Harif

Caméras et blogueurs au service de la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent au Tchad

Depuis juillet 2015, les attaques terroristes combinées avec les interventions de l’armée tchadienne dans la région du lac Tchad ont conduit à des vagues de réfugiés et de personnes déplacées qui selon les nations unies portent le nombre total de personnes au Tchad touchées par la crise au Nigéria à plus de 80 000 depuis janvier 2015. La plupart des personnes déplacées sont installées dans des sites spontanés. Ces personnes déplacées aussi bien que des communautés hôtes n’ont accès ou ont un accès très limité au lac et aux terres autour du lac ce qui a un impact important sur leurs moyens de subsistance. Cette situation exacerbe les tensions entre les communautés et pourraient affectée la cohésion sociale. Par manque de ressources et d’occupation en raison d’un manque d’opportunités, les jeunes ainsi que les enfants sont plus enclins à être radicalisés et à intégrer la secte Boko Haram qui les attire en leur fournissant, entre autres, de la nourriture et/ou de l’argent.

L’engagement et la contribution des hommes de la communication face à la menace terroriste au Tchad !

Comme annoncé dans un de mes récents articles j’ai intégré une structure audiovisuelle tchadienne en partenariat avec le programme des nations unies pour le développement (PNUD). Dans l’objectif d’avoir une expérience en matière de cinéma, j’ai rejoint une équipe technique de mise en œuvre de ce projet. Nous avions pour mission de réaliser six vidéos participatives dans trois régions du Tchad (N’Djamena, Lac Tchad et Logone Oriental). Il s’agissait concrètement de réaliser des vidéos participatives avec les bénéficiaires du projet (ex-associés à Boko Haram, retournés/réfugiés/leaders religieux et communautaires, femmes, victimes de violences extrémistes, etc.).

La question que certains se poseront en lisant cet article serait : Qu’est-ce qu’une vidéo participative ? Pourquoi utiliser ce canal de communication de proximité ? Quel est sa plus-value dans le cadre des projets ? En quoi la communication pourrait contribuer à prévenir la radicalisation et l’extrémisme violent ?

Comprendre les fondements de la vidéo participative !

Une vidéo participative est un moyen technique qui accompagne un groupe communautaire à la recherche de solution à son problème. Elle implique la communauté faisant elle-même une vidéo en se basant sur son vécu quotidien pour produire des supports de sensibilisation communautaires de façon inclusive et participative afin d’inciter les populations aux changements de comportement. De ce fait, la valeur ajoutée réside non pas dans la qualité de la vidéo, mais dans le processus de rapprochement des acteurs impliqués dans la mise en œuvre. La communication devient donc un outil de développement !

Comment nous y sommes pris ?

Les échos venant de l’université de N’Djamena sont entre autres les grèves, les manifestations violentes, etc. Comme un instrument éducatif, la vidéo participative peut être utilisée pour sensibiliser les étudiants à la non-violence et au changement de comportement.

L’information et la formation des étudiants :

Plusieurs séances d’information et de formation se sont déroulées au sein de la faculté des sciences exactes et appliquées de Farcha, sis à N’Djaména. Ces séances ont porté sur les objectifs du projet, de la vidéo participative et de sa finalité.

Elaboration et validation des thématiques :

Les thèmes ont été élaborés et validé en collaboration avec les étudiants. Le synopsis des vidéos a été présenté par un groupe d’étudiants, qui ont insisté sur la représentation de la réalité vécue par la jeunesse estudiantine tchadienne.

Restitution des vidéos

Les résultats des premières vidéos participatives mettant les étudiants en séance de tournage portant sur leurs réalités estudiantines ont été présentés en séance plénière. Les étudiants ont apporté leur observation afin de parfaire le produit final en se rassurant que les vidéos reflètent le vécu réel.

Les leçons apprises

  1. Les jeunes ont besoin d’un espace de libre échange pour évacuer les frustrations sociales
  2. La communication est un puissant outil pour rapprocher les acteurs sociaux autours d’un débat concernant les problèmes de société ;
  3. Les jeunes sont capables de se transformer en des acteurs de développement ;
  4. La radicalisation socio-politique peut-être endiguée par les jeunes qui constituent la force motrice des zones urbaines tchadiennes ;

Bientôt un article et des vidéos participatives avec les ex-associés à Boko Haram !

Pour plus d’informations sur notre travail dans le domaine de la radicalisation et de l’extrémisme violent au Tchad :

Facebook: https://www.facebook.com/pveTchad/

Youtube: PVE TCHAD

Blog: pvetchad.wordpress.com


Le terrorisme islamiste : une autre lecture

Depuis que j’ai intégré une équipe de cinéma pour la réalisation d’une série sur la lutte contre la radicalisation en milieu jeune, toutes les thématiques qui ont un rapport avec ce sujet m’attirent davantage. C’est pour cela que j’ai participé à une conférence débat organisée par le centre culturel Al-mouna sur le thème : « Le terrorisme islamiste : une autre lecture ».

Le phénomène du terrorisme islamiste, on en parle chaque jour, on fait des colloques, des conférences débats, des séminaires…, mais ce qu’on constate, c’est la montée en puissance du terrorisme : des attentats kamikazes, des explosions des engins piégés, des prises d’otages, etc.

Avant, l’Afghanistan était l’unique foyer du terrorisme au monde, aujourd’hui on en compte beaucoup. Le phénomène a même touché mon pays, le Tchad qui était victime de plusieurs actes terroristes perpétrés par les éléments de Boko Haram. Il a fallu l’intervention de l’armée nationale pour anéantir cette secte.

Dans la salle auditorium du centre Al-mouna, le conférencier Dr. Sali BAKARI n’a pas axé son intervention sur l’origine du terrorisme, ni sur le mobile, ni même sur les sources de financement mais plutôt sur un aspect que beaucoup des chercheurs n’ont pas su exploiter pour comprendre l’origine du terrorisme.

Les études ou les analyses qui sont présentées sur le sujet se sont inscrites dans la même logique. Il faut essayer de voir le terrorisme par des paramètres qui jusque-là ont été négligés, notamment la prise en compte des histoires de vie des acteurs principaux du terrorisme. Quels sentiments avaient-ils ? Et en quoi ses sentiments peuvent les influencer au point de les basculer dans la radicalité puis dans la violence.

C’est difficile d’éradiquer une idéologie par les armes. La meilleure manière de lutter contre le terrorisme est la prise en compte de la vie sociale et l’étude des profils psychologiques des leaders du terrorisme international.

Pour appuyer ses argumentations Dr. Sali BAKARI évoque la vie affective des trois grands chefs terroristes, à savoir Abdallah Azzam le cerveau du Jihad en Afghanistan, Oussama Ben Laden le fondateur du réseau terroriste Al-Qaïda et Mohamed Yusuf le chef spirituel de la secte Boko Haram.

Il ne s’agit pas de faire une étude comparative de ces personnages mais plutôt de voir qu’est-ce qu’il y a de similaire dans leur vie, notamment dans la dimension affective et sentimentale de leur vie et qui les a poussés dans l’obscurantisme.

Le conférencier aborde d’emblée le cas de Mohamed Yusuf qui retourne au Nigéria, son pays d’origine, après avoir fait des études en théologie à Médine (Arabie Saoudite). En voulant imposer l’idéologie wahhabite à la population nigériane, Mohamed Yusuf a eu des démêlés avec les prédicateurs locaux, notamment ceux issus de la confrérie Tiddjania. Ces derniers le rejettent et cherchent toujours à le ridiculiser. Mohamed Yusuf, se sentant alors humilié, décide d’infliger des représailles à la population. Selon Dr. Sali BAKARI, Yusuf les manipule en les mettant en résonnance avec les injustices vécues localement.

Pour que ce leader réussisse son combat politique et idéologique, il a fallu qu’il transforme son problème personnel en un problème collectif et pose des termes précis et séduisants.

« Vous êtes responsable de votre échec, si nous sommes sous développés c’est parce que l’Occident nous a envahi, c’est parce que l’Occident a détruit l’empire Ottoman, l’Occident nous a imposé des nouvelles frontières, si vous êtes mal éduqués, mal logés c’est parce que nous étions victimes de la colonisation britannique, c’est parce qu’on nous a imposé la culture occidentale alors qu’auparavant nous avons le Khalifa de Sokoto, le Kanem Bornou… » [Discours de Mohamed Yusuf]. Il a mis les petits plats parmi les grands pour arriver aux évènements de 2009 qui ont conduit à son arrestation, ensuite à sa mort.

C’est l’analyse sous une dimension affective qui a permis au conférencier de comprendre pourquoi les partisans de Yusuf adhèrent à son discours et pourquoi la masse populaire a répondu à l’appel de Ben Laden pour le djihad en Afghanistan contre l’invasion soviétique.

Oussama Ben Laden fait partie d’une famille très riche et respectée. Il est destiné à une carrière brillante plutôt que le terrorisme. Dr. Sali BAKARI l’a abordé pour comprendre ce qui n’a pas marché dans sa vie affective. Il évoque brièvement l’appartenance à la tendance chiite de sa mère et la relation douteuse de sa mère avec son père. Ben Laden était donc furieux et au moment où les arabes avaient encore subi des échecs dans la guerre avec l’Etat d’Israël qui a suscité en eux un sentiment d’infériorité et de honte.

Pour finir, je dirai qu’au-delà de l’aspect affectif de ces leaders terroristes, il faut aussi prendre en compte la vie socioéconomique des personnes qui sont susceptibles d’être embrigadées. Aujourd’hui, aucun pays n’est à l’abri du terrorisme et donc la lutte contre ce phénomène ne doit pas être l’affaire de l’Etat ou du gouvernement mais plutôt une affaire de tout le monde.

Dans la région du Lac Tchad frontalière avec Maiduguri (fief de Boko Haram), les éléments de Boko Haram s’infiltrent fréquemment pour commettre des actes terroristes. Vu la gravité des faits, les villageois se sont organisés en comité de vigilance pour surveiller les lieux des cultes et les marchés. Tous les passants sont soumis à des fouilles corporelles. Cette méthode est certes petite mais a permis à la force de défense de démasquer et d’arrêter plusieurs terroristes.


Tchad : Des vicissitudes aux habitudes

N’Djaména la capitale tchadienne est devenue une grande agglomération. Elle est composée en majorité des populations venues de tous les quatre coins du pays, ce qui constitue un croisement des individus de culture et identité différentes. Le nombre de la population augmente chaque jour. Pour s’en rendre compte, il suffit de se mettre sur le viaduc de Dembé, faire un tour au marché à mil ou tout simplement se promener sur les principales artères de la ville. Vivre à N’Djaména c’est parcourir les méandres de ses quartiers, se confronter au nombreux comportement qui malheureusement caractérise une partie de sa population. Cher lecteur, je vous présente quelques unes de ses vicissitudes qui sont devenues des habitudes.

La parade nuptiale motorisée

A N’Djaména tout comme partout au Tchad, le mariage se célèbre en grande pompe. Les convives (amis et famille) arrivent à bord des voitures, des motos accompagnées des youyous etc. L’heure est à la fête. C’est normal ! Sauf que la ferveur de certain conduit au dérapage.

Pour se réjouir, le cortège sillonne toute la ville aux bruits de klaxon et hurlement dans tous les sens. Il s’arrête fréquemment au beau milieu de la route, la musique à fond, les amis descendent de voiture pour danser et tirer des bals en l’air bloquant ainsi la circulation pendant quelques minutes, parfois sous l’œil complice de la police, dans un vacarme assourdissant.

L’incivisme

Certains individus ont tendance à réclamer beaucoup plus à l’Etat que leur dévouement vis à vis de la République. Aujourd’hui si certains quartiers sont sales c’est dû au comportement incivique des populations dans une certaine mesure, beaucoup se contente d’utiliser des emballages en plastique et les jettent n’importe où au sortir de leur domicile. Même au volant des véhicules, ceci est fréquent. Ces plastiques jetées nagent sur les eaux de canalisation bouchant ainsi l’évacuation des eaux usées.

L’utilisation des biens publics à des fins privées

Les voitures immatriculées AP (Administration Publique) sont régulièrement utilisées à des fins personnelles ou en-dehors des heures de travail. Ne soyez pas étonnés si vous les rencontrez dans un bar ou alignées sur un cortège de mariage. Pire encore on invite les amis au bureau pour se connecter sur internet ou utiliser les ustensiles de bureau tels que l’imprimante, la photocopieuse et j’en passe.

Le folklore

« La communauté X remercie le Président de la République d’avoir nommer notre fils Y ministre de… Nous réitérons notre soutien et ferme engagement dans l’accomplissement de votre mission. Que Dieu le tout Puissant vous accorde une longue vie au pouvoir». Ce genre de folklore à la radio ne vous échappe certainement pas quand il y a nomination à des postes de responsabilité. Le promu se verra tout de suite submerger par des cadeaux. Les gens se bousculent à sa porte pour être le premier à le féliciter et au cours d’un dîner, rappeler au nominé que «c’est notre tour ».


Wenkou ! Des talents cachés en essor

« Envie de découvrir le Tchad autrement…Envie de connaître les astuces de mode beauté, les DIY, les STORY TIME…Envie de connaître les jeunes entrepreneurs tchadiens…Envie d’en savoir plus sur le patrimoine culturel, sur l’humour à la tchadienne… La chaîne Youtube Wenkou vous plonge au cœur de la jeunesse tchadienne ». Ce sont là, les quelques mots prononcés dans le teaser de la chaîne.

Si vous tapez « Tchad » sur les moteurs de recherche, le premier résultat qui apparaît sur votre écran, c’est une image d’hommes en treillis. C’est dire, si le pays est beaucoup plus connu par son armée que d’autres talents et potentialités. Et pourtant ces résultats ne reflètent pas forcement la réalité.

Aujourd’hui avec les opportunités qu’offrent l’internet et les technologies de l’information et de la communication, les jeunes à travers les médias sociaux veulent changer cette étiquette. Cela passe nécessairement par la formation, la maîtrise et l’appropriation de ces outils.

Depuis novembre 2016, trois jeunes tchadiens animent une chaîne Youtube dénommée Wenkou, la WebTV lancée par l’association WenakLabs  avec le soutien de l’UNICEF-TCHAD. Dans leurs vidéos, ils abordent plusieurs thématiques qui ont des rapports avec la jeunesse (l’entrepreneuriat, l’éducation, la société…).

Aujourd’hui, je vais vous faire découvrir Mister Digari, Miss Shamatha et MuZ$. Ils utilisent le français parfois mélangé avec le dialecte pour faire de l’humour mais aussi un peu d’éducation civique. En moins d’une année, les trois youtubeurs ont réussi à atteindre un nombre important des internautes, ils ont eu des centaines d’abonnés et des milliers des vues.

Dans cette émission nommée « Wenkou Kids » Mister Digari réalise un super reportage sur les enfants bénéficiaires d’une formation sur la protection de l’environnement organisée par l’association des Espaces Verts du Sahel (EVS). C’est un film de quatre minutes mais qui a tout son sens. Dans ce document ces enfants formés en éco civisme abordent avec aisance la problématique du tarissement du Lac Tchad et les conséquences qui en découlent.

Dans la vidéo ci-dessous, Miss Shamatha explique les cinq façons d’attacher le foulard en pagne africain et ces #DIY pour embellir les accessoires de mode.

« Ils ne croisent pas les bras », c’est le titre de l’émission consacrée aux jeunes qui ont réussi dans leur entreprise. Vous trouverez dans les vidéos ci-dessous des interviews réalisées avec des talents cachés.

Pour finir, je vous renvoie sur la page facebook officielle de Mister Digari pour regarder cette vidéo aussi drôle mais éducative.

Toutes les vidéos de la chaîne sont disponible ici.


Dix conseils pour réussir sa vie par un auteur tchadien

Des fois, après le boulot on a besoin de se relaxer, histoire de diminuer un peu le stress au travail, oublier les soucis liés à notre quotidien… La lecture est pour moi un remède à tout cela. Grâce au livre « Les 10 attitudes de réussite dans la vie », écrit par l’auteur tchadien Laring Baou, j’ai pu comprendre comment avoir la paix intérieure, la confiance en soi et en l’avenir. Pour réussir dans sa vie, il nous propose quelques attitudes à adopter.

1- Respirer

Respirer, c’est banal mais vital. La modernité nous a entraînés dans des attitudes négatives, on est tout le temps en mouvement mais pas un mouvement physique. Nous sommes tout le temps occupés, plongés dans les soucis, en train de réfléchir de nos activités… que nous ne prenons pas le temps d’aspirer l’oxygène qu’il faut pour notre cellule. Alors que tout le monde sait qu’on expire du gaz carbonique et on aspire l’oxygène. C’est l’oxygène qui permet au sang de circuler normalement et c’est lui qui permet à tout l’organisme de fonctionner normalement. Or, il se trouve qu’à un certain moment l’oxygène nous manque et certains médecins disent que la maladie cardiovasculaire est liée à cela. Il faut donc prendre le temps de respirer. Laring Baou préconise une technique à faire :

  • Inspirer et expirer à l’ère libre : prendre 10 à 15 minutes pour respirer profondément, le matin et le soir ou chaque fois qu’on fait un travail une réflexion éprouvante. Cela permet d’avoir aussi un temps de repos. Le repos quelque fois n’est pas une perte de temps ça permet à tout le corps de se régénérer.
  • Pratiquer le sport : il y a aussi quelque chose de très essentiel qui permet de se mettre à l’aise pour respirer, c’est l’exercice physique.

2- Méditer

Dans la vie pratique, on peut le constater. Les religieux qui font de longues prières quotidiennes sont plus sereins et plus calmes que les autres fidèles hyperactifs. Alors, pour avoir ainsi la tranquillité d’esprit une technique est proposée dans ce livre. Prendre 15 à 30 minutes au moins dans une journée pour la méditation.

Pour les religieux, c’est simple. L’attention est focalisée sur les prières qu’ils récitent et le silence qui interfère. Et pour ne pas être perturbés par diverses pensées qui traversent l’esprit, certains utilisent le chapelet. Pour les autres, il vaut mieux emprunté la technique des bouddhistes. C’est à dire rester silencieux et faire attention à sa respiration et son cœur qui bat. Le fait de rester assis, éveillé, silencieux, en s’écoutant respirer, sans forcer les choses, sans réfléchir c’est cela la méditation.

Sur cette attitude, Laring Baou cite un l’auteur américain Joseph Murphy qui explique dans son livre intitulé « La puissance de votre subconscient » que nous avons deux intelligences en nous : le conscient et le subconscient. Le conscient gère la parole, les geste, bref tout ce qu’on fait volontairement. Le subconscient dirige nos systèmes vitaux. Quand nous dormons nous ne contrôlons plus notre respiration. La circulation du sang, la digestion, le battement de cœur c’est le subconscient qui les contrôle. Il est très intelligent mais très passive.

Par exemple, nous pensons que tout le monde veut être riche, mais dans la vie de tous les jours vous critiquez la richesse et les riches, votre subconscient retient que vous n’aimez pas la richesse et tous ce que vous faites pour arriver à la richesse vous bloque. Votre conscient, lui, pense que vous voulez devenir riche. C’est le conflit entre le conscient et le subconscient. La méditation est la seule activité qui gère en même temps les deux forces. Quand on reste tranquille, on respire tranquillement et on accueille toutes les idées sans se forcer à la longue il y a une harmonie.

3 et 4- Se connaitre et s’accepter

La meilleure façon de se connaître, c’est d’agir. Si vous connaissez une chose et vous ne la mettez pas en pratique, elle ne reste qu’une vue d’esprit et ne devient pas une réalité. Les connaissances se développent, lorsque nous les enseignons aux autres ou quand nous les mettons en pratique.

La plupart d’entre nous donnons l’impression qu’on se connaît, alors que c’est faux. Parce qu’il y a des choses profondes que nous avons acquis depuis notre enfance dans la famille qui resurgissent parfois dans les rêves ou bien dans les actes que l’on ne maîtrise pas. Dans le silence, dans la méditation, on arrive à découvrir cela.

Quand on se comporte comme un riche on le devient. Quand on se comporte comme un pauvre on le devient aussi. Par exemple, les gens sans activité qui se comportent dignement, s’ils dépensent trop, gardent toujours de l’argent. Alors qu’il y a des gens qui travaillent toute leur vie et n’ont rien.

La vie est paradoxale, s’il y a des choses que l’on n’accepte pas, on crée un conflit, et donc il faut accepter qu’on a un seul destin. Nous sommes tous un projet de Dieu, on naît, on grandit, on vieillit et on meurt. La plupart des gens n’acceptent pas le destin.

L’auteur se confie un peu de sa vie dans ce livre. « J’ai des cheveux blanc, j’ai commencé à les avoir très tôt et si je commence à les noircir ? Pourquoi je dois avoir deux visages ? Un visage pour moi et un autre pour autrui. J’ai décidé de laisser les cheveux blancs et je me suis sentit plus libre que quand je sortais le matin pour pouvoir noircir les cheveux. Même si je refuse de vieillir, les autres organes vieillissent. La condition humaine s’impose à nous et nous faisons bâtir la nature. Si on veut vivre heureux il faut d’abord accepter cela et se battre pour autre chose. Il ne faut pas vivre selon le regard des autres. Un être humain a de la valeur intrinsèque qu’on ne peut pas modifier. Un billet de banque froissé, sali, déchiré mais garde toujours sa valeur. »

5- Avoir confiance en soi

Sans être orgueilleux, il faut toujours avoir une idée positive de soi. C’est important pour tout ce que l’on entreprend dans la vie. Si l’on ne s’aime pas, on ne peut pas aimer les autres. Si nous haïssons, nous haïrons notre prochain comme nous-mêmes. Sur cette attitude, Laring Baou évoque plusieurs notions qui permettent d’avoir la confiance en soi et la paix intérieur : se réconcilier avec soi, mesurer son degré avec d’estime avec soi, éviter les amalgames, s’affirmer sans orgueil, éviter la toute puissance, oser pour vaincre la timidité, éviter de se sous-estimer, combattre le doute, éviter la peur maladive, avoir le courage.

En 2011, quand j’étais en deuxième année de l’université j’ai obtenu un concours de formation en audiovisuelle. Un garanti d’embauche est assuré à la fin de la formation. Quant on sait déjà le problème d’emploi qu’on doit faire face après les études, j’ai tout de suite signé l’engagement. Mais j’ai voulu finir la troisième année de la faculté c’est à dire décroché ma licence et continuer à suivre cette formation. Je me suis confronté à un problème d’horaire de cours qu’il y a entre l’université et l’institut auquel se déroule la formation. Mais cela ne m’a pas empêché de continuer mon élan. Malgré les oiseaux de mauvais augures qui me chantent qu’il est impossible de suivre deux lièvre à la fois. J’ai eu l’audace et surtout la confiance en moi que je peux y arriver, il suffit de se mettre au travail. Je copiait et photocopiait les cours, je m’exerçais tous les soirs, je lisais toute la nuit, je dormais peu. Quand les résultats des examens finaux de la première année de la formation tombaient tout le monde était surprit, j’étais au rang parmi les trois premiers. Et à l’université, lors de la soutenance de mémoire de fin d’études, avec mon binôme, nous avons obtenu la meilleure note dans notre département. Pourquoi je raconte tout cela c’est pour dire que la réussite ne peut être qu’en ayant la confiance en soi.

6- Avoir des objectifs

C’est très important d’avoir des objectifs clairs dans la vie. Le mieux serait même de les mettre en écrit. Je dois savoir très clairement l’emploi que j’ai envie d’occuper, ce que je veux posséder, l’activité que je veux mener et qui correspond à ma passion, etc. Et à propos de la passion justement, il semble que les gens qui ont une activité parallèle correspondant à leur passion, à coté de leur activité principale, sont plus heureux.

Il ne suffit pas seulement d’avoir des objectifs. Il faut y tenir pour que cela se réalise. Et cela n’est pas possible sans patience et surtout sans visualisation.

7- Avoir un esprit d’initiative

Etre proactif, c’est être prêt à agir à tout moment. Essayer, faire des erreurs, apprendre de ses erreurs, reprendre, corriger, refaire ; tels sont les actes de ceux qui aiment prendre des initiatives.

Sur la septième attitude, l’auteur affirme que la base toute initiative est la lecture. Quinze minutes de lecture quotidienne, c’est même bénéfique pour le cerveau. La lecture est pour le cerveau ce qu’est le sport pour le corps. Parfois on passe à côté de la réussite parce qu’il y a des révélations importantes qui sont consignés dans les livres et qu’on n’a pas pu lire pour expliquer.

L’Américain Stephan Covey, dans son livre «  les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent », préconise les actions suivantes : Soyez proactifs, Sachez dès le départ où vous voulez aller, Donnez la priorité aux priorités, Pensez gagnant/gagnant, Cherchez d’abord à comprendre, ensuite à être compris, Profitez de la synergie, Aiguisez vos facultés.

En parlant d’initiative, je me rappelle d’un ami de l’institut qu’on a intimement l’habitude de l’appeler « Homme d’initiative ». A l’institut nous percevions une bourse de 30 000F par mois, cette somme ne nous permettait pas de faire grande chose. Quand je dis grande chose ce n’est pas acheter une voiture ou un billet d’avion pour vacances à l’étranger. Non c’est juste que cet argent ne suffisait pas d’acheter par exemple des habilles ou des documents pour études. Donc « Homme d’initiative » nous a trouvé une solution. Nous nous sommes organisés en groupe pour créer une tontine. Une sorte de collecte d’argent chaque fois que la bourse est payée et donner à un membre, ensuite au suivant et la rente continue jusqu’au dernier. Donc cette initiative nous a permis de s’organiser pour satisfaire nos besoins essentiels afin de réussir dans nos études.

8- Etre tolérant et patient

La tolérance, c’est la capacité d’admettre le point de vue d’autrui, d’avoir de l’ouverture d’esprit et de supporter sans difficulté une chose.

Dans la huitième attitude Laring Baou cite également l’affirmation du Dalaï Lama « Le seul moyen contre la colère, c’est la pratique de la patience et de la tolérance ». C’est dire que pour être tolérant, il faut pratiquer la patience. Ce qui n’a rien à avoir avec le laisser-aller et le laisser-faire. C’est une certaine aptitude à rester inébranlable, à ne pas se laisser submerge par les circonstances ou les événements. C’est une force. Il faut être tolérant vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis des autres. Il faut admettre que dans la vie, il y a des gens qui ont un caractère difficile. Il faut en avoir pitié et les aider à changer, non pas en les critiquant ni en s’énervant contre eux, mais en étant patient avec eux.

Souvent le cas d’intolérance sont la critique, le méprit, le rejet, la malédiction. Et les conséquences sont la haine, la colère, la jalousie…

C’est pourquoi l’auteur préconise quelques exercices à pratiquer régulièrement :

  • Eviter de critiquer inutilement ;
  • Trouver un point positif dans une situation grave ;
  • Ecouter et vérifier les informations, ne pas se fixer aux rumeurs ;
  • Reconnaître ses erreurs, ne pas chaque fois se justifier ;
  • Discipliner son esprit à dompter la haine, la colère, la jalousie, etc. et adopter une attitude positive à l’égard des autres, en relevant leurs qualités pour les en féliciter par exemple ;
  • Partager ses préoccupations.

9 et 10- Respecter les valeurs et avoir la foi

Aucun être humain n’accepte d’être tuer ou insulter et quand vous faites cela qu’on vous voit ou qu’on ne vous voit pas votre conscience va vous le rappeler tous les jours. Des gens qui ont tout pour être heureux mais ils ne sont pas parce que leur conscience n’est pas tranquille. C’est pour vous dire que ce n’est pas de la morale c’est des valeurs inerrantes à l’être humain qui sont inscrites profondément dans son cœur de respecter les gens, d’être honnête etc.

La foi est un besoin. Par expérience les gens qui ont de la foi surpasse mieux les difficultés que ceux qui ne l’ont pas. C’est à dire quelqu’un qui de la foi fait quelque chose si ça le dépasse ils les mets entre les mains de Dieu. C’est pour quoi en Europe il y a beaucoup de suicide, à un certain moment il y a un blocage. Donc la nature humaine est faites en sorte que ce que vous faites, ce que vous pensez a des concordances, ça conduit exactement à réaliser vos rêves.

Le livre est publié aux éditions SAO (Tchad).


FESPACO 2017 : Daymane Tours, un film tchadien en compétition officielle court métrage

Daymane Tours signifie jusqu’à Tours en arabe tchadien est l’œuvre du réalisateur tchadien Pepiang Toufdy. Ce court métrage (23 minutes) est retenu en compétition officielle au festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Avant cet rendez-vous africain du septième art, son réalisateur a fait le déplacement de N’Djamena pour sa projection en avant première au cinéma Le Normandie. Le public composé des cinéphiles, des journalistes du domaine, des professionnels du cinéma dont le nouveau Ministre du développement touristique, de l’artisanat et de la culture Mahamat Saleh Haroun a honoré leur présence à cette cérémonie.

En septembre dernier Pepiang remportait déjà avec ce film, la première édition du festival Les Essentiels, organisé par Arcades Institute en France. Aujourd’hui au 25ème édition du biennal africain de cinéma, Il le défendra parmi les 26 films en compétition officielle fiction court métrage devant un jury présidé par son compatriote Issa Serge Coélo.

A travers Daymane Tours, Pepiang met en scène deux chocs culturels de nos sociétés : le calvaire que subissaient les candidats à l’immigration et l’envie de se séparer des grands parents. Aujourd’hui dans certaine société Européenne les personnes âgées deviennent très souvent gênantes. On a toujours envie d’avoir une vie à l’écart de ses grands parents. De l’autre coté, le réalisateur raconte l’histoire des immigrés qui fuient leur pays à cause de la guerre. Donc il met ensemble ces deux sujets pour sortir une histoire parlante du décrochage humanitaire et crée une confidence chez Papy le personnage qui incarne le grand père de la jeune française Anne et Achta l’immigrée.

SYNOPSIS:
Achta, jeune Soudanaise de 21 ans, fuit son pays en guerre pour rejoindre l’Europe qu’on lui a vendu comme la « terre promise ». Du désert libyen aux côtés marocaines, son odyssée dresse la carte d’un monde définitivement hostile, balisé par des ghettos, orchestré par des passeurs sans scrupule qui se nourrissent de la misère humaine. Pour atteindre son rêve, Achta devra ainsi endurer le pire, voire l’indicible : non seulement la faim et la peur, mais encore le viol et la prostitution… Courageuse et tenace, elle arrive finalement au terme de son périple à Tours. Dès son arrivée, elle y fait la rencontre d’Anne, jeune Française de 25 ans, qui lui propose son aide et l’emmène dans sa famille. Toutes deux apprennent peu à peu à se connaître en se confiant l’une à l’autre. Mais Achta est rapidement confrontée au choc culturel et au racisme générationnels des parents d’Anne, plus particulièrement marqués chez son père, personnage exubérant et plutôt arrogant. Cependant, un autre membre de la famille, plutôt silencieux et discret de nature quant à lui, le grand-père d’Anne, va lui permettre de dépasser ses premières désillusions. Ce vieil homme qui connait et aime l’Afrique pour y avoir passé une bonne partie de sa vie, s’offre dès lors à elle comme un interlocuteur attentif et passionné. L’un et l’autre se rapprochent et ouvrent leurs cœurs…


Tchad: Courrier à l’attention de Madame le Ministre de la communication

Un citoyen tchadien s’adresse à madame Madeleine Alingué, Ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, chargé de relation avec l’assemblée nationale.

Madame le Ministre,
Je voudrai tout d’abord vous féliciter pour votre nomination, votre reconduction à la tête de ce département et vous souhaiter plein de succès dans la noble mission qui vous est confiée. Rassurez-vous ! Je ne suis pas de ceux-là qui veulent vous mettre des bâtons dans les roues, non plus je n’ai aucune leçon à vous donner. Seulement, permettez-moi, madame le Ministre, d’attirer votre attention sur certains dérives et manquements que j’ai constatés sur la chaîne de télévision nationale.

Madame le Ministre,
L’Office nationale de radiodiffusion et télévision du Tchad (ONRTV) est dissoute il n’y a pas longtemps et c’est vous-même qui aviez signé l’acte de décès. Depuis, il n’y a ni structure, ni un nouvel organigramme pour la télé et la radio. Et cela mettra sans doute les employés dans une situation d’imbroglio dans l’accomplissement de leur tâche, celle de satisfaire les téléspectateurs et auditeurs.

Madame le Ministre,
Faudrait-il nécessairement vous rappeler les missions principales de la télé Tchad ? Comme tout autre media, la télé Tchad a pour rôle primordial d’informer, d’éduquer et de divertir le grand public. C’est également un outil de rapprochement des tchadiens à travers la diffusion des émissions culturelles. Cela est-il le cas ? À moitié non. La télé Tchad se limite aujourd’hui au journal télévisé de 20 heures et de quelques magazines plusieurs fois rediffusés. Des plateaux Tv aux décors uniques. Cependant, si on regarde les chaînes étrangères respectables, le divertissement, l’éducation, la culture et la découverte occupent une place prépondérante dans leur grille des programmes. L’information vient après.

Madame le Ministre,
La télé Tchad est un media public censé contribuer à la construction d’une conscience républicaine, l’éclosion d’une nation tchadienne. Mais aujourd’hui elle est devenue un instrument d’aliénation pour vanter les mérites du Gouvernement et notamment couvrir les voyages du Président de la république. La place donnée à l’opposition est très minime pour ne pas dire inexistante. Vu que l’espace accordé à ce dernier est restreint, la télé s’est donc quelque peu éloignée du but fondamental. Pour un pays démocratique comme le Tchad, la diversité d’opinions serait une chance et un atout pour l’émergence tant souhaitée.

Madame le Ministre,
Dans un monde connecté où les outils de la communication s’innovent quotidiennement et où l’information passe à la seconde, le consommateur (téléspectateur) devient de plus en plus très exigeant, la télé Tchad ne doit pas rester à la traine, elle doit plutôt s’adapter à la nouvelle donne. Le site internet de l’ex ONRTV demeure statique, sa mise à jour reste à désirer. Les émissions qui n’existent plus sur la grille de la télé Tchad en ce moment y figurent encore sur les rubriques dédiées. Madame le Ministre, vous avez combien d’audience par jour sur le site https://onrtv.org/ ? Combien de téléspectateurs qui suivent la télé Tchad en-dehors du territoire national ? Quelle est l’émission la plus suivie ? Ces statistiques ne sont pas importantes, me diriez-vous. La télévision incarne l’image du Tchad. Elle peut contribuer au développement du secteur touristique et attirer davantage les investisseurs désirant participer au développement du pays.

Madame le Ministre,
Où en est-on avec le tout numérique au Tchad ? Je me rappelle bien qu’en 2012, l’avènement du numérique faisait la Une des journaux au Tchad. Les responsables de l’ex ONRTV font savoir que nos téléviseurs à tube cathodiques ne capteront plus le signal de la future télévision numérique. Depuis, le pays prépare donc son passage de l’analogique au numérique de ses équipements radiodiffusions par la télévision numérique terrestre (TNT). Cette technologie, dit–on, offre une meilleure qualité en son et image. Pour préparer ce basculement, le Gouvernement a pris des mesures d’arrimage à cette nouvelle donne. Un comité a été donc mis sur pied pour assurer cette migration. Jusqu’à ce jour, aucun changement n’a été constaté à la réception.

Madame le Ministre,
Pour finir, je n’espère pas avoir une réponse de votre part. Je souhaite que le peuple tchadien puisse être satisfait de la prestation de notre chère télévision et que le prélèvement de 10F sur nos appels téléphoniques pour la redevance audiovisuelle n’aura servi à rien.


Ça sent mal

Au Tchad, ces derniers temps, le service public tourne au ralenti. Pour cause, la grève lancée par la centrale syndicale UST (Union des Syndicats du Tchad), pour revendiquer les arriérés de salaire. Cette grève concerne plusieurs secteurs prioritaires comme la santé ou l’éducation. Ce qui m’a motivé à écrire ce billet est la crise qui gangrène le secteur éducatif, le fait de voir les portes de l’école publique fermées, le fait de voir nos petits restés chez eux, le fait de voir aussi un établissement privé, Le lycée Sacré-cœur rappeler les parents d’élèves à venir récupérer les frais d’enseignement de leur progéniture. Ça sent très mal.


Chaque matin en sortant de la maison, je croise un groupe d’enfants qui jouent au foot sur la route que j’emprunte pour me rendre au boulot. Ces enfants courent dernière le ballon, les mottes crevaient sous leurs pieds se transforment en poussière, dérangeaient parfois même la circulation. Si un passant ne fait pas attention, il risque d’avoir un coup de ballon à l’insu de ses gamins, chacun veut profiter du débrayage pour devenir Messi ou Ronaldo. Je rigole !

Mais sérieusement je suis une personne optimiste qui croit toujours à un avenir meilleur. Quiconque me connaît vous dira que je ne suis pas du genre à dramatiser une quelconque situation.

Mais aujourd’hui avec cette allure de grève permanente et cyclique, je suis très inquiet pour l’avenir de jeunes Tchadiens. Donc, cette situation m’interpelle à plus d’un titre.

Education, un droit pour tous !

Depuis le 15 septembre 2016, c’est-à-dire, depuis le retour des vacances, il n’y a pas eu cours dans les écoles publiques. Les enfants attendent que les enseignants soient payés avant la reprise. Cependant, leurs camarades des établissements d’enseignement privés suivent normalement les cours. L’on se demande que font nos responsables en charge de l’éducation nationale pour résoudre cette crise une bonne fois pour toutes ? Rien ! Oui rien, parce que l’avenir de leurs enfants n’en dépend pas, car ils étudient à l’étranger. Mais ne dit-on pas qu’aller à l’école, apprendre à lire et à écrire est un droit dont tous les enfants doivent bénéficier ? Qu’ils soient pauvres et riches, les enfants doivent accéder à un enseignement de qualité.

La crise économique

Ce dernier temps, on nous crie sur tous les toits que la chute du prix du baril de pétrole sur le marché a affecté l’économie du pays, conséquences: la trésorerie se vide, l’Etat n’arrive pas à payer régulièrement les fonctionnaires. Et donc il faut réagir très vite. C’est pour cela que le gouvernement a pris des mesures pour soit disant permettre de renflouer les caisses de l’Etat, parmi elles la suppression de 50% des indemnités de tous les fonctionnaires. Ces mesures sont tous simplement rejetées par ces derniers, notamment les enseignants.

Depuis, un dialogue de sourds s’installe entre les syndicats des enseignants et le Ministère de l’Education Nationale et celui de l’Enseignement Supérieur. Mais en quoi sommes-nous responsables de cette crise ? Pourquoi ce pétro-dépendance ? Le Tchad n’a-t-il pas d’autres sources de revenues ? Le temps de trouver une réponse à toutes ces questions, nos petits trouveront le chemin du filet pour marquer des buts !

L’émergence du Tchad

S’il y a un compteur des mots les plus utilisés, le mot « émergence » remportera un coup « KO » au Tchad. Ce mot était sur toutes les lèvres de nos dirigeants ces dernières années. Pour se rendre à l’évidence, il suffit de suivre la télévision nationale. Il ne se passe pas un jour où l’on n’écoute ce mot dans leurs discours: « l’émergence du Tchad à l’horizon 2030, le Tchad que nous voulons… ».

À mon humble avis, l’émergence du Tchad doit passer d’abord par l’émergence de l’éducation. La génération future est sans doute ces enfants là, ils sont les citoyens et dirigeants de demain. Donc, leur formation doit être la priorité. Pour cela, on doit se donner les moyens pour résoudre définitivement les maux qui gangrènent le système éducatif tchadien, améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants pour pouvoir donner le meilleur d’eux-mêmes afin de concrétiser la vision du « Tchad que voulons ». Nelson Mandela disait

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde »


Le fantasme du DG, premier moyen-métrage de Mobété Christian

Au Tchad, rares sont les sorties de nouveaux films, et plus rares encore sont leur projection dans les ciné-clubs dans les quartiers, chose que j’ai constaté ces dernier temps. Au début du mois d’août 2016, le jeune réalisateur tchadien Mobété Christian m’a fait pousser un “Waouh“ d’admiration en proposant au grand public « Le fantasme du DG », son premier moyen-métrage produit par Saï (une maison de production à N’Djamena). Sa sortie en salle a eu lieu le 05 août 2016 au cinéma Le Normandie de N’Djamena en présence de ses paires, des journalistes du domaine et de nombreux cinéphiles.

Ce fut une occasion pour le jeune cinéaste de partager avec le public ce chef-d’œuvre qui présente comme une histoire vraie, le quotidien de certaines jeunes filles secrétaires.

À travers « Le fantasme du DG », Mobété Christian dénonce le harcèlement sexuel auquel sont assujetties beaucoup de jeunes filles secrétaires par leurs chefs hiérarchiques.

L’ensemble de scènes s’est déroulé à N’Djamena. Le film s’ouvre sur un plan large en plongé sur l’avenue Charles De Gaulle où l’on observe une circulation très dense. Un enchevêtrement des voitures, des motards, des piétons et aussi des marchands ambulants qui font des allers-retours sur la route.

Ensuite le film se dresse par un fondu enchainé sur une entreprise d’import-export, c’est là que se déroule une bonne partie des scènes. Serah, une jeune fille mariée est secrétaire du Directeur  de l’entreprise. Elle incarne son poste par sa compétence, sa promptitude au travail et son respect vis-à-vis de ses collègues. Serah possède toutes les qualités exceptionnelles d’une femme battante qui garde sa beauté naturelle sous toutes ses formes.

Un jour Monsieur Doumna, le DG de l’entreprise sort de son bureau hésitant, avance quelques pas puis s’arrête lorsqu’il a atteint son secrétaire. Il lui adresse la parole :
«Serah bon… je pense qu’il est l’heure de la pause, donc si on peut bien faire un tour au niveau du restaurant». Elle répond : « Oui. Monsieur, mais… j’ai beaucoup de chose à faire donc je préfère continuer ».
C’est au regret de n’avoir pas eu sa compagnie qu’il glisse un billet de 10 000F sur la table de Serah et lui dit : « Bon boulot ». Elle lui répond humblement : « Bon appétit ». Quelques minutes après, elle arrange ses affaires puis rentre chez elle. Malgré de multiples avances et promesses du DG, elle ne cède pas.

Une semaine plus tard, le DG, dans son état d’âme appelle Serah et lui chante sa beauté :
« Tu sais, j’apprécie bien ton travail. Et… tu es charmante, tu es présentable, tu es très belle. Depuis ton arrivée dans notre entreprise, nous avons constaté un grand paradigme, c’est-à-dire tout le monde travaille. Et… laisse-moi te dire la vérité, tout le temps je ne fais que penser à toi. Même quand je suis au volant de ma voiture en rentrant, quand je dormais, je ne fais que penser à toi. Tu travailles bien et je t’encourage dans cet élan. Mais tout de même réfléchis profondément à cette demande que je viens d’introduire. C’est bon tu peux t’en aller maintenant». Le regard tourné vers la porte, Serah, très gênée, ne dit rien. Elle sort du bureau.

Face à l’intransigeance de cette dernière, Monsieur Doumna décide un jour de la harceler dans son bureau. Serah réussit à s’échapper. Anxieux et bouleversé, le DG prend une décision hâtive de la renvoyer sans motif valable ni avis préalable. Serah, à son tour, attaque le DG en justice en déposant une requête au tribunal du travail. Le DG est par la suite déclaré coupable, il doit verser à Serah une somme de 1550 000 F CFA à titre de dommage et intérêt et  760 000 F CFA pour les droits sociaux.

Mobété Christian est à l’aube de sa carrière cinématographique. Tout comme son film, il est le pure produit made in Tchad. Ce réalisateur en herbe est formé à l’Institut Nationale des Sciences Techniques d’Abéché (INSTA), option réalisation/production. Il fait parti de la 4ème promotion de la formation en multimédia et audiovisuelle initiée par l’Office nationale des radios et télévision du Tchad (ONRTV) dans le but de renforcer ses agents techniciens et aussi se préparer à la migration vers le numérique.


Turquie, une référence incontestable dans le domaine de la transplantation d’organe humain

Du 17 au 19 août 2016 à l’initiative du Réseau international de transplantation d’organes (International transplant network), une fondation turque, un atelier international a été organisé à l’intention des journalistes, réalisateurs et chargés de communication de 14 pays africains. C’est Ihsan SENER, conseillé principal du président de la République de Turquie qui a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux.

En effet, Eyüp KAHVECI président du Réseau international de transplantation a dans son intervention de circonstance, souligné l’importance de don d’organe pour sauver des vies humaines. A ce sujet, il déclare qu’aucun pays au monde ne peut en aucun cas résoudre à seul la problématique de la transplantation d’organe. L’importance du sujet nécessite une action de synergie à différent niveau et dans tous les pays du monde. D’où l’implication des communicateurs africains pour que la population du continent soit suffisamment sensibilisée.

ILYAS Benveniste membre du Conseil de la santé auprès du ministère turc de l’Economie et de la Santé, a souligné que ce genre de rencontre est capitale pour les responsables du domaine. Elle leurs permet de mieux mener leurs actions en faveur de la population. « Nous comptons sur les médias pour sensibiliser la population pour une prise de conscience générale sur l’ampleur de la maladie qui entraine le dysfonctionnement d’organe » dit-il.

Ihsan SENER, conseillé principal du président de la République de Turquie fait son discours d'ouverture
Ihsan SENER, conseillé principal du président de la République de Turquie fait son discours d’ouverture crédit photo: International transplant network

Après la phase protocolaire, d’éminentes personnalités se sont succédées au podium pour échanger avec les participants.

Il ressort que c’est à partir de l’an 2000 que les centres spécialisés dans le domaine de la transplantation d’organe se sont multipliés en Turquie.

Le pays compte aujourd’hui 78 centres de transplantation d’organes du rein et 38 autres du foie. Chaque année, environ 3000 transplantations d’organes sont réalisées, plus de 550 patients étrangers sont accueillis en Turquie par an. Ces derniers sont tous pris en charge par les structures privées et publiques à des coûts raisonnables a déclaré monsieur Eyüp KAHVECI.

L’ambition des autorités turques est d’accueillir, dans les prochaines années, un million de malades par an. Le taux de réussite de transplantation est estimé à 95 %. Le centre de transplantation n’ayant pas atteint ce pourcentage en deux ans de fonctionnement qu’il soit privé ou public, sera tout simplement fermé.

Le pays se montre rassurant sur le plan de la transplantation d’organe humain car les autorités surveillent de près les activités de ces centres spécialisés.

Les échanges se sont poursuivis dans les différents centres de transplantation d’organes visités par les participants. Il s’agit du MEMORIAL et l’hôpital universitaire ACIBADEM.

MEMORIAL est l’un des premiers centres autorisés à fonctionner, compte environ 6000 agents. Dans ce centre, plus de 2000 opérations de transplantation d’organe sont effectuées par an. Le taux de réussite est estimé à 99% a déclaré un responsable de MEMORIAL.

ACIBADEM est fondé en 1995 par Mehmet Ali AYDINLAR. Ce centre est aussi une référence en matière de santé publique, et en particulier la transplantation d’organes humains. Au cours des échanges techniques,

Professeur Remzi EMIROGLU manageur de cet hôpital universitaire, affirme que sa structure est dotée d’une technologie de pointe lui permettant de réaliser toutes sortes d’opérations.

ACIBADEM accueille les enfants dont l’âge atteint 6 mois et adultes d’au plus 70 ans. Les donneurs vivants sont d’abord examinés, une réunion est organisée au préalable avec la famille du donneur d’organe. L’opération du prélèvement d’organe est suivie d’une hospitalisation qui durera 5 jours, puis un contrôle médical mensuellement. Le professeur Remzi EMIROGLU explique qu’au bout de 6 mois, la partie prélevée se verra régénérer l’organe.

Après ISTANBUL, cape sur IZMIR la troisième grande ville de la Turquie. Les participants ont visité l’hôpital KENTE et se sont longuement échangés avec les différents responsables de cet hôpital. Ces responsables se sont succédés tour à tour au podium pour expliquer à l’assistance les activités de cet l’hôpital. Ici, c’est la sécurité sociale qui prend en charge les frais des opérations de transplantation d’organes. Les turques bénéficient donc de cette sécurité sociale. Selon un responsable, 67% des ressources financières de l’hôpital KENTE proviennent de la ville d’IZMIR, 28% d’autres régions du pays et 5% de l’étranger.

Pour offrir un soin de qualité et garantir une meilleure transplantation d’organe à ses patients, l’hôpital KENTE assure de manière permanente la formation de ses personnels à tous les niveaux.

Les chiffres avancés par les responsables de cet hôpital illustre bien les efforts et le sérieux dans cet hôpital pour sauver des vies humaines.

Outre ses activités quotidiennes, KENTE s’occupe également de l’entretien de la route le reliant à la ville d’IZMIR.

Depuis l’an 2000, les candidats donneurs d’organes sont de plus en plus actifs. Selon nos informations, plus de 1000 personnes attendent une opération de transplantation d’organes.

photo de famille de la cérémonie de clôture de l'atelier international sur la problématique de la transplantation d'organes humains crédit photo: International transplant network
photo de famille de la cérémonie de clôture de l’atelier international sur la problématique de la transplantation d’organes humains crédit photo: International transplant network


Au Tchad, un matin pas comme les autres

Il m’arrive souvent de regarder les films téléchargés du net quand je n’ai rien à faire, une manière de tuer le temps… Hier, je suis tombé par hasard sur un documentaire qui parlait du conflit au Darfour. L’attaque des janjawid entraîne la fuite de très nombreux villageois vers la frontière avec le Tchad.

Ce documentaire m’a très vite rappelé les événements du 2 et 3 février 2008 à N’Djamena, au Tchad…

Le 3 février 2008, je me souviens m’être réveillé me suis réveillé de façon inhabituelle, avec un cœur rempli de peur et d’inquiétude pour ma sécurité et aussi celle de mon oncle. Nous étions tous les deux terrés chez nous dans le quartier N’Djari, au Nord-Est de N’Djamena. Il faisait froid. Quand mon réveil sonna à l’heure de la prière de l’aube, j’entendis le bruit lointain d’un hélicoptère qui survolait au-dessus de nos têtes. Mon oncle me dit que c’était le ratissage.

Depuis la veille, la colonne des forces rebelles venues de l’Est occupait la capitale. Elle échoua dans sa volonté de prendre le pouvoir dans les 24 heures qui suivirent… Ce matin là elle se retirait de la contrée en traversant N’Djari. Profitant de cette occasion, les forces loyales au président Idriss Déby la poursuivaient. Il y avait donc des combats dans les rues.

Soudain, une roquette tirée par l’armée nationale tchadienne sur un véhicule pick-up caché aux alentours par les rebelles provoqua un bruit assourdissant, un salve d’éclats atérrit sur le toit de ma chambre. Tout à coup, au même moment, mes pigeons dénichés, effarés par ce bruit, s’envolèrent. Les tirs s’enchaînaient de partout. J’entendis un cri perçant venant de la maison d’à côté. Ne pouvant pas rester là bras croisés, je quittais la maison dans le but de secourir les voisins. C’était l’horreur. Une maman avec le bras arraché pleurait son enfant mort lors de la déflagration. Ne supportant pas cette situation, nous avons décidé mon oncle et moi d’évacuer les lieux pour nous mettre à l’abri des bombardements.

Nous étions en route vers Démbé, un quartier du centre ville où régnait un calme précaire.Sur le chemin, les stigmates de combat étaient visibles partout : cadavres de civils recouverts des nattes, véhicules calcinés au milieu des rues, maisons incendiées, etc.

Aube,

Malgré l’intensité des combats, certains habitants n’ont pas eu peur des balles et se sont livrés à des pillages. Nous nous étions arrêtés un instant pour observer ces derniers qui couraient vers le palais du 15 janvier, siège du Parlement. Ils ont tout emporté : portes et fenêtres, robinets d’eau, chaises, moquettes, ordinateurs… Les pillards ont vidé l’institution de tout son contenu, même la documentation était détruite. Le spectacle des papiers éparpillés dans la cour en désolait plus d’un.

Ce comportement m’a paru très négatif et m’a amené à m’interroger sur la citoyenneté de ces individus. Mon oncle me dit à l’oreille: « ces individus expriment leur ras-le-bol“. Et nous avons continué notre chemin avec ces images de désenchantement…

Voilà une histoire très tumultueuse, mon histoire en ce début de février 2008. Elle est restée gravée dans ma mémoire, elle l’est sans doute aussi restée dans la mémoire de beaucoup de N’djamenois.


Tchad: Le débrayage à l’ONRTV continue

Depuis le vendredi 22 juillet, pour la première fois, le personnel de l’Office national de radio et télévision du Tchad (ONRTV) est en grève, et c’est pour revendiquer l’application intégrale de la convention de l’établissement paraphée depuis 2011 par la direction générale. Cette convention prévoit l’amélioration des conditions de vie et de travail des ses agents. Cependant, la radio n’est pas éteinte, la télévision tchadienne (TVT) n’a pas cessé de diffuser ses programmes habituels, mais depuis ce jour, l’on constate qu’il a un manquement profond, notamment à la télé. Le syndicat de ladite institution conditionne la satisfaction de sa revendication avant la reprise totale des ses activités, bien entendu… mais le tchadien lambda se pose la question sur le rendement de ces agents grévistes. Quelles offres proposent-ils aux téléspectateurs ou auditeurs?

Un jour j’étais en visite chez un ami, installé sur son divan, télécommande en main il zappe télé Tchad juste après le JT de 20h. Je lui ai demandé pourquoi ? Il répond ceci « À part le journal rien ne m’intéresse parce que notre chère télévision ne propose pas de bon truc, je préfère regarder les chaînes étrangères ».

Comme mon ami, beaucoup des tchadiens accordent peu d’intérêt à la TVT, en raison de son contenu peu varié, constant et parfois ennuyant. Et pourtant, d’importants moyens techniques et financiers ont été faits à la TVT ces dernières années par l’Etat afin de la hissée au niveau des autres télévisions. Il y a également la loi de finance qui octroi la redevance audiovisuelle au medias publics, Un (1) franc CFA est prélevé sur chacun de nos appels téléphoniques pour assurer leur autonomie financière.

Véhicule servant à la transmission en direct des événements. En quelque sorte une télévision mobile (c) professional show

Relevé le défi de porter loin la voix et l’image du Tchad

Créée en décembre 1987, la télé a pour missions: de valoriser la culture tchadienne, d’informer et d’éduquer le population, de rendre visible les actions du gouvernement, de porter les problèmes de la société aux décideurs, de contribuer au pluralisme politique…(source : https://www.ortv.org)

Vu la mondialisation et face à la concurrence des chaines étrangères qui donnent tout à consommer, les téléspectateurs deviennent de plus en plus exigeants. Ils reprochent à la télévision entre autre : le manque de professionnalisme chez certains journalistes, les images sont instables et les discours sont recueillis avec des bruits on dirait que les techniciens de son n’utilisent pas un micro. Les élément du journal ne sont que des rhétoriques des séminaires et atelier de formation de moindre importance qui, pour reprendre les mots des journalistes, sont placés sous le « Haut patronage de son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat….Idriss Déby Itno »

Le journal est sous forme de pyramide c’est-à-dire d’abord les activités du chef de l’Etat ensuite le premier ministre, les ministres et puis les autres. Les reportages de la présidence et du primature prennent elles seules presque dix (10) minutes, c’est ce qui augmente la longueur du journal. Face à tous ces problèmes j’ai la certitude que, l’ONRTV dispose des ressources humaines compétentes capable de relever le défi, il suffit de leur donner les moyens conséquents et la liberté dans l’exercice de leurs taches.


Aïd alfitr : comment les habitants du quartier N’djari fêtent la fin du Ramadan ?

Ramadan, mois saint pour les musulmans qui a débuté au Tchad le 06 juin 2016 vient de s’achever. Cela fait exactement 30 jours d’abstention de boire et de manger du lever du soleil jusqu’au coucher. C’était un moment doux de communion entre frères. En jeûnant, les musulmans retrouvent au quotidien le vrai sens des valeurs humaines, du respect et de l’entraide afin de renforcer les liens sociaux.

Ah ! Le ramadan va nous manquer vraiment. Chaque soir, chacun veut montrer son élan de générosité, les voisins se réunissaient pour rompre le jeûne.

Et bien quand il sera 18h, les yeux sont rivés vers le repas. L’odeur dégagée par la bouillie, la soupière pleine de “chorba“ effleurait nos narines, les assiettes et les ustensiles bruissaient indistinctement. C’est l’heure de la rupture du jeûne, chacun de nous est témoin de ce moment de joie.

Mais le moment le plus attendu c’est la fête, appelé chez nous “ïd alfitr“. Voici comment s’est déroulé le premier jour dans mon quartier N’djari situé au nord-Est de N’Djamena.

Le petit matin de la fête

Très tôt le matin, tout le monde est débout, chacun de son côté règle les derniers détails pour rendre la fête belle. Les chefs de famille s’activent pour accomplir les rituels en ce jour de fête, notamment l’aumône que l’on appelle “zakat alfitr“. C’est une tradition qui oblige les musulmans à offrir un don aux personnes démunies. Ce don peut être de l’argent ou du céréale le plus consommé localement, il est donné avant la prière.

Les fidèles attendent l'arrivée de l'imam (c) Harif
Les fidèles attendent l’arrivée de l’imam (c) Harif

La prière de l’aïd

L’un des grands moments de la fête est sans doute la prière collective de l’aïd. Avant de se diriger vers la mosquée, la tradition veut que l’on prenne une douche en guise de la purification, et se vêtir de son plus beau habit, de préférence neuf. Généralement chez nous les hommes portent le captant ou le grand boubou et les femmes sont toutes en voile.

Les N’djarois (hommes, femmes, enfants) ne manquent pas ce rendez-vous annuel. À l’entrée du lieux de culte, un cordon de sécurité est établi, des volontaires munis de leur badge fouillent et encadrent les fideles pour d’éventuel désordre ou attentat terroriste.

A l’approche de la salât, les rues de N’djari autre fois remplies de gents se sont vues vidées de circulation. J’ai été parmi les dernières personnes à mettre les pieds à l’esplanade de la mosquée. Assis sur mon tapis de prière à côté d’un ami, on n’entonnait d’une même voix le takbîr (louanges, glorification d’Allah) un rituel aussi recommandé.

L’imam vêtu d’un grand boubou blanc fait son entrée dans la mosquée, la prière a donc commencé aussitôt son arrivée. Après la salat, du haut de la chaire, bâton en main, l’imam a fait un discours pour exhorter les fideles à poursuivre les bonnes œuvres entreprissent pendant le ramadan “Allah vous incite au bienfaisance envers les pauvres, les handicapés… et en retour Il vous accordera sa grâce“. L’imam a également demandé à tous les musulmans de prier pour la paix et la sécurité dans le monde et en particulier le Tchad, il a fini par ce message “En cette fête j’implore Dieu a nous mené dans le droit chemin de son paradis, j’envoie mes meilleurs vœux à vous tous. Bonne fête !“.