« Si je deviens président, je vais institutionnaliser les coups d’Etat »

« Si je deviens président, je vais institutionnaliser les coups d’Etat »

Dimanche 22 heures 30 je rentre à la maison après avoir publié un papier sur mon   blog . . C’est la dernière édition du journal de la télévision nationale du Burkina. C’est la période la campagne électorale pour l’élection du Présidant du Faso. Je tombe sur l’un des candidats, Boukary Kaboré dit « le Lion » en campagne dans une région du pays.  Après avoir dénoncé la mauvaise gestion du pouvoir par Président Blaise Compaoré, Le lion a affirmé que s’il était élu, il allait institutionnaliser les coups d’Etats. « Comme ça, si je veux m’accrocher au pouvoir après mon élection qu’on me fasse partir de force. Je suis d’accord pour ça ». Ce rugissement de Boukary Kaboré le Lion m’a fait sourire. Je me suis dit  « «  le lion » perd le réseau » pour dire qu’il ne sait pas ce qu’il dit.Boukary Kaboré est un compagnon fidèle de Thomas Sankara. Après la mort du Président Thomas Sankara dont il était un fidèle compagnon, « Le Lion » a tenté une rébellion qui a échoué. On raconte qu’il est doté de pouvoir mystique. Il aurait réussi à se rendre invisible après qu’il est été arrêté et ligoté par en 1987 pendant le coup d’Etat contre le Président Thomas Sankara. Cette homme, âgé de 60 ans, a sa tanière à Koudougou une ville située à une centaine de Kilomètres de Ouagadougou.

Fermons cette parenthèse pour dire que le lendemain, beaucoup de personnes discutaient sur ces affirmations de ce candidat. Pour les uns, de tels propos sont inadmissibles de la part d’un candidat à la présidentielle. Tout coup d’Etat doit être condamné et ses auteurs traqués et punis. Certains pensaient même que Lion était devenu fou et qu’il ne savait pas ce qu’il disait.  « Avec sa crinière (sa barbe) on dirait je ne sais quoi là, il ne mérite pas d’être Président »

J’ai essayé de sonder les gens sur la question. Beaucoup partageait pourtant le point de vue de « Le lion ». Ces derniers estiment que lorsqu’un dirigeant refuse de quitter le pouvoir au terme de son mandat, l’on devrait le faire partir de force. Certains ont d’ailleurs rappelé que le professeur Laurent Bado candidat à l’élection présidentielle de 2005 s’était prononcé en faveur des coups d’Etats dit « moralisateur ». Pour le Pr Bado, un chef d’Etat arrivé au pouvoir par tricherie mérite de partir par un coup de force et même si un président élu démocratiquement gère le pouvoir à des fins personnelles, il devrait être déchu par l’armée. Quelqu’un a pris l’exemple du Niger avec Mamadou Tandja qui ne respectait plus rien dans son pays. La population a salué ce coup de force a-t-il fait comprendre.

Êtes-vous d’accord pour que les coups d’Etats soient institutionnalisés ?

À propos de l'auteur

Boukari Ouédraogo

Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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