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Les preneurs d’otages

L’Afrique me fait mal. J’ai beau continuer à avoir un amour ténu pour elle, mais elle me fait très mal. D’autant plus que ce sont ses propres enfants qui me font subir ça.

Ma voix va se noyer au milieu de centaines, de milliers, de millions d’autres. Qu’importe, elle aura quand même oralisé ma pensée.

Les politiciens africains ne sont que des égoïstes amputés de leur coeur. J’ai été profondément choqué il y a trois jours (et je continue de l’être) quand, lors de ma séance de zapping, je tombe sur une chaîne française, LCI pour ne pas la citer. On parle de la Côte d’Ivoire et de ses élections présidentielles. Je vois un homme baraqué arracher des feuillets des mains d’un autre. Et là, le commentateur explique que l’homme aux feuillets est le porte-parole de la Commission ivoirienne chargée des élections (CEI) et qu’il s’apprêtait à passer à la lecture de certains résultats – partiels – de la présidentielle qui se fait ainsi agresser par un partisan de Laurent Gbagbo, le sortant! J’en suis resté pantois! Après cela, il s’en est suivi deux jours d’attente et hier, la CEI a proclamé les résultats provisoires qui ont tout de suite été invalidés par le Conseil Constitutionnel pour cause de forclusion.

Il ne faut pas être un érudit pour comprendre ce qui se passe; Gbagbo et cie ont voulu jouer la montre en empêchant la CEI de publier les résultats dans les temps. Sachant que le Conseil Constitutionnel, qui est à leur solde, recupérera le dossier. Dans la journée de lundi, la CEI a proclamé les votes des ivoiriens de l’étranger. Ouattara avait battu Gbagbo à plate couture. Le lendemain, le porte-parole de la CEI se fait agresser. Le partisan de Gbagbo (qui selon les indiscrétions est le représentant de la mouvance au pouvoir à la CEI) savait en commettant son acte que ce qui allait être lu n’irait pas à l’avantage de son champion. Ce qui s’est confirmé par la suite lors de la publication des résultats (par la suite invalidés) par la CEI.

Ce que je veux voir maintenant, c’est quel tour de prestigitation ils vont effectuer pour renverser les chiffres de la CEI qui étaient de 54% pour Alassane Ouattara et de 46% pour Laurent Gbagbo. Et ce serait une HONTE non seulement pour la Côte d’Ivoire, mais aussi pour toute l’Afrique!

On l’appelle le ‘Boulanger d’Abidjan’ mais qu’il ne se dise pas qu’il peut rouler tout le peuple ivoirien dans sa farine politique. D’autres ont essayé et ils s’y sont brûlé les doigts. Tout observateur de la politique ivoirienne sait que Alassane Dramane Ouattara n’a personne à sa mesure en Côte d’Ivoire. Il est imbattable à la régulière. Tous les politiques de ce pays, depuis Konan Bédié à Koudou Gbagbo en passant par Robert Gueï se sont attaqués à lui. Le peuple en a décidé autrement. Et le peuple a toujours raison.

Finalement, c’est ce peuple qui souffre. Entre divisions, Marcoussis, conflits, crises, ivoirité, mandats gratis, Licorne, ONUCI et j’en passe, l’ivoirien a été oublié. Ce fleuron a presque sombré. Et au nom de son peuple, certains égocentriques se battent pour leur propre nombril.

L’Afrique, avec de telles mentalités, ne pourra jamais évoluer. Jamais! Dans mon pays, ce n’est pas mieux… De quoi me plains-je même?

Le couvre-feu a été décrété, les frontières ont été fermées depuis hier et le signal des grandes chaînes internationales a été coupé. Le pays s’est refermé sur lui-même. Ca ne sent pas bon, tout ça. Pas du tout. Ca risque de barder et les ivoiriens sont pris en otage dans tout cela.

La politique… Les africains se sont échinés à donner malheureusement raison à Machiavel qui disait dans Le Prince: « La politique est l’art d’atteindre le pouvoir et le garder »… Et ce par tous les moyens, vraisemblablement!

Je m’en vais suivre l’évolution de la situation… Peut-être que Monsieur Gbagbo a finalement remporté cette élection, qui sait…

Par René Jackson.

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Auteur·e

ntrjack

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