer réellement à ces actes d’insolence et de dédain dans la société, il importe de porter un regard sur la problématique des instances de socialisation en Haïti, notamment l’école et la famille. Ces canaux de transmission de valeurs sociétales doivent assumer leurs responsabilités, parce qu’ils participent, in fine, au devenir des citoyens. Ils modèlent leurs comportements et leurs attitudes dans la société. Cela dit, en clair, on peut considérer ces actes comme révélateurs d’un système éducatif en déchéance, en quête de restructuration profonde.

Plus que jamais, la société haïtienne doit se réveiller pour que de tels actes ne se reproduisent plus en son sein. Nous devons tous dire NON à des pratiques du genre. Tout le monde a pour devoir de protéger les valeurs qui tiennent l’image d’Haïti sur la surface de la planète.

Worlgenson NOEL


Les bonnes raisons pour faire de la grève en Haïti

www.haitilibre.com
www.haitilibre.com

Au regard de la dynamique de fonctionnement de la société haïtienne, tout est fin prêt pour ce que l’on appellerait un « éclatement » de ces différents tissus. En effet, les inégalités qui caractérisent les différentes catégories sociales du pays le fragilisent de plus en plus. Le pays va mal, tout le monde le sait. Les conditions exécrables de vie des citoyens sont révoltantes. En bref, toutes les conditions sont de mise pour qu’on assiste à ce que beaucoup peuvent appeler une « révolte populaire ». Pourtant, l’on a comme l’impression que la grande majorité de la population, bien qu’elle s’en plaigne, se conforme silencieusement dans sa réalité, en attente, comme toujours, d’un lendemain meilleur.

De nos jours, l’on assiste à des situations de tensions, quoi qu’elles soient instantanées, de plusieurs secteurs bien particuliers dans la société, avec des revendications contingentes. Ecoliers, enseignants, étudiants et syndicats de transports en commun, tous, pour la plupart, mettent sur le tapis des revendications justes, néanmoins circonscrites dans le relais du conjoncturel. Car, aussitôt que leurs revendications paraissent satisfaites, ils retournent à la vie vraisemblablement normale. Pourtant au fonds, le problème reste entier. La société continue de fonctionner avec les mêmes malaises.

Cela dit, ce dont Haïti a besoin désormais pour avancer, c’est une mobilisation générale issue d’une révolte de la  conscience collective. Les citoyens, de quelle catégorie qu’ils soient, doivent sortir de leur grand mutisme pour que les choses changent vraiment. Il nous faut des groupes de leaders qui articulent des revendications qui reflètent les véritables revendications de l’ensemble de la population qui continue de patauger dans la crasse.

Haïti a besoin d’une reforme dans son système éducatif, c’est-à-dire avoir un système qui forme des individus-citoyens qui soient à mêmes de se mettre au service de leur société. Il faut la construction d’une société où les gens se sentent chez eux, sans avoir besoin d’aller se faire humiliés ailleurs, parce qu’ils sont en quête d’une vie meilleure. Il faut également une société où l’Etat et les élites économiques encouragent la production nationale ; créent des emplois pour les gens. Un combat contre la pauvreté,  la misère.

En somme, aujourd’hui, s’il faut observer de la grève en Haïti, ces éléments pourraient constituer la toile de fonds des revendications qui s’orientent au sens de l’intérêt collectif. En lieu et place des mouvements spontanés utilisés très souvent par des leaders sans scrupules qui profitent de la naïveté de la population, en dépens de leurs propres intérêts, il nous faut nous entendre et nous demander ce que nous voulons réellement pour Haïti. Cela aurait  pour conséquence la réduction du taux d’inégalités sociales qui rongent le pays. Il y aurait alors moins de gens en proie à la frustration, au découragement et au désespoir. Il s’ensuivra alors une société forte et autonome.

Worlgenson NOEL


Incroyable, mais vrai ! Eux, ils ont fait le tour du monde en 80 jours sans argent !

Crédit photo: Optimistic Traveler
Crédit photo: Optimistic Traveler

Dans un monde si capitalisé où les rapports entre les humains sont quasi-marchands, on n’imagine pas la réalisation d’un voyage autour du monde sans argent. Même ceux-là qui possèdent les plus grandes fortunes ne voyageront que si les retombées leur seront directement bénéfiques. Pourtant, Milan et Muammer sont arrivés à faire le difficilement imaginable. Sans argent, ils ont parcouru le monde entier en 80 jours. Un acte osé.

Désormais, le monde parlera de Milan Bihlmann et Muammer Yilmaz qui ont parcouru quatre (4) continents, 47.000 km et 19 pays. Leur histoire est unique. Ils sont partis à la découverte d’autres peuples, d’autres cultures avec d’autres visions du monde. Ces deux-là se sont fait rejoindre en cours de chemin par Joe Miller et Lofty Dibaoui. L’expérience n’a pas été des plus aisées. Il y a eu certainement des moments de déboires, mais surtout des moments de bonheur, de grandes et bonnes découvertes. Du plus simple citoyen aux autorités, ces voyageurs ont croisé différentes catégories de gens sur leur parcours. A chacune une manière de voir le monde avec des éléments culturels intrinsèques.

Poussés par la curiosité, ils n’ont pas eu peur de franchir les murs du « difficilement-imaginable » : « faire le tour du monde en 80 jours sans argent ». Inspirés de l’ouvrage de Jules Verne, Le tour du monde en quatre-vingt jours, ces voyageurs-aventuriers sont arrivés à faire ce que beaucoup d’autres rêvent de faire depuis des temps. En effet, Ils sont partis de l’Europe, le 9 septembre 2014, vers les 9hres,  pour explorer l’Asie, les Amériques, l’Afrique et  la traversée de l’Océanie.

Certes, ils sont loin d’être les premiers à faire le tour du monde, mais les seuls, jusqu’à date, qui  ont réussi à le faire sans une petite fortune. Sans le moindre sou, Milan et Muammer ont démontré’ l’inimaginable à leur manière. « Tous les jours, nous avions trouvés des gens qui nous donnent à manger et à boire. On n’a jamais dormi dans la rue », s’exclament-ils, soutenant que même leurs billets de transport (avion) ont été pris en compte par des individus qu’ils  ne connaissaient pas avant. Toutefois, ils reconnaissent qu’il était difficile en soi de faire le tour de  monde sans argent. Mais le risque était à prendre.

Loin de là l’objectif de prôner l’illusion d’une vie au monde sans l’argent. Mais, ces jeunes veulent montrer que ce dernier ne doit pas être le principal souci si l’on veut fraterniser. En ce sens, pour Muammer,l’un des artisans du projet, « Il faut donner la priorité aux humains, et non à l’argent ».

Crédit photo: Optimistic Traveler
Crédit photo: Optimistic Traveler

Partir à la Découverte

L’air satisfait, ce groupe de jeunes partisans du voyage considèrent l’expérience comme un tour d’apprentissage de la vie. Des gens les plus huppés aux plus humbles, tous avaient des choses à faire apprendre.

Par ailleurs, à en croire leurs propos, l’une des expériences les plus remarquables a été les visites en Iran et au Pakistan. Outre les préjugés dégagés sur l’ensemble des pays du moyen Orient, se présentait un problème de communication qu’ils ont tenté et réussi à résoudre par la magie du langage universel de  l’art. En offrant en spectacle leurs talents de jongleur et de magicien, Milan et Muammer sont parvenus à capter l’attention de leurs spectateurs, jusqu’à se faire prendre en charge par ceux-ci. Très audacieux ! Rien que la magie de l’art !

Description en bref

Désormais, le monde retiendra l’histoire de ce groupe de jeunes voyageurs bourrés de talents particuliers. D’une part, Milan Bihlmann, originaire de Berlin, a fait des études en commerce international. Il est un excellent jongleur qui enflamme le sourire des individus rencontrés sur son parcours. Muammer, Ilmaz, est lui-même originaire de Turquie, mais né en France. En plus  d’être photographe et réalisateur, il est un magicien qui émerveille le cœur des enfants notamment. D’autre part, l’américain Joe Miller qu’ils ont rencontré à Chicago est un grand artiste-peintre qui stupéfie l’imagination des gens par ses grandes touches artistiques. D’ailleurs, il en a fait la démonstration dans la crèche qu’il a visitée en Haïti, lors de son séjour. Alors que Lotfy Dibaoui âgé de 23 ans, le plus jeune d’entre eux, rencontré en France, se verse plutôt dans la vie associative.

Venir en Haïti, pourquoi ?

L’idée de venir en Haïti découle de la rencontre à Berlin en août 2014 avec l’allemand Michael Kaasch qui dirige une ONG en Haïti depuis près d’une trentaine d’années, Haïti care. Cet investisseur leur a présenté sa vision à travers son projet qui leur a inspiré le choix d’Haïti pour donner des fonds reçus de part et d’autre dans leur tour du monde.

C’est ainsi qu’au début de l’année 2015, « Optimistic traveler », le groupe qu’ils constituent, été reçu en Haïti par la courageuse femme, Natacha Marseille, qui dirige la Maison des Enfants du Village de l’Avenir (MEVA), ainsi que la crèche où cohabitent certains enfants fréquentant leur école. Cela leur a donné l’occasion de donner leur coup de pouce au travail déjà réalisé par Michael Kaasch. Ainsi sont-ils parvenus à réparer une partie d’un atelier de peinture, d’art plastique et de couture ; ont-ils introduit de nouvelles gammes de jeux de société ; ont-ils peint un château, et ont-ils appris aux enfants à jongler, sans compter les tours de magie.

A l’instar de Jules Verne qui a consacré un roman d’aventures parlant de ce grand exploit que l’humanité n’avait connu avant, ces voyageurs comptent faire éditer un ouvrage consacré à leur aventure truffées d’histoires époustouflantes qui sera édité en France au cours de cette année. Tous les bénéfices tirés de l’ouvrage seront portés au service du reste du monde dans le besoin, selon les propos de Muammer qui participait à l’émission kalfou présenté par l’animateur vedette Konpè Filo à Télé Guinen. Mais l’important reste pour eux le message qu’ils souhaitent faire passer, leur optimisme à changer le monde : la vision d’un monde de partage, d’amour et de paix.

Worlgenson NOEL


Pour dire NON au racisme des Dominicains

Crédit photo: RBH/Tilou
Crédit photo: RBH/Tilou

Pour dire non aux actes de barbarie de certains Dominicains sur des Haïtiens qui vivent sur leur territoire depuis des années ;

Pour dire non aux attitudes et comportements discriminatoires ses Dominicains à l’égard de nos compatriotes ;

Pour dire non à l’anti-haïtianisme développé par les Dominicains depuis trop longtemps ;

En tant que membre  du Réseau des blogueurs haïtiens (RBH), je participe ouvertement à la manifestation virtuelle qu’il organise en protestation contre le racisme dominicain !

Utilisons ces langues pour dire :

NO to racism in the Dominican Republic

NO al racismo en la República Dominicana

ABA rasis nan Sendomeng

NON au racisme en République dominicaine

 لا للعنصرية في جمهورية الدومينيكان

NEIN zu Rassismus in der Dominikanischen Republik

NO al racismo en la República Dominicana

NO al razzismo nella Repubblica Dominicana

 NEJ till rasism i Dominikanska republiken

Нет расизму в Доминиканской Республике

Não ao racismo na República Dominicana

NEE tegen racisme in de Dominicaanse Republiek

도미니카 공화국의 인종 차별주의에

없음 没有种族主义在多明尼加共和国

ドミニカ共和国での人種差別にノー

 

Worlgenson NOEL