Antoine Gakeme et son parcours

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Spécialiste du 800m, Antoine Gakeme est aujourd’hui la figure masculine sur qui reposent les espoirs de tout un pays. Antoine 2

Classé 10ème aux derniers Championnats du Monde d’athlétisme à Moscou en Russie, Antoine compte marquer les esprits cette année aux 19èmes Championnats d’Afrique d’Athlétisme qui se tiendront du 10 au 14 aout à Marrakech, au Maroc.  « À défaut d’une médaille, j’améliorerai mon chrono. Je m’entraine durement  pour qu’on joue le Burundi Bwacu (l’hymne nationale du Burundi) au Maroc. »

Natif de Musongati dans la province de Rutana, Antoine porte déjà très tôt le nom d’un des plus grands athlètes burundais « Comme un présage, on me surnommait déjà Nkazamyampi, à l’école primaire ! » Cet athlète hors pair voit en son ancien directeur du lycée Nzosaba Clément qui fut aussi son entraineur, son véritable mentor « il a été le premier qui a cru en moi. »

Ses débuts et son ascension

Il se fait remarquer pour la première fois en une compétition nationale en 2008 où il représentera Gitega lors des championnats nationaux d’athlétisme inter-scolaire. Il obtiendra la 2ème place sur 800m. Une place synonyme de qualification pour les championnats d’athlétisme inter-scolaire de la Communauté Est-Africaine organisés au Rwanda. Il échouera au pied du podium « j’avais quand même amélioré mon chrono de deux secondes passant de 1’ 55’’ à  1’ 53’’ », reconnaissant que la qualité de la piste y était pour quelque chose dans sa performance.

C’est lors de sa participation à l’édition suivante des mêmes championnats inter-scolaires  qu’il intéressera le club de la police nationale, Rukinzo. Remportant au passage la finale du 800 m. C’est le début de l’ascension jusqu’à faire sensation à Moscou aux derniers mondiaux. A Moscou, il bat ses records personnels à chacune de ses sorties mais au prix des contrôles anti-dopage intempestifs.  « Les journalistes du monde entier voulait me voir, il voulait savoir où je m’entrainais et j’étais tout le temps contrôlé » , renchérit l’homme qui prend pour idole, Vénuste Niyongabo. Il quittera Gitega pour s’installer à Bujumbura où il sera pris en charge par Rukinzo pour intégrer plus tard Muzinga, le club de militaire.

Le foot fut, dès ses premières années, son sport favori. « Quand j’avais le ballon je courais droit au but  mais j’avoue qu’on me reprochait souvent de laisser le ballon derrière à cause de ma vitesse de course », esquissant un sourire dont il détient le secret. Il a depuis définitivement mis une croix à la pratique du foot après une blessure qui a failli lui couter son bassin.

Antoine, l’officier militaire, l’étudiant et l’athlète

Il est dit qu’on ne peut pas poursuivre deux lièvres à la fois mais Gakeme est une exception à cette règle et il fait mieux. Il poursuit trois lièvres. Antoine est un officier militaire en formation à l’institut supérieur des cadres militaires mais il est aussi étudiant à l’université du Burundi  « J’ai validé mon premier semestre et j’attends les résultats du second semestre. Tout cela au prix des compétitions internationales que j’ai annulé.»

Quand il est question des choix, Antoine sait faire la part des choses. En 2012, il décide d’annuler sa participation aux 18èmes  Championnats d’Afrique d’athlétisme à Porto-Novo au Bénin. La formation militaire intensive l’avait épuisé  « J’avais des blessures partout. J’avais préféré passer toute l’année au repos sans compétitions ni entrainements.»

Les hauts et les bats

L’homme c’est aussi son histoire. Très  largement satisfait de son parcours, Gakeme a connu des périodes noires. « J’ai deux grands regrets. Mon premier c’est en rapport avec les jeux Africains à Maputo en 2011  au Mozambique* alors que je m’entrainais trois fois par jour. Mon deuxième regret est ma crise de malaria à Nice lors des jeux de la francophonie.»

Son meilleur souvenir reste sa performance à Moscou aux mondiaux d’athlétisme. « Je suis arrivé en étant le dernier. J’étais le 56ème sur 56 compétiteurs  et  j’avais frôlé la qualification pour finale en finissant 10ème.» Mais sa plus grande sensation émotionnelle fut le jour où il lui avait été remis, pour la première fois, des équipements aux couleurs nationales.

Lors de sa deuxième participation aux championnats nationaux inter-scolaire, le bus qui ramenait les athlètes de Gitega pour Bujumbura avait connu un accident. Tous les autres athlètes étaient blessés et avaient déclaré forfait, sauf lui. Il remportera la première place de la finale du 800 m. « Pour moi, il ne fallait partir sans remplir son devoir et il fallait réconforter mes amis par une participation. Gloire à Dieu, la victoire était au bout.»

 

*Le Burundi avait déclaré forfait pour Maputo.

 

 

À propos de l'auteur

Alain Amrah Horutanga

De retour au Burundi, je fais le tour de toutes les provinces. C'est un tout petit pays comme la Belgique dit-on. Un pays que je continue à explorer et qui fascine par ces étranges cultures.

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