Yanik

Kyekyeku, prêt à envoûter l’Europe

Vendredi dernier Kyekyeku lançait sa tournée européenne à Bayonne. Entouré de ses musiciens arrivés la veille en provenance d’Accra, le ghanéen mettait le feu au Magneto.

Photos: Yannick Revel

J’ai fait la connaissance de Kyekyeku dix jours auparavant. Dans le public de La Mamisele venu assister au concert de Gaël Faye, j’aperçois un homme au visage arboré de maquillage traditionnel africain. Il n’en faut pas plus m’intriguer. Quelques instants plus tard j’apprends que l’homme du Ghana est un musicien et que parmi ses futures représentations, l’une est dans ma ville, Bayonne.

Un clic sur le web, un coup d’œil sur YouTube et un coup d’oreille sur Soundcloud finissent de me convaincre. Séduit par le son produit par cet artiste, je ne pouvais rater son passage au Magneto. RDV est pris quelques heures avant le show afin d’échanger quelques mots.

« Les Landes, c’est un peu comme le Ghana »

Arrivé en France, quatorze mois auparavant, Kyekyeku s’exprime dans un français remarquable. Heureux de découvrir la culture locale et de faire connaître la sienne, il est le genre de personne qui s’intègre à vitesse grand V, sourire et optimisme à l’appui. « Je me suis bien adapté à la France » dit-il avant d’avouer son secret. « Je fais entrer du fromage et du vin français dans ma bouche, ensuite il en ressort des mots français ».

 

L’africain est installé à Tosse, un village situé dans les Landes. Quand j’évoque le décalage entre le sud-ouest et la Ghana, sa réponse est plutôt surprenante. « Bien sûr, c’est calme au village de Tosse comparé à l’agitation de la capitale Accra ».  « Mais au fond, les Landes, c’est un peu comme le Ghana ; beaucoup de verdure et de forêt ».

Vaudou dans la casemate

L’heure du concert approche et j’ai hâte de voir l’énergie de ce bonhomme déversée sur scène. D’observer comment le public local percevra son art aussi. Sous les voûtes humides de la casemate bayonnaise, les gens arrivent au compte goutte jusqu’à finalement remplir la salle. La plupart ne connaissent pas la musique de Kyekyeku, plutôt un public de curieux. Pourtant, à la fin du show, tout le monde est transporté de joie. Il y a des signes qui ne trompent pas. Et quand une salle entière se met à danser, on se dit que le pari est réussi.

Lui qui souhaite avant tout donner du fun aux gens, a accompli ce soir sa mission avec brio. Ses armes : l’afro-beat, le highlife et la palmwine ; des styles musicaux africains vitaminés. Face à ce mélange de blues, de funk, de percussions traditionnelles et de cuivres, impossible de rester immobile.

Avec sa musique transgenre et son esprit sans frontière, Kyekyeku transporte le public pour un voyage sans limite. Totalement envoûté par cette « Africa voodoo party ».  

 

Prochaines dates de Kyekyeku : le 21/06 à Seignosse et le 23/06 à Capbreton. Puis, un peu partout en Europe.

www.kyekyekumusic.com

Suivez aussi sa tournée européenne sur Instagram


Journal d’un néo végétarien : moine ou super héros ?

Depuis quinze jours, j’ai adopté le régime végétarien. Après une longue phase de réflexion, j’ai finalement effectué le grand saut. A la surprise de mon entourage, dont les réactions ont été variées. Beaucoup ne voient dans cette décision qu’un sacrifice, souvent mal perçu…

Considéré comme ennuyeux, le régime végétarien n’a pas la faveur de mes proches. Au-delà de voir cela comme triste, ces amis ne comprennent pas cette renonciation. Moi végétarien ? Moi le critique gastronomique en culotte courte ? Impensable pour ceux qui ont parié sur un craquage imminent.

Etre végétarien, une condition monacale

On ne raye pas toute une vie d’omnivore du sud-ouest en un coup de fourchette. Les saveurs sont encore présentes dans mon esprit. Et les envies aussi. Alors pourquoi se priver ? « On a qu’une vie » dirait l’autre. Je lui répondrais que l’animal dans son assiette n’en avait qu’une aussi. De quel droit puis-je la lui ôter ? Bien incapable de tuer un animal, je ne vais pas me contenter de laisser faire le sale boulot à ma place et d’en profite

Mais les huîtres du dimanche après un samedi soir agité… Quel regret ! « Parce que le poisson aussi ? » me demandent les copains. « Qui tue un bigorneau, tue un veau », je rétorque. Pas question d’instaurer une hiérarchie entre les vies animales.  S’en suit alors un débat sur l’absence de système nerveux chez l’huître ce qui, par conséquent, m’autoriserait à en gober. Au diable son cerveau et son QI, le coquillage doit être supprimé de mes envies iodées !

« T’as vraiment envie de t’emm…. toi »

« Comme si l’on n’avait pas assez de contraintes, tu t’en rajoutes une de plus » pensent certains. Dans une vie où nos libertés sont rares, me voilà privé de celle de manger ce que je désire. Ainsi le voient-ils ; comme une privation. Mais mon choix délibéré m’autorise à poser une question. Est-ce moi qui subirais une aliénation ? Ou ceux qui sont incapables de se passer de leur alimentation trop carnée, trop sucrée, trop salée… ? A mon sens, la liberté consiste à se libérer des chaines de dépendance.  La façon de se nourrir en est incontestablement une.

oEuvre de RAF detournee sur un mur de Barcelone @ Yannick Revel

 

D’autres personnes expriment de l’admiration face à ma démarche. Souvent des femmes je constate. Certainement plus sensibles à la cause animale. Elles n’en sont pas pour autant végétariennes bien qu’elles le souhaiteraient dans l’idéal. De leur part, je reçois des messages d’encouragement de ce genre : « bravo, je suis incapable d’en faire autant ».  

Un souffle de liberté

Un peu comme les fumeurs qui savent que ce n’est pas bon mais continuent malgré tout pour le plaisir. Ou par accoutumance, l’analogie ne me parait pas incohérente. Rompre avec les us et coutumes, se débarrasser de ses dépendances, résister à la pression sociale… voilà comment j’envisage la décision prise. Assumer ses convictions, c’est s’affirmer. Changer ses habitudes sans se soucier du regard d’autrui,  c’est gagner en liberté. Le contexte socio-culturel nous programme dès la naissance. Heureusement il reste une part de volonté individuelle pour briser ce que certains qualifient de déterminisme. Ainsi chacun peut reprendre les rênes de son existence, et devenir le super héros de sa propre vie.


Gaël Faye ; le choix de la liberté, le goût du partage

Au pays du rugby roi, tout le monde n’était pas devant sa télévision dimanche dernier. Pendant que le Top14 jouait son acte final pour désigner  le champion de France, une salle des Landes accueillait le concert de Gaël Faye. De retour de Kigali, le rappeur écrivain se produisait dans le village de Saubrigues. Pour un beau de moment de rythmes, de lettres, de joie et de partage.

@ Yannick Revel

Quand il nous dit qu’il accomplit son rêve en jouant dans cette petite salle de campagne, Gaël Faye ne verse pas dans le mégalo. Ses paroles sonnent vrai et la sincérité jaillit du visage de l’ex trader. La course à la réussite, très peu pour lui. Les partitions ont remplacé les courbes boursières, et les rapports financiers ont cédé la place à des pages autrement plus poétiques.

Il y a ceux qui espèrent et ceux qui agissent. Le franco-rwandais fait indéniablement partie de la seconde catégorie. Lui qui a abandonné les bonus de fin d’années pour jouer les saltimbanques.  Lui qui a quitté Paris pour vivre à Kigali avec sa femme et son enfant. Lui qui a mis entre parenthèse sa carrière musicale pour écrire un roman.

© Yannick Revel

En accord avec lui-même et avec ses convictions, l’homme ballade sa silhouette filiforme sur scène sans se départir d’un sourire communicatif. Même lorsque les textes sont graves et le beat lourd, il y a toujours une lueur d’espoir dans ses paroles et dans son regard. Du sérieux au dansant, le chanteur échange en permanence avec le public jusqu’à entrer dans une réelle communion. C’est que le poète sait aussi se faire ambianceur. En deux heures de temps il aura su chauffer les spectateurs à grand coup de good vibes et de bonne humeur. A grand coups de beats et de scratchs signés DJ Blanka, de notes de piano et de trompette soufflées par Guillaume Poncelet. Le trio se complète à merveille et l’harmonie est parfaite.

Après avoir mis le feu à un public bondissant, Gaël Faye invite le groupe de première partie à le rejoindre sur scène. Egalement issue de la rencontre de deux fleuves, la chanteuse du duo Kolinga avait préalablement rendu hommage à l’auteur de Petit Pays. Avec classe, la personne honorée met à son tour à l’honneur ce groupe de la région, que le talent risque de pousser bien au-delà de l’Aquitaine. Ensemble, ils improvisent autour du mot liberté décliné en français et en lingala pour un dernier moment de partage. Car à quoi bon vivre ses rêves, si ce n’est pas pour les partager ?

 


Journal d’un néo végétarien : les réactions de l’entourage

Il m’aura fallu des mois de réflexion mais je me suis enfin jeté à l’eau. Depuis le 1er juin, je suis devenu végétarien. Est-ce que ça va être difficile ? Quelle sera la réaction de mon entourage ? Après une première semaine dans cette nouvelle vie, j’ai obtenu quelques réponses à mes questions.

 

Au quotidien, les choses ne s’annoncent pas si compliquées. Salades et fruits à gogo, les journées ordinaires se déroulent sans encombre. Le week-end pentecôtier de trois jours allait néanmoins me mettre à l’épreuve. Sorties et repas entre amis me laisseront ils le ventre creux ?

Apéro végétal Vs planche de charcuterie

Pour finir la semaine en douceur, me voilà convié chez des amis. En attendant le combat de Tony Yoka, je tête une bouteille de bière, grignotant des tomates cerises, carottes et autres branches de chou-fleur disposées à l’apéro.  Au moment de passer à l’assiette, mes copains dévorent des lasagnes maison à l’odeur fort alléchante.  Attentionné à mon égard, le poto improvise une salade composée pour le néo végétarien. Coool !

© Jill111 / Pixabay

Le lendemain, finale de Ligue des Champions oblige, une soirée pizza bières entre braguettes se profilent à l’horizon. A l’heure de l’apéro, chips et saucisson arrivent sur la table. Pas touche à la cochonnaille, personne ne s’en aperçoit, ni vu ni connu. Avant de se remplir l’estomac, je lâche la bombe aux copains. « T’es chiant ! » me lancent-ils au visage. Comme si ce choix alimentaire faisait de moi un être triste… Bref, au moment de sortir les galettes italiennes, je suis sauvé. Une pizza tomate, mozzarella, basilic me tend les bras.

Le végétarien, cet être ennuyeux

Cette semaine m’a aussi permis de recevoir des réactions variées quant à mon choix. Sur les réseaux sociaux, les réponses sont plutôt bienveillantes, partagées entre les messages d’encouragements et de compassion. En privé, les gens que je croise ont parfois des avis beaucoup plus tranchés sur la question.

Les proches se lâchent, et le terme « chiant » revient à plusieurs reprises. A les écouter, mon choix n’est pas fun et le végétarien serait un être triste, un rabat-joie des temps modernes qui gâche le plaisir des carnivores. Loin de moi cette ambition pourtant. A moins que mon choix ne les amène tout simplement à réfléchir, voilà peut-être ce qu’ils considérèrent barbant.

 

D’autres se montrent plus favorables voire admiratifs quant à cette décision. Ces derniers avouent parfois qu’ils aimeraient effectuer ce grand saut mais ne s’en estiment pas capables. A vrai dire il n’est pas question d’être capable ou pas, mais simplement d’être prêt. Pour moi le moment était arrivé.

 

 


C’est décidé, je deviens végétarien

J’ai décidé de devenir végétarien et je suis de Bayonne. Une ville où l’on sait vivre et où l’on aime bien manger. Moi aussi, j’adore la table ; sa convivialité et ses plaisirs gustatifs. A ce titre, je multiplie les repas entre amis à domicile ou dans les restaurants de ma région sur lesquels j’écris dans mon autre blog.

Bayonne, c’est le jambon, le pâté basque, le typique axoa, une bonne côte de bœuf entre potes… J’apprécie tout ça mais je souhaite pourtant m’en priver. J’entends déjà les rires de mes potes lorsque je vais leur annoncer la nouvelle. « Toi végétarien? Tu ne tiendras pas trois jours!!! » clameront ils en chœur à n’en pas douter. C’est ce que l’on va voir…

© Dedko
Si on réfléchit deux minutes…

Evidemment, un tel choix de vie se mûrit pendant des semaines, des mois. Car si l’on y pense un instant avant de se mettre à table, une question évidente se pose à nous. Est-on obligé d’ôter une vie sur terre pour subvenir à nos besoins organiques ? Poser la question c’est déjà y répondre.

« Oui, mais le plaisir de bouche » me répondront les épicuriens… Pire encore, faut-il tuer pour se faire plaisir ? Le cas de conscience s’aggrave. D’autant plus que je suis le genre de type qui, lorsqu’il croise un insecte chez lui, le capture délicatement pour le libérer ensuite par la fenêtre. Incapable de faire de mal à une mouche.

Il est alors temps pour eux de sortir l’argument choc du café des sports.

Adios jambon de Bayonne, de Parme, de Teruel et d’ailleurs… ©Efes / Pixabay
Quoi de plus naturel

« Mais voyons Yannick, c’est dans la nature humaine de chasser pour se nourrir, depuis la nuit des temps ». Comme si entre le bureau et la salle de sport, l’homme moderne affûtait sa lance pour chasser la biche dans la forêt des Landes. Dans notre vie en société, les comportements naturels sont bien rares et les seuls êtres qui peuvent encore avoir des raisonnements purs sont les enfants. Et que se passe-t-il quand un bambin prend conscience de ce qu’il a dans l’assiette ? Que ses steaks hachés et autres nuggets sont issus des animaux qu’il chérit tant dans les dessins animés ? Tout simplement, en toute innocence, il dit que ce n’est pas bien, et les parents qui me lisent ici pourront le confirmer. Et si c’était ça le vrai instinct naturel de l’homme ?

Street Art by © Banksy
Une affaire de conscience

Je ne suis pas un ardent défenseur de la cause animale. Pas du tout même. Préférant de loin consacrer mon énergie à la cause humaine qui me semble prioritaire. Ceux qui partagent des liens de colère contre la maltraitance animalière et se jettent sur une entrecôte le soir venu, me font doucement sourire. J’y pense et puis j’oublie, c’est la vie, c’est la vie…

 

En résumé, il me semble que devenir végétarien accordera mon mode de vie avec mes convictions. Mais la pression de l’entourage et des habitudes culturelles aura-t-elle raison de cette aspiration. L’avenir me le dira et vous sera raconté régulièrement sur ce blog. To be continued…

 


Les 3 Etché, un pèlerinage basque vers la Guinée

Quel est le point commun entre l’espadrille, la pelote basque et la Guinée Conakry ?  « Les 3 Etché «  bien sûr ! Ce projet un peu fou issu d’une rencontre basco-guinéenne, parcourt actuellement la France. Sa mission : diffuser la culture basque et récolter des fonds pour construire un mur de pelote basque en Guinée.

© Les 3 Etché

Comme beaucoup d’aventure, tout est né ici d’une rencontre. D’un côté un basque de Mauléon, Beñat Cazenave, et de l’autre, Charles André Delamou guinéen de Conakry. Le premier, amoureux de la culture de sa région, souhaite la diffuser auprès du plus grand nombre. Le second s’indigne de voir le manque d’avenir pour la jeunesse guinéenne. Les deux ont un point commun ; le sport et plus particulièrement la pelote basque. D’ailleurs, Charles est le président de la fédération de son pays d’Afrique de l’Ouest.

Des symboles basques, une action en Guinée

C’est au sein de l’association Avenir Jeunesse Guinée que les deux compères unissent leurs forces. Leur énergie et leur imagination sans limite accouche d’un projet illustré par un tour de France à bicyclette. Pendant ce périple entamé le 30 avril dernier au départ de Mauléon, le rallye cycliste parcourra plus de 5000 km jusqu’au 2 juillet prochain.  Du Sud-Ouest à la Bretagne en passant par l’Alsace et la Provence, l’épopée « Les 3 Etché » apporte chants, danses, pelote et jeux basques dans les villes et villages traversés. Elle livre aussi les espadrilles commandées par les internautes en soutien du projet. Car chaque paire de sandale vendue permet de financer 40cm² de construction à Kaloum.

Charles André Delamou © Les 3 Etché
Un investissement sur la jeunesse de Guinée

A l’instar de la Serge Betsen Academy qui aide les jeunes du Cameroun au travers des valeurs du rugby, l’association souhaite mener un projet équivalent axée autour de la pelote basque. Au cœur du projet, ce sport de balle devient un prétexte ludique pour tisser du lien social et entamer des actions socio-éducatives auprès des enfants et adolescents. Parce qu’au-delà du mur de pelote basque, un pôle de santé est également programmé et des échanges pédagogiques entre écoles sont organisés. Il leur reste néanmoins du chemin à parcourir, la fin du tour de France ne sera que le début du travail de l’association. Un travail de fond qui veut contribuer à améliorer la vie des jeunes guinéens. Car Charles André Delamou le déplore, « les jeunes de mon pays aspirent tous à l’occident pensant qu’ici c’est l’Eldorado ». Il perçoit cette action d’envergure comme un investissement « pour que la jeunesse puisse réussir dans son pays » ajoute-t-il.

© Les 3 Etché

Pour réussir leur pari, « Les 3 Etché »  doivent réunir la somme de 70.000 €. Toutefois, il reste encore de nombreuses paires d’espadrilles disponibles à l’achat. Alors rendez-vous sur une des villes étapes de ce tour solidaire pour goûter aux joies des traditions basques. Et poser votre brique dans ce mur de solidarité.

 

 


Panafrica, le tissu wax à l’assaut des pieds européens

Créée par deux copains français en 2015 la marque Panafrica propose une gamme de chaussures aux couleurs de l’Afrique. Mais au-delà d’illuminer les démarches, il s’agit aussi d’un projet vertueux dont chaque étape se veut responsable.

Photos: site web de Panafrica
Des chaussures à l’image des mégapoles africaines

Alors qu’il travaille plusieurs années en Afrique (Sénégal, Côte d’Ivoire et Congo Brazzaville), Hugues flashe sur les tissus wax. Pour son retour en France, il remplit ses valises de ces étoffes pour les confier à son ami Vulfran. C’est à lui que revient la mission de les transformer en chaussures. Il en résulte aujourd’hui une gamme composée de 22 modèles. Chaque modèle nous transporte dans l’ambiance de la ville africaine dont il porte le nom. Ocre à Nairobi, pourpre à Dakar, verdoyante à Abidjan, fruitée à Conakry, l’inspiration provient de l’atmosphère locale. Toutes aussi séduisantes les unes que les autres, ces tennis colorées s’apprêtent à ensoleiller les pas de nombreux citadins européens.

Le tissu wax au cœur d’un projet éco-responsable

Le tissu wax est en vogue dans l’hexagone. De nombreuses marques se sont engouffrées dans la tendance pour réinventer ces imprimés africains. La Maison Château Rouge fait fureur à Paris avec ses T-Shirt inspirés du football américain. Les sœurs Affogbolo cartonnent aussi sous le nom de Nash Prints It. Shade et Nafi fabriquent leurs vêtements au Bénin et leur notoriété a explosé depuis une collaboration avec le géant Pimkie. 

© Maison Château Rouge

 

Au-delà de l’aspect esthétique, Panafrica est avant une histoire de conviction. Devant la rude concurrence dont sont victimes les producteurs locaux de tissus wax, le duo français a adopté une démarche équitable. Pour les tissus, ils s’approvisionnent exclusivement en Afrique de l’Ouest en achetant au juste prix, s’inscrivant ainsi dans l’économie locale de façon équitable. La fabrication est quant à elle effectuée au Maroc, près de Casablanca.

La démarche ne s’arrête pas là puisque 10% des bénéfices sont reversés à des associations partenaires. Projets éducatifs au Cameroun, kits scolaires au Bénin ou formation professionnelle au Burkina Faso, voici les projets auxquels les marcheurs en Panafrica ont pu contribuer.

 


Serge Betsen Academy, le rugby éducatif au Cameroun

Depuis sa retraite sportive, l’ancien capitaine du XV de France se consacre à son association Serge Betsen Academy. Créée en 2004, l’académie utilise les valeurs du rugby pour aider les jeunes défavorisés du Cameroun.

Photos © Serge Betsen Academy

Savez-vous que l’ancien capitaine du XV de France (63 sélections de 1997 à 2007)  est né au Cameroun ? En effet, c’est à Kumba que Serge Betsen a vu le jour, avant de partir pour la capitale Yaoundé. Jusqu’à 9 ans il grandira dans le quartier populaire de Nkolndongo avant de quitter le continent pour rejoindre la France.

Du Cameroun au XV de France

Dans l’hexagone, il découvre le rugby, sport dans lequel il excelle jusqu’au plus haut niveau. Au sommet de la planète ovale, il retourne pour la première fois dans son pays natal en 2001. Dix-huit ans après son départ, cette rencontre avec ses origines est un vrai déclic. D’autant plus qu’il constate que des jeunes sur place jouent au rugby. Le temps de digérer et de mûrir ce voyage, et le premier centre de l’association voit le jour.

La Serge Betsen Academy, c’est aujourd’hui cinq centres dans le pays : à Bafia, Bangangté, Zoetele, et deux à Yaoundé. L’objectif de ces lieux d’apprentissage est de se servir les valeurs du rugby pour œuvrer en faveur des jeunes défavorisés. Mais si le sport est au cœur du projet il n’est qu’un des trois piliers du triptyque fondateur de l’association : Education, Santé et Rugby.

Serge Betsen Academy, le rugby en prétexte humanitaire

Ces lieux de vie ne sont pas comparables à certaines académies de football qui pullulent sur le continent. L’objectif de ces dernières est souvent orienté par des vues lucratives. Car les bénéfices provenant des ventes des joueurs formés et placés dans des clubs européens peuvent s’avérer juteux. Rien de tel chez Serge Betsen où la mission est totalement désintéressée. Pas de miroir aux alouettes pour devenir un futur millionnaire du sport mais une œuvre caritative intégrée dans le tissu local.

« L’école du rugby, l’école de la vie » était autrefois le slogan de la Fédération Française de Rugby à l’encontre de ses jeunes pratiquants. Cette discipline humainement riche inculque des valeurs d’effort, de solidarité, de mélange, de partage, qui sont transmises dans les cinq académies. Au-delà des entraînements rugbystiques, des séances de soutien scolaire sont organisées plusieurs fois par semaine. Un dispensaire est également ouvert dans chaque centre. Des soins et des campagnes d’information y sont délivrés.

Des projets au Cameroun et des coups de pouce ailleurs

Le travail des bénévoles de l’association s’adresse autant aux enfants qu’aux parents. Ainsi la Serge Betsen Academy a impulsé la mise en place d’une coopérative agricole. Cette structure permet à des femmes de Bagangté de gérer leurs récoltes de maïs et de haricots.

L’avenir est chargé de projets. Au Cameroun, un nouveau centre se profile dans la capitale économique de Douala. Sans frontières, la Serge Betsen Academy n’hésite pas aider d’autres associations aux Etats-Unis, au Cambodge ainsi qu’à Madagascar. Parce que l’entraide n’est pas une question de nationalité ou de racines, c’est avant tout une histoire de cœur.

 


Présidentielle : vote d’abord, agis ensuite !

Tu n’es pas satisfait du duel qui se présente pour l’élection présidentielle. Comme beaucoup tu te sens frustré et tu envisages sérieusement de ne pas choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. J’ai également pensé à cette option avant de définitivement opter pour le vote Macron. Car si Le Pen n’est pas envisageable, ne rien faire n’a rien de militant. Ce n’est pas un acte politique.

© André-Philippe Côté
Voter pour le moins pire

Alors, à ceux qui ne savent pas encore s‘ils iront voter, j’ai envie de dire une seule chose : vote pour le moins pire. Si aucun des deux candidats ne te représente, il y en a forcément un avec qui tu as moins de désaccords que l’autre.

Tu n’approuves pas la voie ultra libérale que peut représenter Macron ? Tu pourras t’exprimer ensuite, agir au quotidien pour faire entendre ta position. La semaine dernière, j’émettais des doutes sur le profil de Macron mais entre lui et l’autre, c’est à lui que je donne mon vote. On ne peut pas rester de marbre face à une telle opposition. Encore moins les renvoyer dos à dos comme s’il s’agissait de la peste et du choléra. Car en réalité, c’est plutôt une grippe contre le cancer.

Continuité versus régression

Tu ne crois pas que Macron représente un changement pour le pays ? Au pire, s’il ne parvient pas à mener les transformations qu’il promet, nous serons dans une certaine continuité. En face, une bande d’amateurs incapables d’écrire un discours, jure une régression de quatre décennies. Exit l’Europe, à bas l’Euro, dehors les étrangers, nationalisons les entreprises… Des affirmations aveugles, à l’inverse du mouvement du monde. La planète est globalisée, cette interpénétration des économies et des cultures se construit depuis près de deux siècles. La globalisation n’est ni une maladie, ni une religion, c’est un état de fait qui se poursuit. Et comme toute règle du jeu, soit on s’y adapte, soit on est exclu. Ce qui est certain, c’est que lorsqu’on n’est pas sur le terrain, on ne peut pas influer sur le jeu.

Le vote est-il utile pour changer la société ?

Tu es désenchanté et tu dois bien te rendre compte d’une chose : l’élection présidentielle n’apporte pas l’homme providentiel. Le président n’a pas de baguette magique. Les « y’a qu’à », « faut qu’on » des campagnes sont bien vite confrontés aux dures réalités de l’exercice du pouvoir. Si les changements ne se font pas à l’échelle étatique, bon nombre d’entre eux peuvent en revanche être entrepris au niveau local. D’un point de vue politique bien sûr avec les élections législatives à venir en juin. Mais aussi sur le plan de la société civile. Tu veux une société meilleure, alors agis ! Les associations d’entraide ne manquent pas et les besoins de bénévoles sont permanents. Ça te gratte le dos de porter des vêtements fabriqués dans des bâtiments qui menacent de s’effondrer ?  Tu as du mal à avaler du chocolat industrialisé par des multinationales exploitant des enfants ? Alors renseigne toi, et boycotte les marques au comportement irresponsable.

© Lute

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » affirmait Gandhi. Cette campagne présidentielle aura eu le mérite de remettre la politique au centre des débats entre les français. Mais nos concitoyens sont malheureusement trop habitués à attendre des solutions de l’état alors que désormais l’avenir appartient à chacun d’entre nous. Par conséquent, un seul mot d’ordre pour dimanche : votons et ensuite, agissons !


Faut-il croire en la startup Emmanuel Macron ?

Un an. C’est le temps qu’il aura fallu à l’entreprise politique d’Emmanuel Macron pour atteindre les plus hautes marches du pouvoir. En douze mois à peine, la startup En Marche est en passe de le propulser à la présidence de la république française. Mais cette progression éclair est-elle un mirage ? Ou un réel espoir pour l’avenir ? Derrière la façade positive, la success story pose de nombreuses interrogations.

© site web En Marche
Une ascension fulgurante

A 39 ans, le novice Emmanuel Macron est aux marches de l’Elysée. Au lendemain du premier tour, les sondages laissent entrevoir un boulevard pour le 7 mai. Jamais nous n’aurons eu un président aussi jeune. Jeune par les ans et par l’expérience des affaires publiques. Jamais élu, il évolue néanmoins dans les cabinets de François Hollande avant d’être nommé ministre de l’Economie de 2014 à 2016. Il quitte alors le poste pour fonder En Marche en avril 2016. Son entreprise politique reçoit vite des soutiens de poids, ce qui lui permet de mener une campagne séduisante auprès des médias et d’un jeune public.

En Marche, une startup innovante ?

L’homme au physique télévisuel se pose comme un novateur. Au-delà des clivages, Emmanuel Macron souhaite le rassemblement et oublier le sempiternel fossé gauche/droite. Un discours déjà entendu depuis de nombreuses années. François Bayrou, un de ses principaux soutiens, avait créé le Modem dans le même esprit. Dans un souci d’ouverture, il désirait rallier personnalités publiques de tout bord. Fondé en 2007, le Modem est en quelque sorte un En Marche arrivé 10 ans trop tôt. Ou mal incarné, ou peut-être les deux.

© Reuters / Charles Platiau

A part le célèbre centriste béarnais, les soutiens sont nombreux. Beaucoup sont membres ou très proche de l’actuel gouvernement au pouvoir. C’est le cas de Jean-Yves Le Drian, Thierry Braillard, Barbara Pompili, Bernard Poignant, Bertrand Delanoë… Pour le sang neuf, on repassera. Pire, beaucoup considère qu’Emmanuel Macron est tout simplement le fils spirituel de François Hollande.  Dès 2012, il est ainsi présenté comme l’homme qui murmure à l’oreille du président. De plus, un autre ancien conseiller de Hollande, Aquillino Morelle, l’affirme également sur France Info en février dernier. Enfin, plus loin dans le raisonnement, Marianne, le magazine proche des couleurs socialistes  publiait un édito : « Macron c’est Hollande candidat ».

 

Un concept bien marketé

Pour qualifier une startup, on retient généralement deux critères : l’aspect innovant et l’effet de masse sur la population. Le nombre de votes permet de valider le second critère sans problème. En revanche, pour l’innovation, c’est un autre débat. Une analyse pointue laisse une certaine amertume, voire un sentiment de tromperie. Un président impopulaire, pousse son jeune poulain, dont la vision  politique est identique à la sienne. Cependant, les électeurs en ont-ils vraiment conscience ?

© Poll/ABACA

Les soutiens de Macron sont issus du sérail politique, économique et financier. Depuis des années, des décennies. Alors si l’innovation n’est pas dans l’idée d’ouverture (cf. Modem), où est-elle ? Faire passer un concept comme nouveau avec des ingrédients anciens, les as du marketing savent bien le faire. Prenez une tête de gondole au sourire Ultrabrite, de l’enthousiasme, de l’envie, il n’en faut pas plus pour convaincre. Juste la sensation de nouveauté. En ce sens, En Marche serait un Airbnb politique. Une idée réinterprétée avec brio.

https://www.youtube.com/watch?v=rfuwy1jiJEQ

Emmanuel Macron ou la licorne politique

Toujours est-il que le destin présidentiel tend les bras à Emmanuel Macron. En effet, en un temps record, la petite entreprise aura brûlé toutes les étapes. Quatre à quatre les marches du pouvoir sont gravies avec un score qui s’annonce impressionnant. Le vote de 18.21% des inscrits sur les listes électorales s’est porté sur la fraîche startup. Et au second tour, nul doute que l’action de la société va artificiellement gonfler. Car l’opposition à Marine Le Pen ne laisse pas un grand suspens sur l’issue du scrutin. Par conséquent, le fort score attendu gonflera un peu plus la bulle médiatico-politique dont bénéficie l’ancien ministre de l’économie.

© David Guerra Terrol

Hier soir, Emmanuel Macron a appelé les électeurs à s’orienter vers lui au second tour dans un vote d’adhésion. Néanmoins, comme trop souvent depuis 2002, il s’agira pour beaucoup d’un énième vote de rejet. Une grande partie du pays choisira ce qu’il estime être le moins pire. Le futur président sera donc dans une position délicate : obligé de composer entre les espoirs générés auprès de ses convaincus, et le scepticisme des électeurs pragmatiques du 07/05/2017. Espérons toutefois qu’il ne soit pas comme son prédécesseur et « père spirituel », un excellent candidat mais un piètre gouvernant engoncé sous le poids du consensus.

 


Richard Mosse : le Congo version rose

Richard Mosse photographie les conflits de la planète et leurs conséquences comme personne. Sa série photo réalisée dans l’est du Congo en est un parfait exemple. Pour ce travail, les paysages du Nord Kivu sont réinterprétés en rose.

Quand l’art magnifie la tragédie

La beauté des clichés est frappante et ferait presque oublier qu’ils sont pris dans une zone de conflits. Différentes tonalités de rose se déversent sur les collines congolaises devenant ainsi féeriques. Même les soldats prennent une toute autre allure. Ils semblent inoffensifs entourés par la couleur symbole de l’amour.

Richard Mosse, adepte des procédés anciens

Cet effet esthétique est obtenu par Richard Mosse grâce à l’utilisation d’une pellicule Kodak des années 1940. Le plus ironique, c’est qu’il s’agit d’un film spécialement développé pour l’armée américaine pendant la seconde guerre mondiale. Il permettait aux militaires de repérer plus facilement l’ennemi dissimulé.

Ainsi détourné par le photographe irlandais, le film devient un original matériau de production artistique. Ainsi le photo-reportage de guerre se voit élever au rang de grand art exposé en galeries aux quatre coins du globe.


Pourquoi accepter la restitution d’œuvres d’art au Bénin?

Quand le Bénin demande la restitution d’œuvres d’art pillées pendant la colonisation, la réponse est négative. Rendre un trésor de guerre, pas question répond la France. Pourtant cette restitution est non seulement possible mais aussi et surtout souhaitable, tant pour le Bénin que pour la France.

Statue royale « homme requin » © Myrabella
Une restitution possible

Pour argumenter ce refus, le ministère des affaires étrangères s’appuie sur le droit. En effet, les biens du domaine public de l’Etat Français sont soumis au principe d’inaliénabilité. C’est-à-dire que ces biens ne peuvent être ni cédés, ni vendus ou saisis.   Pourtant, des précédents existent dans l’histoire, en France et ailleurs dans le monde. Les revendications d’Etats sont multiples. Certes, la Grèce réclame en vain au Royaume-Uni la frise du Parthénon depuis plus de deux siècles. Le Nigeria a partiellement obtenu gain de cause pour la restitution de deux bronzes par la Grande-Bretagne. Quant à l’Ethiopie, elle a pu réinstaller l’obélisque d’Axoum emporté par Mussolini en 1939.

Obélisque d’Axoum revenu sur son lieu d’origine © UNESCO

De même, la France a déjà rendu des biens précieux à leurs pays d’origine. Notamment à la Nouvelle-Zélande à qui elle remettaient en 2012 une douzaine de têtes sacrées maories. La rétrocession de ces visages tatoués a pu être légalement possible car elle entrait dans un autre cadre juridique, celui d’une convention internationale sur les restes humains.

Néanmoins, un autre précédent est constitué par le retour à la Corée du Sud de manuscrits anciens en 2010. On s’est alors accommodés du principe d’inaliénabilité par une pirouette déguisant l’opération en prêt. Sans aucune obligation de retour bien entendu. Comme quoi, quand on veut, on peut. Alors pourquoi ce rejet de la requête du gouvernement du Bénin ?

© BNF
Réparer une injustice

Les objets réclamés par le Bénin constituent le butin de guerre emporté par le Général Dodds lors du pillage du palais du roi Behanzin en 1892.  On argumente aujourd’hui par le droit, le refus de rendre des biens accaparés lors d’un pillage. Or, cette justification apparaît immorale au regard de l’origine de ces biens mal acquis. Se réfugier derrière une réponse juridique est malvenu quand il s’agit de trésors clairement volés.  La moralité exigerait donc une réponse plus adaptée. Rendre ce butin (entre 5 et 6000 objets inventoriés) ne vient pas réparer les méfaits de la colonisation, mais rendre une forme de justice sur un fait précis.

Trône royal parmi les biens demandés © Musée Quai Branly

Le pays des Droits de l’Homme ne peut pas se dissimuler derrière un principe juridique qui va à l’encontre de valeurs universalistes. Surtout quand ce refus entraîne la colère des opinions publiques, outrées par un tel mépris. A ce titre la réaction de l’homme d’affaires et collectionneur d’art Sindika Dokolo illustre bien ce sentiment. Il qualifie cette fin de non-recevoir, d’insulte aux peuples africains.

 

Réappropriation de l’histoire

Les biens revendiqués sont de grande valeur. Leur valeur vénale sur le marché de l’art est immense. Leur valeur historique l’est encore plus. Parmi eux, des bijoux, des sceptres, les portes du palais, un trône royal… Autant de fragments de leur histoire dont sont privés les béninois. Ces racines arrachées par le grappin de la colonisation ne peuvent être qu’à l’endroit qu’elles n’auraient jamais dû quitter. « L’homme africain n’est pas rentré dans l’histoire » clamait haut et fort Nicolas Sarkozy en 2007 à Dakar. Priver les africains des liens qui les rattachent à leur passé a certainement contribué à une telle croyance plus que contestable et contestée.

Une des portes du pAlais pillées © Musée Quai Branly
La construction d’un Etat passe par la conscience que son peuple forme une nation. Pour cela, l’histoire est primordiale, et son appropriation capitale. L’avenir des pays africains passe par cette étape. La France se doit d’y collaborer en redonnant la pièce du puzzle qu’elle possède.

Contribuer au développement économique du Bénin

Quand Patrice Talon, le président béninois, lance cette procédure de restitution, il ne le fait pas que pour la symbolique. Outre le courage nécessaire à une telle action, la demande est aussi guidée par une vraie stratégie de développement. En effet, le processus s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large de réforme de l’offre culturelle et touristique du Bénin. L’Afrique en général n’attire pas les voyageurs. Ce patrimoine récupéré et exposé pourrait servir d’appel pour un tourisme mémoriel, culturel et artistique et ainsi compléter les atouts naturels du pays.

quelque part au Bénin © tpsdave

Au Bénin, il n’y a pas de pétrole et le gouvernement a l’intelligence de miser sur le tourisme. Ce secteur de l’économie représente déjà 2.5% du PIB, faisant du pays la première destination touristique d’Afrique de l’Ouest avec 230.000 visiteurs en 2013. Diversifier l’économie d’un pays est nécessaire et le développement des services indispensable. Collaborer à cette politique ne demande pas à la France de faire un chèque, mais juste de rendre ce qu’elle n’aurait jamais dû posséder. Un si léger effort pouvant entraîner des conséquences politique et économique au Bénin, et diplomatique en Afrique, en faveur de la France.

 

Redorer le blason de la France sur la scène internationale

En cédant à la pression, la France craint d’ouvrir la boite de Pandore. Parce que le Bénin n’est certainement que le premier d’une longue liste. Devant ce mouvement à venir, irrémédiable et irréversible, l’attitude rétive de la France ne sera pas pour la servir. Mieux vaut s’y préparer. Car au-delà de la considération des désirs des peuples et de l’opinion publique, la France pourrait aussi profiter de l’occasion pour redorer son blason sur un continent où elle perd continuellement de l’influence.

Le 30/03/2017 les Ministres des Affaires Etrangères du Bénin et de la France se rencontraient à Paris © MAE

Les relations diplomatiques ne sont pas toujours au beau fixe avec nombre de pays du continent. Le poids de la colonisation et les sombres pratiques de la Françafrique n’y sont pas pour rien. Alors que l’influence hexagonale s’amenuise sur le plan économique, il reste un terrain sur lequel la France dispose d’un avantage : la culture. Elle dispose en effet d’un élément culturel commun avec ses anciennes colonies : la langue. Pour cela, la Francophonie est atout de poids pour user d’une diplomatie douce et conserver un espace non pas de domination, mais d’interactions. Intégrer l’art et la culture au milieu d’un vaste programme basé sur l’idiome commun pourrait s’avérer un pari gagnant. Et quel meilleur argument la France possède-t-elle que ces trésors dont la restitution peut s’avérer enrichissante pour chaque partie ?

Ce qu’elle perçoit aujourd’hui comme une contrainte peut ainsi se transformer en formidable outil de soft power pour une France en perte de vitesse dans son ancien pré carré.

 

https://www.youtube.com/watch?v=OzPITL1WLY0


Présidentielles : le jour où je n’irai pas voter

Je ne suis pas le seul à le penser, cette campagne pour les élections présidentielles 2017 est une vraie pantalonnade. Au terme de cette pauvre course au pouvoir, une caricature présidera la France. Un tel casting m’emmène à envisager pour la première fois la possibilité de ne pas aller voter.

Le constat est triste. Cela fait bien longtemps que je ne vote pas pour un candidat mais contre un autre. Personne, parmi ces égos surdimensionnés, ne me donne l’envie de croire. Les élections passent, les décennies filent, et le désenchantement grandit. L’abstention augmente à chaque scrutin. Les présidentielles demeurent traditionnellement le seul rendez-vous qui parvient à maintenir l’enthousiasme du peuple. Pourtant cette année, l’envie n’y est pas. Je suis las de voir la détérioration du débat politique qui ne cherche à exister que par et pour les médias. Pour capter les 8 secondes d’attention du mobinaute.

Présidentielles dictées par la politwitique

A force de phrases chocs et de quête du buzz, les candidats en sont réduits à de vraies caricatures. Alignant clichés après banalités, ils n’entrent pas dans le fond des sujets. Sans doute pensent-ils que les électeurs ne sont pas assez éduqués pour entendre des échanges intelligents. Résultat des courses, des personnes se détournent et les adeptes des raisonnements simplistes y trouvent leur compte.

 

Le meilleur exemple est sans doute l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Qui aurait prédit 6 mois auparavant le succès de cette parodie d’homme politique ? Nous avons sûrement les dirigeants que nous méritons. Puisque nous nous désintéressons de la chose publique, les aspirants à nous représenter sont aussi creux que nous ! Et en France, on n’a pas vraiment de quoi se moquer, à la vue de la brochette de postulants.

Le seul mauvais choix est l’absence de choix *

Lorsque je regardais le débat des cinq principaux candidats, je croyais assister à un épisode de Muppet Show. Je ne savais pour qui voter avant ce show audiovisuel. Je ne le sais toujours pas après avoir subi ce programme de télé-réalité. Pire encore, il y a un cas de figure pour lequel j’envisage même de ne pas me déplacer.

© langll

En effet, parmi les scénarios de ces présidentielles, un second tour qui verrait s’affronter Le Pen et Fillon n’est pas improbable. Bien sûr, le pilote de la Sarthe est grillé, cramé, carbonisé par toutes les affaires judiciaires. Mais les français ont déjà montré un certain sens de l’indulgence et/ou de l’amnésie surprenant… Si une telle opposition se profile, je n’irai pas voter contre le FN et ses idées que je répugne. Car je déteste aussi la corruption, la malhonnêteté et le mensonge. Par conséquent, entre la peste et le choléra, je préfère m’abstenir. Le concept de front républicain ne tient plus la route, surtout avec une telle incarnation.

Tant pis si je cours le risque qu’elle soit élue, après tout c’est peut-être un mal nécessaire.

*Citation d’Amélie Nothomb dans « Métaphysique des tubes »


La Vie d’Andolo, le quotidien de jeunes kinois en BD

A l’instar de Vaudou Soccer, dont je vous parlais hier, la sortie de La Vie d’Andolo était programmée la semaine dernière, lors du Salon du Livre de Paris. Une autre BD venue d’Afrique mais dans un tout autre registre graphique et narratif.

 

La vie d’un jeune lycéen au Congo

C’est la vie d’un groupe de lycéens au Congo RDC que l’on suit au travers des pages. Au milieu de ces jeunes gens, Andolo est un brillant élève fraîchement diplômé du baccalauréat avec mention. Sa vie est néanmoins perturbée par l’amour qu’il porte à Ionna. Cette dernière, congolo-roumaine de son état, risque de partir poursuivre ses études en Roumanie. Entre la peur de perdre sa chère et tendre, et de fausses accusations de trafics dans le quartier, la vie d’Andolo n’est pas un long fleuve tranquille.

Un duo investi dans la BD en Afrique

Cette bande dessinée est issue de la collaboration être Christophe Edimo et Fati Kabuika. Ces deux-là ne sont pas à leur première association. Déjà en 2010, ils avaient travaillé ensemble sur La Chiva Colombiana, publié en 2011 aux éditions Les Enfants Rouges. C’est désormais sur leur continent que se déroule l’action de leur nouveau partenariat. Et plus précisément au Congo, le pays où sévit Fati Kabuika, illustrateur formé aux Beaux-Arts de Kinshasa et membre actif de l’association qui produit les magazines BD Kin Label et Amazone BD.

Le dessinateur kinois associe son trait joyeux et ses couleurs vives au scénario de l’auteur Christophe Edimo. Ce dernier, français d’origine camerounaise est également impliqué dans le développement du 9ème art sur le continent ; il est co-fondateur de la revue L’Afrique Dessinée.

 


Vaudou Soccer, l’Afrique du Football en BD

Plusieurs BD d’Afrique ont profité du Salon du Livre de Paris pour programmer leur date de sortie officielle. Parmi elles, Vaudou Soccer, une œuvre dessinée ayant pour thème le sport n°1 du continent.

Une longue gestation

Il aura fallu du temps pour que Vaudou Soccer voit le jour. En juillet 2015, son auteur Simon-Pierre Mbumbo, faisait appel au financement participatif pour finaliser son travail et le publier. Néanmoins, l’objectif n’ayant pas été atteint, il aura fallu attendre ce printemps 2017 pour découvrir le livre du camerounais.

L’enfant de Douala passé par les Beaux-Arts d’Angoulême, œuvre infatigablement pour la promotion du 9ème art en Afrique. Le football, son autre passion, est le cadre dans lequel se développe l’action de son nouvel album. Le héros principal, un ancien joueur professionnel ayant évolué en Europe, décide de revenir au pays pour reprendre en main son club d’origine. Mais c’est sans compter sur le pouvoir d’un sorcier qui exerce une influence considérable sur les supporters.

Entre modernité et tradition

Par le biais du football, l’auteur approche habilement le paradoxe africain et toute la difficulté d’y faire cohabiter le pragmatisme cartésien avec les croyances populaires traditionnelles. Pour illustrer ce tiraillement, l’histoire est contée par un trait dynamique et des couleurs chaudes qui plongent le lecteur dans le climat du Bantou, un pays imaginaire d’Afrique centrale.

Voilà donc une BD plutôt excitante qui annonce sa sortie officielle pendant le Salon du Livre de Paris. Du 24 au 27 mars, cette foire fait cette année la part belle au continent noir avec pour la première fois un Pavillon des Lettres de l’Afrique.


Afrique : les deux pays à visiter en 2017

L’Afrique est peu plébiscitée par mes concitoyens en tant que destination de vacances. Pourtant ce continent a la côte auprès de l’éditeur de livres de voyages anglophone, Rough Guides. En effet, ce dernier a classé deux pays africains dans son Top 10 des destinations à explorer cette année !  

©Reinout Dujardin
Dans le Top 10 : Namibie

Après la Finlande et avant Taiwan, le pays d’Afrique australe se classe en 9ème place de ce Top 10.

Il faut dire que le peu peuplé (2.6 habitants /km²) et grand état est un régal pour la rétine, un vrai paradis pour photographes. Du sable ocre rouge des dunes du désert de Namib aux hauts plateaux de l’Otjozondjupa, la diversité des paysages est fascinante. Des villages isolés aux oasis animalières du parc d’Etosha, tout est digne d’un décor cinématographique, jusqu’au moindre arbuste.

© Patrick Giraud

Pour y croiser des zèbres, des éléphants ou rhinocéros en liberté (mais pas trop d’humains) et pour se confronter à l’immensité des paysages désertiques, la Namibie est certainement un bon choix pour un voyage initiatique.  

© Olivier Peyre

 

Dans le Top 5 : Ouganda

C’est grâce à sa nature luxuriante, fruit d’un climat équatorial, que l’Ouganda se hisse dans le  Top 5.

Calé entre le Canada et la Bolivie, le pays d’Afrique de l’Est se taille une place de choix dans ce classement en apparaissant en 4ème position dans le guide. La beauté de l’Ouganda n’est pas nouvelle puisque Winston Churchill l’avait jadis surnommé « la perle de l’Afrique ». Et cette réputation traverse  actuellement les océans, avec notamment une prévision de 60.000 touristes en provenance des Etats-Unis pour 2017.

© Reinout Dujardin

Avec ses 241.550 km², le pays dispose d’une surface équivalente à celle du Royaume-Uni sur laquelle on compte 60 zones protégées et 10 parcs nationaux largement sous-explorés jusqu’à aujourd’hui.

Le plus fascinant est peut-être le parc Bwindi, au sud-ouest du pays, proche des frontières avec le Rwanda et la RDC, surnommé la forêt impénétrable. Il s’agit là d’un des plus riches écosystèmes africains abritant parmi tant d’autres, quelques 340 gorilles de montagne, soit la moitié de la population mondiale de cette espèce menacée.

Plus au nord, le parc de Murchison Falls figure également parmi les fleurons naturels du pays. Outre les spectaculaires chutes d’eau sur le Nil Victoria, on peut admirer ici toute la panoplie animalière de l’imaginaire africain : lion, léopards, rhinocéros blancs, girafes, éléphants, babouins…

© Adamneil


Un voyage en Afrique, non merci !

Le Français n’est pas toujours un grand voyageur mais lorsqu’il ferme les yeux il rêve de Polynésie, d’Océanie, d’Asie… Mais jamais d’Afrique ! Tentative d’explication après une petite enquête dans mon entourage proche, moins proche ainsi qu’auprès de mes contacts internautes.

Coucher de soleil au Sénégal

  Un continent qui ne fait pas rêver Mon aventure Mondoblog est avant tout le fruit d’une histoire d’amour. Car si j’ai atterri sur cette plateforme de blogueurs francophones, c’est par passion pour l’Afrique. Une passion qui me conduit à m’informer quotidiennement auprès de la presse de référence de ce quotidien, en particulier RFI la radio marraine de cette belle initiative. Pourtant lorsque je discute avec mes compatriotes français, je m’aperçois que ma passion noire est loin d’être partagée. Et quand je leur demande s’ils souhaitent visiter un pays d’Afrique sub-saharienne, la réponse est très majoritairement négative. Cette impression, confirmée par un sondage auprès de personnes d’univers et d’âges différents m’a permis de tirer quelques conclusions quant au rejet de ce continent comme une potentielle destination de vacances. Alors que beaucoup d’entre eux ont voyagé dans des contrées lointaines, ceux qui ont déjà eu l’occasion de venir en Afrique sont une minuscule minorité. Pire encore, lorsque je demande quelle est leur destination préférée dans l’absolu, aucun ne cite un pays du continent. C’est clair, l’Afrique ne fait pas rêver !

Vertes collines au Rwanda

L’Afrique fait peur Pire encore, elle effraie. Parmi les raisons invoquées figure quasi systématiquement l’insécurité. Les images de guérillas, de massacres vues au JT sont surement présentes dans les esprits,  tenaces elles ne sont pas gommées ou relayées au second plan par d’autres aspects qui permettraient de passer outre. Pour le Brésil, on pense d’abord aux plages de rêves alors que l’insécurité y est, dans les grandes villes, omniprésente. Le Mexique a un pays au taux de criminalité le plus élevé au monde à cause des cartels de narcotrafiquants, cette donnée, dans les esprits des vacanciers, est dissimulée par les temples Aztèques et Mayas ainsi que par le sable fin caribéen. Les exemples de ce type peuvent être multipliés, les zones de danger sont nombreuses dans le monde et finalement, peu nombreux sont les pays dans lesquels il n’existe aucune zone dangereuse. Cachez cette misère que je ne saurais voir Autre raison citée régulièrement : la misère. Les vacances, c’est fait pour se détendre et surtout pas se confronter à des problèmes, encore moins aux réalités de la planète ou d’un pays. Le touriste recherche une bulle de plaisir et finalement, il souhaite rarement sortir de sa zone de confort. Et même lorsqu’il va dans des pays où la misère existe, il ne souhaite pas la voir. La République Dominicaine, oui mais en formule « tout inclus » dans un hôtel 4 étoiles. L’Asie, avec plaisir mais on ne va pas penser aux gamins qui se tuent au travail dans les usines de textile de grandes chaines occidentales… L’Afrique semble à leurs yeux concentrer toute la misère du monde. Je l’avoue, moi-même j’avais l’appréhension du choc frontal avec des populations qui n’ont pas le dixième du confort possédé en occident. Et c’est vrai, j’ai vu en Côte d’Ivoire de la pauvreté, mais pas de misère !

Photo: Yannick Revel

Rendre l’Afrique sexy Le tourisme étant un business de l’imaginaire (il s’agit de vendre du rêve), tout est finalement une histoire d’image et de communication. Et lorsqu’on réfléchit à l’imagier africain véhiculé en Europe, force est de constater qu’il est plutôt maussade. Il en faudrait peu pour inverser la tendance car si on y réfléchit, beaucoup de pays africains possèdent les atouts pour développer une économie touristique. A commencer par l’ami numéro 1 du touriste : le soleil ! Ajoutez à cela une nature encore préservée, des espèces animales rares, des cultures ancestrales, l’hospitalité… Ensuite, c’est bien connu le français n’est pas très doué en langues étrangères. Un obstacle idiomatique totalement levé dans les pays francophones. Sans compter que cette main d’œuvre qui s’exprime dans la langue de Molière ne coute pas cher, ce qui lui permettrait d’être nombreuse pour choyer le toubabou porteur de fraiches devises. Alors si mes concitoyens n’ont pas envie d’aller en Afrique, ce n’est peut-être pas seulement à cause des méchants médias occidentaux qui véhiculent une image négative et réductrice. Mais c’est certainement le manque de vision à long terme des classes dirigeantes bien souvent trop occupées à enrichir leur patrimoine personnel au détriment de l’intérêt général. Certains pays de la péninsule arabique injectent des millions (voire des milliards) issus de l’exploitation pétrolière et gazière dans le tourisme dans le but de prévoir le coup d’après, le moment où les réserves naturelles seront insuffisantes. Un exemple qui mériterait bien d’être suivi. Un effort politique et quelques campagnes de communication, il n’en faudrait pas plus pour que l’occidental puisse envisager un pays africain dans ses potentielles destinations de voyage. Car comme le disait une des personnes interrogées, sans aucun à priori : « l’Afrique, je n’ai rien contre mais je n’y pense pas ».

quelque part au Bénin


Face au terrorisme : consommez !

 

Trois jours de deuil. Trois jours, pas un de plus, et le cynisme reprend ses droits. Hier, le syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs avait lancé le mot d’ordre « Tous au bistrot », en guise de mobilisation face au terrorisme. Citoyens, face à l’horreur : pleurez, réagissez, consommez !

Tous au bistrot

 

Je commence à peine à relever la tête suite aux événements que je subis un nouveau choc. J’entends sur les ondes, un appel à nous rendre dans les bars pour manifester une opposition au terrorisme. Je n’en crois pas mes oreilles.

Revenu à la maison, quelques clics me montrent le logo de l’opération, une illustration dans laquelle la tour Eiffel dessinée par Jean Jullien est détournée pour en faire une assiette. Je comprends ; on nous demande d’aller manger et boire dans des établissements commerciaux pour faire preuve de courage et de solidarité. Quelle horrible blague 🙁

Un peu plus tard, la lecture d’un article sur le site du Monde me conforte dans mon impression. Sans vergogne, la journaliste reprend sans la moindre réflexion les arguments indécents du communiqué de presse. Je veux bien qu’on soit sous le choc mais quand même, cela n’empêche pas de mettre les choses en perspective. Dans son déroulé, le papier nous explique que « les cafetiers parisiens ont eu une baisse de chiffres d’affaires de 60 % samedi dernier ». La nausée me monte à la gorge…

Ray-Clid

 

En ces temps où le pays est meurtri, où des milliers de gens pleurent des disparus, des vautours se saisissent de l’occasion pour remplir des commerces et ne montrent pas une once de compassion en pleurnichant sur leur diminution (momentanée) de clientèle. Les mots me manquent pour réagir tellement le coup de pub est lamentable.

Le pire, c’est que les médias nationaux relayent allègrement l’information sans se poser de questions. Je suis navré mais j’ai beau réfléchir, je ne vois pas de justification à cela. En quoi, manger une entrecôte au restaurant ou boire des coups avec des copains est-il un acte militant ? Si encore ils reversaient une partie des bénéfices à une association d’aide aux victimes, cela aurait un sens. Mais ce n’est même pas le cas.

En situation de crise, on pourrait vraiment nous faire avaler n’importe quoi. Ça tombe bien, plus c’est gros plus ça passe, comme on dit au Café des Sports.