Je suis camerounais, je fuis!

N’est pas camerounais qui veut hein ? Larguez un camerounais sur Mars, il trouvera toujours le moyen de faire parler de lui. Au regard de ses performances, la Cameroon Olympic Team aurait dû passer inaperçue, mais en réussissant à s’évaporer dans la nature, sept athlètes ont réussi à nous mettre sur le devant de la scène. Twitter, Facebook, et même des journaux respectables comme le New York Times ont fait leurs choux gras de cette histoire d’athlètes disparus. Comme notre réputation est apparemment assise, personne ne s’est demandé si nos compatriotes avaient été enlevés, si des terroristes du genre Septembre Noir ne les retenaient pas quelque part, rien. Personne n’a convoqué les experts Londres pour élucider cette affaire (cc @ETAMBA) tout le monde a conclu : ils ont fui.

Si le monde entier veut nous octroyer la médaille d’or du ridicule, tant pis. En ce qui me concerne, je suis surpris quand j’entends des gens dire qu’ils ont entaché le blason de la Nation, qu’ils attirent la honte sur nous et blablabla. Laissez-moi rire. Chaque jour, des sénégalais traversent le désert à pied, espérant finir dans un centre de rétention espagnol, chaque jour, des pirogues chargées de maghrébins bravent la Méditerranée pour squatter les côtes italiennes, je me souviens de ce malien qui a fait Bamako-Paris recroquevillé dans le train d’atterrissage d’un Airbus, ou de ces congolais qui font le voyage jusqu’à Anvers cachés dans des conteneurs. Voilà sept lions qui ont réussi à immigrer de la façon la plus classe qui soit: Billet d’avion, visa, défilé sous la bannière vert-rouge-jaune devant le monde entier, primes perçues, et pffft ! Disparus. Qui dit mieux ? Veni, vidi, fuiti (laissez mon latin en paix!). Je suis venu, j’ai vu, j’ai fui. Et alors ? L’important c’est de participer non ?

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