Le Gai Pinceau – Les Pays Imaginaires
Il était une fois, dans un lointain lointain royaume, une blanche blanche ville. Blanche ? Ah bah! il y avait longtemps qu'elle ne l'était plus vraiment: il y avait maintenant tant de maisons et de monde et de bruits, que tout paraissait étroit, comme si la ville se resserrait à mesure qu'elle grandissait. Ses murs étaient étriqués, mal bâtis, ses bâtiments s'empilaient, gris et enfumés, et les maisons, laides, étaient plantées au milieu de tas d’ordures et de détritus. Les habitants vivaient à l’étroit, on les voyait errer dans la grisaille, de plus en plus sales, coléreux ou taciturnes : ils avaient fini par se traiter avec le même mépris que leur ville. C’était dans cette contrée morose que se déroula l’aventure que je vais vous conter.